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Chap 5 : Quels sont les processus sociaux qui contribuent à la


déviance ?

Notions Définitions
Normes sociales Ensemble des règles que les individus doivent respecter car elles sont partagées
par les membres d’un groupe social.
Normes Ensemble des règles que les individus doivent respecter parce qu’elles sont
juridiques codifiées dans le droit.
Contrôle social Ensemble des actions qui visent à ce que les individus se conforment aux
normes sociales ou juridiques.
Déviance Comportement qui transgresse des normes juridiques ou sociales, et qui est
perçu comme tel.
Groupe social Ensemble d’individus dans lequel les individus qui en font partie se
reconnaissent et qui est reconnu par ceux qui lui sont extérieurs (conscience
d’appartenance au groupe).
Etiquetage Processus qui renvoie aux stéréotypes associés aux personnes contrevenant
aux normes.
Stigmatisation Possession d’un caractère visible ou non qui peut conduire l’individu à être
dévalorisé dans des interactions avec les autres.
Carrières Parcours d’individus qui, au cours d’interactions sociales, deviennent déviants,
déviantes sont considérés comme déviant par les autres, et intègrent parfois des groupes
revendiquant les comportements déviants comme une norme.
Délinquance Transgression de normes juridiques.
Chiffre noir Ce que les statistiques policières ne mesurent pas.
Enquête de Enquête sociologique demandant aux personnes si elles ont été victimes de
victimation différentes formes de délinquance.

I- Quelles sont les formes de la déviance ?


1. Normes sociales et normes juridiques.
2. Des formes variées de la déviance.

II- Quelles sont les formes du contrôle social ?


1. Qu’est-ce que le contrôle social ?
2. Contrôle social formel/ Contrôle social informel.
III- Comment expliquer les processus de déviance ?
1/ l’étiquetage.
2. Stigmates et stigmatisation.
3. Les carrières déviantes.
IV- Comment mesurer la délinquance ?
1. Déviance et délinquance.

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La délinquance c’est la transgression des normes juridique dès lors que cette transgression
est connue elle engage une réaction des institutions spécialisés du contrôle social (la police,
l’école et la justice). Il existe 3 formes de sanctions juridiques :
-les contraventions
-Délits, vol, abandon de famille, agression sexuelle sans viol…
-Crime
2. La mesure de la délinquance.
Tous les mois le ministre de l’Intérieur publie le nombre de crimes et de délits constaté par
les services de police et de gendarmerie ils ne prennent en compte que les délits et les
crimes. La réalité de la délinquance est tronquée dans la mesure du certain fait ne sont pas
constaté par la police et que certain acte ne font pas l’objet d’un dépôt de plainte. Les
statistiques mesurent imparfaitement réel , il existe donc un chiffre noir de la délinquance.
Chiffre noir : Différence entre la délinquance réel et la délinquance constaté par la police.
La mesure de la délinquance est difficile à mettre en œuvre et il n’existe pas un chiffre pour
la mesurer mais de nombreux indicateurs.

A l’aide du doc 1 P 188, remplissez le tableau ci-dessous

Contrôle social formel Contrôle social informel


Quelles normes ?

Quelles instances ?

Quelles sanctions ?

Puis, précisez pour les situations suivantes s’il s’agit de contrôle social formel ou informel en
identifiant les normes, instances et sanctions associées.
Contrôle social Norme sociale Instance Sanction

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formel/informel ou juridique concernée positive ou


négative
Un agent de sécurité d’une
boîte de nuit refuse l’entrée
d’un étudiant éméché.
Les surveillants notent les
retards des élèves dans leur
carnet de correspondance.
Un père félicite sa fille pour
son magnifique but.
Les copains d’Artur se
moquent de son polo rose.
Le diplôme du bac est
distribué aux nouveaux
bacheliers lors d’une
cérémonie organisée par le
lycée.

Document 1 : la déviance comme produit d’interactions sociales

Pour Howard Becker, la déviance est le produit d’une suite d’interactions sociales qui aboutit
à un étiquetage de comportements comme déviants : « le déviant est celui auquel cette
étiquette a été appliquée avec succès ». Un acte n’est par conséquent pas déviant en soi : la
déviance est, dans cette optique, produite par le regard posé sur lui. Selon Becker, ce sont
les groupes sociaux qui créent la déviance en instituant des normes, dont la transgression va
générer l’étiquetage des individus concernés. Parce que la déviance est un sous-produit du
regard des autres, les déviants ne constituent pas un groupe homogène. On peut être
considéré comme déviant, que l’on ait ou que l’on n’ait pas transgressé des normes ; a
contrario, tous les individus ayant effectivement transgressé des normes ne seront pas
considérés comme « déviants ».

1/ Quelles sont les conditions à remplir pour qu’un acte soit considéré comme déviant ?
2/ Pourquoi peut-on dire que la déviance est le résultat d’interactions sociales ?
Howard S. Becker en déduit une typologie des comportements déviants ci-dessous :

Obéissant à la Transgressant la norme


norme
Perçu comme déviant Accusé à tort Pleinement déviant

Non perçu comme Conforme Secrètement déviant


déviant

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Dans la liste ci-dessous, caractérisez chacune des situations selon la typologie de Becker
1. un jeune homme est arrêté en bas d’un immeuble avec son groupe d’amis dont certains ont
commis un crime, ce sera écrit dans son casier judiciaire.

2. la femme du commissaire ne verra pas son excès de vitesse notifié car le policier l’a reconnue.

3. un jeune conducteur verbalisé pour excès de vitesse devra payer une amende et perdra des
points sur son permis.

4. un troisième conducteur circule en respectant les limitations de vitesse

5. suite à une série de vols dans une ville d’un Etat du sud des Etats-Unis au début du XX° siècle,
un afro américain innocent est lynché par les habitants.

6. une entreprise a embauché des clandestins pour ne pas avoir à payer les cotisations sociales.

7. cette entreprise sera dénoncée puis condamnée par la Justice.

8. un bon élève fume de la marijuana chez lui sans que personne ne le sache.

Obéissant à la Transgressant la norme


norme

Perçu comme déviant


Non perçu comme
déviant

Document 2 : Stigmate et identité sociale

La stigmatisation a été décrite par Erving Goffman comme un processus de discréditation qui
touche un individu considéré comme « anormal », « déviant ». C’est au cours d’interactions
sociales que le label de « déviant » est attribué à un individu par d’autres individus supposés
« normaux ». Cette étiquette justifie alors une série de discriminations sociales, voire
d’exclusion. La stigmatisation devient un véritable cercle vicieux lorsque la victime accepte et
considère comme normaux les traitements discriminatoires qu’elle subit. S’engage alors une
dépréciation personnelle qui débouche sur une altération de l’image de soi.
Jean-Pierre Poulain, « Dimensions sociales de l’obésité », in Obésité, dépistage et prévention chez l’enfant, INSERM, 2000.

1) Après avoir rappelé les fondements de la théorie de l’étiquetage, expliquez en quoi elle
relève d’une approche interactionniste.
2) Faîtes le lien entre étiquetage et stigmatisation.

Document 3 : Les étapes d’une carrière déviante


Howard S. Becker propose de concevoir la déviance comme une carrière en cinq étapes,
mue par une série d’interactions entre un déviant, ce qui le jugent et ses pairs :

1. Première étape, un individu transgresse une norme. Cette transgression peut être
involontaire.
2. La seconde étape est celle qui conduit de l’expérience occasionnelle à une forme
d’activité déviante plus constante : au contact de pairs, l’individu développe un goût et

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un intérêt pour la pratique déviante qu’il a découverte. Il s’agit là d’une forme de


socialisation.
3. La troisième étape, cruciale est celle de l’étiquetage. L’individu est pris et publiquement
désigné comme déviant et son identité sociale est réduite à cette seule caractéristique :
appréhendé pour un seul acte déviant, il court le risque par ce fait même, d’être
considéré comme déviant ou indésirable sous d’autres rapports. Il s’agit là d’une forme
de stigmatisation.
4. Celle-ci tend à amplifier la déviance. En effet, dans de telles situations, il est difficile
pour un individu de se conformer aux autres normes. Une personne étiquetée comme
toxicomane aura par exemple beaucoup de mal à garder ou à retrouver un emploi, ce
qui peut la conduire au vol. Traiter une personne qui est déviant sous un rapport,
comme si elle l’était sous tous les rapports, écrit Becker, c’est énoncer une prophétie
qui contribue à sa propre réalisation.
5. L’individu étiqueté cherche alors l’appui de ses pairs. La dernière étape d’une carrière
déviante consiste à entrer dans un groupe déviant organisé. L’individu s’installe dans
une sous-culture qui achève de la placer en marges des normes majoritaires. Il s’agit là
d’une forme de socialisation secondaire à la déviance, qui expose l’individu à de
nouveaux étiquetages.
A chaque étape de cette carrière, la démission est possible, mais plus difficile qu’à l’étape
précédente.
H. Becker, Outsiders. Etudes de sociologie de la déviance, 1963.

La désignation publique de l’individu comme déviant peut constituer le point d’entrée dans une carrière
déviante. Le fait d’etre stigmatisé comme déviant à des conséquence sur la vie sociale futur de l’individu
et sur l’image qu’il aura de lui-même (il risque de se dévaloriser). L’étiquette transforme son identité, il
est possible que l’individu trouve auprès d’autres stigmatisés du réconforts il entre dans un grp dont il
s’approprie la sous culture déviante

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