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Le Soleil, Baudelaire (1857)

Introduction :
 Je vais vous présenter une lecture analytique du poème « Le Soleil » présent dans le
recueil les Fleurs du Mal de Baudelaire.
 Baudelaire = père de la modernité poétique = introduction de thèmes novateurs et
provocateurs dans les Fleurs du Mal.
 Les Fleurs du Mal = recueil condamné pour outrage à la morale publique, Baudelaire
voulait extraire la beauté du mal.
 Il y assimile ainsi la ville moderne aux vices et à la misère, mais également à la rêverie
et à la possibilité d’une beauté nouvelle.
 Soleil = seconde partie du recueil dans la section les tableaux parisiens.
 Lecture
 Problématique : Comment Baudelaire réussit-il à installer cette modernité poétique
en évoquant les pouvoirs salvateurs de la poésie à travers le Soleil ?
 Plan :
I-La ville est un nouveau champ poétique pour le poète.
II-Le poésie possède les mêmes vertus que le Soleil (cf Apollon).
III-Le Soleil comme le poète a le pouvoir de sublimer la ville.

I- La ville est un nouveau champ poétique pour le poète.


 La ville doit inspirer le poète comme hier la nature

Un milieu propice à la création poétique : Création poétique = CL de la poésie


(« Soleil », « rimes », « mots », « vers ») + « rêvés » qui suggère l’inspiration + réf au
Dieu de la poésie (titre, symbolique du Soleil).
Un poète qui erre : Récit d’une errance = indicateurs de temps (« Le long du »,
« où », « dans tous les coins ») + lexique de l’errance (« vais », « trébuchant », « sur
les pavés ») + correspondance entre quelqu’un qui erre et la poésie (comparaison =
« Comme sur les pavés).
Un passage de la nature à la ville : Au début du poème « Vieux » = passage de
l’Ancien Paris (avant les travaux d’Haussmann) vers la nature + chiasme (ville et
campagne) = « Sur les villes et les champs » « Sur les toits et les blés » + association
ville poésie par la rime (« pavés », « rêvés »).

 Mais la ville est laide, la sublimer est un exercice difficile

L’idée de misère : termes connotant la misère (« Vieux », « faubourg », « masures »,


« pendent les persiennes »).
Une création poétique difficile et violente : Personnification du Soleil et CL de la
violence = violence du Soleil + métaphore (« m’exercer », « trébuchant sur les
mots ») + assonance en –an (=souffrance) + métaphore (« escrime ») = combat pour
écrire, violence de la création poétique.
L’idée du péché : péché = plaisir charnel (« luxures ») + une volonté de le cacher
(« persiennes », « abri », « secrètes »)

II- Le poésie possède les mêmes vertus que le Soleil (cf Apollon).
 Le Soleil « nourrit » la Nature

Le Soleil : « ce père nourricier », « ennemi », « il », « lui » = reprises anaphorique


d’Apollon (Dieu de la poésie, du Soleil)
Un mouvement ascendant vers l’idéal : Préposition (« vers le ciel ») + intemporalité
(« immortel », « toujours », « veut »)
La sensibilité : « cœur » = symbolique, siège de la sensibilité + métaphore filée de la
poésie = comparaison (« vers comme les roses ») + correspondance : miel poétique
= métaphore de la ruche (« les cerveaux et les ruches »).
Nature qui s’épanouit : CL de la nature (« Dans les champs », « les roses »,
« ruche », « miel », « moissons », « fleurir ») + réf nature : polysémie (« vers » en
poésie ou ver de terre).

 Le Soleil soulage les hommes … comme la poésie

Capacité du Soleil à agir : Verbes d’actions + transforme la douceur en bonheur


(antithèse = « Chloroses », « soucis » vs « gais doux »).
Souligne les bienfaits du Soleil : Réf a l’élévation + asyndète (« et ») + emphase
(« C’est lui ») = accentue sur le Soleil + CL de l’âge, comparaison (« comme des jeunes
filles »), périphrase (« porteurs de béquilles ») = le Soleil ramène la jeunesse + le
soleil enlève le mauvais du cerveau et met du miel (antithèse = « soucis » vs
« miel »).

III- Le Soleil comme le poète a le pouvoir de sublimer la ville.


 La correspondance entre le poète et le Soleil est établie

Le moment de la création (poétique) : Moment de la création poétique, de l’alchimie


(« Quand ») + verbes d’actions = rôle, capacité à agir du Soleil ? du poète ?
→correspondance entre le Soleil et le poète (comparaison = « Ainsi qu’un poète »).
 L’un et l’autre ont le pouvoir de sublimer

Tous deux subliment le laid : CCL (« Dans les villes », « dans tous les hôpitaux ») =
endroits misérables et laids + la ville est associée au misérable, au laid (homophonie
= « Villes », « Viles »).
Souligner la noblesse de la création poétique : Rime (« valais »/ « palais ») + CL de la
noblesse (« ennoblit », « roi », « valets », « palais ») + antithèses.
La création poétique est mystérieuse : polysémie (« Sort ») + répétition et
parallélisme (« sans », « sans »).
Souligner ce dont le Soleil (= le poète) est capable de sublimer le pire : superlatif
(« les pires »).
Equivalence entre le laid et le noble que le poète autorise : parallélisme (= »Dans
tous les hôpitaux », «dans tous les palais »).

Conclusion :
 Baudelaire procède en trois étapes :
-modernité poétique
-poète = soleil →important
-alchimie poétique : Soleil = poète →sublimer la ville

Baudelaire à travers une pratique de l’alchimie sans failles, parvient à introduire sa


modernité poétique et par la même occasion souligne l’importance et le pouvoir de
la poésie.
Baudelaire, Le Soleil (1857)

Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures


Les persiennes, abri des secrètes luxures,
Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés
Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,
Je vais m'exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés,
Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.

Ce père nourricier, ennemi des chloroses,


Eveille dans les champs les vers comme les roses ;
Il fait s'évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.
C'est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir !

Quand, ainsi qu'un poète, il descend dans les villes,


Il ennoblit le sort des choses les plus viles,
Et s'introduit en roi, sans bruit et sans valets,
Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.

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