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et de l'herbe tendre ...

dolmens
couverts d'herbe de mousse sacrément douce dolmens prêts à s'enfoncer dans le
sol épuisés de tenir debout d'avoir tenu debout tous ces siècles tous ces millénaires
d'avoir simplement seulement tenu le coup toutes ces myriades d'heures tout cela sous les
étoiles à la pleine lune dans le noir sous les orages attrapant la foudre plus souvent qu'à
leur tour dolmens de dure pierraille aux longues chambres abritant les ébats des couples
illicites les embrassades furtives des hommes soucieux de se cacher de se dérober aux
regards de fuir le regard pesant plus pesant que la pierre des dolmens les regards des
autres autres peut-être tout aussi frustes ou rugueux dans leurs sentiments qu'eux ou plus
âpres encore que la pierre des dolmens plus âcres au goût les sourcils en circonflexe
affichant des mines dubitatives des moues circonspectes se méfiant se défiant toujours de
tout pour finir par s'affaler contre la mousse tendre des dolmens et sur la pierre la plus
lourde sur le roc le plus puissant le plus impressionnant carapace de tortue dont jamais on
ne voit jamais au grand jamais on ne verra la tête striée ridée folle sur ce roc parfois
souvent se hisse-t-on à perdre haleine pour mieux voir mieux scruter les baies des grands
ifs mornes et placides glaciaux et ténébreux vertigineusement gracieux sous la pluie des
siècles des millénaires et à peine s'était-on hissé que toujours naissait le désir furieux le
désir terrible de crier de clamer des injures à la face du ciel des imprécations de se lancer
dans un long discours tout en vésanies de parler par bordées un torrent de mots ou de
chanter de scander de psalmodier que sais-je encore à peine s'était-on hissé à peine se
hisse-t-on que naît toujours la tête contre les branches les plus folles les fesses assises
contre l'herbe humide contre la mousse tendre à peine se hisse-t-on que les jambes
lourdes les pieds désormais menaçant de glisser sur la mousse l'herbe tendre on se
surprend à chantonner puis à vociférer et n'est-ce pas là le même torrent que le très long
texte le trop long texte qui n'en finit pas de naître et qui peut-être est bel et bien né ainsi
né d'une voix devenue folle ne s'obéissant plus parlant aux oiseaux aux astres aux baies
aux ifs à la rougeur splendide et coruscante de ces baies mystérieuses ainsi est né ce chant
d'une voix pierreuse ainsi née de la rocaille cette frénésie lourde de vésanies qui toujours
rendra plus fou plus long plus torrentiel ce trop ce très long
texte
13:13 Publié dans Très long texte | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

dimanche, 10 septembre 2006


... de l'eau, de la paille ...
finisse
ce jour sans mesure cette infinité de possibilités de colères de mensonges et cette
avalanche d'amours qui ne cesse de tarabuster les pirates sont de sortie et pourtant il
paraît que ce n'est pas l'issue la plus secourable peut-on pourra-t-on un jour en finir dans
la poussière des carlingues la rouille des guimbardes des tréteaux interminables comme
ce très long texte où personne ne voit du feu où personne ne voit goutte où personne ne
voit clair où il n'y a personne pour sauver son voisin pas un mot pour en rattraper l'autre
pas un orgue pour mesurer l'infinité du temps qui passe pas un violon pour nous aider à
grimper à la cime des ifs et sur ces dolmens rassemblés comme dans un jeu de cartes un
très long texte s'avance et se déploie avec la sûreté pierreuse des dolmens la voilure des
stèles la douceur ombrageuse des ifs dont les petites boules rouges d'une netteté aussi
sidérante qu'elles sont minuscules sont comme des lampions funèbres un très long texte
résonne rebondit ou s'éternise jusqu'à ce que la note tenue sous les ifs comme une
mélodie silencieuse effraie même les autours les éperviers et même le busard en maraude
à tel point que nous nous retrouvons tous vous et moi à déclamer des lambeaux de ce très
long texte debout ou accroupis sur les lourdes pierres qui couvrent depuis des millénaires
les
dolmens
17:50 Publié dans Très long texte | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 06 septembre 2006


Où que tu ailles...
C'est un long texte un très long texte que je pourrais écrire un long texte pour clore la
journée saluer le coucher du soleil un long texte en lieu & place des milliers des millions
d'autres très beaux textes et par là j'entends d'autres textes qui seraient très beaux alors
que celui-ci n'est qu'un long texte lamentable oui un long texte trop long texte en lieu &
place des centaines de textes qu'il me reste à retrouver à recopier à inventer à écrire un
long long texte comme une longue fuite en avant la lâcheté de mes commissures un très
long texte puisqu'il ne raconte ne dit rien tourne en rond un long texte qui ennuie
désarçonne agace surtout agace puisque ce texte est long dès le premier mot il était très
long puisque l'auteur en avait décidé ainsi et même s'il s'en était tenu aux quatre premiers
d'une certaine façon ce texte eût été long très long trop long long long chemin comme
une fuite en avant de lâche bavant des commissures à force de renâcler devant la tâche à
force d'ahaner ses longs textes et donc ce très long texte dont je ne sais pourquoi je l'ai
commencé si ce n'est pour m'occuper peut-être et dont je sais encore moins comment il
finira ni quand il finira lâchement je me défilerai jusqu'à ne pas l'écrire si long que cela
puisque j'ai déjà expliqué que ce texte qui ne raconte rien paraîtra toujours long même s'il
est très court ce qu'il n'est déjà plus et même s'il est court ce qu'il est encore mais enfin
même s'il est de longueur moyenne il sera toujours moins que médiocre et plein de
longueurs il est plutôt la longueur et je me languis d'un beau texte d'un très long ou très
court texte qui au moins ne serait pas d'une totale vacuité si je dois l'avouer et donc il
paraîtra trop long bien trop long et ainsi s'accomplira la prophétie des quatre premiers
mots de ce texte décidément très long dont je ne sais comment ni quand il finira si tant est
même puisque je n'en sais rien si tant est que puisqu'il est long très long trop long si tant
est disais-je avant cette avalanche d'incises que ne marque même pas la moindre
parenthèse comme l'on s'est aperçu depuis longtemps que la ponctuation empêchait de se
concentrer sur l'écriture preste qui va son cours et donc ce très long texte est très long lui
dont je ne sais comment ni quand il finira si tant est même qu'il finisse à moins de
considérer que ce premier fragment qui peut-être bientôt s'achèvera est le très long texte
et que donc en ce sens tout a une fin même ce très long texte dont je viens d'avouer que
ce paragraphe n'est qu'un premier fragment si tant est même que ce très long texte et non
le paragraphe

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