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Sommaire

HISTOIRE
Chrétientés et Islam (VIe-XIIIe siècles),
des mondes en contact
Séance 1 : La naissance de la diversité de l’Islam
Séance 2 : La mosquée, élément central de la civilisation musulmane
au Moyen Âge
Séance 3 : L’art dans l’Islam

GÉOGRAPHIE
La question démographique et l’inégal développement
Séance 4 : Pauvres et riches dans le monde
Séance 5 : Étude d’un pays émergent, l’Afrique du Sud
Séance 6 : Étude d’un pays pauvre, le Kenya
Séance 7 : Étude d’un pays riche : les États-Unis d’Amérique

ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE


La sensibilité : soi et les autres

Séance 8 : L’identité personnelle

114  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


Histoire
Chrétientés et Islam (VIe-XIIIe siècles), des mondes en contact

Séance 1 : La naissance de la diversité de l’islam


Séance 2 : La mosquée, élément central de la civilisation musulmane au Moyen Âge
Séance 3 : L’art dans l’Islam

Voici les connaissances et les compétences sur lesquelles tu vas pouvoir travailler au cours de ces séances d’histoire.

a) Connaissances :
Savoir expliquer pourquoi l’Islam est, de nos jours, divisé en plusieurs branches.
Maîtriser quelques repères spatiaux pour pouvoir localiser et situer le monde arabo-musulman au Moyen Âge.

b) Compétences (D’après le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, 2015) :


Pratiquer différents langages en histoire. S’approprier et utiliser un lexique spécifique en contexte. Domaines
du socle : 1, 2, 5.
Se repérer dans le temps : construire des repères historiques. Situer un fait dans une époque ou une période
donnée. Ordonner des faits les uns par rapport aux autres. Domaines du socle : 1, 2, 5.
Analyser et comprendre un document. Comprendre le sens général d’un document, identifier le document et
son point de vue particulier, extraire des informations pertinentes pour répondre à une question portant sur un
document ou plusieurs documents, les classer. Domaines du socle : 1, 2.

Séance 1
La naissance de la diversité de l’Islam
ACCUEIL

Au cours de l’unité précédente tu as étudié une religion monothéiste née au VIIe siècle : l’islam. Cette
religion accompagne la naissance d’un Empire, d’une civilisation diverse et riche mais, comme tu vas
le voir au cours de cette unité, elle va également se diviser en plusieurs branches. Dans cette première
séance, nous allons donc tenter de comprendre et d’expliquer la diversité religieuse de l’Islam, de voir
quand et pourquoi l’Islam s’est divisé.

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A. Les différentes branches actuelles de l’islam
Écris les titres de la séance et du A.

JE M’EXERCE

Exercice 1
Document 1 : Description des différentes branches actuelles de l’Islam

« De nos jours, les sunnites représentent près de 85 % des musulmans, contre 15 % de chiites, et moins de 1 %
de kharidjites. Les sunnites se composent de quatre grandes écoles juridiques1 : les hanafites et chafiites qui se
recrutent plutôt parmi les musulmans qui ne parlent pas arabe, l’école malékite qui s’est plutôt développée en
Afrique et les hanbalites.
Les chiites excellent à essayer de trouver le “sens caché” des versets coraniques. Parmi eux, les duodécimains
croient que la succession du Prophète s’est interrompue au 12e imam en 878 et vivent dans l’attente du retour
de cet “imam caché”. Les ismaéliens qui sont des chiites minoritaires, estiment que le fils du 6e imam, Ismaël,
est le véritable successeur du Prophète. Issus du chiisme, les alévis vivent une religion sans ramadan ni prière
quotidienne.
Enfin, le kharidjisme, ultra minoritaire, pratique un islam rigoriste qui condamne tout luxe. »

D’après Étienne Séguier, “Les branches de l’islam”, L’Atlas des religions, 2015.
1. Chaque école juridique a sa propre interprétation des textes traditionnels du Coran et de la Sunna.

Document 2 : Le monde musulman aujourd’hui

Cécile Watté d’après Ghibar [CC BY-SA 3.0] via Wikimedia Commons

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1. Observe le schéma et complète-le avec les éléments suivants :

Kharidjisme – Duodécimains – Malékites – Sunnisme – Ismaéliens – Chiisme – Alévis – Hanafites

Document 3 : Les branches de l’Islam

2. La religion musulmane n’est composée que d’un seul courant de pensée :


 Vrai
 Faux

3. Sur la carte, combien peux-tu compter de formes différentes d’Islam ?

4. Quel est le courant majoritaire dans l’Islam ?


 Le Chiisme
 Le Sunnisme
 Il y a autant de Sunnites que de Chiites

5. Dans quelle région du monde les Malékites sont-ils principalement situés ?


 L’Asie
 L’Afrique
 L’Arabie Saoudite

6. Les Chafiites se trouvent uniquement dans l’est de l’Afrique :


 Vrai
 Faux

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B. L’origine de la séparation des différentes branches de l’Islam
Écris dans ton cahier le titre du B. Tu viens de voir que l’Islam est une religion multiple. Il n’y a pas une seule façon de
penser et de pratiquer cette religion. Nous allons maintenant étudier la naissance des trois principaux courants : le
chiisme, le sunnisme et le kharidjisme.

Exercice 2
Document 4 : La bataille de Siffin en 657

La division entre chiisme et sunnisme


n’est, au départ, qu’un conflit politique
concernant la succession du prophète
Muhammad (Mahomet). Il oppose d’un
côté les partisans d’Ali, son gendre
et son cousin, qui voulaient que la
succession se fasse à l’intérieur de la
famille (ce qui donnera les chiites), à un
groupe d’autres proches du Prophète,
dont son épouse préférée, Aïcha, qui
demandait l’élection de chaque calife
successif (ce seront les sunnites). Ali
finit par être choisi comme quatrième
calife ; mais lors de la bataille de Siffin
(en 657) contre Muawiya, Ali accepte
un arbitrage en sa propre défaveur.
Il est assassiné quelques temps plus
tard par un groupe de ses partisans,
qui lui reprocheront d’avoir accepté
un compromis : on les appellera les
kharidjites.

Miniature persane du XIXe siècle, Ms.


Or. 2936, fol. 322 v,
London, British Library, © akg-images /
British Library

1. La séparation entre chiisme et sunnisme est au départ un désaccord sur la succession du Prophète :
 Vrai
 Faux

2. Qui sont les Chiites ?


 Les partisans d’une succession à l’intérieur de la famille du Prophète
 Les partisans d’Ali
 Les partisans d’Aïcha
 Les partisans d’une élection du calife

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3. Qui sont les Sunnites ?
 Les partisans d’une succession à l’intérieur de la famille du Prophète
 Les partisans d’Aïcha
 Les partisans d’une élection du calife

4. Qui sont les Kharidjites ?


 Les partisans d’une élection du calife
 Les partisans d’Aïcha
 Les partisans d’une succession à l’intérieur de la famille du Prophète
 Un groupe qui reproche à Ali d’avoir accepté un arbitrage

5. Quel est le nom des deux personnes qui se sont affrontés lors de la bataille de Siffin ?

Exercice 3
Document 5 : Le récit de l’opposition entre Muawiya et Ali

« La Bataille de Siffin.


Lorsqu’il apprit qu’Ali approchait, Muawiya vient prendre position à Siffin, sur les bords de l’Euphrate. On dit
qu’Ali avait 50 000 hommes et Muawiya 80 000. La bataille commença. On se servait du sabre, de la lance et du
poignard.
On combattait au corps-à-corps, on se saisissait par la barbe, et le sang coulait comme un ruisseau. Les pertes
des deux armées furent de 40 000 tués. Après un mois de combat, les soldats de Muawiya commençaient à fuir.
La solution.
Conseillé par l’un de ses généraux, Muawiya ordonna alors à ses soldats de fixer au bout de leurs lances des
copies du Coran. Il voulait ainsi convaincre ses adversaires de ne pas lutter contre le Livre saint. Il adressa
alors à l’autre armée le message suivant : “Si les habitants de la Syrie et de l’Irak sont exterminés, qui restera
pour enseigner l’islam ?” “Nous sommes d’accord” répondit l’armée d’Ali. Muawiya poursuivit : “Désignons des
arbitres pour savoir qui sera calife.” Ali et Muawiya choisirent donc deux arbitres et s’obligèrent à se soumettre à
leur décision.
Le résultat de l’arbitrage.
Les deux arbitres, Amrou et Abou Moussa, examinèrent le Coran. Au bout de huit mois, ils se réunirent pour
annoncer leur décision. Abou Moussa dit : “Nous sommes convenus d’élire un nouveau calife et d’exclure
Muawiya et Ali”. Mais contrairement à ce qu’il avait promis, Amrou se leva et dit : “Moi je choisis Muawiya car il
est le plus proche parent d’Othman et il est dit dans le Coran : “Si quelqu’un est tué injustement, Nous donnons
à son proche le pouvoir de le venger”. Finalement, Ali fut confirmé au pouvoir par ses partisans et Muawiya fut
élu “prince des croyants” par les siens. »
D’après al-Tabari, IXe-Xe siècle, manuel de 5e Hachette éducation, 2010.

1. Ali est à l’origine des :


 Sunnites
 Chiites

2. Où Ali et Muawiya ont-ils combattu ?


 À Siffin
 À Damas
 À côté de l’Euphrate

3. Quelle tactique utilise Muawiya pour faire cesser les combats ?

4. Quelle solution propose Muawiya ?

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5. Au bout de huit mois, quelle est la décision annoncée par Abou Moussa ?
 L’élection d’un nouveau calife qui ne pourrait être ni Ali ni Muawiya
 Muawiya devient calife
 Ali reste calife

6. Cette décision est appliquée :


 Vrai
 Faux

7. Comment se termine cet arbitrage ?


 Amrou choisit finalement Muawiya
 Amrou choisit finalement Ali
 Ali est choisi par ses partisans
 Muawiya est choisi par ses partisans

Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés puis apprend le résumé ci-dessous.

JE RETIENS

La diversité religieuse de l’Islam


L’Islam se divise en plusieurs branches. De nos jours, les trois principales sont : le sunnisme qui est la
branche majoritaire avec 85 % des croyants, le chiisme avec environ 15 % des croyants et les kha-
ridjites qui ne représentent que 1 % des croyants. Ces trois branches sont elles-mêmes divisées en
plusieurs branches.
Cette séparation qui s’est produite très peu de temps après la mort du Prophète en 632, est, au départ,
une division politique. Les musulmans n’ont pas réussi à s’entendre sur la manière de désigner le
calife. Les chiites, les partisans d’Ali, souhaitaient qu’il soit issu de la famille du Prophète. Les sun-
nites voulaient une élection pour désigner le meilleur des musulmans. Les kharidjites, des partisans
d’Ali au départ, n’ont pas apprécié qu’Ali accepte un compromis avec Muawiya.
Ce différend qui est au départ politique va donner naissance à des courants religieux différents, tous
musulmans, mais avec des divergences de pratique.

Glossaire :

Calife : chef politique et religieux des musulmans, successeur de Muhammad.


Coran : livre sacré des musulmans.
L’islam : la religion annoncée aux Arabes par le prophète Muhammad.
Musulman : croyant de l’islam.

J’ÉVALUE MES ACQUIS

1. L’islam est divisé en plusieurs branches :


 Vrai
 Faux

2. Quelle est la branche majoritaire de l’Islam ?


 Le sunnisme
 Le chiisme
 Le kharidjisme

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3. Comment doit se faire le choix du calife pour les Chiites ?
 Par une élection pour choisir le meilleur des musulmans
 Il doit être choisi dans la famille du Prophète
 Il ne doit pas être musulman

4. Ali et Muawiya vont s’affronter à Siffin en 657 :


 Vrai
 Faux

5. Pourquoi l’islam se partage en plusieurs branches ?


 C’est écrit dans le Coran.
 Les musulmans n’arrivent pas à s’entendre sur la manière de désigner le calife.
 Les musulmans n’arrivent pas à s’entendre sur la manière d’écrire le Coran.

6. Qu’est-ce que le kharidjisme ?


 Une branche de l’islam qui reproche à Ali le choix de l’arbitrage
 Une branche de l’islam qui reproche à Muawiya d’avoir utilisé le Coran lors de la bataille

LE COIN DES CURIEUX

La rivalité entre sunnisme et chiisme s’est largement accrue à la fin du XXe siècle. En visitant quelques sites
d’informations, tu peux en savoir plus sur les conséquences actuelles de cette séparation. Francetveducation te
propose une vidéo de la série d’animation Décod’actu : « Sunnites-chiites : frères ennemis » : http://education.
francetv.fr/matiere/actualite/premiere/video/sunnites-chiites-freres-ennemis.

Séance 2
La mosquée, élément central de la civilisation
musulmane au Moyen Âge
ACCUEIL

Au cours de l’unité précédente, tu as étudié la ville de Cordoue en Andalousie, tu as vu que les mos-
quées étaient un lieu central dans les villes médiévales du monde musulman.
Dans une première partie tu vas découvrir que la mosquée n’est pas seulement un lieu de prière et
que de nombreuses autres activités s’y déroulent. Au Moyen Âge la plupart des mosquées qui vont être
construites suivent le même plan et ont la même organisation. Dans une deuxième partie tu vas donc
observer les éléments qui constituent la mosquée et étudier leurs fonctions. Dans une troisième partie
tu vas découvrir les éléments décoratifs d’une mosquée. En effet, les mosquées sont des lieux dans
lesquels les artistes expriment leur sensibilité artistique.

A. Les différentes fonctions d’une mosquée au Moyen Âge


Prends ton cahier et écris le titre de la séance 2 et du A. La mosquée a une fonction d’abord religieuse, elle est un
lieu de prière. Son nom, en arabe, veut dire « lieu de prosternation ». Les musulmans pratiquants s’y rendent
généralement le vendredi, jour de la grande prière, mais éventuellement aussi les autres jours de la semaine. Ils y
accomplissent le rituel de la prière, qui est un des cinq piliers de l’Islam.
La mosquée a également des fonctions sociales, culturelles, politiques... Par exemple, elle est un lieu
d’enseignement où l’on étudie le Coran. Des savants s’y rencontrent pour échanger. C’est également un lieu où les
juges, les cadis, font appliquer la loi islamique et rendent leurs jugements.

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JE M’EXERCE

Exercice 1
Document 1 : L’intérieur d’une mosquée à Bagdad (XIIe siècle)

On reconnaît l’intérieur d’une


mosquée avec à gauche le minbar,
escalier en bois où le religieux
montait pour prononcer les
sermons ou s’adresser aux fidèles.

La scène représente un homme


à droite qui s’adresse à une
assemblée d’hommes assis à
gauche.

© BnF, Manuscrits (Arabe 5847 fol.


164v)

Document 2 : La grande mosquée de Damas

« La prière ne cesse point dans cette mosquée, depuis le commencement du jour jusqu’au tiers de la nuit ; il en
est de même de la lecture du Coran, et c’est une des gloires de cette mosquée bénie. [...]
Il y a un certain nombre d’instituteurs pour expliquer le Livre de Dieu ; chacun d’eux s’appuie contre une des
colonnes de la mosquée, instruit les enfants, et les fait lire. [...] Le maître d’écriture est un autre que celui du
Coran, et il instruit les enfants au moyen d’ouvrages de poésies et autres. Les enfants passent de l’enseignement
oral aux leçons d’écriture, et de cette manière ils apprennent à écrire fort bien. »

Ibn Battûta (1304-1369), Voyages, De l’Afrique du Nord à La Mecque,


trad. de l’arabe de C. Defremery et B. R. Sanguinetti, 1858.

1. Qui est l’auteur du texte ?

2. De quel siècle date ce texte ?


 XIIIe siècle
 XIVe siècle
 XVe siècle

3. Quels types d’activités apparaissent dans la description de la grande mosquée de Damas faite par l’auteur ?

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B. L’architecture des mosquées au Moyen Âge
Écris dans ton cahier le titre du B.
La maison du prophète Muhammad à Médine est traditionnellement considérée comme la première mosquée.
D’après les témoignages, elle était composée d’une vaste cour et, sur un côté, d’une salle de prière. Ces bâtiments
étaient simples et construits de briques, d’un toit de feuilles de palmier soutenu par des troncs de palmier.
Cet ensemble fut le modèle de toutes les mosquées construites par les conquérants arabes durant la période
médiévale. À ces éléments furent progressivement ajoutés une tour appelée minaret et une fontaine ou un bassin
alimenté par de l’eau courante pour permettre aux croyants de se purifier avant de prier.

Exercice 2
Document 3 : Intérieur de la salle de prière de la mosquée de Cordoue (Espagne)

Au Xe siècle la salle
de prière de la Grande
mosquée de Cordoue
comptait 600 piliers.
Ces piliers rappellent les
troncs utilisés dans la
maison de Muhammad.

© Loïc Hamandjian

Document 4 : L’architecture d’une mosquée

« La mosquée a gardé les éléments essentiels de la maison de Mahomet à Médine, maison à cour intérieure
avec un portique sur les côtés. Puis on lui ajouta une salle de prières dont le mur du fond (mur de la Qibla)
donnait la direction de la Mecque. Dans ce mur, on creusa un espace, le mihrab, symbolisant la présence de
Mahomet et, à côté, on construisit le minbar, escalier en haut duquel l’imam commentait la parole de Dieu. On
rajouta aussi un minaret, tour d’où le muezzin lance l’appel à la prière. »

D’après A. Ducellier et M. Kaplan, Le Moyen Age en Orient, Hachette Supérieur, 2014.

1. Complète la légende du document 5 à partir des éléments écrits en vert dans le texte.

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Document 5 : Plan de la grande mosquée de Cordoue au XIe siècle

1 : ………………………………………………………….....    2 : ……………………………………………………………..

3 : ………………………………………………………….....    4 : ……………………………………………………………..

5 : ………………………………………………………........    6 : ……………………………………………………………..

C. L’art dans les mosquées du Moyen Âge


Écris dans ton cahier le titre du C puis travaille l’exercice 3.
Les mosquées du Moyen Âge ont une décoration intérieure très riche qui témoigne de l’importance de ces édifices
et d’une civilisation arabo-musulmane florissante. L’art est utilisé pour renforcer le caractère sacré du lieu. La
beauté et le calme de la mosquée doivent permettre au croyant de se rapprocher de Dieu.
Dans les mosquées, on ne trouve aucun objet de culte au caractère sacré, aucun symbole de la présence de
Dieu. Il n’y a pas de représentations humaines ou animales. Pour les décorations, les artistes utilisent des motifs
géométriques, des arabesques (dessins de lignes, de feuillages) et la calligraphie* (dessin de lettres). Les murs,
les plafonds, les sols sont couverts de marbre, de céramiques* colorées, de mosaïques et de stuc (décoration en
plâtre). Il existe également une grande variété d’arcs et de colonnes.

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Exercice 3
Document 6 : La décoration de la mosquée de Document 7 : Intérieur de la mosquée de Cordoue
Cordoue au Xe siècle
« En 965 fut achevée la coupole dominant le
mihrâb [...]. On commença les incrustations de
mosaïques de cet édifice. Al-Hakam1 avait écrit
au roi des Roûms2 à ce sujet et lui avait ordonné
de lui expédier un ouvrier capable. Les envoyés
lui ramenèrent le mosaïste ainsi que 320 quintaux
(environ 1 600 kg) de cubes de mosaïques que le
roi des Roûms lui envoya à titre de présent. Le
prince hébergea et traita largement le mosaïste
auprès de qui il plaça ses mamelouks3 en qualité
d’apprentis, et ses esclaves travaillant avec
lui acquirent un talent d’invention, qui leur fit
dépasser leur maître. »

Ibn Idari, chroniqueur arabe marocain, auteur


d’une Histoire du Maghreb et de l’Andalousie, 1312,
trad. d’Edmond Fagnan, 1901, 2e éd. corrigée, G. S.
Colin et É. Lévi Provençal, Leiden, Brill, 1948.

1. Al-Hakam : nom du calife dirigeant ce territoire.


2. Roûms : désigne les Romains d’orient, c’est-à-dire les Coupole au-dessus du mihrab se trouvant dans la
Byzantins. salle de prière. Elle est décorée de mosaïques.
3. Mamelouks : désigne les gardes proche du calife, ce sont
souvent des esclaves. © Loïc Hamandjian

1. Quel type de décoration le calife choisit-il pour la coupole de la mosquée de Cordoue ?

2. À qui fait-il alors appel ?

3. Qu’est-ce que l’empereur byzantin fournit au calife ?

4. D’après l’auteur, les mamelouks chargés d’apprendre la technique de la mosaïque par le calife dépassent par
leur talent le maître envoyé par l’empereur byzantin.
 Vrai
 Faux

5. Complète les encadrés du document 8 avec les éléments ci-dessous.

Arc – motifs géométriques – arabesques (forme végétale) – calligraphie (phrases du Coran)

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  125


Document 8 : Mihrab de la mosquée de Cordoue (Espagne)

© Loïc Hamandjian

Vérifie tes réponses dans le livret des corrigés puis apprends le résumé ci-dessous.

JE RETIENS

La mosquée, élément central de la civilisation musulmane au Moyen Âge


Au cours du Moyen Âge, des mosquées sont édifiées dans toutes les villes conquises par les souverains
musulmans.
La mosquée joue un rôle fondamental dans la civilisation arabo-musulmane de l’époque médiévale.
Tout d’abord, la mosquée a une fonction religieuse, elle est un lieu de prière. Ensuite, la mosquée a des
fonctions sociales, culturelles, politiques... Par exemple, elle est un lieu d’enseignement où l’on étudie
le Coran.
La maison du prophète Muhammad à Médine est traditionnellement considérée comme la première
mosquée. Elle fut le modèle de toutes les mosquées construites par les conquérants arabes au Moyen
Âge. Les principaux éléments de la mosquée sont la cour intérieure, la salle de prières, la fontaine ou le
bassin, le minaret, le mur de la Qibla, le mihrab et le minbar.
Les mosquées du Moyen Âge sont très richement décorées. Un art spécifique se développe, il est
chargé de renforcer le caractère sacré du lieu. Les artistes utilisent des motifs géométriques, des ara-
besques (dessins de lignes, de feuillages) et la calligraphie (dessiner des lettres), les représentations
humaines et animales étant interdites dans les mosquées.

126  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


Glossaire :
Arabesques : motifs décoratifs utilisant des végétaux, des lignes.
Mihrab : espace situé dans la salle de prières, creusé dans le mur de la Qibla et symbolisant la présence du
Prophète.
Minaret : tour d’où est lancé l’appel à la prière.
Minbar : escalier, estrade où l’imam (celui qui dirige la prière) lit le Coran aux fidèles.
Mosquée : lieu de culte des musulmans.
Mur de la Qibla : mur de la salle de prière orienté vers La Mecque.

J’ÉVALUE MES ACQUIS

1. Au Moyen Âge, une mosquée est seulement un lieu de prière :


 Vrai
 Faux

2. Quelles activités pouvaient se dérouler dans une mosquée au Moyen Âge ?


 Enseignement
 Lecture du Coran
 Activités sportives
 Discussion
 Jugement

3. Quel jour a lieu la grande prière ?


 Vendredi
 Samedi
 Dimanche

4. Quel a été le modèle des mosquées construites au Moyen Âge ?


 La mosquée de Cordoue
 La mosquée de Kairouan
 La mosquée de Damas
 La maison de Muhammad

5. Quelle est la fonction du mur de la Qibla dans une mosquée ?


 Appeler les croyants à la prière
 Fermer la cour intérieure
 Indiquer la direction de la Mecque aux croyants

6. Quels types de décorations étaient présents dans les mosquées du Moyen Âge :
 Arabesques
 Scènes de la vie du Muhammad
 Calligraphie
 Motifs géométriques
 Animaux mythologiques
 Représentations de personnages évoqués dans le Coran

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  127


LE COIN DES CURIEUX

Un site réalisé par des élèves de 4e (du collège Henri Dunant dans l’académie de Rouen) suite à des voyages
scolaires te fera découvrir l’Andalousie et la civilisation arabo-musulmane au Moyen Âge. Tu trouveras des pages
sur les mosquées de Damas et Cordoue, l’islam au Moyen Âge, La Mecque...
http://colleges.ac-rouen.fr/dunant-evreux/html/andalousie/index.htm
Une vidéo de 5 minutes sur la mosquée de Cordoue est disponible sur TDC (Textes et documents pour la classe) :
https://www.reseau-canope.fr/tdc/tous-les-numeros/lislam/videos/article/la-grande-mosquee-de-cordoue.htm

Séance 3
L’art dans l’Islam
ACCUEIL

Au cours des séances précédentes, tu as étudié l’islam du point de vue religieux et territorial. Mais
l’Islam est aussi une civilisation qui a produit des œuvres d’art sous de nombreuses formes. Là encore,
il n’y a pas d’unité, chaque région, chaque branche de l’Islam ayant ses propres règles.
La représentation du prophète est devenue très polémique dans le monde actuel. La question de la
représentation humaine et animale est un sujet qui divisa les musulmans dès le début de l’Islam.

A. L’image dans l’Islam


Prends ton cahier, écris le titre de la séance et du A puis travaille sur l’exercice ci-dessous.

JE M’EXERCE

Exercice 1
Document 1 : La question de l’image dans l’Islam

« L’unité du monde musulman, constituée très tôt autour d’une religion, l’islam, et d’une langue, l’arabe, ne doit
pas faire oublier l’immense diversité des peuples réunis en son sein, en particulier les trois grandes branches,
arabe, persane et turque, qui ont gouverné tour à tour. Ces peuples, aux origines variées, ont entretenu des
rapports à l’image forts différents, qui se sont traduits, au cours des siècles, par des productions artistiques
parfois différentes.
S’il existe, dès les premiers siècles, une réticence à l’égard des images figuratives, la position des théologiens1,
élaborée à partir du Coran et des hadîths2, varie selon les écoles, les époques et les lieux. Elle oscille entre une
interdiction limitée à la seule représentation divine et l’interdiction de toute image d’êtres vivants, quel qu’en
soit le support. Le Maghreb, par exemple, de tradition malékite – une des quatre écoles juridiques –, adopte une
attitude beaucoup plus restrictive que l’Iran ou la Turquie. »
D’après Annie Vernay-Nouri, “La question de l’image en Islam”, Exposition BnF Enluminures en Islam, 2011.
1. Théologien : celui qui étudie les textes religieux.
2. Hadîths : recueil des actes et des paroles du Prophète et de ses compagnons compilé au IXe siècle.

1. Quels sont les trois principaux peuples qui composaient le monde musulman ?
 Les Européens
 Les Arabes
 Les Perses
 Les Turcs
 Les Africains

128  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


2. Complète le tableau ci-dessous
Vrai Faux
L’unité du monde musulman s’est faite autour de la religion musulmane et de la langue
arabe.
Les peuples qui composent le monde musulman sont tous d’accord sur la question des
images.
La position des théologiens sur la représentation n’a pas varié selon les lieux et les
époques.

3. Sur quels documents les théologiens se fondent-ils pour accepter ou refuser la représentation de la figure
humaine ou animale ?
 Le Coran
 Les Hadiths
 L’histoire universelle d’Ibn Khaldoum

4. Laquelle de ces trois régions géographiques a adopté une attitude plus restrictive sur la représentation ?
 L’Iran
 La Turquie
 Le Maghreb

B. La représentation dans l’art profane*


Écris dans ton cahier le titre du B.
Nous venons de voir que la représentation humaine ou animale est généralement absente de l’art religieux, mais
selon les époques et les régions cette représentation a pu être complètement interdite ou au contraire tolérée.
Les représentations humaines ou animales dans l’art islamique existent mais elles existent dans ce que l’on
appelle l’art profane, c’est-à-dire qui n’a pas de lien avec la religion.

Exercice 2
Document 2 : Un brûle-parfum

Brûle-parfum en forme de lion,


bronze, XIe-XIIe siècles, Khorasan,
musée du Louvre © RMN-Grand
Palais (musée du Louvre) / Hervé
Lewandowski

1. Ce brûle-parfum est un
exemple :
 d’art religieux
 d’art profane

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  129


Document 3 : L’art profane au service des princes

« À partir du IXe siècle, les figures animales et humaines apparaissent dans le domaine profane, dans les arts
des métaux et de la céramique*. Ces arts figuratifs* ont pour clientèle une élite princière et une bourgeoisie
riche et cultivée. Un art propre à la cour1 se développe très tôt dans la sphère privée des princes. »

D’après Annie Vernay-Nouri, La question de l’image en Islam, Exposition BnF Enluminure en Islam, 2011.

« Une organisation très hiérarchisée entre le maître et ses apprentis organisait ces corporations. Seuls les
artistes et artisans les plus talentueux travaillaient au service du prince. Ils créaient pour lui les plus belles
pièces de l’époque, à la fois pour embellir son palais, mais aussi pour exporter leurs œuvres, en les vendant ou
en les offrant comme cadeaux diplomatiques. Ces ateliers se déplaçaient au gré des conquêtes et les artisans
voyageaient souvent beaucoup. Ces échanges nourrissaient aussi leur art qui ne cessait d’évoluer. »

Aurélie Clémente-Ruiz, Les arts de l’islam, chefs d’oeuvre de la collection khalili, Institut du Monde Arabe, 2009.
1. Cour : lieu de vie du prince et de son entourage.

2. À partir de quelle époque les figures humaines et animales sont-elles présentes dans l’art profane ?
 À partir du IXe siècle
 À partir du Xe siècle
 À partir des XIe-XIIe siècles

3. Quelles catégories de la population aiment particulièrement cet art ?


 Les princes
 Les imams
 La riche bourgeoisie

4. Pour qui les artistes les plus talentueux travaillaient-ils ?


 Le prince
 L’imam
 La bourgeoisie

5. À quoi servaient les œuvres fabriquées par les artistes ?


 À décorer les mosquées
 À décorer le lieu de vie du prince
 À être exportées
 À faire des cadeaux

6. Leurs œuvres :
 étaient exportées à l’étranger
 étaient surtout importées de l’étranger
 n’étaient pas importées de l’étranger

130  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


C. Un art majeur dans la civilisation musulmane : la calligraphie*
Écris dans ton cahier le titre du C. La calligraphie est l’art de former de belles lettres.

Exercice 3
Document 4 : Une page du Coran

Cinquième tome d’un Coran


en sept volumes (XIIe siècle).
Style de calligraphie : tawqi,
enlumineur : Ali ben Abd al-
Rahman, copiste : Osman ben
Mohammad.

© BnF, Dist RNM-Grand Palais /


image BnF

Document 5 : La calligraphie musulmane

« La calligraphie est un des attributs majeurs de l’art islamique. L’arabe est une langue sacrée et sa
transcription à l’écrit porte une symbolique forte. On la retrouve sur tous les supports, du livre à l’architecture
en passant par la céramique, le verre, le textile... Mais la calligraphie a été très tôt codifiée1. Le style le plus
répandu reste le coufique, très développé dès le VIIIe siècle, utilisé pour copier le Coran. À partir de là vont se
développer six grands styles, codifiés au XIIIe siècle, avec des variantes régionales. »

Aurélie Clémente-Ruiz, Les arts de l’islam, chefs d’oeuvre de la collection khalili, Institut du Monde Arabe, 2009.

« La calligraphie devient une science des proportions et un art du geste, une géométrie et un envol. Les
calligraphies deviennent des pièces recherchées et coûteuses. Les calligraphes bénéficient du statut social le
plus élevé parmi les artistes. »
L’apport des Arabes à la civilisation, www.univ-orleans.fr, 2005.
1. Codifiée : organisée avec des règles précises.

1. De quel « livre » le document 4 est-il extrait ?

2. Pourquoi le passage à l’écrit de l’arabe porte-t-il une symbolique forte ?

3. Sur quels types de support peut-on trouver de la calligraphie ?

4. Quel rang social ont les calligraphes ?

Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés puis apprends le résumé ci-dessous.

JE RETIENS

L’art dans l’Islam


Dès l’apparition de l’islam, la représentation humaine ou animale est généralement absente de l’art
religieux islamique. Cette réticence pour les images se fonde d’après les théologiens sur le Coran et
les hadiths mais selon les époques et les régions cette représentation peut être complètement interdite
ou au contraire tolérée.

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  131


Les représentations humaines ou animales existent dans l’art islamique mais seulement dans ce que
l’on appelle l’art profane*. Les princes musulmans entretiennent des artistes qui travaillent pour eux
et produisent des objets en céramique*, en verre ou encore en bronze qui représentent des animaux ou
des humains.
La calligraphie*, c’est-à-dire l’art d’écriture devient un art majeur dans l’Islam car cet art permet la
transcription de la langue arabe, la langue du Coran donc une langue sacrée pour les musulmans. Cet
art est codifié en six styles majeurs que l’on retrouve sur des supports différents (céramique, verre,
architecture...).

Glossaire :
Art figuratif : art qui représente des formes réelles.
Art profane : art dépourvu d’un quelconque caractère religieux.
Calligraphie : art de former de belles lettres.
Céramique : art de fabriquer des objets en argile.

J’ÉVALUE MES ACQUIS

1. La représentation humaine ou animale est totalement absente de l’art islamique.


 Vrai
 Faux

2. Quel est l’art majeur dans l’art islamique ?


 La calligraphie
 La céramique
 Le dessin

3. Sur quels documents se fondent les théologiens pour accepter ou refuser la représentation de la figure
humaine ou animale ?
 Le Coran
 Les Hadiths
 L’histoire universelle d’Ibn Khaldoum
4. La position des théologiens sur la représentation peut-elle varier selon les lieux et les époques ?
 Oui
 Non

5. Dans quelle sorte d’art peut-on voir des figures humaines ou animales ?
 L’art religieux
 L’art profane
 L’art scolaire

LE COIN DES CURIEUX

L’art islamique a donné lieu à plusieurs expositions. Dans les deux liens suivants tu peux voir le catalogue de deux
d’entre elles :
– L’art de l’Islam à l’institut du Monde arabe : http://www.imarabe.org/sites/default/files/artsislam%281%29.pdf
– Enluminures en Islam à la BnF (Bibliothèque nationale Française) : http://expositions.bnf.fr/islam/
Le musée du Louvre à Paris a également ouvert récemment une partie exclusivement réservée à l’art islamique,
tu peux aller visiter le mini site de ce département : http://www.louvre.fr/le-nouveau-departement-des-arts-de-l-
islam.

132  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


Géographie
La question démographique et l’inégal développement

Séance 4 : Pauvres et riches dans le monde


Séance 5 : Étude d’un pays émergent, l’Afrique du Sud
Séance 6 : Étude d’un pays pauvre, le Kenya
Séance 7 : Étude d’un pays riche : les États-Unis d’Amérique

Voici les connaissances et les compétences sur lesquelles tu vas pouvoir travailler en faisant les exercices de ces
séances de géographie.

a) Connaissances :
Être capable de définir : PIB, espérance de vie, taux de scolarisation, pauvreté.
Savoir situer les continents riches, pauvres ou en situation intermédiaire.

b) Compétences (D’après le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, 2015) :


Pratiquer différents langages en géographie. Identifier les grandes questions et les principaux enjeux du déve-
loppement humain. Être capable d’appréhender les causes et les conséquences des inégalités. S’approprier et
utiliser un lexique spécifique en contexte. Savoir traiter les informations collectées, les organiser, les mémori-
ser sous des formats appropriés et les mettre en forme. Domaines du socle : 1, 2, 5.
Se repérer dans l’espace : construire des repères géographiques. Se repérer dans l’espace à différentes
échelles. Savoir situer un lieu ou un ensemble géographique en utilisant des cartes. Domaines du socle : 1, 2, 5.
Analyser et comprendre un document. Comprendre le sens général d’un document, identifier le document et
son point de vue particulier, extraire des informations pertinentes pour répondre à une question portant sur un
document ou plusieurs documents. Domaines du socle : 1, 2.

Séance 4
Pauvres et riches dans le monde
ACCUEIL

Dans cette quatrième séance, nous allons tout d’abord nous intéresser aux inégalités de richesse qui
apparaissent dans le monde d’aujourd’hui. Nous verrons dans un deuxième temps comment se mani-
festent les inégalités de développement dans le monde d’aujourd’hui. Nous terminerons la séance en
faisant le lien entre pauvreté et développement.

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  133


A. Des inégalités de richesse dans le monde
Écris dans ton cahier le titre de la séance et le titre du A.

JE M’EXERCE

Exercice 1
Document 1 : Le produit intérieur brut par habitant dans le monde en 2012

Le PIB (Produit Intérieur Brut) réel par habitant est le total des richesses produites en un an sur un territoire
divisé par le nombre d’habitants et corrigé en fonction du coût de la vie. Le PIB est souvent utilisé pour estimer
le niveau de richesse d’un pays. Il permet de donner une idée du revenu de chaque habitant par pays.
Carte © Cned / Fond © d-maps.com.

1. Quelle est la nature du document ?


 Un plan
 Un planisphère
 Une carte routière

2. Quelle est l’échelle de la carte représentée ?


 Nationale
 Régionale
 Mondiale
 Continentale

3. Quel est le sujet de cette carte ?

134  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


4. De quelle couleur sont représentés sur la carte les pays riches (à fort PIB) ?
 Jaune pâle
 Rose clair
 Rouge

5. De quelle couleur sont représentés sur la carte les pays pauvres (à faible PIB) ?
 Jaune pâle
 Rose clair
 Rouge

6. Indique pour chaque espace nommé, s’il est riche, pauvre ou en situation intermédiaire en cochant la bonne
case.
Pauvre Intermédiaire Riche
Amérique du Nord
Amérique du Sud
Ouest de l’Europe
Est de l’Europe
Afrique
Asie
Océanie

B. Des inégalités de développement dans le monde


Écris dans ton cahier le titre du B.
Le PIB est un outil pratique pour déterminer le niveau de richesse. Il permet d’identifier rapidement les inégalités
de richesse dans le monde. L’Afrique et l’Asie sont les continents les plus pauvres, l’Europe et l’Amérique du Nord
sont les plus riches. Mais l’argent n’est pas tout. Il n’est qu’un moyen pour vivre mieux : mieux se nourrir, mieux se
loger, mieux se soigner… C’est ce qu’on appelle le développement. Pour le mesurer, il faut d’autres indicateurs et
d’autres cartes.

Exercice 2
Document 2 : Une classe du Bénin en Afrique

Un reflet de la pauvreté en matière


d’éducation : une classe surchargée
dans une école en Afrique.

© Catherine Leblanc / Godong / Photo-


nonstop / afp

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  135


Document 3 : L’espérance de vie* par pays en 2011

Document 4 : Le taux de scolarisation* dans le primaire en 2011

136  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


1. Pour chaque continent ou sous-continent indiqué, précise si le taux d’espérance de vie* et le taux de scolarisa-
tion* sont faibles ou élevés.

Afrique Europe Amérique du Nord Asie


Espérance de vie
Taux de
scolarisation

2. En t’aidant de ta réponse précédente, les continents qui ont la plus faible espérance de vie sont-ils ceux qui ont
le taux de scolarisation le plus bas ?
 Oui
 Non

3. Complète le tableau ci-dessous à l’aide des trois cartes (documents 1, 3 et 4)


Vrai Faux
Les continents les moins développés (faible espérance de vie, faible taux de
scolarisation) sont les continents les plus pauvres (faible PIB par habitant)
Les continents les moins développés (forte espérance de vie, fort taux de
scolarisation) sont les continents les plus riches (fort PIB par habitant)
Les continents les plus développés (forte espérance de vie, fort taux de
scolarisation) sont les continents les plus riches (fort PIB par habitant)
Les continents les plus développés (faible espérance de vie, faible taux de
scolarisation) sont les continents les plus pauvres (faible PIB par habitant)

C. Pauvreté et développement
Écris dans ton cahier le titre du C.
Tu as pu constater qu’une faible espérance de vie et un faible taux de scolarisation sont révélateurs d’un faible
développement. Lorsque l’espérance de vie est faible dans un pays, cela signifie que beaucoup d’habitants
meurent jeunes, parce qu’ils ont des difficultés à se nourrir, à se loger, à se soigner… Par exemple, il y a peu de
médecins et les hôpitaux, situés uniquement dans les grandes villes, ne sont pas accessibles aux habitants des
campagnes. Lorsque le taux de scolarisation est faible, cela signifie que le pays ne dispose pas d’assez d’écoles
et d’enseignants pour rendre l’école obligatoire pour tous. Les enfants, en particulier les filles, commencent alors
très jeunes à travailler et apportent ainsi des compléments aux revenus à leur famille. Mais ces enfants dépourvus
de formation scolaire ne pourront prétendre, plus tard, à des métiers mieux payés qui leur permettraient de se
soigner ou de se loger convenablement.
D’autres indicateurs peuvent également distinguer les riches et les pauvres. Quels sont-ils ?

Exercice 3
Document 5 : Les multiples dimensions de la Document 6 : Dans un bidonville à Mumbai, un
pauvreté habitant pauvre doit faire sa toilette en extérieur
« Être pauvre, ce n’est pas seulement avoir un revenu
faible. Les mères démunies courent davantage de
risques que les autres de mourir en couches ; les
enfants des familles défavorisées sont plus exposés
à la malnutrition* et à une mort précoce due aux
maladies infantiles ; ils ont de moins bonnes chances
d’être instruits et certains ne vont même pas à
l’école du tout […] ; ils sont les premières victimes
des augmentations des prix des aliments et des
effets du réchauffement climatique. »
Objectifs du Millénaire pour le développement,
Rapport de l’O.N.U, 2008.
© Punit Paranjp / afp

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  137


1. Quels sont les indicateurs de pauvreté cités dans cet extrait du rapport de l’Organisation des Nations unies ?

2. Complète le schéma à l’aide des propositions ci-dessous

malnutrition de la population – un revenu faible – une mortalité plus importante, en particulier chez les plus petits
et donc une espérance de vie plus faible – l’impossibilité ou les difficultés à faire des études – premières victimes
du réchauffement climatique

Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés puis apprends le résumé ci-dessous.

JE RETIENS

Riches et pauvres dans le monde


En 2016, on estime qu’environ 1,4 milliard d’hommes sur les 7 milliards que compte la planète vivent
avec moins de 1,25 dollar par jour et 2,1 milliards avec moins de 2 dollars. Mais la pauvreté ne signifie
pas seulement être en manque d’argent.
La distinction entre riches et pauvres se fait aussi sur la possibilité de satisfaire les besoins essentiels,
comme se nourrir, se loger correctement, aller à l’école ou avoir accès à la santé. Pour une grande
partie de l’humanité, ces besoins élémentaires ne sont pas satisfaits.
Plusieurs indicateurs permettent ainsi de mesurer la richesse ou la pauvreté d’un pays comme le PIB,
l’espérance de vie ou le taux de scolarisation.

Glossaire :
PIB (Produit Intérieur Brut) : valeur totale de toutes les productions de marchandises et de services dans un pays
pendant un an. Plus il est élevé, plus le pays ou la région est riche.
Espérance de vie : C’est la durée de vie qu’une personne peut espérer atteindre au moment de sa naissance.
L’espérance de vie varie selon les conditions d’existence de la population.
Taux de scolarisation : Pourcentage de jeunes scolarisés par rapport à l’ensemble des jeunes en âge d’aller à
l’école.

138  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


J’ÉVALUE MES ACQUIS

1. Le PIB est un indicateur qui s’intéresse :


 À la santé
 À l’école
 À l’alimentation
 À la richesse produite

2. Quels sont les continents les plus marqués par la pauvreté ?


 L’Europe
 L’Asie
 L’Afrique
 L’Océanie
 L’Amérique du Nord

3. Le PIB est-il le seul indicateur pour étudier la richesse d’un pays ?


 Oui
 Non

4. Complète le tableau ci-dessous :


Vrai Faux
Les continents les moins développés ont une faible espérance de vie
Les continents les moins développés ont un faible taux de scolarisation
Les continents les moins développés sont les continents les plus pauvres
Les continents les plus développés ont une faible espérance de vie
Les continents les plus développés ont un faible taux de scolarisation
Les continents les plus développés sont les continents les plus riches
Les continents les moins développés (forte espérance de vie, fort taux de
scolarisation) sont les continents les plus riches (faible PIB par habitant)

5. Parmi les indicateurs suivants, lesquels sont des signes de pauvreté ?


 Un logement correct
 Un accès à la santé difficile
 La possibilité de faire des études
 Un taux de mortalité important
 Une alimentation équilibrée
 Premières victimes du réchauffement climatique
 Un PIB faible

6. Une grande partie de l’humanité a-t-elle ses besoins (nourriture, santé…) satisfaits ?
 Oui
 Non

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  139


LE COIN DES CURIEUX

Si tu veux en savoir plus sur les inégalités de richesse dans le monde, tu peux consulter les sites suivants :
L’Observatoire des inégalités te donne accès à plusieurs articles sur les différents aspects de la pauvreté dans le
monde.
http://www.inegalites.fr/spip.php?page=rubrique&id_groupe=20&id_rubrique=117
L’UNICEF, un des principaux organismes d’aide humanitaire et de développement, te propose plusieurs articles
pour découvrir différentes situations sur la pauvreté dans le monde.
http://www.unicef.org/french/about/
Le site de l’ONU te donne accès aux objectifs pour lutter contre la pauvreté.
http://www.un.org/fr/millenniumgoals/

Séance 5
Étude d’un pays émergent, l’Afrique du Sud
ACCUEIL

Dans cette séance, nous allons nous intéresser à un pays, l’Afrique du Sud.
L’Afrique apparaît ainsi comme l’un des continents les plus pauvres de la planète. Toutefois, les pays
du Nord de l’Afrique et l’Afrique du Sud se caractérisent par un niveau de pauvreté beaucoup moins
important. On parle même pour l’Afrique du Sud de pays émergent c’est-à-dire d’un pays qui sort peu à
peu de la pauvreté. En 2010, ce pays a même accueilli, pour la première fois dans l’histoire, la Coupe du
monde de Football. Ce fut un grand défi que releva l’Afrique du Sud, construisant à cette occasion des
nouveaux stades et mettant à niveau ses infrastructures (autoroutes, transports en commun, télécom-
munications…).

A. L’Afrique du Sud : un pays riche ?


Prends ton cahier et écris le titre de la séance puis du A.

JE M’EXERCE

Exercice 1
Document 1 : Vue aérienne de Durban en Afrique du Sud

© Fotolia / michaeljung

140  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


Document 2 : Carte de l’IDH dans le monde en 2014

1. Quel est l’IDH de l’Afrique du Sud ?


 Supérieur à 0,8
 Entre 0,7 et 0,8
 Entre 0,540 et 0,7
 Moins de 0,540

2. Que signifie cette situation ?


 Le niveau de vie est élevé
 Le niveau de vie est très élevé
 Le niveau de vie est moyen
 Le niveau de vie est très faible

Document 3 : La pauvreté en Afrique du Sud (pourcentage de la population vivant sous le seuil de pauvreté local)

3. Quelle est l’échelle de la carte représentée ?


 Nationale
 Régionale
 Mondiale
 Continentale

4. Quel est le sujet de cette carte ?


 La pauvreté en Afrique du Sud
 La richesse en Afrique du Sud
 Les différentes zones de pauvreté en Afrique
du Sud

5. Que représentent les régions de couleur rouge ?


 Les zones les plus riches
 Les zones les plus pauvres

Carte © Cned / fond © d-maps.com

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  141


6. Complète le tableau ci-dessous :

Riche Intermédiaire Pauvreté forte


(moins de 20 % de pauvres) (entre 20 et 40 %) (plus de 40 %)
Le Gauteng
Northen Cape
Eastern Cape
Northen Province
Western Cape

7. D’après l’analyse du tableau, quelle image donne l’Afrique du Sud ?


 L’Afrique du Sud est un pays pauvre
 L’Afrique du Sud est un pays riche
 L’Afrique du Sud est marquée par d’importantes inégalités de richesses

B. Les inégalités à l’échelle d’une ville : Johannesburg


Écris dans ton cahier le titre du B.
L’Afrique du Sud est un des pays d’Afrique les plus riches et les plus développés. Pourtant, ce pays connaît
de grandes inégalités : un grand nombre de ses provinces compte plus de 20 % de pauvres ainsi, dans deux
provinces, près de la moitié de la population vit dans la pauvreté. Les deux provinces les plus riches abritent les
deux principales villes du pays (Le Cap et Johannesburg) qui, elles aussi, connaissent d’importantes inégalités de
richesse.
Johannesburg est la capitale économique du pays. Son premier nom, Egoli, signifie « or » à cause de la présence
de gisements qui ont fait sa richesse. Elle est aussi l’une des villes les plus riches d’Afrique.
Quelles sont les inégalités de richesse que l’on peut observer à l’échelle de cette ville ?

Exercice 2
Document 4 : Paysages de Johannesburg
Image 1 Image 2

© AFP/ChibaYasuyoshi/DV53043 © AFP/Alexander Joe/Par762348

Image 3 : centre de Johannesburg Image 4

© Pixabay © AFP/Alexander Joe/Par1713409

142  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


1. Complète le tableau ci-dessous :
Quartier riche Quartier pauvre
Photographie n° 1
Photographie n° 2
Photographie n° 3
Photographie n° 4

2. Complète le tableau ci-dessous avec le numéro de la photographie concernée :


Photographie n° Élément représenté
Accès à l’eau par fontaines collectives
Habitations construites en matériaux de récupération (bois, tôles…)
Classes surchargées
Nombreux immeubles (gratte-ciel), larges avenues, bureaux, magasins…

C. Le bidonville de Soweto, en banlieue de Johannesburg


Écris maintenant dans ton cahier le titre du C.
Johannesburg est une ville très riche et en pleine mutation. Les gratte-ciel du quartier des affaires sont les
symboles de sa réussite et de sa richesse. Les blancs riches habitent à proximité de ce quartier alors que les non
blancs – majoritairement des noirs pauvres – habitent des quartiers éloignés ou isolés par des zones industrielles :
les townships. Par exemple, Soweto (South Western Township) accueillait les ouvriers noirs qui travaillaient
dans les mines à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui, les habitants de Soweto sont toujours pauvres, ce qui freine le
développement du quartier. L’accès à l’eau est difficile, les habitations sont souvent précaires, la scolarisation des
enfants est difficile, le chômage est élevé, la criminalité est en hausse…

Exercice 3
Document 5 : Soweto, quartier dans la banlieue de Johannesburg

© Fotolia / NJ

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  143


Document 6 : Les townships d’Afrique du Sud : des inégalités perdurent

« Vingt ans après la fin de l’apartheid, les violences continuent dans les townships d’Afrique du Sud. Les
habitants protestent contre l’insalubrité de leur habitation, le manque d’eau courante, d’électricité et surtout le
manque d’écoute de la part du gouvernement.
Reuben Mohulasti, manifestant interrogé :
“Nous devons être violents, nous n’avons pas le choix vu que le gouvernement ne nous écoute pas. Peut-être
qu’avec la violence, on sera entendus.”
Environ 40 % des ménages sud-africains habitent dans des townships situés à la périphérie des villes. Ces
quartiers de tôles ont été le théâtre d’affrontements sanglants il y a 20 ans. Durant l’apartheid, les noirs étaient
expulsés des métropoles contraints de vivre ici. Deux décennies après la fin de l’apartheid, beaucoup vivent
toujours ici faute de moyens.
Milton Mvelase, habitant de Soweto :
“Nous ne connaissons pas la liberté ici. Nos vies n’ont pas changé, nous n’avons pas de toilettes, ni d’eau
courante, nous utilisons de la paraffine pour cuisiner et on vit avec des bougies. […]”
Du changement, il y en a eu grâce aux 35 milliards d’euros investis par les autorités et les fonds privés et aussi,
grâce à la Coupe du monde en 2010. Les rues sont goudronnées, un centre commercial a ouvert ses portes et un
théâtre monumental a vu le jour il y a deux ans. La ville est devenue, pour certains, le nouvel endroit à la mode. »

“Les townships d’Afrique du Sud : vingt ans après l’apartheid, les inégalités perdurent”, AFP, 2014.

1. Quelle proportion de ménages sud-africains habite dans les townships comme Soweto ?
 20 %
 30 %
 40 %
 50 %

2. Où se situe le township de Soweto, comme tous les autres townships, en Afrique du Sud ?
 Dans le centre-ville
 À la périphérie de la ville

3. Comment les habitants manifestent-ils leur mécontentement contre les conditions de vie ?

4. D’après le témoignage de Milton Mvelase, la vie dans le quartier de Soweto a-t-elle changé ?
 Oui
 Non

5. Quels sont les problèmes que soulève Milton lors de son interview ?

6. Quels éléments montrent que la vie s’améliore peu à peu et que le quartier s’enrichit peu à peu ?
 Les rues sont goudronnées.
 La construction d’un centre commercial
 La construction d’un théâtre monumental
 La baisse de la criminalité
 Le développement des emplois

144  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


Document 7 : Une nouvelle géographie spatiale des inégalités. Emménager loin des townships

« En dix ans, la part des cadres moyens1 noirs a fait un saut quantitatif impressionnant : elle représente 51 %
de toute la classe moyenne d’Afrique du Sud, qui compte aussi 34 % de blancs. Des proportions renversées par
rapport à 2004, avec 52 % de blancs et 32 % de noirs. Un tel essor contribue à réduire les “inégalités héritées
du passé”, comme on les appelle dans la phraséologie du Congrès national africain (ANC), au pouvoir. Les
principaux intéressés ont quitté les townships et vivent dans des quartiers résidentiels, à côté de voisins blancs
avec qui ils ne s’estiment pas forcément à niveau. “N’oubliez pas que chaque membre d’une famille noire qui a la
chance de gagner sa vie a beaucoup de personnes à charge”, rappelle Lerato Mahlatse, responsable marketing
d’un grand distributeur.
Selon l’étude de l’UISM, 70 % des ménages noirs relevant des classes moyennes se sentent “sous pression
financière”, pour en aider d’autres. “Nous payons aussi les traites des maisons que nous offrons à nos mères, un
marqueur de réussite sociale très important dans notre communauté”, poursuit Lerato Mahlatse.
De grands consommateurs qui vivent à crédit
Avides de se rattraper sur les privations du passé connues par leurs parents sous le régime d’apartheid* (1948-
1991), les noirs disposant d’un peu de pouvoir d’achat se distinguent aussi par leurs pratiques de consommation
ostentatoires. Ils multiplient les signes extérieurs de richesse, même s’ils les accumulent à crédit. “Je roule en
Mercedes parce que je peux me payer cette voiture”, assure ainsi Kgomutso Masebe, un médecin généraliste
de Soweto. Il ne se sert plus de son ancienne Toyota que pour aller dans les endroits les plus malfamés. Tous
les jours, il fait la navette, sur plus de 50 km, entre la banlieue “blanche” d’Alberton où il a emménagé avec sa
famille, près de l’aéroport de Johannesburg, et son township natal où il a ouvert son cabinet. Criblé de dettes, ce
médecin ne s’en sort qu’au prix de longues heures de travail. »
Sabine Cessou, “Les nouvelles classes noires sud-africaines”, www.rfi.fr/afrique, 6 mai 2014.

1. Cadre moyen : personne exerçant des fonctions d’encadrement et qui prend certaines décisions pour son travail.

7. Que font les habitants noirs du pays qui ont amélioré leur niveau de vie ?
 Ils restent dans les townships et construisent leur maison avec tout le confort
 Ils vont habiter dans des quartiers résidentiels

8. Quelle est la profession de Kgomutso Masebe ?


 Il est chef d’entreprise
 Il est médecin
 Il est professeur
 Il est ouvrier

9. Où exerce-t-il sa profession ?
 Il l’exerce dans son township natal
 Il l’exerce dans le centre de Johannesburg
 Il exerce dans la « banlieue blanche » d’Alberton

10. Où habite-t-il ?
 Il habite dans la « banlieue blanche » d’Alberton
 Il habite dans le township
 Il habite dans le centre de Johannesburg

11. Sa vie est-elle confortable ?


 Oui, car malgré la route, il vit correctement
 Non, car il est de plus en plus endetté

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  145


Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés puis apprends le résumé ci-dessous.

JE RETIENS

Les inégalités de richesse dans un pays émergent : l’Afrique du Sud


L’Afrique du Sud est l’un des pays les plus riches du continent africain. Après avoir mis fin à l’apar-
theid au début des années 1990, ce pays a connu un grand développement. Il est aujourd’hui considéré
comme un pays émergent.
Même si la situation du pays s’est profondément améliorée, les inégalités régionales sont nombreuses.
La pauvreté touche la moitié des habitants dans certaines provinces. Seules deux provinces sont vrai-
ment considérées comme riches.
Dans la capitale, située dans une des provinces les plus riches du pays, Johannesburg, les inégalités
de richesse sont, elles aussi, très visibles. Les riches se concentrent près du centre et dans certaines
banlieues résidentielles, tandis que les pauvres habitent des quartiers éloignés ou isolés par des zones
industrielles : les townships.
À cette ségrégation socio-spatiale, s’ajoute une ségrégation ethnique. Les noirs, majoritairement
pauvres, habitent les quartiers les plus défavorisés tandis que les banlieues résidentielles sont peu-
plées surtout de blancs, même si on constate l’arrivée de populations noires aisées dans ces dernières.

Glossaire :
Apartheid : système politique autrefois établi en Afrique du Sud, qui reposait sur la domination de la minorité
blanche sur la majorité noire.
Ségrégation : séparation entre groupes sociaux, religieux ou ethniques à l’intérieur d’un pays ou d’une ville.
Ségrégation ethnique : tendance à l’organisation de l’espace en zones où les gens se rassemblent selon leur
origine ou leur couleur de peau.
Ségrégation socio-spatiale : tendance à l’organisation de l’espace en zones où les gens se rassemblent en fonction
de leur origine sociale.
Townships : quartiers pauvres situés à la périphérie des agglomérations d’Afrique du Sud.

J’ÉVALUE MES ACQUIS

1. L’Afrique du Sud est un pays :


 riche
 pauvre
 émergent

2. Le territoire de l’Afrique du Sud est marqué par :


 de très fortes inégalités de richesse
 de faibles inégalités de richesse
 aucune inégalité de richesse

3. Que signifie le système d’apartheid que l’Afrique du Sud connaissait jusqu’au début des années 1990 ?
 Système politique qui reposait sur la domination de la minorité blanche sur la majorité noire.
 Système politique qui reposait sur la domination de la minorité noire sur la majorité blanche.

4. Quelle est la capitale économique de l’Afrique du Sud ?


 Le Cap
 Soweto
 Johannesburg

146  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


5. Johannesburg connaît-elle des inégalités de richesses importantes ?
 Oui
 Non

6. Que signifie le mot « township » ?


 Un quartier réservé aux riches
 Un quartier réservé aux noirs
 Un quartier pauvre situé dans le centre des villes d’Afrique du Sud
 Un quartier pauvre situé à la périphérie des villes d’Afrique du Sud

7. Pourquoi peut-on dire que les villes d’Afrique du Sud connaissent une ségrégation spatiale des inégalités ?
 Certaines banlieues sont réservées aux riches et d’autres sont réservées aux pauvres.
 Les riches et les pauvres habitent le même quartier.

LE COIN DES CURIEUX

Si tu veux en savoir plus sur l’Afrique du Sud, voici quelques sites intéressants :
Celui sur l’office du tourisme en français : http://country.southafrica.net/country/fr/fr
Celui de l’ambassade de l’Afrique du Sud en France qui te présente de nombreuses informations sur le pays :
http://www.afriquesud.net/index.php?lang=fr

Séance 6
Étude d’un pays pauvre, le Kenya

ACCUEIL

Au cours de la séance précédente, tu as étudié les inégalités dans un pays émergent, l’Afrique du Sud,
où malgré des progrès notables, de très fortes inégalités de richesse existent dans le pays et au sein
des grandes villes avec des quartiers très riches et très pauvres.
Dans cette sixième séance, nous partons à la découverte du Kenya, pays marqué par la pauvreté.
Dans un premier temps, nous observerons comment se manifeste la pauvreté à l’échelle du pays.
Dans un deuxième temps, nous partirons pour la capitale du pays, Nairobi, marquée par de profondes
inégalités de richesse et la présence d’un immense bidonville.

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  147


A. Le Kenya : un pays marqué par la pauvreté
Écris dans ton cahier le titre de la séance et celui du A.
Peuplé de 44 millions d’habitants, le Kenya est un pays d’Afrique renommé pour ses athlètes et les safaris qui sont
proposés aux touristes du monde entier. C’est pourtant l’un des plus pauvres de la planète.

JE M’EXERCE

Exercice 1
Document 1 : L’IDH dans le monde en 2014

Document 2 : Le produit intérieur brut par habitant dans le monde en 2012

1. Quel est l’IDH du Kenya ?

2. Le Kenya est-il un pays riche (en rouge sur la carte), un pays pauvre (blanc) ou bien dans une situation inter-
médiaire (entre les deux) ?

148  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


Document 3 : Une situation contrastée

« Les indicateurs sociaux se sont améliorés, mais la pauvreté et les inégalités restent élevées. Le Kenya
a enregistré des améliorations au niveau de certains indicateurs sociaux et Objectifs du Millénaire pour le
développement1 (OMD) au cours des dernières années. Notamment, la mortalité infantile2 a baissé de 58 ‰
naissances vivantes en 2008 à 52 en 2011 et la mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans est tombée
à 74 ‰ naissances vivantes. Le taux de passage de l’enseignement primaire au secondaire a augmenté de
64,1 % à 73,3 % durant la même période. Des défis importants persistent, cependant. L’indice de développement
humain du pays demeure faible : en 2012, le Kenya s’est classé 145e sur 186 pays, avec un indice de seulement
0,519 (néanmoins supérieur à celui de l’Afrique subsaharienne de 0,475). La mortalité maternelle3 s’est
accrue, passant de 414 à 488 au cours des cinq dernières années, par rapport à la cible des OMD de 147 pour
100 000 naissances. Cette situation tient dans une large mesure au faible niveau d’accès à des établissements
de santé en milieu rural, au taux de fécondité élevé, à la forte présence du paludisme4, au VIH/sida et au coût
élevé des soins de santé. […] Le niveau de pauvreté du Kenya est estimé à 46 %, avec une prévalence5 plus élevée
dans les zones rurales (49,1 %) qu’en milieu urbain (33,7 %), et de grandes variations d’un comté6 à l’autre.
Les femmes, les membres des foyers monoparentaux7 et les éleveurs nomades sont plus susceptibles d’être
pauvres. »
D’après le Rapport du groupe de la banque africaine de développement sur le Kenya, février 2014.
1. Objectifs du millénaire pour le développement : plan des Nations unies adopté en 2000 qui a pour but de lutter contre la pauvreté en se
fixant huit grands objectifs (réduire l’extrême pauvreté et la faim, assurer l’éducation primaire pour tous, promouvoir l’égalité et l’autonomi-
sation des femmes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre les maladies, assurer un environnement humain
durable, mettre en place un partenariat mondial pour le développement).
2. Mortalité infantile : nombre de décès d’enfants de moins de 1 an.
3. Mortalité maternelle : mort de la maman lors de son accouchement.
4. Paludisme : maladie transmise par les moustiques qui entraîne de fortes fièvres et peut causer la mort.
5. Prévalence : présence.
6. Comté : découpage administratif qui correspond à une région.
7. Foyer monoparental : un seul parent dans la famille.

3. À la lecture du document, la plupart des indicateurs mentionnés montrent-ils des améliorations ?


 Oui
 Non

4. Quel indicateur montre que le progrès n’est pas généralisé ?


 La mortalité infantile
 La mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans
 Le taux de passage de l’enseignement primaire au secondaire
 La mortalité maternelle

5. Surligne la place qu’occupe le Kenya dans le classement concernant l’IDH sur les 186 pays concernés.

6. Quelle proportion de la population est touchée par la pauvreté ?


 Un quart (25 %)
 Presque la moitié (environ 50 %)
 Trois quarts (75 %)

7. Quel type d’espace est le plus touché par la pauvreté ?


 L’espace urbain
 L’espace rural

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  149


8. Quelles catégories de la population sont les plus susceptibles d’être touchées par la pauvreté ?
 Les femmes
 Les hommes
 Les familles monoparentales
 Les éleveurs nomades

B. Des inégalités régionales


Recopie le titre du B puis travaille l’exercice 2.

Exercice 2
Document 4 : Les inégalités régionales au Kenya

1. Quel est le sujet de la carte ?


 Le Kenya
 Les inégalités de richesses au
Kenya
 Les inégalités régionales au
Kenya

2. En observant la légende, que repré-


sentent les comtés en rouge ?
 Les comtés où la pauvreté est la
plus faible
 Les comtés où la pauvreté est la
plus forte

3. Nairobi, la capitale du pays est dans


un comté où le taux de pauvreté est :
 Supérieur à 60 %
 Compris entre 25 et 60 %
 Inférieur à 25 %
 Un des plus faibles du pays
 Un des plus importants du pays

Carte © Composer / Cned /


Fond © d-maps.com

4. Où se situent principalement les régions où les populations sont majoritairement pauvres ?


 Dans le nord
 Au sud-est
 Au sud-ouest
 À l’ouest
 À l’est

150  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


C. Le bidonville de Kibera à Nairobi : symbole des inégalités de
richesse
Écris dans ton cahier le titre du C, lis les informations et documents suivants, puis fais les exercices.
Un quart des Kenyans vit en ville. Nairobi est la ville la plus importante du pays. C’est la capitale. Quand tu parcours
son centre-ville, celui-ci donne l’apparence d’une ville riche avec des immeubles modernes, de grandes avenues,
des boutiques. Pourtant en s’éloignant du centre, à quelques kilomètres dans l’agglomération, plusieurs centaines
de milliers de personnes se concentrent dans un immense bidonville nommé Kibera. Partons à la découverte de ce
bidonville.

Exercice 3
Document 5 : Kibera au Kenya, un des bidonvilles les Document 6 : La voie de chemin de fer en plein cœur
plus grands d’Afrique du bidonville de Kibera

© Carl de Souza / afp et Yasuyoshi Chiba / afp

1. À quel type de quartier Kibera correspond-il ? Que peux-tu dire de sa taille ?

2. Par quoi est traversé le quartier de Kibera ? En quoi est-ce dangereux ?

Document 7 : Carte de l’agglomération de Nairobi

3. De quelle couleur le centre-ville est-il repré-


senté ?
 En rouge
 En marron clair

4. De quelle couleur le bidonville de Kibera est-il


représenté ?
 En rouge
 En marron clair

5. Le quartier de Kibera jouxte (est juste à côté,


touche) le centre-ville
 Vrai
 Faux

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  151


Document 8 : Une description du bidonville de Kibera

« Ce qui frappe le plus, quand on parcourt ce gigantesque bidonville situé aux portes de Nairobi, […] ce sont les
ordures. On marche sur une épaisseur incroyable de déchets. Kibera est littéralement bâti sur les détritus. Les
maisons, faites de tôle ondulée rouillée, sont construites dessus, en équilibre instable. […]
Pas de route, mais une voie de chemin de fer qui traverse tout le bidonville. Entre trois et six trains y passent
chaque jour sans s’arrêter. Tout le monde marche sur les rails, y compris les enfants. Chaque année, il y a des
morts. “C’est notre seule route, à Kibera. Il faut bien qu’on la partage avec le train.”, expliquent les habitants. […]
Pas d’égouts mais des rigoles à ciel ouvert dans lesquelles s’écoulent les eaux usées. Des maladies graves
comme le choléra, la typhoïde, les diarrhées font partie de la vie quotidienne. Mais le pire, c’est la pluie : Kibera
se transforme en un champ de boue. […]
La famille Anyumba habite dans une seule pièce. Le souhait d’Elisabeth ? “M’en aller loin d’ici, pour trouver
un peu de dignité”, souffle-t-elle. Comme tout le monde, la jeune femme fait ses besoins dans un sac en
plastique. Les rares toilettes publiques installées dans le bidonville par des ONG (une pour 1 300 habitants) ne
peuvent suffire. Être pauvre coûte cher. À Kibera, pas d’eau courante : le prix de l’eau est en moyenne quatre
fois plus élevé qu’à Nairobi. Plutôt que de faire des kilomètres avec un bidon, les habitants achètent l’eau à des
revendeurs, cela augmente le prix. Même chose pour l’électricité. »
D’après Florence Beaugé, “Kibera : la plaie de Nairobi”, Le Monde, 31 mars 2011.

6. Pour chaque paragraphe du texte, indique quel est le thème principal en cochant la bonne case :

Les rues L’hygiène Les équipements Les maisons


Paragraphe 1
Paragraphe 2
Paragraphe 3
Paragraphe 4

Document 9 : Série de photographies de la vie à Kibera


Image 1 : toilettes publiques Image 2 :

© AFP/Par7143819/TONY KARUMBA © AFP/Par3335209/TONY KARUMBA

Image 3 : Image 4 :

© AFP/Par7143868/TONY KARUMBA © AFP/GY10058113164/Spencer Platt

152  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


7. Fais le même exercice avec les photographies de Kibera que tu viens d’observer :

Les rues L’hygiène Les équipements Les maisons


Image 1
Image 2
Image 3
Image 4

Exercice 4
Document 10 : Les inégalités de richesse dans le paysage de Nairobi

© Associated Press /080104036696

1. Quelle est la prise de vue de cette photographie ?


 Une vue aérienne oblique
 Une vue aérienne verticale
 Une vue du sol

2. Combien de plans différents comptes-tu sur cette photographie ?


 2
 3
 4

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  153


3. Associe à chaque plan, les éléments dominants qui le caractérisent :

Premier plan Deuxième plan Arrière-plan Dernier plan


Bidonville
Centre-ville avec
hautes tours
Espace vert
Zone d’habitations
modernes (aisées)
Ciel

Titre :

4. Dans sa précipitation, le cartographe a oublié de faire la légende. À toi de la reconstituer, en complétant les
pointillés par les termes qui conviennent :

Espace vert – centre-ville – ciel – quartier d’habitations pauvres – quartier d’habitations modernes

5. Pour être complet, un croquis doit toujours être accompagné d’un titre. Parmi la liste suivante, lequel corres-
pond au croquis qui vient d’être réalisé :
 Croquis d’une photographie
 Croquis des différents espaces de la ville
 Croquis de photographie des différents espaces de la ville de Nairobi
 Croquis de Nairobi

154  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés puis apprends le résumé ci-dessous.

JE RETIENS

Les inégalités de richesse dans un pays pauvre : le Kenya


Le Kenya est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Environ la moitié de la population vit dans
des conditions très difficiles.
Les inégalités de richesse se retrouvent à toutes les échelles du pays. Au plan national, certaines
régions, comme le Nord, sont très touchées par la pauvreté. La pauvreté touche davantage les cam-
pagnes que les villes où seulement un quart de la population réside.
Dans les villes, les inégalités de richesse se manifestent par l’apparition d’immenses bidonvilles à la
périphérie des villes comme celui de Kibera à Nairobi. Dans ce bidonville, les conditions de vie sont
épouvantables. L’insalubrité, les eaux usées, les déchets menacent la santé des habitants. Les popu-
lations aisées, quant à elles, se sont installées à proximité du centre-ville. Cela donne un contraste
saisissant dans le paysage urbain de la ville.

Glossaire :
Bidonville : quartier urbain très pauvre où les habitations sont faites de matériaux de récupération peu durables,
bidons, tôles, bois, sacs de toiles, et dépourvues d’équipements comme l’eau courante ou l’électricité.

J’ÉVALUE MES ACQUIS

1. Sur 44 millions d’habitants, combien de Kenyans sont pauvres ?


 Environ la moitié
 Un peu plus d’un quart
 Les trois-quarts

2. Quel espace est le plus touché par la pauvreté ?


 L’espace rural
 L’espace urbain

3. Quelles catégories de la population sont les plus susceptibles d’être touchées par la pauvreté au Kenya ?
 Les femmes
 Les hommes
 Les familles monoparentales
 Les éleveurs nomades

4. Comment se nomme le grand bidonville de Nairobi, capitale du Kenya ?


 Camberra
 Kubera
 Kibera

5. Quel aspect présente le bidonville de Kibera ?


 C’est un quartier urbain très pauvre où les habitations sont faites de matériaux de récupération peu
durables, bidons, tôles, bois, sacs de toiles, et dépourvues d’équipements comme l’eau courante ou l’élec-
tricité, situé à la périphérie de la ville.
 C’est un quartier très pauvre où les constructions en dur sont délabrées, les routes goudronnées abîmées
et pourvues de certains équipements comme l’eau courante ou l’électricité.
 C’est un quartier urbain très pauvre où les habitations sont faites de matériaux de récupération peu
durables, bidons, tôles, bois, sacs de toiles, et dépourvues d’équipements comme l’eau courante ou l’élec-
tricité, situé à proximité du centre-ville.

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  155


6. Quels sont les problèmes du bidonville de Kibera ?
 L’insalubrité des maisons
 Le manque d’équipements
 Les rues étroites et sales

7. Où se situent les quartiers aux populations aisées ?


 À proximité du centre-ville
 À la périphérie du centre-ville

LE COIN DES CURIEUX

Si tu veux connaître un peu mieux le Kenya, voici le site officiel de l’office de tourisme du Kenya.
http://www.magicalkenya.fr/

Séance 7
Étude d’un pays riche : les États-Unis d’Amérique
ACCUEIL

Au cours de cette séance, nous allons nous intéresser à un pays, les États-Unis d’Amérique, réputé
comme l’un des pays les plus riches du monde.
Dans un premier temps, nous observerons les profondes inégalités qui marquent le pays.
Dans un deuxième temps, nous changerons d’échelle, pour partir à la découverte de la ville américaine,
qui témoigne des inégalités du pays.
Enfin, nous verrons que les inégalités de richesse sont aussi le reflet de la société américaine et des
différentes minorités qui y sont présentes.

A. Les États-Unis d’Amérique : un pays riche aux très fortes inégalités


Document 1 : New York city

Écris dans ton cahier le titre de la séance


et celui du A. Peuplés de 320 millions
d’habitants, première économie
mondiale, les États-Unis d’Amérique sont
considérés comme l’un des pays où la
vie est confortable matériellement. Tu
peux ainsi parfois entendre parler dans
certains médias (télévision, presse) de
l’expression du « rêve américain », idée
selon laquelle n’importe qui, par son
travail, son courage et sa détermination,
peut devenir prospère.

CC0 Pixabay

156  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


JE M’EXERCE

Exercice 1
Document 2 : L’IDH dans le monde en 2014

Document 3 : Le produit intérieur brut par habitant dans le monde en 2012

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  157


1. Quel est l’IDH des États-Unis d’Amérique ?
 Supérieur à 0,8
 Entre 0,7 et 0,8
 Entre 0,540 et 0,7
 Moins de 0,540

2. Indique si les États-Unis sont un pays riche (rouge), pauvre (jaune) ou bien dans une situation intermédiaire
(entre les deux).
 Riche
 Intermédiaire
 Pauvre

Document 4 : Des inégalités de plus en plus fortes

« Aujourd’hui, les données indiquent que le rêve américain est un mythe. Aujourd’hui, l’égalité des chances est
moindre aux États-Unis qu’en Europe ou que dans tout autre pays industriel où ces données existent. C’est ce
qui explique que les États-Unis détiennent le plus haut niveau d’inégalités de tous les pays avancés et que l’écart
ne cesse de se creuser. Le prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz (dans un article publié par le journal les
échos en juin 2012) dresse ainsi un portrait sombre mais réaliste d’une Amérique où l’extrême richesse côtoie
l’extrême pauvreté. […] Après avoir longtemps stagné, les inégalités sont reparties à la hausse, notamment
sous l’ère Reagan1 puis dans les années 1990. […] La crise économique n’a fait que renforcer les inégalités et le
sentiment d’injustice de la population.
49,7 millions d’Américains vivent sous le seuil de pauvreté2 soit le niveau le plus élevé depuis 52 ans en chiffres
absolus. Et un nombre croissant d’enfants dépendent de l’aide alimentaire de l’État. Le taux de pauvreté atteint
22 % dans la tranche d’âge des 15 à 18 ans, contre 13,7 % pour celle des 18 à 64 ans et 9 % pour les 65 ans et
plus. »
D’après Guillaume Poiret, “Une North American way of life, États-Unis”, Canada, regards croisés,
Documentation photographique n° 8092, mars-avril 2013.
1. Ronald Reagan : président des États-Unis d’Amérique de 1980 à 1988.
2. La mesure de la pauvreté est établie de façon différente selon les pays, à partir du prix d’un ensemble de biens et de services minimum
jugés indispensables.

3. Compare les inégalités de richesse aux États-Unis à celles des autres pays avancés :
 Elles sont moins fortes
 Elles sont équivalentes
 Elles sont plus fortes

4. Comment évoluent les inégalités aux États-Unis ?


 Elles baissent
 Elles stagnent
 Elles se creusent (elles augmentent)

5. Sur 320 millions d’habitants, combien vivent sous le seuil de pauvreté ?


 29,7 millions
 49,7 millions
 99,7 millions
 149,7 millions

6. L’augmentation des inégalités aux États-Unis est-elle un phénomène récent ?


 Oui
 Non

158  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


7. Quelle catégorie de la population est la plus touchée par la pauvreté ?
 Les 15-18 ans
 Les 18-64 ans
 Les plus de 65 ans

Exercice 2
Document 5 : L’évolution de la pauvreté aux États-Unis d’Amérique

© Observatoire des inégalités/CNED/2016


1. Quel est le sujet du document ?
 Les États-Unis
 La pauvreté
 L’évolution de la pauvreté aux États-Unis

2. Quelle est la nature du document ?


 Un diagramme en bâtons
 Un diagramme circulaire
 Un graphique à courbe

3. En regardant le graphique, comment a évolué la pauvreté entre 1959 et 2010 aux États-Unis d’Amérique ?
 Elle a plutôt augmenté
 Elle a plutôt stagné
 Elle a plutôt baissé

4. En regardant le graphique, comment évolue la pauvreté depuis les années 2000 ?


 Elle a plutôt augmenté
 Elle a plutôt stagné
 Elle a plutôt baissé

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  159


B. Les villes américaines, reflet des inégalités de richesse : l’exemple
de Los Angeles
Écris dans ton cahier le titre du B.
Ce sont 18 millions de personnes qui vivent dans l’aire urbaine de Los Angeles, la métropole californienne. Le
« rêve californien » s’accompagne d’une très forte opposition entre une partie de la population extrêmement riche
et la misère de certaines minorités.
Partons donc pour la cité des Anges et regardons comment se manifeste cette opposition au plan spatial dans l’aire
urbaine de Los Angeles.

Exercice 3
Document 6 : Des tentes de S.D.F.1 dans le CBD2 de Los Angeles

1. Lesquelles de ces affirmations corres-


pondent au paysage photographié ?
 On observe d’importantes inégalités
dans les villes américaines
 Les CBD sont des quartiers riches
 Les CBD sont des quartiers pauvres
 Le gratte-ciel est au premier plan et
les tentes au second plan

1. S.D.F : sans domicile fixe.


2. CBD : Central business district, quartier des affaires
dans une ville.

© afp / Robyn Beck

Document 7 : Une rue à Skid Row, un quartier au cœur de Los Angeles

© Image-forum/AFP, Réf. Document, Was8868895, Auteur : ROBYN BECK

160  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


Document 8 : Skid Row à Los Angeles, un quartier misérable

« Une femme hagarde1 marche sur la chaussée et manque de se faire heurter par une voiture. Des hommes et
des femmes, certains en haillons2, sortent de tentes installées sur le trottoir : au coeur de Los Angeles, Skid
Row reste depuis un siècle la “capitale” américaine des sans-abri. […] Skid Row est le refuge de ceux qui ne
peuvent pas tomber plus bas aux États-Unis. Et malgré une litanie3 de programmes d’aide, rien ne change dans
ce quartier sinistré. La très grande majorité d’entre eux sont alcooliques, drogués, handicapés physiques ou
mentaux.
“Dès que je quitte mon bout de trottoir pour chercher du travail, je retrouve ma tente déchirée. On me l’a volée
plusieurs fois”, raconte Chesterlas Nelson Jr, un chanteur surnommé ici “L’artiste”. […] “Ma femme et moi vivons
du recyclage4 mais nous sommes fatigués. Parfois, il y a quelqu’un qui arrive sur vous et vous frappe. Skid Row
est dangereux, même en plein jour”, renchérit un autre SDF, Eunice Carr.
“À Skid Row, les gens n’ont pas l’eau courante, pas de toilettes et ils n’ont même pas de poubelles”, dénonce
Général Dogon, membre de l’association Los Angeles Community Action Network, lui-même ex-SDF. »

“Los Angeles : Skid Row, la Cité des Anges déchus”, www.tempsreel.nouvelobs.com, 30 septembre 2014.
1. Hagarde : qui semble un peu perdue.
2. Haillon : Vêtement usé, déchiré.
3. Litanie : une suite sans fin.
4. Recyclage : récupération des déchets pour les réintroduire dans le cycle de production dont ils sont issus.

Document 9 : Le poste de garde à l’entrée d’un riche quartier fermé dans l’agglomération de Los Angeles

Frederick M. Brown / Getty Images North America / afp

Document 10 : Les gated communities à Los Angeles

« The Oaks est un quartier fermé de luxe situé à Calabasas1, en Californie. C’est l’un des plus célèbres gated
communities de la région de Los Angeles. En plus de la sécurité de premier ordre, The Oaks possède des
équipements pour la population, y compris des kilomètres de sentiers de randonnée, un centre de fitness, des
salles de gym avec des équipements de pointe, des cours de tennis et une piscine de taille olympique.
The Oaks a été construit de 2002 à 2007, il est l’un des quartiers les plus récents dépendant de la région
métropolitaine. Il est situé dans un excellent emplacement, à proximité d’écoles cotées, d’excellents restaurants
et de boutiques.
Les prix des maisons de The Oaks varie généralement entre 1 500 000 dollars à 1 600 000 dollars (1,2/1,3 millions
d’euros) avec des maisons de très grands luxe pour 5 000 000 de dollars ou plus (4 millions d’euros). »

D’après un extrait du site internet d’une agence immobilière de Los Angeles elitelahommes.com
dans Histoire Géographie 2nde bac pro, Hachette, mars 2013.
1. Calabasas : Ville du comté de Los Angeles située à la périphérie du quartier des affaires.

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  161


2. Complète le tableau ci-dessous pour comparer les localisations et types d’habitat à Skid Row et The Oaks.

Skid Row The Oaks


périphérie de Los Angeles
Localisation
cœur de Los Angeles
tentes installées sur le trottoir
Type d’habitat
maisons de luxe

3. Complète ce tableau pour comparer les modes de vie à Skid Row et The Oaks :

Skid Row The Oaks


population aisée
Type de population
S.D.F.
aucun équipement (pas d’eau courante,
pas de toilettes, pas de poubelles)
Équipements
aménagements et équipements de pointe
(salles de gym, courts de tennis)

Sentiment quartier fermé et protégé


d’insécurité quartier dangereux

C. Des inégalités socio-spatiales très fortes


Écris dans ton cahier le titre du C. Lis les informations et documents suivants, puis fais les exercices.
La population des États-Unis d’Amérique est marquée par une grande diversité. Blancs d’origine européenne, noirs
descendants des esclaves, asiatiques et hispaniques sont les principales composantes de la population.
Les inégalités de richesse se retrouvent dans les composantes de la population américaine. Retournons dans l’aire
urbaine de Los Angeles pour voir comment elles se manifestent.

Exercice 4
Document 11 : Les inégalités socio-spatiales dans l’aire urbaine de Los Angeles

© Le Goix, Villes et mondialisation : le défi majeur du XXIe siècle, 2005, 2nde bac pro, Histoire Géographie, Hachette.

162  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


1. Quelle minorité ethnique semble connaître une situation de grande pauvreté ?
 Les Blancs
 Les Asiatiques
 Les Noirs
 Les Hispaniques

2. Quelle autre minorité ethnique se regroupe aussi en fonction de son niveau de vie pauvre ?
 Les Blancs
 Les Asiatiques
 Les Noirs
 Les Hispaniques

3. Que peut-on dire sur le niveau de vie des blancs ?


 ll semble bien meilleur que celui des autres minorités.
 Il semble moins bon que celui des autres minorités.
 Il semble égal à celui des autres minorités.

Document 12 : Une ville multi-ethnique

« Les Hispaniques sont les plus nombreux… Près du tiers de la population est représentée par les “Chicanos”,
les Californiens d’origine mexicaine. […] Cette communauté est principalement concentrée dans le quartier d’Est
L. A.1, et dans le centre-ville. Downtown L.A. Le South central L.A. est un quartier où règnent pauvreté, misère
et drogue… Peu de blancs s’y aventurent La guerre des gangs y est tenace. Ici on tue pour presque rien. […] Les
Noirs y ont élu domicile. […]
Il y a également les Asiatiques […] Mieux insérés, ils se composent de quatre groupes :
Les Chinois arrivés au siècle dernier, en guise de main-d’œuvre bon marché pour la construction du chemin de
fer transcontinental et les mines d’or. Ils se concentrent dans le Downtown, à Chinatown…
Aujourd’hui à la tête de petits commerces et restaurants, ils se sont parfaitement adaptés au mode de vie
américain.
Les Japonais : 1/10e de la population de L.A. est nippone et leur quartier est Little Tokyo.
Les Vietnamiens avec le quartier de Little Saïgon. Ceux-ci sont venus après la guerre du Vietnam et ont apporté
la culture bouddhiste.
Enfin les Coréens, avec Korean Town. Ils se sont enrichis très vite, mais parlent mal l’anglais et vivent repliés sur
eux-mêmes. »
D’après le site de la radio california 101, www.california101radio.com.
1. L.A. : abréviation courante de Los Angeles.

4. D’après le texte, comment se caractérise le niveau de vie des Asiatiques ?


 ll semble meilleur que celui des autres minorités
 Il semble égal à celui des autres minorités ethniques
 Il semble plus faible que celui des autres minorités ethniques

5. En observant la carte, quelle population ethnique n’apparaît pas dans le centre ?


 Les Blancs
 Les Asiatiques
 Les Noirs
 Les Hispaniques

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  163


Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés puis apprends le résumé ci-dessous.

JE RETIENS

Les inégalités de richesse dans un pays riche : Les États-Unis d’Amérique


Les États-Unis d’Amérique sont l’un des pays les plus riches du monde. Première puissance écono-
mique de la planète peuplée de 320 millions d’habitants, la majorité des habitants bénéficie de condi-
tions de vie très correctes.
Cette situation est cependant à nuancer. Environ 50 millions d’Américains vivent en dessous du seuil
de pauvreté. Sans les aides de l’État, ils seraient incapables de se nourrir correctement. Les jeunes en
sont les plus touchés.
Dans les villes, ces inégalités de richesse se traduisent par l’apparition de véritables ghettos. Ghettos
pour les très pauvres au cœur des villes, ghettos pour les très riches dans des quartiers de luxe, les
gated communities.
Cette ségrégation socio-spatiale recoupe une ségrégation ethnique. Les minorités ethniques se
regroupent entre elles à proximité du centre des affaires tandis que les populations blanches aisées
s’éloignent vers les périphéries.

Glossaire :
Ghetto : quartier d’une ville regroupant une population socialement homogène.
Ségrégation socio-spatiale : tendance à l’organisation de l’espace en zones où les gens se rassemblent en fonction
de leur origine sociale.
Ségrégation ethnique : tendance à l’organisation de l’espace en zones où les gens se rassemblent selon leur
origine ou leur couleur de peau.
Seuil de pauvreté : limite de revenu au-dessous duquel une famille ou une personne est considérée comme
pauvre.

J’ÉVALUE MES ACQUIS

1. Sur 320 millions d’habitants, combien d’Américains sont-ils pauvres ?


 Environ la moitié
 Un peu plus d’un quart
 Les trois-quarts

2. Comment appelle-t-on la limite de revenu au-dessous duquel une famille ou une personne est considérée
comme pauvre ?
 Le seuil de pauvreté
 Le seuil de richesse
 La limite de pauvreté

3. Qui est principalement victime de la pauvreté aux États-Unis d’Amérique ?


 Les jeunes
 Les personnes âgées

4. Comment évoluent les inégalités de richesse aux États-Unis d’Amérique ?


 Elles diminuent
 Elles stagnent
 Elles se creusent

164  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


5. Comment appelle-t-on en anglais les quartiers de luxe fermés et sécurisés ?
 Les gated communities
 Les communities

6. Dans les villes américaines, où s’installent les pauvres ?


 À la périphérie des villes
 Au cœur des villes

7. Quelles minorités ethniques sont les plus touchées par la pauvreté ?


 Les Noirs
 Les Asiatiques
 Les Hispaniques

LE COIN DES CURIEUX

Si tu veux en savoir plus sur les États-Unis d’Amérique, voici un lien de l’ambassade américaine de Paris intitulé
« Les États-Unis de A à Z ». Grâce à plusieurs mots clés, tu peux découvrir de nombreuses informations sur la
culture américaine, l’histoire du pays…
http://french.france.usembassy.gov/a-z.html
Le site de l’Unesco te propose de découvrir quels sont les sites et les lieux américains inscrits au patrimoine de
l’humanité. http://whc.unesco.org/fr/etatsparties/us/

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  165


Enseignement moral et civique
La sensibilité : soi et les autres
Séance 8 : L’identité personnelle

Voici les connaissances et les compétences sur lesquelles tu vas pouvoir travailler en faisant les exercices de cette
séance d’EMC.

Connaissances :
Savoir définir l’identité personnelle.
Connaître les éléments qui composent l’identité personnelle d’un individu.

Compétences (D’après le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, 2015) :


Pratiquer différents langages. Réaliser des productions graphiques (Ici, en complétant un schéma). Domaines
du socle : 1, 2, 5.
S’informer dans le monde du numérique : Trouver, sélectionner et exploiter des informations. Utiliser des
encyclopédies en ligne. Domaines du socle : 1, 2, 3.
Analyser et comprendre un document. Comprendre le sens général d’un document, extraire des informations
pertinentes pour répondre à une question. Utiliser ses connaissances pour expliquer. Domaines du socle : 1, 2.

Séance 8
L’identité personnelle
ACCUEIL

L’identité, c’est ce qui fait que tu es toi et pas un autre, c’est ce qui te rend unique. Toute personne, et
en particulier l’enfant, a droit à une identité. Cette identité est multiple. On peut distinguer une identité
personnelle, que nous allons étudier au cours de cette séance et une identité légale que tu étudieras
dans l’unité suivante.

J’ÉVALUE MES PRÉ-REQUIS

Tu as étudié en 6e le respect des autres et des différences et les atteintes à la personne d’autrui : racisme,
antisémitisme, sexisme, xénophobie, homophobie, harcèlement... Au cours de cette séance tu vas comprendre les
raisons de nos différences à travers l’identité.

1. Autrui, c’est :
 Une personne autre que moi-même
 Une personne venue d’un pays étranger

2. Le respect des autres est une des valeurs fondamentales de notre société :
 Oui
 Non

3. Quelle est la devise de la République française ?

166  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


A. L’identité personnelle, une identité complexe
Écris dans ton cahier le titre de la séance et celui du A.
Ton nom, ton âge, ton sexe ne sont qu’une partie de ton identité. L’identité personnelle est riche d’autres aspects :
familiaux, culturels, religieux, professionnels... Pour nous aider à mieux comprendre ces éléments, nous allons
observer les éléments de l’identité personnelle d’un artiste : Jamel Debbouze.

JE M’EXERCE

Exercice 1
Document 1 : Les dates importantes de la vie de Jamel Debbouze

Année Événement Domaine


1975 Naissance de Jamel à Paris dans une famille originaire du Maroc
1990 Un accident lui fait perdre l’usage de son bras droit
1991 Commence l’improvisation théâtrale dans le théâtre municipal de
Trappes en région parisienne
1998 Début sur la chaine de télévision Canal +
2001 Un rôle dans le film Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain
2008 Ouverture d’un théâtre à Paris le Comedy club chargé de
promouvoir les jeunes talents du rire
2008 Naissance de son fils
2011 Soutien à la dépénalisation universelle de l’homosexualité

1. Complète la dernière colonne du tableau avec les mots suivants :

Famille – Engagement – Profession – Loisirs – Santé

2. À ton tour de compléter les éléments qui composent ton identité personnelle ou celle d’une personne de ton
choix (artiste, sportif...). Si tu ne veux pas travailler sur ta propre identité, veille à retenir une personne pour
laquelle tu peux trouver suffisamment d’informations. Pour tes recherches, tu peux utiliser Internet et en par-
ticulier l’encyclopédie libre de droit wikipédia. Recopie ce schéma puis complète-le avec les informations que
tu auras relevées.

Document 2 : Schéma des composants d’une identité personnelle

Loisirs, passions : Famille, milieu social :

Inscris ton
prénon, nom,
date de naissance
ou celui de la
personnalité.

Engagement, croyance :
Études, profession :

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  167


B. L’identité personnelle, une identité en constante évolution
Écris dans ton cahier le titre du B.
L’identité personnelle mélange à la fois des éléments présents dès la naissance, mais qui peuvent évoluer dans
le temps : l’âge, la famille, le lieu de résidence... Et d’autres qui sont choisis au cours de la vie : les loisirs, la
profession, l’engagement associatif, politique ou religieux, les amis... Ces éléments évoluent en fonction des choix,
des rencontres, des événements de notre vie. Finalement, durant toute sa vie l’identité change et se construit. Elle
dépend en particulier de la place occupée dans la société à un moment de notre vie : collégien, étudiant, parent,
travailleur, retraité...

Exercice 2
Document 3 : Le changement d’identité d’Henry Quinson

« Un lundi d’octobre, à la fin des années 1980. Il est déjà tard. La bourse a clôturé en hausse et les traders1,
vaguement rassurés, sont rentrés chez eux. Seule une longue silhouette arpente encore la salle des marchés.
Henry Quinson, brillant golden boy2, dépose sur les bureaux désertés d’énigmatiques messages d’“à-dieu”.
Spécialiste des options de change, qu’il enseigne à Sciences-Po, fin limier de la politique à laquelle il s’est
aguerri au sein de l’UDF3, ce trader courtisé vient de prendre, à 28 ans, une décision aussi brutale qu’inattendue :
quitter la ville, sortir de la course et rejoindre un monastère pour le restant de ses jours. [...]
L’ancien trader a quitté le monastère cinq ans après y être entré, sans pour autant se défroquer4. “Moine des
cités», il a choisi de se consacrer à l’enseignement dans les quartiers nord de Marseille. “Pour moi, explique-t-il,
l’idée de vocation a évolué. Je la percevais au départ comme une nécessité absolue, une forme de soumission à
Dieu. Aujourd’hui, j’ai découvert que j’étais libre. J’ai décidé d’inventer ma vie et de créer mon activité en fonction
de mes talents. Or je savais par mon expérience que j’étais meilleur dans l’enseignement que dans la fabrication
de fromages5…” »
Héloïse Lhérété, “Tout plaquer : une aventure à haut risque”, Sciences Humaines, n° 205 juin, 2009.
1. Trader : Personne spécialisée dans les transactions financières.
2. Golden boy : Expression désignant les traders réussissant bien leur métier.
3. UDF : Parti politique (Union pour la démocratie française).
4. Défroquer : désigne le fait de quitter sa vie de moine.
5. Fabrication de fromages : une des activités pratiquées dans ce monastère.

1. Pour bien identifier l’évolution de l’identité du personnage de cette histoire, relie les cadres ci-dessous :

Dans les années 80, Henry Quinson


Militant
travaille à la bourse comme...

Henry Quinson travaille également


Trader
à Sciences Po comme...

Henry Quinson participe aussi aux


Professeur
activités du parti de l’UDF comme...

2. À la fin des années 1980, Henry Quinson prend une décision inattendue, il rejoint :
 un parti politique : l’UDF
 une Église
 un monastère

3. Il devient alors :
 homme politique
 « moine des cités »
 maire de Marseille

168  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


4. Puis, il quitte le monastère et consacre son temps à l’enseignement
 dans les quartiers Nord de Marseille
 dans les quartiers Sud de Marseille
 dans les quartiers riches de Marseille.

C. Des identités partagées


Écris dans ton cahier le titre du C.
L’identité personnelle rend chaque individu différent des autres, cependant l’identité personnelle est aussi
collective. Chaque personne appartient à des groupes différents à l’intérieur desquels il y a des règles, des valeurs
communes et de la solidarité. Par exemple, on vit ensemble dans la famille, à l’école, dans un club, dans un pays.
Les individus se regroupent dans des associations et partagent des activités, des passions, des croyances.

Exercice 3
Document 4 : La construction de la cabane

Depuis des générations il existe une rivalité entre les enfants des villages de Longeverne et Velrans. La guerre a pris
une nouvelle tournure, le butin sera d’arracher aux ennemis les boutons de leurs vêtements. Dans ce passage les
enfants de Longeverne ont pris la décision de construire une cabane pour cacher leur prise de guerre.
« Là-dessus, joyeuse, la bande s’en retourna lentement au village, faisant mille projets, prête à tous les vols
domestiques1, aux travaux les plus rudes, aux sacrifices les plus complets.
Ils réaliseraient leur volonté : leur personnalité naissait de cet acte fait par eux et pour eux. Ils auraient une
maison, un palais, une forteresse, un temple, un panthéon2, où ils seraient chez eux, où les parents, le maître
d’école et le curé, grands contre-carreurs de projets, ne mettraient pas le nez, où ils pourraient faire en toute
tranquillité ce qu’on leur défendait à l’église, en classe et dans la famille, savoir : se tenir mal, se mettre
pieds nus ou en manches de chemise, ou à poil, allumer du feu, faire cuire des pommes de terre, fumer de
la viorne3 et surtout cacher les boutons et les armes. [...] Ils s’endormirent fort tard, ce soir-là. Le palais, la
forteresse, le temple, la cabane hantaient leur cerveau en ébullition. Leurs imaginations vagabondaient, leurs
têtes bourdonnaient, leurs yeux fixaient le noir, les bras s’énervaient, les jambes gigotaient, les doigts de pieds
s’agitaient. Qu’il leur tardait de voir poindre l’aurore du jour suivant et de commencer la grande œuvre. »

Louis Pergaud, La guerre de boutons, 1912.


1. Domestiques : dans la famille.
2. Panthéon : un temple que les Grecs et les Romains consacraient à certains de leurs dieux.
3. Viorne : arbuste.

1. Quel est le projet des enfants de Longeverne ?


 Partir en randonnée
 Construire une cabane
 Mener une attaque contre les enfants de Velrans

2. Pourquoi veulent-ils faire une cabane ?


 Pour être libres
 Pour se cacher
 Pour y dormir

3. Dans quel état d’esprit ce projet les met-il ?


 De bonne humeur
 Dans une grande excitation
 En colère

CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e  169


4. Que signifie la dernière expression de l’extrait « la grande œuvre » ?
 La prochaine bataille contre Velrans
 La journée d’école du lendemain
 La construction de la cabane

5. Pourquoi la cabane marque-elle la naissance de la « personnalité » de la bande ?

6. Parmi les éléments suivants, coche ceux qui constituent l’identité de la bande.
 Ils appartiennent au même village
 Ils ont un « ennemi » commun
 Ils ont un projet commun
 Ils ont des parents différents

7. Que sont-ils prêts à faire pour construire cette cabane ?


 Voler
 Travailler
 Se sacrifier
 Demander à leurs parents

8. À qui la cabane est-elle interdite ?


 Aux parents
 Au curé
 Au maître d’école
 Aux plus jeunes de la bande

9. Que vont pouvoir faire les enfants dans la cabane ?


 Des choses interdites
 Leurs devoirs scolaires
 Cacher leur trésor
 Avoir de mauvaises manières

10. Surligne dans le texte les termes employés par les enfants de Longeverne pour nommer leur cabane.

170  CNED  HISTOIRE, GÉOGRAPHIE, ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE – UNITÉ 3 – 5e


Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés puis apprends le résumé ci-dessous.

JE RETIENS

L’identité personnelle
Il ne faut pas confondre identité personnelle et identité légale. L’identité personnelle se compose de
nombreux aspects : familiaux (nom, origines), culturels (langues, traditions, passions...), religieux
(croyances), professionnels (formations, métiers...).
L’identité personnelle se compose d’éléments présents dès la naissance : l’âge, la famille, le lieu de
résidence...
Ils peuvent parfois évoluer dans le temps. D’autres éléments sont choisis au cours de la vie : les loi-
sirs, la profession, l’engagement associatif, politique ou religieux, les amis... L’identité personnelle est
une construction et elle évolue tout au long de notre vie en fonction de nos choix, des rencontres et
des étapes de notre vie.
L’identité personnelle différencie les individus mais elle permet aussi d’appartenir à des groupes.
L’identité est alors partagée et collective. Dans notre famille, à l’école, dans une association, dans
notre pays, on a des règles, des valeurs communes et des éléments qui nous unissent.

Glossaire :
Identité personnelle : ensemble des caractéristiques qui distinguent un individu d’un autre.

J’ÉVALUE MES ACQUIS

1. Parmi les éléments proposés, coche ceux qui peuvent composer l’identité personnelle :
 La famille
 Les croyances
 Les activités sportives
 L’activité professionnelle
 Les études

2. Complète le tableau
Oui Non
L’identité personnelle et l’identité légale sont-elles identiques ?
L’identité personnelle est-elle définie une fois pour toutes ?
Le changement d’activité professionnelle peut-il modifier notre identité personnelle ?
Devenir chômeur peut-il avoir un effet sur notre identité personnelle ?

3. Quels aspects les membres d’un club de supporters de football ont-ils en commun ?
 L’amour de leur club
 La passion du football
 Un métier commun
 Des origines communes

LE COIN DES CURIEUX

Tu peux si tu le souhaites faire la lecture de La Guerre des Boutons de Louis Pergaud. Il est en accès libre en suivant
ce lien : https://beq.ebooksgratuits.com/vents/Pergaud-boutons.pdf
Ce livre est également disponible gratuitement en livre audio sur www.litteratureaudio.com ou www.audiocite.net.
Ce livre a aussi fait l’objet de trois adaptations au cinéma et d’une bande dessinée.

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