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Fondamentaux de l’électricité n° 1 

: lois fondamentales

Fondamentaux de l’électricité n° 1 :


lois fondamentales

I.  Courant électrique : nature et manifestation


A. Courant électrique : principaux effets et origine
Qu’est-ce qu’un courant électrique et quels sont ses effets ? Qu’est-ce qu’un atome ? Un électron ? Un généra-
teur ? Quelles sont les différentes sources d’énergie et quelles transformations peuvent-elles subir ? À toutes ces
questions intéressantes que se pose le futur électricien et auxquelles le cours répond s’ajoute la découverte des
lois fondamentales que tout électricien doit bien connaitre.

Avant d’étudier plus en détail la nature et les propriétés du courant électrique, essayons de voir quelles sont ses
principales manifestations ou effets ; pour cela, nous réaliserons deux expériences.

a. Expérience n° 1
Relions par des conducteurs en cuivre, le générateur G (pile ou accumulateur) aux différents récepteurs ci-des-
sous (nous verrons, par la suite ce qu’est un récepteur, au sens le plus général du terme).

Fig. 1  Expérience n°1 effets du courant électrique © Skill and You

Fermons l’interrupteur K : un courant exerce un effet magnétique dans son


voisinage.
a) Effet thermique
Le filament de la lampe L rougit lors du passage du c) Effet chimique
courant (la température de ce filament est voisine de Nous ne rentrerons pas dans le détail des théories
2 000 °C). électrochimiques qui sortent du cadre de ce cours.
Contentons-nous de constater les phénomènes. Nous
b) Effet magnétique avons inséré dans le circuit une cuve à électrolyse,
Une aiguille aimantée sur pivot, disposée à proxi- laquelle comporte deux électrodes. L’une recevant le
mité du conducteur, à tendance à se mettre en croix courant appelée anode, l’autre par laquelle le courant
avec celui-ci. Donc, un conducteur parcouru par sort, appelée cathode.

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À l’intérieur de cette cuve, on verse une solution que le volume d’hydrogène est deux fois plus impor-
formée d’un corps composé (acide, base ou sel) par tant que le volume d’oxygène : 2 H pour 1 O. Nous
exemple de l’acide sulfurique (constitué de soufre, avons ici mis en évidence l’effet chimique du courant
d’oxygène et d’hydrogène de symbole H2SO4). électrique.

On recouvre les électrodes (anode et cathode) avec d) Effet mécanique et magnétique


des éprouvettes et on constate, au passage du courant, Une portion conductrice du circuit (XY), mobile
un dégagement gazeux sur les deux électrodes. autour d’un axe (X), a sa partie inférieure placée dans
une cuve de mercure (également conducteur). Dans
Le gaz contenu dans l’éprouvette recouvrant l’anode un plan perpendiculaire à XY, disposons un aimant en
A rallume une allumette : il s’agit donc d’oxygène. fer à cheval NS (Nord-Sud). Au passage du courant,
Cependant, le gaz qui s’échappe de l’éprouvette le conducteur en rotation autour de X se déplace à la
recouvrant la cathode C provoque une légère explo- base du point Y au point Y’.
sion : il s’agit d’hydrogène.
Grâce à l’aimant d’une part (magnétisme) et d’autre
Résumons : part au passage du courant, un « effet moteur » ou
–– l’oxygène se dégage à l’anode ; mécanique est enregistré ; c’est sur ce principe que
–– l’hydrogène se dégage à la cathode. sont basés les moteurs électriques.

En fait, le courant électrique a tout simplement b. Expérience n° 2


décomposé l’eau en ces deux éléments : l’oxygène Inversons les bornes du générateur G et conservons la
et l’hydrogène (la formule de l’eau est H2O, H étant même structure à notre circuit.
l’hydrogène et O l’oxygène). D’ailleurs, on constate

Fig. 2  Expérience n°2 effets du courant électrique © Skill and You

Fermons l’interrupteur K :

a) Effet thermique
La lampe à incandescence L brille comme à la première expérience.

b) Effet magnétique
L’aiguille aimantée se met en croix avec le conducteur mais tourne en sens inverse.

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Fondamentaux de l’électricité n° 1 : lois fondamentales

c) Effet magnétique et mécanique a. Structure de l’atome


Le conducteur XY mobile auteur du point X s’oriente Schématiquement, l’atome peut se représenter ainsi :
vers la droite par opposition avec la première
expérience.

d) Effet chimique
Les dégagements gazeux sont inversés.

Résumons :
Les effets magnétiques, mécaniques et chimiques
sont inversés : on dit qu’ils sont polarisés, c’est-à-dire
qu’ils dépendent du sens du courant.
Fig. 3  Structure de l’atome © Skill and You
L’effet thermique et lumineux est indépendant du
sens du courant : il n’est pas polarisé. L’atome est constitué par un noyau central formé de
particules électrisées positives appelées « protons » et
Connaissant maintenant les principaux effets du de particules neutres appelées « neutrons », lesquels
courant électrique, essayons de retrouver l’origine de ne présentent aucun intérêt sur le plan de la conduc-
ce courant. tibilité. Autour de ce noyau, gravitent sur des orbites
circulaires ou elliptiques, des électrons ou « grains
B. Courant électrique : origine d’électricité » de masse encore plus réduite (environ
1 840 fois plus petite que le noyau).
La matière qui nous entoure (solide, liquide ou
gazeuse) est formée de particules infiniment petites Ces électrons chargés d’électricité négative tournent
appelées « molécules ». Si nous essayons de frag- sur les orbites ou couches concentriques en respec-
menter des molécules, on constate qu’elles sont tant certaines lois précises de la physique, c’est-à-
conçues d’une multitude de petites « billes » appe- dire qu’un électron donné appartient à une couche
lées « atomes ». Le diamètre de ces atomes est surpre- donnée.
nant par sa petitesse. Pour donner une idée de leur
diamètre moyen, disons qu’il est de l’ordre des 10 On a souvent comparé la structure d’un atome au
millionièmes de millimètres. Il faut imaginer que sur système interplanétaire de l’univers. Les électrons
une longueur de 1 millimètre, on pourrait aligner, représenteraient les planètes tournant autour d’un
l’un contre l’autre, 2 à 10 millions d’atomes. Ces noyau, qui serait le soleil, d’où le rapprochement
chiffres nous laissent rêveurs car il faut à la fois mani- établi entre les orbites planétaireset les orbites élec-
puler des nombres infiniment petits et des rapports troniques d’un atome.
gigantesques.
Si aucune énergie ne vient perturber ce système
Un atome, dans son état naturel, est neutre sur le plan atomique, les électrons tournent à l’intérieur de
électrique (ni positif, ni négatif). L’atome est donc la l’atome sur leurs orbites respectives sans pouvoir
plus petite partie d’un corps simple. s’échapper. Ils seront appelés « électrons liés ».
D’après la structure de la courbe périphérique, on
peut classer les corps en plusieurs catégories.

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a) Corps conducteurs d’électricité Matériaux isolants utilisés en électronique :
L’électricité est due à une circulation d’électrons à le verre, la céramique, le mica, le papier (ces 4 maté-
l’extérieur des atomes. Ceci implique la nécessité riaux entrent dans la fabrication des condensateurs).
d’extraire des électrons pour obtenir un courant élec- On note également la porcelaine, le caoutchouc,
trique. Seuls les électrons répartis sur l’orbite externe l’ébonite, etc.
de l’atome, dite encore « couche périphérique »
peuvent sortir de cet atome. Cet électron ne sera libé- c) Corps semi-conducteurs
ré, et par conséquent disponible pour la conductibili- Il s’agit de matériaux dont les propriétés sont
té, qu’à condition de recevoir une énergie supérieure communes à celles des isolants et des conducteurs.
à celle qui le lie à l’atome et le retient à l’intérieur.
Essayons d’expliquer sommairement ce paradoxe.
Cette énergie peut se présenter sous des formes
diverses : À l’état pur, un semi-conducteur, placé dans des
–– forme calorifique ou thermique (piles thermoélec- conditions de très basse température (0° absolu, soit
triques, émission électronique des filaments) ; – 273° centigrades) aura toutes les propriétés d’un
–– forme lumineuse (cellules photoélectriques) ; isolant. En effet, dans ces circonstances, tous les élec-
–– forme magnétique et mécanique (cas des géné- trons du semi-conducteur sont liés.
rateurs électromagnétiques) : dynamos pour le
courant continu, alternateurs pour le courant En revanche, si la température croît, certains électrons
alternatif ; acquièrent une énergie suffisante pour se libérer et
–– forme chimique (piles – accumulateurs dont nous assurer une certaine conductibilité. Cette dernière
reparlerons à la fin de ce manuel). sera par ailleurs favorisée si on incorpore certains
atomes étrangers dans le cristal semi-conducteur.
Les corps conducteurs d’électricité seront donc les
matériaux qui échangeront facilement des électrons On doit donc remarquer que l’énergie thermique
entre leurs atomes : ce qui revient à dire des corps exerce une grosse influence sur le comportement
dont la couche périphérique pourra donner ou accep- d’un matériau semi-conducteur.
ter un ou plusieurs électrons, en consommant peu
d’énergie. En résumé, un semi-conducteur devient conducteur à
condition de le placer dans un état favorable (tempé-
Parmi les conducteurs, nous citerons, sans distinc- rature suffisante, mélange avec d’autres substances,
tion, tous les métaux et surtout le cuivre, l’argent, le etc.).
plomb, l’aluminium, etc., ainsi que tous les alliages
métalliques (nickel, chrome, étain, etc.). Dans la catégorie des semi-conducteurs, nous cite-
rons le germanium, le silicium, le carbone diamant.
C’est grâce aux fils conducteurs qu’on assurera la
liaison entre les différents composants d’un circuit C. Notion d’intensité électrique
électrique (générateurs, récepteurs, etc.).
Nous avons vu que la mobilité des électrons dans
b) Corps isolants un conducteur engendre la création d’un courant
Il s’agit de substances dont les atomes ont une couche électrique.
périphérique saturée : en d’autres termes, aucun élec-
tron ne peut y pénétrer, ni en sortir ; donc aucune Donc :
liaison électronique n’est possible. Les électrons ne
peuvent pas passer d’un atome à l’autre. agitation électronique = courant électrique.

La conductibilité est donc nulle ou en pratique très Plutôt que de compter le nombre d’électrons dans un
faible. Tous les électrons sont liés aux atomes. conducteur pour exprimer la quantité d’électricité
correspondante, on a physiquement défini une unité
de quantité d’électricité appelée : le coulomb.

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Fondamentaux de l’électricité n° 1 : lois fondamentales

Le débit électrique (c’est-à-dire la quantité en un L’intensité se mesure avec un ampèremètre qui est de
temps donné) s’exprimera en ampères. plus en plus inclus dans un multimètre.

a. Définition de l’ampère
C’est l’intensité d’un courant qui correspond au
passage d’un Coulomb en une seconde.

D’où la relation fondamentale : 

Avec :
–– I en ampères (A) ;
–– Q en coulombs (C) ;
–– t en secondes (s).

Nous pouvons comparer l’intensité d’un courant


électrique avec le débit d’un cours d’eau. La quan-
tité d’eau s’exprimera en m3 et le débit, en m3 par
seconde : m3/s.

Tableau n°1 Tableau comparatif de l’intensité d’un courant électrique avec


le débit d’un cours d’eau

Fig. 4  Multimètre électrique © Y. L. Photographies - stock.adobe


ÉLECTRICITÉ EAU
Quantité coulomb : C m3
L’intensité se mesure avec un ampèremètre qui est de
Débit ampère : A m3/s plus en plus inclus dans un multimètre.

I est le symbole de l’intensité et A est l’unité d’intensité. En électronique, nous utiliserons surtout les sous-mul-
tiples de l’ampère, c’est-à-dire :
Exemple
Pour un courant de 2 ampères, on notera : I = 2 A. le mA (milliampère) ou millième partie de l’ampère.

Pour un courant de 0,1 ampère, on notera : I = 0,1 A. Nous écrirons : 1 mA = 0,001 A

Calculons l’intensité d’un courant correspondant à la ou inversement : 1 a = 1 000 mA


circulation de 1 800 coulombs par heure.
On utilise également le microampère ou millionième
La formule à employer est :  partie de l’ampère. Le microampère se symbolise par
l’abréviation : µA qui se lit (microampère), alors µ :
Q = 1 800 C ; lettre grecque qui se lit « mu ».

t = 1 heure = 3 600 secondes. 1 µA = 0,000 001 A

Avant d’effectuer un calcul sur une formule, il faut ou inversement 1 A = 1 000 000 µA


toujours faire attention aux unités ; ici, le temps t s’ex-
prime en secondes. Suivant leur valeur, on classe souvent les courants
en deux catégories : les courants forts et les courants
Donc :  faibles.

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b. Les courants forts Les intensités à travers les différents étages d’un
Les courants délivrés par des générateurs peu volumi- émetteur seront évidemment supérieures à celles
neux et peu puissants comme les piles et les accumu- qui circuleront à travers un récepteur ou une chaine
lateurs seront de l’ordre de 0,1 A à 1 A. haute fidélité.

En revanche, des générateurs comme les dynamos En réception radio et TV, nous sommes dans le
(en courant continu) ou les alternateurs (en courant domaine des courants faibles.
alternatif) pourront délivrer des intensités de 1 A, à
plusieurs centaines d’ampères. Chaque système industriel, machine ou bien d’habi-
tation nécessite une alimentation électrique, qui est
À la sortie des centrales électriques, les intensités sont l’énergie numéro un utilisée en France et en Europe.
encore plus considérables et peuvent excéder 1 000
ampères. Quand on parle d’alimentation électrique, on
retrouve deux types de courant :
c. Les courants faibles –– le courant continu : la valeur du courant est
En électronique, l’ordre de grandeur des dimensions constante ;
électriques est beaucoup plus réduit ; à titre indicatif, –– le courant alternatif : la valeur du courant varie en
les courants circulant à travers les électrodes d’une fonction du temps, de sa période T et de sa valeur
diode ou d’un transistor seront le plus souvent de de crête A.
l’ordre de quelques mA à 1 A. Dans certains cas,
ils n’excéderont pas le µA (microampère). On est D. Les générateurs et les récepteurs
bien loin des intensités rencontrées en électricité
industrielle. a. Les générateurs
Ils ont pour rôle essentiel d’entretenir le mouvement
des électrons. Ils comportent 2 pôles ou bornes (borne
positive marquée « + » et borne négative marquée
« - »).

La centrale électrique (mettant en jeu d’énormes puissances)


Tableau n°2 Différents types de centrales électriques

DIFFÉRENTS TYPES DE
NUCLÉAIRES HYDRAULIQUES THERMIQUES
CENTRALES
L’énergie est fournie par la On exploite l’énergie
On produit de l’électricité à
fission ou l’éclatement d’un mécanique d’un fort débit
Origine de l’énergie partir de la combustion du
atome d’uranium ou de d’eau : barrages, chutes,
charbon ou du pétrole.
plutonium. courant d’un fleuve.

Les piles et les accumulateurs On appelle dipôle, un dispositif comportant une


L’énergie électrique est obtenue à partir de réactions entrée et une sortie (deux pôles).
chimiques.
Symboles d’un générateur :
Les dynamos (courant continu) et les alternateurs
(courant alternatif)
Ils débitent un courant électrique à partir de l’éner-
gie mécanique d’une part et de l’énergie magnétique
d’autre part.
Fig. 5  Symbole d’un générateur 2 © Skill and You
On attribue le nom de dipôle actif, à un générateur
ayant pour fonction de fournir de l’énergie. Le trait long et fin représente le signe +.
Le trait court et gros représente le signe –.

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Deuxième symbole utilisé :

L’extrémité de la flèche représente la borne +.


Le pied de la flèche représente la borne –.

Fig. 6  Symbole d’un générateur (entrée et sortie) © Skill and You

b. Les récepteurs

Un récepteur électrique
Un récepteur électrique est un appareil qui absorbe de l’énergie électrique et qui restitue essentiellement
de l’énergie sous une autre forme.

Tout récepteur répond à l’architecture suivante :

Énergie absorbée Énergie utile

RÉCEPTEUR
Wa (électrique) Wu

Énergie perdue

Wp (thermique)

Fig. 7  Caractéristiques d’un récepteur © Skill and You

Tout récepteur répond à l’architecture suivante : Récepteurs usuels


Outre le moteur électrique, nous pouvons citer :
Exemple –– les antennes ;
Le moteur électrique, qui est le récepteur le plus –– les aspirateurs ;
rencontré, absorbe de l’énergie électrique pour –– les ventilateurs ;
produire de l’énergie mécanique utile. Mais étant –– les robots ménagers ;
donné qu’il chauffe en fonctionnement, une certaine –– les rasoirs.
quantité d’énergie est perdue en chaleur.
Il existe aussi l’accumulateur en charge.

+ +
CHARGEUR I _
DE
BATTERIE BATTERIE
Secteur _
EDF I

Fig. 8  Accumulateur en charge © Skill and You

L’énergie électrique fournie par le chargeur modifie par électrolyse la constitution interne de la batterie ; des
réactions chimiques se produisent. La batterie transforme donc de l’énergie électrique en énergie chimique.

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Résistance interne Comme pour le générateur, un bon récepteur doit
Comme les générateurs, les récepteurs possèdent une avoir une résistance interne faible.
résistance interne.
Force contre-électromotrice
On la symbolise cette fois par : r’. Effectuons une expérience pour mettre en évidence
la force contre-électromotrice d’un moteur (en abrégé
Cette nouvelle résistance interne crée une chute de f.c.e.m.).
tension interne : u’ = r’ × I, et une dissipation de puis-
sance calorifique : p’ = r’ × I2, toujours à cause des
lois d’Ohm et de Joule.

+ _
A

+ +
G
M V
_
_

Rhéostat
Fig. 9  Schéma force contre-électromotrice © Skill and You

Un générateur G alimente un moteur électrique M Soit par exemple les valeurs suivantes :
par l’intermédiaire d’un rhéostat.
Tableau n°3 Valeurs pour le graphe représentant les variations de U en
Si on fait varier le curseur du rhéostat, on modifie la fonction de I

résistance de ce rhéostat, et l’intensité du courant.


I(A) 2 4 6 8 10
U(V) 4,8 5,4 6 6,6 7,2
Pour plusieurs positions du curseur, il est possible de
mesurer la d.d.p. et l’intensité avec le voltmètre et
l’ampèremètre. Ce qui permet de tracer un graphe représentant les
variations de U en fonction de I.

Mathématiquement, on dirait : U = F(I).

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U (V)

I (A)
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Fig. 10  Graphe représentant les variations de U en fonction de I © Skill and You

On voit qu’on est en présence d’une fonction affine II. Loi de Joule


de la forme : y = ax + b.
Maintenant que vous connaissez un peu mieux ce
Si matériellement, on avait eu la possibilité de dimi- qu’est un courant électrique et quels sont ses princi-
nuer l’intensité, jusqu’à 0, on aurait le prolongement, paux effets, nous allons étudier l’un de ces effets en
en pointillé, du tracé. particulier : l’effet thermique sur lequel est basée la
loi de Joule.
L’intersection du tracé avec l’axe des tensions donne
la f.c.e.m. du moteur. Pour prendre l’exemple du watt, que vous allez
retrouver avec plus de détails dans cette leçon,
Ici : E’ = 4,2 V. vous savez sans doute que la puissance des grandes
centrales électriques s’exprime en mégawatts ; mais,
La f.c.e.m. savez-vous que sur Terre, certaines antennes bran-
On appelle force contre-électromotrice d’un chées en direction du système solaire « à l’écoute »
récepteur la tension qui existerait entre ses bornes, des planètes captent parfois des signaux électriques
dans le cas où le courant d’alimentation serait annulé. dont la puissance est très inférieure au micro watt ?

La force contre-électromotrice est symbolisée par E’ Outre le watt, qui est l’unité de puissance, cette leçon
pour la distinguer de la f.e.m. (force électromotrice). indique les définitions du joule et de l’ohm.

L’ohm caractérise la résistance électrique d’un maté-


riau et le joule caractérise l’énergie développée par
ce matériau.

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Il ne faut pas confondre les notions d’énergie et de a. Énoncé de la loi de Joule
puissance. Si par exemple, vous déplacez un poids sur L’énergie thermique dégagée dans un conducteur par
une certaine distance, vous accomplirez un certain effet Joule est proportionnelle :
travail ou, ce qui revient au même, vous dépenserez –– à la résistance de ce conducteur : R ;
une certaine énergie (musculaire ici) ; mais, si vous –– au « carré » de l’intensité qui le parcourt : I2 ;
le déplacez en 4 secondes et que votre camarade le –– au temps de passage du courant : t.
déplace en 8 secondes, c’est que vous êtes deux fois
plus puissant que votre camarade et pourtant, vous D’où la relation fondamentale qui traduit la loi de
aurez dépensé tous les deux la même énergie. Joule :

Il s’agit maintenant d’étudier l’effet thermique ou W = R x I2 x t


calorifique d’un courant. Dans un fil parcouru par un
courant électrique, il se produit un dégagement de W est le symbole de l’énergie (ou travail) : s’exprime
chaleur. Le fil s’échauffe car il oppose une certaine en joules.
« résistance » au passage des électrons ; dans certains
cas, l’échauffement est tel que le conducteur devient R est le symbole de la résistance électrique : s’exprime
incandescent. en ohms. Nous allons définir immédiatement cette
unité importante.
La découverte de cet effet thermoélectrique remonte
à 1841. Elle est l’œuvre d’un physicien anglais, t est le temps exprimé en secondes (s).
Joule, dont la série d’expériences permit d’exploiter
l’énergie thermique dégagée dans les conducteurs b. Définition de l’unité de résistance : l’ohm
électriques. (abréviation : lettre grecque )
L’ohm est la résistance d’un conducteur qui, parcouru
A. La loi de Joule par un courant de 1 ampère (1 A) en une seconde (1 s),
dissipe sous forme d’énergie calorifique 1 joule (1 J).
À la suite d’expériences rigoureuses, Joule a démontré
que l’énergie libérée sous forme calorifique dépen- B. Notion de puissance électrique
dait de plusieurs facteurs : la résistance du conducteur
utilisé, l’intensité du courant et le temps de passage La puissance d’une source d’énergie, c’est le travail
de ce courant. ou énergie (W) qu’elle est capable de fournir pendant
l’unité de temps (t), autrement dit par seconde.

L’énergie ayant pour symbole (W) et s’exprimant en


Joule, on peut donc écrire, d’après cette définition :

W : énergie en joule (J) ;


t : temps en seconde (s) ;
P : puissance en watt (W).

Confusion du symbole W (travail et énergie)


Ne confondez pas le W qui est le symbole de
l’énergie ou du travail et le W qui est l’unité de puissance
électrique.

Travail ou énergie
Fig. 11  James Prescott Joule (1818 – 1889) © stock.adobe.com - Mary
Evans Picture Library 2017 On écrit : W =… J

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Exemple La loi d’Ohm a été découverte par le physicien alle-


Pour un travail de 10 joules, on écrira : W = 10 J. mand Georg Simon Ohm.

Puissance électrique

On écrit : P =… W

Exemple
Pour une puissance de 100 watts, on écrira  : P
= 100 W.

Le watt

La puissance d’une source d’énergie est égale à 1


watt, lorsqu’elle fournit un travail de 1 joule (1 J) en
une seconde (1 s).

Si nous reprenons la relation de base de la loi de Joule


en l’appliquant à ce qui vient d’être dit, on a :

W = R x I2 x t, alors

Divisons numérateur et dénominateur par t, on


obtient finalement :

P = R x I2
Fig. 12  Georg Simon Ohm (1789 – 1854) © stock.adobe.com - Mary Evans
R : en ohm ( ) ; Picture Library 2017

I : en ampère (A) ; Il est particulièrement nécessaire de bien retenir la


P : en watt (W). loi d’Ohm :

Règle car elle est à la base de toutes les connais-


La puissance dissipée calorifiquement dans une résis- sances électriques et électroniques que vous allez
tance pure est égale au produit de cette résistance par accumuler et exploiter dans l’avenir.
le carré de l’intensité qui la parcourt.

III. Loi d’Ohm
Les prises de courant dont on dispose dans les appar-
tements ou dans les maisons sont souvent alimentées
en 230 volts.

Le volt est une unité d’énergie électrique ; plus spéci-


fique que le Joule. Elle permet de mieux assimiler la
notion de tension ou différence de potentiel élec- Fig. 13  Le triangle URI © makaule - stock.adobe.com
trique que nous allons voir maintenant.

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A. Définition de la différence (Le signe > signifie « plus grand que… », ici « A plus
de potentiel (d.d.p.) grand que B »).

a. Analogie hydraulique b. Expérience électrique


Imaginons une canalisation C réunissant deux réser- Imaginons un vase à double paroi isolé thermique-
voirs A et B contenant de l’eau. ment du milieu ambiant. Autrement dit, la tempéra-
ture à l’intérieur ne dépendra pas de la température
Si l’on suppose les deux réservoirs au même niveau, extérieure.
on ne constate aucun échange de liquide entre A et B
(figure ci-dessous) :

Fig. 14  Analogie hydraulique 1 © Skill and You

Si la différence de niveau est nulle, le débit à travers


le tuyau C est nul.

S’il n’y a pas de différence de niveau, alors il n’y a pas Fig. 16  Expérience électrique © Skill and You
de débit.
À l’intérieur, on verse 2 litres d’eau, c’est-à-dire 2 000
En revanche, si le réservoir A est situé à un niveau g. Plongeons à l’intérieur de ce calorimètre, entre
supérieur au réservoir B, A va se vider au profit de B. deux extrémités A et B, une résistance électrique que
Il y a donc échange ou débit entre A et B et une circu- nous symboliserons par la lettre R. Cette résistance
lation d’eau orientée de A vers B, c’est-à-dire, du plus est reliée à un générateur électrique G, grâce à des
haut niveau vers le plus bas (figure ci-dessous). conducteurs « AP » et « BN » ; les points P et N étant
précisément les bornes ou pôles du générateur. Celui-
N.B. Si le niveau de B est supérieur à celui de A, B va ci peut être une pile ou une batterie d’accumulateurs
se vider au profit de A, d’où, cette fois, débit orienté par exemple.
de B vers A.
Cette résistance R symbolise l’élément chauffant,
c’est-à-dire qu’elle va transformer l’énergie électrique
qu’elle reçoit du générateur G en énergie calorifique
et transmettre cette dernière au liquide contenu dans
notre calorimètre.

On suppose :

Fig. 15  Analogie hydraulique 2 © Skill and You t1 = température initiale de l’eau ; par exemple,
20 °C ;
Conclusion
t2 = température finale de l’eau ; par exemple, 70 °C.
S’il y a différence de niveau, en abrégé (d.d.n.), il y a
débit. Cette quantité d’eau subit donc une augmentation de
température de 50 °C (C = Celsius).
Si niveau A > niveau B, le débit s’effectue de A vers
B (+ vers -), comme pour le débit à l’extérieur d’un Si on veut déterminer la quantité de chaleur corres-
générateur électrique. pondante, on utilisera la relation :

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Fondamentaux de l’électricité n° 1 : lois fondamentales

qcal = quth = m (t2 – t1) Faisons un petit résumé afin d’introduire l’unité de
d.d.p. : le volt.
Évitez de confondre qcalorie ou quth (microthermies)
avec Q (quantité d’électricité) en coulombs. Dans notre exemple, 1 000 coulombs libérant une
énergie de 418 000 J, 1 coulomb libérera :   ;
Le nombre de calories (q) nécessaires pour élever une
masse d’eau (m) de la température t1 à la température nous dirons qu’il existe entre les points A et B, une
t2 est égal au produit de la masse (m) par l’élévation d.d.p. de 418 V.
de température t2 – t1.
Définition du volt
q : en calories ou microthermies ; Le volt est la d.d.p. qui existe entre les extré-
m : en gramme g ; mités d’une résistance pure qui dissipe une énergie de
t : en degrés Celsius °C. 1 joule, quand elle est traversée par une quantité d’élec-
tricité de 1 coulomb.
d’où quth = 2 000 x (70 - 20) = 2 000 x 50 = 100 000 µth
ou 100 000 cal Pour déterminer notre d.d.p. ou tension de 418
volts aux bornes de cette résistance R (l’expression
Transformons en équivalent d’énergie mécanique : « aux bornes » signifiant entre les extrémités A et B)
1 cal = 4,18 J, alors qu’avons-nous fait ? Nous avons effectué le quotient
100 000 cal = 418 000 J de l’énergie dissipée dans R (W = 418 000 J) et de la
quantité d’électricité traversant R (Q = 1 000 C).
Pour effectuer les calculs, il faut en effet transformer
les calories en joules en utilisant la relation : 1 calorie Il est logique d’en déduire l’expression :
= 4,18 joules (formule très connue en physique).

Supposons aussi que cette expérience se soit effec-


tuée en 1 minute et 40 secondes, soit 100 secondes W : en joules ;
et que l’ampèremètre disposé dans le circuit indique Q : en coulombs ;
10 A, ce qui correspond au passage d’une quantité U : en volts.
d’électricité :
Ou encore : W = U × Q
Qc = IA × ts
Qc = 10 × 100 = 1 000 C Remplaçons Q par son équivalence (Q = I × t), on
obtient :
Il est temps de faire le bilan de nos recherches.
W = U × I × t
Le passage d’une quantité d’électricité équivalente
à 1 000 coulombs permet d’obtenir une énergie de Sans d.d.p., il n’y a pas d’énergie.
100 000 cal ou 418 000 J dans ce calorimètre.
Le tableau qui suit donne deux jeux d’unités pour
Par conséquent, avant de traverser cette résistance R, l’usage de cette formule.
ces 1 000 coulombs possédaient (en réserve) cette
énergie de 418 000 joules. En réalité, il y a donc une Tableau n°4 Jeux d’unités en électricité
perte d’énergie entre le point A (entrée du courant
U I T W
dans R) et le point B (sortie du courant). C’est grâce GRANDEURS
TENSION INTENSITÉ TEMPS TRAVAIL
à cette différence d’énergie due à une « différence Jeu N° 1 volts ampères secondes joules
de potentiel » ou d.d.p. que le courant d’intensité I Jeu N° 2 volts ampères heures Wh
circule de A vers B (c’est-à-dire du point au potentiel
le plus élevé A vers le point au potentiel le plus bas B). Le joule (J) et le watt heure (Wh) sont tous les deux des
Il nous est facile, désormais, de faire une comparaison unités d’énergie avec 1 Wh = 3 600 J.
avec notre circulation d’eau du réservoir A (le plus
haut vers le potentiel le plus bas (réservoir B).

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Par exemple, les tarifs d’EDF sont calculés à partir du C’est encore la relation (P = U × I) qui sera utilisée.
Wh ou, plus souvent du kilowattheure (kWh).
Exemple n° 1
Puissance correspondante Un radiateur de 1 000 watts fonctionne pendant
10 h ; trouvons la dépense correspondante sachant
Nous savons évaluer une puissance par la relation : que le kWh est facturé 0,50 €.

P = 1 000 W
t = 10 h
W : énergie en joules ; W = P × t = 1 000 x 10 = 10 000 Wh
t : temps en secondes ; W = 10 kWh
P : puissance en watt. Dépense = 10 x 0,50 = 5 €

Remplaçons W par sa valeur trouvée à la page précé- Exemple n° 2


dente, c’est-à-dire W = U × I × t, ce qui donne : Une ampoule de 100 W est branchée sur le secteur :
220 V ; calculons la valeur du courant circulant dans
le filament.

Reprenons maintenant la formule :  P = 100 W


U = 220 V
Le terme « t » figurant au numérateur et au dénomi- De la formule P =  U × I, on peut tirer 
nateur, on peut diviser par « t », et ce faisant, nous  donc :
obtenons :
I = 0,45 A ou 450 mA.

La puissance dissipée par une résistance pure parcou- B. La loi d’Ohm
rue par un courant d’intensité (I) ampères et soumise
à une différence de potentiel (U) est égale au produit a. Origine de la loi d’Ohm
de cette d.d.p. U par l’intensité (I). La loi de Joule qui exprime l’effet calorifique d’un
courant électrique se résume par l’expression :
Il s’agit d’une relation capitale car il sera fréquent
d’avoir à déterminer une puissance en électricité ; W = R × I2 × t
voici à titre indicatif quelques exemples pratiques : W : énergie en Joule : J ;
R : résistance en ohm :   ;
–– pour un tube électronique (amplificateur par t : temps en secondes : s.
exemple) et quel que soit le type de tube (triode,
pentode, etc.), le constructeur précisera la puis- Cette énergie calorifique (dans le cas d’une résistance
sance admissible sur la plaque ou anode du tube. pure est égale à l’énergie électrique fournie à la résis-
La relation P = U × I s’adaptera à ce cas particulier tance, laquelle a pour expression) :
et nous pourrons utiliser ce tube dans des condi-
tions normales ; W = U × I × t

–– nous rencontrerons le même problème avec un W : en joules ;


transistor ou une diode ; l’électrode qui collectera U : tension en volts (V) ;
le courant (c’est-à-dire le « collecteur ») sera l’ob- I : courant en ampères ;
jet d’une dissipation thermique et ne pourra pas t : temps en secondes.
supporter une puissance supérieure à sa puissance
nominale (là encore indiquée par le constructeur). Égalons l’énergie fournie (U x I x t) et l’énergie dissi-
pée (R x I2 x t), on a :
U × I × t = R × I2 × t

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Fondamentaux de l’électricité n° 1 : lois fondamentales

ou encore : La borne positive (+) du voltmètre, réunie au point


U × I × t = R × I × I × t d’entrée du courant I dans R, la borne négative (–) à
l’autre extrémité.
Divisons chaque membre de part et d’autre du signe
= par le produit (I x t), il nous reste :

U = R × I
U : d.d.p. en volt (V) ; Fig. 17  Mesure de la tension à l’aide d’un voltmètre © Skill and You
R : résistance en ohm ( ) ;
I : intensité en ampères (A).

b. Énoncé de la loi d’Ohm


Dans une portion de circuit « AB » où l’énergie élec-
trique consommée est intégralement transformée en
énergie calorifique (résistance pure R), la différence
de potentiel ou tension U est égale au produit de sa
résistance R par l’intensité I du courant.

U = R × I

Il s’agit d’une formule essentielle à connaitre parfai-


tement. Elle vous sera utile pour résoudre tout
problème d’électricité. Fig. 18  Voltmètre © Adobe Stock

Exemple Suivant l’importance de la tension étudiée, on peut


Calculons la différence de potentiel (U) aux bornes utiliser les multiples ou les sous-multiples du volt.
d’une résistance de 220  traversées par un courant
I1 de 0,5 A. Que devient le courant I2, si on applique Tableau n°5 Multiples et sous-multiples du volt
une d.d.p. U2 de 440 V ?
SOUS-MULTIPLES
MULTIPLES DU VOLT
DU VOLT
Différence de potentiel
Kilovolt = 1 000 volts Millivolt = 0,001 volt
U = R × I1 = 220 x 0,5 = 110 V
kV en abrégé mV en abrégé
Intensité I2 Domaine d’application :
Le millivolt est l’ordre de
grandeur de la tension
émetteurs de radio et
entre la base et l’émetteur
télévision.
d’un transistor.
Mégavolt = 1 000 000
Conclusion Microvolt = 0,000 001 volt
volts
Si on augmente la d.d.p., le courant I augmente.
MV en abrégé µV en abrégé

Si on diminue la d.d.p. U, le courant I diminue. Les ondes H.F. ou


Domaine d’application
hertziennes captées par
: électricité industrielle,
une antenne de réception
On dit que la d.d.p. U est directement proportionnelle centrales électriques,
ont une tension de l’ordre
lignes haute tension.
au courant I ou encore que « U est fonction de I ». de quelques microvolts.

C. Mesure de la tension ou d.d.p.


Une d.d.p. se mesure à l’aide d’un voltmètre.

Un voltmètre se branche en dérivation ou en parallèle


aux bornes du composant dont on veut mesurer la
tension.

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