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Analyse Des

Irréversibilités Dans Le
Cycle De Rankine-Hirn
Analyse des irréversibilités externes dans le Cycle de
Rankine-Hirn
Considérons le cycle de Rankine idéal avec surchauffe qui est représenté à la
figure 1. Le cycle est ici considéré comme idéal parce que il est admis que les
échangeurs 1-2 et 3-4 sont traversés par le fluide de cycle sans perte de
charge et que la compression 4-1 et la détente 2-3 sont considérées comme
isentropiques. Trois niveaux de températures sont pertinents : la température
ambiante (𝑇0 ), la température maximum du fluide (𝑇𝑚𝑎𝑥 = 𝑇2 ) et la
température de flamme effective (𝑇𝑓 ).
La température maximum du fluide (𝑇𝑚𝑎𝑥 ) est contrainte par la dégradation
des propriétés mécaniques du matériau de construction des aubes de la
turbine à des températures très élevées.
La température de flamme effective est la limite supérieure de toute
l’installation. Fixer la valeur de (𝑇𝑓 ) détermine le potentiel maximum de
puissance (l’exergie) que le cycle pourrait extraire de l’énergie libérée par le
combustible consommé (𝑄𝐻 ), soit :
𝑇0
𝜓𝑄𝐻 = 𝑄𝐻 1 − (1)
𝑇𝑓
Analyse des irréversibilités externes dans le Cycle de
Rankine-Hirn

𝑇𝑓 est ainsi la température effective de la chambre de combustion en tant


que source d’exergie : elle fixe la puissance potentielle de l’installation.

Rendement thermique du cycle idéal :


𝑖 𝑊𝑛𝑒𝑡 𝑄𝐿 ℎ3 − ℎ 4
𝜂𝑡𝑕 = =1− =1−
𝑄𝐻 𝑄𝐻 ℎ2 − ℎ1
𝑑ℎ = 𝑇𝑑𝑠 + 𝑣𝑑𝑝
1-2 et 3-4 : processus isobares, donc pour ces processus 𝑑ℎ = 𝑇𝑑𝑠 :
2
𝑄𝐻
= ℎ2 − ℎ1 = 𝑇𝑑𝑠 (2)
𝑚
1 𝑃=𝑃𝐻
3
𝑄𝐿
= ℎ3 − ℎ4 = 𝑇𝑑𝑠 (3)
𝑚
4 𝑃=𝑃𝐿
Analyse des irréversibilités externes dans le Cycle de
Rankine-Hirn

3
4
𝑇𝑑𝑠
𝑖 𝑃=𝑃𝐿
𝜂𝑡𝑕 =1− 2
1
𝑇𝑑𝑠
𝑃=𝑃 𝐻
Définitions :
2
1
𝑇𝑑𝑠
𝑃=𝑃𝐻
𝑇𝐻𝑚 = (4)
𝑠2 − 𝑠1
3
4
𝑇𝑑𝑠
𝑃=𝑃𝐿
𝑇𝐿𝑚 = (5)
𝑠3 − 𝑠4
On peut donc mettre l’expression du rendement sous la forme :
𝑖 𝑇𝐿𝑚
𝜂𝑡𝑕 =1− (6)
𝑇𝐻𝑚
Analyse des irréversibilités externes dans le Cycle de
Rankine-Hirn
Cette forme que prend l’expression du rendement indique que le cycle de
Rankine idéal est équivalent à un cycle de Carnot opérant entre les sources de
températures 𝑇𝐿𝑚 et 𝑇𝐻𝑚 .
Avec 𝑇𝐿𝑚 > 𝑇0 et 𝑇𝐻𝑚 < 𝑇𝑓 , il est clair que :
𝑖 𝑇0
𝜂𝑡𝑕 < 𝜂𝐶 = 1 −
𝑇𝑓
et que les irréversibilités sont dans ce cas limitées à celles associées
aux transferts de chaleur générés par les différences de températures
(𝑇𝑓 − 𝑇𝐻𝑚 ) d’une part, et (𝑇𝐿𝑚 − 𝑇0 ) d’autre part.
L’entropie générée par chacun de ces deux processus de transfert de
chaleur sera :
- Pour l’apport de chaleur :
2
𝑄𝐻 𝑚
𝑆𝑔𝑒𝑛,𝐻 = 𝑚 𝑠2 − 𝑠1 − = 𝑇𝑓 𝑠2 − 𝑠1 − 𝑇𝑑𝑠
𝑇𝑓 𝑇𝑓
1 𝑃=𝑃𝐻
Analyse des irréversibilités externes dans le Cycle de
Rankine-Hirn
- Pour le rejet de chaleur :
3
𝑄𝐿 𝑄𝐿 𝑚
𝑆𝑔𝑒𝑛,𝐿 = 𝑚 𝑠4 − 𝑠3 − = − 𝑚 𝑠3 − 𝑠4 = 𝑇𝑑𝑠 − 𝑇0 𝑠3 − 𝑠4
𝑇0 𝑇0 𝑇0
4 𝑃=𝑃𝐿
La destruction d’exergie correspond à la perte de puissance par rapport à la
puissance potentielle de l’installation donnée par l’équation (1), soit :
𝜓𝑑𝑖 = 𝑇0 𝑆𝑔𝑒𝑛,𝐻 + 𝑇0 𝑆𝑔𝑒𝑛,𝐿 = 𝑊𝑝𝑒𝑟𝑑𝑢𝑒
𝑖 (7)
𝜓𝑑𝑖 𝑇0
= 𝐴𝐻 + 𝐴𝐿 (8)
𝑚 𝑇𝑓
Cette expression montre que, même si les aires 𝐴𝐻 et 𝐴𝐿 sur le diagramme
T-s de la figure 1 sont toutes les deux en relation avec la destruction de la
puissance disponible, la contribution de 𝐴𝐻 à une telle destruction est
relativement diminuée en proportion d’un facteur 𝑇0 𝑇𝑓 . Les dimensions
linéaires horizontales et verticales de l’aire 𝐴𝐻 sont réduites chacune par le
facteur 𝑇0 𝑇𝑓 .
Analyse des irréversibilités externes dans le Cycle de
Rankine-Hirn
𝑇𝑓

𝑇𝑚𝑎𝑥 2 𝑇0
600 𝐴
𝑇𝑓 𝐻
𝐴𝐻

300
𝑇𝐻𝑚
𝑃 = 𝑃𝐻
1 3
𝑇𝐿𝑚 4 1 𝑃 = 𝑃𝐿
4 𝐴𝐿
𝑇0 0

0 5 10 (Fig.1)
→ 𝒔 (𝒌𝑱 𝒌𝒈 ∙ 𝑲)
Analyse des irréversibilités externes dans le Cycle de
Rankine-Hirn
Dans les variantes avancées du cycle de Rankine, les positions des lignes
isobares 𝑃𝐻 et 𝑃𝐿 sont réajustées dans le but de réduire autant que faire se
peut les deux aires 𝐴𝐻 et 𝐴𝐿 . Cependant, réduire ces surface d’une unité
permet un meilleur gain de puissance utile lorsque cette réduction concerne la
surface 𝐴𝐿 plutôt que la surface 𝐴𝐻 .
Le cycle est un système fermé en interaction avec les sources de chaleur 𝑇𝑓 et
𝑇0 , par conséquent, le bilan d’exergie pour un tel système prendra la forme :
𝜓𝑄𝐻 = 𝜓𝑑 + 𝑊𝑛𝑒𝑡 (9)
Dans le cas présent (cycle de Rankine idéal) :
𝑊𝑛𝑒𝑡
= ℎ2 − ℎ3 − ℎ1 − ℎ4 = ℎ2 − ℎ1 − ℎ3 − ℎ4
𝑚
2 3

= 𝑇𝑑𝑠 − 𝑇𝑑𝑠
1 𝑃=𝑃𝐻 4 𝑃=𝑃𝐿
𝜓𝑄 𝐻 𝑇0
= 𝐴𝐻 + 𝐴 𝐿 + 𝐴𝑊𝑛𝑒𝑡 (10)
𝑚 𝑇𝑓
Représentation de l’exergie spécifique fournie au cycle
𝝍𝑸𝑯 𝒎

𝑇
𝟏 𝒌𝑱 𝒌𝒈 ∙ 𝑲

𝑄𝐻 𝑚

𝜓𝑄𝐻 𝑚
𝑇 = 𝑇0

𝜓𝑄𝐻 𝑚

𝑇=0
1 2
1 − (𝑇0 𝑇𝑓 )

1 (Fig.2)
Analyse des irréversibilités externes dans le Cycle de
Rankine-Hirn

Afin d’illustrer la façon dont on peut prendre en considération les


conclusions de l’analyse précédente sur le plan pratique lors de la
conception des installations de puissance, choisissons de fixer la valeur
de la pression 𝑃𝐿 à 1 atm, tandis que 𝑇𝑚𝑎𝑥 est une limite imposée par
des considérations structurelles comme il a été mentionné plus haut.
On s’intéresse à la question de savoir comment le choix d’une valeur
pour 𝑃𝐻 se répercute sur le partitionnement de l’exergie fournie à
l’installation entre puissance produite et destruction d’exergie par les
irréversibilités externes de l’installation. Plus précisément, existe-t-il un
𝑃𝐻 optimum qui maximise le rendement du cycle lorsque les valeurs de
𝑃𝐿 et 𝑇𝑚𝑎𝑥 sont fixées?
L’analyse d’un tel problème donne lieu aux résultats présentés
graphiquement à la figure 3 de la diapositive suivante.
Effet de la pression de vapeur vive sur le rendement
énergétique d’un Cycle de Rankine-Hirn idéal
1 10 100

704 °𝐶

0.4
Vapeur 593 °𝐶
surchauffée à

Rendement
l’état 3

482 °𝐶
𝑇𝑚𝑎𝑥 = 427 °𝐶
0.3

Vapeur humide à 0.2


150 °C 482 °𝐶 l’état 3
593 °𝐶

Pressions
𝑇𝑚𝑎𝑥 = 704 °𝐶
surcritiques
427 °𝐶
100 °C

0.1
(Fig.3)
1 10
→ 𝑷𝑯 (𝑴𝑷𝒂)
Analyse des irréversibilités externes dans le Cycle de
Rankine-Hirn
Les résultats de la figure 3 permettent de tirer principalement les
conclusions suivantes :
1- Dans le domaine des pressions subcritiques, 𝜂 croît avec 𝑃𝐻 , et
parallèlement, l’état de la vapeur à la sortie de la turbine (point 3) se
rapproche progressivement à 𝑃𝐿 = 𝑐𝑡𝑒 du point de rosée, avant de finir sous la
cloche dans le domaine de la vapeur humide.
2- Chaque courbe 𝜂(𝑃𝐻 ) présente un maximum dans le domaine des pressions
surcritiques, ce maximum devenant de moins en moins prononcé à mesure
que 𝑇𝑚𝑎𝑥 augmente.
3- 𝑃𝐻 optimum croît avec 𝑇𝑚𝑎𝑥 . Malheureusement, la quête de valeurs
élevées de 𝑃𝐻 se heurte rapidement au problème d’érosion qui touche les
aubes de la turbine et s’aggrave à mesure que l’humidité de la vapeur à
l’échappement de la turbine augmente.
4- Etant donné que 𝑇𝐿𝑚 reste relativement insensible à 𝑃𝐻 , les courbes 𝜂(𝑃𝐻 )
et l’équation (6) suggèrent que 𝑇𝐻𝑚 atteint un maximum en même temps que
le rendement dans le domaine des pressions surcritiques.
Analyse des irréversibilités internes dans les quatre composants
principaux du Cycle de Rankine-Hirn

Chacun des quatre composants de l’installation de puissance opérant selon le


cycle de Rankine génère de l’entropie. Dans l’analyse précédente du cycle
idéal, cette génération d’entropie qui a lieu à l’intérieur du cycle a été ignorée,
et l’analyse avait concerné uniquement les irréversibilités externes qui
accompagnent les transferts de chaleur entre le cycle et les sources chaude
(𝑇𝑓 ) et froide (𝑇0 ).
A présent, les irréversibilités internes seront analysées et on verra comment
chacune d’elles tend à élargir l’étendue des aires représentant les destructions
d’exergie obtenues précédemment lorsque seules les irréversibilités externes
étaient considérées.
1- CHAUDIERE (1-2) : Voir figure 4 pour les positions des différents états.
𝑄𝐻
𝑆𝑔𝑒𝑛,𝐶𝑕 = 𝑚 𝑠2 − 𝑠1 −
𝑇𝑓
2𝑖

𝑄𝐻 = 𝑚 𝑇𝑑𝑠
1 𝑃=𝑃𝐻
Analyse des irréversibilités internes dans les quatre composants
principaux du Cycle de Rankine-Hirn
Les points 2𝑖 (correspondant au cas idéal) et 2 (correspondant au cas actuel où
les irréversibilités internes sont présentes) sont liés par la condition :
ℎ2 = ℎ2𝑖
ce qui signifie que le point 2𝑖 représente l’état de la vapeur à l’entrée de la
turbine lorsque Δ𝑃𝐻 → 0 en présence du même apport de chaleur actuel
𝑄𝐻 𝑚 . On peut donc écrire :

2𝑖
𝑆𝑔𝑒𝑛,𝐶𝑕 1
= 𝑠2 − 𝑠2𝑖 + 𝑠2𝑖 − 𝑠1 − 𝑇𝑑𝑠
𝑚 𝑇𝑓
1 𝑃=𝑃𝐻
La destruction d’exergie dans la chaudière sera donc :
2𝑖
𝜓𝑑,𝐶𝑕 𝑆𝑔𝑒𝑛,𝐶𝑕 𝑇0
= 𝑇0 = 𝑇0 𝑠2 − 𝑠2𝑖 + 𝑇𝑓 𝑠2𝑖 − 𝑠1 − 𝑇𝑑𝑠
𝑚 𝑚 𝑇𝑓
1 𝑃=𝑃𝐻
𝑇0
𝐴𝐻
𝑇𝑓
Analyse des irréversibilités internes dans les quatre composants
principaux du Cycle de Rankine-Hirn
On voit ainsi que toute chute de pression dans la chaudière s’accompagne d’un
accroissement de la fraction d’exergie disponible qui sera détruite. Notons
cependant que la surface à points (située à droite de la figure 4) et
correspondant à la quantité 𝑇0 𝑠2 − 𝑠2𝑖 ne représente qu’une partie de
l’exergie perdue à cause de la chute de pression Δ𝑃𝐻 .

2- TURBINE : (2-3)
𝑆𝑔𝑒𝑛,𝑇 = 𝑚 𝑠3 − 𝑠2
L’exergie détruite directement par la turbine sera donc :
𝜓𝑑,𝑇 𝑆𝑔𝑒𝑛,𝑇
= 𝑇0 = 𝑇0 𝑠3 − 𝑠2
𝑚 𝑚
Elle est représentée par la surface couverte de hachures horizontales à droite
de la figure 4. Cette destruction d’exergie augmente (la surface qui la
représente s’élargit) lorsque le rendement isentropique (𝜂𝑡 ) de la turbine
décroît.
Il existe également une perte d’exergie indirecte due à l’inefficacité de la
turbine dont nous parlerons lors de l’analyse du condenseur.
Analyse des irréversibilités internes dans les quatre composants
principaux du Cycle de Rankine-Hirn
𝑻𝒇
𝑃𝐻
h = cte 2i 𝑃𝐻 − Δ𝑃𝐻

𝑃𝐻 𝑃 = 𝑃𝐻 3s
3i
1
1s
1 𝑃 = 𝑃𝐿
4 4i 4
h = cte 4’
𝑃𝐿
𝑻𝟎
𝑃𝐿 − Δ𝑃𝐿

(Fig.4)
𝒔
Analyse des irréversibilités internes dans les quatre composants
principaux du Cycle de Rankine-Hirn
3- CONDENSEUR : (3-4)
𝑄𝐿 𝑚 ℎ4 − ℎ3
𝑆𝑔𝑒𝑛,𝐶𝑜𝑛𝑑 = 𝑚 𝑠4 − 𝑠3 − = 𝑚 𝑠4 − 𝑠3 −
𝑇0 𝑇0
𝑚 ℎ3 − ℎ4′
= − 𝑚 𝑠3 − 𝑠4
𝑇0
3
𝑆𝑔𝑒𝑛,𝐶𝑜𝑛𝑑 1
= 𝑇𝑑𝑠 − 𝑠3 − 𝑠4′ + 𝑠4 − 𝑠4′
𝑚 𝑇0
4′ 𝑃=𝑃𝐿
La destruction spécifique d’exergie dans le condenseur sera donc :

3
𝜓𝑑,𝑐𝑜𝑛𝑑 𝑆𝑔𝑒𝑛,𝑐𝑜𝑛𝑑
= 𝑇0 = 𝑇𝑑𝑠 − 𝑇0 𝑠3 − 𝑠4′ +𝑇0 𝑠4 − 𝑠4′
𝑚 𝑚
4′ 𝑃=𝑃𝐿

Ψ
Destruction d’exergie directement due à la chute de pression Δ𝑃𝐿 dans le condenseur,
elle est représentée par la surface à points à gauche de la figure 4.
Analyse des irréversibilités internes dans les quatre composants
principaux du Cycle de Rankine-Hirn

4𝑖
Augmentation de la destruction d’exergie par
Ψ= 𝑇𝑑𝑠 − 𝑇0 𝑠4𝑖 − 𝑠4′ transfert de chaleur au condenseur à cause
de la chute de pression Δ𝑃𝐿
4′ 𝑃=𝑃𝐿
3𝑖
Destruction d’exergie au condenseur en
+ 𝑇𝑑𝑠 − 𝑇0 𝑠3𝑖 − 𝑠4𝑖 l’absence d’irréversibilités internes (cas
idéal), représentée par la surface 𝐴𝐿
4𝑖 𝑃=𝑃𝐿
3𝑠
Augmentation de la destruction d’exergie par
+ 𝑇𝑑𝑠 − 𝑇0 𝑠3𝑠 − 𝑠3𝑖 transfert de chaleur au condenseur à cause
de la chute de pression Δ𝑃𝐻
3𝑖 𝑃=𝑃𝐿
3
Quantité avec laquelle l’irréversibilité de la
+ 𝑇𝑑𝑠 − 𝑇0 𝑠3 − 𝑠3𝑠 détente contribue à l’irréversibilité de
transfert au niveau du condenseur
3𝑠 𝑃=𝑃𝐿
Analyse des irréversibilités internes dans les quatre composants
principaux du Cycle de Rankine-Hirn

4- Pompe : (4-1)
𝑆𝑔𝑒𝑛,𝑝 = 𝑚 𝑠1 − 𝑠4

𝜓𝑑,𝑝
= 𝑇0 𝑠1 − 𝑠4
𝑚
Cette destruction d’exergie est représentée sur la figure 4 par la surface
hachurée avec des lignes horizontale à gauche dans la partie amplifiée de la
figure. Cette destruction d’exergie croît lorsque le rendement isentropique de
la pompe décroît, mais parallèlement, la surface 𝐴𝐻 (et donc l’exergie
détruite par les irréversibilités externes dans la chaudière) décroît. L’effet de ce
qui se passe dans la pompe sur les performances de l’installation est toutefois
négligeable, relativement à l’effet des autres composants analysés ci-dessus.
Analyse des irréversibilités internes dans les quatre composants
principaux du Cycle de Rankine-Hirn
Destruction d’exergie totale due à la chute de pression Δ𝑃𝐻
3𝑠 𝟑𝒔

𝑇0 𝑠2 − 𝑠2𝑖 + 𝑇𝑑𝑠 − 𝑇0 𝑠3𝑠 − 𝑠3𝑖 = 𝑻𝒅𝒔


3𝑖 𝑃=𝑃𝐿 𝟑𝒊 𝑷=𝑷𝑳

Destruction d’exergie totale due à la chute de pression Δ𝑃𝐿


4𝑖

𝑇0 𝑠4 − 𝑠4′ + 𝑇𝑑𝑠 − 𝑇0 𝑠4𝑖 − 𝑠4′


4′ 𝑃=𝑃𝐿

Destruction d’exergie totale due aux irréversibilités de la détente


3 𝟑

𝑇0 𝑠3 − 𝑠2 + 𝑇𝑑𝑠 − 𝑇0 𝑠3 − 𝑠3𝑠 = 𝑻𝒅𝒔


3𝑠 𝑃=𝑃𝐿 𝟑𝒔 𝑷=𝑷𝑳
Augmentation de la valeur moyenne de la haute température
dans un Cycle de Rankine-Hirn par la surchauffe, puis la
resurchauffe

La figure 5 ci-dessous montre comment accroître la température moyenne


supérieure du cycle 𝑇𝐻𝑚 . Tout d’abord, à la figure (5.b), par l’utilisation d’un
surchauffeur, puis à la figure (5.c), par le partage de la détente entre une
turbine haute pression et une turbine basse pression, tout en insérant un
resurchauffeur entre les deux.
Dans le cycle doté d’un surchauffeur et d’un resurchauffeur, il existe une
valeur optimale de la pression de resurchauffe (𝑃𝑖 ) qui maximise le
rendement du cycle pour des valeurs données des paramètres
périphériques 𝑇𝑚𝑎𝑥 ; 𝑃𝐻 et 𝑃𝐿 .
Le coût de ces opérations visant à accroître 𝑇𝐻𝑚 afin d’améliorer le
rendement du cycle, se mesure en termes des équipements
supplémentaires à installer et de l’effort de développement ayant pour
objectif de trouver des matériaux pour les échangeurs de chaleur et les
aubes de turbine capables de supporter les hausses de températures visées
par ses opérations.
Augmentation de la valeur moyenne de la haute température
dans un Cycle de Rankine-Hirn par la surchauffe, puis la
resurchauffe
𝑇𝐻𝑚
𝑃𝐻 𝑃𝑖
2 𝑻𝒎𝒂𝒙
2
(𝑐) 2
(𝑏)
(𝑎)
𝑃𝐿
1 1 1
4 3 4 3 4 3

(𝑎) (𝑏) (𝑐)


Surchauffe resurchauffe

𝑠
(Fig.5)
Les centrales à turbines à vapeur dotées de surchauffeurs ont fait leur
apparition au milieu des années 1920, quand les matériaux dont étaient
fabriquées les aubes des turbines imposaient une limite sur 𝑇𝑚𝑎𝑥 à 400 °C,
tandis qu’à cause des problèmes de corrosion l’humidité de la vapeur à la
sortie de la turbine devait être limitée à 12 %.
Augmentation de la valeur moyenne de la haute température
dans un Cycle de Rankine-Hirn par la surchauffe, puis la
resurchauffe

A cause du fait que l’humidité de la vapeur à la sortie de la turbine (point 3) ne


cesse d’augmenter lorsque la pression 𝑃𝐻 croît, le problème d’érosion
touchant les aubes qui sont au contact de la vapeur humide impose également
une limite sur 𝑃𝐻 , et cette limite n’était que de 30 atm dans les années 1920.
Par conséquent, en plus du fait que la resurchauffe permet d’améliorer le
rendement du cycle, elle réduit l’humidité de la vapeur à la sortie de la turbine
et permet de la maintenir dans les limites de tolérance pour des valeurs
élevées de 𝑇𝑚𝑎𝑥 et 𝑃𝐻 .
Ces limites supérieures de température et de pression ont été repoussées
régulièrement vers des niveaux supérieurs à travers les années, grâce
notamment aux progrès réalisés dans le domaine des matériaux.
Dans les années 1950 et 1960, ces limites culminaient déjà à des valeurs de
l’ordre de 700 °C pour 𝑇𝑚𝑎𝑥 et de 15 MPa et 34 MPa pour 𝑃𝐻 dans le cas des
cycles subcritiques et des cycles surcritiques respectivement.
Réduction de l’irréversibilité externe au condenseur par
abaissement de la pression de condensation

Une autre solution classique adoptée pour augmenter le rendement du cycle à


vapeur, consiste à créer un vide partiel au niveau du condenseur (voir figure 6
ci-après).
En effet, abaisser 𝑃𝐿 en dessous de la pression atmosphérique conduit à la
réduction de la température à laquelle aura lieu la condensation de la vapeur,
et par voie de conséquence, à abaisser la valeur de la température moyenne
inférieure du cycle 𝑇𝐿𝑚 . La surface en couleur un peu plus foncée sur la figure
6 et qui représente l’exergie détruite à travers l’échange de chaleur
condenseur-milieu ambiant, se rétrécit à mesure que 𝑇𝐿𝑚 est abaissée.
Cependant, il n’est pas permis de penser qu’en abaissant suffisamment 𝑃𝐿 , on
pourrait parvenir à éliminer entièrement l’irréversibilité externe côté
condenseur (représentée par la surface 𝐴𝐿 ).
Admettons pour simplifier qu’à la sortie de la turbine (point 3), on est dans le
domaine de la vapeur humide. La perte spécifique d’exergie (surface 𝐴𝐿 ) va
décroître alors proportionnellement à la différence de température (𝑇𝑐𝑜𝑛𝑑 −
𝑇0 ), où 𝑇𝑐𝑜𝑛𝑑 est la température à laquelle a lieu la condensation.
Réduction de l’irréversibilité externe au condenseur par
abaissement de la pression de condensation
En langage thermicien, la limite 𝑇𝐿𝑚 → 𝑇0 nécessite l’utilisation de
condenseurs de conductances (ℎ𝐴) de plus en plus grandes. Parallèlement,
cette façon de faire s’accompagne de pertes de charge au condenseur (∆𝑃𝐿 )
de plus en plus importantes.

𝑇𝐿𝑚
2 2

𝑃𝐿 = 1 𝑎𝑡𝑚 𝑃𝐿 < 1 𝑎𝑡𝑚


𝐴𝐿
(𝑎) 1 𝐴𝐿
(𝑏) 4 3 1
𝑻𝟎 4 3

(𝑎) (𝑏)
𝑠

(Fig.6)
Réduction de l’irréversibilité externe au condenseur par
abaissement de la pression de condensation

En d’autres termes, toute tentative de réduction de la surface 𝐴𝐿


quantifiant les irréversibilités externes au condenseur, s’accompagne de
l’élargissement de la surface 𝐴∆𝑃𝐿 représentant la destruction totale
d’exergie due à l’irréversibilité interne qui provoque la perte de charge ∆𝑃𝐿 .
Ainsi donc, du moins s’agissant du choix d’une valeur de 𝑃𝐿 qui permettrait
de réduire au maximum les irréversibilités, on devrait minimiser, non pas
l’étendue de la surface 𝐴𝐿 seule, mais la somme des surface représentant
les destructions d’exergie dues à l’irréversibilité externe du côté condenseur
et à l’irréversibilité due à la chute de pression ∆𝑃𝐿 .
Cette nécessité de rechercher un compromis entre les irréversibilités
externes et les irréversibilités internes associées au processus de
condensation, est une autre manifestation de la compétition que se livrent
les mécanismes du transfert de chaleur et ceux des écoulements des fluides
à travers les équipements d’échange de chaleur.
Cycle de Rankine régénératif pour l’eau d’alimentation

Un autre moyen d’élever 𝑇𝐻𝑚 est de relever la valeur de la température


d’entrée d’eau d’alimentation à la chaudière. Ceci peut être obtenu en
amenant l’eau sortant de la pompe à un échange de chaleur à contre-
courant à travers les étages de la turbine (figure 7 ci-dessous). Cet échange
de chaleur aura pour conséquence de rapprocher la température du liquide
comprimé à 𝑃𝐻 = 𝑐𝑡𝑒 du point d’ébullition.
L’objectif visé par cette opération est d’éviter la dégradation qui serait due
au transfert mettant au prise la source chaude 𝑇𝑓 avec l’eau alimentaire
immédiatement à sa sortie de la pompe à travers une grande différence de
température.
Lorsque le nombre d’étages de régénération est fini, l’opération demeure
cependant irréversible (transfert de chaleur avec variation de température
𝑇𝑏 − 𝑇𝑐 ).
A la limite d’un nombre d’étages infini, cette distribution de l’irréversibilité
interne disparait et le processus devient réversible. Dans ce cas, la détente
2-3 sera représentée par une ligne continue à l’intérieur de la cloche.
Cycle de Rankine simple avec quatre régénérateurs pour
réchauffer l’eau d’alimentation

Générateur de
𝑃𝐻 2 vapeur 2

𝑎
𝑏 𝑑 𝑐 𝑏
𝑑 𝑎
𝑐
200
Turbine

1 𝑃𝐿
100
4 3 1 4 3
Pompe Condenseur

0 1 2
(Fig.7)
→ 𝒔 (𝒌𝑱 𝒌𝒈 ∙ 𝑲)
Cycle de Rankine régénératif pour l’eau d’alimentation :
Concrétisation pratique de la régénération
Pour concrétiser le concept de la régénération sur le plan pratique, de
nouveaux équipements sont nécessaires, notamment :
 Des échangeurs : à mélange (comme ceux qui sont considérés dans tous
les développements à suivre dans ce chapitre) ou à surface;
 Des pompes : une pour chaque régénérateur à mélange.
Irréversibilités associées au processus de régénération :
 Processus de mélange mettant au prise le liquide à basse température
(sortant de la pompe) avec la vapeur de soutirage souvent surchauffée à
haute température, dans les réchauffeurs à mélange;
 Processus de transfert de chaleur à travers une différence de température
séparent l’écoulement liquide de l’écoulement vapeur, dans un réchauffeur
à surface.
L’irréversibilité de chaque étage de régénération dépend des différences de
température qui le sépare des réchauffeurs adjacents, ainsi que de celle qui
règne en son sein entre l’eau d’alimentation et la vapeur de soutirage qui lui
est destinée. Par conséquent, l’efficacité d’un schéma de régénération
dépendra de la façon dont les soutirages seront répartis le long de la turbine.
Cycle à vapeur à surchauffe comportant une série de
régénérateurs à mélange et de pompes alimentaires

𝑚 𝑖 ; ℎ𝑖 :
liquide
saturé vers
la pompe
(i+1) 𝑚𝑖 − 𝑚𝑖−1 ; ℎ𝐼 :
vapeur en
provenance du
soutirage (i)
𝑃𝑖+1 Régénérateur
à mélange (i)

𝑖+1
𝑃𝑖 𝑊𝑝𝑖 Pompe (i)

𝑖
𝑃𝑖−1
𝑖−1 𝑚𝑖−1 ; ℎ𝑖−1 : liquide
saturé en provenance
du régénérateur (i-1)
𝑻
𝑫é𝒕𝒂𝒊𝒍 𝒅𝒆 𝒍′ é𝒕𝒂𝒈𝒆 (𝒊)

𝒔 (Fig.8)
Cycle de Rankine régénératif pour l’eau d’alimentation :
Répartition Optimale d’un nombre donné de réchauffeurs
Hypothèses du problème : Paramètres périphériques fixés
(𝑃𝐻 ; 𝑃𝐿 ; 𝑇𝑚𝑎𝑥 ; 𝜂𝑡 ; 𝜂𝑝 )
La seule décision qui reste à prendre sur le plan conceptuel concerne le
positionnement des soutirages pour (𝑛) régénérateurs à mélange le long de la
turbine. L’objectif étant de maximiser le rendement thermique du cycle
donné par :
𝑚 0 ℎ 3 − ℎ4
𝜂𝑡𝑕 = 1 − (11)
𝑚 𝑛 ℎ 2 − ℎ𝑛
Les enthalpies aux états 1, 2, 3 et B sont fixées (voir figure 9).
Admettons que ℎ𝑛 , enthalpie de l’eau d’alimentation à l’entrée de la
chaudière, soit fixée à son tour, même si sa valeur résulte directement de la
position du nème réchauffeur. Cette hypothèse sera reconsidérée plus tard.
𝑚0 : Débit de fluide de cycle à travers le condenseur
𝑚𝑛 : Débit de fluide de cycle à travers la chaudière (𝑚𝑛 > 𝑚0 )
En examinant l’équation (11) à la lumière des hypothèses ci-dessus, on arrive
à la conclusion suivante :
maximiser 𝜂𝑡𝑕 ⇔ maximiser 𝑚𝑛 𝑚0
Diagrammes T-s et h-s montrant la distribution des n
régénérateurs à mélange d’un cycle à vapeur à surchauffe
2

(𝑆)𝑖
Ligne de
𝑃𝐻
rosée
3
Point critique 𝑃𝑖

𝑃𝐿
𝛽𝑖

2
B
𝑟𝑖+1 B (𝑆)𝑛
n
i i+1
0 i-1 𝑃𝑖 (𝑆)𝑖
𝑟𝑖 i
4
Ligne 1 (𝑆)1
𝒉 d’ébullition
𝑻 0
4 3
𝒔 𝒔 (Fig.9)
Cycle de Rankine régénératif pour l’eau d’alimentation :
Répartition Optimale d’un nombre donné de réchauffeurs
L’application du premier principe de la thermodynamique à un réchauffeur (i)
–voir figure 8 -, permet d’écrire:
𝑚𝑖−1 ℎ𝑖−1 + 𝑚𝑖 − 𝑚𝑖−1 ℎ𝐼 + 𝑊𝑝𝑖 = 𝑚𝑖 ℎ𝑖 (12)
ℎ𝐼 , étant l’enthalpie de la vapeur extraite de la turbine au soutirage (i).
L’enthalpie de l’eau d’alimentation ℎ𝑖 est celle du liquide saturé à la pression
de soutirage 𝑃𝑖 . Dans le modèle de calcul considéré ici, il est admis que la
puissance de la pompe 𝑊𝑝𝑖 peut être négligée. C’est la raison qui autorise la
représentation des réchauffeurs par une série de points (1, … . . , 𝑖, … … , 𝑛) le
long de la courbe d’ébullition sur les figures 8 et 9. L’équation (12) ci-dessus
s’écrit à présent :
𝑚𝑖 𝑚𝑖
ℎ𝑖−1 + − 1 ℎ𝐼 = ℎ𝑖
𝑚𝑖−1 𝑚𝑖−1
𝑚𝑖 ℎ𝐼 − ℎ𝑖−1 (ℎ𝐼 −ℎ𝑖 ) + (ℎ𝑖 −ℎ𝑖−1 ) 𝑟𝑖
= = = 1 + > 1 (13)
𝑚𝑖−1 ℎ𝐼 − ℎ𝑖 ℎ𝐼 − ℎ𝑖 𝛽𝑖
𝑟𝑖 = (ℎ𝑖 −ℎ𝑖−1 ): Elévation d’enthalpie de l’eau d’alimentation à travers le
réchauffeur (i) et 𝛽𝑖 = (ℎ𝐼 −ℎ𝑖 ): Chute d’enthalpie subie par la vapeur
soutirée pour le réchauffeur (i).
Cycle de Rankine régénératif pour l’eau d’alimentation :
Répartition Optimale d’un nombre donné de réchauffeurs

La relation de récurrence représentée par l’équation (13) montre qu’on peut


exprimer le rapport de débits à maximiser par le produit :
𝑛
𝑚𝑛 𝑟𝑖
= 1+ (14)
𝑚0 𝛽𝑖
𝑖=1
Le fait que la sélection de chaque pression de soutirage a un effet de
maximisation sur le produit ci-dessus sera illustré par l’analyse du cas où
seule la pression 𝑃𝑖 du soutirage (i) serait variable. C’est-à-dire, le cas où les
conditions à l’entrée et à la sortie des (n-1) réchauffeurs restants, soit
1, … 𝑖 − 1 et 𝑖 + 1, … , 𝑛, sont fixes. En termes géométriques, la variation de la
pression 𝑃𝑖 correspond au déplacement du point (i) entre les points (i-1) et
(i+1) le long de la courbe d’ébullition. Cela signifie également que 𝑟𝑖 et 𝑟𝑖+1
varient sous la contrainte (voir figure 9) :
𝑟𝑖 + 𝑟𝑖+1 = 𝑟 = 𝑐𝑡𝑒 (15)
Dans ces conditions, deux termes seulement parmi ceux du produit de
l’équation (14) seront susceptibles de varier, il s’agit du produit :
Cycle de Rankine régénératif pour l’eau d’alimentation :
Répartition Optimale d’un nombre donné de réchauffeurs

𝑚𝑖+1 𝑚𝑖+1 𝑚𝑖 𝑟𝑖 𝑟𝑖+1 𝑟𝑖 𝑟 − 𝑟𝑖


= ∙ = 1+ 1+ = 1+ 1+
𝑚𝑖−1 𝑚𝑖 𝑚𝑖−1 𝛽𝑖 𝛽𝑖+1 𝛽𝑖 𝛽𝑖+1
La maximisation de cette expression sera considérablement simplifiée en
remarquant que 𝛽𝑖 est pratiquement indépendante de 𝑟𝑖 , on peut poser dans
ce cas :
𝛽𝑖 ≅ 𝛽𝑖+1 = 𝛽 (16)
et l’expression à maximiser devient :
𝑚𝑖+1 𝑟𝑖 𝑟 − 𝑟𝑖
= 1+ 1+ (17)
𝑚𝑖−1 𝛽 𝛽
On aura donc :
𝑑 𝑚𝑖+1 1 𝑟 − 𝑟𝑖 1 𝑟𝑖
= 1+ − 1+ =0
𝑑𝑟𝑖 𝑚𝑖−1 𝛽 𝛽 𝛽 𝛽
Ce qui conduit à la solution optimale suivante :
𝑟 𝑟 (18)
𝑟𝑖 𝑜𝑝𝑡 = 𝑒𝑡 𝑟𝑖+1 𝑜𝑝𝑡 =
2 2
Cycle de Rankine régénératif pour l’eau d’alimentation :
Répartition Optimale d’un nombre donné de réchauffeurs

En conclusion, on peut dire que la position optimale du réchauffeur (i) est


celle qui divise en deux parties égales l’élévation d’enthalpie du liquide entre
les réchauffeurs (i-1) et (i+1).
Le raisonnement ayant mené à cette conclusion peut être reconduit pour deux
autres réchauffeurs adjacents quelconques. En définitive, on arrive au résultat
que le produit de l’équation (14) dans son intégralité atteint son maximum
lorsque les n réchauffeurs sont répartis à égale différence d’enthalpie les uns
des autres, entre les états (0) et (n) le long de la courbe d’ébullition.
Autrement dit, lorsque l’élévation totale d’enthalpie de l’eau d’alimentation
(ℎ𝑛 − ℎ0 ) est divisée de façon égales entre les n réchauffeurs.
Il reste à présent à déterminer la position optimale du dernier réchauffeur (n)
par rapport au commencement du processus d’évaporation en (B). Ceci
revient à décider de combien faudrait-il préchauffer l’eau liquide dans la
chaudière (économiseur) avant que l’ébullition proprement dite ne
commence.
Cycle de Rankine régénératif pour l’eau d’alimentation :
Répartition Optimale d’un nombre donné de réchauffeurs
Le flux de chaleur dont il est question ici et qui s’exprime comme suit :
𝑄𝑛−𝐵 = 𝑚𝑛 ℎ𝐵 − ℎ𝑛
provient de la source chaude 𝑇𝑓 . Il n’y aura donc aucune différence si ce flux
était d’abord absorbé par une entité intermédiaire, puis utilisé seulement plus
tard pour préchauffer l’eau de n à B. Une telle entité intermédiaire pourrait
être représentée par un débit d’eau plus important à travers la chaudière,
soit 𝑚𝑛+1 > 𝑚𝑛 ce débit (voir figure 10). On a alors :
𝑚𝑛 ℎ2 − ℎ𝑛 = 𝑚𝑛+1 ℎ2 − ℎ𝐵 = 𝑄𝑛−𝐵 + 𝑄𝐵−2
A gauche de la figure 10, on a représenté la partie supérieure du diagramme
T-s de la figure 9. On arrive à la conclusion qu’un cycle équivalent à celui de la
figure 9 est un cycle où l’eau d’alimentation est préchauffée de n à B au sein
d’un réchauffeur additionnel grâce à un soutirage de vapeur situé directement
en amont de la turbine, à l’état (2). Le débit d’eau à l’entrée de ce réchauffeur
(n+1) est 𝑚𝑛 , le débit du soutirage de vapeur surchauffée qui lui est destiné
est (𝑚𝑛+1 − 𝑚𝑛 ) et le débit massique à travers la chaudière, entre les états B
et 2, est 𝑚𝑛+1 . Dans ces conditions, le rendement du cycle peut s’exprimer
ainsi :
Equivalence du cycle précédent à n régénérateurs à mélange
avec un cycle à (n+1) régénérateurs à mélange et une eau
d’alimentation à l’état de liquide saturé à l’entrée du
générateur de vapeur

𝑚0 ℎ3 − ℎ4
𝜂𝑡𝑕 =1−
𝑚𝑛+1 ℎ2 − ℎ𝐵

2 𝑄𝑛−𝐵 + 𝑄𝐵−2 2

𝑄𝐵−2
𝑚𝑛 𝑚𝑛+1 𝑚𝑛
𝑚𝑛 B
𝑄𝑛−𝐵 ou
B n+1
𝑚𝑛 𝑚𝑛+1
n 𝑚𝑛 n 𝑚𝑛

𝑻 𝑚𝑛+1 − 𝑚𝑛

𝒔 (Fig.10)
Cycle de Rankine régénératif pour l’eau d’alimentation :
Répartition Optimale d’un nombre donné de réchauffeurs
𝑚 0 ℎ3 − ℎ4
𝜂𝑡𝑕 =1− (19)
𝑚𝑛+1 ℎ2 − ℎ𝐵

Ce rendement est exactement le même que celui donné par l’équation (11).
Dans cette dernière expression, toutes les enthalpies sont fixées. Maximiser le
rendement revient donc une fois de plus à maximiser le rapport :
𝑚𝑛+1
𝑚0
Conformément à l’analyse effectuée ci-dessus, le rendement sera maximum
lorsque l’élévation totale d’enthalpie de l’eau d’alimentation jusqu’à son point
d’ébullition à 𝑃 = 𝑃𝐻 , soit ℎ𝐵 − ℎ0 , sera partagée de façon égale entre les
(n+1) réchauffeurs. Ce qui signifie que la pression optimale d’entrée d’eau à la
chaudière, dans la configuration de cycle originelle, état (n), est donnée par la
condition :
ℎ𝐵 − ℎ𝑛 1

ℎ𝐵 − ℎ0 𝑛+1
où (n) est le nombre de réchauffeurs actuel.
Cycle de Rankine régénératif pour l’eau d’alimentation :
Répartition Optimale d’un nombre donné de réchauffeurs
La figure 11 présente les courbes de performance d’un cycle à vapeur
régénératif pour différentes valeurs du nombre de réchauffeurs utilisés. Les
maxima des courbes correspondent à une répartition des réchauffeurs suivant
la règle d’optimalité établie ci-dessus. En ordonnées, nous avons "la réduction
relative de chaleur fournie, attribuée à l’utilisation de n réchauffeurs à
mélange" :
𝑄𝐻 0 − 𝑄𝐻 (𝑛)
𝑌= (20)
𝑄𝐻 0 − 𝑄𝐻 (∞)
En abscisses, on a "l’élévation relative d’enthalpie pour l’eau d’alimentation" :
ℎ𝑛 − ℎ0
𝑋= (21)
ℎ𝐵 − ℎ0
La figure montre qu’à mesure que le nombre de réchauffeurs (n) augmente, la
réduction de la chaleur fournie due à un ajout d’un réchauffeur
supplémentaire décroît, tandis que l’enthalpie ultime optimale ℎ𝑛 de l’eau à la
sortie du dernier régénérateur, se rapproche de ℎ𝐵 .
Réduction relative de la consommation de chaleur 𝑄𝐻 due à
l’utilisation de n régénérateurs à mélange.
𝑃𝐻 = 82.6 𝑎𝑡𝑚; 𝑃𝐻 = 0.0334 𝑎𝑡𝑚; 𝑇𝑚𝑎𝑥 = 482 °𝐶
1

10
8
6
5
4
3

0.5
n=1

0 (Fig.11)
0 0.5 1
→ 𝑋
Cycle de Rankine à resurchauffe et régénération
De toute évidence, si la régénération peut améliorer le rendement d’un cycle à
simple surchauffe, elle doit également pouvoir le faire avec un cycle à
resurchauffe. Cette prédiction est basée sur la similitude des parties basses
températures des isobares 𝑃𝐻 appartenant aux deux cycles dans le domaine
liquide. En effet, dans les deux cas, le recours à la régénération promet
d’éliminer le processus de transfert de chaleur externe à basse température
vers l’eau d’alimentation pour la préchauffer jusqu’à la température de
saturation correspondant à 𝑃𝐻 .
L’élément nouveau dans le cycle à resurchauffe est le resurchauffeur dont se
dote la chaudière et au sein duquel la vapeur, après avoir subi une détente
partielle à travers la turbine haute pression, revient pour y recevoir à pression
𝑃𝑅 constante le flux de chaleur supplémentaire 𝑄𝑅 .
Soient (i+1) et (i) les soutirages qui, au terme du processus d’optimisation,
sont placés respectivement juste avant et juste après le surchauffeur. Il est
clair d’après l’analyse précédente que l’optimisation de la répartition des
réchauffeurs amont (i+1,…, n) et aval (1,…,i) nous conduira à la conclusion que
l’élévation totale d’enthalpie correspondante pour l’eau d’alimentation sera
divisée de façon égale sur les réchauffeurs concernés dans chaque cas.
Cycle de Rankine à resurchauffe et régénération
Ceci est illustré à la figure 11 ci-après par deux séries de points équidistants
placés le long de la courbe d’ébullition. L’espacement caractérisant chacune
des deux séries de points est différent. Il reste donc à déterminer la seule
inconnue du problème, à savoir la valeur relative des deux accroissements
d’enthalpie caractérisant d’une part, 𝑟𝑖+1 , l’espacement des réchauffeurs HP et
d’autre part, 𝑟𝑖 , celui des réchauffeurs BP.
Le rendement thermique du cycle est donné dans ce cas par :
𝑄𝑐
𝜂𝑡𝑕 = 1 − (22)
𝑄𝐵 + 𝑄𝑅
où 𝑄𝑐 représente les rejets de chaleur au condenseur, 𝑄𝐵 , la chaleur fournie
dans l’ensemble économiseur-évaporateur-surchauffeur et 𝑄𝑅 , la chaleur
fournie au niveau du surchauffeur.
L’expression du rendement peut également prendre la forme :
Δℎ𝑐
𝜂𝑡𝑕 = 1 − (23)
𝑄𝐵 𝑚0 + 𝑄𝑅 𝑚0
avec Δℎ𝑐 = ℎ3 − ℎ4 et 𝑚0 : débit au condenseur
Positionnement optimum de régénérateurs à mélange autour du
resurchauffeur d’un cycle à vapeur

𝑚𝑛 𝑚𝑖 𝑄𝑅
En provenance du Resurchauffeur Vers le 𝑃𝑅
surchauffeur 𝑚0 condenseur
𝑃𝑅 𝑻 = 𝑻𝒎𝒂𝒙
2
Turbine HP Turbine BP 𝑄𝑅

3
𝑚𝑛 𝑚𝑖 𝑚0 𝑃𝐻
𝑛 𝑖 1
𝑃𝑖+1 𝑃𝑖
𝑖+1
Séquence de n
régénérateurs à mélange
𝑃𝐿

𝒉
B
n
n-1
𝑟𝑖+1 𝒔
i+1
i
i-1
1
0 𝑟𝑖
4
(Fig.11)
Cycle de Rankine à resurchauffe et régénération
D’après la dernière expression du rendement, il est clair que :
𝑚𝑎𝑥 𝜂𝑡𝑕 ⇔ 𝑚𝑎𝑥 𝑄𝐵 𝑚0 + 𝑄𝑅 𝑚0
Il s’agit de trouver la pression du soutirage (i), soit 𝑃𝑖 , (ou 𝑟𝑖 ) correspondant à
ce maximum tout en gardant fixes les autres paramètres, y compris les
positions des (i-1) soutirages situés après le soutirage (i) et celles des (n-i)
soutirages situés avant lui. Cela signifie que les rapports suivants sont fixés:
𝑚𝑖−1 𝑚𝑛
= 𝑘0 𝑒𝑡 = 𝑘𝑛 (24)
𝑚0 𝑚𝑖+1
où les constantes 𝑘0 et 𝑘𝑛 dépendent du nombre de réchauffeurs répartis de
manière optimale de part et d’autre du réchauffeur (i).
Il est aisé de montrer que (voir la relation de récurrence (13)) :
𝑄𝐵 𝛼𝑖 𝛼𝑖+1
= 𝑘0 𝑘𝑛 Δℎ𝐵 (25)
𝑚0 𝛽𝑖 𝛽𝑖+1
𝑄𝑅 𝛼𝑖
= 𝑘0 Δℎ𝑅 (26)
𝑚0 𝛽𝑖
où: 𝛼𝑖 = 𝛽𝑖 + 𝑟𝑖 et 𝛼𝑖+1 = 𝛽𝑖+1 + 𝑟𝑖+1 (27)
Cycle de Rankine à resurchauffe et régénération
La différence d’enthalpie ℎ𝑖+1 − ℎ𝑖−1 est fixe, on a donc la contrainte :
𝑟𝑖 + 𝑟𝑖+1 = 𝑟 = 𝑐𝑡𝑒
On peut à présent écrire :
𝑑 𝑄𝐵 𝑄𝐵 1 1
= −
𝑑𝑟𝑖 𝑚0 𝑚0 𝛼𝑖 𝛼𝑖+1
𝑑 𝑄𝑅 𝑄𝑅 1
=
𝑑𝑟𝑖 𝑚0 𝑚 0 𝛼𝑖
Identifiant la somme de ces deux dérivées à zéro, on obtient le résultat
recherché :
𝛼𝑖 𝑟𝑖 + 𝛽𝑖 𝑄𝑅
= =1+ (28)
𝛼𝑖+1 𝑟𝑖+1 + 𝛽𝑖+1 𝑄𝐵
Dans cette expression, les chutes d’enthalpie de la vapeur de soutirage 𝛽𝑖 et
𝛽𝑖+1 ont été traitées comme des constantes, mais ces deux quantités sont
différentes : 𝛽𝑖 − 𝛽𝑖+1 = Δ𝛽 > 0
La règle d’optimalité ci-dessus peut être récrite sous une forme qui met en
évidence la façon dont 𝑟𝑖 est lié à 𝑟𝑖+1 :
Cycle de Rankine à resurchauffe et régénération
𝑄𝑅
𝑟𝑖 − 𝑟𝑖+1 = 𝛽𝑖+1 + 𝑟𝑖+1 − Δ𝛽 (29)
𝑄𝐵
L’analyse quantitative de cette expression basée sur les valeurs pratiques du
rapport 𝑄𝑅 𝑄𝐵 (qui n’est pas négligeable devant l’unité) et de l’ordre de
grandeur de 𝛽𝑖+1 , montre que 𝑟𝑖 doit être supérieur à 𝑟𝑖+1 d’une certaine
quantité optimale.
En résumé, les états de l’eau d’alimentation aux sorties des n réchauffeurs
doivent être répartis à équidistance les uns des autres, en deux séries le long
de la courbe d’ébullition, de sorte que la série supérieure ait une densité
supérieure à la série inférieure, selon la manière indiquée par l’équation (29).
Remarques
Même si la resurchauffe et la régénération conduisent toutes les deux à des
améliorations de rendement, le gain réalisé par chacune de ces deux méthode
pratiquée séparément est plus important.
Le rendement est bien entendu plus élevé lorsque la régénération et la
resurchauffe sont utilisées simultanément, mais l’impact de l’une ou l’autre de
ces deux techniques dépendra du fait que l’autre technique a été ou n’a pas
été appliquée au préalable. Ceci est illustré à la figure 12 ci-après.
Effet d’une interaction entre resurchauffe et régénération sur la
performance d’un cycle à vapeur

∆𝜂
𝜂

Resurchauffe Régénération

Oui Oui
Non Non
(Fig.12)
Effet de la régénération sur le rendement d’un cycle à resurchauffe
La figure 13 ci-dessous donne une illustration plus concrète de cette
interaction entre la resurchauffe et la régénération. Elle présente
l’accroissement relatif de rendement pour un cycle à resurchauffe utilisant un
nombre de réchauffeurs variable. On peut noter l’existence d’une valeur
optimale de la pression de resurchauffe qui augmente avec le nombre de
réchauffeurs utilisés. Remarquons ensuite que le gain relatif de rendement dû
à la resurchauffe décroît lorsque le nombre de réchauffeurs augmente.
0.08
𝑛=0
𝑃𝐻 = 100 𝑎𝑡𝑚
∆𝜂 𝑃𝐿 = 0,05 𝑎𝑡𝑚
𝜂 2 𝑇𝑚𝑎𝑥 = 538 °𝐶
4
0.04 8

(Fig.13)
0
0 10 20 30 40 50 60
Pression de resurchauffe (atm)

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