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COURS DE TECHNIQUE

DE COMMERCE
INTERNATIONAL POUR
LICENCE
PROFESSIONNELLE 3

PREPARE PAR ANNE-JOSSELINE KOFFI

INGENIEUR EN COMMERCE INTERNATIONAL ET MARKETING APPLIQUE


Cours de Technique de commerce international pour LP3

Volume Horaire : 20h


Jeudi 10h15 – 12h15

Table des matières


Introduction................................................................................................................................................ 3
I. ASPECTS CONCEPTUELS ET DEFINITIONNELS DU COMMERCE INTERNATIONAL ................. 3
1. Terminologie de base du commerce internat ..................................................................... 3
2. La comptabilisation des opérations du ci, la balance commerciale .......................... 6
3. Les indicateurs de ci.................................................................................................................... 8
a) Degré d'ouverture et taux de couverture .................................................................... 8
b) Indicateurs de spécialisation ............................................................................................ 9
c) Indicateurs de part de marché ..................................................................................... 10
d) Indicateurs de compétitivité ........................................................................................... 10
e) Le taux de pénétration ..................................................................................................... 11
4. L’origine, les effets du ci ........................................................................................................... 12
5. Le cadre juridique du ci ........................................................................................................... 15
II. LES FONDEMENTS THEORIES IDEOLOGIQUES DU COMMERCE INTERNATIONAL .............. 16
1. Les théories du commerce international............................................................................. 16
1.1. Fondées sur les différences de technologies : théories classiques ..................... 16
1.2. Fondées sur les différences en dotations factorielles neo - classiques.............. 19
1.3. Fondées sur la demande ................................................................................................. 21
1.4. Fondées sur les économies d’échelle : le courant neo – technologique.......... 22
2. Les acteurs du ci......................................................................................................................... 24
3. Le c.e.m (commerce extérieur marocain) ......................................................................... 27
3.1. Structure des échanges commerciaux de biens et services ................................ 28
3.2. Cadre règlementaire ........................................................................................................ 28
3.3. Cadre institutionnel ............................................................................................................ 29
3.4. Principales orientations stratégiques ............................................................................ 30
4. Le commerce mondial : un panorama ............................................................................... 31
5. Le protectionnisme .................................................................................................................... 33
5.1. Définition ................................................................................................................................ 33
5.2. Les instruments de protectionnisme. .................................................................................... 33
5.3. Les motivations du protectionnisme...................................................................................... 35

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5.4. Les effets pervers du protectionnisme. ................................................................................. 36


5.5. Avis de certains économistes ................................................................................................. 36
Conclusion générale............................................................................................................................. 37

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Introduction

Les hommes commercent, c'est-à- dire achètent, vendent et troquent des biens
et des services, depuis des millénaires, mais ce n'est que lorsque des frontières
formelles et distinctes ont été établies que le commerce "international" est
officiellement apparu. Dès le départ, les Etats ont souhaité réglementer les
échanges internationaux pour diverses raisons, essentiellement percevoir des
recettes et protéger les intérêts acquis sur leur territoire.
Défini comme l’échange de biens ou services entre nations, le commerce
international est le franchissement d’une frontière lors du déplacement d’un bien,
ou à l’occasion de la fourniture d’un service, qui détermine le caractère
international de l’échange. Deux dimensions – politique et spatiale - sont donc à
prendre en compte : on peut alternativement examiner le commerce
international du point de vue de l’échange entre localisations séparées par des
frontières politiques, ou entre localisations distantes.
Nous verrons tout au long de ce cours deux points essentiels :
 Les aspects conceptuels et définitionnels du CI
 Les fondements théoriques idéologiques du CI

I. ASPECTS CONCEPTUELS ET DEFINITIONNELS DU COMMERCE INTERNATIONAL

1. Terminologie de base du commerce internat

L'acconier (qui s'écrit également aconier) est un entrepreneur de manutention


maritime qui assure notamment le chargement, l'arrimage ou le déchargement
des navires de commerce. Il intervient aussi bien à quai (train, camion, ...) ou à
bord de bateaux (navire de mer, barge, ...), à l'aide de véhicules lourds (cavalier,
remorque porte-conteneurs, ...) ou d'engins de manutention à conducteur
autoporté (chariot élévateur, ...) ou à la main, en accord avec les règles de
sécurité et la réglementation portuaire.
Le terme acconier est surtout utilisé dans les ports de commerce du Sud de la
France, dans le Nord on lui préfère le terme de stevedore, ceux de l'Atlantique
celui de manutentionnaire.
L'affacturage, ou factoring est une technique qui permet à l'entreprise
d'externaliser la gestion de son poste client. C'est-à-dire qu'un prestataire extérieur
(le Factor) va se charger du recouvrement des créances et finance de l'entreprise
par une opération de rachat de créances.
En logistique aérienne, l'agent de handling est une entreprise assurant,
moyennant rémunération, certaines opérations matérielles, commerciales ou
douanières, pour le compte d'un transporteur ne possédant pas d'installations
dans l'aéroport où elle exerce son activité.

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L'armateur (en anglais Shipowners) est celui qui possède l'usufruit (droit d'utiliser un
bien et d'en percevoir les revenus) d'un navire dont il vend la capacité de
transport. L'armateur n'est pas obligatoirement propriétaire du navire, il peut
également le louer. Généralement, une entreprise n'est pas en contact direct
avec l'armateur pour conclure un contrat de transport, elle passera par
l'intermédiaire d'un "agent maritime" qui représente un ou plusieurs armateurs de
lignes régulières, dont il détient un pouvoir pour négocier les contrats.
Avitaillement : Procédure consistant à préparer et fournir provisions, carburants et
fournitures diverses destinées au fonctionnement des moyens de transport aériens
et maritimes ainsi qu'à l'alimentation et au confort de leurs passagers et
équipages. Un approvisionnement en exonération de taxes peut-être effectué
pour les trajets internationaux.
Une barrière douanière est une mesure qui vise, selon les cas, à interdire, limiter ou
rendre plus difficile, l’accès à un territoire national pour des produits ou services
qui viennent d’un pays étranger. Mettre des barrières douanières est du ressort de
la souveraineté nationale. Donc chaque Etat peut décider de mettre, ou de ne
pas mettre, des barrières à l'entrée des marchandises. On utilise également le
terme « obstacle » pour désigner ces mesures. Il existe deux types de barrière :

• Barrière tarifaire
• Barrière non tarifaire

Le connaissement, appelé aussi B/L (Bill of Lading) est un document lié au


transport de marchandises, faisant la preuve du contrat de transport et
constatant la prise en charge ou la mise à bord des marchandises par le
transporteur ainsi que l'engagement de celui-ci à délivrer la marchandise contre
remise de ce document. C'est un véritable titre de propriété qui est transmis par
endossement.
Le connaissement direct : C'est un contrat unique qui couvre plusieurs transports
successifs (terrestre, aérien, maritime). Chaque transporteur est alors responsable
de la partie du transport qu'il assure lui-même.
Le cabotage est la faculté accordée à titre temporaire à un transporteur
européen, non-établi en France, titulaire d’une licence communautaire, de
réaliser un transport intérieur sur le territoire national.
Le cabotage maritime, appelé aussi Transport Maritime à Courte
Distance (TMCD), (en anglais Short Sea Shipping(SSS)), consiste en
l'acheminement de marchandises et de passagers par mer entre des ports situés
en Europe.

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Le cabotage aérien est basé sur le même principe : une compagnie aérienne en
provenance d’un pays d’origine donné peut embarquer des passagers dans un
État étranger pour les débarquer dans une autre ville de ce même État.
Consignataire Métier du domaine de la logistique, c'est un intermédiaire (banque,
transitaire…) qui reçoit la marchandise dans le cadre de certaines opérations
d'exportation, sans en devenir propriétaire, soit pour la remettre à son destinataire
final en échange du règlement, soit pour la revendre dans les conditions fixées
par le fournisseur.
La conteneurisation désigne le fait de transporter de la marchandise par
conteneur. Le véritable démarrage de la conteneurisation intervient dans les
années 1960. Aujourd'hui, le parc mondial compte 11 millions de conteneurs
maritimes.
Un conteneur (container en anglais) est un coffre rigide destiné à contenir la
marchandise et à accélérer la manutention et la rotation des navires dans le
cadre du commerce international. Principalement mode de conditionnement en
logistique maritime, il est également utilisé en transport ferroviaire et routier.
Le commissionnaire : C'est un commerçant qui agit pour son propre nom ou sous
nom social, pour le compte d'un commettant (qu'il ne fait pas connaitre aux tiers).
Concrètement, il organise de façon libre et autonome le transport de bout en
bout pour le compte de l’expéditeur. Il met en place et coordonne le transport
avec les sous-traitants de son choix. Il n’a pas, à cet effet, à recueillir l’accord de
son client sur le nom des transporteurs qu’il choisit. Le commissionnaire prend
l’opération à son compte et conclut en son nom personnel les contrats
nécessaires à sa réalisation. Le commissionnaire de transport s'engage
personnellement à faire parvenir à destination les marchandises dans l'état dans
lequel elles lui ont été remises. Il répond non seulement de ses fautes, mais aussi
de celles des transporteurs avec lesquels il traite en son propre nom, pour
l'exécution complète du voyage. Cette responsabilité ne cède que devant la
preuve de la force majeure. Il a une obligation de résultat.
Un Commissaire d'avarie est une personne désignée par l’assureur pour effectuer,
à destination ou en cours de route, la constatation des pertes et des avaries lors
d'un transport maritime. Sa mission consiste à : constater les dommages ;
déterminer la nature de l’avarie, son importance, sa cause, son origine ;
préconiser les mesures conservatoires ; préserver les droits de recours des assureurs
contre les tiers responsables ; prévenir les sinistres.
L'empotage est l'opération de chargement des marchandises à l'intérieur d'un
conteneur. L’empotage est souvent l’affaire de l’expéditeur, il peut être effectué,
soit dans les locaux de l'expéditeur, soit sur le terminal de départ. L'opération
inverse est le dépotage.

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Les incoterms désignent les responsabilités et les obligations d'un vendeur et d'un
acheteur dans les domaines suivants : chargement, transport, livraison des
marchandises ainsi que les formalités et charges (assurances) liées à ces
opérations. Ils indiquent plus précisément, le lieu de transfert des risques : En cas
d'avarie à un moment donné du transport, qui aura à supporter les charges liées
au dommage entre le vendeur et l'acheteur.
Transitaire : Intermédiaire du commerce international qui se charge
complètement (gestion des transports, des opérations administratives, des
formalités, dédouanement...) de l'acheminement de n'importe quelle
marchandise vers n'importe quel point de la planète. Il est le seul interlocuteur en
ce qui concerne les expéditions. Il veille à la bonne exécution des livraisons et
assiste son client en cas de litige.
Le transbordement : Action de transférer un changement d’un navire à un autre
éventuellement avec mise à quai intermédiaire.
2. La comptabilisation des opérations du ci, la balance commerciale

La balance commerciale est un compte statistique qui enregistre les exportations


et importations de marchandises (biens) entre un pays donné et le reste du
monde. C’est la différence entre la valeur des exportations et des importations de
biens et/ou de services dans un pays donné
Il s'agit d'un élément de comptabilité nationale qui permet de répertorier les
exportations et les importations de biens et de services. Elle offre ainsi une
comparaison entre les exportations, c'est-à-dire la valeur des biens et services
produits dans un pays puis vendus à l'étranger, et des importations, c'est-à-dire la
valeur des biens et services produits à l'étranger et achetés par ce pays.
Elle constitue donc un indicateur économique, et est une composante de la
balance des paiements.
La balance commerciale est un des principaux outils pour mesurer la
performance d'un pays dans les échanges internationaux
Pour calculer la balance commerciale, la comptabilité nationale procède à
l'évaluation des importations et des exportations de biens à partir des statistiques
douanières de marchandises.

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Des correctifs sont apportés à celles-ci : d'une part, les échanges se rapportant à
la récupération sont déduits des flux douaniers, d'autre part, on y ajoute ceux de
matériel militaire ainsi que l'avitaillement des navires et des avions. Si la valeur des
exportations dépasse celle des importations, on dit qu'il y a excédent commercial
ou que la balance commerciale est excédentaire; si les importations sont
supérieures aux exportations, le pays a un déficit commercial ou sa balance
commerciale est déficitaire.
Exercice

QUESTIONS
1) Calculer le solde de la balance commerciale des Etats-Unis de 2002 à 2005,
et interprétez les résultats

Résultats :

1) Calculons le solde de la balance commerciale américaine de 2002 à 2005,


représentons les résultats par des diagrammes en barres puis interprétons.

Formule : Balance commerciale(BC)= Exportations- Importations


2002 : 685,93 – 1164,74 = - 478,81.
2003 : 716,71 -1260,75 = - 544,04.
2004 : 811,03 -1472,96 = 661,93.
2005 : 896,43-1674,29 = 777,86

Interprétation : A l’échelle des données statistiques comme à l’ordre de leur


exploitation commerciale ou de leur représentation graphique, il apparaît
nettement que le commerce extérieur américain en dépit de son dynamisme et
de sa vitalité par ses scores est la proie d’un déficit constant et en accroissement
continu. En volume général aussi bien les exportations, les importations que la
balance commerciale sont en hausse constante. Si cela est pour traduire le
dynamisme commercial des USA. il y a lieu aussi de souligner que cela témoigne
de la représentativité internationale du commerce américain. Il s’agit aussi et

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surtout à l’ordre des graphiques de mesurer le poids du déficit chronique de la


balance commerciale des Etats unis. Elle laisse apparaître la vulnérabilité de
l’économie américaine face aux concurrences extérieures de pays qui ne
cessent de contester sa suprématie économique, financière et même
diplomatique.
3. Les indicateurs de ci

L'analyse du commerce international impose de traiter une grande quantité


d'informations venant d'un grand nombre de pays et pour une grande variété de
produits. C'est pourquoi les économistes ont construit des indicateurs synthétiques
et parfois détaillés par produits.

Les sections suivantes présentent les indicateurs qui sont le plus souvent utilisés.

a) Degré d'ouverture et taux de couverture

Le degré d'ouverture ou taux d'ouverture mesure le poids des échanges extérieurs


dans l'ensemble du PIB.

(importations+exportations)/2
PIB

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Le taux de couverture du commerce extérieur est le rapport entre la valeur des


exportations et celle des importations entre deux pays (ou deux zones). Il peut être
relatif à un produit ou à l'ensemble des échanges. Dans le cas du taux de
couverture pour l'ensemble des échanges d'un pays le taux de couverture est :

valeur des exporations


valeur des importations

b) Indicateurs de spécialisation

La notion de spécialisation est intuitive : un pays est spécialisé dans la production


d'un produit quand il exporte et produit ce bien relativement plus que ne le font
les autres pays. On verra dans la section suivante que la manière la plus simple de
mesurer la place d'un pays dans les échanges est de calculer sa part de marché.
Cependant, on ne peut pas s'en tenir à cet indicateur pour déterminer la
spécialisation d'un pays parce qu’un pays qui arrive toujours en tête pour les parts
de marché peut tenir son rang davantage de son poids dans le commerce
mondial que de sa compétitivité. À l’inverse, certains petits pays peuvent être très
dynamiques dans le commerce mondial sans que cela apparaisse dans la
compétitivité appréhendée par la notion de part de marché.

Les analyses en termes de spécialisation doivent dépasser la simple notion de


solde des balances globales par exemple en mesurant la spécialisation relative,
cet indicateur est parfois aussi appelé "avantage comparatif révélé" mais il existe
d'autres manières de calculer les avantages comparatifs révélés.

Pour un pays j et un produit i

SPERij = [(Xij / Xj)] / [(Xi / X)] x 100

avec : Xij exportation du pays j pour le produit i, Xj exportations totales du pays


j, Xi exportations totales de la zone OCDE pour le produit i et X exportations totales
de la zone OCDE.

Un indice supérieur à 100 révèle une spécialisation supérieure à la moyenne de la


zone de référence et vice versa.

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c) Indicateurs de part de marché

Il s'agit ici de mesurer la place occupée par un pays dans la production ou/et les
exportations d'un produit donné.

La part de marché du pays j pour le produit i notée PMARij (PMAR pour part de
marché) se définit de la manière suivante :

PMARij = Pij / Pi

avec :

Pij = Production du produit i par le pays j et Pi = Production mondiale du produit i.


Cet indicateur reflète l’aptitude à conquérir un marché donné puisque sa
comparaison en deux points du temps indique l’évolution de la position d’un pays
sur le marché du produit considéré. On ne fait donc pas ici la distinction entre
marché intérieur et exportations.

Le plus souvent cependant on s’intéresse seulement à la part de marché à


l’exportation.

PMAREXij = Xij / Xi

avec :

Xij = exportations du produit i par le pays j et Xi = exportations mondiales du


produit i.

Les données internationales sur la production ou les exportations sont


généralement mal connues et le calcul se fait en référence à une zone réduite
mais statistiquement significative : la zone OCDE. On peut bien entendu calculer
la part de marché d'un pays pour l'ensemble des produits ce qui est une manière
de mesurer sa place dans le commerce mondial.

d) Indicateurs de compétitivité

La compétitivité traduit souvent un écart de prix pour un même produit. Est


compétitif celui qui pratique un prix inférieur à celui des autres producteurs du
même produit : on parle alors de compétitivité prix. Il est cependant évident que
la compétitivité ne se réduit aux écarts de prix, il y a aussi une compétitivité hors-
prix ou compétitivité structurelle, reposant par exemple sur la qualité du produit

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Appliquer cette notion à une économie entière pour indiquer si un pays est
"compétitif" est délicat. Par exemple la comparaison des coûts de production doit
prendre en compte les écarts de productivité

Une autre manière d’apprécier la compétitivité consiste à suivre la réduction ou


l’augmentation des exportations étrangères à destination du marché intérieur.
e) Le taux de pénétration

Le taux de pénétration mesure le rapport des importations du pays j en produit i


au marché intérieur de ce pays pour ce produit. Le marché intérieur est mesuré
par la différence entre la production et des importations du produit i par le pays j
et les exportations de ce pays pour ce produit.
TPEN ij = Mij / (Pij + Mij- Xij)
Enfin, il est possible d'apprécier l'amélioration ou la détérioration de la position
relative d'une économie en utilisant les termes de l'échange c'est-à-dire le
rapport, pour un produit donné, entre l'indice du prix des exportations et celui des
importations (selon une même année de base). Ce rapport peut être calculé par
produit, pour un ensemble de produits ou globalement.
Exercice
Le tableau ci-dessous retrace les principaux postes de la balance des
paiements de la zone euro pour l’année 2004 (en milliards d’euros) :

Exportations de marchandises 1130


Importations de marchandises 1027
Exportations de services 355
Importations de services 328
Solde des revenus - 28
Solde des transferts courants - 56
Solde du compte de capital 17
Solde du compte financier hors avoirs - 18
de réserves
- 59
Erreurs et omissions nettes
1. Calculer la balance commerciale, le taux de couverture, le degré
d’ouverture, le taux de pénétration

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Corrigé
Solde commercial = Exportations de marchandises – importations de
marchandises = 1130 - 1027 = 103 milliards d’euros. En 2004, la zone euro a dégagé
un excédent commercial de 103 milliards d’euros.

Taux de couverture = Exportations de biens / Importations de biens.


En 2004, le taux de couverture de la zone euro = 1130/1027 x 100 = 110 %. La
balance commerciale de la zone euro était donc excédentaire en 2004.

Degré d’ouverture = ((Exportations de biens et services + Importations de biens et


services) / 2) / PIB
En 2004, le degré d’ouverture de la zone euro est égal à :
((1130 +355 + 1027 + 328) / 2)/7601 = (1420/7601) x 100 = 18,7 %. La zone euro est
peu ouverte sur l’extérieur par rapport aux pays qui la composent mais est plus
ouverte que les États-Unis et le Japon (11 % pour chacun des deux pays).

Taux de pénétration = Importations/Demande intérieure


Importations/ (PIB+ Importations – Exportations) = 1355 / (7601+1355-1485) =
(1355/7471)x100 = 18,1% en 2004.
Les importations représentent une faible part de la demande intérieure de la zone
euro.

4. L’origine, les effets du ci

De 1948 à 1994, l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) a
constitué les règles régissant une grande partie du commerce mondial, au cours
de périodes pendant lesquelles le commerce international a enregistré quelques-
uns de ses taux de croissance les plus élevés. Il semblait solidement établi mais
tout au long des 47 années, il était un accord et une organisation provisoires.

Il s’agissait initialement de créer, à côté des deux institutions de “Bretton Woods”,


la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, une troisième
organisation qui s’occuperait du volet commercial de la coopération
économique internationale. Plus de 50 pays ont participé aux négociations visant
à créer une Organisation internationale du commerce (OIC) qui serait une
institution spécialisée des Nations Unies. L'objectif était de créer l'OIC lors d'une
conférence des Nations Unies sur le commerce et l'emploi se tenant à La Havane
(Cuba), en 1947.

Les premiers cycles de négociations commerciales du GATT étaient axés sur la


réduction des droits de douane. Vers le milieu des années 60, le Kennedy Round
a abouti à l’Accord antidumping du GATT et à une section sur le développement.

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Cours de Technique de commerce international pour LP3

Dans les années 70, le Tokyo Round a été la première tentative majeure visant à
remédier aux obstacles au commerce autres que les droits de douane et à
améliorer le système. Le Cycle d’Uruguay, qui a duré de 1986 à 1994, est la
huitième, la dernière en date et la plus ambitieuse de toutes les séries de
négociations. Il a débouché sur la création de l’OMC et l’adoption d’un nouvel
ensemble d’accords.

Tableau des Cycles de négociation du GATT puis de l'OMC

Cycle Début Durée États Propos Conclusion

Signature de l'Accord général sur les


tarifs douaniers et le commerce (GATT),
7
Genève avril 1947 23 droits de douane 45000 réductions de droits de douane,
mois
portant sur 10 milliards de dollars
d'échanges

5
Annecy avril 1949 33 droits de douane 5000 réductions de droits de douane
mois

8700 réductions de droits de douane, le


septembre 8
Torquay 38 droits de douane niveau des droits de douanes est réduit
1950 mois
de 25% par rapport au niveau de 1948

janvier 5 droits de douane, réductions de droits de douane, portant


Genève II 26
1956 mois admission du Japon sur 2,5 milliards de dollars d'échanges

Cycle
septembre 11 réductions de droits de douane, portant
Dillon, 35 droits de douane
1960 mois sur 4,9 milliards de dollars d'échanges
Genève

Cycle droits de
37 réductions de droits de douane, portant
Kennedy, mai 1963 48 douane, anti-
mois sur 40 milliards de dollars d'échanges
Genève dumping

ANNE-JOSSELINE KOFFI 13
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réductions de droits de douane, portant


droits de douane,
Cycle de septembre 74 sur 300 milliards de dollars d'échanges ;
99 libre échange,
Tokyo 1973 mois négociations sur les barrières non
accords cadres
tarifaires.

droits de douane,
Création de l'OMC, domaine de
libre échange,
compétences élargi, réduction
règles, services,
significative (de l'ordre de 40%) des
103 propriété
Cycle septembre 87 droits de douane et des subventions
à intellectuelle,
d'Uruguay 1986 mois agricoles, accord d'importation libre
117 résolution des litiges,
du textile en provenance de pays en
textiles, agriculture,
voie de développement, extension des
création de l'OMC,
droits de propriété intellectuelle.
etc.

thèmes habituels,
concurrence,
Cycle du investissement, Échec de l'ouverture d'un nouveau
novembre 0
Millénaire, 125 transparence dans cycle. Échec en grande partie lié
1999 mois
Seattle les marchés publics, aux Manifestations de 1999 à Seattle.
environnement,
normes du travail

Cycle en cours.

Suppression des subventions à


droits de douane,
l'exportation sur les produits agricoles à
libre échange, la fin de 2013. Baisse des droits de
agriculture, normes douane agricoles allant de 35 % à 60 %.
150 du travail, Les États-Unis acceptent de supprimer
Cycle de novembre 56
à environnement, les subventions à l'exportation du coton
Doha 2001 mois
160 concurrence, à partir de 2006. Accords sans
investissement, conditions de durée sur l'importation
transparence, des médicaments
brevets, etc. génériques.[réf. souhaitée]
Devant l'enlisement des discussions, le
cycle est suspendu sine die par son
président Pascal Lamy le 24 juillet 2006.

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5. Le cadre juridique du ci

Dès le milieu du XIXe siècle, il a été admis qu'il fallait réglementer le commerce.
Tout d'abord, les Etats s'y sont efforcés en concluant entre eux des accords
commerciaux. Le commerce mondial s'est développé dans le cadre de ce
système mais il a fallu attendre le milieu du XXe siècle pour que le commerce
international soit régi par des règles et disciplines multilatérales. Des institutions
dont l’OMC réglemente ces échanges.
Les Accords de l’OMC sont longs et complexes car ce sont des textes juridiques
portant sur un large éventail de domaines d’activité : agriculture, textiles et
vêtements, activités bancaires, télécommunications, marchés publics, normes
industrielles et sécurité des produits, réglementation relative à l'hygiène
alimentaire, propriété intellectuelle, et bien plus encore. Cependant, un certain
nombre de principes simples et fondamentaux constituent le fil conducteur de
tous ces instruments. Ils sont le fondement du système commercial multilatéral.
Plusieurs principes ont été élaborés. Ces principes sont :

Un commerce sans discrimination :

 Clause de la nation la plus favorisée (NPF) : égalité de traitement pour les


autres. Aux termes des Accords de l’OMC, les pays ne peuvent pas, en
principe, établir de discrimination entre leurs partenaires commerciaux. Si
vous accordez à quelqu’un une faveur spéciale (en abaissant, par
exemple, le droit de douane perçu sur un de ses produits), vous devez le
faire pour tous les autres membres de l’OMC. Ce principe est dénommé
traitement de la nation la plus favorisée (NPF). Son importance est telle qu’il
constitue le premier article de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le
commerce (GATT), qui régit le commerce des marchandises. Il est aussi une
clause prioritaire de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS).
 Traitement national : égalité de traitement pour les étrangers et les
nationaux. Les produits importés et les produits de fabrication locale
doivent être traités de manière égale, du moins une fois que le produit
importé a été admis sur le marché. Il doit en aller de même pour les services,
les marques de commerce, les droits d’auteur et les brevets étrangers et
nationaux.

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Libéralisation du commerce : progressive et par voie de négociation

L’un des moyens les plus évidents d’encourager les échanges est de réduire les
obstacles au commerce, par exemple les droits de douane (ou tarifs) et les
mesures telles que les interdictions à l’importation ou les contingents qui consistent
à appliquer sélectivement des restrictions quantitatives.

Prévisibilité : grâce à la consolidation et à la transparence

À l’OMC, lorsque des pays conviennent d’ouvrir leurs marchés de marchandises


ou de services, ils “consolident” leurs engagements. Pour les marchandises, cette
consolidation consiste à fixer des plafonds pour les taux de droits de douane. Il
arrive que les importations soient taxées à des taux inférieurs aux taux consolidés.
C’est souvent le cas dans les pays en développement. Dans les pays développés,
les taux effectivement appliqués et les taux consolidés sont généralement les
mêmes.

II. LES FONDEMENTS THEORIES IDEOLOGIQUES DU COMMERCE INTERNATIONAL

1. Les théories du commerce international

1.1. Fondées sur les différences de technologies : théories classiques

Le commerce international a fait l’objet d’une analyse scientifique au tournant


du XVIIIème siècle, s’opposant à la doctrine mercantiliste alors en vigueur.
Amorcée par le « père de l’économie politique », Adam Smith, cette nouvelle
analyse du commerce international, visant à montrer au contraire que le
commerce entre nations procure un gain net, sera approfondie par David
Ricardo, puis au XXe siècle par Eli Heckscher, Bertil Ohlin et Paul Samuelson.
Alors que les mercantilistes considèrent le commerce avec l'étranger comme un
jeu à somme nulle, les classiques considèrent le libre-échange comme un jeu à
somme positive.
a. la théorie de l'avantage absolu d’Adam Smith

Adam Smith en 1776 dans « La Richesse des nations » met en évidence l'intérêt
des économies à échanger, c'est-à-dire à acheter ce que les autres pays peuvent
produire moins cher. Smith expliquera ainsi que les pays détiennent un avantage
absolu lorsqu'ils produisent un bien moins cher que les autres. Smith préconise ainsi
aux pays de se spécialiser dans la production du bien pour lequel l'économie
possède un avantage absolu.
Selon cette loi, pour échanger, chaque économie a intérêt à se spécialiser dans
les activités pour lesquelles elle possède " quelque avantage sur ces voisins " en
termes de productivité et d'acheter à l'extérieur ce que les producteurs étrangers

ANNE-JOSSELINE KOFFI 16
Cours de Technique de commerce international pour LP3

peuvent fabriquer à coût moindre. Le pays qui parvient à produire un bien avec
moins de facteurs de production que ses voisins possèdent un avantage absolu.
C'est le principe de la division internationale du travail dont doit résulter un gain
mondial. Cette théorie présente cependant l'inconvénient d'exclure les pays qui
ne possèdent pas un avantage absolu en termes de productivité.

EXERCICE
La maxime de tout chef de famille prudent est de ne jamais essayer de faire chez
soi la chose qui lui coûtera moins à acheter qu'à faire, le tailleur ne cherche pas
à faire des souliers, mais il les achète du cordonnier ; le cordonnier ne tâche pas
de faire ses habits, mais il a recours au tailleur ; le fermier ne s'essaye point à faire
ni les uns ni les autres, mais il s'adresse à ces deux artisans et les fait travailler. il n'y
en a pas un d'eux tous qui ne voie qu'il y va de son intérêt d'employer son industrie
toute entière dans le genre de travail dans lequel il a quelque avantage sur ses
voisins, et d'acheter toutes les autres choses dont il peut avoir besoin avec une
partie de son industrie, ou, ce qui est la même chose, avec le prix d'une partie de
ce produit ?
Ce qui est prudence dans la conduite de chaque famille en particulier ne peut
guère être folie dans celle d'un grand empire. Si un pays étranger peut nous fournir
une marchandise à meilleur marché que nous ne sommes en état de l'établir
nous-mêmes, il vaut bien mieux que nous la lui achetions avec quelque partie du
produit de notre propre industrie, employée dans le genre dans lequel nous avons
quelque avantage.
Les avantages naturels qu'un pays a sur un autre pays pour la production de
certaines marchandises sont quelquefois si grands, qu'au sentiment unanime de
tout le monde il y aurait folie à vouloir lutter contre eux. Au moyen de serres
chaudes, de couches, de châssis de verre, on peut faire croître en Ecosse de forts
bons raisins, dont on peut faire aussi du fort bon vin avec peut-être trente fois
autant de dépenses qu'il en coûterait pour s'en procurer de tout aussi bon à
l'étranger. Or, trouverait-on bien raisonnable un règlement qui prohiberait
l'importation de tous les vins étrangers uniquement pour encourager à faire du vin
de Bordeaux et du vin de Bourgogne en Ecosse ?
-Adam Smith, " Vive le libre-échange ",
extraits in Recherche sur la nature
et la cause de la
richesse des nations (1776),
livre IV, chap. II

QUESTION
Quel sont les principes fondamentaux du libre-échange sous-tendus par la Théorie
de l'avantage absolu ?

ANNE-JOSSELINE KOFFI 17
Cours de Technique de commerce international pour LP3

SOLUTION
Le commerce international est le résultat d'une division du travail qui s'opère à
l'échelle du monde. Les échanges internationaux sont nécessaires car les pays ne
peuvent produire l'ensemble des biens et des services dont ils ont besoin.
Les théoriciens classiques démontrent que chaque pays peut s'enrichir
matériellement grâce à l'échange avec le reste du monde. Cela nécessite une
spécialisation dans le cadre de la division internationale du travail.
Smith affirme, à la fin du XVIIIe siècle, qu'un pays ne doit pas hésiter à acheter à
l'extérieur ce que les producteurs étrangers peuvent produire moins cher que les
producteurs nationaux, et à se spécialiser dans les productions où il possède un
avantage absolu (possibilité de produire moins cher en utilisant moins de travail
et moins de capital que les produits concurrents).
Cette explication présente néanmoins l'inconvénient d'exclure de l'échange
toutes les nations en situation de productivité inférieure.
b. La théorie des avantages relatifs de David Ricardo

Ricardo démontre, au début du XIXe siècle, qu'un pays qui ne dispose d'aucun
avantage absolu peut trouver un intérêt à participer au commerce international
en se spécialisant dans la production pour laquelle son désavantage est le moins
grand. C'est la théorie de l'avantage relatif ou comparatif. La spécialisation ne
prendra plus en compte le critère de productivité mais la rentabilité dégagée par
l'échange monétaire, compte tenu de l'inégalité du coût du travail, d'un prix
moins élevé dans les pays de faible productivité.

EXERCICE
Ricardo démontre que l'échange international est profitable même si un des deux
pays est plus efficace dans tous les domaines. Il utilise un exemple non conforme
à la réalité pour renforcer son raisonnement. Il suppose que l'Angleterre est moins
efficace que le Portugal à la fois dans la viticulture et dans l'industrie textile. Pour
cela, il affiche les dépenses de travail nécessaires (en termes d'individus) à la
production d'une unité de chaque marchandise (drap et vin) dans chaque pays
(Portugal et Angleterre) pendant une année :
PORTUGAL ANGLETERRE
DRAP 90 100
VIN 80 120
● Faisons l'analyse des avantages absolus
Drap : 90 < 100 => avantage absolu au Portugal
Vin : 80 < 120 => avantage absolu au Portugal
● Faisons l'analyse des avantages relatifs

PORTUGAL ANGLETERRE
DRAP 1.125 0.833*
VIN 0.888** 1.2

ANNE-JOSSELINE KOFFI 18
Cours de Technique de commerce international pour LP3

* Coût du drap en termes de vin pour l’Angleterre => 100/120 = 0.833


** Coût du vin en termes de drap pour le Portugal => 80/90 = 0.888
● L'Angleterre a un avantage en termes de coût relatif dans l'industrie textile
● Le Portugal a un avantage en termes de coût relatif dans la viticulture
David Ricardo, Théorie de l'avantage relatif, in Principes de l'économie politique
et de l'impôt (1817)

QUESTION
Vous préciserez quel peut être l'intérêt de chaque pays à l'échange international.

SOLUTION
Si l'on s'en tient à la théorie de l'avantage absolu, le Portugal doit assurer seul la
production de drap et de vin.
La théorie ricardienne de l'avantage comparatif montre que l'Angleterre a intérêt
à se spécialiser dans la production de drap où elle détient un avantage relatif
(avec la production de drap, elle obtient du Portugal plus de vin que si elle le
produisait elle-même). De même, cette théorie démontre, pour les mêmes
raisons, que le Portugal a intérêt à se spécialiser dans la production de vin.
L'analyse de Ricardo, qui calcule la valeur des biens à partir de la quantité de
travail nécessaire pour les produire montre ainsi que la spécialisation fondée sur
les avantages comparatifs permet une augmentation simultanée de la
production de drap et de vin.
Le libre échange permet donc à chaque pays d'être gagnant.
1.2. Fondées sur les différences en dotations factorielles neo -
classiques

a. le théorème de HOS

Cette théorie des coûts relatifs a été approfondie au XXe siècle par les
économistes Hecksher, Ohlin et Samuelson [Nom des trois économistes dont les
initiales ont été retenues pour qualifier le théorème qui porte leur nom.] qui ont
cherché à comprendre les différences de coûts comparatifs entre les pays et à
appliquer, dans leur théorie du commerce international, les principes de l'analyse
marginaliste. Ils ne raisonnent plus dans le seul cadre de coûts mesurés comme
précédemment par des écarts de productivité de l'unique facteur travail. Ils
expliquent l'échange international par l'abondance ou la rareté relative des
divers facteurs de production dont sont dotés les pays. En fonction de la loi
économique simple qui consiste à dire que tout ce qui est rare est cher, une
économie doit se spécialiser dans les activités qui utilisent le plus intensément le
facteur de production dont elle dispose en abondance. Elle a intérêt à exporter

ANNE-JOSSELINE KOFFI 19
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ces biens et à importer ceux qui utilisent le facteur de production pour lequel elle
est le moins bien dotée.

b. Le paradoxe de Leontieff

Dans les années 50, Wassily Leontieff [Économiste d'origine russe émigré aux États-
Unis, auteur du tableau d'entrées-sorties] teste le modèle d'interprétation
néoclassique sur les données du commerce extérieur des États-Unis et met en
évidence la contradiction qui existe entre la dotation factorielle de ce pays, à
priori fortement avantagé en capital, et sa spécialisation dans des productions
intensives en travail. Dans le modèle, un tel résultat correspond à un pays peu
développé possédant un surplus de main d'oeuvre.
Loin d'invalider le théorème de HOS, les travaux de Leontief permettent de le
préciser en prenant notamment en compte, parmi d'autres explications,
l'hétérogénéité du facteur travail.

EXERCICE
Il existe dans une économie ouverte trois grands secteurs d'activité qui sont ceux
de l'agriculture, de l'industrie, et des services. Ils effectuent entre eux des
échanges réciproques. Vous avez obtenu, auprès de services de l'Institut National
de la Statistique (INSEE) les informations ci-dessous correspondant aux
consommations intermédiaires de trois produits pour chacun des secteurs.
AGRICULTURE INDUSTRIE SERVICES
PRODUIT A 500 400 1500
PRODUIT B 100 80 200
PRODUIT C 500 600 1000

Vous disposez des informations suivantes pour chacun des trois secteurs d'activité
● Production totale : Agriculture, 5000 ; Industrie, 2000 ;
Services, 5000
● Importations : 1900 ; 380 ; 1300
● Formation brute de capital fixe : 1000 ; 500 ; 700
● Exportations : 1500 ; 500 ; 700
● La valeur du stock n'a pas évolué et se monte respectivement à 3000, 100 et
1000
QUESTIONS
1. Vous calculerez le produit intérieur brut du pays considéré.
2. Vous déterminerez le montant global de la consommation finale des ménages.
3. Vous indiquerez comment elle se décompose entre les différents produits.
4. Vous construirez le tableau d'entrées-sorties correspondant.
5. Vous vérifierez l'égalité emplois-ressources au niveau global.

ANNE-JOSSELINE KOFFI 20
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1.3. Fondées sur la demande

Les analyses traditionnelles sont fondées sur les capacités de production des pays
et donc sur l'offre. En 1961, Steffan Burestam Linder considère que la demande,
largement négligée jusqu'alors, joue un rôle essentiel dans l'explication du
commerce international.
Les pays se spécialisent non plus en fonction de leurs dotations en facteurs mais
de leur demande interne. Quand celle-ci tend à se saturer, l'entreprise cherche
de nouveaux débouchés à l'exportation. Dans cette optique, le marché
international n'est rien d'autre que le prolongement du marché national.
La loi des avantages comparatifs de Ricardo comme les principales théories de
l'échange international qui l'ont suivie, notamment le théorème de HOS - sont
fondées sur des analyses des capacités de production, c'est-à-dire de l'offre.
Stefan Burestam Linder présente une nouvelle explication de l'échange
international dans laquelle la demande joue un rôle prépondérant.
Selon Burestam Linder, un industriel n'entreprend une production que pour
répondre à des " besoins économiques clairement discernables ".
Or, il est vraisemblable qu'il s'apercevra de l'existence de tels besoins dans son
pays plutôt qu'à l'étranger. Par conséquent, il va orienter sa production vers le
marché domestique et ce n'est que quand celui-ci tendra à se saturer qu'il va
chercher de nouveaux débouchés. S. Burestam Linder note à ce propos : " quelle
que soit la part d'une production consacrée à l'exportation, celle-ci est la fin et
non le commencement d'un sentier d'expansion typique du marché. Le marché
international n'est rien d'autre qu'une extension au-delà des frontières nationales
de la propre activité économique d'un pays.
Le marché domestique apparaît donc comme un banc d'essai des innovations
qui, en cas de succès, peuvent être ensuite exportées. Linder remarque que
même dans l'hypothèse où un industriel voudrait répondre en priorité à un besoin
extérieur, il y aurait peu de chances qu'il puisse concevoir le produit
correspondant exactement au besoin ressenti par le consommateur étranger. Du
reste en serait-il capable que sa méconnaissance des conditions du marché
étranger lui rendrait difficile la commercialisation de ce produit.
Linder précise toutefois que sa thèse ne s'applique qu'aux échanges de biens
manufacturés, les échanges de produits primaires pouvant être expliqués par des
dotations différentes en facteurs de production.
Il est de fait qu'au moins en ce qui concerne les produits primaires exportés par les
pays en développement, le rôle du support de la demande domestique paraît
en général négligeable.

ANNE-JOSSELINE KOFFI 21
Cours de Technique de commerce international pour LP3

Pourtant, la théorie énoncée par Linder semble pouvoir être étendue, dans une
certaine mesure, à l’ensemble des échanges internationaux à condition
d'introduire le paradoxe suivant : en réalité, le plus souvent, les exportations de
pays en développement ont été entreprises par les firmes étrangères et sont
encore, fréquemment, le fait d'entreprises multinationales, aujourd'hui ; Or, la
production de ces firmes visait bien à répondre à la demande domestique.
Seulement, il ne s'agissait que de la demande domestique du pays d'accueil
(pays étranger pour la firme) mais du pays d'origine de celle-ci.
Dans un second temps, l'entreprise envisagée pourra, conformément au principe
lindérien, exporter les surplus vers d'autres pays et, éventuellement vers le pays en
développement sur le territoire duquel la firme s'est implantée.

QUESTION
Quelles sont les implications de la théorie lindérienne en matière de politique
économique ?

SOLUTION
Pour Linder, plus les pays sont semblables, c'est-à-dire plus ils sont également
développés, et plus la gamme des produits exportables est identique ou incluse
dans la gamme des produits importables.
Les échanges s'effectuent donc entre pays semblables et pour des produits
comparables ou proches.
La proximité des pays en termes de développement va leur faire demander des
qualités comparables de produits différenciés.
Ainsi, l''analyse des demandes nationales ("demandes représentatives" de Linder)
permet de prévoir les spécialisations optimales de chaque nation et d'adapter
par voie de conséquence les politiques économiques.
1.4. Fondées sur les économies d’échelle : le courant neo –
technologique

L’approche néo-technologique tente d’expliquer les échanges internationaux en


terme d’écart technologique : les pays en avance technologiquement
possèdent un avantage comparatif dans la production de biens technologiques.
Cela prolonge l’idée ricardienne selon laquelle les différences de productivité
entre nations proviennent de différences de technologie (contrairement au
modèle HOS où la technologie est identique dans toutes les nations, qui ne
diffèrent que par leurs dotations factorielles).
Contrairement au modèle d’HECKSHER-OHLIN, qui analyse les échanges
internationaux en prenant comme hypothèse production en fonction du facteur

ANNE-JOSSELINE KOFFI 22
Cours de Technique de commerce international pour LP3

travail ou capital disponible, l’approche néo technologique prend en


considération de nouveaux éléments dans le commerce extérieur.
a. POSNER et l’évolution technologique :

On doit à M. Posner une des premières analyses en 1961, portant sur les écarts
d’investissements en recherche et développement entre les pays comme étant
à l’origine des échanges commerciaux.
Il s’appuie sur l’observation empirique des firmes des pays industrialisés, et
constate l’influence de l’innovation dans le renouvellement des gammes de
produits, laissant indirectement émerger l’idée du cycle de vie technologique.
Il analyse l’écart technologique entre les pays considéré comme un élément
déterminant du commerce international.
Donc, les pays développés exportent des biens intensifs en nouvelles technologies
et ont un avantage absolu pour chaque innovation par rapport à leurs
partenaires et ceci pendant un moment limité.
b. Le modèle de KRUGMAN :

Selon Paul KRUGMAN, source des gains mutuels même pour des pays
comparables du point de vue de dotations factorielles et de la technologie. On
ne peut que souscrire à cette thèse quand on constate que les pays développés
ont pour principaux partenaires d’autre pays développés.
Le modèle récent le plus simple de l’échange international présenté par
KRUGMAN est un modèle de concurrence monopolistique.
On peut comprendre le modèle de KRUGMAN analyse l’innovation
technologique et le monopole de production de nouveaux biens dans les pays
du nord par rapport aux pays du sud, et comment les transferts technologiques
ne peuvent être maintenus que par des nouvelles innovations et par l’apparition
de nouveaux produits.
c. VERNON et le cycle de vie de produit :

Raymond VERNON sera à l’origine du courant néo technologique. Il marque le


recul des théories explicatives au profit de théories plus proches des pratiques et
adaptées aux choix stratégiques des firmes. Il fera le lien entre la technologie, le
produit et le cycle de vie, mettant en évidence le lien entre l’innovation, comme
source d’avantage monopolistique, et les pays cibles de l’exportation.
VERNON considère en effet, que les pays développés ayant une forte intensité de
recherche et développement bénéficient d’un marché domestique avec un fort
pouvoir d’achat. Pour lui tout bien passe par 4 étapes : Le développement, la
croissance, la maturité et le déclin.

ANNE-JOSSELINE KOFFI 23
Cours de Technique de commerce international pour LP3

2. Les acteurs du ci

Organisation Rôle, missions et objectifs

FIATA FIATA " Fédération Internationale des Associations de Transitaires et Assimilés " a été
créée à Vienne, le 31 mai 1926. Elle est une représentation non gouvernementale
représentant 40 000 entreprises environ, employant 8 à 10 millions de personnes dans 150
pays. Elle a une voix consultative auprès d'organisations telles que ECOSOC (Conseil
économique et social), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le
développement (CNUCED). FIATA est le représentant de l'industrie de l'organisation de
transport auprès d'organismes comme la Chambre de Commerce Internationale,
l'Association Internationale du Transport Aérien (IATA), l'Union Internationale du Transport
Ferroviaire (UIC), l'Union Internationale du Transport Routier (IRU), l'organisation mondiale
des Douanes (OMD)…

Les objectifs de FIATA:

o Représenter, promouvoir et protéger les intérêts des commissionnaires-


organisateurs de transport, en participant comme conseillers ou experts à des
réunions organisées par des organismes intéressées par les questions du
transport.
o Familiariser le commerce et l'industrie ainsi que le grand public avec les services
rendus par les organisateurs de transport, à travers la propagation d'informations,
la distribution de publication…
o Améliorer la qualité des services rendus par les commissionnaires organisateurs
de transport en développant et en faisant la promotion de documents de
transport, tels que les FBL (Fiata Billa of lading), conditions générales…
o Assister les commissionnaires organisateurs de transport, par le biais de formations
et par le développement d'outils d'aide au commerce électronique…

BM La Banque mondiale (BM), devenue en 2007 le Groupe de la Banque mondiale, est une
alliance de cinq organisations internationales créées pour lutter contre la pauvreté en
apportant des financements aux États en difficulté. La plus importante organisation de
ce groupe est la Banque internationale pour la reconstruction et le développement
(BIRD). Son fonctionnement est assuré par le versement d'une cotisation réglée par les
États membres. Son siège est à Washington. Le président est élu pour cinq ans par le
Conseil des Administrateurs de la Banque. Elle fait partie des organismes composant
l'Organisation des Nations unies (ONU). Le Groupe de la Banque mondiale en juin 2007
est constitué de cinq institutions :
o la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD)
o l'Association internationale de développement (AID), fondée en 1960, ses prêts
sont réservés aux pays les moins développés
o la Société financière internationale (SFI), fondée en 1956, pour financer les
entreprises privées
o le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements
fondé en 1966
o l'Agence multilatérale de garantie des investissements fondée en 1986.

ANNE-JOSSELINE KOFFI 24
Cours de Technique de commerce international pour LP3

CCI La Chambre de commerce internationale (CCI) représente mondialement les entreprises


et a pour objectif de favoriser les échanges et l'investissement, l'ouverture des marchés
aux biens et aux services, et la libre circulation des capitaux. Le sigle en anglais est ICC
(International Chamber of Commerce). Elle compte comme membres des milliers
d'entreprises présentées dans 130 pays. Son secrétariat international se trouve à Paris. La
chambre de commerce internationale rédige depuis plusieurs années des "rules", règles
ou contrats types dans tous les domaines de la vie des affaires. Ces règles sont souvent
reprises dans tous les domaines de la vie des affaires.

CNUCED Créée en 1964, la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le
Développement) vise à intégrer les pays en développement dans l´économie mondiale
de façon à favoriser leur essor. Elle est devenue progressivement une institution
compétente, fondée sur le savoir, dont les travaux visent à orienter le débat et la réflexion
actuels sur la politique générale du développement, en s´attachant tout
particulièrement à faire en sorte que les politiques nationales et l´action internationale
concourent ensemble à faire naître le développement durable. Pour remplir son mandat,
l´Organisation exerce trois fonctions principales:
o Elle fonctionne en tant que lieu de débats intergouvernementaux, étayés par
des discussions d´experts et par un échange d´expériences, l´objectif étant de
créer un consensus.
o Elle réalise des travaux de recherche et des analyses et rassemble des données
pour alimenter les discussions des experts et des représentants des
gouvernements.
o Elle dispense une assistance technique adaptée aux besoins des pays en
développement, une attention particulière étant accordée à ceux des pays les
moins avancés et des pays en transition. S´il y a lieu, la CNUCED coopère avec
d´autres organisations et avec les pays donateurs pour la prestation de
l´assistance technique.

Cet organisme est à l’origine du développement du Système Douanier Automatisé


(SYDONIA). Ce système vise entre autres à garantir la traçabilité des opérations de
dédouanement. Des informations sur les marchandises sont enregistrées à chaque point
de contrôle durant leur acheminement. Ce qui permet de savoir avec précision les dates
de passage au point de contrôle, le chemin suivi par ces marchandises, les retards subis
La CNUCED a aussi été mandaté pour le développement d'un système d'information sur
les produits de bases et les marchés: INFOCOM et INFOSHARE

FMI Fond Monétaire International, Le FMI est une organisation regroupant 184 pays. Il a pour
mission de promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité
financière, de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé
d’emploi et à la stabilité économique et de faire reculer la pauvreté.

Le FMI occupe une position centrale dans le système monétaire international. C’est-à-
dire dans le système des paiements internationaux et des taux de change entre les
monnaies nationales qui permet les transactions internationales.

L’institution a pour but de prévenir les crises systémiques en encourageant les pays à
adopter des politiques économiques saines; comme son nom l’indique, elle est en même
temps un fonds auquel les États membres qui ont des besoins de financement
temporaires peuvent faire appel pour remédier à leurs problèmes de balance des
paiements.

ANNE-JOSSELINE KOFFI 25
Cours de Technique de commerce international pour LP3

OCDE L’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) regroupe les


gouvernements de 30 pays attachés aux principes de la démocratie et de l’économie
de marché en vue de :
o Soutenir une croissance économique durable
o Développer l’emploi
o Élever le niveau de vie
o Maintenir la stabilité financière
o Aider les autres pays à développer leur économie
o Contribuer à la croissance du commerce mondial
L’OCDE partage aussi son expertise et échange des idées avec plus de 70 pays non
membres, allant du Brésil, de la Chine et de la Russie aux pays les moins avancés
d’Afrique.

OMC L'Organisation mondiale du commerce (OMC) est la seule organisation internationale qui
s'occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Au cœur de l'Organisation se
trouvent les Accords de l'OMC, négociés et signés par la majeure partie des puissances
commerciales du monde et ratifiés par leurs parlements. Le but est d'aider les producteurs
de marchandises et de services, les exportateurs et les importateurs à mener leurs
activités.

OMD L’Organisation Mondiale des Douanes est un organisme intergouvernemental dont la


mission est de soutenir les administrations des douanes pour leur assurer une plus grande
efficacité. L’OMD :

o Elabore des instruments internationaux visant l’harmonisation et l’application


uniforme des régimes douaniers et les procédures douanières simplifiées ;
o Développe la coopération entre les états membres, entre ceux-ci et les
organisations internationales en vue de réprimer les infractions douanières et les
autres infractions commises à l’échelle internationale ;
o Encourage la communication entre les membres, entre ceux-ci et les
organisations internationales ;
o Favorise l’éthique douanière, la transparence et l’amélioration des méthodes de
travail.
Principal cadre de réflexion et d’échange de vue sur toutes les questions douanières,
l’OMD représente les intérêts de 161 nations membres appartenant à toutes les régions
géographiques du monde et présentant tous les stades de développement socio-
économique. Elle met à leur disposition des conventions et d’autres instruments
internationaux, des services d’assistance technique et de formation.
L’OMD en résumé :
o Siège de l’OMD: Bruxelles, Belgique
o au 31 Décembre 2002 : 161 Membres
o 2 langues officielles : l’anglais et le français (utilisation de l’espagnol pour les
réunions de l’origine et de l’évaluation en douane, utilisation du russe pour le
Système Harmonisé)
o Objectif de l'OMD : Assurer le plus haut degré d’harmonisation et d’uniformité
des régimes douaniers

ANNE-JOSSELINE KOFFI 26
Cours de Technique de commerce international pour LP3

UNIDROIT L'Institut international pour l'unification du droit privé (UNIDROIT) est une organisation
intergouvernementale indépendante dont le siège est à Rome dans la Villa
Aldobrandini. Son objet est d'étudier des moyens et méthodes en vue de moderniser,
harmoniser et coordonner le droit privé - en particulier le droit commercial - entre des
Etats ou des groupes d'Etats et, à cette fin, d’élaborer des instruments de droit uniforme,
des principes et des règles.
L'Institut fut créé en 1926 comme organe auxiliaire de la Société des Nations; après la
dissolution de celle-ci, il fut reconstitué en 1940 en vertu d'un accord multilatéral, le Statut
organique d'UNIDROIT.
Sont membres d'UNIDROIT les Etats qui ont adhéré à son Statut organique. UNIDROIT
compte parmi ses membres des Etats des cinq continents représentant divers systèmes
juridiques, économiques et politiques, ainsi que des traditions culturelles différentes.
UNIDROIT compte 63 Etats membres.
L'Institut est financé par les contributions annuelles de ses Etats membres qui sont fixées
par l'Assemblée Générale et par une contribution annuelle de base du Gouvernement
italien. Il peut en outre recevoir des contributions extrabudgétaires pour financer des
projets ou des activités spécifiques.

CNUDCI / Dans les années qui ont suivi sa création, la CNUDCI, la Commission des Nations-Unies
UNCITRAL sur le commerce international (UNCITRAL, United Nation Commission on International
Trade Law) a été reconnue comme le principal organe juridique du système des Nations
Unies dans le domaine du droit commercial international. Organe juridique à
participation universelle spécialisé dans la réforme du droit commercial dans le monde
depuis plus de 40 ans, la CNUDCI s'attache à moderniser et à harmoniser les règles du
commerce international.

3. Le c.e.m (commerce extérieur marocain)

De nos jours, le commerce extérieur constitue l’un des moteurs indéniables du


développement économique et social. Il est devenu un facteur déterminant dans
les stratégies de croissance adoptées par les pays optant pour le libéralisme, dans
un contexte marqué par la globalisation poussée des marchés et la
mondialisation croissante des échanges internationaux.
Conscient de l’importance du commerce extérieur dans son développement
économique, le Maroc a été l’un des premiers pays arabes et africains à opter
pour l’ouverture de son économie et l’intégration à l’économie mondiale, à
travers une stratégie ambitieuse de libéralisation économique et commerciale
dans laquelle le Royaume s’est résolument engagée depuis déjà le début des
années 80, ce qui a permis son adhésion au GATT en 1987 et la conclusion en 1994
des accords de Marrakech ayant donné naissance à l’Organisation Mondiale du
Commerce (OMC) en 1995.

ANNE-JOSSELINE KOFFI 27
Cours de Technique de commerce international pour LP3

3.1. Structure des échanges commerciaux de biens et services

Le commerce extérieur de biens et services constitue en moyenne près de 80%


du PIB national sur les cinq dernières années, dont 46% à l’importation et 34% à
l’exportation, ce qui atteste de l’importance de l’ouverture de l’économie
marocaine sur le reste du monde.
Les exportations de biens ont progressé de près de 11% et constituent près de 60%
des exportations des biens et services. De même, la structure des exportations
par secteur a connu une diversification progressive vers de nouveaux secteurs
ciblés dans les nouveaux métiers mondiaux du Maroc, notamment l’automobile,
l’électricité, l’électronique, l’aéronautique et l’offshoring.
Au cours de la période 2007-2011, l’évolution des importations a été énormément
impactée d’un côté, par des chocs extérieurs relatifs à la flambée des cours de
l’énergie et des produits alimentaires et de l’autre, par la dynamique de
croissance de l’économie marocaine tirée dans une large mesure par la
demande intérieure.
Plus de 90% de la demande d’importation de biens durant cette période a été le
fait par ordre décroissant de 5 groupes de produits : énergie (22%), biens
d’équipement (22%), demi-produits (21%), biens de consommation (18%) et
produits alimentaires (10%).
Les marchés de destination des exportations marocaines se diversifient
progressivement, ce qui explique l’atténuation de la concentration sur les
marchés européens dont la part est passée de 76% en 2007 à 62% en 2011. Cette
atténuation s’est produite en faveur d’autres destinations, notamment l’Asie,
l’Amérique et l’Afrique, ce qui montre l’effort progressif de diversification de nos
débouchés qui est l’un des objectifs stratégiques de la mise en oeuvre de la
stratégie de développement et de promotion des exportations « Maroc Export
Plus ».
Il en est de même de la cartographie géographique des importations dont la
concentration sur l’Europe s’est allégée, avec une part qui est passée de 62% en
2007 à 58% en 2011, en faveur de la diversification des approvisionnements à partir
de l’Asie et de l’Amérique dont les parts ont été respectivement de 21% et 11%
en 2007 et se sont chiffrées à 23% et 13% en 2011.
3.2. Cadre règlementaire

Le principal cadre réglementaire du commerce extérieur du Maroc a été établi


au début des années 90, ce qui a nécessité sa refonte à des fins d’adaptation au
changement de l’environnement du commerce international.

ANNE-JOSSELINE KOFFI 28
Cours de Technique de commerce international pour LP3

Principales dispositions des textes régissant le commerce extérieur


Elaborée à la fin des années 80 et promulguée en 1992, la loi 13-89 a pour objet
la libéralisation du commerce extérieur marocain. Cette loi retient comme
principe fondamental la liberté des importations et des exportations des biens et
services, sauf lorsqu’il s’agit de sauvegarder la moralité, la sécurité et l’ordre
public, la santé des personnes ou de protéger la faune et la flore, le patrimoine
archéologique et artistique national ou de préserver la position financière
extérieure du pays.
Principales dispositions de la règlementation relative aux mesures de défense
commerciale
La loi n° 15-09 relatives aux mesures de défense commerciale établit les règles
régissant l’application des mesures de défense commerciale.
Son décret d’application prévoit les modalités pratiques du calcul et de
détermination de l’existence de la marge de dumping, du montant de la
subvention, des méthodes pour l’évaluation du dommage causé à la branche
de la production nationale, ainsi que les montants des droits à appliquer. Il clarifie
aussi les prescriptions d’ordres procédurales à suivre par le Ministère en charge du
commerce extérieur dans les enquêtes.
Les mécanismes de défense commerciale établissent l’ensemble des règles et
procédures
3.3. Cadre institutionnel

Dans le but de s’adapter aux mutations du commerce international, et de faire


du commerce extérieur un moteur de croissance économique et sociale, le
Département du Commerce Extérieur et les organismes sous sa tutelle ont connu
une mise à niveau profonde de leur organisation et de leurs moyens, notamment
par une restructuration de l’organisation managériale et des moyens de travail,
avec l’adoption d’un nouvel organigramme, un renforcement de ses ressources
financières et humaines et l’adoption d’une culture de travail orientée projets-
résultats.

ANNE-JOSSELINE KOFFI 29
Cours de Technique de commerce international pour LP3

• CMPE, Centre Marocain de Promotions des Exportations ou Maroc Export


est un établissement public créé en 1976 dans le but de mettre en œuvre
la politique gouvernementale en matière d’appui à la PME/PMI
exportatrice. Cet établissement constitue le bras marketing du
Département du Commerce Extérieur, et son organisation a connu
récemment une mue importante dans le cadre de la mise en œuvre de la
nouvelle stratégie de développement et de promotion des exportations
«Maroc Export Plus »
• FEC, Office des foires et expositions de Casablanca : en 1977 le comité
central des foires de Casablanca a été érigé en office, établissement
public doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière. Le rôle
de cet établissement est l’accompagnement des opérateurs dans la
promotion des secteurs phares du Maroc, l’organisation de foires et salons
par l’accueil de manifestations internationales et l’internationalisation des
salons organisés au Maroc.
• CNCE : Le Conseil national du commerce extérieur a été créé en 1996, avec
sa composition paritaire public-privé, il a pour mission de donner des avis
consultatifs sur les questions relatives au commerce extérieur et d’établir un
rapport annuel sur les échanges extérieurs. Ce Conseil est en cours de
transformation en vue de s’ériger en observatoire du commerce extérieur.
• OCE : Créé en 1965 comme un organisme étatique, l’Office de
Commercialisation et d’Exportation est en cours de repositionnement
stratégique dans le cadre de sa transformation en société anonyme. Son
nouveau rôle est celui d’agrégateur de l’offre, notamment la petite offre
agricole, ce qui le place en tant acteur important dans le développement
des consortiums d’exportation au Maroc.

3.4. Principales orientations stratégiques

Pour accompagner l’ouverture sur le marché mondial, le Maroc dispose d’une


nouvelle stratégie de développement et de promotion des exportations « Maroc
Export Plus », avec un plan d’action pour la promotion des exportations, aussi bien
au niveau industriel, agricole que des services. Ce plan d’action vise
l’accompagnement au développement d’une offre exportable compétitive,
pour un meilleur positionnement sur les marchés cibles.
Cette stratégie cherche aussi à inciter davantage d’entreprises à s’inscrire dans
une démarche de développement par l’exportation et à améliorer l’efficacité
des entreprises exportatrices dans la commercialisation de leur production sur les
marchés internationaux.
L’objectif est d’accroître les exportations de manière incrémentale, avec un
doublement des exportations en 2015 et un triplement en 2018

ANNE-JOSSELINE KOFFI 30
Cours de Technique de commerce international pour LP3

Pour atteindre ces objectifs, la stratégie « Maroc Export Plus » repose sur trois axes
complémentaires:

4. Le commerce mondial : un panorama

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Cours de Technique de commerce international pour LP3

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5. Le protectionnisme

5.1. Définition

Le protectionnisme est une doctrine défendue par certains économistes, qui


propose de protéger la production nationale de la concurrence des entreprises
étrangères. Pour cela, le pouvoir politique entrave l’entrée sur le territoire national
des marchandises étrangères par des taxes à l’importation (ex : taxe de 30% sur
une marchandise donnée) ou une réglementation spécifique (ex : interdiction
d’un type de marchandise). Cette doctrine économique est très ancienne.
A l’époque, l’économie était au service du pouvoir politique. Le but de
l’économie était d’enrichir l’Etat. En favorisant les exportations et en limitant les
importations par un protectionnisme très strict, la balance commerciale devenait
excédentaire et l’Etat s’enrichissait. Dans son ouvrage « Traité d’économie
politique » (1615), le Français Antoine de Montchrestien (1575-1621) fut le premier
théoricien moderne du protectionnisme.
5.2. Les instruments de protectionnisme.

Les barrières tarifaires


Les droits de douane sont des taxes prélevées sur les marchandises lors de leur
passage aux frontières. Les douaniers surveillent les entrées sur le territoire national
essentiellement pour cette raison. La taxe agit sur le prix du produit étranger
vendu sur le marché intérieur. Les consommateurs nationaux sont dissuadés
d’acheter ces produits étrangers jugés trop coûteux et préfèrent acheter la
production locale.
Exemple : En 2000, les Etats-Unis ont relevé fortement les taxes douanières sur la
moutarde et le roquefort. Automatiquement, les exportations françaises de ces
deux produits ont diminué sensiblement et certains petits producteurs français ont
connu de graves difficultés financières.

Les barrières non tarifaires.


Les prohibitions commerciales sont des interdictions d’importer certains produits.
Ces prohibitions reposent parfois sur des raisons sanitaires (ex : interdiction
d’importer en France de la viande bovine durant la crise de la « vache folle »),
parfois pour des raisons religieuses (interdiction d’importer de l’alcool en Arabie
Saoudite), parfois pour des raisons morales (armes, drogues…) ou écologiques
(animaux exotiques). L’embargo est une mesure administrative qui vise à
empêcher la libre circulation d’une marchandise (ex : un embargo sur les armes).

ANNE-JOSSELINE KOFFI 33
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Les mesures paratarifaires.


Ce sont par exemples les subventions à l’exportation, les crédits à l’exportation à
taux d’intérêt réduits. La palette des instruments du « protectionnisme financier »
est particulièrement riche et évolutive.

Les règlements administratifs.


Des règlements très pointilleux peuvent décourager les exportateurs étrangers. Les
Japonais utilisent cette forme de protectionnisme déguisé en utilisant des normes
de sécurité excessives. La France impose des modes d’emploi en langue
française, alors que beaucoup de pays n’utilisent que la langue anglaise.

La manipulation du taux de change.


Une politique de change habile permet d’améliorer artificiellement le solde
commercial. Lorsqu’un pays possède une monnaie faible, ses exportations sont
favorisées. De plus, ses importations lui coûtent plus chères. Ses consommateurs
évitent donc, dans la mesure du possible, d’acheter des produits étrangers. Le
solde de la balance commerciale s’améliore de cette manière.
Dans les années 60 et 70, le Japon, l’Italie ou l’Espagne ont élaboré ce type de
stratégie commerciale, axée sur des prix à l’exportation faibles. Actuellement, les
Etats-Unis et surtout la Chine (Yuan faible qui suit la baisse du dollar) ont une
politique de change agressive à l’égard des autres pays pour favoriser leurs
exportations.
Inversement, un pays, qui détient une monnaie forte, est défavorisé dans ses
exportations, car la compétitivité-prix de ses produits se dégrade. C’est le cas de
la zone euro actuellement incapable d’élaborer une politique de change
favorable à ses exportations. De plus, les consommateurs de ces pays partent
dans les pays à monnaie faible dépenser leur argent en tant que touristes.
L’avantage d’une monnaie forte pour les pays de la zone euro est que le coût
des importations diminue, en particulier pour les matières premières et les
hydrocarbures. L’exemple réussi de cette stratégie commerciale est l’Allemagne
qui vend des produits industriels à forte valeur ajoutée, qui possède une forte
compétitivité-hors prix. Peu importe le prix de ces produits, ils se vendent car ils
sont indispensables (machines-outils) ou jouissent d’une excellente réputation
(voitures).

L’esprit patriotique
Certains états diffusent un esprit protectionniste dans leur population. C’est le cas
du Japon. Le consommateur japonais est réticent à acheter des produits
étrangers. En France, sous la présidence Mitterrand, des spots de TV avaient été
diffusés : « Nos emplettes font nos emplois ».

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5.3. Les motivations du protectionnisme

Le protectionnisme éducateur de Friedrich LIST (1789-1846).


La première justification historique du protectionnisme a été débattue au début
du XIX siècle. Friedrich List est allemand. Il publie son « Système national
d’économie politique » en 1841. A l’époque, l’Allemagne est un pays agricole
avec un embryon d’industrie peu compétitif face à la puissance industrielle du
Royaume-Uni. Si abaisse les droits de douane, les produits industriels britanniques
inonderont l’Allemagne et les industries naissantes allemandes disparaîtront
rapidement. Le prix des produits allemands est supérieur à ceux du Royaume-Uni
et leur qualité inférieure. Les différents Etats allemands décident donc de créer
une union douanière, le Zollverein en 1834. Tout produit importé est taxé à l’entrée
d’un de ces Etats allemands pour protéger les industries naissantes. Lorsque les
coûts de production de la production allemande diminuent, les droits de douane
baissent. Le protectionnisme éducateur est donc transitoire. Ce mécanisme a
parfaitement fonctionné, puisque, cinquante ans plus tard (vers 1884),
l’Allemagne est devenue une puissance industrielle de premier plan, rivalisant
avec le Royaume-Uni.
Au XX siècle, les pays en développement ont imité la stratégie de développement
industriel de l’Allemagne du XIX siècle, en cherchant à protéger leur marché
intérieur de la concurrence étrangère. C’est le cas du Japon au début du XX
siècle, de la Corée du Sud dans les années 1960 et surtout de la Chine à la fin du
XX siècle.
L’argument de la balance commerciale.
Le tarif douanier augmente le coût des importations. Les consommateurs limitent
leurs achats de produits étrangers. Les importations diminuent et le solde de la
balance commerciale s’améliore.
L’argument des représailles.
Si un pays concurrent a pris des mesures protectionnistes, on exerce des
représailles en augmentant ses tarifs douaniers.

L’argument de l’indépendance nationale.


Certains régimes politiques souhaitent être indépendant des économies
étrangères et isolent leur pays par un tarif douanier élevé.
L’argument de défense nationale.
Le pays interdit ou limitent certaines importations en matière d’armes pour
protéger sa propre industrie d’armement. Par exemple, la France achète des
avions Dassault, des chars ou des missiles français (Thales, Lagardère…).

L’argument du revenu.
Les tarifs douaniers assurent un revenu substantiel à l’Etat.

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L’argument de l’emploi.
Il faut protéger les entreprises nationales par des tarifs douaniers élevés car, si la
concurrence est trop forte ou jugée déloyale (dumping social), les entreprises
nationales licencient leur main-d’œuvre. Le taux de chômage augmente. Cette
argumentation revient en force dans les médias des pays développés
actuellement avec la crainte des délocalisations.
Le protectionnisme de l’Union européenne en matière agricole (PAC) s’explique
par la sauvegarde de nombreux emplois dans ce secteur.

L’argument des industries sénescentes.


C’est un protectionnisme qui vise à protéger les industries en déclin (textile ou
sidérurgie) par un tarif douanier élevé, afin de les aider à se restructurer et à se
moderniser. Il s’agit d’éviter des licenciements massifs dans ces industries
vieillissantes. Le pouvoir politique peut être sensible au groupe de pression que
constituent ces chefs d’entreprise.
5.4. Les effets pervers du protectionnisme.

• Les branches d’activité protégées ne sont plus soumises à la concurrence


internationale : Cela nuit aux consommateurs nationaux, car, sans
l’aiguillon de la concurrence internationale, la qualité des produits se
détériore et le prix augmente sur le long terme.
• Le protectionnisme est souvent une arme pour le nationalisme : Les régimes
autoritaires (nazisme, fascisme, communisme…) sont toujours
idéologiquement favorables au protectionnisme et vise l’autarcie pour ne
plus dépendre des autres pays. Ces pays développent des « ersatzs », des
produits de remplacement (ex :
• le caoutchouc synthétique en Allemagne nazie). Le protectionnisme est
donc défavorable à la paix, car les pays qui commercent entre eux sont
obligés de coopérer.
• Le protectionnisme engendre le protectionnisme : Lorsqu’un pays décide
d’augmenter ses droits de douane, ses partenaires prennent souvent des
mesures de représailles en augmentant les leurs.
• Pour les libéraux, des mesures protectionnistes ont des répercussions
négatives sur la croissance économique.
5.5. Avis de certains économistes

Pour certain économiste le protectionniste est positif car il favorise le


développement économique d’un pays, maintient son emploi, équilibre son
commerce extérieur et supprime toutes dépendances vis-à-vis de l’étranger.

ANNE-JOSSELINE KOFFI 36
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Pour l’économiste List, un pays doit protéger son industrie naissante pour lui
permettre de trouver sa situation d’équilibre. De la même façon, un pays doit
protéger son industrie vieillissante. C'est-à-dire les secteurs économiques qui
manquent de productivité soir parce qu’ils n’ont pas intégré le progrès technique
soit parce qu’ils sont fortement concurrencés par les produits émergent, c’est le
cas de l’Europe. Selon List cette protection doit être planifié et dégressive dans le
temps.
Pour l’économiste Mistral, le protectionniste permet de garantir aux entreprises
des débouchés, permet également de promouvoir la recherche et d’aider les
secteurs en difficulté, permet la constitution de grands groupes nationaux. Pour
Mistral une intervention ferme de l’Etat est nécessaire pour relancer une
économie nationale.
Pour Jeanneney, le protectionnisme est un moyen de contrôler la concurrence
étrangère pour maintenir la diversification de l’économie national. Toutes
spécialisations accroissent la dépendance vis-à-vis de l’étranger et peu
provoquer des pressions politiques.
Le protectionnisme a des effets négatifs pour l’économie nationale, pour les
consommateurs, de plus il constitue une menace pour la paix internationale.
En effet, le protectionnisme empêche l’exploitation des avantages comparatifs,
la moindre concurrence affaiblie l’économie, augmente les prix, réduit l’offre,
diminue la qualité et constitue des rentre de situation pour les entreprises qui se
retrouve en quasi-monopole.
Le protectionnisme freine les innovations car le progrès technique est moins diffusé
dans les pays (il y a moins de technologie apportés). Il favorise le nationalisme
facteur de tension, conflit et intolérance.

Conclusion générale

Les différents modèles étudies précédemment révèlent que le commerce


international est bénéfique pour tout pays pratiquant l’échange, mais si le libre
échange a toujours été considéré comme la politique commerciale de base des
échanges internationaux.
Autrement dit, La participation au commerce international est susceptible de
procurer certains bénéfices car elle permet à un pays de tirer parti de ses
avantages comparatifs, d’exploiter des économies d’échelle et de garantir le jeu
de la concurrence, ce qui renforce la diversité des produits et, potentiellement,
la stabilité des marchés.
Il est peu probable que les bénéfices résultants des échanges commerciaux se
répartissent également entre pays ou en leur sein; c’est ce qui explique
l’opposition aux politiques de libre-échange.

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Notions à retenir
Avantage comparatif : avantage en termes de spécialisation qu’un pays peut
exploiter dans l’échange international, comparativement aux autres pays, qui
ne le possède pas ou à un moindre degré seulement. Chaque pays a intérêt à
se spécialiser dans la production de marchandises pour laquelle il détient
l’avantage comparatif le plus élevé ou le désavantage le plus faible.
Dotation factorielle : ensemble des facteurs de production (travail, capital,
ressources naturelles) que possède un pays pour produire et échanger.
Libre-échange : : doctrine prônant la liberté de circulations des biens, des
services, des capitaux et des hommes à l’échelle internationale. Voir aussi votre
manuel.
Protectionnisme : politique commerciale visant à protéger la production d’un
pays contre la concurrence étrangère, à l’aide de barrières tarifaires et non
tarifaires.
Spécialisation : c’est le fait que chaque individu ou chaque nation se consacre
à la production d’un même bien ou service (et en exporte une partie)

ANNE-JOSSELINE KOFFI 38

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