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Chapitre 1

Chapitre 1

NOTIONS

FONDAMENTALES

Sommaire

• L'électricité
• Les formes d'énergies
• Les unités et grandeurs SI
• Les préfixes SI
• Entraînement

Introduction
Le système international, conçu de façon rigoureusement scientifique a pour but que chaque grandeur
physique ne peut se définir que d’une seule manière à l’aide des unités de base.

Dans ce chapitre, nous présentons d’une part le système international d’unités, d’autre part la
production et le transport de l’énergie électrique.

1.1 L'électricité
L'électricité est une forme d'énergie.

Le tableau de la page suivante nous donne un aperçu des différentes formes d'énergies et des multiples
possibilités de transformer une énergie quelconque en une énergie électrique.

En Europe, les énergies hydraulique, nucléaire et chimique sont utilisées au niveau industriel.

Les autres énergies sont soit: expérimentales


impropres aux situations géographiques
impropres aux politiques énergétiques

Ces énergies sont parfois appelées RENOUVELABLES.

L'énergie électrostatique nous mènera, au début, à la découverte de l'électricité et nous permettra de


refaire le chemin des différents usages de l'électricité au cours des siècles.

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Chapitre 1

1.HYDRAULIQUE 2. NUCLEAIRE 3. CHIMIQUE 4. MARITIME 5. SOLAIRE 6. EOLIENNE 7. CINETIQUE 3'. CHIMIQUE 8. LUMINEUSE 9. ELECTRO-
STATIQUE

Energie
stockable Barrage Uranium Pétrole Marée Plomb-zinc
Charbon motrice Cd-nickel
etc.

Energie Rotation Cellule


Au fil de
non Soleil Vent d'un volant photo- Foudre
stockable l'eau
d'inertie voltaïque

Energie
calorifique Réacteur Chaudière Chaudière

Energie Turbine Turbine


mécanique Turbine à Turbine à Turbine Turbine à
PELTON
KAPLAN vapeur vapeur vapeur
FRANCIS

Mot.
Alter p
na o Alternateur Alternateur Alternateur Alternateur Alternateur Alternateur Alternateur
teur m
p
e

Energie
électrique
alternative

pompage

Convertisseur Convertisseur
Redresseur Onduleur Perturbations

Energie
électrique
continue

Tableau des énergies

1.2 Transport
Les réseaux électriques sont utilisés pour transporter l'énergie électrique de la centrale jusqu'à
l'utilisateur. Ils sont composés de lignes, de postes de transformateurs et de postes de couplages.

Vous êtes tous connectés à un réseau électrique appartenant soit à EDF pour la France, ou à un
fournisseur d'énergie (CVE, SEL, SICEL, SEIC, SIN, EEF) pour la Suisse.

Il est bien entendu que tous ces réseaux sont reliés entre eux et portent alors le nom de réseaux
interconnectés. Cette interconnexion touche toute l'Europe.

1.3 Existence de l’électricité


L'énergie électrique, appelée communément électricité, n'est en définitive qu'une énergie secondaire.
Seuls ses effets sont connus. Ils sont de forme:

1. calorifique (radiateur, chauffe-eau, four ménager, etc.)


2. lumineuse (tube fluorescent, télévision, foudre, etc.)
3. magnétique (moteur, téléphone, instrument de mesure, etc.)
4. chimique (pile, accumulateur, etc.)

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Chapitre 1

1.4 Unités et grandeurs SI

Lors de la résolution d'un problème en électrotechnique, nous devons suivre une méthode de travail
rigoureuse pour nous garantir un résultat correct. Pour cela il nous faut utiliser les formules correctes,
les unités correspondantes ainsi que les bonnes valeurs.

Une formule peut être simple ou compliquée, sa compréhension en sera facilitée par une bonne
connaissance des symboles utilisés.

Il existe deux types de symboles :

symbole de l'unité : Il représente l'unité utilisée dans le calcul. Il est écrit soit en majuscules, soit
en minuscules, suivant son origine.

Il se différencie du symbole de la grandeur car il est toujours entouré de crochets

symbole de la grandeur : Il représente la grandeur utilisée. Comme le symbole de l'unité, il est


écrit soit en majuscules, soit en minuscules.

Il n’est jamais entre crochets

s
Prenons comme exemple la formule de la vitesse constante v=
t v :

Elle n'est formée que de symboles de grandeur.


Si nous décomposons cette formule nous pouvons dire pour chaque composant :

v est le symbole de grandeur de la vitesse.

Son unité est le mètre par seconde et le symbole de celle-ci est [m ⋅ s-1]

s est le symbole de grandeur du déplacement

Son unité est le mètre et le symbole de celle-ci est [m]

t est le symbole de grandeur du temps

Son unité est la seconde et le symbole de celle-ci est [s]

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Chapitre 1

Les unités que nous utiliserons sont normalisées et portent le nom de UNITES SI, ce qui signifie
Système International.

Table de quelques symboles et unités SI

GRANDEURS Symboles Symboles UNITES


longueur l [m] mètre
masse m [kg] kilogramme
2
surface A [m ]
force de pesanteur
G [N] newton
poids
mètre par seconde carrée
accélération g [m/s2]
vitesse v [m⋅s-1] mètre par seconde
hauteur h [m] mètre
temps t [s] seconde
fréquence f [Hz] hertz
pression p [Pa] pascal
énergie, travail W [J] joule
puissance P [W] watt
rendement η ( êta ) grandeur sans unité
température θ ( thêta [°C] degrés Celsius
)
température absolue T [K] kelvin
quantité de chaleur Q [J] joule
joule par kilogramme et par
chaleur massique c [J⋅kg-1⋅K-1]
kelvin
intensité du courant I [A] ampère
résistance électrique R [Ω] ohm
conductance G [S] siemens
impédance Z [Ω] ohm
tension électrique U [V] volt
quantité d'électricité Q [C] coulomb
conductivité γ ( gamma [Ω ⋅ m]-1 ohm par mètre
)
résistivité ρ ( rhô ) [Ω ⋅ m] ohm mètre
capacité C [F] farad
inductance L [H] henry
flux magnétique Φ ( phi ) [Wb] weber
induction magnétique B [T] tesla
intensité lumineuse I [cd] candela
éclairement E [lx] lux
flux lumineux Φ ( phi ) [lm] lumen

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Chapitre 1

1.5 Préfixes SI

En technique, nous devons exprimer des mesures avec des unités physiques mal appropriées à notre
domaine, mais normalisées par le système international d'unité SI.

Par exemple, la tension U du réseau électrique peut être composée de plusieurs valeurs, 380000 [V],
125000 [V], ou 20000 [V] et la vitesse d'une moto est donnée en [km ⋅ m-1] , et non pas en [m ⋅ s-1].

Ces nombres sont très longs et ne sont pas représentatifs. Pour des commodités d'emplois, des
préfixes se placent devant l'unité, sans intervalle.

380000 [V] = 380 ⋅ 1000 [V]. Le préfixe qui correspond à 1000 est kilo. Nous pouvons donc écrire 380⋅
kilo [V]. Dans la règle, kilo est symbolisé par la lettre minuscule k.

380000 [V] = 380 [kV]

Afin de pouvoir bien différencier symbole de la grandeur et symbole de l'unité, dans le livre, tous les
symboles des unités sont entre des crochets,.

Tableau des préfixes

Préfixes Symboles Facteur multiplicateur de l’unité Notion scientifique


yotta Y 1 000 000 000 000 000 000 000 000 1024
zetta Z 1 000 000 000 000 000 000 000 1021
exa E 1 000 000 000 000 000 000 1018
peta P 1 000 000 000 000 000 1015
tera T 1 000 000 000 000 1012
giga G 1 000 000 000 109
6
mega M 1 000 000 10
3
kilo k 1 000 10
0
unité 1 10
-3
milli m 0,001 10
-6
micro µ 0,000 001 10
-9
nano n 0,000 000 001 10
-12
pico p 0,000 000 000 001 10
femto f 0,000 000 000 000 001 10-15
atto a 0,000 000 000 000 000 001 10-18
zepto z 0,000 000 000 000 000 000 001 10-21
yocto y 0,000 000 000 000 000 000 000 001 10-24

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Chapitre 1

1.6 Entraînement

1. Donner la définition de l'électricité.

2. Citer les différentes formes d'énergies.

3. Citer les énergies primaires.

4. Comment peut-on constater la présence d'électricité ?

5. Donner le nom de récepteur produisant un effet calorifique.

6. Donner le nom de récepteur produisant un effet chimique.

7. Donner le nom de récepteur produisant un effet lumineux.

8. Donner le nom de récepteur produisant un effet magnétique.

9. Comment distingue-t-on une unité d'une grandeur ?

10. Quelle est la progression utilisée dans la notation scientifique ?

11. Ecrire les valeurs suivantes en puissance de dix et en notation scientifique.

- Un courant de 0.0000593 [A] - Une tension de 15000 [V]

- Une résistance de 27000 [Ω] - Une puissance de 2650000 [W]

- Une fréquence de 32768 [Hz] - Un condensateur de 0.000000015 [F]

12. Ecrire les valeurs suivantes en remplaçant le préfixe par la puissance de dix.

- Une résistance de 3.3 [MΩ] - Une fréquence de 566 [THz]

- Une inductance de 2.8 [µH] - Une quantité d'électricité de 0.16 [aC]

- Un flux magnétique de 53 [mWb] - Une puissance électrique de 40 [GW]

13. Simplifier les valeurs suivantes en utilisant les préfixes.

- Un courant de 320000 [nA] - Une tension de 12.5 ⋅ 105 [mV]

- Une fréquence de 0.000471 [THz] - Une puissance de 48 ⋅ 10-6 [MW]

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Sources électriques Accumulateurs

Chapitre 7a

SOURCES ELECTRIQUES

Sommaire

• Les sources continues et alternatives


• Caractéristiques des générateurs
• Les accumulateurs
• Entraînement

Introduction

7.1 Les Sources

Dans la pratique, nous avons remarqué que l'énergie électrique est une transformation, non sans
pertes, d'énergie mécanique magnétique, chimique ou lumineuse.

Elle est obtenue à partir de sources d'électricité appelées alternateur ou générateur.

Ces sources peuvent engendrer une tension continue :

Pile chimique Leclanché

Ces piles sont utilisées pour les appareils transportables,


radios, baladeurs, etc.

Elles ne sont pas rechargeables.

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Sources électriques Accumulateurs

Panneaux solaires.

Dans cet exemple, les panneaux solaires


fournissent l'énergie nécessaire au
fonctionnement du satellite.

Sur terre, il existe également des


centrales équipées de panneaux solaires
pour fournir de l'énergie électrique.

Accumulateurs.

Le principal avantage des


accumulateurs est d'offrir la
possibilité d'être rechargé.

Les accumulateurs se trouvent sous


différentes formes. Pour les
voitures, comme cette figure, ou du
même format que les piles pour les
appareils transportables.

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Sources électriques Accumulateurs

D'autres sources peuvent engendrer une tension alternative :

Dans la majorité des cas, la production et la distribution de l'énergie électrique est faite en tension
alternative. Elle est plus facile à produire et transformer.

Dessin tiré du livre " On a volé l'électricité " de d'Electricité Romande, Lausanne.
 OFEL Lausanne.

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Sources électriques Accumulateurs

Dans une centrale nucléaire, l'énergie du réacteur est


transformée en énergie électrique par un alternateur.

La vapeur produite par l'échauffement du réacteur


entraîne une turbine à vapeur qui est reliée mécaniquement
à l'alternateur.

Dessin tiré du livre " On a volé l'électricité " de d'Electricité Romande, Lausanne.
Toutes les illustrations couleurs  OFEL Lausanne.

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Sources électriques Accumulateurs

7.2 L'alternateur

Un alternateur est une source d'énergie électrique qui varie dans le temps de façon sinusoïdale.

La turbine entraîne l'alternateur et engendre une différence de potentiel ou tension UAB aux bornes
de son circuit.

U AB

temps

De par sa construction, l'alternateur peut être représenté ~


par une source de tension symbolisée et par une résistance
interne Ri Générateur de tension Résistance interne
alternative

Le schéma équivalent total est :


L1
A
C Bornes L2
Ri
L3
U
~
Borne N
B

Nous étudierons plus en détail les alternateurs au chapitre machines à régime sinusoïdal.

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Sources électriques Accumulateurs

7.3 Générateur

Un générateur est une source d'énergie électrique qui est constante dans le temps.

Le générateur engendre une différence de potentiel V ou tension UAB aux bornes de son circuit.
U
AB

temps

Les générateurs sont obtenus à l'aide de l'effet chimique, soit par une pile ou par un accumulateur.
Des panneaux photovoltaïques génèrent une tension U et un courant I par effet photovoltaïque.
(lumière sur plaquette de silicium)

7.4 Pile
potentiel V D borne
positive
Une pile est un générateur manque d' électrons
cathode
d'électricité constitué de 2 matières électriquement
différentes (exemple charbon - zinc)
excès d' électrons
présentant un excès d'électrons et anode
électriquement
un manque d'électrons. borne
potentiel V C négative

Certaines tables de chimie donnent les valeurs d'électropositivité et d'électronégativité des


matières.
- + - +
Cette source de tension est symbolisée :
Générateur idéal de Générateur de tension
tension continue continue

Un électrolyte favorise le passage des électrons entre les 2 matières et provoque ainsi une réaction
chimique.

La pile possède une résistance interne Ri à cause de l'électrolyte.

Le schéma équivalent total est :

borne du circuit
B notée +
Ri

+ D U Récepteur
UDC R
-

C
borne du circuit
notée -

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Sources électriques Accumulateurs

Exemple:

Une pile alimente une lampe. La tension U à la lampe est de 1.5 [V]. Le courant I est de 300 [mA].

Sachant que la résistance interne de la pile est de 1.2 [Ω], calculer la différence de potentiel
engendrée par l'anode et la cathode de la pile.

Dessinons le schéma de cette installation :

I lampe
B
Ri

+ D U lampe
UDC R lampe
-

Données : UBC = 1.5 [V] IL = 300 [mA] 0.3 [A] Ri = 1.2 [Ω]

Inconnue : UDC = ?

Analyse du circuit : nous constatons que nous sommes dans un circuit de

couplage SERIE, car le courant IL possède un seul parcours possible.

Relations : ΣUtotale = ΣUpartielle U=R⋅I

D'après notre schéma, nous pouvons appliquer la loi de Kirchoff.

UDC = UDB + UBC

Nous constatons que la tension UDB représente la chute de tension aux bornes de la résistance
interne de la pile Ri .

En SERIE, le courant I est constant dans tout le circuit.

Remplaçons la tension UDB par la loi d'Ohm.

U DC = ( R i ⋅ I ) + U BC = (12
. ⋅ 0.3) + 15 . [ V]
. = 186

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Sources électriques Accumulateurs

7.5 Tension à vide

Une pile ou un générateur possède une tension à vide U0

Cette tension pourrait être mesurée lorsque le circuit est ouvert et qu'aucun courant I ne circule
dans le circuit.

I lampe
B
Ri

+ D U lampe
UDC R lampe
-

Appliquons les relations connues:

Relations : ΣUtotale = ΣUpartielle U=R⋅I

Si IL = 0 [A], la tension aux bornes de la résistance interne Ri est égale à 0 [V].

U DC = ( R i ⋅ I ) + U BC = (12
. ⋅ 0) + U BC

Nous constatons que la tension UDC représente la tension à vide U0

7.6 Générateur de tension idéal

Nous sommes à circuit ouvert en présence d'un générateur de tension idéal symbolisé de la façon
suivante:

- +
Générateur idéal de
tension continue

Dans la pratique, ce cas n'est pas possible, car la présence de la résistance interne Ri modifie la
tension disponible aux bornes du circuit.

7.7 Générateur de courant


Nous pouvons symboliser un générateur de courant de la façon suivante:

- +
Générateur idéal de
courant continu

Dans la pratique, ce cas n'est pas possible, car la présence de la résistance interne Ri modifie le
courant disponible dans le circuit.

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Sources électriques Accumulateurs

7.8 Accumulateur

Un accumulateur est un générateur d'électricité constitué de 2 matières différentes (exemple


cadmium - nickel) présentant un excès d'électrons et un manque d'électrons.

Un électrolyte favorise le passage des électrons entre les 2 matières et provoque ainsi une réaction
chimique.

Son symbole est le même que la pile. Les traitillés signifient qu'il - + - +
peut y avoir plusieurs éléments montés en série.

borne du circuit
B notée +
Le schéma équivalent total est identique à Ri
celui que nous venons d'étudier.
+ D U Récepteur
UDC R
-

C
borne du circuit
notée -

7.8 Couplage des accumulateurs

Les accumulateurs peuvent être couplés idéalement en parallèle et en série

Ce sont les lois de Kirchhoff qui s'appliquent.

7.9 Couplage parallèle


D D2
1
A

U + +
AB UDC U
- - DC

B
C1 C 2

Pour réaliser ce couplage, il faut que les tensions UCD soient les mêmes.

ΣUtotale = ΣUpartielle

UBA = UCD

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Sources électriques Accumulateurs

Exemple:

Quelle est la tension totale de 2 accumulateurs de 4 [V] montés en parallèle ?

Données : UD1C1 = 4 [V] UD2C2 = 4 [V]


D D2
1
A

Inconnue : UAB = ?
U + +
Relations : ΣUtotale = ΣUpartielle
AB UDC U
- - DC

UAB = UCD B
C1 C 2

Application numérique : UAB = 4 [V]

Le couplage parallèle modifie par contre le courant I total, car la loi des nœuds s'applique aussi.

ΣItotal = ΣIpartiel

Itotal = IC1D1 + IC2D2

Exemple :

Quel est le courant total de 2 accumulateurs, montés en parallèle et débitant 1.5 [A] et 4 [A] ?
D D2
1

Données : I1 = 1.5 [A] I2 = 4 [A]


A

Inconnue : Itotal = ? U
AB
+
UDC
+
U
- - DC

Relation : ΣItotal = ΣIpartiel B


C1 C 2

Itotal = I1 + I2

Application numérique : Itotal = 1.5 + 4 = 5.5 [A]

7.10 Couplage série


D
1
A
+
UDC1
-
C1
U
AB D2
+ UDC2
-
B
C2

Ce sont les lois de Kirchhoff qui s'appliquent.

Loi des mailles :

ΣUtotale = ΣUpartielle UBA = UCD1 + UCD2

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Sources électriques Accumulateurs

Exemple :

Quelle est la tension totale de 2 accumulateurs de 4 [V] montés en série ?


D
Données : UCD1 = 4 [V] UCD2 = 4 [V]
1
A
+
UDC1
-
Inconnue : UAB = ?
C1
U
AB D2
+ UDC2
Relation : ΣUtotale = ΣUpartielle -
B
C2

UBA = UCD1 + UCD2

Application numérique : UAB = 4 + 4 = 8 [V]

Dans un couplage série, le courant I total est constant mais limité par la charge du circuit. (loi des
nœuds)

ΣItotal = ΣIpartiel Itotal = IC1D2

Sachant que le courant I est dépendant du temps t et de la quantité de charges électriques Q, nous
pouvons résoudre nos différents exercices.

Exemple:

Quel sera le courant total débité par 2 accumulateurs, montés en série, dont les quantités de charges
électriques Q sont de 500 [C] et de 500 [C], à travers une résistance R de 500 [Ω] pendant 5 [s].
Nous admettrons qu'ils sont pleins à l'instant t0 et vides à l'instant t1 .
Itotal D
1
Données : Q1 = 500 [C] A
+
UQ1
-
Q2 = 500 [C] R = 500 [Ω] U
C1
AB D2

t0 = 0 [s] t1 = 5 [s]
+ UQ2
-
B
Inconnue : Itotal = ? C2

Relation : ΣItotal = ΣIpartiel Qtotale = Q1 = Q2


Q totale
I total =
t

t représente la différence de temps entre l'état plein et l'état vide. C'est un écart (delta) de
temps donc une durée.

∆t = t 2 − t 1 ∆ = 5- 0 = 5[ s]

Application numérique : Qtotale = 500

500
I total = = 100[ A ]
(5 − 0)

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Sources électriques Accumulateurs

7.11 Charge d'un accumulateur


Contrairement à une pile, un accumulateur peut être rechargé. Nous avons la possibilité, une fois
l'accumulateur déchargé, de le recharger par un moyen auxiliaire appelé chargeur.

C'est-à-dire, que nous avons chargé une certaine quantité de charges électrostatiques Q.

Q=n⋅e [C] ou [As]

C'est pour cette raison que, dans la pratique, l'accumulateur possède la caractéristique de quantité
de charge électrostatique à disposition, appelée communément quantité d'électricité Q.

Exemple :

Un accumulateur est noté 42 [Ah] et 1.2 [V].Calculer le nombre d'électrons accumulés dans ce
générateur.

Données : Q = 42 [Ah]
borne +
Ide charge
Ri +
UBC
e- voir tabelle U
+ D

e- => 1.623 ⋅ 10-19 [C]


DC
borne -

Accumulateur Chargeur

Inconnue : n=?

Relation : Q=n⋅e [C] ou [As]

La première démarche consiste à transformer les [Ah] en [As]. Nous savons que nous trouvons 60
fois 1 seconde dans 1 minute, mais il faut 60 minutes pour obtenir 1 heure.

( 1 seconde ⋅ 60 ) = 60 [s] 1 minute ( 1 seconde ⋅ 60 ) ⋅ 60 1 heure

( 1 seconde ⋅ 3600 ) 1 heure

Calculons maintenant la quantité de charges électrostatiques en [As]:

[Ah]
[Ah] = [As] ⋅ 3600 ce qui implique: = [As]
3600

Q
Nous devons ensuite calculer n (nombre d'électrons) Q=n⋅e => n=
e

42 ⋅ 3600
Application numérique : n= = 9.32 ⋅ 10 23 électrons
1,623 ⋅ 10 −19

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Sources électriques Accumulateurs

7.19 Documentaire

C'est en 1882 que Thomas Edison (1847 - 1931) mis en service la


première centrale électrique industrielle à New York. Entraînée
par des turbines à vapeur, chaque génératrice peut alimenter 1000
lampes à incandescence.

1884, mise au point du transformateur des Français Lucien Gaulard


et JD Gibbs, pour la transmission efficace de l'électricité. La
même année, mise en service de la première centrale près de
Nîmes en France.

Michael Faraday (1791 - 1867), chimiste et physicien anglais. Lors de


son apprentissage de relieur, il profite de lire de nombreux ouvrages de
chimie et d'électricité. Ensuite, après avoir été assistant, il devient
professeur de chimie en 1833.

Après ses études sur l'électromagnétisme (1821), il se consacre à


l'électrostatique (1843), et les protection électromagnétiques (cage de
Faraday).

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Lois électriques

Chapitre 4
LOIS

ELECTRIQUES

Sommaire
• La tension électrique
• Le courant électrique
• Mesures du courant et de la tension
• Relation entre la tension U et le courant I
• La loi d'Ohm
• Propriété de la résistance électrique
• L'influence de la température sur la résistance
• Le fonctionnement de l'ohmmètre
• La densité de courant

Introduction
Dès l'Antiquité, les hommes ont constaté des phénomènes d'électricité statique. Certains corps ont la
propriété de s'électriser par frottement.

Ce phénomène est lié à un transfert d'électrons par décharge (arc).

Dans ce chapitre, nous allons présenter de manière démonstrative les grandeurs essentielles de
l’électrostatique.

Pour ceux qui désirent de plus amples informations, il existe une abondante littérature.

4.1 Tension électrique U


La tension électrique U représente la différence de potentiel entre le point A et le point B

La relation mathématique est la suivante : UAB = VA - VB

Symbole de la grandeur : U

Symbole de l'unité : [V] volt

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Lois électriques

Reprenons l'exemple des nuages pour nous représenter les tensions U .

Données : nuage A a un potentiel de 1000 [V]


nuage B a un potentiel de 500 [V]
nuage C a un potentiel de -700 [V]

1000 [V] 500 [V]

- 700 [V]

Référence

Les nuages A et B présentent un potentiel positif par rapport à la référence, alors que le nuage C
présente un potentiel négatif.

Il s'agit ici d'un cas pratique lors de la foudre.

Nous allons calculer les tensions électriques (différences de potentiels) présentes entre les nuages.
Les valeurs de la donnée ne nous indiquent que des potentiels par rapport à une référence. Il est
aussi utile de pouvoir calculer les potentiels entre-eux, c'est-à-dire la tension électrique présente
entre les nuages.

B 500 [V]

1000 [V] A
C - 700 [V]

niveau de
référence

Résolution mathématique :

UBA = VB - VA = 500 - 1000 = - 500 [V] polarité négative

UBC = VB - VC = 500 - ( - 700 ) = 1200 [V] polarité positive

UCB = VC - VB = - 700 - 500 = - 1200 [V] polarité négative

Afin de faciliter la compréhension des calculs ci-dessus, nous allons procéder par analogie avec des
situations de la vie courante, où une différence de xxx ( altitude, température, etc. ) est mise en
jeu.

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Lois électriques

Dans la suite, nous allons prendre l'altitude comme objet d'étude.

Soit par exemple les lieux géographiques suivants, ainsi que leur altitude :

A : la ville de Lausanne ( bord du lac ) 375 [m]

B : le sommet du Mont Everest : 8848 [m]

C : le niveau de la Mer Morte : - 390 [m]

De manière intuitive nous pouvons dire que la différence d'altitude entre :

Mont Everest et Lausanne est de 8473 [m]

Mont Everest et la Mer Morte est de 9328 [m]

Lausanne et la Mer Morte est de 765 [m]

Les résultats ci-dessus impliquent que nous sachions au départ que le Mont Everest est à une
altitude supérieure de celle de Lausanne, qui est elle-même à une altitude supérieure à celle de la
Mer Morte.

Nous savons aussi que l'altitude de référence 0 [m] est le niveau des océans.

Par contre, si nous désirons une formulation mathématique de cet exercice, il sera nécessaire de
nous doter d'une méthode de travail.

Méthodologie :

Méthode Dans l'exemple

a) fixer le sens et la direction de


l'altitude.
la grandeur considérée

b) poser la référence le niveau des océans


c) poser les valeurs connues les trois altitudes

8848 [m] Everest A


375 [m] Lausanne B
0 [m] référence
-390 [m] Mer Morte C

d) flécher la différence de xxx la différence d'altitude entre


recherchée l'Everest et Lausanne

8848 [m] Everest A


375 [m] Lausanne B

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Lois électriques

Méthode Dans l'exemple


e) ∆h ( Everest - Lausanne ) =

poser l'équation de la hEverest - hLausanne


différence
de ........ ∆hAB = hB - hA

une différence est symbolisée


∆hAB = 8848 - 375 = 8473
par la lettre grecque ∆ (
delta ) [m]

Remarque : Le nombre est positif, ce qui signifie que l'altitude de l'Everest est plus élevée de 8473
[m], par rapport à l'altitude de Lausanne.

Exemple 1

Calculer la différence d'altitude entre la Mer Morte et Lausanne ∆hCA .

∆h Mer Morte - Lausanne , flécher dans le sens Mer Morte - Lausanne.

A
375 [m] Lausanne

0 [m]

-390 [m] Mer Morte C

∆h = ...........
Mer Morte - Lausanne
∆h(Mer Morte - Lausanne) = hMer Morte - hLausanne

∆hCA = hC - hA altitude considérée altitude de

∆hCA = - 390 - 375 = - 765 [m] par rapport à

Remarque : Le nombre est négatif, ce qui signifie que l'altitude de la Mer Morte est moins élevée de
765 [m] par rapport à l'altitude de Lausanne.

Exemple 2 :
∆h(Everest - Mer Morte) = hEverest - hMer Morte

Calculer la différence d'altitude entre le ∆Hbc = hB - hC


sommet de l'Everest et la Mer Morte.
∆hBC = 8848 - ( - 390 ) = 9238 [m]

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Lois électriques

Exemple 3 :

Calculer l'altitude du sommet de l'Aconcagua si celui-ci se trouve 1889 [m] plus bas que le sommet de
l'Everest.

Remarque : Les mots plus bas signifient qu'il faut munir la différence d'altitude d'un signe négatif
∆h = - 1889 [m].

∆h(Aconcagua - Everest) = hAconcague - hEverest

∆hEB = hE - hB

hE = ∆hEB + hB = - 1889 + 8848 = 6959 [m]

4.2 Mesure de la tension U


Dans les applications électriques, nous cherchons à quantifier cette tension UAB en la mesurant.
Cette mesure est effectuée avec un instrument qui porte le nom de VOLTMETRE.

Dans les schémas, le voltmètre se symbolise comme ceci : V

Application pratique du voltmètre :


V
Au moyen d'un voltmètre, il est possible de mesurer la tension électrique
présente entre le conducteur polaire et le neutre des prises électriques. En
Europe, cette tension vaut 230 [V].

Attention ! : lorsque vous utilisez un voltmètre, vous devez toujours vous poser les questions
suivantes :

1. Réfléchir aux gestes que vous allez entreprendre.

2. Quel est le genre de tension U que je mesure ?

3. Choisir la valeur la plus grande de l'échelle du voltmètre.

4. Interpréter la mesure

IL Y A DANGER DE MORT SI VOUS NE PRENEZ PAS DE PRECAUTIONS

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Lois électriques

4.3 Courant électrique I


Le courant électrique I est le débit de charges électriques Q Symbole de la grandeur : I
s'écoulant dans un conducteur.
Symbole de l'unité : [A] ampère

La relation mathématique est la suivante : Q


I=
t
L'analyse dimensionnelle de la relation est la suivante :

Q=I⋅t [C] = [A] ⋅ [s] [C] = [As]

Pour qu'un courant électrique I circule dans un conducteur, il doit obligatoirement exister une
différence de potentiel V entre les extrémités du conducteur. Il faut également que le circuit soit
fermé par une charge. Cette charge peur prendre plusieurs formes, lampes, corps de chauffe,
moteurs, etc.

4.4 Mesure du courant I


Dans les applications électriques, nous cherchons à quantifier ce courant I.
Cette mesure est effectuée avec un instrument qui porte le nom d'AMPEREMETRE

Dans les schémas, l'ampèremètre se symbolise comme ceci : A


Application pratique de l'ampèremètre :

L
A
Dans ce circuit, l'ampèremètre mesure le courant électrique qui
lampe circule dans la lampe.

Attention ! : lorsque vous utilisez un ampèremètre, vous devez toujours vous poser les questions
suivantes :

1. Réfléchir aux gestes que vous allez entreprendre.

2. Quel est le genre de courant I que je mesure ?

3. Choisir la valeur la plus grande de l'échelle de l'ampèremètre.

4. Interpréter la mesure

IL Y A DANGER DE MORT SI VOUS NE PRENEZ PAS DE PRECAUTIONS

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4.5 Relation entre la tension U et le courant I


Nous remarquons que pour obtenir un courant I, 2 conditions sont nécessaires :

1. Avoir une tension U provenant d'une source quelconque.

2. Avoir un circuit électrique fermé, soit constitué d'un fil conducteur et d'un
récepteur.
fil conducteur

Schéma correspondant aux deux conditions : prise électrique


tension U
récepteur
électrique

fil conducteur

l'ampèremètre,
placé en série
A
Pour mesurer la tension U, nous placerons un
voltmètre en PARALLELE par rapport à la source et
le voltmètre,
V
placé en parallèle
au récepteur, pour déterminer la différence de
potentiels qui existe entre les deux conducteurs.

Pour mesurer le courant I, nous placerons un ampèremètre en SERIE dans le circuit pour mesurer le
passage des charges électriques dans le fil conducteur. Pour que notre mesure puisse être réalisée,
nous devrons interrompre le fil conducteur pour y placer l'ampèremètre.

4.6 Relation mathématique entre la tension U et le courant I


A partir des valeurs mesurées, nous pouvons établir un rapport entre le voltmètre et l'ampèremètre.

Ce rapport est obtenu de la manière suivante :


tension U
opposition faite au passage du courant R =
courant I

Exemple de mesure de courant et de tension. : A


A
Au laboratoire, nous réalisons un montage composé
d'une source de tension (le réseau 230 [V]) de V R1 R2
deux résistances de charge (1[kΩ] et 10 [kΩ]), et
de trois instruments de mesure.

Tableau de mesure :
U [V] I [A] rapport
résistance 1 0 0 ∞
résistance 2 0 0 ∞
résistance 1 230 0.23 1000
résistance 2 230 0.023 10000

constatations : le courant n'est pas identique dans les deux mesures.


La tension reste fixe et ne varie pas.

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4.7 Représentation graphique


En plus du tableau de mesure, nous pouvons également établir une représentation graphique de nos
résultats.

Un graphique est constitué d'un axe horizontal possédant une origine et une graduation (axe X), et
d'un axe vertical à la même origine mais décalé de 90° (axe Y). L'axe vertical représente le courant
I et l'axe horizontal la tension U. Ce tracé porte le nom de I = f(U).

I
[mA] résistance 1
résistance 2
Dans ce tracé, nous avons relié l'origine
20
aux mesures que nous avons effectuées.
Tous les points de cette droite
10 représentent toutes les possibilités de
fonctionnement du circuit.
U
[V]
50 100 150 200 250

4.8 RESISTANCE R
La résistance électrique R est l'opposition faite au passage du courant électrique I dans un circuit
électrique fermé et soumis à une tension électrique continue U.

La relation mathématique est la suivante : Symbole de la grandeur : R

Symbole de l'unité : [Ω]


U
R=
I

Le symbole graphique de la résistance est:

Exemple : Une lampe est alimentée par une tension de 48 [V]. Dessinez le schéma de ce circuit
avec les appareils de mesures. Calculez la résistance électrique R de la lampe.

I
A
données : U = 48 [V]
R I = 24 [mA]
U V

inconnue : R=?

= 2000 [ Ω ] 2 [ kΩ ]
U 48
Application numérique : R= =
I 24 ⋅ 10 −3

La résistance a une valeur de 2000 [Ω]. Il est plus aisé d'écrire sa valeur en utilisant la notation
scientifique : 2 [kΩ].

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Lois électriques

4.9 Loi d'ohm


La relation vue précédemment s'appelle la loi d'Ohm .

Dans ce cas, elle nous permet de calculer les tensions U à appliquer au montage, en connaissant la
résistance R et le courant I.

Exemple: Un radiateur électrique purement résistif possède une résistance de 23 [Ω]. Le fusible
protégeant les conducteurs est calibré à 10 [A].

Calculez la tension U du montage, et dessinez le schéma du circuit avec les appareils de mesures.

F
A
I données : R = 23 [Ω]
10 [A] I = 10 [A]
R
U
inconnue : U=?
V
23 [Ω=]

Application numérique : U = R ⋅ I = 23 ⋅ 10 = 230 [V]

4.10 CONDUCTANCE G
La conductance G est la facilité qu'a un circuit électrique de laisser passer le courant I lorsqu'une
tension continue U est appliquée.

Symbole de la grandeur : G
La relation mathématique est la suivante : Symbole de l'unité : [S]

1
G=
R

4.11 MESURE DE LA RESISTANCE R


Dans la pratique, il existe un appareil de mesure appelé ohmmètre .

Cet appareil possède une pile (source de tension U continue) et un ampèremètre, dont l'échelle est
graduée en ohm. Sa manipulation demande une attention particulière.

Le symbole graphique de l'ohmmètre est le suivant: Ω

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Lois électriques

4.12 PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE L'OHMMETRE


L'ohmmètre est un appareil de mesure, constitué d'un générateur de tension électrique U (pile),
indépendant du réseau électrique. C'est pour cette raison qu'il est nécessaire d'interrompre aux
moyens des fusibles ou des disjoncteurs, la tension électrique U du réseau.
Comme la tension électrique U d'une pile est de nature continue, il y a un conflit avec la tension
électrique U du réseau de nature alternative sinusoïdale.

Les symboles graphiques des générateurs de tension U sont :

+ -

générateur de tension pile électrique

L'ohmmètre est équipé d'un micro-ampèremètre.

Schéma équivalent d'un ohmmètre:

µA

U Rx
Le principe de mesure n'est rien d'autre que
l'application de la loi d'Ohm.

Lorsque le circuit est ouvert, la tension électrique U de la pile est présente. Mais le circuit
électrique est ouvert. Donc aucun courant électrique I circule dans le montage.

0 max L'aiguille du micro-ampèremètre est sur le 0 [A].


micro-ampèremètre

Appliquons la loi d'Ohm:

U
R = => si le courant électrique I est proche de 0 [A], cela signifie que la résistance R est
I
grande.

Sur le cadran du micro-ampèremètre, nous placerons une


0
graduation avec l'indication infini grand ∞ [Ω].
ohmmètre

Lorsque le circuit est fermé, la tension électrique U de la pile est toujours présente. Un courant
électrique I circule dans le montage.

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Lois électriques

0 max. L'aiguille du micro-ampèremètre est à fond d'échelle Imax [A].


micro-ampèremètre

Appliquons la loi d'Ohm:

U
R = => si le courant électrique I est grand Imax [A], cela signifie que la résistance R est
I
petite. (nulle)

0 Sur le cadran du micro-ampèremètre, nous placerons une


graduation avec l'indication 0 [Ω].
ohmmètre

Lors d'un changement d'échelle sur l'ohmmètre, il est nécessaire de calibrer à nouveau
le 0 de l'appareil.

Exemple :

Un ohmmètre fourni une tension de 1.5 [V] sur ses bornes. Lorsque l'on effectue une mesure de
résistance, il circule un courant de 3.8 [mA]. Quelle est la valeur de la résistance mesurée ? (
réponse : R = 394.7 [Ω] )

Données : U = 1.5 [V] I = 3.8 [mA] inconnue : R=?

U 15.
application numérique : R= = = 394.73 [ Ω ]
I 38. ⋅ 10 − 3

4.13 PROPRIETE DE LA RESISTANCE R


La résistance électrique R, définie précédemment, est dépendante de 3 paramètres.

• Le premier paramètre est la nature du matériau, c'est-à-dire sa résistivité (rhô) [Ωm].

Exemple pratique:

Un fil de cuivre (conducteur) a une résistivité plus faible qu'un fil de verre qui est un isolant.

MATIERE RESISTIVITE [Ω⋅m] RESISTIVITE [Ω⋅mm2⋅m-1]


cuivre 1.75 ⋅ 10-8 0.0175
aluminium 2.9 ⋅ 10-8 0.029
verre ∞ ∞

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Lois électriques

• Le deuxième paramètre est la longueur l du matériau.

Exemple pratique:

Si nous démontrons expérimentalement, qu'un fil de cuivre de longueur l en [m] (mètre), possède une
résistance électrique R. Si nous doublons la longueur l, la résistance électrique R du fil doublera
aussi.

• Le troisième paramètre est la section A du matériau.

Exemple pratique:

Un réservoir d'eau doit être vidé, au moyen d'un tuyau d'arrosage a un certain diamètre d, donc une
certaine section A exprimée en [m2].

Ce réservoir va mettre un temps t1 pour se vider.


Si nous remplaçons le tuyau d'arrosage par un autre d'un diamètre d plus grand, le réservoir se
videra dans un temps t2 plus petit que t1.

Nous en déduisons que la résistance au passage de l'eau est plus petite avec le tuyau à grand
diamètre.

Electriquement, nous assistons au même phénomène, plus le diamètre d est grand, donc plus la
section A est grande et plus la résistance électrique R est petite. Plus notre conducteur va laisser
passer les électrons de conduction.

On peut considérer que le tube de faible diamètre oppose une grande résistance au passage des
électrons.

On peut considérer que le tube de grand diamètre oppose une faible résistance au passage des
électrons.

Symbole de la grandeur : R
La relation mathématique est la suivante :
Symbole de l'unité : [Ω]
ρ ⋅l
R =
A

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Lois électriques

Analyse dimensionnelle.
Ω ⋅ mm 2
ê ú ⋅ [ m]
ρ⋅l ê m ú
R= [Ω] =
A [mm ] 2

Ω ⋅ mm 2 ⋅ m
Ω ⋅ mm 2
[Ω ] = m Þ [Ω ] = Þ [Ω ] = [Ω ]
mm 2 mm 2

Exemple de calcul :

Une bobine de fil de cuivre mesure 100 [m]. Sachant que le diamètre d du fil mesure
1.38 [mm], calculer la résistance de cette bobine au point de vue électrique.

Données : l = 100 [m] d = 1.38 [mm] => 1.38 ⋅ 10-3 [m]

ρCu = 1.75 ⋅ 10-6 [Ωm]

Inconnue : R=?

ρCu ⋅ l π ⋅d2
Relations : R = A =
A 4

π ⋅d2 π ⋅ ( 1,38 ⋅ 10 −3 ) 2
Application numérique : A= = . ⋅ 10 − 6 [ m 2 ]
= 150
4 4

ρ Cu ⋅ l 1,75 ⋅ 10 −8 ⋅ 100
R= = . [Ω ]
= 117
A , ⋅ 10 − 6
150

Résistance électrique : R = 1.17 [Ω]

4.14 Influence de la température sur les résistances


Une résistance R, parcourue par un courant I pendant un certain temps t, dissipe une énergie
calorifique (Wjoule)

Cette énergie calorifique Wjoule va modifier la valeur de la résistance R.

Pour mieux comprendre ce phénomène, nous allons prendre lampe à


une mesure de la valeur de la résistance R de la lampe à Ω incandescence
température ambiante θ 20 [°C] . (ohmmètre)

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 13


Lois électriques

I
A
Ensuite, nous allons alimenter une lampe d'une puissance de
15 [W], sous différentes tensions U et mesurer le courant I.
U
V

I
A
Cette mesure effectuée, nous ferons varier la tension U aux
bornes de la lampe en y mesurant le courant I.
U
V

Tableau de mesure

Mesure au temps t UAB I Résistance à 20 [°C]


[s] [V] [mA] [Ω]
0 0 0 1.3
10 2 470 1.3
20 4 649 1.3
30 6 813 1.3
40 8 918 1.3
50 10 1057 1.3
60 12 1174 1.3

4.15 Graphique
A partir de ces mesures, nous allons établir un graphique avec le courant I en fonction de la tension
U. Ce graphique est une représentation de l'opposition faite au passage du courant I, donc la
résistance R.
I
[ mA ]
1250

1000

750

500

250

U
0 [V]
2 4 6 8 10 12

Nous constatons que ce n'est pas une droite.

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Lois électriques

Appliquons la loi d'Ohm, à chaque point mesuré :

U
U = R⋅I R=
I

Complétons notre tableau:

Mesure au temps t UAB I R à 20 °C R calculée


[s] [V] [mA] [Ω] [Ω]
0 0 0 1.3
10 2 470 1.3 4.25
20 4 649 1.3 6.16
30 6 813 1.3 7.38
40 8 918 1.3 8.71
50 10 1057 1.3 9.46
60 12 1174 1.3 10.22

Nous pouvons dire que la résistance R n'est pas constante.

Que s'est il passé ?

Notre mesure a duré une minute, nous avons appliqué une tension U et un courant I.

C'est donc une énergie W ou écart d'énergie ∆W pendant un écart de temps ∆t.

W = U⋅I⋅∆t

Cette énergie W a été transformée en énergie lumineuse Wlum, mais aussi en énergie calorifique Qlum.

Cette énergie calorifique Q a eu comme effet d'augmenter la température θ aux environs de la


résistance R de la lampe.

Cette résistance R est composée d'une matière à haut point de fusion, cette matière possédant
certaines caractéristiques au point de vue thermique.

4.17 Coefficient de température α


Le coefficient de température α (alpha) est obtenu expérimentalement.

Il est l'expression mathématique se rapprochant le plus


Symbole de la grandeur : α
de la constatation pratique lors d'un échauffement de la
matière. Il peut être positif ou négatif et non linéaire. Symbole de l'unité : [K-1] ou [°C-1]

La valeur α donnée dans les tables est valable pour une température de 20 [°C] .

exemples : αCu = 4 ⋅ 10-3 [K-1] αAl = 4 ⋅ 10-3 [K-1]

αAg = 4 ⋅ 10-3 [K-1] αAu = 4 ⋅ 10-3 [K-1]

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Lois électriques

Nous pouvons donc établir une relation de la résistance R, exprimée en fonction de :

• l'augmentation de température θ
• le coefficient de température α
• la valeur initiale de la résistance R

Relation :

R fin = R ini + ∆R

mais cette différence de résistance ∆R est due à la différence de température et aux propriétés
d'échange thermique α de la résistance Rini

R fin = R ini + ( ∆θ ⋅ α ⋅ R ini )

nous pouvons mettre en évidence le terme Rini

{
R fin = R ini ⋅ 1 + ( ∆θ ⋅ α )}
Exemple de notation:

Pour différencier les résistances R, nous noterons la température θ en indice.

{ (
R 100 = R 20 ⋅ 1 + α ⋅ ( θ 100 − θ 20 ) )}
R100 signifie résistance finale à 100 [°C]

R20 signifie résistance initiale à 20 [°C]

Si nous cherchons une des résistances, nous utiliserons Rx qui signifie résistance soit finale soit
initiale à x [°C]

Prenons un exemple:

Une résistance de 42 [Ω] à 20 [°C] est placée dans une chaufferie où il règne une température de 74
[°C] en permanence. En mesurant cette résistance à l'intérieur de la chaufferie, nous trouvons une
valeur de 41.32 [Ω]. Donner le nom de la matière constituant cette résistance.

Données : R20 = 42 [Ω] θini = 20 [°C] R74 = 41.32 [Ω] θfin = 74 [°C]

Inconnue : nom de la matière de la résistance ?

Relation : { }
R fin = R ini ⋅ 1 + ( ∆θ ⋅ α )

Nous devons chercher le nom de la matière. Cela implique qu'il nous faut trouver son coefficient de
température α.
R fin
−1
R
α = ini
∆θ

Remplaçons les indices par notre convention, ainsi que ∆θ :

R 74 41,32
−1 -1
α=
R 20
(θ 74 - θ 20 )
= 42
(74 - 20)
= [
− 3.00 ⋅ 10 − 4 ° C −1 ]

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Lois électriques

Nous remarquons que notre coefficient de température α est négatif.

Ce qui signifie que, contrairement à la résistance R de la lampe vue précédemment, la résistance à


chaud est plus petite qu'à température ambiante.

Cherchons dans une tabelle et d'après la valeur du coefficient de température α, le nom de la


matière de la résistance.

Nous trouvons le CARBONE.

4.18 DENSITE DE COURANT J


La densité de courant J est, par définition, le courant électrique I par unité de section A du
conducteur.

Symbole de la grandeur : J

é Aù A
Symbole de l'unité : ê 2ú ê ú
ëm mm 2

I
La relation mathématique est la suivante : J =
A

Dans les métiers de l'électricité, des prescriptions réglementent la manière de réaliser des
installations électriques.

Dans ces prescriptions il est spécifié que les circuits électriques doivent être protégés par un coupe-
surintensité. Ces coupe-surintensité peuvent être des fusibles.

Le fusible fonctionne selon l'effet thermique du courant électrique I. Cet effet thermique repose
sur la densité de courant J. Dans les cours d'installations vous trouverez le principe du fusible.

Point de consigne du fusible Section minimum des densité de courant.


protégeant les conducteurs. conducteurs A
[A] [mm2] ê mm2 ú

10 1.5 6.67
15 2.5 6.00
20 4.0 5.00
25 6.0 4.16

Exemple:

Données : I = 10 [A] A = 1.5 [mm2] Inconnue : J=?

Relation: J =
I
A
=
10
1,5
= 6,67 [ ]
A
mm 2

Remarque: Il est possible de définir la densité de courant J avec des unités non normalisées ( [cm2
ou [mm2] ), comme nous venons de le faire ici.

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Lois électriques

4.19 Documentaire

Alessandro Volta physicien italien (1745-1827), professeur à l'université


de Pavie. Inventeur de la pile électrique en 1800.

André Marie Ampère (1775 - 1836), physicien et mathématicien


français. Auteur de travaux en mathématique et en chimie. Inventeur
du galvanomètre, du télégraphe électrique, de l'électroaimant. Il est à
la base du langage moderne sur l'électricité. Théorie de
l'électrodynamique en 1827.

Georg Simon Ohm, physicien allemand (1789 - 1854). Il a découvert en


1827 les lois fondamentales des courants électriques et introduit les
notions de quantité d'électricité et de tension induite.

Werner von Siemens (Allemand 1816-1892 ) a effectué de nombreux


travaux pratiques sur l'utilisation de l'électricité. Il a fondé avec
Johann Georg Halske (1814-1890) la firme Siemens et Halske dont les
activités permirent le développement de la technique des hautes
tensions.

Wilhelm, frère de Werner (1823-1883), naturalisé Anglais mit au


point le four Martin Siemens pour la fabrication de l'acier.

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Lois électriques

4.20 Entraînement

1. Donner la définition d'une tension électrique.

2. Donner la différence entre une tension et un potentiel.

3. Comment peut-on mesurer une tension électrique ?

4. Donner la relation qui définit le rapport entre U et I

5. Comment s'appelle et comment se place l'instrument qui sert à mesurer le courant ?

6. Quelle est la relation mathématique entre la conductance et la résistance ?

7. De quelle nationalité est le physicien qui a déterminé les lois sur la résistivité ?

8. Comment s'appelle l'instrument qui permet de mesurer la résistance ?

9. Donner la valeur de la tension d'une batterie de voiture.

10. Dans le circuit de mesure de la résistance, quelle sera l'indication des deux instruments si on
débranche la résistance ?

11. Quel est l'avantage de tracer une courbe avec les résultats d'une mesure ?

12. De quoi est composé l'instrument de mesure des résistances ?

13. Que se passe-t-il si la pile de l'ohmmètre est déchargée ?

14. Quelle est l'indication de l'aiguille de l'ohmmètre lorsqu'il mesure un circuit ouvert ?

15. Un ohmmètre mesure un circuit. Sa mesure indique une très faible résistance.
Quel est le courant dans circuit ? (nul, très faible, grand, très grand)

16. Une barre de cuivre possède les dimensions suivantes 100 ⋅ 50 [mm].
Sachant que la barre de cuivre est longue de 3 [dm], calculer sa résistance électrique.

17. La résistance d'une torche de fil de cuivre est de 3.12 [Ω]. A l'aide d'un pied à coulisse, nous
mesurons le diamètre du fil. Le résultat de notre mesure est 4.15 [mm]. Calculer la longueur
de cette torche.

18. Avec un ohmmètre, nous mesurons une bobine de fil d'aluminium. La résistance est de 1450 [mΩ].
La longueur de cette bobine est de 35000 [cm]. Calculer le diamètre du fil d'aluminium.

19. Calculez le courant I d'un circuit alimenté sous une tension U de 0,23 [kV] et dont la résistance R
est 2,23 [Ω].

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Lois électriques

20. Une résistance électrique R est parcourue par un courant de 560 [mA]. Cette résistance est
alimentée par une tension de 230 [V].
Sachant que la résistance électrique R est un fil constitué de graphite, calculer
la longueur du fil, si son diamètre est de 0.15 [cm].

21. Calculer la perte de tension U aux bornes d'un conducteur en cuivre d'un rayon r de 1 [mm],
parcouru par un courant I = 10000 [mA] et reliant une maison à un cabanon de jardin distant de
15000 [cm].

22. Un câble de cuivre, d'une longueur de 1.6 [km], est composé de 2 fils d'un diamètre de 10 [mm].
Ce câble est posé en Sibérie, où il règne une température de -18 [°C]. Calculer la résistance
mesurée à l'ohmmètre.

23. Un câble de cuivre, d'une longueur de 1.6 [km], est composé de 2 fils d'un diamètre de 10 [mm].
Ce câble est posé au Sahara, où il règne une température de 38 [°C]. Calculer la résistance
mesurée à l'ohmmètre.

24. Une résistance de nickel nécessite 2 [A] sous 230[V], après avoir fonctionné pendant une longue
durée. Si l'élévation de température est de 75 [°C] au dessus de la température ambiante de
20 [°C], calculer la valeur de la résistance qu'il faut insérer en série dès l'origine pour limiter le
courant à 2 [A]. (voir tabelle)

25. Une lampe de 100 [W] fonctionne sous 230 [V]. Elle comporte un filament en alliage dont le
coefficient de température vaut α = 0.0055 [°C-1] à 0 [°C]. La température normale de
fonctionnement est de 2000 [°C]. Quel sera le courant qui traversera cette lampe au moment de
son allumage dans une pièce où la température ambiante est de 20 [°C] ?

Réponses : 16. R = 1.05 [µΩ] 17. l = 2.4 [km] 18. d = 3 [mm]


19. I = 103.14 [A] 20. l = 90.7 [m] 21. U = 3.34 [V]
22. R = 0.6 [Ω] 23. R = 0.768 [Ω] 24. R = 1.7 [Ω]
25. I = 5.16 [A]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 20

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