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Master 2 management des

villes

Année : 2021-2022

Réalisé par :

Saadouni
Maroua

GESTION DU RISQUES Messahel


Meriem

D’INONDATION CAS LA VILLE


DE CONSTANTINE
Sous la direction de : Mme Amior
Plan de travail

Introduction

1-Définitions : - A-Risque 

- B-Risque Naturel 

- C-Inondation 

2-Les facteurs déclenchant 

3-Gestion des inondations 

4- La gestion du risque d’inondation en France 

5- Inondations en Algérie

6- Les zones inondables en Algérie : Le cas de la ville de Constantine 

7- Etude critique 

-conclusion générale

- bibliographie
Introduction :
L'eau est à la base de la vie en général : présente dans notre sang, dans les liquides que nous buvons, dans les
aliments que nous prenons, elle nous permet de survivre et de rester en bonne santé. Elle est également une voie
de communication et elle est indispensable au développement économique. Sa valeur est reconnue partout dans le
monde.

D’ailleurs, elle constitue un symbole puissant dans toutes les cultures et dans toutes les croyances. Mais elle est
également un des éléments les plus destructeurs de notre planète. Car l’eau, quand il y en a trop, provoque des
inondations, et des catastrophes.

Le problème des inondations n'est pas une nouveauté, depuis l'existence de l'homme sur terre, celui - ci a préféré
s'installer dans des régions à relief plat et aux environs des points d'eau et dans des zones occasionnellement
inondables, qui lui permet de réaliser ces activités habituelles (agriculture, industrie .....)

Donc, des cités entières se sont développées à proximité des cours d'eau occasionnant des dégâts considérables à
l'homme et à ces biens. Devant cette menace, l'homme a tenté d'aménager ces cours d'eau pour réduire le risque
d'inondation qui représente le risque naturel le plus couteux, le plus répandu, faisant le plus de victimes et de
dégâts dans le monde

1-Définitions :

A-Risque :
Un risque est le produit d’un aléa et d’un enjeu. On considère que le risque existe dès qu’un aléa pourrait se
manifester dans une zone où des enjeux humains, économiques ou environnementaux sont en présence. Sans
conséquences, un aléa n’est donc pas un risque. La gravité du risque est proportionnelle à la vulnérabilité des
enjeux.

B-Risque Naturel :

-Un risque naturel implique l'exposition des populations humaines et de leurs infrastructures à un évènement
catastrophique d'origine naturelle.

-Des risques ayant pour cause des phénomènes naturels, qui peuvent créer des dommages pour la population, des
équipements ou des ouvrages. Ils sont gérés par les autorités et peuvent impliquer des acteurs privés.

Exemples de risques naturels :

 Canicule
 Grand froid, neige, grêle
 Inondation
 Sécheresse
 Feux de forêts
 Tempête
 Tsunami
 Avalanches
 Mouvement de terrain
 Retrait / gonflement des argiles
 Cyclones
 Éruption volcanique
 Séisme

C-Inondation :
L’inondation est une submersion, rapide ou lente, d’une zone habituellement hors d’eau. Le risque d’inondation
est la conséquence de deux composantes : l’eau qui peut sortir de son lit habituel d’écoulement et l’homme qui
s’installe dans l’espace alluvial pour y implanter toutes sortes de construction, d’équipements et d’activités. Au
sens large les inondations comprennent les débordements d’un cours d’eau, les remontées de nappes, les
ruissellements résultant de fortes pluies d’orages, les inondations par rupture d’ouvrages de protection (brèche
dans les digues), les inondations estuariennes résultant de la conjonction de fortes marées, de situations
dépressionnaires et de la crue des fleuves.
Une inondation désigne un recouvrement d’eau qui déborde du lit mineur ou qui influe dans les dépressions.

Les différents Types d’inondations : Il est classique de distinguer au moins six types d'inondation

 Les inondations des plaines


 Les inondations par crues torrentielles
 Les inondations par ruissellement en secteur urbain
 Inondations par remontées des nappes phréatiques
 Les coulées de boue
 Inondation par rupture d’une protection
 Inondations marines

2-Les facteurs déclenchant : on distingue

A-L’eau mobilisable :
Il peut s’agir de la fonte de neiges ou de glaces au moment d’un redoux, associée au non à des pluies, de pluies
répétées et prolongées de régime océanique, qui affecteront plutôt un grand bassin versant ou d’averses
relativement courtes mais intenses qui pourront toucher la totalité de la superficie de petits bassins versants de
quelques kilomètres carrés

B-Le ruissellement :
Qui correspond à la part de l’eau qui n’a pu s’infiltrer dans le sol. Il dépend de la nature du sol, de sa pente, de son
occupation de surface et de l’intensité de l’épisode pluvieux. Il sera donc d’autant plus faible que la couverture
végétale sera dense et que les sols seront profonds

C-Le temps de concentration :


Qui est défini par la durée nécessaire pour Qu’une goutte d’eau partant du point le plus éloigné de l’exutoire du
bassin versant parvienne jusqu’à celui-ci. Il est donc fonction de la taille et de la forme du bassin versant ,de la
topographie et de l’occupation des sols.

D- La propagation de l’onde de crue :


Qui est fonction de la structure du lit et de la vallée alluviale, notamment de la pente et des caractéristiques du
champ d’inondation.

E- Le débordement :
Il est consécutif à la propagation d’un débit supérieur à celui que peut évacuer le lit mineur , dont la capacité est
généralement limitée à des débits de crues de période de retour de l’ordre de 1 à 5 ans .il peut se produire une ou
plusieurs fois par an ou seulement tous les dix ans en moyenne voir tous les cent ans

3-Gestion des inondations :


Les inondations du début des années 80 auront eu le mérite de susciter une prise de conscience préalable à
l’élaboration d’une politique de prévention des risques naturels dans plusieurs pays, les actions qui s’y réfèrent
peuvent être résumées comme suit :

3-1- La règlementation :
Celle-ci ancienne, variante, souvent incomplète parfois mal adoptée, elle devrait systématiquement prendre en
compte les actions anthropiques aboutissant à une modification substantielle du relief (travaux d’aplanissement,
extraction de gravier et carrière etc…) à l’édification de toute construction en zone inondable, mais très souvent la
réglementation n’est pas respectée ce qui amené souvent, à des situations très dangereuse

3-2- La prévision :
La première démarche à entreprendre est de procéder à un inventaire des observations de terrain, la seconde est de
mettre en place un service d’annonce de crue.
a) Les observations de terrains :
Il s’agit d’analyser, aux différents endroits des bassins versants susceptibles de subir une crue ou une inondation,
les paramètres suivants :
La délimitation précise des secteurs inondables et ce, pour chaque type de crue
La typologie des inondations (pointe, durée, récurrence, intensité)
L’ampleur de l’inondation possible
La période de retour
L’évaluation des dommages à craindre, sur les plans matériels et humains.

b) La mise en place d’un service d’annonce de crues :


La prévision porte sur la collecte et la transmission des données pluviométriques et hydrologiques. Bien
entendu, l’efficacité des systèmes d’alerte dépend de leur qualité et donc des moyens mis à la disposition des
spécialistes mais aussi de l’ancienneté des chroniques disponibles. Il est très important de multiplier et
d’accumuler des données dans la plupart des cas. Les délais, souvent, pour alerter les populations se réduisent
à quelques heures voir moins. Cependant l’apparition de capteurs et des systèmes de transmission a permis
d’améliorer l’annonce des crues .Deux aspects de la prévision peuvent être distingués :

La prévision immédiate :
Avec l’alerte des populations quelques heures avant que la crue n’intervienne. Ce rôle était joué par des
observateurs chargées de suivre la montée des eaux et de transmettre les informations par les moyens de
communication.
La prévision à long terme :
Elle peut se faire en utilisant les documents historiques et les cartes à risques. L’analyse sur réseau
hydrographique peut être d’un grand intérêt quand la prévention.

3-3-L’aménagement du bassin versant :


Du point de vue de la prévention des crues, l’aménagement du bassin versant apparaît comme fondamental tant au
niveau des versants que du lit proprement dit.

a) Au niveau des versants :

Le reboisement apparaît comme la première solution envisageable pour la protection des versants, car la forêt
intercepte la pluie (réduction ou anéantissement de l’effet ‘’Splash’’), et retarde la fonte des neiges sous son
couvert, accroît l’évapotranspiration (en particulier en été ou la transpiration des arbres contribue à l’assèchement
des sols et l’abaissement du niveau des nappes phréatiques, au bénéfice de la rétention). L’humus forestier qui est
relativement abondant, est capable d’absorber jusqu’à 10 fois son poids d’eau. Inversement, la destruction d’une
forêt provoque un accroissement annuel de l’écoulement, mais aussi l’apparition de ravins. En cas d’absence de
couverture végétale, l’érosion se développe.

b) Au niveau du lit :

La correction des lits est souvent la solution proposée par les ingénieurs qui cherchent à accroître la section
mouillée en élargissant les lits ou encore à les approfondir par des dérochements ou encore en érigeant des digues,
etc… Tous ces travaux ont pour but de minorer les niveaux, encore faut – il que ces interventions soient précédées
d’une connaissance préalable de la crue maximale probable, et mieux encore du bassin versant. Le recalibrage qui
consiste à rectifier la section d’écoulement et à augmenter le débit, permet d’évacuer plus rapidement la crue, mais
déplace le risque sur le secteur aval, sur des zones intermédiaires ne permettant pas de stocker une partie des eaux.

c) Pendant et après la crise :

En dépit de toutes les mesures de protection et/ou de prévention que l’homme peut arrêter, les crues et les
inondations imprévues seront toujours probables. Aussi, il importe d’envisager des scénarii tenant compte de
l’inévitable. Les plans d’organisation des secours, sont des dispositifs d’urgence, destinés à faire face à tout
événement calamiteux, d’ordre exceptionnel, dépassant les possibilités opérationnelles de secours locaux. Les
dispositions législatives et réglementaires confient à l’état la responsabilité de la prévention et de la réponse aux
besoins des populations en cas de catastrophes naturelles. Cependant, il est à signaler que le choc de la phase
d’urgence ne représente en fait que le début des difficultés rencontrées, pour les familles sinistrées. Le règlement
ou l’indemnisation sont accompagnés d’une série de vicissitude. Les aides immédiates (évacuation, hébergement
Distribution de vivres, sanitaires et habillements) sont généralement correctement effectuées et largement
médiatisées. Les aides postérieures, à la crise (collectivités locales, mouvement association, état) sont plus
aléatoires, généralement longues à intervenir et toujours jugées insuffisantes par ceux qui ont été affectés

POLITIQUES DE GESTION DES INONDATIONS DANS LE MONDE :

Les démarches entreprises par les pays du monde dans le cadre de leur lutte contre les inondations sont
nombreuses mais reposent sur les mêmes principes.

LA REGLEMENTATION : elle devrait prendre en compte les actions anthropiques aboutissant à une
modification substantielle du relie f, à l’édification de toute construction en zones inondable.

LA PRÉVENTION : qui a les principes suivants :

-Améliorer la connaissance du phénomène : un travail bibliographique est mené a fin d’étudie r les c rues
anciennes et modélise r l ’impact du phénomène qui pourrait se produire dans le temps.

-Maîtrise de l’urbanisation : la connaissance du risque est intégrée dans les documents d’urbanisme afin que des
zones ne soient pas ouvert es à l’urbanisation lors d ’un aléa potentiel capable d’impact r ces zones.

-Agi r sur la limitation de l ’aléa et de la vulnérabilité : pour l ’aléa, il s’agit de travaux de ralentissement
hydraulique. Et pour la vulnérabilité, encourager les autorités locales et les particuliers à prendre des mesures
adoptées pour les habitations existantes.

-Favorise r l’information des populations : grâce aux moyens disponibles.

LA PRÉVISION : qui s’articule sur les principes suivants :

-Le suivi du phénomène : analyser aux différentes zones susceptibles de subir une inondation l ’ampleur et la
typologie de cette inondation ainsi que la délimitation précise des secteurs inondables.

-La surveillance du phénomène : mise en place d’un service d’annonce et d’alerte des crues.

-La préparation de la crise : organisation et mise en œuvre des plans de secours

LE RETOUR D ’EXPERIENCES : en analysant comment la gestion de crise s’est mise en œuvre et en étudiant
ce en quoi l’événement qui s ’est produit, app rte une nouvelle connaissance du risque.

Exemple de gestion de risque d’inondation :


En France, les risques naturels et particulièrement les inondations sont devenues un objet de politique publique à
parti r des années 1970, alors qu’’ils n’étaient pas auparavant l ’objet d ’une gestion spécifique. Une analyse
historique rapide d ’un siècle et demi de gestion des inondations permet de constater que les politiques de gestion
de ces risques se sont construites au fil du temps. La première étape consistait à une politique de sécurité orientée
vers des actions basées sur l’aléa ; que ce soit par construction d ’ouvrages de protection essentiellement au
travers de digues ou par des actions sur la couverture forestière des bassins versants, ensuite une politique d
’urbanisme. En général, cette politique s’appuie à la fois sur la loi Barnie r de 1995 qui a donné l’impulsion
politique qui manquait et la loi Bachelot de 2003 qui a complété la panoplie des outils nécessaire à une bonne
stratégie de réduction du risque inondation.

La gestion du risque d’inondation en France :


La prévention des risques d’inondation repose sur quelques grands principes : l’évaluation des risques,
l’information des populations, la restriction de l’urbanisation dans les zones à risque, l’entretien des rivières, la
recherche et la réalisation de solutions techniques de protection, et enfin l’établissement de plans communs
d’alerte et de secours dans les communes les plus exposées. Les dispositions réglementaires sont issues de la « Loi
Barnier » n° 95-201 du 2 février 1995 visant à la fois à limiter, voire diminuer, la population exposée aux risques
par l’élaboration et la mise en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles. L’inondabilité
de la zone littorale est renforcée par l’urbanisation qui peut constituer un obstacle à l’écoulement des crues :
l’inondabilité de la Salins-les-Bains/l’Hermitage est vraisemblablement liée à cette urbanisation anarchique.

LES PLANS DE PREVENTION DES RISQUES D’INONDATION (PPRI)

1 -PRINCIPES Les Plans de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI) :

Ils ont pour objectif l’identification des zones inondables et la recherche de mesures de prévention, de protection
et de sauvegarde. Ils sont réalisés en fonction des moyens financiers et humains disponibles.

Une carte d’aléas est élaborée par analyse de la crue historiquement la plus forte ou de la crue centennale, avec
distinction de 3 classes initiatrices de restrictions urbanistiques particulières (pouvant varier suivant les
communes) :

• Aléa fort : profondeur de submersion supérieure à deux mètres avec une vitesse nulle ou faible du courant ou
une submersion comprise entre 1 et 2 mètres avec des vitesses de courant moyennes ou fortes. Les terrains sont
inconstructibles.

• Aléa moyen : profondeur de submersion comprise entre 1 et 2 mètres avec une vitesse de courant nulle ou faible
ou une profondeur inférieure à 1 mètre avec une vitesse marquée. Les terrains sont généralement constructibles
avec prescriptions : clôtures ajourées, plancher des habitations au-dessus de la côte de référence, éviter toute
implantation pouvant faire obstacle à l’eau.

• Aléa faible : profondeur de submersion inférieure à un mètre sans vitesse marquée. Pas de prescriptions
urbanistiques particulières Les PPRI font l’objet d’un arrêté préfectoral après enquête publique. Ils valent
servitude d’utilité publique aux documents d’urbanisme avec des sanctions pénales applicables en cas de non-
respect.

A noter que la Mairie peut appliquer ces prescriptions dès qu’elle à connaissance de l’aléa (article R111-2 du code
de l’urbanisme) sans attendre l’approbation du PPRI.

LES SCHEMAS TECHNIQUES DE PROTECTION CONTRE LES CRUES (STPC)


1- PRINCIPES :
La réalisation effective des Schémas Techniques de Protection contre les Crues (STPC) a débuté en 1989, suite au
cyclone Firinga. Il s’agit d’un document communal qui recense tous les secteurs urbanisés où des problèmes
d’inondation ont été soulevés et propose des solutions techniques pour prévenir des risques d’inondations. Depuis
janvier 2003 (date d’approbation du document de Trois-Bassins), toutes les communes du TCO disposent d’un
STPC.

2 -CONTEXTE EUROPEEN :

Dans le cadre du DOCUP 2000-2006 (Document Unique de Programmation), outil européen majeur en termes
d’aménagement du territoire, le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) a mis en place un
dispositif d’incitation financière des communes à réaliser des ouvrages de protection des zones habitées contre les
inondations.

Ses objectifs de soutien à la gestion préventive et durable des ressources et richesses naturelles (axe C) vont en
effet amener le FEDER à intervenir dans la prévention et la protection contre les risques naturels (mesure C5)
notamment par la réalisation d’endiguements assurant une protection des zones urbanisées (volet C5-01).

Cette contribution s’inscrit dans le Programme Pluriannuel d’Endiguement des Ravines (PPER). Les opérations
susceptibles de bénéficier du soutien du PPER sont celles qui ont été préalablement identifiées dans les Schémas
Techniques de Protection contre les Crues (STPC)

Inondations en Algérie
Comme beaucoup d’autres pays du monde, l'Algérie a connu plusieurs inondations dévastatrices. Si par le passé,
ces inondations étaient surtout connues suite aux débordements des grands cours d’eau dans les grandes plaines
agricoles, depuis une vingtaine d’années, elles ont surtout touché les grandes villes et centres urbains (Alger 2001,
2007 ; Bejaia 2012), où elles ont engendré de nombreuses pertes en vies humaines et des dégâts matériels
considérables. L’examen des événements catastrophiques survenus dans notre pays montre que sur l’ensemble des
bassins versants algériens, des superficies importantes de terres agricoles, des plaines et des agglomérations sont
fréquemment envahies par la furie des eaux des oueds en crue, Après ces inondations meurtrières, de nombreux
ouvrages de protection ont été réalisés et récemment, le Ministère des Ressources en Eau a lancé des études pour
faire un inventaire des zones inondables, étudier l'intensité des phénomènes, calculer des paramètres explicatifs
des causes et de leurs conséquences et faire une cartographie des zones à très haut risque

Causes et types des crues catastrophiques en Algérie :

Les précipitations caractérisées, en Algérie, par une très forte irrégularité tant interannuelle que saisonnière
entrainent des étiages extrêmement sévères des cours d'eau et inversement des fortes crues et des inondations
engendrant des dégâts humains et matériels considérable.

La genèse des fortes crues et leurs impacts sur l'environnement et les activités différentes d'une région à un autre
en fonction des conditions géographiques, climatiques et d'occupation des sols qui les caractérisent. La cause
fondamentale de la plupart des inondations est la chute de pluie importante, mais les inondations des terres basses
ou les destructions causées par les crues ne sont pas cependant toutes dues à des phénomènes
hydrométéorologiques. D'autres facteurs agissent, soit pour aggraver les effets d'autre crue, soit pour créer eux
même des phénomènes hydrauliques dans les surfaces de l’eau, tels que la présence des détritus et des troncs
d'arbres qui réduisent la capacité du lit de l'oued.

D'une manière générale, les causes des inondations survenues en Algérie peuvent être en trois types :

-Les inondations liées à des situations météorologiques remarquables qui se traduisant par une forte pluviosité
(pluies importantes, orages violents)

-Les inondations provoquées par des facteurs liés à l'effet de l'homme qui veut dire la défaillance des réseaux
d'assainissement et de collecte des eaux pluviales, le gonflement des oueds par les décombres et les débris, sont
autant de facteurs qui provoquent des dégâts lors des averses saisonnières.

-Les inondations produites dans des régions présentant un environnement topographique défavorable s’exprime
par les agglomérations à forte concentration des populations et sous l'effet d'une urbanisation « anarchique » et
non réglementées présente des grands risques, des pertes humaines et des destructions de constructions sont
enregistrées à chaque inondation aussi légère qu'elle soit.

Également, l’Algérie s’est dotée depuis 2010 d’outils technologiques importants pour limiter les risques
d’inondations comme notamment :

• les cartes prévention des risques, constituant une base préventive établie sur les images satellitaires.

• le schéma de Wilaya d’Analyse et de Couverture du Risque (SWACR) est mis récemment en œuvre dans
différentes wilayas du pays. Cet outil permet de renforcer la mesure préventive, organisationnelle et
opérationnelle adoptée conformément aux orientations politiques de la gestion du risque.

• le plan ORSEC est une mise en œuvre d’une stratégie d’alerte et de prévisions des risques, à travers le système
d’alerte aux inondations, présent dans toutes les villes algériennes.

• les outils de protection contre le risque permettent aux collectivités locales de mobiliser avec précision les
moyens nécessaires et de prendre les décisions les plus adéquates concernant la prévention contre les risques
d’inondation

Toutes les communes du pays ont obtenu les moyens nécessaires et adéquats concernant la prévention contre les
risques d’inondation. Sur le terrain : Toutes ces mesures manquent de cohérence.

• Les structures institutionnelles et les acteurs censés de les utiliser n’arrivent jusqu’à ce jour à une maitrise totale.

• Le résultat de l’effet conjugué de l’ensemble du risque s’élève à 40 à jusqu’à 50% pour toutes les villes inondées
et particulièrement celles du sud dont 23 d’entre elles sont jugées catastrophiques. Dès lors, il n’existe pas de
risque zéro.

Les hommes et l’environnement sont de plus en plus touchés par les conséquences des catastrophes naturelles.

Les zones inondables en Algérie :


Le cas de la ville de Constantine :
La ville de Constantine s'est édifiée sur un rocher, situé à la confluence de deux oueds : le Bou Merzoug au sud et
le Rhumel à l'ouest. Cette situation de confluence a favorisé le creusement d'un cafion profond de 200 mètres,
inscrit dans les séries carbonatées crétacées du rocher. De part et d'autre de ces gorges, l'extension de la ville s'est
faite sur le plateau du Coudiat Aty à l'ouest, formé de conglomérats et sables rouges du Miocène continental et sur
le plateau du Mansourah à l'est, formé par des séries travertineuses (projet Rudis, 1990).

Les extensions récentes de la ville ont progressivement occupé les versants de ces plateaux, provoquant des
instabilités plus ou moins généralisées, et récemment les fonds de vallées exposés à de fréquentes inondations.

La ville de Constantine troisième plus grande ville d’Algérie avec 782 420 habitants et une densité de population
de 2617 habitants, de par sa position géographique problématique, située à la confluence de deux plaines des
oueds Boumerzoug et le Rhumel et à l’exutoire de trois sous-bassins versants est fortement exposée au
phénomène d’inondation générée par les crues cycliques de l’Oued Kébir-Rhumel. Son caractère de “zone
inondable” est attesté par des événements exceptionnels souvent catastrophiques que la ville a subis dans son
histoire sur des périodes de retour assez courtes. Ces inondations ont provoqué plusieurs dégâts sur un grand
nombre d’habitations au niveau de plusieurs quartiers de la ville. Les extensions incontrôlées de la ville au cours
des deux dernières décennies progressivement occupé les fonds des plaines inondables des oueds Rhumel et
Boumerzoug, le risque d’inondation prenant une ampleur croissante. Actuellement, le degré de risque est encore
aggravé par: une forte croissance de la population et une extension très rapide et anarchique de l’urbanisation dans
les plaines alluviales, l’absence d’une politique de prévision, de prévention et de gestion du risque, la mauvaise
planification de l’occupation des sols par l’absence de règles et de réglementations, la non prise en considération
de ces risques dans les schémas d’aménagement et d’urbanisme en vigueur et le manque de travaux de recherche
sur ces phénomènes complexes dans ce secteur pour l’identification, l’analyse, la cartographie et la gestion des
zones à risque. Les seuls instruments de planification et de gestion urbaine existant tels que le Plan directeur
d’aménagement et de développement urbain (PDAU), les plans d’occupation des sols (POS), n’intègrent pas les
risques naturels. Cependant, les risques potentiels ont été trop peu pris en compte dans l’aménagement du
territoire. Les autorités locales et régionales sont alertées sur la gravité de la gestion et de la prévention des
inondations et sur la nécessité de prendre en compte l’impact des risques d’inondations dans les projets
d’aménagement. Ceci a pour conséquence une forte demande sociale pour la définition et l’identification de l’aléa,
notamment pour sa prévision spatiale, temporelle et sa prévention.

La zone d’étude :
La zone étudiée concerne les deux plaines des oueds Rhumel et Boumerzoug, situées à l’intérieur des limites
administratives de la ville de Constantine entre la latitude 36.23° et la longitude 7.35° en plein centre de l’Est
algérien. La zone couvre la superficie du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) de la ville, soit
une superficie de 60 km2 environ. Troisième ville d’Algérie, après Alger au Centre et Oran à l’Ouest, la ville de
Constantine abrite 60% de la population de la wilaya, alors que sa superficie ne représente que 8% (183 km2 ) de
la surface totale de la wilaya. Les limites d’étude de l’aléa d’inondation sont relatives à celles des sous-bassins
versants des oueds Rhumel Seguin (1162 km2), Boumerzoug (1868 km2) et Rhumel Smendou (1081 km2 ), qui
correspondent à la zone de production et d’expansion des crues ,Les trois sousbassins versants font partie du grand
bassin versant du Kébir-Rhumel (8800 km2 ) selon les délimitations retenues par l’Agence Nationale des
Ressources Hydrauliques ANRH .Ils prennent leur origine dans les piémonts nord des hautes plaines
constantinoises à une altitude avoisinant 900 m, leur superficie est de l’ordre de 9573 km2.
Depuis, il s’écoule dans la direction NordOuest et plus au Nord, aux environs de Sidi Merouane, il conflue avec
l’Oued Enndja, puis il traverse les massifs très arrosés de la Petite Kabylie d’El Milia, avant de s’écouler dans une
large vallée vers la mer Méditerranée.

Les caractéristiques morphométriques et morphologiques des bassins versants


Le bassin versant de l’Oued Boumerzoug est plus long et plus large que le bassin-versant du Rhumel Smendou.
Par conséquent le temps de concentration des écoulements sera plus court sur le bassin versant de Rhumel
Smendou en comparaison avec le bassin-versant de Boumerzoug. Le bassin-versant de Rhumel Smendou présente
une pente moyenne élevée de 15°, suivi du bassin versant de Rhumel Seguin d’une pente moyenne de 9,5° et du
bassin-versant de Boumerzoug de 4,6°.

L'occupation du sol dans les vallées du Rhumel et du Bou Merzoug n'est pas conforme aux potentialités des
terrasses qui ont plutôt une vocation agricole. En effet, la basse terrasse de l'oued Rhumel et de l'oued Bou
Merzoug est occupée par une zone industrielle et on remarque une urbanisation sur les versants de rive concave à
Chaabet Erssas. Quant à l'agriculture, elle est confinée sur les hautes terrasses et le lit majeur, mais dans les
sections amont des deux oueds, c'est-à-dire en dehors de Constantine.
Stratégie de gestion des inondations pour l’aménagement du territoire :

Pour améliorer la gestion des zones inondables et de mouvements de terrain et l’efficacité des outils utilisés, la
politique de prévention des risques doit être replacée dans le contexte général de l’utilisation des sols et de la
gestion de l’environnement à plus long terme. Afin de contrer le risque d’inondations existants ou potentiels, un
plan de prévention (PPR) basé sur les cartes d’aléa et d’exposition conduit à dégager une série de mesures
d’atténuation du risque d’inondation pour mieux orienter les futurs plans d’occupation du sol.
Tableau : Stratégies générales de gestion de l’aléa inondation dans la ville de Constantine et
ses environs
Dans le cadre de la lutte contre le risque d’inondation la wilaya de Constantine a bénéficié des plus
importants investissements avec 10 Opérations et 18 630 000 000 DA pour le réaménagement et le
calibrage d’oued el Rhumel et oued Boumerzoug.
Travaux d’aménagement dans le projet :
-Des voies de promenade et des pistes cyclables sont faite sur le lit majeur. Les rives sont aménagées pour
permettre aux habitants et riverains de profiter d’un espace sportif et de loisir autour des oueds
-la pose du géotextile et des enrochements sur une partie du tracé.
-Projet d’aménagement paysager :
L’objectif de cet aménagement est de :
- protéger les rives contre l’affouillement avec aménagement du lit mineur et protection des berges du lit
majeur ;
- assurer une protection durable contre les inondations avec calibrage et élargissement du lit et
aménagement des berges.
1-tracons des travaux de calibrage d’oued el Rhummel et Boumerzoug :
Etude critique :
Le risque d'inondation est parfaitement identifiable, et donc prévisible. L'outil principal de cette prévention
est la cartographie et l'observation de l'occurrence spatiale, le document établi permettra de caractériser les
secteurs out toute installation humaine nécessite une vraie réflexion.
Cette méthode appliquée dans des études d'inondation dans le sud de la France par M. Masson après la
catastrophe de Vaison-La-Romaine du 22 septembre 1992 a donné des résultats encourageants, elle peut
donc être considérée comme une approche fiable.
Il ressort de cette approche que l'étude des inondations peut être abordée par une méthode autre
qu'hydrologique et hydraulique. La méthode hydromorphologique a été utilisée dans le cas de la ville de
Constantine et sa section périurbaine de l'Oued Boumerzoug et oued el Rhummel Elle a montré que les
causes aggravant les dommages d'inondation sont nombreuses et surtout anthropiques :
-L'urbanisation anarchique le long de l'Oued Boumerzoug et el Rhummel et principalement dans le lit
majeur
-Les obstacles à l'écoulement : les embâcles...
-Les modes d'occupation des sols...
-Les causes sociologiques résultant de l'organisation de la société urbaine et de son comportement :
-Le manque de P.O.S, de P.E.R et de P.P R

Conclusion générale :
L'inondation est une submersion, rapide ou lente, d'une zone habituellement hors de l'eau. Phénomène saisonnier
qui trouve sa source dans des précipitations soutenues et durables, l’inondation peut aussi venir de la mer ou des
eaux souterraines.

Le risque inondation correspond à la confrontation en un même lieu géographique d’un aléa (une inondation
potentiellement dangereuse) avec des enjeux (humains, économiques, ou environnementaux) susceptibles de subir
des dommages ou des préjudices.

Les risques d'inondation en Algérie traduisent une récurrence des catastrophes affectant de nombreuses régions et
villes

• Face à l'ampleur de ces catastrophes, la gestion des risques d'inondation rapide en Algérie reste réduite à des
interventions ponctuelles

• La connaissance et l'information sur les inondations rapides est insuffisante

• La gestion post crise n'est pas développée et les enseignements du retour d'expérience ne se traduisent pas sur le
terrain en une stratégie de prévention

• La prise en charge des catastrophes par les assurances n’est qu’à ses débuts et d'aucun impact
Bibliographie :

-MEMOIRE DE MASTER Pour l’obtention du diplôme de Master en Hydraulique Option:


Aménagement et Ouvrages Hydrotechniques THEME DU PROJET : Contribution à
l’étude de l’aléa " inondations": Genèse et prédiction Cas de la vallée d’El-Abadia (w.Ain
Defla)

-Conférence Nationale sur les risques majeurs CIC / 22-23 octobre 2018 PRISE EN
CHARGE DE LA PROBLEMATIQUE DES INONDATION

-MEMOIRE Projet de Fin d’Etude Pour l’obtention du diplôme de Master en Hydraulique


Option : Eau, Sol et Aménagement PROTECTION DES VILLES CONTRE LES
INONDATIONS CAS DU CENTRE D’AIN FEZZA TLEMCEN

-MEMOIRE DE MASTER Pour l’obtention du diplôme de Master en Hydraulique Option:


ASSAINISSMENT ANALYSES DE FREQUENCE DES CRUES DANS LE NORD
ALGERIEN PAR DEUX APPROCHES STATISTIQUES

-Évaluation du risque d'inondation à Constantine : méthodologie d'approche

-évaluation et cartographie de l'aléa inondation dans les plaines alluviales de Boumerzoug et


de Rhumel (ville de Constantine, Nord Est Algérien) : Application aux travaux
d'aménagement et d'urbanisme

-Mémoire de fin d’études en vue de l’obtention Du diplôme de Master en gestion des


techniques. Spécialité: TECHNIQUES URBAINES ET ECO-GESTION THEME: Repenser
la gestion du risque d’inondation : vers l'adoption de nouveaux mécanismes écologiques.
Cas du quartier 20 aout à Skikda

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