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CHAPITRE 3 

: LES TRANSFERTS DE MATIERE

1. Définition

On appelle transfert de matière, le déplacement d’une certaine quantité de matière dû à un gradient de


concentration ou de pression. En effet, la matière (espèce moléculaire) se déplace d’un point où elle est plus
concentrée (point de pression osmotique élevée) vers un point où elle est moins concentrée (point de
pression osmotique faible). Ce déplacement évolue spontanément vers un équilibre de concentrations ou de
pressions. La grandeur permettant d’évaluer le transfert de matière en industrie est appelé flux de matière ou
débit de matière et est notée m.

Exemples :

- L’évaporation de l’eau lors du séchage d’un produit alimentaire est un transfert de molécules d’eau
sous forme de vapeur, du produit alimentaire vers l’air ambiant.
- L’extraction du saccharose contenu dans la canne à sucre par de l’eau met en jeu un transfert des
molécules de saccharose, des fibres de canne vers l’eau.
- Le passage des molécules de soluté (électrolytes) au travers d’une membrane sélective lors d’une
opération de dialyse est un transfert des molécules de soluté de la solution la plus concentrée en ce
soluté vers la solution la moins concentrée en ce soluté.

2. Lois de transferts de matière en régime stationnaire

2.1. Transfert de matière par diffusion

2.1.1. Définition

Le transfert de matière par diffusion est la migration d’une espèce moléculaire dans un milieu solide de
façon générale. La diffusion est un processus lent : les molécules migrent dans un solide ou dans un fluide considéré
comme immobile (écoulement laminaire).
Exemples :
- La migration d’une goutte d’eau à l’intérieur d’un carreau de sucre est un transfert de molécules
d’eau par diffusion.
- La migration d’une solution sucrée à l’intérieur d’une tranche de pain est un transfert de molécules
de sucre par diffusion.

2.1.2. Loi de transfert de matière par diffusion : Première loi de FICK

Le transfert de matière par diffusion est régi par la première loi de Fick qui s’exprime comme suit :

m = - D.A.dC/dx ou m = - D.A.dC/dr

Avec :
D : coefficient de diffusivité moléculaire dans le milieu solide (m2/s)
m : débit de matière transféré (kg/s ou mol/s)
dC : différence de concentration (kg/m3 ou mol/m3)
A : surface de transfert (m2)
dx ou dr : épaisseur ou rayon (m)
Le signe (-) figurant dans l’expression signifie que le gradient de concentration est négatif. En effet les flux
de matière sont des grandeurs positives.
2.1.3. Application de la première loi de FICK

2.1.3.1. Modèle de plaque plane homogène.

Dans le cas d’un transfert de matière, le modèle de la plaque plane homogène peut représenter :

- Une membrane semi-perméable lors d’une opération de dialyse.


- Un film d’emballage laissant passer certaines molécules gazeuses etc.

m = D.A (C1 – C2)/e


avec C1 C2
A
C1

C2

2.1.3.2. Modèle de paroi cylindrique homogène

Le modèle de la paroi cylindrique homogène peut représenter la paroi d’un module membranaire tubulaire dans le cas
d’un transfert de matière.

m = 2 D L(C1 – C2)/ln (r2 /r1)


avec C1 C2

2.1.3.3. Modèle de plaque plane composite

On entend par plaque plane composite, une plaque constituée de plusieurs couches de matériaux plans
différents. Ce modèle peut représenter une membrane semi-perméable hétérogène lors d’une opération de
dialyse, d’osmose inverse ou de perméation gazeuse.
Dans le cas d’une plaque plane composite, la détermination du flux global de matière obéit à une
méthodologie dont les étapes sont les suivantes :

- Identifier les zones de transfert de matière ainsi que les modes de transfert correspondants.
- Ecrire pour chaque zone de transfert, l’expression du flux de matière et déduire l’expression des
différences de concentration.
- Faire l’addition membre à membre de ces différences de concentration.
- Faire l’hypothèse du régime stationnaire : les flux de matière de chaque zone de transfert sont égaux
entre eux et égaux au flux global de matière (m1 = m2 = m3 =………………..= m)

M = A.C/[(e1/D1) + (e2/D2) + (e3/D3)]

Généralisation :
A m = A.C/[( ei / Di)]
C1

C4

D1 D2 D3

e1 e2 e3

2.1.3.4. Modèle de la paroi cylindrique composite


On entend par paroi cylindrique composite, une paroi cylindrique constituée de plusieurs couches de matériaux
différents. Dans le cas d’un transfert de matière, ce modèle peut représenter la paroi d’un module membranaire
tubulaire hétérogène.

M = 2πLC/ [ln (ri+1/ri)]/Di

2.2. Transfert de matière par convection

Le transfert de matière par convection est le déplacement de la matière au cours duquel la molécule est
entraînée dans un courant de fluide. Ce déplacement peut avoir lieu à l’intérieur d’un fluide agité ou entre un
fluide agité et la surface externe d’un solide.
Exemples :
- La coloration rapide et totale d’un volume d’eau agité, par une substance colorante introduite dans
cette eau, met en jeu des courants de convection de matière.
- Le salage de la surface d’une carcasse de viande par aspersion d’eau salée met en jeu un transfert de
matière (molécules de NaCl) par convection.

2.2.1. Loi de transfert de matière par convection

C1

Phase solide

Phase fluide agitée

La loi de transfert est donnée par la relation ci-dessous :

m = h A (C1 – C2)

Avec :

h : coefficient de convection de matière (m/s).


m : débit massique ou flux massique (kg/s)
A : surface externe de la phase solide (m2)
(C1 – C2) : différence de concentration massique entre les deux phases (kg/m3)

2.2.2. Détermination du coefficient de convection de matière h

Le coefficient de convection de matière h dépend à la fois de la nature du fluide d’entraînement, de son


régime d’écoulement et de la diffusivité de la molécule considérée. La détermination de cette grandeur
dépend du modèle d’étude et se fait par utilisation de trois nombres adimensionnels :

- Le nombre de Reynolds (Re) qui compare l’influence des forces d’inertie d’un fluide en mouvement
dans une conduite cylindrique, par rapport aux forces de viscosité.
- Le nombre de Schmidt (Sc) qui compare la vitesse de déplacement moléculaire par entraînement du
fluide par rapport à la vitesse de déplacement moléculaire par diffusion à l’intérieur de ce fluide.
- Le nombre de Sherwood (Sh) qui compare l’influence de la vitesse de transfert de matière par
convection à l’intérieur d’un fluide en écoulement par rapport à la vitesse de transfert de matière par
diffusion à l’intérieur de ce fluide
Les expressions de ces trois grandeurs sont données ci-dessous :

Re = (. v. D)/
Avec :
 : masse volumique du fluide (kg/m3)
v : vitesse moyenne du fluide (m/s)
D : diamètre de la conduite cylindrique (m)
 : viscosité dynamique du fluide (Pa.s)

Sc = / (. D)

Avec D étant la diffusivité moléculaire (m2/s)

Sh = (h l)/D

Avec :
h : coefficient de convection de matière (m/s)
D : diffusivité moléculaire (m2/s)
l : dimension caractéristique (m)

Dans le cas d’un fluide en mouvement à l’intérieur d’une conduite lisse, le coefficient de convection de
matière est déterminé par l’équation suivante :

Sh = 0,023 Re0,8.Sc1/3

Dans le cas d’un fluide en mouvement parallèlement à une paroi plane, le coefficient de convection de
matière est déterminé par l’équation suivante :

Sh = 0,664 Re1/2.Sc1/3

La longueur à considérer est la distance parcourue par le fluide le long de la paroi.

2.2.3. Résistance globale et coefficient global de transfert de matière et de chaleur.

Le facteur (D/e) traduit la facilité de transfert. Alors que (e/D) traduit au contraire, une résistance au
transfert.
Dans les expressions des lois de transfert par convection, le coefficient h traduit la facilité de transfert et son
inverse (1/h) traduit quant à lui une résistance au transfert.
Dans un système constitué de plusieurs zones de transfert de matière ou de chaleur en mode mixte
(convection-conduction ou diffusion), on pourra définir une résistance globale R qui sera la somme des
résistances correspondant à chaque zone de transfert.

R = ri

L’inverse de la résistance globale que l’on note U est par définition le coefficient global de transfert de
matière.

U = 1/R = 1/(ri)

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