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Synthèse

Ann Biol Clin 2014 ; 72 (2) : 178-84

Pièges de l’interprétation des anticorps anti-HLA


par technologie LuminexTM
Pitfalls in interpreting anti-HLA antibodies by LuminexTM technology

Virginie Moalic-Allain Résumé. La technologie LuminexTM est devenue incontournable pour la détec-
Laboratoire de génétique moléculaire et tion et l’identification des anticorps anti-HLA. Il s’agit de la technique la plus
d’histocompatibilité, Pôle de pathologie sensible pour détecter les anticorps anti-HLA chez les patients transplantés et
biologie, CHRU Morvan, Brest
<virginie.moalic@chu-brest.fr>
chez les patients en attente d’un greffon. Elle a modifié la stratégie utilisée pour
appréhender la compatibilité tissulaire entre donneur et receveur. Cependant,
la pertinence clinique des anticorps détectés n’est pas complètement connue,
car cette technique est soumise à de nombreux artefacts ou interférences, qui
compliquent l’interprétation des résultats pour les biologistes et les cliniciens.
L’objectif de cet article est d’expliquer cette technique tout en se concen-
trant sur les questions émergentes concernant les performances techniques et
l’interprétation des résultats. Nous devons bien garder à l’esprit que les résultats
rendus peuvent modifier la prise en charge des patients immunisés, leur aptitude
à recevoir un greffon et leur suivi post-greffe.
Mots clés : anticorps anti-HLA, LuminexTM , greffe, artefacts, résultats faux
positifs

Abstract. The LuminexTM technology has become an important tool for HLA
antibody screening and identification. This is the most sensitive technology to
detect HLA antibodies for transplant patients and patients on awaiting list, and it
has ushered a new strategy to determine HLA compatibility between donor and
recipient. Moreover, the clinical relevance of all detected anti-HLA antibodies
is not well understood, because this technique was shown to be prone to many
artefacts or interferences, leading to a complicated interpretation for biologists
and clinicians. Our objective in this article is to provide a careful consideration
about this solid phase assay, and to focus attention on raised questions about
technical performance and interpretation of the results. We should keep in mind
that our results could change the clinical management of sensitized patients,
their aptitude to receive a graft, and their follow-up.
Key words: anti-HLA antidody, LuminexTM , artefact, graft, false positive
Article reçu le 04 novembre 2013,
accepté le 03 février 2014 results

L’apparition des techniques de détection des anticorps anti- anticorps anti-HLA, aussi certains ont peut-être eu ten-
HLA en phase solide telles que la technologie LuminexTM dance à considérer la technique historique de détection
a révolutionné le suivi des candidats à diverses transplan- des anticorps anti-HLA dénommée microlymphocyto-
tations et le suivi des patients greffés. La technologie toxicité complément dépendante (LCT) comme obsolète.
doi:10.1684/abc.2014.0940

LuminexTM a augmenté la sensibilité de détection des Cependant, certaines interrogations demeurent quant à
l’utilisation de la technique LuminexTM à bon escient. En
effet, quelle est la pertinence clinique de tous les anti-
corps détectés par cette technique ? Sont-ils tous délétères
Tirés à part : V. Moalic-Allain pour le greffon ? La technique en elle-même est soumise
Pour citer cet article : Moalic-Allain V. Pièges de l’interprétation des anticorps anti-HLA par technologie LuminexTM . Ann Biol Clin 2014 ; 72(2) : 178-84
178 doi:10.1684/abc.2014.0940
Anticorps anti-HLA par technologie LuminexTM

à de nombreuses interférences externes (traitement du – l’identification d’anticorps anti HLA utilise des kits dont
patient) ou aléas propres au protocole d’utilisation. Deux les billes sont recouvertes avec des antigènes HLA purifiés
problèmes majeurs restent l’absence de standardisation de de classe I ou de classe II, issus d’un seul individu ;
protocole d’utilisation et l’absence de consensus concer- – la technique dite de « single antigen » ou SA utilise
nant l’interprétation des tests entre fournisseurs et entre des kits dont les billes sont recouvertes avec un antigène
laboratoires. Cet article se propose de faire le point sur la HLA recombinant correspondant à une seule spécificité
détection des anticorps par technologie LuminexTM , notam- HLA de classe I (HLA-A, HLA-B ou HLA-C) ou à une
ment sur les difficultés rencontrées au quotidien par les ou deux spécificités HLA de classe II (HLA-DRB1, HLA-
laboratoires lors de l’utilisation et de l’interprétation des DQB1/DQA1 ou HLA-DPB1/DPA1).
tests faits en routine.

Avantages et intérêt de la technique


TM
Principe de la technique Luminex LuminexTM en greffe d’organes
La technologie LuminexTM existe désormais depuis plu- Les avantages de la technique LuminexTM sont nom-
sieurs années et est couramment utilisée pour la recherche breux. Elle est plus sensible pour la détection des anticorps
et l’identification des anticorps anti-HLA. Les anticorps anti-HLA que les autres techniques utilisées, telles que
anti-HLA préformés avant greffe sont associés à un rejet la lymphocytotoxicité complément dépendante (LCT), la
humoral hyper aigu ou aigu, les anticorps anti-HLA appa- technique Elisa ou la cytométrie en flux [3]. Elle per-
raissant de novo post-greffe sont associés à un rejet met de mieux analyser les sérums des patients fortement
humoral aigu ou chronique, et jouent un rôle dans la immunisés et d’identifier plus précisément des spécificités
néphropathie chronique d’allogreffe. Parmi ces anticorps, d’anticorps. Ainsi, elle permet de déterminer des spécifici-
il existe des anticorps directement dirigés contre un anti- tés non trouvées par LCT, telles les anticorps anti HLA-C,
gène du greffon, il s’agit de DSA (donor specific antibody) anti HLA-DQA1 et anti-HLA DP. De plus, elle permet
[1]. aussi de déterminer que les anticorps sont plus spécifiques
La technologie LuminexTM consiste en une technique de d’épitopes que d’antigènes HLA, chaque anticorps étant
multiplexage de billes de polystyrène, alliant une technique capable de se lier à plusieurs épitopes, définis par quelques
de cytométrie en flux à deux lasers. Les billes utilisées incor- acides aminés communs à plusieurs antigènes HLA
porent deux fluorochromes, qui, lorsqu’ils sont excités par [4-6]. On peut également définir des anticorps spécifiques
le premier laser, réémettent des longueurs d’onde dans le d’allèles, qui seront formés chez des patients appartenant
rouge (675 nm) et l’infra-rouge (supérieur à 712 nm), créant au même groupe HLA, par exemple détecter un anti-
ainsi un signal permettant d’identifier la bille. En faisant corps anti-HLA-A*24:02 chez un receveur HLA-A*24:03
varier la proportion des deux fluorochromes dans chacune [3].
des billes, on peut obtenir au moins un jeu de 100 billes Cette technique est utile en pré greffe et en post greffe. Chez
différentes. Les billes ainsi créées sont ensuite recouvertes les patients immunisés, en attente de greffe, elle permet de
d’antigènes HLA d’une ou plusieurs spécificités données. définir des anticorps anti-HLA, et de connaître ainsi le panel
La fixation de l’anticorps du patient sur l’antigène de la bille de spécificités antigéniques HLA qui seront acceptées (anti-
sera révélée par l’utilisation d’un conjugué à base d’anti corps négatif) ou non (anticorps positif) par le receveur. On
immunoglobuline humaine marquée à la phycoérythrine. peut ainsi établir un risque de rejet humoral aigu du gref-
Ce dernier fluorochrome lorsqu’il est excité par le second fon en fonction du niveau de fluorescence des DSA obtenu
laser, donne un signal de réémission de longueur d’onde par LuminexTM , le rejet aigu humoral impactant fortement
à 575 nm, permettant ainsi d’identifier une réaction posi- la survie du greffon [7-9]. Ceci peut donc permettre de
tive à la surface de la bille. Ce second signal donne une guider le clinicien pour l’acceptation d’un greffon chez les
idée de la quantité d’anticorps fixé par la mesure de la fluo- patients immunisés en se basant sur le cross-match virtuel,
rescence exprimée en intensité moyenne de fluorescence c’est-à-dire en confrontant le typage HLA du donneur avec
(MFI) [2]. le répertoire de spécificités antigéniques HLA acceptées par
Plusieurs kits commerciaux sont disponibles, deux sociétés le receveur [10, 11].
les fabriquent (sociétés One Lambda® et Immucor Trans- Un autre intérêt de cette technique est son utilisation pour
plant & Molecular Diagnostics® ) : le suivi de l’efficacité des protocoles de désensibilisation,
– le screening d’anticorps anti-HLA utilise des kits dont réalisés chez des patients très fortement immunisés contre
les billes sont recouvertes avec un pool d’antigènes HLA le système HLA, inscrits depuis de nombreuses années sur
purifiés de classe I et de classe II, issus de multiples indivi- liste d’attente et ayant peu ou pas de proposition de gref-
dus ; fon. Le traitement des patients par échanges plasmatiques,

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immunoglobulines IV et dans certains cas par d’autres DQ␣ du non-soi, et 62 % ont des anticorps contre leur
agents tels les anti-CD20 peuvent diminuer le taux et la propre chaîne DQ␣ associée à une chaîne DQ␤ du non-soi
force des anticorps anti-HLA, le but étant d’obtenir un [20].
cross-match de greffe négatif en lymphocytotoxicité, cross-
match qui est l’analyse ultime réalisée pour décider de la
faisabilité de la greffe [12]. Le niveau de fluorescence des
anticorps exprimé par la MFI permet de suivre l’efficacité Difficultés d’interprétation
du traitement lorsque celle-ci décroît [13, 14]. En post-
greffe, la présence d’un DSA n’était pas souvent détectée Absence de standardisation concernant
par LCT avant transplantectomie ou rejet avéré. Cela était l’attribution d’une réaction positive ou négative
dû à l’absorption massive du DSA sur le greffon, ce qui Il n’existe pas à l’heure actuelle de standardisation et de
conduisait à avoir un taux circulant faible de l’anticorps. consensus définis pour l’interprétation des tests. Il existe
Avec la technique LuminexTM , le DSA peut être détecté une variabilité des tests entre les fournisseurs (concordance
même si le taux circulant d’anticorps est bas [15]. De nom- globale variant de 73 % à 85 % pour les tests de single anti-
breuses études ont montré que la présence d’un DSA en gen) [21, 22], ainsi qu’une variabilité dans l’interprétation
post-greffe peut être associée ou non avec une diminution des résultats par les biologistes des différents laboratoires.
de la survie du greffon, et la survenue d’épisodes de rejet. Toute la difficulté concerne l’établissement d’un cut-off de
Les résultats sont controversés et l’article de Roelen et al. positivité basé sur l’obtention de la MFI des billes. La stan-
répertorie les principales études de ces dernières années sur dardisation semble également problématique au regard de
le sujet [16]. la densité antigénique des molécules HLA recouvrant les
billes. La densité antigénique à la surface des billes n’est
pas forcément identique à celle à la surface des cellules. La
quantité d’anticorps fixé sur la bille et donc le niveau de
Pertinence clinique des anticorps fluorescence observé dépendent de l’affinité de l’anticorps
anti-HLA et de la densité antigénique de la bille. Pour le suivi d’un
patient, il faudrait comparer le niveau de fluorescence d’un
La pertinence clinique des anticorps anti-HLA détectés par anticorps, uniquement avec le même lot de billes, et après
technologie LuminexTM demeure nébuleuse. En effet, il normalisation de la fluorescence en fonction de la densité
n’est pas évident que tous les anticorps détectés aient un antigénique de l’antigène sur les billes [23]. Une autre unité
réel rôle dans le rejet et la survie du greffon, la technique de fluorescence peut être employée à la place de la MFI pour
étant très sensible, voire trop sensible, et impactée par de essayer de réduire la variabilité analytique et pour compa-
nombreuses interférences. Ainsi, les études sont contradic- rer les résultats entre laboratoires. Il s’agit de la MESF
toires [17-19]. Lors de l’interprétation des anticorps, il faut (molecules of equivalent soluble fluorochromes) [9].
toujours garder à l’esprit les failles de la technique, afin de La MFI permet d’assigner la positivité ou la négativité d’un
ne pas adjuger trop de spécificités d’anticorps à un patient, anticorps. Chaque laboratoire définit son seuil de positivité.
ce qui pénalise son accès à la greffe. Par contre, il ne faut pas De nombreuses études ont identifié en pré greffe des DSA,
non plus méconnaître un éventuel DSA, pouvant générer un qui n’ont finalement pas positivé le crossmatch réalisé en
rejet et la perte du greffon. L’attribution en post greffe d’un LCT ou en cytométrie en flux, ni engendré de rejet aigu
DSA, dont la relevance clinique n’est pas bien établie peut du greffon [3]. L’étude de Liu et al. montre qu’un cut-
aussi conduire le patient à recevoir une forte dose inutile off de positivité de MFI à 2 685, ou qu’un ratio de MFI à
de traitement immunosuppresseur. Il faut toujours baser 0,21 (rapport des MFI des billes tests sur la MFI de la bille
l’interprétation des anticorps en connaissant le typage HLA contrôle positif) sont bien corrélés aux résultats de cross
du patient et son historique d’immunisation, les anticorps match LCT, au moins pour les spécificités d’anticorps anti-
anti-HLA apparaissant après trois situations cliniques telles HLA-A, HLA-B ou HLA-DR. Par contre, les anticorps anti-
qu’une grossesse, une transfusion sanguine ou une trans- HLA-DQ sont plus problématiques car il faut une valeur
plantation. Il faut également s’assurer que les anticorps anti- plus élevée de MFI (MFI à 12 208) pour positiver le cross
HLA rendus positifs n’incluent pas d’épitopes communs match LCT [24].
aux antigènes HLA du soi du patient. Par exemple, Il existe également des anticorps anti-HLA parfois détectés
Tambur et al. ont montré que parmi les patients immunisés en LuminexTM chez des patients sans cause d’immunisation
avec des anticorps anti HLA-DQ, 71 % ont des anticorps connue. Une étude de 2008 rapporte la présence d’anticorps
reconnaissant au moins une bille portant le DQ du patient anti-HLA détectés par LuminexTM Single Antigen chez des
lui-même. Parmi ces 71 % de patients, 34 % ont des anti- hommes sans cause d’allo-immunisation HLA connue :
corps contre leur propre chaîne DQ␤ associée à une chaîne 43 % des hommes de la cohorte présentent des anticorps

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Anticorps anti-HLA par technologie LuminexTM

anti-HLA de classe I, 11 % des anticorps anti-HLA de classe a pour conséquence d’exposer des nouveaux épitopes appe-
II, et 12 % des anticorps anti-HLA de classe I et II [25]. Pour lés épitopes cryptiques, qui peuvent être la cible d’anticorps
l’étude de Gombos et al., le pourcentage de patients détec- détectés [29-32]. On parle alors d’anticorps contre les anti-
tés positifs en anticorps anti-HLA par LuminexTM alors gènes dénaturés et ceux-ci n’auraient pas d’impact délétère
qu’il n’existe pas chez eux de cause d’immunisation monte sur la survie du greffon [30, 33, 34]. Une réactivité contre
à 77 % [26]. des antigènes dénaturés sera suspectée devant des résul-
tats discordants de recherche d’anticorps en cytométrie en
Réactions croisées et anticorps naturels contre flux (résultat négatif contre des antigènes natifs intacts
des épitopes exposés sur cellules) et en LuminexTM (résultat positif contre des
antigènes possiblement dénaturés par fixation sur bille).
Il est désormais bien établi que la technique LuminexTM
Traiter les billes à l’acide permet de mettre en évidence
peut donner des faux positifs. Dans ce cas, il pour-
cette réactivité, l’acide dénaturant entièrement les molé-
rait s’agir d’anticorps anti-HLA dits « naturels ». Ces
cules HLA fixées sur billes. Un sérum contrôle positif ne
anticorps pourraient être la conséquence d’une réponse
contenant que des anticorps dirigés contre des antigènes
immune polyclonale continue contre des antigènes exo-
HLA dans leur conformation native voit sa réactivité annu-
gènes comme les agents bactériens (streptocoque M1,
lée après traitement, ce qui n’est pas le cas de sérums des
lipopolysaccharide d’E. coli ou de salmonelle), des agents
patients avec anticorps contre des antigènes dénaturés [29].
viraux (rétrovirus, herpesviridae), des protéines de viandes,
L’autre solution est d’utiliser le kit IbeadsTM commercia-
ou différents autres allergènes présentant des motifs pep-
lisé par One LambdaTM , ce kit ne comportant que des billes
tidiques communs avec les molécules HLA de classe
recouvertes d’antigènes natifs. Un profil bille SA classique
I [25, 26]. Il existe également des motifs peptidiques
positif, billes SA traitées à l’acide positif et Ibeads négatif
communs entre les molécules HLA de classe I classiques
oriente vers la présence d’anticorps contre des antigènes
(loci HLA-A, HLA-B et HLA-C) et les molécules HLA-E
dénaturés [34].
(molécules HLA de classe I non classiques), ce qui génère
un problème de réactivité croisée. Les anticorps anti-HLA
de classe I détectés sont parfois des anticorps anti-HLA-E Saturation des billes par les anticorps
[27, 28]. Il n’existe pas en l’état actuel de la littérature Le pourcentage d’immunisation d’un patient et la force
d’étude rapportant la pertinence clinique des anticorps natu- du signal fluorescent observé peuvent être identiques sur
rels dans le rejet et la survie des greffons. sérums dilués et non dilués. Cela traduit une saturation
La positivité d’un anticorps dépend également du cut-off de des billes [35]. La densité des antigènes sur les billes n’est
fluorescence employé. Le seuil de positivité est générale- absolument pas corrélée avec la densité des antigènes à la
ment de 1 000, la plupart des anticorps naturels réagissent surface cellulaire in vivo [36]. Sur les billes des tests de
avec des fluorescences entre 1 000 et 5 000, mais cer- single antigen, la densité antigénique est élevée. Les anti-
tains ont parfois une MFI supérieure à 14 000, ce qui corps peuvent se fixer de façon bivalente, ce qui accroit la
montre qu’augmenter un peu le cut-off ne permet pas tota- sensibilité du test. En effet, la fixation bivalente des IgG
lement de s’affranchir des faux positifs engendrés [26]. sur les antigènes permet de détecter de plus faibles taux
Morales-Buenrostro et al. ont démontré que les faux positifs d’anticorps qu’une fixation monovalente, d’où la meilleure
observés sont bien souvent dirigés contre des spécificités sensibilité du test de single antigen par rapport au test de
rares à savoir HLA-A*30:02, A*31:01, B*15:12, B*82:01 dépistage et d’identification. L’effet pervers est qu’une trop
et C*17:01 [25]. Par contre, Gombos et al. identifient dans forte densité antigénique induit une trop forte fixation des
le même cas des spécificités plus fréquentes dans la popula- IgG, qui s’agrègent à la surface des billes et qui ne sont plus
tion générale, telles que HLA-A*24:02, B*08:01, B*44:02, accessibles pour la fixation du conjugué [37].
C*05:01 et DQB1*03:01 [26].
Variations purement techniques
Antigènes HLA dénaturés sur les billes
Les variations observées sur les essais peuvent être d’ordre
et anticorps détectés contre
purement technique. Les résultats des anticorps en tech-
des antigènes cryptiques
nique LuminexTM varient selon les réactifs (variation entre
Des faux positifs sont également générés par un autre fournisseurs et entre lots d’un même fournisseur), selon
phénomène. En effet, les molécules HLA en se liant à la les séries, selon le protocole utilisé et l’opérateur. Des
surface des billes peuvent perdre leur conformation native étapes de lavages insuffisants peuvent entraîner des résultats
obtenue quand elles sont à la surface de la cellule. Lors faussement négatifs par blocage de l’immunoglobuline du
de la préparation des billes, la purification et la fixation conjugué par des immunoglobulines résiduelles. Des temps
aux billes peuvent altérer cette conformation initiale. Ceci d’acquisition importants indiquent un mauvais volume

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réactionnel de billes [38]. Une étude de Reed et al. compare le complément chez les patients greffés rénaux est esti-
les spécificités d’anticorps anti-HLA détectées par les deux mée à 40 % et leur capacité à générer des dommages au
fournisseurs en standardisant le protocole (volume réac- greffon est encore en débat [3]. Les effets des anticorps
tionnel, temps d’incubation, étapes de lavages. . .). Cela pourraient être soumis à la classe d’immunoglobulines
démontre que la standardisation permet de diminuer les à laquelle ils appartiennent, les sous-classes d’IgG1 et
variations de MFI des billes entre les deux fournisseurs d’IgG3 fixant le complément se montrant souvent plus délé-
de 62 à 25 %. De plus, en prenant un cut-off commun de tères pour le greffon. La capacité des anticorps anti-HLA
positivité de MFI autour de 1 000-1 500, les spécificités à fixer le complément détermine leur potentiel délétère,
d’anticorps anti-HLA retrouvées par les deux fournisseurs puisque les patients greffés rénaux présentant ces anticorps
sont concordantes à 90 % [39]. ont plus d’inflammation micro vasculaire et de dépôt de
la fraction C4d du complément sur les biopsies rénales
[45]. La fixation des anticorps anti-HLA à la fraction C1q
Interférences dues au sérum lui-même du complément, qui est la première étape de l’activation
ou aux thérapeutiques reçues par le patient de la voie classique du complément, détermine leur pou-
Les variations observées sur les essais peuvent être la consé- voir cytotoxique. L’utilisation du kit C1qscreenTM de chez
quence d’interférences dues au sérum lui-même, à certaines One LambdaTM permet de détecter les anticorps fixant le
thérapeutiques ou à l’état du patient. Il a été démontré que complément, donc les anticorps cytotoxiques, qui étaient
des évènements pro inflammatoires tels qu’un trauma ou également mis en évidence par la technique historique de
une infection peuvent augmenter à la fois le taux et la force lymphocytotoxicité, mais avec un manque de sensibilité et
d’anticorps anti HLA [40, 41]. Les interférences peuvent de spécificité. Une étude française récente regroupant une
augmenter le bruit de fond de fluorescence ou empêcher la cohorte de 1 016 patients greffés rénaux a permis de démon-
liaison des anticorps sur les antigènes des billes. Zachary trer que les patients ayant des anticorps anti-donneur (DSA)
et al. ont démontré que l’inhibition des tests LuminexTM fixant le C1q ont un taux de survie du greffon rénal à 5
par des facteurs présents dans le sérum des patients était ans plus bas (54 %) par rapport à celui de patients pré-
due dans 25 % des cas à la présence d’IgM [38]. Ainsi, des sentant des DSA ne fixant pas le complément (92 %) ou
taux élevés d’IgM ou d’immuns complexes peuvent être aux patients sans DSA (94 %) [45]. La détection de DSA
gênants. Les immuns complexes peuvent être éliminés par fixant le complément en post greffe permet de stratifier le
plasmaphérèse, ce qui n’est pas le cas des IgM, qui seront risque de rejet, puisque les patients avec DSA positifs fixant
détruites en prétraitant les sérums avec du dithiotréitol ou le complément présentent des lésions rénales plus impor-
DTT [38]. Kosmoliapstis et al. préconisent de traiter au tantes avec une inflammation micro vasculaire massive, une
DTT en routine avant et après transplantation, les sérums augmentation de dépôt de la fraction C4d du complément.
des patients pour éviter les blocages de la technique par des L’étude de Smith et al. montre également que les DSA
IgM [42]. La dialyse hypotonique peut abaisser la réactivité détectés par LuminexTM fixant la fraction C4d du complé-
du témoin négatif des kits, tandis que le DTT l’augmente. ment, représente un bon marqueur pour prédire une faible
Les deux augmentent la réactivité du témoin positif du kit survie des greffons cardiaques [46]. L’étude de Mizutani
[38]. Les interférences peuvent toucher parfois uniquement et al. montre que les anticorps qui fixent le C4d ont la plus
les anticorps de classe I, ou les anticorps de classe II ou les forte réactivité de fluorescence en LuminexTM [47].
deux. Cela est dû à la variation antigénique à la surface des
billes ou à la présence d’une IgM spécifique d’une classe
HLA. Influence de l’effet prozone
Des traitements comme la thymoglobuline, de fortes doses Certains sérums contenant des forts taux d’anticorps ne
d’immunoglobulines intraveineuses, l’éculizumab ou le sont positifs en LuminexTM qu’après dilution au 1/10e du
bortezomib génèrent aussi des interférences [38, 43]. Des sérum. C’est l’effet prozone, qui est observé sur sérum et
anticorps anti HLA « naturels » peuvent aussi être détectés non sur plasma prélevé sur EDTA. L’EDTA étant un ché-
après implantation d’un dispositif d’assistance ventriculaire lateur du calcium, cela suggère comme origine un facteur
gauche chez les patients en attente de greffe cardiaque [44]. calcium dépendant. La fraction C1 du complément est cal-
cium dépendante et interagit avec les IgG. La compétition
pour les IgG qui se crée entre le C1 et le conjugué du test
Influence du système du complément
est à l’origine de ce phénomène, qui peut être annulé par 4
La technologie LuminexTM utilisant les tests classiques de types de traitement du prélèvement :
screening et d’identification d’anticorps anti-HLA ne dis- – ajouter de l’EDTA au sérum ;
tingue pas les anticorps fixant le complément et ceux ne – ajouter du C1Inhibiteur qui se lie au C1 et clive les
le fixant pas. La proportion des anticorps ne fixant pas composants C1r et C1s ;

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Anticorps anti-HLA par technologie LuminexTM

– inactiver le sérum par la chaleur (30 minutes à 56 ◦ C), ce 4. Proust B, Kennel A, Ladrière M, Kessler M, Perrier P. Unexpected anti-
HLA-DR and -DQ alloantibodies after nephrectomy of an HLA-DR and
qui dénature la structure protéique du C1 ; -DQ identical first renal transplant. Transpl Immunol 2009 ; 21 : 166-8.
– pré incuber le sérum avec du dithiotréitol (DTT), qui
coupe les ponts disulfure de la fraction C1q. 5. Duquesnoy RJ, Marrari M. Correlations between Terasaki’s HLA class
I epitopes and HLA Matchmaker-defined eplets on HLA-A, -B and -C
En utilisant du sérum non dilué, les billes des tests sont antigens. Tissue Antigens 2009 ; 74 : 117-33.
saturées par les IgG du patient. Ces dernières sont donc très
proches, et peuvent fixer et activer le C1. L’encombrement 6. Marrari M, Duquesnoy RJ. Correlations between Terasaki’s HLA class
II epitopes and HLA Matchmaker-defined eplets on HLA-DR and -DQ
stérique ainsi créé empêche la fixation du conjugué anti-IgG antigens. Tissue Antigens 2009 ; 74 : 134-46.
humaine marqué à la phycoérythrine. La dilution du sérum
réduit à la fois la saturation des billes par les IgG et dilue la 7. Lefaucheur C, Loupy A, Hill GS, Andrade J, Nochy D, Antoine C,
et al. Preexisting donor-specific HLA antibodies predict outcome in kid-
concentration de C1, modifiant ainsi l’encombrement sté- ney transplantation. J Am Soc Nephrol 2010 ; 21 : 1398-406.
rique et rendant accessible le conjugué aux IgG fixées sur
les antigènes des billes. Il a également été observé que le 8. Gloor JM, Winters JL, Cornell LD, Fix LA, DeGoey SR, Knauer RM,
et al. Baseline donor-specific antibody levels and outcomes in positive
complément est détruit lorsque le sérum est conservé 3 jours crossmatch kidney transplantation. Am J Transplant 2010 ; 10 : 582-9.
à température ambiante, et l’effet prozone n’est pas observé
sur un sérum conservé dans ces conditions [48]. 9. Mizutani K, Terasaki P, Hamdani E, Esquenazi V, Rosen A, Miller J,
et al. The importance of anti-HLA-specific antibody strength in monito-
L’évolution de la détection et de l’identification des anti- ring kidney transplant patients. Am J Transplant 2007 ; 7 : 1027-31.
corps anti-HLA par la méthode LuminexTM a inauguré
une nouvelle stratégie de prise en charge des patients en 10. Amico P, Hirt-Minkowski P, Hönger G, Gürke L, Mihatsch MJ,
Steiger J, et al. Risk stratification by the virtual crossmatch : a prospective
attente de greffe et des patients greffés. Cette technologie, study in 233 renal transplantations. Transpl Int 2011 ; 24 : 560-9.
par l’accroissement de la sensibilité, permet de détecter de
faibles taux d’anticorps non détectables par LCT, et de défi- 11. Mulley RW, Kanellis J. Understanding crossmatch testing in organ
transplantation : a case-based guide for the general nephrologist. Nephro-
nir avec précision les spécificités HLA contre lesquelles logy 2011 ; 16 : 125-33.
sont dirigés les anticorps. Par contre, elle demeure soumise
à de nombreux artefacts, qui doivent être connus des biolo- 12. Tait BD, Hudson F, Cantwell L, Brewin G, Holdsworth R, Bennett G,
et al. Review article : Luminex technology for HLA antibody detection in
gistes afin de ne pas délivrer aux cliniciens des informations organ transplantation. Nephrology 2009 ; 14 : 247-54.
erronées. Toute la difficulté résulte dans l’absence de stan-
dardisation de la méthode et de consensus d’interprétation 13. Reinsmoen NL, Lai CH, Vo A, Cao K, Ong G, Naim M, et al. Accep-
table donor-specific antibody levels allowing for successful deceased and
des résultats. Chaque centre de greffe définit ses propres cri- living donor kidney transplantation after desensitization therapy. Trans-
tères, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’équité d’accès plantation 2008 ; 86 : 820-5.
à la greffe des patients. En l’état actuel des connaissances,
14. Mujtaba MA, Goggins W, Lobashevsky A, Sharfuddin AA, Yaqub
il paraît impératif de bien connaître l’historique immunolo- MS, Mishler DP, et al. The strength of donor-specific antibody is a more
gique du patient, et d’attribuer des anticorps en fonction de reliable predictor of antibody-mediated rejection than flow cytometry
la prise de risque acceptable pour chaque patient immunisé. crossmatch analysis in desensitized kidney recipients. Clin Transplant
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Il faut également bien connaître la technique, être vigilant
sur la réactivité des sérums de contrôles inclus dans les kits, 15. Zachary AA, Vega RM, Lucas DP, Leffell MS. HLA antibodies detec-
et réaliser certains prétraitements simples des échantillons tion and characterization by solid phase immunoassays : methods and
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à problème (EDTA, DTT), pouvant ainsi lever le doute sur
certains résultats. 16. Roelen DL, Doxiadis II, Claas FH. Detection and clinical relevance
of donor specific HLA antibodies : a matter of debate. Transpl Int
Liens d’intérêts : L’auteur déclare ne pas avoir de lien 2012 ; 25 : 604-10.
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Synthèse

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