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Ecole Nationale des Sciences Appliquées

Al Hoceima
Filière : GEER
Section : S3
Année universitaire : 2021--2022

Séance 1

Cours :
Diagnostic énergétique

Prof : Rachid TISKATINE


GEER2
1. Généralités - Principe et pratiques des diagnostics
énergétiques en logements.

2. Notions de diagnostic approfondi non instrumenté –


Diagnostic des équipements - Solutions d’amélioration.

3. Instruments et outils de mesure des consommations


d'énergie.

4. Instruments et outils des techniques non destructives


de contrôle.

5. Détection de défauts dans les matériaux et Imagerie


de défauts : Thermographie infrarouge
Chapitre 1 :
Généralités - Principe et
pratiques des diagnostics
énergétiques en logements
Rappel sur les changements climatiques
 L’impact le plus emblématique de la consommation d’énergie fossile est
sans conteste le réchauffement climatique.
 Les changements climatiques se réfèrent aux modifications que connait le
climat de la terre sous l’effet de l’action humaine entrainant :
 Augmentation du niveau des océans, évolution des courants marins
et évolution du PH de l’eau.
 Augmentation de la concentration des GES dans l’atmosphère ;
 Perturbation de l’écosystème ;
 Des anomalies dans la régulation naturelle du climat.
 Vagues de chaleur ou de froid,
 Déplacement des zones endémiques de maladies …
 Insuffisance alimentaire, pressions aux frontières …

 Le principal responsable est l’homme :


 Pression importante sur l’écosystème pour ses besoins et
l’amélioration de ses conditions de vie ;
 Les concentrations atmosphériques de CO2 = 30%, N2O = 15 % et
CH4 = 14 %.
 Principales activités responsables : production, transformation,
transport, utilisation finale de l’énergie.
 Un gaz à effet de serre (GES) est un gaz présent dans la troposphère (la
basse atmosphère) qui intercepte une partie du rayonnement terrestre
(composé essentiellement d’infrarouge).

 Protocole de Kyoto :
Il a été adopté par les parties le 11 décembre 1997 à la COP 3. Le but été
l’obligation des pays développées de réduire les émissions des GES de 5,2
% et réaliser le développement durable.
 Le forçage radiatif, définit quel supplément d’énergie (en Watt par m2) est
renvoyé vers le sol par une quantité donnée de gaz dans l’air.
Epuisement des matières premières non renouvelables :
 Les matières premières nécessaires pour le fonctionnement d’un bâtiment
sont de deux ordres : les matériaux nécessaires à sa construction et les
combustibles nécessaires à son fonctionnement.
 Si les estimations varient au gré des découvertes de gisements et de
l’avancée des technologies, aucune réserve estimée par combustibles de
dépasse une « vie humaine » (70 ans), hormis le charbon (de 100 à 200
ans selon les estimations).
Généralités dur l’Energie

 L'énergie est la capacité d'un système à produire un travail, entraînant un


mouvement ou produisant par exemple de la lumière, de la chaleur ou de
l’électricité.

 L'énergie n'est pas une substance matérielle : c'est une grandeur physique
qui caractérise l'état d'un système et qui est d'une manière globale
conservée au cours des transformations. Elle peut être stockée et existe
sous de nombreuses formes.
 D’un point de vue physique, l’énergie ne se produit pas, ni se consomme,
elle se transforme ou se convertit d’une forme en une autre.
 Les sources d’énergie se trouvant dans la nature avant toute
transformation, sont des énergies primaires, on peut les regrouper en :
 Les énergies fossiles : c’est l’énergie disponible dans la nature sous forme

de ressources ou stock constituée des matières organiques (le charbon, le
pétrole et le gaz).
 Les énergies renouvelables : c’est une énergie issue directement des
phénomènes naturels, et qui se reconstitue rapidement à l’échelle du temps
humain (l’énergie solaire thermique et photovoltaïque, éolien, hydraulique,
biomasse et énergie des mers).
 L’énergie nucléaire : est l’énergie contenue dans les noyaux d’atomes, qui
après une fission donne une grande quantité de chaleur.

 La puissance d’un système est la capacité à échanger une énergie en un


temps donné : énergie / temps = J/s = Watt.
Les types d’énergie
Les différents stades de transformation sont :
 Energie primaire : potentiel énergétique de la ressource naturelle
(pétrole brut au fond de son puits, charbon dans la mine mais aussi
minerai d’uranium, vent, réserve d’eau et flux solaire) ;
 Energie finale : ce qu’on arrive à exploiter et à livrer (énergie
commerciale) : produits pétroliers à la pompe, charbon de bois,
électricité…) ; c’est l’énergie utilisée par le consommateur, en tenant
compte des pertes lors de la production, du transport et de la
transformation du combustible
 Energie utile : qui correspond à l'énergie procurée par le service
recherché après toutes les transformations et transports subis (énergie
mécanique d’un moteur, flux lumineux d’une lampe, chaleur …).

Energie utile = Energie finale x ρe

Energie utile = Energie primaire x ρt x ρs x ρe

ρt : Rendement de transformation
ρe : Rendement de l'équipement d'utilisation
ρs : Rendement de transport
 Lors d’une transformation, toute l’énergie entrante n’est pas extraite
en énergie de sortie, une partie est « perdue » sous forme de chaleur
dispersée dans l’environnement ; le rendement, rapport de l’énergie
sortante sur l’énergie entrante, est donc inférieur à 100%.
 L’évacuation des pertes vers l’environnement nécessite un système de
refroidissement, un échangeur de chaleur.
Conversion en chaleur par combustion :
 Il consiste en une réaction chimique exothermique dont l’énergie
développée dépend du combustible.
 Deux valeurs énergétiques des combustibles [kWh/kg] sont définies :
 Le pouvoir calorique inférieur, PCI, (enthalpie de réaction par unité de masse)
 Le pouvoir calorique supérieur, PCS, qui inclut, par rapport au PCI, la
récupération de la chaleur latente de condensation des fumées.
Il est supérieur de 3 à 10% au PCI.
PCS = PCI + Lv
Situation énergétique au Maroc
 La capacité électrique installée a atteint 8.300 MW, répartie
respectivement entre le charbon (31%), le fuel et le gasoil (10%),
l’hydroélectrique (22%), le gaz naturel (25,8%) et l’éolien (9,4%).
 Le secteur de l'électricité est confronté à maintenir l'équilibre entre
l'offre et la demande qui enregistre une croissance annuelle continue
estimée à plus de 5%.
Évolution des prix en dollars des principales matières premières
Charbon Europe
160
Petrole brut
140

120

100

80

60

40

20

0
1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Efficacité énergétique
 C’est le rapport entre l’énergie produite par le système, nommée énergie utile,
et l’énergie totale consommée pour le faire fonctionner.
 Cette notion s’applique également aux plusieurs domaines, dans le but d’une
meilleure utilisation de l’énergie, afin de consommer moins.
 L’amélioration de l’efficacité énergétique est une démarche globale qui vise,
d’une part, à rationaliser l’utilisation de l’énergie, et d’autre part, à la recherche
des ressources renouvelables, écologiques et durables.
Le confort thermique dans le bâtiment
 Le confort thermique concerne principalement la température intérieure
des pièces, sa répartition harmonieuse dans l’espace et la qualité de l’air
ambiant.
 Pendant les périodes froides, il est raisonnable de vivre dans les pièces
principales a une température de 19 a 20 °C, avec un taux d’humidité
relatif a 50 %.
 Pour accéder a ce confort tout en maitrisant les consommations
d’énergie, il convient de chauffer raisonnablement, d’avoir des portes et
fenêtres bien étanches, de renforcer l’isolation thermique de chacune
des parois du bâtiment et de maintenir un bon renouvellement d’air.
• Lorsque la température de la
paroi intérieure est similaire a
celle de l’ambiance, l’occupant
ressent une sensation de confort.

• A l’inverse, lorsque la paroi est


froide, l’écart de température
entre l’air ambiant et cette paroi
est important.

• Outre le fait d’augmenter la


résistance thermique d’une paroi,
l’isolation permet de garantir un
faible différentiel de température
entre l’ambiance intérieure et la
surface intérieure du mur.

• Plus cette différence est faible


(3 °C de différence maximum),
meilleure est la sensation de
confort.
Diagnostics énergétique en logements
Définition et objectifs
Analyse détaillée préalable à
l’implantation d’un programme
d’efficacité énergétique
Fournit des informations
Evalue la consommation
essentielles sur la
d’énergie du logement
performance énergétique
et ses émissions de GES
d’un logement
Diagnostique
énergétique
Couvre l’ensemble des Outil de décision pour
éléments du bâtiment et l’inventaire des
les réseaux énergétiques mesures susceptibles
Permet de décrire
et industriels : électricité, pour réduire les
précisément le logement,
mécanique, thermique, consommations
mais aussi le type d’énergie
architecture, etc énergétiques
utilisé dans l’habitat ainsi
que ses équipements de
chauffage, de ventilation ou
encore de production d’ECS.
 Un diagnostic énergétique est un bilan que l’on fait réaliser par des
thecniciens professionnels, pour faire le point sur les capacités thermiques
et énergétiques d’un bâtiment.
 Il permet aussi d’identifier les failles d’isolation d’un logement et définir
si les systèmes de chauffage et d’électricité.
 En fonction de tout cela, une consommation d’énergie précise ou estimée
sera effectuée, ce qui permettra de voir à quels postes les dépenses
énergétiques sont les plus lourdes, et donc à quels postes une
optimisation sera à faire.

Evolution du vocabulaire
 1974 : économie d’énergie ;
 1980 : maitrise de l’énergie ;
 1990 : audit énergétique ;
 1995 : diagnostic énergétique ;
 2000 : efficacité énergétique active ;
 2002 : énergie verte ;
 2005 : vente de crédit carbone.
Les objectifs générales d’un diagnostique énergétique sont :
 Elaborer un bilan de la situation énergétique du bâtiment ou site
industriel;
 Quantifier les potentiels d’économies d’énergie ;
 Définir des actions pour réaliser ces économies.

 Pour essayer de réduire la facture énergétique dans le bâtiment ou d’une


site industrielle, on doit recourir à un programme d’efficacité énergétique
active. Cependant, sa mise en œuvre nécessite d’effectuer un diagnostic
énergétique.
 Pour cela, il est nécessaire de déterminer les principaux postes de
consommation énergétique et d'effectuer une analyse par comparaison
ou par calcul avec la consommation qui serait obtenue au travers de la
mise en œuvre de solutions plus performantes, tout en établissant les
besoins énergétiques réels.
 Le diagnostic énergétique ne peut être réalisé que par un professionnel
certifié (spécialiste de ce genre de diagnostics techniques).

 Parmi les critères nécessaires pour obtenir cette certification, le


professionnel doit notamment justifier d’une formation initiale à bac +2
accompagnée d’une formation continue d’au moins trois jours.

 Le diagnostiqueur prendre en compte tout un tas d’informations liées


à l’isolation et au système de chauffage ou d’électricité …
Les phases du diagnostic énergétique
 Pré-diagnostic (diagnostic rapide)
 Diagnostic approfondi
 Présentation de solutions d’amélioration

 Le pré-diagnostic : analyse préalable des données d’entrée afin d’identifier


les gisements d’économies sur chaque poste de consommation.
 Pour cela l’auditeur réalise un examen visuel de l’installation, examine les
moyens de mesure et les documents analytiques existants et s’entretient
avec le responsable de l’installation.
 Au terme de cette étude, les points de l’installation susceptibles d’etre
améliorés doivent être identifiés et les gains potentiels estimés.
 Le diagnostic énergétique permet alors d’approfondir l’analyse des
gisements mis en évidence dans le pré-diagnostic.
 Au cours la 3ème phase, les solutions d’économies d’énergie seront
décrites ainsi que leur rentabilité financière.
 La durée estimée d’un pré diagnostic est deux à quatre jours sur place et
trois jours pour les calculs et la rédaction d’un court rapport.
 Dans la phase du pré diagnostic, le diagnostiqueur peut avoir accès à
des documents de différentes natures : plan technique de construction,
fiche technique de fonctionnement et d’exploitation, …

 Notons qu’il existe deux types de logements : individuel et collectif.


La première comporte un seul logement. Le terme « collectif » fait partie
d'un bâtiment de deux logements ou plus.
Outils de diagnostique d’un logement (méthodologie) :
 Analyse de la situation énergétique actuelle de l’entité : le positionnement du
logement selon les deux critères : la consommation d’énergie au m² par an et
l’émission de GES au m² par an.
 Le descriptif des données clés du logement : isolation, constitution des murs et
parois, de la toiture, des fenêtres ; ouvertures, ventilation…
 Visite des installations (chaufferie, réseau...) et mesures physiques sur site :
puissance, débits, températures, relevés compteurs, dimensions, … (La
consommation annuelle du logement est exprimée en kWh).
 Récupération des consommations d'énergie (factures, relevés,...).
 L'évaluation de la quantité d'émissions de GES liée à la quantité annuelle
d'énergie consommée ou estimée.
 Définition d’un plan d’action pour la mise en œuvre de ces actions.
 Quantification des potentiels d’économies d’énergie ;

 Pistes d’amélioration du logement pour réduire sa consommation en énergie et


ses émissions de GES.
 Calcul en bureau : État initial, Modèle de calcul, scénarios de travaux.
 Restitution et présentation du rapport.
Le calcul du barème du diagnostic énergétique
 Le calcul diffère en fonction de l’âge du bâtiment. Les méthodes de calcul
prennent en compte plusieurs critères :
 Le mode d’énergie utilisé;
 Le mode de chauffage et de production d’eau chaude;
 Les émetteurs de chaleur employés (chauffage au sol, radiateurs, etc.);
 La présence ou non de climatisation ;
 L’isolation du logement et la nature de ses ouvrants (portes et fenêtres);
 La surface du logement;
 Le système de ventilation utilisé (naturelle, VMC, double flux, etc).

 Selon ses résultats, le bâtiment est classé dans un barème qui indique sa
position moyenne en termes de consommation d’énergie et de rejet de GES.
 Deux étiquettes ont été créées afin de servir de grille de lecture au
diagnostic énergétique, à savoir l’étiquette énergie et l’étiquette climat.
Chacune d’entre elles se compose de 7 catégories allant de la lettre A à la
lettre G :
La catégorie A désigne la plus grande performance en matière de
consommation énergétique et d’émission de GES, tandis que la
catégorie G désigne la moins bonne.
 L’étiquette énergie concerne la consommation d’énergie primaire.
Autrement dit la consommation d’énergie du logement.
Elle s’exprime en kilowatt par heure d’énergie primaire par m²/an.
 L’étiquette énergétique climat désigne le degré d’émission de GES, donc
l’impact du logement sur l’environnement. Elle s’exprime en kilos équivalents
de CO2/m²/an. C’est l’étiquette climat du logement.

Ces deux étiquettes permettent aux personnes désirant louer ou acheter une
habitation d’anticiper le montant de leur future énergétique.
Quelques propositions pour améliorer la consommation énergétique
 Des solutions simples et peu coûteuses peuvent parfois changer la donne.
 Les logement trop énergivores doivent effectuer des travaux de rénovation
et d’amélioration :
 Isolation thermique de parois,
 Changement de vitrages,
 Optimisation de la ventilation,
 Régulation du chauffage et de CES,
 Installation et remplacement de nouveaux équipements de chauffage,
 Calorifugeage de tuyaux…

 Cela peut réduire la consommation d’énergie et aussi assurer un meilleur


confort de vie, en toutes saisons et durablement.

 Le contenu du diagnostic est notamment composé de recommandations


concernant les bonnes pratiques à appliquer afin de réaliser des économies
d’énergie.
 Ce diagnostic possède une durée de validité de 10 ans.
Fin de la séance

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