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INTODUCTION

Les relations juridiques constituent une discipline qui étudie les conditions
d’établissement de la responsabilité pénale, les sanctions afférentes, les règles
qui gouvernent la mise en œuvre de la sanction pénale et en fin le droit pénal des
affaires.
Notons à cet effet que tous les comportements antisociaux ne constituent pas
nécessairement des infractions pénales. Les infractions constituent cependant
des troubles à l’ordre social. C’est pour cela que l’article 2 du code pénal
ivoirien définit l’infraction comme « un fait, action ou omission, qui trouble ou
est susceptible de troubler l’ordre public ou la paix sociale en portant ou non
atteinte au droit des personnes et qui comme telle est légalement sanctionnée »
La responsabilité pénale résulte de la violation du droit pénal qui érige en
infraction certains comportements jugés antisociaux. La conséquence de cette
responsabilité se traduit par la répression pénale sous forme de sanctions dont la
figure marquante est l’emprisonnement.
A côté, d’autres types de sanction que sont la peine de mort (supprimée par la
constitution de l’an 2000 et qui n’a jamais été mise en œuvre auparavant), la
sanction prend quelque fois la forme d’amende i.e. les sanctions pécuniaires à
verser à l’Etat.
Contrairement au droit civil qui met en place des règles régissant les rapports
entre les personnes, le droit pénal établit une relation entre les individus et l’Etat
que représente la société qui veut éviter les infractions.
En définitive, retenons que dans les relations juridiques, il y principale trois (3)
branches d’étude pédagogique : le droit pénal général, la procédure pénale et le
droit pénal des affaires.
Le droit pénal des affaires est l’ensemble des règles de droit relative aux
infractions caractérisées dans le monde des affaires. La délinquance d’affaire est
le fait des commerçants (personne physique ou morale, dirigeant sociaux et
industriels etc. Il peut s’agit d’infraction de droit commun ou spécifique à la vie
des affaires comme par exemple les infractions au droit des sociétés.)
Les conditions d’établissement de la responsabilité pénale seront envisagées
avant celles de la procédure pénale et du droit pénal des affaire.
CHAPITRE 1 : LES CONDITIONS GENERALES DE LA
RESPONSABILITE PENALE : LE PRINCIPE
FONDAMENTALE DE LA LEGALITE CRIMINELLE

La responsabilité pénale découle de la violation de la loi pénale en l’absence de


toute cause d’irresponsabilité pénale. Au départ donc de la responsabilité, se
trouve le sacro-saint principe de la légalité criminelle (Nullum crimen, nulla
poena, sine lege).
La légalité criminelle signifie qu’il n’y a d’infraction pénale, qu’il n’y a pas de
sanction pénale sans texte de loi. Ce préalable plus que dans les autres
disciplines juridiques est ici nécessaire, puisqu’il y va de la liberté et de la vie
des personnes. Il faut donc éviter de surprendre désagréablement les personnes
en instituant un système arbitraire pouvant engendrer l’insécurité. Il ne faut donc
pas abandonner au juge la création des infractions ou de leurs sanctions.

SECTION 1 : LE CONTENU DE LA REGLE DE LA


LEGALITE CRIMINELLE
Il n’y a pas de responsabilité pénale sans texte ; lesquels textes ? C’est la
question de la source de la loi pénale.
Paragraphe 1 : la source de la règle pénale
Le thème de texte renvoi à la loi lato sensu i.e. la loi au sens large, qui comprend
aussi bien la loi du parlement que d’autres disposition pouvant provenir du
pouvoir exécutif.
A. La loi pénale stricto sensu : au sens strict
Les infractions sont divisées principalement en trois (3) catégories suivant leur
nature. Il y a ainsi en partant des plus graves aux moins graves : les crimes, les
délits et les contraventions.
Au terme de l’article 3 du code pénal, les infractions pénales sont classées
suivant leur gravité, en crime, délit et contravention.
L’infraction est qualifiée :
- Crime si elle est passible d’une peine privative de liberté perpétuelle ou
temporaire supérieure ou égale à dix (10) ans.

- Délit si elle est passible d’une peine privative de liberté inférieure ou


égale à dix (10) ans et supérieure à deux (2) mois et d’une peine d’amende
supérieure à 360 000 f ou de l’une de ces deux (2) peines seulement.
- Contravention si elle est passible d’une peine privative de liberté
inférieure ou égale à deux (2) mois et d’une peine d’amende inférieure ou
égale à 360 000 f ou de l’une de ces deux (2) peines seulement.

C’est l’article 71 de la constitution ivoirienne qui habilite le pouvoir législative


dans la création des crimes et des délits ainsi que de leur sanction. Le code pénal
qui date de 1981 et qui a remplacé dans ce domaine le code pénal de 1810 ainsi
que le code de procédure pénale témoigne en suffisance de l’origine légale des
dispositions pénales.
B. Les dispositions pénales résultant du pouvoir exécutif
La constitution française du 4 Octobre 1958 a retiré au pouvoir législatif toute la
matière des contraventions. Désormais, le pouvoir exécutif est devenu seul
maitre en ce domaine. C’est ce qu’un auteur a appelé l’humiliation de la loi.
Notons qu’à l’état actuel, il dépend maintenant du pouvoir exécutif de manipuler
à son gré les contraventions pour disposer d’un important pouvoir final. Le
pouvoir exécutif s’entend donc du pouvoir qui est exercé par le Président de la
République et ses démembrements que sont : les communes, les conseils
régionaux, les arrêtés ministériels ou préfectoraux.
Les actes par lesquels le président de la république légifère sont constitués
essentiellement de décret et d’ordonnance.
Paragraphe 2 : le domaine du principe de la légalité criminelle
Le principe de la légalité criminelle concerne toutes les lois pénales de
procédure et de fond dont le type est la loi d’incrimination. Aussi bien
l’incrimination que la sanction doivent être prévues par le législateur.
A. L’incrimination
C’est la définition de l’infraction ou de l’état dangereux, la détermination des
éléments constitutifs de celui-ci. L’incrimination c’est ce qui est légalement
interdit. Chaque source de la loi pénale a le droit de définir les éléments de
l’incrimination qui tombent dans son domaine. Ainsi le législateur définit le vol
comme étant la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui.
B. La légalité de la sanction pénale
Chaque source de droit pénal prévoit sa propre sanction. S’il en est ainsi pour
le législateur, il en est de même pour le pouvoir exécutif. C’est à ces organes
qu’il revient de fixer le quantum de la peine rattaché aux incriminations par eux
définies préalablement. Ainsi le pouvoir législatif choisira l’échelle de la peine
qu’il souhaite voir appliquer aux crimes et délits qu’il a définis. C’est également
dans cette même veine législative que s’inscrit le pouvoir exécutif.
SECTION 2 : FONDEMENT ET PORTEE DE LA REGLE DE
LA LEGALITE CRIMINELLE
Le fondement est l’explication rationnelle, la justification du principe de
la légalité. Quant à la portée, elle s’intéresse principalement au législateur et au
juge.
Paragraphe 1 : le fondement du principe de la légalité criminelle
En faveur du principe de la légalité, on fait valoir d’ordinaire plusieurs
considérations.
La première, propre au droit pénal stricto sensu est tiré de la nécessité d’une
bonne politique criminelle : il convient que la loi avertisse avant de frapper de
manière que le citoyen sache avant d’agir ce qui est permit et ce qui est interdit.
Par sa préexistence, la loi pénale exerce sur la volonté humaine, une contrainte
psychologique qui contrebalance les tendances délictuelles possibles de
l’individu. Sous ce rapport, la loi pénale remplit une fonction intimidante et en
une certaine mesure un rôle éducatif.
Au plan politique, on estime qu’il est convenable que l’Etat n’abuse pas des
prérogatives qu’il a sur ses sujets. Son pouvoir de maintien de l’ordre doit
pouvoir se concilier avec la liberté et l’indépendance de chacun. Le principe de
la légalité criminelle constitue dès lors un garde four, un rempart contre un
éventuel arbitraire du législateur ou du juge. On veut éviter au citoyen des
surprises désagréables, en lui permettant de savoir à l’avance les interdictions
pénales et leur peine
Paragraphe 2 : la portée du principe de la légalité criminelle
Le principe de la légalité criminelle s’entend de la légale nécessité d’une
disposition textuelle comme fondement juridique et apparent de l’infraction et
de sa sanction.
A. La légalité des incriminations
Quel que soit la gravité d’un acte ou d’un fait, qui trouble ou est susceptible de
troubler l’ordre public ou la paix sociale, il n’y a véritablement d’infraction que
si ce fat ou acte est incriminé par le législateur. Le principe de la légalité est
donc une nécessité d’incrimination et constitue pour le législateur aussi bine un
droit qu’un devoir. Mais c’est surtout que cette nécessité d’incrimination légale
préalable à son office, constitue sa charge la plus importante
1. L’incrimination et le législateur
Bien qu’il ait reçu de la constitution le monopôle de l’élaboration de la norme
pénale, le législateur a le devoir de ne prendre que des dispositions a la fois
nécessaires et précises. Le principe de la légalité a une valeur largement
constitutionnelle parce qu’elle s’inscrive dans les dispositions de la constitution
ivoirienne et d’autre textes internationaux visé par le préambule de la
constitution. Notamment la charte africaine des droits de l’homme et des
peuples, et la déclaration universelle des droits de l’homme, le problème qui
s’est toujours posé est de savoir tirer les conséquences juridiques de cette valeur
constitutionnelle de la règle de la légalité criminelle. A ce stade de notre
réflexion la question qui convient de se poser est : dans quelle mesure le
principe de la légalité criminelle s’impose-t-il au créateur de la norme pénale.
D’après le conseil constitutionnel français, le législateur doit élaborer des textes
précis qui définissent nettement les incriminations et implique sans erreur
possible les peines applicables. Cette précision quant aux termes de
l’incrimination exclu les définitions d’infraction formulée de façon vague qu’on
pourrait y fait rentrer n’importe qu’elle acte ou fait. Cette exigence de précision
dans la technique de rédaction doit évidemment s’accommoder au fait qu’une loi
est avant tout une disposition générale ou impersonnel. Ainsi ne s’aurait être
qualifié d’infraction, tout fait ou acte de nature à nuire uniquement au peuple
Bété par exemple. Par ailleurs, le législateur à l’obligation de n’incriminer de
lorsqu’il est opportun de le faire i.e. lorsque cela est nécessaire et non seulement
parce qu’il a le sentiment que tel ou tel comportement est néfaste. Par exemple,
la prostitution, l’homosexualité, le mensonge nu. Le mensonge est puni que dans
circonstance particulières. Par exemple le délit de faux témoignages, les
publicités mensongères, l’escroquerie, etc. Les actes qui incitent à la prostitution
tel que le proxénétisme sont sanctionnés. Le principe de la légalité criminelle
s’impose au législateur au moins comme une règle de conduite car on
comprendrait ma l qui puisse exiger des individus, le respect de la loi quand lui-
même ne sent pas lié par les principes supérieurs qui constituent une véritable
limitation de sa fonction.
2. L’incrimination légale et le juge
Selon l’article 14 du Code Pénal « le juge ne peut qualifier d’infraction et punir
un fait qui n’est pas légalement définit et puni comme tel. Il ne peut prononcer
d’autre peine et mesures de sureté que celles établies par la loi et prévu pour
l’infraction qu’il constate ». C’est donc parce que des faits sont incriminés par
le créateur de la norme que le juge peut avoir à les appliquer à une situation
précise. Le juge doit donc qualifier les faits qui lui sont présentés i.e. voir si
ceux-ci correspondent à la définition légale de l’infraction. Avant de les
appliquer à leur hauteur, le juge verra concrètement si les fait qui lui sont
présentés, à considérer prouver, correspondent à des catégories préalablement
déterminées par le législateur. Bien entendu le juge peut avoir à interpréter la
disposition applicable avant de la mettre en œuvre en l’espèce mais justement
pour ne pas à avoir à abuser de sa fonction d’interprétation, l’article 14 alinéas 2
lui fait obligation d’effectuer une interprétation stricte de la loi pénale
B. La légalité de la sanction pénale
Autant il n’y pas d’infraction sans texte, autant il ne peut davantage exister de
sanctions pénales qui n’ait été préalablement programmé par la loi et que le juge
ne fait qu’appliquer lorsqu’une infraction est commise. A la légalité de
l’incrimination répond la légalité de la peine.
1. La légalité de la peine
La peine peut être défini comme le châtiment infligé au délinquant en rétribution
de l’infraction qu’il a commise. Le principe de la légalité criminelle appliqué à
la peine se justifie par le fait qu’il importe qu’un individu sache à quelle
sanction il s’expose lorsqu‘il commet une infraction. La peine indiquée le
renseigne sur la gravité que la société attache à l’infraction commise. Le
législateur doit prévoir lui-même une peine déterminée pour chacune des
incriminations qu’il met en place. Précisons toutefois que la légalité de la peine
n’interdit pas au juge d’appliquer la sanction prévue par le législateur en tenant
compte de la personnalité du délinquant. En effet, les peines vont d’un minimum
à un maximum légal à l’intérieur duquel se meut le juge en fonction des
circonstances atténuantes.
2. La légalité des mesures de suretés
Les mesures de suretés sont de saines précautions de protection sociales
destinées à prévenir la récidive d’un délinquant ou à neutraliser un état
dangereux. Au contraire des peines, elles n’ont pas de buts rétributifs ou
expiatoires. Et par conséquent elles n’ont aucun caractère afflictif ou infamant.
Elles ont pour but l’élimination de l’état dangereux et ne tend pas à créer la
souffrance ou l’humiliation chez le délinquant.
Au titre des mesures de suretés nous pouvons citer : l’internement de sureté
(article 78 du code pénal), l’internement dans une maison de santé (article 79 du
code pénal), l’interdiction de paraitre en certain lieu (article 80-81),
l’interdiction du territoire de la République (article 82-83 du code pénale), la
fermeture d’établissement (article 84 du code pénal), la confiscation (article 90
du code pénal) etc.
S’il est admis que le droit pénal est l’ensemble des règles par laquelle
s’explique, de fond et de forme qui organisent une réponse de l’état aux actes
antisociaux et à leur auteur, il n’en demeure pas moins vrai que ce droit se divise
en deux parties :le droit pénal proprement dit(droit du fond) et la procédure
pénale(droit de la forme). C’est la division classique par laquelle s’explique dans
notre législation l’existence de deux codes : le code pénal et le code de
procédure pénale. En effet si le droit pénal a pour objet de définir les conditions
d’existence d’une infraction ainsi que les sanctions qui lui sont applicables,
l’objet de la procédure pénale consiste, lui, à déterminer l’organisation et la
compétence des différentes autorités appelées à prendre part au procès pénal,
soit pendant la phase préparatoire soit pendant la phase de jugement. La
procédure pénale constitue donc la mise œuvre pratique des règles de droit pénal
par la recherche des délinquants et leur jugement. De ce fait, elle réalise le trait
d’union entre l’infraction qui a été commise par le délinquant et la peine qui lui
sera infligée. Telles sont les grandes lignes du code de procédure pénale ivoirien
résultant de la loi n60-366 du 14/12/1966 et révisé par la loi n2019-574 du
26/06/2019 portant code de procédure pénale. A l’intérieur donc de ce contenu
pluriel, nous étudierons successivement l’action publique, l’action civile, les
juridictions de jugement et le ministère public.

CHAPITRE 2 : L’ACTION PUBLIQUE


L’action publique se définit comme l’action pour l’application des peines. Elle a
pour but de réprimer le trouble social. Il s’agit donc d’une action d’intérêt
général et d’ordre public qui appartient à la société et à elle seule.
Section1 : L’exercice de l’action public
L’action publique appartenant à la société, celle-ci a en principe le droit de les
exercer. Nous examinerons d’abord les sujets de l’action publique ensuite les
conditions de l’action publique en enfin les modes d’exercice de cette action.
Paragraphe1 : les sujets de l’action publique
Deux questions se posent à cet égard : qui peut exercer l’action publique et
contre qui peut-il l’exercer ? Répondre à ces deux questions conduire à examiner
les sujets actifs de l’action publique et les sujets passifs de l’action publique.
A- Les sujets actifs de l’action publique
Le soin de mettre l’action publique en mouvement revient d’abord et
principalement au ministère public (procureur de la république), autorité de
poursuite par excellence, brave vengeur de la société, mais surtout artisan de
la découverte de la vérité. Ce droit est également réservé à la victime de
l’infraction. Exceptionnellement dans certain cas le droit de mettre en
mouvement l’action publique appartient aux fonctionnaires de certaines
administrations.
1- Les magistrats du ministère public et la victime
Parmi les demandeurs à l’action publique, les magistrats du ministère public
constituent ceux dont le rôle est le plus important. Ce ne sont pas
véritablement des juges, mais des membres du ministère public ou magistrats
debout parce qu’ils se lèvent à l’audience pour présenter leurs réquisitions à la
différence des magistrats du siège. Ils constituent auprès des juridictions
répressives ce qu’on appelle le paquet. En qualité de demandeur principal au
procès pénal, le ministère public bénéficie de prérogatives particulières tout
au long de ce procès. Plus remarquable est la présence de la victime. Tout
comme le ministre public, celle-ci dispose de droits importants pour mettre
l’action public en mouvement.

2- Les fonctionnaires de certaines administrations


L’exercice proprement dit de l’action publique qui appartient, en principe, au
ministère public, a été également confié par la loi, mais à titre exceptionnel et
dans des conditions particulières, à certaines administrations pour la poursuite
des infractions qui lèsent les intérêts dont elles ont la charge (article 6 du code
procédure pénale). C’est le cas de l’administration des douanes, des eaux et
forêts, et d’après la loi de 1978 sur les infractions économiques, le cas des
autorités administratives chargées du contrôle de la concurrence et des prix.

B- Les sujets passifs de l’action publique


Le sujet passif de l’action publique est le délinquant. C’est la raison pour
laquelle il est clairement affirmé que l’action publique n’atteint que les
délinquants et l’action publique doit atteindre tous les délinquants.
1- L’action publique n’atteint que les délinquants
Etant une action pour l’application d’une peine, l’action publique ne peut
évidemment être dirigée que contre les seuls auteurs complices de l’infraction. Il
suit de là que les héritiers du coupable ne peuvent être poursuivis à sa place. La
responsabilité pénale est personnelle et l’action publique s’éteint avec la mort du
délinquant. Ses héritiers ne peuvent être tenus que des réparations et des dettes
civiles.
2- L’action publique doit atteindre tous les délinquants

En principe, tous les délinquants sont égaux devant la justice. Ce principe qui est
un aspect de l’égalité de tous les citoyens devant la loi signifie que tout
délinquant quelque soit sa nationalité et quel que soit son rang social, est soumis
à l’action publique né de l’infraction qu’il a commise. Toutefois certains d’entre
eux bénéficient de privilège attaché par la loi à certaines situations sociales ou
juridiques dans le but de les protéger. Ce sont les immunités qui constituent des
obstacles à la mise en mouvement de l’action publique. Il en existe de trois
ordres l’immunité familiale (les membres de la famille), l’immunité
diplomatique(ambassadeurs) et l’immunité politique (protège le président de la
république, les membres de son gouvernement)
Paragraphe2 : les conditions d’exercice de l’action publique
Ces conditions recouvrent deux hypothèses : celle où l’action publique est
subordonnée à l’accomplissement d’une formalité et celle où l’action publique
est subordonnée au jugement d’une autre juridiction.
A- L’action publique est subordonnée à l’accomplissement d’une
formalité.
Cette exigence de formalité préalable s’exprime dans 3 situations.
1- La nécessité d’une plainte de la victime
Il arrive parfois qu’en considération soit de la nature de l’infraction, soit de la
qualité particulière de l’agent, la loi subordonne l’exercice de l’action publique
au dépôt préalable d’une plainte de la partie lésée par l’infraction. Autrement dit
l’exercice de celle-ci n’est assujetti à la nécessité d’une plainte que lorsqu’un
texte formel la soumit à cette condition. Ainsi l’alinéas 2 de l’article 456 du
code pénal réprimant le délit d’adultère dispose que les poursuites ne peuvent
être engagées que sous plainte du conjoint offensé. Comme le délit d’adultère, le
délit d’abandon de la résidence familiale par le père ou la mère de famille ainsi
que celui d’abandon par le mari de sa femme enceinte ne peuvent être poursuivis
pendant le mariage que sous plainte de l’époux offensé.
2- La nécessité d’une autorisation préalable
Au profit des parlementaires, existe une garantie politique exprimée dans la
constitution. Au terme de ce texte, aucun député ne peut être poursuivi ou arrêté
pendant la durée des cessions (le mandat) en matière criminelle ou
correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’assemblée nationale sauf le cas de
flagrant délit. Dans ce cas avant toute poursuite, le procureur de la république ou
la partie lésée se trouve donc obliger de présenter à l’assemblé nationale une
demande dite de main levée de l’immunité parlementaire et aucune poursuite ne
peut être exercée tant que cette main levée n’a pas été accordée par vote.
3- La nécessité d’une mise en demeure
Plus rarement les poursuites sont subordonnées à une mise en demeure.
L’exemple classique en la matière résulte des dispositions de l’article 452 du
code pénal. Ce texte sanctionne celui qui abandonne, sans motif grave, pendant
plus de deux mois la résidence familiale. Le législateur subordonne la poursuite
des infraction visées dans ce texte à une interpellation du délinquant constatée
par un procès-verbal d’un officier de police judiciaire.
B- L’action publique est subordonnée au jugement d’une autre
juridiction
Dans certain cas exceptionnel, la décision de poursuite que le ministère public
désire prendre peut se trouver paralyser par l’existence d’une question pré
judicaire à l’action. Il s’agit de problème de pur droit privé qui ne peuvent être
tranchés que par une juridiction civile ou commerciale.
Paragraphe3 : les modes d’exercice de l’action publique
Il en existe de trois types. Le procureur de la république peut poursuivre une
infraction selon la procédure du flagrant délit, de la citation directe, ou encore
du réquisitoire introductif.
1- Le flagrant délit
Au terme de l’article 77 du code de procédure pénale, est qualifié crime ou
délit flagrant, le crime ou le délit qui est en train de se commettre ou qui
vient de se commettre. Il y a aussi crime ou délit flagrant lorsque dans un
temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la
clameur publique ou est trouvée en possession d’objet ou présente des traces
ou indices laissant penser qu’elle a participé au crime ou au délit
2- La citation directe
Comme son nom l’indique, la citation directe consiste à assigner directement
le délinquant devant le tribunal. La citation directe qui est un ordre donné au
prévenu d’avoir à comparaitre devant le tribunal se présente sous la forme
d’un exploit d’huissier à la requête du procureur de république.
3- Le réquisitoire introductif
C’est l’acte par lequel le magistrat du paquet saisi le juge d’instruction à
charge pour ce dernier d’enquêter à charge et à décharge, i.e. d’établir par les
investigations qu’il est amené à faire au cours de l’enquête, si la personne
dénoncée en est bien l’auteur, le coauteur ou le complice de l’infraction
commise. En matière de crime, étant donné que l’instruction est obligatoire,
le ministère ne peut utiliser que ce procédé de saisine du juge d’instruction.
Le réquisitoire introductif est aussi obligatoire en matière de délit complexe
ou lorsque l’auteur de l’infraction est inconnu.
Section2 : l’extinction de l’action publique.
La notion d’extinction de l’action publique appelle celle des causes de ladite
extinction. Dans ce sens on distingue les causes principales d’extinction des
causes exceptionnelles
Paragraphe1 : les causes principales d’extinction de l’action publique
Parmi les causes principales d’extinction de l’action publique, l’on peut citer
le décès du délinquant, l’amnistie et l’abrogation de la loi pénale et la
prescription de l’action publique
A- Le décès du délinquant
Par suite du principe de la personnalité des peines, le décès du délinquant éteint
l’action publique. Par conséquent, celle-ci au cas où elle avait été mise en
mouvement avant la mort, ne peut plus être déclenchée ; et, si elle avait été
engagée avant le décès, elle doit être arrêtée. Il résulte de ce même principe de la
personnalité des peines que l’action publique ne doit plus être mise en
mouvement et aboutira au classement sans suite du dossier de la procédure.
Cette extinction de l’action publique n’est valable qu’à l’égard de la personne
poursuivie à l’exception des coauteurs et complices qui peuvent toujours être
poursuivis.
B- L’amnistie et l’abrogation de la loi pénale
L’amnistie est une institution pénale qui a pour but d’enlever pour l’avenir tout
caractère délictueux à certain fait pénalement repréhensible en interdisant toute
poursuite à leur égard ou en effaçant les condamnations qui les ont frappés.
Quant à l’abrogation de la loi pénale, elle consiste pour le législateur par une
disposition générale à supprimer une infraction en enlevant au fait accompli son
caractère délictuel. Ainsi, lorsque la loi pénale qui prévoyait et punissait un tel
acte est abrogée, l’action publique ne peut plus être exercée contre l’auteur de
cet acte.
C- La prescription de l’action publique
En matière de crime, l’action publique se prescrit par dix années révolues à
compter du jour où le crime a été commis si, dans cet intervalle, il n’a été fait
aucun acte d’instruction ou de poursuite. Toutefois, les crimes contre
l’humanité, le génocide et les crimes de guerre sont imprescriptibles. En matière
de délit, la prescription de l’action publique est de trois années révolues. En
matière de contravention, une année révolue.
Paragraphe2 : les causes exceptionnelles d’extinction de l’action publique
A- La transaction
La transaction consiste au paiement d’une amende proposée par le procureur
de la république dans les limites de la peine d’amende prévue par la loi pour
l’infraction constatée. La transaction vaut reconnaissance de l’infraction. Elle
éteint l’action publique. Précisons toutefois que la transaction n’est possible
qu’en matière délictuel et contraventionnelle sauf dans les cas suivants : les
infractions commises sur les mineurs ou les personnes incapables de se
protéger, les vols avec les circonstances aggravantes, les infractions à la
législation sur les stupéfiants, les infractions à l’ordre public et à la sureté de
l’état etc.
B- Le retrait de la plainte ou le désistement
C’est l’article 11 alinéas 3 du code de procédure pénale qui préconise cette
solution en disposant que : lorsque la poursuite est subordonnée à une plainte de
la partie lésée, le retrait de cette plainte a alors pour conséquence d’éteindre
l’action publique, autrement dit c’est seulement dans l’hypothèse où le dépôt de
la plainte est une condition nécessaire de la poursuite que son retrait éteint
l’action publique. Telles sont les grandes lignes qui sous-tendent l’exercice de
l’action publique. S’il en est ainsi de l’action publique, quid de l’action
publique.

CHAPITRE 3 : L’ACTION CIVILE


L’action civile est définie par l’article 7 et suivant du code de procédure pénale
comme une action en réparation du dommage causé par un crime, un délit ou
une contravention.
Section1 : les conditions d’exercice de l’action civile
Les conditions d’exercice de l’action civile sont commandées par cette idée que
l’action civile est une action en réparation d’un dommage né d’une infraction à
la loi pénale. Nous étudierons successivement les conditions requises chez le
demandeur, sujet actif de l’action civile et les conditions requise chez le
défendeur sujet passif de l’action civile. Etant une action en réparation d’un
dommage, l’action civile ne peut jamais être exercée par le procureur de la
république
Paragraphe1 : les conditions requises chez le demandeur à l’action civile
On distingue selon que le demandeur à l’action civile est la victime elle-même
ou encore une personne autre que la victime.
A- Le demandeur à l’action civile est la victime elle-même
Pour que la victime puisse agir devant les juridictions répressives ou civiles, elle
doit avoir la capacité pour agir et un intérêt à agir. La capacité s’entend du droit
d’agir en justice qui appartient à toute personne physique ou morale dotée de la
personnalité juridique. En ce qui concerne l’intérêt à agir, il faut que la personne
lésée par l’infraction qui intente l’action civile ait subi un préjudice. La victime
doit donc faire état d’un préjudice personnel i.e. un préjudice qui lui est propre.
Ainsi la victime directe des coups et des blessures, de l’injure ou de la
diffamation, le propriétaire de la chose volée est incontestablement la victime
personnelle de l’infraction.
B- Le demandeur à l’action civile est une personne autre que la victime
A la différence de l’action publique qui appartient à la société l’action civile
apparient à la victime, fait partie de son patrimoine. Elle peut donc être exercée
par ses ayant cause soit de son vivant soit après sa mort à ses héritiers.
Paragraphe 2 : les conditions requises chez le défendeur sujet passif de
l’action civile
C’est la question de savoir contre qui peut être intentée l’action civile. Ce sont
les défendeurs à l’action civile qui peuvent être soit les coauteurs ou les
complices de l’infraction.
Section 2 : l’exercice de l’action civile
L’exercice de l’action civile est dominé par le droit pour la victime de porter
cette action à son choix, soit devant le tribunal répressif soit devant le tribunal
civil. Quand elle est exercée par la voie répressive, l’action civile est
l’accessoire de l’action publique. Quand elle est exercée par la voie civile, bien
qu’elle soit l’objet d’un procès civil distincte du procès pénal, son jugement est
subordonné dans une certaine mesure à celui de l’action publique.

Pragraphe1 : l’exercice de l’action civile devant le tribunal répressif


Lorsque le ministère public a exercé l’action publique, la victime de l’infraction
peut se constituer partie civile (demander réparation dommage et intérêt) par
voie d’intervention devant les juridictions de jugement. L’intervention peut
avoir lieu avant l’audience ou pendant l’audience. Avant l’audience elle est faite
par une déclaration au greffe du tribunal. Elle est alors transmise par le greffier
au ministère public, qui doit citer la partie civile pour l’audience. A l’audience,
la déclaration de partie civile est faite avant le prononcé du jugement. Le juge
doit, avant les réquisitions du ministère public sur le fonds, inviter les parties à
déclarer si elle se constituent parties civiles ou non et dans l’affirmative leur
demander de préciser le montant des dommage et intérêt qu’elles réclament.
Paragraphe2 : l’exercice de l’action civile devant le tribunal civil
Lorsqu’elle est intentée devant un tribunal civil, l’action civile donne lieu à un
procès civil, tout à fait distinct du procès pénal. Aussi est-elle soumise aux
règles de compétences et de procédures applicables en matière civile. Mais, si
cela est vrai pour l’action civile jugée avant la mise en mouvement de l’action
publique, il n’en demeure plus ainsi, et le procès civil relatif à l’action civile se
trouve sous la dépendance du procès pénal lorsque l’action civile est mise en
mouvement après le déclenchement de l’action publique. Dans ce cas, le procès
civil est dépendant du procès pénal déjà engagé. Cette dépendance découle du
caractère accessoire de l’action civile par rapport à l’action publique. C’est ainsi
que d’une part, le tribunal civil est obligé de sursoir à statuer sur l’action civil,
tant que le tribunal répressif saisi avant ou pendant l’instance civile n’a pas
encore statué sur l’action publique. D’autre part, le tribunal civil qui statut sur
l’action civile après le jugement rendu par le tribunal répressif sur l’action
publique est tenu de respecter dans une certaine mesure ce qui a été décidé par le
juge répressif. C’est le principe de l’autorité de la chose jugée au pénal sur le
civil
Section 3 : l’extinction de l’action civile
L’action civile qui est une action de réparation d’un dommage privé peut tout
d’abord s’éteindre par les modes ordinaires d’extinction des actions civiles. On
dit d’elle qu’elle disparaît par voie principale. Mais parce qu’elle est une action
en réparation d’un dommage né d’une infraction, son extinction peut résulter
parfois de l’action publique : on dit qu’elle disparaît par voie de conséquence.
Paragraphe1 : l’extinction de l’action civile par voie principale
L’action civile qui est une action en paiement d’une créance de dommages et
intérêts s’éteint tout d’abord par les modes ordinaires d’extinction d’obligation.
Ainsi le paiement de dommage et intérêts suffisants, la compensation, la remise
de dette et même la prescription du droit civil éteignent l’action civile. Il en est
de même du désistement, de la transaction et de la renonciation par laquelle la
victime déclare expressément renoncer à la réparation du dommage qu’elle a
subi. Enfin la chose jugée sur l’action civile seule, celle-ci ayant fait l’objet d’un
jugement séparé, éteint l’action civile en principe, l’extinction de l’action civile
n’a aucun effet sur l’action publique en revanche, la disparition de l’action
publique entraîne parfois avec elle l’extinction de l’action civile. Dans ce cas,
cette dernière se trouve éteinte en conséquence de l’extinction de l’action
publique.
Paragraphe 2 : l’extinction de l’action civile par voie de conséquence
En raison des liens qui existent entre l’action civile et l’action publique et qui
tiennent de ce que l’action civile est une action en réparation d’un dommage qui
résulte d’une infraction, la prescription de l’action publique entraîne celle de
l’action civile. On dit des deux (2) actions qu’elles sont solidaires. C’est la règle
de la solidarité des prescriptions. Cette règle est posée par l’article 19 du code de
procédures pénales qui dispose que « l’action en réparation d’un dommage
causé par une infraction se prescrit par 10 ans en cas de crime, 3 ans en cas de
délit et 1ans en cas de contravention. » Et l’article 19 du code de procédures
pénales d’ajouter que lorsqu’il a été définitivement statué sur l’action publique
et si une condamnation pénale a été prononcé, l’action civile mis en mouvement
se prescrit par 30 ans.
CHAPITRE IV : LA PROCEDURE DU JUGEMENT DES
INFRACTION
La procédure qui se déroule à l’audience des juridictions de jugement présente
certains caractères fondamentaux qui sont : le caractère public, le caractère oral
et le caractère contradictoire
Section 1 : les caractères fondamentaux de de la procédure de jugement
Paragraphe 1 : le caractère de publicité
Si le secret domine dans l’enquête préliminaire et dans l’instruction préparatoire,
la publicité l’emporte dans le jugement. La publicité des débats constitue, en
effet, un principe fondamental car elle représente une des plus solides garanties
des droit de la défense. Cette publicité est une garantie pour le délinquant et
pour son juge : le premier est assuré que la vérité ne sera pas étouffée par une
juridiction partisane ; le second, sans elle, serait mal préparé contre les reproches
tendant à faire suspecter son indépendance et son impartialité. La publicité se
réalise de deux manières. Tout d’abord, les parties et le public ont le droit
d’assister à l’audience qui se tient, les portes de la salle étant ouvertes. Il ne peut
être déroger à ce principe que si les débats présentent un danger pour l’ordre
publique ou pour les mœurs justifiant le huis clos. Ensuite la publicité des débats
entraine comme corolaire le droit d’en rendre compte dans la presse.
Paragraphe 2 : le caractère d’oralité
L’oralité est liée au principe de l’intime conviction du juge. Celui-ci ne doit
former sa conviction qu’après les preuves qui ont été directement et
immédiatement soumises au débat. Dans ce sens, l’oralité traduit l’immédiateté
de la preuve. En effet, le témoin est entendu directement par le juge. Quant à
l’avocat, il plaide aussi immédiatement. L’oralité comporte 3 garanties : tout
d’abord, la garantie que la recherche de la vérité sera plus complète ; ensuite, la
garantie que les parties au procès pourrons chacune apporter leur preuve au
débat, fait impression sur l’adversaire et contredire ses preuves. C’est enfin, une
garantie pour le juge dans la mesure où ces décisions auront été prise aux vues
de ce qui aurait été publiquement débattu.
Paragraphe 3 : le caractère de contradiction
C’est la contradiction qui justifie la liberté des preuves et d’ailleurs pour en
assurer le respect qu’une telle place est accordée à la publicité à l’occasion du
jugement. Le caractère contradictoire consiste dans la présence des parties et se
trouve garantie par l’assistance d’un défenseur. Il signifie par ailleurs que les
parties discutent sur un pied d’égalité, sous le contrôle du juge à qui sont confiés
la direction des débats et la police de l’audience. Autrement dit, la contradiction
implique une nécessaire information des parties et la possibilité pour elle de
s’exprimer. En conséquence, le ministère public, le délinquant et la partie civile
ou la victime ont les mêmes droits, y compris celui de poser les questions. La
contradiction en donc être pleinement assurer qu’autant que le délinquant
comparaît régulièrement.
Section 2 : le déroulement de la procédure de jugement appropriement
parlé
Certains principes applicables aux déroulements de la procédure de jugement
gouvernent l’audience et les débats.
Paragraphe1 : les principes applicables au déroulement de la procédure
Les règles essentielles en la matière concernent la tenue des audiences et le
problème de la comparution personnelle du délinquant.
A. La tenue des audiences
Au terme de l’article 2 nouveau de la loi n 61-155 portant organisation
judiciaire, les cours d’appel, les tribunaux de premières instances et les sections
détachées de tribunaux fixent par un règlement le nombre, la durée, les jours et
heures d’audience. Ainsi que leur affectation aux diverses catégories d’affaire.
Les cours d’appel et les tribunaux de première instance prennent ce règlement en
assemblée générale. Ce règlement qui est permanant ne peut être appliqué
qu’après avoir été approuvé par le garde des sceaux dont l’approbation est
également nécessaire pour toutes les modifications ultérieures. Ce texte est
confirmé par le code de procédures pénales ivoiriens qui prévoit que le nombre
et la date des audiences correctionnelles sont déterminés, à la fin de chaque
année judiciaire pour l’année suivante par, délibération de l’assemblée général.
B. Le principe de la comparution personnelle du prévenu
Devant le tribunal correctionnel, le délinquant doit comparaitre en personne
quelque soit la peine encourue dès lors qu’il a été cité à personne ou qu’il a eu
connaissance effective de la citation. Toutefois s’il justifie d’une excuse jugée
valable par le tribunal, l’affaire peut être renvoyée à une audience ultérieure. Le
législateur a cependant prévu deux dérogations à ce principe. La première
concerne selon l’article 421 du code de procédure pénal, les délits passibles
d’une peine d’amende ou d’une peine d’emprisonnement inferieur ou égale à
deux ans. Dans cette hypothèse le délinquant peut par une lettre d’excuse
adressée à son juge demander à être jugé en son absence. Le tribunal peut bien
sur accepter ou rejeter la demande du prévenu. La seconde dérogation est
relative au prévenu empêché de se déplacer pour cause de maladie. Selon les
termes de l’article 426 du code de procédure pénal, le tribunal peut alors, par
décision spéciale soit repousser la date de l’audience, soit faire entendre le
prévenu chez lui a la maison par un juge commis à cet effet, accompagné d’un
greffier et éventuellement des forces de l’ordre.
Paragraphe 2 : l’audience et le débat
Avant d’examiner le prononcé de la décision, il convient d’examiner les
différentes phases du déroulement des débats.
A. Les différentes phases du déroulement des débats
1. Les formalités préalables
La première étape des débats qui est celle des formalités préliminaires comprend
l’appel de l’affaire, des parties, des témoins et des experts. D’abord, il appartient
au président de s’assurer de la présence du délinquant dont il vérifie l’identité et
auquel il donne connaissance de l’acte ayant saisie le tribunal et qui mentionne
les faits qui lui sont reprochés. Il constate ensuite, s’il y a lieu la présence ou
l’absence de la partie civile ou plaignant, du civilement responsable, des
témoins, des experts et des interprètes.
2. L’administration de la preuve
Après les formalités préliminaires, vient l’administration de la preuve appelé
encore l’instruction à l’audience ou l’instruction définitif. Ayant la direction des
débats, le juge interroge le délinquant sur les faits qui lui sont reprochés et reçoit
ses déclarations. Les témoins sont ensuite entendus après avoir indiqué leur
identité et après avoir prêté serment. Il prête serment de dire toute la vérité et
rien que la rien que la vérité. L’instruction définitive terminée s’ouvre la
discussion par les parties.
3. La discussion par les parties
C’est l’occasion pour les parties de prendre la parole et de fait valoir leur avis.
Au cours de cette phase, des répliques sont permises. En vertu de son pouvoir de
direction des débats, le président peut limiter l’importance des discussions
quand il estime la cause suffisamment éclairée. La discussion par les parties
s’achève par le prononcé du juge.
B. Le jugement
Le jugement intervient une fois les plaidoiries achevées. Il peut être rendu
immédiatement sur le siège ou à une audience ultérieure, pour permettre au
magistrat de délibéré plus librement. On notera ici que les décisions des
tribunaux sont de nature variée. Le tribunal peut rendre une décision
d’incompétence, peut prononcer une décision de relaxe et enfin le tribunal peut
rentrer en voie de condamnation.

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