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Variateurs de Vitesse Chapitre II  

: Convertisseurs statiques d’énergie électrique

CHAPITRE II : CONVERTISSEURS D'ÉNERGIE

1. Introduction
Pour des raisons économiques, l'énergie électrique est fournie par des réseaux triphasés (trois
tensions sinusoïdales déphasées entre elles de 2/3) à la fréquence de 50Hz.
Du point de vue de l'utilisateur, l'énergie est souvent utilisée en continu ou à des fréquences
différentes de celle du réseau.
Jusqu'au début des années 1970 environ, la mise en forme de l'onde électrique afin de
l'adapter aux besoins a été obtenue au moyen de groupes tournants (moteurs). Les
performances des composants semiconducteurs de l'électronique de puissance (diodes,
thyristors, triacs, transistors) ont ensuite permis de réaliser de telles conversions; on supprime
ainsi les parties tournantes et on réduit la masse, l'encombrement et le coût de ces matériels.
Les convertisseurs statiques sont les dispositifs à composants électroniques capables de
modifier la tension et/ou la fréquence de l'onde électrique.
On distingue deux types de sources de tension:
 Sources de tension continues caractérisées par la valeur V de la tension.
 Sources de tension alternatives définies par les valeurs de la tension efficace V et de la
fréquence f.
On différencie quatre types de convertisseurs dont les schémas de principe sont donnés sur la
figure ci-dessous :
 Convertisseur alternatif-continu : redresseur ;
 Convertisseur continu-continu : hacheur ;
 Convertisseur continu-alternatif : onduleur ;
 Convertisseur alternatif-alternatif : c'est un gradateur lorsque seule la valeur efficace
de la tension alternative est modifiée, sinon c'est un cycloconvertisseur.

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2. Les types de convertisseurs


2.1. Les redresseurs
2.1.1. Introduction
Un redresseur est un convertisseur alternatif continu permettant de fournir, à partir d’une
tension alternative monophasée ou triphasée, une tension continue fixe ou variable.
Pratiquement, on rencontre les redresseurs dans les variateurs de vitesse pour moteurs à
courant continu, dans les chargeurs de batteries, les postes de soudure ou encore comme
étage d’entrée d’un onduleur autonome…etc.
Les redresseurs peuvent être classés en deux grandes familles :
 Les redresseurs non commandés, qui sont à base de diodes. Ils fournissent une tension
redressée à valeur moyenne constante.
 Les redresseurs commandés, qui sont à base de thyristors et diodes. Ils délivrent une
tension redressée à valeur moyenne ajustable.
A noter que dans un redresseur, la fréquence du signal de sortie est au moins égale à celle du
réseau alternatif.
Symbole d’un redresseur

2.1.2. Types de redresseurs


I. Redressement non commandée

A/ Redresseurs à diodes monophasés:
1/Redresseur simple alternance :
Le signal d’entrée Ve est sinusoïdal d’amplitude Vmax et fréquence f (généralement
f=50Hz) : Ve= Vmax sin(2ft). Pendant l’alternance positive la diode D conduit et Vs=Ve.
Pendant l’alternance négative la diode D se bloque spontanément et Vs=0V (charge résistive).
Le signal obtenu possède une valeur moyenne Vmoy= 1/T ∫ Vs(t) dt = Vmax / et une
valeur efficace Veff= Vmax/2.

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Choix de la diode : La diode doit conduire un courant redressé moyen de valeur Vmax/R.
Elle doit également supporter une tension inverse de valeur Vmax.

2/Redresseur double alternance à pont:


Le signal d’entrée Ve est sinusoïdal d’amplitude Vmax et fréquence f (généralement
f=50Hz) : Ve= Vmax sin (2ft).

Pendant l’alternance positive les diodes D1 et D4 conduisent et Vs=Ve. Pendant


l’alternance négative les diode D3 et D2 conduisent et Vs=-Ve (charge résistive). Le signal
obtenu possède une valeur moyenne Vmoy= 1/T ∫ Vs(t) dt = 2Vmax / et une valeur
efficace Veff= Vmax/√2 .

Choix de la diode : Les diodes doivent conduire un courant redressé moyen de valeur
Vmax/R. Elles doivent également supporter une tension inverse de valeur Vmax.

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3/Redresseur double alternance type parallèle P2:


Ce montage nécessite un transformateur à point milieu. On obtient deux tensions V1 et V2
d’amplitudes identiques et phases opposées : V1=-V2=Vmax sin(t).

Pendant l’alternance positive, la diode D1 conduit et la diode D2 reste bloquée et Vs=V1.


Pendant l’alternance négative, la diode D1 se bloque et D2 conduit et Vs=V2=-V1 (charge
résistive). La diode D1 se trouve soumise à la tension VD1=V1-Vs=2V1.

Le fonctionnement d’un tel montage repose sur le principe du commutateur « plus


positif » : les diodes D1 et D2 sont montées à cathodes équipotentielles ; à chaque instant la
tension de sortie Vs est égale à la plus positive des tension d’entrée V1 et V2. Le courant de
sortie est commuté alternativement par D1 ou D2.

Choix de la diode : Les diodes doivent conduire un courant redressé moyen de valeur
Vmax/ et doivent supporter une tension inverse double : 2Vmax.

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B/ Redresseurs à diodes triphasés:
1/Considérations générales :
Les charges industrielles connectées aux redresseurs sont généralement des récepteurs
inductifs (moteurs à courant continu ….). On pourra généralement adopter les considérations
suivantes :
Le courant circule en permanence dans le récepteur.
Ce courant est presque constant.
Cette situation correspond au cas le plus fréquent des redresseurs industriels qui sont
connectés généralement à un réseau triphasé.
2/Redresseur type parallèle P3:

Chaque phase du secondaire du transformateur triphasé est mise en série avec une diode.
Les diodes sont montées en cathodes équipotentielles. C’est la diode qui voit la tension la plus
positive qui conduit.
Le système de tensions V1, V2, V3 est triphasé équilibré : V1(t)= Vmax sin(t) ;
V2(t)= Vmax sin(t-120°) ; V3(t)= Vmax sin(t-240°) .

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Pendant que la tension V1 est la plus positive, la diode D1 conduit et Vs=V1(t). Lorsque la
tension V2 devient plus positive, la diode D1 voit à ses bornes une tension négative et se
bloque donc. Le courant de sortie Is se trouve ainsi commuté de D1 vers D2…et ainsi de
suite.
a/ Valeur moyenne du signal de sortie :
Les angles de conduction :
 D1 : 30°…150°
 D2 : 150°…270°
 D3 : 270°…390°
On démontre que Vsmoy= Vmax 3√3/2.
b/ Fréquence du signal de sortie :
Le signal de sortie possède une période de T/3, sa fréquence est donc le triple de celle du
secteur : f= 150 Hz

c/ Tension inverse maximale aux bornes des diodes :


Pendant que la diode D1 conduit, la diode D2 est soumise à la tension VD2=U21=V2-V1
qui atteint un maximum de √3 Vmax. Ce maximum doit être supporté par la diode.

d/ Courants dans les diodes :


Si le montage débite un courant continu (cas des charges industrielles) Is constant, chaque
diode assure ce courant pendant le tiers de la période T. Chaque diode sera le siège des
valeurs de courant suivantes :
IDmax= Is ; IDmoy= Is/3 ; IDeff= Is/√3.

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On représente ci dessous l’allure du courant traversant la diode D1, ID1 :

e/ Facteur de puissance au secondaire :


Si l’on néglige les chutes de tension dues aux diodes et réactances du secondaire, on pourra
écrire que :
P= Vsmoy . Is , puissance active fournie par le secondaire du transformateur.
S= 3.V.IDeff , puissance apparente au niveau du secondaire ( le courant secondaire est le
même qui traverse chaque diode).
On déduit la valeur du facteur de puissance Fp = P/S = (3√3/2)Vmax / 3(Vmax/√2).Is/√3

Fp = 3 / (√2) = 0.675 AR
3/Redresseur type parallèle double PD3:

Les diodes D1, D3 et D5 sont montées à cathodes équipotentielles tandis que les diodes
D2, D4 et D6 sont branchées à anodes équipotentielles. Ainsi, à tout moment, la diode entre
D1, D3 et D5 qui voit la tension la plus positive et celle entre D2, D4 et D6 qui voit la

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tension la plus négative vont conduire. De ce fait, la tension Vs sera égale à la différence
entre la plus positive et la plus négative des tensions alternatives.
Par exemple, entre l’instant 30° et l’instant 90° V1 est plus positive tandis que V2 est plus
négative. Il s’ensuit que Vs= V1-V2 = U12 = √3 Vmax sin (t + 30°).

a/ Valeur moyenne récupérée :


On intégrant Vs= U12 = √3 Vmax sin (t + 30°) dans l’intervalle 30° … 90°, on
obtient :
Vsmoy= 3√3. Vmax / .
On remarque que la valeur moyenne récupérée a doublée.

b/ Fréquence du signal de sortie :

La fréquence est six fois celle du secteur : f= 300 Hz.

c/ Tension inverse appliquée aux diodes :


On s’intéressera à la diode D1 pour illustrer la tension à ses bornes, VD1 :
 30°… 150° : D1 conduit et VD1=0V.
 150°… 270° : D3 conduit et VD1= V1-V2= U12.
 270°… 390° : D5 conduit et VD1= V1-V3= U13.

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On voit que la tension inverse appliquée à chaque diode est Vinv= √3 Vmax.

d/ Courants dans les diodes :


Chaque diode conduit pendant le tiers de la période du secteur et sera parcourue alors par
la valeur Is.

Chaque diode sera donc caractérisée par : IDmoy= Is/3 ; IDeff= Is/√3 ; IDmax= Is.

e/ Courants au secondaire du transformateur :


Chaque enroulement, étant réuni à deux diodes, est parcouru par un courant pendant deux
intervalles de durée T/3. Ainsi i1= + Is lorsque la diode D1 conduit et i1= -Is lorsque la
diode D2 conduit.

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La valeur efficace d’un tel courant : I= Is √(2/3).

f/ Facteur de puissance au secondaire du transformateur :


La puissance active débitée : P= Vsmoy Is.
La puissance apparente : S= 3. (Vmax/√2). I
On déduit la valeur du facteur de puissance : Fp = P/S = 3/ = 0.95 AR.
On voit que le facteur de puissance est nettement amélioré par rapport au montage parallèle
simple.

II. Redresseurs commandés


A. Redresseurs commandés à thyristors monophasés :

1/Redresseur commandé simple alternance :

Les impulsions d’amorçage sont envoyées en retard par rapport au zéro du secteur d’un
angle α. Ainsi, on amorce le thyristor aux instants α, 2+α, 4+α, ….etc.

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Lorsque le thyristor s’amorce, on aura Vs=Ve. Dans le cas d’une charge résistive, le courant
Is s’annule lorsque la tension secteur passe par zéro et le thyristor se bloque spontanément.

α α+2Л
La valeur moyenne récupérée est : Vsmoy =Vmax/(2) . (1+cosα), elle est maximale pour
α=0°.

2/ Redresseur double alternance à pont complet :

Nous supposerons que la charge connectée au redresseur est telle que le courant ne s’annule
jamais au cours de la période, donc il y a toujours des thyristors en conduction (Hypothèse de
conduction continue).
Pendant l’alternance positive, les thyristors Th1 et Th4 sont amorcés à l’instant α ainsi
Vs=Ve. Les thyristors Th1 et Th4 continuent à conduire même après l’inversion de la tension
du secteur puisque le courant n’est pas interrompu.

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A l’instant π+α, on envoie une impulsion d’amorçage aux gâchettes de Th2 et Th3. Ceux-ci
s’amorcent puisque la tension VAK qui leur est appliquée est positive. Leur amorçage
provoque une extraction du courant anodique de Th1 et Th2 et l’inversion de leur tension
VAK, ils se bloquent donc. Dans ces conditions, Vs = -Ve.

α = /6 :

α = /3 :

α = /2 :

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α = 2/3 :

On remarque que pour des valeurs de l’angle de retard à la conduction α inférieures à /2, la
valeur moyenne récupérée est positive. Si α dépasse /2, cette valeur moyenne devient
négative. Le montage fonctionne maintenant en onduleur non autonome (ou assisté) :
l’énergie passe du côté continu au côté alternatif. Pour fonctionner dans ce mode, il faut que
la charge soit active (Machine à courant continu ou batterie d’accumulateurs).

a/ Courant débité par le réseau :


Lorsque les thyristors Th1 et Th4 conduisent le réseau débite le courant +Is, et lorsque Th2
et Th3 prennent la relève ce courant s’inverse.

b/ Valeur moyenne récupérée :


On pourra démontrer que cette valeur moyenne qui dépend évidemment de l’angle α
s’écrit :
Vsmoy = (2/) Vmax cosα.

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Elle est positive pour α < /2 et négative pour α > /2.
c/ Facteur de puissance :
La puissance active (en négligeant les pertes) est P= Vsmoy Is. La puissance apparente
S= (Vmax/ √2) Is (la valeur efficace du courant débité est Is).
On en déduit la valeur du facteur de puissance : Fp = P/S = 0.9 cosα, varie de 0.9 AR à 0
(pour la marche en redresseur).

d/ Tension aux bornes des thyristors :

Les thyristors Th1 et Th4 commutent simultanément ; on écrit alors


VTh1=VTh4= (Ve-Vs)/2.

Vmax sinα

-Vmax
α

Les thyristors devront donc supporter en direct une tension V D=Vmax sinα et en inverse une
tension VI= Vmax.
3/ Redresseur double alternance à pont mixte :

Il consiste en deux thyristors seulement. Les deux autres sont remplacés par des diodes.
Ainsi si le thyristor Th1 est amorcé, la diode D2 se met spontanément en conduction pour

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fermer le circuit de la charge. La différence par rapport à un pont complet est que la tension
Vs ne pourra plus devenir négative (conduction simultanée de D1 et D2).

α =/3 :

α = 2/3 :

a/ Fonctionnement :
Pendant l’alternance positive, on amorce le thyristor à l’instant angulaire α. La diode D2 se
met spontanément à conduire. La charge voit une tension Vs=Ve. Le réseau débite alors le
courant constant de sortie Is (charge industrielle). Au passage de la sinusoïde par zéro, la
tension de sortie a tendance à devenir négative. Ceci provoque la conduction de D1 et la
charge se trouve en court-circuit sur les diodes D1 et D2 et Vs=0. Le thyristor Th1 voit une
tension VTh1=Ve négative et se bloque. Le courant débité par le réseau s’annule (Th1 et Th2
bloqués) et le courant Is circule dans la maille D1, D2 et la charge. Après un angle de retard α,
on envoie une impulsion de gâchette à Th2 qui s’amorce puisque la tension à ses bornes,
VTh2=-Ve, est positive. Son amorçage impose à la diode D2 une tension VD2=Ve négative ;

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elle se bloque donc. Le réseau débite un courant –Is. Seuls Th2 et D1 restent conducteurs et
Vs=-Ve jusqu’à la prochaine alternance.
b/ Valeur moyenne récupérée :
On pourra démontrer que la valeur moyenne de la tension redressée est :
Vsmoy= Vmax/ (1+cosα)

c/ Courants dans les thyristors :

α
Chaque thyristor conduit pendant au plus une alternance et voit les valeurs de courants
suivantes : Imax= Is ; Imoy= Is (-α)/2 ; Ieff= Is√(0.5-α/2) .

d/ Courants dans les diodes :


On s’intéressera à la diode D1 :

La diode D1 se bloque seulement lorsque le thyristor Th1 entre en conduction. Chaque diode
voit les valeurs de courant suivantes :
Imax= Is ; Imoy= Is(1- (-α)/2) ; Ieff= Is √(1- (-α)/2).
e/ Courant débité par le réseau :

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Lorsque Th1 conduit, le réseau débite +Is. Lorsque Th2 conduit, le réseau débite –Is.
Lorsque les diodes D1 et D2 conduisent simultanément, le débit s’annule.

Le courant débité possède une valeur moyenne nulle et une valeur efficace I= Is √(1- α/).

f/ Facteur de puissance :
La puissance active P= Vmax Is/ . (1+cosα).
La puissance apparente S= Vmax/√2 . Is . √(1-α/).
Le facteur de puissance vaut alors : Fp= (1 + cosα) .√2 / (.√(1-α/)).
Conclusion : A valeurs moyennes égales, Le pont mixte procure un facteur de puissance
meilleur par rapport au pont tout thyristors :
Par exemple, pour Vsmoy= Vmax/2 :
 Pour le pont tout thyristor, α=38.27° et Fp= 0.707 AR.
 Pour le pont mixte, α=55.2° et Fp= 0.85 AR.

g/ Tension appliquée aux thyristors:

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Lorsque la diode D1 conduit, le thyristor Th1 est soumis à la tension d’entrée Ve. Il doit
donc supporter la valeur Vmax en inverse et en direct pour α > /2.

h/ Tension inverse aux bornes des diodes :


La diode D1 se bloque lorsque Th1 conduit et se trouve alors soumise à VD1= -Ve.

Tracé pour α=/3 :

Chaque diode devra alors supporter en inverse la tension Vmax.

B/ Redresseurs commandés à thyristors triphasés :


1/Considérations générales :
Contrairement à la commande en monophasé, ou l’angle de retard à l’amorçage des
thyristors est référencé au zéro de la sinusoïde du secteur, en triphasé le point de référence est
l’instant ou deux tensions composant le système triphasé équilibré deviennent égales (instant
de conduction des diodes dans un redresseur non commandé).

2/Redresseur type parallèle P3 :

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Le thyristor Th1 est susceptible de conduire à l’instant /6 (instant de conduction naturelle
des diodes) ou la tension V1 devient la plus positive. Contrairement à une diode, le thyristor
ne pourra conduire que lorsqu’une impulsion de gâchette lui est délivrée.
A l’instant α (retard par rapport à la conduction naturelle des diodes), on amorce th1 et
Vs=V1. En supposant que la charge est telle que le courant Is ne s’annule jamais au cours de
la période, le thyristor Th1 restera conducteur tant que Th2 n’est pas amorcé. A l’amorçage de
Th2, le thyristor Th1 voit une tension VTh1 = V1-V2 = U12 négative et se bloque. Dans ces
conditions, on a Vs=V2. Lorsqu’on amorce Th3, le thyristor Th2 se bloque puisque sa tension
anode cathode VTh2= V2-V3 = U23 est devenue négative ; et l’on aura Vs=V3.
Ainsi, le courant de sortie Is se trouve commuté à tour de rôle par l’un des trois thyristors.
En agissant sur la valeur de l’angle de retard à l’amorçage α, on pourra varier la valeur
moyenne de tension délivrée à la charge ou encore le mode de marche de l’ensemble :
Redresseur ou onduleur assisté.

a/ Allures de tension récupérée pour une charge inductive (conduction continue)  :

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Allures pour α=0° :

Allures pour α=60° :

Allures pour α=90° :

Allures pour α=120° :

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On peut démontrer que la valeur moyenne de tension en sortie est donnée par :
Vsmoy= (3√3 /2).Vmax.cosα.
On remarque également que pour α < 90°, le montage fonctionne en redresseur (Vsmoy > 0),
tandis que la marche est celle d’un onduleur assisté pour α > 90°.
On note également que la tension appliquée aux thyristors (VTh1=V1-Vs) atteint un
maximum de √3 Vmax en direct et en inverse.
On remarque aussi que la durée d’application de la tension inverse après le blocage du
thyristor diminue avec l’angle de retard à l’amorçage α :
 Pour α=0°, cette durée est de 240°.
 Pour α=60°, cette durée est de 120°.
 Pour α=90°, cette durée est de 90°.
 Pour α=120°, cette durée est de 60°.

Donc il faut faire en sorte que l’angle de retard à l’amorçage reste inférieur à 180° sous risque
du réamorçage du thyristor dès que la tension à ses bornes devient positive. Ceci entraînerait
des conséquences très graves.

b/ Allures de tension récupérée pour une charge résistive:

La différence par rapport à une charge inductive est que au passage de la tension de charge
Vs par zéro, le courant traversant le thyristor s’annule et celui-ci se bloque ; ainsi Vs=0. Pour
une charge résistive, la tension Vs ne peut en aucun cas devenir négative.
Allures pour α=30° :

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La forme obtenue est identique que celle qu’on obtiendrait dans le cas d’une charge inductive.
Allures pour α=60° :

On remarque la présence de paliers nuls à cause du blocage spontané des thyristors.

Allures pour α=150° :

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Aucune tension n’est fournie à la charge ; aucun thyristor ne peut s’amorcer.


On démontre que la tension moyenne récupérée est donnée par la relation :
 Pour α < /6 : Vsmoy= (3√3 /2Л).Vmax.cosα.
 Pour α > /6 : Vsmoy= (3/2Л) Vmax [1+cos(α+Л/6)].

c/ Courants et facteur de puissance:


Chaque thyristor débite pendant le tiers de la période. On aura donc: IThmoy = Is/3; IThmax= Is
et ITheff= Is/√3.
Les courants dans les thyristors sont identiques aux courants débités par le réseau.
La puissance active délivrée est : P=Vsmoy Is et la puissance apparente S= 3 (Vmax/√2).
ITheff= 1.22 Vmax Is.
On déduit le facteur de puissance pour une charge inductive Fp=(3√3/2)cosα/1.22=0.67
cosα.
Conclusion : L’angle α permet de commander la valeur moyenne de la tension redressée,
mais il augmente l’ondulation de la tension et diminue le facteur de puissance.

3/Redresseur type parallèle double PD3 :

Comme pour un redresseur parallèle double à diodes triphasé, la charge voit une tension
égale à la différence entre la tension délivrée par le commutateur « plus positif » et celle
fournie par le commutateur plus négatif ».
Le thyristor Th1 est susceptible de conduire lorsque la tension V1 est la plus positive des
composantes V1, V2 et V3. Il est commandé à l’amorçage après un angle de retard α (retard
par rapport à la conduction naturelle des diodes). Le thyristor Th4 st à son tour susceptible de
conduire lorsque V2 devient la plus négative. Il est commandé à l’amorçage après un angle de
retard à l’amorçage α. Si ces deux thyristors conduisent simultanément, on aura en sortie
Vs= V1-V2=U12.

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1/ Allure de Vs pour une charge inductive :


Dans ce cas, le courant Is n’est jamais interrompu et se trouve commuté par une paire de
thyristors.
 Allure pour α = 45° :

 Allure pour α = 90° :

 Allure pour α = 120° :

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2/ Allure de Vs pour une charge résistive :


La différence est que la tension ne peut plus devenir négative (blocage spontané de la paire
de thyristors). Pour reprendre la conduction, un des deux thyristors de la nouvelle paire devra
être réamorcé en lui envoyant une « pulse de confirmation ». Par exemple, si Th1 et Th4
étaient en conduction, et que si U12 devient négative, ces deux thyristors seront bloqués. Le
thyristor à commander pour la séquence suivante est Th6 et Vs=V1-V3=U13. Mais le
thyristor Th1 étant déjà bloqué doit être réamorcé également par cette « pulse de
confirmation ».

 Allure pour α=60° :

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 Allure pour α= 90° :

3/ Valeur moyenne disponible :


On démontre que la valeur moyenne récupérée pour une conduction continue s’écrit :
Vsmoy=(3√3/Л) Vmax cosα. Cette valeur est comprise entre –(3√3/Л)Vmax et
+(3√3/Л)Vmax.

4/ Courants dans les thyristors et facteur de puissance :


a/ Cas d’une charge inductive :
Sous l’hypothèse que le courant de sortie est constant et non interrompu, chaque thyristor en
conduction sera parcouru par le courant Is. Ainsi on aura les formes d’onde suivantes pour
ITh1 et ITh2 (α=30°) :

Chaque thyristor devra supporter les valeurs de courant suivantes Ithmax=Is ; Ithmoy=Is/3
et Itheff= I/√3.

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Le courant débité par la phase 1 s’écrit I1=Ith1-Ith2 et possède la forme d’onde suivante :

Ce courant possède une valeur moyenne nulle et une valeur efficace I=Is.√(2/3) . Le facteur
de puissance vaut alors Fp= ( Vmax.Is.cosα.(3√3/Л)) / (3Vmax/√2).Is.√(2/3) = cosα.3/.
Fp= 0.95 cosα.
On distingue bien que le facteur de puissance se dégrade lorsque l’angle de retard α augmente.

b/ Cas d’une charge résistive :


Dans ce cas les courants dans les thyristors ont la même forme d’onde que la tension de sortie
lorsqu’ils sont en conduction. Pour ce tracé α= 90°.

Le courant débité par la phase 1 aura alors la forme d’one suivante :

5/ Tension appliquée aux thyristors :


Si l’on s’intéresse au thyristor Th1, la tension à ses bornes est donnée par VTh1 = V1 – pp,
ou pp est la tension la plus positive des composantes V1,V2 et V3. Le tracé ci-dessous

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Variateurs de Vitesse Chapitre II  : Convertisseurs statiques d’énergie électrique

correspond à un angle de retard à l’amorçage α=90°. On voit bien que chaque thyristor devra
supporter en direct et en inverse une tension de valeur √3 Vmax.

2.2. Les hacheurs


I/ Introduction :
Les hacheurs sont des convertisseurs continu /continu permettant de construire une source
de tension continue variable à partir d’une source de tension continu fixe.

La source de tension d’entrée peut être un réseau alternatif redressé et filtré, une batterie
d’accumulateurs, une alimentation stabilisée…etc.

On distingue deux types de convertisseurs continu/continu : ceux qui sont non isolés, que
l’on appellera Hacheurs, et ceux qui comportent un transformateur assurant l’isolation
galvanique, que l’on appellera alimentation à découpage (cas des alimentations des PC).
Il existe deux types de hacheurs :
 Les hacheurs dévolteurs, qui fournissent avec un excellent rendement une tension de
sortie inférieure à la tension d’entrée.
 Les hacheurs survolteurs, qui permettent d’obtenir une tension de sortie supérieure à
celle d’entrée.

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II/ Hacheurs dévolteurs (série):


1/ Principe :
Il existe un grand nombre de montages de hacheurs dévolteurs qui fonctionnent selon
diverses méthodes de commutation. Le principe de base repose sur le circuit suivant :

Le circuit est construit autour d’un interrupteur I à amorçage et blocage commandés


Fig VI.1 avec circuit d’extinction, transistor bipolaire, transistors MOS ou IGBT…) et un
(Thyristor
interrupteur à blocage et amorçage spontanés (diode D).
La charge est constituée par la résistance R (schéma plus simple), mais en réalité on l’associe
en série les éléments L et C ( figure VI.2) qui forment un filtre dont le but est de limiter
l'ondulation résultant du découpage sur la tension et le courant de sortie. Si ces éléments sont
correctement calculés, on peut supposer que is et Vs sont continus (on néglige l'ondulation
résiduelle).

On choisit une période T et une fraction  de cette


période.
 s’appelle le rapport cyclique,
0 <  < 1, sans dimension.
de 0 à T : K est fermé :

de T à T : K est ouvert :

Commentaires :

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• La tension de sortie du hacheur (tension v) n’est pas continue mais toujours positive.
Lorsque la période est assez faible (fréquence de 100 à 1000 Hz) la charge ne « voit » pas les
créneaux mais la valeur moyenne de la tension.
• le rapport cyclique  peut être réglé. Par conséquent la valeur moyenne v <v> de V va
varier.
• il s’agit d’un hacheur série car l’interrupteur K est monté en série entre la source et la
charge.

2/ Valeur moyenne de la tension en sortie du hacheur

Exprimons la valeur moyenne de u en fonction du rapport cyclique .


Pour cela nous calculons sa valeur moyenne sur une période

3/ Débit sur une charge inductive


3.1/ Propriété des inductances
Équation fondamentale :

De cette équation nous pouvons démontrer les propriétés ci-dessous.


En régime continu établi : l’inductance se comporte comme un court-circuit.
En régime périodique établi :la tension moyenne est nulle : <VL> = 0
En régime quelconque : d’une façon générale :

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• le courant dans une inductance ne peut pas subir de discontinuité.


• l’inductance s’oppose aux variations du courant qui la traverse, et ce d’autant plus que :
- L est grand ;
- la tension aux bornes de l’inductance est plus faible.
Conclusion :
Une inductance lisse le courant.

3.2/ Problème lié aux charges inductives


A la fermeture de K le courant s’établit.
A l’ouverture de K deux phénomènes contradictoires ont lieu :
• la commande qui veut annuler subitement le courant
• la bobine qui ne peut subir de discontinuité de courant

Résultat du conflit :
C’est la bobine qui « gagne » en provoquant un arc électrique aux bornes de l’interrupteur
pour maintenir le courant.

Conséquence :
L’interrupteur qui est en réalité un transistor subit alors à chaque blocage une surtension qui
peut être destructrice.
Il faut prévoir un système qui permette le blocage normal du transistor.

3.3/ Solution et analyse du fonctionnement

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Montage :

Analyse du fonctionnement
• de 0 à aT : K est fermé.

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La source U alimente la charge.


Le courant ne peut pas passer par la diode.
UK = 0  V = U
i = iK et iD = 0
Le courant augmente progressivement (la pente dépend de la valeur de L).
• de T à T : K est ouvert.
La bobine maintient le courant à travers la diode.
v  0  uK = U
i = iD et iK = 0
Comme la charge n’est pas alimentée, le courant diminue progressivement.

Commentaires :
 A l’ouverture de K, il n’y aura pas d’étincelle puisque le courant imposé par la bobine
pourra passer par la diode.
 D est appelé diode de roue libre car elle est active lorsque la charge n’est pas alimentée.
Elle est nécessaire pour un bon fonctionnement du montage.

 La bobine lisse le courant. Plus L est grand, plus i sera petit (voir les oscillogrammes).

Montage réel : L’interrupteur est remplacé par un transistor. Le courant ib commande la


saturation (fermeture) ou le blocage (ouverture) du transistor.

3.4/ Ondulation du courant dans la charge

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Elle est donnée par la relation : i = (Imax - Imin)/2


Elle peut être mesurée à l’oscilloscope en visualisant la tension aux bornes d’une résistance.
Pour diminuer i, il faut augmenter l’inductance L ou/et la fréquence ƒ.

3.5/ Courant moyen dans la charge


Si on peut négliger la résistance de la charge on peut écrire :
<i> = I  ( Imax + Imin)/2
Intensité moyenne dans le transistor : iK = IK = I
Intensité moyenne dans la diode : <iD> = ID = (1- )I

4/ Application au moteur
Le hacheur série est souvent employé pour commander un moteur à courant continu.
On rappelle que la vitesse d’un tel moteur est proportionnelle à la tension d’alimentation.

Montage : Commentaire :
Pour un bon fonctionnement du moteur, il est préférable que le courant soit le plus régulier
possible, d’où la présence d’une bobine de lissage. Si son inductance est suffisamment
grande, on pourra considérer le courant comme constant (i  0).
Loi des mailles : v = UM + UL
On passe aux valeurs moyennes : <v> = <UM> + <UL >
Et comme pour un signal périodique : UL = 0
Nous obtenons pour le moteur : UM = E = v = U
Finalement la f.é.m. du moteur et donc la vitesse peuvent être régler grâce au rapport cyclique
par la relation :

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E = U
On définit la vitesse maximum pour  = 1 :
E = U = K' nM
(on néglige les résistances de l’induit et de la bobine)

Pour une valeur de a quelconque :


E = U = K' nM et E = K' n

D’où la vitesse en fonction de  :


n = nM

Remarque
Le modèle électrique complet du moteur et de la bobine de lissage est représenté ci-contre.
v = Ub + UM = UL + Ul + E + (RM + Rb ).i
En passant aux valeurs moyennes : (<UL> et <Ul> sont nuls )
v = E + R.i avec R = RM + Rb

5/ Conclusion sur le hacheur série


Dans les deux types de fonctionnement, on voit que la valeur moyenne <v> de la tension
disponible aux bornes de la charge est fonction du rapport cyclique . On réglera la valeur de
<v> en modifiant le rapport cyclique :
1. soit en modifiant la durée de conduction de l’interrupteur I sans modifier la période T
de commande (Modulation de Largeur d’Impulsion, MLI).

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2. soit en modifiant la fréquence de commande (f =1/T) sans modifier la durée de


conduction de l’interrupteur.

La solution 1 est de loin la plus utilisée en pratique car elle permet un filtrage aisé de la
tension ud(t) par un filtre passe-bas comme.

II/ Hacheurs survolteurs (parallèle):


Le hacheur parallèle est aussi appelé hacheur survolteur. Ce montage permet de fournir une
tension moyenne Ud0 à partir d’une source de tension continue U Ud < 0

Les applications principales du hacheur parallèle sont les alimentations de puissance régulées
et le freinage par récupération des moteurs à courant continu. On distingue 2 phases de
fonctionnement :

 Lorsque l’interrupteur I est fermé, la diode est polarisée en inverse (Vd=-ud ); la


charge est donc isolée de la source. La source fournit de l’énergie à l’inductance l.
 Lorsque l’interrupteur I est ouvert, l’étage de sortie (C+ charge) reçoit de l’énergie de
la source et de l’inductance L.

Pour l’analyse en régime permanent présentée ici, le condensateur de filtrage C a une valeur
de capacité suffisamment élevée pour que l’on puisse considérer la tension disponible en
sortie constante :
ud(t)=Ud0

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Enfin on distingue deux modes de fonctionnement selon que le courant dans l’inductance l
(il(t)) est interrompu ou non.

1/ Fonctionnement à courant de source ininterrompu


 Pour 0 < t <T , l’interrupteur I est fermé et l’intensité il(t) croît linéairement :

On a : uI = 0 ; id = 0 ; vl = U

 Pour t < t < T , l’interrupteur I est ouvert, l’inductance l se démagnétise et le courant


il(t) décroît :

et : U < Ud0 car il(t) doit décroître.


On a : uI=Udo ; id = il ; vl=U-Udo

On détermine facilement la relation liant U à Ud0.


On a : U =vl+ui
Donc en moyenne sur une période, compte tenu du fait que la valeur de la moyenne de vl (t
est nulle, on obtient :

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En considérant un circuit sans pertes, la puissance moyenne délivrée par la source est égale à
la puissance moyenne disponible en sortie :

et donc :

Cette relation permet de dimensionner les conducteurs à utiliser.

Remarque: on obtient très simplement la relation liant Ud0 à U en considérant Vl0 = 0 .


En effet :

D’où directement :

2/ Limite entre le fonctionnement interrompu et le fonctionnement ininterrompu


La forme des courant et tension il(t) et vl(t) est donnée :

Hacheur parallèle. Limite du fonctionnement à courant de source ininterrompu.

La valeur moyenne du courant il(t) s’écrit:

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Donc la valeur moyenne du courant disponible en sortie Id 0 s’écrit :

3/ Fonctionnement à courant de source interrompu


Ce type de fonctionnement intervient lorsque Ud0 devient tel que le courant il(t) s’annule
durant la phase où l’interrupteur est ouvert.
Ce type de fonctionnement étant peu utilisé, il ne sera pas développé dans ce cours.

4/ Régulation de la tension de sortie


Remarque: on prend l’exemple du hacheur série mais cela n’enlève rien à la généralité du
principe de régulation expliqué ici.
Dans les hacheurs, la tension de sortie doit en règle générale être régulée pour être
constamment égale à une tension fixée, compte-tenu du fait que la tension d’alimentation U et
les caractéristiques de la charge peuvent varier.
On rappelle le schéma de principe du hacheur série et le graphe de la tension de sortie avant
filtrage

Une méthode pour réguler la tension de sortie ud(t) afin d’obtenir une tension moyenne Ud0
fixe consiste à ajuster en permanence le rapport cyclique de commande de l’interrupteur  =
ton/T sans modifier T.

Cette méthode qui consiste à faire varier la largeur des impulsions de commande de
l’interrupteur est appelée méthode de Modulation de Largeur d’Impulsion (MLI) ou encore
PWM pour « Pulse Width Modulation ».

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Le signal de contrôle de l’interrupteur VCTRL devra être élaboré par comparaison entre la
tension effectivement disponible Ud0 et la tension moyenne désirée Ud0d .
Le schéma général de la figure ci dessous

Boucle de régulation du hacheur.


A est un amplificateur différentiel qui va servir à amplifier l’écart entre la tension moyenne
désirée Ud0d et la tension moyenne effectivement disponible.
Cette tension d’écart Vdiff sera ensuite comparée à une tension en dent de scie de période T afin
de générer la tension de commande de l’interrupteur VCTRL comme le montre la figure.
 Lorsque Vdiff >VDS : VCTRL = +Vcc , l’interrupteur I est commandé à la fermeture
(état ON).
 Lorsque Vdiff < VDS : VCTRL = 0 , l’interrupteur I est commandé à l’ouverture (état
OFF).
Le fonctionnement de la régulation est expliqué ci-dessous :
si Ud0 , alors Ud0d - Ud0 , donc Vdiff = A (Ud0d-Ud0) , donc Ud0=, donc Ud0.
Partant d’une diminution de Ud0 , on obtient donc une augmentation de Ud0 en jouant sur .

De la même manière, on montre facilement qu’une augmentation de Ud0 est corrigée par une
diminution du rapport cyclique .
Ce type de régulation est dit « proportionnel » car la tension Vdiff est proportionnelle à la
différence entre la grandeur de sortie à réguler Ud0 et la grandeur de consigne (ou de
référence) à atteindre Ud0d .

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5/ Application des hacheurs série et parallèle: alimentation et freinage d’un moteur à


courant continu à l’aide d’un hacheur réversible

Le hacheur série est constitué de la diode D1 et de l’interrupteur I1. Le hacheur parallèle est
constitué de la diode D2 et de l’interrupteur I2.
La machine fonctionne en moteur lorsqu’elle est alimentée par le hacheur série (D2 reste
toujours bloquée car U > ud et I2 est maintenu ouvert).
La machine fonctionne en génératrice (phase de freinage) et alimente la source U (batterie par
exemple)lorsque le hacheur parallèle est utilisé (D1 est toujours bloquée car lorsque I2 est
fermé VD1 = 0 et lorsque I2 est ouvert D2 est passante et VD1-U ; I1 est maintenu ouvert).

6/ Circuits de désamorçage :
L’amorçage des thyristors alimentés en courant continu ne présente pas de difficulté
particulière. Par contre, leur désamorçage nécessite des circuits supplémentaires de blocage.
Il existe de nombreux dispositifs hacheurs qui se différencient les uns des autres par
leur circuit de blocage. Le rôle de ce circuit est de forcer l’extinction du thyristor principal à

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la fin du temps de conduction. La figure représente un hacheur dévolteur dont le thyristor


principal Th1 est bloqué à l’aide d’un thyristor auxiliaire et d’un circuit LC.

Pour permettre au condensateur de se charger M(+) et N(-), le thyristor Th2 doit être amorcé
le premier, alors Th1 est à l’état bloqué. Lorsque le condensateur est chargé, le thyristor Th2
se bloque spontanément par annulation de courant. Quand Th1 est amorcé, le courant circule
dans la charge, et le condensateur se charge dans l’autre polarité à travers L et D. Lorsque le
thyristor Th2 est amorcé, une tension négative est appliquée sur Th1 par le condensateur ; il se
bloque alors. Le cycle recommence.

7/ Commande du transistor:
Pour alimenter la base du transistor, il faut réaliser un montage électronique délivrant un
signal en créneaux avec un rapport cyclique réglable. Il s’agit d’un oscillateur à relaxation.
Il existe plusieurs circuits intégrés réalisant cette fonction.
 Exemple :

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Le courant de sortie de l’AOP étant très faible (10 à 20 mA), il conviendra d’utiliser un
transistor Darlington.

La période de créneaux est donnée par : .

Le rapport cyclique :

R2 : Contrôle de fréquence.


P : Variation de rapport cyclique.

Remarque : Pour assurer la commutation du transistor dans les meilleures conditions (sans
destruction), on prévoit un circuit d’aide à la commutation CALC qui possède un rôle
double :
 Aide à la fermeture : Son principe est basé sur l’insertion en série avec le collecteur
d’une inductance qui freine la montée du courant à la mise en conduction. Un circuit de
roue libre permet d’assurer la continuité de courant.

 Aide à l’ouverture : Son principe est basé sur l’insertion en parallèle avec le transistor
d’une capacité qui freine la montée de la tension. La résistance protège le transistor contre
la surintensité de décharge.

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2.3. Les onduleurs


1/ Définition
Un onduleur est un convertisseur continu - alternatif

Il est autonome lorsqu’il impose sa propre fréquence à la charge.

2/ Principe de fonctionnement : débit sur charge résistive


2.1/ Commande symétrique
Il s’agit d’actionner alternativement les interrupteurs K1 et K2 durant des intervalles de temps
réguliers.

Relations :
ic = i1 - i2
E - V1 - Uc = 0
E + Uc - V2 = 0

Analyse :
• de 0 à T/2
K1 est fermé  V1 = 0
K2 est ouvert  V2 = 0
 Uc = E
ic = i1 = E/R
V2 = E + Uc = 2.E

• de T/2 à T
K1 est ouvert  i1 = 0
K2 est fermé  v2 = 0
 Uc = -E
ic = i2 = -E/R
V1 = E + Uc = 2.E

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Remarque :
Sur l’oscillogramme de Uc, figure en pointillés le signal sinusoïdale que l’on voudrait obtenir.
2.2/ Commande décalée
L’idéal serait d’obtenir une tension de sortie Uc de forme sinusoïdale. La commande décalée
fournit un signal plus proche de la forme sinusoïdale que la commande précédente.

2.3/ Interrupteurs électroniques


Il faut un interrupteur électronique pouvant être commandé à l’ouverture et la fermeture :
- transistor
- thyristor avec un circuit d’extinction du courant
Ces composants ne laissent passer le courant que dans un sens.
Symbole d’un interrupteur unidirectionnel pouvant être commandé à l’ouverture et la
fermeture :

3/ Débit sur charge inductive


3.1/ Analyse du problème

Très souvent la charge est inductive : moteur synchrone, bobinage de chauffage.


Dans ce cas la forme du courant est différente de celle de la tension. En effet si la tension peut
changer subitement, le courant du fait de l’inductance du circuit va varier progressivement.
Rappel : le courant à travers une inductance ne peut subir de discontinuité.

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3.2/ Conséquences
Un interrupteur électronique étant en général unidirectionnel, pour permettre au courant de
circuler dans le sens opposé à celui permit par l’interrupteur, on place une diode de façon à
réaliser un montage dit antiparallèle.

3.3/ Remarques
Il faut que la source d’énergie supporte le courant en sens inverse. Il faut donc utiliser des
batteries ou des alimentations couplées en parallèle avec des condensateurs.

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3.4 Etude du montage

Analyse partielle :
• de 0 à t1
ic < 0 ; Uc > 0
C’est la diode D1 qui conduit.
p = Uc.ic < 0 : il y a récupération par la source
d’une partie de l’énergie fournie à la charge durant
la phase précédente. D1 est dite diode de
récupération.

Durant ce temps l’interrupteur H1 est déjà


commandé mais comme le courant est en sens
inverse il reste bloqué.

Remarque :
• l’intensité i du courant dans la charge (en
pointillés) est sinusoïdale tandis que la tension est
en créneaux, i étant décalée en arrière par rapport à
Uc (ou U).
Cette situation se rencontre si la charge est active
comme par exemple un moteur asynchrone.

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3.5 Onduleur triphasé en pont

Cet onduleur contient six thyristors (deux thyristors par bras) associées à six diodes en anti-
dérivation. La charge est résistive.
Pour des puissances plus petites, les thyristors peuvent être remplacés par des transistors qui
ne nécessitent pas de circuits d’extinction (commutation forcée).
Trois thyristors sont en conduction à chaque instant. Deux thyristors d’un même bras (Th1 et
Th2 par exemple) sont amorcés à 180° de décalage. Les thyristors du bras voisin sont amorcés
à 120° de décalage.
Cette stratégie de commande s’appelle commande 180°.

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Commande 180°
 Formes d’onde :

La tension obtenue n’est pas sinusoïdale. Il convient d’employer un filtre pour extraire son
fondamental ayant la même fréquence.
L’opération de filtrage n’est pas assez aisée pour ce type de structure : les harmoniques ne
sont pas assez repoussés du terme fondamental. Ceci oblige à utiliser des filtres à ordre élevé
ce qui n’est pas facile à mettre en œuvre. C’est pourquoi on a recours à une autre technique
qui est la modulation de largeur d’impulsion MLI.

4/ Application
4.1/ Réglage de la vitesse de rotation d’un moteur synchrone
La vitesse d’un moteur synchrone est fixée par la pulsation des courants statoriques. Pour
changer de vitesse il faut donc changer la fréquence des tensions d’alimentation.
Il faut donc redresser la tension du réseau puis l’onduler à la fréquence désirée.

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4.2 Réglage de la vitesse de rotation d’un moteur asynchrone


4.2.1 Rappel

VS : f.é.m. induite dans une phase du stator (V)


K : coefficient qui dépend de la machine
NS : nombre de conducteurs d’une phase
 : flux utile maximal embrassé par une spire (Wb)
fS : fréquence de la tension d’alimentation (HZ)
n : vitesse de rotation (trs.s-1)
nS : vitesse de rotation synchrone = fS / p (trs.s-1)
g : glissement de la machine asynchrone

1.1.2 Conditions à réaliser


Pour varier la vitesse de rotation il faut varier la fréquence f S de la tension. Mais il faut que le
couple reste important, c’est à dire le flux F doit rester constant. Or, on a sensiblement :

Il faut alimenter le moteur en maintenant le rapport Vs/fs constant.


Si on augmente la vitesse, il faut diminuer la tension d’alimentation dans les limites de bon
fonctionnement de la machine.

5/ Alimentation de secours
Lors d’une panne d’électricité, un onduleur assure la continuité de l’alimentation des
machines à partir de batteries. En informatique professionnelle un onduleur est indispensable
pour éviter la perte d’informations en cas de panne de secteur.

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2.4.

2.4.

2.4.

2.4.

2.4.

2.4.

2.4.

2.4.

2.4.

2.4.

2.4.

Le gradateur

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