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Université Kasdi Merbah -Ouargla Faculté de Médecine

UIE 2.3 : Appareil urinaire


Matière : Biochimie
Année universitaire : 2021/2022
Dr Bensouna

L’EQUILIBRE ACIDO-BASIQUE

Objectifs :
• Définir le pH sanguin.
• Décrire le bilan des ions hydrogène dans l’organisme.
• Décrire le rôle des systèmes tampons dans l’équilibre acido-basique.
• Expliquer le rôle du poumon dans l'équilibre acido-basique.
• Expliquer le rôle des reins dans l'équilibre acido-basique.
• Prescrire et interpréter un examen des gaz du sang.

Plan
A/ Introduction - Définition

B/ Bilan acido - basique

C/ Les systèmes tampons

1. Quelques rappels
2. Les différents systèmes tampons
3. Interactions entre les systèmes tampons
4. Tamponnement d’une charge acide aigue
5. Tamponnement d’une charge alcaline aigue

D/ Régulation pulmonaire

E/ Régulation rénale

F/ Explorations biochimiques

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A/ INTRODUCTION- DEFINITION :
L’équilibre acido-basique de l’organisme est défini par la concentration en ions hydrogène (H+) des
cellules.
Le potentiel Hydrogène (PH) est l'outil qui, en chimie, permet de mesurer le caractère acide ou basique
d'une solution aqueuse. Le PH permet d'évaluer la [H+] dans une solution.

L’équilibre acide - base est défini dans le liquide extracellulaire par :

• PH =7.38- 7.42

• Pa CO2= 36 - 42 mmHg

• [HCO3-] = 22-27 mmol/l

Le maintien du PH sanguin dans cette fourchette est une impérative physiologique, au-delà de 7,00 et 7,80
c’est incompatible avec la vie.

Trois mécanismes de défense sont mis en jeu pour maintenir le PH sanguin :

1. Système Tampon

2. Poumons

3. Reins

Toutefois, le foie et les muscles jouent également un rôle secondaire de soutien, notamment en faveur du
rein pour préserver des bicarbonates.

B/ BILAN ACIDO-BASIQUE :
L’organisme est soumis toujours à une charge acide importante, dont les sources sont :

a. Les acides volatils :

La production d’acides volatils est due au métabolisme oxydatif cellulaire. L’organisme est soumis en
général à une surcharge acide.

Les cellules de l’organisme produisent 13000 à 20 000 mmol/j d’acides carboniques (H2CO3) sous l’action
de l’anhydrase carbonique (réaction d’hydratation ou de carboxylation). L’organe régulateur est le
poumon par la ventilation alvéolaire.

b. Les acides Non Volatils :

Ils sont produits à partir de l’alimentation et du métabolisme intermédiare. Ils représentent environ 60 à
80 mmol/J d’ion H+ (1mmol /kg/ j). Les Sources alimentaires d’acides fixes sont :

− Acides Aminés (cationiques et anioniques)


− Acides organiques (ADN, glucides et lipides)

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− Phosphoprotéines, phophoaminolipides

c. Sources alimentaires de bases :

Le métabolisme de certains constituants alimentaires aboutit à la consommation d’ions H+, ce qui


équivaut à la libération de bases (lactates, citrates, maléates, gluconates).

La résultante du bilan des entrées est fonction du régime alimentaire :

Quand l’alimentation est riche en protides, on aboutit à une surcharge acide nette (60 à 80 mmol/Jour) et
quand l’alimentation est végétarienne on observe au contraire un excès d’alcalins.

A cet apport alimentaire acide se surajoute la production métabolique de CO2 ainsi que la libération
transitoire d’acides par le métabolisme intermédiaire. La grande majorité des agressions acido-basiques
consiste donc en surcharges acides.

C/ LES SYSTEMES TAMPONS :


1.Quelques rappels de la théorie de Bronsted - Lowry

o Un Acide (A) est un corps capable de céder un ion H+.


o Acide fort (AF) est un acide qui en solution aqueuse, se dissocie totalement en ions H+ et
une base très faible dite base conjuguée de l'acide.

o Acide faible (Af) c’est un acide qui ne se dissocie pas totalement dans l'eau (cède moins d’ions H+).
o Base (B) est un corps capable d’accepter d’ions H+.

o Un Système Tampon est une solution contenant un Acide faible et son Sel Alcalin
A F + sel alcalin --------- A f + Sel neutre
Exemple : HCL + NaCO3 ---------- H2CO3 +NaCl

2.Les différents systèmes tampons :


Le système Tampon est une substance qui capte les ions H+ dans une solution pour limiter les variations de
PH (n’empêche pas ses variations mais en limite l’amplitude). C’est sur leur analyse que sont basés le
diagnostic et la compréhension des désordres acido-basiques. Un Tampon est constitué par l’association
d’un Acide faible et de sa base conjuguée (sel alcalin) :

A F + sel alcalin --------- A f + Sel neutre


HCL + NaCO3 ---------- H 2CO3 +NaCl
Le pouvoir tampon d’une molécule est d’autant meilleur que son pK se trouve proche des valeurs de pH à
réguler.

❑ Le système tampon extra cellulaire :

Ce système a une action rapide, et agit dans 20 à 30 mn et permet de tamponner 40% des acides.

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* Tampon Acide carboniques / Bicarbonates (le plus important) :

C’est le tampon du milieu extracellulaire, intervient aussi en intracellulaire mais à un degré plus faible.Il est
essentiel à l’homéostasie acido-basique. Son pK est proche de 6,10. L’équation d’équilibre chimique peut
se simplifier de la façon suivante :

Ce tampon est dit ouvert car chacune des deux formes peut quitter l’organisme : le CO2 par voie
pulmonaire, le HCO3 – essentiellement par voie rénale. En écrivant cette équation de dissociation sous
forme logarithmique et en y associant la loi de Henry, on obtient l’équation d’Henderson Hasselbalch :

*L’équation D’HENDERSON—HASSELBALCH :

En chimie, cette équation donne le pH d'un système tamponné. Elle est notamment utilisée
en physiologie et en médecine pour déterminer le pH sanguin à partir des concentrations en
ion bicarbonate et en acide carbonique.

Cette équation représente l’équilibre de dissociation du couple tampon bicarbonate/CO2 dans le sang.

Ainsi, pour une PaCO2 et une concentration donnée en HCO3 –, on obtient arithmétiquement une valeur
de pH obéissant à cette équation.

Le calcul montre que si la valeur de HCO3 – est égale à 24 mmol/l et la PaCO2 est égale à 40 mmHg, on
obtient une valeur de pH égale à 7,40.

On constate sur cette équation qu’un abaissement du pH peut être la conséquence d’une diminution du
numérateur (acidose métabolique) ou d’une augmentation du dénominateur (acidose respiratoire).

* Les autres systèmes tampons :

(*Protéines / Protéinates, * Phosphates hydrogéné / Phosphate monohydraté, * Hb oxydée / Hb réduite)

Ils ont un rôle moins important que le tampon bicarbonate CO2. Ce sont tous des systèmes fermés, c’est-à-
dire incapables de quitter physiologiquement l’organisme. Ils sont essentiellement représentés par
l’albumine plasmatique qui peut se dissocier partiellement en albuminate et en H+ et à un moindre degré
par le système des phosphates et de l’Hb.

❑ Le système tampon intra cellulaire :

*Tampon érythrocytaire (Phosphates hydrogéné / Phosphate monohydraté, Hb oxydée / Hb réduite)


*Tissu mou, squelettique (carbonate et phosphate de calcium).

Ce système permet de tamponner les 60% de la charge acide restante, à travers des échanges entre Na+,
K+ et CL-. Cependant, les differents systèmes intracellulaires sont des tampons fermés, incapables de
quitter l’organisme, ou tout au moins incapables de le faire dans un but de régulation de l’homéostasie
acido-basique de façon importante.

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3.Interactions entre les systèmes tampons :

L’action du tampon est transitoire et limitée. Au niveau extracellulaire, le bicarbonate est le tampon
principal, les protéines et les phosphates inorganiques étant moins importants. Les CO2 et le bicarbonate
formés en excès, éliminés par le système respiratoire et par les reins, reflète le caractère ouvert de ce
système.

Sur le plan intracellulaire (principalement musculaire et osseux), les phosphates inorganiques prédominent
sur les bicarbonates et les protéines. Le pouvoir tampon intracellulaire est primordial puisqu'il prend en
charge plus de 50% de la charge acide, modérant donc la consommation des HCO3 - sanguins, ce qui
permet de maintenir le pH dans des normes compatibles avec la vie.

4.Tamponnement d’une charge acide aigue :

Le système tampon le plus important est le bicarbonates/ acide carbonique (40%) qui se met en action dans
les 20 à 30 mn. Dans les heures suivantes le système tampon intracellulaire se met en route et tamponne le
reste de la charge acide (60%).

Ainsi les sites cellulaires sont d’importants lieux de stockage des H+ jusqu’à ce que le mécanisme rénal entre
en jeu (25 % en 24h, 100% en 72h).

5.Tamponnement d’une charge alcaline aigue :

Son action est rapide dans les 20 à 30 mn, mais 60% reste dans le volume extra cellulaire et uniquement 35%
pénètre dans la cellule et peut être tamponner

La défense contre une charge alcaline est moins efficace mais la réponse rénale est plus rapide (50% à 8h,
100% à 24h).

D/ REGULATION PULMONAIRE :
La ventilation alvéolaire joue un rôle capital dans la régulation acido-basique à court et moyen termes,
c’est environ 75% de la réponse de l’organisme pour maintenir l’équilibre acido-basique. Elle permet en
effet de réguler l’élimination du CO2 qui représente la partie acide du tampon bicarbonate /CO2. La
pression partielle de gaz carbonique (Pco2) dans le sang artériel est le principal indice du fonctionnement
du système respiratoire. Normalement compris entre 36 et 42 mm Hg.

L’adaptation respiratoire est rapide : Lors de la dissociation, la molécule d'hémoglobine libère des ions H+
en même temps que le CO2. Ces ions se lient alors au HCO3 pour former de l'acide carbonique, et ainsi, ne
modifient pas le pH.

En pathologie, il s’agit du système de réponse immédiatement mis en jeu dans les troubles acido-basiques
métaboliques. Ce type de réponse intervient par l’intermédiaire de chémorécepteurs centraux et
périphériques sensibles aux variations de pH.

La ventilation va pouvoir ajuster le pH par l’intermédiaire de deux stimuli : H + et PCO 2 : Toute


modification du CO 2 dissous dans le secteur plasmatique (reflétée par la P aCO 2) va modifier la
concentration des ions H + : plus de CO 2 entraîne plus d’ions H + et inversement.

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• Chémorécepteurs aortiques et carotidiens :

− Stimulés par l’augmentation de [H +] plasmatique


− Stimulation des centres respiratoires bulbaires
− Augmentation de la ventilation,
− Elimination de plus de CO2 et transformation des ions H + en H 2CO3

• Chémorécepteurs centraux :

− H + ne traversent pas la barrière hémato-encéphalique.


− Mais les changements de pH modifient la PCO2 et le CO2 stimule les chémorécepteurs centraux.
− Cette stimulation chémosensible va permettre de répondre à toute modification du pH et du CO2
plasmatique.

Tout changement de la ventilation va modifier l’équilibre acido-basique.

L’intérêt de la réponse ventilatoire est qu’elle est prévisible selon l’importance du trouble métabolique

L'hyperventilation provoque une élimination accrue de CO2, et une diminution des ions H+, augmentant
alors le pH, et provoquant une alcalose respiratoire.

Inversement, une diminution de la ventilation provoque l'accumulation de CO2, une augmentation des H+
et donc une acidose respiratoire.

E/ REGULATION RENALE :
La régulation ultime de l’équilibre acido-basique revient aux reins. Le rein est chargé de restaurer la masse
de Tampons plasmatiques qui ont été utilisé pour éliminer les ions H+ fixes produits par l’organisme. Cette
régulation comprend 3 étapes :

• Réabsorption des bicarbonates filtrés


• Régénération des bicarbonates : acidité titrable et ammoniurie
• Excrétion des ions H+ en excès

1.Réabsorption des bicarbonates filtrés :

L’ion bicarbonate (HCO3-) est filtré librement à travers la MBG (~5000 mmol /24h). Presque 99,9% des
HCO3- filtrés sont réabsorbés par les reins, leur excrétion urinaire est insignifiante. Cette réabsorption se
fait au niveau de :

* 85% au niveau TCP


* 10% au niveau branche ascendante de Henlé
* ~5% au niveau du canal collecteur
Le Transfert Maximal des HCO3- : C’est la quantité max de HCO3- réabsorbée chaque minute qui est égale
à 27 mmol/ l. Au delà de ce seuil, ils sont retrouvés dans les urines. La réabsorption d’HCO3- dans le TCP est
un phénomène saturable.

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Cette capacité à excréter les HCO3- pour des concentrations proches de celles plasmatiques témoigne de la
protection efficace de l’organisme contre une charge alcaline importante.

2.Régénération des bicarbonates

La différence entre la régénération et la réabsorption des bicarbonates est que :

-l’Ion H+ est excrété dans les urines dans la régénération

-l’Ion H+ est recyclé dans la réabsorption

L’ion H+ est excrété sous deux formes :

➢ Forme libre : détermine le PH urinaire (faible quantité)


➢ Forme combinée : une grande quantité des ions H+ est excrétée sous forme de :

* Acidité titrable : lié à des Tampons non volatils = système phosphate


* Ammoniurie : un Tampon volatil = Ammoniac (NH3) se fixe à un ion H+
L’excrétion nette d’acides dans l’urine correspond à l’équation suivante :

Excrétion nette H+ = Acidité titrable + NH4 --- HCO3

❑ Acidité Titrable

Elle représente les ions H+ Tamponnées par des sels d’acides faibles autres que les bicarbonates. La
localisation tubulaire de sa formation : 60% dans le TCP, 40 % dans le canal collecteur.

Le principal tampon est le phosphate inorganique disodique (NaHPO4) avec le mécanisme de formation
suivant :

Les ions H+ secrétés se combinent aux phosphates monos hydrogénés HPO4 ¯² filtrés. Cette secrétions des
ions H+ est couplée à la régénération d’une quantité équivalente d’ions HCO3- qui passe dans le plasma
accompagnée d’un cation de l’urine en général le Na+.

Au total pour chaque mmol d’H+ excrété sous forme d’AT, 1 mmol de HC03- est régénéré dans la cellule
tubulaire.

❑ Ammoniurie

C’est la forme majeure d’excretion d’ions H+ dans les urines. Elle correspond à la prise en charge des H+ par
le NH3 (couple NH3/NH4+). Le NH4+ est produit à partir de l’alpha cétoglutarate (produit du métabolisme de
la glutamine d’origine hépatique) dans la cellule tubulaire proximale.

Après un transit tubulaire complexe, comprenant une réabsorption par la branche ascendante large de
l’anse de Henlé, le NH3est finalement sécrété dans le canal collecteur où il prend en charge
instantanément un ion H+. La formation NH4 passe par 3 étapes dans le TCP puis l’AH en enfin dans le CC.

❑ Sécrétion par le néphron distal des ions H+

Un seul type de cellule est impliqué dans la sécrétion des ions H+ : cellules intercalaires alpha du canal
collecteur. Dans ce segment, l’épithélium est très serré, permettant l’abaissement du pH jusqu’à environ 5.

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Au total :
Le rein prend en charge les 25% restants de la compensation nécessaire pour ajuster l’équilibre acido-
basique.
– Il intervient en excrétant ou en réabsorbant des ions H+ et en modifiant la quantité d’ion HCO 3 -
réabsorbée.
– Les ions H + excrétés dans la lumière urinaire sont tamponnés par de l’ammoniac et des ions HPO 4 - - .
– Les lieux de régulation de la concentration des ions H + et des ions HCO 3 - sont :
• Le tubule proximal
• La partie distale du néphron où des cellules spécialisées dans cette régulation (cellules intercalaires) sont
mises en jeu selon les variations du pH plasmatique.

F/ EXPLORATIONS BIOCHIMIQUES :
Les paramètres sanguins permettent de quantifier et de comprendre les anomalies de l’équilibre
acidobasique. Il s’agit du : pH, PCO2, les bicarbonates. Il suffit de mesurer 2 paramètres et le 3ème est
calculable par l’équation d’Henderson-Hasselbalch.

1. Prélèvement :

Se fait par une ponction artérielle (artère radiale, fémorale, plus rarement humérale, ou sur catheter
invasif). La seringue doit être héparinée, et l’échantillon ne doit pas contenir de bulles d’air (maintenu en
anaérobie stricte).

L’analyse doit être immédiate ou à défaut l’échantillon sera maintenu au froid pendant maximum 1h :30
(afin de limiter la production d’acide lactique par les hématies de l’échantillon).

2. Mesure du PH : Les valeurs normales sont de 7.4 ± 0.02.

3. Mesure de la PCO2 : les Valeurs physiologiques :


− 36 à 42 mm Hg prélèvement sur sang artériel.
− 42 à 48 mm Hg prélèvement sur sang veineux.

4. Excès de bases : « Bases excès »

L’évaluation de la composante métabolique d’un trouble acido-basique ne peut se limiter à la seule


concentration plasmatique en bicarbonates.
En effet, cette valeur est influencée par la PaCO2 et donc par la ventilation-minute.
Par ailleurs, cette valeur n’est généralement pas mesurée mais calculée à partir du pH et de la PaCO2.
C’est pourquoi, une autre mesure de la composante métabolique d’un trouble acido-basique a été
proposée dans les années 1950 par Sigaard-Andersen : l’excès de base.
L’excès de base se définit comme la quantité d’acide ou de base fort(e) (exprimée en mEq) à ajouter in
vitro à du sang pour normaliser son pH à 7,40 dans des conditions standards (37 °C et PCO2 à 40 mmHg).
Il permet donc d’évaluer la composante métabolique du trouble acido-basique en s’affranchissant de la
PaCO2.
En conditions normales, l’excès de base se situe entre – 3 et + 3 mEq/l.
Un excès de base inférieur à – 3 mEq/l signe la présence d’une acidose métabolique.

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La grande majorité des appareils d’analyse des gaz du sang calcule l’excès de base à partir de
nomogrammes.

5. Mesure des bicarbonates :

Les appareils à gazométrie permettent de mesurer le pH et la pression partielle en CO2 grâce à des
électrodes spécifiques. La valeur du taux de bicarbonates n’est par contre pas accessible directement à la
mesure mais elle est calculée avec l’équation d’Henderson Hasselbach à partir de la PCO2 et du pH ; Sa
valeur normale : 22 à 27 mmol/l.

6. La Réserve Alcaline ou CO2 total :

Il est possible de mesurer le taux de CO2 total qui correspond à la somme du CO2 dissous, du carbonate
(négligeable aux pH physiologiques) de l’acide carbonique non dissocié (également négligeable) et du
bicarbonate. La valeur du CO2 T est donc normalement légèrement supérieure à celle du bicarbonate.
Lorsqu’un prélèvement de sang artériel est réalisé en vue d’analyser l’équilibre acido-basique, il est
conseillé de mesurer en même temps le taux de CO2 T.

La comparaison du taux de bicarbonate obtenu par le calcul au CO2 T mesuré permet de valider les
conditions de prélèvement en s’assurant que les deux valeurs sont peu différentes (la différence doit
normalement être inférieure à 2 mmol/l).

Gazométrie artérielle et gazométrie veineuse

La question qui se pose en pratique est la suivante Peut-on remplacer la gazométrie artérielle par une
gazométrie veineuse ?

Le plus souvent, une acidose métabolique est découverte par la constatation d’une réserve alcaline (ou
CO2 total) basse sur l’ionogramme sanguin veineux. Ceci devrait conduire normalement à la pratique d’une
gazométrie artérielle puisqu’il s’agit du site de prélèvement de référence des déséquilibres acidobasiques.

Cependant, la pratique d’un prélèvement artériel n’est pas dénuée de risque, est douloureuse et prend
souvent du temps pour des équipes d’urgence souvent débordées. Plusieurs travaux ont évalué la capacité
d’une gazométrie veineuse périphérique à détecter la présence de troubles acido-basiques.

La majorité de ces travaux montre qu’il existe une excellente corrélation entre le taux de bicarbonate
artériel et veineux et qu’un prélèvement veineux est donc tout à fait apte à quantifier l’importance d’un
déséquilibre métabolique.

La relation entre les valeurs artérielles et veineuses de PCO2 est par contre plus lâche, car la différence
artérioveineuse en PCO2, qui est normalement proche de 6 mmHg, varie selon les patients de façon peu
prévisible.
Il est donc difficile d’établir la part respiratoire d’une acidose par un seul prélèvement veineux. En
l’absence de troubles respiratoires, une gazométrie veineuse semble suffisante pour diagnostiquer et
traiter les troubles acidobasiques d’origine métabolique.

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