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NNT : 2015SACLE003

THESE DE DOCTORAT
DE L’UNIVERSITE PARIS-SACLAY,
préparée à l’Université d’Evry Val-d’Essonne

ÉCOLE DOCTORALE N° 579


Sciences Mécaniques et Energétiques, Matériaux et Géosciences

Spécialité de doctorat : Energétique

Par

M. Stanislas N. B. BROU
Modélisation et commande d’un système de cogénération utilisant des énergies
renouvelables pour le bâtiment

Thèse présentée et soutenue à Evry, le 12 octobre 2015 :

Composition du Jury :

M. B. Peuportier, Maître de recherche, CES, MINES ParisTech, Rapporteur


M. C. Menezo, Professeur, INSA de Lyon, Rapporteur
M. F. Allard, Professeur, Université de La Rochelle, Président
M. J.-J. Roux, Professeur, INSA de Lyon, Examinateur
M. A. Neveu, Professeur, Université d’Evry, Directeur de thèse
M. F. Joly, Maître de conférences, Université d’Evry, Co-encadrant
Thèse réalisée au Laboratoire de Mécanique et d’Energétique d’Evry
Equipe Themique et Energétique
40 Rue du Pelvoux, 91020 Evry Cedex
Web : http ://lmee.univ-evry.fr/

Projet de recherche : Batimac

Piloté par l’entreprise : Ens2r

En partenariat avec : Ueve, Hevatech, Mecamidi


Remerciements

C e travail de recherche mené au Laboratoire de Mécanique et d’Energétique de l’uni-


versité d’Evry est arrivé à terme grâce à l’aide et au soutien de diverses personnes que je
tiens à remercier ici.

J’exprime d’abord mes remerciements et ma reconnaissance envers le professeur Alain


Neveu, mon directeur de thèse qui m’a d’abord fait confiance en me confiant ce sujet
de recherche qui cadre parfaitement avec mon projet professionnel. Ses conseils et son
expérience m’ont été d’une grande utilité.

Que le docteur Fréderic Joly soit remercié pour avoir co-encadré de main de maître
cette thèse de doctorat. Fred merci pour le temps consacré à la relecture de tous les do-
cuments scientifiques liés à cette thèse, pour ta patience, pour le partage de tes talents
de « recherche de bugs » dans les longues lignes de code et pour les supports et conseils
qui m’ont permis de préparer mes cours de maîtrise de l’énergie.

Permettez-moi à présent d’exprimer toute ma gratitude envers les membres du jury qui
ont bien voulu consacrer du temps à la lecture de ce manuscrit et contribuer à l’amélio-
ration de sa qualité.
Elle s’adresse d’abord aux rapporteurs : Bruno Peuportier, Maître de recherche au
Centre Efficacité énergétique des Systèmes-MINES ParisTech et Christophe Menezo,
professeur à l’INSA de Lyon. Puis aux examinateurs : Francis Allard, professeur à
l’université de La Rochelle et Jean-Jacques Roux, professeur à l’INSA de Lyon.

Mes sincères remerciements vont au personnel de l’entreprise ENS2R. Plus particuliè-


rement à : Roger Camponogara directeur de ENS2R et initiateur de cette thèse pour
sa confiance, son accueil et sa générosité puis à Vincent Artigue directeur adjoint de
ENS2R pour sa disponibilité, son sens du partage et pour toutes nos belles discussions
autour du système Batimac. Gonzalo, Nicolas, Lucas, Melvine je ne vous oublie pas !

Je tiens à remercier l’ensemble du personnel de l’IUT de Brétigny et du LMEE et en par-


ticulier Olivier, Sylvie, Jean-Michel, Jean-François, Ayoob, Hakim, Mohamed, Guillaume,
Yassine, Parfait, Liliane, Claudie, Serge, Zhi-Qiang, Gérard, Sabine.
Je n’oublie pas mes collègues doctorants, Benjamin qui est toujours disponible pour
donner un coup de main sur SAMBA, Sylvain pour le café, les bons gâteaux et les stagiaires
Sébastien, Julien et encore un autre Sébastien, merci à vous pour m’avoir permis de penser
à autre chose qu’à ma thèse !

i
Remerciements

Aussi, un grand merci à toutes les personnes que j’ai pu croiser et qui de par leur savoir,
leur aide ou plus simplement de leur soutien, ont éclairé toutes ces années d’aventures de
la Côte d’Ivoire à la France en passant par l’Algérie.

F
Durant toutes ces années, j’ai toujours eu le soutien indéfectible de ma amille et je
veux trouver ici l’occasion de leur témoigner toute ma gratitude. Particulièrement à mon
père qui a toujours trouvé beaucoup de fierté en ce que je faisais : j’aurai tant voulu qu’il
puisse lire quelques lignes de ce mémoire... et à ma Mère pour tous les sacrifices consentis.

Enfin, que Marie-Pascale trouve ici le témoignage de ma dilection. Merci pour ta pa-
tience et tes encouragements.

A mon père.

ii
Table des matières

Remerciements i

Table des matières iii

Table des figures vii

Liste des tableaux xi

Introduction 1

Partie I : De la Situation Energétique & Environnementale Actuelle


au Système Batimac 3

1 Contexte & Objectifs 5


1.1 Situation énergétique et environnementale . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Sur le plan mondial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.2 En France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.3 Maîtrise de l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.4 Solutions de maîtrise d’énergie dans le secteur du bâtiment . . . . . 11
1.2 Cogénération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.1 Avantages et typologie de cogénération . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.2 Critères d’évaluation d’une installation de cogénération . . . . . . 13
1.2.3 Notion d’efficacité d’un système de cogénération . . . . . . . . . . . 17
1.3 Batimac : vers des bâtiments écologiques et autonomes en énergie. . . . . 17
1.4 Objectifs de la thèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4.1 Système Batimac standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4.2 Le simulateur numérique du système et de sa charge . . . . . . . . . 21
Conclusion du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

Partie II : Modélisations et Validations des Principaux Composants

iii
TABLE DES MATIÈRES

du Simulateur 27
2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés » 29
2.1 Ballon d’eau chaude stratifié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.1.1 Dimensions du ballon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.1.2 Modélisation d’un ballon d’eau chaude stratifié . . . . . . . . . . . . 31
2.1.3 Algorithme du mix dans les ballons stratifiés . . . . . . . . . . . . . 33
2.1.4 Validation du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2 Machine à absorption . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.2.1 Principaux composants d’une machine à absorption (H2 O/LiBr) . . 37
2.2.2 Modèle thermodynamique d’une machine à absorption . . . . . . . 38
2.2.3 Validation du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.3 Concentrateur solaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.3.1 Modélisation d’un concentrateur à réflecteur linéaire de fresnel . . . 48
2.3.2 Poursuite de la course du soleil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.4 Générateur d’air chaud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
2.5 Moteur à air chaud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.5.1 Calcul de la température de la tête chaude du moteur . . . . . . . . 54
2.5.2 Estimation de la puissance électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.5.3 Calcul de la température de sortie du circuit de refroidissement . . 55
2.6 Tour de refroidissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.7 Tuyauteries et gaines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.7.1 Estimation des pertes de charge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.7.2 Calcul des pertes de chaleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
Conclusion du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

3 Réduction modale des composants « fortement maillés ». 61


3.1 Analyse modale des systèmes thermiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
3.1.1 Problème générique de thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
3.1.2 Méthodes d’analyse et de réduction modales . . . . . . . . . . . . . 62
3.1.3 Réduction modale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.1.4 Modèle modal réduit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.2 Modélisation d’un bâtiment muni d’un plancher chauffant réversible . . . 70
3.2.1 Le bâtiment et son émetteur/absorbeur de chaleur . . . . . . . . . 70
3.2.2 Réduction modale du bâtiment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.2.3 Validation du modèle réduit de bâtiment . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.3 Modélisation d’un système de stockage thermique avec matériau à change-
ment de phase . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
3.3.1 Description du problème physique et hypothèses de modélisation . . 91
3.3.2 Modélisation avec la méthode des différences finies . . . . . . . . . 94
3.3.3 Modélisation par réduction modale : méthode BERM . . . . . . . . 98
3.3.4 Discrétisation temporelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
3.3.5 Validation du modèle détaillé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
3.3.6 Analyse du modèle réduit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Conclusion du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112

iv
TABLE DES MATIÈRES

Partie III : Simulateur Batimac : Développement & Utilisation 113


4 Conception du simulateur 115
4.1 Présentation de la plate-forme de simulation . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
4.1.1 Les outils Microsoft Office . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
4.1.2 Le logiciel Matlab . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
4.1.3 Simulink & Stateflow . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
4.2 Implémentation des modèles dans Simulink . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
4.3 Stratégies de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
4.3.1 Critères à satisfaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
4.3.2 Choix du système de production de chaleur haute température . . . 123
4.3.3 Règles de contrôle local . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
4.4 Exemple de déroulement d’une simulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
4.5 Validation du simulateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
4.5.1 Description du cas test . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
4.5.2 Tests de cohérence de SimCoBat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
Conclusion du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132

5 Etudes de performance et de satisfaction du système Batimac 133


5.1 Cas d’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
5.1.1 Choix de la configuration du système Batimac . . . . . . . . . . . 134
5.1.2 Principaux paramètres de simulation . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
5.1.3 Zoom sur le fonctionnement général de cette installation . . . . . . 135
5.2 Résultats de simulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
5.2.1 Bilan de production et de conversion d’énergie . . . . . . . . . . . . 137
5.2.2 Bilan de consommation d’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
5.3 Evaluation du système Batimac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
5.3.1 Calcul des rendements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
5.3.2 Impact environnemental et énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . 139
5.3.3 Efficacité de l’installation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
5.4 Etude de satisfaction du système . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
5.4.1 Analyse du critère relatif au chauffage : C1 . . . . . . . . . . . . . . 143
5.4.2 Analyse du critère relatif à l’ECS : C2 . . . . . . . . . . . . . . . . 144
5.5 Exemple d’étude paramétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
5.5.1 Contexte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
5.5.2 Analyse des résultats et discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
5.6 Cas d’un fonctionnement plus réaliste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
5.6.1 Sans système de stockage basse température . . . . . . . . . . . . . 153
5.6.2 Avec système de stockage basse température . . . . . . . . . . . . . 155
Conclusion du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158

Conclusion et perspectives 159

v
TABLE DES MATIÈRES

Annexes 165
A Compléments sur la modélisation de la MAA 167
A.1 Calcul de la densité du mélange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
A.2 Variables de la fonction Psat (X, T ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
A.3 Détail relatif à la fonction Hmel (T, X) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168

B Calcul astronomique 169


B.1 Déclinaison du soleil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
B.2 Heure solaire vraie et Levée et Durée du jour . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
B.3 La hauteur, le zénith et l’azimut du soleil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
B.4 L’angle incident . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170

C Contribution à l’étude de conception du générateur d’air chaud 173


C.1 Configuration de l’échangeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
C.2 Dimensionnement de l’échangeur de chaleur . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
C.3 Interprétation des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
C.3.1 Influence du nombre de passe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
C.3.2 Influence du nombre de passe élémentaire . . . . . . . . . . . . . . . 176
C.3.3 Influence de la hauteur des ailettes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177

D Complément à la modélisation du bâtiment 179


D.1 La ventilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
D.2 Les apports de chaleur internes et les ponts thermiques . . . . . . . . . . . 180
D.2.1 Apports de chaleur par les occupants . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
D.2.2 Les apports de chaleur dus aux équipements . . . . . . . . . . . . . 180
D.2.3 Les apports de chaleur dus à l’éclairage artificiel . . . . . . . . . . . 181
D.2.4 Les ponts thermiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
D.3 Apports solaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
D.3.1 Calcul des apports solaires reçus par une paroi extérieure . . . . . 182
D.3.2 Calcul des apports solaires internes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
D.3.3 Validation de la méthode de calcul des apports solaires . . . . . . . 183

E Compléments à la modélisation de l’unité de stockage avec MCP 185


E.1 Discrétisation spatiale en différences finies . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
E.1.1 Domaine HTF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
E.1.2 Domaine MCP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
E.2 Expression des opérateurs Ab et Cb . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
E.2.1 Domaine MCP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
E.2.2 Domaine HTF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193

F Compléments sur les simulations 195


F.1 Paramètres de simulation : validation de SimCoBat . . . . . . . . . . . . 196
F.2 Paramètres de simulation : Etude de performance . . . . . . . . . . . . . . 200

Bibliographie 203

vi
Table des figures

1.1.1 Exemple de chaine énergétique pour la production de chaleur . . . . . . . 6


1.1.2 Production mondiale d’énergie primaire (en Mtep) [AIE 14a]. . . . . . . 7
1.1.3 Mix énergétique mondial 1973 et 2012 [AIE 14a]. . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.4 Conséquences du changement climatique [GIEC 14]. . . . . . . . . . . . . 8
1.1.5 Production d’énergie primaire par énergie, France [CGDD 15]. . . . . . . 9
1.1.6 Mix énergétique français [CGDD 15]. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.7 Situation énergétique et environnementale par secteur d’activité en 2013. 10
1.1.8 Diagnostic énergétique et environnemental du secteur du bâtiment. . . . . 11
1.2.1 Exemple comparatif : cogénération vs système classique . . . . . . . . . . 12
1.2.2 Familles de cogénération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.3 Mix électrique en France, 2013 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.4.1 Synoptique du système Batimac couplé à sa charge . . . . . . . . . . . . 19
1.4.2 Différents modèles Simulink . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

2.1.1 Ballon d’eau chaude stratifié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31


2.1.2 Comparaison des résultats de [Blandin 10] et du présent modèle . . . . . . 35
2.2.1 Structure d’une machine frigorifique à absorption . . . . . . . . . . . . . . 37
2.2.2 Etapes de résolution du modèle de la MAA à un instant t . . . . . . . . . 44
2.2.3 Confrontation Thermoptim Vs Modèle proposé . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.2.4 Variation du COP en fonction de la température de l’absorbeur : modèle
proposé Vs Romero et al. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.3.1 Principaux systèmes solaire à concentration . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.3.2 Principe de fonctionnement d’un concentrateur LFR . . . . . . . . . . . . 49
2.3.3 Facteur de modification de l’angle incident [Morin 12] . . . . . . . . . . . 50
2.5.1 Coupe du moteur à air chaud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.5.2 Variation du rendement électrique en fonction de la température de la
tête chaude du moteur [ENS2R 15] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

3.1.1 Géométrie du système étudié. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62


3.2.1 Modèles nodaux de bâtiment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
3.2.2 Comparaison de deux modèles monozones. . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.2.3 Modèles de bâtiment monozone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.2.4 Sous-structuration du bâtiment en quatre domaines . . . . . . . . . . . . 74
3.2.5 Exemple de champ de température dans un plancher . . . . . . . . . . . . 78
3.2.6 Elément de plancher. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.2.7 Comparaison MR enveloppe et simulation Pleaides+Comfie . . . . . . 85
3.2.8 Six premiers modes du plancher (mode ccm) . . . . . . . . . . . . . . . . 88

vii
TABLE DES FIGURES

3.2.9 Evolution dynamique des températures : MR d’ordre 14 Vs MD . . . . . . 89


3.3.1 Schéma du système de stockage avec MCP. . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
3.3.2 Schéma d’une unité de stockage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
3.3.3 Représentation bidimensionnelle de l’unité de stockage. . . . . . . . . . . 92
3.3.4 Maillage en différences finies de l’unité de stockage. . . . . . . . . . . . . 95
3.3.5 Structure matricielle de l’équation différentielle (3.3.30). . . . . . . . . . . 97
3.3.6 Structure matricielle de l’équation différentielle (3.3.41). . . . . . . . . . 100
3.3.7 Validation du modèle detaillé. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
3.3.8 Mode plat (MCP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
3.3.9 Mode global . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
3.3.10 Exemple de modes volumiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
3.3.11 Exemple de modes surfaciques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
3.3.12 Les 3 premiers modes dans le HTF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
3.3.13 Choix du nombre de mode dans le domaine du HTF (Ωf ) . . . . . . . . . 106
3.3.14 Régimes de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
3.3.15 Ecarts de température  (M, t) pour la généralisation du modèle réduit. . 109
3.3.16 Champs de température et de fraction liquide dans le MCP . . . . . . . . 111

4.1.1 Environnement de simulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116


4.1.2 Hiérarchisation du simulateur dans l’environnement Simulink . . . . . . 117
4.1.3 Image du niveau II de SimCoBat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
4.1.4 Interface graphique de la charge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
4.1.5 Copie d’écran du niveau III de SimCoBat, pour la charge du système . 120
4.2.1 Modèle thermique d’une VMC double flux . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
4.2.2 Illustration du modèle d’un ballon de stockage d’ECS codé en Matlab . 121
4.3.1 Présentation du concept de « superviseur » . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
4.3.2 Modélisation de Obj-N°1 dans l’environnement Stateflow . . . . . . . . 123
4.3.3 Diagramme de flux de la gestion des équipements de production de chaleur
haute température : cas d’un fonctionement mixte . . . . . . . . . . . . . 124
4.3.4 Régulation de la température d’air intérieur du bâtiment . . . . . . . . . 125
4.4.1 Les trois modules du simulateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
4.5.1 Variation des écarts en fonction du pas de temps de simulation . . . . . . 130
4.5.2 Comportement du régulateur PI selon le pas de temps de simulation. . . 131

5.1.1 Configuration du système BATIMAC pour le cas d’étude . . . . . . . . . 135


5.2.1 Diagramme de flux mettant en évidence la répartition de l’énergie . . . . 136
5.3.1 Variation mensuelle du rendement et de l’efficacité de l’installation . . . . 141
5.3.3 Taux de fonctionnement des équipements de la boucle chaude . . . . . . . 141
5.3.4 Profil type de puisage d’ECS [CSTB ]. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
5.3.2 Réponse du système et sollicitations de la charge . . . . . . . . . . . . . . 142
5.3.5 Evolution mensuelle de la température d’air intérieur et du facteur r-chge 143
5.4.1 Evolution temporelle des températures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
5.4.2 Résultats de l’analyse du critère C1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
5.4.3 Evaluation du risque de prolifération de légionelles . . . . . . . . . . . . . 146
5.5.1 Valeurs normalisées des résultats de l’étude paramétrique . . . . . . . . . 147
5.5.2 Sensibilité du critère relatif au chauffage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
5.5.3 Sensibilité du critère relatif à l’ECS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150

viii
TABLE DES FIGURES

5.5.4 Durée de fonctionnement mensuelle (en heure) . . . . . . . . . . . . . . . 151


5.6.1 Cycles de fonctionnement du GAC, 1ère semaine de décembre . . . . . . . 153
5.6.2 Comparaison des régimes de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . 153
5.6.3 Comparaison des puissances utiles du GAC . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
5.6.4 Comparaison des efficacités (cas sans stockage) . . . . . . . . . . . . . . . 154
5.6.5 Comparaison des niveaux de satisfaction (sans stockage) . . . . . . . . . . 155
5.6.6 Comparaison des efficacités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
5.6.7 Comparaison des niveaux de satisfaction (avec stockage) . . . . . . . . . . 156

C.1 Chaudière de la Brie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174


C.2 Coupe de la chaudière. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
C.3 Principe de l’échangeur avec 3 passes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
C.4 Photographie de la chambre de combustion. . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
C.5 Vue de face de l’échangeur ( 4 passes et 6 passes élémentaires) . . . . . . 175
C.1 Influence du nombre de passe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
C.2 Influence du nombre de passe élémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
C.3 Influence de la hauteur des ailettes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177

D.1 Bâtiment BESTEST [140-2001 ] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184


D.2 Validation de la méthode de calcul des apports solaires (RSg ) . . . . . . . 184

ix
Liste des tableaux

1.1 Exemple d’unité de cogénération. [Knight 05] . . . . . . . . . . . . . . . . 14


1.2 Facteurs d’émission de CO2 . [ADEME 07] . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3 Contenu CO2 de l’électricité en France [et ADEME 07] . . . . . . . . . . 16

2.1 Propriétés thermophysiques de l’eau et dimensions de la cuve. . . . . . . 34


2.2 Coefficients et exposants de l’équation (2.2.12) . . . . . . . . . . . . . . . 41

3.1 Synthèse de trois méthodes numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69


3.2 Caractéristiques thermophysiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.3 Conservation du flux dans le plancher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
3.4 Constantes de temps (en s) de quelques modes . . . . . . . . . . . . . . . 87
3.5 Ecarts de température en fonction de la base réduite du plancher . . . . 87
3.6 Caractéristiques thermophysiques utilisées pour la validation du MD. . . . 101
3.7 Synthèse des résultats de comparaison entre MR et MD . . . . . . . . . . 105
3.8 Performances en gain de temps du MR dans l’environnement Simulink . 107
3.9 Caractéristiques thermophysiques de la "paraffin wax"[Choi 92] . . . . . . 108

4.1 Synthèse des résultats pour l’étude de convergence . . . . . . . . . . . . . 128


4.2 Bilan énergétique de l’installation en kWh pour dt=1s . . . . . . . . . . . 129
4.3 Influence des composants sensibles au pas de temps . . . . . . . . . . . . 130

5.1 Bilan de production et de conversion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137


5.2 Bilan de consommation d’énergie en MWh . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
5.3 Rendements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
5.4 Durée minimale d’élévation quotidienne de la température de l’eau dans
les équipements de stockage, à l’exclusion des ballons de préchauffage . . 145
5.5 Tableau récapitulatif des résultats de l’étude paramétrique (les énergies
et consommations sont en MWh). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
5.6 Etude de sensibilité ; critère C1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149

A.1 Paramètres de la fonction Psat (X, T ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167


A.2 Coefficients de l’équation (A.3.1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168

C.1 Configuration de l’échangeur du Générateur d’Air Chaud . . . . . . . . . 176

D.1 Débits d’air règlementaires d’aération dans les logements . . . . . . . . . 179


D.2 Taux de renouvèlement d’air dans différents pays. . . . . . . . . . . . . . 180
D.3 Equipements considérés pour les apports de chaleur internes . . . . . . . . 181

xi
Nomenclature

Autres
∇ Opérateur gradient [m−1 ]
∇2 Opérateur laplacien [m−2 ]
Lettres Grecques
α Coefficient absorption solaire [-]
µ Viscosité dynamique [kg.m−1 .s−1 ]
ν Viscosité cinématique [m2 .s−1 ]
Φ Flux de chaleur [W]
Φ1 Flux de chaleur échangé entre le fluide caloporteur et la structure du plancher [W]
Φ2 Flux de chaleur échangé entre la surface du plancher et l’air intérieur [W]
Φ3 Flux de chaleur échangé entre la structure du plancher et le sol [W]
Φsint Gain solaire interne total [W]
Φsj Apport solaire sur une surface j [W]
Φsmex/tex Apport solaire reçu sur la surface externe du mur/de la toiture [W]
ϕs Densité de flux solaire [W/m2 ]
β Coefficient de dilatation thermique [K − 1]
ρ Masse volumique [kg/m3 ]
ζ Nombre de Steklov [J/m2 .K]
Indices et Exposants
a Air intérieur/ Absorbeur
c Condenseur
cca Chauffant et circulateur à l’arrêt
ccm Chauffant et circulateur en marche
e Enveloppe du bâtiment/ Evaporateur/ Entrée
ext Extérieur

xiii
LISTE DES TABLEAUX

g Générateur
h Hydraulique
int Intérieur
mex Mur extérieur
op Mode de fonctionnement du plancher reversible
out Sortie
pin Paroi interne
rca Rafraîchissant et circulateur à l’arrêt
rcm Rafraîchissant et circulateur en marche
s Sol/ Solaire
t Toiture
tex Toiture extérieur
v Vitrage
0 Etat de référence ou Paramètre constant
c Chaud
ef Entrée fluide
env Milieu environnant
eq Equivalent
f Fluide / Fluide de transfert de chaleur
in Entrée
m Matériau à changement de phase/ Mur
p Interface HTF-MCP/ Plancher
r Réduit
sf Sortie fluide
Sigles et Abbréviations
SimCoBat Simulateur de système de Cogénération couplé à un Bâtiment
AREN E Agence Régionale de l’Environnement et des Nouvelles Energies
DT U Document Technique Unifié
GAC Générateur d’air chaud
HT F Fluide caloporteur
SAM BA Simulation par Analyse Modale de modes de Branche Amalgamés
SST L Système de Stockage Thermique Latent

xiv
LISTE DES TABLEAUX

RT Réglementation Thermique
UE Union Européenne
COP Coefficient de performance
MAA Machine à absorption
AIE Agence Internationale de l’Energie
Variables
ṁ Débit massique [kg/s]
A Matrice de diffusion
C Matrice de capacité
I Matrice identité
P Matrice de passage/ Base modale
U Vecteur de sollicitation
Y Vecteur des observables
a Diffusivité thermique [m2 .s−1 ]
d Diamètre du tube (plancher) [cm]
dt, δt Pas de temps [s]
e Epaisseur
H Enthalpie ou Hauteur [J/kg ou m ]
Idn Rayonnement direct normal [W/m2 ]
Ih Rayonnement global horizontal [W/m2 ]
L Longueur [m]
l Espacement des tubes (plancher) [cm]
Pp Puissance de la pompe [W]
r Rayon [m]
rGS Ratio de gain solaire [-]
RSdif Composante diffuse du rayonnement solaire [W/m2 ]
RSdir Composante directe du rayonnement solaire [W/m2 ]
RSg Rayonnement solaire global [W/m2 ]
RSref Composante réfléchie du rayonnement solaire [W/m2 ]
Tf Température moyenne du fluide caloporteur [°C]
Xc Titre de la solution concentrée [-]
Xd Titre de la solution diluée [-]

xv
LISTE DES TABLEAUX

T Champ de température [°C ou K]


A Surface latérale [m2 ]
c Chaleur spécifique volumique [J/m3 .K]
cp Chaleur spécifique massique [J/kg.K]
D Diamètre [m]
e Epaisseur [m]
Ef Efficacité de l’échangeur [-]
f Fraction liquide [-]
h Coefficient d’échange convectif [W/m2 .K]
hg Coefficient global d’échange [W/m2 .K]
k Conductivité thermique [W/m.K]
Lc Longueur caractéristique [m]
Lf Chaleur latente de fusion [J/m3 ]
m Masse [kg]
N Taille du maillage [-]
n Normale extérieure [-]
Nu Nombre de Nusselt [-]
Pr Nombre de prandtl [-]
RA,AT Ratio de la surface totale des parois à la surface utile [-]
Re Nombre de Reynolds [-]
S Section ou Surface adjacente [m2 ]
T Température [°C ou K]
t Temps [s]
V Volume [m3 ]
Vi Mode ou vecteur propre de rang i [K]
xi Etat d’exitation du mode de rang i [-]
zi Valeur propre de rang i [s−1 ]

xvi
Introduction

N otre planète change. Entre 1901 et 2012 la température moyenne à la surface de


la terre a augmenté de 0.89°C seulement et pourtant les conséquences de ce dérèglement
climatique se font déjà ressentir [GIEC 14]. Cette situation est imputable à une consom-
mation croissante d’énergies fossiles dont la combustion libère des gaz à effet serre.

Afin de limiter les conséquences de ce changement climatique, la France organise à


partir du 30 novembre 2015 la 21ème Conférence des parties de la Convention-cadre des
Nations unies sur les changements climatiques (COP21). L’objectif de cette conférence
internationale est clair : trouver un accord contraignant pour maintenir le réchauffement
mondial en deçà de 2°C.
Toutefois, sans attendre la mise en place de ce nouvel accord, la France avait déjà
amorcé sa transition énergétique avec la directive 20-20-20, le Grenelle de l’environne-
ment et la récente loi sur la transition énergétique pour la croissance verte entre autres.
Toutes ces politiques de maîtrise d’énergie ont la même finalité : réduire nos consomma-
tions d’énergie et limiter les effets du changement climatique.

En particulier, pour le secteur du bâtiment, premier secteur de consommation d’éner-


gie primaire (44.8%) et deuxième émetteur de dioxyde de carbone (24.6%), les nouvelles
règlementations sont de plus en plus ambitieuses. Notamment avec la RT2012 qui a gé-
néralisé depuis 2013 les bâtiments à basse consommation (BBC) et la RT2020 à venir
qui imposera au bâtiment neuf d’être totalement autonome en énergie et ce sans aucune
émission de gaz à effet de serre (BEPOS) AJOUTER RENOVATION.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet BATIMAC, piloté par l’entreprise ENS2R
et soutenu par la Région Ile-de-France et le Conseil général de l’Essonne. Son but est de
proposer des systèmes énergétiques permettant aux bâtiments auxquels ils sont associés
d’atteindre des performances énergétiques et environnementales à la hauteur des enjeux
actuels. Ainsi, le système BATIMAC est un système de tri/cogénération utilisant des
énergies renouvelables.
Par ailleurs, pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments neufs ou existants, ce
système énergétique se veut sur-mesure. Pour cela, avant même de débuter sa conception,
diverses simulations dynamiques 1 sont nécessaires afin de proposer le système BATIMAC
le plus adapté pour un (ou un ensemble) de bâtiment donné.

1. d’un système BATIMAC couplé à une charge (logement collectif, bâtiment tertiaire ou ensemble
de maisons individuelles)

1
Introduction

L’objectif du présent travail de thèse consiste donc à développer d’un tel outil d’aide
à la décision. Cette plate-forme de simulation dynamique de comportement énergétique
doit être ergonomique, rapide et représentative afin de permettre le dimensionnement,
l’optimisation, le pilotage et l’étude des performances des systèmes BATIMAC.

Ce manuscrit s’articule autour de 3 parties contenant 5 chapitres. Dans la partie 1,


le premier chapitre constitue une introduction plus générale. Un résumé de la situation
énergétique et environnementale actuelle est d’abord proposé au lecteur puis un bref état
de l’art des technologies de cogénération ainsi que des méthodes d’évaluation des per-
formances de ces installations sont présentées. Enfin, cette première partie présente les
principaux composants du système BATIMAC, les typologies de modèles et l’environne-
ment de simulation.

La deuxième partie porte essentiellement sur la modélisation et la validation des mo-


dèles de composants. Ainsi, le chapitre 2 traite de la modélisation des composants peu
ou non maillés et au chapitre 3 des méthodes de réduction modale sont utilisées pour
modéliser les composants fortement maillés.

La partie 3 est composée de 2 chapitres. L’implémentation de ces modèles numé-


riques et l’élaboration des stratégies de contrôle-commande dans l’environnement Mat-
lab/Simulink/Stateflow font l’objet du chapitre 4. Au chapitre 5, la plate-forme de
simulation est utilisée pour évaluer les performances énergétiques d’une configuration de
l’installation et sa capacité à satisfaire aux exigences de la charge en matière de chauffage
et de production d’eau chaude sanitaire. Puis des études paramétriques sont réalisées afin
de mettre en relief la nécessité d’un tel outil pour l’analyse dynamique des systèmes BA-
TIMAC.

2
Partie I : De la Situation Energétique &
Environnementale Actuelle au Système
Batimac

« L’invention scientifique réside


dans la création d’une hypothèse
heureuse et féconde ; elle est
donnée par le génie même du
savant qui l’a créée. »

(Claude Bernard, Biologiste,


Médecin, Physiologiste,
Scientifique 1813-1878)
Chapitre 1

Contexte & Objectifs

1.1 Situation énergétique et environnementale . . . . . . . . . . . . . . . 5


1.1.1 Sur le plan mondial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.2 En France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.3 Maîtrise de l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.4 Solutions de maîtrise d’énergie dans le secteur du bâtiment . . 11
1.2 Cogénération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.1 Avantages et typologie de cogénération . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.2 Critères d’évaluation d’une installation de cogénération . . . 13
1.2.3 Notion d’efficacité d’un système de cogénération . . . . . . . . 17
1.3 Batimac : vers des bâtiments écologiques et autonomes en énergie. . 17
1.4 Objectifs de la thèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4.1 Système Batimac standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4.2 Le simulateur numérique du système et de sa charge . . . . . . 21
Conclusion du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

1.1 Situation énergétique et environnementale


L’énergie peut être définie comme une manifestation de force, de mouvement, de cha-
leur et de transformation émanant d’une source quelconque et capable de produire un
travail, à élever la température d’un corps, ou effectuer une action précise et déterminée.
Il découle naturellement de cette définition que la notion d’énergie n’est pas récente pour
l’humanité, car rappelons le, l’utilisation du feu remonte à la préhistoire [Lieberherr 06].

Très souvent, l’énergie consommée est obtenue à la suite d’un long processus appelé
chaine énergétique. Comme illustré à la figure 1.1.1, cette chaine débute par une énergie
primaire 1 qui subit des transformations physico-chimiques pour produire une énergie dite

1. C’est la première forme d’énergie directement disponible dans la nature, par exemple du pétrole
brut ou la bûche de bois.

5
Chapitre 1 Contexte & Objectifs

secondaire. Facilement transportable, cette énergie secondaire 2 est acheminée vers les
foyers de consommation où l’énergie finale reçue est transformée en énergie utile.

Figure 1.1.1 – Exemple de chaine énergétique pour la production de chaleur

Si cette consommation énergétique contribue significativement à l’amélioration de notre


qualité de vie, il n’en demeure pas moins que l’utilisation de certaines sources d’énergie
représente de plus en plus une menace pour l’environnement. En effet, les émissions des
gaz à effet de serre (GES) anthropiques 3 dont majoritairement 4 le dioxyde de carbone
(CO2 ) viennent s’ajouter aux gaz à effet de serre naturellement 5 présent dans l’atmo-
sphère, accentuant ainsi le phénomène de l’effet de serre qui est à l’origine du changement
climatique.

1.1.1 Sur le plan mondial


D’après l’Agence Internationale de l’Energie 6 (AIE), la production mondiale d’énergie
est passée de 6106 Mtep 7 en 1973 à 13371 Mtep en 2012 ; soit une consommation énergé-
tique doublée en moins de 40 ans (voir figure 8, 9 1.1.2).

La répartition de cette consommation d’énergie primaire est donnée par le mix éner-
gétique 10 mondial mis en relief par la figure 1.1.3. Celui-ci laisse apparaître une consom-
mation mondiale d’énergie largement dominée depuis plusieurs années par les combus-
tibles fossiles (pétrole, charbon et gaz naturel) ; soit une proportion de 86.7% en 1973
2. aussi appelée vecteur d’énergie (réseau de chaleur ou électricité par exemple)
3. Se dit d’un GES issus des activités humaines. Il s’agit principalement du CO2 , du CH4 , du N2 O,
des HFC.
4. le CO2 représentaient 73% des émissions GES anthropiques en 2010 [SOeS 15]
5. C’est grâce à cet effet de serre que la température moyenne de la terre est de 15°C au lieu de -18°C.
6. L’AIE est un organisme autonome qui travaille à garantir une énergie fiable et peu coûteuse propre
pour ses 29 pays membres et au-delà. Fondée en réponse à la crise du pétrole 1973/4, le rôle initial de
l’AIE était d’aider les pays à coordonner une réponse collective à des perturbations importantes dans
l’approvisionnement en pétrole à travers la libération des stocks pétroliers d’urgence pour les marchés.
Bien que cela continue d’être un aspect essentiel de son travail, l’AIE a évolué et élargi son champ de
compétence. Il est au cœur du dialogue sur l’énergie mondiale, fournissant des statistiques, des analyses
et des recommandations.
7. La tep (tonne équivalent pétrole) est une unité de mesure d’énergie, 1 tep = 11630 kWh.
8. ** : y compris tourbe et schistes bitumineux.
9. *** : inclus la géothermie, le solaire, l’éolien, etc.
10. Répartition des différentes sources d’énergie primaire dans la consommation énergétique finale d’une
zone géographique donnée.

6
1.1 Situation énergétique et environnementale

Figure 1.1.2 – Production mondiale d’énergie primaire (en Mtep) [AIE 14a].

et 81.7% en 2012.

En cette même année 2012, les émissions de CO2 anthropiques estimées à 31734 Mé-
gatonnes (Mt) étaient à 99.5% dues à la combustion de ces énergies fossiles [AIE 14a],
confortant l’idée selon laquelle la consommation d’énergie fossile est étroitement corrélée
à la concentration de CO2 dans l’atmosphère 11 .

Figure 1.1.3 – Mix énergétique mondial 1973 et 2012 [AIE 14a].

Aujourd’hui, nul doute que la consommation énergétique mondiale est en grande partie
responsable du changement climatique. Aussi, d’après le scénario de l’AIE, cette situation
devrait perdurer puisque les émissions de CO2 continueraient à augmenter 12 à l’horizon
2040 [AIE 14b], provoquant à long terme une hausse de la température moyenne mon-
diale de 3.6 °C si des mesures suffisantes ne sont pas prises dès maintenant. C’est l’un
des grands enjeux de la conférence COP 21 sur le climat, qui se tiendra à Paris du 30
11. En 2011, les émissions de CO2 des Etats-Unis et de la Chine représentaient 42% et celles de l’UE
à 28 membres 11% des émissions totales à l’échelle mondiale [SOeS 15].
12. sachant que la consommation de combustible fossile passerait en dessous du seuil de 75% dans le
mix énergétique

7
Chapitre 1 Contexte & Objectifs

novembre au 11 décembre 2015.

Mais avant d’atteindre ce stade critique, pour une hausse de température moyenne (sur
la période 1901-2012) de l’ordre de 0.89 °C, le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur
l’Evolution du Climat (GIEC) tire déjà la sonnette d’alarme. En effet, dans son dernier
rapport [GIEC 14], il dresse un bilan des conséquences (figure 1.1.4) du changement cli-
matique et attire surtout notre attention sur le fait qu’un franchissement du seuil de 3°C
d’augmentation pourrait s’avérer irréversible avec des risques très élevés pour l’épanouis-
sement des êtres vivants.

Figure 1.1.4 – Conséquences du changement climatique [GIEC 14].

1.1.2 En France
Comme illustré à la figure 1.1.5, la tendance d’évolution de la production énergétique
française était globalement semblable à celle du monde jusqu’au début de la crise financière
de 2008.
En 2013, la consommation d’énergie primaire de la France était estimée à 260 Mtep,
avec un mix énergétique très particulier mis en évidence par le diagramme de la figure
1.1.6 et laissant apparaître les constats suivants :

8
1.1 Situation énergétique et environnementale

Figure 1.1.5 – Production d’énergie primaire par énergie, France [CGDD 15].

• la part de combustible de source fossile est de 49% 13 ;


• la part de nucléaire à 41% 14 .
Ainsi, grâce à cette part importante du nucléaire 15 et à une autre part non négligeable
d’énergie renouvelable 16 dans son mix énergétique, le taux d’indépendance énergétique 17
de la France est maintenant autour de 53% au lieu de 23.9% en 1973.

Figure 1.1.6 – Mix énergétique français [CGDD 15].

A la question de savoir comment est consommée cette quantité d’énergie et quelles en


sont les conséquences pour l’environnement, une ébauche de réponse est apportée par les
figures 1.1.7. Selon la figure 1.1.7a le secteur du bâtiment est le plus énergivore et celui
du transport représente le premier émetteur de CO2 d’après la figure 1.1.7b. Ces deux
13. à comparer à 81.7% sur le plan mondial
14. à comparer à 4.8% sur le plan mondial
15. La France est le 2ème producteur d’électronucléaire, avec 58 réacteurs nucléaires repartis dans 19
centrales pour une puissance totale de 63.1 GWe qui représente les 3/4 de la production d’électricité.
16. En France le panel d’énergie renouvelable (EnR) est vaste et diversifié sur tout le territoire. Il s’agit
principalement d’énergie hydraulique, éolienne, solaire, de la géothermie et de la biomasse dont la filière
bois-énergie qui représente 45% de la part d’EnR utilisée en France.
17. Noté TIE, c’est l’indicateur officiel qui désigne la capacité d’un pays à satisfaire de manière «auto-
nome» ses besoins énergétiques.

9
Chapitre 1 Contexte & Objectifs

secteurs représentent donc plus de 3/4 des consommations d’énergie et plus de la moitié
des émissions de CO2 18 .

(a) Consommation d’énergie finale [CGDD 14]. (b) Emission de CO2 [CGDD 14].

Figure 1.1.7 – Situation énergétique et environnementale par secteur d’activité en 2013.

1.1.3 Maîtrise de l’énergie


La tendance globale est claire : les consommations énergétiques et les émissions de GES
sont en pleine croissance et cette tendance ne s’inversera pas avec l’émergence des pays
comme la Chine, l’Inde, et du continent africain.
Il faut donc dès à présent faire face à deux enjeux majeurs : la sécurité énergétique et le
changement climatique. Pour ce faire, les pouvoirs publics mettent en place des politiques
de maîtrise d’énergie. Il s’agit alors de promouvoir une consommation d’énergie plus res-
ponsable (développement durable 19 ) et à faible impact environnemental.

En France, plusieurs mesures sont déjà en vigueur, notamment le paquet Energie-


Climat 20 , le Grenelle Environnement 21 et d’autres dont la transition Energétique pour la
Croissance Verte 22 font encore objet de débat à l’Assemblé Nationale.

Même si tous ces projets ambitieux portent sur tous les secteurs d’activité, en France,
plusieurs études concluent à ce jour que le secteur du bâtiment représente le plus gros
18. dont l’ensemble représentait 1% des émissions mondiales en 2011 [SOeS 15]
19. « Satisfaire les besoins actuels, sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire
les leurs »[Brundtland 87].
20. Ce plan d’action est en vigueur depuis 2008 et vise d’ici à 2020 à réduire de 20% les émissions GES,
augmenter de 20% l’efficacité énergétique et atteindre 20% d’énergie renouvelable dans le mix énergétique
des pays membre de l’UE. Dans le même sillage, en 2014, le paquet Energie-Climat 2030 a été mis en
place, il repousse les objectifs à -40%, +27% et +27% respectivement.[Council 14]
21. Adopté par l’Assemblé Nationale et le Sénat (de 2007 à 2010), c’est un ensemble de rencontres
visant à prendre des décisions à long terme en matière d’environnement et de développement durable.
Elle est à l’origine de la RT2012 qui impose de construire des bâtiments basse consommation depuis 2013,
d’un vaste projet de rénovation thermique des bâtiments et vise entre autres la division par 4 des GES
d’ici 2050 et la généralisation des bâtiments à énergie positive avec la RT2020...
22. Selon le projet de loi, elle doit permettre à la France de contribuer plus efficacement à la lutte contre
le dérèglement climatique et de renforcer son indépendance énergétique. Elle prévoit entre autres mesures,
une réduction de -50% de la consommation d’énergie d’ici 2050, de -30% la consommation d’énergie de
source fossile d’ici 2030, de -25% la part du nucléaire dans la production d’électricité, de porter la part
des énergies renouvelables à 32% d’ici 2030 ...

10
1.1 Situation énergétique et environnementale

gisement d’économie d’énergie et aussi l’un des plus importants de réduction des émissions
de gaz à effet de serre et autres polluants 23 .

1.1.4 Solutions de maîtrise d’énergie dans le secteur du bâtiment


Avant tout, établissons un diagnostic des consommations d’énergie et des émissions
de dioxyde de carbone dans le bâtiment. Comme récapitulé à la figure 1.1.8, les 44.8%
(en 2013) d’énergie finale consommée par le secteur du bâtiment ont servi à satisfaire
(principalement) aux besoins thermiques et électriques et ont généré près de 25% de CO2
à cause de la combustion (principalement) de fioul et de gaz naturel pour le chauffage et
la production d’eau chaude sanitaire (ECS).

Figure 1.1.8 – Diagnostic énergétique et environnemental du secteur du bâtiment.

La maîtrise de l’énergie dans ce secteur suggère alors l’augmentation de l’efficacité


énergétique 24 et l’utilisation d’énergie à faible intensité en carbone capable de satisfaire
aux besoins thermiques et électriques.
Cela se traduit déjà peu à peu sur le terrain avec :
• l’amélioration des performances de l’enveloppe du bâti (isolation thermique) ;
• l’utilisation d’équipements performants (pompe à chaleur, ventilation équipé d’un
récupérateur d’énergie, plancher chauffant, radiateur basse température, système
d’éclairage basse consommation ...) ;
• l’utilisation des énergies renouvelables pour la production d’énergie thermique (géo-
thermie, solaire, biomasse) et électrique (solaire, éolien, hydraulique)...

Certes, les solutions techniques pour réduire la consommation énergétique des bâtiments
sont fort appréciables, mais les solutions techniques utilisées pour produire proprement le
reste de l’énergie nécessaire sont parfois limitées et/ou ne couvrent généralement qu’une
partie des besoins.

23. particules fines, NOx, SOx ...


24. réduction de la consommation d’énergie sans dégradation du niveau de performance

11
Chapitre 1 Contexte & Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de généraliser la construction des bâtiments à énergie posi-


tive (BEPOS) 25 sera difficile à atteindre, à moins d’envisager par exemple une production
décentralisée et simultanée d’énergie thermique et électrique à partir d’énergie renouve-
lable. Autrement dit, satisfaire aux besoins énergétiques du bâti à partir d’une unité ou
d’un système de cogénération.

1.2 Cogénération
Le second principe de la thermodynamique stipule qu’il est impossible pour un moteur
thermique de convertir intégralement en travail la chaleur qu’il absorbe. Ainsi, dans les
systèmes classiques 26 de production d’électricité, la chaleur qui n’est pas convertie est
dissipée dans la nature 27 et le rendement de l’installation en est impacté. Le principe de
la cogénération consiste à valoriser cette chaleur fatale 28 afin d’améliorer significativement
l’efficacité énergétique du système.

Par définition, une installation de cogénération permet de produire simultanément deux


formes d’énergie à partir de la même source d’énergie primaire et d’un seul équipement.
Dans ce manuscrit, il s’agira d’une production combinée d’électricité et de chaleur 29 .
Comme illustré à la figure 1.2.1, ce type d’installation permet de réduire la consommation
d’énergie primaire pour une production d’énergie finale inchangée.

Figure 1.2.1 – Exemple comparatif : cogénération vs système classique

25. Selon l’article 4 de la loi Grenelle 1 du 3 août 2009, c’est un bâtiment dont la consommation
d’énergie primaire est inférieure à la quantité d’énergie renouvelable qu’il produit.
26. centrale thermique
27. dans des flux d’eau ou dans l’air ambiant
28. dit d’une énergie produite par un processus dont la finalité n’est pas la production de cette énergie
29. Dans la communauté scientifique internationale on le retrouve sous la dénomination CHP, pour
Combined Heat and Power.

12
1.2 Cogénération

1.2.1 Avantages et typologie de cogénération


En plus de permettre une réduction de la consommation d’énergie primaire et par consé-
quent des émissions de GES, la cogénération présente plusieurs avantages dont quelques
uns sont listés ci-dessous :
• une disponibilité d’énergie garantie et continue ;
• l’autonomie : gestion individualisée du mode de production d’énergie et utilisation
des ressources locales ;
• le renforcement de la sécurité d’approvisionnement grâce à une production d’énergie
à proximité des sites de consommation ...

Par ailleurs, deux types de classification des installations de cogénération sont à distin-
guer ; l’un selon la puissance électrique produite et l’autre selon le type de convertisseur
d’énergie.
Dans le premier cas, on parle de famille de cogénération et il en existe cinq suivant
l’échelle représentée à la figure 1.2.2.

Figure 1.2.2 – Familles de cogénération

Le second cas de figure correspond aux technologies de cogénération dont une synthèse
(principalement de micro-cogénérateur) est disponible dans [Boudellal 10]. Parmi celles-ci,
on distingue :
1. La technologie moteur à combustion interne (M. à C.I.) : unité de µ-cogénération
de 4.7 kWe de chez Vaillant ;
2. La technologie moteur à combustion externe (M. à C.E.) : unité de µ-cogénération
de 1 kWe de chez De Dietrich ;
3. La technologie micro turbine : unité de µ-cogénération de 3 kWe de chez Micro
Turbine Technology ;
4. La technologie pile à combustible 30 (P. à C.) : unité de µ-cogénération de 4.6 kWe
de chez Vaillant .

1.2.2 Critères d’évaluation d’une installation de cogénération


Très souvent, pour assurer les besoins électriques et thermiques on achète de l’électri-
cité au réseau et on utilise une chaudière à combustible fossile ; ce type de production
séparée sera appelé système de référence 31 dans la suite de ce manuscrit. L’évaluation
d’une installation de cogénération peut alors s’effectuer par comparaison avec ce type
d’installation.
30. La pile à combustible est un générateur qui se distingue des précédents dans la mesure où le
combustible est directement transformé en électricité par une chaine de réaction d’électrolyse inverse.
31. Exemple : système classique de la figure 1.2.1.

13
Chapitre 1 Contexte & Objectifs

Bien évidement, plusieurs critères de comparaison sont possibles, mais nous nous limi-
terons ici à des critères énergétique et environnemental.

1.2.2.1 Le rendement
On définit généralement trois types de rendement des installations de cogénération.
D’abord le rendement électrique (ηelc ) qui désigne le rapport entre l’énergie électrique
produite et l’énergie primaire consommée par l’installation. Puis le rendement thermique
(ηth ) qui représente le rapport entre l’énergie thermique produite et l’énergie primaire
consommée. Enfin, le rendement global (ηg ) qui est la somme des deux premiers.
Energie électrique produite
ηelc = × 100 (1.2.1)
Energie primaire consommée
Energie thermique produite
ηth = × 100 (1.2.2)
Energie primaire consommée

ηg = ηelc + ηth (1.2.3)


Notons que cette définition du rendement global tient uniquement compte des pertes
de conversion entre l’énergie primaire consommée et les énergies secondaires (électricité
et chaleur) produites. Grâce à la valorisation de la chaleur résiduelle le rendement des
installations de cogénération est généralement au-dessus de 70% (voir tableau 1.1) alors
que celui des centrales nucléaires est au mieux autour de 35%.

Installation Technologie Pelc (kW) Pth (kW) ηg


Senertec M. à C. I. 5.5 12.5 88%
Coast-intelligen M. à C. I. 55 87.9 78%
RP-SFOC-10000 P. à C. 10 4 75%
EFC P. à C. 1.5 3 à 15 80%
SOLO M. à C. E. 2-9.5 8-26 92 à 96%
STM Power M. à C. E. 55 91 >80%

Table 1.1 – Exemple d’unité de cogénération. [Knight 05]

1.2.2.2 Le rapport e/c


Dans une installation de cogénération, il peut s’avérer intéressant de connaitre le rap-
port entre la quantité d’énergie électrique et de chaleur utile 32 produite.
Energie électrique produite
e/c = (1.2.4)
Energie thermique utile
32. La chaleur utile produite représente la proportion de chaleur produite faisant l’objet d’une utilisation
effective soit pour les besoins propres du producteur, soit pour des besoins de tiers. Il s’agit d’une énergie
utile et pas d’une énergie secondaire.

14
1.2 Cogénération

En effet, selon la législation [JOR 13], l’obligation d’achat du surplus d’électricité pro-
duite par une installation de cogénération est soumise à un rapport e/c maximal de 0.5.

1.2.2.3 L’économie d’énergie primaire et de CO2

L’impact énergétique et environnemental d’une installation de cogénération se quantifie


à l’aide de l’économie relative d’énergie primaire et de dioxyde de carbone. Elles corres-
pondent respectivement à l’économie d’énergie primaire réalisée (Ee en %) et l’émission
de CO2 évitée (Ec en %) par rapport à un système de référence (production séparée), à
énergie finale identique.

Energie Primaire [système de référence − cogénération]


Ee = × 100 (1.2.5)
Energie Primaire système de référence

Emission de CO2 [système de référence − cogénération]


Ec = × 100 (1.2.6)
Emission de CO2 système de référence

Dans l’expression (1.2.5), le calcul des énergies primaires consommées est classique en
énergétique mais, celui des émissions de CO2 (Eq. (1.2.6)) est moins courant. En effet,
la quantité de dioxyde de carbone émise suite à la consommation d’une quantité d’éner-
gie (QE en kWh) dépend du facteur d’émission (Fe en kgCO2 ou kgeq CO2 /kWh) de la
technologie (voir tableau 33 1.2a), et/ou du combustible (voir tableau 34, 35 1.2b) selon :

EmCO2 = QE × Fe (1.2.7)

En France, les facteurs d’émissions recommandés sont disponibles dans la Base carbone
de l’ADEME. Même si celle-ci semble très discutable, on y retrouve [ADEME 07] plusieurs
facteurs d’émissions.

33. } : exploitation + reste du cycle


34. }} : Les émissions de CO2 liées à la combustion de la biomasse s’inscrivent dans le cycle naturel du
carbone : le carbone présent dans l’atmosphère est capté par la biomasse végétale par photosynthèse, puis
rejeté dans l’atmosphère par décomposition ou combustion. En France et en Europe, la forêt étant gérée
durablement, elle s’accroît et joue donc le rôle de puits de carbone : la fixation de CO2 par photosynthèse
(accroissement biologique de la forêt + plantations artificielles) est supérieure aux émissions dues à la
décomposition et à la combustion. [ADEME 07]
35. }}} : inorganique, la part organique étant considérée comme biomasse

15
Chapitre 1 Contexte & Objectifs

Filières Fe Total en
}
Combustibles Fe en
geq CO2 /kWhEF gCO2 /kWhEP
Nucléaire 5 Fioul domestique 271
Charbon 600 MW 1001 Gaz naturel 206
Biomasse 0
}}
Fioul 988
Eolienne 3 à 24 Déchets ménagers 345.6
}}}

Photovoltaïque 60 à 250 Hydrogène 0


(a) Par filière de production d’électricité (b) Par type de combustible

Table 1.2 – Facteurs d’émission de CO2 . [ADEME 07]

Par ailleurs, pour l’électricité en provenance du réseau de distribution (eRDF), le com-


bustible et/ou la technologie de conversion sont variables comme le suggère la figure 1.2.3.

Figure 1.2.3 – Mix électrique en France, 2013

L’évaluation du facteur d’émission du CO2 est alors effectuée selon les deux méthodes
suivantes [et ADEME 07] :
• méthode des contenus saisonnalisés par usage sur base historique : le facteur d’émis-
sion est une moyenne des années 2000 à 2004 déterminé selon l’usage 36 de l’électri-
cité,
• méthode du contenu marginal : ici, il n’est plus question du contenu en CO2 pour
une utilisation donnée, mais plutôt de la teneur en CO2 d’un kWh supplémentaire
d’électricité selon l’usage.
Pour chacune de ces méthodes, le tableau 1.3 récapitule des facteurs d’émission de CO2 en
fonction de l’usage .

Contenu en gCO2 /kWhEF


Méthode
ECS Chauffage Intermittent (éclairage)
Moyenne ADEME-EDF 2005 40 180 100
Marginale ADEME-RTE 2007 450-550 500-600 600-700

Table 1.3 – Contenu CO2 de l’électricité en France [et ADEME 07]


36. chauffage, éclairage ...

16
1.3 Batimac : vers des bâtiments écologiques et autonomes en énergie.

1.2.3 Notion d’efficacité d’un système de cogénération


Les critères d’évaluation d’installation de cogénération définis ci-dessus ne rendent pas
compte de la quantité d’énergie réellement utilisée pour les besoins des utilisateurs. Si
on admet généralement que l’électricité cogénérée est entièrement utilisée 37 , ce n’est pas
toujours le cas de l’énergie thermique.

En effet, selon la charge, certaines installations de cogénération requièrent un aména-


gement particulier composé de plusieurs ramifications et de stockages thermiques (d’eau
chaude généralement) qui sont à l’origine de pertes de chaleur non négligeables. Ainsi,
l’énergie thermique produite par l’installation est inférieure à celle qui est réellement four-
nie à la charge du système.

Cette notion d’efficacité (noté Ef ) permet donc de quantifier la proportion d’énergie


utile, donnant ainsi une vision plus vaste que le rendement global qui s’arrête juste après le
convertisseur. En toute rigueur, elle tient compte aussi bien des pertes thermiques que des
consommations électriques des auxiliaires qui assurent le fonctionnement de l’installation.
Energie utile (Electrique + Thermique)
Ef = × 100 (1.2.8)
Energie primaire consommée

Quand bien même les installations de cogénération (particulièrement mini et micro)


représentent une excellente solution technique de maîtrise d’énergie pour le secteur du
bâtiment, aujourd’hui il existe en France très peu de bâtiment ou de groupement de bâti-
ment qui en sont équipés. Cependant, cette situation devrait changer avec les politiques de
maîtrise d’énergie à venir et la future règlementation thermique prévue à l’horizon 2020.
En attendant, des entreprises (comme cogengreen, cogebio, ...) commercialisent déjà
des solutions de micro/mini-cogénération à partir d’énergies renouvelables pendant que
d’autres sont à l’œuvre pour la conception de ce type de système énergétique. C’est no-
tamment le cas de l’entreprise ENS2R 38 .

1.3 Batimac : vers des bâtiments écologiques et


autonomes en énergie.

Le projet Batimac 39 , piloté par l’entreprise ENS2R a pour objectif de proposer un


système énergétique capable de « rendre le bâti 40 autonome 41 en énergie à partir d’énergie
renouvelable et avec des systèmes énergétiques performants ».
Soutenu par la Région Ile de France et le Conseil Général de l’Essonne, ce projet a été
labellisé en 2012 par le pôle de compétitivité Advancity de la ville durable et des éco-
technologies urbaines et s’effectue en partenariat avec Hevatech, Mecamidi, REGEN
37. Elle est auto consommée et le surplus est revendu sur le réseau de distribution électrique.
38. Energie Nouvelle-Solaire-Renouvelable-Récupérable
39. Bâtiment AuTonome par Intégration de Moteur à Air Chaud
40. neuf ou existant
41. par rapport au réseau de distribution d’électricité

17
Chapitre 1 Contexte & Objectifs

et l’Université d’Evry, pour un budget de 1430 k€.

Le système Batimac, fruit du projet Batimac est un système de micro/mini-cogénération


modulaire utilisant des sources d’énergies renouvelables pour satisfaire aux besoins ther-
miques et électriques des bâtiments tertiaires ou d’habitations collectifs ou d’un ensemble
de maisons individuelles (écoquartier). A l’inverse des unités de cogénération couramment
rencontrées dans les bâtiments, Batimac va plus loin en proposant tout un ensemble de
sous système (boucle froide) pour la gestion optimale de l’énergie thermique produite.

ENS2R, le porteur du projet Batimac est une start-up créée en 2012 qui nourrit
l’ambition de devenir un acteur de référence dans les systèmes de productions d’éner-
gie électrique et thermique à partir d’énergie renouvelable. Quant au partenariat avec
l’Université d’Evry, il s’agit surtout d’un soutien en recherche et développement via
le Laboratoire de Mécanique et d’Energétique d’Evry (lmee) qui a conduit à cette thèse
de doctorat.

1.4 Objectifs de la thèse


Cette thèse est un travail de recherche appliquée.
Son but est d’apporter une solution à un problème industriel en utilisant des connais-
sances issues de recherche la fondamentale. Elle s’apparente donc à un travail de recherche
et développement qui s’articule autour des deux axes ci-dessous :
Axe 1 : Participer en collaboration avec ENS2R à la définition de la configuration d’un
système Batimac standard.
Axe 2 : Développer un simulateur numérique du système Batimac standard couplé à
une charge, en intégrant les modèles réduits développés au LMEE.

1.4.1 Système Batimac standard


A partir de l’idée du projet Batimac et des premiers schémas de fonctionnement pro-
posés par ENS2R, le travail d’ingénierie mené conjointement avec le partenaire industriel
a conduit à la définition d’une configuration du système Batimac standard. Le synop-
tique de ce système couplé à sa charge est illustré par la figure 1.4.1.

Ce système énergétique est subdivisé en deux parties couplées par le convertisseur (d).
On distingue d’une part la boucle chaude qui est le siège de la production de chaleur
haute température (de 275 à 450 °C) et d’autre part la boucle froide qui assure le condi-
tionnement des utilités thermiques de la charge.

1.4.1.1 Description de quelques composants


Les principaux composants du simulateur sont répertoriés à la figure 1.4.1. Le choix de
ces équipements n’est pas discuté dans ce manuscrit et une présentation plus détaillée est
disponible aux chapitres 2 et 3. Nous nous proposons ici d’en faire une brève description
afin de faciliter la compréhension de ce document.

18
1.4 Objectifs de la thèse

Stockage Générateur
Thermique d’ Air

Boucle chaude
Centrale
Solaire HT Chaud
(a) (c)
(b)

(i) Convertisseur
Air chaud Chaleur
(j)
ERDF Electricité
Electricité

Electricité (d)
Stockage
ECS Poste Eau chaude Thermique
ECS BT

Boucle froide
(g) Chauffage Machine
(e)
Poste A
Froid Chge/Raf Absorption
(f )

Aérorefrigérant
Charge du système (h)
(k)

Système BATIMAC

Figure 1.4.1 – Synoptique du système Batimac couplé à sa charge

La centrale solaire (a)

C’est l’un des deux équipements de production de chaleur haute température. Le fluide
caloporteur circulant dans des tubes placés au dessus d’un ensemble de miroirs (ici concen-
trateur linéaire de Fresnel) est réchauffé jusqu’à 500°C grâce au rayonnement solaire.

Le stockage thermique haute température (b)

La disponibilité de l’énergie solaire et la demande énergétique de la charge ne sont pas


toujours en phase (intermittence de l’énergie solaire). Un système de stockage thermique
avec matériau à changement de phase est alors utilisé pour adapter au mieux disponibilité
et demande d’énergie.

Le générateur d’air chaud (c)

Il s’agit du second équipement de production de chaleur haute température qui peut


être considéré comme une chaudière capable de brûler tout type de biomasse solide 42 .
L’énergie thermique issue de cette combustion est transmise au fluide caloporteur.

Le convertisseur (d)

C’est un moteur à air chaud qui permet de convertir l’énergie primaire en électricité et
en chaleur utile. Il fait le lien entre les deux boucles (chaude et froide) du système.

42. dont bois et résidus agricoles

19
Chapitre 1 Contexte & Objectifs

Le stockage thermique basse température (e)

Ce stockage de chaleur sous forme d’eau chaude permet d’une part au système de
subvenir aux besoins d’énergie thermique lorsque la boucle chaude est arrêtée et d’autre
part de limiter les pertes thermiques de la boucle froide.

La machine à absorption (f)

Rappelons-le, le but de ce système est de valoriser au mieux la chaleur résiduelle. Ainsi,


pendant la période estivale où les besoins en eau chaude du bâtiment sont relativement
faibles, il peut s’avérer très intéressant de produire de l’eau froide via une machine à
absorption pour le rafraîchissement de l’air intérieur.

La charge (g)

La charge du système représente tout type de bâtiment : bureau, logement collectif


ou groupement de maisons individuelles... Bien entendu, à l’origine ce système n’est pas
adapté pour une maison individuelle.
Il est à noter que dans le simulateur, la charge du système tient compte de deux ballons
de stockage thermique (voir figure 4.1.5 page 120) représentants les postes eau chaude
sanitaire (ECS) et eau chaude pour le chauffage 43 que l’on peut observer à la figure 1.4.1
page précédente.

1.4.1.2 Principe de fonctionnement du système


Le principe de fonctionnement du système est le suivant : de l’air à très haute tem-
pérature est produit par la centrale solaire (a) et/ou le générateur d’air chaud (c), puis
acheminé vers la tête chaude du convertisseur (d) qui transforme une partie de l’énergie
thermique reçue en travail (ensuite en électricité) puis, une autre partie est récupérée au
niveau de la tête froide du moteur et le reste est perdu 44 ; c’est le principe de la cogéné-
ration (voir figure 1.2.1).

L’énergie électrique ainsi produite peut être auto-consommée par la charge (g) ou com-
mercialisée via le réseau de distribution eRDF 45 . Quant à l’énergie thermique produite
sous forme d’eau chaude, elle est valorisée à travers la production d’eau glacée via la
machine à absorption (f), la production d’eau chaude sanitaire et d’eau chaude pour le
chauffage, afin de répondre aux besoins thermiques de la charge.

Selon les conditions de fonctionnement et les besoins thermiques de la charge, une par-
tie de la chaleur reçue par la boucle froide peut être stockée dans l’unité de stockage basse
température (e). Cette quantité d’énergie est déstockée en complément 46 ou pour assurer
les besoins thermiques de la charge lorsque la boucle chaude est à l’arrêt.

43. ou eau froide pour le rafraîchissement du bâtiment


44. sous forme de pertes thermique et mécanique
45. Electricité Réseau Distribution France
46. lorsque l’énergie thermique fournie à la charge est insuffisante

20
1.4 Objectifs de la thèse

Si pendant le fonctionnement du système, la température de retour de la boucle froide


est supérieure à la température optimale requise par le convertisseur (entrée d’eau de
refroidissement), la tour de refroidissement (h) est utilisée pour la réguler.

Aussi, attirons l’attention du lecteur sur la modularité du système Batimac. En réa-


lité, la configuration du système peut varier selon la disponibilité des sources d’énergies
primaires et/ou des souhaits du client.
Par ailleurs, Batimac se veut être un système énergétique sur-mesure. Sa configuration
et son fonctionnement varient alors selon les sources d’énergies primaires renouvelables
disponibles et les demandes énergétiques de la charge à laquelle il est couplé. Il n’est donc
pas pertinent d’envisager son simple dimensionnement à l’aide d’un calcul statique comme
on le ferait pour une chaudière par exemple ou encore moins des études paramétriques
sans un logiciel spécialement dédié.

1.4.2 Le simulateur numérique du système et de sa charge


L’objectif principal de cette thèse est de développer un simulateur de comporte-
ment énergétique du système Batimac standard couplé à une charge.
La réalisation de cette tâche répond à deux enjeux ; d’une part elle permet la valorisa-
tion des travaux de recherche (notamment en réduction de modèle) de l’équipe Thermique
et Energétique du LMEE dans le monde de l’industrie, et d’autre part elle permet à l’en-
treprise ENS2R de se doter d’un outil d’aide au choix.

Pour le partenaire industriel, la finalité de cet outil est multiple : dimensionner 47 ,


optimiser 48 , piloter 49 , et évaluer les performances 50 de l’installation afin de pro-
poser à ses clients le système Batimac le plus adapté pour une charge donnée. Il s’agit
donc d’un outil indispensable à l’analyse de ce type de système énergétique constamment
perturbé.

Aussi, pour assurer ses fonctions, le simulateur Batimac (dénommé SimCoBat) doit
être précis 51 , rapide 52 et ergonomique 53 . Ainsi, dans l’environnement de simulation,
SimCoBat est vu comme un ensemble de modèles de composants interagissant les uns
avec les autres. Ces modèles de composants doivent alors être correctement sélectionnés
afin de satisfaire aux deux premiers attributs du simulateur.

47. Proposer les dimensions optimales des équipements selon les besoins de la charge.
48. Répondre aux besoins de la charge en minimisant la consommation d’énergie primaire de l’instal-
lation.
49. Les règles de contrôle-commande testées dans le simulateur peuvent être déployées sur l’installation
via une carte électronique.
50. Quantifier les performances énergétiques du système, la capacité du système à répondre aux besoins
de la charge, ...
51. le comportement énergétique des composants doit être proche de la réalité
52. les simulations doivent être rapide afin de faciliter les séquences d’optimisation
53. faciliter le paramétrage des simulations

21
Chapitre 1 Contexte & Objectifs

1.4.2.1 Typologie de modèle


Ce travail de recherche portant avant tout sur le développement d’un logiciel, il va de
soi d’apporter une ébauche de définition à la notion de modèle.

Ainsi, selon Naslin[Naslin 74], « d’une manière générale, un modèle d’un phénomène
ou d’un processus est essentiellement un mode de représentation tel qu’il permette, d’une
part de rendre compte de toutes les observations faites et, d’autre part, de prévoir le
comportement du système considéré dans des conditions plus variées que celles qui ont
donnée naissance aux observations. Ainsi, le modèle généralise la validité des résultats
expérimentaux et permet d’agir sur le processus dans un sens désiré. Les actions exercées
fournissent de nouvelles observations, de sorte que la séquence observation-modélisation
constitue en fait une boucle fermée qui assure l’amélioration progressive du modèle. ».

1.4.2.2 Quels modèles pour quels composants dans SimCoBat ?


D’après la description des composants et la définition de la notion de modèle, il est pos-
sible de regrouper les composants du simulateur en trois catégories de modèle numérique
capable d’approcher leur comportement énergétique. On distingue alors les modèles non
maillés, les modèles peu maillés et les modèles fortement maillés.

1.4.2.2.1 Modèles non maillés


Sont regroupés ici les composants dont la modélisation numérique ne nécessite pas de
discrétisation spatiale. C’est notamment le cas des organes de régulations (pompes, venti-
lateurs, vannes ...) et des composants génériques dont une modélisation raffinée n’est pas
ici nécessaire.

Par exemple le générateur d’air chaud (c) et le convertisseur (d) sont modélisés par une
combinaison de courbes de rendement et d’équations différentielles temporelles. Le mo-
dèle de la tour de refroidissement (h) est obtenu à partir de la théorie des échangeurs de
chaleur et malgré sa complexité, le comportement énergétique de la machine à absorption
est approché par une analyse thermodynamique.

Bien entendu, des modèles plus fins de ces composants sont disponibles dans la litté-
rature, mais ils nécessitent d’être alimentés par des données plus nombreuses 54 et parfois
peu accessibles, surtout en phase de dimensionnement.

1.4.2.2.2 Modèles peu maillés


Contrairement à la catégorie précédente, la modélisation de certains composants re-
quiert une discrétisation spatiale à l’aide de méthodes numériques communément rencon-
trées en thermique à savoir la méthode des volumes finis, des éléments finis et des diffé-
rences finies, puis la résolution du problème s’effectue en résolvant un système d’équation
matriciel.
54. Ce qui représente plus de paramètres à saisir dans le simulateur et donc des études paramétriques
parfois plus complexes.

22
1.4 Objectifs de la thèse

Lorsqu’il s’agit d’un maillage unidimensionnel (1D), les matrices mises en jeux dans le
système d’équation sont de faibles dimensions et l’exécution de ce type de modèle qualifié
de modèle peu maillé s’effectue très rapidement sur un ordinateur.

C’est ce type de modèle qui est utilisé pour la représentation numérique de la centrale
solaire (a) et des ballons (e) d’eau chaude 55 .

1.4.2.2.3 Modèles fortement maillés


Cependant, lorsqu’il s’agit d’un modèle complexe bidimensionnel ou tridimensionnel,
l’utilisation des méthodes numériques ci-dessus conduit à la résolution d’un système ma-
triciel de grande taille, dont l’exécution peut s’avérer chronophage dans certains environ-
nements de simulation. C’est par exemple le cas du stockage thermique haute température
(b) et de la charge (g) 56 qui nécessite au moins un maillage raffiné 2D.

Pour limiter les durées de simulation, l’utilisation de ce type de modèle est à proscrire
dans le simulateur. Il est alors plus judicieux d’utiliser les méthodes de réduction pour la
modélisation de ce type de composant.

1.4.2.3 Environnement de simulation


Au début de ce travail de recherche deux outils de simulation étaient envisageables, à
savoir Modelica et Simulink.

Modelica est un langage orienté-objet libre « open-source » permettant de modéliser


le comportement dynamique de système mécanique, électrique, thermique, hydraulique,
etc. Les logiciels dymola et jmodelica sont des exemples d’environnements de simula-
tion basés sur ce langage.

Simulink est un environnement de diagramme fonctionnel destiné à la simulation


multi-domaine (mécanique, électrique, thermique, hydraulique, etc) en temps discret et/ou
continu. Il prend en charge la conception et la simulation au niveau système, la génération
automatique de code, ainsi que le test et la vérification en continu des systèmes embar-
qués. Il propose aussi un éditeur graphique, un ensemble personnalisable de bibliothèques
de blocs et des solveurs pour la modélisation et la simulation de systèmes dynamiques.
Il est intégré à MATLAB, ce qui permet d’incorporer les algorithmes MATLAB dans les
modèles et d’exporter le résultat des simulations vers MATLAB pour des compléments
d’analyses.

Ces deux outils présentent plusieurs similitudes, cependant notre choix c’est plutôt
porté sur l’utilisation de l’environnement MATLAB/Simulink.

Dans cet environnement, nous utiliserons principalement deux types de modèle Simu-
link. Le premier type, illustré par la figure 1.4.2a est du type schéma-bloc où le modèle
mathématique du système est obtenu en reliant les blocs entre eux. Cependant, lorsqu’il
55. pour la prise en compte de la stratification
56. à cause du plancher chauffant reversible

23
Chapitre 1 Contexte & Objectifs

s’agit de modéliser un système ou un problème complexe, le schéma-bloc résultant peut


s’avérer difficilement lisible 57 . Il est alors plus intéressant d’utiliser des « User Defined
Functions ». Pour ce second type de modèle Simulink, le modèle numérique est codé
à l’aide de langages de programmation comme le C, C++, Fortan, ou sous forme de
script MATLAB puis intégré dans Simulink à l’aide des blocs « S-functions » comme
représenté à la figure 1.4.2b.

(a) Type schéma-bloc (b) Type User Defined Functions

Figure 1.4.2 – Différents modèles Simulink

Notons par ailleurs que Simulink intègre plusieurs outils complémentaires dont Sta-
teflow 58 qui sera utilisé pour élaborer les stratégies de fonctionnement du système et
Simulink Desktop Real-Time qui permettra de piloter en temps réel le système BA-
TIMAC. Aussi, grâce à la boîte à outil Data Acquisition Toolbox il est possible de
faire directement de l’acquisition de données sans avoir à passer par un logiciel comme
LabVIEW.

57. même si Simulink offre la possibilité d’encapsuler plusieurs schéma-blocs.


58. Intégré à Simulink, Stateflow est un environnement de modélisation et de simulation de logique
de décision combinatoire et séquentielle à partir de machines d’état et de diagrammes de flux. Il inclut
une animation des diagrammes d’états ainsi que des contrôles statiques et d’exécution pour tester la
cohérence et l’exhaustivité de la conception avant sa mise en œuvre.

24
Conclusion du chapitre

Conclusion du chapitre
Ce 1er chapitre plante le décor de ce travail de recherche. Dans un premier temps, il
présente un panorama de la situation énergétique et environnementale à l’échelle mondiale
comme sur le plan national qui met en évidence la nécessité du changement de notre mode
de consommation d’énergie actuel. Il faut alors réduire les consommations énergétiques
et promouvoir l’utilisation des sources d’énergies à faible émission de gaz à effet de serre.
Particulièrement, en France où le secteur du bâtiment représente le premier consom-
mateur d’énergie et le deuxième émetteur de CO2 , les politiques de maîtrise d’énergie
prévues dans ce secteur d’activité montre que les installations de cogénération utilisant
des énergies renouvelables constituent une excellente alternative, justifiant ainsi le choix
stratégique de l’entreprise ENS2R et par conséquent la nécessité de cette thèse.

Dans un second temps, il plante les jalons des travaux à réaliser après avoir permis au
lecteur de se familiariser au système Batimac standard et au type de charge auquel il
peut être associé pour en assurer les besoins thermiques et électrique. Le développement
du simulateur numérique qui constitue le cœur de ce travail n’est pas réellement l’objet
de ce chapitre qui se focalise plutôt sur l’intérêt scientifique et industriel que représente
un tel outil d’aide au choix d’une part et d’autre part apporte des éléments de réponse à
propos des types de modèles rencontrés dans le simulateur à développer dans l’environ-
nement Simulink.

Les deux chapitres suivants porteront sur la modélisation et la validation 59 des compo-
sants du simulateur numérique. Le chapitre 2 traite des modèles de composants non ou
peu maillés et il est proposé au chapitre 3 des modèles réduits par différentes approches
d’analyse modale pour les modèles de composants fortement maillés.

59. lorsque cela est nécessaire

25
Partie II : Modélisations et Validations
des Principaux Composants du
Simulateur

« Tout obstacle renforce la


détermination. Celui qui s’est
fixé un but n’en change pas. »

(Léonard De Vinci, Architecte,


Artiste, Ingénieur, Peintre,
Philosophe, Scientifique,
Sculpteur 1452-1519)
Chapitre 2

Modélisation et validation des


composants « non ou peu maillés »

2.1 Ballon d’eau chaude stratifié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30


2.1.1 Dimensions du ballon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.1.2 Modélisation d’un ballon d’eau chaude stratifié . . . . . . . . . 31
2.1.3 Algorithme du mix dans les ballons stratifiés . . . . . . . . . . 33
2.1.4 Validation du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2 Machine à absorption . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.2.1 Principaux composants d’une machine à absorption (H2 O/LiBr) 37
2.2.2 Modèle thermodynamique d’une machine à absorption . . . . 38
2.2.3 Validation du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.3 Concentrateur solaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.3.1 Modélisation d’un concentrateur à réflecteur linéaire de fresnel 48
2.3.2 Poursuite de la course du soleil . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.4 Générateur d’air chaud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
2.5 Moteur à air chaud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.5.1 Calcul de la température de la tête chaude du moteur . . . . . 54
2.5.2 Estimation de la puissance électrique . . . . . . . . . . . . . . 54
2.5.3 Calcul de la température de sortie du circuit de refroidissement 55
2.6 Tour de refroidissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.7 Tuyauteries et gaines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.7.1 Estimation des pertes de charge . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.7.2 Calcul des pertes de chaleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
Conclusion du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

L e système Batimac est composé de plusieurs équipements rencontrés couramment


dans le secteur du bâtiment. La littérature actuelle proposant déjà différentes manières de
modéliser ces composants, il n’est alors pas question d’essayer de réinventer la roue. Nous
allons donc nous inspirer de ces modèles existants pour proposer dans cette partie une

29
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

bibliothèque de modèles de composants. Pour chaque composant, un modèle numérique


sera proposé. Ce modèle fera par la suite l’objet d’une validation afin de s’assurer qu’il
est capable de prédire correctement le comportement énergétique de l’équipement en
question.

2.1 Ballon d’eau chaude stratifié


Batimac comporte nécessairement des stockages thermiques sous forme de chaleur sen-
sible dont les ballons d’eau chaude sanitaire et un ballon de stockage d’eau chaude pour
le système de chauffage du bâtiment. Rappelons que, pour un bâtiment d’habitation
conforme à la réglementation thermique en cours (RT2012), le poste eau chaude sanitaire
occupe le premier rang dans le classement des différents postes de consommation d’éner-
gie. La bonne modélisation de ce composant est alors essentielle pour des simulations
dynamiques crédibles.
Par ailleurs, le développement du solaire thermique, notamment pour la production
d’eau chaude est à la base de plusieurs publications scientifiques sur la modélisation des
ballons d’eau chaude. On y retrouve généralement deux types de modèles :
1. Modèle à une température : Ici, la température de l’eau est supposée uniforme
dans tout le ballon [Duffie 74] ; aucune stratification n’est donc prise en compte.
L’évolution de la température de l’eau chaude est déterminée à l’aide d’un bilan
d’énergie sur tout le volume du ballon, tout en tenant compte des diverses sollicita-
tions (apports d’énergies, puisages, échanges thermique avec l’ambiant).
2. Modèle de ballon stratifié : La stratification est introduite en subdivisant le
ballon en plusieurs volumes [Thiers 08]. Chaque strate est considérée à température
uniforme. Ces différentes couches (ou strates) d’eau peuvent être ou non de volumes
identiques.
Sachant que le phénomène de stratification impacte fortement les performances de cet
équipement, les ballons d’eau chaude utilisés dans le simulateur seront des ballons strati-
fiés.

2.1.1 Dimensions du ballon


Le volume est couramment utilisé pour désigner la dimension d’un ballon de stockage
d’eau chaude. Cependant, pour la modélisation de cet équipement, il est indispensable de
connaitre sa hauteur (H) et son diamètre (D) . Ainsi, plusieurs méthodes existent pour
obtenir ces paramètres à partir du volume.

A titre d’exemple, dans son travail de recherche, [Jabbour 11] conclut suite à une étude
réalisée sur des ballons de volumes inférieurs à 600 litres que la hauteur peut être déter-
minée à partir du volume par l’équation (2.1.1).

H = 1.737 × V + 1.014 (2.1.1)


Pour des volumes plus grands, l’auteur cite les travaux de la Tâche 26 de l’AIE qui
proposent l’équation (2.1.2).

30
2.1 Ballon d’eau chaude stratifié

H = M ax [1.25 ; M in (2.2 ; 1.78 + 0.39 × ln V )] (2.1.2)


Enfin, pour un volume donné et pour une hauteur déterminée par les équations (2.1.1)
ou (2.1.2) et considérant un ballon de forme cylindrique, le diamètre est obtenu par :
s
V
D =2× (2.1.3)
πH

2.1.2 Modélisation d’un ballon d’eau chaude stratifié


Pour simuler le phénomène de stratification, le ballon vertical est subdivisé en N couches
homogènes de même volume comme illustré par la figure 2.1.1. Le degré de stratification
est alors fonction du nombre de strate. Ainsi, lorsque N = 1, il s’agit d’un modèle à
une température, dépourvu de toute stratification et plus N est grand, plus le ballon est
stratifié.
Dans le simulateur, nous considèrerons des ballons sans échangeur de chaleur intégré,
dans lesquels l’apport de chaleur et le puisage s’effectuent au niveau de la première couche
(strate la plus haute et par conséquent la plus chaude) et le retour d’eau chaude et
l’entrée d’eau froide sont localisés dans le bas du ballon (strate N) comme indiqué sur la
figure 2.1.1.

ṁc , Tec ṁf , Tp

b T1

b T2

Hi
Ai bc Ti
eb

b Tn−1

b Tn
ṁc , Tsc ṁf , Tf

Figure 2.1.1 – Ballon d’eau chaude stratifié

ṁc et ṁf sont les débits massiques du circuit de stockage et puisage respectivement. T
désigne la température et les indices ec, sc, f , p font respectivement référence à l’entrée
et la sortie du circuit de stockage, l’entrée et la sortie du circuit de puisage.

31
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

2.1.2.1 Mise en équation du problème physique


A l’aide d’un bilan d’énergie réalisé sur chaque couche, nous établirons un système
d’équation matriciel permettant de calculer le champ de température dans le ballon. Ce
modèle tiendra donc compte des phénomènes physiques ci-dessous :
• Les échanges de chaleur et d’eau par l’injection et le soutirage direct d’eau ;
• Les échanges de chaleur par conduction à travers les différentes parois du ballon ;
• Les échanges de chaleur par conduction entre strates adjacentes ;
• Les échanges par convection naturelle à l’intérieur du ballon.

Nous admettrons également les hypothèses simplificatrices suivantes :


1. Les propriétés thermophysiques de l’eau sont constantes,
2. Les pertes de chaleur vers l’extérieur de la cuve sont unidirectionnelles.

Ainsi, en effectuant un bilan énergétique sur chaque strate, les équations suivantes sont
obtenues :

Pour la première strate : i = 1 :

∂T1
m1 cp = ṁc cp (Tec − T1 ) + ṁf cp (T2 − T1 ) (2.1.4)
∂t
keq S
+ (T2 − T1 )
H1
+hg A1 (Tenv − Ti )

Pour les strates intermédiaires : i = 2 à n − 1 :

∂Ti
mi Cp = ṁc cp (Ti−1 − Ti ) + ṁf cp (Ti+1 − Ti ) (2.1.5)
∂t
keq S
+ (Ti−1 − 2Ti + Ti+1 )
Hi
+hg Ai (Tenv − Ti )

Pour la dernière strate i = n :

∂Tn
mn cp = ṁc cp (Tn−1 − Tn ) + ṁf cp (Tf − Tn ) (2.1.6)
∂t
keq S
+ (Tn−1 − Tn )
Hn
+hg An (Tenv − Tn )

Où la conductivité effective est donnée par [Newton 95] :

8 × eb
keq = keau + × kmetal (2.1.7)
D

32
2.1 Ballon d’eau chaude stratifié

Avec : S la surface adjacente, Ai la surface latérale de la strate i, Hi la hauteur de


la strate i, eb l’épaisseur de la couche métallique du ballon et hg le coefficient global
d’échange avec le milieu extérieur.

Pour faciliter la résolution de ce système d’équation, les équations (2.1.4) à (2.1.6) sont
mises sous forme matricielle, pour donner la forme standard :

CṪ = AT + BU (2.1.8)
Où C est la matrice diagonale des capacités, A une matrice tridiagonale, B et U les
matrice et vecteur de sollicitation. Avec U = [Tec Tef Tenv ]T .

Enfin, la discrétisation temporelle par le schéma d’Euler implicite du premier ordre


permet d’obtenir l’évolution temporelle des températures dans chacune des strates du
ballon d’eau chaude.

(C − δt × A) T t+1 = CT t + δt × BU t+1 (2.1.9)


Comme le lecteur pourra le constater, l’équation ci-dessus ne donne aucune information
au sujet des températures de sortie du ballon lors des processus de puisage et ou de
stockage. En effet, suivant le pas de temps de simulation et les débits mis en jeu, il est
possible de calculer la masse d’eau déplacée. Si cette masse d’eau est inférieure ou égale à
la masse d’eau disponible dans la strate la plus proche de la sortie, alors la température
de sortie est identique à celle de la dite strate. Par contre si la masse d’eau déplacée
est supérieure, la température de sortie est une moyenne pondérée des températures des
strates sous-jacentes dont la somme est au moins égale au volume d’eau déplacée.

2.1.3 Algorithme du mix dans les ballons stratifiés


Si l’équation (2.1.9) permet de garantir une stratification verticale dans le ballon lors
des phases de puisage ou de stockage, ce n’est pas toujours le cas lorsque la cuve échange
uniquement de la chaleur avec son milieu environnant.

En effet, prenons le cas d’une cuve de stockage portée initialement à une température
de 60°C, dans un environnement à 20°C. Les échanges thermiques avec l’environnement
provoquerons un refroidissement du ballon. Par ailleurs, la strate 1, ayant une surface
de contact avec l’extérieur supérieure à la strate 2, va se refroidir plus rapidement, ce
qui conduit à une inversion du gradient de température. La stratification n’est alors plus
stable, et la convection naturelle entre en jeu. Dans le cadre de ce travail, il est hors de
question de simuler les écoulements de fluide et les transferts de chaleur afférents. Il va
donc falloir faire une approximation, en utilisant par exemple l’algorithme du mix.

2.1.3.1 Analyse des ordres de grandeurs des temps caractéristiques


Dans la situation décrite ci-dessus, deux phénomènes de propagation de la chaleur sont
possibles : la diffusion et la convection naturelle. Analysons leur temps caractéristiques
τdif f et τconv donnés respectivement par les équations (2.1.10) et (2.1.11).

33
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

ρ × cp × L 2 ρ × cp × L2
τdif f = (2.1.10) τconv = √ (2.1.11)
k k × Ra

k ρ β ν cp V H N
0.62 1000 2×10−4 1 × 10−6 4180 0.5 1.36 15

Table 2.1 – Propriétés thermophysiques de l’eau et dimensions de la cuve.

En utilisant les données du tableau 2.1 et pour un écart de température de 1 K entre


deux strates, l’application des équations (2.1.10) et (2.1.11) donne respectivement un
temps caractéristique de 5.54 × 104 secondes pour la diffusion et 17.65 secondes pour la
convection.
Cette analyse en ordre de grandeur montre que la convection naturelle est quasi-
instantanée au regard du temps de diffusion (soit, plus de 3000 fois plus court), ce qui
légitimisme l’algorithme du mix. Rappelons par ailleurs que cet algorithme est aussi uti-
lisé par Newton lorsqu’il modélise le ballon d’eau chaude sanitaire avec échangeur intégré
dans [Newton 95].

2.1.3.2 Algorithme du mix


Imaginons que lors du processus décrit précédemment, la température de la strate i
soit inférieure à la température de la strate i + 1 à l’instant t ; il y a donc inversion des
températures. La convection naturelle entre alors en jeu et la chaleur va aller rapidement
de i + 1 à i (inversion de la stratification). On suppose alors que la convection naturelle
homogénéise en température les strates i et i + 1 à la température moyenne Tm .

mi × T (i) + mi+1 × T (i + 1)
Tm = (2.1.12)
mi + mi+1
Il convient alors de vérifier que le sens de la stratification est respecté dans tout le
ballon avant de passer au pas de temps suivant.

2.1.4 Validation du modèle


Pour la validation de ce modèle de ballon d’eau chaude stratifié, nos résultats sont
comparés au résultats numériques issus du modèle zonal de David Blandin [Blandin 10].
Pour ce faire, considérons une situation de décharge d’un ballon de 314 litres initiale-
ment à 40°C. Le débit d’eau puisé étant de 0.04 kg/s, avec une injection d’eau froide au
même débit et à 20°C. Le modèle zonal de Blandin est composé de 24 zones correspondant
à 4 couches (ou strates) pour un modèle à couche tel que celui que nous présentons dans
ce manuscrit. Rappelons que, d’après l’auteur, après 6 heures de simulation, les résultats
issus de son modèle zonal sont en parfaites cohérences avec ceux obtenus avec les Types
4 et 60 du logiciel de simulation dynamique TRNSYS [TRNSYS 06].
Voici sur la figure 2.1.2 une confrontation des résultats obtenus avec le modèle proposé
et ceux de [Blandin 10], pour les quatre couches de la cuve.

La figure 2.1.2, montre une bonne cohérence entre le modèle présenté ci-dessus et celui
de Blandin, et par conséquent avec les Types 4 et 60 de TRNSYS.

34
2.2 Machine à absorption

40
Strate 1
38 Strate 2
Strate 3
36 Strate 4
Strate 1-Blandin
34
Strate 2-Blandin
Température (°C)

32 Strate 3-Blandin
Strate 4-Blandin
30

28

26

24

22

20
0 1 2 3 4 5 6
Temps (h)

Figure 2.1.2 – Comparaison des résultats de [Blandin 10] et du présent modèle

Les composants postes d’ECS, poste de chauffage et stockage thermique basse tempé-
rature du système Batimac peuvent alors être modélisés avec ce modèle de ballon d’eau
chaude stratifié. Toutefois, le choix du nombre de strate reste non résolu. L’utilisateur
pourra se référer aux recommandations de TRNSYS qui fixe le nombre maximal de strate
à 15 ou à celles de Blandin [Blandin 10] qui a montré que 8 strates sont nécessaires pour
tenir correctement compte de la stratification dans un ballon d’eau chaude de 500 litres.

2.2 Machine à absorption


La valorisation de l’énergie thermique occupe une place de choix dans le projet Bati-
mac. Si en hiver la chaleur fatale issue du processus de production d’électricité est utilisée
pour la préparation d’ECS et pour le chauffage du bâtiment, pendant la période estivale
cette quantité d’énergie sert uniquement à la production d’eau chaude sanitaire. Afin de
réduire les pertes d’énergie, le système Batimac peut être équipé d’une machine à absorp-
tion (MAA) permettant la production d’eau glacée pour le rafraîchissement du bâtiment.

En effet, les machines frigorifiques à absorption liquide permettent de produire du froid


avec du chaud, grâce à la faculté de certains liquides, à absorber et à désorber une vapeur
et le fait que la solubilité de cette vapeur dans le liquide dépend de la température. Ainsi,
ces machines frigorifiques utilisent comme fluide de travail un mélange binaire, dont l’un
des composants est très volatil par rapport à l’autre, et constitue le fluide frigorigène. On
rencontre principalement deux couples :
1. Eau + Bromure de Lithium : l’eau étant le fluide frigorigène ;

35
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

2. Ammoniac + Eau : l’ammoniac étant le fluide frigorigène.

Pour le rafraîchissement des locaux, le couple H2 O/LiBr est le plus approprié et le couple
N H3 /H2 O sert généralement à faire du froid négatif.

Concernant la modélisation des machines à absorption, la littérature propose diverses


méthodes qui sont résumés en détail dans [Anies 11]. Nous proposons tout de même un
tour d’horizon sur ces différents modèles, pouvant être regroupé en deux catégories.

Les modèles raffinés :

Ces modèles sont issus des équations de transfert de chaleur, d’état, de masse et
d’énergie. Ils permettent de simuler le caractère dynamique et transitoire de la machine
[Kohlenbach 06, Kohlenbach 08b, Kohlenbach 08a, Evola 13, Jayasekara 13]. Par ailleurs,
ils nécessitent une connaissance précise de la géométrie de l’installation ainsi que les pa-
ramètres thermophysiques de chacun des composants. Même si ce type de modèle est plus
pertinent pour saisir le fonctionnement dynamique d’un tel équipement, son intégration
dans un modèle de type boîte noire n’est pas très adaptée à cause du nombre important
de paramètres qu’il nécessite.

Les modèles simplifiés :

Avec ce type de modèle, il est impossible de prendre en compte l’inertie des composants
de la machine à absorption. Ce sont donc des modèles en régime permanent qui sont tout
de même efficace lorsqu’il s’agit d’estimer les performances de la machine à partir des
températures. On distingue deux types de modèle simplifié de MAA.

Type 1 : Pour le premier type, l’utilisation de polynômes à plusieurs degrés permettent


d’estimer le coefficient de performance (COP) de la machine et sa puissance frigori-
fique en fonction des températures [Blinn 79]. L’inconvénient de ce premier type de
modèle est qu’il s’éloigne rapidement de la réalité pour la simulation des machines
dont la plage de fonctionnement n’est pas couverte par les polynômes.
Type 2 : Cette limite est corrigée par les modèles thermodynamiques ou phénoméno-
logiques. En effet, ces modèles se fondent sur une étude thermodynamique de l’ins-
tallation. Ainsi, à partir des équations d’état et des lois de conservations classiques
(masse, énergie), ils permettent d’estimer en régime stationnaire les performances
de la MAA, ainsi que les températures à la sortie de chacun de ses composants
[Lasvignottes 01].

Parmi les différents types de modèle brièvement présentés ci-dessus, c’est un modèle ther-
modynamique qui sera utilisé pour modéliser la MAA. En effet, ce type de modèle est
bien adapté pour des applications de type boîte noire où le nombre de paramètre à définir
est restreint et où le modèle une fois implémenté dans l’environnement de simulation peut
couvrir une large plage de fonctionnement de machine à absorption.

36
2.2 Machine à absorption

2.2.1 Principaux composants d’une machine à absorption


(H2 O/LiBr)
Les machines frigorifiques à absorption liquide sont des machines trithermes. Elles fonc-
tionnent donc grâce à trois niveaux de températures Tb , Tm et Th (vérifiant Tb <Tm <Th ).
Elles produisent du froid uniquement à partir d’un apport de chaleur à la température
Th . Ces trois niveaux de température sont en réalité les températures respectives de l’éva-
porateur, du condenseur et du générateur. Comme illustré à la figure 2.2.1, cette machine
est composée de quatre principaux équipements (pouvant être assimilés à des échangeurs
de chaleur), de deux détendeurs, d’une pompe et parfois d’un échangeur de chaleur.

7
Q̇g
Q̇c
b
Tsc b b b b b
b b
b
b b b b

Générateur
Tec b
b
b
b
b b

ṁCR b

bc bc Tsg
bc
bc

bc bc
bc
1 bc
bc bc
Teg
Sol. diluée ṁCP
Condenseur
Sol. concentrée 6 5
Eau
Basse pression Haute pression

Echangeur

6’ 4’

ṁf
3
Q̇a
2 Q̇e

bc b
b b b
b
b 8
b b
bc
bc
ṁCEG b b
b
b b
bc bc bc bc bc
Tee

bc
bc
bc
bc
bc bc
bc
bc Tsa
bc
Tse
Evaporateur Tea ṁCR 4

Absorbeur

Figure 2.2.1 – Structure d’une machine frigorifique à absorption

2.2.1.1 Le condenseur
C’est un composant identique à celui qu’on retrouve dans les machines frigorifiques
à compression. Sa température fixe la température de condensation et donc la pression
dans l’ensemble désorbeur/condenseur (haute pression : Ph ). La condensation du fluide
frigorigène est exothermique et la chaleur Qc dégagée est évacuée à l’aide du circuit de
refroidissement. Notons que le trajet (7 → 1) correspondant comprend une phase de
désurchauffe.

2.2.1.2 L’évaporateur
A la sortie du condenseur (1), le fluide frigorigène liquide subit un laminage à travers
le détendeur (1 → 2). Puis, il s’évapore en produisant l’énergie frigorifique Qe (2 → 3).
La pression dans l’ensemble évaporateur/absorbeur (basse pression : Pb ), est fixée par la
température de l’évaporateur (source froide).

37
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

2.2.1.3 L’absorbeur
Dans l’absorbeur, la vapeur issue de l’évaporateur (3) rencontre la solution concentrée
(riche en LiBr) provenant du générateur (8). Cette solution absorbe la vapeur et s’enrichit
en frigorigène. La transformation étant exothermique, la chaleur dégagée Qa est évacuée
par le circuit de refroidissement. En sortie de cet échangeur de chaleur (4), la solution
obtenue est dite diluée (pauvre en LiBr).

2.2.1.4 Le désorbeur ou générateur


La solution diluée (5) reçoit ici une quantité de chaleur Qg , provoquant la désorption
d’une partie du fluide frigorigène dissous dans la solution (réaction endothermique). Le
désorbeur produit alors de la vapeur d’eau (7) et une solution concentrée en bromure de
lithium (6).

2.2.1.5 Les détendeurs et la pompe de solution


Pour assurer les deux niveaux de pression (Ph et Pb ) rencontrés dans cette machine,
deux détendeurs et une pompe sont nécessaires :
Le détendeur 1 permet de vaporiser le fluide frigorigène avant son admission dans
l’évaporateur en passant de la Ph à la Pb :(1 → 2),
Le détendeur 2 sert à faire passer la solution de la Ph à la Pb avant son admission
dans l’absorbeur, (6 → 8),
La pompe assure l’écoulement de la solution diluée entre l’absorbeur et le générateur
tout en assurant le passage de la basse pression à la haute pression. Notons que,
contrairement aux systèmes frigorifiques à compression, ici le fluide qui traverse la
pompe est à l’état liquide. Par conséquent le travail mécanique réalisé par celle-ci
est environ 1000 fois plus faible 1 , pour une même différence de pression.

2.2.1.6 L’échangeur de solution


On remarque sur la figure 2.2.1, la présence d’un échangeur de chaleur. Le but de ce
composant qui équipe certaines machines à absorption de type GAX (Generator-Absorber-
heat-eXchanger) est d’améliorer significativement les performances de l’installation. Cette
amélioration est principalement due au refroidissement de la solution concentrée avant
son admission dans l’absorbeur et par le préchauffage de la solution diluée avant qu’elle
n’arrive dans le générateur.

2.2.2 Modèle thermodynamique d’une machine à absorption


Nous proposons dans cette partie un modèle de machine à absorption qui à partir des
températures d’entrée des principaux composants permet d’estimer le COP, le rendement
exergétique de la MAA et les températures à la sortie de ces composants.

Mais avant, il est important de lister quelques unes des spécificités particulières que
présente le couple H2 O/LiBr .
´
1. En effet on a W = V dp, or dans le cas de l’eau on a par exemple Vliquide ≈ 1000 × Vvapeur .

38
2.2 Machine à absorption

1. La vapeur issue du générateur (7) est une vapeur d’eau pure à 100%,
2. Le point triple de l’eau étant 0°C, cette machine ne permet pas d’atteindre des
températures négatives,
3. L’eau étant le fluide frigorigène, les niveaux de pression sont relativement faibles.
Par exemple, l’eau s’évapore à 5°C sous une pression absolue d’environ 9 mbars et
se condense à 35°C à environ 56 mbars,
4. Lorsque la température augmente, le sel LiBr se cristallise. Cette cristallisation est
à éviter au risque d’endommager la machine.

Bien entendu, ce modèle phénoménologique est établi sous les hypothèses simplificatrices
suivantes [Lasvignottes 01, Romero 01, Anies 11] :
• Les températures dans les composants (générateur, évaporateur, condenseur et ab-
sorbeur), sont supposées uniformes dans tout le volume considéré ;
• Les températures du fluide frigorigène ou de la solution en sortie des composants
(soit : T1,T3,T4 et T7) sont respectivement égales à la température des différents
composants ;
• Le fluide frigorigène sortant du condenseur (1) est considéré comme de l’eau saturée
à la température et à la pression correspondantes ;
• Le fluide frigorigène entrant dans le condenseur (7) est de la vapeur d’eau surchauffée
à la température et à la pression correspondantes ;
• Le fluide frigorigène sortant de l’évaporateur (3) est à l’état de vapeur saturée ;
• Les détentes (1 → 2) et (6 → 8) sont isenthalpiques ;
• Les échanges thermiques avec l’environnement sont négligeables.

2.2.2.1 Analyse thermodynamique du cycle


Le but de cette analyse est de pouvoir exprimer les quantités d’énergie échangées au
niveau de chaque composant d’une part et d’autre part d’évaluer le COP et le rendement
exergétique de l’installation, en fonction de divers sollicitations.

2.2.2.1.1 Bilan massique :


Désignons par ṁf , ċ et d˙ les débits massiques du fluide frigorigène, de la solution
concentrée et de la solution diluée, respectivement. On peut alors écrire que :

d˙ = ṁf + ċ (2.2.1)
d˙ × Xd = ċ × Xc (2.2.2)
où X désigne la concentration en LiBr de la solution.

Une analyse rapide de la figure 2.2.3 permet de déduire que :

= ṁ7 = ṁ1 = ṁ2 = ṁ3



ṁf


d˙ = ṁ4 = ṁ4 0 = ṁ5 (2.2.3)
= ṁ6 = ṁ6 0 = ṁ8


39
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

2.2.2.1.2 Bilan enthalpique :


Le bilan enthalpique est effectué sur chacun des composants de la machine ; il permet
d’obtenir :

Q̇c + Q̇a + Q̇e + Q̇g + Pp = 0 (2.2.4)


Tels que :

= ṁf × H7 + ċ × H6 − d˙ × H5



 Q̇g
= ṁf × (H1 − H7 )

Q̇

c
(2.2.5)


 Q̇e = ṁf × (H3 − H2 )
= d˙ × H4 − ṁf × H3 − ċ × H8



Q̇a
L’expression du travail de la pompe de solution est donnée par l’équation ci-dessous :
ˆ
Wp = V dP (2.2.6)

Une intégration entre les différents niveaux de pression permet donc de déduire sa
puissance sous la forme :

Pp = d˙ × (Ph − Pb ) × Vc (2.2.7)

Où,

Vc = (DLiBr )−1 (2.2.8)

désigne le volume spécifique de la solution riche en frigorigène, déterminé à partir de


la densité du mélange DLiBr (voir Annexe A, Eq.(A.1.1)).

2.2.2.1.3 Evaluation des performances de la machine à absorption :


Pour la comparaison des machines frigorifiques, le COP est parfois utilisé comme in-
dicateur. Par définition, il représente le rapport entre la quantité de froid produite et la
quantité d’énergie consommée par la machine. Il est donc donné par la formule algébrique
suivante :

Q̇e
COP = (2.2.9)
Q̇g + Wp
Cependant, force est de constater qu’une telle définition du COP pose un problème
puisque, la chaleur et le travail mécanique sont comptés de la même manière au dénomi-
nateur. Cette notion de coefficient de performance n’est donc pas suffisante, d’où l’intro-
duction du rendement thermodynamique ou exergétique qui s’exprime comme suit :
 
Q̇e × 1 − Tm +273.15
Tb +273.15
ηex =   (2.2.10)
Q̇g × 1 − Tm +273.15
Th +273.15
+ Wp

40
2.2 Machine à absorption

2.2.2.2 Modélisation des propriétés thermodynamiques


Nous proposons ici les équations qui permettent de déterminer la température, la pres-
sion, l’enthalpie et la concentration en LiBr en certains points du cycle de la machine.
Sauf précision particulière, on considèrera que :
• La pression est exprimée en kPa,
• La température est exprimée en °C,
• L’enthalpie en kJ/kg,
• Le débit en kg/s.

2.2.2.2.1 Données du modèle :


L’exécution du modèle thermodynamique proposé dans ce manuscrit nécessite comme
paramètres d’entrée : les températures du générateur Tg , du condenseur Tc , de l’évapora-
teur Te , de l’absorbeur Ta , l’efficacité de l’échangeur de solution Ef et la puissance évacuée
par la source froide Q̇e [Romero 01]. Cependant, l’accès à ces températures est impossible
puisque les transferts de chaleur ne sont pas simulés par ce modèle. C’est pourquoi les
auteurs de [Lasvignottes 01, Tgarguifa 09, Grosu 12] proposent d’introduire la notion de
pincement aux échangeurs ∆T , qui permet de déterminer via l’équation (2.2.11) la tem-
pérature de chaque composant à partir de sa température d’entrée.

= Teg − ∆Tg



 Tg
= Tee − ∆Te

T

e
(2.2.11)




Ta = Tea + ∆Ta
= Tec + ∆Tc


Tc
Avec, respectivement Teg , Tea , Tec et Tee , les températures à l’entrée du générateur,
l’absorbeur, le condenseur et l’évaporateur.

2.2.2.2.2 Haute et Basse pression ; P(T) :


Comme indiqué précédemment, la haute et la basse pression du cycle sont fixées par
les températures des sources moyenne et froide, respectivement. Elles correspondent à
la pression d’équilibre de l’eau, qui est déterminée en utilisant l’expression proposée par
[Patek 06] :
6
" #
Tc X T
P (T ) = Pc × exp × αi × (1 − )βi (2.2.12)
T i=1 Tc
Dans la fonction P(T), Tc = 647.096K et Pc = 22.064MPa sont respectivement la
température et la pression critique de l’eau. Les coefficients α et β sont donnés par le
tableau 2.2.
i 1 2 3 4 5 6
β 1 1.5 3 3.5 4 7.5
α -7.85951783 1.84408259 -11.7866497 22.6807411 -15.9618719 1.80122502

Table 2.2 – Coefficients et exposants de l’équation (2.2.12)

41
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

2.2.2.2.3 Concentration en LiBr ; X(T,P) :


Le titre ou la concentration (X) de la solution eau - bromure de lithium pour une
température (T) et pression (P) donnée est déterminé par la fonction X(T,P). Cette
fonction exécute l’algorithme 2.1 [McNeely 79]. Elle permet de déterminer la concentration
des solutions riche Xc et pauvre Xd en fonction de la température et de la pression de la
solution.

Algorithme 2.1 Calcul de la concentration de la solution H2 O-LiBr


X1 = 55
P1 = Psat (X1 , T )
Nitx = 0
WHILE |P1 − P | > 10−4
X2 = X1 + 0.001
P2 = Psat (X2 , T )
∆xp = (X1 − X2 )/(P1 − P2 )
X1 = X1 + ∆xp × (P − P1 )
P1 = Psat (X1 , T )
Nit = Nit+1
END
X (T, P ) = X1

Dans l’algorithme 2.1, la fonction Psat (X, T ) permet de calculer la pression de saturation
du mélange H2 O/LiBr.
h i
D E
C+ +
Psat (X, T ) = 10 (Tp +273.15) (Tp +273.15)2 (2.2.13)
Les variables utilisées dans cette fonction sont disponibles à l’Annexe A (Eq. (A.2.1),
(A.2.2), (A.2.3) et Tab.A.1).

Après le calcul des concentrations, il parait évident de s’assurer que Xc > Xd , autre-
ment dit, que le titre de la solution est supérieur à celui de la solution diluée. Si cette
condition n’est pas vérifiée, alors les conditions de fonctionnement de la machine ne sont
pas satisfaites et alors la machine est mise en arrêt.

2.2.2.2.4 Calcul des enthalpies :


Selon l’état du fluide frigorigène ou de la solution, nous serons amenés à calculer soit :
• L’enthalpie de l’eau à l’état liquide saturée Hliq (T ) , obtenue en utilisant les tables
proposées dans [Rogers 95] :

Hliq (T ) = 4.2 × T (2.2.14)


• L’enthalpie de l’eau à l’état de vapeur saturée : Hvap (T ), [Rogers 95] :

Hvap (T ) = −125397 × 10−8 × T 2 + 1, 88060937 × T + 2500, 559 (2.2.15)

42
2.2 Machine à absorption

• L’enthalpie de l’eau à l’état de vapeur saturée surchauffée : Hsurch (T, P ),[Chougui 10] :

(h2 − h1 ) × Tz
Hsurch (T, P ) = + h1 (2.2.16)
100
Avec :

h
 1

 = 32.508 × ln(P ) + 2513.2
h
2 = 0.00001 × P 2 − 0.1193 × P + 2689 (2.2.17)

= T + D2 −4×E∗(C−log10(P
2×E
+ 273.15

Tz

))0.5

• L’enthalpie de la solution : Hmel (T, X), [McNeely 79] :

Hmel (T, X) = a(X) + b(X) × T + c(X) × T 2 (2.2.18)


Où les fonctions a(X), b(X) et c(X) sont explicitées à l’Annexe A (Eq. (A.3.1) et Tab.
A.2).

2.2.2.2.5 Calcul de la température du mélange :


A partir de la concentration (X) et de la pression (P ) du mélange, il est possible d’es-
timer sa température. Pour ce faire, la corrélation établie dans [McNeely 79] est utilisée :

TLiBr (X, P ) = B(X) + A(X) × Tx (2.2.19)


Avec :
−2 × E
Tx = − 273.15 (2.2.20)
D2 − 4 × E × (C − )
Ln(P ) 0.5
Ln(10)

Où les constantes présentes dans (2.2.19) et (2.2.20) sont identiques à celles utilisées
dans l’équation (2.2.13).

Nous venons de voir comment s’effectue le calcul des variables d’état (pression, enthal-
pie, température, concentration) à chaque point du cycle thermodynamique de la MAA.
Afin de simplifier la compréhension du modèle thermodynamique de la machine à absorp-
tion, nous proposons à la figure 2.2.2 un organigramme mettant en scène l’ossature du
modèle à travers les principales étapes.

2.2.3 Validation du modèle


A partir d’une littérature bien fournie, un modèle de comportement énergétique d’une
machine à absorption simple effet, qui peut s’intégrer facilement dans un simulateur nu-
mérique et permettre de simuler diverses MAA a été proposé. Le seul moyen pour nous de
s’assurer que ce modèle permet d’approcher correctement le comportement énergétique
d’une MAA est de le confronter à des modèles existants. Cette confrontation s’effectuera à
travers la comparaison des COP et le calcul de l’écart relatif, défini par l’équation (2.2.21).

|COPref − COP |
COP = × 100 (2.2.21)
COPref

43
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

Données:
Teg , Tea , Tec , Tee , ∆Tg , ∆Ta , ∆Tc , ∆Te
ṁCP , ṁCR , ṁCEG , Q̇e , Ef f

Calcul des températures


Tg , Tc , Ta , Te
Eq. (2.2.11)

Calcul des pressions


Ph = P (Tc )
Pb = P (Te ) Eq. (2.2.12)

Calcul des concentrations


Xd = XLiBr (Ta , Pb )
Xc = XLiBr (Tg , Ph ) Algo. 2.1

NON Xc > Xd ? OUI

Calcul des variables d’états


H1 = HLiq (Tc ) T4 ′ = TLiBr (Ph , Xd )
H2 = H1 T6 ′ = T4 ′ × Ef + Tg × (1 − Ef )
H3 = HV ap (Te ) H6 ′ = Hmel (T6 ′ , Xc )
H4 = Hmel (Ta , Xd ) H7 = Hsurch (Tg , Ph )
Wp H5 = H 4 ′ + XXc × (H6 − H6 )
d

H 4 ′ = H4 + d˙
H6 = Hmel (Tg , Xc ) Eq. (2.2.14 à .16)
Eq. (2.2.18 à .19)

Calcul des sorties


COP , ηex
Q̇g , Q̇c , Q̇a
Tsg , Tsa , Tsc , Tse
Eq. (2.2.5)
Eq. (2.2.9 à .10)

FIN

Figure 2.2.2 – Etapes de résolution du modèle de la MAA à un instant t

44
2.2 Machine à absorption

2.2.3.1 Confrontation avec les travaux de [Grosu 12]


Dans cet article, les auteurs proposent des résultats issus de la simulation d’une machine
à absorption à l’aide des logiciels Thermoptim et EES (Engineering Equation Solver).
Notons par ailleurs que le progiciel Thermoptim est un environnement de modélisation
systémique des technologies énergétiques utilisé dans l’enseignement comme par des in-
dustriels [Gicquel 15]. EES quant à lui, est un code de calcul développé par le professeur
S. Kelin de l’université du Wisconsin à Madison, qui permet de résoudre des systèmes
d’équations.

Ainsi, pour une température du générateur et de l’évaporateur fixée , ils font varier la
température du condenseur (qui est supposée identique à celle de l’absorbeur) et relèvent
le COP de la machine.
Nous comparons à la figure 2.2.3 le coefficient de performance de l’installation obtenu
sous Thermoptim avec celui obtenu à l’aide du modèle proposé dans ce manuscrit, ainsi
que les écarts relatifs sur le COP.

1 10
COPThermoptim
9
0.9 COPmodéle
8
Ecart relatif
7
0.8
6

 COP en %
COP

0.7 5
4
0.6
3
2
0.5
1
0.4 0
31 32 33 34 35 36
Température du condenseur en °C

Figure 2.2.3 – Confrontation Thermoptim Vs Modèle proposé

2.2.3.2 Confrontation avec les travaux de [Romero 00]


Dans [Romero 00], les auteurs simulent une MAA utilisant le couple eau/bromure de
lithium à partir d’un modèle simplifié. Parmi les divers tests effectués, nous comparons
nos résultats au cas où ils font varier la température de l’absorbeur pour des températures
du générateur à 85 °C et à 80°C en notant le COP de la machine.

2.2.3.2.1 Conclusion
Grâce aux nombreux travaux effectués sur le couple eau - bromure de lithium, il est
possible de déterminer à partir d’équations, la température , la concentration, la pression
et l’enthalpie du fluide frigorigène ou de la solution à n’importe quel point du cycle frigo-
rifique de la machine à absorption. Ces informations nous permettent alors de proposer
un modèle de machine à absorption en régime permanent.

45
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

1 10
COPRomero pour Tg = 85°C
COPModèle pour Tg = 85°C 9
0.9 COPRomero pour Tg = 80°C
8
COPModèle pour Tg = 80°C
0.8  COP pour Tg=85°C 7
 COP pour Tg=80°C
6

 COP en %
0.7
COP

5
0.6
4

0.5 3

2
0.4
1

0.3 0
40 41 42 43 44 45 46 47 48
Température de l'absorbeur en °C

Figure 2.2.4 – Variation du COP en fonction de la température de l’absorbeur : modèle


proposé Vs Romero et al.

Afin de vérifier la validité de ce modèle, nous avons effectué des confrontations avec
un modèle numérique et un logiciel de simulation de comportement énergétique. Dans
un premier temps, nous avons comparé nos résultats à ceux obtenus à l’aide du logiciel
Thermoptim disponible dans [Grosu 12]. Les courbes de la figure 2.2.3, montrent, avec
un ecart relatif maximal de 5% que le modèle proposé ici est cohérent. Cette affirmation
est confortée par le faible écart (3% au maximum) qu’on note en observant la figure 2.2.4
qui présentent une comparaison entre le modèle actuel et celui proposé par Romero et al.
dans [Romero 00].
Le modèle numérique de la machine à absorption est donc validé et peut être intégré
dans le simulateur Batimac.

2.3 Concentrateur solaire


Les contraintes environnementales et la nécessité d’économiser les sources d’énergies
non renouvelables ont favorisé un regain d’intérêt pour le développement des technologies
permettant l’utilisation de l’énergie solaire. Par ailleurs, selon l’INES [INES 15], l’énergie
solaire incidente reçue en France pourrait être estimée à environ 1000 kW h/m2 par an,
sur une surface horizontale. Cette quantité d’énergie correspondant à 200 fois la consom-
mation annuelle en énergie (250 Mtep). Plus particulièrement, la quantité d’énergie reçue
par la surface horizontale des bâtiments représenterait 4 fois la consommation énergétique
en France. Ainsi, aujourd’hui plusieurs technologies permettent l’utilisation de l’énergie
solaire :
• Le solaire photovoltaïque : permet la production d’énergie électrique ;
• Le solaire thermique : permet la production de chaleur ;
• Le solaire thermodynamique à concentration : permet la production d’énergie élec-
trique et de chaleur parfois.

46
2.3 Concentrateur solaire

Cette dernière technologie de solaire à concentration, propose quatre filières :


1. La filière cylindro-parabolique (voir figure 2.3.1a),
2. La filière parabole-Stirling (voir figure 2.3.1b ),
3. Les tours solaires (voir figure 2.3.1c),
4. La filière Fresnel (voir figure 2.3.1d ).

(a) Concentrateur Cylindro-parabolique (Ne- (b) Concentrateur parabolique (Odeillo, France)


vada, USA)

(c) Tour solaire (Andalousie, Espagne) (d) Concentrateur à miroir de Fresnel (Province
de Almeria, Espagne)

Figure 2.3.1 – Principaux systèmes solaire à concentration

La technologie cylindro-parabolique est aujourd’hui la première ayant atteint le stade


de l’exploitation commerciale à une échelle significative. Les tours solaires représentent
la technologie la plus souple d’utilisation. La filière parabole-Stirling reste très couteuse
et a du mal à passer au stade commercial. Quant à la filière Fresnel qui nous intéresse
particulièrement ici, elle représente la plus simple et est peu couteuse.

47
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

2.3.1 Modélisation d’un concentrateur à réflecteur linéaire de fresnel


Par le passé, plusieurs études ont été effectuées sur la modélisation de ces systèmes. En
1974, Duffie et Beckman [Duffie 74] traitent des procédés thermique de l’énergie solaire.
Dans cet ouvrage, les auteurs passent en revue tous les procédés liés au solaire thermique
en proposant des outils de modélisation. Plus particulièrement, une méthode détaillée de
calcul des pertes thermiques tenant compte des trois modes de transfert de chaleur est
proposée. Plus tard, en 1994, Dudley et al. [Dudley 94] ont testé des collecteurs cylindro-
parabolique pour l’estimation de l’efficacité des collecteurs et des pertes thermiques avec
différent types de récepteurs. Cette étude a permis d’établir des corrélations entre les
pertes thermiques, l’efficacité des collecteurs, l’irradiation solaire et la température de
fonctionnement de la centrale. Ces corrélations, valables pour des températures de fonc-
tionnement allant jusqu’à 400°C et validée par l’expérimentation ont été dernièrement
utilisées dans [Morin 12] pour la comparaison entre une centrale à collecteur de Fresnel
et cylindro-parabolique.

En s’inspirant de ces nombreux travaux, nous proposons un modèle dynamique simplifié


d’un concentrateur à collecteur de Fresnel. Ce modèle comporte trois parties : la première
consiste à l’estimation de l’énergie solaire collectée par les capteurs solaire, la seconde
partie traite de l’estimation des pertes de chaleur qui ont lieu dans le récepteur et enfin,
la dernière partie calcule la température de sortie du fluide caloporteur.

2.3.1.1 Principe de fonctionnement d’un concentrateur LFR


Avant de passer à la modélisation, nous proposons ci-dessous le principe de fonction-
nement d’un concentrateur à Réflecteur Linéaire de Fresnel (LFR), qui nous permettra
de mieux distinguer ses principaux composants. Généralement, le concentrateur LFR est
composé de deux principales parties :
1. Le réflecteur de Fresnel : c’est le champ de captage de l’énergie solaire. Plusieurs
rangées de miroir légèrement incurvés réfléchissent et concentrent le rayonnement
solaire sur le récepteur. Sa surface dépend des besoins énergétiques à produire.
2. Le récepteur : il est positionné au dessus du champ de captage et reçoit le rayonne-
ment concentré provenant du réflecteur. Dans les cas les plus simples, il s’agit d’un
ou plusieurs tubes appelés absorbeur, dans lesquels le fluide caloporteur s’échauffe
avant de poursuivre son cheminement vers un cycle thermodynamique. Très souvent,
le récepteur comporte un réflecteur secondaire qui permet de concentrer davantage
le rayonnement et aussi de réduire les pertes du système. Le rapport de surface entre
le réflecteur et l’absorbeur permet de déterminer le facteur de concentration. Ainsi,
en fonction du niveau de température désiré, ce facteur de concentration varie de
30 à plus de 1000 (toutes filières de solaire à concentration confondues).
La figure 2.3.2 présente le principe de fonctionnement d’un concentrateur à collecteur
linéaire de Fresnel.

2.3.1.2 Le champ de captage


La modélisation du champ de captage ( réflecteur) consiste uniquement en l’estimation
de la quantité de chaleur Qf ield réfléchie vers le récepteur, en fonction des caractéristiques

48
2.3 Concentrateur solaire

Isolation Thermique
Réflecteur
secondaire

ct
Espace sous vide

di r e
ou rempli d’air

Tube absorbeur
are
ol
nt s

Vitre plane
eme
o nn
Ray

de captage
Champ
θ

Figure 2.3.2 – Principe de fonctionnement d’un concentrateur LFR

des miroirs, de la configuration de l’équipement et du rayonnement solaire direct. Nous


utilisons la formulation proposée dans [Morin 12] :

Q̇f ield = ηf ield × Kt × Kl × ηendloss × Cl × χf ield × Af ield × Idir (2.3.1)


Avec :
ηf ield : Le rendement optique des collecteurs. Généralement, les constructeurs indiquent
le rendement optique maximal des miroirs ηmax . Ainsi, en fonction des conditions de
fonctionnement, ce rendement est altéré. Dans [Dudley 94] on retrouve la corrélation ci
dessous qui permet d’estimer ce rendement pour tout mode de fonctionnement.

∆T ∆T 2
ηf ield = ηmax − 0.00728 × ∆T − 0.496 × − 0.0691 × (2.3.2)
Idir Idir
Où Idir désigne le rayonnement solaire direct normal en W/m2 et ∆T donnée par :
out in
THT F − THT F
∆T = − Tamb (2.3.3)
2
K : Le facteur de modification de l’angle d’incidence. L’angle d’incidence θ des rayons
solaire a une influence sur la quantité d’énergie transmise par le soleil. En effet, moins
les rayons sont perpendiculaires au capteur, plus le rendement en est diminué. Cette di-
minution est décrite par un facteur d’angle K ou IAM ( pour Incident Angle Modifier).
Dans le cas des réflecteurs linéaires de Fresnel on distingue deux variables de l’IAM : Kt
et Kl , respectivement pour transversal angle modifier et longitudinal angle modifier. Ces
paramètres sont généralement fournis par les constructeurs. La figure donne l’allure des
IAM du concentrateur solaire visible à la figure 2.3.1-d [Morin 12].

η endloss : représente les pertes aux extrémités du champ de captage. D’après l’expression
proposée dans [Morin 12], il dépend de la distance focale df ocal , la longueur du récepteur
Lrecp et de l’angle incident θ.

49
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

1
Longitudinal
Transversal
0.8

0.6
IAM

0.4

0.2

0
0 20 40 60 80 100
Angle incident (°)

Figure 2.3.3 – Facteur de modification de l’angle incident [Morin 12]

df ocal × tan(θ)
ηendloss = 1 − (2.3.4)
Lrecp
Enfin, Cl et χf ield désignent respectivement le coefficient de clarté des miroirs et la
proportion de champ de capteur disponible.

2.3.1.3 Le récepteur
Le récepteur reçoit la quantité de chaleur Qf ield , selon les conditions extérieures, une
partie de cette énergie est perdue Qloss et l’autre partie Qu réchauffe le fluide caloporteur
à travers l’absorbeur.
Dans [Duffie 74] et plus récemment dans [Heimsath 14], un calcul détaillé de ces pertes
tenant compte des pertes de chaleur par conduction, par convection et par rayonnement
avec la voûte céleste est donné. Aussi [Dudley 94] propose une corrélation pour l’estima-
tion de ces pertes en fonction du régime de fonctionnement de l’installation.
h i
Q̇loss = −0.01124 × ∆T + 0.000799 × ∆T 2 × Af ield (2.3.5)
A partir de la quantité de chaleur fournie par le champ de captage et les pertes ther-
miques du récepteur, la quantité de chaleur Qu fournie au tube absorbeur est déterminée
par l’expression suivante :

Q̇u = Q̇f ield − Q̇loss (2.3.6)

2.3.1.4 Température de sortie du fluide caloporteur


La température du fluide caloporteur (HTF) est déterminée à travers un bilan énergé-
tique. Ainsi, en négligeant l’inertie du tube absorbeur, en régime permanent la tempéra-
ture de sortie du fluide caloporteur THT
out
F en fonction de sa température d’entrée THT F et
in

de son débit massique ṁHT F peut être calculée par l’expression suivante :

50
2.3 Concentrateur solaire

αQ̇u
F = + THT (2.3.7)
out in
THT F
ṁHT F × Cp
Cependant, lorsque le fluide caloporteur à une inertie importante, il peut être plus
adapté d’utiliser un modèle dynamique, qui permet de calculer le champ de température
du fluide caloporteur le long du tube absorbeur. Un tel modèle est obtenu en discrétisant
(d’abord spatialement puis temporellement) l’équation (2.3.8).
!
∂T ∂T ∂ 2T
ρ cp +u =k + αq̇u (2.3.8)
∂t ∂x ∂x2
Où α, u et q̇u désignent respectivement le coefficient d’absorption du tube, la vitesse
du fluide et la chaleur utile reçue par unité de volume.

2.3.2 Poursuite de la course du soleil


Comme nous l’avons vu dans la section précédente, la quantité d’énergie fournie au
fluide caloporteur est fortement liée à l’angle d’incidence des rayons du soleil θ. Ainsi, en
observant les équations (2.3.1), (2.3.4) et la figure 2.3.3, on constate que, plus l’angle θ
est faible, plus le rendement de la centrale est important. Alors, le but de cette poursuite
de la course du soleil est de minimiser cet angle.

Pour ce faire, il est nécessaire d’identifier au préalable la position du soleil en fonction


du zénith Θz et de l’azimut Az . Le détail d’un calcul astronomique permettant de calculer
ces angles est proposé à l’Annexe B de ce manuscrit.

Ensuite, la seconde étape consiste à adapter l’orientation et ou l’inclinaison des capteurs


en fonction de la position du soleil selon le type de système de poursuite. En effet, la
littérature regorge de publications sur les stratégies de tracking (suivi de la course du
soleil) [Shen 08, Rezoug 09, Mousazadeh 09, Ozcelik 11]. Par exemple, C. Shen et al. ont
proposé des modèles numériques de systèmes de tracking solaire sous Simulink, validés par
comparaison avec le logiciel TRNSYS. En pratique, on distingue trois modes de tracking
dans la technologie solaire à concentration :
1. Tracking par rapport à l’axe horizontal (1 axe) ;
2. Tracking par rapport à l’axe vertical (1 axe) ;
3. Tracking par rapport à l’axe horizontal et vertical (2 axes).

2.3.2.1 Tracking par rapport à l’axe horizontal


Pour ce mode de poursuite, le champ de captage effectue une rotation par rapport à
l’axe horizontal en fonction de la position du soleil. Ainsi, la direction (ou l’orientation) des
panneaux γ occupe deux positions différentes au cours d’une journée et son inclinaison β
est modifiée selon la position du soleil. En s’inspirant des travaux [Shen 08, TRNSYS 06],
au cours d’une journée l’inclinaison des panneaux est donnée par l’équation (2.3.9), en
considérant que la surface des panneaux reste toujours parallèle à l’axe de rotation :

β = tan−1 (tan Θz × cos(Az − γ)) (2.3.9)

51
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

Avec l’azimut (ou l’orientation) de la surface noté γ, définie par :



+ 90
γ 0 si Az − γ 0 > 0
γ= 0 (2.3.10)
γ − 90 si Az − γ 0 < 0
0
γ étant l’azimut (autrement dit la direction par rapport au sud) de l’axe de rotation.

2.3.2.2 Tracking par rapport à l’axe vertical


Ici, l’inclinaison des panneaux est fixe. C’est la direction (l’orientation) qui est modifiée
au cours de la journée. On a donc :

β = Constante
(2.3.11)
γ = Az

2.3.2.3 Tracking suivant les deux axes


C’est le meilleur mode de poursuite de la course du soleil. Il permet de maintenir
les rayons solaire constamment perpendiculaire à la surface des panneaux ; ainsi l’angle
d’incidence tend toujours à s’annuler. Pour y arriver, il faut que :

β = Θz
(2.3.12)
γ = Az

2.4 Générateur d’air chaud


L’utilisation des énergies renouvelables est un point très important dans le cadre du
projet Batimac. C’est pourquoi le concentrateur solaire est associé à un générateur d’air
chaud pour la production d’air à très haute température indépendamment des conditions
climatiques. Ce générateur d’air chaud (GAC) peut être assimilé à une chaudière biomasse.
Ici, le mot biomasse doit être étendu à toutes les formes de biomasse solide. Il s’agit donc
d’une chaudière biomasse poly-combustible capable de brûler proprement le bois (sous
toutes ces formes) et des résidus agricoles.
Seul le comportement énergétique de cet équipement est pris en compte pour sa modé-
lisation. Il est donc considéré comme une boîte noire permettant de déterminer la tempé-
rature de sortie de l’air en fonction de la puissance utile Pu, d’un paramètre d’inertie 2 I
et des conditions d’entrée de l’air [Tea , ṁa , Pea ].
Pour ce faire, on suppose que :
• La température de sortie du fluide caloporteur Tsa est égale à la température du
cœur de la chaudière ;
• Le paramètre d’inertie I tient uniquement compte de la masse d’une partie de la
chaudière ;
• Le coefficient global d’échange de chaleur (U ) avec l’extérieur est connu ;
2. Qui rend compte de l’inertie de la chaudière. I = f (m, cp )

52
2.5 Moteur à air chaud

• L’inertie de l’air est négligeable.

En appliquant le principe de la conservation d’énergie à la chaudière et sous les hypothèses


ci-dessus, la température de sortie de l’air est obtenue par l’équation différentielle (2.4.1).

∂Tsa
I + U S (Tsa − Text ) + ṁa × cair
p × (Te − Ts ) = Pu
a a
(2.4.1)
∂t
Quant à la puissance absorbée par le GAC, elle est donnée par l’équation algébrique
(2.4.2), dans laquelle ηchd désigne le rendement du générateur d’air chaud.

Pu
Pabs = (2.4.2)
ηchd
Avant de passer à la partie suivante, il est important de souligner que le générateur d’air
chaud défini précédemment et pouvant fournir de l’air à une température optimale autour
de 450 °C n’existe pas actuellement dans le commerce. Pour que le système Batimac soit
viable, il est donc important de trouver les moyens techniques de concevoir cet équipe-
ment, indispensable pour le fonctionnement permanent du système. En collaboration avec
l’entreprise ENS2R, une étude de conception est en cours afin d’adapter la chaudière de
la Brie [de la Brie 15] pour en faire un GAC. Le détail des calculs de dimensionnement
de l’échangeur principal du futur générateur d’air chaud est présenté à l’Annexe (C).

2.5 Moteur à air chaud


A l’exception des systèmes de cogénération à pile à combustible, la plupart des techno-
logies de cogénération utilise des moteurs thermiques. La principale tâche de ces moteurs
consiste à transformer l’énergie thermique reçue en énergie mécanique, puis en énergie
électrique à l’aide d’un alternateur. Par ailleurs, lors d’un tel processus, il y a nécessai-
rement un dégagement de chaleur par échappement ou par refroidissement (selon le type
de moteur).

Dans le cadre du projet Batimac, la technologie de cogénération choisie par le parte-


naire industriel est très proche de la technologie Stirling. Il s’agit d’un moteur à air chaud
développé par l’entreprise américaine ReGen Power Systems [Systems 15]. D’après les do-
cuments techniques fournis par le constructeur, le cycle thermodynamique de ce moteur
est une combinaison des cycles de Stirling et d’Ericson. Grâce à ce couplage astucieux, il
est capable de fonctionner sur une large plage de température (de 100 à 450 °C) avec un
rendement électrique pouvant atteindre les 42.5%, ce qui en fait une excellente machine
vu les rendements électriques couramment rencontrés avec ce type de moteur.

Le convertisseur (chaleur → travail → électricité) est entièrement considéré comme une


boîte noire avec des ports d’entrées/sorties illustré par la figure 2.5.1. Suite au manque
d’informations 3 que nous avons à propos de ce moteur le modèle du convertisseur sera
relativement sommaire. Il permettra à partir d’une courbe de rendement et de paramètres
communiqués par le constructeur de déterminer les sorties de la boîte noire.
3. Car le moteur est encore au stade de développement.

53
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

Entrée d’air chaud Sortie d’air


[Tea , ṁa , Pea ]
Tête Chaude du moteur [Tsa , ṁa , Psa ]

Pelec

Sortie d’eau chaude Entrée d’eau froide


[Tse , ṁe , Pse ] Tête Froide du moteur [Tee , ṁe , Pee ]

Figure 2.5.1 – Coupe du moteur à air chaud

2.5.1 Calcul de la température de la tête chaude du moteur


La température de la tête chaude du moteur (Tc ) est requise pour l’estimation du
rendement électrique. Suite à une inertie non négligeable de cette partie du moteur, il
serait maladroit de considérer que sa température est identique à la température d’entrée
de l’air chaud (Tea ). Ainsi, en supposant que le paramètre d’inertie I est connue, il est
possible de déterminer la température (Tc ) à l’aide de l’équation différentielle (2.5.1).

∂Tc
I = ṁa × cair
p × (Te − Tc )
a
(2.5.1)
∂t

2.5.2 Estimation de la puissance électrique


On considère que la puissance électrique du moteur est uniquement fonction de son
rendement électrique η elec et de la puissance thermique qu’il a reçu PthR . Dès lors :

Pelec = ηelec × PthR (2.5.2)


Selon les tests effectués par le constructeur, le rendement électrique du moteur dépend
principalement de la température de la tête chaude et de la température d’entrée du
circuit de refroidissement (Tee ). La figure 2.5.2 montre l’évolution du rendement électrique
en fonction de la température de la tête chaude du moteur.
Puisque la configuration de l’échangeur de la tête chaude n’est pas connue, il est im-
possible de faire un calcul rigoureux pour déterminer la puissance PthR qu’il est capable
de transmettre au moteur. Un pincement ∆T est alors supposé de sorte que :

PthR = ṁa × cair


p × ∆T (2.5.3)
On en déduit que la température de sortie de l’air Tsa est donc :

Tsa = Tea − ∆T (2.5.4)

54
2.6 Tour de refroidissement
Table and breakpoints data for block: BATIMAC_PRE_SIMULATEUR_v9/SimulateurBatimac/Convertisseur/Tête Chaude/Courbes_Moteurs/Rendement en fct (T)_

50

40
elec en %

30

20

10

0
0 100 200 300 400 500
Température de la tête chaude (°C)

Figure 2.5.2 – Variation du rendement électrique en fonction de la température de la


tête chaude du moteur [ENS2R 15]

2.5.3 Calcul de la température de sortie du circuit de refroidissement


Une partie de la chaleur fatale issue du processus de production d’électricité est récupé-
rable via le circuit de refroidissement. Mais cette quantité d’énergie Pth dépend des pertes
d’énergies afférent au processus de production et aussi du niveau d’isolation thermique
du moteur. Une fois de plus la méconnaissance du moteur nous pousse à définir un nou-
veau paramètre η p qui rend compte de la quantité d’énergie non récupérable. L’énergie
thermique récupérable à la tête froide du moteur est donc donnée par :

Pth = PthR × [1 − (ηelec + η p )] (2.5.5)


Enfin, en considérant que tout cette quantité de chaleur est cédée à l’eau froide, la
température de sortie du fluide de refroidissement s’obtient par :

Pth
Tse = Tee + (2.5.6)
ṁe × ceau
p

Ces quelques lignes représentent le modèle du convertisseur. Rappelons toutefois que


malgré sa simplicité, il correspond au type de modèle requis pour le simulateur numérique
développé au cours de cette thèse, car il permet de simuler en régime permanent le com-
portement énergétique de divers types de moteur, moyennant la définition de quelques
paramètres accessibles par expérimentation.

2.6 Tour de refroidissement


Les cycles thermodynamiques de production d’électricité à partir de chaleur ou les
installations frigorifiques sont généralement équipés d’une tour de refroidissement. Cet
équipement dont le but est d’évacuer dans le milieu ambiant la quantité de chaleur non
utilisée au cours d’un processus (industriel ou tertiaire) se présente sous diverses formes.

55
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

Ainsi, selon les températures de fonctionnement souhaitées et/ou les puissances ther-
miques à évacuer, quatre grands principes d’installations de refroidissement de l’eau sont
techniquement envisageables [CETIAT ] :
• Les installations de refroidissement utilisant l’air sec ;
• Les installations de refroidissement par eau en circuit ouvert ;
• Les installations de refroidissement par voie sèche et humide ;
• Les installations de refroidissement par voie humide ou évaporatif.

Pour le système Batimac, l’installation de refroidissement choisie est un aéroréfrigérant


à sec. Ainsi, le fluide à refroidir circule dans les tubes d’un échangeur et est refroidi par
de l’air mis en mouvement par des ventilateurs. Rappelons toutefois que même si ce type
d’installation permet de s’affranchir de toutes les exigences sanitaires (risque de légionel-
lose notamment), il peut s’avérer moins performant que les tours de refroidissement par
voie humide qui profitent de la chaleur latente de l’eau pour refroidir à une température
inférieure à celle de l’air extérieur pendant la période estivale.

La modélisation de ce composant s’effectue en considérant que :


1. Les caractéristiques thermophysiques du fluide à refroidir et celles de l’air sont
connues ;
2. Les conditions d’entrée du fluide (température, débit) sont données ;
3. L’échangeur de chaleur est caractérisé par son efficacité Ef ;
4. La débit d’air maximal (Qmax ) des ventilateurs 4 est fixé.
Le but du modèle est principalement de déterminer la température de sortie du fluide à
refroidir en fonction de la température de l’air extérieur et de la température de consigne
fixée par l’utilisateur. Pour ce faire, nous utilisons un calcul d’échangeur dont les princi-
pales étapes sont mises en relief par l’algorithme 2.2

Algorithme 2.2 Principales étapes du modèle de la tour de refroidissement à sec


1: Début {déroulement}
2: Calcul du débit d’air nécessaire (régulateur PI)
Qair (Tin , Tcons ) = M in [Qmax ; QP I ]
3: Calcul de Cmin h i
Cmin = M in (ρQcp )air ; (ṁcp )eau
4: Calcul de la puissance maximale
Pmax = Cmin × (Teau in env
− Tair ) × Ef
5: Calcul de la température de sortie de l’eau
s
Teau = Teau
e
− (ṁcPmax
p )eau
6: Calcul de la température de sortie de l’air
s
Tair = Tair
e
+ (ρQc
Pmax
p )air
7: Fin {déroulement}

4. Le débit d’air requis (Qair ) est déterminé par un régulateur PI, en fonction de la température de
consigne et de la température de l’air extérieur.

56
2.7 Tuyauteries et gaines

Ces opérations sont réalisées uniquement lorsque la température de l’eau est supérieure
à la température de consigne. Par ailleurs, le débit volumique d’air étant borné, si la tem-
pérature extérieure est élevée, la tour de refroidissement peut être incapable de refroidir
suffisamment l’eau, ce qui peut impacter les performances du processus.

2.7 Tuyauteries et gaines


Dans le simulateur, le modèle de tube ou de gaine consiste en un calcul des pertes de
charge et des pertes de chaleur pour chacune des boucles du système.

2.7.1 Estimation des pertes de charge


Le calcul des pertes de charge des réseaux d’écoulement
 de fluide s’effectue en deux
étapes. D’abord les pertes de charge linéiques ∆p sont calculées selon le régime d’écou-
lin

lement puis les pertes de charge singulières sont :


• soit déduites des pertes de charges linéaires ;
• ou calculées rigoureusement lorsque l’architecture du réseau est entièrement définie.
La perte de charge totale étant la somme de ces deux types de pertes de charge.

La formulation de Darcy-Weisbach (Eq. 2.7.1) peut être utilisée pour le calcul des pertes
de charge linéaires.

L u2
∆lin =λ (2.7.1)
p
2 g Dh
Où le coefficient de perte de charge (λ) est donné par l’équation (2.7.2), en fonction du
nombre de Reynolds Re :


64 Re−1 si Re ≤ 2300
λ= (2.7.2)
0.316 Re−0.25 si non

Notons que dans le simulateur Batimac, l’architecture du système n’est à priori pas
déterminée, il est donc impossible de faire un calcul précis des pertes de charge singulières.
L’utilisateur est donc invité à estimer les pertes de charge singulières en fonction des pertes
de charge linéaires via un coefficient p. La perte de charge totale que doit vaincre la pompe
ou le ventilateur installé sur ce réseau est donc :

∆p = (1 + p) × ∆lin
p + ∆p
Equi
(2.7.3)
∆Equi
p dessinant la perte de charge totale des équipements connectés au circuit en ques-
tion.

2.7.2 Calcul des pertes de chaleur


Dans les circuits peu calorifugés les pertes de chaleur peuvent parfois être importantes,
c’est pourquoi nous avons trouvé utile de les implémenter dans le simulateur numérique.

57
Chapitre 2 Modélisation et validation des composants « non ou peu maillés »

Pour un tube de rayon intérieur (Rint ) et de rayon extérieur (Rext ), recouverts d’une
couche d’isolant d’épaisseur (eiso ), le flux de chaleur échangé entre le fluide caloporteur
et l’extérieur 5 est donné par :
Tin − Text
∆T h = Sech (2.7.4)
Rth
Où la résistance thermique surfacique Rth , est obtenue par :
 
ln
 
1 ln Rext
Rint 1
Rext +eiso
t
Rext
Rth = + + + (2.7.5)
hint Sint 2 π L kt 2 π L kiso hext Sext
Tels que les paramètres h et S désignent respectivement le coefficient d’échange de
chaleur par convection et la surface mouillée.

5. En négligeant toutes résistances de contact.

58
Conclusion du chapitre

Conclusion du chapitre
Ce 2ème chapitre doit être considéré comme une bibliothèque de modèle de composants
dans laquelle les modèles numériques des composants peu ou pas maillés du système Ba-
timac sont décrits. Le but de cette thèse n’étant pas de proposer des modèles pour ces
équipements, nous avons puisé dans la littérature pour établir la plupart de ces modèles
tout en les adaptant lorsque cela semblait nécessaire.

Ainsi, un modèle de ballon d’eau chaude stratifié a été établi puis validé par comparaison
(voir figure 2.1.2) avec le modèle zonal de [Blandin 10], qui auparavant a eu à démontrer
la bonne concordance entre son modèle et les Types 40 et 60 du logiciel commercial de
simulation dynamique TRNSYS. Ce modèle de ballon stratifié est implémenté dans le
simulateur numérique pour prédire le comportement du poste d’eau chaude sanitaire, du
système de stockage basse température et du ballon d’eau chaude pour le chauffage du
bâtiment.
Un modèle de machine à absorption eau-bromure de lithium est proposé dans cette
bibliothèque de modèle de composants. Basé sur des équations d’états et un ensemble de
lois de conservation de masse et d’énergie, nous avons montré que ce modèle thermody-
namique prédit correctement les performances d’une machine à absorption, avec un écart
relatif maximal de 5% (voir figure 2.2.3) par rapport au progiciel de simulation Thermop-
tim et de seulement 3% (voir figure 2.2.4) par rapport au modèle numérique de MAA
proposé par [Romero 00]. Notons toutefois qu’à l’instar des modèles simplifiés de MAA
disponibles dans la littérature, celui-ci à l’avantage de pouvoir simuler une large gamme
de machine à absorption eau-bromure de lithium, ce qui permettra aux utilisateurs du
simulateur Batimac de tester plusieurs MAA.
Pour les autres composants peu ou pas maillés, ils n’ont fait l’objet d’aucune valida-
tion particulière. Soit parce qu’ils sont déduits de calculs classiques de thermique (calcul
d’échangeur pour la tour de refroidissement à sec et calcul de flux de chaleur pour les pertes
thermiques dans un tube cylindrique) ou de mécanique des fluides (calcul de pertes de
charge de circuit fermé). Ou parce que nous avons fait le choix d’utiliser des modèles rela-
tivement sommaires 6 basés tout de même sur le premier principe de la thermodynamique
qui assure la cohérence de ces modèles d’un point de vue énergétique.

Le chapitre suivant sera consacré à l’utilisation des méthodes d’analyses modales pour
la modélisation des composants fortement maillés du simulateur Batimac.

6. pour des raisons évoquées plus haut

59
Chapitre 3

Réduction modale des composants


« fortement maillés ».

3.1 Analyse modale des systèmes thermiques . . . . . . . . . . . . . . . . 61


3.1.1 Problème générique de thermique . . . . . . . . . . . . . . . . 61
3.1.2 Méthodes d’analyse et de réduction modales . . . . . . . . . . 62
3.1.3 Réduction modale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.1.4 Modèle modal réduit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.2 Modélisation d’un bâtiment muni d’un plancher chauffant réversible 70
3.2.1 Le bâtiment et son émetteur/absorbeur de chaleur . . . . . . 70
3.2.2 Réduction modale du bâtiment . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.2.3 Validation du modèle réduit de bâtiment . . . . . . . . . . . . 84
3.3 Modélisation d’un système de stockage thermique avec matériau
à changement de phase . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
3.3.1 Description du problème physique et hypothèses de modélisation 91
3.3.2 Modélisation avec la méthode des différences finies . . . . . . 94
3.3.3 Modélisation par réduction modale : méthode BERM . . . . . 98
3.3.4 Discrétisation temporelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
3.3.5 Validation du modèle détaillé . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
3.3.6 Analyse du modèle réduit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Conclusion du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112

3.1 Analyse modale des systèmes thermiques


3.1.1 Problème générique de thermique
Soit un problème classique de conduction défini sur un domaine Ω recevant un flux
de chaleur volumique Φ et échangeant de la chaleur par convection avec un fluide à la
température TF sur sa frontière Γ. La mise en équation de ce problème dont la géométrie
est représentée à la figure 3.1.1 peut prendre la forme :

61
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

∂T →
−  → − 
∀M ∈ Ω c = ∇ • k ∇T + Φ (3.1.1)
∂t


∀M ∈ Γ k ∇T • →

n = −h (T − TF ) (3.1.2)



n

Mb
Ω Γ

Figure 3.1.1 – Géométrie du système étudié.

La discrétisation spatiale des équations (3.1.1) et (3.1.2) par les méthodes numériques
classiques 1 permet d’obtenir un modèle matriciel sous la forme standard :

CṪ = AT + BU (3.1.3)
Où T et U désignent respectivement le vecteur des températures inconnues aux nœuds
du maillage, et le vecteur des sollicitations. C, A et B sont respectivement les matrices de
capacités, de diffusion 2 et de sollicitations.

3.1.2 Méthodes d’analyse et de réduction modales


En thermique, l’analyse modale consiste à rechercher un champ de température T sous
la forme d’une somme de champs thermiques élémentaires caractérisés par les modes Vi ,
pondérés par leurs amplitudes temporelles xi .

N
T (M, t) = Vi (M ) × xi (t) (3.1.4)
X

i=1

ou sous la forme matricielle :

T = PX (3.1.5)

Avec P : la matrice de passage, composée des modes Vi rangés en colonne.


X : le vecteur d’état, composé des états d’excitation xi .
1. volumes finis ou différences finies ou éléments finis
2. le terme de diffusion est à prendre au sens large car un terme de transport et/ou d’échange convectif
peut exister.

62
3.1 Analyse modale des systèmes thermiques

Cette formulation permet ainsi de passer d’un problème physique où les inconnus sont
des températures à un problème d’état dont les inconnus sont les états d’excitation. Par
la même occasion, on passe d’un système d’équations aux dérivées partielles (spatiotem-
porelles) à un système d’équations différentielles ordinaires (temporelles). Comme nous le
verrons au § 3.1.3, il est alors possible d’utiliser les techniques de réduction modale pour
réduire le nombre d’inconnus du système d’équations afin de pouvoir effectuer des calculs
plus rapides.

A la question de savoir comment sont obtenus les modes Vi , plusieurs méthodes existent
et nous verrons dans les lignes suivantes qu’elles dépendent généralement du type de
problèmes thermiques traités.

3.1.2.1 Cas des problèmes thermiques linéaires et à paramètres stationnaires


Lorsque le triplet {A, B, C} est indépendant de la température (linéarité) et du temps
(stationnarité des paramètres) la méthode modale la plus adaptée est l’approche modale
classique [Bacot 84, Salgon 87, Khoury 89, Brou 14]. Le champ de température T peut
alors être décomposé sur des modes calculés en résolvant le problème aux valeurs propres
(Eq. (3.1.7)) associé au problème thermique (Eq.(3.1.1) et (3.1.2)).

 →
−  → − 
z
i c0 V i = ∇ • k0 ∇Vi sur Ω

− (3.1.6)
k
0 ∇Vi •→

n = −h0 Vi sur Γ

ou bien de façon plus compacte :


zi C0 Vi = A0 Vi (3.1.7)

Notons que l’indice 0 indique un paramètre stationnaire et la condition limite est


homogène 3 .

Les solutions {zi , Vi } du problème aux valeurs propres (3.1.7) sont obtenues par dia-
gonalisation et zi est la valeur propre associée à la fonction propre Vi de rang i. Il est
possible d’associer à chaque valeur propre zi son inverse τi = − z1i qui désigne le temps
caractéristique (ou la constante du temps) du mode de rang i.

En remplaçant dans l’équation (3.1.2) le champ de température T par sa forme modale


(Eq.(3.1.4)) nous obtenons successivement :


− X
V i × xi • →


n + h0 Vi × xi = h0 TF
X
k0 ∇
X h → −
k0 ∇Vi • →

i 
n + h0 Vi × xi = h0 TF



Or d’après la seconde ligne du système d’équation (3.1.6), k0 ∇Vi • →

n + h0 Vi = 0. On
déduit donc que :


3. k0 ∇Vi • →

n + h0 Vi = 0

63
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

TF = 0 (3.1.8)
Ce qui montre qu’une telle décomposition modale n’est pas valable pour TF 6= 0 et plus
généralement pour des problèmes thermiques aux conditions limites non-homogènes 4 .

Afin de lever cette difficulté, le vecteur solution T de l’équation (3.1.3) est considéré
comme une superposition de deux régimes. L’un est qualifié de régime glissant et noté Tg
et l’autre de régime dynamique et noté Td , tel que :

T = Tg + Td (3.1.9)
Par définition, le régime glissant 5 devra satisfaire l’équation statique, c’est à dire :

→
− →
− 

∇• k 0 ∇Tg =0

− (3.1.10)
k ∇T • → −n = −h0 (Tg − TF )
0 g

Ou sous la forme matricielle, (3.1.10) s’écrit :

A0 Tg + B0 U =0
(3.1.11)
⇒ Tg = −A−1
0 B0 U

Par ailleurs, en substituant les équations (3.1.9) et (3.1.11) dans (3.1.3) nous obtenons
la suite d’équation ci-dessous, qui donne l’expression du champ dynamique.

 
C0 Ṫd + Ṫg = A0 (Td + Tg ) + B0 U
:0
C0 Ṫd = −C0 Ṫg + A0 Td + A +
B0 U


T
0 g
= A0 Td + C0 A0 B0 U̇
−1

donc :
C0 Ṫd = A0 Td + E0 U̇ (3.1.12)
où E0 = C0 R0 avec, R0 = A−1
0 B0

Le régime dynamique peut alors être décomposé dans l’espace modal, selon :

N
Td (M, t) = Vi (M ) × xi (t) (3.1.13)
X

i=1

Notons que cette nouvelle écriture du problème thermique (Eq. (3.1.12)) présente les
avantages suivantes :


4. k ∇T • →−n + hT = f (M ) 6= 0.
5. De façon pratique, ce champ glissant est équivalent à tout instant au régime permanent qui serait
atteint par le système si les sollicitations U gardaient une valeur constante à partir de cet instant.

64
3.1 Analyse modale des systèmes thermiques

1. Aucune inversion de matrice n’est effectuée : il suffit de résoudre le système linéaire


A0 R0 = B0 pour obtenir la matrice A−1 0 . De plus, ce calcul s’effectue une seule
fois au tout début de la simulation puisque le problème thermique est à paramètres
stationnaires.

2. le champ statique Tg est préservé même si le régime dynamique peut être altéré par
une éventuelle réduction.
En revanche, dans le cas du traitement d’un problème thermique où le triplet 6 {A, B, C}
dépend de la température (non-linéarité) et/ou du temps (instationnarité des paramètres),
l’application de la méthode modale classique nécessite de recalculer à chaque pas de temps
de simulation :
1. les matrices A0 , C0 et E0 ,
2. le couple {zi , Vi },
l’avantage de la réduction est alors affaibli, voir même inexistant par rapport aux méthodes
de résolutions numériques classiques. Il faut donc faire appel à d’autres méthodes d’analyse
modale.

3.1.2.2 Cas des problèmes thermiques non-linéaires et à paramètres instationnaires


Pour dépasser les limites de la méthode modale classique pour le traitement de ce
type de problème, d’autres méthodes d’analyse modale telles que la méthode POD (Pro-
per Orthogonal Decomposition) [Atwell 01, Fic 04, Garcia 09] et la méthode BERM
(Branch Eigenmodes Reduction Method) [Videcoq 06, Laffay 08, Quéméner 10] ont été
introduites. Un développement de la méthode BERM est présenté dans la suite de ce
travail.

Le problème modal de branche s’écrit :


−  → − 
∇ • k0 ∇Vi = zi c0 Vi (3.1.14)


k0 ∇Vi • →

n = −zi ζVi (3.1.15)

Remarquons que :
1. Comme dans la méthode modale classique, les caractéristiques thermophysiques du
problème modal sont stationnaires. Elles représentent par exemple la moyenne des
paramètres instationnaires, dans leurs plages de variation respectives.

→ −

2. La valeur propre zi apparait dans la condition limite (3.1.15). Le rapport k0 ∇V
Vi
i• n

n’est plus constant comme dans le cas de l’approche modale classique, il dépend
maintenant de chaque mode. Ainsi, les solutions du problème de branche ne sont
donc liées à aucune condition limite physique particulière. Il est donc possible de
traiter les conditions limites non-homogènes. C’est pourquoi, avec cette méthode il
n’est plus nécessaire de séparer le champ de température T comme dans le cas de
l’approche classique.
6. plus précisément au moins une matrice du triplet.

65
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

3. Il y a un nouveau paramètre ζ au niveau de la condition limite. Il s’agit du nombre


de Steklov 7 .
La discrétisation spatiale des équations (3.1.14) et (3.1.15) permet de poser le problème
aux valeurs propres de branche sous sa forme matricielle :

−zi Cb Vi = Ab Vi (3.1.17)
où Cb ≡ C0 + Cζ

Bien entendu, C0 est la matrice de capacité invariante à l’intérieur du domaine Ω et Cζ


représente la matrice de Steklov. Cette dernière matrice peut être interprétée au besoin
comme une capacité thermique « linéïque » ajoutée sur la frontière Γ du domaine.

Pour des géométries complexes, la solution de ce problème aux valeurs propres s’effec-
tue en utilisant des méthodes numériques. Particulièrement, l’équipe ThE du LMEE a
développé depuis quelques années le code de calcul SAMBA qui permet entre autres de
résoudre l’équation (3.1.17) en utilisant la suite de sous-programme Arpack. Les couples
de solution {zi , Vi } ainsi obtenus permettent de former la basse modale de branche.

Rappelons que cette base de branche est très particulière car elle peut être utilisée pour
décomposer tout type de champ et ce quelles que soient les conditions aux frontières,
contrairement à la base classique qui est calculée pour un problème thermique où les
caractéristiques thermophysiques et les conditions limites sont préalablement fixées.

3.1.2.3 Propriétés des modes


Quelle que soit la méthode modale (classique ou branche), si les matrices A0/b et C0/b
sont symétriques et à coefficients réels, les problèmes aux valeurs propres (Eqs. (3.1.7)
et (3.1.17)) possèdent toujours des solutions réelles. Puisque la matrice A0/b est définie
négative, les valeurs propres zi sont négatives.

Une des propriétés essentielles de ces bases modales est la propriété d’orthogonalité.
Selon la méthode, elle s’écrit :

méthode classique : méthode


 de branche :

T PC =I T PC P = I
0P b
(3.1.18) (3.1.19)
T PA0 P = Λ0 T PAb P = Λb

7. Le nombre de Steklov s’exprime en J/m2 K et il permet d’assurer l’homogénéité dimensionnelle de


l’équation (3.1.15) d’une part et d’autre part d’éviter la dégénérescence du problème traité. Pour le choix
de sa valeur numérique, la seule condition à respecter est qu’il ne soit pas négatif. Ainsi, à l’exception
des frontières adiabatiques où ζ = 0, il a été montré dans [Quéméner 10] qu’il existe une valeur optimale
du nombre de Steklov telle que :
´
c dv c0 × V olume
ζ = ´ 0

≡ (3.1.16)
Γ
ds Surf ace

66
3.1 Analyse modale des systèmes thermiques

Avec : I matrice identité,


Λ matrice diagonale des valeurs propres zi ,
T
désigne l’opérateur de transposition.

3.1.3 Réduction modale


A présent, selon le type de problème thermique il est possible de calculer les vecteurs
propres Vi . La formulation modale (Eq. (3.1.5)) permet donc d’envisager la réduction du
modèle en approchant le champ de température T par le champ de température réduit
T̃ tel que :

nr
T̃(M, t) = Vi (M ) × xi (t)
X

i=1
où sous forme matricielle :
T̃ = P̃X (3.1.20)

Avec P̃ : la matrice de passage réduite, composée des nr modes Vi rangés en colonne.

En pratique, cette réduction 8 consiste à sélectionner nr ( N ) modes fondamentaux.


Plusieurs techniques existent ; de la simple troncature [Marshall 66], à la méthode so-
phistiquée de l’amalgame modal [Oulefki 93, Quéméner 12], en passant par la technique
de la troncature énergétique [Sicard 85]. Le lecteur intéressé par toutes les méthodes
de réduction de modèle pourrait consulter [Oulefki 93, Videcoq 99] qui en font une très
belle synthèse.

3.1.4 Modèle modal réduit


Il s’agit ici d’établir le modèle d’état réduit. Pour ce faire deux étapes sont requises à
partir du problème thermique (Eq. (3.1.3)) :
1. décomposition du champ de température sur la base modale réduite 9 (Eq. 3.1.20) :

CP̃Ẋ = AP̃X + BU (3.1.21)

2. projection du résultat obtenu (Eq. (3.1.21)) sur la base modale réduite 10 :


T
P̃CP̃Ẋ = T P̃AP̃X + T P̃BU (3.1.22)

8. La base réduite conserve les propriétés d’orthogonalité.


9. on remplace T̃ par P̃X
10. multiplication à gauche par T P̃

67
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

Soulignons que les équations (3.1.3) et (3.1.22) permettent de résoudre le même problème
thermique. Cependant, dans le premier cas la résolution s’effectue dans l’espace physique
alors que dans le second cas elle s’effectue dans l’espace modal avec des matrices de tailles
réduites (d’un facteur de réduction 11 nNr ), accélérant ainsi les calculs numériques. Selon le
type de méthode modale, le modèle réduit présente des spécificités particulières que nous
examinons à présent.

3.1.4.1 Cas particulier des modes classiques


Avec l’approche modale classique, les égalités matricielles suivantes sont vérifiées :
A = A0 et C = C0 . Le modèle modal réduit s’écrit alors :

T
P̃C0 P̃Ẋ = T P̃A0 P̃X + T P̃E0 U̇ (3.1.23)
L’utilisation des propriétés d’orthogonalité (Eq. (3.1.18)) permettent d’exprimer ce mo-
dèle réduit sous la forme :
˙ = Λ̃X̃ + EU̇
X̃ (3.1.24)
avec, E ≡ T P̃E0

Ce modèle réduit a l’avantage d’avoir un nombre réduit nr d’inconnues et le calcul de


la matrice E ne s’effectue qu’une seule fois (au début de la simulation). Puisque Λ̃ est une
matrice diagonale, le modèle matricielle réduit (3.1.24) issu de l’analyse modale classique
est découplée et sa résolution numérique est immédiate.

3.1.4.2 Cas des modes de branche


En analyse modale de branche, le modèle d’état réduit reste identique à l’équation
(3.1.22). En effet, C est toujours différent de Cb et très souvent A est aussi différent de
Ab , les propriétés d’orthogonalité (Eq.(3.1.19)) ne peuvent donc pas être utilisées pour
simplifier cette formulation. Nous nous proposons alors d’écrire ce modèle réduit sous la
forme :
˙ = NX̃ + MU
LX̃ (3.1.25)

L ≡ T P̃CP̃ : matrice pleine de capacité dans l’espace modal,
N ≡ T P̃AP̃ : matrice pleine de diffusion dans l’espace modal,
M ≡ T P̃B : matrice pleine des sollicitations dans l’espace modal.

Notons par ailleurs qu’il existe une méthode d’analyse modale qui permet d’identifier
directement le modèle réduit. Il s’agit de la méthode MIM (Modal Identification Method)
qui s’adapte aussi bien aux systèmes linéaires [Petit 90b, Petit 93] qu’aux problèmes ther-
miques non-linéaires [Girault 03, Videcoq 06, Rouizi 10].

En résumé, dans cette première partie du chapitre 3, nous avons fait une description non
exhaustive des approches de réduction modales tout en mettant particulièrement l’accent
11. C’est le rapport entre la taille du modèle réduit et celle du modèle détaillé.

68
3.1 Analyse modale des systèmes thermiques

sur la méthode d’analyse modale classique et la méthode BERM. Le tableau 3.1 permet
de faire une première comparaison entre ces deux modèles et les méthodes de résolution
numériques classiques.

Méthodes numériques Analyse modale Méthode


classiques classique BERM
Espace de Physique Modal Modal
résolution
Equation CṪ = AT + BU ˙ = Λ̃X̃ + EU̇
X̃ ˙ = NX̃ + MU
LX̃
d d

Dimension [N × N ] [nr × nr ] [nr × nr ]


• Petite taille
• Grande taille • Matrices diagonales • Petite taille
Particularités • Matrices creuses • Limité aux pro- • Matrices pleines
blèmes linéaires

Table 3.1 – Synthèse de trois méthodes numériques

Dans la suite de ce manuscrit, deux exemples d’application de ces méthodes seront


présentés. D’abord, l’approche modale classique sera utilisée pour la modélisation d’un
bâtiment muni d’un plancher réversible. Pour ce premier exemple, nous utiliserons la
troncature de de Marshall pour la réduction du modèle. Puis, l’utilisation de la méthode
BERM et de la technique de réduction de l’amalgame modal permettront de modéliser
une unité de stockage thermique avec matériau à changement de phase.

69
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

3.2 Modélisation d’un bâtiment muni d’un plancher


chauffant réversible
3.2.1 Le bâtiment et son émetteur/absorbeur de chaleur
3.2.1.1 Typologie de modèle de bâtiment
Les différentes approches sur lesquelles reposent les outils de prédiction du comporte-
ment thermique des bâtiments sont souvent classées en trois catégories selon le degré de
complexité du problème et la finalité de l’outil :
• la méthode nodale,
• la méthode zonale
• les codes CFD.

Dans le cadre du développement d’un simulateur numérique de comportement énergé-


tique où le bâtiment représente une charge du système de cogénération, la méthode la
plus adaptée est la méthode nodale. En effet, elle permet des simulations rapides et une
bonne estimation des variables d’état (température, pression, humidité ...) [Koffi 09]. En
pratique, cette méthode consiste à représenter les zones d’un bâtiment par des nœuds
représentant leur équilibre thermodynamique par des variables d’état. Selon le maillage
du bâtiment, on distingue les modèles monozone et multizone.
Dans les modèles multizones (voir figure 3.2.1a), le bâtiment est découpé en plusieurs
pièces. Chacune des pièces ou un regroupement de pièces peut représenter une zone. Quant
aux modèles monozones (voir figure 3.2.1b), ils considèrent le bâtiment dans son ensemble
comme une enceinte dont les caractéristiques internes sont parfaitement uniformes. Le
comportement de l’ambiance est donc représenté par un seul jeu de variables d’état.

b b

b b
b

b b b

(a) Modèle multizone (b) Modèle monozone

Figure 3.2.1 – Modèles nodaux de bâtiment

A l’opposé du logiciel de simulation thermique dynamique (STD) du bâtiment


Pleaides+Comfie [izuba 15] basé sur un modèle multizone (zones thermiques), dans
le simulateur Batimac, le bâtiment est représenté par un modèle monozone afin d’éviter

70
3.2 Modélisation d’un bâtiment muni d’un plancher chauffant réversible

la description totale de sa structure 12 . Or, l’hypothèse de bâtiment monozone n’est perti-


nente que pour des bâtiments de petite dimension, l’inertie des cloisons internes pouvant
être négligée 13 , ce qui n’est pas le cas pour des bâtiments volumineux (logements collectifs
par exemple) d’après les figures 14 3.2.2a, 3.2.2b et 3.2.2c.

(a) Evolution dynamique de température

(b) Zoom sur 120 h : de 1560 à 1680 h (c) Bilan thermique en kWh

Figure 3.2.2 – Comparaison de deux modèles monozones.

Nous nous proposons donc de tenir compte de l’inertie des parois 15 internes en introdui-
sant un paroi verticale équivalente 16 comme illustré à la figure 3.2.3b et seule l’enveloppe
du bâtiment reste à définir par l’utilisateur du simulateur.
12. La description d’un bâtiment (logement collectif ou tertiaire) multizone dans Simulink n’est pas
évident pour un utilisateur non initié, le paramétrage du simulateur peut donc devenir très fastidieux.
13. par rapport à l’inertie de enveloppe.
14. où nous simulons un bâtiments de 2700 m3 à l’aide du logiciel Pleaides+Comfie. NB : le modèle
avec parois internes est constitué de 64 pièces.
15. verticales uniquement car celle des planchers intermédiaires est prise en compte dans le modèle du
plancher chauffant réversible (voir section 3.2.2.3 page 77)
16. Ses propriétés thermophysiques et son épaisseur sont définies par l’utilisateur et une surface
d’échange équivalente avec l’air intérieur est calculé par le simulateur.

71
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

(a) Monozone classique (b) Monozone amélioré

Figure 3.2.3 – Modèles de bâtiment monozone

3.2.1.2 Choix de l’émetteur/absorbeur de chaleur


Pour assurer des températures d’air intérieur acceptables, il est nécessaire de prévoir un
système de chauffage, mais aussi un système de rafraîchissement pour certaines régions.
Pour le chauffage, le parc de logement français est principalement composé des émet-
teurs de chaleur suivants [Bézian 97] :
• convecteur électrique,
• radiateur à eau,
• panneau radiant (ou chauffant),
• plafond rayonnant,
• chauffage aéraulique (air pulsé),
• plancher chauffant.
Si le chauffage électrique (convecteur électrique, plafond rayonnant...) équipe jusqu’à 31%
des logements en France, aujourd’hui la tendance en terme d’émetteur de chaleur s’oriente
vers des systèmes de chauffage plus performants.

Plus particulièrement, les planchers réversibles qui se comportent en émetteur de cha-


leur en hiver et en absorbeur de chaleur en été représentent une solution technique d’ef-
ficacité énergétique 17 , de confort 18 et d’hygiène 19 . Toutes ces qualités font du plancher
chauffant un excellent mode de diffusion de chaleur, ce qui justifie son choix dans le cadre
du projet Batimac.

Principe de fonctionnement :

Son principe de fonctionnement est simple, de l’eau chaude (ou glacée) circule dans un
réseau de tube encapsulé dans le plancher. De la chaleur est ainsi cédée (ou récupérée)
17. chauffage basse température, et rafraîchissement haute température
18. diffusion uniforme de la chaleur,
19. pas de carbonisation de la poussière et amélioration de la qualité d’air intérieur,

72
3.2 Modélisation d’un bâtiment muni d’un plancher chauffant réversible

et la surface du plancher s’échauffe (ou se refroidit). En mode chauffage par exemple, le


plancher rayonne vers les autres surfaces (plafond et murs) du bâtiment dont les tempé-
ratures augmentent. Cette augmentation de la température des parois contribue aussi à
l’augmentation de la température de l’air intérieur et améliore fortement la température
ressentie. A titre de comparaison, dans une pièce chauffée par le sol à 18°C, on ressent
la même sensation de confort que dans une pièce chauffée à 20°C par des convecteurs
électriques.

Règlementation :

En France, le plancher chauffant à eau est règlementé par les DTU 26.3, DTU 65.8 et la
norme NF-EN-1264. On retrouve par exemple dans la DTU 65.8 quelques spécifications
de ce mode de diffusion de chaleur :
• La température superficielle maximale du sol est fixée à 28°C pour une température
ambiante de 19°C,
• La résistance thermique du revêtement du sol ne doit pas dépasser 0.15 m2.K/W,
• L’écart maximal entre les tubes doit est de 35 cm ...

L’étape suivante consiste à proposer un modèle réduit de bâtiment monozone amélioréé-


quipé d’un plancher chauffant réversible.

3.2.2 Réduction modale du bâtiment


Les hypothèses considérées dans le cadre de cette étude permettent de subdiviser le
bâtiment en quatre domaines (voir figure 3.2.4) :
• l’enveloppe : ensemble composé des parois verticales extérieures et de la toiture ;
• la paroi interne équivalente : permet de tenir compte de l’inertie des parois internes
verticales ;
• le plancher : il s’agit du plancher chauffant réversible ;
• l’air intérieur : il assure le couplage des trois premiers domaines.

3.2.2.1 Quelle approche modale choisir ?


L’objectif premier d’une STD de bâtiment est de mettre en évidence l’évolution dyna-
mique de la température d’air intérieur et d’estimer les charges thermiques du bâtiment
en fonction des sollicitations et des consignes de températures.
Pour ce faire, des logiciels de simulation comme TRNSYS utilisent les techniques de
modélisation classiques (différences finies, éléments finis ...) qui allongent parfois les du-
rées de simulation. Or, des travaux ([Bacot 84, Sicard 85, Lefebvre 88, Ménézo 99]) ont
montré que l’analyse modale constitue un moyen efficace pour modéliser le comportement
énergétique d’un bâtiment. C’est d’ailleurs cette technique qu’utilise le logiciel de STD
de bâtiment Pleaides+Comfie, où d’après [Salomon 05], seulement trois modes sont
suffisants pour obtenir des résultats quasiment identiques (au dixième de degré près) à
une référence correspondant à 20 mailles.

Par ailleurs, pour le cas particulier des planchers hydrauliques, le regain d’intérêt
de l’utilisation des énergies renouvelables pour le chauffage des bâtiments est à l’ori-

73
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

Enveloppe

Air intérieur

Paroi interne
équivalente
e

Elément de
plancher

Figure 3.2.4 – Sous-structuration du bâtiment en quatre domaines

gine de plusieurs publications scientifiques qui traitent de la modélisation de cet émet-


teur/absorbeur de chaleur.
Ce système est par nature tridimensionnel, mais la plupart des articles recensés dans
la littérature traitent une géométrie bidimensionnelle. Cela implique de ne pas traiter le
problème de transport du fluide caloporteur, et de considérer une température moyenne du
fluide circulant dans le plancher. Dans le cadre de cette hypothèse, les modèles proposées
peuvent se classer en deux catégories :
1. des modèles numériques détaillés où la géométrie du plancher est modélisée finement
[Ho 95, Weitzmann 05], et où le problème thermique est résolu par des méthodes
numériques telles que les éléments finis ou les volumes finis,
2. des modèles simplifiés analytiques ou semi-analytiques [Laouadi 04, Zhang 12] où
la géométrie du plancher n’est pas détaillée et par conséquent les simulations sont
rapides.
Une alternative pour concilier ces deux approches (prise en compte de la géométrie et
rapidité des calculs) est d’utiliser les méthodes modales [Petit 90a].

Ainsi, à l’instar de [Ménézo 00], nous utiliserons la méthode modale classique 20 (voir
20. Pour un mode de fonctionnement donné, les caractéristiques thermophysiques du système thermique
(bâtiment) sont généralement invariantes et le coefficient d’échange par convection entre le tube et le fluide
caloporteur (du plancher réversible) varie très peu car la régulation des planchers réversibles s’effectue
plutôt par une régulation de la température d’entrée de l’eau chaude (ou froide) que par une variation
du débit du fluide caloporteur.

74
3.2 Modélisation d’un bâtiment muni d’un plancher chauffant réversible

§3.1.2.1) pour proposer un modèle réduit de bâtiment muni d’un plancher réversible. Ce
modèle est établi sous les principales hypothèses suivantes :

• le bâtiment est monozone (voir figure 3.2.3b),


• la diffusion de chaleur est considérée 1D dans l’enveloppe et 2D dans le plancher,
• le contact entre les différentes couches des parois est supposé parfait,
• les composants des parois (enveloppe et plancher) sont homogènes et isotropes,
• la résistance thermique du tube (dans le plancher) est négligée,
• le transport de fluide n’est pas simulé ;
• les gains solaires internes sont proportionnellement 21 repartis entre l’enveloppe, la
paroi interne équivalente et le plancher.

3.2.2.2 Modèle de l’enveloppe


L’enveloppe du bâtiment représente un ensemble de trois parois généralement compo-
sées de plusieurs couches de matériaux différents :
1. le mur : c’est l’ensemble des parois opaques verticales 22 du bâtiment.
2. la toiture : paroi opaque horizontale donnant sur l’extérieur,
3. le vitrage : il représente l’ensemble des parois vitrées du bâtiment.
Le modèle de l’enveloppe servira à caractériser la diffusion de chaleur dans l’enveloppe.
Sachant que le phénomène de transfert de chaleur est identique pour les trois types de pa-
rois, nous établirons en détail le modèle modal du mur, puis il sera généralisé à l’ensemble
de l’enveloppe du bâtiment.

3.2.2.2.1 Modélisation du mur


Considérons un mur plan composé de nc couches. Les couches interne (j = 1) et externe
(j = nc ) sont soumises à une convection avec l’air et ils peuvent absorber le rayonnement
solaire 23 . Sous ces hypothèses, l’équation de la chaleur s’écrit 24 :
∂Tm
= kj ∇2 Tm cj (3.2.1)
∂t
associée aux conditions limites (3.2.2) et (3.2.3) ;

→−
kj=1 ∇Tm  →

n = hint (Ta − Tm ) + αint
s
ϕsm sur Γint (3.2.2)
→−
kj=nc ∇Tm  →

n = hext (Text − Tm ) + αext
s
ϕsmex sur Γext (3.2.3)

La discrétisation spatiale des équations (3.2.1), (3.2.2) et (3.2.3) conduit à la forme


matricielle standard :
21. On pose donc : Φsint = Φsj , où j ≡ p, m, pin. Il est alors possible de définir un ratio de gain
P
j
S
solaire noté rjGS , tel que rjGS = P jS et par conséquent Φsj = rjGS × Φsint . (voir Annexe D.3.2 page 183
j
j
pour le calcul de Φsint )
22. chacune de ces parois est composée des mêmes matériaux
23. Pour la toiture, seule la surface externe est absorbante et le vitrage n’absorbe pas de rayonnement.
24. Les équations de continuité des flux et des températures entre les différentes couches sont prises en
compte même si elles ne sont pas explicitement écrit ici.

75
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

Cm Ṫm = Am Tm + Bm Um (3.2.4)
où le vecteur de sollicitation du mur est défini par : Um = [Ta Text ϕsm ϕsmex ϕstex ]T ,
et le détail du calcul des flux solaires étant disponible à l’Annexe D.3 page 182).

Afin d’établir un modèle réduit du mur, une base modale est calculée (§ 3.1.2.1 page 63),
puis réduite par simple troncature de Marshall. Il en résulte la matrice de passage P̃m qui
permet de formuler le modèle réduit de diffusion de la chaleur dans le mur.

3.2.2.2.2 Modèle réduit de l’enveloppe


Puisque le phénomène de transfert de chaleur reste quasiment identique pour chacun
des composants de l’enveloppe, l’équation (3.2.4) peut être généralisée afin d’obtenir le
système matriciel :
 
Ta
[Cm ] 0 0 [A ] 0 0
   
Bm 
     
Ṫm m Tm Text

..  .. 
  
 0 [Ct ] .   Ṫt  =  0 [At ] .   Tt  +  Bt   ϕsm
       


.. .

.. Tv Bv  s
   
. 0 [Cv ] Ṫv . . . [Av ]  ϕmex


ϕstex
où les indices m, t, v désignent respectivement le mur, la toiture et le vitrage.

Notons qu’il n’est pas nécessaire de connaître l’intégralité du champ de température


à chaque instant. L’enveloppe du bâtiment peut alors être observée à travers un filtre ;
c’est le vecteur des observables, noté Ye . Particulièrement, nous observerons les tempé-
ratures sur la frontière Γin et les flux de chaleur par convection entre l’enveloppe et l’air
intérieur 25 . Le problème à résoudre prend donc la forme :

C
e Ṫe = Ae Te + Be Ue
(3.2.5)
 Ye = Je Te + Ge Ue
La matrice de passage de l’enveloppe P̃e est obtenue en concaténant celles des compo-
sants de l’enveloppe comme ci-dessous :
 h i 
P̃m 0 0
..
 h i 
P̃e = 0 P̃t .
 
 
..
 
 h i 
. 0 P̃v
La projection du problème physique (Eq. (3.2.5)) dans l’espace modal conduit à l’ob-
tention du modèle d’état réduit de l’enveloppe (3.2.6).
˜

Ẋ
e = Λ̃e X̃e + Ee U̇e
(3.2.6)
Y
e = Se X̃e + Ze Ue
 
Avec ; S = JP̃ et Z = G − A−1 B
P6
25. Selon la représentation graphique de la figure 3.2.4 page 74 : Φe = i=4 Ye (i).

76
3.2 Modélisation d’un bâtiment muni d’un plancher chauffant réversible

3.2.2.2.3 Modélisation de l’inertie des parois internes


On rappel qu’on considère ici une paroi verticale équivalente mono-couche. Celle-ci
échange de la chaleur par convection avec l’air intérieur et reçoit des gains solaires sur ses
deux faces latérales.

Le modèle de diffusion est ici identique à celui d’un mur (voir section précédente).
L’équation de la chaleur s’écrit donc :
∂Tpin
= kpin ∇2 Tpin
cpin (3.2.7)
∂t
associée aux conditions limites (3.2.8) et (3.2.9) ;



kpin ∇Tpin  →

n = hint (Ta − Tpin ) + 0, 5 × αint
s
ϕspin en x = 0 (3.2.8)


kpin ∇Tpin  →

n = hint (Ta − Tpin ) + 0, 5 × αint
s
ϕspin en x = e (3.2.9)
La discrétisation spatiale de ces équations conduit à la formulation matricielle standard :

Cpin Ṫpin = Apin Tpin + Bpin Upin (3.2.10)


h iT
où le vecteur de sollicitation de cette paroi interne est : Upin = Ta ϕspin .

En suivant les mêmes étapes qu’à la section 3.2.2.2.1 page 75 on calcul et on réduit la
base modale afin d’obtenir la matrice de passage P̃pin et on établis le modèle d’état réduit
suivant :
˜

Ẋ
pin = Λ̃pin X̃pin + Epin U̇pin
(3.2.11)
Y
pin = Spin X̃pin + Zpin Upin
Il n’est pas nécessaire de connaître le champ de température dans cette paroi. On
observe alors à travers le vecteur Ypin la température au point 26 (x = 0) et le flux de
chaleur échangé entre l’air intérieur et l’une des façades de la paroi 27 .

3.2.2.3 Modèle du plancher


Comme illustré à la figure 3.2.4, le plancher réversible est composé d’un réseau de tube 28
de diamètre (d), dans lequel circule un fluide caloporteur, chaque tube étant espacé d’une
distance (l). Les tuyaux sont coulés dans une chape de béton, celle-ci reposant sur une
couche isolante. Sous l’isolant, une dalle de béton épaisse soutient l’ensemble.

Une étude préliminaire menée avec SAMBA montre (voir figure 3.2.5) qualitativement
que la propagation de chaleur dans le plancher supposé 2D présente des symétries. Il est
alors possible de modéliser uniquement l’élément de plancher 29 illustré à la figure 3.2.6.
26. ou au point x = e, car le problème est symétrique
27. donc selon les notations de la figure 3.2.4 page 74 : Φpin = 2 × Ypin (2)
28. posé en serpentin
29. Il est à noter que nous aurions pu modéliser qu’une moitié puisque l’axe de symétrie du tube est
aussi un axe de symétrie thermique du domaine considéré.

77
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

Les quantités de chaleur échangées par l’ensemble du plancher sont donc obtenues en
multipliant celle de l’élément de plancher par la longueur du réseau de tube 30 .

ha , Ta , φ2
Γp
hf , Tf , φ1 bc Γt

y
x
Γs
Ts , φ3

Figure 3.2.5 – Exemple de champ de tempéra-


ture dans un plancher . Figure 3.2.6 – Elément de plancher.

3.2.2.3.1 Equation d’évolution de la température dans l’élément de plancher


Le problème thermique est identique à celui de l’enveloppe. Pour rappel, d’après les
hypothèses de modélisation, lorsque le circulateur est en marche, le fluide caloporteur est
considéré à température moyenne (Tf ) telle que Tf ≡ Tin +T2
out
. L’équation de la chaleur
s’écrit donc comme suit :
31

∂Tp
cj= kj ∇2 Tp (3.2.12)
∂t
associée aux conditions limites (3.2.13), (3.2.14) et (3.2.15) ;



kj=1 ∇Tp  →

n = ha (Ta − Tp ) + αps ϕsp sur Γp (3.2.13)


kj=1 ∇Tp  →

n = hf (Tf − Tp ) sur Γt (3.2.14)

− →

kj=1 ∇Tp  n = hs (Ts − Tp ) sur Γs (3.2.15)

Après discrétisation spatiale, ce problème thermique peut prendre la forme matricielle :



C
p Ṫp = Ap Tp + Bp Up
(3.2.16)
Yp = Jp Tp + Gp Up
où le vecteur sollicitation du plancher est uniquement composé de la température
h iT
moyenne du fluide, de la température d’air intérieur et celle du sol ; Up = Tf Ta Ts ϕsp .

Le calcul des modes associés à ce problème thermique s’effectue en résolvant l’équation


(3.1.7). Toutefois, en observant de plus près le régime de fonctionnement des planchers
réversibles, il en ressort que quatre modes de fonctionnement sont possibles :
1. Mode chauffant et circulateur en marche (ccm) ;
2. Mode chauffant et circulateur à l’arrêt (cca) ;
30. C’est le rapport entre la surface du plancher et l’espacement des tubes.
31. l’indice j renvoie aux différents composants du plancher

78
3.2 Modélisation d’un bâtiment muni d’un plancher chauffant réversible

3. Mode rafraîchissement et circulateur en marche (rcm) ;


4. Mode rafraîchissement et circulateur à l’arrêt (rca).
Or, le coefficient global 32 d’échange (ha ) varie selon que le plancher soit chauffant ou
rafraîchissant 33 [Olesen 00, Causone 09] d’une part et d’autre part le coefficient d’échange
convectif (hf ) dépend de la vitesse du fluide caloporteur. Le triplet {A, B, C} diffère pour
chaque mode de fonctionnement. Dès lors il faut nécessairement calculer au préalable
quatre bases modales réduites 34 .

3.2.2.3.2 Modèle réduit du plancher

Le modèle réduit du plancher dépend de son mode de fonctionnement. A l’instar de


l’équation (3.2.6), il prend la forme :

˜ op

Ẋ = Λ̃op
p X̃p + Ep U̇p
op op

Y =
p
(3.2.17)
p X̃p + Zp Up
Sop op op
p

où l’exposant op désigne le mode de fonctionnement du plancher et le vecteur d’obser-


vation Yp est associé aux flux de chaleur du plancher vers l’air (Φ2 ) 35 et du tuyau vers
le béton (Φ1 ). Yp s’exprime donc sous la forme suivante :

´
(T )
" #
´Γt hf p − Tf ds
Yp = (3.2.18)
h (Tp − Ta ) ds
Γp a

3.2.2.4 L’air intérieur

Pour établir le modèle du bâtiment, il reste à ajouter l’équation (3.2.19), qui exprime
l’évolution dynamique de la température de l’air intérieur.

6
∂Ta
= Ye + Yp (2) + 2Ypin (2) + ṁa cp (Tan − Ta ) + Apin + Pth (3.2.19)
X
ca V a
∂t i=4

Les termes de droites de cette équation désignent respectivement :


• les échanges de chaleur avec l’enveloppe ;
• les échanges de chaleur avec le plancher ;
• les échanges de chaleur avec la paroi interne équivalente ;
• les échanges de chaleur par renouvèlement d’air 36 (voir détail à l’Annexe D page 179) ;
• les apports de chaleurs gratuites et les échanges de chaleur par les ponts thermiques
(voir détail à l’Annexe D page 179).

32. rayonnement + convection


33. ha est plus important en mode rafraîchissement.
34. Ceci est un exemple concret des limites de l’analyse modale classique.
35. noté également Φp = Yp (2) sur la figure 3.2.4 page 74
36. l’indice an désigne l’air neuf et le débit d’air ṁa tient compte du taux de renouvèlement d’air.

79
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

3.2.2.5 Découplage des équations


Le modèle du bâtiment muni du plancher réversible est composé des équations (3.2.6),
(3.2.17) et (3.2.19). Ces équations sont fortement couplées 37 . Le découplage du modèle
s’obtient principalement par la discrétisation temporelle des équations ci-dessus. Ici le
caractère diagonale des modèles modaux jouent un rôle centrale dans la performance du
schéma numérique.

3.2.2.5.1 Evolution dynamique de la température moyenne du fluide


La discrétisation temporelle de l’équation (3.2.17) conduit au schéma implicite :

X̃op (t∗ )
= Ψpop X̃op
p (t) + Ψp Ep [Up (t ) − Up (t)]
op op ∗
p
(3.2.20)
Yp (t∗ ) =
p X̃p (t ) + Zp Up (t )
Sop op ∗ op ∗

 −1
où la matrice Ψpop ≡ I − Λ̃op
p est diagonale et t∗ ≡ t + dt.
Pour la suite, développons le cas où le circulateur est en marche 38 . Le fluide caloporteur
circule donc avec un débit massique ṁf et l’égalité des flux de chaleur se traduit par :

Yp (1) = ṁf cp (Tout − Tin ) (3.2.21)

ou bien en remplaçant Tout par son expression en fonction de Tf , on obtient :

Yp (1) = 2ṁf cp (Tf − Tin ) (3.2.22)


Puis, en substituant la seconde ligne de (3.2.20) dans (3.2.22), l’équation (3.2.23) est
obtenue 39 :

2ṁf cp [Tf (t∗ ) − Tin (t∗ )] = Sop


p (1, :) X̃p (t ) + Zp (1, :) Up (t )
op ∗ op ∗
(3.2.23)

Il convient à présent de remplacer X̃op


p (t ) par la première ligne de (3.2.20) :

h i
2ṁf cp [Tf (t∗ ) − Tin (t∗ )] = Sop
p (1, :) Ψp
op
p (t) + Ep (Up (t ) − Up (t))
X̃op op ∗

+Zop
p (1, :) Up (t )

(3.2.24)

Les termes en Up (t∗ ) sont développés puis mis en facteur afin d’obtenir (3.2.25) :
h i
2ṁf cp [Tf (t∗ ) − Tin (t∗ )] = Tf (t∗ ) Zop
p (1, 1) + {SΨ E}p (1, 1)
op

h i
+Ta (t∗ ) Zop
p (1, 2) + {SΨ E}p (1, 2)
op

h i
+Ts (t∗ ) Zop
p (1, 3) + {SΨ E}p (1, 3)
op
(3.2.25)
n oop
+ SΨ X̃ (t) (1) − {SΨ E}op
p Up (t) (1)
p

37. Ta est nécessaire pour le calcul des flux de chaleur inconnues Yp , Ye (3 : 6) et Ypin qui eux mêmes
sont indispensables pour calculer Ta .
38. Lorsque le circulateur est à l’arrêt la démarche reste identique.
39. où par exemple, l’écriture Sop
p (1, :) désigne tous les éléments de la première ligne de la matrice Sp
op

80
3.2 Modélisation d’un bâtiment muni d’un plancher chauffant réversible

Enfin, en posant wp ≡ {SΨ E + Z}op p , d1 ≡ 2ṁf cp + wp (1, 1) et b1 ≡ wp (1, 2) et en


regroupant les différents termes de (3.2.25) la formulation ci-dessous est obtenue :
 

d1 Tf (t∗ ) + b1 Ta (t∗ ) = 2ṁf Cp Tin (t∗ ) + wp (1, 3) Ts (t∗ )


n oop
+ SΨ X̃ (t) (1) − {SΨ E}op
p Up (t) (1) (3.2.26)
p
 
Le lecteur pourra noter que l’équation (3.2.26) est une simple équation scalaire et à
deux inconnues (Tf (t∗ ) et Ta (t∗ )). Pour la résolution il va falloir trouver une seconde
équation.

3.2.2.5.2 Evolution dynamique de la température d’air intérieur


En suivant les mêmes étapes que pour le fluide caloporteur il est possible d’établir une
expression de la température d’air intérieur.
Commençons donc par la discrétisation temporelle de (3.2.6) et (3.2.11) qui donne
respectivement les systèmes d’équations (3.2.27) et (3.2.28).

X̃ (t∗ ) = Ψe X̃e (t) + Ψe Ee [Ue (t∗ ) − Ue (t)]
e
(3.2.27)
Ye (t∗ ) = Se X̃e (t∗ ) + Ze Ue (t∗ )


X̃ (t∗ ) = Ψpin X̃pin (t) + Ψpin Epin [Upin (t∗ ) − Upin (t)]
pin
Ypin (t∗ ) = Spin X̃pin (t∗ ) + Zpin Upin (t∗ )
(3.2.28)

Pour simplifier les écritures posons In ≡ ca Va , Ap ≡ Apin + Pth , we ≡ {SΨ E + Z}e et


wpin ≡ {SΨ E + Z}pin .

Puis, poursuivons par celle de (3.2.19) :

In Ta (t∗ ) = In Ta (t) + dt [ṁa (Tan (t∗ ) − Ta (t∗ )) + Ap(t∗ )] (3.2.29)


6
+dt Ye (i)(t∗ ) + dtYp (2)(t∗ ) + 2dtYpin (2)(t∗ )
X

i=4

Remplaçons dans (3.2.29), les observables Ye (t∗ ) , Yp (t∗ )et et Ypin (t∗ ) par leurs ex-
pressions 40 :

In Ta (t∗ ) = In Ta (t) + dt [ṁa cp (Tan (t∗ ) − Ta (t∗ )) + Ap(t∗ )]


6 h i
+dt Se X̃e (t∗ ) + Ze Ue (t∗ ) (i) (3.2.30)
X

i=4
h i
+dt Sop
p X̃p (t ) + Zp Up (t ) (2)
op ∗ op ∗
h i
+2dt Spin X̃pin (t∗ ) + Zpin Upin (t∗ ) (2)

40. Il s’agit respectivement des secondes linges des équations (3.2.27) , (3.2.20) et (3.2.28).

81
Chapitre 3 Réduction modale des composants « fortement maillés ».

Ensuite, faisons intervenir les vecteurs d’état à l’instant t en utilisant les premières
lignes des équations (3.2.27) , (3.2.20) et (3.2.28).

In Ta (t∗ ) = In Ta (t) + dt [ṁa cp (Tan (t∗ ) − Ta (t∗ )) + Ap(t∗ )] (3.2.31)


6 h   i
+dt Se Ψe X̃e (t) + Ψe Ee [Ue (t∗ ) − Ue (t)] + Ze Ue (t∗ ) (i)
X

i=4
h   i
+dt Sop
p p (t) + Ψp Ep [Up (t ) − Up (t)] + Zp Up (t ) (2)
Ψpop X̃op op op ∗ op ∗
h   i
+2dt Spin Ψpin X̃pin (t) + Ψpin Epin [Upin (t∗ ) − Upin (t)] + Zpin Upin (t∗ ) (2)
Puis, développons les trois dernières lignes de (3.2.31) et regroupons tout en dessous
les termes au temps t ,

In Ta (t∗ ) = dt [ṁa cp (Tan (t∗ ) − Ta (t∗ )) + Ap(t∗ )]


6
+dt [{SΨ E}e Ue (t∗ ) + Ze Ue (t∗ )] (i)
X

i=4
h i
p Up (t ) + Zp Up (t ) (2)
+dt {SΨ E}op ∗ op ∗
(3.2.32)
h i
+2dt {SΨ E}pin Upin (t∗ ) + Zpin Upin (t∗ ) (2)
6 hn o i
+dt SΨ X̃ (t) − {SΨ E}e Ue (t) (i)
X
e
i=4
n oop 
+dt SΨ X̃ (t) − {SΨ E}op
p Up (t) (2)
p
n o 
+2dt SΨ X̃ (t) − {SΨ E}pin Upin (t) (2) + In Ta (t)
pin

et mettons les vecteurs de sollicitations Ue ,Up et Upin en facteur dans les lignes 2 à 4
de Eq. (3.2.32).

In Ta (t∗ ) = dt [ṁa cp (Tan (t∗ ) − Ta (t∗ )) + Ap(t∗ )]


6
+dt [{SΨ E + Z}e Ue (t∗ )] (i)
X

i=4
h i
+dt {SΨ E + Z}op
p Up (t ) (2)

(3.2.33)
h i
+2dt {SΨ E + Z}pin Upin (t∗ ) (2)
6 hn o i
+dt SΨ X̃ (t) − {SΨ E}e Ue (t) (i)
X
e
i=4
n oop 
+dt SΨ X̃ (t) p Up (t) (2)
− {SΨ E}op