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Essais sur les ciments

par
S. AIT SAID
Chef d’Unité Physico-Chimie
Département Matériaux et Composants
CNERIB / Avril 2009

Introduction
Afin de s’assurer de la qualité et de la conformité des ciments il est rendu nécessaire de réaliser un
contrôle par la réalisation d’essais spécifiques avec des moyens matériels appropriés. Les essais
effectués sur les ciments sont des essais normalisés. Ils permettent de contrôler la conformité du
produit aux spécifications précisées dans les normes. Les essais les plus courants sont les suivants :

- essai de consistance
- essai de prise
- essai de stabilité
- essai de retrait et gonflement
- essais mécaniques
- Analyse chimique

Ces essais sont en général réalisés au laboratoire.

1.Essai de consistance

Cet essai a pour but de déterminer la quantité d’eau nécessaire et suffisante à l’hydratation du
ciment. La pâte pure gâchée avec la quantité d’eau ainsi déterminée est désignée par l’appellation ‘’
pâte normale’’.

1.1 Matériel utilisé

Il s’agit de l’appareil de Vicat. Il peut être muni :

- soit de la sonde de consistance


- soit de l’aiguille de Vicat, pouvant être munie d’un accessoire annulaire

La sonde de consistance et aiguille + porte aiguille ont la même masse. L’ensemble de la partie
mobile a une masse de 300 g.

L ‘appareil est muni d’un plateau supérieur solidaire de la partie mobile, pouvant recevoir des
masses supplémentaires.

Une graduation [ réglable en hauteur ] permet de mesurer la distance qui sépare le dessous de la
sonde ou de l’aiguille [ face inférieure ] de la plaque de base. La pâte préparée est placée dans un
‘’ moule tronconique’’ de diamètres intérieurs, supérieur et inférieur de 80 mm et 70 mm
respectivement pour une hauteur de 40 mm posé sur sa grande base.
1.2 Fabrication de la pâte

On prend une quantité de ciment de 500 g.

Au départ on fait une hypothèse sur la quantité d’eau pour commencer. Cette quantité d’eau est
exprimée en pourcentage du poids du ciment. Par exemple on prend 25% soit 125 g d’eau.

On met la quantité d’eau dans le récipient du malaxeur, on y ajoute le ciment. On met le malaxeur en
route immédiatement en le faisant tourner à la vitesse lente pendant 90 s.

On arrête le malaxeur pendant 15 s durant lesquelles on nettoie les parois de la cuve au-delà de la
zone de malaxage. On remet en route à la vitesse lente pendant 90 s.

On remplit le moule avec cette pâte et l’on arase l’excès. La sonde de consistance est en place sur
l’appareil de vicat. On place ensuite le moule et son support sur le socle de l’appareil. Le zéro de la
graduation étant en place, on immobilise la sonde au contact de la pâte.

Lâcher cette sonde sans vitesse initiale, elle s’enfoncera plus ou moins profondément dans la pâte.
Noter l’indication de l’index lors de l’arrêt.

La pâte est à ‘’ consistance normale ‘’ si l’épaisseur ainsi mesurée est de 6 mm ± 1 mm


[ distance entre l’extrémité de la sonde et la plaque de base] .

. si l’épaisseur est supérieure à 7 mm, il n’y a pas assez d’eau


. si l’épaisseur est inférieure à 5mm, il n’y a trop d’eau

Dans les deux cas jeter la pâte, nettoyer et sécher le matériel. Recommencer avec une nouvelle
quantité d’eau jusqu'à obtenir celle, correspondant à une ‘’ consistance normale ‘’

2.Essai de prise

- On prépare comme précédemment une pâte à consistance normale.


- On enlève la sonde que l’on remplace par l’aiguille sur l’appareil de Vicat (voir figure1).
- On remplit le moule avec la pâte de ciment.
-

Figure1 : Appareil de Vicat


2.1 Début de prise

Avant d’effectuer la mesure, le moule rempli de pâte est conservé dans une enceinte ou règne une
température de 20 °C ± 1et une humidité relative H.R de 90 %.

Au temps opportun, on place le moule sous l’aiguille sur l’appareil de vicat. On abaisse l’aiguille
jusqu’a ce qu’elle arrive au contact de la pâte. On marque une pose de 1 à 2 secondes à cette
position.

Lâcher rapidement l’ensemble mobile, l’aiguille pénètre ainsi verticalement dans la pâte.
On répète l’essai de pénétration sur l’éprouvette a des positions espacées de 10 mm a des intervalles
de 10 minutes.

Pendant le temps d’attente, l’éprouvette est conservée comme au début, à T= 20 °C ± 1 et une


humidité relative H.R de 90 %.

On nettoie l’aiguille de Vicat aussitôt après chaque pénétration. On enregistre comme temps de
début de prise, l’intervalle de temps qui s’est écoulé depuis l’instant initial c’est à dire [ t=0
]jusqu’au moment ou l’aiguille s’arrêter à une distance de 4 mm par rapport à la plaque de base.

2.2 Fin de prise

retourner le moule rempli utilisé précédemment de façon telle que l’essai soit fait sur la face de
l’éprouvette primitivement en contact avec la plaque de base.

On munit l’aiguille de l’accessoire annulaire. Enregistrer comme temps de fin de prise, l’intervalle
de temps au bout duquel l’aiguille ne pénètre plus qu’à 0,5 mm dans l’éprouvette.

Ce temps correspond à celui au bout duquel l’accessoire annulaire ne laisse plus de trace à la surface
de l’éprouvette.

3.Essai de stabilité

Il s’agit de déterminer dans quelle mesure le mortier fabrique avec un liant hydraulique déterminé
réagit sous l’effet de deux corps susceptibles de provoquer son expansion :

• Le sulfate de chaux [ essai de déformation à froid ]


• La magnésie [ essai de déformation à chaud ]

3.1 Matériel utilisé

On utilise des moules en laiton ( moules Lechatelier) munis de deux aiguilles soudées de part et
d’autre d’une fente longitudinale. Si le matériau dans le moule gonfle, l’extrémité des aiguilles
s’écartent.

Les moules cylindriques ont un diamètre de 30 mm et une hauteur de 30 mm. Pour l’expansion à
chaud on utilise la bouilloire pour porter les éprouvettes à ébullition (voir figure 2)
Figure 2 : Bouiloire et aiguilles Lechatelier

3.2 Mode opératoire

On prépare comme précédemment, une pâte de ‘’consistance normale’’. On remplit trois 03 moules
que l’on arase. Chaque moule est disposé entre deux plaques de verres plans supérieurs et inférieurs.

Les moules sont immédiatement plongés dans un bain d’eau ou une enceinte ou règne une
température de 20 °C ± 1 et une humidité relative H.R de 98 %.

Lester au besoin les plaques supérieures à l’aide de poids supplémentaires.


Au bout de 24 heures on mesure à 0,5 mm près l’écartement des aiguilles eo .

• Expansion à chaud

On chauffe graduellement les moules pour les porter à ébullition en 30 mn. On maintient cette
ébullition pendant 3 heures ± 5 mn.

Au bout de cette période, on mesure l’écartement des aiguilles ec.


On enregistre pour chaque éprouvette la différence ec - eo qui représente l’expansion.

• Expansion à froid

On maintient les éprouvettes dans le bain [ T= 20 °C et 98 % H.R ] et au bout de 7 jours :

- On mesure l’écartement des aiguilles e f


- On enregistre la différence e f - - ec

On prend la valeur moyenne des mesures effectuées.

Dans tous les cas, l’expansion mesurée doit être inférieure à 10mm sur pâte pure
4.Essai de retrait et de gonflement

Ces essais ont pour but de mesurer, en fonction du temps, la variation de longueur d’éprouvettes
prismatiques de dimensions [ 40 x 40 x 160 ] mm en mortier ou pâte pure conservée :

• Dans l’air pour l’essai de retrait

• Dans l’eau pour l’essai de gonflement

4.1 Fabrication du mortier normal

Le mortier normal se compose en masse d’une partie du liant à essayer, de trois parties de sable
normal et d’une partie d’eau. Dans le cas de la préparation d’un moule compose de 3 éprouvettes [
40x40x160 ] mm. La proportion de chacun des constituants est de :

• Sable normal sec 1350 g


• Liant 450 g
• Eau 225 g

Le sable normal est un sable naturel, siliceux, propre a grains arrondis et secs. Sa courbe granulome
trique déterminée par tamisage doit se trouver a l’intérieur du fuseau défini par le tableau suivant :

Tamis Refus cumulés


m/m %
0,08 98 ± 2
0,16 88 ± 5
0,50 67 ± 5
1,00 33 ± 5
1,60 5±5
2,00 0

On utilise un malaxeur de laboratoire pour la fabrication du mortier (voir figure 3)

Figure 3 : Malaxeur de laboratoire


4.2 Gâchage du mortier

Verser l’eau dans le récipient, le malaxeur étant en marche, ajouter le liant.

On malaxe a la vitesse lente pendant une minute, dans le 30 dernières secondes, introduire le sable.

Mettre le malaxeur a la vitesse rapide pendant deux 02 minutes. Arrêter, nettoyer les parois latérales
du récipient.

Reprendre le malaxage pendant 2 minutes à vitesse rapide. Le moule muni de 6 plots de mesure est
mis en place sur l’appareil à chocs [ 60 coups / minute] (voir figure 4).

Figure 4 : Appareil à chocs

On forme avec la gâchée une galette rectangulaire découpée en 6 parts approximativement égales.
On verse une première part dans chacun des compartiments du moule. On soumet le moule à une
série de chocs répétés sur l’appareil à chocs. On verse une deuxième part dans chacun des
compartiments pour remplir le moule. On soumet encore une fois le moule à une série de chocs.
On arase le moule, il est conservé dans une armoire humide [ T= 20 °C et 98 % HR]. Le moule
utilisé est un moule normalisé comportant trois compartiment de dimension 4x4x16 (cm).
(voir la figure 5 ci-dessous).

Figure 5 : Moules 4x4x16


On démoule à 24 heures. On mesure la longueur L 0 .

- Pour le retrait les éprouvettes sont conservées dans l’air [ T= 20 °c et 50 % HR]

- Pour le gonflement, les éprouvettes sont conservées dans l’eau [ T= 20 °c et 98 % HR]

L’appareil servant a mesurer les variations de longueur est un dilatomètre à comparateur.


(Voir figure 6 ci-dessous)

Figure 6 : Dilatomètre à comparateur

On mesure L 0 au démoulage.
On mesure les variations les 3ième, 7ième et 28 ième jours.
Si ∆L est la variation de longueur ainsi mesurée, les valeurs du retrait ou gonflement sont exprimes
par :

∆L
---- x 10 6 µm / m
L0

Les mesures sont faites sur trois éprouvettes dont on retient la moyenne.

5.Essais mécaniques
Les essais consiste à déterminer les résistances à la compression et à la traction par flexion des
éprouvettes de mortiers de ciment de 4 x 4 x 16 (cm). Les éprouvettes sont confectionnées dans des
moules métalliques prismatiques.

3.2 Mode opératoire

Verser l’eau dans le malaxeur et introduire le ciment. Mettre le malaxeur en marche à petite vitesse
et après 30 s introduire le sable pendant les 30 s suivantes. Mettre ensuite le malaxeur à sa vitesse
rapide et continuer à mélanger pendant 30 s supplémentaires. Arrêter le malaxeur pendant 1 mn 30 s.
Pendant les 15 premières secondes enlever au moyen d’une raclette en caoutchouc tout le mortier
adhérent aux parois et au fond du malaxeur en le repoussant vers le milieu de celui-ci. Reprendre
ensuite le malaxage à grande vitesse pendant 60 s. Fixer le moule et sa hausse à la table à choc.
Introduire en plusieurs fois, la première de deux couches de mortier dans chaque compartiment du
moule et étaler la couche uniformément en utilisant la spatule.

Serrer la première couche de mortier par 60 chocs. Introduire la seconde couche de mortier, niveler
avec une spatule et serrer à nouveau par 60 chocs. Retirer le moule de la table et enlever
immédiatement l’excès de mortier et lisser la surface des éprouvettes en Utilisant une règle
métallique plate. Placer le moule couvert par un matériau imperméable dans une chambre (voir
figure 7) ou armoire humide (température est fixée à 20°C et une humidité relative supérieure ou
égale à 98 %).

Figure7 : Armoire humide pour conservation des éprouvettes

Après 24 h, démouler les éprouvettes et conserver les dans l’eau jusqu’à ce qu’elles soient testées.
Placer l’éprouvette dans un dispositif de flexion (Voir figure 8) avec une face latérale de moulage
sur les rouleaux d’appui et son axe longitudinal perpendiculaire à ceux-ci.

Figure 8 : Dispositif de flexion


Appliquer la charge verticalement par le rouleau de chargement sur la face latérale opposée du
prisme et l‘augmenter sans à-coups à raison de 50 N/s ± 10 N/s, jusqu’à rupture.

Conserver les demi-prismes humides jusqu’au moment des essais de compression. La résistance à la
traction par flexion est :

1.5Ffl
Rf = (N/mm2) ou (Mpa)
b3

Les essais mécaniques sont réalisés à l’aide d’une presse conforme aux normes (voir figure 9).

Figure 9 : Presse pour essais mécaniques

Mettre les demi-prismes sur les faces latérales de moulage à l’aide d’un matériel spécifique. On
utilise un dispositif pour compression des demi-prismes (Voir figure 9).

Figure 9 : Dispositif pour compression


Centrer le demi-prisme latéralement par rapport aux plateaux de la machine et longitudinalement de
façon que le bout du prisme soit en porte -à- faux par rapport aux plateaux. Augmenter la charge
sans à coups à la vitesse de 2400 N/s ± 200 N/s durant toute la durée d’application de la charge
jusqu’à la rupture. Quand l’accroissement de charge est réglé manuellement, compenser la
décroissance de la vitesse de la charge à l’approche de la rupture et enregistrer la charge maximale à
la rupture (Fc).

La résistance à la compression est alors déterminée :

- Rc = Fc (N/mm2) ou (MPa)
1600

6. Analyse chimique

D’une façon générale, les ciments courants doivent satisfaire à un certain nombre d’exigences quant
à leur composition chimique, résumées dans le tableau suivant :

Propriétés Type de ciment Classe de résistance Exigence

CPA-CEM I
Perte au feu CHF-CEM III Toutes classes ≤ 5%
CLK-CEM III

Oxyde de magnésium (MgO) CPA-CEM I Toutes classes ≤ 5%

CPA-CEM I
Résidu insoluble CHF-CEM III Toutes classes ≤ 5%
CLK-CEM III

CPA-CEM I 32,5 / 32,5R / 42,5 ≤ 3,5%


CPJ-CEM II
Sulfates (SO 3 ) CPZ-CEM IV
Limite supérieure CLC-CEM V 42,5R / 52,5 / 52,5R
≤ 4%
CHF-CEM III Toutes classes
Toutes classes
Tous types de sauf 52,5 R ≤ 0,1%
Chlorures ciments
52,5 R ≤ 0,05%
Satisfait à
Pouzzolanicité CPZ-CEM IV Toutes classes
l’essai
7. Conclusion
Les ciments sont des produits industriels normalisés qui doivent répondrent impérativement à des
exigences concernant leurs caractéristiques principales. Ces dernières sont fixées par des normes
spécifiques. Pour permettre de vérifier la conformité de ces caractéristiques aux spécifications
requises, il est indispensable de procéder à l’exécution d’essais de contrôle au moyen de matériels
d’essais adaptés pour chaque caractéristique demandée. Pour ce faire il a été établit des procédures
d’essais reconnues permettant de déterminer ces caractéristiques et de s’assurer par comparaison à
des valeurs spécifiées que les résultats obtenus restent conformes aux valeurs admises, précisées par
les normes en vigueur. Il y a lieu bien entendu de se conformer exactement à ses procédures dans
l’exécution des essais pour qu’ils soient validés.

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