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La taxe sur la valeur ajoutée

1. Définition
2. Principes et champ d’application
Opérations imposables
Opérations exonérées
Territorialité
3. Fait générateur, Exigibilité et déductibilité
Fait générateur et exigibilité
Déductibilité
Synthèse
4. Régimes de TVA
Seuils d’imposition
Déclarations et paiements à effectuer
5. Opérations intra-communautaires
Principe
Réalisation
Comptabilisation
Exigibilité de la TVA intracommunautaire

1. Définition

La taxe sur la valeur ajoutée est une taxe perçue selon un système de paiements fractionnés

sur la valeur ajoutée apportée par chacun des opérateurs qui interviennent dans le circuit de

production et de distribution.

A la consommation finale du produit ou du service, la taxe sur le prix de vente est égale à la

somme des montants de TVA intermédiaires acquittés sur la valeur ajoutée par chacun

des opérateurs.

2. Principes et champ d'application

Opérations imposables

Par nature :
Opérations effectuées à titre onéreux, par un assujetti, dans le cadre d’une activité
économique

Par détermination de la loi :


• livraisons à soi-même,
• importations en provenance d’autres pays que l’Union Européenne,
• les acquisitions intracommunautaires (provenant de pays de l’U. E.).

Par option :
Opérations normalement non-soumises à TVA, pour lesquelles le contribuable demande

à être assujetti (ex. locations de locaux nus à usage professionnel, industriel et commercial).

Opération exonérées

Opérations normalement passibles de la TVA, mais exonérées par une disposition législative :

Opérations de commerce extérieur :


• exportations hors U.E.
• livraisons intracommunautaires (en direction de pays de l’U. E.).

Pour motivation sociale :


• prestations médicales,
• loyers d’habitation.

Opérations diverses :
• bancaires ou financières,
• assurance ou réassurance.

Territorialité

La territorialité délimite l’application de la TVA dans un espace géographique.

On distingue trois grands ensembles de territorialité :

Le territoire français qui comprend :


• la France continentale,
• la Corse,
• la principauté de Monaco,
• les eaux territoriales.

(pour l’application de la TVA, les départements et territoires d’outremer sont

considérés comme territoires d’exportation par rapport à la France métropolitaine).

Le territoire de l’Union européenne qui se compose des 15 Etats membres de l’U. E.

Les pays tiers qui sont tous les autres pays autres que ceux de l’U. E., et constituent des

territoires d’exportation.
Les règles de territorialité sont les suivantes :

Opérations de livraison de biens meubles : le critère d’imposition est le lieu de livraison.

Opérations portant sur les prestations de services : Le critère d’imposition est le lieu

d’établissement du prestataire.

3. Fait générateur, exigibilité et déductibilité

Fait générateur et exigibilité

Le fait générateur est l’événement qui donne naissance à la créance fiscale du Trésor Public.

L’exigibilité est le droit que le Trésor Public peut faire valoir pour obtenir le paiement de la

TVA. Fait générateur et exigibilité ne coïncident pas toujours :

Exigibilité de la TVA sur les livraisons de biens :

Pour les biens l'exigibilité est constituée par la date de la livraison des biens (ou dans la

pratique la facturation).

Exigibilité de la TVA collectée sur les prestations de services(et travaux immobiliers ):

TVA sur les Encaissements :

L'exigibilité de la TVA représente le droit pour le Trésor Public de réclamer le paiement de la

taxe. Pour les prestations de services et les travaux immobiliers l'exigibilité est constitué

par la date d'encaissement . L'encaissement résulte de la réception d'avances ou acomptes


ou du règlement des factures. Lorsque des avances sont demandées à des redevables de la

TVA, elles doivent faire l'objet d'un document tenant lieu de facture (CGI, art. 289-II).

La comptabilisation des factures na fait donc pas apparaître de TVA exigible, et la TVA

portée sur la facture doit être enregistrée dans un compte de TVA à régulariser

(par exemple 44587).

Exemple : prestation de services, paiement d’un acompte de 1 196 € TTC le 15/3/N,

facture envoyée le 25/5/N (5 980 € TTC), solde payé le 25/6/N :

TVA sur les Débits :

Cependant, l'entreprise prestataire de services ou de travaux immobiliers peut demander à

opter pour l'exigibilité de la TVA sur les débits. Le terme débit s'entend soit du débit du

compte Client (débit et facturation coïncident), soit du débit d'un compte financier

(lors d'un acompte reçu avant facturation).

Le vendeur collecte de la TVA lorsqu'il :

- reçoit un acompte
- comptabilise la facture

La mention "TVA payée sur les débits" doit figurer sur toutes ses factures.

comptable, paiement de la TVA sur la facture sans attendre que le client ait payé, donc

avance de trésorerie.

Déductibilité de la TVA

La déductibilité de la TVA est soumise à des conditions de forme et de fond.

Les conditions de forme : la TVA à récupérer doit figurer sur un document justificatif

(facture d’achat pour les achats en France, , déclaration de TVA pour les acquisitions
intra-communautaires, document douanier pour les importations).

Les conditions de fond : l’achat doit porter sur des biens ou services nécessaires à

l’exploitation. Les biens et services doivent être utilisés pour la réalisation d’opérations

imposables à la TVA. L’achat doit concerner un bien ou un service pour lequel le droit à

récupération de la TVA n’est pas interdit par une disposition légale.

Déductibilité de la TVA sur les achats de biens :

Pour les biens, la déductibilité est constituée par la date de la livraison des biens

(ou dans la pratique la facturation).

Déductibilité de la TVA sur les prestations de services(et travaux immobiliers) :

TVA sur les Encaissements :

L'acquéreur de prestations de services et travaux immobiliers peut déduire la TVA lors

des paiements (acomptes et solde de la facture).

TVA sur les Débits :

Dans ce cas , la taxe pouvant être récupérée lorsqu'elle est exigible chez le fournisseur et

celui-ci ayant opté pour les débits, l'acquéreur de prestations de services et travaux

immobiliers peut déduire la TVA lors des paiements des acomptes et à la réception

des factures. Il doit vérifier avant tout enregistrement la présence de la mention

"TVA payée sur les débits" sur la facture fournisseur (sinon, TVA sur les encaissements).

Synthèse des règles générales d'exigibilité et de déductibilité

Vente/Achat de biens
Prestations de services – Travaux immobiliers
Encaissements
Option pour les débits
Acomptes
H. T.
Pas de TVA à comptabiliser
T. T. C.
TVA exigible de suite pour le fournisseur et déductible pour le client

Facture
T. T. C.
TVA exigible pour le fournisseur et déductible pour le client
T. T. C.
TVA en attente pour le fournisseur et pour le client

Règlement facture
Pas de TVA à comptabiliser
TVA exigible pour le fournisseur et déductible pour le client
Pas de TVA à comptabiliser

4. Les différents régimes d'imposition

Il existe 3 régimes d’imposition à la TVA selon la nature de l'activité de l'entreprise

et le montant du chiffre d'affaires qu’elle a réalisé :

• régime de la franchise en base de TVA, (régime des micro entreprises)


• régime du réel simplifié
• régime du réel normal

Seuils de C. A. selon les régimes et la nature des opérations

Ventes de biens et fourniture de logement


Prestations de services et travaux immobiliers
Option(s) possible(s)
Micro-entreprises
CA
inférieur ou égal à
76 300 € HT
CA
inférieur ou égal
à 27 000 € HT
Pour le réel simplifié ou normal
Réel Simplifié
CA
supérieur
à 76 300 € HT
CA
inférieur ou égal
à 763 000 € HT
CA
supérieur
à 27 000 € HT
CA
inférieur ou égal
à 230 000 € HT
Pour le réel normal
Réel Normal
CA supérieur
à 763 000 € HT
CA supérieur
à 230 000 € HT

Déclarations et paiements à effectuer

Régime du réel normal : Déclaration CA3, en général mensuelle (trimestrielle si

TVA exigible annuelle < 4 000 €.).

Régime du réel simplifié : Une déclaration annuelle de l’année N (dite CA12), avant le

31/03/N+1, précédée du versement de 4 acomptes de 25 % en avril N, juillet N et octobre

N et de 20 % en décembre N, calculés sur la TVA exigible hors TVA déductible sur

immobilisations de l’année (N-1).

Montant de la TVA due sur CA12 : TVA due CA12 = TVA collectée / année - TVA déd.
s/B S - TVA déd. s/immos - 4 acomptes versés en N

Régime de la franchise en base (micro-entreprises) : Les factures doivent porter la

mention «TVA non applicable, article 293 B du CGI». En sont exclues les personnes morales

passibles de l’impôt sur les sociétés. Bien entendu, les micro-entreprises ne facturent pas de

TVA à leurs clients, mais ne peuvent pas récupérer la TVA acquittée à leurs propres fournisseurs.
5. Les opérations intra-communautaires

Les opérations intra-communautaires présentent des spécificités vis à vis de la TVA

et de sa comptabilisation.

Principe

Les opérations intra-communautaires ne sont pas soumises à droits de douane

(puisque l’Union européenne constitue un marché unique) et sont en principe exonérées de

TVA dans le pays de départ (comme les importations – exportations) et imposées à la TVA

dans le pays de consommation. Les biens et les services circulant librement entre les pays

de la communauté européenne, il n’y a plus de contrôle aux frontières ni d’opérations de

dédouanement. La soumission à la TVA des opérations de livraisons ou de d’acquisitions

intracommunautaires ne peut donc se faire au passage de la frontière comme pour les

importations – exportations. Elle se fait de façon déclarative : chaque entreprise doit déclarer

les acquisitions intracommunautaires qu’elle a réalisées puisqu’elles seront soumises à la

TVA de son propre pays (du pays de consommation).

Réalisation

Les entreprises doivent déclarer les acquisitions qu’elles ont réalisées avec les pays de la

communauté européenne et régler la TVA correspondante lors de la déclaration mensuelle

de TVA.

Afin d’éviter (ou de limiter) les erreurs, oublis ou omissions (volontaires ou non) de

déclaration qui feraient échapper des opérations à la TVA, les entreprises sont soumises

à une série d’obligations. Non seulement elles doivent indiquer lors de leur déclaration

de TVA les montants d’achats et de ventes intra-communautaires, mais elles doivent :

- s’immatriculer et faire figurer leur numéro d’immatriculation intra-communautaire sur leurs

documents commerciaux ;
- obtenir de chaque partenaire européen son propre numéro communautaire et le porter sur
leurs documents commerciaux.

Si ces conditions sont remplies, l’entreprise française qui vend à un client de la communauté

européenne n’appliquera pas de TVA française sur la facture et la vente sera soumise à la

TVA du pays de destination à son arrivée dans ce pays. De même lorsqu’une acquisition

intra-communautaire est réalisée par une entreprise française, si les mêmes conditions sont

respectées, la facture du fournisseur ne portera pas de TVA et l’entreprise française devra

déclarer son acquisition et payer la TVA française lors de la déclaration mensuelle. Les

acquisitions intracommunautaires ainsi que la TVA à payer correspondante doivent être

déclarées sur des lignes spécifiques de la déclaration CA3.

Enfin, afin de permettre un contrôle sur les opérations intra-communautaires, les entreprises

doivent établir chaque mois une Déclaration d’Echanges de Biens (D.E.B.), sur support

papier ou par voie informatique, avec des niveaux d’obligations différents selon les montants

des opérations effectuées, qui est envoyée au service des douanes.

Livraisons intra-communautaires (ventes) : L’enregistrement des ventes intra-

communautaires ne présente pas de caractère particulier par rapport aux ventes à

l’exportation sur le plan de la TVA (à condition que le client remplisse les conditions

d’application de la TVA intra-communautaire, c’est à dire qu’il ait fourni son

immatriculation communautaire). Dans ce cas il n’y a pas de TVA portée sur la facture

comme à l’exportation.

Acquisitions intra-communautaires :

Les acquisitions intra-communautaires nécessitent

un traitement comptable particulier par rapport aux achats à l’importation sur le plan de la

TVA (à condition que l’entreprise remplisse les conditions d’application de la TVA

intra-communautaire, c’est à dire qu’elle ait fourni son immatriculation communautaire).


Comme à l’importation, il n’y a pas de TVA portée sur la facture. Mais, contrairement

à l’importation, les achats ne font pas l’objet d’un dédouanement et d’application de la

TVA à ce moment. La TVA sera déclarée par l’entreprise et acquittée lors de la déclaration

mensuelle de TVA (tout en étant également déduite - sauf exception) selon les règles

suivantes concernant la date d’exigibilité de la TVA :

- à la date de la livraison si la facture la précède


- à la date de la facture si elle arrive entre la livraison et le 15 du mois suivant
- au 15 du mois suivant la livraison si la facture n’est pas encore arrivée

La comptabilisation de la TVA due se fait obligatoirement par le crédit d’un compte

spécifique : 4452 TVA due intracommunautaire.

N.B. le Conseil National de la Comptabilité propose de rajouter un 2 en 4, 5 ou

6 ème position des comptes habituels pour marquer la nature intracommunautaire des

comptes utilisés. Le compte 4452 est obligatoire.

Exigibilité de la TVA intra-communautaire

L'exigibilité de la TVA intervient prioritairement à la date d'émission de la facture.

A défaut de facture, la date d'exigibilité sera le 15 du mois suivant la réception des

biens. Si la facture a été émise avant le fait générateur, l’exigibilité est à la date de celui-ci.

Exemple :
date de réception des biens : 08 septembre 2008 et date d'exigibilité butoir :
15 octobre 2008

Si date d'émission de la facture : 12 septembre 2008


date d'exigibilité = 12 septembre 2008

Si date d'émission de la facture : 24 octobre 2008


date d'exigibilité = 15 octobre 2008

Si date d'émission de la facture : 02 septembre 2008


date d'exigibilité = 08 septembre 2008

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