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M.M.C.

VI ( 8 pages)
TAGHI

CH VI PROPRIETES LOCALES DU TENSEUR DES CONTRAINTES

I- Introduction

L’étude locale du tenseur des contraintes, est un moyen de localiser les régions les plus
sollicitées de la pièce. La décomposition du vecteur de contraintes en un point quelconque se
trouvant sur une surface orientée d’un angle  par rapport à l’une des axes principaux ; selon
la direction normale à cette surface et selon la direction tangentielle ; permet à construire un
domaine à travers lequel peut osciller ce vecteur en fonction de l’orientation de cette surface.
Ce domaine s’obtient à partir des cercles de Mohr. Alors, la connaissance des contraintes
principales et les directions principales, est un avantage pour y exprimer tout vecteur afin de
faciliter cette étude.
Une fois ces régions sont localisées et grâce à la courbe d’intrinsèque, on peut déterminer la
limite élastique à ne pas atteindre afin que notre milieu garde sa rigidité initiale.

II- Rappels

II-1 Directions principales


Soient i contraintes principales du tenseur de contraintes, qui correspondent respectivement
→ → →
aux directions principales X , Y et Z . Ces contraintes principales s’obtiennent à partit de (I-
13) tandis que les directions principales se déduisent
de : ( −  1 Id ) X = ( −  2 Id ) Y = ( −  3 Id ) Z = 0 .
− − −

Comme rappel, le tenseur de contraintes exprimé dans repère principal, a pour valeurs nulles
en dehors de la diagonale.

Si  1 =  2   3 , tout direction orthogonale à Z est une direction principale.
Si  1 =  2 =  3 , toute direction est une direction principale.

II-2 Décomposition du vecteur de contraintes



Soit un point matériel M et T vecteur de contraintes qui agit sur ce point selon la facette S
(voir fig V-1)

Tt  → ^→ 

 
n ⊥ S avec  n , X  = 
S
→  
t

Orientation directe  

M T
t Tangent à la facette S
→ → →
n
Suite à (II-14)  n = T
→ → →

Tn Tn = n .T Vecteur normal de contraintes (V-1)


→ → →
Ɵ Tt = T − Tn n Vecteur tangentiel de contraintes (V-2)

Ɵ
X

Figure V-1

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III- Cercles de Mohr


→ → →
Soient ni composantes de la normale dans le repère principal X , Y et Z : ni .ni = 1 (VI-3).
Alors, les vecteurs de contraintes s’écrivent dans ce repère :
 1 n1

T ( n ) =  2 n 2  Tn =  i n i2 et Tt 2 + Tn2 =  i2 n i2 (VI − 4)

 3n3
III-1 Problème

Existe-t-il un vecteur normal n tel que Tn et Tt sont bien vecteur normal et tangentiel
respectivement pour cette direction ? La résolution est immédiate si on arrive à résoudre le
système d’équations linéaires à partir de (VI-3) et (VI-4) :
n12 + n22 + n32 = 1
 1n12 +  2 n22 +  3 n32 = Tn
 12 n12 +  22 n22 +  32 n32 = Tn2 + Tt 2
Les inconnues doivent être positives ou nulles, d’où :
T 2 + (Tn −  2 )(Tn −  3 )
n12 = t
( 1 −  2 )( 1 −  3 )
Tt 2 + (Tn −  1 )(Tn −  3 )
n22 = (VI-5)
( 2 −  1 )( 2 −  3 )
Tt 2 + (Tn −  2 )(Tn −  1 )
n32 =
( 3 −  2 )( 3 −  1 )
Comme ni2  0 et  3   2   1 (choix arbitraire) , alors les inégalités suivantes doivent
être satisfaites :
2 +3 2  −3 2  +3 2  −3 2
Tt2 + (Tn −  2 )(Tn −  3 )  0 → Tt2 + (Tn − ) ( 2 ) → y 2 + (x − 2 ) ( 2 )
2 2 2 2
Tt2 + (Tn −  1 )(Tn −  3 )  0 (VI-6)
Tt2 + (Tn −  2 )(Tn −  1 )  0

Alors, si un vecteur normal unitaire existe pour un vecteur de contraintes, les Tn et Tt doivent
se trouver dans la région colorée limitée par trois cercles de Mohr (voir Fig VI-2). Ces cercles
de MOHR sont obtenus à partir de (VI-6), qui sont appelé aussi tricercles de Mohr, triangle
curviligne, ou Arbelon
Tt

3
3 1 Tn

2
Figure VI-2

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Le cercle de Mohr est une représentation graphique des états de contrainte à deux
dimensions, proposée par Christian Otto Mohr en 1882. Dans un graphique où l'axe horizontal
représente l'amplitude de la contrainte normale et l'axe vertical représente l'amplitude de la
contrainte de cisaillement, le cercle de Mohr est le lieu des états de contrainte en un point M
lorsque le plan de coupe varie. Il s'agit d'un cercle centré sur l'axe horizontal dont les
intersections avec l'axe horizontal correspondent aux deux contraintes principales au point M.

III-2 Maximum du vecteur de contrainte tangentielle

A partir de la figure (VI-2), le vecteur de contrainte tangentielle maximale est de la forme :


1 −  3 1 +  3
SupIT t I = (les sommets du grand cercle)  Tn = (le centre du grand cercle)
2 2
(VI-7)
1
Le vecteur normal correspondant suite aux équations (V-6) : n12 = n32 = et n22 = 0
2
→ →
Ce vecteur est porté selon une des directions de bissectrice des axes principaux X et Z .

III-3 Exemples

a) si  3 =  2   1 avec  2   1 choix arbitraire


La seule condition à être satisfaite, est : Tt 2 + (Tn −  2 )(Tn −  1 ) = 0 c’est à dire un cercle de
( 1 −  2 ) ( +  2 )
centre et de rayon 1 .Alors les coordonnées du vecteur de contraintes se
2 2
trouvent sur le contour du cercle.

b) Compression ou tension uniforme

 3 =  2 =  1 =  tenseur de contraint es sphériques  un seul vecteur de contraintes est



possible : Tn =  et Tt = 0  n est arbitraire

On dit alors la structure est chargée d’une compression ou tension uniforme si :


  
T ( M , n ) // n pas de cisaillement et  1 =  2 =  3 M

c) Tenseur des contraintes uniaxial



Un tenseur des contraintes est dit uniaxial suivant k1 par exemple si et seulement si toutes
les contraintes sont nulles sauf 11 (11 > 0 traction et 11 < 0 compression). Dans ce cas, le

vecteur de contraintes, la normale et k1 sont colinéaires.

d) Tenseur de contraintes de cisaillement simple


→ 
Un tenseur de contraintes est un tenseur de cisaillement simple dans le plan (o, k1 , k 2 ) si et
seulement si toutes les contraintes sont nulles à part 12 . Alors, les contraintes principales
sont 12,-12 et0 ; tandis que les directions principales correspondantes sont :
  
X (1 / 2,1 / 2,0);Y (1 / 2,−1 / 2,0) et Z = k 3 . Autrement dit, si l’une des contraintes principales est
nulle et les deux autres sont opposées, on se retrouve dans le cas d’un tenseur de contraintes

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de simple cisaillement. Sur les faces où le vecteur normal est colinéaire avec k 3 , le vecteur de
contraintes est nul.

III-4 Les matériaux fragiles

Les matériaux fragiles sont des matériaux qui résistent mal à une traction. La facette la plus
sollicitée à pour normale la direction principale qui correspond à la contrainte principale
maximale positive. De tels matériaux, on les rencontre dans certains types d’acier, le verre, la
fonte, et le béton.

PHOTO VI-1

III-5 Les matériaux ductiles

Les matériaux ductiles sont des matériaux qui résistent mal aux cisaillements. La facette la
plus sollicitée a pour normale dont la direction fait un angle de 450 avec l’une des directions
principales qui correspondent à la plus petite et la plus grande valeur des contraintes
principales. De tels matériaux, on les rencontre dans les aciers doux, le cuivre, l’aluminium, le
plomb ( surtout les métaux) qui ont un comportement ductile.

PHOTO VI-2

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IV- Limite élastique

IV-1 Expérience d’essai d’un matériau en traction

Lorsque l’on exerce un effort de traction, lentement croissant, sur une éprouvette normalisée,
l’allongement relatif varie ainsi :
F/S

σc contrainte
critique
Écrouissage Striction Rupture

dl/l

Domaine
Domaine plastique
élastique

εc déformation critique

Figure VI-3 Essai de traction sur une éprouvette en acier

On distingue deux zones :


• Un domaine élastique qui se caractérise par un retour de l’éprouvette à sa longueur (sa
forme) initiale après suppression de l’effort,
• Un domaine plastique qui se caractérise par une déformation définitive (parfois rupture) de
l’éprouvette.

IV-2 Limite conventionnelle d’élasticité

La limite entre le domaine élastique et le domaine plastique est expérimentalement difficile à


cerner. Aussi la limite élastique est définie dans le plastique ! σ0.002 correspond à une
déformation permanente de 0.2% de l’éprouvette (voir Fig VI-4). L’utilisation de ce critère
impose l’emploi d’un coefficient de sécurité en cas de dimensionnement d’une pièce.

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F/S

σ0.002

dl/l
0.2%
Figure VI-4 Limite élastique

IV-3 Courbe intrinsèque de limite élastique pour un matériau isotrope

Par définition, on appelle une courbe intrinsèque (dans le plan (Tn, Tt)) le lieu des
extrémités des vecteurs contraintes pour lesquels apparaissent la première déformation
irréversible. Cette courbe est obtenue expérimentalement par des essais successifs sur ce
matériau. Elle caractérise ses propriétés mécaniques limites et notamment la limite de son
domaine élastique. Elle permet enfin de classer les matériaux en groupes de comportement
vis-à-vis d’un même type de sollicitation externe. Cette représentation dans le plan (Tn ,
Tt) nécessite l’isotropie du matériau.

Cette courbe (voir Fig VI-5) est aussi l’enveloppe des tricerles des contraintes limites
tangents pour différentes sollicitations. On détermine alors les points M et les facettes
pour les quelles la limite élastique est dépassée. Mais cette représentation pose le
problème suivant. Si on dépasse la limite élastique du matériau en un point M, une
plastification au voisinage de ce point apparaît et les caractéristiques du matériau en sont
changées. Ce matériau ne respecte plus la courbe intrinsèque qui a permis de déterminer le
passage dans le domaine plastique.

Cette représentation permet surtout, pour une sollicitation donnée, en un point M, de


déterminer les facettes les plus exposées. On en déduit l’éventuel mode de rupture dans le
plan de la facette concernée (voir Fig VI-6)

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Tt

T
T
Domaine élastique
Tn
M

Domaine plastique

Figure V-5 Courbe intrinsèque

Facette la Tt
plus
dangereu
se

Dépassement
de la limite
élastique

M
Tn

Figure VI-6 Facettes critiques

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IV-6 Exercice

Soit la courbe intrinsèque définie par :


Tt

Domaine élastique

O A
C Tn

OA= 500 N/m2


OB= 400 N/m2
OC= 1400 N/m2

Figure VI-7

1) Déterminer la limite élastique en :

- traction simple - compression simple

 0   −  0
=
= 
 0 0


=
= 
 0 0


- cisaillement pur - compression hydrostatique


0   − p 0 
=
= 
  0


=
= 
 0 − p


2) Quelles sont les facettes soumises aux contraintes les plus dangereuses ?

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