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E.P.I.T.A. 2020
Corrigé de l'épreuve de mathématiques (Option - 2h)

‡ PARTIE I : Une solution de l'équation (E)


1.a) Il résulte de la règle d'Alembert que la série entière „
H-1Ln
Hn!L2
xn converge absolument (et

H-1Ln+1 n+1 H-1Ln n Hn!L2 †x§


donc converge) pour tout réel x car :

ì †x§ = lim
n Ø +¶ HHn + 1L!L2 Hn!L2 n Ø +¶ HHn + 1L!L2 n Ø +¶ Hn + 1L2
lim x x = lim = 0.

Son rayon de convergence est donc égal à +¶.

1.b) On sait que la somme d'une série entière est de classe C ¶ sur son intervalle de convergence,
qui est ici ]-¶, +¶[. Comme l'exponentielle est aussi de classe C ¶ , on en déduit aussitôt que f est
de classe C ¶ sur R. Et comme une série entière se dérive terme à terme, on a de plus :
H-1Ln H-1Ln
S £ HxL = ‚ S ²″ HxL = ‚
+¶ +¶

n=0 Hn!L n=0 Hn!L


n xn-1 ; nHn - 1L xn-2 .
2 2

Comme f HtL = SIet M, on a f £ HtL = et S £ Iet M et f ²″ HtL = et S £ Iet M + e2 t S ²″ Iet M, ce qui conduit à :
H-1Ln H-1Ln
f ²″ HtL + et f HtL = Ie2 t S ²″ Iet M + et S £ Iet MM + et SIet M = ‚ HnHn - 1L + nL en t + ‚ eHn+1L t
+¶ +¶

n=0 Hn!L2 n=0 Hn!L2

H-1Ln H-1Ln
=‚ e +‚ eHn+1L t .
+¶ +¶

HHn - 1L!L2 Hn!L2


nt

Et en posant m = n - 1 dans l'avant-dernier ⁄, on obtient :


n=1 n=0

H-1Lm+1 Hm+1L t +¶ H-1Ln Hn+1L t


f ²″ HtL + et f HtL = ‚ +‚

Hm!L Hn!L
e e = 0.
2 2
m=0 n=0
Ainsi, f est une solution particulière de l'équation (E).

c) Comme f HtL = SIet M, on a immédiatement lim-¶ f = lim0 S = SH0L = 1.

d) Etudions maintenant le signe de f HtL sur R- en regroupant ses termes deux par deux :
H-1Ln n t eH2 n+1L t
f HtL = SIe M = ‚ e = ‚
+¶ +¶
e2 n t
Hn!L HH2 HH2
t
- .
2 2 2

Le premier terme est 1 - et est positif sur D - ¶, 0D et le terme général s'écrit pour n ¥ 1 :
n=0 n=0 nL!L n + 1L!L

e2 n t eH2 n+1L t e2 n t et
HH2 nL!L2 HH2 n + 1L!L2 HH2 nL!L2 H2 n + 1L2
- = 1- .

Pour n ¥ 1, celui-ci est strictement positif sur D - ¶, 0D.


Il en résulte que la somme f HtL est strictement positive sur D - ¶, 0D.

Etudions enfin le signe de f £ HtL sur R- en procédant de même :


Pour n ¥ 1, celui-ci est strictement positif sur D - ¶, 0D.
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Il en résulte que la somme f HtL est strictement positive sur D - ¶, 0D.

Etudions enfin le signe de f £ HtL sur R- en procédant de même :


H-1Ln H-1Ln
f £ HtL = et S £ Iet M = ‚ n en t = ‚
+¶ +¶

n=0 Hn!L
n! Hn - 1L!
en t
2
n=1

eH2 n+1L t eH2 n+2L t


= -‚

H2 n + 1L! H2 nL! H2 n + 2L! H2 n + 1L!


-
n=0

eH2 n+1L t
= -‚

et
H2 n + 1L! H2 nL! H2 n + 2L H2 n + 1L
1-

< 1 pour n e N et t § 0, on en déduit que f £ HtL < 0 pour t § 0.


n=0
et et
H2 n+2L H2 n+1L
Comme §
Ainsi, f est décroissante de sa limite 1 en |¶ à sa valeur en 0, qui est f H0L > 0.
2

2°) Etude d'une solution de (E) définie sur R-


a) Un calcul simple conduit pour t § 0 à

g£ HtL = f £ HtL ‡ g²″ HtL = f ²″ HtL ‡


0 dt 1 0 dt

f 2 HtL f HtL f 2 HtL


- , .
t t
Compte tenu du fait que f est solution de (E), on obtient donc pour t § 0 :

g²″ HtL + et gHtL = f ²″ HtL ‡ + et f HtL ‡ = I f ²″ HtL + et f HtLM ‡


0 dt 0 dt 0 dt

f 2 HtL f 2 HtL f 2 HtL


= 0.
t t t
Ainsi, g est solution de (E) sur R- .

1
b) La fonction est positive et équivalente à 1 en |¶ puisque lim-¶ f = 1.
f2
L'intégrale Ÿt 2
0 dt
f HtL
est donc divergente en |¶, et on sait par théorème qu'elle est équivalente à :

‡ -¶ ‡
0 dt 0 dt
f 2 HtL
~ = -t.

f = 1, donc f HtL ~ 1, il en résulte aussitôt que :


t t 1
Et comme lim-¶

gHtL = f HtL ‡
0 dt
f 2 HtL
~ -t.

t

3°) Etude des solutions de (E) sur R-


a) Vérifions l'indépendance linéaire de la restriction de f à R- et de g.
Considérons deux réels l et m et l'égalité suivante :

" t § 0, l f HtL + m gHtL = f HtL l + m ‡


0 dt

f 2 HtL
= 0.

Comme f est à valeurs strictement positives sur R- , on peut simplifier l'égalité par f HtL.
t

Faisant t = 0, on obtient l = 0, et avec n'importe quelle valeur t < 0, on a m = 0.


Ainsi, les solutions f et g sont indépendantes sur R- , et comme on sait par théorème que l'espace

est de dimension 2, on en déduit que H f , gL est une base de cet espace.


vectoriel des solutions sur R- de l'équation linéaire homogène du second ordre (E) : y²″ + et y = 0

Ainsi donc, toute solution de (E) sur R- s'écrit sous la forme y = l f + m g avec l, m e R, soit :
Faisant t = 0, on obtient l = 0, et avec n'importe quelle valeur t < 0, on a m = 0.
Ainsi, les solutions f et g sont indépendantes sur R- , et comme on sait par théorème que l'espace
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est de dimension 2, on en déduit que H f , gL est une base de cet espace.
vectoriel des solutions sur R- de l'équation linéaire homogène du second ordre (E) : y²″ + et y = 0

Ainsi donc, toute solution de (E) sur R- s'écrit sous la forme y = l f + m g avec l, m e R, soit :

" t § 0, yHtL = l f HtL + m gHtL = f HtL l + m ‡


0 dt

f 2 HtL
.
t

f H0L > 0 sur R- . Au contraire, la solution g, dont on a démontré qu'elle est équivalente à |t en |¶
b) On sait que la solution f a pour limite 1 en |¶, et qu'elle est bornée puisqu'elle décroît de 1 à

n'est pas bornée et tend vers +¶ en |¶. Pour une solution y = l f + m g, il en résulte que :
- si m = 0, y est bornée et a pour limite finie l quand t tend vers |¶.
- si m ¹≠ 0, y n'est pas bornée et tend vers l'infini avec le signe de m quand t tend vers |¶.

‡ PARTIE II : Etude asymptotique en +• des solutions de l'équation (E)


4°) Limite en +¶ des solutions de (E)
a) A toute solution y : R ö R de (E), on a associé la fonction définie sur R par zHtL = yHtL etê5 .
On a donc yHtL = e-tê5 zHtL, puis en dérivant :

y£ HtL = e-tê5 z£ HtL - e-tê5 zHtL ; y²″ HtL = e-tê5 z²″ HtL - e-tê5 z£ HtL +
1 2 1 -tê5
e zHtL.
Compte tenu de la relation y²″ HtL + et yHtL = 0, il vient donc en simplifiant par e-tê5 :
5 5 25

z²″ HtL - z£ HtL + et +


2 1
zHtL = 0,
5 25

2 z£ HtL z²″ HtL


d'où résulte qu'on a pour tout réel t :

zHtL = - .
5 et + 1 et + 1
25 25

4 t z£2 HtL t 2 z£ HtL z²″ HtL


b) Pour tout t ¥ 0, on a donc en reportant ce résultat donnant zHtL ci-dessous :

z HtL - z H0L = ‡ 2 zHtL z HtL dt = ‡ dt - ‡


t
2 2 £
dt.
0 5 0 et + 1 0 et + 1
25 25

2 z£ HtL z²″ HtL z£2 HtL et z£2 HtL


c) Une intégration par parties de cette dernière intégrale donne alors pour tout t ¥ 0 :

‡ dt = B F +‡
t

et + 1 ê 25
t t

Jet N
dt.
1 1 2
0 et + 0 0
+
25 25

4 t z£2 HtL z£2 HtL t et z£2 HtL


En reportant dans la relation précédente, il vient donc :

z2 HtL = z2 H0L + ‡ z H0L - ‡


25 £2

Je + N
dt - + dt
5 0 et + 1 et + 1 26 0 t 1 2
25 25 25

z£2 HtL Jet - N


= z2 H0L + z£2 H0L - z£2 HtL dt.
4


25 1 t 25

Jet + N
-
26 et + 1 5 0 1 2
25 25

d) Pour t ¥ 0, la fonction sous la dernière intégrale est positive, et son intégrale est donc positive.
z£2 HtL
Comme 1
est aussi positif, une simple majoration donne alors pour tout t ¥ 0 :
et +
25
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d) Pour t ¥ 0, la fonction sous la dernière intégrale est positive, et son intégrale est donc positive.
z£2 HtL
Comme 1
est aussi positif, une simple majoration donne alors pour tout t ¥ 0 :
et +
25

z2 HtL § z2 H0L + z£2 H0L †zHtL§ § z2 H0L + z£2 H0L .


25 25
et
26 26
Comme yHtL = zHtL e-tê5 , on a donc pour tout réel t ¥ 0 :

†yHtL§ § e-tê5 z2 H0L +


z£2 H0L .
25

Toute solution y de l'équation différentielle (E) tend donc vers 0 en +¶, et yHtL = OIe-tê5 M.
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‡ PARTIE III : Etude des zéros sur R+ des solutions de l'équation (E)
5°) Premières propriétés des zéros des solutions non nulles de (E)

indique que pour tout t0 e R et tout couple Hy0 , y0 £ L e R2 , il existe une unique solution y de (E),
a) Pour l'équation linéaire du second ordre (E) : y²″ + et y = 0, le théorème de Cauchy-Lipschitz

définie sur R, et vérifiant les conditions yHt0 L = y0 et y£ Ht0 L = y0 £ .

b) Ainsi, étant donné un réel t0 , l'unique solution y de (E) vérifiant yHt0 L = y£ Ht0 L = 0 est donc y = 0

On en déduit que si une solution non nulle s'annule en t0 , donc si yHt0 L = 0, alors y£ Ht0 L ¹≠ 0 car
puisque la fonction nulle est une solution vérifiant bien ces conditions.

Comme y' est continue, il existe donc un intervalle de la forme D t0 - h, t0 + h@ sur lequel y£ garde
sinon, y serait la solution nulle d'après ce qui précède.

le signe de y£ Ht0 L, et en fonction de ce signe, y est strictement croissante ou strictement décroissante


sur D t0 - h, t0 + h@ de sorte qu'il est clair que y s'annule bien en changeant de signe en t0 .

c) S'il existe un segment @a, bD sur lequel une solution non nulle de (E) s'annule une infinité de fois,
il est clair qu'il existe une suite Htn L de zéros deux à deux distincts de cette solution y dans @a, bD.
Comme @a, bD est compact, il résulte du théorème de Bolzano-Weierstrass qu'on peut extraire de Htn L
une suite ItjHnL M qui converge vers un réel t de @a, bD.
D'autre part, comme on a yItjHnL M = yItjHn+1L M = 0, il résulte du théorème de Rolle que y£ s'annule en
au moins un point cjHnL appartenant à E tjHnL , tjHn+1L @ ou E tjHn+1L , tjHnL @ selon l'ordre de tjHnL et tjHn+1L .

- comme yItjHnL M = 0 pour tout n e N, on a par passage à la limite yHtL = 0 (y est continue).
Ajoutons que comme lim tjHnL = lim tjHn+1L = t, on a donc lim cjHnL = t et alors :

- comme y£ IcjHnL M = 0 pour tout n e N, on a par passage à la limite y£ HtL = 0 (y£ est continue).
Les résultats précédents montrent qu'alors y est la solution nulle, ce qui est contradictoire avec

une infinité de fois dans un segment @a, bD. Elle ne s'y annule qu'au plus un nombre fini de fois.
l'hypothèse faite au départ. On en déduit donc qu'une solution non nulle de (E) ne peut s'annuler

6°) Existence d'un zéro strictement positif d'une solution non nulle

qui vérifie z²″ = -z, la dérivée de la fonction W : t # yHtL z£ HtL - y£ HtL zHtL est :
a) Si y : R ö R est solution non nulle de (E) : y²″ + et y = 0, et si z est la fonction t # sinHtL,

W £ HtL = yHtL z²″ HtL - y²″ HtL zHtL = - yHtL zHtL + et yHtL zHtL = Iet - 1M yHtL zHtL.

b) Si y ne s'annule pas sur D 0, pD et y garde un signe par exemple strictement positif, et sachant que
z est aussi strictement positive sur D 0, p@, on en déduit que W £ HtL > 0 pour 0 < t < p.
Donc W est strictement croissante sur @0, pD.
Or on a W H0L = yH0L et W HpL = - yHpL, de sorte qu'on aurait W H0L = yH0L < - yHpL = W HpL.
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b) Si y ne s'annule pas sur D 0, pD et y garde un signe par exemple strictement positif, et sachant que
z est aussi strictement positive sur D 0, p@, on en déduit que W £ HtL > 0 pour 0 < t < p.
Donc W est strictement croissante sur @0, pD.
Or on a W H0L = yH0L et W HpL = - yHpL, de sorte qu'on aurait W H0L = yH0L < - yHpL = W HpL.
C'est évidemment impossible car y ayant été supposée à valeurs strictement positives sur D 0, pD,

Cette contradiction établit que la solution y de (E) s'annule au moins une fois dans D 0, pD.
on a yH0L ¥ 0 et yHpL > 0, et on ne peut donc avoir yH0L < - yHpL < 0.

c) Comme on sait que y ne peut s'annuler qu'un nombre fini de fois dans le segment @0, pD, et
qu'elle admet au moins un zéro dans D 0, pD, il suffit de classer les zéros de y appartenant à @0, pD, et
de noter t1 le plus petit des zéros strictement positifs de y dans D 0, pD.

7°) Existence d'une suite croissante de zéros d'une solution non nulle dans R+
a) Si y : R ö R est une solution non nulle de (E) et t1 son plus petit zéro strictement positif, et

2 Ht - t1 L , la dérivée de la fonction W : t # yHtL z£ HtL - y£ HtL zHtL est :


t1
si zHtL = sin e

W £ HtL = yHtL z²″ HtL - y²″ HtL zHtL = -et1 yHtL zHtL + et yHtL zHtL = Iet - et1 M yHtL zHtL.

D t1 , t1 + e 2
t
- 1
b) Si y ne s'annule pas sur pF et y garde un signe par exemple strictement positif, et

sachant que z est aussi strictement positive sur D t1 , t1 + e p @, on en déduit que W £ HtL > 0 pour
t
- 1
2

Bt1 , t1 + e 2
t t
- 1 - 1
t1 < t < t1 + e 2 p. Donc W est strictement croissante sur pF.

Or on a W Ht1 L = 0 et W
t t1 t
- 1 - 1
t1 + e 2 p = -e 2 y t1 + e 2 p < 0 puisque y est strictement positive

D t1 , t1 + e 2 pF, et on aurait donc W Ht1 L = 0 < W


t t
- 1 - 1
sur l'intervalle t1 + e 2 p < 0.

C'est impossible et comme précédemment, cette contradiction démontre que la solution y de (E)

D t1 , t1 + e 2
t
- 1
s'annule au moins une fois dans pF.

Bt1 , t1 + e 2
t
- 1
c) Comme on sait que y ne peut s'annuler qu'un nombre fini de fois dans pF, et qu'elle

D t1 , t1 + e 2
t
- 1
admet au moins un zéro dans pF, il suffit de classer les zéros de y de ce segment, puis

de noter t2 le plus petit des zéros strictement positifs de y dans D t1 , t1 + e


t
- 1
2 pF.

d) Le raisonnement qui vient d'être effectué peut être recommencé en remplaçant t1 par t2 , ce qui

D t2 , t2 + e 2
t
- 2
permettra de justifier de même l'existence d'un plus petit zéro t3 de y, appartenant à pF.
En poursuivant par récurrence immédiate, on range en une suite strictement croissante l'ensemble
tn
-
des zéros de toute solution non nulle y, avec à chaque fois tn < tn+1 § tn + e 2 p.

e) Supposons la suite croissante Htn L majorée, qui converge donc vers une limite finie L.
Comme on a yHtn L = 0 pour tout entier naturel n, le passage à la limite donne yHLL = 0.
En reprenant le raisonnement précédent où l'on aura remplacé t1 par L, on prouve que y admet donc
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e) Supposons la suite croissante Htn L majorée, qui converge donc vers une limite finie L.
Comme on a yHtn L = 0 pour tout entier naturel n, le passage à la limite donne yHLL = 0.
En reprenant le raisonnement précédent où l'on aura remplacé t1 par L, on prouve que y admet donc
au moins un zéro dans D L, L + e
L
-
2 pF. C'est évidemment contradictoire avec le fait que les zéros
de y sont majorés par L. Cette contradiction montre que la suite strictement croissante Htn L des zéros
de y n'est pas majorée, et tend donc vers +¶ et l'on voit aussi que limHtn+1 - tn L = 0 d'après
tn
-
l'inégalité établie plus haut : 0 < tn+1 - tn § e 2 p.

f) Compte tenu des informations recueillies au cours du problème, voici l'allure de la courbe
représentative de la solution f :
2.0
1.5
1.0
0.5

-4 -2 2 4 6
-0.5
-1.0

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