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Relations internationales

Les relations internationales sont aussi appelées études internationales (en anglais International Studies
(IS)). Les sujets principaux d'études y sont le droit international, la politique internationale, l'économie
internationale, et l'histoire des relations internationales. Sous ces vocables, sont en général désignés l'étude
des affaires étrangères et des grandes questions du système international : rôle des États, des organisations
internationales, des organisations non gouvernementales (ONG) ainsi que des entreprises multinationales.
Les relations internationales appartiennent à la fois au domaine académique et au domaine politique. Elles
peuvent être étudiées soit dans une optique positiviste soit dans une optique normative, toutes deux
cherchant tant à analyser qu'à formuler les politiques internationales des pays.

Si les relations internationales appartiennent historiquement au domaine de la science politique, l'accent est
de plus en plus mis sur le domaine économique à travers l'économie politique internationale qui s'est
beaucoup développée depuis les années 1970. D'autres champs académiques sont également concernés : le
droit international, la philosophie, la géographie (à travers notamment la géopolitique), la sociologie,
l'anthropologie, l'étude des cultures, la science politique.

Concernant plus spécifiquement les sujets étudiés, il est possible de citer : la mondialisation, l'État,
l'écologie et le développement durable, la prolifération nucléaire, le nationalisme, le développement
économique, la finance internationale, les droits de l'homme, etc.

Les relations internationales ont pour objectif la compréhension des différents cadres conceptuels qui
entrent en jeu dans l'analyse de la mondialisation. Selon J.-F. Guilhaudis, « le terme "international" est
apparu à la fin du XVIIIe siècle chez le philosophe anglais Jeremy Bentham, mais le phénomène des
relations internationales, c'est -à-dire des relations entre communautés politiques indépendantes est étudié
1
depuis beaucoup plus longtemps. On remonte généralement à l'antiquité grecque, à Thucydide » . Dans
son ouvrage, Bentham s'interroge sur les relations entre les États, à un moment clé où la nation prend le pas
sur le monarque. Ce thème comprend grand nombre d'institutions internationales comme l'ONU, le FMI,
l'OMC, la Banque mondiale. Il est important de connaître et comprendre les fonctions qu'elles assument en
matière de sécurité internationale, de développement économique et social, des droits de l'homme ou encore
de l'humanitaire. En parlant de relations internationales, il est important de parler de nations et de
nationalisme. En effet l'objectif premier est de comprendre la problématique de l'État-nation et de l'idéologie
nationaliste, en étudiant les principales étapes historiques de leur émergence et les théories qui ont été
développées pour analyser ce phénomène. Traditionnellement, les relations internationales sont un
ensemble de liens, de rapports et de contacts qui s'établissent entre les États et relèvent de la politique
étrangère de ces États. Cette définition étroite part de l'idée que les relations internationales sont les relations
inter-étatiques. Aujourd'hui, une vision plus large tient compte du fait que de nombreux processus
échappent au contrôle des gouvernements.
Sommaire
Mise en perspective historique
Histoire
Études des relations internationales
Angle du politique
Théories
Libéralisme
Réalisme
École anglaise
Constructivisme
Théorie critique
Théories marxiste
Autres
Divers sous-champs
Outils
Économie et politique internationale
Courant réaliste
Courant libéral
Courant marxiste
Nouvelle économie politique internationale
École orthodoxe vue par la NPEI
NPEI en elle-même : l’EPI hétérodoxe
La recherche
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Ouvrages
Revues
Articles connexes
Liens externes

Mise en perspective historique

Histoire

Il convient de faire la distinction entre l'apparition du terme « relations internationales », le début bien plus
ancien de la pratique et l'étude des relations internationales (élaboration de doctrines, de théories et d'outils),
et le champ habituellement couvert par la discipline contemporaine consacrée à l'étude de l'histoire des
relations internationales. En général, la coutume fait débuter l'histoire des relations internationales aux
traités de Westphalie de 1648, au moment où le système d'États au sens moderne du terme s'est affirmé. Le
terme anglais « nation » signifie en effet « État » et international doit être entendu comme signifiant inter-
terme anglais « nation » signifie en effet « État », et international doit être entendu comme signifiant inter
étatique, terme souvent utilisé. Antérieurement, l'organisation politique de l'Europe médiévale reposait sur
un ordre religieux hiérarchisé. Les traités de Westphalie ont institué le concept légal de souveraineté, c'est-à-
dire que les législateurs nationaux sont l'ultime autorité à l'intérieur du territoire national où ils n’ont pas
d'égaux parmi leurs concitoyens et pas de supérieurs à l'extérieur. Si dans la Grèce antique ou à Rome
l'autorité des cités était proche de celle du système de Westphalie, elles ne connaissaient pas la notion de
souveraineté. Cela étant, la disciple consacrée plus largement à l'histoire de la diplomatie couvre toutes les
régions du monde et toutes les périodes historiques qui ont connu des relations diplomatiques.

Les traités de Westphalie ont poussé à la constitution d'États-nations indépendants, à l'institutionnalisation


de la diplomatie et des armées. Ce système européen a été exporté vers l'Amérique, l'Afrique et l'Asie à
travers notamment la colonisation. Le système actuel résulte des décolonisations durant la guerre froide. Si
l'État-nation est considéré comme « moderne » plusieurs États ne l'ont pas encore adopté tandis que d'autres
qui ont été au-delà peuvent être qualifiés de « post-modernes ». La capacité des Relations internationales
modernes à expliquer les relations entre ces différents types d'États est en question. Les « niveaux
d'analyse » constituent une façon d'aborder le système international et incluent : un niveau individuel,
l'État ; un niveau international, celui des affaires transnationales et intergouvernementales et un niveau
mondial ou global.

Ce qui est explicitement reconnu comme la théorie des relations internationales ne s'est pas développé avant
la Première Guerre mondiale comme nous le verrons plus loin. Toutefois, la théorie des relations
internationales s'est longtemps nourrie des apports d'autres disciplines. De nombreux auteurs citent l'histoire
des guerres du Péloponnèse de Thucydide comme étant le point de départ de la théorie réaliste qui s'est
poursuivie avec le livre le Léviathan de Hobbes et Le Prince de Machiavel. De façon similaire, la théorie
libérale des relations internationales a été influencée par Emmanuel Kant et Jean-Jacques Rousseau. Bien
que la notion actuelle des droits de l'homme soit considérablement différente de ce qui était envisagé par les
tenants de la loi naturelle, Francisco de Vitoria, Hugo Grotius et John Locke témoignent des premiers
efforts entrepris pour affirmer certains droits généraux sur la base d'une humanité commune. Par ailleurs au
e
XX siècle, le marxisme a eu une certaine influence sur la fondation de la discipline des Relations
Internationales.

Le besoin de développer une étude scientifique de la politique internationale est apparu comme une
nécessité au lendemain de la Première Guerre mondiale pour comprendre les causes d'un conflit tellement
dévastateur. Une série d'institutions sont mises en place suivant les préceptes d'une nouvelle morale
internationale dont l'exemple est incarné par le discours des « 14 points » du président Woodrow Wilson
(8 janvier 1918) :

1. développement du droit international pour favoriser la résolution pacifique des différends ;


2. mise en place d'organisations internationales ;
3. construction d'une nouvelle moralité internationale en faveur de la paix ;
2
4. promotion de la démocratie et du libre-échange .

En dépit du volontarisme de leurs promoteurs, ces institutions n'ont pas réellement fonctionné. La Société
des Nations, en particulier, est handicapée par le refus du Congrès américain à l'adhésion des États-Unis ; le
Pacte Briand-Kellogg, bannissant l'emploi de la force dans les relations internationales, est trop ambitieux.
L'échec de la SDN a été consommé par l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie de Mussolini. En somme, le
système de sécurité collective mis en place par la SDN était condamné à échouer: les États étaient obligés
d'accepter certaines règles dans la conduite de leur politique étrangère ; mais ces règles très contraignantes
ignoraient les situations où la rationalité même pouvait pousser les États à violer le statu quo : la Seconde
Guerre mondiale qui éclate en 1939 est la preuve empirique de l'échec de l'idéalisme wilsonien.

Le réalisme (aujourd'hui, réalisme « classique ») apparaît au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.


Plus qu'un corpus cohérent, il s'agit d'une approche qui considère que la séparation entre la politique et
l'éthique est indispensable à la compréhension des phénomènes internationaux. Mais les auteurs qui

représentent ce courant (Carr, Morgenthau) ont en commun le rejet de l'idéalisme, qui a été incapable
d'anticiper et d'expliquer la répétition des conflits mondiaux.

Études des relations internationales

Initialement, les Relations internationales vues comme un champ d'études distincts ont été une spécificité
britannique. En 1919, la première chaire intitulée chaire Woodrow Wilson, de Relations internationales a
été créé à l'université d'Aberystwyth grâce à un don de David Davies. Elle fut confiée à Sir Alfred
3
Zimmern . Au début des années 1920 une chaire fut également créée à la London School of Economics à
la demande du prix Nobel Noël-Baker. La première université consacrée entièrement aux Relations
internationales fut l'Institut de hautes études internationales fondé en 1927 à Genève par William Rappard.
Il avait pour but de former les diplomates associés à la Société des Nations et fut un des premiers à délivrer
des doctorats en relations internationales.

La Edmund A. Walsh School of Foreign Service de l'université de Georgetown est la plus ancienne faculté
dédiée aux Relations internationales des États-Unis. Le Committee on International Relations de
l'université de Chicago fut en 1928 la première à délivrer des diplômes universitaire dans ce domaine.
Parmi les autres écoles nous pouvons citer : la School of International Service de l'American University, la
School of International and Public Affairs de l'université Columbia, le Department of War Studies du
King's College de Londres, la Paul H. Nitze School of Advanced International Studies de l'université
Johns-Hopkins, la School of International Relations de l'université de St Andrews, l'Elliott School of
International Affairs de l'université George Washington, la Fletcher School de l'université Tufts, et la
Woodrow Wilson School of Public and International Affairs de l'université de Princeton.

Rare femme dans un domaine « réservé » aux hommes, Zara Steiner publie en 1982 le Times Survey of
4
Foreign Ministries of the World, « une entreprise savante majeure, impliquant des dizaines d'historiens » .
Ses deux volumes massifs (plus de 2 000 pages) et magistraux, The Lights That Failed (2005) et The
Triumph of the Dark (2011), dans le cadre de l'Oxford History of Modern Europe, témoignages de la
minutie et de l'érudition de leur auteur et qui ont nécessité plus de 30 ans de recherches et d'écriture, restent
5, 4
des ouvrages de référence .

Angle du politique

Théories

Libéralisme

Pour les libéraux, les relations internationales sont perçues comme un facteur de progrès et de changement.
Au niveau international comme au niveau national, les libéraux mettent l’accent sur la notion de contre-
pouvoir. Ils insistent sur le rôle de l’opinion publique, du droit et des institutions internationales qui viennent
limiter le pouvoir des États, et promeuvent un espace public mondial. De nos jours, il doit faire face aux
forces du capitalisme mondial qui sapent l’apparente « victoire » de la démocratie libérale à la fin de la
6
guerre froide . Parmi les grands auteurs libéraux actuels, Joseph Nye insiste sur la notion de soft power
développée avec Robert Keohane. Ces deux auteurs ont aussi développé la notion d’interdépendance
complexe.

Trois points importants caractérisent l'interdépendance complexe :


L'usage de nombreux canaux d'action entre sociétés dans les échanges transnationaux et
trans-gouvernementaux ;
L'absence de hiérarchie claire dans le traitement des affaires internationales ;
Un déclin de l'usage de la force et du pouvoir coercitif dans les relations internationales.

Réalisme

Pour les réalistes le système international est anomique. Comme l'écrit Hans Morgenthau, « Dans la sphère
7
internationale, aucun souverain n'existe » . Les réalistes considèrent les relations internationales comme la
lutte entre les États pour la survie et l'affirmation de leur pouvoir sur la scène internationale ; pour cela, ils
8
mobilisent alternativement le soldat et le diplomate . En général les auteurs réalistes se posent quatre
9
questions centrales :

« Quelles sont les principales sources de stabilité ou d’instabilité du système


international ? »
« Où en est actuellement la balance des pouvoirs ? »
« Comment les grands pouvoirs devraient se comporter les uns envers les autres ainsi
qu’avec les États plus faibles ? »
« Quelles sont les sources et les dynamiques de changement de la balance des pouvoirs
actuelle ? »

On distingue en général le réalisme du néoréalisme. Bien que les deux termes soient parfois
interchangeables, des différences essentielles les séparent. La plus importante tient au fait que la théorie
réaliste met au centre de tout la nature humaine et la volonté de domination qui lui serait associée alors que
le néoréalisme, à la suite de Kenneth Waltz, ne réfère pas à une nature humaine mais place au centre de son
analyse les pressions exercées par l'état d'anomie.

Principaux auteurs : Raymond Aron, Edward Hallett Carr, Robert Gilpin, Samuel Huntington, George
Kennan, Stephen Krasner, Hans Morgenthau, Kenneth Waltz, John Mearsheimer

École anglaise

L’école anglaise prend ses sources au tout début du XIXe siècle avec des auteurs comme Graham Wallas,
Alfred Zimmern. Son approche n’est pas positiviste mais plutôt rationnelle et normative. Elle analyse les
relations internationales sous l’angle de la Grande société ou d’une société internationale. Sur bien des
points, il s’agit d’une variante idéaliste de l’école libérale qui à la différence des réalistes ne se focalise pas
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exclusivement sur les relations interétatiques. Deux grandes variantes sont perceptibles :

Un courant solidariste prééminent qui met l’accent sur le droit international et sur la
sécurité collective ;
Un courant particulariste qui met davantage l’accent sur la coopération interétatique.

Principaux auteurs : Hedley Bull, Barry Buzan, Thimothy Dunne, Martin Wight.

Constructivisme

Pour les constructivistes, la connaissance n’est pas le résultat d’un processus passif et objectif mais est
inséparable d’un ensemble de mots de langages d’idée qui à la fois a conditionné et est conditionné par elle.
Dans ces conditions les constructivistes vont s’interroger sur les interactions entre acteurs de la politique
mondiale en étudiant l’influence des systèmes de normes internationales.
Principaux auteurs : Friedrich Kratocwil, Nicholas Onuf, Christian Reus-Smit, John Gerard Ruggie,
Alexander Wendt.

Théorie critique

L’école critique se focalise sur l’étude des inégalités du système international et intègrent dans le champ des
relations internationales des facteurs tels que les classes sociales. Ils interrogent par ailleurs la notion d’État.
Principaux auteurs : Robert Cox, André Gunder Frank, Stephen Gill, Antonio Gramsci, Jurgen Habermas,
Andrew Linklater.

Théories marxiste

L'école de pensée politique du marxisme a permis l'éclosion d'un grand nombre de théories des relations
internationales. Toutes basées sur l'idée de guerre des classes, elles identifient des inégalités dans les termes
de l'échange et appellent à une mobilisation prolétarienne internationale. Ses principaux auteurs sont Karl
Marx, Vladimir Ilitch Lénine et Immanuel Wallerstein.

Autres

Il existe cependant d'autres théories :

Idéalisme
Institutionnalisme néolibéral
Théorie de la dépendance
Théorie du système-monde
Néomarxisme/ Théorie néogramscienne
Fonctionnalisme
Néofonctionnalisme
Féminisme
Intergouvernementalisme libéral, représenté par Andrew Moravcsik

Divers sous-champs

Le champ des relations internationales se divise en cinq sous-champs :

Théorie des relations internationales. Ce champ étudie les différents courants théoriques
qui façonnent le domaine des relations internationales et leurs implications théoriques,
leurs postulats de base, leurs remises en cause par les événements leur donnant tort ou
raison et, par le fait même, leur pertinence. Le réalisme, le libéralisme en sont les plus
populaires, avec le marxisme et le constructivisme.
Organisations internationales. Ce champ a pour objet d'étude central, comme son nom
l'indique, les organisations internationales, c'est-à-dire les différentes institutions au sein
desquelles les États et autres acteurs de la scène mondiale exercent leur leadership.
L'ONU est la plus célèbre des organisations internationales, mais il y a également une
multitude d'organisations à caractère économique et financier : l'Organisation mondiale du
commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM), pour
ne nommer que celles-là.
R l ti t ti l L l ti t ti l i ifi t l' bl d l ti
Relations transnationales. Les relations transnationales signifient l'ensemble des relations
qui se tissent entre les acteurs de la scène internationale et qui échappent au contrôle des
États. Le terme transnational signifie que ces relations transcendent les États et ne sont
pas soumises à son influence. Le mouvement écologiste, sous la houlette de Greenpeace,
par exemple, constitue un exemple de relations transnationales. Les mouvements
altermondialistes en font également partie : ils s'organisent spontanément par des acteurs
autres que les États nationaux et ont pour prétention de s'affranchir de ces derniers pour
interpeller la société civile mondiale.
Analyse de politiques étrangères. C'est l'analyse des discours tenus par les chefs d'État et
des actions commises par ceux-ci dans la définition de leurs intérêts géopolitiques et
11
géostratégiques . L'analyse de politique étrangères cible donc l'ensemble des actions de
politique étrangère effectuées par les États, qu'il s'agisse de doctrines adoptées ou de
courants théoriques et de leurs implications concrètes dans les actions étatiques.
Études de sécurité. Champ plutôt large, il se divise lui-même en trois sous-catégories : la
polémologie, les études stratégiques et l'irénologie. La polémologie est l'étude des
guerres et des conflits. La question centrale est la recherche des causes des guerres. Les
études stratégiques concernent l'aspect technique et matériel des guerres : les stratégies
employées, le potentiel militaire, l'organisation des forces disponibles et leur coordination.
L'irénologie, quant à elle, est la science de la paix. Elle pose comme questions centrales :
« comment régler les conflits ? Comment consolider la paix ? Comment intervenir
efficacement de manière préventive ? Comment assurer un maintien de la paix
efficace ? ».

Outils
La diplomatie c'est-à-dire la pratique de la négociation et des échanges entre
représentants des États. Les sanctions, le recours à la force et les négociations
économiques internationales notamment au niveau du commerce mondial, bien que
n'étant pas typiquement considérés comme de la diplomatie sont en réalité des outils
intéressants dans le cadre de négociations.
Les sanctions internationales constituent en général le premier recours après l'échec de
la voie diplomatique et sont une des façons de donner plus de poids aux traités. Elles
peuvent prendre la forme de sanctions diplomatiques ou économiques.
La guerre, l’usage de la force est souvent vue comme l'ultime recours dans les Relations
internationales. Pour Clausewitz, « la guerre est la continuation de la politique par d'autres
moyens ». L'étude de la guerre dans le champ des Relations internationales est du ressort
de deux disciplines : les études militaires et les études stratégiques.
La mobilisation de l'opinion internationale peut également être vue comme un
instrument des Relations internationales. Cette méthode est surtout utilisée par des ONG.
Par exemple quand Amnesty International appelait la prison de Guantánamo un
12
« Goulag » .
La mise en avant des avantages économiques et diplomatiques. Par exemple pour rentrer
dans l'Union européenne les pays candidats sont tenus de respecter un certain nombre de
critères économiques et légaux qu'ils acceptent s'ils estiment que les avantages
l'emportent sur les inconvénients.

Économie et politique internationale


13
Pour Stéphane Paquin , le moment fondateur de l’économie politique internationale serait le moment, le
15 août 1971, où Richard Nixon a suspendu le système monétaire mis en place à Bretton Woods. Pour
Robert Gilpin, un de ses fondateurs avec Susan Strange elle étudie « l’interaction réciproque et dynamique
14
dans les relations internationales entre l’accumulation de la richesse et la poursuite de la puissance » . En
général les spécialistes voient l’économie politique internationale comme une sous-discipline des relations
internationales même si Susan Strange, au contraire, considérait les relations internationales comme une
15
sous-discipline de l’Économie politique internationale . Actuellement, il est possible de distinguer quatre
grandes écoles, dont les trois premières, la réaliste, la libérale et la marxiste sont qualifiées de
16
« classiques » .

Courant réaliste

Le courant réaliste est aussi nommé : mercantiliste ou nationaliste. Ce courant est très proche du courant
réaliste classique en relations internationales mais y inclut une perspective économique. Pour les auteurs de
ce courant, l’État sur le plan économique cherche d’abord à renforcer sa puissance par rapport à ses
concurrents. Pour eux, même si tous les participants sont gagnants dans l’échange international, un pays
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peut le refuser s’il estime qu’il sera moins favorisé qu’un de ses concurrents . En effet en acceptant sa
place relative va diminuer. En général, les membres du courant réaliste sont très sceptiques quant à la
mondialisation et n’ont qu’une estime relative envers les institutions internationales.

Grands auteurs : Stephen Krasner, Alexander Hamilton, Friedrich List, Robert Gilpin.

Courant libéral

C’est aux États-Unis le courant le plus important. En 2005, 69 % des spécialistes américains de la spécialité
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se déclaraient de ce courant et 77 % étaient favorables au libre-échange . Pour eux, à la suite de John
Locke et en opposition avec Thomas Hobbes qui inspire les réalistes, l’absence de gouvernement
n’implique pas l’état de guerre. Par ailleurs, à la suite de Grotius, ils estiment que les relations
internationales doivent être régies par des règles de droit. Au vingtième siècle, les idées de Woodrow
Wilson, l’homme des quatorze points et de la Société des Nations, ont joué un rôle déterminant sur le
19
libéralisme en relation internationale . Les libéraux sont pluralistes et pour eux les relations internationales
ne dépendent pas seulement des États. En effet, il faut aussi compter avec les multinationales, les ONG, les
Institutions internationales et l’opinion publique internationale. Pour les libéraux un monde plus
interdépendant conduit à la formation d'une société internationale et est porteur de paix, de justice et de
prospérité. En effet les libéraux la coopération par les échanges comme un jeu à somme positive. Les
principaux auteurs incluent Adam Smith, Emmanuel Kant, David Ricardo, Woodrow Wilson et John
Maynard Keynes.

Courant marxiste

Le courant marxiste s’intéresse plus à l’étude des relations économiques Nord-Sud qu’aux relations entre
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les grandes puissances . Par ailleurs, il attribue aux rapports de classes sociales une place importante
21
puisque ce sont eux qui, selon les représentants de ce courant, déterminent les actions des États .
22
Actuellement, deux grands courants prédominent : la théorie de la dépendance axée sur les rapports
Nord-Sud, et l’approche système-monde qu’Immanuel Wallerstein a développé à partir des travaux de
Fernand Braudel. L’idée générale est ici que le centre « exploite » plus ou moins la périphérie. Les
principaux auteurs incluent Robert Cox, Immanuel Wallerstein et Karl Marx.

Nouvelle économie politique internationale

La Nouvelle économie politique internationale (NPEI) est née en réaction avec ce qu’elle appelle l’école
orthodoxe en relation internationale constituée, selon elle, de l’école néoréaliste en relation internationale et
de l’école néo-libérale institutionnelle, certains parlent de « synthèse néo-néo ». Alors que ces deux écoles
ont en commun une approche basée sur une analyse empiriste tournée vers l'action et l'expertise utilisable
ont en commun une approche basée sur une analyse empiriste tournée vers l action et l expertise utilisable
par les décideurs, l’école de la nouvelle économie politique internationale, se veut hétérodoxe et plus
réflexive. Elle a été également créée parce que ses fondateurs estimaient que la mondialisation rendait
« nécessaire de revoir les façons de faire » et appelait « à la construction de nouvelles approches afin de
23
rendre lisible le monde » . Toutefois, il convient de noter que tant ce qu'ils appellent l'école orthodoxe que
le courant hétérodoxe qu'ils incarnent sont relativement hétérogène. Les principaux auteurs incluent Susan
Strange et Robert Cox.

École orthodoxe vue par la NPEI

L'école orthodoxe domine largement aux États-Unis. En 2005 les cinq premiers spécialistes des relations
internationales les plus importants selon un sondage faits auprès des professeurs américains en la matière :
Robert Keohane, Kenneth Waltz, Alexander Wendt, Samuel Huntington et John Mearsheimer
appartenaient à ce courant.

Les grands points communs aux orthodoxes sont :

une volonté de créer des théories de l’économie politique internationale calquées sur
celles des sciences dures et notamment de l’économie orthodoxe. Cette recherche
découlant, selon eux, d’un penchant de l’orthodoxie vers le rationalisme et le
24
positivisme ;
une volonté de développer des problem–solving, c’est-à-dire à résoudre les problèmes qui
25
se posent et une acceptation du monde tel qu’il est ;
26
importance accordée aux États .

Le principal point de divergence entre orthodoxes tient au fait que, alors que les néo-réalistes comme
Stephen Krasner ou Robert Gilpin ne crient guère à la mondialisation et s'en méfient, les néo-libéraux
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institutionnalistes comme Robert Keohane et Joseph Nye y sont favorables .

NPEI en elle-même : l’EPI hétérodoxe

La nouvelle économie politique internationale ne croit pas à la possibilité d’établir une théorie de
l’économie politique, et ne pense pas que l’État soit l’acteur dominant. Par ailleurs ses membres adoptent
une approche très fortement multidisciplinaire et s’intéressent en sus de la science politique et de
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l’économie, à la sociologie, à l’anthropologie, au droit, à la démographie et à l’histoire . Plusieurs points
29
sont au centre de leur recherche :

la finance mondiale
les changements technologiques
l’internationalisation des firmes
l’émergence d’une diplomatie économique
l'intensification des communications internationales et des flux migratoires
les changements de la géographie globale (changement de frontières, émergences de
grandes villes, etc.).

Deux grands auteurs ont marqué la Nouvelle économie internationale, Susan Strange qui a adopté une
approche réaliste non centrée comme l’école réaliste orthodoxe sur les États mais sur l’ensemble des
acteurs ; et Robert Cox qui lui a opté pour une approche néogramscienne, c’est-à-dire qui s’intéresse à la
classe dominante et à la façon dont elle acquiert un pouvoir hégémonique.

La recherche
a ec e c e

En 2021, une analyse basée sur 24 894 articles publiés par 20 revues de premier plan sur le développement
de 1990 à 2019 a montré que, durant ces 30 ans, la recherche sur les thèmes de l'économie des pays en
développement est restée en très grande partie conduite par des chercheurs dont les laboratoires ou
30
universités sont basés dans les pays du Nord : seuls 16 % de ces articles ont été écrits par des chercheurs
basés dans le sud du monde, et seuls 11 % étaient le produit de collaborations entre chercheurs des deux
30 30
hémisphères . La sous-représentation de chercheurs locaux pourrait être une source de biais .

Selon Lebel et al. (2021), la métrique de l'évaluation des travaux de recherche devrait mieux en tenir
31
compte , car dans de nombreux domaines, la qualité du travail du chercheur dépend de celle des données
qu'il récolte, qui doivent parfois être très localisées et peuvent être complexes (ex. : facteurs micro
climatiques, biodiversité, effets socioculturels, religieux et politiques. Il est parfois crucial que de telles
31
données soit collectées, conservées, analysées et publiées par des chercheurs locaux ou avec eux . Dans
certains cas, il est crucial que le travail soit effectué par eux, en raison de leur maitrise des langues locales,
d'une meilleure compréhension des coutumes et des cultures locales, ou parce qu'ils seront respectés et
31
dignes de confiance pour leurs interlocuteurs des communautés locales . Ils peuvent alors mieux collecter
et analyser les connaissances traditionnelles ; parfois, les résultats de la recherche appliquée seront aussi
31
plus applicables dans la vraie vie des populations .

Selon Amano et Sutherland (2013), rééquilibrer la recherche est aussi fondamental pour les méta-
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recherches et les méta-analyses faites ensuite, loin des zones concernées .

En 2021, le CRDI ou IDRC (pour Canada’s International Development Research Centre) à Ottawa teste
un nouvel outil dit Research Quality Plus (RQ+) qui intègre dans l'évaluation scientifique d'un travail de
recherche, la pertinence et la légitimité via une évaluation du rôle des parties prenantes et des utilisateurs de
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l'amont à l'aval de l'étude .

Notes et références
1. Jean-François Guilhaudis, Relations internationales contemporaines, LexisNexis, Paris,
2010, p.2.
2. Jean-Baptiste Duroselle, « L'étude des relations internationales : objet, méthode,
perspectives », Revue française de science politique, vol. 2, no 4, 1952, p. 676–701
(ISSN 0035-2950 (https://www.worldcat.org/issn/0035-2950&lang=fr),
DOI 10.3406/rfsp.1952.392166 (https://dx.doi.org/10.3406/rfsp.1952.392166), lire en ligne (htt
ps://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1952_num_2_4_392166), consulté le 18 juin 2018)
3. Ashworth, p. 48
4. (en) « Zara Steiner obituary » (https://www.theguardian.com/books/2020/feb/23/zara-steiner-
obituary), sur the Guardian, 23 février 2020 (consulté le 25 octobre 2021)
5. (en-GB) Maya Jaggi, « George and his dragons », The Guardian, 17 mars 2001 (ISSN 0261-
3077 (https://www.worldcat.org/issn/0261-3077&lang=fr), lire en ligne (https://www.theguardi
an.com/books/2001/mar/17/arts.highereducation), consulté le 25 décembre 2018)
6. Martin Griffiths et alii,
7. Gans Morgenthau, Politics among nations, 2017 (ISBN 1-351-35090-0, 978-1-351-35090-7
et 978-1-912282-28-9, OCLC 1002028784 (https://worldcat.org/oclc/1002028784&lang=fr),
lire en ligne (https://www.worldcat.org/oclc/1002028784))
8. Pascal Boniface, Comprendre le monde - 4e éd.: Les relations internationales expliquées à
tous, Armand Colin, 26 avril 2017 (ISBN 978-2-200-61910-7, lire en ligne (https://books.goog
le.com/books?id=DrKyDgAAQBAJ&newbks=0&printsec=frontcover&pg=PT40&dq=Le+sold
at+et+le+diplomate+raymond+aron&hl=en))
9. Martin Griffiths et alii
10 Martin Griffith et alii p
10. Martin Griffith et alii, p.

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Annexes

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(fr) Relations internationales (http://www.puf.com/Relations_internationales)
(fr) Alternatives internationales (http://www.alternatives-internationales.fr/)
(fr) Questions internationales
(fr) Paix et sécurité internationales (https://revistas.uca.es/index.php/paetsei)

Articles connexes
Chronologie des relations internationales
Communauté internationale
Diplomatie
Équilibre des puissances
Multilatéralisme

Région intermédiaire
Relations extérieures de l'Union européenne
Politique étrangère
Théorie des relations internationales
Théorie de la paix démocratique
Science politique
Études stratégiques
Études de sécurité
Études mondiales

Liens externes
Mondes du XXIe siècle (https://sites.google.com/site/mondesduxxiesiecle/home) magazine
d'histoire des relations internationales en ligne
Diploweb, la revue des relations internationales en ligne (http://www.diploweb.com/), avec
un conseil scientifique
* The IR Theory Knowledge Base (http://www.irtheory.com/know.htm) (en)
Theory Talks (http://www.theory-talks.org) Entretiens sur la Théorie des Relations
Internationales (en)
Qu'est-ce qu'une théorie des Relations Internationales ? (http://les-yeux-du-monde.fr/resso
urces/18301-quest-ce-quune-theorie-des-relations), Les Yeux du Monde - site d'actualité
et de géopolitique (fr)

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