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A. Al Mers, ENSAM-MEKNES, Cours de Transfert de chaleur e-mail :almers_a@hotmail.

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Transfert de chaleur par rayonnement

I. Nature du rayonnement thermique.

Tout corps dont la température est supérieure au zéro absolu contient et émet en permanence
de l'énergie sous forme de rayonnement électromagnétique. : En effet, au dessus du zéro
absolu, il y a agitation moléculaire au sein des corps.
Cette agitation moléculaire implique un déplacement d’électrons, déplacement
s’accompagnant d’une émission de particules de masse et de charge électrique nulle appelé
«
Photon » : ces photons génèrent un champ électromagnétique pulsatoire (onde sinusoïdale de
fréquence f donnée ) et chaque photon contient une certaine quantité d’énergie E appelée
« quanta » telle que :
E h. f
avec : h = 6,6263.10-34 J.s  Constante de PLANCK

L’ensemble des photons de même fréquence constitue une « onde électromagnétique


monochromatique » qui est caractérisée par sa longueur d'onde   C / f

λ : distance parcourue par l’onde pendant une pulsation


C : vitesse de propagation de l’onde

 Elle est maximale dans le vide : C= 2,9979.108 [m/s]


 Elle dépend du milieu traversé et de son indice de réfraction n :

C = C0 /n et λ = λ 0 /n

L’énergie rayonnée n’appartient pas uniquement au domaine thermique : elle peut provenir de
sources différentes.
 Source chimique  on parle alors de PHOTOCHIMIE
 Source électromagnétique  on parle alors de FLUORESCENCE
 Source électronique  on parle alors d’EFFET PHOTOELECTRIQUE

Le rayonnement thermique provoque une diminution de l’énergie interne du corps et est


caractérisé par une gamme de longueur d'onde de 0,1 à 100 μm.

Le transfert de chaleur par rayonnement peut être schématisé en supposant la propagation des
rayons en lignes droite avec une vitesse égale à celle de la lumière dans le milieu considéré.
Cette transmission à distance différencie du point de vu calculs, le rayonnement de la
conduction. Dans celle-ci, le flux de chaleur en un point dépend du champ de température
autour de ce point, d’où les lois en gradient. A l’opposé en rayonnement, le bilan thermique
autour d’un point dépend, de manière instantanée, des températures de points même très
éloignés. Il en résultera des lois en gradient.

Le rayonnement émis par les corps est polychromatique et pourra donc être représenté par un
spectre de radiations monochromatiques. Celle-ci sera caractérisée par leur longueur d’onde λ.

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Pratiquement le spectre des rayonnements thermiques s’étend de 0,1 à 100 μm. Il comprend
donc le rayonnement visible (de 0,4 à 0,7 μm), mais il comprend principalement des
longueurs d’onde compris dans l’infrarouge.

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Le comportement des corps vis-à-vis du rayonnement thermique permet de les classer en deux
catégories :

- Les corps athermanes sont considérés comme opaques aux λ du rayonnement


thermique.
- Les corps diathermanes sont au moins partiellement, transparents au rayonnement
thermique.

Le transfert de chaleur par rayonnement comprend toujours trois phases :

- l’émission, ou transformation d’énergie d’agitation moléculaire en onde EM ;


- La propagation de cette onde EM dans la diathermane interposé :
- l’absorption ou transformation total ou partielle de l’onde EM en chaleur.

Le rayonnement entre deux corps est toujours un phénomène mutuel, tout trajet parcouru par
un rayon dans un sens donné étant également parcouru par un autre rayon dans le sens opposé.

II. Description des propriétés rayonnantes des corps

II.1. Grandeurs physiques caracté risant le rayonne ment

Les grandeurs caractérisant le rayonnement sont de nature différente selon le système auquel
elles s’adressent :

- grandeur TOTALE : grandeur relative à l'ensemble du spectre;


- grandeur MONOCHROMATIQUE : grandeur relative à un intervalle spectral donné dλ;
- grandeur HEMISPHERIQUE : grandeur relative à un rayonnement dans toutes les directions de
l’espace dans lequel un élément de surface peut recevoir ou émettre un rayonnement
- grandeur DIRECTIONNELLE : grandeur relative à un rayonnement dans une direction donnée

II.2. Grandeurs relatives à l’émission des corps

a) Emittance totale (densité de flux)

Considérons une surface élémentaire S centrée sur un point P à la surface d’un corps solide
opaque rayonnant dans l’espace. Soit  le flux de chaleur (en W) relatif à tous les rayons
émis par S dans toutes les directions d’u même côté du plan tangent (soit dans un angle
solide 2 ).

L’émission par unité d’aire autour de P s’appelle émittance (on précise parfois « totale » pour
rappeler que toutes les  émises sont considérées). Elle est donc définie par :


M  lim (en W/m2 ) = f (matériau, Ten P)
S 0 S

L’émittance est une fonction d’état. Elle considère l’énergie émise dans toutes les longueurs
d’onde et toutes les directions d’un même côté du plan tangent

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M

S P 

b) Emittance spectrale (ou monochromatique)

Le flux  peut être décomposé selon la longueur d’onde  , on obtient ainsi l’émittance
spectral (ou monochromatique) qui représente la fraction de flux comprise dans l’intervalle
 ,   d ,

2
M   lim (en W/m2 μm)
S 0 S 
 0

l’émittance spectral Mλ fourni le spectre de M (voir figure).

c) Intensité totale dans une direction donnée

Notion d'angle solide :

L'angle solide est une généralisation dans l'espace à trois dimensions de la notion d'angle plan et
caractérise l'ensemble des directions issues d'un point et contenues dans une portion de l'espace .

d

C'est l'aire d de la surface interceptée, sur une sphère de rayon-unité, par une surface conique dont
le sommet est placé au centre de cette sphère.

Pour une sphère de rayon R , l'aire découpée sera dS = d x R² , d'où d  dS / R


2

Compte tenu de la définition de l'angle solide , le Stéradian [sr] est l'aire de 1 [m²] , interceptée sur une
sphère de rayon 1 [m] par un cône dans le sommet est placé au centre de cette sphère  un angle
solide sphérique vaut 4  [sr]

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C'est le flux émis dans une direction donnée Ox , par unité d'angle solide d.


I ox  lim (en W/sr)
0 

 X

S O

d) Luminance totale dans une direction ox

La luminance totale L d’une source d’aire S centrée au point O dans une direction Ox c’est
l’intensité total émise par unité de surface apparente (projetée) S ' .

I ox 2
Lox  lim  lim
S 0 S ' S 0 S '
' '

0

 X

α
S '

S

Or nous avons S '  S cos , donc on peut écrire :

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2
Lox  lim = f (α, matériau et T en O)
S 0  S cos
0

e) Luminance spectrale (ou monochromatique)

Il est possible de décomposer la luminance totale selon la longueur d’onde et définir la


luminance spectrale par :

2
L  lim
S 0  S ' 
'

0
 0


La luminance spectrale est la grandeur qui contient plus d’information : par intégration on peut obtenir
toute les autres grandeurs.

f) Relation entre émittance et luminance : Loi de Lambert

On peut obtenir l’émittance en intégrant la luminance dans toutes les directions :

d  M .dS   L cos  dS d
2

Où M  L cos  d
2

L’expérience montre que l’émission des matériaux industriels est pratiquement isotrope (ou

diffus), sauf pour des incidences rasantes (   ).
2
Dans la suite, nous supposerons L indépendante de α, d’où :

M  L  cos  d
2

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On peut montrer que l’intégrale définie vaut  , d’où :

M  L (loi de LAMBERT)

Un corps à émission isotrope (ou diffus) est appelé « lambertien »

II.3. Grandeurs relatives au récepteur

Les notions de flux, d’intensité et de luminance s'appliquent aussi bien au rayonnement


incident sur une surface qu’au rayonnement émis par celle-ci. Par contre, la notion
d’émittance est remplacée, dans le cas d’un rayonnement incident, par l’éclairement de la
surface réceptrice.

a) Eclairement :

C'est la puissance reçue ou flux total reçu par unité d'aire de surface réceptrice dS en provenance de
l’ensemble des directions d’où elle peut recevoir du rayonnement.
d
E
(en W/m2 )
dS
b) Relation entre l’éclairement du récepteur et la luminance de l’émetteur :

Le flux émis par une surface dS 2 en direction d’une surface réceptrice dS 1 s’écrit :

d 22  L2 dS2 cos 2 d2

dS1 cos 1
Comme d 2  , D étant la distance moyenne entre dS1 et dS2 , on aura :
D2

dS1 cos 1
d 2 2  L2 dS 2 cos  2
D2
L’éclairement sera donc :

d 2 dS cos  1 cos  2
E  L2 2
dS1 D2

n1
n2
θ2 θ1
d 2 D d 1
dS2 θ2 θ2 dS1

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III.4. Propriétés absorbantes des corps


Soit un rayonnement monochromatique (  I ) incident sur la surface du corps étudié.


a) une fraction a du rayon est absorbée par la surface, c'est-à-dire transformée en
a
chaleur. On définit le facteur spectral d’absorption   

I

b) une fraction r est réfléchie, soit spéculairement soit de manière diffuse, On définit
r
le facteur spectral de réflexion   

I

c) Une fraction t est transmise en travers du corps, On définit le facteur spectral de
t
transmission   

I

Il en résulte que          1
r
I

a
t
IV. Lois du rayonnement thermique

IV.1. Notion de corps noir

Les substances naturelles suivent des lois de rayonnement différentes selon leur nature :
l’émetteur idéal pouvant rayonner le maximum d’énergie à une température donnée porte le
nom de Corps noir.
0
Un indice permet de le référencer et il sert d’étalon aux grandeurs de rayonnement.

On évaluera l’énergie émise par les différents corps étudiés par rapport à celle qu’émettrait le
corps noir dans les mêmes conditions par l’intermédiaire d’un coefficient correcteur,
l’émissivité ou pouvoir émissif ou facteur d’émission  avec   1

Pour le corps noir, on aura donc :  = 1 et  =  = 0

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C'est un corps qui absorbe parfaitement toutes les radiations quelle que soit leur longueur
d'onde et leur incidence : il est donc parfaitement absorbant et parfaitement émissif mais il
n’est ni transmissif, ni réflectif.

Pour les corps réels appelés aussi « corps gris » , ces grandeurs sont fonction de l’angle
d’incidence de  I et doivent être définies sur des bandes de longueurs d’ondes donnée
(grandeur MONOCHROMATIQUE DIRECTIONNELLE)

Pour les températures élevées ( > 200 °C), la couleur a plus d'importance que le matériau.:
Blanc: ε = 0,2 Gris clair: ε = 0,5 Rouge : ε = 0,7 à 0,8

Effet de serre

 VISIBLE = 0,90  verre « TRANSPARENT » à la lumière visible


 INFRA-ROUGE = 0,00  verre « OPAQUE » aux Infrarouges

Cette propriété du verre justifie l’utilisation du verre comme couverture des serres et des
capteurs solaires. En effet, le verre transmet le rayonnement solaire visible (courtes longueurs
d’ondes : entre 0,2 et 2 μm) qui peut donc pénétrer dans l’enceinte et l’échauffer ; l’enceinte
s’échauffant, elle se met à rayonner et émet un rayonnement du type Infrarouge visible
(grandes longueurs d’ondes : entre 8 et 10 μm): ce rayonnement atteint le verre et est arrêté et
ne peut qu’être réfléchi, la température de l’enceinte va donc augmenter.

IV. 2. Loi de PLANCK

Cette loi définit l’émittance monochromatique du corps noir, elle relie l’émittance monochromatique
du corps noir à la longueur d’onde λ, et à sa température T (température absolue) :

2  h c 2  5
M 
0
hc 
kT
e 1

c : Vitesse des ondes électromagnétiques dans le milieu considéré : c  c0 n , où c 0 est la
vitesse de la lumière dans le vide, et n l’indice de réfraction ( c0  2,9979.108 m / s ).
h : Constante de PLANCK, h  6,6255 .10 34 J / K
K : Constante de BOLTZMANN, k  1,3805 .10 23 J / K

Si l’indice de réfraction est égal à l’unité, la loi de PLANCK s’exprime sous la forme
simplifiée :
C1 5
M  0
C2 
T
e 1
C1 et C 2 sont deux constantes :

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C1  3,741.1016 W m2
C2  0,014388 m K

La figure suivante donne la distribution spectrale de l’émitance du corps noir en fonction de la


température absolue. A chaque température correspond une courbe ayant un maximum situé à
une valeur m de la longueur d’onde variable avec T. Lorsque la température augmente, le
lieu des maximums se déplace vers les courtes longueurs d’onde.

IV. 3. Lois de Wien

-1ère Loi de WIEN :

Cette loi est appelée aussi loi de déplacement, elle permet de calculer la valeur de la longueur
d’onde m correspondante au maximum de M 0 en fonction de la température :

m . T  2898 m . K
ème
-2 Loi de WIEN :

Elle permet de calculer la valeur Maximale M 0m de M 0 correspondante à m en fonction de


la température T :

M 0m  B T 5 (en W / m3 ou W / m 2 m )

Avec : B  1,287.105 W / m3. K 5 ou bien B  1,287.1011 W / m3. m. K 5

IV. 4. Loi de STEPHAN-BOLTZM ANN :

L’intégration de la formule de PLANCK sur l’ensemble du spectre rayonné permet d’obtenir


la loi de STEPHAN-BOLTZMANN. Cette loi permet de fournir l’émittance totale du
rayonnement du corps noir en fonction de sa température absolue :

M 0   .T 4 (en W/m2 , T en deg K)

 est une constante appelée constante de STEPHAN-BOLTZMANN :

  5,67.108 W / m2 K 4

IV. 5. Loi de KIRCHHOFF :

Cette loi relie les propriétés émissives et absorbantes des corps. Pour chaque longueur d’onde
et chaque direction de propagation, émissivité monochromatique directionnelle et absorbtivité
monochromatique directionnelle sont égales

 ox ,   ox ,

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Emission des corps réels :

Comme, nous l’avons déjà signalé, l’évaluation des propriétés émissives des substances
réelles se fait par rapport à celles du corps noir placé dans les mêmes conditions, à l’aide de
coefficients appelés émissivités, totales et monochromatiques, hémisphériques ou
directionnelles, ainsi les émittances totales et monochromatiques d’une surface seront fournies
par les relations :
M   M 0 et M     M 0
 et   sont les émissivités hémisphériques du corps, respectivement totale et
monochromatique.

Pour les luminances L et L on utilise les émissivités directionnelles  ox et  ox , :

Lox   ox L0 , Lox,   ox, L0

Cas particulie rs

1) Corps noir : émissivités constantes ;     ox ,    1


2) Corps gris : émissivité indépendantes de la longueur d’onde :     ,  ox ,   ox
3) Corps à émission diffuse : émissivité indépendantes de la direction.
4) Corps gris et diffusant : émissivités indépendantes de la longueur d’onde et de la
direction : paramètres unique : 

Remarque :

- un corps noir est toujours a émission diffuse (suit toujours la loi de Lambert)
- pour un corps gris les coefficients d’absorption αλ, de réflexion ρλ et de transmission
τλ sont toujours indépendants de la longueur d’onde :     ,     ,    

Corps noir

Corps gris
Corps réel

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V. Etude des échanges radiatifs

Le milieu matériel est supposé complètement transparent au rayonnement : il n'est ni


absorbant, ni émissif: c'est le cas du vide ou de l'air sec et exempt de CO 2 ou CO.

V.1. ECHANGES ENTRE S URFACES NOIRES

V.1. 1. Notion de facteur de forme

Soient 2 surfaces noires S1 et S2 maintenues à des températures uniformes T1 et T2 et


rayonnant mutuellement l'une sur l'autre , le flux total émis par dS 1 est d 1 = M0 (T1) dS1 soit
d 1 =  T1 4 dS1 .et seule une fraction de ce flux atteint dS 2 :

d 12 = F12  T14 dS1

 1
T2 T1

S2  12 S1

La fraction du flux total émis par S 1 et atteignant S2 est appelé FACTEUR DE FORME : c ‘est le
rapport  12 /  1 , on a F S1/S2 = F12 =  12 /  1

De la même manière on définit le flux émis par s2 et atteignant s1 :

d 21 = F21  T24 dS2

Les expressions des flux émis entre S 1 et S2 sont :

 12 = M0(T1) S1 F12 =  12 =  T14 S1 F12

 21 = M0(T2) S2 F21 =  21 =  T24 S2 F21

A l’équilibre on doit avoir T1 = T2 et  12 =  21 c'est-à-dire

 T14 S1 F12 = T24 S2 F21

Donc il existe une relation de réciprocité :

F12 S1 = F21 S2

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La puissance nette échangée entre S 1 et S2 est :

 12 = σ S1 F12 ( T24-T14) = σ S2 F21 ( T24-T14) 

V.1. 2. Evaluation des facteurs de forme :

Considérons deux éléments de surfaces ds1 et ds2 prises respectivement sur s1 et s2 et écrivons
l’expression du flux émis par ds1 en directions de ds2 .

n2 S2

n1 α2 ds2

ds1 α1 L

S1

Ce flux est contenu dans l’angle solide élémentaire dΩ 12 , sous lequel ds2 est vu à partir de ds1 .
Ce flux s’écrit sous la forme :

d2Ф12 = L°1 ds1 cos α1 dΩ12

avec : dΩ12= ds2 cos α 2/ L2 et L°1= M°1/ π (loi de Lambert),

d’où : d2Ф12 = M°1 ds1 cos α 1 ds2 cos α 2 / π L2

En intégrant sur S1 et sur S2 , on obtient le flux émis par S1 vers S2 . Donc :

cos1 cos 2 ds1 ds2


12  M 10   L2

Expression que l’on peut encore écrire :

1 cos1 cos 2 ds1 ds2


12  M 10 S1
S1   L2

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Faisant ainsi apparaître le facteur de forme F12 :

1 cos1 cos 2 ds1 ds2


F12 
S1   L2

V.1. 3. Enceinte constituée de N surfaces noires :

Considérons une enceinte constituée de N surface noir parfaitement isolées sur leurs faces
arrière.

Le flux total Φi émis par une surface Si est absorbée par toutes les autres surfaces constituant
l’enceinte, y compris Si (si elle est concave), de même S i absorbe les flux provenant des autres
surfaces. Donc on a :

n n n
Φi = 
j 1
 i j    i Fi j   i 
j 1 j 1
Fi j ;

Il s’ensuite que l’on doit avoir :


j 1
Fi j  1;

S1 S2

Sn S3

Si S4

V.1. 4. Méthodes d’évaluation des facteurs de formes :

Comme nous l’avons déjà vu, l’évaluation des facteurs de forme se ramène, dans le cas
général, au calcul d’un intégral de surface. Dans le cas général on procède numériquement
pour évaluer ces facteurs de forme en utilisant les moyens informatiques.

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Pour les configurations géométriques courantes, on peut trouver des tables et des abaques
donnant ces facteurs de formes.
Exemple d’évaluation immé diate de facteur de forme :

1) deux surfaces parallèles de grandes dimensions par rapport à la distance qui les sépare
(plans parallèles, sphère concentriques, cylindres coaxiaux)
Lorsque S1 ≈S2 , F11 =0 , F22 =0 donc :

F12  F21

2) deux demi sphères ou demi- cylindres très longues par rapport à leur plan de base S1 :
tout le flux émis par S1 atteint S2 donc F12  1 . Puisque S1 F12  S 2 F21 , on aura :

S1
F21 
S2

S2
S2

S1
S1

3) Pour toute surface convexe S 1 , située à l’intérieure d’une surface concave S 2 . tout le
rayonnement issu de S1 atteint S2 , donc :
S
F12  1 et F21  1
S2

S1 S2

Pour deux sphères concentriques ; S1 étant la plus petite donne :

2
R  R 
F12  1 ; F21   1  ; F22  1   1 
 R2   R2 

deux cylindres coaxiaux infiniment longs (S 1 à l’intérieure) ; on a :

R  R 
F12  1 ; F21   1  ; F22  1   1 
 R2   R2 

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Inte ret paratique :

En décomposant les surfaces et en combinant les acteurs de forme selon des relations
algébriques, il est possible d’évaluer cetrains d’entre eux, connaissant les autres pour un
système donné.

Exemple :

Soit deux surfaces Si et Sj avec Sj=Sj1 +Sj2


Compte tenu de la définition des facteurs de forme, on peut écrire :

Fij  Fi  j1 j 2  Fi j1  Fi j 2

D’autre part on a :

Si Fij  Si Fij  Si Fi j 2

Relation de réciprocité :

Si Fij  S j F ji  S j1 F j1i  S j 2 F j 2 i

S j1 S j2
F ji  F j1i  F j2 i
Sj Sj

V.1.5. Représentation des échanges radiatifs entre surfaces noires par analogie
électrique :

La relation exprimant le flux de chaleur net échangé entre deux surfaces noires S1 et S2

 
 12 net  S1 F12 M 20  M10   S1 F12 T24  T14  
Peut être rapprochée de la relation I12 
1
V1  V2  fournissant le courant I12 qui s’établit
R 12
entre deux nœuds de potentiel V1 et V2 , séparés par une résistance R12 .

On peut donc représenter l’échange radiatif entre deux surfaces noires par le schéma
électrique analogique suivant :

V1 R12 V2

M 10 M 20
1 S1 F12  1 S 2 F 21

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Pour une enceinte constituée de quatre surfaces noires, le flux échangé entre une surface j
avec les autres surfaces s’écrit :

 
4
 j net   S j F ji M i0  M 0j
i 1

Sera représenté par la somme algébrique des courants dans les branches passant par le nœud
de potentiel M 0j

M 10 1 S1 F12 M 20

1 S2 F24

1 S1 F14
1 S2 F23

1 S1 F13

M 40 M 30
1 S3 F34

V-2. Echange total entre surfaces grises d’une enceinte contenant un parfait
diathermane

V-2.1. Emittance apparente, notion de radiosité :

Lorsque les surfaces constituant une enceinte fermée ne sont pas noires, le calcul des
échanges radiatifs se complique fortement à cause des réflexions successives qui se
superposent au rayonnement direct.

L’analyse reste toutefois d’un niveau de complexité acceptable si les surfaces sont grises (non
sélectives) et assimilables à des réflecteur diffus.

La figure montre les différents flux respectivement émis, incident (irradiance), absorbé et
réfléchi autour d’une telle surface i.
  T4   M0
J
 i
 i   i

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i
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Un observateur ne peut distinguer le flux émis du flux réfléchi. Il globalise les deux flux qu’il
assimile à une émittance apparente. Celle-ci, dénommée par le symbole J appelé radiosité ,
n’est pas une fonction d’état, car elle dépend aussi du flux rayonné par les surfaces entourant
la surface i.

i
L’éclairement de la surface S est E  et son émittance est M   M 0 . La radiosité est la
S
somme du flux émis et le flux réfléchi :

J  M   E    T4   E
Pour une surface opaque :   0 et   1    1  

J   M 0   E   M 0  1    E

J  M 0
E
1 

Flux net perdu :

Le flux net perdu par une surface est la différence être le flux surfacique émis et la fraction
d’éclairement absorbée.

  
net  S M   E   S  M 0   E  S  M 0   E  E  E 
 
net  S  M 0  1    E  E  S J  E 

V-2.2. Densité de flux perdu

La densité de flux net perdu s’exprime par la relation :

 net 
net
S
 
  M 0  E  J  E 
Or on a :
J  M0
E
1
Donc on obtient :

 net 
1

M 0  J 

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A. Al Mers, ENSAM-MEKNES, Cours de Transfert de chaleur e-mail :almers_a@hotmail.com

Remarque : Un flux net perdu négatif représente un gain d’énergie pour la surface S
V-2.3. Echanges radiatifs dans une enceinte constituée de n surfaces grises diffusantes
en émission et en réflexion

S1 S2

Sn S3

Si S4

La radiosité d’une surface S i est constituée de son émittance propre augmentée des flux en
provenance des autres surfaces, y compris S i (si elle est concave) et réfléchi par unité de
surface Si.

- Emittance propre de Si →  i M i0   i  Ti4


- Radiosité de Si → Ji
n
- Flux incident sur Si →  Si Fij J j
j 1
n
- Flux incident sur l’unité de surface S i → Ei   Fij J j
j 1
n
- Flux réfléchi par l’unité de surface S i →  i  Fij J j
j 1

n
D’où : J i   i M i0  1   i   Fij J j
j 1

Ou encore :
n
J i  1   i   Fij J j   i M i0
j 1

En introduisant le symbole de Kronecker  ij :

 ij  1 si i  j et  ij  0 si i  j . On obtient :

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  ij  1   i  Fij  J j   i M i0   i 
n
Ti4
Cette équation j 1 peut être écrite
sous forme d’un système
linéaire constitué de n équation avec n inconnus. Sous forme matricielle ce système
d’équations s’écrit :

M   J    i T 
 J   J 1 , J 2 ,..., J n  ;  T   1 T1 ,  2T2 ,...,  nTn 

C’est un système linéaire les inconnus sont les J j (J=1,2,…n), utilisable pour tout surface
Si de l’enceinte ayant une température Ti connue ou imposée.
Pour les surfaces Si de l’enceinte ayant un flux imposé , on utilise une autre équation.

Flux net = (flux quittant la surface Si par m2) – (flux arrivant sur l’unité de surface Si)

n
inet
 inet  J i   Fij J j 
j 1 Si
Si on utilise le symbole de Kronecker, on obtient :

  ij 
n
 inet   Fij J j
j 1

Sous forme matricielle : M   J    inet 


Cas général :

Dans le cas général d’une enceinte fermée constitué de n surfaces Si les deux formes
matricielles précédentes peuvent être écrite sous la forme unique suivante :

A  J    B
Pour les surfaces Si de température Ti imposée on a :

Aij   ij  1   i  Fij et Bi   i  Ti4

Pour les surface Si à densité de flux  inet imposée on a :

Aij   ij  Fij et Bi   inet

Une fois le système est résolu, on obtient les radiosités J i des différentes surfaces. Pour le
calcul des flux et/ou des températures inconnues on utilise la relation :

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 inet 
i
1  i

 Ti4  J i 

V-2.4. Utilisation de l’analogie électrique

Le flux net rayonné par une surface grise s’écrit :

net 
M 0  J   V1  V2
1   R
 
 S 

1
Ce flux peut être interprété à l’aide d’un circuit de résistance soumise à une
S
différence de potentiel M 0  J :

V1 net R
V2

M0 J
1     S
Le flux net échangé entre deux surfaces grises S i et S j s’écrit :

ij net  S j F ji J j  Si Fij J i

d’où le flux net échangé entre deux surfaces grise S j et Sj s’écrit :

ij net  Si Fij J j  J i   S j F ji J j  J i 

cet échange peut être représenté par le schéma électrique suivant :


ij net

Jj Ji
1 Si Fij  1 S j F ji
On arrive ainsi au schéma complet des échanges mutuels entre deux surfaces grises :

M 10 J1 J2 M 20
S1 S2

1  1  1S1 1 S1 F12 1   2   2 S2

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