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20/09/2008

Agitation. Mélange
Aspects mécaniques
par Patrice COGNART
Ingénieur à la société ROBIN Industries
Florent BOUQUET
Ingénieur de l’École nationale supérieure des ingénieurs de Génie chimique (ENSIGC)
de Toulouse
Ingénieur à la société ROBIN Industries
et Michel ROUSTAN
Ingénieur de l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Toulouse
Professeur de Génie des procédés à l’INSA de Toulouse

1. Définition et force en jeu....................................................................... J 3 804 - 3


2. Calcul du diamètre d’arbre de l’agitateur......................................... — 3
3. Chaînes cinématiques............................................................................. — 8
4. Arbre............................................................................................................ — 10
5. Mobiles........................................................................................................ — 11
6. Puissance dissipée et couple................................................................ — 11
Références bibliographiques ......................................................................... — 12

es agitateurs sont au cœur de nombreux procédés de fabrication. Sans eux,


L peu de réactions chimiques ou de mélanges se réaliseraient spontanément.
L’agitateur peut être soumis à de fortes contraintes (effort radial, effort axial,
pression régnant dans la cuve, phénomènes vibratoires...). Il fait partie, en géné-
ral, d’un investissement lourd dont l’amortissement est relativement long.
Pour ces raisons, il est justifié de s’intéresser à cet équipement, conçu pour
« durer » (certains matériels fonctionnent depuis plus de quarante ans en
continu) avec une maintenance minimale pour un arrêt de production réduit.
Le décideur sélectionnera, en général, un agitateur d’une part en fonction
d’une analyse de ses aptitudes à effectuer l’opération demandée, et d’autre part
après étude des caractéristiques mécaniques.
La conception et le dimensionnement d’un agitateur n’étant pas normalisés
(comme c’est le cas des cuves) et faisant appel à diverses sciences, le décideur
aura quelques difficultés à distinguer les paramètres importants, s’il souhaite
effectuer une comparaison.
Dans cet article, on décrira les méthodes générales aidant le décideur dans sa
tâche difficile du choix d’un système d’agitation. En effet, bien que les pièces
majeures constituant un système d’agitation soient bien connues (moteur,
réducteur, étanchéité), la partie construite par le concepteur d’agitateurs (tou-
relle, arbres, mobiles) laisse libre cours à l’imagination de l’ingénieur mécani-
cien et peut être difficile à analyser. Ainsi, nous détaillerons suffisamment la
partie relative à la détermination mécanique pour permettre au décideur d’effec-
tuer la sélection et le « contrôle » des caractéristiques mécaniques de l’appareil.
La conception mécanique des agitateurs fait appel à la construction des machi-
nes tournantes : transmission de couple, détermination d’arbres tournants, éva-
luation des contraintes de torsion, flexion et analyse vibratoire du système.

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Cependant, alors que ces phénomènes sont bien « maîtrisés » par les ingénieurs
mécaniciens, la tâche est plus difficile qu’il n’y paraît, car la « manifestation » des
forces à prendre en compte (en direction, intensité, point d’application) est beau-
coup plus aléatoire.
Il est également malaisé, pour les utilisateurs, de sélectionner un agitateur
parmi différentes propositions, dont les caractéristiques et les éléments consti-
tutifs n’ont rien de commun. Nous aborderons donc les différents types de mon-
tage des agitateurs, les techniques de fabrication n’étant pas décrites car
conformes aux métiers de la mécanique traditionnelle (usinage, soudage,
montage...).

L’étude complète du sujet comprend les articles :


— J 3800 – Agitation. Mélange : concepts théoriques de base ;
— J 3802 – Agitation. Mélange ;
— Doc. J 3803 – Agitation. Mélange ;
— J 3804 – Agitation. Mélange : aspects mécaniques (le présent article) ;
— J 3805 – Agitation. Mélange : aspects technico-économique.

Notations et symboles Notations et symboles


Notation Unité Définition
Notation Unité Définition
ma kg Masse de l’arbre
D m Diamètre du mobile
da m Diamètre nominal de l’arbre Mf N.m Moment de flexion

de m Diamètre extérieur de l’arbre tubulaire Mm kg Masse du mobile

Mr N.m Moment de renversement


di m Diamètre intérieur de l’arbre tubulaire

e m Épaisseur des pales Mt N·m Moment de torsion

E MPa Module d’élasticité N s−1 Vitesse de rotation

Et N Effort tranchant sur la bride de cuve Nc s−1 Vitesse critique

E m Épaisseur des pales Np – Nombre de puissance du mobile

FA N Force axiale résultante Nq – Nombre de débit du mobile

PA N Poussée d’Archimède p MPa Pression dans la cuve

Fa N Force hydraulique axiale P W Puissance dissipée par le mobile

Fm N Poids de la ligne d’arbre mobiles compris Sm m2 Section recouverte par le mobile

Fp N Force de pression v m Rayon de l’arbre


Va m3 Volume de l’arbre
Fr N Force radiale
g m/s2 Accélération de la gravité Vf m/s Vitesse du fluide traversant le mobile
Vm m3 Volume du mobile
G Pa Module d’élasticité transversal
I m4 Moment quadratique wc rad/s Vitesse critique angulaire

I0 m4 Moment quadratique polaire (moment ηa MPa Contrainte admissible de flexion


d’inertie) θ rad/m Angle de torsion
I m Longueur de l’élément en rotation µ Pa · s Viscosité dynamique du fluide agité
La m Longueur de l’arbre inférieur ρ kg/m3 Masse volumique du fluide agité
Lr m Longueur de l’arbre entre les paliers (arbre
τa MPa Contrainte admissible de torsion
supérieur)
m kg Masse en rotation

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1. Définition et force en jeu


Moteur électrique

Accouplement
élastique
1.1 Définition d’un système d’agitation Réducteur
Pot de lubrification de
Un dispositif d’agitation (figure 1) est constitué : la garniture mécanique Tourelle de guidage

— d’un système d’entraînement ; Dispositif d'extraction


— d’un arbre ; de la garniture
— d’un ou plusieurs mobiles d’agitation. Accouplement rigide
Le calcul mécanique doit tenir compte de deux types de contraintes. Garniture mécanique
Arbre supérieur
■ Contraintes liées à l’environnement de l’agitateur Bride de cuve
Accouplement
Ces contraintes dépendent :
— de la cuve sur laquelle l’agitateur est installé ;
— des conditions opératoires ;
— des produits à mélanger.
Elles permettent de choisir :
— le matériau (à partir de la nature des produits mélangés et des Arbre
conditions de pression et de température) ; inférieur
— le système d’étanchéité (à partir des conditions de pression, de
température et des produits mélangés) ;
— la conception mécanique et la longueur d’arbre (à partir de la
forme de la cuve, des contraintes d’implantation...).
■ Contraintes liées à la définition de l’agitateur
Le choix des paramètres suivants est nécessaire à la détermina- Contre-pales
tion des éléments mécaniques : antivortex Mobiles
— vitesse de rotation (N) ;
— puissance dissipée (P) ;
— diamètre des mobiles (D) ;
— nombre de mobiles ;
— type(s) de mobile(s) ;
— positionnement des mobiles.
Palier fond
de cuve

1.2 Forces en jeu


Figure 1 – Dispositif d’agitation
La figure 2 schématise les forces qui s’exercent sur un mobile
d’agitation en rotation [4].
■ Forces statiques indépendantes de la rotation des mobiles que, charge dynamique, effort tranchant, moment de renverse-
Ces grandeurs sont : ment).
— la pression dans l’enceinte : p ; La connaissance de ces efforts permet le calcul :
— le poids des éléments tournants : (ma + mm)g ; — du diamètre d’arbre da ;
— la force d’Archimède : PA. — de l’épaisseur des pales e ;
— du mode de liaison des pales d’agitation sur l’arbre porte-
■ Efforts dus à la rotation des mobiles mobiles ;
Il s’agit : — des paliers de guidage (R1 et R2) et de leur support éventuel
— de la force axiale (Fa), générée par la poussée du mobile, dont (tourelle) ;
la direction et l’amplitude dépendent du type du mobile ; — du type de réducteur ;
— de la force radiale (Fr), dont l’intensité et le point d’application — de la fixation sur la cuve.
sont fluctuants. En effet, si le mouvement du liquide était parfaite-
ment « régulier » en intensité et en direction, l’ensemble serait équi-
libré et la force radiale engendrée par l’agitation serait nulle. Elle
inclut les défauts d’alignement et d’équilibrage. 2. Calcul du diamètre d’arbre
L’encadré 1 rassemble l’ensemble des forces mises en jeu avec
leurs définitions.
de l’agitateur
Le système subira donc les réactions dues :
— au couple moteur − Mt ; 2.1 Généralités
— à la réaction axiale − FA ;
— à la réaction radiale − Fr .
Les efforts décrits engendrent des contraintes sur le système Se reporter à la référence [1] [2].
d’agitation (cisaillement, allongement) et sur la cuve (charge stati- La ligne d’arbre comprend :

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Encadré 1 – Forces en jeu

● Force due au poids du mobile et de l’arbre :


P (kW)
Fm = (mm + ma)g
Mr (N.m) ● Force due à la pression dans la cuve :
Et (N)

pπd a2
p (MPa) F p = --------------
4
● Poussée d’Archimède :
N (tr/min) PA = ρ g ( Vm + Va )

● Force axiale hydraulique :

ρ  V f2 2 ρ  Nq 2 N 2 D 4
Mt (N.m) F a = ------------- S m ≈ -------------------------------------
2g πg

● Force axiale résultante :


PA (N) Fa (N)
F A = Fm − F p − P A − F a

● Moment de torsion (couple) :


Fr (N)
P
Fm (N) M t = ------------
2πN
● Moment de flexion :
M f = Fr La
Figure 2 – Forces s’exerçant sur l’agitateur en rotation
● Force radiale(1) :

— un arbre supérieur plein transmettant les efforts aux paliers et Mt Mt


au réducteur ; F r = ------- = 2 -------
D D
— un arbre inférieur recevant les mobiles (choisir un arbre tubu- ----
laire au lieu d’un arbre plein, à tenue mécanique équivalente, per- 2
met de faire une économie de matière et donc de poids, facteur (1) Selon les sources, le point d’application de la force peut se
déterminant pour la vitesse critique de l’agitateur).
situer entre 0,66 et 1 fois le rayon du mobile. On admet aussi
L’arbre inférieur est soit « abandonné » ou pendulaire, soit guidé une modération de la force radiale selon le type de mobile (à
par le fond pour les grandes longueurs (> 5 m environ). flux axial, par exemple) qui peut minorer la force radiale jusqu’à
Le mode d’étude est celui d’une poutre en porte-à-faux, supportée 50 %. Ainsi :
latéralement par deux appuis R1 et R2, et axialement par une butée,
souvent combinée avec R1 ou R2 (voir article spécifique dans notre Mt Mt
collection) (figure 3). ------- < F r < 2 -------
D D

Le moment quadratique polaire (I0) de la section de l’arbre appelé


2.2 Calcul d’un arbre d’agitation aussi moment d’inertie est :
— pour un arbre plein :
Se reporter à la référence [5].
πd a4
Le moment quadratique diamétral (I) de la section d’un arbre est : I 0 = ---------- (3)
— pour un arbre plein : 32

πd a4 — pour un arbre tubulaire :


I = ---------- (1)
64 π ( d e4 – d i4 )
I 0 = ---------------------------- (4)
— pour un arbre tubulaire : 32
I0 I
π ( d e4 – d i4 ) Communément, on appelle ---- module de torsion et --- module de
I = --------------------------- (2) v v
flexion (avec v = da /2 ou de /2 suivant le type d’arbre).
64
Le tableau 1 donne une synthèse des méthodes de calcul du dia-
avec da (m) diamètre de l’arbre plein, mètre d’un arbre d’agitation.
de (m) diamètre extérieur du tube,
Les principales caractéristiques de quelques matériaux usuels
di (m) diamètre intérieur du tube. sont indiquées dans le tableau 2.

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2.3 Comportement vibratoire


R1
des agitateurs
Lr

Tout système en rotation possède une fréquence propre (natu-


R2 relle) de vibration à laquelle correspond une vitesse de rotation, dite
vitesse critique (Nc).
On distingue la vitesse critique de flexion, qui concerne la plupart
des agitateurs, de la vitesse critique de torsion qui concerne peu les
agitateurs courants.
L’amplitude des vibrations dues aux conditions d’agitation (pré-
sence de contre-pales, injection de gaz dans la cuve, etc.) définit un
domaine de vitesse dans lequel il y a un risque de déformation per-
La
manente de certains organes, voire de rupture.
Cette zone de vitesse de rotation, fortement déconseillée pour le
bon fonctionnement d’un agitateur, s’étend environ de 0,7 Nc à 1,5 Nc.
L’équilibrage statique ou dynamique, les tolérances de fabrica-
tion, la conception (conditions de rigidité), de même que les condi-
tions opératoires (présence de balourd dû au collage de produit sur
l’organe de mélange, vidange ou remplissage de la cuve en rota-
tion), peuvent modifier l’étendue de cette zone.
On notera que pour les agitateurs à arbre horizontal, dont l’arbre
est court (< 1 m environ), on calculera plutôt la vitesse critique de
Figure 3 – Arbre d’agitation torsion.
(0)

Tableau 1 – Méthodes de calcul du diamètre d’un arbre d’agitation


Sollicitation Cas général Arbre plein Arbre tubulaire
Torsion pure Mt d e4 – d i4 16M t
----------  τ a 16M t
d a3  -------------- -------------------  --------------
 I 0 π τa de π τa
 ---v-
Torsion pure avec conditions Mt
de rigidité ---------------  θ (1) 16P 16P
I d a4  ------------------- d e4 – d i4  -------------------
G  ---0- π2 G θ N π2 G θ N
 v
Flexion pure Mf d e4 – d i4 32M
---------  η a 32M f
-------------------  --------------f
 I d a3  --------------
π ηa de π ηa
 --v-
Contrainte de von Mises
ou contrainte idéale η 2 – 4 τ 2  ηa
Mf Fa ± mg
avec η = --------- + --------------------
-+p (2)
 I d a2 d e4 – d i4 32
32
 v
--
- π ------ d a3 > ---------- M f2 + M t2 (3) ------------------- > ---------- M f2 + M t2 (3)
4 π ηa de π ηa
Mt
τ = -----------
 I
 --v- 0
Flèche L a2 M f
τ = -------------- (4) (4)
3EI
(1) θ = 4,4 × 10−3 rad/m (0,25˚/m)
(2) Fa + mg si la force axiale est dirigée dans le même sens que le poids (c’est-à-dire si le mobile pompe vers le haut), Fa − mg dans le cas contraire.
(3) Relations valables lorsque :

Fa ± mg Mf
--------------------- + p << ---------
d a2  I
π ------  ---
v
4
ce qui est généralement vérifié.
(4) Lorsque l’arbre est constitué d’éléments de plusieurs tronçons pleins ou de sections différentes, le calcul doit être effectué à l’extrémité de chaque tronçon, en
tenant compte de la flèche du tronçon précédent, en partant du point de guidage.

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(0)

Tableau 2 – Caractéristiques de quelques matériaux usuels


Module d’élasticité E Limite d’élasticité Rp 0,2 Masse volumique ρ
Matériau Rapport E/ρ
(MPa) (MPa) (kg/dm3)
Acier XC 35 205 255 7,85 26,12
X2CrNi 19-11/1.4306 (304L) 200 200 7,90 25,32
X2CrNiMo 17-12-2/1.4404 (316L) 200 225
X1NiCrMoCu 25-20-5/1.4539 (UranusB6) 190 245
Hastelloy C22 206 310 mini 8,70 23,68
Titane 108 180 4,50 24

2.3.1 Vitesses hypocritique et hypercritique 2.3.2.1 Masse de l’agitateur

Afin d’augmenter la vitesse critique de l’agitateur, il sera avanta-


Se reporter à la référence [6]. geux de diminuer la masse en rotation en utilisant un arbre d’agita-
tion tubulaire.
Exemple : soit un arbre plein de diamètre 125 mm, I = 1 198 cm4 et
2.3.1.1 Vitesse hypercritique (N > Nc)
de masse linéique 96,3 kg/m.
Choisir une vitesse de rotation hypercritique est déconseillé dans Un arbre tubulaire de 168,3 mm de diamètre extérieur et de 12 mm
le cas d’un procédé nécessitant des séquences de vidange ou de d’épaisseur aura une inertie de 1 172 cm4 pour une masse linéique de
remplissage avec noyage-dénoyage des organes de mélange. La 28,3 kg/m.
vitesse critique sera aussi dépassée lors de chaque démarrage ou Pour une même longueur d’arbre, la vitesse critique de flexion sera
arrêt de l’agitateur. 1,86 fois plus élevée avec l’arbre tubulaire qu’avec l’arbre plein.

De plus, des précautions devront être prises dans le cadre de l’uti-


lisation d’un système de variation de vitesse, notamment en interdi- 2.3.2.2 Nature du matériau
sant au système une plage de fonctionnement trop proche de cette Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la valeur de la vitesse
vitesse critique. critique de flexion est peu influencée par le type de matériau, le rap-
port E/ρ variant peu quel que soit le type de matériau utilisé
Un fonctionnement hypercritique sera donc, la plupart du temps, (tableau 2).
réservé aux agitateurs de petite taille, tournant à la vitesse du
moteur, dont une version en fonctionnement hypocritique est sou-
vent jugée trop coûteuse. 2.3.2.3 Guidage en fond de cuve

La présence d’un palier de guidage en fond de cuve augmente


2.3.1.2 Vitesse hypocritique (N < Nc) considérablement la vitesse critique. En effet, la fréquence propre
d’une poutre avec un point d’appui rigide à chaque extrémité est de
Un tel fonctionnement est sûr sachant que, en permanence, la la forme :
vitesse critique ne peut être atteinte.
1 98EI
Néanmoins, il peut y avoir risque de se rapprocher de la vitesse N c = ------- ------------3-
2π mL
critique dans les cas suivants :

— jeu important au niveau du guidage de l’arbre d’agitation ; alors que pour un système à un seul encastrement, nous avons :

— trop grande flexibilité du support d’agitation ; 1 12, 4E I


N c = ------- ------------------
-
— encrassement des mobiles d’agitation entraînant un change- 2π mL 3
ment de masse embarquée.
Si les masses, la nature du matériau et les longueurs sont équiva-
lentes, le rapport des vitesses critiques est donc de 2,8 en faveur de
la version avec palier de guidage de fond. La flexibilité des paliers
2.3.2 Facteurs influençant la vitesse critique guidant l’arbre peut être prise en compte pour une meilleure
détermination des phénomènes vibratoires.
La vitesse critique Nc (en s−1) est telle que :

2.3.3 Méthodes de calcul


N c ∝ IE
------
m
Se reporter aux références [6][7].
avec E (MPa) module d’élasticité, Deux méthodes sont décrites. L’une, dite approchée, est applica-
ble aux cas simples (arbre d’une seule section, portant un mobile) et
m (kg) masse en mouvement. l’autre, plus complexe, fait appel aux éléments finis.

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2.3.3.1 Méthode approchée ■ Calcul de la puissance consommée

Le calcul de la vitesse critique par cette méthode simple est vala- Calculons le nombre de Reynolds :
ble pour un arbre pendulaire, de section uniforme, équipé d’un
mobile : 1 300 × 60 × 1 ,2 2
ρ ND 2 ------
60 - = 1 ,87 × 10 6 ,
Re = ---------------- = ----------------------------------------------
2πN c =  -----------
3EI  1/2
(5) µ 10 –3
 3 -
L m cette valeur correspond à un régime turbulent donc à un nombre de
1 puissance, Np = 0,41.
d’où N c = -------  3EI  (6)
2π  -----------------------------------------------------------------------
- La puissance dissipée est :
( L a + L r )L a2 ( 0 ,33 m a + m m )
3
P = Np ρ N 3 D 5 = 0 ,41 × 1 300 ×  60  × 1 ,2 5 = 1 326 W
avec m (kg) masse de l’élément en rotation,  ------
60
Nc (s−1) vitesse critique,
La puissance moteur installée sera de 2,2 kW.
L (m) longueur totale de l’arbre,
■ Calcul du couple Mt :
La (m) longueur totale de l’arbre sous le palier inférieur,
P 1 326
Lr (m) longueur entre les paliers, M t = ------------ = ---------------- = 211 N · m
2πN 60
ma (kg) masse de l’arbre, 2 π ------
60
mm (kg) masse du mobile.
■ Calcul du moment de flexion par rapport au plan de pose
On notera que la relation (6) est générale et il est possible de l’affi-
ner pour tenir compte de la présence de plusieurs mobiles ou de Soit :
l’utilisation d’un arbre inférieur tubulaire d’inertie différente de celle M f = Fr La
de l’arbre supérieur.
Hypothèse : on applique la force radiale Fr intégralement en bout
Ainsi, pour des cas plus complexes (plusieurs mobiles, plusieurs
d’une seule pale (encadré 1) sans prendre de coefficient minorateur
sections différentes, différents moments d’inertie), la précision de ce
de l’effort radial en fonction du type de mobile :
type de formule est de l’ordre de 20 à 30 %. En décomposant le cal-
cul des flèches pour chaque élément de l’arbre d’agitation, il est pos-
sible d’obtenir une meilleure précision comprise entre 5 et 10 %. Mt
M f = 2 ------- L a = 2 × 211
---------- × 3 ,75 ≈ 1 320 N · m
D 1 ,2
2.3.3.2 Méthode des éléments finis
■ Calcul de l’arbre en torsion
Il s’agit ici d’attribuer aux différents tronçons constituant l’arbre La contrainte admissible en torsion est τa = 20 MPa.
d’agitation une matrice de rigidité décrivant le déplacement des
nœuds (mobiles, paliers, accouplements, changement de section Soit :
d’arbre...) selon deux degrés de liberté, sauf pour les paliers, dont la
Mt
translation est supprimée (voir article spécifique dans notre collec- τ a = ----------
tion).  I 0
 ---
v
-
La vitesse critique est calculée en cherchant les valeurs propres
du système après avoir établi une matrice des efforts extérieurs,  I 0 πd a3
avec  ---
v  = ---------
- - pour un arbre plein, on obtient le diamètre :
transformé les matrices de rigidité en matrice d’élasticité et calculé 16
la matrice des déplacements et celle des masses.   --1-
d a   ----------------------------------
- ≈ 38 × 10 –3 m , soit 38 mm.
211 3
Grâce à cette méthode complexe, néanmoins facilement pro- π
grammable sur n’importe quel outil informatique, les résultats obte-  ------ × 20 × 10 6
nus sont très précis quelles que soient les caractéristiques de la 16
ligne d’arbre.
■ Calcul de l’arbre en flexion
De manière générale, les vitesses critiques ainsi calculées sont
retrouvées à 1 % près lors de mesures vibratoires. La contrainte admissible en flexion est ηa = 100 MPa.
Soit :

Mf
2.4 Exemple de calcul η a = ---------
 I
 --v-
 I πd 3
On veut calculer l’arbre d’un système d’agitation en acier inoxy- avec  --- = ---------a- pour un arbre plein, on obtient le diamètre :
dable austénitique X2CrNiMo 17-12-2/1.440 4 (316L) équipé d’une v 32
hélice HPM 20 à trois pales de diamètre D = 1,2 m tournant à
  1---
N = 60 tr/min dans un liquide de masse volumique ρ = 1 300 kg/m3  1 320 3
et de viscosité µ = 10−3 Pa · s. d a   --------------------------------------- ≈ 51 × 10 –3 m , soit 51 mm.
π
 ------ × 100 × 10 6
Cette hélice est placée à 1 m du fond dans une cuve de 3 m de dia- 32
mètre et de 4,5 m de hauteur.
On sélectionne donc un arbre de 60 mm et une distance entre les
La longueur totale d’arbre est donc 3,75 m (La + Lr = 3,50 m + 0,25 m). roulements Lr = 0,30 mm.

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■ Ce cas est représentatif des agitateurs pendulaires pour lesquels (0)

la contrainte de flexion est souvent le facteur déterminant pour Tableau 4 – Différents types de montage pour un réducteur
dimensionner le diamètre d’un arbre (en prenant en compte le rap-
Montage A B C
N (moteur + (moteur + réduc- (moteur + réduc-
port ------- ).
Nc réducteur + teur + tourelle teur + tourelle
arbre) avec 1 palier + avec 2 paliers +
En cas de conception avec un arbre inférieur tubulaire, on choisira arbre) arbre)
un tube ayant un moment d’inertie équivalent (tableau 3). Rôle du • Transmission • Transmission • Transmission
(0)
réducteur du couple du couple du couple
• Effort axial • Effort axial
Tableau 3 – Comparaison des caractéristiques • Efforts radiaux • Effort radial R2
R1 et R2
de deux arbres inférieurs • Moment de
Arbre flexion
Arbre
Solutions inférieur Palier sans • Effort radial R1 • Efforts radiaux
inférieur plein qui supporte le R1 et R2
tubulaire
moment de • Effort axial
Diamètre de l’arbre supérieur 60 60 flexion
(Lr = 0,3 m).............................(mm)
Diamètre de l’arbre d’agitation 60 73,02
(La = 3,75 m)...........................(mm) (e = 5,16 mm)
Vitesse critique...................(tr/min) 108 131
Moteur
Réducteur
R1
R2
3. Chaînes cinématiques

3.1 Agitateur

Se reporter à la référence [7]. a montage A

La conception de la chaîne cinématique d’un agitateur peut se


faire de trois façons différentes en fonction de la manière dont les
c montage C
efforts sont repris (tableau 4 et figure 4) :
— on évalue la distance entre les deux paliers R1 et R2 pour obte-
nir un effort radial en R2 le plus faible possible ;
— la butée axiale est souvent combinée avec le palier R1 ;
— la reprise des efforts de flexion par le réducteur (montage A)
n’est généralement pas prévue dans le catalogue des constructeurs
b montage B
de réducteurs.
Figure 4 – Les trois types de montage d’un agitateur

3.2 Entraînement
3.2.1.2 Variateur de vitesse
Dans le domaine de l’agitation, la puissance dispersée par un
Les schémas cinématiques d’entraînement sont donnés sur la mobile varie en fonction du cube de la vitesse de rotation. De plus,
figure 5. son nombre de puissance est fonction du nombre de Reynolds qui
dépend lui-même de la viscosité. Utiliser un variateur de vitesse per-
met d’optimiser la vitesse de rotation en fonction de l’agitation sou-
3.2.1 Moteur haitée pour certaines phases particulières du procédé, du débit de
gaz éventuellement injecté, du cisaillement nécessaire ou maximal,
de l’énergie dissipée ou de la viscosité qui peut évoluer fortement
3.2.1.1 Vitesses de rotation du moteur entre le début et la fin d’une opération.
À de rares exceptions près, le moteur électrique est asynchrone et
répond aux normes CEM quant à sa protection et à celle de son envi- 3.2.1.2.1 Variateur de fréquence
ronnement. La vitesse de rotation la plus courante est 1 500 tr/min, Le moteur électrique peut être alimenté par un variateur électroni-
mais d’autres vitesses peuvent être retenues en fonction du pro- que de fréquence. Plusieurs éléments doivent être pris en compte
blème posé (750 tr/min ou 3 000 tr/min). Plus rarement, il peut être dans le choix du variateur :
prévu à deux vitesses (750/1 500 tr/min ou 1 000/1 500 tr/min), ce
qui apporte une plus grande souplesse au procédé (démarrage en — le couple délivré à basse vitesse par le système électrique ;
phase décantée en petite vitesse, mélange gaz-liquide entraînant de — le refroidissement du moteur, qui exige la présence d’une
grandes différences de puissance entre le fonctionnement en milieu sonde thermostatique au sein du bobinage électrique ;
aéré ou non aéré, viscosité variable entre le début et la fin d’un pro- — l’ajout d’une ventilation forcée, en cas de fonctionnement pro-
cédé). longé à basse fréquence ;

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— une liaison rigide pour les faibles puissances ;


Moteur — un accouplement élastique pour les moteurs « spéciaux » ou
électrique les fortes puissances ;
— une transmission poulies-courroies.
Réducteur Ces dernières sont de moins en moins utilisées car, si elles per-
mettent un changement de la vitesse de rotation, leur maintenance
Tourelle
Moteur est moins aisée et leurs contraintes plus importantes que celles des
électrique Arbre autres types de liaison (tension à vérifier régulièrement, bruit, capo-
supérieur
tage, risque de patinage, d’échauffement...).
Palier
Réducteur La variation mécanique par courroies qui assure également cette
Étanchéité liaison est réservée aux moyennes puissances (< 75 kW) et est de
moins en moins utilisée, pour les mêmes raisons que les courroies
de transmission.
a b Plus rarement, les agitateurs de forte puissance (> 160 kW) peu-
Lubrification vent être équipés d’un coupleur hydraulique permettant de limiter le
de la garniture couple et donc d’éviter d’endommager la mécanique, par exemple
lors d’un démarrage en phase décantée.
Moteur
électrique
Moteur
électrique Réducteur 3.2.3 Réducteur
Dispositif
Réducteur d'extraction Cette pièce maîtresse de la chaîne cinématique a pour rôle princi-
latérale
pal de réduire la vitesse de rotation du moteur, qui est rarement
Tourelle compatible avec la vitesse souhaitée de rotation de l’agitateur. Le
Accouplement réducteur doit également transmettre le couple et, selon les types de
élastique montage, assurer éventuellement la reprise des efforts de flexion
Garniture (tableau 4).
Paliers
mécanique Selon le rapport de réduction voulu, il peut comporter deux, trois
ou quatre trains d’engrenages, à arbres parallèles, perpendiculaires,
à engrenages droits, coniques, hélicoïdaux, planétaires, à vis sans
c d
fin... (voir article techniques de l’ingénieur).
Les pertes thermiques, dues au frottement des pièces en mouve-
a reprise de tous les efforts par le réducteur ment, peuvent être évacuées selon leur importance par convection
naturelle entre la carcasse du réducteur et l’air ambiant, ou extraites
b reprise de l'effort radial par un échangeur externe eau/huile ou air/huile pour les grosses
c le réducteur ne reprend pas d'effort unités.
d dispositif d'extraction de la garniture (le palier En cas d’échange de chaleur externe, un filtre peut être ajouté
de guidage est logé dans le boîtier de la garniture) pour garder une qualité d’huile satisfaisante pour un bon fonction-
nement.
Figure 5 – Chaînes cinématiques d’entraînement
Le facteur de service, rapport entre le couple admissible par le
réducteur et le couple nominal de l’agitateur calculé à partir de la
puissance du moteur, permet d’évaluer la durée de vie moyenne des
— le dimensionnement à couple quadratique ou à couple engrenages selon diverses normes (AGMA, DIN...).
constant.
Il faut toutefois noter que la durée de vie des roulements n’est pas
Ces différentes contraintes peuvent conduire à déclasser la taille prise en compte par ce facteur de service.
du moteur.
Enfin, il est conseillé d’appliquer un facteur de service supérieur à
Exemple : un moteur de 7,5 kW devient un moteur de 5,5 kW. une valeur comprise entre 1,5 et 2 pour les cas courants.
Enfin, un variateur de fréquence n’est pas compatible avec les
moyennes tensions (3 300 V et plus).
3.2.4 Liaison réducteur-arbre
3.2.1.2.2 Variateur mécanique de vitesse
La liaison peut être :
Sa plage de vitesse possible est généralement dans un rapport de — rigide (manchon, frette de serrage, plateau d’accouplement),
1 à 6. lorsque le réducteur doit reprendre les efforts radiaux et axiaux
Ce type de variateur permet un fonctionnement de l’agitateur à (figure 5) ;
couple constant sur la moitié de la vitesse de rotation nominale du — élastique, lorsque le réducteur n’a comme fonction que la
moteur. Il peut être commandé manuellement ou à distance. transmission du couple (figure 5).
Il offre certains avantages, notamment en ambiance dangereuse
car il ne comporte pas d’élément électrique susceptible de générer
des étincelles, mais reste limité aux faibles puissances. 3.2.5 Tourelle de guidage

Cet élément permet :


3.2.2 Liaison moteur-réducteur — la liaison cuve-système d’entraînement ;
— le maintien des paliers de guidage ;
Trois types de liaisons sont généralement utilisées : — l’intégration du dispositif d’étanchéité éventuel.

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Sa conception et son dimensionnement sont primordiaux, car cet ■ Presse-étoupe


élément doit résister à tous les efforts précédemment décrits. Le presse-étoupe résiste aux pressions moyennes, mais n’est pas
Une tourelle de guidage comporte plusieurs pièces d’usure (rou- totalement étanche. En effet, il peut présenter un taux de fuite,
lements, accouplement élastique, étanchéité) et son accessibilité même à faible pression, qui le rend inutilisable avec des produits
doit être aisée. De plus, elle peut être pourvue d’un dispositif dangereux.
d’extraction latérale du système d’étanchéité, sans dépose de l’agi- Il est de moins en moins utilisé et est souvent remplacé par des
tateur. garnitures mécaniques.
■ Garniture mécanique simple
3.2.6 Dispositifs d’étanchéité Ce type de garniture est parfait pour la tenue en dépression et à
des pressions inférieures à 5 ou 6 bar. Stérilisable, disponible en
Se reporter à la référence [3] une ou deux parties, pour un montage et démontage simples, elle
La présence d’un arbre en rotation requiert une étanchéité dyna- présente de nombreux avantages. Son prix de revient est compara-
mique qui peut être imposée par : ble à celui d’un presse-étoupe.
— une pression opératoire différente de la pression ■ Garniture mécanique double
atmosphérique ;
Elle offre une étanchéité parfaite, mais reste coûteuse et est sensi-
— une température proche de la température de vaporisation du ble aux flexions de l’arbre. Elle est souvent proposée en cartouche
mélange ; avec roulement de guidage intégré. Elle est refroidie par un liquide,
— des produits nocifs pour l’environnement du réacteur ; compatible avec le produit, circulant pour les faibles pressions,
— des produits exigeant une isolation vis-à-vis du milieu exté- grâce à la convection naturelle. Il existe aussi des garnitures
rieur (atmosphère stérile, inertage pour éviter l’oxydation, etc.). mécaniques doubles sans liquide de barrage, dont la contre-pres-
Le tableau 5 rassemble les principales étanchéités utilisées et sion est assurée par de l’azote. Aux pressions supérieures à 15 bar,
leurs tenues moyennes. le fluide de refroidissement doit circuler au moyen d’une pompe qui
peut être intégrée à une centrale hydraulique de lubrification.
(0)
■ Entraînement magnétique
Tableau 5 – Principaux types d’étanchéité utilisés Il est réservé aux faibles couples à transmettre et est surtout uti-
lisé pour les arbres courts. L’étanchéité est statique car l’arbre d’agi-
Pression Température Lubrification/ tation est, à son extrémité, enfermé dans une cloche.
Étanchéité
(MPa) (˚C) refroidissement Cet entraînement a un coût qui dépend essentiellement du couple
Garde − 0,02 à < 120 Liquide compatible à transmettre par les aimants tournants autour de la cloche, mais il
hydraulique + 0,02 avec le produit reste une excellente solution pour des pressions élevées (plusieurs
centaines de bars) ou une étanchéité absolue.
Joint à lèvre − 0,02 à < 150 Sans
0,02
Presse-étoupe − 0,09 à 2 < 250 Sans ou avec double
enveloppe 4. Arbre
Garniture − 0,1 à 0,6 < 150 Sans
mécanique
simple > 150 Écran thermique
La ligne d’arbre comprend :
Garniture − 0,1 à 1,5 < 220 Thermosiphon ou — un arbre guidé, dit arbre supérieur, sur lequel repose les
mécanique contre-pression roulements ;
double azote — un arbre inférieur sur lequel est fixé le mobile.
220 < T < 320 Thermosiphon +
joints spéciaux +
écran thermique
Garniture − 1 à 100 < 220 Centrale hydraulique
4.1 Arbre supérieur
double
ou triple > 220 Centrale hydraulique
+ joints spéciaux + C’est le diamètre de cet arbre qui est pris en compte pour la
écran thermique reprise des efforts. Pour les arbres courts (< 2 m environ), la ligne
Entraînement − 0,1 à 25 < 250 Double enveloppe d’arbre peut être composée d’un seul arbre. Cependant, pour des
magnétique commodités d’installation, la ligne d’arbre comporte généralement
deux parties.

■ Garde (ou joint) hydraulique


La garde (ou joint) hydraulique n’a pas de partie frottante, elle ne
4.2 Arbre inférieur
s’use donc pas et ne demande qu’une surveillance du niveau liquide
assurant l’étanchéité.
L’arbre inférieur tubulaire permet un gain appréciable de poids et
De coût assez faible, elle est une alternative intéressante pour des d’augmenter ainsi la vitesse critique. Il est sélectionné avec un
cuves utilisées sous pression atmosphérique. moment d’inertie I0 au moins égal à celui de l’arbre supérieur. Plus
le tronçon d’arbre considéré est éloigné du point de guidage (R),
■ Joint à lèvre moins l’effort de flexion est grand. Il est donc parfois utile de réduire
Ce système est peu coûteux, mais son remplacement peut la section de cette portion, tout en conservant une contrainte raison-
nécessiter la dépose de l’arbre d’agitation. Il est utilisé à des pres- nable dans l’arbre, afin d’augmenter la vitesse critique dans des cas
sions proches de la pression atmosphérique. de détermination mécanique difficiles.

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4.3 Palier de fond de cuve ■ Mobiles soudés sur l’arbre


Cette solution est la plus simple, mais est réservée aux petits
mobiles, les cuves permettant rarement un passage de mobile supé-
Lorsque les arbres sont longs (> 5 m), il est possible d’ajouter en rieur à 600 mm.
extrémité d’arbre un guidage, dit palier fond de cuve. L’arbre est
ainsi guidé aux deux extrémités, ce qui autorise un diamètre plus ■ Pales boulonnées sur des platines soudées sur l’arbre
petit de l’arbre supérieur. On utilise cet artifice lorsque la flèche en
bout d’arbre est jugée trop importante ou lorsque la vitesse de rota- Les pales sont démontables, mais cette solution ne permet pas de
tion est élevée (problème de vitesse critique). Cela permet une alter- modifier la position du mobile sur l’arbre.
native économique à un agitateur suspendu. Le guidage est réalisé
■ Mobile monté sur moyeu en deux, trois ou quatre parties
par une bague ou un coussinet fait dans un matériau compatible
avec le produit, dont le couple formé avec la partie frottante de C’est la solution la plus polyvalente, car le mobile peut être
l’arbre (chemise) dépend du caractère abrasif du milieu (matériau déplacé le long de l’arbre. Le moyeu est pincé sur l’arbre et l’entraî-
plus tendre ou plus dur que le milieu). nement peut être assuré par serrage des boulons ou par clavette. Le
choix du type de fixation dépend de l’application étudiée (le mon-
En présence de solides, il est possible de choisir une conception
tage par clavette peut conduire à des rétentions de produit).
plus complexe intégrant l’injection, dans le palier, d’un liquide com-
patible avec le produit, ce qui empêche toute infiltration de particu-
les dans le palier et permet donc d’augmenter sa durée de vie.
5.3 Matériau de construction
4.4 Palier antidébattement
Le matériau de construction du mobile doit avant tout être com-
patible avec le milieu. Les produits à mélanger pouvant être comple-
xes, la détermination du matériau n’est généralement pas une
Ce palier, plus simple dans sa conception que le « palier de fond
décision du constructeur, mais plutôt de l’utilisateur de l’agitateur
de cuve » ne comporte aucune pièce en contact en permanence
qui a l’expérience de ses produits. L’étendue de la gamme de maté-
avec l’arbre d’agitation ni de pièces d’usure. Il permet de limiter la
riaux est large, mais il est possible d’effectuer un choix en tenant
flèche en bout d’arbre pour les grandes longueurs.
compte des éléments suivants :
Il existe un jeu (5 à 10 mm) entre l’arbre et le palier. Il évite ainsi le — disponibilité du matériau selon les épaisseurs et les quantités
fléchissement de l’arbre au-delà du jeu choisi entre l’arbre et la requises ;
bague.
— caractéristiques mécaniques permettant de diminuer les épais-
Cependant, le calcul du diamètre d’arbre ne prend pas en compte seurs, donc le poids ;
ce « palier ». — efficacité des revêtements contre la corrosion, ces derniers
étant sensibles à la température et à l’abrasion et d’un emploi limité
pour les cuves sous pression (étanchéité dynamique délicate à
obtenir) ;
5. Mobiles — traitement de surface pour durcir le matériau ;
— utilisation de plus en plus fréquente du titane.

5.1 Calcul de l’effort radial sur un mobile


6. Puissance dissipée
Un mobile d’agitation comporte généralement quatre à six pales.
Il n’y a pas de règle universelle de calcul concernant l’estimation de
et couple
l’effort radial engendré par un mobile d’agitation. Ainsi, selon les
constructeurs, l’effort radial peut être réparti de manière identique
entre les différentes pales (cas d’un système bien équilibré en milieu 6.1 Mesure de la puissance dissipée
homogène) ou appliqué sur une seule pale (cas extrême, mais envi-
sageable, d’un milieu hétérogène, de prise en masse du mobile
dans le milieu agité ou de dénoyage du mobile lors du remplissage
ou de la vidange, etc.). En outre, le point d’application de la force Se reporter à la référence [3].
peut aussi varier entre le milieu et le bout de pale. Par expérience, le La mesure de la puissance dissipée exige quelques précautions.
point d’application le plus réaliste semble être situé entre les 2/3 et En effet, on distingue :
les 3/4 du diamètre. Toutefois, cette détermination du point d’appli-
cation est complexe, car elle dépend de la forme du mobile dont la — la puissance consommée relevée au compteur : c’est la puis-
géométrie peut être « originale ». sance payée par l’utilisateur qui peut être éloignée de la valeur de la
puissance nécessaire aux mobiles (rapport de 1 à 3 environ) ;
— la puissance délivrée en bout d’arbre moteur : valeur nominale
de la puissance du moteur. Elle est déduite de la puissance consom-
5.2 Fixation des mobiles mée à laquelle on retranche les rendements mécaniques et électri-
ques du moteur (cos Φ et ρm) ;
— la puissance dissipée par les mobiles sous forme d’énergie
La fixation des mobiles sur l’arbre dépend du type du mobile con- thermique est la puissance délivrée en bout d’arbre moteur, déduc-
sidéré (turbine à disque, ancre, hélice...), de l’utilisation de l’agita- tion faite de la puissance perdue dans les organes de transmission
teur (polyvalence, fonctionnement à niveau variable ou constant) et (poulies-courroies, réducteur, etc.) et des pertes par frottement de
du matériau (revêtement ou non). l’éventuel dispositif d’étanchéité.

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6.2 Mesure de couple ■ Mesure par jauges de contrainte

Il existe plusieurs types de jauges de contrainte disponibles :


La valeur du couple résistant de l’agitateur peut être, dans certai-
nes circonstances, un reflet de la viscosité (régime laminaire) et sa — les jauges de contrainte directement collées sur l’arbre : elles
mesure permet souvent de suivre l’évolution d’une réaction chimi- sont fiables et permettent des mesures de forces radiale et axiale,
que (exemple : polymérisation).
mais sont réservées au domaine de la recherche ;
■ Mesure de l’intensité du moteur
Peu précise (plus ou moins 30 % pour les puissances moyennes) — les jauges de contrainte montées sur une portion d’arbre, dont
celle-ci impose la mesure du facteur de puissance et la connais- les extrémités sont pourvues d’un accouplement élastique, car elles
sance du rendement mécanique et électrique du moteur, du rende- ne supportent pas d’effort radial ni axial. Leur coût et la difficulté
ment du réducteur et les pertes par frottement du dispositif
d’interprétation des mesures rendent leur emploi dans l’industrie
d’étanchéité éventuel. La mesure effectuée par un variateur de fré-
quence est encore plus aléatoire, car la forme du courant sortant peu fréquent.
n’est pas sinusoïdale.
■ Mesure de l’intensité grâce à un variateur de fréquence Les principaux constructeurs sont : Agitec, Chemineer Ltd.,
Les variateurs de fréquence sont aujourd’hui de véritables calcu- Ekato. Lightnin Mixers, Lumpp S.A., Mixel S.A., Missenart-Quint
lateurs et la mesure du couple est alors aisée et précise s’il a été éta- Industries, Pompes et Mélangeurs Michel Sarrazin PMS, Robin
lonné. Industries.

Références bibliographiques

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Research Association). neering Equipment Users Association 20, [7] PERDRIAT (J.C.). – Définition mécanique des
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