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LEPL1103 - EDPs et analyse complexe – Examen – 6 janvier 2020 page 1/14

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Consignes: 4 heures, sans calculatrice – répondre seulement dans les cadres – Il n’est pas nécessaire d’utiliser
tout l’espace prévu pour répondre.

1 On considère l’EDP suivante pour u(x, t) :

∂ ∂u
(c u) + =S
∂x ∂t
 c0  avec c0 et L0 constants. La condition initiale est u(s, 0) = U exp − Ls pour s ≥ 0, avec U et

où c = c(x) =
1+ Lx
0
L constants. La condition limite est u(0, τ ) = U pour τ ≥ 0.

1. Uniquement sur base de la physique : faites une esquisse (propre et à l’échelle !) des caractéristiques qui émanent
de Ls0 = 0, 12 et 1 (i.e., appartenant à la “région A”), et de cL0 0τ = 12 et 1 (i.e., appartenant à la “région B”).
2. Obtenez l’équation des caractéristiques pour la région A. Exprimez finalement s en fonction de x et de t.
cu
3. On considère le cas avec S = : obtenez la solution u(x, t) pour la région A.
L0
R∞ dI
4. On considère le cas avec S = 0. On définit I(t) = 0 u(x, t) dx : obtenez l’expression pour dt (t) puis, de là,
celle pour I(t).
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1 (suite)
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1 (suite)
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2.a On considère l’EDP suivante pour u(x, y) :

∂2u ∂2u
+ 2 =0
∂x2 ∂y
sur un domaine carré 0 ≤ x ≤ L, 0 ≤ y ≤ L. Les conditions frontières sont non spécifiées.
1. De quel type est cette EDP ?

2. Voici trois candidates (en 2D et 3D) pour u(x, y). A partir d’un examen visuel et de vos connaissances en
EDPs, laquelle ou lesquelles pouvez-vous éliminer comme solution de l’EDP ci-dessus (les conditions frontières
ne changent pas !). Pourquoi ? Justifiez la ou les éliminations faites. (il y a entre 0 et 3 éliminations.)
1.00 1.00
1.5
0.75 0.75
1.0
0.50 0.50
1 1 1
0.5 0.25 0.25
u 0 u 0 u 0
0.0 0.00 0.00

0.5 0.25 0.25


1 1 1
1.0 1.0 0.50 1.0 0.50
1.0 1.0 1.0 1.0
0.5 0.5 0.75 0.5 0.75
y 0.5 1.5 y 0.5 y 0.5
x x x
0.0 0.0 0.0 0.0 1.00 0.0 0.0 1.00

1.0 1.0 1.0

0.5 0.5 0.5


y

0.0 0.0 0.0


0.0 0.5 1.0 0.0 0.5 1.0 0.0 0.5 1.0
x x x

(a) (b) (c)

1. Il s’agit d’une equation de type elliptique (= credit complet pour la question). En particulier, on remarque
que c’est l’equation de Laplace.
2. Nous savons que l’equation de Laplace satisfait les theoremes du maximum/minimum et de la moyenne. Nous
allons les exploiter pour eliminer deux propositions.

(a) Le theorème du minimum/maximum indique que la solution a une equation de Laplace atteint son mini-
mum ou maximum sur la frontiere du domaine, ∂Ω, ici le carré unitaire. La proposition de la figure (a)
ne satisfait pas cette proposition car on distingue clairement des maxima à l’intérieur du domaine.
(b) Le theorème de la moyenne nous montre ensuite que la solution (b) ne peut pas être une solution : si on
prend un cercle, disons de rayon R = 0.05, entourant le pic central (qui n’est pas une singularité) dans la
solution, il est impossible que la valeur au centre vaille la moyenne sur le cercle. Comme ce resultat est
très proche du théorème du min/max, les argumentaires utilisant le min/max étaient également acceptés.
Des points partiels ont été accordés pour un argumentaire sur un caractère singulier de la solution en
(0, 0) (même si elle ne l’était pas !).
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2.b On considère l’EDP suivante pour u(x, t) :

∂u ∂2u
=α 2
∂t ∂x
sur un domaine spatial périodique −L/2 ≤ x ≤ L/2.
1. De quel type d’EDP s’agit-il, physiquement et mathématiquement ?

2. Voici une condition initiale u(x, 0) pour cette EDP et quatre candidates pour u(x, T ) avec T > 0. Une seule
peut effectivement être solution de l’EDP ci-dessus. Laquelle et pourquoi ? Justifiez votre choix et/ou les
éliminations faites.
Candidat 1 Candidat 2

1 1

U(x,T)

U(x,T)
0 0

1 1

0.5 0.0 0.5 0.5 0.0 0.5


x/L x/L
Condition initiale

1 Candidat 3 Candidat 4

1 1
U(x,0)

0
U(x,T)

U(x,T)
0 0

0.5 0.0 0.5 1 1


x/L

0.5 0.0 0.5 0.5 0.0 0.5


x/L x/L

1. Il s’agit d’une équation de type parabolique ; cette EDP représente des phénomènes physiques de diffusion.

2. Nous avons affaire à une EDP de diffusion dans un domaine périodique. Nous avons vu que pour ce genre de
configuration très simple, la solution s’exprime comme la somme d’une solution de régime et d’une solution
transitoire. Cette dernière sera ici une somme de fonctions sinusoı̈dales de nombre d’onde kn chacune modulée
par une exponentielle décroissante exp(−kn2 t). On sait donc que (1) la diffusion va agir sur les amplitudes de
nos fonctions sinus mais pas sur leur phase ! et (2) l’effet est beaucoup plus important sur les sinus de nombre
d’onde élevé. Comme la condition initiale est visiblement une somme de sinus, l’un avec un haut nombre d’onde
et l’autre bas, on peut faire les analyses/suivantes :
(a) la diffusion ne change pas la phase de ces sinus : les candidats 1 et 2 ont t́é advectés : la phase du sinus de
bas nombre d’onde est trs̀ clairement différente (comme s’il y avait eu de l’advection). 1 et 2 ne peuvent
donc pas être solutions.
(b) la diffusion doit affecter les nombres d’onde plus élevés beaucoup plus rapidement que les bas nombres
d’onde. La solution (4) ne peut donc pas être la solution !
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3 On considère l’EDP suivante pour u(x, t) :

∂u ∂2u π x 
= α 2 + Q0 cos
∂t ∂x 2 L
x

avec α > 0 constant et Q0 constant. Le domaine est borné : 0 ≤ x ≤ L. La condition initiale est u(x, 0) = u0 2 L −1
∂u u0
avec u0 > 0 constant. Les conditions aux limites sont ∂x (0, t) = 2 L et u(L, t) = u0 .

1. Qu’est ce qu’un temps “court” pour une telle EDP : 0 < t  . . . ?


2. La solution est de la forme u(x, t) = R(x) + Θ(x, t) avec R la solution de régime et Θ la solution transitoire.

(a) Obtenez d’abord R.


(b) Obtenez ensuite Θ, en utilisant la méthode de séparation des variables.
2 α u 0
3. On considère le cas particulier Q0 = π2 L2 : esquissez (proprement, avec des axes chiffrés !) le graphe
attendu de uu0 en fonction de L x
, en des temps différents : t = 0 (condition initiale), temps “court”, temps
“moyen”, temps “très long” (solution de régime).

C’est une équation de diffusion avec un terme source.


αt L2
 Un temps court est un temps tel que L2  1, donc 0 < t  α

 u(x, t) = R(x) + Θ(x, t)


∂u
– La solution de régime R est obtenue en résolvant l’EDP obtenue lorsque ∂t = 0 (la solution de régime ne
varie plus avec le temps). On obtient l’EDO suivante :

Q0 π x 
R00 = − cos
α 2 L
Et donc
Q0 4L2 π x 
R(x) = 2
cos + Ax + B
α π 2 L
Les conditions frontières donnent les conditions suivantes :
u0 u0
R0 (0) = 2 ⇒A=2
L L
R(L) = u0 ⇒ AL + B = u0 ⇒ B = −u0
On trouve donc finalement :
Q0 4L2 π x   x 
R(x) = cos + u0 2 − 1
α π2 2 L L
– La solution transitoire s’obtient en injectant u = R + Θ dans l’EDP. On calcule :
∂u ∂Θ
=
∂t ∂t
∂2u ∂2R ∂2Θ Q0  π x  ∂2Θ
= + = − cos +
∂x2 ∂x2 ∂x2 α 2 L ∂x2
En injectant dans l’EDP cela donne finalement une EDP homogène pour Θ :

∂Θ ∂2Θ

∂t ∂x2
On détermine la condition initiale :
Q0 4L2 π x 
Θ(x, 0) = u(x, 0) − R(x) = − 2
cos
α π 2 L
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3 (suite)

Et les conditions frontières :


∂Θ ∂u ∂R
(0, t) = (0, t) − (0, t) = 0
∂x ∂x ∂x
Θ(L, t) = u(L, t) − R(L) = 0
On résout Θ par séparation des variables :

Θ(x, t) = X(x)T (t)

XT 0 = αX 00 T
X 00 1 T0
= =λ
X αT
Le cas λ = 0 correspond à la solution de régime.

T 0 = αλT ⇒ T (t) = C exp(αλt)


Puisqu’il faut une solution qui décroit dans le temps on a forcément λ négatif (λ = −k 2 ).

X” + k 2 X = 0 ⇒ X(x) = A cos(kx) + B sin(kx)

Ce qui donne, avec les conditions limites :

X 0 (0) = 0 ⇒ B = 0

(2n − 1)π
X(L) = 0 ⇒ A cos(kL) = 0 ⇒ kn =
2L
On a donc :  
(2n − 1)π x
Xn (x) = An cos(kn x) = An cos
2 L
 2 !
(2n − 1)π
Tn (t) = Cn exp −α t
2L
   2 !
(2n − 1)π x (2n − 1)π
Θn (x, t) = Ãn cos exp −α t
2 L 2L
∞    2 !
X (2n − 1)π x (2n − 1)π
Θ(x, t) = Ãn cos exp −α t
n=1
2 L 2L

On utilise la condition initiale pour calculer les coefficients Ãn :



Q0 4L2
 
X (2n − 1)π x π x 
Θ(x, 0) = Ãn cos =− cos
n=1
2 L α π2 2 L

En utilisant l’orthogonalité des fonctions propres :


Z L
Q0 4L2 L
   
(2n − 1)π x (2n − 1)π x
Z π x 
Ãn cos2 dx = − cos cos dx
0 2 L α π2 0 2 L 2 L

L’intégrale de droite s’annule toujours sauf pour 2n − 1 = 1, donc n = 1. Les coefficients Ãn doivent par
conséquent être tous nuls sauf Ã1 qui vaut :

Q0 4L2 Q0 4L2
Ã1 L = − L ⇒ Ã 1 = −
α π2 α π2
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3 (suite)

Et donc :
Q0 4L2 π x    π 2 
Θ(x, t) = − cos exp −α t
α π2 2L 2L
Q0 4L2 π x     π 2   x 
u(x, t) = cos 1 − exp −α t + u 0 2 − 1
α π2 2L 2L L
π 2 α u0

Si Q0 = 2 L2 , la solution devient :
π x     π 2   x 
u(x, t) = u0 cos 1 − exp −α t + u0 2 − 1
2L 2L L
– ∗ t=0:
u x
=2 −1
u0 L
∗ t >> 0 :
u π x  x
= cos +2 −1
u0 2L L
x x
En t = 0 on a une droite (la condition initiale) qui vaut −1 en L = 0 et 1 en L = 1.
x
En un temps très grand la solution vaut 0 et 0 et toujours 1 en L = 1.
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Notation 1.  Pour tout z ∈ C et pour tout réel r > 0, D(z, r) := {w ∈ C | |w − z| < r}.
 Pour tous u, v ∈ C, [u, v] := {(1 − t)u + tv | t ∈ [0, 1]}.

 Pour tous n ∈ N et z0 , . . . , zn ∈ C, Conv(z0 , . . . , zn ) désigne l’enveloppe convexe de z0 , . . . , zn .

4.a Déterminer l’ensemble des points où la fonction

f : C → C : z 7→ z|z|

est dérivable au sens complexe. Justifier rigoureusement.

La dérivabilité en 0 peut s’étudier à l’aide de la définition : pour tout z ∈ C \ {0},

f (z) − f (0) z|z|


= = |z|
z−0 z
donc
f (z) − f (0)
lim = lim |z| = 0,
z→0 z−0 z→0

ce qui montre que f est dérivable au sens complexe en 0 et que f 0 (0) = 0.


La fonction f n’est dérivable en aucun point de C \ {0}. En effet, si f était dérivable en z ∈ C \ {0}, alors la fonction

f (z)
C \ {0} → C : z 7→
z
serait dérivable en z, ce qui est impossible puisque cette dernière coı̈ncide sur C \ {0} avec la fonction module bien
connue pour n’être dérivable en aucun point du plan complexe.
La dérivabilité de f peut aussi s’étudier à l’aide des équations de Cauchy-Riemann.
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1
4.b La fonction f : C \ {0} → C : z 7→ est-elle conforme ? Quelle est l’image par f de D(1, 1) ? Justifier
z
rigoureusement et illustrer.

La fonction f est conforme car elle est holomorphe, en tant que fonction rationnelle dont le dénominateur ne s’annule
pas, et f 0 ne s’annule pas, puisque f 0 (z) = − z12 pour tout z ∈ C \ {0}.
Puisque ∂D(1, 1) = C(1, 1), on calcule d’abord

f (C(1, 1) \ {0}) = f (1 + ei]−π,π[ )


= {f (1 + eit ) | t ∈] − π, π[}
 
1
= | t ∈] − π, π[
1 + eit
( i
)
e− 2 t
= i i | t ∈] − π, π[
e− 2 t + e 2 t
cos( 2t ) − i sin( 2t )
 
= | t ∈] − π, π[
2 cos( 2t )
   
1 i t
= − tan | t ∈] − π, π[
2 2 2
1 i i π π h
= − tan − ,
2 2 2 2
1
= + iR.
2
Comme f (]0, 2]) = [ 21 , +∞[, on peut conjecturer que f transforme D(1, 1) en le demi-plan ] 21 , +∞[+iR. Cette
conjecture peut se vérifier par calcul : pour tout z ∈ C \ {0},
1
Re(f (z)) > ⇐⇒ z ∈ D(1, 1).
2
En effet, si z ∈ C \ {0} avec x := Re(z) et y := Im(z), alors

1 x 1 1 − (x − 1)2 − y 2 1 − |z − 1|2
Re(f (z)) − = 2 − = = .
2 x + y2 2 2(x2 + y 2 ) 2|z|2

iR iR

D(1, 1) f (D(1, 1))


• R • R
1 1

Seulement 12% des étudiants ont pensé au critère  une fonction est conforme si et seulement si elle est holomorphe
et sa dérivée ne s’annule pas  malgré que ce dernier ait été explicitement utilisé dans la sixième séance d’exercices.
Pour déterminer l’image du disque, le plus efficace était sans doute de commencer par calculer l’image du cercle. Un
calcul élémentaire permettait alors de conclure en toute rigueur.
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5 Soit un entier n ≥ 2 et soit Z ∞


dx
In = .
0 xn + 1
Soit
π 1
fn : C \ ei n (1+2{0,...,n−1}) → C : z 7→
zn + 1
et soit, pour chaque réel R > 0,
2π 2π
SnR := [0, R] ei[0, n ] = {r eit | r ∈ [0, R], t ∈ [0, ]}.
n
1. Représenter SnR et les pôles de fn dans le plan complexe pour n = 5 et R = 2.
Z
2. Pour chaque réel R > 1, calculer fn où ∂SnR est parcouru dans le sens trigonométrique.
R
∂Sn
Z
3. Que vaut lim fn ? Justifier rigoureusement.
R→+∞

R ei[0, n ]

4. Déduire des points précédents une formule explicite pour In ne contenant que des quantités réelles.
5. Que vaut lim In ?
n→+∞

1. Le secteur circulaire SnR et les pôles de fn sont représentés ci-dessous pour n = 5 et R = 2.

iR


R ei n

SnR
• π
in

e

• R
0 R

Ce dessin aurait dû se trouver sur toutes les copies, ce qui fut loin d’être le cas.
2. Pour chaque réel R > 1, par le théorème des résidus,
Z
π 2πi 2πi i π
fn = 2πi res(fn , ei n ) = π =− e n
R
∂Sn n ei n (n−1) n
π
car ei n est l’unique pôle de fn dans SnR , pôle d’ordre 1 puisque fn est l’inverse de la fonction holomorphe
π π π
Qn : C → C : z 7→ z n + 1 et que Q0n (ei n ) = n ei n (n−1) = −n e−i n 6= 0.
Il est bien de demandé de calculer l’intégrale complexe, ce qui se réduit à un calcul élémentaire grâce au
théorème des résidus. En particulier, il n’est pas demandé de décomposer cette intégrale complexe en une
somme d’intégrales réelles.
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5 (suite)

3. Cette limite est nulle. En effet, pour tout réel R > 1,



Z Z 2π
n
it it
fn = fn (R e )iR e dt


0
i[0, 2π ]
Re n
Z 2π
n
fn (R eit )iR eit dt


0
Z 2π
n R
= dt
0 |Rn eint +1|
Z 2π
R n
≤ n−1
dt
0 R
2π R
= → 0 si R → +∞.
n Rn − 1

4. Pour tout réel R > 1, en décomposant les trois côtés de SnR , il vient successivement

Z Z R Z n
Z R
2π 2π
it it
fn = fn (r)dr + fn (R e )iR e dt − fn (r ei n ) ei n dr
R
∂Sn 0 0 0

Z R Z
2π 1 n
= (1 − ei n ) dr + fn (R eit )iR eit dt.
0 rn + 1 0

En identifiant cette dernière expression avec celle obtenue au point 2 puis en faisant tendre R vers l’infini, on
obtient, d’après le point 3,
2π 2πi i π
(1 − ei n )In = − e n
n
c’est-à-dire π
2πi ei n 2πi 1 π
In = − =− −i π π = π .
n 1 − ei 2π
n n e n −e i n n sin( n)

5. D’après la formule explicite obtenue au point précédent,


π
n x
lim In = lim = lim+ = 1.
n→+∞ n→+∞ sin( nπ ) x→0 sin(x)

Complément. Soit (un )n∈N la suite des intégrandes : pour tout n ∈ N, soit
1
un : [0, +∞[→ R : x 7→ .
xn + 1
Calculer la limite de (un )n∈N revient à calculer la limite d’une suite géométrique. Il est ainsi aisé d’observer
que (un )n∈N converge vers la fonction

 1
 si x ∈ [0, 1[,
u : [0, +∞[→ R : x 7→ 1
2 si x = 1,

0 si x > 1.

R∞
Clairement, 0 u = 1. Pour cette suite (un )n∈N , on constate donc a posteriori qu’il était permis de permuter
limite et intégrale : Z ∞ Z ∞
lim un = lim un .
0 n→+∞ n→+∞ 0
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6 On considère une famille de triangles Tγ dont les sommets sont 0, γ, et γi, pour un paramètre γ réel positif. Le
bord ∂Tγ du triangle sera parcouru dans le sens anti-horlogique, soit de 0 à γ, puis de γ à γi, puis de γi à 0.

1. Dessinez Tγ et ∂Tγ pour deux valeurs de γ.


2. Calculez l’intégrale Z
1
dz (1)
∂Tγ 1+i−z
pour les valeurs de γ pour lesquelles elle a un sens. Donnez votre réponse en fonction de γ.
Vous pouvez utiliser tous les résultats vus au cours qui vous permettraient de simplifier le calcul à condition
de les mentionner clairement.
3. Le lemme de Goursat est repris ci-dessous accompagné des principales étapes de sa preuve (en omettant
certains développements intermédiaires). Pour quelles valeurs de γ est-il applicable à l’intégrale (1) ? Justifiez
votre réponse sur base des hypothèses du lemme.

4. Supposons que l’on tente d’appliquer le raisonnement de la preuve du lemme de Goursat à (1) pour une valeur
de γ pour laquelle le lemme n’est pas applicable. Identifiez le point précis où un problème se poserait.
Explication. Supposons par exemple qu’un théorème requière qu’un entier a soit pair. Vous devriez alors iden-
tifier le premier point où cette parité joue un rôle, par exemple une étape dans laquelle on sélectionnerait un
entier dont a est le double.

1. Sont dessinés ci-dessous Tγ1 et Tγ2 pour γ1 := 1 et γ2 := 3.

iR

γ2 i

γ1 i •
1+i

γ1 γ2 R
0

2. L’intégrale est nulle si γ ∈ [0, 2[ (par le lemme de Goursat), non définie pour γ = 2 et vaut −2πi si γ > 2 (par
exemple d’après le théorème des résidus).
3. Pour γ ∈]0, 2[. L’intégrande est holomorphe sur C \ {1 + i}. Il suffit de regarder les valeurs de γ pour lesquelles
1 + i n’appartient pas à Tγ . Pour ces valeurs, on peut toujours trouver un ouvert A contenant Tγ mais ne
contenant pas 1 + i.

4. Si γ = 2, l’intégrale n’est pas définie. Essayons d’adapter la démonstration du lemme de Goursat pour un
certain γ > 2. Dans ce cas, 1 + i est à l’intérieur du triangle. Il se pourrait que 1 + i tombe sur un côté d’un
des triangles de la suite, ce qui rend la construction du reste de la suite impossible puisqu’on ne peut intégrer
sur un segment que si l’intégrande y est (au moins) défini. Même si ce n’est pas le cas, c pourrait être égal à
1 + i. On ne pourrait alors pas définir g (car f (c) n’est pas défini). De plus, il est affirmé que  g est continue
en c  or c’est vrai uniquement si f est holomorphe partout sur T ce qui nécessite que f soit holomorphe sur
un ouvert contenant T .
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Lemme 1 (lemme de Goursat). Soit A un ouvert non vide de C. Soit une fonction R f : A → C holomorphe et des
points u, v, w ∈ A distincts deux à deux, tels que T := Conv(u, v, w) ⊂ A. Alors ∂T f (z)dz = 0.
Démonstration. Le bord de chaque triangle sera parcouru dans le sens anti-horlogique. Soit u0 le milieu du segment
[v, w], v 0 le milieu du segment [u, w], et w0 le milieu de [u, v]. On définit les triangles TA := Conv(u, v 0 , w0 ), TB :=
Conv(u0 , v, w0 ), TC := Conv(u0 , v 0 , w) et TD := Conv(u0 , v 0 , w0 ). Il existe (au moins) un de ces triangles, que nous
appellerons T1 , tel que Z Z


f (z)dz ≤ 4
f (z)dz .
∂T ∂T1

En répétant ce procédé, on définit une suite de triangles T2 ⊃ T3 ⊃ T4 , . . . tels que, pour tout n,
Z Z
n


f (z)dz ≤ 4
f (z)dz .
∂T ∂Tn

Le diamètre de ces triangles tendant vers 0, il existe un point c ∈ A unique tel que c ∈ Tn pour tout n. Définissons

f (z) − f (c)
g(z) = − f 0 (c)
z−c
si z 6= c et g(z) = 0 si z = c. Cette fonction est continue en z = c, et on a

f (z) = f (c) + f 0 (c)(z − c) + g(z)(z − c).

En utilisant le fait que les fonctions linéaires admettent une primitive, on obtient alors
Z Z
f (z)dz = g(z)(z − c)dz
∂Tn ∂Tn

et ensuite Z
f (z)dz ≤ Πn sup |g(z)(z − c)| ≤ Π2n sup |g(z)|,


z∈∂Tn z∈∂Tn
∂Tn

où Πn := 21n Π0 est le périmètre de Tn .


En utilisant la continuité de g en c, on montre que, pour tout réel ε > 0, il existe un n tel que z ∈ Tn implique
|g(z)| ≤ ε, ce qui implique aussi que
Z Z
n


f (z)dz ≤ 4
f (z)dz
∂T ∂Tn
≤ 4n Π2n sup |g(z)|
z∈∂Tn

≤ Π0 ε.

Ceci étant vrai pour tout réel ε > 0, l’intégrale doit être nulle.

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