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Module IFRS Cours : Instruments financiers IAS 32, IAS39, IFRS 09 et IFRS 07

Instruments financiers
1. Présentation générale :

Les normes comptables portant sur les instruments financiers se trouvent dans quatre
prises de position de l’International Accounting Standards Board (IASB). L’IFRS 9.
Intitulée « Instruments financiers », contient les recommandations touchant la
comptabilisation et la décomptabilisation, le classement de l’évaluation. L’IAS 39.
Intitulée « Instruments financiers : Comptabilisation et évaluation», contient des
directives sur la comptabilité de couverture qu’une entreprise peut décider d’adopter
plutôt que celle comprise dans L’IFRS 9. L’IAS 32, intitulée « Instruments
financiers : Présentation des instruments financiers dans l’état de la situation
financiers et dans l’état de la situation financière et dans l’état du résultat global des
intérêts, dividendes profits et pertes qui s’y rapportent. Enfin, L’IFRS 7. Intitulée «
Instruments financiers : Informations à fournir », précise les nombreux
renseignements qu’une entreprise doit inclure, généralement par vole de notes, pour
permettre aux utilisateurs des états financiers de saisir correctement l’importance de
ses instruments financiers et les risques auxquels elle s’expose.

2. Définition d’un instrument financier :

L’IASB a défini de façon très large les instruments financiers. Ainsi, un instrument
financier est un contrat entre deux parties, qui donne lieu à un actif financier pour une
entreprise et à un passif financier ou à un titre de capitaux propres pour une autre
entreprise.

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La notion de contrat est la plus importante d’entre toutes. Les deux parties décident
volontairement de conclure un accord qui entraine des conséquences économiques
auxquelles elles ne peuvent à peu près pas échapper.

De plus, l’accord doit être exécutoire en droit, c’est-à dire que si l’une des parties décidait
de ne pas respecter ses engagements, l’autre partie pourrait faire valoir son droit auprès
des autorités judiciaires. Pensons par exemple à une vente à crédit conclue par une
entreprise. Peu importe s’il y a un contrat écrit. L’entreprise et son client se sont entendus
sur un prix ainsi que sur des modalités de livraison, de paiement ou autres.

Cette entente représente un contrat. Après la conclusion de l’entente l’entreprise a un


compte débiteur et le client a un compte à payer. Le compte débiteur et le compte à payer
sont des instruments financiers.

La compréhension de la notion d’instrument financier exige aussi de définir l’actif


financier, le passif financier et le titre de capitaux propres.

Un actif financier tout actif qui est :

(a) de la trésorerie ;

(b) un instrument de capitaux propres d’une autre entité ;

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(c) un droit contractuel :


(i) de recevoir d’une autre entité de la trésorerie ou un autre actif financier,
ou
(ii) d’échanger des actifs ou des passifs financiers avec une autre entité à
des conditions potentiellement favorables à l’entité ;

(d) un contrat qui sera ou qui peut être réglé en recevant un nombre variable de ses
propres titres de capitaux propres.

L’actif financier le plus répandu est le « compte clients ».

Un passif financier tout passif qui est :

(a) une obligation contractuelle :

(i) de remettre à une autre entité de la trésorerie ou un autre actif financier,


ou
(ii) d’échanger des actifs financiers ou des passifs financiers avec une autre
entité à des conditions potentiellement défavorables à l’entité ; ou

(b) un contrat qui sera ou qui peut être réglé en émettant un nombre variable de ses
propres titres de capitaux propres

Le titre de capitaux propres est un contrat qui accorde un droit résiduel sur les
actifs de l’émetteur, après déduction de ses passifs. Quand une entreprise a besoin
de financement, elle peut bien sur aller à la banque. On parle alors d’obtenir un
financement par dette bancaire, D’autres options consistent à émettre des
obligations ou de ses propres actions. Dans ce dernier cas, en échange de l’argent
reçu à la vente d’actions, l’entreprise accorde aux nouveaux actionnaires un droit
de recevoir, sous forme de dividendes, une partie des bénéfices qu’elle réalisera
plus tard. Le détenteur des actions peut également les vendre et bénéficier de
l’augmentation de valeur réalisée depuis la date d’acquisition.

Notons que la notion d’actif financier diffère de celle d’actif monétaire, comme la
notion de passif financier diffère de celle de passif monétaire.

La notion d’instrument financier est plus large, car elle englobe tous les éléments
contractuels donnant un droit (une obligation), de recevoir (de sacrifier) des
éléments monétaires ou autres. Par exemple un placement en actions n’est pas un
élément monétaire, même s’il constitue un actif financier.

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Dans le cas de la trésorerie, par exemple, les deux parties qui ont passé un contrat,
même s’il est implicite, sont l’entreprise détentrice des dinars tunisiens et la
Banque centrale de Tunisie. Ce contrat porte sur l’acceptation de la valeur des
billets de banque. D’une part, l’entreprise qui détient ces billets de banque possède
bien un actif financier. D’autre part, la Banque centrale de Tunisie assume un
passif financier sous la forme d’un engagement à honorer les billets de banque.

Les comptes clients, les billets à recevoir, les prêts à recevoir et les placements en
obligations constituent aussi des instruments financiers. Deux entreprises ont passé
un contrat selon lequel l’entreprise qui détient l’actif possède un droit contractuel
de recevoir un montant déterminé ou déterminable de trésorerie. Simultanément,
une autre entreprise assume un passif financier, respectivement un compte
fournisseur, un billet à payer, un emprunt à rembourser ou des obligations à payer,
en vertu duquel elle a l’obligation de céder un certain montant de trésorerie.

Les charges payées d’avance ne sont pas des instruments financiers, même si elles
résultent d’une entente contractuelle. En effet, l’entreprise qui a, par exemple,
payé un loyer à l’avance possède un droit de recevoir des services et non un droit
de recevoir un actif financier. Elle ne possède donc pas un actif financier.

Les autres actifs physiques tels les stocks de marchandises et les immobilisations,
ne sont pas des instruments financiers, car ils ne donnent pas un droit contractuel
de recevoir un actif financier.

Les impôts exigibles de même que les actifs et passifs d’impôt différé, ne sont pas
des instruments financiers. En effet, ils ne découlent pas d’une entente
contractuelle entre deux parties, car ce sont les gouvernements qui les imposent.

Enfin, les actions émises par une société, présentées dans la section des capitaux
propres, sont des titres de capitaux propres. Du point de vue de l’actionnaire, il
s’agit d’un actif financier, plus précisément d’un titre de capitaux propres émis par
une autre société.

Les principaux instruments financiers qui sont exclus des recommandations de


L’IFRS 9 :

- Les intérêts détenus dans certaines filiales, entreprises associées et coentreprises,


comptabilises selon, L’IFRS 10 ,L’IAS 27 ou L’IAS 28 :
- Les droits et obligations résultant de contrats de location, comptabilisés selon
L’IAS 17.

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- Les droits et obligations des employeurs, découlant de régimes d’avantages du


personnel, comptabilisés selon L’IAS 19.
- Les contrats à terme qui donneront lieu à un regroupement d’entreprises
comptabilisé selon L’IFRS 3.
- Les instruments financiers, les contrats et les obligations relevant de transactions
dont le paiement est fondé sur des actions, comptabilisés selon L’IFRS 2.
- Les droits et obligations qui entrent dans le champ d’application de L’IFRS 15 à
l’exception de ceux qui, selon la norme IFRS 15, se comptabilisent conformément
à la norme IFRS 09.

TABLEAU RECAPITULATIF DES PRINCIPAUX TYPES D'INSTRUMENTS FINANCIERS :

Instruments financiers
Actifs financiers Instruments de capitaux propres
-Actifs financiers dits « classiques » ou « primaires »
(créances clients, prêts, portefeuille-titres) Passifs financiers
.- Produits dérivés actifs. - Instruments de dettes dits « classiques » ou « primaires »
(obligations, emprunts bancaires, dettes fournisseurs).
- Produits dérivés passifs.

Instruments financiers hors bilan (La plupart des « engagements de financement »).

3. Les classes d’instruments financiers :

Avant d’aborder la comptabilisation des actifs et des passifs financiers, il est utile de savoir que
cette comptabilisation diffère selon la classe dans laquelle une entreprise inclut ses actifs et
passifs financiers.

Les instruments financiers regroupent, d’une part :

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- Les instruments financiers primaires tels que les créances, les dettes et les
instruments de capitaux propres émis par une autre entreprise et, d’autre part,
- Les instruments financiers secondaires ou dérivées comme les swaps, les
opérations d’achat ou de vente à terme et les options.

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Chapitre 1: Passifs financiers et capitaux propres

Section I Généralités
A. Principes généraux d'analyse
I - Principe général de distinction entre dettes et capitaux propres
1. Approche générale Bien que la définition d'un instrument de capitaux propres fasse
référence à la notion d'intérêt résiduel dans l'actif net d'une entité (IAS 32.11), la norme IAS
32 analyse les instruments de capitaux propres uniquement par défaut comme n'étant pas des
dettes, voir point 2. ci-après. Ainsi, pour être qualifié d'instrument de capitaux propres, un
contrat doit comporter un droit inconditionnel d'éviter de verser de la trésorerie ou tout autre
actif financier (voir point 3. ci-après).L'analyse du contrat doit se faire « en substance », c'est-
à-dire sur la base de la substance contractuelle du contrat et non de sa substance économique.

Il en est ainsi de la notion de versements « à l'entière discrétion de l'émetteur » (définie par la norme IAS 32
dans le cas des actions de préférence non remboursables, voir point 4. ci-après), à opposer à celle d'obligation
implicite.

2. Analyse par défaut d'un instrument de capitaux propres comme n'étant pas une dette
(IAS 32.16) L'approche à retenir pour déterminer si un instrument est un instrument de
capitaux propres diffère selon que l'instrument est ou non un dérivé :
- si l'instrument financier n'est pas un dérivé, il sera qualifié d'instrument de capitaux propres
s'il comporte un droit inconditionnel d'éviter de verser un montant de trésorerie (ou autre actif
financier) ou de livrer un nombre variable d'actions propres, c'est-à-dire qu'il n'y a pas
d'obligation contractuelle d'effectuer un tel versement (soit sous forme de remboursement de
capital, soit sous forme de rémunération) ou une telle livraison, voir point 3. ci-après ;si
l'instrument financier est un dérivé, il sera qualifié d'instrument de capitaux propres
uniquement s'il doit être réglé par l'émetteur en échangeant un montant fixe de trésorerie ou
d'un autre actif financier contre un nombre fixe d'instruments de capitaux propres de l'émetteur
lui-même (règle du « fixe contre fixe »), voir point 4. ci-après.
3. Instrument non dérivé : existence d'un droit inconditionnel d'éviter de verser de la
trésorerie (ou autre actif financier) ou de livrer un nombre variable d'actions propres pour la
qualification en instrument de capitaux propres Selon IAS 32.19, si une entité ne dispose pas
d'un droit inconditionnel de se soustraire à la remise de trésorerie (ou d'un autre actif financier)
ou à la livraison d'un nombre variable d'actions propres pour régler une obligation
contractuelle, l'instrument répond à la définition d'un passif financier.

Par exemple, il n'y a pas de droit inconditionnel d'éviter de verser de la trésorerie et l'instrument
est donc qualifié de dette, dans les cas suivants (IAS 32.19) :

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- difficulté d'obtention de la monnaie étrangère dans laquelle doit s'effectuer le versement ou


nécessité d'obtenir l'approbation du paiement par une autorité réglementaire, ces restrictions
n'annulant toutefois pas l'obligation de payer ;
- obligation de verser de la trésorerie conditionnée par le fait qu'une contrepartie tierce exerce (ou
non) son droit de rachat.
La seule exception porte sur certains instruments remboursables au gré du porteur ou en
cas de liquidation, classés en capitaux propres en application des dispositions d'IAS 32.16A à
.16D.

4. Instrument dérivé : règle du « fixe contre fixe » IAS 32.11 indique qu'un instrument
dérivé est un passif financier s'il sera ou pourra être réglé autrement que par l'échange d'un
montant fixe de trésorerie ou d'un autre actif financier contre un nombre fixe d'instruments de
capitaux propres de l'entité elle-même. En pratique toutefois, il existe des cas où soit le
nombre d'instruments de capitaux propres octroyés, soit le montant de trésorerie ou d'actif
financier échangé, peut varier sans que cela remette en cause le respect de la règle du « fixe
contre fixe » (Un dérivé sur actions propres).
5. Appréciation de la substance contractuelle (exemple de la notion de « versements à la
discrétion de l'émetteur ») Selon IAS 32.AG26 relatif aux actions de préférence non
remboursables, le classement se fonde sur une appréciation de la substance des arrangements
contractuels et sur les définitions d'un passif financier et d'un instrument de capitaux propres.
Lorsque les distributions aux porteurs d'actions de préférence, à dividende cumulatif ou non,
sont à la discrétion de l'émetteur, les actions sont des instruments de capitaux propres.
Le classement d'une action de préférence en instrument de capitaux propres ou en passif financier n'est pas
affecté, par exemple, par (IAS 32.AG26) :
- un historique de versement de distributions;
- une intention de procéder à des distributions à l'avenir ;
- un impact négatif possible sur le cours des actions ordinaires de l'émetteur en l'absence de distribution (en
raison de restrictions affectant le versement de dividendes sur les actions ordinaires en cas de non-versement
de dividendes sur les actions de préférence) ;
- le montant des réserves de l'émetteur ;
- l'anticipation par un émetteur d'un bénéfice ou d'une perte pour l'exercice ; ou
- la capacité ou l'incapacité de l'émetteur à exercer une influence sur le montant de son résultat pour
l'exercice.

II - Principaux indicateurs de distinction entre dettes et capitaux propres


Les éléments caractéristiques d'un instrument de capitaux propres :
- entière discrétion de ne faire aucun paiement ;
- absence de date d'échéance ;
-paiements interdits si aucun dividende n'est payé aux actions ordinaires (« dividend
stopper »).

Les éléments caractéristiques d'une dette :


- clause de remboursement obligatoire ;
- clause de remboursement conditionnelle (hors du contrôle de l'émetteur et du porteur)
;
- existence d'une date d'échéance ;

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-absence de date d'échéance pour le capital mais paiement obligatoire d'une série de
coupons à l'infini ; - obligation de verser un dividende minimum.

Les éléments n'empêchant pas le classement en instrument de capitaux propres :


- clause de « step-up » ;
- option de rachat détenue par l'émetteur.

Les éléments n'empêchant pas le classement en dettes :


- existence d'une obligation indirecte ;
- option de remboursement détenue par le souscripteur.

III- Incidence d'une contrainte économique sur le classement en dettes ou en


capitaux propres
1. Rappel Selon IAS 32.15, l'émetteur d'un instrument financier doit, lors de sa
comptabilisation initiale, classer l'instrument ou ses différentes composantes en tant que passif
financier, actif financier ou instrument de capitaux propres, conformément à la substance de
l'accord contractuel et aux définitions d'un passif financier, d'un actif financier et d'un
instrument de capitaux propres.En outre, IAS 32.17 précise que, pour distinguer un passif
financier d'un instrument de capitaux propres, une caractéristique essentielle est l'existence
d'une obligation contractuelle pour l'une des parties à l'instrument financier (l'émetteur) :
- soit de remettre de la trésorerie ou un autre actif financier à l'autre partie (le porteur) ;
- soit d'échanger des actifs ou des passifs financiers avec le porteur dans des conditions
potentiellement défavorables pour l'émetteur.
2. Existence d'un accord contractuel et non seulement d'une contrainte économique pour
déterminer le classement en dettes ou en capitaux propres Concernant le classement en
dettes ou en capitaux propres d'instruments ayant une durée de vie illimitée, pour lesquels il
n'existe aucune obligation contractuelle de remboursement du nominal ni de paiement d'une
rémunération, mais une forte incitation économique de remboursement au bout d'un certain
nombre d'années (notamment à cause d'un mécanisme de dividendes cumulatifs et/ou d'une
clause dite de « step-up »), l'IFRS IC a considéré que la norme IAS 32 était claire et que seule
l'existence d'une obligation contractuelle de régler en trésorerie ou en un autre instrument
financier conduisait à la comptabilisation d'une dette (IFRIC Update 03/06 et 05/06).L'IASB a
confirmé cette analyse en publiant une déclaration (« Statement ») dans son Update de juin
2006. Cette déclaration précise que l'obligation contractuelle peut être explicite ou indirecte,
mais doit être établie dans les termes mêmes du contrat. En conséquence, une contrainte
économique ne peut, à elle seule, entraîner le classement d'un instrument financier en dettes
conformément à la norme IAS 32. Selon le Board, la norme IAS 32 requiert une analyse de la
« substance du contrat » , c'est-à-dire de la substance des termes contractuels (et non pas
économique).
La notion de réalité économique (« economic reality ») fait référence au principe de prééminence de la
substance sur la forme qui requiert de présenter et de comptabiliser les transactions en fonction de leur
substance et de leur réalité économique et pas uniquement en fonction de leur forme juridique (Cadre.4.6).Ce
principe de prééminence de la substance s'applique et le Board précise qu'il faut s'appuyer sur les termes du
contrat pour analyser la substance de ces termes contractuels. Pour plus de précisions sur ce principe de
substance des termes contractuels.

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Suite à la déclaration de l'IASB, l'IFRS IC a décidé de rejeter définitivement ce point en


considérant qu'il ne pouvait rien apporter de plus après la déclaration du Board de l'IASB en
juin 2006 confirmant le classement en capitaux propres, en l'absence de toute obligation
contractuelle (IFRIC Update 11/06).

Détermination de la « substance contractuelle »

La norme IAS 32 restreint l'analyse de la « substance » de l'instrument à la seule


analyse de ses clauses contractuelles. En dehors de ces clauses, aucun élément ne doit
être pris en compte pour le classement en dettes ou en capitaux propres d'un
instrument financier.

Ainsi, par exemple, les actions de préférence non remboursables (« non redeemable preference
shares ») pour lesquelles l'émetteur a l'entière discrétion de procéder ou non au versement
d'une rémunération sont qualifiées d'instruments de capitaux propres, même si leurs
dividendes sont cumulatifs et même si l'émetteur est une société cotée qui a toujours eu une
politique de distribution de dividendes bien établie.
Selon l'IFRS IC, la norme IAS 32 restreint ainsi la prise en compte de la notion de « substance
» à l'analyse des clauses contractuelles. En conséquence, aucun élément, en dehors desdites
clauses, ne doit être pris en compte pour le classement en dettes d'un instrument financier
(IFRIC Update 03/06). Notamment, l'existence d'une simple contrainte économique n'est pas
suffisante pour classer un instrument en dettes.

Notion d'obligation conditionnelle

Il s'agit de l'obligation de verser de la trésorerie (ou un autre actif financier) liée à la


survenance (ou non) d'un événement futur incertain et qui échappe au contrôle tant de
l'émetteur que du porteur de l'instrument.Le chiffre d'affaires, le résultat, le ratio
d'endettement de l'une des parties au contrat, ou la variation de ces paramètres, ne
sont pas considérés comme des événements sous le contrôle de cette partie .Quand
bien même le paiement en trésorerie dépend d'un événement futur incertain,
l'existence d'une telle obligation conditionnelle entraîne un classement systématique
de l'instrument en dettes, sauf :
- si l'événement futur n'est pas réel (« not genuine ») ; ou
- s'il n'intervient qu'en cas de liquidation de l'émetteur ; ou encore
- s'il s'agit d'un instrument remboursable au gré du porteur (« puttable instrument »)
bénéficiant de l'une des exceptions prévues par la norme.

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Trois exemptions de classement en dettes Le classement en dettes est systématique lorsqu'il


existe une obligation conditionnelle de verser de la trésorerie (ou un autre actif financier), sauf
dans les trois cas suivants (IAS 32.25) :
- lorsque l'événement auquel est liée la clause conditionnelle n'existe pas réellement (« is not
genuine »),
- lorsque le paiement n'est dû qu'en cas de liquidation de l'émetteur ; ou
En effet, selon l'IFRS IC, une obligation de remboursement n'intervenant qu'en cas de liquidation (lorsque
cette dernière n'est pas certaine) n'est pas une raison suffisante en soi pour classer un instrument en dettes.
De plus, le rang de subordination en cas de liquidation n'est pas un élément pertinent dans l'analyse
dettes/capitaux propres (IFRIC Update 03/06).Même si, en cas de liquidation, un instrument A est
remboursé avant un autre instrument B qui est lui-même classé en dettes, pour autant, l'instrument A n'est
pas forcément classé en dettes.

- lorsque l'instrument possède toutes les caractéristiques et remplit les conditions énoncées par
la norme IAS 32 (IAS 32.16A et .16B).
Remarque Certains instruments remboursables (« puttables ») au gré du porteur ou en cas de liquidation
(lorsque cette dernière est certaine et hors du contrôle de l'émetteur, ou incertaine mais au gré des
porteurs) peuvent - dans certains cas, - être qualifiés d'instruments de capitaux propres.

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Notion d'obligation implicite ou indirecte

Selon IAS 32.20, un instrument financier qui n'établit pas expressément une obligation
contractuelle de régler en trésorerie ou en un autre instrument financier peut créer une
obligation indirectement par le biais de ses modalités.
Selon une décision définitive de l'IFRS IC (IFRIC Update 11/06), confirmant une déclaration
de l'IASB (IASB Update 06/06), il doit exister une obligation financière contractuelle pour
qu'un instrument financier soit classé en dettes. Cette obligation contractuelle peut être directe
ou indirecte. Toutefois, l'obligation doit résulter des clauses et conditions propres au contrat.
Une contrainte purement économique ne peut suffire à elle seule à classer un instrument
financier en dettes (IFRIC Update 03/06 et IASB Update 06/06).

Clause non réelle (« not genuine ») de remboursement conditionnel

Il s'agit d'une clause de remboursement liée à un événement extrêmement rare,


hautement anormal et dont la survenance est très improbable. Cet événement ne
présente en fait aucune véritable possibilité de survenance.

Augmentation du taux d'impôt sur les sociétés Un contrat qui inclut une obligation
de verser de la trésorerie en cas de changement de réglementation fiscale en matière
d'impôts sur les sociétés doit être classé en dettes car la clause de remboursement
conditionnel a une existence réelle.En effet, il n'est pas hautement improbable, en
général, que le taux de l'impôt sur les sociétés d'un pays soit augmenté un jour.

Importance de l'identification de l'organe de contrôle d'une société dans l'analyse dettes


versus capitaux propres

Il s'agit en principe de l'assemblée générale des actionnaires validant ses décisions par
un vote collectif. Toutefois certaines situations peuvent être délicates à analyser. Un
actionnaire peut en effet s'exprimer :
- soit collectivement en tant que membre de l'organe de contrôle de la société ;
- soit individuellement en tant que simple détenteur d'un instrument financier (par
exemple, une action donnant droit à des dividendes).
Il s'agit alors de savoir si les droits exercés par l'actionnaire le sont (i) en respectant le
processus normal de décision de l'entreprise en matière de politique financière ou (ii)
à titre individuel, en tant qu'investisseur.

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Si un seul actionnaire peut prendre une décision qui oblige à verser un dividende à
toutes les actions émises par la société alors que les autres décisions financières de la
société sont prises par plusieurs actionnaires à la majorité des votes exprimés, les
actions doivent être classées en dettes. Elles sont en effet porteuses d'un engagement
de payer qui est hors du contrôle de la société, la décision de distribution de
dividendes n'entrant pas dans le cadre d'un processus normal de décision.

Définition d'un instrument composé

Cette définition est fournie par IAS 32.28.


Instrument composé = Composante dette + Composante capitaux propres

Selon IAS 32.29, l'émetteur doit comptabiliser de manière séparée la composante dette et la
composante capitaux propres (l'option de conversion en actions ou tout autre instrument de
capitaux propres de l'entité).Selon la norme, le fait que l'émission d'un instrument de dettes et
d'un instrument de capitaux soit faite de manière séparée plutôt qu'au sein d'un seul et même
instrument est plus un problème de forme que de substance. Le Board estime en conséquence que
la situation financière de l'entreprise est représentée plus fidèlement lorsque les deux instruments
sont comptabilisés de manière séparée à son bilan (IAS 32.BC22).Pour l'évaluation séparée de
chacune des composantes.

Une obligation ou un instrument analogue, convertible par le porteur en un nombre


fixe d'actions ordinaires de l'entité est un instrument financier composé. Du point de
vue de l'émetteur (l'entité), un tel instrument comprend deux composantes :
- un passif financier (l'engagement contractuel de remettre de la trésorerie ou un
autre actif financier) ; et
- un instrument de capitaux propres (une option d'achat que le porteur a le droit,
pendant une durée déterminée, de convertir en un nombre fixe d'actions ordinaires de
l'entité).
Sur le plan économique, l'émission d'un tel instrument a essentiellement le même effet
que l'émission d'un titre de dettes assorti d'une clause de remboursement anticipé et
de bons de souscription d'actions ordinaires (BSA) ou que l'émission d'un titre de
dettes avec bons de souscriptions d'actions (BSA) détachables .Dans tous les cas,
l'entité présente séparément à son bilan les composantes dettes et capitaux propres
(IAS 32.29).

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Distinction entre instrument composé et instrument hybride

1. Définitions et qualification Un instrument composé (« compound instrument ») est un


instrument qui, du point de vue de l'émetteur, contient à la fois une dette et une composante
capitaux propres.
Un instrument hybride (« hybrid or combined instrument ») est constitué d'un contrat hôte
(une dette ou une commande, par exemple) et d'un ou de plusieurs dérivés incorporés qui, s'ils
font l'objet d'une comptabilisation séparée (« split accounting »), donnent lieu à la
comptabilisation d'un dérivé actif ou passif.
2. Méthodes d'évaluation initiale des différentes composantes Les approches retenues sont
inverses l'une de l'autre :
- instrument composé : la décomposition s'effectue en évaluant d'abord la composante dette
(juste valeur d'un passif ayant les mêmes caractéristiques que celle de l'instrument composé
sauf l'option de conversion), puis par différence avec la juste valeur globale de l'instrument
composé, la composante capitaux propres (IAS 32.31 et .32) ;
- instrument hybride : la séparation (ou « bifurcation ») s'effectue en évaluant d'abord le (ou
les) dérivé(s) incorporé(s) puis, par différence avec la juste valeur globale de l'instrument
hybride, le contrat hôte (dette, par exemple) (IFRS 9.B4.3.3).
L'objectif étant de ne pas faire apparaître de résultat sur le(s) dérivé(s) incorporé(s) qui dès le lendemain de sa
(leur) comptabilisation au bilan, sera (seront) évalué(s) à la juste valeur par résultat, sauf qualification
éventuelle de couverture.Pour l'évaluation initiale des composantes d'un instrument hybride.

3. Traitement comptable Celui-ci diffère selon qu'il s'agit d'un instrument composé ou d'un
instrument hybride :
- instrument composé : la composante dette est comptabilisée selon les dispositions d'IFRS 9,
c'est-à-dire en général au coût amorti avec calcul d'un taux d'intérêt effectif TIE. La
composante capitaux propres (l'option de conversion, par exemple) est maintenue à son coût
d'entrée, sans réévaluation ultérieure (IAS 32.AG34) ;
- instrument hybride : le(s) dérivé(s) incorporé(s) est (sont) comptabilisé(s) en tant que
dérivé(s) actif(s) ou dérivé(s) passif(s), puis évalué(s) à la juste valeur par résultat (IFRS
9.5.2.1 et .5.3.1), sauf qualification éventuelle de couverture.
En effet, une fois séparé, le dérivé incorporé suit les règles de comptabilisation d'un dérivé autonome (IFRS
9.4.3.3).

L'entreprise peut également décider d'appliquer l'option juste valeur à l'instrument hybride
émis dans son ensemble (IFRS 9.4.3.5). Dans ce cas, c'est l'intégralité de l'instrument qui est
évalué à la juste valeur par résultat.

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Module IFRS Cours : Instruments financiers IAS 32, IAS39, IFRS 09 et IFRS 07

B. Traitement comptable d'un instrument de capitaux propres (vue


d'ensemble)
Définition d'un instrument de capitaux propres

Il s'agit de tout contrat mettant en évidence un intérêt résiduel dans les actifs d'une
entité après déduction de tous ses passifs. En pratique, ces instruments sont identifiés,
par défaut, comme n'étant pas des dettes financières (pas d'obligation de remettre de
la trésorerie). Les instruments qui peuvent ou doivent être réglés en actions propres de
l'émetteur doivent respecter la règle dite du « fixe contre fixe », c'est-à-dire :
- s'il s'agit d'un instrument non dérivé, se régler par la livraison d'un nombre fixe
d'actions ;
- s'il s'agit d'un instrument dérivé, se régler par l'échange d'un nombre fixe d'actions
contre un montant fixe de trésorerie.
Par exception, certains instruments remboursables au gré du porteur ou en cas de
liquidation sont comptabilisés en capitaux propres du point de vue de l'émetteur, alors
même qu'ils ne répondent pas à la définition d'un instrument de capitaux propres.

1. Définition Un instrument de capitaux propres est défini comme tout contrat mettant en
évidence un intérêt résiduel dans les actifs d'une entité après déduction de tous ses passifs (IAS
32.11).
2. En pratique, l'analyse est conduite par défaut comme n'étant pas un instrument de dette .
Par ailleurs, la norme IAS 32 donne des précisions en cas de règlement en actions propres. Elle
limite strictement la nature des instruments financiers devant être classés en capitaux propres
en imposant le respect simultané des deux conditions suivantes (IAS 32.16) :
a. ils ne contiennent pas d'obligation contractuelle pour l'émetteur soit de remettre de la
trésorerie ou un actif financier, soit d'échanger des actifs ou passifs financiers dans des
conditions potentiellement défavorables ;
b. en cas de règlement en actions propres :
- s'il s'agit d'un contrat non dérivé, l'instrument doit être réglé par livraison d'un nombre fixe
d'actions par l'émetteur ;
- s'il s'agit d'un contrat dérivé (flux à l'origine nul ou faible, comme par exemple dans le cas
de bons de souscription d'actions - BSA ou achat de call), l'instrument doit être réglé par
échange d'un nombre fixe d'actions contre un montant fixe de trésorerie.
Enfin, certains instruments remboursables au gré du porteur ou en cas de liquidation («
puttable instruments ») et qui répondent à la définition d'un passif financier sont classés, par
exception, en instruments de capitaux propres s'ils possèdent toutes les caractéristiques et
remplissent les conditions énoncées par IAS 32.16A et .16B ou .16C et .16D.
3. Exemples d'instruments de capitaux propres (IAS 32.AG13, .AG25, .AG26) :

15 Cours Instruments financiers :IFRS - Makram ZOUARI - Expert comptable


Module IFRS Cours : Instruments financiers IAS 32, IAS39, IFRS 09 et IFRS 07

- les actions ordinaires (sans droit de remboursement) ;


- certains BSA émis (dès lors qu'ils sont réglés par échange d'un nombre fixe d'actions contre
un montant fixe en trésorerie) ;
- certaines options de conversion incorporées dans une obligation convertible (dès lors
qu'elles sont réglées par échange d'un nombre fixe d'actions contre un montant fixe en
trésorerie) ;
- les actions de préférence non remboursables et à dividendes discrétionnaires ;
- les actions de préférence remboursables au gré du seul émetteur et à dividendes
discrétionnaires.

Remarques : 1. Forme juridique des instruments: La seule forme juridique d'un instrument ne suffit pas à
déterminer son classement au bilan. Ainsi, certaines actions de préférence peuvent être classées en passifs
financiers dès lors qu'elles donnent au porteur le droit de demander leur remboursement après une date donnée
(IAS 32.18).
2. Analyse détaillée des contrats: Une analyse détaillée de toutes les clauses d'un contrat d'obligation
convertible est nécessaire pour déterminer son traitement.
3. Engagement de rachat d'actions propres : Toute obligation pour l'émetteur de racheter ses propres actions
doit donner lieu à la comptabilisation d'une dette (IAS 32.23, .AG27b, .BC11 à .BC12).
4. Rachat d'actions propres (« treasury shares ») Les actions propres sont à déduire systématiquement des
capitaux propres, indépendamment des raisons pour lesquelles elles ont été acquises et y compris si elles sont
détenues par des filiales consolidées (IAS 32.33, .34, .AG36 et .BC32).

Traitement comptable d'un instrument de capitaux propres (vue


d'ensemble)
Approche générale de traitement comptable d'un instrument de capitaux propres

L'instrument est comptabilisé lors de son émission pour son prix de transaction,
déduction faite des coûts de transaction. Par la suite, il ne donne lieu à aucune
réévaluation. Si l'instrument est ultérieurement annulé ou racheté, la contrepartie
versée est directement déduite des capitaux propres. Aucun profit ou perte n'est
comptabilisé en résultat.

Reclassement de capitaux propres en dettes ou inversement

En cas de modification des caractéristiques contractuelles de l'instrument, l'entité


émettrice doit décomptabiliser cet instrument (instrument de capitaux propres ou
dette) et comptabiliser un nouvel instrument (dette ou instrument de capitaux propres)
si la qualification du nouvel instrument a changé du fait de la modification des termes
contractuels de l'instrument décomptabilisé.

16 Cours Instruments financiers :IFRS - Makram ZOUARI - Expert comptable


Module IFRS Cours : Instruments financiers IAS 32, IAS39, IFRS 09 et IFRS 07

Si ses caractéristiques ne sont pas modifiées contractuellement, en l'absence de


précision de la norme et à notre avis, le reclassement de dette en instrument de
capitaux propres est possible si la composante dette est éteinte. Il s'agit, à notre avis,
d'un choix de méthode comptable qui doit être appliqué de manière homogène. En
revanche, le reclassement d'instrument de capitaux propres en dettes est quant à lui
obligatoire.

Selon IAS 32.15, le classement en dettes ou en instrument de capitaux propres est fait lors de
la comptabilisation initiale de l'instrument.
1. Reclassement suite à la modification des caractéristiques contractuelles de
l'instrument Si les caractéristiques contractuelles de l'instrument sont modifiées
ultérieurement, l'entité émettrice doit procéder à la décomptabilisation de l'instrument (dette ou
instrument de capitaux propres) puis à la comptabilisation d'un nouvel instrument (capitaux
propres ou dette), si et seulement si la qualification du nouvel instrument a changé du fait de la
modification des termes contractuels de l'instrument décomptabilisé.
2. Reclassement sans modification des caractéristiques contractuelles de l'instrument
(changement des circonstances) Les normes IFRS sont moins précises lorsque les
caractéristiques contractuelles de l'instrument ne sont pas modifiées ultérieurement. A notre
avis et en l'absence de précision de la norme :
a. Reclassement ultérieur obligatoire A notre avis, le reclassement de capitaux propres à
dette est obligatoire au titre des flux de trésorerie à venir, dès lors que l'entité a choisi de faire
une action qui rend désormais obligatoire le paiement de flux de trésorerie. Par exemple, le
reclassement est obligatoire pour les dividendes que l'entité a décidé de verser tandis que
jusqu'à présent ils étaient discrétionnaires.
b. Reclassement ultérieur possible A notre avis, le reclassement de dette à capitaux propres
est au choix de l'entitéUn tel choix de méthode comptable doit être appliqué de manière
homogène.

1. Contexte Les entreprises industrielles et commerciales, tout comme les banques et les
compagnies d'assurance, ont pu émettre des instruments de dette perpétuelle porteurs d'une
rémunération discrétionnaire mais comprenant une clause dite de « step-up » entraînant une
brusque et importante augmentation des intérêts après un certain nombre d'années, si
l'instrument n'a pas été racheté avant cette date. Malgré l'existence de cette contrainte
économique, ces instruments ont dû être classés en capitaux propres en IFRS parce que ne
contenant aucune obligation contractuelle de verser de la trésorerie ou de remettre un actif
financier (IAS 32.16, IFRIC Update 03/06, 05/06 et 11/06 et déclaration du Board de l'IASB
de juin 2006).

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