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Procédés de soudage

Principes généraux et critères de choix


par Roland CAZES
Ingénieur de l’École Supérieure d’Électricité
ex-Directeur des Recherches de la société Sciaky

1. Données de base des différents procédés ........................................ B 7 700 - 2


2. Pratique du soudage ............................................................................... — 2
3. Choix d’un procédé ................................................................................. — 3
3.1 Approche en fonction du domaine d’application ..................................... — 3
3.2 Approche générale ...................................................................................... — 4
4. Hygiène et sécurité.................................................................................. — 5

’assemblage par soudage occupe une place importante dans l’univers de la


L construction des bateaux, trains, avions, fusées, automobiles, ponts, tuyaux,
réservoirs et tant d’autres choses qui ne sauraient être construites sans le recours
au soudage.
La clé des problèmes qui se posent lors d’une construction à souder relève
du métier du soudeur ou du constructeur-soudeur dont la démarche doit inclure,
outre l’opération de soudage, les problèmes (non évoqués dans cet article) se
posant en amont et en aval de celle-ci, à savoir :
— la conception des assemblages soudés : découpage de l’assemblage et
disposition des joints ;
— la préparation des pièces avant soudage : géométrie des bords, état des
surfaces ;
— la mesure de la qualité des soudures et de la tenue de l’assemblage en
service.
Cette démarche s’appuie sur les caractéristiques du procédé de soudage le
mieux approprié qui induit la forme de la soudure et par suite la préparation à
engager et le résultat obtenu.
Les articles qui suivent sont consacrés à la description des procédés les plus
couramment utilisés aujourd’hui. On y expose essentiellement les principes, les
équipements et la nature des liaisons, ou soudures, auxquelles ils donnent lieu.
Le soudage est un assemblage définitif exécuté sur des pièces métalliques
qui s’impose pour diverses raisons : dimensionnelles (un pont), structurelles
(un réservoir), constructives (une carrosserie), de poids (un panneau), éco-
nomiques (un plancher) ou autres. Il peut entrer en compétition avec d’autres
8 - 1995

modes d’assemblage tels le vissage, le sertissage, le rivetage, le collage, l’agra-


fage (cf. articles spécialisés dans ce traité).
Le lecteur se reportera utilement à l’article Soudage et soudabilité métallur-
gique des métaux [M 715] dans le traité Matériaux métalliques.
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PROCÉDÉS DE SOUDAGE ________________________________________________________________________________________________________________

1. Données de base
des différents procédés
Les procédés de soudage opèrent dans leur majorité par la mise
locale des pièces à souder à température de soudage (température
de fusion la plupart du temps) au niveau de leur joint ; cette mise
à température s’effectue soit progressivement, soit globalement
dans l’espace et dans le temps, au moyen d’une source de chaleur
pouvant être associée, pour certains d’entre eux, à un dispositif de
pression mécanique s’exerçant pendant le processus de formation
de la liaison.
La nature offre divers phénomènes physiques exothermiques,
tels la combustion, l’ionisation, la conduction électrique, le frotte-
ment, l’impact d’électrons, l’interaction onde/matière, que des
inventeurs ont su organiser en vue de les appliquer à la réalisation
de liaison continue de la matière, dans le but de permettre, faciliter
ou améliorer la manufacture d’objets usuels ou nouveaux.
Ces phénomènes forment la base essentielle des divers procédés
en usage dont la littérature spécialisée donne une classification
complète communément admise par les spécialistes, à partir de
quelques critères pris comme référence, comme par exemple celle
de l’Institut International de la Soudure.
Plus précisément sont mis en œuvre, de façon conjuguée ou non
un effet thermique, un effet mécanique, un apport de métal à quoi
il faut associer une durée ou une vitesse d’exécution.
■ Effet thermique
Il produit le cycle échauffement /fusion/refroidissement et s’exerce
essentiellement sous deux formes :
● celle d’une source extérieure de chaleur transférée aux parties
à souder et généralement ponctuelle et mobile ; c’est le cas des pro-
cédés suivants, appelés également procédés par fusion (figure 1) :
— le soudage au chalumeau,
— le soudage à l’arc électrique,
— le soudage par faisceaux à haute énergie ;
● celle d’une source de chaleur engendrée dans la matière
elle-même, soit dans le plan de joint, soit de façon diffuse et qu’il
convient de localiser. Cette source est fixe dans l’espace et il lui est
associé l’effet mécanique évoqué ci-après.
Ces sources sont caractérisées par une puissance, une tempéra- Figure 1 – Schémas de principe des différents procédés
ture et un flux thermique engendré dans la zone d’application.
■ Effet mécanique Ainsi, par exemple, la conjugaison d’une température inférieure
à la température de fusion, d’une pression inférieure au seuil de
Il résulte de l’application d’une force, ou effort de soudage, sur
déformation plastique et d’une durée permet d’obtenir sur certains
les parties à souder pendant le processus thermique et produisant
métaux une liaison soudée grâce au phénomène de diffusion inter-
métallurgiquement un forgeage. C’est le cas des procédés suivants
cristalline s’exerçant entre les parties mises au contact à l’endroit
appelés par suite procédés par forgeage (figure 1) :
de leur joint.
— le soudage par résistance ;
— le soudage par friction. À noter que, avec le cuivre et l’aluminium, métaux très conduc-
teurs, la liaison s’installe à la température ambiante grâce à une pres-
L’effet mécanique est exprimé en daN/mm2 ; c’est une pression. sion élevée appliquée rapidement : on a un soudage à froid. Le
■ Apport de métal (micro)soudage par ultrasons procède également à froid.
Il est présent dans la plupart des procédés de soudage par fusion Par rapport à l’ensemble des procédés offerts, l’ingénieur adoptera
et particulièrement à l’arc électrique où il s’exerce de façon naturelle selon le cas une attitude de fondeur, de forgeron ou de physicien
ou complémentaire. et bien sûr de métallurgiste.
Le brasage peut être considéré de ce point de vue comme procédé
avec apport de métal, encore que très distinct des autres procédés.
■ Durée ou vitesse d’exécution 2. Pratique du soudage
Ce sont des variables physiques qui traduisent en termes de
puissance ou d’énergie les phénomènes thermiques et qui sont à Indépendamment des phénomènes physiques évoqués ci-dessus,
prendre en compte dans l’installation de la liaison soudée. on définit pour chacun des procédés :
Il existe de nombreuses variantes aux procédés ci-dessus — un outil et sa méthode d’utilisation ; cela peut être une
considérés comme les plus usuels ; ces derniers seront plus parti- machine ;
culièrement décrits dans les articles suivants. — la morphologie et les caractéristiques de la soudure qui en
résultent.

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■ Outils 3.1 Approche en fonction du domaine


Leur structure, leur méthode d’application et la manière de prévoir d’application
l’assemblage découlent naturellement du phénomène dont ils pro-
cèdent. Leurs principes remontent aux inventions de Picard,
Bernandos, Thompson, Kjellberg, Meredith, Patton, Stohr, etc. On a coutume de distinguer trois grands domaines d’application
Nécessairement simples sinon rudimentaires au départ, ils ont du soudage :
évolué avec les progrès des sciences et des techniques pour prendre
— les produits semi-finis ;
aujourd’hui des formes très adaptées, voire sophistiquées, et sou-
— les fabrications mécaniques en général ;
vent réglementées.
— les composants de toutes sortes, se rapportant à deux
Ils peuvent avoir des aptitudes polyvalentes donc très larges sous-domaines relatifs respectivement aux pièces usinées et aux
d’emploi ou, à l’opposé, être spécifiques d’un seul assemblage à assemblages de tôles formées.
réaliser sous une production élevée, par exemple équipement de
mécanosoudure ou machine spéciale de carrosseries automobiles. ■ Produits semi-finis
Induite par la robotisation, on assiste aujourd’hui à une évolution C’est l’ensemble des laminés et profilés simples ou complexes
des équipements qui deviennent des installations programmables de grande longueur, élaborés généralement de façon continue ou
pouvant être dotées de possibilités nouvelles, grâce par exemple à par sections : bandes, feuillards, tubes, poutrelles, flans, panneaux,
des dispositifs d’analyse et de suivi en temps réel. etc., servant ensuite à d’autres constructions soudées ou non. Il
s’agit là de fabrications bien définies et relativement traditionnelles
Quelles que soient leurs formes, les outils doivent être qualifiés où les procédures sont déjà établies à partir de procédés continus :
pour les travaux auxquels on les destine. molettes, arc (ou laser).
■ Dimensions et morphologie des zones affectées On peut noter déjà les limites de certains procédés. En effet, sauf
par la fusion et par la chaleur cas très particuliers, le soudage par faisceaux d’électrons se prête
Elles ont une importance de premier plan dans le comportement mal à ce type d’emploi, car la présence d’une chambre étanche
des assemblages soudés sous les différentes contraintes auxquelles impose des dispositifs de sas difficiles à mettre en œuvre.
ils seront soumis ultérieurement tout au long de leur existence. Parti- ■ Fabrications mécaniques
cipant à la tenue de l’assemblage en service, les soudures doivent
supporter les efforts statiques et dynamiques reçus par la pièce et Entrent dans cette catégorie les assemblages réalisés à partir de
ne doivent pas amener de fragilité dommageable. métaux en planches (plaques, feuilles), de tôles épaisses et/ou de
produits semi-finis, profilés, tubes, etc. et généralement en aciers
Toute soudure induit des déformations locales et retient des au carbone, aciers alliés ou inoxydables. C’est le domaine des
contraintes résiduelles. Elle peut comporter des défauts qui sont à constructions soudées par excellence où les épaisseurs à souder
prendre en compte et à examiner en regard des exigences construc- vont de 5 mm à plus de 100 mm dans la mécanique lourde et où
tives et fonctionnelles. l’on pratique tous types de soudage bord à bord, à clin et en T :
La connaissance de ces effets, leur mesure, les vérifications dont bateaux, ponts, engins, réservoirs fixes et mobiles, structures métal-
ils sont occasionnellement ou systématiquement l’objet entrent liques de toutes sortes, structures mécanosoudées, bâtis, etc. Toutes
dans la validation de l’ensemble de la procédure de soudage et de ces constructions sont réalisées en ateliers, sur chantiers ou les deux
la pièce obtenue, laquelle validation doit satisfaire généralement à : successivement pour la préparation de sous-ensembles avant
— une normalisation, une réglementation ou un code de l’assemblage final sur site. Les procédés retenus sont ceux qui
construction ; mettent en œuvre l’arc électrique sous la forme la mieux adaptée
— un cahier des charges particulier ; en pratique, manuelle, mécanisée, voire automatique.
— des critères de résultat ; Pour les structures mettant en œuvre des aciers inoxydables en
— des exigences quant aux performances des équipements de tôles d’épaisseurs moyennes ou fortes, dont l’appareillage des
soudage et de la qualification des soudeurs ou des opérateurs. industries nucléaire et agro-alimentaire est un exemple typique,
Elle se traduit dans le choix du procédé et se justifie in fine par l’emploi du TIG est généralisé ; on peut utiliser éventuellement le
un résultat technique et économique. faisceau d’électrons et le laser.
Tous ces éléments forment la toile de fond de la sélection du En effet, pour des épaisseurs de l’ordre de 20 mm, il existe actuel-
procédé le plus apte à être appliqué. lement une propension à utiliser des lasers CO2 de puissance 9, 14,
25 et 45 kW pour la construction navale, le nucléaire, l’armement
(construction de blindages, de chars ou de châssis puissants), avec
les avantages d’opérer à la pression atmosphérique, de réaliser des
3. Choix d’un procédé soudures en une passe et d’exécuter avec la même installation la
découpe et le chanfreinage préalables des éléments ; pour des épais-
seurs dépassant 50 mm, on a envisagé l’emploi du faisceau d’élec-
trons au moyen de machines spécifiques diverses, de type
Selon la situation, le choix d’un procédé s’effectuera : ventouses, mais cela est resté marginal.
— par une analogie ou une extrapolation à partir d’une expé-
rience déjà acquise que l’on adaptera ; c’est le cas de ce que nous ■ Composants métalliques : tôles minces ou pièces usinées
appellerons les assemblages conventionnels ; ● Tôles minces planes, formées ou embouties : c’est le domaine
— par nouvelle évaluation. des tôles inférieures à 3 mm soudées entre elles, que l’on trouve
Dans certains domaines où le soudage et les soudures sont dans la construction aéronautique soudée, automobile, le transport
fortement réglementés, le choix du procédé n’est généralement pas en général, les réservoirs fixes ou mobiles, ouverts ou fermés, etc.
libre. On considère :
On peut à l’opposé, comme c’est surtout le cas dans les construc- — les assemblages de structure sur lesquels on peut, selon la
tions dites légères ou de pièces généralement peu sollicitées, dis- spécification, appliquer des soudures continues et/ou discontinues ;
poser d’une grande liberté de choix de la méthode et du procédé — les assemblages étanches où les soudures continues sont
de soudage. Il faut alors adopter une approche qui inclut néces- impératives.
sairement la connaissance des possibilités des différents procédés. On pourra envisager tous les procédés par fusion et par résistance,
par points ou à la molette selon les cas.

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● Pièces usinées : c’est le domaine de la fabrication de compo- (résistance aux contraintes de poussée et de serrage). L’exemple
sants mécaniques, de dimensions petites ou moyennes, de pré- typique est le raboutage de tubes à parois minces réalisé par soudage
cision, où le soudage, relativement peu employé jadis autrement dit orbital par fusion préférable à tout procédé par forgeage.
qu’avec certains procédés par fusion à l’arc, le soudage en bout ou Nota : un exemple typique de solutions multiples est fourni par le raboutage des
le brasage, a pu s’introduire massivement avec les procédés à haute pipelines qui est le plus souvent réalisé sur chantier à l’arc manuel ou en MAG automatique
et qui a été également réalisé par étincelage, à l’arc tournant, par friction et, bien sûr, par
énergie, faisceau d’électrons et laser, ou la friction. Il comprend en faisceaux à haute énergie, faisceau d’électrons et laser.
particulier la fabrication des turbines (hors bâtis) où le soudage peut On peut également signaler le raboutage sur chantier des rails de chemin de fer, réalisé
s’exercer sous toutes ses formes. par aluminothermie et également par soudage par étincelage.
b) 5 < R < 10
On peut mettre en œuvre un procédé continu à condition de
3.2 Approche générale résoudre les problèmes de bords (départ et sortie de cordon) qui
prennent d’autant plus de place et posent d’autant plus de difficultés
Cette approche volontairement sommaire comporte trois types que l’épaisseur est importante et le procédé puissant.
de considérations ayant trait respectivement : c) R > 10 et L < 3 000 mm
— à l’assemblage et à la définition des soudures à réaliser ;
On peut employer indifféremment un procédé global
— à la soudabilité eu égard aux techniques de soudage appli-
(1 mm < e < 3 mm) ou un procédé progressif et dans ce cas :
cables ;
— aux résultats technique et économique recherchés. — si e < 2 à 3 mm, pour une soudure discontinue, on pourra
souder par points lorsqu’un recouvrement sera possible et, pour
■ Définition des soudures. Critères dimensionnels une soudure continue, on pourra souder à la molette si l’on sait
La première question est de préciser au plan de joint le dessin maîtriser le recouvrement lorsque l’on doit obtenir une surépais-
des pièces, déjà défini globalement par la destination et la fonction seur limitée ou nulle ;
de l’assemblage, en fonction du procédé de soudage envisagé et, — pour 0,1 mm < e < 100 mm, tout procédé continu est utilisable :
pour ce faire, déterminer : arc, faisceau d’électrons, laser.
— la position du ou des joints ; ● Autres soudures
— les dimensions de la liaison ; Sont utilisables :
— le dessin des bords (en corrélation avec les différents procédés — pour des épaisseurs inférieures à 5 mm, le soudage par résis-
applicables). tance sur bords tombés en discontinu ;
Cette analyse préliminaire conduit à une première sélection des — par toutes épaisseurs comprises dans les limites pratiques
procédés possibles ; elle s’exécute au bureau d’études. (< 100 mm) et toutes formes de joint, tous procédés par fusion.
En même temps que la soudabilité métallurgique (avec ou sans La figure 2 donne à titre indicatif la corrélation épaisseurs-
pression et métal d’apport, etc.), on doit considérer et définir : procédés dérivée de la considération puissance de la source-masse
— la nature de la liaison soit en bout (raboutage bord à bord pour à chauffer.
la recherche de la continuité et/ou de l’étanchéité ou assemblage ■ Matériaux. Soudabilité
en bout), en considérant la section droite transversale à souder (en
millimètres carrés), soit en T, à clin, par recouvrement autre, etc. ; La sélection du ou des matériaux est en fait une question
— les épaisseurs en présence (en millimètres). préalable mais qui, dans le cas le plus général, reste posée tout au
long de l’étude. Elle comporte la vérification de la soudabilité qui
La notion de section à souder vient ainsi en première considé- n’est pas toujours acquise pour tous matériaux et procédés, encore
ration; elle est intuitive et évidente dans une soudure en bout. Dans que les producteurs visent en permanence à mettre sur le marché
les autres cas, étant globalement bidimensionnelle, la section à sou- des produits que l’on pourra travailler, c’est-à-dire couper, former,
der se ramène à la considération de sa longueur, de sa profondeur assembler, traiter, etc.
(par rapport aux épaisseurs à souder), et du rapport longueur/pro-
fondeur (R = L / e ). L’analyse de la soudabilité est traitée dans l’article Soudage et
● Soudures en bout
soudabilité métallurgique des métaux [M 715] dans le traité Maté-
riaux métalliques.
a) R ≈ 1 à 5
On retiendra ici que la nature du matériau peut avoir une
On ne peut pas employer de procédé continu, uni ou multi- incidence sur le choix du procédé. Elle peut en effet soit confirmer,
passes, par suite de l’effet de bord. On doit appliquer un procédé soit remettre en cause le choix du bureau d’études, sachant que
global, avec forgeage, à trois conditions : l’on est entré dans une phase expérimentale.
— que la section droite de la soudure soit inférieure à 10 000 mm2,
limite supérieure pratique d’une machine, véritable presse, devant ■ Examen économique
développer pour cette section 200 000 daN de poussée ; Cet examen permet de parfaire la démarche et établit le choix
— que l’on puisse travailler en butée (pièces courtes) ou exercer final. Il a deux volets :
sur les extrémités des pièces un effort de serrage 1,5 fois supérieur — il constitue un critère de comparaison qui peut éliminer, pour
au forgeage afin d’éviter tout glissement ou déformation (pièces des questions de coût, certains procédés ;
longues) ; — pour un procédé donné, et en fonction de la destination de la
— que l’on puisse déformer l’assemblage sous l’effet du forgeage, pièce soudée, il établit le compromis coût/qualité et peut influer
la cote finale obtenue étant la cote définitive. sur le niveau technologique de l’équipement de soudage retenu et
Nota : les Russes ont fait la démonstration de soudages « hors limite » qu’ils ont pu sur la procédure.
développer et appliquer, cela a permis d’apporter des précisions sur les domaines
pratiques des différents procédés. Il est fondé sur le calcul du prix de revient de la pièce soudée selon
La friction n’est à considérer que si la section est circulaire et les diverses solutions techniques envisageables. Ce calcul n’offre
seulement si l’on peut faire tourner librement l’une des pièces. aucune difficulté particulière.
Si l’assemblage n’est pas déformable et à condition que la section Au plan des investissements, le tableau 1 donne de façon indi-
n’excède pas 100 mm2, on pourra envisager le brasage avec un cative les prix comparés d’installations de soudage classiques. Il n’y
moyen de chauffage approprié. est pas tenu compte du degré de précision et d’automatisme des
installations, qui influe sur leurs prix dans des proportions impor-
Pour des pièces creuses, il faut considérer l’épaisseur relative de tantes. (0)
la paroi par rapport aux dimensions globales, car on ne peut souder
sous effort s’il n’existe pas de raideur suffisante au niveau des bords

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Figure 2 – Correspondance épaisseurs-procédés

Tableau 1 – Coûts relatifs des installations 4. Hygiène et sécurité


Arc : électrode enrobée (fixe) 1
électrode enrobée (mobile) 3 Les installations de soudage doivent, comme toute autre, satisfaire
arc submergé 10+ la réglementation en vigueur sur les règles d’hygiène et de sécurité.
sous laitier 20+ On se reportera utilement aux articles spécialisés traitant des pro-
TIG manuel 2 blèmes de sécurité des machines en général dans les domaines élec-
— alternatif 2,5 trique, mécanique et opératoire. Nous ferons ici seulement référence
— pulsé 5 aux problèmes spécifiques au soudage qui sont essentiellement des
TIG/plasma 2,5 problèmes :
TIG automatisé 20 à 100+ — de sécurité électrique liés à la nature des outils qui sont, en
MIG/MAG 2+ soudage manuel, tenus à la main par l’opérateur ;
goujons 4 — de rayonnement de lumière d’arc ;
— d’émission de rayonnements laser ;
Résistance (points/molettes) 2 à 15+
— d’émission de rayonnements X ;
Étincelage 5 à 50+ — d’émission de matières pulvérulentes, de fumées et de vapeurs
toxiques ;
Chalumeau 0,2
— liés à la présence de potentiels élevés.
Faisceau à haute énergie : faisceau d’électrons 25 à 250+
laser 25 à 250+ ■ Problèmes liés à la nature de l’outil
● Électriques : ils existent en soudage manuel à l’arc, ils sont liés
Friction 25 à 250+
au fait que l’une des bornes de sortie du générateur arrive directe-
Prix indicatifs minimaux moyens d’installations bas de gamme, hors ment sur la torche au moyen d’un câble de forte section et peut alors
mécanisation et automatisation, sauf pour le faisceau d’électrons et le laser. donner lieu à un contact direct avec une partie du corps, par ailleurs
en contact accidentel avec la terre à travers un sol humide d’atelier
Enfin, les normes de sécurité de plus en plus complètes et ou de chantier, c’est-à-dire dans des conditions de conduction favo-
sévères ne sont pas sans effets sur les investissements et les coûts rables, donc dangereuses. La réglementation précise pour cela :
d’exploitation (§ 4). — des tensions secondaires de générateurs à vide inférieures au
seuil de 100 V crête (100 V continu et 80 V alternatif) ;
— une double isolation primaire/secondaire des générateurs et
une mise à la borne terre des carcasses et autres paquets de fer,
ladite borne devant être reliée par le branchement du générateur à
la terre de l’alimentation ;
— des câbles secondaires résistant mécaniquement lorsque le
poste de travail est mobile par rapport au générateur.

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Entrent également dans ce cas les ruptures diverses de câbles ou ■ Problèmes de rayonnements X
de connexions qui peuvent devenir dangereuses. Les câbles de Ils sont le fait des installations de soudage à faisceau d’électrons
soudage ne doivent être l’objet d’aucune tension mécanique. mettant en œuvre des potentiels de 60 kV ou de 150 kV. Les électrons
● Mécaniques : ce sont les risques découlant, pour les petites accélérés à ce potentiel et percutant une cible métallique provoquent
machines et les pinces, de la fermeture pneumatique des électrodes une émission X plus ou moins intense dont il convient de se protéger.
et des dispositifs de serrage à proximité des mains de l’opérateur. Les machines doivent, à ce titre, être conformes à la réglementation
De telles installations sont en principe interdites si le poste de travail et faire l’objet d’un contrôle avant livraison et de contrôles en cours
n’est pas doté de deux boutons de commande. Mais cette disposi- d’usage. En général, l’épaisseur des parois d’enceinte des machines
tion n’est pas toujours possible et il convient de traiter les situations à 60 kV sont calculées dans ce but. Les machines à 150 kV doivent
cars par cas. être plombées en conséquence.
■ Problèmes de rayonnement lumineux Les canons extérieurs doivent être l’objet de protection X.
Ils concernent directement l’opérateur mais également l’environ- ■ Problèmes d’émission de fumées
nement. Elles sont dues à la production de vapeurs et poussières diverses
● L’opérateur, lorsqu’il est manuel, porte nécessairement un en provenance de l’enrobage des électrodes, des gaz occlus dans
casque spécial avec verre inactinique adapté à la nature du rayonne- les matériaux et se dégageant sous l’effet de la température, ainsi
ment, celui-ci pouvant varier entre un arc électrode et un arc TIG que des produits de décapage et de dégraissage utilisés dans la
beaucoup plus violent vers les ultraviolets. La nécessité de préserver préparation des pièces et non complètement éliminés. On exige
la vue par un éclairement limité sans affecter la vision profes- deux types de mesures préventionnelles :
sionnelle est un choix à faire de façon soigneuse. Les arcs TIG sont
— une aspiration locale, qui sera selon le cas et la nature de l’équi-
de nature à affecter les parties du corps, autres que les yeux,
pement, soit une aspiration fixe placée au plus près de la zone d’arc,
exposées au rayonnement et provoquer des brûlures profondes ; de
soit une aspiration combinée avec le masque du soudeur ;
là, l’impératif pour le soudeur de travailler avec des vêtements
— une aspiration globale intéressant toute la cabine et éjectant
protecteurs très couvrants au cou et aux mains.
directement ou après filtrage tous les dégagements volatils.
● Le rayonnement puissant des arcs de soudage impose éga-
lement le travail en cabines. Des cloisons et rideaux en matière À noter que toutes les installations de soudage en cabines auto-
souple, bloquant le rayonnement, doivent être interposés pour matiques ou non, dont les machines laser, doivent faire l’objet d’une
protéger l’environnement immédiat. aspiration de fumées.

■ Problèmes de rayonnements laser ■ Problèmes de haute tension


Ils concernent les installations mettant en œuvre des rayonne- Les installations à faisceau d’électrons et laser comportent des
ments puissants YAG (Yttrium Aluminium Garnet) ou CO 2 . Les potentiels hautement dangereux de plusieurs dizaines de kilovolts.
différents rayonnements laser sont répartis selon la puissance, en Il convient de vérifier que les machines sont conformes à la
plusieurs classes répondant chacune à un degré de protection donné. réglementation relative à ces domaines, qui exige entre autres un
Cela se traduit par l’impératif d’enfermer les installations dans des verrouillage du contacteur de puissance, lors d’interventions d’entre-
enclos étanches aux rayons, en plexiglas (CO2) ou en tôle (YAG), tien, par un système de clés et de serrures interdépendantes. Les
interdisant les accès aux zones non protégées lors du service normal techniciens travaillant dans ces domaines doivent être formés en
et lors des opérations d’entretien. Des ouvertures d’accès verrouil- conséquence et doivent prendre, lors d’interventions dans les parties
lables et connectées à l’émission doivent être prévues pour le char- chaudes, des précautions parfaitement réglementaires : éloigne-
gement et le déchargement. ment, cannes de mise à la terre, trépieds isolants, etc.
Les opérateurs laser, surtout ceux des services d’entretien suscep- La réglementation actuelle exige que tous les opérateurs soient
tibles de déverrouiller les sécurités pour des questions d’accès, sont formés en conséquence. Pour ce faire, des organismes spécialisés
à protéger en priorité et leur vue à surveiller périodiquement. ainsi que les constructeurs dispensent des cycles de formation
adaptés à toutes les situations.

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