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Partie sur les ressources

Dans cette première partie nous montrerons que c’est en identifiant les besoins de
formations de chacun des élèves et en leurs proposant des situations
d’apprentissages adaptés à ces besoins que nous espérons une mobilisation de leurs
ressources.

En Natation de vitesse, au collège, la compétence attendue de niveau 1 demande aux


élèves «  à partir d’un départ plongé ou dans l’eau, réaliser la meilleure
performance possible sur une distance de 25m en crawl en adoptant l’équilibre et
les trajets moteurs les plus efficaces ».
Afin de devenir compétent, l’élève devra privilégier le plongeon, car bien réalisé, il
permet de gagner un temps considérable sur 25 mètres.

Or, il n’est pas rare d’observer des élèves, qui au moment de pénétrer dans l’eau lors du
plongeon se désorganisent d’un point de vue moteur en se repliant sur eux même. Ils
relèvent la tête et entre dans l’eau par les genoux en premier.
Alors comment rendre l’élève plus performant lors du plongeon.
Nous pouvons nous appuyer sur PAILLARD qui nous alerte sur le fait que l’émotion peut
devenir perturbatrice sur la performance motrice.
Elle dépendrait de la nature de la tache, de la charge de la tache et du stade de
l’apprenant (débutant ou expert).

Ici l’élève de 6ème a rarement effectué des plongeons. Étant débutant dans la tâche,
le professeur, doit mettre en place une pédagogie de la réussite, afin de ne pas
engendrer une névrose d’échec.
Afin d’éviter le refus du déséquilibre vers l’avant, nous proposerons une situation
pendant laquelle les élèves tenteront de dépasser cette appréhension.
Ainsi pour limiter les émotions négatives liées à la hauteur du plot de départ, nous
leur demandons de se placer au bord du bassin sur toute la longueur.
Les orteils devront crocheter le bord du bassin, les mains tiennent les chevilles et
ne les lâchent pas. Le menton est collé à la poitrine, les genoux légèrement pliés
dans le but de former une sorte de boule.
Une fois dans cette position, les élèves doivent se laisser tomber vers l’avant et
entrer dans l’eau la tête la première tout en restant en boule.

Ainsi par cet exercice, obligeant l’élève à rester dans une position plutô t rassurante pour
lui, nous tentons de résoudre les problèmes émotionnels en mobilisant des ressources
psychologiques (prise de conscience qu’il n’y a pas de risque), neuro informationnelle
(prise d’information de la position du corps dans l’espace) nécessaire à la réussite du
plongeon et à l’amélioration de la performance.
Cependant cet apprentissage affectif n’est pas le seul à prendre en compte et permettant
l’acquisition de la compétence.
En effet certains élèves acceptent le déséquilibre, néanmoins ils ne vont pas plus loin
que 5 mètres malgré le maintien de la position gainée (alignement tête, épaule, bassin,
genou)
Cela est dû à un défaut de poussée des jambes.
Or FAMOSE nous indique que « l’acquisition d’une habileté motrice englobe trois type
d’apprentissage ».
L’apprentissage perceptif, décisionnel ou encore effecteur.
Il semble que pour les élèves décrits précédemment c’est cette composante effective
qui entre en jeu.
Pour rendre l’élève performant, nous proposons une situation lui permettant de
dépasser les 5 mètres.

Nous plaçons une perche (moussée) au début proche du mur, environ 1 mètre.
L’élève devra se placer sur le plot de départ et effectuer un plongeon au delà de la
perche.
En cas de réussite nous pourrons éloigner petit à petit la perche afin de provoquer
l’extension complète des jambes.
L’élève sera alors considéré comme performant dans cette situation si sa poussée est
puissante et complète (jambe tendue), si il entre dans l’eau par les mains et qu’il dépasse
les 5 mètre avant de remonter à la surface.
Cependant cet exercice ne sera efficace que si les élèves restent gainé à l’entrée dans
l’eau jusqu'à leur remontée à la surface. L’élève mobilise ainsi des ressources motrice
(poussée des jambes)
Cela pourrait faire l’objet d’un autre contenu d’enseignement.
L’enseignant devra aussi faire attention à ne pas reculer trop loin la perche au risque de
voir un élève effectuer une très forte poussée des jambes mais mal orientée. De plus il
risquerait de plier les jambes à l’entrée dans l’eau pour ne par toucher la perche. Ce
travail ne rendrait alors pas l’élève plus performant.

Ce premier temps de réflexion avait pour but de montrer que c’est en identifiant les
besoins de formation des élèves et en proposant des situations d’apprentissages adaptés
à ces besoins et qu’il y a une mobilisation et un développement des ressources des
élèves en Natation de vitesse leur permettant de devenir plus performant et acquérir la
compétence programmatique.

Le Ny, "l'apprentissage est une amélioration stable du comportement ou des activités intellectuelles attribuable à
l'expérience de l'individu" (Apprentissage, Encyclopaedia Universalis, Paris, 1990)

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