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Faculté des Sciences et des Sciences appliquées

Département de génie civil


Master 2 en Matériaux

TP Durabilité des matériaux (porosité)

LA POROSITE ET LA FISSURATION FACTEURS DE


DURABILITE DES BETONS

Nom et prénom de l’étudiant :


Niveau : Master 2.
Spécialité : Matériaux
Groupe : 01.
Réalisé par : Saad ahcene
Rahal said

Année Universitaire : 2021/2022


INTRODUCTION
LA FISSURATION
Ressuage
Retrait thermique
Retrait chimique
Retrait hydrique

LA POROSITE
1. Types de pores
1.1 Dimensions des
pores 1.2.Géométrie
des pores
1.3. Rôle des pores dans le transport de la matière Facteurs influençant la
porosité
2.1. Influence du dosage en ciment
2.2. Influence de la cure
2.3. Influence du rapport E/C
Introduction

Les transferts dans le béton durci s’établissent par l’intermédiaire :

- d’un réseau de fissures, qui résulte lui-même du fonctionnement normal de certaines


structures en béton armé et éventuellement de diverses causes accidentelles.
- réseau poreux, qui apparaît normalement dans la structuration de la pâte au cours de
l’hydratation
I. La fissuration

La fissuration du béton armé est normale lorsqu’elle est maîtrisée, ce qui signifie que
les fissures sont d’ouverture limitée.
En fonctionnement normal, les éléments du béton armé qui travaillent en traction ou en
flexion sont fissurés. Les formules de calcul des structures permettent d’estimer
l’ouverture et l’espacement des fissures, on dispose aussi de règles fixant la limite
admissible d’ouverture des fissures en fonction de l’agressivité du milieu.
Les causes générales de la fissuration précoce auxquelles nous nous intéressons ici sont
les causes physiques. Ces causes sont d’une part le tassement qui accompagne le ressuage
et d’autre part les retraits (chimique, thermique et hydrique)

Ị.1.Ressuage :

C’est un phénomène courant mais qui peut dans certains cas conduire à des désordres.
Il se manifeste par l’apparition d’une pellicule d’eau à la surface horizontale du béton
frais, enrelation avec un tassement progressif du squelette sous l’effet de la pesanteur.
Cettedéformation verticale de tassement peut être importante et s’accompagner dans
les casextrêmes de la création de fissures ouvertes au droit des obstacles qui s’opposent
au mouvement de tassement du béton (armatures, variations locales d’épaisseur etc.)
(Figure 1) Ces désordres peuvent commencer à se manifester à travers le film d’eau
de ressuage nonencore évaporée, ce qui exclue le retrait hydraulique. On observe aussi
parfois en surface descreux de quelques décimètres carrés, localisés au droit des
armatures.
Le mécanisme de tassement s’apparente à une percolation de l’eau à travers la
suspension faiblement floculée des grains de ciment. Il s’agit en fait, d’un tassement
d’ensemble de la phase solide au cours duquel l’eau interstitielle s’écoule dans le réseau
poreux entre les grains pour venir en surface.

Figure 1 – tassement du béton bloqué par

Ị.2.Retrait thermique

La réaction d’hydratation du ciment est exothermique, elle s’accompagne d’un grand


dégagement de chaleur et d’un échauffement du béton. Au fur et à mesure de
l’avancement de la réaction d’hydratation, le dégagement de chaleur ralentit et le béton
refroidit. La contraction du matériau due à ce refroidissement est appelée retrait
thermique.
Lorsque cette chaleur n’est pas rapidement évacuée dans les structures massives, la
température au cœur est plus élevée qu’en peau. Le retrait thermique est susceptible

D’entraîner, lors du refroidissement, l’apparition de contraintes de tractions résiduelles


et éventuellement une fissuration.
Ị.3.Retrait chimique (endogène, d'auto dessiccation ou contraction LE
CHATELIER)

Ce retrait est dû aux réactions d'hydratation créant une dessiccation sans départ d'eau
vers l'extérieur. Lors de l’hydratation, l’eau de gâchage est progressivement consommée
pour former des hydrates. Cette hydratation présente un bilan volumique négatif : le
volume des hydrates est inférieur à la somme des volumes des constituants (ciment
anhydre et eau) consommés. Cette auto dessiccation peut provoquer un retrait au même
titre que la dessiccation proprement dite.
Ị.4.Retrait hydrique (plastique ou exogène)

Lors du séchage du béton, le départ d’eau dans la matrice de ciment provoque un


retrait appelé retrait de dessiccation dû à un déséquilibre hydrique entre le béton et l’air
ambiant. Ce retrait est la réponse mécanique du matériau soumis au séchage.
Remarque :

La fissuration la plus pénalisante pour la durabilité des ouvrages en béton est la


fissuration précoce. Elle donne souvent, en effet, des fissures ouvertes.
II. la porosité

La durabilité du béton dépend essentiellement de la difficulté qu’ont les agents


agressifs à pénétrer dans le réseau poreux du matériau. La porosité est un paramètre
déterminant de la durabilité du béton, plus la porosité diminue, plus les propriétés
mécaniques augmentent et plus la perméabilité diminue (Figure 2).

Figure 2 - Relation entre la perméabilité, la résistance à la compression et le niveau


deporosité du béton.

ỊỊ.1.Types de pores

La porosité est définie par le rapport entre le volume des pores (Vp) et le volume total (Vt =
Vp +Vs) comprenant le volume des pores (Vp) et le volume du solide (Vs)
Vp Vp
P  
Vt Vp  Vs
La porosité du béton est constituée de plusieurs familles de vide, qu’on peut classer en
fonction de leurs dimensions, leurs géométries et de leur rôle dans le transport de matière :
ỊỊ.1.1.Dimensions des pores :

Les dimensions sont comprises entre quelques mm et quelques dizaines d'Armstrong (Å). Lesplus
petits vides du béton sont donc 1 million de fois plus petits que les plus gros.
Par ordre décroissant de diamètre on retrouve:

- les vides d'air ou pores (diamètre > 1mm), ces vides ne sont généralement pas remplis d'eau.

- les bulles d'air entraînées (10 µ < diamètre < 1 mm)

- Les pores capillaires (0,01 µm < diamètre < 5 µm), si le béton est constamment conservé à
l'humidité, on peut considérer que les pores capillaires sont pratiquement remplis d'eau. Par contre, si
le béton est soumis au séchage, les pores capillaires commencent à se vider graduellement en
commençant par les plus gros.
- les pores de gel (diamètre < 40 Å), contiennent de l'eau qui est en partie adsorbée à la surface des
feuillets de C-S-H. Cette eau est relativement stable et il est difficile de l'extraire par séchage.

ỊỊ.1.2.Géométrie des pores

Les pores sont constitués : (figure 3)

- de pores capillaires interconnectés, qui forment un espace continu dans le réseau poreux

- de pores isolés qui ne communiquent pas avec l’environnement

- de pores aveugles qui sont interconnectés d’un seul côté.

ỊỊ.1.3.Rôle des pores dans le transport de la matière

- Ce sont surtout les pores capillaires qui influencent le plus la perméabilité du béton. Les pores de
gel n'ont pas une grande influence sur la perméabilité.
Réseau de pores interconnectés Réseau de pores discontinu
Matériau poreux perméable Matériau poreux imperméable

Figure 3 - Influence du degré d'inter connectivité sur la perméabilité de la pâte

ỊỊ.1.4. l'Effet de la carbonatation sur la porosité:


Après carbonatation accélérée, la porosité du béton diminue (figure II.3). Ceci est dû au fait que
les volumes molaires des produits de la réaction de carbonatation sont supérieurs à ceux des
hydrates à partir desquels ils se forment. Par exemple, le volume molaire de Ca(OH)2 est de 33,2
cm3/mol alors que celui de CaCO3 est de 36,9 cm3/mol soit une augmentation de plus de 11 %. Le
volume molaire passe de 12 à 16 cm3/mol entre un C-S-H sain et un C-S-H carbonaté (plus de 30 %
d’augmentation) . Les carbonates formés occupent donc une partie des vides capillaires initiaux.
Dans les études à une résistance moyenne de 25 MPa à 28 jours. Les porosités sont mesurées
après 14 jours de carbonatation accélérée (à l’issue de 3 mois de conservation dans l’eau et d’1 mois
d’étuvage à 45 °C), le transfert de CO2 à travers le béton se faisant de la gauche vers la droite, La
précipitation de la calcite au sein de la matrice cimentaire a pour conséquence une diminution de la
porosité. Ceci rend plus difficile la pénétration des espèces agressives dans le béton.

Figure II. 3 : profils de porosité d’un béton .


La distribution des volumes poreux est également modifiée par la carbonatation [4]. Une
diminution significative de l’amplitude du mode poreux principal compris entre 30 et 60 nm(1 nm

= 10–9 m) est enregistrée après carbonatation. Ceci est à corréler avec la diminution globale de
porosité et de perméabilité observées après carbonatation.

Dans le cas du phénomène de la carbonatation, les travaux s’accordent sur l’effet positif, car il
permet une diminution de la porosité.

Facture influence de la porosité


5.4.1. Influence du dosage en ciment
La porosité dite capillaire telle que définie dans le paragraphe 2.1, du béton durcie à base de
CPA, peut être estimée par la relation simplifiée suivante :

P  Pbf - VC
P – porosité,
Pbf – porosité du béton frais
Vc – volume de ciment anhydre
Cette relation montre qu’on limite la porosité en fixant un dosage minimal de ciment, à condition
que:
- le ciment s’hydrate effectivement par une bonne cure,

- la porosité du béton soit considérée comme imposée (moyens de mise en œuvre)

Influence de la cure

En l’absence d’un traitement approprié, le béton soumis à la dessiccation dés qu’il est décoffré
(et dès que le coulage est terminé pour les surfaces horizontales). La dessiccation précoce ralentit
fortement et peut même arrêter l’hydratation, la réduction du volume du ciment entrant en réaction
augmente très fortement la porosité du béton durci.

Influence du rapport E/C

En fixant une borne supérieure au rapport E/C, on limite la porosité de la pâte interstitielle dans
le béton (en appelant ainsi la phase interstitielle située entre les grains de gravillons et sable,
composée de ciment et d’eau). Cependant il faut préciser que la quantité d’eau E dans le rapport
E/C doit être définit, il s’agit de la quantité d’eau efficace qui est différente de la quantité d’eau
introduite comme eau de gâchage dans la bétonnière.

- Définition de la quantité d’eau dans le rapport E/C :

On appelle Eeff la quantité d’eau totale contenue dans le mélange de béton frais, diminuée de la
quantité d’eau retenue par la porosité des granulats et les additions

Eeff=Etotale - E p
E eff – eau efficace
E totale – eau totale dans le malaxeur
E p – eau piégée dans les pores des granulats et des additions
L’eau totale contenue dans le malaxeur est égale à la quantité d’eau introduite au moment du
malaxage (appelée aussi eau d’apport) et l’eau apportée par les granulats
E totale =Ed’apport –Eg

E totale – eau totale dans le malaxeur


E g – eau apportée par les granulats
E d’apport – eau introduite dans le malaxeur

E eff =Ed’apport+ Eg –EP

La valeur de E/C est difficile à mesurer sur les bétons frais ; d’où l’idée d’associer la valeur
maximale de ce rapport à une autre grandeur qu’est la résistance à la compression minimale à une
échéance donnée. L’avantage de cette solution serait double :
- permettre un contrôle facile du critère général de durabilité

- exprimer le critère de durabilité avec une grandeur physique (résistance mécanique), ce qui
nous renvoi à la figure 1. En effet le rapport E/C exerce une grande influence sur la porosité de la
pâte de ciment hydraté car il gouverne directement l'espacement initial entre les grains de ciment
en suspension dans l'eau de gâchage.

On sait que la durabilité dépend essentiellement de la porosité capillaire, il est intéressant


d’approcher l’influence du rapport E/C sur la porosité capillaire
- E/C élevé:

les grains de ciment seront donc très éloignés les uns des autres et, après s'être complètement
hydratés, il restera un surplus d'eau important, donc, une porosité capillaire très importante. La
perméabilité du béton sera très grande et ses propriétés mécaniques seront très faibles.

- E/C faible :

les grains de ciment seront très près les uns des autres. Toute l'eau pourra réagir avec le ciment et
il ne restera que très peu de porosité capillaire. La perméabilité du béton sera très faible et les
propriétés du béton seront très élevées.
Cependant, on aura utilisé beaucoup trop de ciment car une grande partie de celui-ci n'aura pas pu
réagir par manque d'eau. Même une très faible quantité d'hydrates peut permettre de combler les
espaces inter granulaires. C'est en partie ce qui explique que les bétons avec E/C faible
développent très rapidement leur résistance.
- E/C optimal :

D’un point de vue strictement chimique, en équilibrant les réactions d'hydratation du ciment, un
rapport E/C=0,22 suffit pour hydrater tout le ciment. Cependant, Power a montré que
pratiquement, et d'un point de vue physicochimique, il faut un rapport E/C minimal de 0,42.

En effet, pour que la réaction d'hydratation se poursuive, une certaine quantité d'eau doit être
adsorbée par les hydrates (eau de pores de gel) sans que celle-ci soit liée chimiquement, sa
présence dans les hydrates étant absolument nécessaire à leur formation
En pratique, l'hydratation n'est jamais complète car les plus gros grains de ciment ne
s’hydratent jamais complètement. À un certain stade de leur hydratation, ils sont recouverts d'une
couche d'hydrates qui se densifie et devient de plus en plus imperméable, qui empêche l’eau de
pénétrer vers l'intérieur du grain. C'est pour cette raison qu'en pratique, même dans les pâtes
fabriquées avec un E/C très faible (0,25) il subsiste toujours une certaine porosité capillaire. La
réduction du rapport E/C permet non seulement de diminuer le volume total des pores capillaires
mais elle permet aussi de réduire leur diamètre. Pour un E/C plus faible la porosité capillaire est en
fait constituée d'un réseau de pores plus fin et plus discontinu. Ce phénomène est illustré sur la
figure 4.
Figure 4 - Courbe de porosité au mercure de deux pâtes de ciment conservées pendant 7 jours
dans l'eau

En réduisant le E/C de 0,45 à 0,25, le volume total de la porosité (cumulative porosité) passe de
40% à moins de 20% et, en même temps, le diamètre moyen des plus gros pores est diminué par
un facteur 10 !
En général, il est préférable que le réseau de pores capillaires soit constitué de pores les plus
petits possibles car le degré d'interconnections y est plus faible. La perméabilité de la pâte s'en
trouve alors considérablement diminuée car il y a très peu de chemins préférentiels pour le passage
des liquides, des gaz ou des ions potentiellement agressifs
Conclusion :
La porosité interconnectée joue un rôle très important dans le processus de transfert
d’humidité, et la réalisation d’un béton devant résister à l’action d’agents agressifs passe en
premier par la caractérisation du réseau poreux. Cependant d’un point de vue pratique la zone de
béton essentielle est celle qui correspond à l’épaisseur d’enrobage des armatures. C’est de la
durabilité de cette faible épaisseur que dépendra généralement la durée de vie d’un ouvrage ou
d’une partie d’ouvrage. Il est donc nécessaire de se procurer un moyen fiable et rapide pour
évaluer la porosité ouverte de cette zone.

Les relations théoriques permettant de relier la résistance à la compression des bétons à 28


jours, module de déformation et la profondeur de la zone carbonatée à la porosité ouverte de la
zone de peau caractérisée par l’absorption initiale du béton.

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