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Introduction aux études littéraires


Le héros
3 objectifs: - théorique : qu’est-ce que le héros ?

- historique : évolution du héros dans le temps

- analytique : quelles figures du héros (lecture de l’anthologie!)

Première partie : Le héros, questions


de terminologie
1. Qu’est-ce qu’un personnage ?

1.1 Définition étymologique


Le personnage est une notion littéraire. Le personnage est la représentation d’une personne dans
une fiction. C’est donc un être créé artificiellement, sa réalité est purement textuel. C’est un être
de mot, qui est à l’image d’une personne.

L’illusion référentielle est l’illusion de réalité = l’auteur va tenter de rendre vrai son personnage
lorsqu’il le crée. 


La narratologie est la théorie qui étudie le récit, son fonctionnement, ses modalités. Du point de la
narratologie, le personnage est celui qui participe à l’histoire. Il se différencie du narrateur. Le
narrateur est celui qui raconte l’histoire. L’auteur est celui qui écrit l’histoire. Alors que le
personnage est donc celui qui participe à l’histoire. En somme, c'est celui qui agit.

1.2 Définition de travail


Comment le personnage se construit-il dans le texte? 

Il y a d’abord son nom. Le nom d’un personnage est rarement neutre. (Mme Bovary -> bovin)

Il se construit également à travers son discours.

1.3 Le statut ontologique du personnage


Quelle est le statut de la fiction par rapport à la réalité? 

Une des choses par lesquelles la fiction se distingue, c’est que la réalité a un caractère infini
tandis que la fiction a un caractère fini. La fiction correspond à un certain nombre de pages au-
delà desquels il n’y a rien. On ne saura rien de plus sur les personnages.

La fiction présente toujours un monde qui est fini et incomplet.

Le personnage est lui aussi fini et incomplet, en tout cas selon la position textualiste.

Dans cette perspective, le personnage n’est rien de plus qu’un être de mot dont l’existence n’est
que purement textuelle.

Selon la position pragmatique, les personnages sont pris dans un mouvement de lecture. Le
lecteur est donc actif et joue un rôle grâce à son imagination et son interprétation des
personnages. C'est ce que Philippe Hamon appelle  « l’effet personnage » = le personnage prend
vie grâce à la lecture qu’en fait un public. Le personnage est plus que le simple énoncé des mots.
C’est aussi ce qu’en fait le lecteur. Il est une entité ouverte également car il est réinterprété par
chaque nouveau lecteur.

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On peut également se demander si le personnage est un double de l’auteur. Cette question pose
souvent des problèmes. Le personnage n’est pas un double de l’auteur, même lorsqu'il s’exprime
à la première personne. Ni le narrateur, ni le personnage ne sont les auteurs.

Kundera a parlé « d’ego imaginaires » et voilà ce qu’il en dit : «  Les personnages de mon roman
sont mes propres possibilités qui ne se sont pas réalisées. » Pour Camus, tous les personnages à
la fois sont l’auteur.

1.4 La notion contexte : le type


Le type vient du grec typos (empreinte), qui a donné lieu à typus en latin (image, statue, modèle).

Le type est un personnage qui incarne une catégorie de personnes.

Le type en littérature va donner certains emplois. Molière, au 17e, va créer le type de l’avare.

Il va aussi créé le bourgeois gentilhomme : il va tenter de mettre une catégorie de gens dans un
personnage. Ces personnages vont avoir des comportements stéréotypés mais aussi des traits
physiques caractéristiques. Typiquement, au 18e, dans les comédies on aura très souvent une
soubrette. C’est la petite servante, une petite jeune fille cinglante, qui parle beaucoup, avec un
aspect charmant. Dans les comédies, on trouve aussi le mari trompé, qui va être disgracieux
physiquement et naïf.

On va même trouver des acteurs spécialisés dans tel ou tel rôle. Le théâtre à donc beaucoup joué
sur les types.


Certains types vont incarner une condition sociale : le noble ou bien le valet ingénieux (le Mariage
de Figaro).

Balzac est un auteur qui continue à créer des personnages-types, au 19e (Père Grandet, Père
Goriot, Rastignac)

Au 20e, les types ont tendance à disparait et on revient à singulariser d’avantage les
personnages.

2. Qu'est-ce qu’un héros ?

2.1 Définition étymologique


Le mot héros vient du grec hérôs (le chef de guerre chez Homère ou demi-dieu chez Hésiode).

Le mot passe ensuite au latin classique, où il est repris en signification de demi-dieu. 



Par la suite, le mot deviendra aussi un homme de valeur supérieure.

En 1370, le terme passe en français, en gardant la même signification qu’en latin.

Dans la modernité, il y a une petite évolution puisque le héros moderne peut designé un homme
digne d’estime, mais aussi en littérature, comme le héros d’une oeuvre (à partir de 1650). 

Il y a alors une ambiguïté qui apparait : il y a cette idée d’exploits et à coté, il y a l’idée d’un
personnage principal.

Mais, certains personnages ne sont pas des hommes de grandes valeurs.

Dans la Chartreuse de Parme, on trouve la phrase « notre héros était à ce moment fort peu
héros ».

A mesure qu’on avance dans le temps, la notion de héros va devenir de plus en plus
problématique. On va même voir apparaitre des anti-héros.

On peut également se poser la question de l’héroïne. Ce terme apparait en 1540 et il désigne


« une femme d’un grand courage et qui a une grande force d’âme ». Ca ne désigne donc pas le
pendant exact du héros (qui eux sont plus au niveau de la force physique). 

L’illusion des femmes va être problématique : pendant très longtemps il y avait moins d’héroïne
que de héros.

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Il y en a quand même eu qlq unes, telle que Jeanne d’Arc. Elle a à la fois la force
guerrière (victoire contre les anglais et aussi a provoqué un virage dans la guerre
de Cent Ans) mais elle avait une force d’âme également.

Il y a également Judith, qui est une héroïne juive qui va séduire et ensuite tuer un
général pour libéré son peuple (cfr : Sciences religieuses).

Il existe aussi Antiopé, reine des amazones. C’était des femmes guerrières qui se
coupaient le sein pour mieux tirer à l’arc. 


Porcie est l’épouse de Brutus, elle est une héroïne moins guerrière, mais elle représente les
valeurs associées à la féminité. Elle se caractérisait par une fidélité extreme.

2.2 Notions connexes


Il faut distinguer le héros et le grand homme.

Ce sont deux choses différentes.

Le héros peut être aider par les dieux et son action peut relever de miraculeux. Dans certains
cas, le héros est un demi-dieux. 

Le grand homme, en revanche, ces actions n’ont rien de surnaturelles.

On peut devenir héros par une seule action, alors que le grand homme c’est plus compliqué.
On est grand homme sur un période plus grand. 

Le héros ne peut faire qu’une grande action alors que le grand homme, s’il ne fait qu’une erreur,
n’est plus un grand homme. 


Le héros est souvent valeureux au combat alors que le grand homme peut se caractériser sans
un usage des armes. 


Au fil du temps, d’autres figures concurrentes apparaissent. Dans le christianisme il y a le sage et


surtout le saint. 

Ensuite, à la période des Lumières, on va avoir les figures de l’honnête homme. 

A l’époque contemporaine, on retrouve les figures de grands sportifs, ou des artistes-stars qui
sont considérés comme des idoles et des figures exemplaires que toute une catégorie de gens
aimerait ressembler.

2.3 Comment reconnaître un héros ?


Philippe Hamon (critique littéraire du 20e) distingue 4 critères qui permettent de reconnaître un
héros.

1. La hiérarchie morale 

C’est le bon de l’histoire.

2. La hiérarchie fonctionnelle 

C’est le héros car il est le personnage principal dans l’histoire.

3. La focalisation 

Le héros est le personnage dont on suit le point de vue. Il voit et interprète ce qu’il se passe.

4. Mise en relief 

C’est le personnage qui apparait au premier plan, il est le plus décrit, il est plus mis en
lumière. Il est valorisé par le récit. Cette mise en relief peut relever de la face stylistique.

Le héros peut être déterminé par les procédés structuraux internes de l’oeuvre.

Mais on peut le déterminer aussi par des références à certains systèmes de valeurs (valeur
idéologique, variable historiquement par des attentes variables) 

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2.4 Le parcours du héros mythique


Ces héros suivent des parcours plus ou moins parallèles, des parcours qui ont des points
communs. Ils suivent ce que Joseph Campbell appelle un itinéraire type. Cet itinéraire peut être
résumé en 3 grandes étapes :

- séparation (il quitte sa communauté d’origine)

- initiation (il combat des épreuves)

- le retour

Exemples d’héros :

Il y a Prométhée qui va monter au ciel et dérober le feu aux dieux. Il va redescendre pour en faire
profiter les mortels.

Jason quitte sa communauté pour aller chercher la toison d’or, il va combattre un dragon,
naviguer,.. et pour finir ramener la toison. 


On trouve aussi des points communs:

- Les héros mythiques ont des parents illustres.

- Leur naissance sont annoncées par des oracles. (Oedipe)

- Ils disposent d’un pouvoir surhumain, généralement d’ordre physique. (Achille plongé par sa
mère dans le styx)

- Ils ont été abandonné et sauvés (Romulus et Remus recueillis par la louve)

- Ils se laissent tenter par un appel à l’aventure. (Thésée, quand il arrive à Athènes entend parler
du Minotaure).

- Ils profitent d’une aide surnaturelle. (Thésée est aidé par le fil)

- Les femmes sont des figures tentatrices. (les sirènes qui tentent de détruire Ulysse)

- Ils se distinguent par des travaux brillants. (Hercule)

- Ils peuvent défier la divinité (Prométhée)

- Ils sont confrontés à la mort à cause de leur dimension humaine.

- Ils sont souvent accompagnés d'un alter-ego, un compagnon de route, d’aventure. (Achille et
son ami Patrocle)

- L'univers féminin est menaçant et les amours sont éphémères. (Didon et Enée)

Seconde partie :

Histoire et évolution du héros


3. Le héros épique

3.1 L’épopée
Depuis la plus haute antiquité, le héros apparait. Dans deux types de récit particulièrement :
l’épopée ainsi que les mythes.

Au sens étymologique, le mot mythe vient du grec mythos : il s’agit d’un récit, d’une fable ou bien
la parole.

C’est une histoire fabuleuse qui se raconte.

Au sens restreint, le mythe est un récit qui se rapporte à un état antérieur du monde et qui est
destiné à donner une cause à l’ordre des choses.


Au sens le plus courant, le mythe désigne tout récit sur des croyances fabuleuses et qui éclairent
un trait des conduites humaines.

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On retrouve le héros dans l’épopée également. L’épopée vient du grec epos, qui signifie parole.
C’est Aristote qui en donne sa définition importante : « un récit de style soutenu évoquant les vies
des héros, leurs exploits et faisant intervenir des puissances divines. » Pour définir ce mot
d’épopée, il va se baser sur le modèle homérique.


Le sens de l’épopée évolue, même si on retient notamment celui d’Aristote. Au XIIIe, c’est un
poème nationaliste. A l’époque préromantique, il est l’expression primitive d’une civilisation.

Comment l'épopée est-elle racontée? (Perspective narrative de l’épopée)


Elle laisse peut de place à la subjectivité, ni à l’introspection. On a le pdv d’un narrateur
omniscient. Il ne parle pas à la première personne. Dans l’épopée, ce qui est raconté, ce sont des
actions, par lesquelles l’héroïsme se trouve représenté.

Il y a donc très peu d’intériorité.

La perspective temporelle
Il y a très peu de temps morts. On est dans un récit qui raconte des séries d’actes. On trouve des
guerres qui durent des années et qui sont représentées en qlq scènes : c’est un récit très
condensé.

Dans l’Iliade, la guerre dure 10 ans; alors qu’Homère la représente en qlq combats.

Dans l’épopée, il s’agit d'un passé national absolu (il n’est pas daté directement) qui s’oppose au
présent (et il en est supérieur).

Le présent est une dégradation par rapport à ce passé national.

Les personnages
(reprise de ce qu’à dit Aristote) 

Ils ont une condition sociale supérieure à celle du lecteur. Il faut savoir que ces personnages ne
sont pas tout à fait bons, ni tout à fait mauvais. Ils ont fait une faute et ne sont pas parfaits. Ils
sont représentés avec leur faiblesse.

Le sujet
C’est la lutte entre différents peuples. Hegel décrit les épopées comme les guerres des nations
étrangères entre elles.

Tout autre sujet que celui-là est très secondaire ou bien est le prétexte à la guerre.

(ex: L’enlèvement d’Hélène)

3.2 Les héros et les personnages dans l’Iliade

3.2.1 L’Iliade

C’est un monument incontournable qui fonde la pensée héroïsme de notre


culture occidentale. C’est une des fondation littéraire culturelle.

Il est question de la guerre de Troie, mais aussi de la colère d’Achille. La vertu


fondamentale dans l’Iliade c’est l’héroïsme et ses genres sont bien sur l’épopée
et la poésie écrite.

C’est le premier texte de la littérature occidentale (8e siècle acn) et


traditionnellement attribué à Homère.

C’est également la première épopée, qui s’inscrit sur une tradition orale. On
peut dire que ce premier texte écrit couronne tout un passé de littérature orale.

L’intrigue s’agit des Troyens contre les Grecs. Au début de l’Iliade, la guerre dure
déjà depuis 9 ans. C'est un début en milieu d’action; car la guerre bat déjà son
plein quand on ouvre le livre.

C’est à cause de l’enlèvement d’Hélène par le troyen Paris, or, elle était l’épouse du grec Ménélas.

Quand on lit l’Iliade, on ne trouve pas le début ni la fin de cette guerre ; tout ce qu’on lit dans
l’Iliade se passe sur une cinquantaine de jours (alors qu’elle dure 10 ans).

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Au coeur du récit il y a la colère d’Achille : il est en colère car le roi Agamemnon lui a confisqué
son esclave Briséis (une esclave qu’il avait gagné au combat et qui était sa part d’honneur).

Achille refuse alors d’aller se battre à cause de la prise de son esclave par son roi.

Pendant cette bataille à laquelle ne participe pas, son ami (Patrocle) est tué par le troyen Hector.

A ce moment, Achille va reprendre le combat, pour venger son ami d’Hector.

Le combat d’Achille et d’Hector : où Hector sera perdant. Sa mort va être tragique, ainsi que ce
qu’Achille va faire subir à son corps après la bataille.

Résumé du chant XX : le combat des dieux

Pendant la guerre, les dieux sont sensé rester neutres. Or, à un moment donné, les dieux vont être
autorisé à ce mêler de la bataille et à les seconder. Ils vont se diviser en 2 groupes. Tous les dieux
vont se rattacher aux humains qu’ils souhaitent défendre le plus.

Les dieux d’Homère ne sont pas des dieux éternels, omniscients, omnipotents.

Ces dieux sont le reflet des humains. Ils prolongent la société des humains. Ce sont donc des
dieux qui ne sont pas transcendants.

La différence entre ces dieux consistent en la quantité de pouvoirs donc chacun dispose. Ils se
distinguent par les domaines dans lesquels leur puissance peut s’exercer.

Résumé du chant XXII : la mort d’Hector

Achille va le tuer et trainer son cadavre jusqu’au vaisseau.


Il faut savoir que la conception de l’histoire à l’époque, n’est pas la même qu’ajd.

Notre désir d’objectivité est de nos jours bcp plus fort. 



Il y a deux historiens du Ve siècle acn qui se sont posé la question : Hérodote et Thycidide. 

Tous les deux écrivent que cette bataille a été beaucoup moins importante que la raconte
Homère.

Thucydide va expliquer que la raison politique a beaucoup amplifier ses événements pour mieux
plaire aux lecteurs. Il critique cette manière d’exagérer ces événements : il préfère fermer la porte
aux merveilleux. Ce qui est un premier pas vers l’histoire telle qu'on la connait ajd.

L’Iliade donne une histoire assez réaliste de la société antique. C’était une société dominée par
les aristoï de l’époque (leur principale activité était la guerre).

C’était une société fortement hiérarchisée où on trouvait des rois locaux appelés basileus.

Dans l’Iliade, on retrouve des valeurs qui étaient primordiales à l’époque.

Il y a notamment la thémis : c’est ce que l’usage commande ou interdit, c’est l’ordre des choses.

La timè c’est la marque d’honneur qui situe chaque guerrier au rang qu’il mérite. 

Les obligations envers les dieux (les sacrifices) sont aussi une valeur.

=> Elles assurent la cohésion du groupe. Et on remarque d’ailleurs que les grecs et les troyens
fonctionnent d’une manière analogue. Les combattants des deux camps partagent les mêmes
valeurs. Ils répondent donc à une structure sociale qui est presque identique.

Représentation sur un vase du corps d’Hector, trainé par Achille, qui reste furieux (Ve siècle acn)

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3.2.2 Les personnage de l’Iliade

Les individus ne sont pas très complexes : car on a pas accès à leur intériorité. Ils se définissent
par leurs actes et toute la complexité réside dans le fait qu’ils doivent choisir parfois entre deux
actions. Sinon, il n’y pas de difficulté chez eux. Il y a plutôt une succession de passions, mais ce
ne sont pas des personnages très profonds. Ce sont des guerriers, des combattants. Ils sont à
l’image de la réalité de la vie qu’ils menaient.

On a donc une vision schématique de l’homme, on le voit dans sa réalité concrète.

Les personnages de l’Iliade évoluent très peu, que ça soit physique ou psychologique.

Leur vie semble fixée une fois pour toute une fois qu’il rentre dans le récit. Par exemple, Pénélope
qui attend le retour d’Ulysse, ne semble pas avoir changer en 20 ans.

On représente très peu de personnes des classes inférieures. Ce sont des serviteurs qui épousent
les causes de leur maitre. Ils sont subalternes dans le récit : ils sont à l’image de leur maitre, ils le
suivent.

Les poèmes d’Homère se déroulent presqu’uniquement dans la classe supérieure.

3.2.3 Les héros de l’Iliade

Le culte des héros dans l’Antiquité

Ce culte explique l’importance de l’héroïsme qu’on trouve chez Homère.

Les héros sont ceux qui réunit la cité. La société s’appuie sur eux. Ce culte des héros est très
variable d’une région à une autre, mais c’est une composante essentielle de la société grecque au
8e siècle acn.


L’héroïsation peut prendre différentes formes : des ancêtres prestigieux, des guerriers locaux,..

Ce sont des personnages autour de qui la société se regroupe. 



Ils protègent aussi la cité, et ceux qui l’habitent. Ils émergent souvent en situation de crise. 

Les héros sont sensés avoir une action positive après leur mort. Ils deviennent des puissances
guérisseuses ou protectrices. On va d’ailleurs souvent leur offrir des sacrifices.

Il y a également les grands guerriers, ceux qui se sont battus vaillamment. A Athènes aux 5 et 4e
ACN, il va avoir des oraisons funèbres publiques, par lesquelles les guerriers morts vont être
fêtés, glorifiés.

On glorifiait aussi les athlètes. Ils peuvent faire figure de héros, dans la mesure où l’agôn
(concours, compétition) est une valeur fondamentale antique.

Un exemple de héros réel est Alexandre le Grand (4e ACN). Il est parti à la conquête de l’Asie, et a
été le premier à travailler à sa légende de son vivant. Il se faisait accompagner par des
géographes qui racontaient ses histoires. Il est un peu en rupture avec ce qui précède.



=> Le culte du héros a une base historique dans la société antique. C’était un personnage
important dans la cité. Il était fédérateur, protecteur, faisant l’object de rituels.

Le héros dans l’Iliade

Les héros dans l’Iliade sont principalement des aristoï.

Les petites mains de la guerre sont très peu décrites. Ils servent uniquement à montrer les héros.

Les héros dans l’Iliade sont des hommes et non des dieux. Il y en a un grand nombre.

La cause des grecques est représentée comme fondamentalement juste. Les troyens sont en
tord. En revanche, des deux cotés, on trouve le même nombre de guerriers valeureux.

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Les critiques se sont interrogés sur les comparaisons dévalorisantes que l’on trouve chez les
troyens.

(voir recueil)

La nature de l’héroïsme

Le héros doit toujours tenir son rang. Les motifs privés ne doivent jamais être déterminants.

La colère d’Achille est dû à qlqch de privé, néanmoins il va finir par retourner au combat.

L’humanité reste toujours présente. Les héros ne sont pas des dieux et ne se comportent pas
comme tel non plus. Ils connaissent la peur, l’angoisse.

(voir recueil)

C’est en >< avec Achille, une fois qu’il a tué son ennemi, est dépourvu de pitié et de respect. Il va
maltraiter le corps d’Hector.

L’héroïsme s’exprime en exploits, ils peuvent prendre 2 formes : la mêlée et les duels.

Ils vont soit montrer leur capacité quantitative à détruire le plus possible d’ennemis. Dans d’autres
exploits il montre leur puissance par rapport à un héros de l’autre camp.

L’héroïsme apparait avec un certain nombre d’impasses. On se rend compte que cet héroïsme est
générateur d’angoisse. Il s'accompagne d’une désolation et les héros caressent l’idéal d’une vie
brève et glorieuse. Les héros ont droit à des honneurs de leur vivant mais il savent que ce sont
des dettes qu’ils vont devront régler au combat. Ils savent que leur vie sera courte.

L’iliade est un poème dédié à l’héroïsme mais Homère montre aussi l’humanité dans une sorte de
faiblesse et même de bêtise. Homère est très lucide sur les faiblesses de l’humanité et de ses
héros.

Le héros, pantin des dieux ?

Quand on lit l’Iliade, on comprend que l’action des dieux est toujours doublée d’une dimension
surnaturelle. Il y a une sorte de mécanique divine qui semble doubler l’activité des héros.

On a l’impression que les dieux tiennent la main des héros. C’est ce qui s’exprime dans le style
de l’oeuvre. A un moment, Hector se sent l’égal d’Achille : Homère va écrire ce sentiment en
disant que «  Zeus met son arme dans la main d’Hector ». On ne lit donc pas une description des
sentiments, mais on les décrit par une image relative au monde des dieux. C’est une langue
imaginée, pleine de comparaisons,.. La langue épique a pour but de représenter les choses. Il y a
une représentation de ce qui se passe et ce qui est ressenti.

Le concept de personnalité n’existait pas à l’époque : ça rend encore plus difficile de représenter
une vie intérieure. Les actions irrationnelles vont être imputée au thûmos, qui est un organe du
sentiment qui ne semble pas appartenir au « moi ».

L’atè c’est l’erreur, ou une sorte d’aveuglement.

(voir recueil)

Quand qlqch se passe et qu’il n’est pas rationnel, les personnages au lieu de s’attribuer cela, ils
vont l’attribuer au thûmos ou à l’atè.

On a à faire à un « moi » qui n’est pas responsable de ce qu’il fait.

La vie intérieure des héros se présente sous forme concrète. Elle apparait externe au « moi ».

Les héros sont dépouillés de leur libre-arbitre, ils sont menés par qlqch d’extérieur à eux.

Tout cela explique la grande pauvreté de l’analyse psychologique de ce type de données.

La reconnaissance de soi-même des héros apparait donc comme partielle.

La vie brève et glorieuse ou la mort du héros

Les héros savent d’avance qu’ils mourront sur le champ de bataille ou jeune. On a l’impression
que c’est un dieu qui explique cette mort. On lit « Athénée.. VOIR DIA » : c’est Achille qui tue
Hector, mais derrière cette action, c’est Athénée aux yeux pers.

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On parle d’une présence chronique. Les dieux restent présents dans les actions, comme s’ils les
hantaient. Les héros ont conscience de leur mortalité ; c’est pour ça qu’ils ont une forme de
grandeur.

« Si échapper à cette guerre nous permettait de vivre ensuite éternellement, sans que ne nous
touchent ni l’âge ni la mort, ce n’est certes pas moi qui combattrais au premier rang ni qui
t’expédierais vers la bataille où l’homme acquiert la gloire. Mais, puisque en fait et quoi qu’on
qu’on fasse, les déesses.. VOIR DIA

Analyse de Houdar de la Motte sur Achille (Discours sur Homère, 1714)

Houdar de la Motte disait que ce qui faisait la particularité des personnages d’Homère, c’était la
fragilité. Ce qui fait qu’Achille est un héros, c’est la conscience qu’il a de sa mort prochaine.

(voir recueil)

Ce qui rend Achille supportable, c’est qu’il va mourir bientôt. C’est pourquoi on continue à lui
trouver cette fragilité, et ce qui garde son statut de héros.


Au niveau philosophique, cette mort glorieuse est une réponse à la vieillesse, au déclin humain
des forces.

Il y a cet idéal d’une vie brève et d’une mort glorieuse.


C’est dans cette perspective là l’outrage au cadavre fait sens. Ce qu’Achille veut faire, c’est voler
la belle mort d’Hector. Il essaye de faire disparaître la jeunesse, la beauté, la virilité chez Hector.

Il essaye d’en faire un amas de chaire informe. Pour échapper un adversaire d’avoir une belle
mort, il y avait plusieurs moyens :

- déchirer sa peau

- salir son corps avec de la terre

- laisser le corps se décomposer

- démembrer le corps

Le héros au sein de sa communauté

Il faut être descendant d’un lignage fort pour être un héros. La communauté n’attend pas la mort
pour qu’un héros soit déifié, ça peut se faire même quand il est toujours en vie. 


Les privilèges auxquels à droit le guerrier sont une récompense anticipée : il a une dette envers la
communauté qu’il devra rendre sur le champ de bataille.

On note d’ailleurs chez Achille une attitude très ambivalente : il est à la fois soumis (il doit avoir
une vie brève et une mort glorieuse) mais est aussi rejeté par sa communauté (on l’a privé de son
esclave Briséis). En lui faisant tord, il se sent en droit de rompre son contrat avec la communauté.

VOIR DIA => Il exprime une forme de désir de rester seul avec Patrocle. Il souhaite être le seul
survivant.

Le héros et l’aède

L’aède joue un rôle important dans cette déification. L’aède joue un rôle important (poète qui
explique les exploits du héros).

(voir recueil)

Il y avait ce souhait chez le guerrier que ses faits soient chantés pour la postérité.

Le héros homérique se caractéristique par le courage, l’efficacité, par la force. Or, la droiture n’est
pas forcement une qualité requise. Les qualités humaines ne sont pas requises chez eux.

On peut dire qu’une des caractéristiques principales du héros homérique est l’ubris, et ça jusque
dans la mort vu que cette dernière est spectaculaire. Le héros homérique se caractérise par un
parcours et il a un certain nombre de caractéristiques.

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3.3 Du héros épique au héros romanesque

3.3.1 Caractéristiques du héros épique

Le héros épique est plus grand que nature, par la taille. Il est plus vaillant que les autres ou plus
fort ou plus endurant, plus confiant en dieu. En tout cas il a qlqch en plus que les autres. On va
maintenir sa nature humaine mais il dépasse quand même l’humanité humaine, dans tous les
sens du terme.

C’est un héros soutenu par les dieux, il est doublé par les dieux dans ses actions. Il est aidé par le
merveilleux. Evidemment, dans le merveilleux antique il y a l’intervention des dieux.

Dans le merveilleux celtique il y a des enchanteurs. Dans le merveilleux chrétien, il y a Dieu et ses
anges.

C’est un héros qui agit, qui se caractérise par l’action et non pas par la finesse psychologique.
C’est par les actes et par le physique qu’il se manifeste, et d’ailleurs les actions du héros sont les
principe unificateur de l’oeuvre. Au terme d’une vie brève, sa mort est glorieuse et qui est d’une
certaine manière est considérée comme très positive. Sa mort constitue un triomphe, elle est
apparente. On est pas du tout dans le monde de la tragédie. C’est plutôt le couronnement d’une
vie remplie d’exploits.


Il y a aussi une différence entre le héros épique et le héros romanesque au niveau de l’univers où
ils se situent. L’épopée est un monde assez enfantin où les normes sont définies une fois pour
toutes. La violation des normes entrainent d’office une vengeance. C’est qlqch d’assez simplifié.

Le héros épique se situe dans un univers clos, déterminé, homogène et qui présente un seul
système de valeurs.

Dans l’univers romanesque, on a souvent plusieurs systèmes de valeurs.

C’est un monde qui ne présente pas d’unité, où alors l’unité est brisée et donc bcp plus
complexe. Monde où les dieux ont disparu et avec des héros plus complexes. Ils ont une analyse
psychologique plus fine que ceux des héros épiques.


Représentation de la table ronde, qui introduit l’univers du romanesque. Image datant du 15e
siècle.

3.4 Grandes figures héroïques de l’Antiquité

3.4.1 Le héros homérique

3.4.2 Le héros hellénistique

On trouve d’abord le héros tel que le définit Aristote c’est-à-dire le grand homme magnanime.
Aristote donne l’exemple de Socrate.

(voir recueil)

On s’éloigne des héros furieux d’Homère. Le grand homme doit savoir faire d’une honnêteté et ne
pas chercher la richesse; il y a un décalage qui se fait vers des qualités plus humaines.


Aristote va distinguer deux types de magnanimes :

- les magnanimes philosophes => Socrate

- les magnanimes guerriers => Achille 



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Ce qui est commun à ces deux magnanimes, c’est leur impassibilité devant la mort, devant les
rêves de fortune,.. La mort leur importe peu, ils recherchent qlqch qui est plus grand qu’eux
même et que leur intérêt propre.

Le héros alexandrien

Il représente le roi divinisé. A partir d’Alexandre le Grand il y a une tendance à divinisé les rois et
les souverains. Ils se donnent des origines divines.

Le sage 


C’est un précurseur du saint. Notamment Apollonios de Tyane qui va raconter Philostrate.

Ici, la différence d’Aristote tend à s’estomper. En ce sens que ces deux catégories disposent
d’une force spirituelle équivalente. Eracles apparait comme un homme complet, à la fois guerrier,
à la fois sage. On cherche la complétude et non plus la division de catégories.

C’est l'époque de l’antiquité tardive où on connait une montée de l’irrationnel et la montée d’une
inquiétude. Le sage est un sauveur en montrant la voie du salut. L’exemple qu’on peut donner de
ce sage, c’est Apollonios de Tyane. Il a réellement existé et il a été un grand voyageur, qui
marchait pied nu, avec des longs cheveux. Mangeant que des légumes et pratiquant l’abstinence
sexuelle et redistribuant aux pauvres les biens qu’on lui donnait. Il dormait dans les temples,
pratiquait la prédication. Il va exister une rivalité entre les sages païens et les saints-chrétiens de
l’auteur. Il y a passage évident de l’un à l’autre.

Le sait prend le relais et la différence qu’il existe entre eux est formelle.

3.4.3 Le héros romain

L’empereur

Il y a par exemple, Caligula, Néron, Auguste. 



Le héros fait partie d’un culte obligatoire, ce culte du souverain divinisé va durer trois siècles. 

Pour soutenir ce statut divin l’empereur va s’attribuer des origines divines.

(voir recueil) (Suétone)

Ces souverains divinisés s’attribuaient à l’aide des historiens des origines divines.

Caligula est un vrai fou sanguinaire et il se prend vraiment pour un dieu. Il s’habille en Hercule et
prend la pose avec une peau de lion. Il n’est pas seulement Hercule, mais aussi Zeus, et bien
d’autres. 

Caligula va épouser sa soeur Drusila, qui va elle aussi faire l’objet d’un culte divin et à un moment
donné il ira même plus loin vu qu’il se met en ménage avec Dieu et il fait un pont entre le palais et
le capitole.

Néron était très populaire parmi le peuple et va organisé le culte de son image. Il fait construire la
Domus Aurea avec une statue géante de lui (35 mètres de hauteur).

Il se met aussi en scène, il est acteur, il donne des spectacles théâtraux dont il est le personnage
principal. Il veut également rasé Rome pour créer une nouvelle capitale beaucoup mieux.

L’histrion

C’est un rival de l’empereur. C’est l’acteur, le gladiateur vedette, ce sont tous ces hommes qui se
donnent en spectacle et qui sont adulés par le peuple.

Il y a Dioclès qui emporte 3000 victoires et est aussi célèbre qu’Antonin et même plus populaire
que cet empreur. Dioclès était idolâtré par leur peuple. 


Le théâtre romain se caractérise par un grand sens de réalisme surtout par la violence et le sexe.

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La pièce Laureaolus mettait à mort certaines personnes (qui étaient condamnées à mort). 

Le plus grand acteur, idolâtré de tous était le pantomime. L’acteur Pylade était une de ses
personnes.

Le héros vertueux et patriote

C’est un héros qui est généralement un héros du passé et qui doit être exemplaire. Justement,
comme exemple on peut citer M.Curius Dentatus et C. Fabricius Luscinus qui étaient des consuls
durant la guerre contre Pyrus. Ils incarnent les vieilles valeurs romaines. 


Ce héros est un peu aux antipodes des deux autres héros romains; son image de crée avec les
traités de Cicéron au 1er siècle ACN. Cicéron va romaniser l’idée aristotélicienne de magnanimité.

4. Le héros chevaleresque

4.1 Les figures héroïques médiévales


Il y a plusieurs éléments qui ont provoqué une mutations fortes des figures héroïques au Moyen-
Age. Il y a notamment le christianisme et la mise en place de la société médiévale.

L’influence du christianisme va modifier le héros pour des raisons qui semblent évidente : le
christianisme ne va pas prôner les vertus guerrières ni aller à la conquête de la gloire. Si il y a la
gloire, c’est une gloire par l’humilité. Au Moyen-Age, l’être humain ne peut plus acquérir le statut

de Dieu. 


Les figures d’intercesseurs sont les figures qui sont au milieu des dieux et des hommes.

Ils sont entre deux univers. Parmi eux il y a les anges, les saints, parfois les preux chevaliers. 


On distingue l’émergence de 3 grands types de figures dans l’histoire et dans la littérature :

- le saint (les martyres, les évêques, les ascètes..) C’est l’affaire de toute une vie. Il est humble.

- le preux chevalier (fusion de deux idéaux -> idéal héroïque païen et l’idéal de la sainteté)

La chevalerie sert Dieu et le Seigneur : celle l’aristocratie peut avoir accès à la chevalerie. Au
départ l’Eglise ne va pas être très enthousiaste mais il va avoir un changement avec les
croisades. L’idéal de vie dans le roman est la courtoisie. Sur le champ de bataille il fera preuve
de virtus (courage, sagesse, prudence, courtoisie) (c’est >< à la furor classique) (>< wut chez
les germains). Le chevalier est entièrement soumis à sa dame et ses exploits sont vus comme
un service d’amour. Il recherche la gloire. 


- le roi : il peut être également un héros au Moyen-Age, il va tenter de concilier les vertus
chevaleresque et les vertus chrétiennes (comme le preux). Il va remplir 3 fonctions sociales :
juge, guerrier et bienfaiteur. 


L’empereur Charlemagne est roi de Francs et empereur à partir de 800. Il se bat contre les
saxons. Il protège la papauté, la foi, c’est aussi un législateur et c’est un des principaux héros
des livres d’histoire. 


Le roi Arthur est au départ un chef de guerre qui aurait vécu au 6e siècle, parmi les chevaliers
de la table ronde. C’est le modèle du souverain idéal. Il va donner naissance à un mythe
littéraire très fécond à partir du 12e siècle.


Le roi Louis IX, Saint Louis : il est donc saint, preux et roi. Il a vécu au 13e siècle. Il a des vertus
temporelles et spirituelles. 


Les figures héroïques médiévales, réelles ou fictives sont toujours marquées par le merveilleux.

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Les Ancêtres du héros chevaleresque : héros de la mythologie scandinave et germanique

La plupart des textes ont été écrit au 12 et 13e siècles, les évènements sont sensées s’être
produit entre le 8 et le 10e siècle.

C’est là qu’il faut voir l’origine des chevaliers qui vont remplir des romans plupart.


Beowulf apparait au 10e siècle, dans une langue anglo-saxonne. C’est un preux-chevalier, un
fidèle du roi des Goths. Beowulf est le plus ancien récit héroïque germanique.

Son histoire est composée de deux parties :

- La victoire de Beowulf : il va combattre et vaincre l’ogre Grendel +combattre et vaincre la mère


du monstre.

- La mort de Beowulf : ça se passe en Suède, quand il est beaucoup plus vieux, c’est un vieux
roi. Il part combattre un dragon, qui sévit dans le pays et il va tuer le dragon, mais il va mourir à
cause de l’haleine du dragon.

C’est donc un roi et un héros. 




On retrouve ces ancêtres dans des sagas et des eddas. Elles sont écrites aux 12 et 13e siècles
mais qui racontent des événements sensés s’être passés entre le 8 et le 10e siècles. 

Les sagas racontent les exploits des rois norvégiens et danois.

Il y a un certain nombre d’épisodes surnaturels et merveilleux.



Les eddas sont des poèmes mythologiques islandais, qui mettent en scène des dieux et des
mythes anciens du nord.

Un des héros les plus remarquables est Sigurdr, c’est de là que provient Siegfried dans la
Chanson des Niebelungen (1200). Sigurdr est le fils du roi du Danemark, il possède une épée
merveilleuse et un cheval extraordinaire et c’est le détenteur du trésor des Niebelungen.

Il tue un dragon (on retrouve cet exploit dans beaucoup de mythes du nord), et après avoir bu son
sang, il devient invincible.

Il aime Brunhild, qu’il finit par abandonner.

C’est une récit païen mais qui emprunte qlq éléments historiques puisqu’il s’inspire des héros
germaniques Ariminius et Sigebert II. 


Caractéristiques du héros scandinave :

- psychologie peu évoluée

- le personnage évolue très peu, du début à la fin

- il n’est pas maitre de sa vie, tout est programmé d’avance

4.2 La chanson de geste et le roman courtois

4.2.1 Trois sources d’inspiration pour les oeuvres médiévales

La matière de France

Elle célèbre les exploits de Charlemagne et de ses vassaux.

La matière de Rome (ou matière antique)

Elle raconte les premières oeuvres écrites en langue romane, et donc en français et non plus en
latin.

La matière de Bretagne

C’est relatif à toute l’histoire du roi Arthur.

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4.2.2 La chanson de geste

Elle apparait à la fin du 11e siècle. Cette vogue va durer pendant 3 siècle.

Notre littérature française, comme beaucoup d’autres, a commencé avec la littérature épique. 


En France, on va parler de la chanson de geste. Geste vient du latin gesta qui signifie : fait
accompli. La chanson de geste c’est la forme épique française qui apparait au Moyen-Age et est
centrée sur un personnage ou sur un lignage. Elle illustre la matière de France et elle se distingue
par plusieurs caractéristiques formelles:

- Elle utilise la laisse ( strophe de longueur variable construite sur une même rime ou assonance),
ce sont souvent des vers octosyllabiques ou décasyllabique.

- Le style formulaire car il y a répétition de certains hémistiches (la moitié d’un vers).

La chanson de geste la plus ancienne et la plus connue est la Chanson de Roland.

Sa version (d’Oxford) la plus connue semble datée de 1080.

C’est le chef d’oeuvre du genre. Elle n’est pas très longue et sobre. Du point de vue du contenu,
la Chanson de Roland se divise en quatre parties :

- Trahison de Ganelon (le beau-frère de Charlemagne et futur beau-père de Roland), qui est
jaloux de Roland, qui est préféré par Charlemagne; Il est envoyé comme émissaire au près du
roi des Sarrasins (Marsile), c’est là qu’il va trahir Charlemagne. Il va encourager Marsile de faire
semblant de faire la paix avec Charlemagne, et de se battre contre l’arrière garde.

- La bataille de Roncevaux : Roland et son ami combattent vaillamment. Les sarrasins sont
beaucoup plus nombreux. Olivier veut souffler dans l’olifant mais ils le font trop tard et ils
meurent dans la bataille.

- La vengeance de Charlemagne : il va battre les sarrasins.

- Le jugement du traite Ganelon : il va être condamnés à mourir écarteler.

Roland, le héros de l’histoire, elle est champion à tout prix, il veut combattre même s’il sait que
c’est perdu. Il incarne l’orgueil féodal et la critique a souvent comparé Olivier à Roland. 

Olivier se dit qu’ils sont trop nombreux et qu’il faut appeler Charlemagne. 

Roland est preux alors qu’Olivier est sage.

L’amour a une place très secondaire : la fiancé de Roland n’apparait qu’à la fin de l’histoire et
quand elle apprend la nouvelle, elle tombe morte.

Il y a une forte dimension religieuse dans tout ça. Dans l’épée Durendal, il y a des reliques de
saints, sensées donner une dimension magique.

L’extermination des sarrasins a qlqch d’apocalyptique. La mort de Roland est décrite comme
celle d’un saint. Dieu envoie une série de saints pour récupérer l’âme de Roland.

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4.2.3 Le roman courtois

Le roman courtois nait aux 12 et 13 siècles. On peut le définir comme une variété du roman
médiéval, dont les personnages et l’intrigue sont marqués par l’idéal de la courtoisie.

Le roman courtois illustre soit la matière de Rome, soit la matière de Bretagne.

La matière de Rome

On les appelle aussi des « romans antiques », ce sont des romans qui allient l’amour et la guerre.
C’est à ce moment que le rapport du héros au monde féminin va se modifier fondamentalement.
C’est à ce moment qu’on parle d’amour.

Dans le Roman de Troie, on retrouve la figure d’Achille, où il se refuse de se battre car il est
amoureux de la fille du roi de Troie.

Cette matière antique est donc transformée dans son essence.

Il y a 4 romans connus écrits entre 1150 et 1165 :

- Le roman d’Alexandre de Paris

- Le roman de Thèbes

- Le roman de Troie de Benoit de St Mort

- Le roman d’Eneas

Les romans antiques ont un lien avec l’histoire.

A l’époque, le public distinguait mal la différence entre l’histoire et le roman.

C’est aussi pour ça que le public aimait ces romans antiques car pour eux, ils illustraient l’histoire. 

Ce sont des récits qui romancent l’histoire. Cela s’accompagnait de nombreux anachronismes. 

Par exemple, dans le roman de Thèbes, parmi les grecs, on trouve un archevêque, ou alors, il y a
la présence d’Hector, pourvu d’un attirail de chevalier médiéval. C’était une façon de glorifier les
chevaliers du Moyen-Age en leur donnant des nobles héros antiques comme ancêtres.

Le roman d’Alexandre est la première transcription en langue vulgaire de la vie d’Alexandre: c’est
une oeuvre littéraire et non pas historique, malgré le fait qu’elle s’inspire d’événements
historiques. Alexandre est un héros qui est grand voyageur, un chevalier invincible, très curieux
intellectuellement, mais ne se distingue pas vraiment de la masse des chevaliers de l’époque.

La matière de Bretagne

Il s’agit de l’actuelle Grande-Bretagne et notamment du


Pays de Galles.

Cette matière de Bretagne désigne des sources celtiques et


aussi la littérature française qui s’en inspire. Le monde
arthurien est le monde décrit dans cette matière.

Cette matière provient au départ de textes


historiographiques datant du 12e siècle, et ont été rédigés à
la cour anglo-normande des Plantagenet.

Le principal de ces textes c’est l’Historia regum britaniae  ,


oeuvre rédigée en latin par Geoffroy de Monmouth en 1136.

C’est un texte qu’on place plus du coté de l’histoire que de


la littérature. Monmouth tente de glorifier le peuple breton. Dans son histoire, il explique que le
peuple breton descend de Brutus (fils de César) et d’Enée. Ce type de descendance qu’il établit
n’est pas très historique dans le concept qu’on a du terme aujourd’hui.

L’idée de cet auteur était de créer un roi breton, à la hauteur de Charlemagne. Il s’agit donc du roi
Arthur, qui est en réalité, mis en avant par l’auteur pour rivaliser avec Charlemagne.

Arthur apparait comme un roi idéal dont le pouvoir est équilibrer par ses chevaliers.

Le Roman de Brut par Wace en 1155, il va reprendre le matériel du fond de l’histoire du peuple de
Bretagne, mais il va s’inspirer aussi des traditions celtiques orales. Wace va écrire en langue
romane. Dans ce roman, il va avoir plusieurs ajouts importants, essentiels à cette matière de
Bretagne, à savoir la Table de Ronde et le sentiment amoureux idéalisé.

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A partir de là, on va voir naitre un cycle littéraire : la légende


du roi Arthur va se propager dans toute l’Europe mais les
auteurs vont inventer de nouveaux personnages, de
nouveaux motifs,.. de sorte que dans cette légende, petit-à-
petit le roi Arthur passe au second plan, derrière d’autres
figures que sont les chevaliers.

L’auteur le plus important dans ce cycle littéraire est Chrétien de Troyes. Il va écrire 5 romans
arthuriens :

- Erec et Enide (vers 1170)

- Cligès (vers 176)

- Lancelot ou le chevalier de la Charette (vers 1180)

- Yvain ou le chevalier au Lion (vers 1178)

- Perceval ou le Conte du Graal (vers 1185)

Dans chaque oeuvre, le cadre arthurien donne une unité de temps et une unité de lieu. 

Il y a aussi une unité de personnage, même si chacun des 5 oeuvres est centrée sur un
personnage en particulier. Même si chacun de ces 5 romans se centre sur des chevaliers
différents, il y a une structure récurrente pour le héros, qui est un chevalier en quête de
reconnaissance arthurienne. C’est au roi et à sa cour qu’il faut plaire.

Pour obtenir cette reconnaissance, il va faire toutes sortes d’exploits et de prouesses.

C’est le chevalier et non plus le roi qui est le personnage actif et mis au premier plan.

La cour du roi est une toile de fond où le héros revient pour des moments symboliques.

Les chevaliers ont une importance croissante.

Perceval ou le Conte du Graal a été rédigé à la fin du XIIe siècle. Le graal est un objet de la quête
mythique des chevaliers du roi Arthur. C’est un calice, qui aurait contenu le sang du Christ et qui
est donc un objet de quête récurrente, qui a des pouvoirs magiques et qu’il s’agit de retrouver.

C’est une oeuvre divisée en deux parties symétriques, chacune sont occupées par un héros
distinct. Les deux héros sont des chevaliers errants. Il y a un va et vient entre les deux
personnages. Mais sinon, les histoires ne sont pas liées.

Ces deux héros sont Perceval et Gauvain, ils sont engagés dans une quête vers qlqch
d’inaccessible. Perceval cherche le château du graal et Gauvain est à la recherche de la lance qui
saigne.

Perceval est neuf dans cet univers. Il n’a pas de passé littéraire. Il n’a pas d’éducation
chevaleresque. Ce qui est raconté dans le roman, c’est son initiation à la chevalerie et aux codes
courtois. Perceval a commis un pêché qu’il doit réparé : il a abandonné sa mère qui est morte de
chagrin.

Perceval ne vient pas d’une lignée très noble : il est le fils d’un chevalier exilé et pauvre, qui va lui
même conquérir ses armes. 

Gauvain est un chevalier plus mur ; c’est le neveu du roi Arthur. Il est courtois, élégant, combatif,..
C’est le parfait chevalier courtois, qui va devoir réviser certains de ces codes qui sont un peu
dépassés. Il a aussi une faute : il a tué un roi.

Chrétien de Troyes écrit des oeuvres littéraires mais on peut s’interroger sur l’existence des
chevaliers errants. En fait, il est peu vraisemblable qu’ils aient existé car il est peu probable que
des chevaliers chevauchent loin de eux et seuls, car ça le rendait très vulnérable.

Toute cette Bretagne est imaginaire et en partie fantasmée.

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4.3 Les grands héros chevaleresques

4.3.1 XIe-XIIIe siècle : l’âge des héros

L’histoire de Tristan nous est parvenue en plusieurs versions.

Tristan porte un prénom qui n’est pas neutre -> destiné à la


tristesse car sa mère meurt à sa naissance et son père a perdu
sa couronne.

C’est le neveu du roi Marc, le roi de Cornouaille, qui doit payer


un pour impôts au roi.

Tristan part combattre Morholt, il va réussir à le tuer mais il est


lui-même frappé par une épée empoisonnée. Il n’a qu’une seule
manière de guérir : être soignée par la reine d’Irlande.

Ce qui se passe, il retourne en Cornouaille et le roi Marc affirme


qu’il épousera dont le cheveu blond qui lui a été apporté. Il se
souvient d’Iseult, et Tristan propose d’aller la chercher pour
demander sa main (de la part de Marc). Il est de nouveau blessé
en chemin et est soigné par Iseult. La mère d’Iseult lui donne une potion qu’elle doit boire avec le
roi Marc. 

Tristan va la boire car il a soif. Pendant la nuit de noce, le roi Marc se retrouve avec la servante
d’Iseult, pendant que cette dernière fuit avec Tristan. La magie d’amour dure 3 ans, mais après le
filtre s’arrête. Le roi Marc finit par les trouver, mais au lieu de les trouver ils les épargnent.

Tristan s’en va sur l’ile de Bretagne, et il épouse une autre Iseult (aux blanches mains) alors qu’il
cherche à retrouver Iseult la Blonde (…).

Là encore, il y a un mélange de combat et d’amour.

Il y a deux versions importantes de cette histoire :

- la version de Béroul entre 1170 et 80 dont il reste 4500 vers : les personnages ont une vie
intérieure et ils connaissent des conflits moraux mais c’est surtout par l’action qu’ils
s’expriment. Les amants sont les victimes d’un filtre et c’est ce filtre qui a la responsabilité de
tout ce qu’il se passe.

- la version de Thomas, dont il reste 3000 vers : les personnages sont plus complexes et le filtre
leur aide seulement à comprendre qu’ils s’aiment.

Il va y avoir plus tard le Tristan en prose, où la première partie est la même mais pas la deuxième :
il va être parsemé d’épisodes arthuriens.

Amadis de Gaule est un héros éponyme du roman de chevalerie espagnol,


inventé par Garcia Rodriguez de Montvalvo (1508). Amadis de Gaule apparait
comme le héros parfait.

Il est de naissance noble, mais il va être abandonné et recueilli par le roi


d’Ecosse, et il se retrouve à la cour de Langrinès. Il va avoir une dame, qui
s’appelle Oriane, à laquelle il va voué un amour courtois. Oriane est elle la fille
du roi de Bretagne. Il va se livrer à toutes sortes d’exploits, notamment
vaincre un géant, triompher au château des boucliers, se retrouve dans le
royaume de Sobradise,…). Oriane va lui envoyer une lettre de rupture, car elle
pense qu’il l’a trompé.

Amadis de Gaule va s’affronter à un épisode de pénitence, dans un genre de


désert, la Roche Pauvre. Durant cette pénitence, il se fait appeler le Beau Ténébreux.

Ensuite, Oriane et son père vont être capturé, et Amadis va se donner un nouveau nom, le
Chevalier de la Verte épée, et il va sauver Oriane et son père. Il va alors triompher dans son pays,
mais va aussi se faire connaître en Allemagne, en Boème, en Italie, en Grèce,..

C’est donc un schéma classique. Il y a aussi la présence du merveilleux : il va être protégé par la
magicienne Ourganda. 

Amadis de Gaule est le modèle absolu de Don Quichotte. 

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4.3.2 XIII-XVIe siècle : la dégradation du héros chevaleresque

Le personnage de Roland va être remis dans le Roland furieux de l’Arioste, datant de 1515. 

Au lieu de se contenter de se battre, Roland va tomber amoureux d’Angélique, qu’il emmène en
France. Mais elle va être capturée par des pirates,… Mais l’événement fatidique est qu’elle
rencontre un soldat sarrasin blessé, qui s’appelle Médore qu’elle va soigner et elle va finir par
l’épouser. Quand Roland l’apprend, il est furieux. Il va errer nu en France et en Espagne et va tuer
tout ceux qu’ils croisent. 

Dieu prend pitié de lui et lui permet de reprendre sa raison en lui faisant respirer une fiole. 


Il y a la reprise du personnage épique, mais c’est une reprise dégradée : il se laisse avoir par
l’amour et il devient fou-furieux et massacre tout le monde. C’est un poème héroï-comique il y a
donc une présence du second degré.

Le Roman de Renart, (XII-XIIIe siècle) c’est ensemble de poèmes, dans la tradition héroï-comique,
où les animaux sont des héros épiques ou chevaleresque dégradé. Ces poèmes sont tous
anonymes. Ce qui relie ces poèmes, c’est l’image du Renart.

On se rend compte tout de suite que c’est un pendant populaire à la littérature épique et
chevaleresque. En réalité, Renart est tout à fait fourbe, cruel, malicieux. Ce ne sont pas les
caractéristiques qu’on attend d’un héros chevaleresque, c’est plutôt un anti-héros. 

Le monde chevaleresque qu’on trouve dans ces poèmes apparait dévalorisé et dégradé.

4.4 Don Quichotte, héros chevaleresque ou anti-héros ?


C’est un personnage intéressant car il est assez complexe. Est-ce un héros chevaleresque ou un
anti-héros?

4.4.1 Généralités

Le titre complet est El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha (1605). Cervantes explique
dans son prologue que le but de ce roman était d’écrire un roman de chevalerie. Il se situe dans la
lignée des livres de chevalerie à la mode. En réalité, c’est une oeuvre bien plus originale.

Le livre prétend être la traduction d’un original arabe, écrit par un historien Cid Hamet Benengali.

C’est pourtant faux. L’oeuvre a bien été inventée par Cervantes.

Il s’agit de l’histoire d’Alonso Quixano, c’est un personnage totalement imaginaire. C’est un


gentilhomme espagnol qui a trop lu de roman de chevalerie et il se passionne à ce point pr ces
romans qu’il commence à en discuter comme s’il s’agissait d’histoires réelles.

Dans un second temps, il va décider de devenir chevalier errant.

Il lui faut une dame, avant de partir, alors il va choisir une paysanne qu’il va rebaptiser et va
l’appelée Dulcinée du Toboso. Il va errer toute la journée et il arrive fatigué à une auberge, que
Don Quichotte prend pour un château. Il va demander à l’aubergiste de l’appeler chevalier. Cette
oeuvre mêle le réel et la fiction. Il y a un épisode où il prend des prostituées pour des demoiselles
à sauver.

Une dizaine d’années plus tard, apparait une nouvelle partie, apocryphe (écrit par qlq d’autre que
Don Quichotte), en 1614, mais on ne connait pas sa véritable identité. Cela va énerver Cervantes
qui est en train d’écrire la réelle deuxième partie. Cette deuxième partie (la fausse) veut voguer sur
la popularité de la première mais sans originalité aucune.

En 1615, la deuxième partie de Cervantes sort et il y a une véritable originalité : Don Quichotte
apprend que le monde entier lit ses histoires et que tout le monde rigole de lui. En apprenant ça,
Don Quichotte veut se remettre en route. Il y aura toute une série de nouvelles aventures. A un
moment donné il y a un passage intéressant car il va être accueilli dans un château, par un duc et
une duchesse qui ont lu la première partie, et ils vont rentrer dans son jeu. Ils vont faire comme s’il
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était un chevalier errant. Ils se moquent de lui mais ni Don Quichotte


ni son compagnon ne s’en rendent compte. Les villageois tentent de
l’aider à sortir de cette folie. Un villageois va tenter de le combattre
en duel et le faire jurer de retrouver sa vie ordinaire. A la fin de ce
livre, il retrouve traitement à la vie ordinaire, il y a une prise de
conscience de ses folies et il va mourir de chagrin.

Don Quichotte a été une source d’inspiration incroyable notamment


dans les beaux arts.

Don Quichotte attaque les moulins à vents

Don Quichotte dans sa bibliothèque, de Delacroix

Don Quichotte à cheval de Daumier

Don Quichotte et Sancho de Picasso

4.4.2 Don Quichotte et le héros chevaleresque

Le livre de Cervantes témoigne de plusieurs choses.

- Le héros chevaleresque apparait comme un idéal dépassé. C’est un idéal auquel on ne croit
plus et qui n’est plus considéré comme réaliste. Les idéaux du héros chevaleresque ne
fonctionne plus dans le monde réel. C’est un idéal qui n’est plus d’actualité. 


- Le héros chevaleresque apparait comme un idéal dégradé. Don Quichotte est un personnage
qui fait rire, qui déchaine les moqueries, l’incompréhension. DQ, contrairement aux héros
chevaleresques traditionnels, n’est ni beau, ni fort, ni vraiment noble. Ce sont des exploits qui
prêtent à rire. 


- Pourtant le héros chevaleresque reste omniprésent dans ce roman car il est sans cesse
évoqué. Don Quichotte a lu tous les livres de chevalerie et il en parle sans cesse. Son héros
absolu est Amadis de Gaule, il va imiter la retraite du Beau Ténébreux. Il y a donc l’imitation
d’un idéal fixé par une convention littéraire. Il va lui donner une nouvelle tournure de cette
convention, par Cervantes. Il lui reste pourtant une forme de grandeur d’âme, une forme de
résistance qui laisse une part d’admiration dans ce qu’on peut éprouver pr ce personnage. 

DQ va finalement se rendre compte de la moquerie du duc et de la duchesse et il va avoir une
réponse très noble : VOIR DIA

4.4.3 Don Quichotte et le saint

Don Quichotte voue une très grande dévotion aux livres de chevaleries, à ce titre là, ils
apparaissent comme des livres de dévotion pour lui. On peut donc les rapprocher des livres
théologiques. Dans le christianisme il y avait bcp de modèles qu’on nous donnait à imiter, avec
les figures de saints, notamment.

Thérèse d’Avila sera ensuite Sainte Thérèse, elle va lire énormément de vie de saints, ce qui va
ensuite beaucoup l’influence pour devenir sainte.

La vie que DQ mène est particulièrement sévère, rigoureuse, axée sur la vertu. Il établit lui-même
une analogie entre sa vie et celles de saints.

Il compare sa vie à celle d’un saint, car ses conditions sont aussi dures et fondées sur une sorte
de vertu surhumaine. (voir recueil)

DQ sera un livre à clé dans l’Espagne de l’acquisition. On peut se demander si DQ n’est pas une
manière pour Cervantes de se moquer de la vie du saint. Cervantes a été emprisonné,.. Il n’est
pas invraisemblable qu’il ait pu se moquer d’eux.

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4.4.4 L’alter ego de Don Quichotte

Il s’agit de Sancho Panza. Les héros sont très souvent accompagné d’un alter ego;
comme dit précédent. Ils sont un couple indissociable.

C’est un paysan de son village, que DQ a choisi pour écuyer, moyennant des
promesses financières qu’il aura du mal à tenir. C’est une figure un peu drôle, un
peu comique. Il est tiré du théâtre comique, il a les pieds enracinés dans la terre,..
tout ce qu’il veut c’est avoir son argent.

Il n’a pas de quête spirituelle très élevée, il se charge même de la réalité matérielle
de la vie de DQ: Qu’est-ce qu’on va manger? Où va-t-on dormir?
Don Quichotte, lui, ne se préoccupe pas de toutes ces préoccupations.

Il y a donc deux formes de déraisons qui s’entrechoque. Du coté de DQ, on a la


folie, et chez Sancho Panza, on a la bêtise du paysan borné mais qui n’exclut pas
le bon sens terrien.

Ici, on remarque qu’il y a une dégradation : Sancho Panza est une dégradation de
l’alter ego. Il n’est pas comme Olivier, par exemple. DQ se définit aussi par rapport à Sancho
Panza.

4.4.5 Les problèmes d’identité chez Don Quichotte

C’est un personnage complexe. Ce qui pose problème c’est que dès le début du livre, DQ va
convertir son identité, va transformer son identité. La plupart des héros chevaleresques sont
destinés dès la naissance à devenir chevalier. DQ n’était pas du tout destiné à le devenir, c’est lui
qui prend la décision de le devenir : il se choisit une vie, une destinée de chevalier errant.

Au départ, c’est le monde extérieur qui nous confère notre identité et notre monde, notre statut
social,.. DQ va lui, rompre avec l’identité qu’il lui a été conféré par le monde extérieur.

La deuxième partie du livre introduit un nouvel élément puisque le monde semble enfin accepter
l’identité qu’il s’est choisi. Notamment quand il se retrouve chez le duc et la duchesse.

Dans la deuxième partie, au lieu de l’aider à évoluer, le piège dans l’identité qu’il s’est choisi, alors
qu’il commence à devenir plus philosophique et plus modéré.

L’identité est sensée se maintenir. Il y a une forme de permanence de l’identité. On est sensé
rester fidèle à soi-même. Cette question de la permanence se pose à la fin du roman quand il
retrouve son nom initial, il va alors renier tout ce qu’il a fait pendant le roman. On a donc une
rupture. Il y a chez ce personnage plusieurs fractures violentes de l’identité. 


Problème de l’aliénation par la littérature : DQ refuse l’identité qu’il lui a été conféré par le monde
extérieur dans le premier roman. Mais en plus, il s’identifie dans qlqch qui est totalement extérieur
à la vie. Il s’identifie à des personnages de roman, à des modèles qui sont en fait des images.
Quand il veut devenir absolument lui-même, il devient totalement autre car il est une fade copie
de Roland et d’Amadis.

L’identité des personnages dans la fiction après DQ, aura tendance à venir de plus en plus
complexe.

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4.4.6 Remarques conclusives

-> Les modèles héroïques du passé sont ridiculisés, c’est ce qu’on appelle une dégradation.

-> Ce qui est dénoncé, ce sont les modèles du passé, et la confusion entre l’histoire et la fiction.

Il pense que les héros qu’ils imitent sont des héros historiques.

-> Personnage complexe, il est déchiré, fragmenté. Il pose la question de la permanence de


l’identité. Ce n’est plus un personnage monolithique. Il est très perturbé psychologiquement.

-> C’est un roman qui parle du héros en son centre. Les héros apparaissent sans cesse dans les
modèles de DQ. Même si lui, il est plus un anti-héros.

-> C’est un roman de la démolition du héros.

5. La démolition du héros au XVIIe siècle

Le 17e siècle est un siècle contradictoire car il reste fasciné par l’héroïsme.

Notamment avec le héros cornélien, ainsi que les romans héroïques. Mais la fascination pr
l’héroïsme passe aussi par la fascination pour le héros royal. Les historiographes officiels vont
jouer un grand rôle.L’aristocratie était un vivier de jeunes guerriers, mais à partir de Louis XIV, ce
n’est plus le cas, ils deviennent des domestiques.


Le 17e va détruire réellement cette notion d’héroïsme : notamment le jansénisme, l’absolutisme.

5.1 Le Cid ou le héros cornélien 


La tragédie cornélienne met en scène des héros qui, confronté à des situations dangereuses, à
des dilemmes moraux, font le choix le plus difficile. Ils vont passé le devoir avant tout, alors
même qu’ils sont tiraillés entre la raison et la sensibilité. D’où évidement l’expression de
« dilemme/choix cornélien ».

Ces héros ont une haute idée de leur valeur, ils veulent être à la hauteur de la haute d’idée qu’ils
ont d’eux-mêmes.

Corneille a écrit un grand nombre de pièces, la principale est sans doute le Cid (1636). Cette
pièce s’inspire d’une figure historique réelle : Ruy Diaz de Divar, dit le Cid campeador, ayant vécu
au 11e siècle. Il est connu pour sa fierté chevaleresque et son profond sentiment religieux.

Il fonctionne comme un symbole de la noblesse chrétienne et espagnole.

Les éléments importants de l’intrigue :

Ca se passe à Séville. Le père de Chimène provoque le père de Rodrigue, ce dernier demande à


son fils de le venger. Chimène et Rodrigue son fiancés. Il va choisir de venger son père et va tuer
le père de sa fiancée.

Le pivot du roman est la lutte entre le devoir et l’amour, autant chez Rodrigue que chez Chimène.

5.2 Le roman héroïque


C’est un roman du XVIIe siècle, qu’on situe avant 1660, et qui possède un certain nombre de
caractéristiques précises :

- les thèmes centraux sont les grandes actions et les grands sentiments

- Il y a dans ces romans une grande abondance de lieux, d’actions et de pages.

- Ces romans attestent du courant de la préciosité (mouvement culturel et courant littéraire


français datant du XVIIe qui repose sur la volonté de se distinguer par la pureté du langage par
la dignité des moeurs, par l’élégance ; c’est un mouvement très pudique et très raffiné auxquels
vont adhérer de nombreuses femmes qui se nomment les Précieuses )

- Il y a deux vagues du roman héroïque : les romans de fantaisie et puis une tendance historique

Ce sont des romans très longs avec des rebondissements. 



On retrouve comme auteur (notamment) Madeleine de Scudéry et La Caloprenède.

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Clélie, histoire romaine de Scudéry est un roman héroïque historique.

Elle aurait échappé aux étrusques en traversant le Tibre à la nage, selon Tite-Live elle aurait
existé. Scudéry va lui faire pleins d’histoires, où l’action se passe en 509 ACN.

C’est une histoire à rebondissement, avec des actions héroïques et une histoire d’amour entre
deux personnages qui appartiennent à des camps différents.

Cassandre de La Caloprenède met en scène Alexandre Le Grand, il fait environs 10 volumes


(comme Clélie), c’est également un livre historique. Il y a un fond historique mais on va broder et
prendre beaucoup de liberté poétique.

La conception de l’héroïsme dans ces livres: Les héros sont animés par le devoir mais ils sont
aussi enfermés dans un grand amour.


La caractéristique de ces héros:

- Ils sont toujours valeureux

- Ils sont grands, ce qui implique une naissance noble.

- La vertu est la fidélité à la femme aimée pour les hommes mais chez les femmes la vertu, c’est
la chasteté. Les héroïnes vont devoir céder à toutes sortes d’épreuves.

- Ils ont des caractères extraordinaires: ils se distinguent du commun.

- Ce sont des héros qui restent très stéréotypés et qui ne sont pas si différents que ça des héros
courtois.

Représentation de « la carte du tendre » dans la Clélie : cette carte est une représentation
allégorique du parcours amoureux.

5.3 La démolition du héros

5.3.1 Quelques critiques du héros

Boileau va écrire Le Dialogue des héros de roman en 1665 : il y critique les romans héroïques.

Les personnages historiques qui sont les protagonistes des romans héroïques se présentent
devant un tribunal et présente leur grief aux auteurs par qui ils ont été mis en scène. Ils se
plaignent car on les a transformé de héros en amoureux pleurnichards.

Les jeunes femmes se viennent enlevé à tour de bras mais elle refuse la moindre faveur aux
soupirants : la chasteté est trop élevée selon Boileau.

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Charles Sorel a écrit De la connaissance des bon libres (1671), dans ce livre il va écrire la fin du
type héroïque qui laisse la place à des personnages plus proches de la réalité, des personnages
moins extraordinaires avec des noms français, et ce sont donc des personnages moins
héroïques.

Il indique que dans la seconde partie du XVIIe, on va avoir une disparition des héros stéréotypés
auxquels on a eu à faire jusqu’à présent.

Tandis que le héros héroïque disparait, on va voir apparaitre des concurrents que sont les grands
hommes et l’homme de bien : ils sont en rivalité avec le héros.

On va faire une distinction : héros >< grands hommes et hommes de bien.

On va créer une hiérarchie qui va mettre à mal le héros.

On a ici deux extraits tirés de La Bruyère où cette distinction est très présente :

(voir recueil)

Cette dérive moraliste se manifeste surtout à la fin du XVIIe. Et elle n’est pas sans lien avec le
jansénisme.

5.3.2 L’influence du jansénisme

Le jansénisme est issu des pensées de Saint Augustin, le père de l’Eglise, mais ses pensées ont
été théorisée par Cornélius dans un livre datant de 1640 l’Augustinus.

Le jansénisme est une réponse à l’humanisme; il nait au couvent de Port-Royal et va ensuite se


diffuser en France.

Le Jansénisme a une vision très négative de l’homme et de ses capacités ; l’homme est déchu
suite au pêché originel. L’homme ne peut qu’aller, et ne va que vers le mal. La grâce de Dieu
touche très peu d’hommes et ceux-ci vont vers le droit chemin. Ce petit nombre d’élus doivent
prouver quotidiennement leur foi.


Les deux plus grands recueils jansénistes sont les Pensées de Pascal et Les Maximes de La
Rochefoucauld :

Les Pensées paraissent en 1670. Ces premières pensées sont écrites en 1656, suite à un miracle :
sa nièce, au contacte d’une relique, guérit d’une maladie incurable. Pascal va dire qu’il lui faut 10
pour les écrire, or il ne lui restait que 3 ans à vivre. 

Dans ses Pensées, l’homme est jugé triplement négativement , il se caractérise par sa misère, son
amour et sa vanité. L’homme prend conscience de ça, mais il retourne vite vers le divertissement.

Les Maximes paraissent en 1665, de nouveau une vision très négative de l’homme ; le monde des
hommes est corrompu et pour La Rochefoucauld toute les vertus ne sont que des mensonges et
des apparences. Le but des Maximes est de découvrir la vérité et faire entrevoir à ses lecteurs
qu’il est dépourvu de vertu et qu’il n’y a pas de valeurs. Ce qu’on pense être des vertus ne sont
que des formes déguisées de la vanité humaine.

L’acteur principal des Maximes est l’amour propre ; il est omniprésent dans les relations
humaines. L’individu peut croire qu’il agit par vertu, mais en vérité, il n’agit que par amour propre.

Pour La Rochefoucauld il n’y a pas d’innocence, l’homme est intéressé.

L’homme est représenté d’une façon très critique, il apparait comme un être faible, infidèle,
versatile. Il n’est donc pas du tout invincible, il n’est pas comme les héros. Il est le jouet et de
circonstances extérieures, ou mêmes intérieures et il est profondément contradictoire.

Il est traversé par des flux qui influencent son action et qui peut l’entrainer à faire un jour le
contraire de ce qu’il faisait la veille.

On se rend compte qu’on a à faire à une dissolution du moi. L’homme ne décide plus de ce qu’il
fait ; il est un jouet de circonstances qui peut agir d’une manière contraire.

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La représentation de la gloire dans tout ça n’est gère brillante. La gloire n’est qu’une forme de
l’amour propre, qu’une recherche de l’intérêt.

Si la gloire devient amour propre, elle devient alors égoïste. Et on peut opposer ça à la gloire vue
auparavant ; elle semblait immatérielle.

Les valeurs héroïques ne sont plus appréciés ni appréciables dans ce contexte. 




On peut opposer cette pensée janséniste aux défenseurs des valeurs héroïques qui distinguaient
deux formes d’ambition et de gloire : une positive et une négative, selon la nature d’âme qui la
recherche. On pourrait distinguer la bonne ambition de la mauvaise.

Pour les jansénistes, il n’y a qu’une seule vérité derrière la gloire : la vanité et l’amour propre.
Ceux qui ne pensent pas comme eux se trompent et ne se connaissent pas.

Les jansénistes vont lutter contre le fait que les aristocrates soient plus élevés du point de vue
humain : pour eux, les êtres humains sont tous mauvais.

Avec cette idée que le moi est haïssable, on voit disparaitre de nombreuses qualités car selon les
jansénistes elles ne sont que des formes déguisées de la vanité.

5.3.3 Répercussions sur la littérature de fiction

On voit apparaitre en fiction le grand homme : notamment dans les Aventures de Télémaque et de
Fénélon. Télémaque est un prince mesuré, au lieu de gagner des batailles, le personnage est
l’idéal du sage politique. Les héros violents sont très critiqués dans ce livre.

Autre héros, Hamlet de Shakespeare est typiquement un personnage incapable d’agir car il
réfléchit trop. C’est donc le contraire d’un héros, puis ce dernier s’est souvent défini par ses
actions.

Hamlet n’est même plus capable de décider : c’est héros dépourvu de qualités héroïques et
qu’on peut considérer comme un anti-héros avant la lettre.

6. L’éclipse du héros au XVIIIe

6.1 Les causes du déclin


Il y a la mort du héros royal, Louis XIVe. Après lui, le trône est occupé par des médiocres. On est
donc loin d’être dans l’idée d’un héros royal. A se rajoute à ça la dominance d’une esthétique
classique et les valeurs qu’on prise le plus au XVIIIe sont l’intelligence, la mesure, l’ordre, le gout
et l’imagination en revanche est en perte de vitesse à cette époque. C’est le revers des Lumières.

Dans le Dictionnaire philosophique de Voltaire, il n’y a pas d’article dans le mot héros, on n’y
trouve pas non plus Hercule, Achille,.. Les grands héros antiques disparait. En revanche, à
l’entrée gloire on trouve une brève apparition de l’héroïsme qui semble méprisable.


Dans la grande Encyclopédie, l’article « héros » est bref. On y indique ce titre est principalement
guerrier. Et le héros apparait comme inférieur au grand homme, ce dernier a des qualités morales
auxquelles le héros ne peut prétendre. Le grand homme c’est notamment qlq qui a du talent, qui
a une forme de rayonnement dans les lettres et les sciences. Il a des vertus morales et il prend
toute la place du héros. C’est l’époque du culte des grands hommes de lettres et de sciences. 


Dans Candide on voit l’expression « La boucherie héroïque » : c’est donc qlqch de très négatif.

On va arriver à une sorte de culte des grands hommes, dans l’idée de ce culte a une grande
valeur pédagogique ou civique.

Ces grands hommes sont exaltés par les philosophes et ces derniers se comptent eux-mêmes
parmi les grands hommes.

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Au XVIIIe l’héroïsme est donc quasi absent. Cependant il y a un moment où cet état des choses
va subir un grand bouleversement : c’est au moment de la Révolution Française, qui est plus
favorable aux héros qu’aux grands hommes.

Le héros est l’homme d’une action, du moment de gloire alors que les grands hommes se
construisent plus dans la durée et dans un contexte de stabilité.

6.2 Le héros après la Révolution


On va donc, au moment de la révolution, essayer de trouver des grands hommes. Qlq que l’on va
consacrer grand homme, c’est Marat, tué par Charlotte Corday.

Marat était de son vivant un journaliste incendiaire, c’était un ami du peuple avec beaucoup de
talents (polyglotte, connaisseur des sciences,..). Marat ne meurt pas sur le champ de bataille mais
il est tué par une femme. 

Après sa mort, on va organiser un véritable culte: son coeur va être déposé dans un vase à
l’Eglise des cordeliers. Cette église va devenir un lieu de pèlerinage.

Il va être enterré au Panthéon.

La Révolution produit des héros et beaucoup moins de grands hommes. Pr faire de grands
hommes il faut du temps et de la stabilité ,ce qui est impossible à cette époque de mutation.


Napoléon va aussi être considéré comme un grand homme. Il va être considéré comme un
sauveur par certains, propre à rétablir la stabilité. Napoléon va bouleverser toutes les données
concernant le grand homme : on rentre dans l’ère de la démesure avec lui. 

Cette figure de grand homme va se manifester sur le plan historique mais aussi sur le plan
littéraire. Napoléon était moins un guerrier qu’un stratège. Il va diriger la France à partir de 1779,
d’abord en tant que premier consul et puis en tant qu’empereur. C’est sous son pouvoir que la
France va connaitre sa plus grande extension. Il
a connu de grandes victoires et défaites, il a
d’ailleurs été exilé deux fois.

Ce qui est intéressant c’est le culte dont il a fait


objet en tant que grand homme. Napoléon a
toujours été obsédé par les héros du passé.
Pendant la traversée des Alpes, il se compare à
Hannibal. Pour l’expédition d’Egypte il se
compare à Alexandre le Grand. Il va sans cesse
s’identifier à eux.

Un des héros à qui Napoléon fait référence


c’est Charlemagne, ce dernier apparait comme
son modèle idéal : il était conquérant,
législateur,.. Napoléon ira jusqu’à dire « Je suis
Charlemagne ».

Napoléon va aussi être comparé à Jésus, surtout après sa mort. On va lui trouver un coté de
sauveur, de restauration de la vrai foi. On le voit partager le pain avec ses fidèles, trahis par un de
ceux-ci, il va être persécuté et mis à mort par les anglais. 

Quelque soit les hommes du passé à qui on le compare, il y a un image de guerrier infaillible mais
aussi de grand homme qui va faire l’objet de bcp d’attention.


Napoléon va inspirer beaucoup de peintres et d’écrivains. Il va connaitre une sorte de fortune
littéraire. Un des écrivains qui va contribuer à son image est Chateaubriand : il n’aime pas
Napoléon mais est subjugué par la puissance de cette figure. Dans les Mémoires d’Outre-tombe,
il va consacrer une partie entière à Napoléon. Bonaparte est devenu un homme presque
imaginaire, presque légendaire.

Alfred de Musset parle aussi de Napoléon dans Confession d’un enfant du siècle. Selon Musset,
avec la chute de Napoléon arrive le mal du siècle = c’est le malaise de la génération romantique.

Il n’est plus possible de s’investir dans la mythologie qu’incarnait Napoléon. Après sa mort, on ne
croit plus à la réussite, on vit dans une sorte d’échec naturel.

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Stendhal a beaucoup parlé de Napoléon, notamment dans la Chartreuse de Parme (voir


anthologie). Il en parle aussi dans le Rouge et le Noir.

Tolstoi décrit deux images de Napoléon, il y a celui qui victorieux d’Austerlitz, et puis on le
retrouve aussi comme un charognard, un meurtrier sur une défaite. (Guerre et paix)

Victor Hugo en parle également dans bon nombre de ces ouvrages, notamment dans Les
Misérables.

7. Le héros romantique

7.1 Le romantisme
Il est opposé au classicisme, qui commence dans la deuxième moitié du XVIIe et prône la pureté
de la langue.

Classicisme signifie aussi le retour aux Anciens, qu’il s’agisse de Racine, Boileau, La Fontaine.

Par rapport à ces grandes valeurs là, le romantisme va se distinguer. Il prône l’approfondissement
de la nature, il y a un renouvellement de l’imaginaire par l’histoire et l’exotisme, il y a aussi le
vague des passions, qu’on peut relier au mal du siècle. Il y a aussi le désir de bousculer les
conventions littéraires. C’est un mouvement de la révolte, notamment stylistique.

Le romantisme s’appuie sur plusieurs textes théoriques qui vont énoncer ses bases, dont : 


- Le Génie du Christianisme par Chateaubriand : il défend l’idée que les auteurs doivent puiser
leurs inspirations dans leur propre coeur, dans leurs propres sentiments religieux. Jusque là, la
littérature des auteurs chrétiens et français n’était ni chrétienne ni française, alors il demande
aux auteurs d’aller puiser dans leur identité religieuse et française. Il s’agit de créer une
littérature personnelle, un art nouveau : au lieu d’une littérature impersonnelle qui a régné
jusque là. 


- De l’Allemagne de Germaine de Staël : elle va globalement partager tout l’empire des lettres en
deux provinces, l’Antiquité et son imitation (le classicisme) et le romantisme qui est
christianisme, Moyen-Âge et inspiration du nord.


- Racine et Shakespeare de Stendhal : il préconise la liberté politique et littéraire. En 1824 il va


défendre le romantique Shakespeare contre le classique Racine. Shakespeare dans sa liberté,
était déjà un romantique avant la lettre. Alors que Racine c’est la quintessence de la tragédie
classique. Il va appeler le romantisme, romanticisme en mettant l’action sur innovation et la
coïncidence entre un contexte historique et un mouvement littéraire nouveau. 


- Préface de Cromwell d’Hugo : Texte majeur en ce qui concerne le romantisme, c’est même le
manifeste le plus important de ce courant. Ce manifeste va mettre en évidence la contre-culture
populaire, qui peut avoir un côté grotesque qui s’incarne dans des personnages comme
Polichinelle, Sganarelle,.. Ce côté va être opposé au sublime dans la préface. 

Cette opposition va fournir une esthétique intéressante selon Hugo. Il plaide aussi pour un
assouplissement des règles. 

Il plaide pour une poétique du naturel. Le classicisme, bordé de règles, donnait une littérature
artificielle. Pour revenir au naturel, il faut prendre des libertés par rapport aux règles. Il faut
utiliser aussi des mots plus communs. Hugo va aussi plaider pour l’abandon des 3 règles
d’unités.

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Les positions des romantiques (qu’on trouve notamment dans la préface de Cromwell) : 


- Le refus des 3 unités : selon eux, elle étouffe le génie.

- L’abandon de la règle des bienséances. Les romantiques veulent montrer sur scène tout ce qui
existe.

- Ils encouragent à mélanger les genres, les tons, et à privilégier la diversité. Jusque là, dans une
tragédie, tout était tragique. Selon les romantiques, ce n’est pas naturel. Il faut que différents
types d’émotions se retrouvent dans une oeuvre, comme c’est le cas dans la vie : il faut donc
mélanger les tons.

- Il y a un rejet du moralisme et du théâtre manichéen. Les romantiques jugent que le drame


bourgeois était moralisateur et donnait une idée simpliste du bien et du mal. Selon eux, ce n’est
pas si tranché. 


Il y a une nouvelle conception du héros, venant de l’allemand « Sturm und Drang » = tempête et
passion. C’est l’appellation d’un mouvement allemand, à la fois politique et littéraire. Ce
mouvement a pris ce nom d’une pièce de théâtre de Klinger.

Ce mouvement annonce le romantisme dans la deuxième moitié du romantisme en Allemagne. 



Ce mouvement s’oppose aux Lumières. 


C’est de là que vont naitre les héros romantiques : ils vont être des héros singuliers, des héros
originaux, voir même marginaux, qui souffrent du mal du siècle.

Musset estime que ce mal est du à la défaite de Napoléon. Une réussite n’est plus possible.

Le monde dans lequel ils se retrouvent ne sera pas assez spirituel ni assez grand pour eux; ils se
retrouvent dans une sorte d’isolation et ne correspondent pas au monde qui les entourent. 

Ca va être un héros de la révolte : il va se révolter du monde dans lequel il se trouve. Cette révolte
peut venir de n’importe quel ordre qui lui a été soumis : ordre politique, ordre social. Le héros se
révolte mais sans espoir qu’il soit entendu.

Cette idée de révolte explique aussi la trève des grands rebelles qu’est par exemple Satan.

Satan était en fait déchu, tombé du ciel. Il a été déchu car il s’est révolté contre Dieu. Il va être
très apprécié par les romantiques, que ce soit en littérature ou en peinture. 

Le juif errant est aussi une figure fortement représentée. Mais aussi Caïn.

Toutes ces figures sont celles de « bons mauvais », de mauvais qui sont appréciés pour leur côté
révolté. Ce sont aussi de grands vaincus, broyés par les forces oppressives de l’extérieur :
notamment celle de la divinité.

Par rapport à ces héros révoltés, il y a Caïn de Byron. Cet auteur se donnait lui-même des
postures de héros romantiques. Il vivait marginalement, refusant de se plier à certaines lois.

Sa maitresse disait de lui qu’il était méchant, fou et dangereux à connaitre.

Le héros romantique se présente un peu comme une anti-thèse du grand homme.

Il est également le contraire de l’honnête homme de la période classique. L’honnête homme


proposait un idéal de perfection, était respectueux de l’ordre établit, restait en accord avec la
société de son époque ; tout en restant critique. Il trouvait toujours un équilibre entre sa liberté de
jugement et les lois de la société.

On n’a plus à faire à un archétype, mais nous entrons dans le description d’un individu. Les héros
romantiques ont une histoire, une psychologie, sont déchirés par les choix qu’ils doivent faire.

Ce sont des êtres qui peuvent défallir, se tromper. Ils sont donc beaucoup plus complexes que les
autres héros jusque là.

On distingue deux grandes périodes jusque là : 




1. La période se basant sur la libération de l’art. La liberté est mise en avant, notamment la liberté
de la forme. Dans cette première vague, le héros est très (trop) sensible. Il affronte une société qui
nie toutes ses aspirations. Pour montrer son désaccord, sa révolte contre les contraintes, il va
sombrer dans la débauche. Il va exprimer son refus des conventions sociales et bourgeoises. Ce
seront des héros fréquentant l’alcool, la drogue, les femmes. Ils mènent des vies de bohèmes. 

Le héros est souvent une figure de créateur.

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2. La seconde incarnation du héros se base sur la libération du peuple. La situation politique est
injuste. Et c’est cette injustice qu’il faut redresser selon lui. On a donc à faire au redresseur de
tord, comme Hernani et Jean Valjean. Après avoir voulu libérer l’âme, on veut maintenant libérer le
peuple. C’est une figure de solitaire qui se retrouve dans un monde trop étroit, trop étriqué, trop
petit et mesquin pour ses inspirations et pour ses idéaux.

Le héros romantique souffre de devoir vivre au milieu des bourgeois médiocre, qui ne
comprennent pas sa sensibilité.

7.2 Les grands héros romantiques


Parmi eux, l’un des premiers est René de Chateaubriand (1802). Il donne son nom à une
nouvelle, qui relate un épisode des Natchez.

René se trouve dans la tribu des Natchez, le chef lui demande de raconter son histoire.

Il le fait : il commence par raconter sa vie, la mort de son père, sa quête d’une identité, son mal-
être. Pour échapper à ce mal du siècle, il se refuge près de sa soeur qui semble mourir d’une
maladie mystérieuse et elle finit par s’enfermer dans un couvent. 

Il va se rendre compte que sa soeur s’est faite enfermée dans ce couvent parce qu’elle aimait son
frère. Suite à quoi, René va s’éprendre de sa soeur, pour fuir lui aussi ses sentiments il va se
réfugier en Amérique près de cette tribu.

On se retrouve dans l’histoire d’un mal-être et l’histoire aussi d’un amour inacceptable par la
société. C’est un signe de romantisme. C’est d’ailleurs un des textes fondateurs du courant : il va
établir, renforcer le mythe du héros romantique.

C’est un désir amoureux et d’infini, il est confronté à l’impossibilité d’un bonheur terrestre. Les
idéaux du héros romantique sont trop grands par rapport à ce que peut lui offrir le monde.

Ceci est aussi une fragilité psychique chez ces héros : ce qui est nouveau jusque maintenant.

Autre héros, fondateur du romantisme est Hernani de Victor Hugo (1829). C’est une pièce qui
raconte le rébellion d’un noble espagnol contre son roi. Hugo a pris des nouveautés linguistique
et stylistique pour écrire la pièce : utilisation de mots communs ; langage familier dans la bouche
des nobles. La première représentation de cette pièce a été un véritable scandale : La Bataille
d’Hernani (1830). Elle oppose les jeunes romantiques et les classiques. Hugo avait fait venir ses
amis romantiques et ceux qui s’opposaient à lui était venu en nombre pour huer la pièce.

D’ailleurs cette bataille a fait l’objet de divers récits.

Hernani est une oeuvre en 5 actes et en vers.

La première scène se passe en 1519 à Saragosse dans la salle à coucher de Doña Sol. 

Le roi d’Espagne est caché dans son armoire, juste au moment où Hernani rentre dans sa
chambre; tout ça alors qu’elle est promise à un vieux oncle. 

On retrouve tous les caractères principaux dès cette scène. On voit aussi l’opposition entre
Hernani et le roi. Hernani s’y oppose pour des raisons politique et amoureuse.

Hernani est un héros romantique car :

- Il est noble et proscrit. Il est isolé, à l’écart de la société; c’est un déclassé.

- Son destin est hors du commun et sa personnalité est complexe.

- Il est condamné à une activité constante : il est caché.

Lorenzaccio d’Alfred de Musset (1833) est un drame en 5 actes, écrits en prose. 



L’action se passe à Florence, en 1537. On est dans un passé historique, comme dans Hernani.

Ca se passe à la cour d’Alexandre de Médicis, qui détient le pouvoir, qui est jeune et mène une
vie de débauche dans laquelle l’accompagne son cousin Lorenzo de Médicis. Tous les deux sont
détestés par le peuple.

La mère de Lorenzo exprime sa déception face à ce fils, premièrement idéaliste et qui maintenant
se perd dans l’alcool, les femmes, la drogue. 

En réalité, ce qu’on apprend dans un deuxième temps, c’est que Lorenzo a voulu être un
confident de son cousin pour pouvoir le renverser.

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Mais évidemment, à force d’être dans la débauche, Lorenzo en est devenu dépendant. Il n’arrive
plus à s’en passer. Il finit par tuer son cousin, ce qui était son idée première quand il est rentré
dans son intimité. Ensuite, sa tête est mise à prix : il devient un hors la loi.

On voit tout de suite que Lorenzo est un personnage complexe : il est tente de son identité dont
le fond est pur mais qui s’est englué dans un but républicain dans la débauche.

Lorenzo est aussi un être multiple : c’est un être ambigu, qui donne de lui-même une image
brouillée. Il s’est perdu dans le rôle qu’il a joué. Ca lui a couté une partie de son identité. Cette
multiplicité se reflète aussi dans les différents noms dans lesquels on l’appelle. Son nom est au
départ Lorenzo de Médicis, qui est un héritier d’une maison noble. On l’appelle aussi Lorenzino :
c’est son nom d’enfant, dit par sa mère. Lenzino : c’est son nom de débauche. Lorenzeta : il a un
côté efféminé, notamment une fois on le provoque en duel mais il s’évanouit devant l’épée.

Lorenzaccio est le nom que le peuple lui donne car il était détesté. 

Lorenzo perd son âme à jouer avec les apparences.

Lorenzo était au départ pure, par pureté a choisit le mal. Il est comme à l’image de Satan, au
départ angélique.

Il a voulu sauver le peuple qui s’est pourtant retourné contre lui. C’est un être profondément
incompris, qui, jusqu’à la fin ne trouve pas sa place.

Le romantisme est une période charnière dans la transformation du héros : mettra transformation
est très nette. Il faut souligner que le romantisme va se réapproprier des personnages déjà
existants en les modifiant. Mais, quoiqu’il en soit, une chose ne change pas dans le héros
romantique : dans tous les cas, c’est un personnage solitaire qui a conscience de sa solitude et
de sa différence. C’est un héros qui se construit en dehors de la société et en marge des masses.

L’indifférence qu’il peut ressentir va très vite virer à la franche hostilité.

Quand on parle de personnages préexistants qui ont été réinterprété, ils s’agit de personnages
négatifs au départ mais qui vont prendre une signification positive. Dès lors, tous les personnages
déjà existants et qui apparaissaient marginaux vont prendre une connotation positive. C’est le cas
notamment de Don Quichotte. Il va être récupéré par les romantiques qui vont souligner son
idéalisme face à une société qui ne le comprend pas. Pour les romantiques, ce n’est pas DQ qui
prête à rire, c’est la société qui est trop pourrie pour comprendre un être d’exception. 

La période romantique va le considérer comme un être d’exception, va lui trouver une beauté
morale et va le représenter dans la littérature et dans les beaux arts. Il va beaucoup inspirer les
romantiques.

Don Juan est un véritable mythe littéraire, qui a traversé le temps et la littérature. C’est un
personnage qui a une longue histoire avant le romantisme. Il préexistait déjà depuis un long
moment.

A-t-il vraiment existé ? Rien n’est moins sur. On sait qu’au 14e, il y avait un Don Juan Ténorio. La
légende veut qu’il a été le meurtrier d’un commandant : il l’a tué après avoir épouser sa fille.

Les chroniques de Séville n’en mentionne rien. C’est pourtant un document historique. Rien n’est
mentionné non plus dans la famille Ténorio. Cela jette un doute très sérieux.

On remarque qu’autour de la figure de Don Juan, il existe beaucoup de versions et de textes


différentes avec une trame semblable.

Le premier texte est une pièce de théâtre de Tirso de Molina qui s’appelle Le séducteur de Séville
et le convive de pierre : cette matière va être reprise par beaucoup d’auteurs qui vont réinterprété
cette figure. On y retrouve le rejet des codes morceaux, le défi à l’autorité et à dieu, le châtiment.

Ce premier Don Juan est un hédoniste, ce qui le guide, c’est la quête du plaisir, de la sensualité et
le désir érotique est le moteur selon cette version. Dans cette version il n’est pas athée mais il est
indifférent à la religion catholique.

Il y aura d’autres versions du textes, le Don Juan très important est celui de Molière. Il va recréer
ce personnage. Il écrit sa pièce en 1665 et chez Molière, Don Juan est un libertin athée et c’est un
grand seigneur hypocrite.

Pour mieux séduire, manipuler, il va mentir et mettre en place une rhétorique de la séduction.
C’est un Don Juan plus pervers, plus noir que celui de Tirso de Molina.

On est ici dans une figure de beau parleur mal attentionné.

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Par rapport à ces deux versions de Don Juan, comment les romantiques vont réinterprété la
figure? Cette fois-ci il reste noir, mais d’une noirceur plus lumineuse.

Le Don Juan des romantiques est non seulement un séducteur, mais il est aussi séduit, même si
ce n’est pas très longtemps. Il attire l’amour sans manipulation, il n’est pas dans le calcul et ce
qui est nouveau dans cette vision, c’est qu’il porte en lui l’idéal d’un absolu féminin.

En fait, son idéal est si fort qu’aucune réalité ne peut lui correspondre. Il quitte donc toujours vite
les femmes qu’il a séduite : il ne le fait pas pcq il est mal intentionné mais pcq l’idéal de la femme
aimée n’est jamais trouvée.

Ce que Don Juan porte, c’est un idéal, un idéal qui lui fait commettre des erreurs. Du coup, il y a
chez lui une noblesse qu’on ne trouvait ni chez Tirso de Molina, ni chez Molière. Ce n’est donc
pas un personnage totalement noir, la rédemption est possible.

Beaucoup de romantiques se sont intéressés à ce personnage :

- Don Juan, aventure fabuleuse arrivée à un enthousiaste d’ Hoffmann (1814).

- Le convive de pierre de Puchkine (1830)

- Namouna de Musset (1832)

- Les Âmes purgatoire de Mérimée (1834)

- Don Juan de Marana ou la chute d’un ange de Dumas (1836)

7.3 Fabrice del Dongo


C’est le héros de la Chartreuse de Parme de Stendhal. C’est d’ailleurs son dernier roman.

Au départ, on a Fabrice Del Dongo qui grandit pendant la période glorieuse des guerres
napoléoniennes. Napoléon est son héros, son modèle : il grandit dans l’idée de pouvoir un jour
retrouver Napoléon sur le champ de bataille. Ce qu’il fera une fois, en 1815. Fabrice del Dongo
arrive à Waterloo l’après-midi de la bataille. Il va être confronté à la réalité des choses : il rentre
chez lui la tête basse et chassé par son père légal et il se réfugie près de sa tante Gina.

Il se rend compte que la gloire militaire est impossible à cause du contexte historique : il va tenter
de suivre une carrière ecclésiastique. Lors d’un duel il va tuer qlq et va finir emprisonner.

Dans cette tour, il tombe amoureux de la fille du gardien, Clélia.

Elle va mourir suite à la mort de leur enfant et Fabrice va se réfugier dans la Chartreuse de Parme
(un couvent pour homme).

Le contexte de ce roman est évidement l’époque dont il est question : c’est une époque très
mouvementée et historiquement agitée. C’est l’époque du consulat, de l’empire, les restaurations,
Waterloo. Il faut savoir que Stendhal a été lui-même, très intéressé par la gloire militaire, un peu
comme son héros. Dans son autobiographie il va raconter son baptême du feu.

La bataille dans laquelle Stendhal prend part, ce n’est pas Waterloo : il voulait mais il n’a pas pu
car il s’est fait enfermé par sa maitresse qui ne voulait pas qu’il parte à la guerre.

Il a quand même une notion du champ de bataille car il a intégré l’armée de Bonaparte. Dans son
récit de la Chartreuse de Parme, il transpose des impressions, des souvenirs, qu’il a amassé
durant ses années militaires.


Stendhal va écrire deux essais sur Napoléon :

- Vie de Napoléon (1818) : il tente de raconter les choses avec détachement. Il fait le récit des
principaux événements de la vie de Napoléon, jusqu’à son retour de l’île Delves.

- Mémoires sur Napoléon (1836) : au coeur de cet essai c’est l’idée de la croissance du mythe
napoléonien. Il était attiré par l’image mythique et épique de Bonaparte.

La Chartreuse de Parme nous intéresse car nous avons un héros romantique (Fabrice) mais aussi
un héros historique (Napoléon). Toute l’époque est très bien décrite.

C’est un roman de liquidation des idéaux rattachés à cette grande figure historique.

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Fabrice del Dongo est donc un héros romantique. 



Le modèle héroïque traditionnel tel que nous le connaissons est présent dans ce livre : on
retrouve la naissance glorieuse, le départ à l’aventure, le combat, le fait d’être poursuivi par des
ennemis, vivre cacher,.. Ce sont des séquences très connues du héros. 

Fabrice va voir des présages aussi : par exemple, il va voir un aigle, l’oiseau de Napoléon.

A côté de ces séquences héroïques traditionnelles on retrouve des séquences mythiques et


héroïques qui parsèment le texte. 


Ce qui fait l’intérêt de ce texte, c’est le traitement de l’héroïsme guerrier (l’héroïsme de base qu’on
retrouve dans les épopées).

Fabrice est au début du livre un très jeune homme, va se retrouver en plein milieu de la bataille de
Waterloo. Fabrice, qui a la tête farcie de rêves d’héroïsme, se retrouve dans cette bataille ratée, et
va d’ailleurs va succéder des ratés : il ne parvient pas à voir Napoléon, il ne parvient pas non plus
à voir le général Ney, il croise son vrai père mais sans le reconnaitre, il se fait voler son cheval par
son vrai père. Il va aussi tuer son ennemi mais après il ne sait pas recharger son fusil.

Il est confronté à la réalité tragique d’un champ de bataille. Il se retrouve face à l’horreur et
l’échec. C’est une confrontation entre le rêve et la réalité.

La technique narrative est aussi singulière. Quand Stendhal raconte la bataille de Waterloo, il l’a
décrit comme un guerrier anonyme : le point de vue sera fragmentaire. On ne verra que des
détails et non l’ensemble. On ne verra donc que par les yeux de Fabrice. Il va se retrouver au sens
d’une bataille, où on ne sait pas très bien qui sont les ennemis et les alliés,..

Le combat lui-même est moins en combat en bonne et due forme qu’un combat en petites
épreuves : il se retrouve confronté au froid, à la mise, au chaos. Il va d’étonnement en
étonnement: son enthousiasme initial est en décalage complet avec la réalité de la guerre.

On a donc un récit de bataille, mais sans les conventions de l’histoire officielle de l’épopée.

Ici la bataille décrite est débarrassée, libre de toutes les conventions qui entourent les
descriptions de batailles épiques de d’habitude : cette guerre est à l’opposée du combat épique.

C’est une contre-épopée dans laquelle on retrouve un héros dégradé. Le jeune Fabrice n’est pas
un héros avec un grand H : il se retrouve humilié par la situation et par sa propre attitude.

Il se retrouve parmi les tout petits, avec des gens humiliés comme lui,.. C’est la bataille des
humbles qui sont en train de perdre. 


Le narrateur fait toute sorte de commentaires qui ont tendance à le dégrader encore plus : par
exemple, « Notre héros était fort peu héros en ce moment ». 

L’utilisation du terme « héros » dans ce texte est très ironique.

Même si Fabrice se retrouve étonné par rapport à la réalité, on ne peut lui enlever une certaine
bravoure, il est courageux et naïf. Il ne pèche pas par la lâcheté. Il veut se battre et va le faire,
avant de s’en rendre compte qu’il se bat contre les siens : ce qui rappelle un peu Don Quichotte
qui se bat contre les moulins à vent.

Une légende s’est ensuite créée autour de lui, à la fin du livre : ça n’a rien à voir avec sa réalité.


Fabrice del Dongo se retrouve obligé à passer à d’autres formes d’héroïsme après l’héroïsme
guerrier. Après Napoléon, la gloire guerrière en prend un coup. Il faut passer à autre chose :
Fabrice del Dongo passe à la cours de Parme. L’ héroïsme prend d’autres formes, notamment par
l’esprit. Ca requiert des qualités morales et intellectuelles variées : le talent, le mérite,
l’intelligence,.. selon Machiavel. C’est un qualité héroïque qui n’est plus guerrière.


Fabrice, à cause des circonstances (il est arrivé trop tard pr devenir un héros guerrier), va changer
son fusil d’épaule mais va conserver son courage, en l’utilisant différemment. Il va être
emprisonné, il va se rendre compte qu’il fait face, de manière inconsciente, courageusement à
cette situation. Car il n’est pas triste, ni énervé en prison. Il tient tête à l’adversité.

La Chartreuse de Parme n’est donc pas du tout un livre épique, mais c’est en revanche un roman
de formation car il y a un parcours initiatique (celui de Fabrice), qui est expliqué du début à la fin.

Il commence comme un jeune homme avec des rêves et qui est dépourvu d’expériences, et puis
il se forme et il devient un homme.

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Par ailleurs, il est en quête de son identité : une identité complexe et qui va changer au fur et à
mesure de son parcours.

Il se retrouve confronté à bon nombre de figures maternelles et paternelles qui vont l’initier au
monde et à la vie.

Fabrice del Dongo est décidément un héros romantique.

Ce qui le préoccupe sont moins le champ de bataille que des préoccupations ontologiques.

Il a une psychologie complexe. Il aurait aimé être un héros au sens premier, mais finalement il sera
un héros ontologique. 

Comme tout héros romantique, c’est un héros seul, il est isolé dans une société qu’il juge
médiocre. D’ailleurs cette solitude apparait très bien dans le moment du champ de bataille : il se
retrouve face à la misère sociale, il est donc isolé dans ses rêves.

C’est durant cette bataille de Waterloo qu’il se rend compte qu’il est trop tard pour devenir un
héros épique.

La solitude de Fabrice est aussi une solitude, qui à la fin, sera définitive. Il va finir à la Chartreuse
de Parme ; il s’enferme seul. 

C’est aussi un héros passionné, habité par une sensibilité à fleur de peau, rebelle.

C’est un anti-guerrier contrarié, qui devient vicaire et qui garde au fond de lui des envies
guerrières.

7.4 Le surhomme du roman populaire


Même s’il fait l’objet d’un point à part, il est une variation du héros romantique.

Il y a deux grands types du héros romantique :

- Héros aliéné, malheureux, porté à la contemplation et qui va chercher à mettre en oeuvre une
libération par l’art.

- Héros toujours solitaire et aliéné, mais dédié à l’action. Fabrice del Dongo fait partie de ce
deuxième type. Cette action ne peut se réaliser pour lui.

Le surhomme du roman populaire est en fait un troisième type de héros romantique, il est une
intensification du deuxième type : c’est un héros qui est toujours actif, mais alors que le deuxième
type avait une action vouée à l’échec, celui-ci force la société à s’adapter à eux.

Ce sont des héros qui vont tenter d’opérer une transformation radicale dans la société et les
rapports sociaux.

Quand utilise le terme « surhomme », on pense à Nietzsche, est-il en lien avec celui du roman
populaire?

Pour Nietzsche, il n’a jamais eu que des brouillons de surhomme, pour lui, il se situe dans l’avenir.

Les héros et grands hommes qui ont existé jusque là, ce ne sont que des étapes vers le
surhomme de l’avenir.

Pour Nietzsche, le plus grand obstacle à l’héroïsme est le christianisme : voir recueil citation.

Pour lui, le christianisme vise à une égalité : à cause de cela, les hommes sont tous semblables,
ce sont des moutons. Ca empêche le surhomme. Les hommes supérieures doivent rejeter toute
morale commune selon Nietzsche. Cette morale est principalement chrétienne en occident.

L’important pour lui, c’est que l’espèce humaine parvienne à produire qlq espèces supérieures
plutôt que la satisfaction d’être tous égaux. Les antisémites ont repris le principe de Nietzsche,
mais il a condamné ce genre de récupération comme étant étrangère à sa pensée.

7.4.1 Naissance dans le roman feuilleton

Antonio Gramsci

Cette idée de surhomme chez Nietzsche, ne vient pas de chez Zarathoustra, mais plutôt dans le
roman populaire.

Cette notion de surhomme est né dans le roman feuilleton, Antonio Gramsci (philosophe et
fondateur du parti communiste italien) a défendu cette idée.

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L’invention du surhomme nait au 19e siècle, dans une société démocratique selon Gramsci.

Nouveautés de ce surhomme

Il y a eu de tout temps, des héros porteurs d’espoir, chargé d’une rénovation radicale.

Par rapport à ces figures, les nouveautés de ce surhommes sont :

- Il est ancré dans un contexte historique, dans une réalité sociale : il échappe donc à l’universel.
Il n’est pas un héros mythique. Comme il est ancré, il va aussi être porteur d’une idéologie
particulière. 


- On a vu que presque toujours, les héros épiques provenaient d’une sorte d’élite : ici, le
surhomme est sorti de la masse humaine. Ce qui implique l’idée que tout homme est capable
de suivre un parcours similaire. Il y a donc une foi en l’humanité commune, qui était marginale
ou inexistante jusque là. Cela traduit une confiance en l’homme et en ses capacités.


- Ce surhomme a une conscience de son individualité et de sa solitude. Au début de son


parcours, il y a un malheur, une douleur intime qui l’isole de l’humanité dont il provient.

7.4.2 Le roman feuilleton et la littérature populaire

Un roman feuilleton est un roman qui paraît dans la presse et par morceau.

A partir de 1830, il y en a de plus en plus, parallèlement à l’évolution de la presse.

A cette époque là, il va aussi avoir une explosion des récits fictionnels publiés dans la presse.

Ils vont de paire avec une alphabétisation des masses.

le genre va se démocratiser définitivement entre 1860 et 1880.

C’est à partir du roman feuilleton que va naitre le roman populaire.

Que ça soit du roman feuilleton ou populaire, c’est une fiction de masse et souvent condamnée
par les élites intellectuelles de la société de l’époque.

Les Mystères de Paris

Qui dit roman populaire dit romancier populaire, cette notion apparait pour Eugène Sue en 1843.

Il est le premier romancier populaire, il sera suivit par d’autres comme Alexandre Dumas, ou Paul
Féval. Eugène Sue a écrit un roman populaire qui met en scène le premier surhomme, Rodolphe
de Gerolstein dans les Mystères de Paris. 


Umberto Eco va dire à propos de ce surhomme :

voir recueil

Les Mystères de Paris ont joué un rôle important dans l’histoire littéraire. C’est un roman qui arrive
par fragments dans le Journal des débats (1842-43). Après cette publication, il y aura aussi une
publication en volume, chez l’éditeur Gosselin.

Rodolphe est une sorte de sauveur du peuple qui se mêle à la classe ouvrière.

Il est déguisé en ouvrier, il se promène dans les bats fonds de Paris, dans les lieux
infréquentables. Il tombe sur une femme qui se fait frapper par un homme : il va l’aider et il va se
rendre compte que c’est une prostituée. L’homme qui la frappait va inviter tout le monde au
restaurant. La jeune femme, Fleur de Marie raconte son histoire et l’homme aussi : on découvre
deux personnes qui sont tombées dans la misère. Rodolphe, déguisé en ouvrier (il est pourtant un
aristocrate), va les aider. Rodolphe, dans sa jeunesse, est tombé amoureux d’une aventurière qui
l’a opposé à son père. Il a frappé son père et a aussi perdu la fille qu’il a eu avec elle. Il expie
cette faute en aidant ses personnes mais aussi en punissant ceux qui le mérite. Il est inconsolable
de la perte de son enfant.

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Sur sa route pour sauver Fleur de Marie, il va punir certaine et aider d’autres. Il va se substituer à
Dieu et devenir redresseur de tord (il va prendre la loi en main). Il sera bienveillant par rapport aux
démunis, mais il est sans pitié face aux méchants.

En fin de compte, il s’aperçoit que Fleur de Marie n’est autre que sa propre fille. Ancienne
prostituée, elle devient aristocrate. Elle va être tellement affectée de la misère dans laquelle elle
est tombée, qu’elle va abandonner sa vie de riche et va entrer dans les ordres et va finalement
mourir très jeune.

C’est une fin extrêmement moralisatrice. Il y a qlqch d’extrêmement moralisateur dans l’histoire, il
y a aussi beaucoup de drames et de retournements.

Moralisateur ou pas, c’est surtout un roman qui fait scandal à l’époque, notamment car c’est un
roman sur le crime, sur le monde du crime et sur les apaches de Paris (criminels de Paris). Il va
aussi mêler de l’argot. Et ce qui va le plus déranger, c’est le mélange des classes.

Tout ça va se mêler à l’aristocratie. Les romans racontent très peu les gens du peuple, ce roman
est tout nouveau car en plus c’est la lie du peuple, tout ce qui scandalisait les bourgeois de
l’époque.


C’est aussi un roman populiste pour lequel Eugène Sue s’est beaucoup renseigné. Il se renseigne
sur la condition de la femme en prison, dans les hôpitaux notamment.


C’est ce qui va être très critiqué, c’est aussi ce qui va intrigué. Les lecteurs font face à un
nouveau Paris. Tout le monde dévore le livre, y compris les grands auteurs de l’époque : Dumas,
Balzac Sand, Hugo. 

Balzac va s’inspirer des Mystères de Paris pour Misère et courtisane. Toute la société de l’époque
était suspendue à ce roman-feuilleton.

Théophile Gautier va dire que « Des malades ont attendu la fin des Mystères de Paris pour
mourir. »

Eugène Sue va recevoir des milliers de lettre de lecteurs, dont des lettres de pauvres qui vont lui
demander de transmettre leur lettre à Rodolphe de Gerolstein : beaucoup vont confondre réalité
et fiction. Les lecteurs vont contribuer à l’écriture de l’ouvrage.

L’orientation politique d’Eugène Sue va changer du tout au tout pendant l’écriture de son roman.
Au début il écrit comme un bourgeois voyeuriste, au fur et à mesure il va virer socialiste.

Rodolphe de Gerolstein

C’est un prince et un souverain, malgré le fait qu’il se déguise en ouvrier. Ca va être un bon
souverain, il va être menu d’atouts. C’est un homme puissant qui peut dépenser sans compter, il
est intelligent et fort. Il y a l’idée d’un homme qui a tout d’un héros traditionnel. 

C’est un héros qui expie un faute : il est rongé par le remord et il essaye de racheter cette faute
initiale. Il est à la fois justicier et juge. C’est un bienfaiteur qui peut distribuer beaucoup d’argent.
C’est aussi un réformateur, il se met à la place de Dieu et prend en main la justice lui-même en
négligeant les choses légales. 

La société apparait injuste et Rodolphe va y remédier, et cette figure de Rodolphe est le modèle
d’un autre héros populaire : Le comte de Monte-Cristo.

Le Comte de Monte-Cristo

Il parait dans la presse un peu plus tard que Les Mystères de Paris (1844) et ensuite la publication
en volumes parait chez Pétion & Baudry. En écrivant cela, Dumas devient le maitre du roman-
feuilleton avec Sue.

Edmond Dantès est au seuil du bonheur, il va devenir capitaine et est sur le point d’épouser une
catalane, Mercédès. Son bonheur fait des jaloux : il a trois « amis » qui complotent contre lui et ils
vont le dénoncer faussement comme agent bonapartiste. Edmond va se retrouver dans un cachot
d’If pendant 14 ans. C’est évidement difficile et petit à petit il tombe dans le désespoir.

Il est sur le point de suicider quand l’abbé Faria arrive dans sa cellule.

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Il va éduquer Edmond Dantès. L’abbé est le détenteur d’un trésor, les deux hommes décident de
s’évader ensb. L’abbé, à ce moment meurt et Edmond pour se sortir de là, décide de prendre la
place du cadavre dans le linceul. Il prend donc la place de l’abbé et se fait jeter dans la mer.

Edmond réussi à s’enfuir, son éducation est maintenant faite, il dispose du trésor de l’abbé Faria
car il lui a dit où il se trouvait. Edmond, lors de cette renaissance, a maintenant un nouveau nom :
le Comte de Monte-Cristo. Il va aller voir ses anciens proches : son père est mort de faim, sa
fiancé a épousé un de ses faux-amis. A partir delà, le comte va vouloir se venger. Il va accéder à
la haute société parisienne où ses faux-amis ont accédé et personne ne le reconnaît pas.

Il veut découvrir les sales secrets de ses anciens amis pour se venger et venger son père. 


C’est une fiction qui garde un côté très romantique dans la description très noire de la société,
mais aussi dans sa dimension historique. La révolte, la contestation de la société est aussi un
côté romantique. Les différents aspects de la société seront représentés par ses faux amis.


L’engagement politique est présent. Tous les bons de l’histoire sont du coté de Bonaparte, alors
que les mauvais sont du coté du despotisme et défende le roi.

Le Comte de Monte-Cristo

Il va prendre la place d’un dieu qui n’est pas assez présent à son gout et va rétablir l’ordre comme
il lui convient.

Il chercher avant tout à se venger du mal dont il a été la victime. Il s’agit de qlq qui prend la figure
de dieu mais aussi un héros christique.

Monte-Cristo = le mont du Christ.

Il prend la place d’un mort et renait de l’eau : c’est une résurrection presque littérale. 


Il a des connaissances très vastes, un savoir grand et général : il connait beaucoup de langue, le
monde et la psychologie des hommes. Il a une force physique et morale au dessus de la
moyenne. Il a beaucoup d’argent. En somme, c’est qlq qui domine une société qui apparait
pervertie. Toutes les qualités qu’ils disposent sont des qualités hyperboliques et extrêmes.

D’ailleurs sa figure est plus mystique que réaliste.

7.4.3 Le héros et le problème de la morale

Le héros n’est pas forcément moral, ni bon, dès l’Antiquité. Achille veut défigurer le corps mort de
son ennemi.

C’est une question qui abordée notamment par Dostoïevski dans Crime et châtiment en 1865.
Selon Raskolnikov, il y a les hommes ordinaires qui doivent perpétuer l’espèce et les grands
hommes qui font progresser l’humanité. C’est aussi ce que défendait Nietzsche.

Dostoïevski fait parler son personnage de manière suivante : voir recueil.

8. L’anti-héros

8.1 Origines de l’anti-héros


Un anti-héros = héros négatif qui peut se présenter de différentes manières :

- sans intérêt

- antipathique

- sans épaisseur

Il n’a pas les qualités requises dans la société qui est celle du lecteur.

Quand on parle d’un mode anti-héroique, c’est qu’on garde en tête un modèle héroïque.

La ligne de démarcation entre héros et anti-héros est parfois extrêmement floue et très difficile à
établir. A partir de quel moment le héros devient un anti-héros?
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Le terme apparait la première fois sous Dostoïevski, dans la nouvelle Carnets d’un souterrain
(1864). C’est donc un néologisme. Ca ne doit pas nous faire oublier qu’il y avait des ancêtres bien
avant la lettre.

Notamment dans des oeuvres parodiques comme Don Quichotte. C’était un héros négatif qui
n’avait pas les dimensions sociales requises. 


Il faut envisager cette notion d’anti-héros à la lumière des dénonciation de l’héroïsme.

« Boucherie héroïque » dans Candide de Voltaire

Primo Levi dans A la recherche des racines : voir recueil

Emma Bovary rêve de toutes sortes de choses qui n’ont rien à voir avec la réalité.

=> Ce sont des personnages qui sont loin d’être glorieux.




Au XXe siècle, ça continue. On a même plus d’anti-héros que d’héros. Cela est dû à l’histoire
chaotique de ce siècle : deux guerres mondiales, la montée des extrémistes.

Malgré tout, au XXe siècle, quand on regarde bien l’idéal de l’héroïsme continue de faire fortune
d’un certain nombre de fiction. C’est le cas dans tout ce qui est « littérature populaire » et
notamment les romans de genres. Le héros à part entière continue à fleurir, à être plus populaire
que l’anti héros. 

Toujours au XXe siècle, outre le fait qu’on continue à trouver une exaltation de la nature, qu’on
continue à trouver les héros dans les romans de genre, on voit une résurgence du héros politique.
Hitler et Mussolini vont construire un mythe du sauveur autour de leur propre personne.

En France, d’ailleurs c’est très présent avec Jeanne d’Arc, Bonaparte, Charles de Gaule, Louis
XIV.

Mémoires écrites dans un souterrain de Dostoïevski

C’est une grosse nouvelle qui consiste en deux parties :

- Théorique : personne qui parle, qui proclame sa liberté absolue.

- Il raconte certains épisode de sa vie.

Dans cette deuxième partie, il raconte sa rencontre avec Lise, dans un banquet.

Le narrateur rencontre Lise, qu’il invite chez lui. II va se comporter avec elle comme un mufle.

Lise va comprendre que son comportement est le résultat d’une blessure intérieure et elle va lui
pardonner ça et se donner à lui. Le héros est perturbé par l’arrivé d’un sentiment vrai, dans une
vie qui a été jusque là protégée. Au lieu de réagir bien, il continue de se comporter de manière
discourtoise. Il va remercier Lise en lui donnant un billet : elle va partir en pleurant. Il va partir à sa
recherche, sans la retrouver.

C’est un anti-héros, et l’anti-héroisme n’est pas représentée de façon positive du tout. 




D’entrée de jeu, on est confronté à une figure dégradée et antipathique. 

On retrouve dans l’incipit « Je sui un homme malade, je suis une homme méchant. Un homme
repoussoir, voilà ce qui je suis. »

A la fin du roman, on retrouve : voir recueil.

> C’est dans ce contexte qu’apparait cette notion d’anti héros.

La Nausée (1938) Jean-Paul Sartre

C’est son oeuvre la plus célèbre. C’est un récit racontant le surgissement de plus en plus intense
de la nausée chez Roquentin. Il fait des recherches historiques sur le marquis de Rollebon.

Au fur et à mesure, il se rend compte qu’il n’arrive plus à avancer sur ce travail, et il va alors écrire
un journal.

Dans La Nausée, Roquentin est contre les salauds de mauvaise foi qui justifie leur existence par
leur rôle social. Le roman est présenté comme une expérience métaphysique : la nausée que
Roquentin a de plus en plus par rapport à la société qu’il l’entoure et le marquis de Rollebon.

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L’Etranger de Camus (1942)

Ca nous présente un anti-héros, il s’agit de Meursault. Il apparait comme aliéné de lui-même. Il


semble extérieur au monde et à lui-même. Meursault représente la prise de conscience de
l’absurdité.

Il va commettre un crime « gratuit », qui n’est pas perpétré de manière consciente, mais qui est
déclenché de manière inconsciente par les circonstances.

Rien ne semble sensé dans ce texte.

Heart of Darkness de Conrad (1902)

Le marin Marlow va remonter un courant africain pour retrouver un certain Kurtz dont on a perdu
la trace. Ce Kurtz avait été dans l’idée de convertir les sauvages, Marlow le retrouve jouant une
divinité parmi les sauvages. Il fait des sacrifices humains.

Kurtz aurait pu être un surhomme

Au lieu de ça il a viré en monstre qui est creux de l’intérieur. Kurtz a sombré dans une sorte de
folie. Marlow lui propose de revenir avec lui, mais Kurtz va mourir avant. Ces derniers mots sont
« l’horreur, l’horreur ». Marlow ne va pas oser dire ça à la femme de Kurtz et va lui dire qu’il est
mort en disant son nom.

L’Homme sans qualités de Musil (1930 - 1933)

C’est le contexte de l’Autriche à la veille de la première guerre mondiale qu’on retrouve dans ce
texte.

Les anti-héros se multiplient et ils deviennent quasi la norme au XXe siècle, à l’exception de la
littérature de genre et dans les films.

Parmi les facteurs ayant joué un rôle très important, il y a la Première Guerre mondiale.

Elle a été déterminante dans la transformation de la conception de l’héroïsme. La guerre 14-18 a


porté un coup presque fatal à l’héroïsme.

C’est la première fois qu’on est face à des armes de destructions massives, et des tueries de
masses.

Il y a un basculement du héros à la victime. Les représentations du héros se modifient aussi.

Jusque là, quand on représentait un combattant c’était de façon glorieuse.

Il y a un réel changement qui se fait à cause de la guerre 14-18, mais aussi dû à l’apparition de la
photographie. Les photos prisent à la guerre était prise avant ou après la bataille.

=> Cela a contribué aussi à changer l’image du combattant. Les combats sont déshérotisé, tel
que les combattants.

Culture pacifique anti-héroïque, notamment l’oeuvre : La Guerre de Troie n’aura pas lieu, de
Giraudoux.

Bardamu

8.2.1 Voyage au bout de la nuit (1932) de Céline

C’est un livre qui fait scandale, notamment par ses propos. Ca reste un livre qui est
d’une grande violence, toujours maintenant. 

Le scandale était du au contenu mais surtout au style oral et populaire dans lequel le
roman est écrit. C’est une langue mise au service d’une dénonciation social, d’une
révolte contre la société/

Plusieurs événements politiques historiques sont au centre de la critique de ce livre :


La guerre de 14, le Nouveau Monde (USA), critique de la colonisation, misère dans les
banlieue, intérieur d’un établissement psychiatrique.

Le livre donne un rire jaune.

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Il y a un aussi une condition humaine de l’homme : les personnages sont sombres (Bardamu et
Robinson).

Le livre raconte les expériences de Bardamu dans la première partie : il y a une successions
d’épisodes à différents endroits : épisodes de guerre sur le front des Ardennes, épisodes à Paris,
en Afrique. A chaque fois on raconte ce qu’il se passe. 

Dans la deuxième partie, après son retour des USA, Bardamu choisit d’exercer la médecine et
séjourner au coeur de la misère, afin d’observer les hommes, les bêtes en les soignant. 

Le héros était dans une fuite pour sauver sa peau dans la première partie, alors que dans la
deuxième partie, il a un rôle d’observateur.

Le début du livre raconte l’épisode de Ferdinand Bardamu soldat, et l’idée qu’il s’engage dans
l’armée. Il a une idée d’héroïsme qui ne va pas durer.

La description de la guerre 14-18 dans le livre est très crue, violente, sanglante, choquante même.
C’est une véritable boucherie qui est décrite. Ferdinand Bardamu va se découvrir une « qualité »
très essentielle : sa lâcheté. Il va la revendiquer. Il va découvrir qu’il n’a pas envie de mourir
pendant cette guerre et il le proclame haut et fort. Il va même décrire ça comme la maladie
incurable de la peur, cette peur va continuer à le ronger même après la guerre.

La peur et la lâcheté sont bien sur anti-héroïques.

Cette lâcheté qui apparait très clairement dans la guerre 14-18 va continuer à habiter Bardamu.
Elle est liée à sa peur. Il n’a pas envie de mourir « pour rien ».

De la même manière qu’il va revendiquer son droit à la lâcheté, il va représenté le courage d’une
manière sombre. 

Le courage peut avoir deux motivations selon Bardamu :

- courageux par la bêtise : le soldat qui va de gauche à droite dans le champ de bataille et il se
fait vite tué. (voir recueil)

- Courage vu comme la vertu de « boucher cruel militaire ».

Le courage est aussi la vertu des embusqués (ce sont ceux qui ne se battent pas). Les
embusqués portent très haut la vertu du courage : plus on est loin de la mort, plus il est facile
d’être courageux. M. et Mme Puta sont de ces gens.

L’évocation du courage revient aussi à la toute fin du roman, on s’aperçoit que le manque de
courage de Bardamu est lié à son absence d’idéaux.

(voir recueil)

On voit une équivalence entre « héros juteux » et « crapaud d’idéal ».

On peut se demander si l’idéal de Bardamu n’est pas un idéal pacifiste. En réalité ce n’est pas le
cas : il refuse la guerre non pas par pacifisme mais il la refuse comme il refuse tout le reste. Les
choix de Bardamu sont toujours négatifs, nourris pas la peur de mourir.

Dans ce roman, le « héros » (anti-héros en réalité) est flanqué d’un alter-ego, Robinson. 

Il va partager une bonne partie de l’histoire avec Bardamu. Les deux hommes se rencontrent
pendant une nuit de guerre au début du récit : ils se sentent liés par la peur, par la fatigue. Après
cette première rencontre, ils vont avoir un parcours géographique relativement semblable (guerre,
Afrique, USA, retour à la banlieue,..). Ce qui les lie aussi, c’est une sorte de sincérité : aucun ne
joue la comédie, ils disent les choses comme ils les pensent, ils expriment leur lâcheté, leur peur.

Les fonctions de l’alter-ego (Robinson) :

- Il met en valeur le personnage principal, de faire valoir ses « qualités »,..

- Il est le représentant du personnage principal. Robinson est le représentant de Bardamu quand


il affronte la mort. Robinson est celui qui meurt à la fin du roman. Bardamu va mourir par
procuration, au travers de Robinson. 


Robinson quitte sa compagne Madelon, de la même manière que Bardamu a quitté Molly. Cette
dernière a accepté avec grâce cet abandon. C’est le seul personnage représenté de manière
positive. Madelon n’accepte pas d’avoir été quitté par Robinson, et elle va le tuer. 

A la fin du texte, Robinson va exprimé son dégoût de la vie, de tout, et surtout de l’amour.

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Le véritable voyageur au bout de la nuit est Robinson : le bout de la nuit considéré comme la
mort.

8.2.2 Les 4 types d’anti-héros

- Le héros sans qualités : l’être ordinaire, vivant dans un cadre ordinaire. C’est l’homme de
Musile, ou aussi Roquentin. 


- Le héros négatif, porteurs de valeurs anti-héroïques et anti-sociales. C’est le narrateur des


Carnet du sous-sol, c’est aussi Bardamu. 


- Le héros déceptif, le héros qui déçoit. C’est un être pourvu de qualités héroïques mais qui
n’en fait pas usage, ou un mauvais usage. C’est le personnage de Kurtz dans Au coeur de
ténèbres. Il fait un mauvais usage de ses qualités face à ce qui l’entoure. 


- Le héros décalé est un personnage ordinaire, sans qualités particulières, mais il se trouve
plongé dans une situation extraordinaire, par certaines circonstances. C’est par exemple
l’Etranger.

9. Le héros au XXe siècle

9.1 Quelques généralités


La modification du héros au XXe siècle est due aux 2 guerres mondiales.

La deuxième guerre mondiale est dominée par l’horreur du conflit, la vision des idéologies comme
étant ordinaire. Le concept de héros a été manipulée par Hitler, Mussolini.

Ca ne veut pas dire qu’il n’y a plus de héros ! Le résistant peut être vu dans certains récits comme
une posture héroïque. Mais ces deux guerres ont portée atteinte à la vision de l’héroïsme jusque
là.

Les 3 grandes tendances dans la représentation de l’héroïsme dans la fiction du XXe siècle :

- On va avoir une multiplication du anti-héros, comme Bardamu.

- La disparition du héros, voir la disparition du personnage. Le personnage va devenir une entité


floue. C’est lié à la conception de l’homme qui s’est transformée : l’homme n’apparait plus
comme une entité consistante. On a du mal à le cerner, à l’expliquer, à le maitriser. (Nouveau
Roman)

- On va avoir une série de super-héros pour compenser, et surtout dans la littérature populaire.

9.1.1 L’évolution du personnage

Le personnage n’est plus fixé une fois pour toute. Au XIX, il évoluait de manière cohérente et
prévisible. Au XXe, la part d’imprévisibilité est plus grande. 


Au XIXe, le contexte familial et social est très précis (Balzac La comédie Humaine), alors qu’au
XXe, ce n’est plus le cas. Cette définition par la famille, la profession va devenir moins importante
et moins complète. « Famille je vous hais. » : citation de Gide -> il déteste le fait de devoir décrire
ses personnage par une famille. (voir recueil). Selon Gide, le personnage doit être travaillé pour lui
même, hors d’un tissu social qui fini par l’écraser. Le personnage ne reflète plus la société dans
laquelle il vit.

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Au XXe sicèle, la manière dont le personnage s’exprime devient important. L’expression est
importante et significative, on peut le voir chez Bardamu, qui s’impose au lecteur par son
expression. Il est bcp moins caractérisé par son état civil que par la manière dont il parle.


Cette évolution du personnage est significative d’une conception de l’identité.

L’idée au XXe siècle est, de plus en plus, que l’identité humaine n’est pas consistante.

Cela se fait avec la découverte de Freud, qui parle de « moi partiel » : on n’est pas un bloc d’une
personnalité, on est constitué de « petits moi différents » qui ne s’entendent pas toujours, et qui
sont instables.

Par exemple, dans Tu ne t’aimes pas, on a à faire à un plurilogue. Plusieurs instances se parlent et
se disputent. On découvre à la fin du roman, c’est que toutes ses différentes voix font partie de la
même personne. Ce sont des voix partielles qui n’arrivent pas à avancer dans un même sens.

9.2 Le Nouveau Roman et la mort du personnage


Le Nouveau Roman est un courant littéraire français. C’est un mouvement qu’on peut situer
principalement dans les années 50-60. Il remet en cause le roman tel qu’on le connaissait
jusque là. Les textes centraux de ce mouvement sont l’Ere du soupçon de Sarraute et Pour
un nouveau roman de Robbe-Grillet.

C’est un mouvement de refus, de contestation: 


• Refus de l’intrigue. Refus que le roman suive une causalité, qu’il aie un début, une fin. Le
Nouveau roman refuse l’histoire elle-même. 


• Contestation de l’illusion romanesque. Quand on lit un roman, il y a souvent de la part de


l’auteur l’idée de faire passer pour vrai ce qui est une construction. Un roman est toujours une
construction mais le roman essaye de faire passer cette construction pour vraie. 


• Refus de l’omniscience du narrateur. Le narrateur omniscient maitrise tout, il connait tout et a


un statut de « dieu ». Ce narrateur va être contesté par les Nouveaux romanciers. 


• Il refuse le personnage romanesque. Jusque là, le personnage romanesque était fait sur le
modèle du réel, le personnage était conçut à l’image du personnage réelle. Alors qu’en réalité,
c’est un personnage qui est construit de mots. Les nouveaux romanciers les appelle « vivants
sans entrailles ».

9.2.1 Le personnage selon Nathalie Sarraute

voir recueil

C’était un personnage extrêmement décrit et pourvu d’une série de caractéristiques, qui se


retrouve au fur et à mesure dépouillé, insaisissable.

On tente de le saisir par des monologues intérieurs.

9.2.2 Le personnage selon Alain Robbe-Grillet

Pour lui, on peut réduire le personnage a un degré zéro, le faire quasiment disparaître.

Par exemple, dans La Bataille de Pharsale, le personnage principal est appelé « O ».

On peut aussi réduire le personnage à l’anonymat; on ne sait pas exactement qui est le
personnage qui s’exprime, on ne sait pas où il habite, on ne connait pas son entourage,..

Par exemple le personnage « A » dans la Jalousie.

On peut aussi évoquer le personnage comme une ombre.




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Le narrateur omniscient est exclu, il n’a plus lieu d’être. La personne grammaticale que les
nouveaux romanciers vont privilégier, c’est un narrateur à la première personne qui va en dire le
moins possible sur qui il est.

9.2.3 Les motivations et moyens des nouveaux-romanciers

Motivations :

1. Motivations idéologiques; la conception de l’homme se transforme, de son identité. On se


rend compte que l’homme jusque là n’est en réalité pas libre et pas conscient de ce qu’il lui
arrive, ni responsable de son destin. Il est dominé par qlqch qu’il ne maîtrise pas, son
inconscient. Par ailleurs, l’homme est désormais considéré comme fragmenté. 

Ère du soupçon => soupçon par rapport au monde 


2. Ils pensent que les attentes des lecteurs ont changées. Il y a une méfiance par rapport à
l’imagination.Ce n’est plus dans les romans qu’ils trouvent la vérité, mais plutôt dans les
journaux. 


3. La conception de l’art. dans tous les autres domaines artistiques il y a eu des modifications,
des évolutions,.. Il n’y a que la littérature qui reste dans son fixisme, hors il n’y a pas de
raisons à cela. 


4. La conception de la littérature elle-même change. A présent le roman ne doit pas être réduit à
une histoire, une narration. Il faut détruire la narration. Le roman est une affaire de style, la
forme est plus importante que le fond. Dès lors, il s’agit d’approfondir le réalisme, se plonger
dans le réel mais d’une autre manière. Il faut s’interroger sur la manière de saisir une réel qui
semble fuir toujours. Le roman est un instrument de recherche. 


Moyens :

1. Ces projets vont mettre en scène la photographie pure et dure de ce qui est. Il s’agit de mettre
en scène un regard sur les choses, mais qui ne les pénètrent jamais : on reste à la surface.
(voir recueil)


2. La spéléologie des états de conscience : on va rentrer dans les profondeurs de la conscience.


Dans ce cas de figure, on va utiliser les monologues intérieurs. 


3. Il y a une chose sur laquelle les nouveaux romanciers sont tous d’accord : faire éclater les
repères. Il faut que les lectures soient attentifs à l’écriture, à la construction. Il faut lui interdire
de se laisser aller à l’illusion romanesque.

9.3 Les flux de conscience et le monologue


intérieur
Idée d’entrer dans les profondeurs de l’être humain.

Cette « spéléologie des états de conscience » n’est pas nouvelle, il y avait déjà eu des
tentatives de rentrer dans le personnage mais ça se faisait par des manières
traditionnelles (discours indirect libre).

Le premier a inventé le monologue intérieur et à faire modifier la forme des états de


conscience c’est Edouard Dujardin avec Les Lauriers sont coupées (1888).

(voir recueil)

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Monologue intérieur = Discours sans auditeur et non prononcé par lequel un personnage
exprime sa pensée la plus intime, la plus proche de l’inconscient, antérieurement à toute
organisation logique, c’est-à-dire en son état naissant.

=> Il y a une volonté de saisir tout ce qu’il lui passe par la pensée d’une personne à un moment
donné.

C’est un français qui utilise en premier le monologue intérieur, et ça va se retrouver chez de


grands auteurs, comme James Joyce, Virginia Woolf, Faulkner. 


Cette nouvelle forme correspond aux différentes crises :

- crise du narrateur omniscient

- crise du sujet humain : il n’est plus libre, il est fragmenté, soumis à son inconscient

- crise de l’intrigue, avec l’idée qu’on ne peut plus se contenter d’une petite histoire, il faut
chercher qlqch de plus ambitieux

- crise du style

9.4 Quelques nouveaux romans

La Jalousie de Robbe-Grillet (1957)

On a à faire à un narrateur qui observe, qui espionne une femme (A), qui est d’ailleurs p-e
sa femme mais on ne le sait pas. Elle prend un apéro avec son ami Franck.

C’est toujours ce même apéritif avec de tous petits changements: schéma répétitif. (voir
recueil)

Ce narrateur, on ne saura jamais comment il s’appelle, on ne connait pas ses rapports


avec A ni avec Franck. Le narrateur est très limité, il est seulement un regard et une voix.
On n’a aucune indication sur ce narrateur.

Le point de vue est partiel et partial, à part cette scène d’apéritif on ne sait rien. On déduit
une jalousie dans ce regard sur l’apéritif, mais c’est tout.

Le titre est intéressant, il désigne deux choses :

- Le sentiment qui transparait à travers cet espionnage.

- Les jalousies qu’on met aux fenêtres pour espionner.

Passage de Milan de Michel Butor (1954)

L’intrigue se passe dans une rue qui s’appelle Passage de Milan et il est 19h15.
Une maison de 6 étages est alors décrite.

Au premier étage il y a une femme et ses deux frères, au deuxième une famille, au
3e un Samuel Léonard, au 4e un anniversaire qui se prépare pour une fille et au 5e
des peintres. 

C’est une description extérieure est minutieuse de ce qu’il se passe à chacun de
ses étages. 


A partir du chapitre 7, les voix s’emmêlent, les rêves et désirs se confondent. Ce


qui est seulement arrivé c’est qu’Angèle, à qui on prépare l’anniversaire est morte.

L’innommable de Beckett (1953)

C’est un flux de conscience à la première personne, sans qu’on sache qui parle. C’est un
personnage qu’on arrive même pas à nommer (innommable). Il y a une ambition d’approcher
d’une définition de l’identité, qui n’aboutit jamais.

Sur tous le roman, il y a deux paragraphes et quasi pas de ponctuation. Ca ne correspond pas
à l’image traditionnelle qu’on peut se faire du roman, et certainement pas du personnage.

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9.5 Le héros mondialisé


Dans cette catégorie, on retrouve notamment le super héros.

Le héros mondialisé on le trouve dans les formes populaires, culturelles.

Après la Deuxième Guerre Mondiale, outre le traumatisme qui a généré une perte de confiance
dans les valeurs de l’héroïsme, une certaine catégorie de la population s’est emparée de la
volonté de reconstruire le monde sur la solidarité, la reconstruction.

Ce concept de mondialisé est mis en rapport avec cette idée positive là.

Il n’empêche qu’il y a une méfiance généralisé envers le concept de héros après cette Deuxième
Guerre Mondiale. Malgré tout, certaines valeurs héroïques vont rester vives.

Les traits héroïques subsistants sont :

- la jeunesse

- acte décisif

- qualités exceptionnelles

- volonté de vaincre (pas forcément violente)

Mais les nouveaux modèles de l’héroïsme s’adaptent à l’époque. Au XXe siècle, on va voir se
croiser des héros fictifs et des héros réels.

C’est le cas de Gandhi, Martin Luther King, Che Guevara.

Quand on parle de héros fictifs, ceux qui rentrent dans cette catégorie de héros modélisés,
apparaissent dans des formes culturelles plus populaires : les BD, les comics,..

Dans cette catégorie on peut trouver plusieurs types très reconnaissables:

- Les héros messianiques : Ils ont une portée politique, ils sont révolutionnaires, se sont des
idoles populaires, des héros martyrs. 

Che Guevara est une figure récupérée du coté gauche de la politique. Il était loin d’être un
enfant de coeur. 

Ce type de héros messianique se retrouve dans la fiction, comme exemple il y a V pour
Vendetta. C’est au départ une BD par Moore et Lloyd, puis se sera un film fait par les
Wachowski. Il s’agit d’un combattant de la liberté qui se fait appelé V, il cherche à faire un
changement politique et social, en faisant une vendetta. Ca se passe en 2038. 


- Le héros humanitaire : Il y a une déclinaison réelle et une déclinaison fictionnelle.


Il est difficile de concilier l’engagement physique et les valeurs humanistes et
politiques. Ils ont tendance à prôner l’action non violente en vertu de leur activité
humanitaire. Ce sont notamment les journalistes politiques, comme Anna
Politkovskaïa. 

Il y a aussi l’Abbé Pierre, Mère Thérésa : des religieux qui ont vécu avec la
pauvreté et pour essayer d’aider les plus démunis. 

Les pompiers, après le 11 Septembre 2001, sont devenus une sorte de héros
également. 

Du coté de la fiction, il y a le Docteur Justice, qui est une BD. C’est un médecin
humanitaire qui est un justicier qui dispose d’un solide entraînement. C’est aussi
un grand voyageur et un idéaliste. 


- Le héros aventurier est un héros qui accomplit une série de grands exploits. On a par
exemple Youri Gagarine du coté réel. Dans le coté fictif on a Bob Morane : héros d’une
série de romans puis de BD. C’est un aventurier, mi-justicier qui va évolué et se
retrouve dans des environnements sciences-fictionnelles. Bob Morane a éternellement
33 ans, c’est un polytechnicien, ingénieur, nyctalope, polyglotte,.. Et il est très beau et
fidèle dans ses amitiés féminines. 

Tintin est le héros de BD écrites par Hergé de 1930 à 1970. 

Ces héros aventuriers sont les successeurs des héros de Jules Vernes (romancier du
XIXe). 

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- La gâchette n’est pas vraiment un militaire. Après les deux guerres, le militaire est évacué de la
fiction, mais on va trouver des fin tireurs. Typiquement il y a l’agent James Bond,
007. Il apparait d’abord dans des romans de Ian Fleming, qui s’est inspiré d’une
personne réelle. James Bond affronte des incarnations du mal et finit toujours
par sauver le monde. C’est aussi un séducteur, on connait les James Bond Girl.
Evidemment, on le connait surtout pour les adaptations cinématographiques. 

Du coté féminin on connait aussi Lara Croft, de la série Tom Raider. 


- Le superhéros. Parmi eux Fantômas, qui est une figure de romans populaires de
Pierre Souvestre et Marcel Allain. C’est aussi un anti-héros. Il sera repris au cinéma
à partir de 1913. Fantômas est le génie du crime, il se définit lui même comme le
maitre de tout et de tous. Il n’hésite pas à torturer, tuer. Il a des identités multiples.
Ca rappelle une vision négative des surhommes du roman populaire. 

Arsène Lupin est un gentleman cambrioleur, créé en 1905 par Maurice Leblanc. Il
utilise une série de pseudonyme. 

=> Ces deux personnages ont une série de caractéristiques héroïques mais ils les
utilisent à de mauvaises fins.


A partir de là, les pouvoirs de ce type de personnages vont se développer et devenir des super
pouvoirs. Ces derniers vont s’expliquer par des origines
extraterrestres ou mutations accidentelles comme la radioactivité.
Superman absorbe les radiations et son corps est conçu pour la
gravité de la planète Krypton. 

Dans Spiderman, il y a une cause extraterrestre : il a été mordu par
une araignée radioactive. Dans ce film, on a à faire à une identité
double : en dehors de sa vie de Spiderman, il est dans la vie Peter
Parker, un adolescent mal dans sa peau. Là encore, on a une tension
entre humanités et divinités. 

=> Ces héros sont reconnaissables avec leurs costumes aux couleurs
chatoyantes. 

Tous ces superhéros naissent dans le romans et ils sont repris dans le
BD, notamment aux US. Ensuite ils sont repris par le cinéma, la télé, les jeux vidéos, les
produits dérivés,.. Une véritable industrie les entourent. 


On retrouve le superhéros dans les manga : dans ces livres on retrouve un univers différent. Ils
intègrent des éléments de la civilisation japonaise: des samouraï, le code d’honneur, les arts
martiaux. Ce sont aussi des oeuvres qui sont de la science-fiction et elles font appel à
différentes mythologiques notamment européennes. 

Dans les mangas, on a les Shogun warriors : Dragon Ball, Chey, les chevaliers du Zodiaque
(écrits par Masami Kurumada). Dans les Chevaliers du Zodiaque on retrouve les chevaliers
d’athena qui sont associés à une constellation. 


- Le héros médiéval-fantastique : Les types de supports de ce héros sont les BD, les films, les
séries, jeux de rôles, les jeux en ligne,.. Même si les formes privilégies sont populaires, tout part
de romans, d’univers romanesques qui ont été repris, remodelés. Ce héros médiéval
fantastique vient de la fantasy. C’est un univers qui avait des ancêtres au XIXe, notamment
l’écrivain Georges Mac Donald. 

Au XXe siècle, ça va connaitre une adhésion beaucoup plus massive. Ce sont des univers qui
reprennent la matière de Bretagne, le cycle arthurien, le surnaturel, la magie. C’est un univers
où on retrouve des elfes, les dragons, des barbares,..








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Cet héroïsme médiéval fantastique a été repris par le Seigneur des Agneaux (1954-55), c’est
grâce à Tolkien que c’est revenu. Il disait de sa trilogie que c’était un conte de fée pour adultes.
Ca a a été influencé par les eddas, les sagas, Beowulf. La trilogie se compose de trois
oeuvres : 

- La communauté de l’anneau 

- Les Deux tours 

- Le retour du roi 

Cette oeuvre va connaitre un grand succès populaire : cet
univers va être repris par le cinéma, les jeux de rôles, la
musique,..


Plus récemment on a Game of Thrones, tiré de romans de
Georges R. Martin : les créateurs de la série ont décidé de
quitter l’univers romanesque et continuer à leur façon. La 8e
saison va être beaucoup plus libre par rapport aux romans.
Par épisode (50 min), il y avait un budget de 10 000 de dollars.

Eléments de synthèse

Rappel étymologique : VOIR DIA

Cette figure de héros devient au fil du temps de plus en plus problématique, et cela avec la figure
d’anti-héros. C’est au XIXe, avec la notion d’individualisme, que la notion d’héroïsme devient
complexe. Jusque là, les héros suivaient à peu près le même parcours mais ça change donc au
XIXe.


Le héros évolue avec son temps. On a en permanence face à une tension entre des traits
fondamentaux qui tendent à devenir permanents. En même temps, le héros évolue.

On va avoir des héros anti-combatifs comme Bardamu.

Finalement l’évolution du héros dépend de ce qu’une société précise comme héroïque. Cette
évolution dépend du degré de rapprochements entre un héros et sa communauté.

Ce lien est très fort dans les littératures époques. Ce héros représentait sa société sur le champs
de bataille.

Dans la littérature populaire, on a souvent un personnage détaché de la société, et qui ne dispose


d’aucune qualité qui permette qu’on s’identifie à lui : l’anti-héros.

Aux XIXe et XXe siècle, on a la grande littérature, ou la littérature canonique, où on a plus


facilement à faire à des anti-héros que dans la culture populaire où cet héroïsme va rester très
vivant. La culture canonique et la culture populaire n’est pas étanche : il y a des échanges. C’est
le cas du Comte de Monte-Cristo. C’est artificiel de séparer les deux ! Il faut nuancer.

Chaque époque réinterprète les héros du passé selon ses propres critères. C’est le cas de Don
Quichotte. Comme on l’a vu, les romantiques le voient comme un idéaliste, un véritable héros, un
homme qui se rebelle contre son époque bourgeoise et la matérialité. Le fait qu’il ne soit pas
adapté à son époque le rend encore plus héroïque selon les romantiques.

Achille, héros épique par excellence, va être réinterprété comme une brut sanguinaire : pas du
tout héroïque.

A mesure qu’on avance dans les siècles, le héros devient de plus en plus complexe et surtout à
partir du romantisme, où le moi passe à l’avant plan. Avec toutes les complexités qu’impliquent
ce moi.

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Les interactions entre les héros historiques et les héros fictifs : il y a une porosité entre les deux. Il
y a un échange entre les deux domaines car :

- Les héros historiques sont souvent repris dans la fiction (Napoléon).

- Les héros fictifs servent de modèles aux héros historiques.

Addendum : la construction du personnage littéraire


dans le discours

Comment le personnage se construit-il dans le texte? Quels sont les éléments discursifs ?

Le nom a différentes fonctions dans un discours littéraires.



Il désigne, il décrit et il classe les personnages.

Monsieur Bovary : vient de bovin. => homme ridicule, rustique.

Capitaine Nemo dans Vingt mille lieux sous les mers. En latin ça veut dire personne : le
personnage est séparer du monde car sa famille a été exterminée, il est coupé du reste du
monde. Le Capitaine Nemo est un héros aventurier.

Jean-Baptise Clamence est le héros dans la Chute de Camus. Jean-Baptiste = évangile

Clamence = clamer => Jean-Baptiste clamant dans le désert. 



K. est uniquement une initial, ça a avoir avec le fait qu’il est exclu et n’a plus d’identité. C’est un
vagabond, il a perdu connaissance de ses origines. Il a une identité incomplète. C’est un
personnage qui s’est perdu lui-même.

La description, ou plutôt les descriptions, puisque dans chaque roman, les personnages
principaux ont droit à un portrait moral, psychologique. En creux, ces romans vont donner une
vision de l’homme et de l’auteur. L’auteur place son personnage dans le monde et de dire ce qu’il
pense lui-même du monde par cela.

Le discours est essentiel pour construire le personnage. Dans les romans, on a à faire à une
pluralité de codes socio-linguistiques. Ce discours devient particulièrement important au XIXe
siècle. Le « moi » va plus s’exprimer par sa propre voix et se distinguer par celle-ci et son
discours. Ca devient de plus en plus le cas au XXe siècle.

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