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Les obligations du commerçant

ENCADRÉ PAR :
PROFESSEUR.DOUNIA MAMOUNI

Présenté par:
 EN-NEJJAR Soukaina
 SADOUKE Ihssane
 AGHOUNANE Hajar
 KETTANI Hamza
 ELHOULALI Mourad

Master GFCF

Année universitaire :2021/2023


Les obligations des commerçants

Plan

Introduction
Partie1 : les obligations afférentes aux commerçants
 1-l’obligations de l’immatriculation au registre de commerce
 2-l’obligations de la tenue de la comptabilité.
 3-l’obligations d’ouvrir un compte bancaire.
 4-Autres obligations
Partie 2: les conséquences de non-respect des obligations
 1-sanctions liées au défaut d’immatriculation.
 2-sanctions liées au non-respect des obligations comptables
 3-conséquences de l’ouverture d’un compte bancaire.
 4-sanctions des autres obligations.

Conclusion

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Les obligations des commerçants

Introduction
Commençons d’abord par définir les obligations des commerçants
Ce sont des obligations qui incombent à toute personne qualifiée de commerçant et
qui sont indispensables à l’exercice de leurs fonctions et même pour la
réglementation de la loi
Avant toute chose, il est important de mettre d’abord le point sur la notion de
« l’obligation », d’un point de vue étymologique « obliger » veut dire « imposer »
c’est-à-dire imposer quelque chose par la loi, une convention ou par la morale, ce qui
devient un Devoir. Elle a aussi une 2ème signification, celle d’une Contrainte.
Donc le sujet pose le problème des devoirs du commerçant qui constituent en même
temps des contraintes pour ce dernier
De ce fait, on peut définir les obligations du commerçant comme l’ensemble des
contraintes et devoirs auxquels sont soumis toute personne physique ou morale
exerçant des actes de commerce de manière continue
Face à cette conception on est en présence de la problématique suivante :
 Quelles sont les obligations du commerçant ?
 Quelles sont les conséquences de transgression de ces obligations ?
La réponse à cette problématique sera traitée en deux parties :
Dans la 1ère partie on va présenter les différentes obligations du commerçant à
savoir : l’immatriculation au RC, les obligations de gestion et l’ouverture d’un compte
Concernant la 2ème partie, elle sera consacrée aux conséquences engendrées par le
non-respect de ces obligations

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Les obligations des commerçants

Partie 1 : les obligations afférentes au commerçant


1) L’immatriculation au register de commerce

Le registre de commerce occupe une place prépondérante dans le système de


publicité, en raison de l'obligation exigée par la loi. Cette dernière permet aux tiers
de contracter avec le commerçant en toute connaissance de cause.
Commençons d’abord par définir cette notion :
C’est un support de publicité destiné à faire connaitre l’existence, les caractéristiques
et le devenir des établissements de commerce, en fournissant tous les
renseignements sur leur statut, leur activité et leurs exploitants. Le registre de
commerce se démultiplie en un registre central et des registres locaux . 1

A-l ’organisation du registre de commerce :


« Le registre du commerce est constitué par des registres locaux et un registre central » Art 27 du CC

 Le registre local :
Selon l’article 28 du CC « Le registre local est tenu par le secrétariat-greffe du
tribunal compétent. La tenue du registre du commerce et l'observation des
formalités prescrites pour les inscriptions qui doivent y être faites sont surveillées
par le président du tribunal ou par un juge qu'il désigne chaque année à cet effet. »
Le registre local de commerce du Royaume est régi par la loi n° 15-95, promulguée
par dahir n°1-96-83 du 15 Rabii 1417 (1 août 1996) formant Code de commerce.
 Les registres locaux de commerce reçoivent les demandes d’immatriculation, de
modifications et de radiations et inscrivent toutes les personnes physiques et
morales, marocaines ou étrangères, exerçant une activité commerciale au Royaume
du Maroc
« Les inscriptions se font auprès des secrétaires-greffiers et chaque personne morale
ou physique peut recevoir, sur demande, une copie certifiée de son inscription. De
même, en cas de radiation, il est possible de faire une demande d’attestation de
radiation. » 2

1.
Sur le détail de la tenue des registres : V. décret n°2-96-906 du 18 janvier 1997
2.
expert-maroc.ma

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Les obligations des commerçants

 Le registre central:
Le Registre central du Commerce. Il regroupe et relate l’ensemble des informations
relatives aux personnes physiques et morales qui exercent des activités de nature
commerciale ou ayant une structure commerciale. Ces personnes doivent s’y faire
immatriculer, obtenant ainsi un numéro d’immatriculation pour les identifier.
Il est destiné à faire connaitre l’existence, les caractéristiques et le devenir de ces
professionnels de l'activité commerciale afin de renseigner les tiers (toute personne
peut en demander communication). Le Registre Central du Commerce est tenu par
l'Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale. 3
-Le registre central est destiné à :
– À centraliser, pour l'ensemble du Royaume, les renseignements mentionnés dans
les divers registres locaux
– À délivrer les certificats relatifs aux inscriptions des noms de commerçants,
dénominations commerciales et enseignes ainsi que les certificats et copies
relatifs aux autres inscriptions qui y sont portées
– À publier, au début de chaque année, un recueil donnant tous renseignements
sur les noms de commerçants, les dénominations commerciales et les enseignes
qui lui sont transmis. (Art 33 du code de commerce)

B- La digitalisation du registre de commerce :


-Selon la loi n°88-17 relative à la création et l’accompagnement d’entreprises par
voie électronique, elle est créée une plateforme électronique dont la gestion,
l’exploitation et la tenue de la base de données y afférentes sont assurés pour le
compte de l’Etat par l’OMPIC, elle est dénommée plateforme électronique de
création et d’accompagnement d’entreprises par voie électronique et désignée dans
la dite loi la plateforme électronique, cette loi a entré en vigueur le 3 septembre
2021, et dispense le déclarant de la production sur support papier des copies et
extraits de contrats , décisions, rapports , états de synthèse , procès-verbaux de
délibération et documents précités auprès des administration et organismes
concernés
-"Avec l’entrée en vigueur du décret en septembre prochain, tous les documents
concernant la vie de l’entreprise, depuis sa création jusqu’à sa radiation, en passant
par les modifications, devront être déposés via la plateforme électronique.

3.
www.ompic.ma

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Les obligations des commerçants

Toute demande de copie ou d’extrait des inscriptions portées au Registre du


commerce, de certificat d’inscription inexistante ou radiée, d’attestation
d’inscription, de non-inscription ou de radiation et de certificat négatif doit être
déposée via la plateforme électronique de l’OMPIC
- Selon le décret d’application, la déclaration des inscriptions au REC ne peut être
effectuées que via des modèles préétablis et annexés au décret et uniquement par
l’intéressé lui-même, ou son mandataire, un notaire, un avocat, un expert-comptable
ou un comptable agrée.  Il faudra "remplir le formulaire électronique prévu à cet
effet et adjoindre les justificatifs réclamés" en fonction de la catégorie (personnes
physiques et personnes morales). Il faudra y mentionner les informations relatives
aux succursales et les inscriptions modificatives pour les entreprises. Pour les
personnes physiques, en revanche, le déclarant doit aussi préciser le responsable de
la gérance libre du fonds de commerce.
- Autre apport majeur de ce décret : la création auprès du ministère de la justice,
d’une commission de coordination relative au registre électronique du commerce,
présidée par le directeur des affaires civiles et composée du greffier chargé du REC,
un représentant de l’OMPIC et des représentants du ministère des finances et du
ministère de commerce.
Cette commission est chargée de veiller à la bonne exécution des textes législatifs et
réglementaires relatifs au registre électronique du commerce,
-La plateforme électronique servira aussi au paiement de toutes les taxes et
rémunérations pour services rendus, relatives à la création d’entreprises par voie
électronique. "Les droits concernant les inscriptions au registre du commerce
doivent également être acquittés à travers la plateforme". 
-Le décret comporte également le mode opératoire du dépôt en ligne des états de
synthèse qui devront obligatoirement être déposés via la même plateforme.

C- Les inscriptions au registre de commerce :


Selon l’Art 36 du CC : « les inscriptions au registre du commerce comprennent les
immatriculations, les inscriptions modificatives et les radiations »

 Les immatriculations :
Les personnes assujetties à l’immatriculation sont énumérées
à l’art 37 du CC ce sont :
- Toutes les personnes physiques ou morales, marocaines ou étrangères, exerçant
une activité sur le territoire du royaume.

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Les obligations des commerçants

o Toute succursale ou agence commerciale d’entreprise marocaine ou


étrangère.
- Toute représentation commerciale ou agence commerciale des états,
collectivités ou établissements publics étrangers.
- Tous les établissements publics marocains à caractère industriel ou
commercial, soumis par leurs lois à l’immatriculation au registre du
commerce.

- Tout groupement d’intérêt économique. Cette formalité doit être


accomplie, via une demande écrite du commerçant lui-même ou de son
mandataire muni d’une procuration au plus tard dans les trois mois de
l’ouverture de l’établissement commercial ou de l’acquisition du fonds
de commerce (Art 75 CC).
Une fois inscrit, le commerçant reçoit un numéro d’immatriculation qui doit
obligatoirement figurer sur tous les papiers commerciaux. Tout changement ou
modification se rapportant aux faits dont l’inscription est obligatoire doit être
mentionné sur le registre.
La publicité
« Après l’immatriculation au registre de commerce, deux publicités sont obligatoires,
au journal d’annonces légales et au bulletin officiel.
 Pour les SA, SAS et GIE: publication dans un Journal d’annonces légales avant
immatriculation au RC puis une 2e publication dans un Journal d’annonces
légales et au Bulletin officiel après immatriculation.
 Pour les autres formes de sociétés commerciales : publication dans un Journal
d’annonces légales et au Bulletin officiel après immatriculation au RC. » ompic.ma

 Les inscriptions modificatives:


« Tout changement ou modification concernant les mentions qui figurent sur le R.C.
doit faire l’objet d’une demande d’inscription modificative » (art. 50) dans le mois
suivant le changement. Par exemple, pour les personnes morales les décisions
modifiant les statuts de la société (l’augmentation ou la diminution du capital social,
la forme juridique de la société, la dénomination sociale), la nomination de nouveaux
gérants, des membres des organes d’administration, etc.

 La radiation:
Selon l’article 51 du CC « Quand un commerçant cesse d'exercer son commerce ou
vient à décéder, sans qu'il y ait cession de fonds de commerce ou quand une société
est dissoute, il y a lieu de procéder à la radiation de l’immatriculation ». Autrement

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Les obligations des commerçants

dit la radiation est le fait de rayer l’immatriculation du commerçant du R.C. par


exemple en cas de cessation totale de l’activité commerciale, en cas de décès du
commerçant, en cas de dissolution d’une société.
« La radiation peut être requise par le commerçant, ou par ses héritiers, ou par le
liquidateur, ou par les gérants ou les membres des organes d'administration, de
direction ou de gestion de la société en fonction au moment de sa dissolution » art
51 du cc
« Préalablement à toute radiation, les inscriptions doivent être apurées et les
créanciers gagistes informés. » art 51 du CC
Les radiations peuvent être requises par les intéressés eux-mêmes, soit opérées
d'office par ordonnance du président du tribunal.
La radiation opérée par les intéressés eux-mêmes. : Lorsque le commerçant vient de
cesser d’exercer le commerce, ou par ses héritiers, s’il vient de décéder.
La radiation opérée par le président du tribunal : La radiation peut également
s’opérer d’office, par le greffier, en vertu d’une ordonnance du président du tribunal
de commerce, dans les cas suivants :
- la déchéance d’un commerçant suite à une décision judicaire.
- Le décès depuis plus d'un an.
- La cessation effective de l'activité depuis plus de trois ans.
- La clôture d'une procédure de redressement ou de liquidation
judiciaire.

2) Les obligations comptables

La deuxième obligation qui incombe au commerçant est relative à la comptabilité


commerciale. Cette obligation est imposée par les articles 19 à 26 du Code de
commerce. Elle est régie par la loi n°9-88 du 25 décembre 1992 modifiée par la loi
44-03 du 14 février 2006.
L’article 19 du Code de Commerce prévoit que : « Le commerçant tient une
comptabilité conformément aux dispositions de la loi n° 9-88 relative aux obligations
comptables des commerçants promulguée par le dahir du 25 décembre 1992 ».
La comptabilité présente un intérêt primordial pour L'Etat « elle permet à
l’administration fiscale de pouvoir exercer un contrôle sur les déclarations d’impôts
fournis par le commerçant et en cas d’irrégularités de procéder à des vérifications
fiscales », pour l'entreprise «  elle permet au commerçant de contrôler et de
maîtriser le fonctionnement de son entreprise, l’évolution de ses dettes et de ses

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Les obligations des commerçants

créances…» et enfin pour les tiers « elle permet aux créanciers de pouvoir être
informés de la solvabilité de l’entreprise » .

L’article 1er de la loi 9-88 : « Toute personne physique ou morale, ayant la qualité de
commerçant au sens du Code de commerce est tenue de tenir une comptabilité dans
les formes prescrites ».
Cet article impose en effet à toute personne, physique ou morale, ayant la
qualité de commerçant de tenir une comptabilité dans les formes qu’elle prescrit.
Dans ce but les documents obligatoires de la comptabilité sont de deux sortes : Les
livres comptables et les états de synthèse.
 Les livres comptables : sont trois livres obligatoires pour tous les
commerçants :
1- Le livre journal : C'est un document d'importance majeure. Son importance
procède du fait qu'il donne une image fidèle et précise de la situation
financière de l'entreprise. Il enregistre opération par opération, et jour après
jour tous les mouvements affectant le patrimoine de l’entreprise.
2- Le grand livre : Il permet l’enregistrement des écritures du livre journal, il a
pour objet de récapituler et d’enregistrer ces écritures suivant le plan de comptes
du commerçant.
3- Le livre inventaire : L’inventaire se fait à la fin de chaque année. L’obligation
comporte l’élaboration d’un inventaire des effets mobiliers et immobiliers d’une
part, et un inventaire des dettes et des créances d’autre part.
 Les Etats de synthèse :
Pour compléter les livres comptables, le commerçant doit également tenir états de
synthèse annuels sur la base du contenu des livres comptables. Ces états de synthèse
doivent être établis dans les trois mois suivant la date de clôture de l’exercice, au vu
des différents livres comptables. Ils doivent donner une image fidèle des actifs et
passifs ainsi que de la situation financière et des résultats de l’entreprise. Ils
comprennent le bilan, le compte de produits et charges, l'état des soldes de gestion,
le tableau de financement et l'état des informations complémentaires, ces trois
derniers sont obligent pour les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est
supérieur à 10.000.000 dhs.

Article 22 de la loi 9-88 : « Les documents comptables et les pièces


justificatives sont conservés pendant dix ans ».
Par ailleurs, l’article 22 de la loi 9-88 exige des commerçants de conserver leurs
documents comptables et leurs pièces justificatives pendant 10 ans.

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Les obligations des commerçants

Article 26 du code de commerce : « Les originaux des correspondances reçues


et les copies des correspondances envoyées doivent être classés et conservés
pendant dix ans à compter de leur date ».
L’article 26 du code de commerce les oblige, de son côté, à classer les originaux des
correspondances reçues et les copies des courriers des correspondances envoyées et
à les conserver pendant 10 ans à compter de leur date. Car ce sont des moyens de
preuve valables en droit commercial et ce, en application de l’article 211 du code
général des impôts.

3) L’obligation d’ouvrir un compte bancaire

L’article 18 du CC stipule que « tout commerçant, pour les besoins de son commerce,
a l’obligation d’ouvrir un compte dans un établissement bancaire ou dans un bureau
de chèque postaux »
A ce niveau, le commerçant est obligé de régler par chèque barré non endossable,
virement ou lettre de change toute opération dont la valeur dépasse 10000dh,
effectuée entre commerçants dans le cadre d’une activité commerciale.
Et cela est valable pour tous les clients patentés des banques que ce soit des
personnes morales, entreprises individuelles ou professions libérales
Ce type d’obligations permet d’assurer un meilleur contrôle et de réduire les fraudes
fiscales

4) Divers obligations
Il existe d’autres obligations dont les commerçant sont aussi débiteurs :
 Obligations fiscales :
Les commerçants doivent s’acquitter régulièrement de plusieurs types d’impôts
notamment : TVA, IS, IR et Taxe Professionnelle
 Obligations envers les clients :
Elles sont principalement au nombre de deux :
1/ La facturation :
Toute transaction suppose l’établissement d’une facture, de manière à ce qu’une
opération commerciale = une facture
2/ Le respect des règles de protection des consommateurs  :

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Les obligations des commerçants

Ça veut dire que le commerçant est censé avoir une parfaite connaissance de
l’ensemble des produits et services qu’il commercialise, et par conséquent
communiquer à son client consommateur toutes leurs caractéristiques.
Le client doit aussi être bien renseigner par rapport au risque que peut comporter le
contrat envisagé
Et cela peut engager la responsabilité du commerçant pour tout dommage causé à
son client suite à son activité commerciale
 Obligations envers les organismes sociaux :
Les commerçants sont tenus de s’affilier à la caisse nationale de sécurité sociale
(CNSS) dans un délai qui ne dépasse pas 30 jours après avoir embauché le premier
salarié
Il doit également déclarer régulièrement le nombre de jours travaillés ainsi que le
montant mensuel perçu par leurs salariés et ensuite verser les cotisations dues
auprès de la CNSS.

Partie 2 : les conséquences de non-respect des obligations


A-Sanctions liées au défaut d’inscription :
Le non respect par le commerçant des obligations afférentes à l’inscription rend passible de
sanctions civiles et sanctions pénales

1- Sanctions civiles :
L’Art 59 du C.C dispose que la personne non immatriculée ne peut se prévaloir à
l’égard des tiers du statut de commerçant. En outre celui qui a omis de publier
une information obligatoire ou qui a publié une fausse information est tenu de
réparer le préjudice subi par les tiers conformément aux arts 77 et 78 du D.O.C.
2- Sanctions pénales :
 Le défaut d’immatriculation donne lieu à une amende de 1000 à 5000 dh
après injonction administrative d’y pouvoir dans le mois, et à une seconde
amende de même montant après injonction d’y satisfaire dans les deux mois
(art 62 et 63 du C.C)
 Toute indication inexacte donnée de mauvaise foi lors de l’immatriculation ou
d’une inscription modificative, ou sur les papiers de commerce, ou le défaut
d’une mention requise sur ces papiers, est puni d’un emprisonnement d’un
mois à un an et/ou d’une amende de 1000 à 50000 dh, sans préjudice des
dispositions du code pénal (art 64 à 68)

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Les obligations des commerçants

NB : Est déclarée en état de récidive, la personne qui déjà condamné


irrévocablement à une première amende commet, dans les cinq ans, le même
manquement. En cas, les peines prévues à l’article 64 sont portées au double. 4

B-Sanctions liées au non-respect des obligations comptables

Les sanctions fiscales  :

Article 23 de la loi 9-88 : « L'administration fiscale peut rejeter les comptabilités qui
ne sont pas tenues dans les formes prescrites par la présente loi et les tableaux y
annexés. »

les documents comptables servent de base à l'établissement des déclarations fiscales


qui permettent à l’administration fiscale de pouvoir exercer un contrôle sur les
déclarations d’impôts. Alors, lorsque ces documents ne respectent pas les normes
prescrites par la loi 9-88, l’article 23 de cette dernière laisse la faculté à
l’administration des impôts de les rejeter et d’établir une imposition forfaitaire. Elle
peut même appliquer des sanctions pécuniaires de 5000dhs à 50000dhs, à toute
personne qui Produire de factures ou des écritures comptables fausses ou fictives,
Vendre sans facture de manière répétitive, Soustraire ou détruire de pièces
comptables légalement exigibles, ou Dissimuler de tout ou partie de l’actif de la
société, ou augmenter d’une manière frauduleuse de son passif en vue d’organiser
son insolvabilité.

En cas de récidive de l'un de ces moyens : Avant l'expiration d'un délai de 5


ans, à compter du prononcé d'un jugement condamnant l'amende susvisée, le
contrevenant sera puni, en plus d'une amende de 5 000 dirhams à 50 000 dirhams,
un emprisonnement de (1) à (3) mois.

Les sanctions pénales


S’il s’avère que le commerçant a falsifié les livres et documents comptables, il peut
être poursuivi pour banqueroute ou pour fraude fiscale ou pour faux en écriture du
commerce.
D’un autre côté, en cas d’ouverture d’une procédure de traitement, les dirigeants
d’une entreprise individuelle ou à forme collective risquent d’être poursuivis pour
banqueroute lorsqu’il se révèle qu’ils ont tenu une comptabilité fictive ou font
disparaître des documents comptables de l’entreprise ou de la société ou s’ils se sont
abstenus de tenir toute comptabilité prescrite par la loi.

4
. Didier R.MARTIN. DROIT DES AFFAIRES, EDITION 2019

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Les obligations des commerçants

Dans ce cas la sanction encourue est l’emprisonnement de 1 à 5 ans et une amende


de 10 000 à 100000 dhs ou l’une de ces deux peines seulement. Ces peines sont
portées au double lorsque le banqueroutier est dirigeant d’une société dont les
actions sont cotées en bourse.

C-Sanctions liées au non-respect des autres obligations


Sanctions liées d’ouverture d’un compte bancaire
En ce qui concerne le paiement par par chèque barré non endossable, virement ou
lettre de change toute opération dont la valeur dépasse 10000dh, la violation de
cette règle est passible à une amende qui s’élève à 6% du montant payé et les
commerçants débiteur et créancier sont responsables solidairement du paiement de
cette amende.
En outre le commerçant émetteur d’un chèque sans provision risque 1an à 5an
d’emprisonnement et une amende de 2000 à 10000dh.
Les sanctions fiscales : se composent de trois catégories de pénalités :
 Pénalités assiette (les majorations)
 Pénalités de recouvrement (de retard dans le paiement des impôts et autres
droits dus)
 Pénalités particulières (de non déclaration, d’absence de factures, de dépôts
tardifs…)
Les sanctions envers les organismes sociaux
Une amende de 5000 à 50000dh est prévue à l’encontre de tout commerçant qui
fait, par mauvaise foi, de fausses déclarations ou qui ne procède pas au
versement dans les délais déterminés.
Les sanctions envers les clients
En principe le commerçant doit être de bonne foi et se comporter loyalement,
toutefois en cas de non-respect de ces obligations cela peut engager la
responsabilité du commerçant pour tous les dommages causés au client et qui
résultent de l’exercice de son activité commerciale.

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Les obligations des commerçants

REFERENCES :
• Code de commerce : Version consolidée en date du 19 décembre
2019
• DROIT DES AFFAIRES TOME 2, Didier MARTIN,1ère Edition 2019
• www.ompic.ma
• www.expert-maroc.ma
• www.media24.ma

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