Vous êtes sur la page 1sur 63

Dimensionnement parasismique

Nadjia MIHOUBI BAOUCHE

Ecole Nationale Polytechnique


Département de Génie Civil
Dimensionnement parasismique

Introduction
Peut-on éviter un tel désastre?

Répercussions du séisme sur les constructions (Algérie, le 21 mai 2003)


Dimensionnement parasismique

Dimensionnement classique Dimensionnement en capacité


↓ ↓
Rupture fragile Rupture ductile
Dimensionnement parasismique

Pourquoi certaines structures se comportent bien face aux séismes?


Il existe deux options pour bien résister aux séismes:
1) des structures avec des sections très imposantes (structures lourdes) et où ne se développent que
des contraintes élastiques (concept 1),
2) et des structures avec des sections minimes (structures légères) conçues pour développer des zones
plastiques (concept 2).

Une structure conçue selon le premier concept n’offre aucune marge de sécurité lui permettant de subir
avec succès une action sismique plus sévère que celle prévue : comportement fragile → structure non
dissipative

Quant à la seconde option, des parties de la structure sont volontairement choisies et conçues pour
développer des déformations plastiques (endommagement agencé et contrôlé): comportement ductile
→ structure dissipative → structure pouvant subir des déformations plastiques (dynamique et cyclique)
sans perte de résistance
Dimensionnement parasismique

Représentation graphique des deux concepts


V
Vmax = Vréponse élastique
Concept 1: structure non dissipative

Vréduit = Vmax/R Concept 2: structure dissipative

∆u = déplacement ultime ∆

Dimensionnement parasismique
Quelles sont les conséquences de ces concepts sur le projet parasismique?
D’une part, en raison des incertitudes liées à la connaissance du niveau réel de l’action sismique et à
l’imprécision de la réponse des structures sous séismes, un comportement ductile est très intéressant
dans le cadre d’un projet parasismique. Le surplus de sollicitations est facilement absorbé par un peu
plus de dissipation d’énergie dans des mécanismes plastiques, bien que les éléments de la structure
soient dans l’incapacité de fournir un supplément de résistance élastique.

D’autre part, comme les forces engendrées par un séisme sont des forces d’inerties, elles sont fonction
de la masse de la structure, donc une réduction des masses entraine une réduction des sollicitations.
De plus un effort tranchant à la base réduit (Vred) entraine la même réduction des sollicitations au
niveau des fondations.
Dimensionnement parasismique
Quelles sont les méthodes de dimensionnement proposées par les codes?
Tous les codes de dimensionnement modernes laissent libre choix aux concepteurs de projet d’utiliser
deux types de méthodes:
- méthodes de dimensionnement basées sur les forces (dimensionnement non dissipatif, classique,
linéaire-élastique),
- méthodes de dimensionnement basées sur les déformations (dimensionnement dissipatif ou
dimensionnement en capacité).

Pour le dimensionnement basé sur les forces, les sollicitations dans les éléments de l’ossature sont
comparées à leur résistance: projet classique.

Quant au dimensionnement basé sur les déformations, la sécurité parasismique d’un élément s’appuie
sur sa capacité de déformation (d’où le nom de dimensionnement en capacité): projet parasismique.

Dans le dimensionnement en capacité, l’endommagement contrôlé et agencé (déformations plastiques)


de certaines zones est toléré, à condition que ce dernier soit ductile et n’entraine pas l’effondrement du
bâtiment (état atteint lorsque les occupants ne peuvent plus l’évacuer suite à une grave défaillance de
la structure porteuse).

Pour cette raison, ce dimensionnement est accompagné de règles de constructions drastiques


permettant d’assurer la capacité de déformations des différents éléments composant la structure.
Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
Quelles sont les répercussions des deux concepts de dimensionnement sur
l’évaluation des sollicitations?
L’évaluation des sollicitations sismiques est presque identique pour les deux concepts de
dimensionnement, à l’exception du niveau de réduction des forces élastiques traduisant l’effet
favorable des déformations inélastiques.

En règle générale, les sollicitations doivent être déterminées à partir d’un spectre de
dimensionnement.

Dans le cas de structures régulières (comportement dominé par le mode fondamental de vibration),
les efforts internes de dimensionnement sont évalués à partir de la méthode statique équivalente.
Pour les structures irrégulières, à l’aide de la méthode du spectre de réponse.

Aussi, pour le dimensionnement des plans de contreventement latéral (portiques, refends, noyaux,
etc.), l’analyse de la réponse des structures au séisme (chapitre III) est complétée par la répartition de
la force revenant à chaque niveau aux différents plans de contreventement.

Cette nouvelle étape est courante dans le dimensionnement des bâtiments, sauf que la torsion est
prise en compte, en cas de séisme, différemment.
Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
Quelles sont les principales étapes d’une analyse sismique?
L’analyse sismique comporte quatre grandes étapes:
1. Détermination de l’accélération spectrale
2. Evaluation de la résultante sismique à la base
3. Distribution de la résultante suivant la hauteur
4. Répartition l’effort de cisaillement horizontal d’un niveau donné aux différents plans de
stabilisation

Remarques
Les trois premiers points sont traités aux chapitres II et III.
Dimensionnement parasismique

Répartition de la force sismique aux


differents plans de contreventement
Dimensionnement parasismique
Comment répartir l’effort tranchant d’un niveau aux différents plans
de stabilisation?
1. Notions élémentaires
Considérons une structure stabilisée par une série de refends, et soumise à une action sismique. La
déformation en plan résultante, peut-être décomposée en:
▪ une déformation de translation parallèle à l’action horizontale,
▪ et une déformation de rotation autour d’un point fixe qui est le centre de torsion ou centre de
rigidité C.

Le centre de torsion ou centre de cisaillement est donc caractérisé par deux principales propriétés:
▪ un effort horizontal passant par ce point entraine uniquement une translation,
▪ un couple dont l’axe vertical passe par le centre n’entraine qu’une rotation des plans de
contreventement.

En d’autres termes, il représente le centre de gravité des moments d’inertie des plans de stabilisation.

En admettant que les refends sont parfaitement encastrés à leur base, que le produit EI de ces éléments
est constant sur toute leur hauteur, et que les planchers restent indéformables horizontalement, l’effort
repris par chaque refend est proportionnel à son inertie ainsi qu’au déplacement qu’il subit.
Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique

Y
xC
𝐋𝐱

4
3
●G 2
𝐋𝐲 y4 1 ● ●C 1
𝐲𝟒
YC
5

x1 X
x2
x3
Coordonnées du centre de torsion
𝐣=𝐦
σ𝐢=𝐧
𝐢=𝟏 𝐈𝐢𝐱 𝐱 𝐢
σ𝐣=𝟏 𝐈𝐣𝐲 𝐲𝐣
xC = σ𝐢=𝐧
→ yC = 𝐣=𝐦
𝐢=𝟏 𝐈𝐢𝐱 σ𝐣=𝟏 𝐈𝐣𝐲
Dimensionnement parasismique
Y
xC

4
3
𝐋𝐲 VX ●G 2
y4 1 ●C ● 1
yG yC yC
5 X
xG e
H VY

𝐋𝐱

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique

1.4. Comment les codes parasismiques tiennent compte de la torsion?


Les coordonnées du centre de cisaillement sont déterminées en se basant sur un raisonnement
purement statique. Sur le plan dynamique, le phénomène est beaucoup plus complexe car il entraine
une modification des modes propres de vibration , et par conséquent les périodes propres de la
structures (interaction des oscillations de translation + rotation).
Les codes, pour simplifier le problème de modélisation, proposent des approches statiques.

1.4.1. Prise en compte de la torsion dans le code algérien


Le RPA99/2003 recommande:
- Pour les bâtiments réguliers ( méthode statique équivalente, analyse par modèle plan):
eacc = 5% L → L= plus grande dimension du bâtiment
ecalcul = max (eacc, ethé) ethé = excentricité théorique résultant des plans de stabilisation
ecalcul = excentricité /G à chaque niveau et dans chaque direction

- Pour les bâtiments irréguliers (méthode dynamique modale spectrale, analyse tridimensionnelle):
ecalcul = ethé + 5% L ( au niveau du plancher considéré et dans chaque direction)
→ 5% L = excentricité accidentelle additionnelle (L= dimension du plancher à l’action sismique)
Dimensionnement parasismique
1.4.2. Prise en compte de la torsion selon certaines normes étrangères
▪ Normes parasismiques suisses (SIA 262)
La norme SIA 262 définit une plage de variation possible de la ligne d’action de la force horizontale F i
(force agissant au niveau i) autour du centre de masse G pour tenir compte, en plus de l’incertitude liée
à la position du centre G, de l’interaction des oscillations de flexion et de torsion.

Pour les bâtiments réguliers, la norme SIA 262 recommande les limites suivantes:
emax = 1,5 ethé + 0,05 L
emin = 0,5 ethé - 0,05 L

L = dimension en plan du bâtiment perpendiculaire à l’action sismique considérée (L=Lx pour Vy et L=Ly
pour Vx)
ethé = excentricité résultant des plans de stabilisation
1,5 ethé et 0,5 ethé → pour tenir compte de la modification de l’excentricité théorique suite à
l’interaction des oscillations de flexion et de torsion.

En pratique, il faut considérer le cas plus défavorable pour chaque plan de stabilisation.
Dimensionnement parasismique
▪ Normes parasismiques canadiennes (CNBC, 1995)
Le code national canadien (CNBC, 1995) propose deux façons de considérer l’effet de la torsion:
- Dans la méthode statique , l’excentricité de calcul pour un plancher donné correspond à:
ecalcul = 1,5 ethé ± 0,1 L ou ecalcul = 0,5 ethé ± 0,1 L

L = dimension en plan du bâtiment perpendiculaire à l’action sismique considérée (L=L x pour Vy et L=Ly
pour Vx)
ethé = excentricité résultant des plans de stabilisation
0,1 L = excentricité accidentelle pour tenir compte du mouvement de rotation du sol, des variations du
calcul des rigidités, des masses, de l’addition des cloisons, etc.

- Dans la méthode dynamique , si l’analyse est faite en utilisant un modelé spatial (tridimensionnel),
le CNBC recommande d’ajouter les effets de la torsion accidentelle à chaque niveau, soit:
ecalcul = ethé ± 0,1 L
Dimensionnement parasismique

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
2. Répartition des forces horizontales dans un système isostatique
2.1. Cas de deux refends parallèles
Si les planchers sont considérés comme suffisamment rigides dans leur plan pour agir comme des
diaphragmes, alors les efforts dans les refends sont ceux d’un système isostatique indépendant de la
rigidité des refends.

Démonstration
1 2

- Equations d’ équilibres
I1 I2
C
∑F/y = 0 → R1 + R2 = V
𝐕𝐱𝐚 𝐕𝐱𝐛
∑M/1 = 0 = R2 L + V a = 0 → R2 = → R1 =
𝐋 𝐋

a V b
- Conclusion
L
R1 et R2 sont indépendantes de la rigidité des refends.
R1 R2
Dimensionnement parasismique
2.2.
R3

●C L

R1 d V R2

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
3.

3.1.

3.2.

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique

Δ
V

V h3
h (I, E) Δ=
3EI

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
3.3. Application au cas de trois refends parallèles
Pour répartir les forces latérales aux différents plans de stabilisation, il faut tenir compte de la
contribution des forces de translation et de rotation. La force V d’un niveau i étant une force d’inertie,
elle agit au centre de masse G. Pour les déplacements de niveau, les forces sont prises par rapport au
centre de torsion C.

La méthode du centre de torsion consiste donc à ramener V au centre de cisaillement des différents
refends C , puis corriger les efforts obtenus en tenant compte du moment de torsion M.

Considérons une structure stabilisée par trois refends et soumise à une force latérale V :
I1 I2 I3

M=Vxe
●C ●G

V V

e Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
I1 I2 I3 a) Translation
VI 1
R1’=
I 1 +I 2 +I 3
VI 2
R 2’=
I 1 +I 2 +I 3
●C ●G VI 3
R3’=
I 1 +I 2 +I 3

b) Rotation
x1 La rotation autour de c provoque
x3 les déplacements Δ1, Δ2, et Δ3.
3EI 1 Δ 1 R ′′1 h 3
x2 V R1’’= (Δ1= )
h3 3EI 1

e
3EI 2 Δ 2
R2’’=
h3

Δ2 Δ3
Δ1
3EI 3 Δ 3
R1’’ R2’’ e V R3’’ R3’’=
h3
Figure 1D: Comportement de trois refends parallèles
Dimensionnement parasismique

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
3.4. Application au cas général
3.4.1. Comportement d’une structure symétrique

V C=G C=G

V
3.4.2. Comportement d’une structure dissymétrique

y y

V
V C G x C G x

V Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
3.4.3. Répartition des efforts aux différents plans de stabilisation
Vy
part de la translation part de torsion M(+)
y ȳ VX

4
2 3
1

●G M
●C
1 𝐱
5
x
eX
M = Vy . eX
𝐈𝐢𝐲 𝐈𝐢𝐲 𝐘ഥ𝐢 Vy Vy
Rix = VX – M ഥ 𝟐 ) (*)
ഥ 𝟐 +𝐈𝐢𝐲 𝐘
σ𝐈𝐢𝐲 σ(𝐈𝐢𝐱 𝐗 𝐢
ഥ𝐢
𝐢 ഥi2 +Iyi 𝐘
→ Jθ = ∑( IXi 𝐗 ഥi2) = rigidité à la torsion
𝐈𝐢𝐱 𝐈𝐢𝐱 𝐗
Riy = VY + M ഥ 𝟐 +𝐈𝐢𝐲 𝐘
ഥ𝟐)
σ𝐈𝐢𝐱 σ(𝐈𝐢𝐱 𝐗 𝐢 𝐢

(*) Le signe négatif dans cette équation provient du système de coordonnées adopté. En pratique, il est conseillé de
s’aider d’un schéma pour déterminer le sens des efforts. Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
3.5.

●C

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
Déplacements du noyau sous l’action de V

Figure 2D: Allure de la déformée


Sous l’effet de la résultante V, il y a en premier lieu, l’effet de la translation qui donne :
𝐈 𝐈
R1’= V 𝟏 → R2’= V 𝟐
𝐈𝟏 +𝐈𝟐 𝐈𝟏 +𝐈𝟐

Puis, l’effet de la rotation qui provoque les déplacements Δ1, Δ2, Δ3 et Δ4. Ces déplacements engendrent les efforts
suivants :
𝟑𝐄
R1’’= k I1 Δ1 → R2’’= k I2 Δ2 → R3’’= k I3 Δ3 → R4’’= k I4 Δ4 (k = 𝟑 )
𝐡
Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique

→ V x d x I1 x x0 = R1’’ [ I1x02 + I2(a - x0) 2 + I3y02 + I4(b - y0) 2]

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
Dimensionnement parasismique
3.6. Refend avec des files d’ouvertures: Méthode d’Albiges et Goulet
Hypothèses
La méthode de calcul (Albiges et Goulet) est basée sur deux hypothèses principales:
1) Efforts localisés transmis par les linteaux considérés comme repartis le long de la fibre moyenne de
chaque élément de refend.

2) Déformations dues à l’effort normal dans les linteaux négligeables: même déplacement horizontal
des éléments de refend à chaque niveau (linteau considéré comme infiniment rigide vis-à-vis de l’effort
normal).

Conséquences
Ces deux hypothèses conduisent à admettre qu’un refend présentant des ouvertures peut-être assimilé,
du point de vue de la résistance aux efforts horizontaux, "à une structure constituée par deux éléments
de refend liés par des linteaux uniformément distribués sur la hauteur du bâtiment".

A un niveau quelconque x au-dessus de la section d’encastrement, le déplacement horizontal y de la


fibre moyenne est le même pour les deux éléments de refend. Il en est de même pour les dérivées y’, y’’,
et y’’’ qui définissent les autres déformations. A partir de ce constat, on peut en déduire, que les
sections d’encastrement des linteaux dans les éléments de refend subissent des rotations y’ égales.

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
Remarques
1) En plus de ces deux hypothèses, il faut que le bâtiment présente les caractéristiques suivantes:
- nombre d’étages au moins égal à 7 avec une hauteur h constante,
- linteaux ayant les mêmes caractéristiques géométriques,
- éléments de refend encastrés à leur base (ou plus précisément les sections de base des éléments
restent dans un même plan après application des efforts horizontaux) avec des caractéristiques
géométriques et mécaniques constantes sur toute la hauteur du bâtiment.

2) La méthode d’Albiges et Goulet ne s ’applique donc qu’aux refends avec des ouvertures distribuées
en files verticales. Si cette condition n’est pas remplie, il faut traiter les refends au cas par cas. En effet, il
existe des méthodes spécifiques pour chaque cas d’étude. Ces méthodes peuvent aller de l’estimation
forfaitaire de la répartition des efforts basée sur les lois de la résistance des matériaux et de l’expérience
du concepteur jusqu’à un calcul plus précis comme, par exemple, la méthode des éléments finis (si, bien
sûr, le rôle du refend l’exige).

3) Les principaux résultats présentés dans ce paragraphe sont tirés des Annales de l’ITBTP pour une
pression uniformément répartie ( M. ALBIGES et J. GOULET - Contreventement des bâtiments – Annales
de l’ITBTP – Série Théories et Métodes de Calcul – n°149 – mai 1960 – pages 474 – 500).

Comme vous allez le constater, les calculs théoriques sont assez longs et nécessitent une bonne maitrise
du calcul intégrale. Aussi, seuls les résultats les plus importants seront exposés.

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
3.6.1. Refends avec une seule file d’ouvertures soumis à une pression constante
Le développement de la méthode d’Albiges et Goulet fait apparaitre un paramètre "α" permettant de
déterminer le degré de monolithisme d’un refend donné, pour:
▪ α < 1 → refend avec ouvertures de grande dimension
▪ α > 10 → refend avec ouvertures de faible dimension
▪ 1 ≤ α ≤ 10 → refend avec ouvertures de moyenne dimension

Il s’agit de déterminer la part d’effort repris par chaque élément du refend (trumeaux + linteaux)
connaissant la distribution de l’effort tranchant et du moment fléchissant .
Dimensionnement parasismique
3.6.1.1. Degré de monolithisme

h Z

V0 = H0

2a

2c

G1, G2 = centre de gravité du trumeau 1, trumeau 2


G = cantre de gravité du refend
I = moment d’inertie /G = I1 + I2 + 2mc
m = moment statique/G de la partie de section située
𝟐𝒄
d’un côté de l’ouverture = 𝟏 𝟏
+
Ω𝟏 Ω𝟐
E’ = module d’élasticité du linteau
E = module d’élasticité du refend
V0 = effort tranchant à la base
Le degré de monolithisme vaut:
𝐄′ 𝐈 𝐜 Nadjia BAOUCHE
α=Z 𝟑 . .
𝐄 𝐈𝟏 + 𝐈𝟐 𝐚𝟑 𝐡
Dimensionnement parasismique
3.6.1.2. Méthode de calcul

Figure 3D: Allure de la déformée d’un linteau

À la côte x au-dessus de la section d’encastrement, π(x) l’effort tranchant dans le linteau et par N(x) l’effort normal
dans chaque élément de refend. Ces efforts résultent uniquement de l’action des forces horizontales sur le refend.
f1 = f2 + f3
▪ f1 = distance des sections droites des éléments de refend après déformation (si les déformations verticales des
éléments de refend dues à N sont négligées)
▪ f2 = distance de ces sections droites en tenant compte des déformations verticales dues à N
▪ f3 = f3’ + f3’’ = somme des déformations verticales des éléments de refend dues à N
Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
Démonstration
𝟐
f1 = y’ (b1 + 2a + b2) = y’. 2c → f2 = 𝟑𝐄′ 𝐢
πa3
𝟏 𝟏 𝟏 𝐱
f3 = f3’ + f3’’ = 𝐄 ( 𝛀 + 𝛀 ) ‫𝐱𝐝𝐍 𝟎׬‬
𝟏 𝟐

→ M1 engendre une rotation y’ → f1


→ N1 provoque un raccourcissement (ou un allongement)
𝛑(𝟐𝐚)𝟑 𝟐𝛑𝐚𝟑
→ Sous l’action de π : f2 = =
𝟏𝟐𝐄 ′ 𝐢 𝟑𝐄 ′ 𝐢
Il en découle :
𝟐 𝟏 𝟏 𝟏 𝐱
f1 = y’. 2c = f2 + f3 = 𝟑𝐄′𝐢 πa3 + 𝐄 ( 𝛀 + 𝛀 ) ‫𝐱𝐝𝐍 𝟎׬‬
𝟏 𝟐
𝟐 𝟏 𝟏 𝟏 𝐱
2cy’ = πa3 + ( + ) ‫𝐱𝐝𝐍 𝟎׬‬ (1)
𝟑𝐄′ 𝐢 𝐄 𝛀𝟏 𝛀𝟐

𝟐 𝟏 𝟏 𝟏
Et par dérivation : 2cy’’ = π a3 + ( + ) (2)
𝟑𝐄′ 𝐢 𝐄 𝛀𝟏 𝛀𝟐
𝟐 𝟏 𝟏 𝟏 𝛑
2cy’’’ = π a3 - ( + ) (3)
𝟑𝐄′ 𝐢 𝐄 𝛀𝟏 𝛀𝟐 𝐡

En tenant compte des hypothèses de continuité adoptées, on peut écrire :


𝐝𝐍 𝛑
=- → N = ∑π
𝐝𝐱 𝐡

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
Soit M1 et T1 le moment et l’effort tranchant dans la section de côte x de l’élément de refend 1. La différenciation de la
relation générale y’’EI1 = M1 donne: y’’’EI1 = dM1 (dM1 = accroissement du moment d’un niveau à un autre)

En admettant que les moments transmis par les linteaux puissent être considérés comme distribués d’une façon
continue sur les éléments de refend (hypothèse a), on peut écrire :
𝛑(𝐚+𝐛𝟏 )
y’’’EI1 = -T1 + (4)
𝐡

𝐝𝐌𝟏 −𝐓𝟏 𝐡+𝛑(𝐚 + 𝐛𝟏 )


=
𝐝𝐱 𝐡
𝛑(𝐚 + 𝐛𝟐 )
De la même façon, pour l’élément 2 : y’’’EI2 = -T2 + (4’)
𝐡
𝛑(𝐛𝟏 +𝟐𝐚+𝐛𝟐 ) 𝟐𝛑𝐜
En additionnant les relations 4 et 4’ : y’’’E (I1 + I2) = -T + = -T + (5)
𝐡 𝐡
𝟑𝐄′𝐢 𝟏 𝟏 (𝟐𝐜)𝟐 𝟑𝐞′ 𝐢 𝟐𝐜
Par élimination de y’’’ entre les relations 3 et 5 : π’’- 𝟑 ( + + )π = - 𝟑 . . T (6)
𝟐𝐚 𝐡𝐄 𝛀𝟏 𝛀𝟐 𝐈𝟏 +𝐈𝟐 𝟐𝐚 𝐄 𝐈𝟏 +𝐈𝟐
𝟐𝐜
Sachant que : m = 𝟏 𝟏 → I = I1 + I2 + 2mc (m=moment statique /G et I= inertie totale du refend/G)
+
𝛀𝟐 𝛀𝟏
𝟑𝐄′𝐢 𝐜 𝐈 𝐦𝐡
En posant : ω2 = . . → π’’ – ω2π = - ω2 T (7)
𝐚𝟑 𝐄 𝐈𝟏 +𝐈𝟐 𝐦𝐡 𝐈

La relation 7 représente l’équation fondamentale de base pour un voile à une file d’ouvertures soumis à un chargement
horizontal quelconque.

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
3.6.1.2. Evaluation des sollicitations dans les refends
a) Cas des refends sans ouvertures

G1, G2 = centre de gravité du trumeau 1, trumeau 2


G = cntre de gravité du refend
I = moment d’inertie /G = I1 + I2 + 2mc
m = moment statique/G de la partie de section située
𝟐𝒄 +πa
d’un côté de l’ouverture = 𝟏 𝟏 -πa
+
Ω𝟏 Ω𝟐
π π
𝐓𝐦 𝐓𝐦
π = τ e h = ( 𝐈 𝐞 )e h = ( 𝐈 )h
(somme des contraintes de cisaillement agissant dans le plan AA’ sur la hauteur d’étage h)
A l’encastrement du linteau
Nadjia BAOUCHE
M = ± πa
A ces efforts viennent s’ajouter ceux dus aux charges permanentes et aux surcharges d’exploitation.
Dimensionnement parasismique
3.6.1.2. Evaluation des sollicitations dans les refends
a) Cas des refends sans ouvertures

G1, G2 = centre de gravité du trumeau 1, trumeau 2


G = cntre de gravité du refend
I = moment d’inertie /G = I1 + I2 + 2mc
m = moment statique/G de la partie de section située
𝟐𝒄 +πa
d’un côté de l’ouverture = 𝟏 𝟏 -πa
+
Ω𝟏 Ω𝟐
π π
𝐓𝐦 𝐓𝐦
π = τ e h = ( 𝐈 𝐞 )e h = ( 𝐈 )h
(somme des contraintes de cisaillement agissant dans le plan AA’ sur la hauteur d’étage h)
A l’encastrement du linteau
Nadjia BAOUCHE
M = ± πa
A ces efforts viennent s’ajouter ceux dus aux charges permanentes et aux surcharges d’exploitation.
Dimensionnement parasismique
3.6.1. Refend avec des ouvertures de faible dimension : α > 10

G = centre de gravité de cette section


I = moment d’inertie /G,
m = moment statique/G de la partie de section située
d’un côté de l’ouverture
+πa
-πa
π π
𝐓𝐦 𝐓𝐦
π = τ e h = ( 𝐈 𝐞 )e h = ( 𝐈 )h
(somme des contraintes de cisaillement agissant dans le plan AA’ sur la hauteur d’étage h)
A l’encastrement du linteau
Nadjia BAOUCHE
M = ± πa
A ces efforts viennent s’ajouter ceux dus aux charges permanentes et aux surcharges d’exploitation.
Dimensionnement parasismique
3.6.2. Refend avec des ouvertures de grande dimension : α≤1
Lorsque la rigidité des linteaux est très faible, les moments d’encastrement sont négligeables: les deux parties
du refend se comportent comme si elles étaient simplement entretoisées, donc subissent les mêmes
déformations horizontales. Par conséquent, la répartition des efforts se fait proportionnellement à leurs
rigidités.

Elément 1 Elément 2
𝐈𝟏 𝐈𝟐
T01 = T0 T02 = T0
𝐈𝟏 +𝐈𝟐 𝐈𝟏 +𝐈𝟐
à la base
𝐇 𝐇
M01 = T01 M02 = T02
𝟐 𝟐

A ces sollicitations viennent s’ajouter les sollicitations d’effort normal engendrées par les charges verticales.
Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
3.6.3. Refends avec une seule file d’ouvertures soumis à une pression linéaire
q

q(x)

T0 M0

𝐪𝐇
T0 = 𝟐
𝐪𝐱 𝐪𝐇
q(x) = 𝐇 T(0) = T0 = 𝟐
𝐱 𝐪𝐇 𝐪𝐱 𝟐 𝐱𝟐 𝟐𝐓𝟎
T(x) = T0 – q(x) = - = T0(1 - ) → q=
𝟐 𝟐 𝟐𝐇 𝐇𝟐 𝐇
T(H) = 0
𝐱𝟐 𝐱
T(x) = T0 (1 - 𝐇𝟐 ) → T (ξ) = T0 (1 – ξ2) (on pose ξ = 𝐇)

𝐱 𝐱 𝐪𝐇 𝐪𝐱 𝟑 𝐪𝐇𝟐 𝐪𝐇 𝟐 𝐪𝐇 𝟐
M(x) = M0 + T0 x - q(x) 𝟐 𝟑
= M0 + 𝟐
x- 𝟔𝐇
→ M(H) = M0 + 𝟐
- 𝟔
= 0 → M0 = - 𝟑

𝟐−𝟑𝛏+𝛏𝟑
M (ξ) = -T0H ( 𝟑
)
Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
Equation de base pour un voile avec une seule file d’ouvertures :
𝐦𝐡
π’’(x) – ω2π(x) = - ω2 T(x)
𝐈

𝐦𝐡
En posant F0 = T0 , cette équation devient : π’'(x) – ω2π(x) = - ω2 Fo (1 - ξ2)
𝐈

𝐱𝟐
L’intégrale générale est de la forme : π(x) = C1eωx + C2 e-ωx + F0 (1 - )
𝐇𝟐

Par ailleurs, on peut écrire :


π1(x) = ax2 + bx +c → π’1(x) = 2ax + b → π’’1(x) = 2a
𝐅
Ce qui donne : a = - 𝐇𝟎𝟐
𝐱𝟐
2a – ω2 (ax2 + bx +c) = -ω2 F0 (1 - ) → b=0
𝐇𝟐
𝟐
c = F0 (1- 𝛂𝟐 )
𝐱𝟐 𝟐 𝐱𝟐 𝟐
π1(x) = F0(- +1- ) → π(x) = C1eωx + C2 e-ωx + F0(- +1- )
𝐇𝟐 𝛂𝟐 𝐇𝟐 𝛂𝟐
α = ωH

Les deux constantes d’intégration C1 et C2 sont déterminées par les deux conditions aux limites suivantes :
𝟐
1) x = 0, π (0) = 0 → C1 + C2 + F0 (1 - 𝛂𝟐
) =0
𝟐𝐅𝟎
2) x = H, π’ (H) = 0 → C1eα – C2e-α =
𝛂
Dimensionnement parasismique
Ce qui donne :
𝐅𝟎 𝟐−𝛂𝟐 𝟐
C1 = ( e-α + )
𝟐𝐜𝐡𝛂 𝛂𝟐 𝛂

𝟐−𝛂𝟐 −𝛂 𝟐
𝟐−𝛂𝟐 𝐞 +
𝛂𝟐 𝛂
C2 = - F0 ( - )
𝛂𝟐 𝟐𝐜𝐡𝛂

𝟐 𝟐−𝛂𝟐 𝐜𝐡𝛂(𝟏−𝛏) 𝟐 𝐬𝐡𝛂𝛏


π (ξ) = F0 1 – ξ2 – + + ↔ π (ξ) = F0 χ (α, ξ)
𝛂𝟐 𝛂𝟐 𝐜𝐡𝛂 𝛂 𝐜𝐡𝛂

χ (α, ξ) = fonction pour un chargement linéairement réparti


𝟐 𝟐−𝛂𝟐 𝐜𝐡𝛂(𝟏−𝛏) 𝟐 𝐬𝐡𝛂𝛏
χ (α, ξ) = 1 – ξ2 – + +
𝛂𝟐 𝛂𝟐 𝐜𝐡𝛂 𝛂 𝐜𝐡𝛂

Remarque
▪ Si α → 0, π → 0, les refends sont à grandes ouvertures, les trumeaux seront calculés indépendamment. Chaque
élément de refend se comporte comme si l’intervention des linteaux était négligeable.

▪ Si α → ∞, π → Fo(1 – ξ2) , l’ensemble du refend peut-être considéré comme monolithique.


α est un paramètre fonction des caractéristiques géométriques et mécaniques des éléments de refend et du linteau.
ξ fixe la côte x = ξH du linteau qui subit l’effort tranchant π.

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement parasismique
4. Evaluation des moments M1 et M2 dans les éléments du refend (trumeaux)
𝐇 𝟏 𝟏 𝟐 𝟐−𝛂𝟐 𝟏 𝐜𝐡𝛂(𝟏−𝛏) 𝟐 𝟏
‫(𝛑 𝟎׬‬x) dx = H ‫(𝛑 𝟎׬‬ξ) dξ = F0H ‫ 𝟏( 𝟎׬‬− 𝛏𝟐 − 𝛂𝟐 ) dξ + ‫׬‬
𝛂𝟐 𝟎 𝐜𝐡𝛂
dξ + 𝛂𝐜𝐡𝛂 ‫ 𝛏𝛂𝐡𝐬 𝟎׬‬dξ
𝐇 𝟐 𝟐−𝛂𝟐 𝐬𝐡𝛂 𝟐
‫(𝛑 𝟎׬‬x) dx = F0H ( + 𝟑 - 𝟐 ) = F0H Λ0(α, ξ)
𝟑 𝛂 𝐜𝐡𝛂 𝛂 𝐜𝐡𝛂
𝟐 𝟐
𝟐−𝛂 𝐬𝐡𝛂 𝟐
Λ0 (α, ξ) = ( + 𝟑 - 𝟐 )
𝟑 𝛂 𝐜𝐡𝛂 𝛂 𝐜𝐡𝛂
𝐇 𝟐
𝛑
𝟏 𝟏 𝟑 ) + 𝟐 ξ + 𝟐−𝛂 shα (1 - ξ) – 𝟐 𝐜𝐡𝛂𝛏
‫𝐱׬‬ (x) dx = H ‫𝛏׬‬ 𝛑(ξ) dξ = F 0 H
𝟑
(2 - 3ξ + 𝛏
𝛂𝟐 𝛂𝟑 𝐜𝐡𝛂 𝛂𝟐 𝐜𝐡𝛂
𝐇
‫(𝛑 𝐱׬‬x) dx = F0H Λ(α, ξ)
𝟏 𝟐 𝟐−𝛂𝟐 𝟐 𝐜𝐡𝛂𝛏
Λ (α, ξ) = (2 - 3ξ + 𝛏𝟑 ) + 𝟐 ξ + 𝟑 shα (1 - ξ) – 𝟐
𝟑 𝛂 𝛂 𝐜𝐡𝛂 𝛂 𝐜𝐡𝛂

Moments dans les éléments de refend


𝐈𝟏 𝟐−𝟑𝛏+𝛏𝟑 𝟐𝐜𝐦
▪ M1 = 𝐈 T0 H - Λ (α, ξ)
𝟏 +𝐈𝟐 𝟑 𝐈
𝐈𝟐 𝟐−𝟑𝛏+𝛏𝟑 𝟐𝐜𝐦
▪ M2 = T0 H - 𝐈 Λ (α, ξ)
𝐈𝟏 +𝐈𝟐 𝟑

Remarques
Grandes ouvertures (α < 1) Petites ouvertures (α > 10)
𝐈𝟏 𝟐−𝟑𝛏+𝛏𝟑 𝐈𝟏 𝟐−𝟑𝛏+𝛏𝟑 𝟐𝐜𝐦
M1 = T H → M1 = M (ξ) α → ∞, Λ (α, ξ) → et →1
𝐈𝟏 +𝐈𝟐 0 𝟑 𝐈𝟏 +𝐈𝟐 𝟑 𝐈
𝐈𝟐 𝟐−𝟑𝛏+𝛏𝟑 𝐈𝟐
M2 = T0 H → M2 = M (ξ) I = I1 + I2 + 2mc → 2mc, M1 → 0, M2 → 0
𝐈𝟏 +𝐈𝟐 𝟑 𝐈𝟏 +𝐈𝟐
Dimensionnement parasismique
5. Effort normal engendré par un chargement linéairement réparti
𝐇 𝛑(𝐱) 𝐇 𝟏 𝐅𝟎 𝐇 𝟏
N(ξ) = ‫𝐱׬‬ dx → N(ξ) = ‫ )𝛏(𝛑 𝛏׬‬dξ = ‫𝛂(𝛘 ׬‬, 𝛏) dξ
𝐡 𝐡 𝐡 𝛏
𝐅𝟎 𝐇 𝐓𝟎 𝐇
N(ξ) = 𝐡
Λ(α, ξ) → N(ξ) = 𝐈
m Λ(α, ξ)

▪ Petites ouvertures (α > 10)


𝐓𝟎 𝐇 𝟐−𝟑𝛏+𝛏𝟑 𝐦
α → ∞, N(ξ) = mx = M(ξ)
𝐈 𝟑 𝐈
𝐌(𝛏)
N(ξ) =
𝟐𝐜

▪ Grandes ouvertures (α < 1)


α → 0, N(ξ) → 0
Dimensionnement conforme au règlement parasismique
algérien RPA 99/2003

Applications
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications
A) Etude d’un bâtiment R + 6 contreventé par des refends linéaires
1. Présentation de l’ouvrage
Il s’agit de dimensionner, conformément au RPA 99/2003, un bâtiment R+6 à usage d’habitation implanté en zone 3. La
hauteur des différents niveaux est constante et égale à 3.0 m. Les calculs donnent un effort tranchant à la base V égal à
0.08 W suivant les deux directions principales avec un poids moyen de chaque niveau w k = 2200 kN.
Vue en plan
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications
Caractéristiques géométriques des refends
Refend axe A

Refend axe D

Refend axe 1

Refend axe 5

Dimensions du linteau
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications
2. Travail demandé
1) En vous servant des inerties totales, répartissez l’effort tranchant à la base V X (sens x-x)
conformément au règlement parasismique algérien (RPA99/2003).
2) Sachant que les charges verticales reprises par les refends 1 et 5 à chaque niveau (poids propre des
refends non compris), sont :
▪ g = 7.5 kN/ml
▪ q = 2.2 kN/ml

Calculez et dessinez le ferraillage du :


▪ refend plein au niveau rez de chaussée,
▪ linteau du voile 5 au troisième niveau,

3. Données complémentaires
g = charge permanente
q = surcharge d’exploitation
fc28 = 27 MPa
fe = 420 MPa
Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications
▪ Coordonnées du centre de torsion
yC = (ΣIyi yi )/ ΣIyi = (25 x 10 + 83 x 0)/(25 + 83) = 2.30 m
xC = (ΣIxi xi )/ ΣIxi = (20.275 x 0 + 10.3 x 15)/(20.275 + 10.3) = 5.05 m
C (5.05 m ; 2.30 m)↔ G(10.0 m ; 5.0 m)

Excentricité accidentelle = eacc = 5% L = 5% (20) = 1.0 m


Excentricité théorique/x = ex,th = + 4.95 m > eacc → Excentricité/y = ey,th = + 2.7 m > eacc

 Efforts suivant le sens x (longitudinal)

y X

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications

Vx = 1 VX = 1232

RX

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications

4.2. Répartition de l’effort tranchant VX


▪ Ferraillage du refend plein 1 à la base
- Sollicitations du refend
TE = 469.4 kN
E ME = ∑Hi zi ≈ 2/3 x 21 x 469.4 = 6571.6 kNm

G → NG = (7.5 x 10 x 7) + (0.3 x 10 x 3 x 7 x 25) = 2100 kN


Q → Nq = 2.2 x 10 x 7 = 154 kN

- Dimensionnement sous 0.8 G ± E


M = 6571.6 kNm
N = 1680 kN

σ1,2 = N/Ω ± Mv/I = 1680/(3 x 103) ± (6571.6 x 5)/(25 x 103) = 0.56 ± 1.31
σ1 = 1.87 MPa → σ2 = - 0.75 MPa

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications

Schéma du ferraillage conforme aux indications du RPA99/2003

t/2 t/2 t/2 t t t=20cm 5φ10/face/m

L/10 5φ14/face/m
L/2

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications
▪ Efforts dans le linteau sous G + P + E
TE = 64.60 kN
E
ME = 64.60 x 2 = 129.20 kNm g, q

TG = (7.5 + 0.3 x 0.6 x 25)2 = 24 kN π π


G MG = (7.5 + 0.3 x 0.6 x 25)(42/12) = 16 kNm
2a
Tq = 2.2 x 2 = 4.4 kN πa
Q M = 2.2 x 42/12 = 2.93 kNm
q

-πa
Efforts dans le linteau sous G + Q + E
T = 64.60 + 24 + 4.4 = 93 kN
M = 129.20 + 16 + 2.93 = 148.13 kNm
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications

Nadjia BAOUCHE
Dimensionnement selon le RPA99/2003: Applications
Dimensionnement parasismique: Applications
▪ Schéma du ferraillage du linteau

3φ20

4 φ12 60

3φ20
1 double cadre φ8/25 cm
30

1 double cadre φ8/s=25cm

Vous aimerez peut-être aussi