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REPUBLIQUE DU SENEGAL

MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DES UNIVERSITÉS ET


DES CENTRES UNIVERSITAIRES RÉGIONAUX ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
------------------

UNIVERSITE DE THIES

INSTITUT SUPÉRIEUR DE FORMATION


AGRICOLE ET RURALE (ISFAR)

TECHNOLOGIE DE PRODUCTION DES SEMENCES


DES GRANDES CULTURES

Par

DR SALIOU DIANGAR

Enseignant-Chercheur

Décembre 2011
1. Introduction

Au Sénégal, l’agriculture occupe une grande place dans les activités économiques du pays (70% de
la population active). Malgré les potentialités importantes, le secteur agricole connaît de plus en plus
des difficultés liées entre autres à un déficit chronique de semences certifiées (ISRA, 1995 et 1996).
Le manque de semences est provoqué par : 1) la baisse de la pluviométrie; 2) la dégradation des sols;
3) l'utilisation de techniques culturales inadaptées; 4) les coûts élevés des intrants; et 5) le faible taux
d'adoption des variétés améliorées.

La semence est définie comme le premier intrant en agriculture (Bono, 1981). Elle permet
d'augmenter le rendement de l'ordre de 25 à 30%, particulièrement l'utilisation de semences de
variétés améliorées. Les variétés améliorées valorisent mieux les autres intrants tels que les engrais
minéral ou organique, les produits phytosanitaires ainsi que l’eau d’irrigation et constituent l’un des
moyens le plus accessible et le moins onéreux pour augmenter la production agricole.

Par ailleurs, l’intrant « semences » même s’il contribue significativement à l’accroissement des
rendements, ne doit pas être traité de manière isolée. Au contraire, il doit s’intégrer dans un agro-
système paysan durable, prenant en compte des besoins du producteur (crédit de campagne, circuit
de commercialisation, sécurisation de la production avec l’amélioration des équipements et la
gestion de la fertilité du sol). Ces importants défis à relever ont créé une dynamique nouvelle
d’inscription, à la demande des producteurs, d’activités de production de semences de qualité dans
les plans d’actions de nombreux projets, programmes et ONGs. 

Parmi les défis majeurs à relever figure la résorption du déficit vivrier par la fourniture de semences
de qualité et quantité suffisante. En effet, chaque année, l'État sénégalais est confronté à un manque
de semences, plus particulièrement d'arachide.

Le but de ce cours est de former des professionnels de la production des semences en vue de
reconstituer le capital semencier national et d'accroître durablement le rendement des cultures et,
par séquent, la production agricole.
Il s'agit aussi de créer les conditions d'une agriculture performante et de susciter l'intégration des
jeunes cadres dans l'agriculture avec la création de nouveaux métiers.
2. Problématique de la reconstitution du capital semencier national au Sénégal

2.1. Historique de la production de semences

Depuis son accession à l’indépendance, le Sénégal a tenté la mise en place de divers programmes de
développement de la filière semence. C’est pourquoi l’évolution dans le temps de la politique
semencière a nécessité des modifications institutionnelles, comme mesures d’accompagnement, afin
de rendre la mise en œuvre des obligations de service public de l’Etat en adéquation avec les
exigences de chaque étape de cette évolution.

Jusqu’en 1972, la politique semencière de l’État, entendue dans le sens des mesures prises pour
couvrir les besoins en semences des producteurs chaque année, avait consisté à récupérer une partie
de la production des agriculteurs à chaque campagne, constituée par le remboursement en nature
des semences ayant été distribuées à crédit avant semis.

Cette politique de reconstitution du stock semencier à partir des productions paysannes avait à la
longue abouti à des mélanges variétaux, qui dans le contexte du début de péjoration climatique à la
fin des années 60, compromettaient sérieusement le niveau de la production.

C’est pourquoi dès 1972, l’État créa le Projet Semencier IRHO (Institut de Recherches sur les
Huiles Oléagineuses) avec un financement du Fonds Européen pour le Développement (FED).
L’objectif de ce projet était de définir la carte variétale, particulièrement arachidière, et de
reconstituer dans ce cadre le capital semencier à partir des variétés pures issues de la Recherche
Agronomique. En outre le projet avait comme objectif l’identification et l’encadrement des
producteurs semenciers, l’équipement des laboratoires d’analyses de semences et la construction de
stations de conditionnement de semences d’espèces vivrières.

A la fin du projet en 1976, le Service Semencier fut créé pour continuer cette politique de
reconstitution du Capital Semencier son rôle a été clairement défini par la direction générale de la
Production agricole. II est notamment chargé de la responsabilité et de l’exécution des tâches ci-
dessous:
 la planification et programmation ;
 l’organisation ;
 la réglementation ;
 le contrôle, de la production ainsi que de la formation de son personnel.
C’est ainsi que la politique de reconstitution du capital semencier, entamée dès les années 70 était
essentiellement basée sur celui de l’arachide, par l’intervention directe des structures publiques

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(CRAD, ONCAD, SONAR, SONAGRAINES) et la reconstitution des semences dites d’espèces
diverses (riz, mil, maïs, sorgho, niébé) par les Sociétés Régionales de Développement Rural
(SRDR). Dans le cadre de cette politique semencière, la Recherche Agronomique fournissait les
pré-bases, le Service Semencier produisait les bases et les sociétés régionales de développement ou
d’intervention produisaient les semences certifiées des différents niveaux (N1 et N2 selon le cas).
Dans ce système de reconstitution, les producteurs semenciers, encadrés par les services techniques,
étaient chargés de produire, sous contrat, des semences certifiées pour le compte des structures
publiques, grâce à la mise en place de lignes de crédit de campagne et de commercialisation.

Cette politique de reconstitution du capital semencier a connu des limites dès les années 80, et s’est
traduite par un endettement insupportable du monde rural obligeant l’Etat à se désengager des
fonctions marchandes des différentes filières agricoles.

C’est dans ce contexte difficile que l’État, avec le concours financier des bailleurs de fonds (AFD,
DCE), optait pour une politique de privatisation de la production et de la commercialisation des
semences sélectionnées et confiait cette mission dès 1990 au Projet Autonome Semencier (PAS).
L’exécution de ce projet avait permis de renforcer les capacités des structures intervenant dans la
filière, la formation et l’encadrement de groupements de producteurs et d’opérateurs privés, la
construction de magasins semenciers villageois et la réhabilitation des stations de conditionnement
de semences d’espèces vivrières.

L’objectif visé par ce projet était la création de conditions favorables à un transfert progressif des
fonctions de production (reconstitution de capital semencier) et des fonctions marchandes (collecte,
conditionnement, conservation et cession de semences) au secteur privé par des appuis
institutionnels en vue d’une professionnalisation des opérateurs privés.

C’est ainsi que furent créés l’Union Nationale Interprofessionnelle des Semences (UNIS)
regroupant les opérateurs privés semenciers et le Comité National Interprofessionnel de l’Arachide
(CNIA) qui regroupe les organisations partenaires de la filière arachide (producteurs, opérateurs
semenciers, collecteurs, transformateurs, transporteurs, fournisseurs d’intrants et organisations des
élus locaux).

Le secteur horticole avait bénéficié du concours technique et financier de la FAO et de la BOAD,


par la mise en place du Projet de Production de Semences Légumières (PSL). Ce projet, basé à
Sangalkam, avait contribué à l’identification et à la formation de producteurs aux techniques de
production de semences de légumes, principalement la pomme de terre, l’oignon et les légumes de

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type africain (gombo, aubergine africaine, piment, bissap, manioc) avec le concours technique du
Centre de Développement Horticole de Cambérène (CDH).

Malgré la mise en place de moyens techniques et financiers importants pour la réalisation de ces
programmes, la reconstitution du capital semencier a toujours connu jusqu’à nos jours des
problèmes de qualité, de quantité et une faible implication des communautés de base.

La précédente analyse historique des différents programmes de la filière semence fait ressortir ainsi
trois séquences distinctes :

 Une période allant de l’indépendance à la fin des années 80, caractérisée par
 l’intervention de l’Etat qui, en sa qualité de maître d’œuvre, avait en charge la gestion
globale de la filière semence. Les besoins en semences certifiées des principales cultures
étaient généralement couverts par des programmes de multiplication spécifiques.
 Une période allant de 1989 à la fin des années 90 caractérisée par le désengagement de
 l’Etat des activités de production et de commercialisation de semences. Cette période reste
marquée par la liquidation de nombreuses sociétés qui assuraient les fonctions semencières
et par la clôture des projets maïs et semences légumières. La politique de privatisation de la
filière n’a pas produit les résultats escomptés au double plan quantitatif et qualitatif. Les
offres en semences (céréales, légumes, arachide) ont subi une baisse considérable.
 Une période partant de la fin des années 90, marquée par le développement des
 initiatives locales et prenant en compte l’ensemble du potentiel qu’offre l’environnement
institutionnel actuel ainsi que la maturité affichée par les producteurs et leurs organisations
professionnelles.

2.2. Organisation de la production de semences au Sénégal

2.2.1. Cadre institutionnel


L'organisation de la filière semencière au Sénégal repose pour l'essentiel sur trois composantes :
l'Etat à travers la recherche, le contrôle et la certification, les producteurs privés

2.2.1.1. L'Etat

Malgré le désengagement de l'Etat des activités de la production des semences, la puissance


publique assure les fonctions de recherche, de contrôle et de certification des semences.

 La Recherche

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La recherche est détentrice et pourvoyeuse du matériel de départ. Elle est représentée par l’Institut
Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA) qui a son sein une Unité dénommée ISRA-
PRODUCTION pour la production semences de pré-base de semences.

Ainsi l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) a le mandat d’améliorer les variétés des
différentes spéculations cultivées au Sénégal (espèces céréalières ou légumineuses, maraîchères,
fruitières ou forestières). Aussi il est chargé de l'homologation des variétés, de l'établissement de la
carte variétale et de la production des premiers niveaux de semences des différentes spéculations
dont semences de pré-base. A ce titre il dispose de variétés améliorées des principales spéculations
qui sont bien adaptées aux différentes zones agro-écologiques du pays. Les programmes de
multiplication des semences de pré-base, dont l’envergure est fonction de la demande des
partenaires (Organisations de Producteurs, Opérateurs Privés Semenciers, ONG), sont réalisés dans
les différentes structures de l’ISRA qui sont disséminées à travers le pays.

 Le contrôle et la Certification

Le contrôle et la certification ont pour rôle d'assurer la qualité des semences produites (la pureté
variétale, l'état sanitaire, la faculté germinative). Cette fonction est dévolue à la Division des
semences (DISEM) de la Direction de l'Agriculture (DA) du Ministère de l'Agriculture. Elle est
appuyée au niveau des régions par les Directions Régionales du Développement Rural (DRDR) sont
chargés, de contrôler la production et le commerce des semences et ce, conformément à la
législation semencière en vigueur.

2.2.1.2. Les opérateurs privés

C'est un ensemble de structures (associations paysannes ou groupements de producteurs (CNCR,


Force Paysanne), ONG et de sociétés d'État ou privées (ANCAR, la SUNEOR-Ex SONACOS-,
SAED, ASPRODEB, TROPICASEM, SODAGRI, SODEFITEX, etc.…)

L'Union Nationale Interprofessionnelle des Semences ((UNIS) est la structure la plus


représentative. L'Interprofession (UNIS) est organisée comme suit :
Les opérateurs privés intervenant dans le secteur semencier sont membres de l'UNIS, structurée en
quatre zones, chacune dirigée par un bureau élu, placées sous l'autorité d'un conseil d'administration
et d'un bureau exécutif au niveau national.
L'UNIS gère 300 magasins desservant chacun une zone de multiplication, dispose d'équipes
techniques d'appui et passe des conventions avec les institutions financières.

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Les membres de l'Unis, dénommés opérateurs semenciers (OS), sont formés de producteurs
individuels et de groupements de producteurs. Chaque OS évolue dans la zone d'emprise d'un ou de
plusieurs magasins semenciers qui lui servent de points de vente; il définit les besoins en semences
de sa zone dans le respect de la carte variétale et en rapport avec le nombre de producteurs
contractuels.

2.2.2. Le financement de la production 

Différentes institutions et internationales participent au financement de la filière semencière au


Sénégal. La Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCAS) fournit une grande partie du financement.
L'Union européenne apporte un appui dans le cadre du programme de relance de la filière arachide
financé sur fonds d'aide aux produits d'exportation à travers le Système de stabilisation des
exportations des produits agricoles (Stabex).
Un Conseil national des semences regroupant les acteurs principaux dont l'État, les professionnels et
les financiers, est chargé de la supervision générale.

3. Réglementation de la production des semences au Sénégal

Au Sénégal, la production des semences est régie par la loi numéro 94/81 du 23/12/94 qui organise
et réglemente la production et la commercialisation des semences. Cette loi comprend trois décrets
d'application :

1) le décret 97-603 du 17 juin 1997 portant création du comité National Consultant des Semences
et des plants (CNCSP)

Le CNCSP a pour rôle d'émettre des avis et recommandations sur toutes les questions relatives aux
conditions de production et de commercialisation des semences et plants et notamment sur:
 le catalogue des espèces et variétés de plants cultivés au Sénégal;
 les règlements techniques de la production, du contrôle et de la certification des semences;
 l’agrément de toute personne physique ou morale comme producteur de semences;
 les programmes de production ou d’introduction de semences et les conditions d'exécution;
 les conditions de commercialisation sur les marchés intérieurs et extérieurs.

Le CNCSP est composé d'un représentant du Ministère de l'Agriculture qui assure la présidence et
des Directeurs Nationaux des différentes structures du Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage, du
Commerce, de l'Économie et des Finances. Il comprend en outre les représentants des organisations
professionnelles et des élus locaux.

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2) le décret 97-602 du 17 juin 1997 instituant un catalogue des espèces et variétés de plants
cultivés au Sénégal

Ce catalogue mentionne la liste des espèces et variétés cultivées au Sénégal dont les semences
peuvent être multipliées et commercialisées.

Le Comité National Consultatif des Semences et des Plants est chargé de proposer pour chaque
espèce de plante cultivée, les conditions et modalités suivant lesquelles les variétés présentées pour
l’inscription au catalogue doivent être testées.

3) le décret 97-616 du 17 juin 1997 portant réglementation de la production, de la certification et


du commerce des semences et plants.

Le décret stipule que peuvent être certifiées les semences ou plants de variétés inscrites au
catalogue des espèces et variétés de plantes cultivées au Sénégal. Pour les variétés non encore
inscrites au catalogue, il est recommandé d’avoir une autorisation du Ministère de l’Agriculture.
Pour chaque espèce, il existe un règlement technique de la production, du contrôle et de la
certification des semences.
Cette réglementation nationale, renforcée par l’application prochaine du Cadre Réglementaire
Semencier Commun CEDEAO, UEMOA et CILSS, peut favoriser le développement de l’industrie
du secteur semencier et les échanges de semences entre le Sénégal et les pays d’Afrique et d’autres
continents.

4. Contraintes à la reconstitution du capital semencier

4.1. Les facteurs institutionnels


Les politiques institutionnelles ayant conduit à la situation actuelle du capital semencier sont
nombreuses et d’ordres divers parmi lesquelles nous pouvons citer entre autres.

4.1.1. Libéralisation de la production et de la commercialisation des semences

Les options de l’État sénégalais de libéraliser la production et la commercialisation des semences et


de séparer celles-ci du contrôle et de la certification ont perturbé la politique de renouvellement du
stock semencier.
Suite à la dissolution de la «  SONAGRAINES » qui s’occupait de l'organisation de la production
des semences d’arachide, mais également de la commercialisation de la production, il n’y a plus de
structure officielle jouant ce rôle.

La libéralisation, n’a malheureusement pas entraîné une relance de la production agricole et


l’importation a fini de monopoliser le secteur semencier au détriment de la production locale.

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Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’actuellement, pour la grande majorité des filières,
il y a un manque de semences de qualité et en quantité suffisante.
La libéralisation a eu aussi pour conséquence le développement des circuits de distribution parallèle
de semences par les opérateurs économiques non expérimentés en la matière.

4.2. Facteurs socio-économiques


4.2.1. Manque d'organisation de la filière

La libéralisation a eu aussi pour conséquence le développement des circuits de distribution parallèle


de semences par les opérateurs économiques non expérimentés en la matière et ayant des effets
négatifs sur la reconstitution du capital semencier
On note également un manque de professionnalisation des acteurs en fonction des catégories et des
niveaux des semences.
Il y a aussi le faible taux d'adoption des variétés améliorées par manque de structures
opérationnelles de vulgarisation.

4.2.2. Manque de technicité et d’équipement des producteurs

La production des semences reste confrontée à plusieurs difficultés techniques notamment la


conduite et le contrôle des multiplications. La conduite est relative à l’allogamie de certaines
espèces dont la multiplication est confrontée à des problèmes d'isolement en milieu paysan.

De même, l’absence de certaines infrastructures et d’un équipement de base appropriés à proximité


des producteurs limitent l’autoproduction de semences ne permet pas une opération semencière,
rationnelle et efficace.

4.2.3. Difficulté d’accès au crédit

Le problème  de financement a toujours été une contrainte majeure : les producteurs n’ont
généralement pas une facilité d’accès au crédit pour la production de semences. Et même si le crédit
leur est permis, les apports demandés sont en général trop contraignants pour en disposer.
Les semences issues du secteur officiel sont rétrocédées au comptant. Le prix de cession est en
général abordable à cause de la subvention de l'État, mais les quantités sont insuffisantes. Les
producteurs qui ne peuvent en disposer se ravitaillent le marché informel.

La disponibilité du crédit facilite l’adoption des semences améliorées. En effet, lorsque les paysans
bénéficient de prêts à de faibles taux d’intérêt, ils peuvent acheter des semences améliorées et
d’autres intrants nécessaires à la production. Dans le cas où le crédit n’est pas accessible ou que les

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taux d’intérêts sont trop élevés, les paysans sont plutôt réfractaires à l'utilisation de semences
améliorées et d'autres les pratiques de production améliorées.

4.3. Facteurs environnementaux

La péjoration climatique qui a comme corollaire la sécheresse, l’érosion hydrique et éolienne,


l’appauvrissement des sols qui se traduit par la baisse de fertilité, la salinisation et l’acidification ;
associé aux maladies des plantes et des pratiques culturales non adaptées, a diminué la production
agricole et de ce fait a compromis de manière significative la reconstitution du capital semencier.

4.3.1. La dégradation des sols

La durabilité de l'agriculture dépend du capital semencier et de la fertilité des sols.


La dégradation des sols est une contrainte majeure à la reconstitution du capital semencier à cause
de l'absence de la pratique des rotations culturales et de l’application insuffisante d’engrais
organiques et minéraux.
En effet, la teneur en matière organique du sol un facteur important de sa fertilité, particulièrement
dans les milieux tropicaux semi-arides. Les sols, essentiellement de types ferrugineux lessivés,
limono sableux en surface sont pauvres en matière organique et minérale.

4.3.2. La dégradation des ressources en eau 

La dégradation des conditions d’alimentation en eau des cultures constitue aussi un frein à la
production de semence. Elle résulte à la fois de :
 une baisse de la pluviométrie ;
 un raccourcissement de la durée de la saison des pluies ;
 une détérioration des états de surface des sols correspondant à des phénomènes
d’encroûtements qui sont l’origine du ruissellement des eaux des pluies ;
 une évaporation très importante ;
 une salinisation progressive des eaux par l’intrusion marine.

4.3.3. Les problèmes phytosanitaires

Le climat tropical semble être favorable pour le développement de plusieurs parasites et ennemis
des cultures. Parmi les principaux fléaux qui constituent un frein à la reconstitution du capital
semencier, il y a principalement :
 les invasions acridiennes
 des rongeurs et des chenilles défoliatrices;

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 les plantes phanérogames et
 les insectes ravageurs des stocks.

5. Processus de multiplication de semences de variétés améliorées

La production de semences de qualité et en quantité suffisante s’effectue à partir d’un schéma de


multiplication et de techniques culturales adaptées.
On distingue trois niveaux de semences : les semences de pré base, les semences de base et les
semences certifiées.

5.1. Définition et concepts

La variété est un ensemble de plantes cultivées qui se distinguent par leurs caractères
morphologiques, physiologiques, cytologiques, chimiques et biochimiques et qui conservent leurs
caractères distincts pendant leur multiplication (Bono, 1981).

Les semences de pré base sont produites par la recherche. Cette fonction est assurée par l’ISRA au
sein d’une unité spécialisée dénommée ISRA-PRODUCTION. Les semences de pré base
renferment en général trois générations :
 les semences de la Génération 1 (G1) proviennent de la multiplication des semences fournies
par le sélectionneur que l'on appelle les noyaux génétiques ou Génération zéro-G0.
 les semences de la Génération 2 (G2) sont issues de la multiplication des semences de la
Génération 2 (G2).
 les semences de la Génération 3 (G3) sont produites à partir des semences de la Génération
2 (G2).
Les trois niveaux ci-dessous constituent les semences de pré base.
Selon le coefficient de multiplication de la variété de l'espèce considérée et des conditions de
culture, les trois niveaux peuvent être ramenées à deux et même à un.
Dans un sens plus restreint, les semences de pré base désignent les semences de dernière génération
produite par la recherche, correspondant à la génération G2 ou G3 et qui sont livrées aux
producteurs privés semenciers.

Les semences de base sont issues de la multiplication des semences de pré base de dernière
génération. Elles sont produites par les opérateurs privés, les ONG, les organisations paysannes ou
les entreprises agréées par l’État à travers la DISEM ou la DRDR.
En fonction du coefficient de multiplication de la variété de l'espèce considérée et des conditions de
culture, les semences de base peuvent comprendre trois niveaux de multiplication désignés par:

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 Semences de multiplication 1 (M1) ou de reproduction 1 (R1)
 Semences de multiplication 2 (M2) ou de reproduction 2 (R2)
 Semences de multiplication 3 (M3) ou de reproduction 3 (R3)
La lettre M est utilisée pour l'arachide tandis que la lettre R est plutôt employée pour les céréales..

Les semences certifiées proviennent la dernière multiplication ou reproduction des semences de


base. Elles représentent la dernière génération des semences. Elles sont produites par les opérateurs
privés, les ONG, les organisations paysannes ou les entreprises agréées par l’État à travers la
DISEM ou la DRDR. Ces semences sont vendues aux paysans pour de la production destinée à la
consommation, à la commercialisation et à la transformation

Le schéma ci-dessous indique les catégories, les niveaux et les producteurs responsables ainsi le
contrôle.

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G0
RECHERCHE Noyaux génétiques
AGRICOLE
ISRA
G1
Semences de prébase

G2

PRODUCTEURS Semences
SEMENCIERS de base

CONTROLE DE
QUALITE
DISEM, DRDR

PRODUCTEURS Semences RI
SEMENCIERS certifiées

Légende
G0 : Génération zéro (semences
fournies par le sélectionneur)
G1-2 : Génération 1-2 (semences
PAYSANS produites par l’Unité de Production
de semences de l’ISRA)
R1 : Semences de renouvellement
d’année 1

CONSOMMATION COMMERCIALISATION

Figure 1 : Schéma de production de semences de riz au Sénégal (Adaptation de Bèye


et Mbaye, 1998 ; Diangar, 2008)

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5.2. Techniques de production

 Choix des producteurs

Le choix des producteurs doit être fait sur la base de critères objectifs et précis tels que
l’engagement personnel et volontaire, la disponibilité de parcelles et leur emplacement, la
disponibilité de moyens de travail (animaux de trait, matériels adéquats). Pour faire un choix
judicieux, on effectue généralement une enquête préliminaire (Annexe 1) qui à partir de données
sociologiques (taille de la famille, surfaces, équipement, expérience) aide à faire la typologie des
exploitations et expliquer éventuellement la disparité des données de terrain.

 Choix des parcelles

La connaissance de l'historique des parcelles (caractéristiques pédologiques, niveau de fertilité,


enherbement) permet d'orienter le choix des champs. Les parcelles choisies doivent être d'accès
faciles. Les distances d'isolement définies dans les règlements techniques doivent être respectées.

 Préparation du sol

Il est nécessaire de nettoyer et piqueter la surface à emblaver en vue de déterminer les quantités
d’intrants (semences, engrais, etc.) à apporter et d’avoir une estimation des coûts de production.
Selon le type de sol et le précédent cultural, la préparation du sol en plus des opérations citées peut
nécessiter un labour (à la charrue ou au disque) ou un simple grattage (à la houe sine).

 Fertilisation

Engrais de fond (avant la mise en culture)


 Céréales
• Mil, riz, maïs, sorgho: 150-200 kg/ha NPK
 Légumineuses
• Arachide, niébé: 150-200 kg/ha NPK (6-20-10)
Engrais de couverture (céréales uniquement, en deux applications)
• ½ de 100-200 kg/ha d’urée à 20 jas (après démariage)
• ½ de 100-200 kg/ha d’urée à 40 jas (après 2ème binage)

En plus de l’engrais minéral, il est recommandé d’apporter de l’engrais organique (fumier ou


compost) à la dose de 2-4 t/ha.

 Semis
Les semences doivent être de bonne qualité et conforme à la variété utilisée. Elles doivent être triées
et traitées au granox qui est composé de deux fongicides (Thirame et Bénomyl) contre les
champignons, les fontes de semis et un insecticide (Carbofuran) contre les foreurs des tiges et autres
insectes du sol.

7.5.1. Modes de semis des céréales

 Mil
• Semis en sec (zones nord, centre et centre sud)

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• Semis en humide (zones centre sud, est et sud)
• Dose de semis 4kg/ha
• Disque de semis: 4trous ou 8 trous avec d’un trou sur deux
• Écartement de semis: 90 cm x 90 cm
 Maïs
• Semis en humide
• Dose de semis 16-20 kg/ha
• Disque de semis: 16 trous
• Écartement de semis: 80 cm x 40 cm
 sorgho
• Semis en humide
• Dose de semis 8 kg/ha
• Disque de semis: 8 trous
• Écartement de semis: 80 cm x 40 cm
 riz
• Semis direct en sec ou en humide
Dose de semis 100 kg/ha
Écartements de semis : 30 cm entre les lignes
• Repiquage avec de plants de 21 jours de pépinière
Dose de semis : 40 kg/ha
Écartements : 30 cm entre les plants et 30 cm entre les lignes

7.5.2. Modes de semis des légumineuses

 Arachide
Le semis de l’arachide est fonction de la variété. Le tableau ci-dessous donne les
caractéristiques des semis des variétés les plus utilisées dans la zone.

Tableau 1: Caractéristiques du semis de quelques variétés d'arachide

Opérations techniques Variétés


69 101 Hâtive de Séfa 73-33
Dose de semis 60-70 kg/ha 75-80 kg/ha 70 kg/ha

Disque de semis 24 trous 30 crans 30 trous

Écartement de semis 50cm x 15cm 50cm x 15cm 40cm x 15cm

 Niébé
• Semis en humide
• Dose de semis 12 kg/ha
• Disque de semis: 8 trous
• Écartements de semis
50 cm x 50 cm (les variétés rampantes)
50 cm x 25 cm : variétés érigées
100 cm x 50 cm: variétés fourragères
Distance d’isolement: 5 m de toute autre variété

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 Binages
Les binages sont réalisés manuellement ou mécaniquement. Le premier binage a lieu à quinze jours
après le semis ou le repiquage. Un deuxième binage est effectué quarante jours après le semis ou le
repiquage. Les autres binages sont effectués à la demande.
En fonction de la pression des mauvaises herbes, le binage peut se faire par l’utilisation d’herbicide
de pré-émergence ou d’herbicide sélectif en début de cycle. Cette technique requiert une bonne
connaissance des mauvaises herbes en présence.

 Démariage
Le démariage est une opération qui consiste à réduire le nombre de plants sur le poquet et/ou la
ligne pour respecter les distances régulières entre plants et le nombre de plants dans le poquet de 1
(semences de pré base) à 2 (semences de base). L’éclatement des poquets serrés sert également au
remplacement des pieds manquants. Le démariage est effectué à 20 jours après le semis.

 Entretien et suivi des cultures


Une semence de qualité doit être saine et indemne de toute maladie. A cet effet, il est recommandé
de veiller à la bonne santé des cultures en procédant à l’arrachage et l’épuration des pieds malades
et non conformes. Les foreurs des tiges qui provoquent des cœurs morts et des panicules blanches
peuvent être endigués par un traitement à l’endosulfan à la dose de 60 ml par pulvérisateur de
15litres d’eau.
Pour répondre aux normes exigées de densité, il est important de veiller l'application correcte des
recommandations de la recherche. A cet effet, trois sondages de densités sont effectués durant la
culture (Annexe 2).

 Récolte
L'obtention de semences de qualité est déterminée par la date de récolte qui doit avoir lieu dans des
conditions optimales. La date de la récolte dépend du cycle de la variété. La récolte se fait
manuellement à l’aide de couteau (mil, sorgho, riz), de faucille (riz), à la main (niébé, maïs). La
récolte se fait aussi mécaniquement à l’aide de souleveuse (arachide) et de machine moissonneuse
(riz). Après la récolte, les panicules, épis, gousses sont séchées au soleil pendant trois à cinq jours
pour diminuer le taux d’humidité en vue de faciliter le battage. Le séchage a lieu au champ ou dans
des aires protégées.

 Battage
Le battage intervient après un temps de séchage au soleil qui permet d'abaisser le taux d'humidité à
14 % environ et puis progressivement à 8-10 %. Le battage se fait mécaniquement dans la majorité
des cas à l'aide d'une batteuse en prenant soin de bien nettoyer la machine à chaque fois qu’on
change de variété. Si le battage doit se prolonger au-delà de la période recommandée, il faut poudrer
les récoltes à l'aide d'un insecticide (K-othrine, bromophos, Sumithion)

 Nettoyage et calibrage
C'est une opération qui sert à séparer les bonnes graines des graines vides et des débris végétaux et
est réalisée au moyen d'un bon vannage suivi de triage. Après le nettoyage-calibrage, les semences
sont mises dans des sacs de 50 kg. Chaque sac doit être identifié par une étiquette portant: le lieu de
production, le nom du producteur, l'année, le niveau de production, le poids, le taux de germination
et le quitus de certification à l’intérieur.

 Stockage

La totalité de la production d’une exploitation, d’une communauté rurale, d’un département ou


d’une région est stockée dans un magasin traité au préalable. Les semences sont ensuite fumigées
sous bâche par l'application de phostoxin (phosphure d’aluminium). Le phosphure d’aluminium par

16
hydrolyse dégage un gaz toxique, le phosphure d’hydrogène (PH3). Il est utilisé à la dose de 10
pastilles par tonne de semences pendant une durée de 3-4 jours.

 Contrôle de qualité
Le contrôle de qualité est assuré par le service de contrôle qui se trouve au sein de la Direction
Régionale du Développement Rural (DRDR). Ce service est décentralisé au niveau même des
communautés rurales. Il suffit donc d'envoyer à la direction régionale une déclaration de cultures
avant chaque campagne agricole. Pour maintenir une bonne collaboration, ce service doit être
associé dès le démarrage des activités.

a) Partie pratique

Identification des variétés

La réalisation d’une exposition de semences des variétés améliorées de riz de l’ISRA est toujours
favorablement accueillie par les producteurs. Cela leur permet de faire la connaissance du matériel
existant. La présence des variétés traditionnelles dans l’exposition permet de faire la comparaison
des performances selon les zones et les types de riziculture.

Analyse de qualité

La pureté variétale et le taux de germination sont deux critères essentiels de la qualité des semences.

 Pureté variétale

Un lot de semences présentant un certain degré d’impureté (résidus de récolte) et de mélange


constitué de plusieurs variétés est distribué aux producteurs pour être nettoyé et trié à l’image des
variétés exposées. Le lot est séparé en trois groupes de constituants qui sont :

 les semences pures


Elles réfèrent à celles qui appartiennent à l'espèce indiquée par le producteur. Elles peuvent
comprendre toutes les variétés botaniques de l'espèce et se composent de :
- semences intactes de taille normales,
- semences immatures,
- fragments de semences dont la taille est supérieure à la moitié de la taille normale.

 les autres semences


Elles sont constituées des semences de toutes les plantes des espèces autres que celles des
semences pures.

 les matières inertes


Elles sont formées des particules qui ne contiennent aucune graine :
- fragments de semences brisées ou endommagées, dont la taille est égale ou inférieure
à la moitié de la taille initiale des semences
- les glumes vides, les glumelles, les pédoncules, les feuilles, les fleurs, les galles des
nématodes, la terre, les insectes, les cailloux...

Après la séparation, chaque groupe de constituants est pesé et exprimé en pourcentage du lot.
La pureté variétale est déterminée par le rapport du poids des semences de la variété indiquée par le
producteur sur celui des semences pures exprimée en pourcentage.
Les résultats de l’analyse sont comparés à ceux contenus dans le règlement technique.

17
Les détails de l’analyse de pureté se trouvent dans l’Annexe 3.

 Faculté de germination

Elle exprime l’aptitude de la semence à germer et à produire une plante normale dans les conditions
favorables de culture. Elle est égale au nombre de graines ayant donné de plantules normales sur le
nombre total de graines du test.
Le nombre total de graines varie en fonction de la taille de la semence et se situe, en général, entre
50 et 25. Le résultat ou taux de germination est exprimé en pourcentage. Le papier ou le sable sont
les substrats habituellement utilisés pour le test. Le comptage est effectué en deux temps : quatre et
dix jours après la mise en place du test. Le premier comptage exprime la vigueur et le deuxième la
viabilité.
La conduite de l’analyse de pureté et du test de germination indique la nécessité pour les
producteurs semenciers de disposer de petits laboratoires pour le contrôle de la qualité des
semences. C’est aussi une opportunité pour les jeunes dans la création de nouveaux emplois de
contrôleurs privés semenciers.

Références bibliographiques

Bèye A.M., Mbaye A.B., 1998. Manuel de formation sur les normes et les techniques de
production de semences de riz. ISRA-Unité d’Information et de Valorisation (UNIVAL), Dakar,
Sénégal, 56 p.

Bono M., 1981. Multiplication des semences vivrières tropicales. Agence de Coopération
Culturelle et Technique, Presses Universitaires de France, 19 Av. de Messine –Paris, 419 p.
Da Sylva A., Fofana A., Diangar S., Wague K, Boye B., Diop M, 2002. Techniques de
production de semences au Sénégal. ISRA-Unité d’Information et de Valorisation (UNIVAL),
Dakar, 93 p

Diangar S., Seck V. G., Wane O., Thiam A., 2007. Restauration et valorisation des sols salés de
Ndoff pour la relance de la riziculture de la riziculture au Sénégal. In Proceedings of the Third
International Seminar of the Regional Network for the Synergy Betweenthe Conservation on
Biological Diversity and the Convention to Combat Desertification in West and Central Africa,
Cotonou Benin: 113-127 pp.

Diangar S., 2008. Approche intégrée pour l’amélioration de la productivité des systèmes de
cultures à base de mil dans le Bassin Arachidier du Sénégal. Thèse de Doctorat. Université de
Dakar, Faculté des Sciences et Techniques, Département de Biologie Végétale :160 p.

ISRA, 1995. Application de la Méthode Active de Recherche Participative (MARP) aux villages
de Sagnanème (Communauté Rurale de Keur Socé, Département de Kaolack, 39 p.) et de Ndoff
(Communauté Rurale de Loul Sessène, Département de Fatick). ISRA/NRBAR., 42 p.
ISRA, 1996. Diagnostic des contraintes à la production agricole par la Méthode Active de
Recherche Participative (MARP). Application aux villages de Mbaka Lo (Communauté Rurale de
Ndande, Département de Kébémer, 28 p.), Yéri Gueye (Communauté Rurale de Ngaye,
Département de Diourbel) et de Both Sérère Lo (Communauté Rurale de Ndiaganiao,
Département de Mbour). ISRA/CNBA, 30 p.

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Annexe 1 : Fiche d'Enquête Préliminaire

1. Prénoms et NOM.........................................................................................................
2. Région ……………………………………………………………………………….
3. Département …………………………………………………………………………
4. Communauté Rurale....................................................................................................
5. Village..........................................................................................................................
6. taille de la famille
Hommes  15ans...............................................................................................
Femmes  15 ans..............................................................................................
Enfants
Filles 0 – 14 ans
Garçons 0 – 14 ans
7. taille de l’exploitation
Superficie (ha)...................................................................................................
Matériels agricoles
Semoir................................................................................................
Houe...................................................................................................
Cheval................................................................................................
Paire de bœufs....................................................................................
Bétail (troupeau de bœufs).................................................................
Ânes ..................................................................................................
Autres (préciser).................................................................................

8. Cultures

Années superficie (ha) production (kg)


Arachide
Maïs
Sorgho
Niébé
Mil
9. expérience en production (années) de semences
...................................................................................................................................................
...................................................................................................................................................
10. citer les cultures dont vous faites de la production de semences
1. 2. 3.
11. êtes-vous membre d’une association groupement ou fédération de producteurs – préciser
...................................................................................................................................................
...................................................................................................................................................
12. Quelle (s) culture (s) voudrez-vous voir développer pour la production de semences dans
votre village ?
1.....................................................................................................................................
2.....................................................................................................................................
3.....................................................................................................................................

13. Quelles sont les contraintes en matière de production de semences dans votre village ?
...................................................................................................................................................
Annexe 3 : Protocole d'analyse de pureté

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1 - But :
1) déterminer la composition de l'échantillon testé et par conséquent de celui du lot d'origine ;
2) identifier les différentes espèces des semences et les matières inertes de l'échantillon.
2 - Méthodologie :

L'échantillon soumis au laboratoire pour analyse doit être réduit à un échantillon de travail. Ceci est
fait à l'aide de diviseurs coniques ou centrifuges.

Le poids de l'échantillon de travail doit être compris entre 0,50 g et 1000 g.

2.1 - Détermination de la composition de l'échantillon

L'échantillon de travail est pesé avec deux chiffres décimaux. Il est ensuite versé sur une table pour
l'analyse. Il est séparé en trois groupes de constituants qui sont :
 les semences pures : ces semences réfèrent à celles qui appartiennent à l'espèce indiquée
par le client. Elles peuvent comprendre toutes les variétés botaniques de l'espèce et se
composent de :
- semences intactes de taille normales,
- semences immatures,
- fragments de semences dont la taille est supérieure à la moitié de la taille normale.
 autres semences : ce sont les semences de toutes les plantes des espèces autres que
celles des semences pures.
 matières inertes :
- semences qui ne contiennent aucune graine,
- fragments de semences brisées ou endommagées, dont la taille est égale ou inférieure à
la moitié de la taille initiale des semences
- les glumes vides, les glumelles, les pédoncules, les feuilles, les fleurs, les galles des
nématodes, la terre, les insectes, les cailloux...

Après la séparation, chaque groupe de constituants est pesé en grammes avec le même nombre de
chiffres décimaux que l'échantillon de travail.

2.2 - Calcul et expression des résultats

Il existe deux méthodes de calcul selon le poids de l'échantillon.


1) Poids de l'échantillon de travail <25g.

Tous les groupes de constituants doivent être pesés et leurs pourcentages calculés sur la base de la
somme des poids des 3 groupes.
Poids (g) sp ou sa ou mi x100
% sp ou sa ou mi =
Somme [(poids (sp+sa+mi)], g
ou sp, sa, mi représentent respectivement semences pures, semences autres, matières inertes

2) Poids de l'échantillon de travail >25g


Seules les fractions "semences autres espèces" et les matières inertes sont pesées et leurs
pourcentage calculés sur la base du poids initial de l'échantillon de travail.

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poids(g) semences autres, . ou mat. in. x100
% sem. autres .ou mat. in. =
Poids de l'échantillon initial, g
Le pourcentage de la fraction "semences pures" est obtenu par la soustraction de la somme des
pourcentages des deux autres constituants.
% Semences pures =100-(% semences autres esp. + % matières inerte.)
2.3 - Détermination de la pureté variétale
C'est le pourcentage de semences de la variété indiquée dans l'échantillon initial.
Pour la déterminer, on prend la fraction "semences pures qu'on sépare en deux portions :
- semences de la variété indiquée,
- semences autres variétés.
On pèse chaque portion, et on détermine la pureté variétale selon la formule suivante :
Semences variété indiquée, g
% pureté variétale= x % sem. Pures
Poids semences pures, g
2.4 - Rendement au décorticage
C'est le rapport du poids total de graines de la fraction "semences pures", exprimé en pourcentage
du poids initial de l'échantillon de travail :

Poids graines décortiquées


% Rendt décorticage = x 100
Poids échantillon de travail

2.5 - Rendement en graines-semences


C'est le rapport du poids total de graines-semences sur le poids des gousses de la fraction "semences
pures", exprimé en pourcentage du poids initial de l'échantillon de travail. Seules les bonnes graines
sont pesées.
Poids graines décortiquées, g
% Rendt graines-semences = x 100
Poids échantillon de travail, g

2.6 - Valeur culturale


C'est le poids nécessaire pour semer un hectare pour avoir une levée égale à la densité optimale
pour la variété considérée :
Densité (pieds/ha) x poids de 100 graines-semences(g)
valeur culturale =
10 x % Faculté germinative x % Rendt graines-semences

Les résultats sont mis sous la forme des deux tableaux suivants

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Annexe 4 : Protocole de test de germination
1 - But :
L'objectif du test de germination est:
- de connaître la valeur de la semence pour le semis dans les conditions de cultures,
- recueillir des informations de comparaison de la valeur semencière de différents lots de
semences
2 - Méthodologie

2.1 - Matériels

Les tests sont réalisés sur des semences de la fraction "semences pures" de l'analyse de pureté.
Les équipements utilisés pour le test de germination sont : les appareils Jacobsen, les armoires ou
chambres de germination. Le papier ou le sable sont les substrats habituellement utilisés.
Utiliser 400 graines en quatre répétitions de 100 graines pour chacune. Les répétitions peuvent être
divisées en sous répétitions de 50 ou de 25 graines selon la taille de ces dernières.
2.2 - Évaluation du test

La germination se définit comme étant "l'émergence et le développement à partir de l'embryon de la


semence des organes essentiels qui, la semence testée, indiquent leur aptitude à produire une plante
normale dans les conditions favorables de culture".
L'évaluation se fait en deux temps : quatre et dix jours après la mise en place du test. Les plantules
sont classées dans les catégories suivantes :
- plantules normaux: plantules intacts ou avec de légers défauts,
- plantules anormaux: plantules endommagés, déformés, nécrosés.
2.4 - Calcul et expression des résultats
Le nombre de chaque catégorie de plantules dans chaque répétition de 100 semences est compté et
calculé en pourcentage.
Le pourcentage de germination est la moyenne des pourcentages des quatre répétitions de 100
graines des plantules normales. Ce pourcentage doit être dans les limites de tolérance admise.
Le taux du premier comptage exprime la vigueur des semences.

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