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PROGRAMME : THEORIE

- Syntaxe
- Sémantique/pragmatique

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I. SYNTAXE

A. Définition du dictionnaire TLF :

1.GRAMM. partie de la grammaire traditionnelle qui étudie les relations entre les mots constituant une
proposition (terme de logique, qui indique que la grammaire a toujours un fond lié à la logique/quelque
chose qu’on peut formaliser) ou une phrase, leurs combinaisons, et les règlent quoi président à ces
relations, à ces combinaisons. Faute de syntaxe : étudier la syntaxe; syntaxe de l’adjectif, du nom.

2. LINGUISTIQUE. Syntaxe (structurale). Saussure. Étude, analyse descriptive appliquée à un ensemble


d’énoncés et fondée sur des critères explicites (distributions et/ou oppositions; constituants immédiats),
permettant de déterminer les unités qui composent les énoncés et d’établir les relations hiérarchiques
que ces unités entretiennent entre elles.
Approche structurale : on décrit ce qui existe.

3. Syntaxe (générative). Chomsky. Partie générative de la grammaire, constituée d’une base donnant les
structures profondes des phrases et des transformations donnant les structures superficielles, qui a pour
fonction d’engendrer selon des règles formelles toutes les suites de morphèmes considérées comme
grammaticales dans une langue donnée et elles seules.
Approche générative : on décrit des choses qui existe et qui n’existent pas encore, tout ce qui est possible

B. Pour résumer les grammaires :

- La grammaire scolaire : morphosyntaxe sur le modèle greco latin (comment peuvent s’associer les
éléments)

- La grammaire structurale : se veut rigoureuse, volonté de formaliser (transformer les règles en formules
mathématiques), souvent en laissant de côté tous les phénomènes sémantiques (= distributionnalisme
de Harris = essayer de voir à partir d’une fuite d’éléments les éléments qu’on peut ajouter. Exemple :
<le petit garçon mange un …> et ce qui peut suivre le <un> est la distribution).

- La grammaire générative : il existe une grammaire universelle, qu’en fait toutes les langues suivent le
même modèle (c’est une croyance car on ne peut pas le prouver, que ce soit vrai ou faux). Ces
structures universelles sont appelées structures profondes, qui vont prendre des formes différentes,
c’est à dire des formes de surface selon les langues. Profond = pareil, surface = différent.

C. Importance de l’intuition dans la grammaire générative : si la grammaire est universelle, ça veut dire
qu’on l’a tous à la naissance. Puisque je naît avec, l’intuition de la grammaire est la même pour tout le
monde.
Exemples : Luc arrive et le mufle profite de Rose (mufle = luc)
Luc pense que le mufle profite de Rose (mufle = pas luc)

Les enfants anglophones et les auxiliaires : aucune erreur dans un corpus de 60


000 phrases (d’après ce qu’on nous dit). Ce serait la preuve qu’il y a quelque
chose d’universel. Mais des structures profondes sont dans le cerveau, communes à tout le monde, et les
structures de surfaces qui changent d’une langue à l’autre. Sauf que les auxiliaires relèvent des structures
de surface.

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D. Les parties du discours
Nom, adjectif, complément…

E. Les fonctions grammaticales


Nature = partie du discours (Nom, adjectif, verbe, complément..)
Fonction = fonction grammaticale

F. Ordre des morphèmes et des lexies : l’ordre des mots va changer le sens de la phrase. Il y a un ordre
préférentiel en français.

G. Phénomènes de rection
Rection = liens qu’il peut y avoir entre les éléments d’une phrase. Phénomène de dépendance.

Exemple 1 : le petit chat dort. rection—> verbe régir. Qui régit quoi ? C’est le verbe autour duquel tout
tourne, l’élément central. Le verbe régit le sujet, donc dort régie le petit chat.
Dans le petit chat, l’élément central est chat. Le chat régit à la fois le déterminant et l’adjectif.

Exemple 2 : avec un verbe transitif, donc un COD. C’est aussi un phénomène de rection, l’un ne va pas
sans l’autre.

Exemple 3 : “jouer”. Je joue de … (je dois mettre un élément)

H. Syntaxe traditionnelle : sujet et prédicat (obligatoires) et plus éventuellement un complément de


phrase.

Prédicat = partie verbe et complément. <je mange une glace> : prédicat = mange une glace.
Le problème c’est qu’il y a une vision fixe des catégories du discours, donc noms/adjectifs/etc et des
fonctions qui ne changent pas de place. Beaucoup de Verbes sont les deux à la fois, pas beaucoup de
verbe n’est que transitif, ils sont quasi tous transitifs et intransitifs.

Est-ce que tous les noms sont toujours des noms ? Ils ne peuvent pas servir à autre chose ? Il peut y avoir
des adjectifs, etc, donc du point de vue par exemple distributionnel, on va mettre des choses dans la case
des adjectifs quelque chose qui n’en n’est pas un à la base.

Ces deux termes de sujet et de prédicat viennent des logiciens grecs, cette vision de la syntaxe est trop
mathématisante, or la langue n’est pas une science exacte et absolue faite de certitudes. En effet, chez les
locuteurs d’une langue donnée il arrive que ceux-ci ne terminent pas leurs phrases (vous avez un exemple
probant chez Jean-Louis), ce qui rend l’énoncé syntaxiquement incorrect mais pourtant c’est
compréhensible. C’est une vision trop fine des catégories du discours et des fonctions.
Exemple : « Alors là, heu... on va passer parce que... Alors le point suivant » ; les élèves ont compris que
Monsieur n’a pas eu le temps de corriger son PowerPoint et donc pédale un peu dans la choucroute.

I.Distinction entre phrase est énoncé :

Exemple 1 : Je n’ai pas tellement envie d’aller voir ce film : phrase


Ce film-là, ouais…bof… : énoncé, ce que les gens disent réellement

Est-ce que la syntaxe du français à l’écrit est la même que la syntaxe à l’oral ? Si on s’écoute, on se rend
compte que non. La double négation à l’écrit est obligatoire, mais à l’oral, quasi personne ne les fait.

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Ces deux éléments sont des énoncés car ils sont dits et prononcés (et expriment la même idée).
Cependant la phrase est plus une construction théorique alors que quand on analyse des énoncés on se
retrouve devant des choses qui existent mais qui paraissent étonnantes du point de vue normatif.

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AXES SYNTAGMATIQUES ET PARADIGMATIQUE

Structuralisme = la langue est sur deux axes.

Syntagmatique : axe des déplacements, effacements et des ajouts (horizontal) (axe de la parole, de la
suite des événements). Logique du et, et, et.

Paradigmatique : axe des commutations, substitutions, des effacements et des ajouts (vertical) (axe ou je
peux remplacer les événements). Logique du ou, ou, ou.

Les changements sur l’axe syntagmatique n’influencent pas directement l’axe paradigmatique.

Je joue
Tu joues C’est quoi une conjugaison sur cette question
il/elle joue d’axe ? L’axe synta est je joue, tu joues, etc, et l’axe
Nous jouons du para est le je, tu, il… e, es, ent sont des
Vous jouez paradigmes.
Ils jouent

Commutation/substitution est le fait de remplacer des mots par des autres.


Le petit chat dort, peut devenir le petit chien dort, le petit Jean-Lou dort, le petit éléphant dort…
Donc on peut commuter un élément par un autre, mais il doit faire partie de la même distribution ou de la
même paradigme. Donc je peux remplacer des éléments par d’autres.
Le grand chat dort, ce petit chat dort, ce petit chat mange.

Effacement et ajout apparait des deux côtés car du point de vue syntagmatique, je peux dire juste le chat
dort, mais niveau paradigmatique, on le fait aussi en remplaçant petit par rien
Ajout : le petit chat roux dort

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La conjugaison finalement est un travail sur les axes syntagmatiques et paradigmatique, vu que les deux
sont toujours liés.

Exemple autre :
Paul porte un tee-shirt noir
Il porte un tee-shirt noir —> passer de <Paul> à <Il> est un changement sur l’axe paradigmatique puisque
je remplace le nom par un pronom.

Synonyme : un élément qu’on peut remplacer par un autre sur l’axe paradigmatique. On peut changer un
mot par un autre élément du même axe para.
On peut remplacer <Paul> par <l’homme>, ok, mais par <la bicyclette>, ça ne fonctionne pas, car aucun
lien n’est possible.

Greimas & Courtès (1979) : l’axe syntagmatique est un réseau de relations du type “et, et”, l’axe
paradigmatique est un ensemble de paradigmes articulés entre eux par des relations disjonctives du type
“ou, ou”.

Paul porte un t-shirt noir —> ok


Paul porte un pull noir —> axe syntagmatique sans conséquence, ok
Paul porte une veste noir —> un/une = les deux axes en changement

Paul achète un t-shirt noir —> ok


Paul a déchiré un (?) t-shirt noir —> on dirait plutôt qu’il a déchiré son t-shirt de noir

Le chat dort.
Le chat dort sur moi.
Il dort.
Ce qu’il se passe avec ces énoncés relève de la syntagmatisation car on ajoute des choses à une phrase
préexistante, dans le dernier cas il y a substitution « le chat » devient « il ». Le tableau s’allonge
horizontalement car on ajoute des choses.

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PARTIES DU DISCOURS

• La Lexie

La Lexie est une unité plus pratique (et plus ancienne) que le morphème. Sauf que maintenant, on dit
<mot>, pas morphème.
Ça pose problème.

Peut on créer une classe de Morphème à partir de am- ? Ça parait difficile, pas encore fait jusqu’ici.
Un mot comme amical renvoie à cordial, qui est assez différent.
Amour renvoie à passion
Aimer renvoie à apprécier
Point de vue sémantique, pas beaucoup de liens entre ces éléments la.

- Varron (116-27 avant JC) : huit parties du discours dont quatre sont fléchies (nom, pronom, verbe,
participe) et quatre indéclinables (adverbe, conjonction, préposition, interjection).
- Grevisse : “Les mots du français peuvent être rangés en neuf catégories ou parties du discours qui
sont : le nom, l’article, l’adjectif, le pronom, le verbe, l’adverbe, la préposition, la conjonction et
l’interjection.”

Ce qui a été supprimé : le participe, car il est à part aujourd’hui. On a ajouté l’article, car on en a, mais il y
en avait pas en latin avant. On a aussi ajouté l’adjectif, ajouté en partie autonome au 17e siècle, on décide
que l’adjectif n’est pas un nom mais bien quelque chose de particulier.

Cas particulier de parties du discours : comparaisons de discours romain, latins, et actuels

Ce que disent Varron et Grevisse sont à peu près la même chose.

Concept Varron Grevisse Comparaison des deux


avis

Parties du discours 8 parties 9 parties Le participe est


supprimé car il est de
4 fléchies : nom, article, adjectif, nos jours une partie à
nom, pronom, verbe, pronom, verbe, part. L’adjectif n’est
participe adverbe, préposition, ajouté que vers le 17e
conjonction, interjection siècle.
4 non-déclinables :
adverbe, conjonction, Ils disent tous deux à
préposition, interjection peu près la même
chose.

Le nom Partie du discours qui Sert à désigner, à Même discours, malgré


attribue une qualité "nommer" les êtres et leurs siècles de
commune ou spécifique les choses différence
à chaque être ou à
chaque chose qui s’y
attache

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Concept Varron Grevisse Comparaison des deux
avis

Le verbe Partie du discours Mot qui exprime [...] Même chose


pourvue de temps et de l'action faite ou subie
modes, dépourvues de par le sujet.
cas, signifiant l’action
faite ou subie

L’adverbe Partie du discours Mot invariable que l'on Même chose, en plus
indéclinable dont le joint à un verbe, à un complet chez Grevisse
sens complète les adjectif ou à un autre
verbes adverbe pour en
modifier le sens

La conjonction Partie du discours Mot invariable qui sert à Même chose


indéclinable qui unit joindre et à mettre en
d'autres parties du rapport, soit deux
discours avec lesquelles propositions, soit deux
elle forme un sens en mots ou groupes de
indiquant leur nature et mots de même fonction
leur enchaînement dans une proposition

L’interjection Diomède : Sorte de cri qu’on jette Chez les grecs, il y a huit
partie du discours qui dans le discours pour parties du discours. Sauf
exprime un mouvement exprimer un que dans les huit, il y a
de l’âme par un confus mouvement de l’âme, l’article. Les romains
un état de pensée, un n’ont pas d’article donc
ordre, un avertissement, il la supprime, mais ils
un appel veulent quand même
garder le 8 vu qu’ils
suivent le modèle grec.
Donc ils veulent trouver
une huitième partie, qui
est l’interjection.

Interjection = catégorie
un peu fourre-tout,
bizarre.

Donc finalement c’est une copie de la grammaire latine qui elle est une grammaire grec.
Pendant des siècles, on s’est amusé à copier la grammaire du latin, sauf que le français est bien différent,
donc ça pose beaucoup de problèmes.

• Nature et fonction dans la grammaire scolaire

Nature naturelle ? Essence nominal, adjectivale, etc ?


Un adjectif peut être un nom et vice versa.
Cette nature est-elle du coup naturelle ?

Cela n’est pas naturel.

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Il faudrait avoir des critères plus objectifs: pour être un verbe, le mot doit avoir des traits
morphosyntaxiques de temps, de mode, d’aspect. Les verbes ont une morphologie flexionnelle en
français : je joue, tu joues, il joue, nous jouons, vous jouez, ils jouent.
Exemple : un étranger ; j’étrange, tu étranges… ce n’est pas un terme, mais comment prouver que c’est un
nom et pas autre chose ? Car un nom en français est un élément qui doit être déterminé par un
déterminant ; “étranger est venu” c’est pas possible, il faut dire “un/le/cet étrange est venu”.

Les adjectifs sont variables : rajouter un S, un E…C’est un de ses critères.

—> Un nom possède des traits morphosyntaxiques de genre et de nombre (soucis: l’adjectif aussi).
—> La différence est que l’adjectif n’a pas la même distribution que le nom (il peut être en position
d’attribut du sujet). Il s’accorde avec le nom et non l’inverse.

• Quatre critères (référentiel de la Communauté Wallonie-Bruxelles)

1) Sémantico-référentiel : mode d’accès à l’extension

On ne parle plus de nature.

Mode d’accès à l’extension : Le mot extension ; c’est l’objet réel à quoi renvoie le mot.
Intention (définition du mot) /=/ extension (objet réel à quoi renvoie le mot)
Chaussure (objet qui sert à marcher) /=/ les chaussures

L’extension peut être directe (renvoie directement à l’objet), indirecte (passer par un élément support
pour y arriver), doublement indirecte.

- Accès direct : noms genre table, qui renvoie directement à l’objet qu’est la table. Les noms renverraient
directement aux objets. Mais avec le mot vertu c’est compliqué. Donc c’est une vision naïve des choses.
Exemple : on peut montrer la table avec son doigt. En demandant ce qu’est la table, on regarde le doigt
qui est tendu vers l’objet, on passe par ce doigt qui est le médiateur, qui est toujours présent (le doigt, la
personne qui parle…). Donc renvoyer le mot directement aux choses est une idée ancienne.

- Accès indirect : l’adjectif ou un verbe. On est obligé d’avoir un nom avec, donc c’est indirect.

- Doublement indirecte : l’adverbe.


Exemple : alphabétiquement, il y a deux supports. Quelqu’un doit faire quelque chose
alphabétiquement : “Pierre range ses fiches alphabétiquement” -> “quelqu’un range quelque chose
alphabétiquement”.

Donc, c’est direct sans support syntaxique.

2) Syntaxique : le mécanisme

Noyaux et apports d’information. Comment déterminer le noyaux ?


“Non, c’est pas Pierre, c’est Paul qui joue”. L’élément important n’est pas le verbe, c’est Paul. Point de vue
phonologique, on insiste aussi sur Paul.

3) Morphologique : mode de réflexion

Ca ne fonctionne pas dans une langue isolante comme le chinois.

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4) Définitionnel : type de définition

Vert :ensemble des objets du monde qui sont verts. Mais avoir la main verte, ne veut pas dire avoir la main
de couleur verte ; tu as le feu vert ne veut pas dire qu’on lui donne un feu qui est vert.
C’est une définition trop basique, trop limitée. Les partis écologistes sont verts partout en Europe car
symboliquement le vert c’est plein de choses : la nature, l’espoir…
Le prof est vraiment pas d’accord avec ce référentiel hihi.

La : adjectif la
Extension : ensemble des objets du mode auxquels le mot la est applicable.
On réduit des catégories en disant que la est un simple adjectif, mais on ne peut pas faire ça du jour au
lendemain.

Donc remplacer le modèle traditionnel par un modèle nouveau c’est bien, mais le soucis est le nouveau
qu’on propose ; dans ce cas, c’est ni l’un ni l’autre. Ca ne “fonctionne pas”.

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LES FONCTIONS GRAMMATICALES

• Fonction : rôle que joue une lexie ou un groupe de lexies dans la structure d’ensemble de la phrase.

Une fonction n’est définie qu’en termes relationnels : épithète d’un nom, attribut du sujet, COD du verbe,
etc.

Fonctions nominales : sujet, complément d’agent, COD, COI, complément du nom, du pronom, de
l’adjectif, voire de l’adverbe (exemple de fonctions).

Fonctions adjectivales : épithètes, apposition, attribut

Fonctions adverbiales : compléments circonstanciels

Le verbe, on le met de côté, car on part du principe que le verbe est le centre, on dit que c’est une
fonction qui n’en n’est pas une en réalité.
Que faut-il pour qu’un verbe devienne un verbe ? Il faut le conjuguer, donc le mettre dans une phrase.

• Fonction du point de vue linguistique, comprendre la fonction par des critères

Critères Explications

Positionnel Début de la phrase ou avant le verbe.


Généralement, le sujet se situe avant le verbe,
l’épithète à côté du nom, etc

Morphologique Sujet et verbe doivent s’accorder. Il est toujours


question d’accord, qui prend différentes fonctions.

Exemple : Je, me, moi = le même mot. La


différence entre eux est la fonction : je-sujet, me-
COD, moi-COI

Transformationnel Intervenir des éléments. Le CVD à la forme active


devient sujet à la forme passive.

Exemple : COD dans une phrase active qu’on


transforme en phrase passive, ce qui donne que le
COD devient le sujet, et le sujet devient
“par”(complément d’agent)
Paul a gagné la partie ; la partie a été gagnée par
Paul

Catégoriel Certaines catégories peuvent remplir une fonction.


L’attribut peut devenir adjectif, « certains naissent
riche, d’autres le deviennent » le « le » a une
fonction d’attribut alors que c’est un pronom.

Exemple : l’attribut peut être rempli par un adjectif,


un nom, un infinitif
Infinitif qui devient attribut : “souffler n’est pas
jouer”

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Critères Explications

Interprétatif Les rôles sémantiques. Chaque élément dans une


phase joue un rôle : le sujet peut être agent, il fait
action. Mais en passant la phrase en passif, il peut
devenir le patient, celui qui subit l’action.

Le complément circonstanciel est facultatif (on peut le supprimer), se démultiplie librement (peut y en
avoir plusieurs), est mobile dans les limites de la phrase entière. Il n’est pas régi par le verbe, il n’en
dépend pas, ça distingue le complément du verbe.

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LA PHRASE

Élément essentiel en syntaxe.

• Définitions

1) Graphique. Suite de mots qui débute par une majuscule initiale et se termine par un point. Valable à
l’écrit mais pas à l’oral.
2) Phonétique. Suite délimitée par deux pauses importantes (l’intonation varie selon le type de phrase).
3) Sémantique. Suite de mots qui exprime un sens complet (je commence une idée et la termine).
4) Syntaxique. Suite de mots qui entretiennent entre eux une relation grammaticale (notion de rection,
fonction…)

Ces définitions sont quand même différentes, car elles ne sont pas toutes justes.

• Types de phrases

Phrase canonique : assertive (déclarative), simple (avec un verbe) et neutre (n’est par exemple pas
négative). L’ordre des mots correspond au schéma sujet/verbe/complément(s) ou attribut.

Phrase minimale : « Pendant des années, l’affreux gros chien noir de l’ancienne concierge de l’immeuble
effrayait tous les enfants qui passaient plusieurs fois par jour devant la loge. » « Le chien effrayait les
enfants » est une phrase minimale.

Grammaire générative : P = GN + GV = formalisation.


Formaliser c’est rendre quelque chose mathématique.

Phrase = groupe nominal + groupe verbal


—> Phrase étendue : phrase minimale + expansions, on rajoute des choses (compléments circonstanciels,
adjectifs ou compléments du nom dans le GN, etc).

—> phrase complexe : principale (phrase simple) + subordonnée(s)

La différence entre les deux types de phrases est que l’étendue peut être simple, mais la phrase complexe
doit avoir des subordonnées.

Il n’existe aucun des critères de ces définitions ne fonctionne seul.


Mais les linguistes arrivent presque à un consensus : la phrase est le plus grand intégrant syntaxique donc
on s’arrête à la phrase. C’est également le niveau où se manifestent les modalités énonciatives. La phrase
existe entre des pauses virtuelles, à l’oral on s’arrête, à l’écrit on met de la ponctuation. La phrase est un
des moments du calcul du sens, c’est à dire que les éléments sémantiques s’arrêtent à des moments
différents. Et elle comprends obligatoirement, pour la phrase canonique, un groupe nominal et un groupe
verbal et facultativement un ou des CC.

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L’intérieur de la phrase : tests

1. Commutation

= Remplacer un élément par un autre équivalent.

< Les livres sont sur l’étagère >. Commutation : < Les livres sont sur la table >.
On ne peut pas remplacer dans ou autre, étagère est un nom car on ne peut le remplacer que par
d’autres noms, mais pas n’importe lesquels. Les linguistes américains disent que le sens on s’en fou, donc
on pourrait remplacer étagère par chat, mais c’est bizarre.
Rien n’est déplacable.

2. Substitution

= Remplacer un groupe par un seul mot.

Les livres peuvent être remplacés par ils (/=/ les livres par les chats, la c’est de la commutations, puisque
ça ne signifie pas la même chose).

3. Déplacement

= Déplacer des éléments.

Si on échange les mots de la phrase, ça sonne bizarre. Pas de déplacement possible dans cet exemple ci,
mais on peut déplacer généralement les CC, ça indique qu’il y a des éléments qu’on peut déplacer et
d’autres pas.

< Il est défendu d’écrire sur les murs > :


Sur les murs, il est défendu d’écrire. C’est possible mais un peu étrange, car on ne peut pas supprimer sur
les murs, qui est logiquement un complément du verbe.

< Balzac a écrit son roman sur cette table > :


Sur cette table, Balzac a écrit son roman. C’est faisable. C’est pas terrible de supprimer sur la table mais
c’est possible grammaticalement.
Sur cette table est un complément circonstanciel, chose que je peux facilement déplacer.

Sur cette table et sur les murs n’est pas la même chose.
Deux manières de voir les choses.

Des éléments sont déplacables mais pas tous.

4. Ajout

= ajouter des éléments.


On peut rajouter un adjectif, complément… certains éléments peuvent être ajoutés mais pas tous.

5. Effacement

= Supprimer des éléments.

< Les livres sont sur l’étagère >


On ne peut rien supprimer pour cet exemple.
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Types de phrases : obligatoires ou facultatives

• Type obligatoire ou exclusive

- Assertive (déclarative) : constat. Luc boit de l’eau.


- Interrogative : question. Est-ce que Luc boit de l’eau ?
- Injonctive (impérative) : ordre. Luc, bois de l’eau !

Obligatoire = phrase sera obligatoirement un de ces trois types là


Exclusive = on ne peut pas être deux à la fois

• Type facultatif

Ce qu’on peut ajouter aux trois types de phrases.

- Négative : peut avoir des négations discontinues


Différents types de négations.
a) Négation totale = porte sur la phrase entière. Elle n’est pas venue.
b) Négation partielle = Personne n’est venu récupérer les clés. N’implique pas que personne ne soit
venu, des gens sont venus mais pas pour chercher les clés.
c) Négation restrictive = utilisée avec “ne…que”, pas vraiment une vrai négation. Il ne pense qu’à lui.

- Réarrangement communicatifs (passif, impersonnel et emphase)


- Passif = permuter le groupe verbal et le groupe sujet. Paul a mangé le gâteau —> Le gâteau a été
mangé par Paul.
- Impersonnel = Il pleut. Un vent terrible souffle —> il souffle un vent terrible.
- Emphase = Mettre l’accent sur un élément. Le destin décide —> c’est le destin qui décide. On ajoute
c’est et extrait le thème sur lequel je veux mettre de l’emphase de la phrase.

- Exclamative
Plus proche de la phrase assertive. N’est pas obligatoire, peut s’ajouter.
Il fait chaud (assertive) >< il fait chaud ! (assertive et exclamative, ça reste un constat mais on rajoute un
truc)

Mais on peut combiner : La grammaire, je ne m’en lasse jamais ! (C’est emphatique avec de l’exclamatif,
on combine les deux)

• Autres types

- Phrase nominale : pas de verbe. Peut être asservie (déclarative), interrogative, injonctive.
On pourrait avoir un sujet et un prédicat ? Ex : < Magnifique, ce paysage >, < Ce paysage est
magnifique>. Le est a été supprimé, donc il y a un prédicat magnifique et un sujet ce paysage.
Dans la phrase nominale, il y a le mot copule, le est de la phrase de l’exemple.

- Phrase à présentatif suivi d’un groupe nominal. Voici mes parents.

- Incises et incidentes : tous les éléments ajoutés dans une phrase, à l’intérieur.

Incises c’est lié au discours rapporté. Exemple : Comprends-moi bien, dit Jacques, je ne refuse pas.
L’incise est l’élément qui est lié au discours, donc c’est < virgule dit Jacques virgule >. Élément qu’on
ajoute dans la phrase.
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Incidentes c’est des éléments qui s’ajoutent à l’intérieur ou à la fin de la phrase mais qui indiquent
quelque chose d’autre. Exemple : Il viendra, j’espère.
Donc la phrase de départ est < il viendra >. On rajoute une incidente, le < j’espère >. Ou des points de
suspension c’est le même effet. C’est un groupe nominal/verbal simple.
Autre exemple : Il est peu probable, vous savez, que le capitaine et mademoiselle Clarisse aillent jusqu’au
fond du Mexique. L’incidente ici est < vous savez >. Ça peut être plus qu’un sujet et un verbe mais c’est
rare.
Autre exemple : Les mites, c’est bien connu, ont la vie dure.
< c’est bien connu >. On peut supprimer l’incidente, ça ajoute de l’info mais c’est pas essentiel.

Incise : discours rapporté, verbe lié au discours (dire, répéter, etc)


Incidente : information en plus

- Mots-phrases : oui, non, soit, ok, attention, etc.


C’est une phrase mais ça reste un mot.

- Interjections : c’est souvent lié aux mots-phrases. Attention, merci, au revoir, adieu. Ça peut être des
adverbes comme tant mieux, des adjectifs comme chic, des verbes comme tiens, etc. La différence,
l’interjection peut être un seul mot comme elle peut en être plusieurs. Adjectifs
Exemple : Sauve qui peut.

- Apostrophes : mots vocatifs en latin. Appeler quelqu’un.


Exemple : Aux armes citoyens est un appel aux citoyens, donc une apostrophe.

• Paramètres descriptifs

Comment on peut décrire les éléments à l’intérieur de la phrase.

- Phrase classique :
• Assertive/interrogative/injonctive
• Simple (un seul verbe)/complexe (deux verbes)
• Verbale/nominale
• Active/passive
• Personnelle/impersonnelle
• Positive/négative
• Sans réaménagement emphatique/avec réaménagement emphatique

Exemples :

Pourriez-vous me le donner, cet outil ?


* Interrogative
* Simple, un seul verbe conjugué
* Verbale
* Active
* Personnelle
* Positive
* Avec réaménagement emphatique : on a extrait de la phrase un élément qui est l’outil. On le reprend
pas un pronom à l’intérieur de la phrase, et on le fait sortir. Ça s’appelle un détachement, ou une
dislocation.

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Difficile cet exercice !
* Assertive, exclamative
* Ni simple/complexe car c’est lié au verbe, pas de verbe ici
* Nominal
* Ni active/passive car c’est lié au verbe, pas de verbe ici
* Ni personnelle/impersonnelle car c’est lié au verbe, pas de verbe ici
* Positive car pas de négation
* Pas forcément de réaménagement emphatique
Il y a sujet-prédicat. Pour le reformuler : cet exercice est difficile.

Il n’a pas été fait allusion aux conséquences de cet acte.


* Assertive
* Simple
* Verbale
* Reformulation personnelle : les personnes n’ont pas fait allusion aux conséquences de cet acte = actif,
mais les conséquences de ces gens n’ont pas été abordées = passif. Donc ça dépend de la
reformulation, mais ici, il est plus probable qu’il soit passif.
* Impersonnelle
* Négative
* Sans réaménagement emphatique

Exercice possible : on nous donne une phrase avec plusieurs critères, et il faut reformuler la phrase de
départ selon eux.

Analyse en constituants immédiats

• Parties du discours dans la grammaire traditionnelle : critères plus ou moins figés.

Lors des années 50 en Amérique est inventée cette analyse. Point de départ : les parties du discours de la
grammaire traditionnelle ont des critères plus ou moins figés. Les linguistes américains disent que ça ne
fonctionne pas, il faut trouver autre chose.
Exemple : Cerise qui devient un adjectif (une robe cerise). Donc cerise qui était à la base un nom devient
un objectif … Preuve que la grammaire n’est pas figée.

• Syntaxe fonctionnelle européenne (Martinet par ex)

On parle alors de fonction syntaxique. Si l’élément fonctionne comme adjectif il est considéré comme tel.
Et aujourd’hui, les francophones ont tendance à utiliser beaucoup d’adjectifs comme adverbes. Apparait
alors le distributionnalisme.

• Distributionnalisme (Zellig Harris, 1909-1992)

Il faut réfléchir à la fonction syntaxique du mot mais aussi à la position dans l’énoncé = distribution (axe
paradigmatique).

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• Une langue est composée de strates

Les strates déterminent les différents niveaux sans l’analyse. On les fait apparaître par le biais d’analyse en
constituants immédiats.
Exemple de strates : verbal/nominal.

Exemples (l’analyse de morphème n’est pas la même que la nôtre, l’important sont les constituants
immédiats)

- Poor John run away —> 5 morphèmes : poor, john, run, a, way, 2 constituants immédiats : poor john, run
away, donc sujet et verbe.
Donc les constituants immédiats c’est d’abord des groupes verbaux/nominaux.

- 1. J’ai vu mon frère hier / 2. Mon frère est venu hier —>
2. mon frère = constituant immédiat (CI) du syntagme verbal, puisque complément du verbe. C’est un
élément du groupe verbal.
3. mon frère = CI de P (ensemble de la phrase). C’est le sujet du groupe en entier.

Idée du CI : se rattacher à l’élément supérieur, les strates.

Cette analyse fonctionne par commutation (remplacer un élément par un autre, un mot = un mot) ou
substitution (changer un groupe en un seul mot, groupe de mots = un mot) d’éléments.

Exemple : les 12 éléments du début sont transformés pour n’en former plus que deux

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• Plusieurs représentations possibles

1. Les parenthèses
2. Les boîtes de Hockett
3. Les arbres syntaxiques (EXAMEN) :

• Pour trouver les CI

Il faut analyser le schème (forme/structure) de construction et la classe syntagmatique (des constituants).

• Classe syntagmatique

Formée par les constituants qui se trouvent dans les mêmes schèmes de construction (très haut degré de
commutabilité). Donc si je peux facilement remplacer un élément par un autre, c’est qu’ils font partie de la
même classe syntagmatique (ex: < le petit garçon > peut être remplacé par < il >, etc).

Exemple : The old man who lives there fait partie de la même classe que he

On ne peut pas dans tous les cas remplacer l’un par l’autre.
Exemple : I saw the old man who lives there —> I saw he —> incorrect, ça veut rien dire. Les deux sont CI
quand ils sont en position sujet. Si on passe en position objet, ça ne marche pas. Il faudrait remplacer he
par him. Même chose en français, il/lui.

Autre problème : les constituants discontinus.


Est-il venu ?
Partie du verbe au début et à la fin avec un pronom au milieu.
L’analyse en CI a du mal avec cet exemple, car les représentations sont généralement linéaires. Sauf que
pour cette phrase, il n’est plus question de linéarité.

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Problème de cette logique :

La position dans la phrase J’ai vu il n’est pas correct La position est essentielle
détermine le pronom

Les analyses en constituants Est-il venu ? L’ordinateur a du mal avec ce


immédiats fonctionnent mais pas Analyse en constituants genre d’énoncé
partout. En français, nous avons discontinus
des constituants discontinus

La polysémie (propriété d’un mot La petite brise la glace L’analyse syntaxique met de côté
qui comporte plusieurs le sémantique, on ne comprend
significations) l’énoncé que par le contexte

Je pars : P qu’on découpe en syntagme nominal (1 pronom ici) et verbal (1 verbe ici).
Phrase très basique.

J’ai pris ce gâteau pour le goûter : goûter = action de manger. P qu’on découpe en syntagme nominal
(pronom je) et syntagme verbal (ai pris ce gâteau pour le goûter). Un autre découpage que celui la est
possible.

Même phrase de départ, mais on remplace le sens du mot goûter (l’action de manger devient le quatre
heures).

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NOUVEAUX PALIERS

On propose de nouveaux paliers dans l’analyse syntaxique.


Il y a énormément de différences entre l’oral et l’écrit. Si la linguistique étudie des phrases et que
personne n’est d’accord pour définir avec exactitude la phrase, c’est qu’il serait peut être mieux de trouver
une autre unité.

Citation à propos de la phrase :


« Si l’on étudie l’usage que les grammairiens font de ce terme, on est frappé par deux faits : par le statut
hautement privilégié de cette unité nommée phrase, point d’aboutissement ou point de départ de l’analyse
grammaticale, et, en même temps, par les hésitations et les confusions que suscite sa définition.
» (Marchello-Nizia, 1974 : 35).

• Analyse linguistique structuraliste ou générativiste

L’analyse syntaxique a deux parties : la phrase (élément central) et le syntagme (autres éléments).
Analyse en CI est un cadre structuraliste.
Celui qui a créé le générativisme avait un prof structuraliste, ce qui prouve que les deux sont liés.
Syntagmes et phrases peuvent être remplacés par d’autres paliers nommés clauses et périodes ainsi que
les textes. Les générativistes font une critique de la phrase et de ses définitions : ce n’est pas qu’une
démarcation typographique (point).

• Nouveaux paliers

Clauses : en dessous de la phrase


Périodes : au dessus de la phrase
Textes : plus large. Ça a un début et une fin, ça peut être un monologue, mais aussi un dialogue, sms, une
phrase, mille phrases…

Clauses et périodes
Créés par des linguistes suisses.
Commence par une critique de la phrase et de ses définitions.

Clauses et périodes

• Critique de la phrase et de ses définitions

- Démarcation typographique (comment après un point et finit par un point) :


Elle me résistait, je l’ai assassinée. Il y a plutôt deux phrases qu’une seule, on pourrait mettre un point
entre P1 et P2. Mais si on doit choisir on dit qu’il n’y a qu’une phrase.
Mamy a tout le temps pour continuer à apporter sa verveine à Papy. Qui ronchonne parce que ses douleurs
le reprennent. On dirait qu’il y a deux phrases mais la logique veut qu’il n’y en n’ai qu’une.

- Problème identique pour la démarcation prosodique (prosodie = Connaissance des règles relatives à
la longueur des syllabes dans la poésie).
I d’vait s’marier / le lend’main. La barre indique une coupure à l’oral. Ce n’est pas pour autant qu’il y a deux
phrases.

« Exit, donc, la phrase, avec remerciements pour les services rendus ». (Berrendonner, 2002 : 27).
Il veut dire qu’on en a rien à faire de la phrase, on supprime cette notion.
La linguistique pour eux c’est l’étude des phrases, et la ce mec dit que la phrase on s’en fout, c’est pas une
unité suffisante en linguistique( s’est fait lynché par après).
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Son discours est qu’on s’en fout des phrases, on remplace ça par les clauses et les périodes.

• Niveau microsyntaxique

- Relations de concaténation (question de linéarité). Quand on parle, c’est linéaire, et c’st pareil à l’écrit.
Idée d’éléments qui s’enchainent, axe syntagmatique.
- Relations de rection (l’accord, nécessité d’un type de complément. Par exemple le verbe parler, un
élément dois suivre : on parle de quelque chose, à quelqu’un, etc). Il s’agit de contraintes d’ordre
distributionnel. Axe paradigmatique.

• La clause, assemblage de signifiants (ordre arbitraire)

- Critère syntaxique : « unité intégrative maximale de la syntaxe de rection. » (Berrendonner (2002 : 25).
Donc la syntaxe se situe tant qu’il y a des éléments qui se régissent les uns les autres. Exemple : verbes
et compléments = relation de rection. L’accord entre le nom-l’adjectif-le déterminant c’est pareil. Le
sujet et le verbe c’est pareil aussi. Tant que les éléments ont des liens syntaxiques entre eux, c’est un
seul ensemble.

- Critère énonciatif : « unité minimale virtuelle de comportement, un rôle langagier élémentaire


» (Berrendonner & Reichler-Béguelin, 1989 : 113).

Clause = toute unité syntagmatique ou propositionnelle dont les constituants présentent les rapports
d’intégration précités (concaténation, rection), et qui ne se trouve pas incluse dans un ensemble
rectionnel plus important. Élément qui a un lien avec le verbe ; tous les éléments syntaxiquement reliés au
verbe ; tous les éléments reliés entre eux.
Ça peut correspondre à une phrase, et être en dessous d’une phrase. Par exemple, pour une phrase
complexe, il y a deux clauses.

Exemples :

De mon pays et de ma famille, je n’ai pas grand chose à dire. Syntaxiquement, les deux parties de la
phrase sont-elles liées ? Un élément permet-il de faire le lien entre les deux ? Oui, le <de>. “je n’ai pas
grand chose à dire DE ma famille et DE mon pays”. C’est un complément du verbe, donc une seule clause.
Une seule clause car les deux éléments sont liés pas la syntaxe.
—> la préposition de est sélectionnée par le verbe dire : il y a un lien rectionnel donc une seule clause.

Les maths en terminale, y a intérêt à s’accrocher. On peut relier les deux parties syntaxiquement ? Au
niveau du sens sans problème, mais au niveau de la syntaxe, c’est compliqué. Pour reformuler, on pourrait
dire “Le travail qu’il y a à donner en math en terminale, il faut s’accrocher”, mais du coup c’est pas la même
phrase.
Il y a donc deux clauses : 1) les maths en terminale, c’est un constat 2) c’est pas facile
—> pas de lien rectionnel, donc deux clauses.

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• Le nominativus pendens

Certaines dislocations correspondent à une clause.

Exemple :
Ma mère, je lui écrit une lettre. Ça peut donner Je lui ai écrit une lettre. Une seule clause.

Mon père, il est pas du tout d’accord. Une seule clause.


La phrase Mon père, il n’est pas d’accord n’est pas la même que Mon père n’est pas d’accord. Le “il” est
une emphase, il apporte quelque chose de beaucoup plus fort.

Jacques, tu vas à la réunion ? Une seule clause. Le vocatif, Jacques, renvoie à Tu.
Cette maison, tout est à refaire. Reformulation : tout est à refaire dans cette maison, une clause. Cas de
nominativus pendens.
A cette maison, il manque même le toit. Il manque quelque chose à cette maison. Le à renvoie à manquer,
une seule clause.
Cette maison, elle a pas de jardin. Il n’y a pas de jardin dans cette maison. Une clause.
Il y a une maison. Elle n’a pas de jardin. Deux clauses.

• Niveau Macrosyntaxique

- Relations de présupposition : toute clause implique la présence dans la mémoire discursive


d’informations préalables. Quand on parle/discute, on se souvient de ce que l’autre a dit.

- Relations de production : à partir d’une clause peut être inféré un nouveau savoir partagé. Tout ce
qu’on ajoute crée du sens. Idée que la discussion est quelque chose qui se construit. Quand on discute
avec quelqu’un, on échange, ça se construit ensemble.

• Niveau supérieur

Le discours apparaît divisible en éléments délimités par des marques prosodiques.


Les clauses sont relativement courtes mais on peut les associer. Les clauses vont former des périodes, et
l’élément prosodique intervient pour démarquer les périodes.

• La période, assemblage d’énoncés (ordre motivé par une logique d’action)

Une période contient une ou plusieurs clauses, elle peut correspondre à des « paragraphes » relativement
longs (par ex, dans les commentaires sportifs). Mais si on écrit par exemple un texte qu’on divise en
paragraphes, ils correspondent à des périodes. Paragraphe = situation d’énoncés qui ont des liens avec
les autres, changer d’idée signifie changer de paragraphe, etc.

- Critère prosodique : « suite de clauses se terminant par un intonème conclusif, c'est-à-dire, en général,
un abaissement de ton » (Béguelin, 2000 : 243). Quand on baisse la voix, c’est qu’on termine sa
période.

- Critère praxéologique : « l'état final de M [la mémoire discursive] à quoi elle aboutit est présenté
comme un but atteint » (Berrendonner, 2002 : 25). Quand on discute, on commence à développer un
propos, puis on perd le fil on est coupé, puis on reprend. La période peut aller de début à la fin de ces
paroles.

Donc période = suie de clauses reliées entre elles.

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Exemples :

Il va sécher, puis ensuite on va le démouler, puis ensuite on va le peindre et enfin on va le mettre en vente.
C’est une période. Il y a un début, une fin, plusieurs clauses au milieu. J’ai une idée, je présente mon objet,
j’explique les étapes.
—> toutes les clauses : (il va sécher) (puis ensuite on va le démouler) (puis ensuite on va le peindre) (et
enfin on va le mettre en vente.)
Les clauses sont des éléments avec un verbe, en général, pas tout le temps. Je repère le verbe, les
éléments liés à lui, et je crée une clause, puis une période.

Ces films-là, t’en as vu un, tu les as tous vus. Une période.


—> (ces films-là) (t’en as vu un) (tu les as tous vus.)

« Une période n’est pas faite d’unités disjointes, hiérarchiquement emboîtées, se suivant dans un ordre
déterminé, et dont l’occurrence serait prescrite par des règles de complétude syntaxique fixées a priori.
Bien au contraire, elle s’invente au fur et à mesure qu’elle se construit » (Berrendonner 2003 : 105)
En gros on parle d’oral, quand on commence, on sait où on veut aller, mais on sait pas toujours quand on
finit. Une période, c’est pas quelque chose qui est prédéterminé à l’avance, c’est plus ou moins long selon
les cas.

• Les différentes périodes

- Périodes sérielles : narration ou explication d’itinéraire.


Expliquer le début d’un itinéraire jusqu’à la fin, c’est une période.

- Narration à l’oral, séries de clauses entre parenthèses mais une seule période : (juste à un moment)
(j’avais un peu peur) (parce que tu vois on devait descendre comme ça) (et j’étais assuré) (et parce que il
y avait c’était des enfants) (alors j’avais peur qu’ils qu’ils me qu’ils me lâchent) (alors ils me tenaient
comme ça) (après moi je descendais comme ça) (comme une araignée) (je me tenais à la corde) (après
je descendais) (et un moment ils m- ils me lâchaient un peu) (j’avais peur moi) (parce que j’avais peur de
me blesser).
Une blague peut être une période, peu importe le nombre de clause.

• Clause et période, comparaison

Une clause est un assemblage de signifiants, ordre arbitraire, et une période est un assemblage
d’énoncés motivé par une logique d’action, ordre moins arbitraire, il faut suivre l’ordre des événements
sinon ça n’a pas vraiment de sens.

Exemple :
J’ai un animal préféré / c’est les coccinelles. Deux clauses, une période
C’est les coccinelles / j’ai un animal préféré. Ça ne fonctionne pas.

Trois éléments. On plante le décor pour introduire un nouvel élément.

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Texte

• Grammaire de texte VS linguistique textuelle

La grammaire de texte (Van Dijk) est un prolongement de la grammaire générative, la théorie de la phrase
est étendue au texte. Plutôt qu’utiliser des phrases, on utilise des textes. Ce n’tes pas vraiment de la
grammaire textuelle, contrairement à son nom.

La linguistique textuelle s’intéresse plutôt à la cohésion et à la cohérence des textes.

• Grammaire de texte

Le texte est une : « séquence bien formée de phrases liées qui progressent vers une fin. » (Van Dijk). Il ne
remet pas en cause la grammaire traditionnelle. La différence, c’est qu’il faut prendre en compte que les
phrases n’existent pas seules.

Exemple :
Max est malade. Il a de la fièvre. On comprend parfaitement, et ça c’est un texte bien formé, on voit le lien,
on comprend.
Max est malade. La terre tourne. Mauvais texte parce qu’on ne voit aucun lien entre les deux phrases.

Il essaie de voir si les phrases s’enchainent bien les unes aux autres.
« Une GT est plus « intéressante » qu’une GGT (grammaire générative et transformationnelle, Chomsky)
car elle est fondée sur des considérations « empiriquement plus satisfaisantes » que celles sur lesquelles
reposent une GGT : à savoir que nous communiquons presque exclusivement à l’aide d’énoncés qui ont
une dimension supérieure à la phrase. » (Charolles, 1976)

Prééminence de la sémantique sur la syntaxe (qui était essentielle dans la grammaire générative). La
sémantique est peut-peut-être plus important que la syntaxe, car qu’est-ce qui fait le lien entre Max est
malade et Il a de la fièvre c’est pas de la syntaxe, mais bien de la sémantique. C’est parce qu’on sait ce que
signifie être malade et avoir de la fièvre qu’on fait le lien entre les deux.

• Linguistique textuelle

« Paul : La poubelle est pleine !


Luc : Je suis crevé... »

La grammaire de texte n’acceptera pas cet enchaînement. Aucun lien entre les deux.
Tandis que la linguistique textuelle est ok, parce qu’il y a du sous-entendu, de l’implicite. La poubelle est
pleine n’est pas un constat, c’est un ordre dans ce contexte où l’autre doit bouger ses fesses. Et la réponse
signifie va te faire mettre.

Paraphrase possible de l’exemple de la phrase un peu au dessus : Max est malade mais cela n’empêche
pas la terre de tourner. On peut faire une reformulation avec deux phrases qui n’ont aucun lien entre elles,
ce que la GT ne permet pas.
Paul voulait rendre visite à sa petite amie. Monsieur Durant vit dans un petit village proche d’ici. L’aspirateur
ne voulait pas démarrer. Le coiffeur situé en bas de la rue était fermé. Le dernier bus venait de partir. Il allait
devoir assister à un long et fatiguant débat.
On se demande si tout ça a du sens. Dans l’exemple suivant, juste les mots soulignés ont été changés. Et
juste en changeant quelques éléments, ça prend du sens très rapidement.

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Paul voulait rendre visite à sa petite amie. Léa vit dans un petit village proche d’ici. La voiture ne voulait pas
démarrer. Le garage situé en bas de la rue était fermé. Le dernier bus venait de partir. Il allait devoir faire
une longue et fatigante marche.
Ça prend enfin du sens parce qu’on comprend que Léa est sa petite amie, alors que rien ne le dit.

Les théoriciens de la linguistique textuelles disent qu’il y a plusieurs critères de textualité, des éléments
qu’on doit retrouver dans un texte pour qu’il fonctionne (EXAMEN : question sur cohésion et cohérence,
pas sur les autres) :

a) Cohésion
b) Cohérence
c) Intentionnalité = Les locuteurs doivent avoir une intention
d) Acceptabilité = Une logique est demandée pour comprendre
e) Informativité = Il faut une information, ce qu’on ne sait pas encore
f) Situationnalité = Question de la pertinence
g) Intertextualité = Eléments qui répondent à d’autres, rapport de liens (Chapitre 1 sera suivi de Chapitre
2)

Cohérence

La cohérence concerne la sémantique.

Inférence (action de tirer une conséquence d’une proposition, comme Sherlock, genre il voit un homme
qui a la trace d’une montre sur son bras donc il a bronzé donc il est parti dans un pays chaud donc c’est le
meurtrier etc) et implicite (qui n’est pas clairement énoncé mais qui peut être déduit). Donc tout ce qui
n’est pas dit clairement.

Exemples :
Léa vit au Maroc. Les Français aiment bien les pays chauds. On déduit que Léa est française, et que le
Maroc est un pays chaud. L’idée de la cohérence c’est qu’on part du principe que les gens disent des
choses sensées. Ici, il n’y a aucun lien entre les deux phrases, c’est l’esprit qui fait le lien avec une
déduction.

Léa : Quelle heure est-il ?


Paul : Le journal télévisé vient juste de commencer.
Il y a une question et une réponse, mais ça n’a aucun lien. Il faut savoir que le journal commence à 19
heures et on comprend l’implicite.
Cet exemple fonctionne grâce aux connaissances communes. Nos connaissances permettent l’inférence.

L’embrayage était cassé, alors Paul a mangé une pomme. Il n’y a aucune cohérence de base, on peut
essayer d’en trouver une style il sait plus redémarrer alors il attend en mangeant une pomme. Pas de lien
dans la structure linguistique, nos connaissances du monde ne permettent pas d’interpréter : il faut un
contexte plus large pour décider si c’est cohérent. La tel quel, ça n’a aucun sens.

Lorsqu’il dort, il ronfle. Il ronfle quand il dort. Il ronfle en dormant. Problème au niveau de l’informativité, on
apporte trois fois la même chose, donc aucune cohérence.

Le chien mangeait un os. Le Président est en excellente santé. Le soleil brille. Aucune cohérence, mais il
faut peut-être un contexte plus large pour dire que tout va bien. Il nous faut juste un contexte, mais la, ça
veut rien dire.

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Cohérence/cohésion

Le mari de ma tante, qui est veuve, aime regarder le football à la télévision.


Ici, c’est très bien formulé niveau cohésion, puisque la syntaxe est bonne. Mais niveau cohérence, bof bof.

Le lapin blanc mit ses lunettes et donc s’envola.


C’est cohésif, très bien formulé, mais aucune cohérence dans un monde d’adulte (peut-être dans un livre
d’enfant).

Cohésion

La cohésion concerne la syntaxe.

Reprises anaphoriques, enchaînements syntaxiques, récurrences thématiques ou référentielles.


Elle mit sa robe d’été. Cette robe lui avait été offerte pour son anniversaire. Elle l’aimait beaucoup.
On peut faire des reprises, anaphoriques, donc cohésion nickel, la syntaxe est bonne.

Certaines anaphores (reprise d’un élément) :


- Anaphore lexicale = Elle mit sa robe d’été. Ce vêtement lui avait été offert pour son anniversaire (cas
classique d’hyperonyme (terme générique, genre siège pour fauteuil, divan, canapé, etc)).
- Anaphore collective = À Paris, ils roulent comme des fous. On reprend un élément et on en fait une
généralité.
- Anaphore associative = La voiture venait de passer le contrôle technique. Les freins et les pneus étaient
défectueux (cas de méronyme, les éléments).

Il y a aussi la cataphore, qui est l’inverse de l’anaphore. On utilise le pronom avant le nom.
Il l’avait rencontrée au cours de linguistique. Léa lui avait immédiatement plu.

Aussi les connecteurs : éléments de liaison entre les différentes propositions.


Ils ne sont pas toujours obligatoires : « Je vais me coucher, (car) je suis fatigué ». pourtant, du point de vue
de la cohésion, ce serait mieux de le mettre. Si on l’enlève c’est toujours cohérent, mais moins cohésif.

Et enfin les conjonctions de coordination, de subordination, certains adverbes (alors, puis), des
présentatifs (voici, voilà), des groupes prépositionnels, des locutions, etc.

Progression thématique

Progression à thème constant : La pièce sentait mauvais. Elle n’était pas éclairée. Elle était humide et
sombre, etc.
Progression linéaire : L’ouvrier est sous les ordres du contremaître. Le contremaître est sous les ordres du
patron. Le patron dépend de l’économie.
Progression à thèmes dérivés : Un match de basket était en train de se jouer. Les filles marquaient les
points. Les joueurs transpiraient à grosses gouttes. Le public exultait.

Le thème : ce dont on parle, le propos déjà connu


Le rhème : ce qu’on dit du thème

Exemples :
L’astronome (T) observe la lune (R).
La pièce (T) sent mauvais, n’était pas éclairée, humide et sombre (R).
L’ouvrier (T1) est sous les ordres du contremaitre (R1). Le contremaître (T2) est sous les ordres du patron
(R2). Le patron (T3) dépend de l’économie (R3).
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Pragmatique et sémantique

Rôle du contexte

C’est une branche de la philosophie qui s’intéresse au réel. En linguistique, prise en


compte des phénomènes externes (contextes), par opposition à la sémantique interne.

Si la sémantique est considérée comme la relation entre les signes et la réalité, la pragmatique s’intéresse
à la relation entre les signes et les utilisateurs. Cette dernière définition est fausse puisqu’en linguistique,
la langue est la relation signifiant avec le signifié.

La dimension communicative du langage : dans la pragmatique, on ne parle jamais tout seul tandis qu’en
grammaire, par exemple, on le peut.

Actes de langage

Austin (1911-1960) dit que « le langage n’est pas seulement destiné à décrire la réalité, mais il sert aussi à
agir. »

Ce philosophe dit que le langage sert à agir, et pas seulement dire ce qui est faux ou ce qui est vrai.
Il a ainsi publié la théorie des actes du langage : « Quand dire c’est faire » en 1962. Searle, quant à lui, a
publié « Les actes du langage » en 1972. D’autres philosophes ont abordé cette thématique bien avant
eux.
Ces thèses disent que « dire, c’est transmettre des informations sur l’objet dont on parle, mais aussi Faire,
c’est-à-dire tenter d’agir sur son interlocuteur, voire sur le monde environnement. » Austin fait la distinction
entre des énoncés performatifs et des énoncés constatifs.

J’ouvre la porte. C’est un énoncé constatif car je ne fais que dire que ce que je suis en train de faire.
Je déclare la séance ouverte. C’est un énoncé performatif car il annonce quelque chose qui se produit. Ici,
la séance est ouverte parce que je l’ai dit. C’est un acte créé par la parole. Un énoncé performatif ne décrit
rien et donc ne peut être vrai ou faux, correspond à l’exécution d’une action.

• Cinq classes de verbes (Austin)

- Verdictifs : expriment un verdict ou une appréciation (acquitter, condamner, décréter…)


- Exercitifs : renvoient à l’exercice du pouvoir, de droit ou d’influence (ordonner, exhorter, condamner,
pardonner…)
- Promissifs : expriment l’obligation pour un locuteur d’adopter une certaine attitude (promettre, garantir,
jurer de…)
- Comportatifs : renvoient à des attitudes et comportements qui impliquent une réaction de
l’interlocuteur (s’excuser, remercier, déplorer, maudire…)
- Expositifs : explicitent les ressorts de l’argumentation ou indiquent dans quel sens les mots sont
employés

• Six classes de verbes (Searle)

- assertifs : affirmer quelque chose sur le monde. Paul a 30 ans.


- Directifs : donner des directives au destinataire. Va plutôt par là.
- Exercitifs : demander à quelqu’un d’accomplir une action. Donne-moi ça tout de suite !
- Interrogatifs : poser une question. Que fais-tu ?

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- Promissifs : s’engager à accomplir un acte. Je viendrai demain.
- Expressifs : donner des indications sur son état. Je suis content.

• L’acte de langage en lui-même

Un acte de langage repose sur une convention sociale implicite. Comme par exemple avec la phrase
interrogative, c’est une interrogation, l’acte effectué est d’interroger. L’emploi du verbe aussi est important
lorsqu’on pose un acte de langage : l’emploi du verbe promettre applique une promesse. Mais certains
actes doivent être réalisés dans des contextes particuliers pour qu’ils soient réussi, on peut rater son acte
de langage, comme par exemple, si j’arrive dans la cuisine avec une carotte et que je dis « je t’adoube »,
acte institutionnel, à Jean-Marc, je rate mon acte de langage, car je ne suis pas roi et qu’il n’est pas un
chevalier. Le contexte joue une part important de l’acte du langage.
Actes de langage ordinaires vs actes institutionnels (Je déclare la séance ouverte...)

• Trois sortes d’actes

- Acte locutoire : parler, prononcer des mots. Je te baptise.


- Acte illocutoire : Acte. Poser un acte en parlant. L’acte de baptiser.
- Acte perlocutoire : Effet. Effet produit par votre parole. L’enfant est baptisé.

• Actes de langage directs ou indirects

Directs

- Les performatifs explicites sont à la première personne du présent de l’indicatif. (Je te promet, je vous
autorise à).
- Enoncés performatifs primaires
* Phrase déclarative : acte d’assertion. Je pars
* Phrase interrogative : acte de questionnement. Est-ce que tu pars ?
* Phrase impérative : acte d’injonction. Pars !

Indirects

- Dérivation allusive. Le commandant dit “il fait froid ici”. Nous sommes dans une situation hiérarchique
donc on peut comprendre des ordres.
- Tropes illocutoires. Avez-vous l’heure ? On ne répond pas oui, mais c’est une question ouverte.

• Conditions de satisfaction des actes (Searle)

Demande indirecte : « Pouvez vous me passer le sel ». On sait que l’acte peut être accompli.

Demande directe : Je te promet que je viendrai.
- Condition de contenu prépositionnel : le contexte, toutes les conditions pour que l’acte soit accompli.
- Condition préparatoire : Est-ce que ce que je dis corresponds à la réalité, est-ce que la situation le
permet ?
- Condition de sincérité et condition essentielle : le langage est sincère et juridique.

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Maximes conversationnelles

• Maxime de Grice, 20e

Au-delà du sens littéral, il y a les implicatures.

Implicature conventionnelle : John est anglais ; il est donc courageux → Tous les anglais sont courageux.
C’est une convention, tout le monde sait ça.
Implicature conversationnelle : A demande à B comment se passe le nouveau travail de C dans une
banque et B répond : Oh, pas mal je crois, il s’entend bien avec ses collègues et on ne l’a pas encore mis
en prison → C n’est pas honnête dans son travail. Je dois coopérer à l’élaboration du sens. S’il me dit qu’il
n’est pas encore en prison, c’est qu’il n’est pas tout nette.

L’interlocuteur doit coopérer pour que les implicatures conversationnelles fonctionnent. Ce principe de
coopération peut être explicité par des maximes.

• Les maximes

- Maxime de quantité : Que votre contribution contienne autant d’information que le nécessite l’échange
verbal.Que votre contribution ne contienne pas plus d’information que le nécessite l’échange verbal.
- Maxime de qualité/véridicité : Ne dites pas des choses que vous croyez être fausses. Ne dites pas des
choses dont vous n’êtes pas certain.
- Maxime de relation/pertinence : Dites des choses qui ont un rapport avec la conversation.
- Maxime de manières : supermaxime : soyez clair. Évitez d’utiliser des expressions obscures. Évitez les
ambiguïté. Soyez bref (évitez toute prolixité inutile). Soyez ordonné et méthodique. Utilisez le ton qui
convient

On peut violer une maxime pour ne pas en violer une autre.

Tautologie : violation de la maxime de quantité.


Un homme est un homme. On répète deux fois la même chose, il n’y a pas d’information nouvelle,
cependant on ne dit jamais quelque chose deux fois de suite, il y a toujours un sous entendu, ici le sous
entendu serait « faut pas trop lui en demander. »
On viole celle de quantité pour ne pas violer celle de qualité.
Où habite Paul ? Quelque part dans le sud. On viole celle de quantité pour ne pas violer celle de qualité.
Pour ne pas dire des choses dont je ne suis pas certaine.
Implicature possible : Les hommes sont tous pareils.

Ironie : violation de la maxime de quantité.


À un étudiant qui a rendu une copie blanche : « J’ai eu beaucoup de plaisir à corriger votre copie tellement
vos idées étaient brillantes ». Phrase très ambiguë. Bien sur c’est faux, il n’a pas eu de plaisir à lire la copie
puisque l’élève n’a rien écrit.

Coq-à-l’âne: violation de la maxime de relation.


A : « Il est nul comme prof ! » / B, qui voit le prof en question s’approcher : « Au fait, tu fais quoi demain soir
? ». L’implicature de “changeons de sujet tout de suite”.

Epellation : violation de la maxime de manière.


Père : Si nous allions à la plage ? Mère : Oui, mais pas de G.L.A.C.E au retour. La mère parle exprès
comme ça pour que les enfants ne comprennent pas. Implicature : que les enfants ne comprennent pas. 


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La pertinence demeure un concept vague :
A demande Où est ma boîte de chocolats ?
B répond par - Où sont mes amours d’autrefois ?
- J’avais faim
- J’ai quelque chose d’urgent à faire
- Pense à ton régime
- Les enfants étaient dans ta chambre ce matin
Et en soi, selon un contexte précis, chaque phrase est potentiellement une réponse correcte.

La pertinence dépend de la situation de communication. Globalement, si on répond un truc au minimum


en lien avec le contexte, c’est bon.

Linguistique de l’énonciation

L’objet principal n’est plus la langue (chez les structuralistes ou la compétence pour les générativistes),
mais la parole.
L’énoncé est donc la production réelle, écrite ou orale. La phrase n’existe pas ; c’est purement théorique.
Parole = performance
Compétence : système, phrase
Performance : réalisation concrète, énoncés

La phrase n’existe que dans nos têtes, les énoncés, eux, sont concrets.
« L’énoncé n’est pas, en général, identique à la phrase (au sens que ce mot a couramment ) puisqu’un très
grand nombre d’énoncés, en anglais par exemple, sont constitués par un seul mot, un syntagme, une
phrase ‘incomplète’, etc. » (Harris, 1951)

- Jakobson (1896-198)
- Benveniste (1902-1976)

Énonciation = actualisation ou mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation


(Benveniste). L’énoncé est le résultat de cet acte.
L’énonciation étudie les rapports entre le locuteur et son énoncé : traces de subjectivité.
Un énoncé n’est pas qu’une suite de mots mais une construction réfléchie.

Un énoncé implique : - Un dénonciateur


- Un destinataire
- Un lieu et un moment particulier
S’il y a deux personnes, on peut présupposer qu’il y a co-énonciation

Émetteur —> destinataire/co-énonciateur —> réponse à l’émetteur

Derrière chaque énoncé, il n’y a pas qu’un acte phonatoire, il y aussi des motivations psychologiques,
sociales, un environnement matériel, etc. On essaie de comprendre pourquoi la personne nous dit une
chose, s’il y a de l’implicite…
La linguistique de l’énonciation vise donc à décrire les interactions entre l’énoncé et les éléments
extralinguistiques (contexte socio-historique, situation spatio-temporelle, etc.), en observant les traces
observables de ces interactions, par exemple les marques de la subjectivité.

Histoire et discours chez Benveniste : « Les temps du verbe français ne s’emploient pas comme les
membres d’un système unique, ils se distribuent en deux systèmes distincts et complémentaires.
» (Benveniste, 1966 : 238)

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- Discours : Emploi du présent, du passé composé, de l’imparfait, du futur proche dans un énoncé (temps
lié à l’énonciateur)
- Histoire : Emploi du présent de narration, du passé simple, de l’imparfait, du plus-que-parfait (dissociés
de l’énonciateur)

Le matin du 16 avril, le docteur Bernard Rieux sortit de son cabinet et buta sur un rat mort, au milieu du
pallier. Sur le moment, il écarta la bête sans y prendre garde et descendit l’escalier. Mais arrivé dans la rue,
la pensée lui vint que ce rat n’était pas à sa place et il retourna sur ses pas pour avertir le concierge. Devant
la réaction du vieux M. Michel, il sentit ce que sa découverte avait d’insolite. (Camus, La Peste) : narration,
narrateur externe

Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile: « Mère
décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués ». Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. L’asile
de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et
j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. (Camus, L’étranger) : discours

Indices formels de l’histoire : 3e personne, système temporel précis (passé simple ou aoriste, parfois
imparfait, plus-que- parfait et passé antérieur) et adverbes du type là, la veille, le lendemain...

Pour Kerbrat-Orecchioni (1980), l’histoire n’est qu’une forme de discours objectivé et pour Ducrot (1972),
il ne s’agit que de « l’horizon mythique de certains discours. »

• Déictiques

Ce qui montre les choses. Ce sont des indices d’appropriation de l’énoncé par le sujet parlant. Ils sont non
interprétables en dehors de leur contexte d’énonciation : je, tu, ici, maintenant.

La baleine est un mammifère marin. Ce n’est pas un déictique car c’est la vérité pure et simple.
Paul est ici. C’est un déictique, car Paul peut changer de place en fonction du temps.

Pour Jakobson, les déictiques ou embrayeurs (shifters) sont les indices d’appropriation de l’énoncé par le
sujet parlant. Ils sont non-interprétables en dehors de leur contexte d’énonciation : je, tu, ici, maintenant,
etc.

Déictiques personnels

- JE : est non interprétable car : “Je vous aime”. La question est qui est Je. On a besoin de le savoir,
même chose avec les autres pronoms. Contexte d’énonciation important.
Vérité scientifique indépendante du lieu, du temps et le l’auteur de l’énonciation.
- TU : Le tu générique est celui qui s’adresse à tout le monde. On peut le remplacer par autre chose,
changer l’ordre de la phrase. Parfois le « tu » n’a pas toujours une valeur déictique style : tu te sens un
autre homme, ça ne renvoie pas à la personne à qui je parle. Datif éthique : “Tu lui as donné un de ces
coups!”
- NOUS : je + tu, je + il(s)/elle(s) (jeu, marque d’énonciation, mais il/elle non). Exclusif, car on inclus dans
gens absents dans l’énoncé. Marque d’énonciation.
- ON : vérité générale (on boit du vin en France), on peut le remplacer par “nous” (on part en vacance
demain), donc marque d’énonciation. On peut le remplacer aussi par “je” (on va rater nos exams…), ou
“tu” (on a fait la fête hier soir?)

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Le “il” c’est la personne absente. Il peut dans certains cas être un tu, donc marque de deuxième personne
(alors, il a bien dormi ?).

Déictiques spatiaux

Démonstratifs : ce, ci, ça


Présentatifs : voici, voilà
Adverbes spatiaux : en-haut, en bas, à droite, à gauche
Prépositions : devant, derrière

Tous les éléments doivent être présents dans la même pièce. A gauche est déictique. Viens ! est déictique.

Déictiques temporels (liés au moment d’énonciation)

Adverbes temporels : maintenant


Groupes prépositionnels : depuis un an
Affixes flexionnels verbaux de temps (toutes les marques liées à la conjugaison de temps. La date n’est
pas déictique, c’est un point fixe dans le temps ) :

Zones selon Rastier

Anglais, opposition binaire : this/that, here/there


Latin, opposition ternaire : hic, iste, ille

Je = ici, maintenant
Je suis à Namur. Le “je” peu changer, c’est un élément déictique car il peut changer.
Il est à Namur. La phrase est fausse. Namur ne peut pas être un élément déictique, il sera toujours Namur,
et il non plus. Un élément qui est déictique est le présent.
Paul est à Namur. Il y a du déictique car le temps est au présent.

Donc idée de départ des déictiques : ce qui renvoie au je, ici, maintenant. Eléments qui peuvent passer
par du lexique (je, tu), ou par des temps.
Est-ce que l’élément va changer selon qui parle ? Le “je” change par rapport à la personne qui parle,
contrairement à “il”.

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• Modalités

Notre approche par rapport à ce que nous disons.


Je dis des choses, est-ce que je suis d’accord avec ce que je dis, normalement oui toujours.
Exemple : Ce référentiel est la plus grande oeuvre du 20e siècle. Il y a ce que je dis, et la modalité/ la
modalité est donc ce que l’autre entend, ce qui est sous-entendu, présupposé, tout ce qui n’est pas dit.
On a tous une attitude en lien avec ce que nous disons (ironie, colère…). Le fait qu’on soit d’accord avec
ce qu’on dit dépend du contexte.

- Nécessité : Avoir une tête c’est nécessaire. Quelque soit le scénario, il a besoin d’une tête.
- Possibilité : avoir une barbe c’est possible pour un homme. 


Selon Bally (1932), toute phrase peut s’analyser en deux éléments :


- Le dictum : le contenu représenté, ce qu’on dit
- Le modus : la modalité qui indique l’attitude du locuteur par rapport au contenu exprimé, donc on dit si
on est d’accord ou pas avec ce dont on parle

Luc viendra / Luc devrait venir : un dictum (Luc, venir), deux modus (Luc viendra, certitude, Luc devrait
venir, possibilité qu’il ne vienne pas).
On dit la même chose mais de deux manières différentes.

L’absence totale de modalité correspond à un jugement de réalité : “il pleut”, s’il pleut effectivement

Pas simplement une opposition objectivité / subjectivité :


« Je crois les mots de la langue incapables, de par leur nature même, de décrire une réalité. [...] Ce qu’on
appelle idée, dictum, contenu propositionnel n’est constitué par rien d’autre, selon moi, que par une ou
plusieurs prises de positions. » (Ducrot, 1993 : 128)
Donc quand on parle, on est jamais valent objectif. On dit les choses avec la manière dont on veut les
faire passer.

Deux types :
- Modalités d’énonciation : ce qu’on va dire par rapport à l’interlocuteur
- Modalités d’énoncé : ce qu’on va dire par rapport au sujet dont on parle

Modalités d’énonciation

- Déclaratif/assertif : exprime l’affirmation à l’intention de l’allocutaire (= interlocuteur)


- Injonctif/impératif : exprime un ordre à l’intention de l’allocutaire
- Interrogatif : exprime une question à l’intention de l’allocutaire
- Exclamatif : exprime l’affectivité, l’émotion à l’intention de l’allocutaire

Modalités d’énoncé

- La vérité : je pense qu’il est plus fort


- La nécessité : Il faut que je parte
- La possibilité : Je peux venir demain
- Le doute : Il va peut-être venir
- La certitude : Je suis sur qu’il viendra
- Le souhait : Je voudrais que tu passes à la maison
- …

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Montre la subjectivité de celui qui parle.

Deux types de subjectivité : de l’affectif, et de l’évaluatif (vrai, faux)


On utilise du coup de moyens lexicaux/syntaxiques pour marquer la différence.
Par exemple : cet homme politique est un vrai renard. Le fait de choisir le mot renard n’est pas neutre.

Noms affectifs ou évaluatifs


C’est beau est affectif et évaluatif.

Jean-Marc est plus beau que Jean-Louis est évaluatif.

Adjectifs affectifs ou évaluatifs


Les adjectifs expriment de la modalité (très souvent)
Cette boite est jolie : modalité

Cette boite est bleue : pas de modalité

Verbes
Les verbes de sentiments, les choix du verbe amène de la subjectivité.
Je déteste/adore ce film.
Je pense que... Je crois que … Il prétend vs il dit Sembler – paraître

Temps du verbe
J’irai : futur c’est une presque certitude
J’irais : conditionnel

Adverbes ou locutions adverbiales


Evidemment il est en retard - je suis habituée.

Locutions adverbiales : sans vouloir vous contredire, Franchement il s’habille mal

Interjections
Merde est un point de vue en soi.

Intonation (oral) et ponctuation (écrit)


J’ai vu Jean-Louis.

J’ai vu Jean-Louis !

• Polyphonie (création comportant plusieurs voix, plusieurs points de vue)

Cette notion parait au début du 20e .


Plusieurs définitions, pas forcément la même d’un auteur à l’autre. L’idée de polyphonie est qu’il peut, par
exemple, y avoir plusieurs voix dans un roman (auteur, personnage, narrateur, idéologie…).

Notion présente chez Bakhtine, un russe qui s’est intéressé aux textes littéraires (son livre : Marxisme et
philosophie du langage, il ne l’a pas écrit, mais est signé par lui).
Il dit que chaque discours en contient un autre et le reflète.
Cette idée s’oppose à la grammaire normative qui évoque une unicité du sujet parlant. Dans la grammaire
normative, il y a 1 auteur/sujet/personne et c’est tout.

Une définition possible de la polyphonie : discours à plusieurs voix. Ça implique que le locuteur (celui
qui parle au sens concret) est une sorte de chef d’orchestre qui dirige un certain nombre de voix dont il
règle l’intervention. Idée que quand on parle, c’est en notre nom, mais parfois au nom d’autres personnes.
Quand on raconte une histoire, on est un genre de chef d’orchestre.

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Un concept ressort de cette définition : l’hétérogénéité énonciative. Dans un énoncé, il n’y a pas
d’homogénéité, il peut y avoir plusieurs voix.
Exemples :
Nom de l’auteur du roman (Laurence Sterne) / « je » du roman (Tristram Shandy). La question : est-ce que
c’est la même personne ? On voit bien que non, mais c’est pas évident pour tout le monde.
Je soussigné… celui qui écrit le “je” n’est pas la même personne que celle qui signe.
Il ne s’agit pas encore de polyphonie pour Ducrot, mais ça l’est pour d’autres. Donc problème, tout le
monde n’est pas d’accord. Les mêmes exemples sont traités différemment.

- Double énonciation (c’est de la polyphonie pour Durcrot)


J'ai vu Paul hier à la Fac, il m'a dit: "Je prendrais bien un café". C’est un discours direct puis rapporté.
Polyphonie car deux personnes qui parlent, même si prononcé par une seule.
“D’où l’idée que le sens de l’énoncé, dans la représentation qu’il donne de l’énonciation, peut faire
apparaître des voix qui ne sont pas celle d’un locuteur » (Ducrot, 1984 : 204).

« C’est bonnard. T’es une vedette de cinéma, d’Hollywood, tu te présentes à l’élection de gouverneur en
Californie. Pof ! t’es élu. C’est ce qui est arrivé à Schwarzenegger et vous savez quoi ? Il tient des vies
d’hommes dans ses mains, maintenant, Schwarzenegger. Après l’illusion, la chair et le sang. Le premier
condamné à qui il pouvait accorder la grâce, qu’il lui a refusée, sera exécuté le 10 février. [...] » (Nouvel
Observateur, 11/2/04).
Texte journalistique. Pourquoi on parle de plusieurs voix ? Il y a un style très familier, abréviations,
onomatopées, etc. Celui qui parle peut apprécier Schwarzenegger. A la fin du texte, on a l’impression que
cette personne n’aime pas Sch.
Il y a deux voix entre le début et la fin. Première, aime bien Sch/famillier, deuxième, ne l’aime pas/
dénonciation.

Distinction de Bally entre sujet modal et sujet parlant, c’est-à-dire entre mise en scène énonciative et
énonciation effective : Il y a quelqu’un qui parle, mais aussi quelqu’un qui met en scène (chef d’orchestre).
Il y a du concret, ce qui est dit, et ce qui est pensé derrière —> le sujet modal, la modalité. Le sujet parlant
ici est le même, mais il y a deux sujets différents au niveau de la modalité.

Anscombre

- Sujet parlant : être du monde réel qui a produit l’énoncé. Celui qui parle au sens concret. On l’entend.
- Locuteur (sujet modal chez Bally) : être discursif, auteur de l’énoncé. On ne l’entend pas toujours, on
comprend pas à chaque fois ce que l’autre veut nous dire, c’est plus abstrait.

Exemple :
Testament rédigé par un notaire. On signe tout ce qu’on a à faire après.
Sujet parlant = notaire : c’est lui qui rédige le texte, mais pour autant, ce n’est pas lui qui est le référent de
« je ». Le “je” dans le testament n’est pas celui qui notaire, donc sujet parlant.
Le locuteur, c’est celui qui est le destinataire du testament.
Le seul moment où sujet parlant et locuteur se confondent est dans la signature : « Le signataire d’un
contrat, d’un chèque ou d’un billet à ordre est locuteur d’un document dont il n’est pas le sujet parlant. Il
est en revanche sujet parlant de la signature. » (Anscombre, 2009 : 17)
C’est quand on signe seulement qu’on devient sujet parlant.

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Ducrot

Pour Ducrot, il y a une différence nette entre locuteur et énonciateur. Le locuteur est responsable de
l’énonciation, il peut mettre en scène divers énonciateurs et, alors s’associer à certains tout en se
dissociant d’autres.
Parmi les énonciateurs peut se trouver le locuteur lui-même, ainsi que d’autres personnes. Le locuteur,
responsable de l’énonciation/chef d’orchestre, plusieurs personnes peuvent parler.

Trois niveaux :
- Sujet parlant, celui qui produit concrètement l’énoncé
- Le locuteur, celui qui est l’auteur de l’énonciation
- L’énonciateur, celui qui parle

Énonciateurs : « êtres intradiscursifs censés s'exprimer à travers l'énonciation d'un locuteur. » (Ducrot,
1984 : 204). Les gens qui existent pas le biais du langage.
Il paraît que le prix du train va augmenter. Celui qui parle est une voix quelconque, destiné à quelqu’un
d’autre ou à soi-même.
Le locuteur ne se place pas comme énonciateur mais comme destinataire de l’énoncé.
Idée d’être intradiscursif : n’exister que par le discours, texte comme personne (ex: hommes politiques,
discours importants, etc).

La polyphonie fait partie du sens que le co-énonciateur attribue au texte qu’il entend ou lit. Il arrive qu’un
texte qui est polyphonique pour tel interlocuteur ne le soit pas pour tel autre.

D’un autre point de vue, Berrendonner (1981 : 52) et le « complexe illocutoire » : on rassemble dans une
position illocutoire unique, les différentes attitudes du locuteur.
Donc ce n’est pas parce que moi j’entends deux ou trois personnes qui parlent que les autres vont
entendre la même chose. Qui parle ?
Par exemple, le prof dit “Voici une citation de Ducrot”, donc Ducrot parle à travers le prof, mais on ne sait
réellement de qui la phrase vient-elle.
La polyphonie est quelque chose qui reste très vague à ce point de vue la.

Berrendonner

On parle de complexe illocutoire. Quand on parle, on rassemble différentes habitudes prises en tant que
locuteur dans une position illocutoire unique.
La doxa c’est ce que pensent les gens, idées reçues, logique populaire, toutes les croyances de l’opinion
publique.
Donc le ON locuteur c’est la communauté linguistique de la doxa qui parle.

Berrendonner (1981) : ON-locuteur → communauté linguistique. (ON qui parle)


Policier : – C’est ma tenue de tous les jours.
Lizbeth : – Vous ne vous foulez pas. C’est décontracté la police.
Decambrais : – L’habit ne fait pas le moine, Lizbeth, dit Decambrais... (F. Vargas, Pars vite et reviens tard, p.
141).
Le ON = L’habit ne fait pas le moine. Cette phrase reflète ce que la société pense en général, doxa. Il y a
un sujet parlant (Decambrais), mais aussi plusieurs énonciateurs (l’opinion publique, la doxa avec les
habits), car quand on sort un proverbe, c’est des siècles de fondement de ce proverbe, donc on n’est pas
seul à parler, mais on représente toute une société.

Importance du ON pour les présupposés.

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• Présupposés et sous-entendus

Si Pierre vient, Jacques partira.


Jacques ne déteste pas le vin.
Jacques continue à fumer.
Pierre a donné peu de vin à Jacques.

Le présupposé se déduit à partir de mots présents dans l’énoncé. Le sous-entendu est construit à partir
d’indices, le contexte est donc essentiel, alors que c’est moins le cas pour le présupposé.
Le présupposé se devine grâce à un adverbe (Il est encore venu), un pronom (Ta sœur range sa chambre,
elle), un adjectif (Je vais mettre mon pull bleu), un verbe (J’ai été réveillé par le téléphone), etc.

Le sous-entendu dépend du contexte (Il est venu me voir) et l’interprétation peut être niée (Votre
remplaçant était parfait).
- Production empirique de l’énoncé (sujet parlant et auditeur).
- Responsabilité de l’énoncé (énonciateur et destinataire).
- Acteurs mis en scène par l’énoncé et son chef d’orchestre (locuteur et allocutaire).

Caractère polyphonique de la négation

Léa viendra à la fête, parce qu’elle sait que ça m’embête.


Léa ne viendra pas à la fête, parce qu’elle sait que ça m’embête.
Le deuxième cas est polyphonique, mais pas le premier.
Premier : Le “ça” c’est le fait que Léa vienne à la fête.
Deuxième : Le “ça” c’est le fait qu’elle vienne à la fête ou pas, les deux sont possibles.
La négation amène la polyphonie, ça rit y a plusieurs voix/interprétations possibles.

Style indirect libre

J’ai parlé hier avec Max. Il s’en va le mois prochain.


J’ai parlé hier avec Max. Il dit qu’il s’en va le mois prochain.
J’ai parlé hier avec Max. Il s’en va le mois prochain, mais je ne le crois pas. Phrase étrange.
J’ai parlé hier avec Max. Il dit qu’il s’en va le mois prochain, mais je ne le crois pas. Phrase qui fonctionne.
Le verbe dire implique qu’on est au niveau du discours, plus au niveau du fait, et ça change
l’interprétation possible. “Mais je ne le crois pas” fonctionne beaucoup mieux dans la deuxième phrase
que dans la première, parce que je ne crois pas le fait qu’il dise qu’il s’en aille.

• Intertextualité

“Chirac ou l'art d'accommoder les vestes” (Canard Enchaîné).


Il y a deux énoncés derrière, on accommode les restes normalement.
Les vestes c’est perdre les élections, et les restes, c’est ce qu’il reste après avoir perdu les élections.
Le remaniement est le fait que deux phrases entrent en collision. En lien avec idée de chaîne dialogique
donc on remanie des expressions mais on fait référence à elle de manière directe. 


Chaîne dialogique : Slogan qu’on modifie. Exemples :


Travailler plus pour travailler plus (Sarkozy) = Travailler plus pour gagner moins (Réforme des retraites)
Cotiser plus pour gagner moins (Réforme des retraites)
Travailler plus pour gagner rien (Travail gratuit pour les chômeurs anglais)
Travailler plus pour mourir plus (suicides dans les entreprises)
Sécher moins pour gagner plus (cagnotte pour les élèves assidus)
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Jouer plus pour perdre plus (paris en ligne)

Échos dialogiques :
« Reebok, 256 francs.
Ça passe et ça classe » (slogan publicitaire) sous entendu d’être classe. Une pub essaie de jouer la-dessus,
ils veulent des slogans qui fonctionnent longtemps.

• Sémantique textuelle

Pour Rastier, les textes sont l’objet de la linguistique. On ne s’arrête pas à la phrase/énoncé, on s’intéresse
aux textes.

Texte = « suite linguistique autonome (orale ou écrite) constituant une unité empirique, et produite par un
ou plusieurs énonciateurs dans une pratique sociale attestée. » (Rastier, 2001 : 302). Donc en gros, un
texte c’est oral ou écrit, c’est une unité (début et fin) et peut être produit par un ou plusieurs énonciateurs
(un dialogue peut être un texte, une interview aussi). Définition très large (rien qu’un allô convient pour
faire un texte).
Un texte relève d‘un genre et appartient à un type de discours (la notion de genre était souvent ignorée
en linguistique). Rastier dit que c’est vraiment important le genre, car on ne pose par les mêmes termes,
formules syntaxiques etc pour tous les genres.
Exemple : Un lapin met sa cape et s’envole. Pour un texte d’enfant il n’y a aucun soucis. Mais chez les
adultes… donc notion important qu’est celle du genre.

- Pas besoin de pragmatique


- La syntaxe dépend avant tout du sémantique
Une sémantique bien faite n’a pas besoin de pragmatique (étude de tous les faits extérieurs à la langue,
tout ce qui se rajoute).
Approche sémantique des faits linguistiques : la pragmatique n’est pas une branche essentielle, «
complément nécessaire d'une linguistique restreinte, elle ne peut jouir d'aucune autonomie à l'égard
d'une sémantique bien faite » (Rastier, 1994) et la syntaxe dépend avant tout du sémantique (isotopie). La
syntaxe c’est l’ordre des mots. Ça dépend d’une règle ou du sens ? Si ça dépend du sens, ça dépend de la
sémantique. L’ordre des mots c’est l’ordre du sens en gros. Donc la syntaxe dépend de la sémantique.

Le global détermine le local : « Les sens lexicaux et même les règles syntaxiques diffèrent selon les
discours et les pratiques sociales qui leur correspondent. » (Rastier, 2005)
Exemple : on écrit un texte de droit, et une carte postale. Les deux écrits ne seront pas du tout pareils. La
syntaxe, les choix des termes, etc, dépendent du genre. Le global détermine le local.

Dans la lignée saussurienne du rejet de la sémantique référentielle :

1) Sémantique référentielle : pourquoi on parle, pour dire des choses. Table renvoie à un objet, homme
à une personne. Les noms renvoient à des choses. Ses composants correspondent aux qualités du
référent (analyse componentielle de Katz & Fodor). Idée que le langage est la pour parler des choses,
les mots sont comme des étiquettes.

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Canard d’après Katz & Fodor.

Le mot canard est un nom. On le classe en différentes classes, et on l’analyse.


Les mots sont la pour parler des choses, et il peut y avoir plein de “définitions” à ce mot. Ça fonctionne
bien pour certains mots, mais pas pour tous.

2) Sémantique inférentielle : on établit la référence par la relation concepts-objets. L’inférence entre deux
concepts ou entre deux objets (ce que fait Sherlock Holmes : il devine tout en voyant une chose, il
comprend autre chose. Traces de pas dans la neige = quelqu’un est passé).
Laissez votre manteau à l’hôtesse du vestiaire.
Laissez leur manteau à vos enfants.
Différence : le sens de “laissez” dépend du contexte.

3) Sémantique différentielle : pour Saussure, la valeur est déterminée par la position dans le système,
donc par les différences avec les autres éléments. Approche beaucoup plus récente. C’est le “bon usage”,
où on dit que les mots ont un sens précis, c’est-à-dire que les synonymes ne sont pas vraiment
synonymes, il y a des nuances entre les deux, qui créent la différence entre les deux mots.

Analyse sémique de Pottier.

• Etymologie, sens et signification

Étymologie et motivation

C’est un peu la même chose mais vu de deux angles différents.

—> L’Etymologie c’est le versant diachronique, et la motivation le versant synchronique, d’une même
chose. diachronique.

Question du sens de la signification, motivation = synchronique


Mais dans un dico historique, il va donner l’étymologie = diachronique

—> Motivation : raison d’associer tel signifiant à tel signifié au moment où est effectuée cette association
(auriculaire et auricula, s’appelle comme ça car c’est le doigt qu’on prend pour mettre dans son oreille
(auricula = oreille)). Raison pour laquelle un mot s’appelle comme ça et pas autrement. synchronique.

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Étymologie : explication historique de cette association.

Étymologie savante et étymologie populaire (recherche de l’origine. Quand on rencontre un mot qu’on
connait pas, on essaie de le reconstruire. Et quand on fait ça, on utilise l’étymologie populaire, on
rapproche d’un autre mot qu’on connait).
Exemple étymologie populaire : rapprochement entre péage et payer : environ 20000 réponses pour «
payage » + autoroute sur Google. pourtant, le P de péage vient de Pied, l’endroit où l’homme a le droit de
mettre pied. Mais on voit le verbe payer à la place.

Signification

Phénomène propre au signe pris hors contexte. La signification ne concerne que les signes, qui évoluent.
Elle n’est pas fixe. Définition dans un dictionnaire. Éléments sémantiques relativement stables. Pour autant,
une signification n’est pas fixe, elle évolue avec le temps.

Donc étymologie est différente de la signification



Hippopotame: «cheval de fleuve» => non ça ne marche pas. Ce n’est pas la bonne signification.

Sens

Phénomène propre au discours lors de l’actualisation d’une unité linguistique.


Le sens d’une unité sera plus ou moins riche selon les contextes. C’est quelque chose qui bouge tout le
temps. Le global détermine le local.

Guillaume était la femme du ménage, l’être faible qui obéit, qui subit les influences de chair et d’esprit.
(Zola, Madeleine Férat). Le sens de la femme n’est pas le même que dans le dico.

Un humaniste : J’aime les hommes. Un cannibale : J’aime les hommes. Les deux verbes aimer ont un sens
différent.
Un père en punissant, Madame, est toujours père (Racine). Il y a le père géniteur et le père bienveillant,
dans la même phrase.

Impression référentielle et sens :


Le canari et le poisson. Intérieur, animal familier.
Le cormoran et le poisson. Poisson de mer et rivière par rapport au contexte.

C’est une direction d’interprétation.

• Paraphrase et ambiguïté

Les langues se distinguent des langages formels sur le fait que la relation entre formes et sens est
complexe :
- Ambiguïté : une même expression peut signifier plusieurs choses
- Paraphrase : inversement, plusieurs expressions sont possibles pour exprimer la même chose
Le français n’est pas une langue biunivoque (un signifiant lié à un signifié)

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L’ambiguïté

1. Difficultés au niveau morphologique

- Segmentation à l’oral : ilaepuzesεlkilεm. Il a épousé celle qui l’aime / Il a épousé celle qu’il aime
- Choix de la catégorie : Devant (préposition ou verbe) cette somme, il hésite.
- Identification de la valeur : A cette vue, il pâlît (présent ou passé simple)

2. Difficultés au niveau lexical

- Identification d’homonymes : Tu as du scotch ?


- Interprétation des termes polysémiques (plusieurs significations) : Il a changé de bureau.
- Sous-détermination du sens : Il est grand (par rapport à quoi, à qui ?). Il est bien tôt (pour quoi ?)
- Sur-détermination du sens : Son fils a eu un enfant (implicite). Un jardinier qui sabote une pelouse est
un assassin en herbe (cumul de sens)

3. Difficultés au niveau syntagmatique

- Segmentation des groupes : C’est un professeur de football américain. C’est un professeur de football,
américain
- Identification de la fonction : Il attend la nuit. Il attend, la nuit.

4. Difficulté au niveau de la prédication

- Identification de la nature d’un argument : Paul admire Léa plus que Max

5. Difficulté au niveau sémantique

- Problème de calcul : Luc et Léa sont mariés

6. Difficulté au niveau pragmatique

- Calcul de la valeur illocutoire : tu as un ticket de bus ?

◊ Ambiguïté lexicale homonymique : Il a mangé un avocat. L’ambiguïté vient du manque de contexte,


littéralement non c’est pas possible de manger l’homme de loi (Jean-Marc n’est pas comestible) mais
dans une expression ça peut exister.
◊ Ambiguïté lexicale polysémique : Paul sent le fromage
◊ Ambiguïté syntaxique/structurelle : J’aime le portrait de Renoir. Est ce un tableau qui représente Renoir,
qui est peint par Renoir, qui appartient à Renoir ?

La petite brise la glace. Petite : adjectif/nom ? Brise : verbe/nom ? La : déterminant/pronom ? Glace :


verbe/nom ?
Pour aider à trancher, statistiquement : on met au passif, et si ça veut dire quelque chose c’est que c’est ça.
Contextuellement : un pronom anaphorique comme « le » nécessite un antécédent.

Étude statistique sur les cas d’ambiguïté structurelle (Berthelin, 2005).

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« A partir d'environ 40 formes Adjectif-Verbe et 200 formes Verbe-Nom, il existerait, en l'absence de
restrictions de sélection, approximativement 8000 combinaisons de ces formes. Dans les cours de TAL, on
en trouve une demi- douzaine. »
- Les exemples pédagogiques. Le pilote ferme la porte, etc.
- Du bruit. Ponctuations dans la séquence, sites générant du texte aléatoirement.
- Une trentaine de phrases construites sans intention apparente de créer une structure ambiguë. La
matière courbe l’espace.
Dans cette liste, uniquement SVO, à une exception près. L’amour aveugle le conduit.

Le visiteur illustre le livre.


- Statistiquement : SVO, donc au passif : le livre est illustré par le visiteur plutôt que c’est livré par le
visiteur illustre.
- Contextuellement : un pronom anaphorique comme le nécessite un antécédent. L’ambiguïté n’existe
que par le manque d’un contexte plus large.

• La paraphrase

Pour éviter l’ambiguïté, on peut recourir à la redondance ou à la paraphrase.

À l’écrit : les petits chats dorment.


À l’oral : les petits chats dorm

Des séquences en relation paraphrastique ont plus ou moins le même sens.


La porte s’ouvre avec cette clé.
Cette clé ouvre la porte.

Notion de synonymie de la phrase


Ça permet d’éviter des répétitions, paraphrase.

Il est évident qu’il a peur.


Il a peur, c’est évident.
Il a peur, c’est l’évidence même.
Il a peur, évidemment !
Évidemment qu’il a peur !

Problème : il n’est pas parti => il est resté.

Loi logique du tiers-exclu : x est soit p, soit non-p.


Cette loi ne fonctionne pas toujours dans les langues
La porte n’est pas fermée ≠ La porte est ouverte. Il y a quelques contextes où la porte n’est pas fermée ne
veut pas dire qu’elle est ouverte.
Je n’aime pas → Je déteste.
Je n’aime pas → Cela m’est indifférent.

Paraphrase linguistique

- Par équivalence syntaxique : actif/passif. Paul a vu Léa, Léa a été vue par Paul.
- Par équivalence lexicale. Elle a grondé son enfant. Elle a réprimandé son enfant. Elle s’est fâchée contre
son enfant. Elle a engueulé son mioche.

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Paraphrase pragmatique

Il pleut. La pluie tombe. Il faut rentrer le linge. Tu ne peux pas sortir. Est-ce que Paul viendra nous voir ce
soir ?
Effet de la pluie, présupposition, en soi toutes ces phrases sous-entendent la même chose.

Paraphrase référentielle

- Anaphorique : Les femmes, les enfants, les hommes veulent venir. Ils veulent venir.
- Déictique : Il est allé te voir à Arlon le mois dernier. Il est allé là-bas le mois dernier.
- Description/syntagme défini : Le vainqueur de Léna est mort en 1821. Napoléon est mort en 2821.

Lien historique entre paraphrase et traduction : Targoum en hébreu. La traduction religieuse est littérale,
tandis que la traduction profane permet un paraphrase.

« En revanche, parler ou écrire est constamment lié à la paraphrase. On se répète, on cherche ses mots,
on veut mieux exprimer sa pensée, on cherche des synonymes pour varier son discours, etc. Pourtant,
l'importance théorique de ce phénomène ne ressort véritablement que si l'on accepte l'unité du signe
selon Saussure. Car une paraphrase se fait toujours à partir d'une suite linguistique ; un mot ou une
phrase qu'on cherche à dire autrement, et non pas à partir d'un contenu ou d'un signifié détaché d'une
expression. C'est pourquoi la paraphrase ne peut pas être effectuée ou jugée à partir d'un tiers (un
contenu) qui en assure l'opportunité. On ne peut que juger qu'une telle phrase sonne mieux qu'une
autre, c'est-à-dire on ne peut que comparer sans que la comparaison soit en elle-même jugée en fonction
d'une instance incomparable qui puisse valider une équivalence entre une phrase et sa traduction.
» (Utaker, 2004)

Reformuler c’est aussi paraphraser un texte, c’est produire un nouveau texte qui reformule le premier en
éclairant certains aspects.

Quand on parle, on finit toujours par se reprendre et donc de paraphraser.

• Isotopie

« La gaieté, un moment réprimée par les combats que chacun avait livrés au sommeil, se réveilla soudain.
Hommes et femmes, tous paraissaient habitués à cette vie étrange, à ces plaisirs continus, à cet
entraînement d’artiste qui fait de la vie une fête perpétuelle où l'on rit sans arrière-pensées. » (Balzac,
Sarrasine)

« la gaieté... se réveilla », « ces plaisirs continus » et « une fête perpétuelle où l’on rit sans arrière-pensées »
=> Paraphrases ? Non, c’est une isotopie, c’est un même groupement sémique dans les trois : /
euphorie/, /insouciance/, /duratif-itératif/. Si un sème est récurrent, il crée une isotopie.

Isotopie : « Ensemble redondant de catégories sémantiques qui rend possible la lecture uniforme du récit
telle qu'elle résulte des lectures partielles des énoncés et la réalisation de leurs ambiguïtés, qui est
guidée par la recherche de la lecture unique. » (Greimas, 1966)
Rastier l’étend à tous les composants sémantiques, chez lui une isotopie peut s'étendre sur deux mots, sur
un paragraphe, sur tout un texte.

Si un sème est récurrent, il crée une isotopie.


Et votre entrecôte ? Bleue, saignante, à point, bien cuite ?
Le sème/degré de cuisson permet de comprendre que bleue ne renvoie pas à une couleur au sens
habituel.
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Giono, Regain
«Les labours d’automne ont commencé ce matin. Dès le premier tranchant de l'araire, la terre s'est mise à
fumer. C'était comme un feu qu'on découvrait là-dessous. Maintenant que voilà déjà six sillons alignés
côte à côte, il y a au-dessus du champ une vapeur comme d’un brasier d’herbe. C’est monté dans le jour
clair et ça s’est mis à lire dans le soleil comme une colonne de neige. Et ça a dit aux grands corbeaux qui
dormaient en volant sur le vent du plateau : « c’est là qu’on laboure, il y a la vermine ».Alors ils sont tous
venus, d’abord l’un après l’autre en s’appelant à pleine gorge puis par paquets comme de grandes feuilles
emportées par le vent. Ils sont là autour de Panture, à flotter dans l’air épais comme des débris de bois
autour d’une barque. »
=> Isotopie : la campagne
Explications images ?

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AJOUTER UNE PAGE POUR RESTE THEORIE

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INTRODUCTION : EXERCICES

En vert, ceux du premier quadri,


En rouge, ceux du deuxième quadri.

Chapitre 1) Syntaxe

1. Définition provisoire (non demandée à l’examen)


2. Notion du sujet
3. Forme et non substance
4. Deux modélisation des relations syntaxiques (demandée à l’examen)

Chapitre 2) pragmatique, linguistique

1. Pragmatique
2. Linguistique textuelle
3. Linguistique de l’énonciation

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Pas de syllabus

Webcampus : - inscription dans un groupe (conflit horaire)


- utilisation du forum
- création d’un glossaire
- réalisation de travaux ponctuels

TEST formatif le jeudi 4 avril (10h40-12h40 au L21)

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CHAPITRE 1 : SYNTAXE

Quel est l’énoncé du sujet “le voleur est arrêté par la police ?”

* Le voleur ?
* Le policier ?
* Les deux ?
* Aucun des deux ?

Deux parties, une formelle et une sémantique. Le but est de se décrocher de la sémantique
pour uniquement faire de la syntaxe.

Retourner voir la vidéo de théorie Saussure sur youtube

Comment analyser syntaxique ment l’énoncé “l’enfant déballe son cadeau ?”

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Deuxième cas, travail d’un linguistique américain au point de vue différent de Saussure (qui?)

Unité nominale = préposition, préfixe, lexème, genre, nombre


Unité verbale = conjonction, lexème, temps, mode, voie, personne, genre, nombre

Faire de la syntaxe = combiner deux unités ensemble

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CHAPITRE 2 : PRAGMATIQUE, LINGUISTIQUE TEXTUELLE ET ENONCIATION

INTRODUCTION

Exemple de pragmatique : VIDEO

Comment comprendre pragmatiquement le syntagme (la phrase) : “Cher collègue mais


néanmoins ami” ? Le locuteur veut dire qu’il y a des collègues amis et des non amis, mais dans
ce cas là, c’est un ami.

Comment analyser textuellement l’extrait de Ralentir travaux de Paul Eluard (1930) ?


“Je déposerai mes épaules
Chaque pas soulève un malheur
Me perdre au large dans mes temps”

Quel phénomène linguistique est illustré dans l’extrait du Jeu de l’amour et du hasard de
Marivaux ?
Dorante. - Vous êtes sensible à son amour, je l’ai vu par l’extrême envie que vous aviez tantôt que
je m’en allasse ; ainsi vous ne sauriez m’aimer.
Sivlia. - Je suis sensible à son amour ! Qui est-ce qui vous l’a dit ? Je ne saurais vous aimer ! Qu’en
savez-vous ? Vous décidez bien vite.

Quel phénomène linguistique est illustré dans le réquisitoire contre la taille des noirs de
Montesqieu ? (REQUISITOIRE /=/ PLAIDOYER = REPONSE)
Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je
disais : LEs peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage
ceux de l’Afrique, pour s’en servir à déchiffrer tant de terres.
Le sucre serait trop cher si l’on ne dansai travailler la plante qui le produit par des esclaves.
Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu’il est
presque impossible de les plaindre.

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CHAPITRE 1 : SYNTAXE

4. Définition provisoire (examen)

1.1. De la morphologie à la syntaxe

Axe paradigmatique et syntagmatique.

AP : Critère de choix (dynamique Saussurienne : comparer/opposer des éléments entre eux pour n’en
choisir qu’un). Logique du “OU” —> commutation, substitution.

AS : Critère de l’autonomie formelle. Logique du “ET”. Combiner des unités autonomes et les transformer
en constituants de combinaisons (=syntagmes) —> combiner.

Unité Nominale = Préposition (toujours, même morphème à signifiant 0) + préfixe/déterminant + lexème



Unité Verbale = conjonction (n’importe laquelle) + préfixe 1, 2, 3 + lexème + mode + temps + voix +
personne + genre + nombre …

Préfixe 1 = Sujets/pronoms (je, tu, il, nous, vous, ils)


Préfixe 2 = COD (le, la, les…)
Préfixe 3 = COI (lui…)
Ils sont TOUJOURS là tous les trois, et si pas visibles, à signifiant 0.
< Parce que je le lui donne >
Parce que : conjonction
Je : pronom
Le : COD
Lui : COI
Donn/e : donn (radical) => lexème

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Relation syntaxique formelle Sujet-Verbe : syntagme S-V = mais le chat dort.
Sujet = UN et verbe = UV
Se défaire des critères sémantiques pour faire de la syntaxe.

1) Effacer le préfixe 1 dans les deux unités : rien dans la 1re (un), et “elle” dans la 2e (mais … dort)
2) Genre, nombre, personne : masculin + singulier + 3e
3) Préposition : bloquée sur le signifiant 0. Conjonction libre.

Rapports associatifs

Relations entre plusieurs termes partageant un ou plusieurs caractère(s) commun(s) dans notre mémoire.
Des groupes et des sous-groupes se forment au sein de cette dernière —> rapports in absentia.

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Rapports syntagmatiques

Relations entre deux ou plusieurs unités présentes dans une série effective au moyen d’une solidarité
réciproque.
Des combinaisons d’unités sont donc réalisées et se nomment syntagmes —> rapports in praesencia.

1.2. Qu’est-ce que la syntaxe ?

Syntaxe ? Les déclinaisons du latin sont perdues pour le français, donc pour solutionner ce problème il
faut imposer un ordre : sujet - verbe - complément.

Définition temporaire : ensemble des moyens qui nous permettent d’organiser les énoncés, d’affecter à
chaque terme une fonction et de marquer les relations qui s’établissent entre les mots.

Syntagme ? Groupe de mots dont l’élément central est un nom.

< Le petit chien blanc de mon voisin s’est perdu> : syntagme nominal car noyau = chien
< Le courrier électrique est très utilisé> : syntagme nominal car noyau = courrier

2. Notion de sujet

2.1. Comment se définit le sujet dans une phrase déclarative ?

Sujet = notion floue et complète : - définition syntaxique : accord ?

- définition sémantique : ce dont nous disons quelque


chose ?

2.2. Quatre sujets différents

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4) Sujet grammatical : élément qui régit l’accord en genre, nombre, personne
5) Sujet sémantique : rôle d’agent, celui qui fait l’action, “qui est-ce qui”, “c’est qui qui”, avec un verbe
d’action
6) Sujet logique : ce dont on dit de quelque chose
7) Sujet psychologique : élément qui contient l’ancienne info, il faut créer un contexte s’il n’est pas
donné. Info ancienne = partagée par le contexte et par la phrase.

< Le chat dort >

SG = chat
SS = le chat
SL = le chat
SP = dort (qui dort ? Le chat dort)

Exercices

< Le verre est rempli par Albert >

SG = le verre
SS = Albert
SL = le verre
SP = le verre (qui a rempli le verre ? Le verre est rempli par quelqu’un)
Albert (que fait Albert ? Albert fait quelque chose)

< Alfred achète des frites >

SG = Alfred
SS = Alfred
SL = Alfred
SP = Albert (que fait Albert ? Albert achète quelque chose)
Que se passe-t-il ? Il se passe quelque chose

< La souris est mangée par le chat >

SG = la souris
SS = le chat
SL = la souris
SP = qui est mangé(e) par le chat ? quelqu’un/quelque chose est mangé par le chat
que fait la souris ? La souris fait quelque chose

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MODELE ENDOCENTRIQUE + DEBUT CHAPITRE 2 


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Syntagme attributif

1. Préfixe 2 (le/l’) = ɸ
2. Initiales :
- Préposition = ɸ ou fixe
- Préfixe du nom = libre SI ɸ + ɸ, accord
- Conjonction = libre
3. Restriction sur le lexème verbal : lexèmes attributifs

Exercice
Préfixe 2

Il faut le faire apparaitre = dislocation à gauche

=> méthode maitre Yoda


Le = préfixe 2, il faut le faire apparaitre en


déplaçant “audacieux”

Le fait de devoir mettre une virgule s’appelle créer


une parataxe

Préfixe 2 = le/l’ -> bloqué sur ɸ (il est là, mais on en


le voit pas, à moins de bouger les mots comme
Maitre Yoda :-) )

Initiales
- Conjonction : libre

Contraintes - Préposition : ɸ ou fixe

- Préfixe : libre MAIS ɸ préposition + ɸ préfixe

=> accord en genre, nombre, personne

Restriction sur le lexème verbal


?
Lexème attributif

D’état

Copule

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Syntagme verbe-objet direct

1. Préfixe 2 (le, la, l’, les, en, un, une…) = ɸ


2. Initiales :
- Préposition = bloquée ɸ
- Préfixe du nom = présent, et SI ɸ = nom propre
- Conjonction = libre
3. Restriction du lexème verbal : lexèmes transitifs (remplacer par des verbes d’état genre donner, etc)

Exemple

Préfixe 2
Ils mangent une glace

Il faut le bloquer sur ɸ


=> une glace, ils en mangent une
Dislocation

Initiales Ils mangent une glace

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Exercice : Trouvez les syntagmes amalgamés dans les énoncés suivants et définissez chacun d’entre eux
formellement.

Ne pas utiliser d’abréviations : S-V => sujet-verbe

Pivot (élément principal) : nombre d’amalgames - 1


Chercher les syntagmes en premier, puis les pivots, et EXPLIQUER leur(s) lien(s)

L’enfant déballe son cadeau.


Amalgame de 2 syntagmes, 1 pivot : déballe (S-V / V-OD)

Syntagme 1 : sujet-verbe => L’enfant déballe

1. Accord personne, genre, nombre : 3e personne, masculin, singulier


2. Initiales :
- conjonction : libre ɸ
- Préposition = bloquée ɸ
3. Préfixe 1 = bloqué ɸ

Syntagme 2 : verbe-objet direct => Il déballe son cadeau

1. Préfixe 2 : le > ɸ
2. Initiales :
- Conjonction = libre (ɸ )
- Préposition = bloquée ɸ
- Préfixe = présent dans “son” car nom commun
3. Restriction de lexème verbal ou un verbe transitif : de

Le chat de la voisine aime ma bonne cuisine


Amalgame de 4 syntagmes, 3 pivots : chat (S-V / CN), aime (S-V / V-OD), cuisine (E / V-OD)

Syntagme 1 : sujet-verbe => le chat aime

1. Accord personne, genre, nombre : 3e personne, masculin, singulier


2. Initiales :
- Conjonction = libre ɸ
- Préposition = bloquée ɸ
3. Préfixe 1 : il > ɸ

Syntagme 2 : verbe-objet direct => il aime ma cuisine

1. Préfixe 2 : l’ > ɸ
2. Initiales :
- Conjonction = libre ɸ
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- Préposition = bloquée ɸ
- Préfixe = présent dans “ma” car nom commun
3. Restriction du lexème verbal car verbe transitif ( comme “donner”)

Syntagme 3 : épithète => ma bonne cuisine

1. 2 UN : UN1 = ma cuisine, UN2 = bonne


2. Initiales :
- UN1 : Préposition = libre ɸ
Préfixe = libre “ma”
- UN2 : Préposition = bloquée
Préfixe = bloqué
3. Accord genre, nombre : féminin, singulier

Syntagme 4 : complément du nom => le chat de la voisine

1. 2 UN : UN1 = le chat, UN2 = la voisine


2. Initiales :
- UN1 : préposition = libre , préfixe = libre
- UN2 : préposition = bloquée sur de , préfixe = libre
3. Antéposition de N1

Albert achète des frites


Amalgame de 2 syntagmes, 1 pivot : achète (S-V / V-O)

Syntagme 1 : sujet-verbe => Alfred achète

1. Accord personne, genre, nombre : 3e personne, masculin, singulier


2. Initiales :
- Conjonction = libre ɸ
- Préposition = bloquée ɸ
3. Préfixe 1 : il > ɸ

Syntagme 2 : verbe-objet direct => il achète des frites

1. Préfixe 2 : en > ɸ (Yoda)


2. Initiales :
- Conjonction = libre ɸ
- Préposition = bloquée ɸ
3. Restriction du lexème verbal : lexèmes transitifs

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La voiture prune de ma grand-mère maternelle est vieille
Amalgame de 5 syntagmes, 4 pivots : voiture (S-V / E1), voiture (S-V / CN), est (S-V / A), grand-mère (E2 /
CN)

Syntagme 1 : sujet verbe => la voiture est

1. Préfixe 1 : elle > ɸ


2. Initiales :
- Conjonction = libre ɸ
- Préposition = bloquée ɸ
3. Accord genre, nombre, personne : singulier, pluriel, 3e personne

Syntagme 2 : complément du nom => la voiture prune de ma grand-mère

1. 2 UN : UN1 = la voiture, UN2 = de ma grand-mère


2. Initiales :
- UN1 : préposition = libre ɸ, préfixe = libre “la”
- UN2 : préposition = bloquée de , préfixe = libre “la”
3. Antéposition de UN1

Syntagme 3 : attributif => elle est vielle

1. Préfixe 2 : l’ > ɸ
2. Initiales :
- Préposition = bloquée ɸ
- Préfixe N = libre ɸ
MAIS ɸ + ɸ , accord en féminin singulier
- Conjonction = libre
3. Restriction du lexème verbal : lexème attributif. Verbe copule : être => ok

Syntagme 4 et 5: épithètes => la voiture prune / de ma grand-mère maternelle

1. 2 UN : ok
2. Initiales :
- UN1 : Préposition = bloquée ɸ pour prune et maternelle, préfixe = bloqué ɸ pour prune et
maternelle
- UN2 : Préposition = libre, préfixe = libre
3. Accord genre et nombre : féminin, singulier

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Mais le chien du voisin lange sa pâtée végétarienne
Amalgame de 4 syntagmes, 3 pivots : chien (S-V / CN), mange (S-V / V-OD), pâtée (V-OD / E)

Syntagme 1 : sujet-verbe => mais le chien mange

1. Préfixe 1 il > ɸ
2. Initiales :
- Préposition = bloquée ɸ
- Conjonction = libre “mais”
3. Accord genre, nombre, personne : masculin, pluriel, 3e personne

Syntagme 2 : complément du nom => le chien du voisin

1. 2 UN : UN1 = le chien, UN2 = du voisin


2. Initiales :
- UN1 : préposition = libre ɸ
- UN2 : préposition = bloquée du (de + le)
3. Antéposition de N1

Syntagme 3 : verbe-objet direct => mais il mange sa pâtée

1. Préfixe 2 : la > ɸ
2. Initiales :
- Préposition = bloquée ɸ
- Préfixe = présent “sa” car nom commun
3. Restriction du lexème verbal : verbe transitif “mangé” (donner donc OK)

Syntagme 4 : épithète => sa pâtée végétarienne

1. 2 UN : UN1 = sa pâtée, UN2 = végétarienne


2. Initiales :
- UN1 : préposition = libre, préfixe = libre ɸ
- UN2 : préposition = bloquée ɸ, préfixe = bloqué ɸ
3. Accord genre et nombre : féminin singulier

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Exercice : à l’aide des unités proposées, créez un amalgame…

• D’un syntagme sujet-verbe et d’un syntagme verbe-objet direct


- Deux unités nominales : sur mon frère ; vers un cadeau
- Une unité verbale : nous recevrons

Premier pivot provisoire : recevoir, recevra…

1. Syntagme sujet-verbe => UN = sur mon frère, UV = nous recevrons

1. Préfixe 1 : il > ɸ => UN : ɸ mon frère, UV : ɸ recevra


2. Initiales :
- Préposition = sur > ɸ => ɸ mon frère, ɸ il recevra
- Conjonction = libre
3. Accord personne, genre, nombre : 3e personne, masculin, singulier

2. Syntagme verbe-objet direct => UV = nous recevrons, UN2 = vers un cadeau

1. Préfixe 2 : en/un > ɸ


2. Initiales :
- Préposition = bloqué, vers > ɸ => ɸ un cadeau
- Conjonction = libre, ɸ il recevra
3. Restriction du lexème verbal transitif : recevra

==> nous recevrons/il recevra un cadeau

Amalgame = mon frère recevra un cadeau

• D’un syntagme épithète, de deux syntagmes complément du nom et d’un syntagme sujet-verbe :
- Quatre UN : pour le pare-brise, la voiture, bleuté, avec Alfred
- Une UV : étant donné qu’elles sont fissurées

Syntagme 1 : sujet-verbe => Pour le pare-brise + étant donné qu’elles sont fissurées

1. Préfixe 1 : il > ɸ
2. Initiales :
- Préposition = bloquée ɸ, pour > ɸ => ɸ le pare-brise
- Conjonction = libre, étant donné que => sont fissurées
3. Accord personne, genre, nombre : 3e personne, masculin, singulier

=> Etant donné que le pare-brise est fissuré

Syntagme 1: épithète => la voiture + bleutée

1. 2 UN : UN1 = la voiture, UN2 = bleutée


2. Initiales :
- UN1 : préposition = libre de , préfixe = libre “la”
- UN2 : préposition = bloquée ɸ (adjectivation liée à apocope —> bleutée = bleue), préfixe =
bloquée ɸ
3. Accord genre et nombre : féminin singulier (bleu —> bleue)

=> de la voiture bleue


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Syntagme 3 : complément du nom 1 => pour le pare-brise + la voiture

1. 2 UN : UN1 = pour le pare-brise, UN2 = la voiture


2. Initiales :
- UN1 : préposition = libre “pour” MAIS à cause du syntagme S-V, préposition bloquée sur ɸ,
donc pour > ɸ
- UN2 : préposition = bloquée sur de , ɸ > de la voiture
3. Antéposition de l’unité

=> le pare-brise de la voiture bleue

Syntagme 4 : complément du nom 2 => la voiture + avec Alfred

1. 2 UN : UN1 = la voiture, UN2 = avec Alfred


2. Initiales :
- UN1 : préposition = libre MAIS bloquée sur de car constituant du syntagme du CN1
- UN2 : préposition = bloquée sur de, avec > d’
3. Antéposition de UN1

=> de la voiture d’Alfred

Amalgame = Etant donné que le pare-brise de la voiture bleue d’Alfred est fissuré

Pivots

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CHAPITRE 2 : Pragmatique, linguistique textuelle et énonciation

INTRODUCTION

1. La pragmatique

1.1 Théories des actes de langage (Austin et Searle)

1.1.0 Introduction

Le fait de dire = un mode permettant :


- de décrire le réel, transmettre des informations
- D’agir sur son (ses) interlocuteur(s)

Opposition entre les énoncés performatifs et constatifs MAIS problèmes de distinction entre les deux
types

=> Théorie austinienne des actes du langage

1.1.1 Théorie austinienne

Locution = fait de dire un énoncé, une phrase, un syntagme.

Illocution = acte accompli en disant quelque chose, c’est-à-dire ce que nous faisons en parlant.

Perlocution = acte effectué suite au fait de dire.

Bonjour monsieur Hollande : locutoire



Je salue Monsieur Hollande : illocutoire

Hollande va dire bonjour : perlocutoire (ça dépend du contexte). 

Je vous aime : locutoire
Déclaration d’amour : illocutoire

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Rougissement : perlocutoire 

Je t’ordonne de te taire : locutoire

Donner un ordre : illocutoire (attention à la reformulation, il vaut faire varier le mot de base)
Se taire : perlocutoire 


1.1.2 Acte illocutoire

Je pose une question.



Acte qui est accompli en disant quelque chose : « l’énonciateur demande »
Demander est un verbe performatif
- Verbes verdictifs : expriment un verdict ou une appréciation.
- Verbes exercitifs : expriment l’exercice du pouvoir.
- Verbes promissifs : obligation d’adopter une certaine certitude.
- Verbes comportatifs : attitudes ou comportements sociaux et impliquent une réaction 

face à la conduite ou situation d’autrui. « présenter ses condoléances »
- Verbes expositifs : verbes qui formulent les ressorts de l’argumentation ou qui 

indiquent dans quel sens les mots sont indiqués.

1.1.3 Théorie searlienne

Point de départ : critique de théorie d’Austin

Principe d’exprimabilité.

Théorie des actes de langage : toute phrase est analysable en :


➢ Acte illocutionnaire = acte accompli en disant quelque chose
➢Contenu propositionnel = expression d’un contenu

1.1.4 Exercices

Quels sont les actes illocutionnaires et les contenus propositionnels des énoncés suivants ?

• Alfred mange des frites.


• Alfred mange-t-il des frites ?
• Alfred, mange tes frites !
• Si Alfred pouvait manger ses frites.
• Je te promets que je viendrai demain.
• Je te promets que je ne dirai rien.

Correction :

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Trouvez une illocution et une perlocution possibles de l’exemple suivant : Cette lasagne est exceptionnelle
! Justifiez votre réponse en définissant les deux notions.

1. Il faut trouver
2. Il faut justifier en définissant les concepts

Ne pas confondre Austin et ???


Expliquer le CONTEXTE

Illocution : féliciter, complimenter


Perlocution : acte effectué suite au fait de dire.

La locution est la même dans les deux, sans les contextes :

Perlocution Perlocution
Contexte = lasagne hyper bien faite Contexte = lasagne super dégueu
Redonne-moi une part Rires
Merci T’inquiète, c’est pas si mauvais
Passe moi la recette

Illocution : acte accomplit par le fait de dire/par la locution


Pour l’exemple de la lasagne => félicitations, complimenter
Je te félicite du caractère exceptionnel de ta lasagne

1.2 Maximes conversationnelles (Grice)

1.2.1 Principe de coopération et implications

Définition du principe de coopération de Grice : « Que votre contribution conversationnelle corresponde


à ce qui est exigé de vous par le but ou la direction accepté(e)(s) de l’échange parlé dans lequel vous êtes
engagés ».
Quand on est locuteur, on s’adresse à un interlocuteur. Quand on entre en interaction, on apporte l’idée
que l’interlocuteur va d’office répondre, donc s’engager dans la conversation => prôner la coopération.
L’interaction ne fonctionne et n’est possible que par la coopération.

=> Il faut des maximes pour y arriver

Définition de l’implication de Grice : Ce qui est communiqué = ce qui est dit + ce qui est implicité.
Quand on parle, on produit ; c’est ce qui est dit. Le but est que l’interlocuteur le comprenne.
Ce qui est dit = ce qui est communiqué, mais pas toujours : il y a parfois de l’implication, c’est-à-dire
trouver ce qui est implicité

Exemple :

Il est 11h. Là, ce qui est dit est ce qui est communiqué.
Mais dans un autre contexte : la session d’examen se déroule de 9h à 11h. Il est 11h signifie ici que
l’examen est terminé —> il y a donc quelque chose d’implicite.

Pierre est belge, donc il aime les frites. Ce qui est dit n’est pas ce qui est communiqué. Le donc est un gros
indice sur l’implicite, qui est ici le fait que tous les belges aiment les frites.
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1.2.2 Maximes conversationnelles

1) Maxime de qualité : la contribution doit être vraie . Rien ne peut être faux et sans preuves.
2) Maxime de quantité : ne pas donner ni trop, ni trop peu d’infos.
3) Maxime de pertinence : lier mon énoncé avec les précédents (sujet/prédicat psychologique). Donner
un peu d’ancienne info et un peu de nouvelle.
4) Maxime de manière : être clair, porte sur la forme de ce qu’on va dire, la manière dont on le dit.

Dès que, ne serait-ce qu’une seule, maxime est transgressée, les maximes ne sont pas respectées.

Exemple :
- Où y a-t-il un bureau de poste ?
- Quelque part là-bas.
Maxime de qualité respectée, mais maxime de quantité non respectée, et même si d’autres maximes ne
sont pas respectées non plus, juste une suffit à ce que l’énoncé soit mauvais.

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