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§230 - Caractéristiques.

Nous avons vu au § 227 les difficultés que l’on a à définir le sujet, quoique ce soit une notion fondamentale et admise à peu près par tous
les linguistes. R1
On retient le plus souvent deux traits.
• Le sujet donne au prédicat ses marques de personne, de nombre et, dans certains cas, de genre : Nous dormons. La troupe défilera. Les
marchandises sont arrivées.
Il faut ajouter trois réserves. 1) Cela ne peut s’appliquer ni à l’infinitif ni au participe présent, puisqu’ils sont invariables. — 2) Il arrive que le
verbe s’accorde avec l’attribut et non avec le sujet : Le reste sont des horreurs (Proust), à côté de Tout le reste était des bêtises
(Montherlant). Ce sont eux à côté de C’est eux. Cf. §§ 932 et 933. — 3) Avec un impératif, le sujet n’est pas exprimé, mais il est suggéré par la
situation. — 4) Dans l’ancienne langue, le verbe impersonnel pouvait s’accorder avec le sujet « réel » (ou logique) : cf. § 231, H1.
• Le sujet est ce dont on dit quelque chose, ce quelque chose étant le prédicat ; mais cette définition convient au thème , qui est parfois
distinct du sujet ; cf. § 229.
Certains linguistes considèrent que le trait le plus pertinent est le caractère nécessaire du sujet ; mais on peut dire cela de l’attribut et de
certains compléments du verbe (§ 276, a) , et d’autre part on observe que le verbe est parfois employé sans sujet (§§ 233- 235) . R2
Le plus sage est sans doute de considérer la notion de sujet comme une espèce de postulat, et de fournir seulement des moyens de
l’identifier. Pour cela, on transforme la phrase en phrase interrogative, en plaçant avant le verbe les formules interrogatives Qui est-ce qui ? et
Qu’est-ce qui ? La première convient pour des personnes, la seconde pour ce qui n’est pas une personne. La réponse fournit le sujet :
Le professeur écrit au tableau. Qui est-ce qui écrit ? Le professeur . — La neige tombe à gros flocons. Qu’est-ce qui tombe ? La neige .

Si la phrase est interrogative, on peut aussi la transformer en introduisant Qui est-ce qui ? Qu’est-ce qui ? sauf si une de ces formules est
déjà présente, laquelle est, naturellement, le sujet.
On peut aussi considérer comme le sujet ce qu’on met en évi-dence en l’encadrant de l’introducteur C’est … qui : C’est le professeur qui
écrit au tableau. C’est la neige qui tombe à gros flocons.
Aucun de ces deux procédés n’est utilisable pour les verbes impersonnels : cf. § 231. — En outre, l’application de ces procédés oblige à
modifier certains termes de la phrase (ou de la proposition) qu’on examine.
1) Si le terme à identifier est un pronom personnel, il se présente dans la réponse sous la forme disjointe : Je travaille . Qui est-ce qui
travaille ? Moi. — De même, ce est remplacé par cela dans la réponse. — 2) Si le terme à identifier est un pronom relatif, la réponse naturelle
est plutôt l’antécédent du pronom relatif sujet : Mon père, qui venait de Lausanne, en avait gardé un très bon souvenir . Qui est-ce qui venait
de Lausanne ? Mon père. — 3) Si la phrase est averbale, il faut réintroduire un verbe dans la question : Un génie ce Dupont ! Qui est un génie ?
— 4) Si le prédicat est un infinitif ou un participe (cf. § 227, N. B.) , ils doivent être mis à un mode conjugué : Le soir tombé, nous avons fermé
les volets. Qu’est-ce qui est tombé ? — Et lui de se récrier. Qui est-ce qui se récrie ? — 5) Si le verbe est à l’impératif, on doit transformer la
phrase en énonciative, puis en interrogative (le sujet ainsi obtenu étant à suppléer). — Les deux procédés ne s’appliquent pas bien à on , mais,
comme celui-ci est toujours sujet, ils ne sont pas très utiles.
Le sujet peut être un mot ou un groupe de mots : cf. § 232.

R1
Selon une définition tout à fait sémantique, le sujet est celui qui fait ou subit l’action exprimée par le verbe. Mais elle s’applique difficilement
à certaines phrases. Qui fait ou subit l’action dans Francine est jolie ? Dans Ce chêne a été planté par mon père , c’est mon père qui fait
l’action, qui est l’agent , et il n’est pas sujet ; on appelle sa fonction complé-ment d’agent (§ 317 ; comp. aussi § 903) .

R2
Sur l’identification du sujet et de l’attribut dans Paris est la capitale de la France, La capitale de la France est Paris , voir § 242.

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