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M2 EPI parcours EEDS

L'U.E. Stage/mémoire universitaire


M2EPI404

Mémoire universitaire de stage

L’impact environnemental du numérique

Soutenu par : Lorenzo Barrera


en : Octobre 2021
sous la direction de : Vincent Geronimi

Le stage a été réalisé :

au sein de : Voirin Consultants

du 04 /04/2021 au 04/10/2021
sous la responsabilité de : Fabien Hild

cachet de l’organisme et signature du tuteur entreprise (OBLIGATOIRE)

Année universitaire 2020-2021


2
Remerciements :

Je voudrais remercier premièrement à ma famille et mes proches pour leur soutien


pendant ma dernière année d’études.

Je tiens aussi à remercier Quentin Hellec, Julien Jecker et Fabien Hild, ainsi qu’à toute
l’équipe de Voirin Consultants, pour m’avoir aidé avec ses conseils et sa disponibilité
en plus de m’avoir donné l’opportunité de travailler chez eux.

De même je suis très reconnaissant de l’accompagnement de tous les professeurs à


l’UVSQ notamment monsieur Geronimi, monsieur Cartier-Bresson et monsieur
Poitelon.

3
Abréviations
ACV Analyse du cycle de vie
ADEME Agence De l'Environnement et de la
Maitrise d'Energie

CGE Conseil Général de l’économie


DEEE Déchets d'équipements électriques et
électroniques
EPEAT Electronic Product Environmental Assesment Tool

GEN Global Ecolabelling Network

GES Gas à effet de serre

INR Institut Numérique Responsable

ISO International Organization for


Standarization
NR Numérique responsable

TIC Technologies de l’Information et de la


Communication
UIT Union Internationale des
Télécommunications

4
Résumé

Le secteur numérique est reconnu comme une source de développement économique


et social et depuis quelques décennies, tous les pays du monde traversent la transition
numérique. Cette transition s'est accompagnée d'une forte augmentation de la
quantité d'équipements vendus et de leur usage. Cela a conduit différentes
organisations à s'interroger sur l'impact environnemental du numérique et à repenser
l'usage que nous en faisons dans notre vie quotidienne. A partir de ces réflexions, nous
cherchons à arriver à un "Numérique Responsable", qui prend en compte les différents
impacts qu'il peut avoir sur l'environnement. Dans cette étude, nous chercherons les
complexités que cache la transition numérique, en donnant des éléments de définition
pour mieux comprendre les enjeux du sujet. Nous aborderons également les initiatives
prises ces dernières années pour quantifier l'impact environnemental du numérique,
car pour réduire notre empreinte, il faut d'abord la mesurer. Enfin, nous donnerons
quelques conseils pour réduire notre empreinte environnementale à différentes
échelles et proposerons un guide des bonnes pratiques à adopter pour être
responsable sur le plan environnemental.

Mots-clés : Numérique, empreinte environnementale, bonnes pratiques, transition


numérique, Numérique responsable

Abstract

The digital sector is recognized as a source of economic and social development and
for the past few decades, all countries in the world have been going through the digital
transition. This transition has been accompanied by a sharp increase in the quantity of
equipment sold and its use. This has led various organizations to question the
environmental impact of digital technology and to rethink the way we use it in our
daily lives. From these reflections, we seek to arrive at a "Responsible Digital", which
takes into account the different impacts it can have on the environment. In this study,
we will look for the complexities hidden in the digital transition, giving elements of
definition to better understand the stakes of the subject. We will also discuss the
initiatives taken in recent years to quantify the environmental impact of digital
technology, because to reduce our footprint, we must first measure it. Finally, we will
give some advice on how to reduce our environmental footprint at different scales and
propose a guide of good practices to be environmentally responsible.

Keywords: Digital, environmental footprint, best practices, digital transition,


responsible digital

5
Sommaire

I. LES DIFFERENTES DEFINITIONS AUTOUR DU NUMERIQUE REPSONSABLE.....................................


1. TIC ET GES : DIFFERENTES DIMENSIONS POSSIBLES...................................................................
2. GREEN IT : UNE EXPRESSION DUALE...........................................................................................
3. DIFFERENTS CONCEPTS POUR ARRIVER AU NUMERIQUE RESPONSABLE.................................
II. ETAT DE L’ART DU NUMERIQUE RESPONSABLE...........................................................................
1. LES DIFFERENTES REGLEMENTATIONS ET NORMES.................................................................
2. MESURER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU NUMERIQUE....................................................
3. UNE META-ANALYSE DE L’IMPACT ENVIRONNEMENTALE DU NUMERIQUE............................
4. UNE MANQUE DE CONSCIENCE DE L’IMPACT DU SECTEUR.....................................................
III. REDUIRE SON EMPREINTE ENVIRONNEMENTALE....................................................................
1. LES LABELS ET ETIQUETTES ENVIRONNEMENTAUX..................................................................
2. DES LEVIERS D’ACTION A DIFFERENTES ECHELLES....................................................................

6
Introduction

Voirin Consultants est un cabinet de conseil en management qui se centre autour de


quatre grands domaines de compétences : l’organisation digitale, la transformation des
organisations et conduite du changement, l’organisation collaborative et le management
par projet. Ils accompagnent les acteurs publics et privées dans leurs transformations,
qu’elles concernent les évolutions technologiques, les nouvelles formes de travail et
d’organisation, ou les nouvelles exigences de compétitivité et de performance. C’est un
cabinet qui exprime son engagement pour le développement durable en cherchant à se
tenir au courant des tendances les plus récentes dans ce domaine. Ils considèrent que
depuis quelques années, l'impact environnemental du numérique est une préoccupation
croissante de leurs clients et même au sein du cabinet.

En effet, au cours des dernières décennies, nous avons connu l'explosion du secteur
numérique. La production d'équipements, ainsi que leur utilisation, se sont fortement
multipliées, faisant de ce secteur un contributeur majeur à la facture énergétique
mondiale mais aussi aux émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde. Cela en
fait un sujet d'attention important depuis le 2007, quand le groupe Gartner (2007) a
indiqué que l’impact du secteur numérique représentait 2% des émissions de GES du
monde, l’équivalent à ce qui pollue l’industrie aérienne. En plus, avec les
problématiques environnementales actuelles les citoyens et les organismes sont poussés
à se demander comment ils peuvent diminuer leur empreinte.

Aujourd’hui, l’ADEME (Agence De l'Environnement et de la Maitrise d'Energie)


(2021) rapporte que les nouvelles technologies consomment 6 à 10% de l’électricité de
la planète et qu’ils sont responsables de 4% des émissions de GES. La consommation
énergétique du numérique est en forte croissance depuis quelques années du fait de
l’augmentation du nombre d’utilisateurs. Selon le Shift Project (2018), la consommation
énergétique du numérique a cru annuellement d’environ 9 % depuis 2015. À titre de
comparaison, la pollution annuelle du numérique, équivaut à la pollution de tout le
secteur aérien, soit environ 116 millions de tours du monde en voiture. Cela équivaut à
82 millions de radiateurs électriques allumés en permanence.

7
En somme, si le numérique était un pays, il aurait entre 2 et 3 fois l’empreinte
écologique de la France. D’après des estimations, l’univers numérique aura multiplié sa
taille par 5 entre 2010 et 2025 1, ce qui explique les préoccupations des citoyens comme
des gouvernements et des organisations. Cependant, la multiplication des équipements
et des usages montre que le numérique est devenu incontournable dans nos vie. Nous
usages augmente de plus en plus et les avancements technologiques ne s’arrête pas. En
tenant compte de problématiques environnementales actuelles, on peut se demander :
Comment peut-on réduire notre empreinte environnementale tout en restant dans les
enjeux de la transition numérique ?

En effet, pour répondre à cette question, nous devons savoir quel est notre empreinte
environnementale pour pouvoir la réduire. En parlant de l’empreinte on peut se
demander quels sont nos différents impacts avec l’utilisation des produits ? Avec l’achat
des nouveaux équipements ? Comment peut-on les mesurés ? Que se passe-t-il avec les
équipements qu’on n’utilise plus ? De même, si on se place sur la transition numérique
cela implique l’adoption du numérique dans la vie quotidienne, dans ce cas on peut se
demander comment être responsable avec nos usages, avec nos achats… Existe-t-il du
numérique qui soit responsable ?

Afin de répondre à ces questions, nous adopterons une approche en trois parties. Dans la
première partie, nous tenterons de donner les définitions qui tournent autour du
numérique et de l’environnement pour définir notre approche. Dans la deuxième partie,
nous verrons comment calculer l’empreinte environnementale du numérique en nous
basant sur des normes internationales et sur des études qui ont développés différentes
méthodologies. Nous comparerons ensuite ces études pour avoir une vision générale de
l’impact du numérique et nous conclurons cette partie par souligner les problèmes qui
existent en termes de calculs et de méthodologie pour le calcul de l’empreinte
environnementale du numérique. Finalement, nous donnerons quelques conseils sur la
façon de réduire l'empreinte environnementale. Nous porterons une analyse à différentes
échelles et pour l'accompagner nous ferons un guide des bonnes pratiques à adopter qui
nous semblent pertinentes pour pouvoir réduire notre empreinte environnementale.

1
Les chiffres évoquaient au début de ce paragraphe et à la fin du précèdent sont issus de Empreinte
environnementale du numérique mondial. GreenIT.fr, 2019

8
I. LES DIFFERENTES DEFINITIONS AUTOUR DU NUMERIQUE
REPSONSABLE

1. TIC ET GES : DIFFERENTES DIMENSIONS POSSIBLES

Le secteur numérique a connu aussi une grande ampleur du fait du développement des
nouvelles technologies. Pour bien se placer on va donc définir ce qu’on comprend
quand on parle du secteur numérique. Dans notre étude nous allons utiliser l’expression
des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), qui est souvent
utilisée dans la littérature. Selon la définition adoptée par l’OCDE (2007), le secteur des
TIC couvre les branches suivantes de l’économie:

- Fabrication de produits informatiques, électroniques et de supports magnétiques


et optiques ;
- Commerce de gros équipements informatiques et de communication ;
- Édition de logiciels ;
- Télécommunications ;
- Programmation, conseil et autres activités informatiques ;
- Traitement des données, hébergement et activités connexes, portails web ;
- Réparation d’ordinateurs et d’équipements de communication

Il s’agit donc d’un secteur très large qui regroupe de nombreuses activités. Lorsque nous
nous penchons sur les définitions que l’on trouve dans ce secteur, notamment sur celles
qui couvrent les problématiques sociales, environnementales et économiques, nous
constatons qu’il existe de nombreuses subtilités en matière de sémantique. Le secteur
des TIC, étant en constante évolution, cela rend plus difficile d’avoir des définitions
robustes. Le constat actuel en matière d’environnement et de TIC se traduit par deux
concepts miroirs : d’une part, nous considérons les TIC comme une solution et, d’autre
part, comme un problème. En effet, dans certains cas, ce secteur peut contribuer à
réduire notre impact sur l’environnement alors qu’à l’inverse, il peut aggraver notre
empreinte écologique. Pour mieux cerner ces deux angles d’étude possibles,

9
commençons par définir les différentes émissions de GES qui peuvent avoir lieu pour
ensuite passer aux concepts les plus couramment utilisés.

En effet, le manque de définitions standardisées pose des problèmes lors des discussions
sur l’impact environnemental, donc dans un premier temps il faut faire la différence
entre les différents types d’émissions que peut émettre le secteur numérique.
L’ADEME2 divise les émissions de GES en 3 scopes différents :

- Emissions directes : Ce sont les émissions qui viennent détenues ou contrôlées


directement par l’organisme en question. Dans cette catégorie on trouve par
exemple les émissions par la combustion des sources fixes et mobiles de
l’organisme, les émissions des ruminants pour les agriculteurs, les émissions
d’une voiture pour un ménage…
- Emissions indirectes : Ce sont les émissions indirectes associées à la production
d’électricité, de chaleur ou de vapeur importée pour les activités de l’organisme.
- Autres émissions indirectes : Ce sont les autres émissions indirectement
produites par les activités de l’organisation. Nous voyons dans cette catégorie
l’achat des matières premières, de services ou autres produits, les déplacements
des salariés, le transport amont et aval des marchandises, la gestion des
déchets…

Certaines émissions elles peuvent être directes pour un acteur et indirectes pour un
autre. Nous avons le cas des émissions liées à l’utilisation des voitures par les salariés,
ces émissions sont directes pour les ménages mais indirectes pour les entreprises
automobiles par exemple. En effet, en regardant les émissions directes des équipements
on arrive à une vision limitée de la responsabilité environnementale des organismes ce
qui nous amène à adopter une vision plus globale pour identifier des leviers d’action
efficaces. Cependant, la quantification et l’identification des impacts du scope 3 sont
parfois compliqué à obtenir. Dans plusieurs cas, ce n’est pas facile d’avoir une mesure
du vrai impact, du fait du manque de transparence lors de la comptabilité de l’impact
dans la phase de production des équipements. Dans l’étude du CGE (2019) ils évoquent
le cas de la Chine et du manque de transparence de l’énergie consommée dans quelques
2
ADEME - Site Bilans GES

10
usines de production d’équipements électroniques en grande série mais on verra plus en
détail les différentes émissions dans la partie suivante. Maintenant, on va définir les
concepts qu’englobe le numérique quand on parle d’une responsabilité
environnementale. On va commencer par le terme le plus couramment utilisé.

2. GREEN IT : UNE EXPRESSION DUALE

Le terme Green IT est couramment utilisé dans la littérature, c’est un terme très ample
et sa définition ne fait pas consensus d’un point de vue académique. En se basant sur les
deux angles d’étude mentionnés auparavant, on peut parler de Green (for) IT et d’IT for
Green. Le premier est un terme qui a commencé à prendre corps en 2007 lorsque le
groupe Gartner (2007) propose une des premières définitions en la matière :
« l’utilisation optimale des TIC pour gérer la durabilité environnementale des opérations
de l’entreprise et de la chaîne d’approvisionnement, ainsi que celle de ses produits,
services et ressources, tout au long de leur cycle de vie. »3

2.1. Green (for) IT

Cette définition a connu quelques changements et fait désormais partie intégrante de


celle du développement durable. En 2009, Frédéric Bordage, de la communauté
GreenIT.fr  travaillant sur l’analyse des impacts environnementaux du numérique en
France, a tenté de définir les différents termes associés à ce sujet et a établi un glossaire
sur le propos en s’appuyant sur différentes études. Sa définition de Green (for) IT, qu’il
appelle aussi Green IT 1.0, est la suivante : « Démarche d’amélioration continue qui
vise à réduire l’empreinte écologique, économique et sociale des technologies de
l’information et de la communication »4. Cette notion se concentre donc exclusivement
sur la diminution des impacts du numérique.

Pour illustrer cette notion, on parlera des différentes initiatives et réglementations déjà
existantes dans les prochaines parties, mais elles regroupent des réglementations
européennes pour minimiser les substances dangereuses utilisées dans les TIC et pour
améliorer la collecte de déchets. De même, l’apparition de différents labels cherche à
aider aux consommateurs à faciliter l’achat de leurs équipements. Différentes
3
Green IT, définition : https://www.greenit.fr/definition/
4
Voir note de bas de page 3

11
entreprises et organisations engagées dans la réduction de l'impact environnemental du
numérique ont également contribué, par le biais de différents rapports et études, à créer
des stratégies et des conseils pour la réduction de l'impact environnemental du
numérique. Nous détaillerons dans les prochaines parties les différentes stratégies pour
réduire les impacts, comme par exemple prolonger la durée de vie des équipements
électroniques. La durée de vie d'un ordinateur a été divisée par trois entre 1985 et 2015,
passant de 11 à 4 ans.5 Pour faire face à ce problème, nous devons essayer d'encourager
la réparation, la réutilisation et le recyclage pour les consommateurs et la réparabilité et
la modularité des nouveaux équipements pour les fabricants. Dans ces cas, on cherche à
réduire notre empreinte du numérique en passant par notre prise de conscience des
problématiques environnementales, mais le secteur numérique a un caractère dual et il
peut être aussi utilisé comme une solution pour réduire l’empreinte environnementale.

2.2. IT for Green

Le concept des TIC comme solution s’est popularisé en 2009, surnommé Green IT 2.0
par la Forest Research.6 Ils le définissent comme une « démarche d’amélioration
continue qui vise à réduire l’empreinte économique, écologique et sociale d’un produit
ou d’un service, grâce au numérique », c’est « la réduction des impacts ‘métiers’ grâce
aux TIC ». Aussi appelée éco-innovation de rupture, cette démarche s’appuie sur la
(re)mutualisation (par exemple : les voitures partagées) et la gestion par exception
(collecte des données d’usage, pour éviter la surconsommation d’énergie par exemple).
Les TIC sont donc mis à la disposition de la démarche de réduction de l’impact
environnemental.

En effet, quelques premières grandes études internationales mettaient en avant le


caractère avantageux des TIC pour pouvoir réduire notre empreinte environnementale.
Notamment, l’un des précurseurs était l’étude SMART2020 (2008) qui estimait qu’en
2020 le secteur des TIC représenterait 3 % des émissions totales dans le monde. Or, au
même temps les TIC permettraient à d’autres secteurs et consommateurs de parvenir à
éviter des émissions de CO2 estimées à 7,8 gigatonnes. Cela représente 15 % des
émissions mondiales totales prévues, soit cinq fois le propre empreint des TIC. En

5
Benchmark numérique responsable. Club Green IT, 2017.
6
Mapping IT’s Green Opportunities, Christopher Mines, Forrester Research, 2009

12
outre, l'application de solutions TIC à des secteurs tels que l'énergie, les bâtiments, les
transports et le commerce peut permettre d'économiser jusqu'à 600 milliards d'euros et
de créer 15 millions d'emplois verts dans le monde depuis que l’étude a été faite
jusqu’au 2020 grâce à des opportunités comme :

- Systèmes de moteurs intelligents : la réduction de la consommation d’électricité


grâce à l’optimisation des moteurs et de l’automatisation
- Logistique intelligente : l’amélioration de l’efficacité des transports et du
stockage
- Bâtiments intelligents : l’amélioration de l’efficacité des espaces de vie et de
travail
- Réseaux électriques intelligents : l’amélioration de l’efficacité des réseaux
électriques
- Dématérialisation : la dématérialisation de nos modes de vie et de travail par le
remplacement d’objets et d’activités physiques par des alternatives électroniques
ou virtuelles

Dans la version actualisée de l’étude, SMARTer2030 (2015), ils estiment que pour
l’année 2030 les TIC peuvent permettre une réduction de 20 % des émissions mondiales
de CO2 en maintenant les émissions au niveau de 2015.

3. DIFFERENTS CONCEPTS POUR ARRIVER AU NUMERIQUE RESPONSABLE

3.1. La Sobriété Numérique et l’éco-conception

Pour adopter une dimension plus systémique qu’on ne retrouve pas dans le concept de
Green IT, on peut parler de sobriété numérique. Cette expression proposée par Fréderic
Bourdage dans le cadre du collectif Greenit.fr désigne « une démarche qui consiste à
concevoir des services numériques plus sobres et à modérer ses usages numériques
quotidiens ». Dans le rapport de The Shift Project (2020), ils assurent que la sobriété
comprend aussi un aspect comportemental fort. D’un point de vue micro, avec une
vision d’optimisation à plus court terme, la réduction de l’empreinte environnementale
peut se faire pendant tout le cycle de vie des services et produits numériques, de leur

13
production à leur fin de vie, en passant par leur usage. D’un point de vue macro, avec
une vision d’arbitrage et de choix structurants à plus long terme, on cherche alors à
modérer les usages et la démultiplication des équipements. La sobriété a donc deux
volets qui sont au cœur de la démarche de conception responsable des services
numériques en plus d’être aussi au sein des démarches Green IT des organisations.

Comme nous l’avons mentionné, la sobriété numérique couvre un volet de « conception


numérique responsable », terme qui s’est popularisé à partir de 2014 avec le terme
d’« écoconception ». Ici, c’est une « démarche qui consiste à intégrer la performance
environnementale et sociale dès la conception d’un produit ou d’un service
numérique ».7 Cette conception peut se faire à l’échelle d’un projet, d’un produit ou
d’un service numérique et elle est définie par les normes ISO (International
Organization for Standarization) 14006 et ISO 14062. L’ISO est une organisation non
gouvernemental qui publie des normes internationales dans plusieurs domaines, compris
le secteur numérique. Nous rentrerons plus en détail sur les normes ISO et sur
l’écoconception dans les parties suivantes.

3.2. Le Numérique Responsable

Ainsi, le terme de « numérique responsable » regroupe les différents démarches et


périmètres mentionnés auparavant.  Plus précisément, il désigne « l’ensemble des
technologies de l’information et de la communication dont l’empreinte économique,
écologique, sociale et sociétale a été volontairement réduite et / ou qui aident l’humanité
à atteindre les objectifs du développement durable. »8 C’est ce terme que nous
utiliserons au long de notre étude car il couvre les différents volets du développement
durable et inclut le volet sociétal qui est primordial pour réduire notre empreinte à
l’échelle des organisations.

II. ETAT DE L’ART DU NUMERIQUE RESPONSABLE

1. LES DIFFERENTES REGLEMENTATIONS ET NORMES

7
Green IT, définition : https://www.greenit.fr/definition/
8
Voir bas de page 7

14
Selon le rapport du CGE (2019), les premières réglementations liées au numérique
responsable étaient plutôt portées sur la consommation électrique de certains produits et
appareils, c’est-à-dire sur des spécificités que devaient respecter les équipements lors de
leur utilisation, notamment les téléviseurs et les ordinateurs. Ces réglementations ne se
concentraient pas sur les usages ni sur le « carbone importé » (empreinte
environnementale liée aux phases d’extractions des matières premières et de fabrication
des équipements), qui pourtant représentent plus de 80% de l’empreinte totale d’un
smartphone par exemple. Pour faire face à ce manque, des normes plus récentes telles
que les normes UIT et ISO ont adopté une approche globale qui inclut le calcul des
étapes de production et de fin de vie des produits, en plus de guider les organisations
vers des processus ou des systèmes plus respectueux de l’environnement. Cependant, la
mesure du véritable impact environnemental se heurte à un manque de transparence de
certains acteurs de la chaîne de production des équipements. Dans le rapport du CGE
figure notamment le cas de la Chine et du manque de transparence sur les données de
l’énergie consommée dans les usines de production de grandes séries de produits.

Dans cette sous partie nous verrons comment ces normes influencent le secteur des TIC
et l’organisation interne des entreprises et collectivités. Une norme est un référentiel
mis en place par des organismes publics ou privés qui « fournit des recommandations
sur la conception, l’utilisation ou la performance des produits, processus, services,
systèmes ou personnes ».9 Elle a pour objectif la standardisation réglementaire à une
échelle nationale ou internationale. Nous allons ici nous intéresser aux normes de
l’Union Internationale de Télécommunications (UIT) et d’ISO qui ne sont pas
obligatoires mais constituent des recommandations reconnues au niveau international.

1.1. Les normes UIT

D’un côté, l’UIT10 propose des normes mondiales qui s’appliquent aux réseaux et aux
services basés sur les TIC. Elles permettent l'interconnexion et l'interopérabilité entre
les équipements et les dispositifs TIC. Plus de 300 normes sont publiées chaque année
9
COPOLCO (iso.org)
10
Recommandations de l'UIT-T (itu.int)

15
et sont le résultat d'un travail de normalisation visant à instaurer une collaboration
internationale afin que toutes les parties prenantes puissent faire entendre leur voix
(entités du secteur privé, établissements universitaires, instituts de recherche). L’UIT
travaille en étroite collaboration avec l’industrie pour minimiser l’empreinte carbone
des TIC mais aussi du secteur des communications électroniques.

L’Arcep (2020) participe avec l’UIT-T dans la commission d’études 5 (SG5) où ils
cherchent à comprendre l’adaptation du secteur numérique aux problèmes
environnementaux. En plus, la commission a entrepris des travaux qui visent mettre en
place des méthodologies pour utiliser les TIC écologiquement. Par exemple, la norme
UIT L.1400 cherche à mettre en place les principes généraux des méthodologies pour
ensuite effectuer des évaluations de l’empreinte environnementale des TIC 11. Ils ont fait
aussi la norme UIT L.145012 qui porte sur l’évaluation de l’empreinte du numérique en
proposant différentes méthodes d’évaluation de l’impact environnemental du secteur
des TIC. Elle est constituée de deux parties : la première propose une méthode de calcul
d’émission de GES sur le cycle de vie, la deuxième présente une méthodologie de
définition d’un budget d’émissions de GES pour le secteur des TIC sur la base d’une
trajectoire d’augmentation de la température moyenne de l’atmosphère de 2ºC ou
moins. Cette norme cherche à créer un cadre et une méthode pour le calcul de l’impact
des TIC afin d’améliorer la précision des calculs en plus de les standardiser pour
pouvoir faire des comparaisons entre différents études plus facilement.

1.2. Les normes ISO

De l’autre côté, l’ISO13 est un organisme international qui regroupe des représentants
des différents pays du monde. Ils créent des normes internationales principalement dans
les domaines industriels et commerciaux. Ces normes sont utilisées par tout type
d’agent économique, tels que des acteurs du secteur privé ou des entités
gouvernementales. Les différentes familles de normes ISO permettent de définir et de
guider les organismes pour leur calcul de leur empreinte environnementale. Nous

11
L.1400 : Overview and general principles of methodologies for assessing the environmental impact of
information and communication technologies (itu.int)
12
L.1450 : Méthodologies d'évaluation de l'impact environnemental du secteur des technologies de
l'information et de la communication (itu.int)
13
ISO - À propos de l'ISO

16
pouvons constater deux familles de normes ISO qui tournent autour le calcul de
l’impact environnemental :
- La famille des normes ISO 1400014 et 14040 qui se centrent sur les systèmes de
management environnementaux et qui prennent en compte les empreintes
eau (14046) et carbone (14047) des produits et services.
- La norme ISO 50 00115 vise à mettre en place et à maintenir un système de
management de l’énergie. Grâce à cette norme, les entreprises peuvent connaître
et maîtriser leur consommation et leur impact énergétique.

Dans ces familles, la norme ISO 14040 définie les principes et les cadres pour mener
une Analyse du Cycle de Vie (ACV), pendant que la norme 14044 spécifie les
exigences et les lignes directrices pour effectuer une ACV.
L’ACV est une analyse qui cherche à quantifier l’impact environnemental des produits,
services ou systèmes de production depuis l’extraction des matières premières qui les
composent jusqu’à la fin de vie. Selon la norme ISO 14040, « l'analyse du cycle de
vie (ACV) est une technique d'évaluation des aspects environnementaux et des impacts
environnementaux potentiels associés à un système de produits. »16 D’après le site de
l’ADEME17, sa précision se base sur une double approche qui est :
- Une approche « cycle de vie » où toutes les étapes du cycle de vie sont prises en
compte : l’extraction des matières premières énergétiques et non énergétiques
nécessaires, la distribution, l’utilisation, la collecte et l’élimination vers les
filières de fin de vie en prenant en compte les différentes phases de transport des
produits. Il est donc nécessaire d’avoir un inventaire qui regroupe tous les
éléments ayant contribué à la fabrication du produit.
- Une approche multicritère qui cherche à prendre en compte tous les entrants
nécessaires à la fabrication du produit et toutes les pollutions qu’elle génère. En
entrée on compte donc les matières premières telles que l’eau, le pétrole, le
gaz… En sortie on recense les déchets, les GES, les liquides rejetés… Les flux
entrants et sortants sont quantifiés à toutes les étapes de l’ACV en fonction de
leur impact potentiel sur l’environnement.
14
ISO - ISO 14000 — Management environnemental
15
ISO - ISO 50001 — Management de l'énergie
16
ISO - ISO 14040:2006 - Management environnemental — Analyse du cycle de vie — Principes et cadre
17
Qu'est-ce que l'ACV ? – Ademe

17
C’est une méthode qui repose sur 4 étapes :
- La définition des objectifs et du champ de l’étude
- L’analyse de l’inventaire : c’est l’étape la plus longue et compliquée du fait de
l’absence de données et donc de l’incertitude autour des données recueillies
- L’évaluation de l’impact : l’utilisateur choisie une méthode d’évaluation de
l’impact en fonction des attentes initiales
- L’interprétation des résultats obtenus : dans cette étape il faut essayer de prendre
en compte les incertitudes des étapes précédentes pour bien porter une analyse
Cependant, pour Marion Prinçaud (2011) cette analyse a deux limites principales :
- Une analyse ACV est presque impossible à faire par une personne non formée.
Les logiciels sont très compliqués et une personne non experte peut avoir des
complications
- Les bases de données sont très difficiles à créer. Plus il y a des intervenants plus
l’information va être compliqué à acquérir et plus il va y avoir de l’incertitude
dans le calcul

De même, Paul Teehan et al. (2012) ont remarqué un problème similaire avec les bases
de données de leur méta-analyse sur différentes études qui cherchaient à faire une ACV
d’ordinateurs fixes. Dans leur étude, ils ont trouvaient que les résultats de l’impact
environnementale d’un ordinateur fixe variaient entre 270 jusqu’à 1300 kg CO2-eq ce
qui montre la grande variabilité des résultats. Cette étude a permis d’exposer quelques
problèmes généraux des ACV. D’un côté, ils sont très difficiles à évaluer, même pour
un praticien expérimenté car une liste complète des données, méthodes et hypothèses
utilisées est rarement disponible, souvent pour des raisons de confidentialité industrielle
ou de protection des données, et l'exactitude des données peut elle-même être difficile à
déterminer. De l’autre côté, les auteurs remarquent aussi qu’il y a une tendance à la
réutilisation des données d’études plus récentes qui s’appuient sur des études plus
anciennes ce qui peux faire que des erreurs se propagent dans la littérature sans être
détectées à cause de la difficulté de vérifier les résultats.

2. MESURER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU NUMERIQUE

18
2.1. Définition de notre approche

Pour mesurer l’impact environnemental du secteur numérique plusieurs études ont eu


lieu pendant ces dernières années. Chaque étude a adapté des méthodologies différentes,
dans cette partie nous parlerons de ces méthodologies en montrant les différents
approches et périmètres pris par les auteurs. Nous commencerons par définir notre
approche. Nous sommes conscients que ces études ont des périmètres différents et des
méthodologies différentes en termes de calcul. Dans le cas des périmètres, les études
font leurs propres choix en termes de quels équipements choisir dans leur étude. Le
choix du périmètre peut aussi varier en termes géographique. Nous avons des études qui
sont à l’échelle mondiale, nationale et même à l’échelle des entreprises. Cependant,
nous comparons ces études pour avoir un ordre de grandeur des impacts
environnementaux en plus d’en tirer quelques observations sur les études faites sur le
sujet.
Nous avons opté pour une approche en termes de consommation énergétique et
d’émissions de GES comme la plupart d’études faites jusqu’à la date et nous avons
adopté une architecture classique divisé en trois :

- L’impact des terminaux


- L’impact du réseau
- L’impact des centres de données

Les terminaux et les serveurs sont des périphériques réseaux qui sont connectés entre
eux par des réseaux. Les réseaux ils sont ceux qui transportent les informations
numériques, ils sont l’intermédiaire entre les terminaux et les centres de données. Les
terminaux sont donc le point d’accès des utilisateurs au réseau. Ils sont reliés à des
centres de données qui au même temps traitent et fournissent l’information souhaité par
l’utilisateur.

2.2. Une approche par le calcul énergétique

Dans un premier temps nous avons l’étude de Van Heddeghem et al. (2014). Dans cette
étude, ils décident de prendre en compte exclusivement l’empreinte énergétique du
numérique qui est définie comme la consommation d’électricité au stade de l’utilisation

19
des équipements. Cette approche est plus restreinte car elle ne prend pas en compte le
cycle de vie complet des équipements. Ils n'ont pas choisi un périmètre plus ample en
raison de la difficulté d'estimer l'empreinte énergétique primaire dans l’ensemble du
cycle de vie en tenant en compte les lacunes des données et l’absence de données
publiques sur l’énergie primaire totale au stade de production.

Le Livre Blanc (2015) d’ADN’Ouest a eu une approche similaire mais avec un


périmètre différent car ils ont quantifié la quantité d’énergie consommée au sein de
plusieurs organismes en France. L’étude voulait aussi connaitre les impacts
énergétiques, financiers et écologiques liés à la consommation d’énergie des TIC de
différentes organisations à l’ouest de la France, entre elles on peut trouver des
collectivités, des établissements d’enseignements, des entreprises, des centres
hospitaliers… Le livre blanc est composé de 50 audits où chaque audit individuel portait
4 domaines d’analyse. Trois qui calculaient la consommation des terminaux, du réseau
et des centres de données et un quatrième qui faisait une évaluation du niveau de
maturité Green IT de l’organisme.

Une des principales limites constatées est la taille des échantillons choisis. Les auteurs
pensent que c’est une taille très réduite qui ne permet pas d’avoir un bon niveau de
précision dans les résultats. Ils suggèrent donc d’interpréter ces résultats comme des
ordres de grandeur plus que comme des valeurs précises. L’étude se centre sur la phase
d’utilisation des équipements en quantifiant la consommation en électricité de ces
derniers.

La limite de ces deux études c’est qu’ils excluent les phases de fabrication et de fin de
vie des équipements. Ce qui laisse de côté une très grande partie de l’impact des
équipements qui se produit pendant la fabrication des équipements. Or, d’autres études
ont essayé d’adopter les approches proposées par les normes ISO 14040 et 14044, c’est
le cas des études de Malmodin et al. (2018), The Shift Project (2018), GreenIT.fr
(2019), GreenIT.fr (2021), WWF (2018), GreenIT.fr (2017). Cependant, les deux
dernières études ont basé ses calculs à partir d’une ACV simplifié pendant que les
quatre premiers ont utilisé une méthodologie mixte entre une approche par inventaire
d’équipements en plus de compléter les données avec des ACV. Nous allons maintenant
détailler davantage les différences entre ces études.

20
2.3. Une méthodologie basé sur une ACV simplifié

Pour l’étude du GreenIT.fr (2017), les auteurs ont calculé l’empreinte environnementale
grâce à une ACV simplifié 18, dans ce cas ils ont porté l’étude sur 8 organisations basées
sur France, ces 8 organisations totalisaient :
- 530 000 utilisateurs
- 14 000 collaborateurs IT / DSI
- 1,7 millions d’équipements informatiques et télécoms
- 38 000 m2 de salle informatique
Leur périmètre d’évaluation de l’empreinte était :
- l’ensemble du système d’information des organisations sur la France (analyse de
bout en bout)
- toutes les étapes du cycle de vie : fabrication, utilisation, réemploi ;
- en approche multicritères : énergie, eau, gaz à effet de serre, déchet.
Or, ils n’ont pas inclut les impacts associés à la fin de vie des équipements car il existe
un manque de données publique ou consensuelles sur ces émissions.
L’étude a été refaite par WWF (2018) en s’associant avec le GreenIT.fr en appliquant la
même méthodologie mais cette fois-ci avec 24 entreprises participantes.

2.4. Une méthodologie mixte

Dans l’étude du GreenIT.fr (2019), ils ont estimé l’impact environnementale du


numérique à une échelle mondiale. Pour calculer l'impact, ils ont adopté une approche
ACV simplifiée et également en termes d'inventaire, c'est-à-dire qu'ils ont quantifié les
impacts en termes d'inventaire d'équipements entre 2010 et 2025, si l'inventaire
n'existait pas ils l'ont reconstitué sur la base du nombre de ventes d'équipements et de la
durée de vie moyenne. Ils ont également procédé à plusieurs ajustements pour affiner le
modèle. Pour le réseau, ils ont utilisé un modèle hybride basé sur l'inventaire des
équipements et sur la quantité de données transférées par le cœur de l'opérateur de
réseau. Enfin, pour les centres informatiques, ils ont estimé l'impact sur la base de 3

18
ACV simplifié : considère un nombre restreint d’impacts sur quelques phases du cycle. Dans leurs
études ils n’ont pas spécifié plus sur cette ACV

21
études ACV qu'ils ont menées entre 2015 et 2018. Le GreenIT.fr (2021) a refait cette
étude mais cette fois-ci en prenant la France comme périmètre géographique.
L’étude de Malmodin et al. (2018) repose sur un vaste ensemble de données combinant
des données primaires et secondaires sur la consommation d'énergie lors de la phase
d’utilisation et les émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble du cycle de vie des
équipements en prenant des données d'une centaine de grands fabricants, opérateurs et
fournisseurs de services TIC pour l’année de 2015. L'ensemble de données comprend
également des statistiques et des prévisions de ventes d'équipements afin d'estimer les
volumes de produits, ainsi que des études ACV et des données de fabrication pour
estimer les émissions de GES.

Finalement, The Shift Project (2018) a porté une des études les plus complète sur
l’empreinte environnementale du numérique, leur périmètre était mondiale et le
périmètre des équipements est assez large en prenant :

- Réseaux de télécommunication (d’accès et de transport, fixes, wifi et mobiles)


- Data centers
- Terminaux : ordinateurs personnels (fixes et portables), tablettes, smartphones,
téléphones portables traditionnels, « boxes », équipements audiovisuels
connectés (y compris les téléviseurs connectés)
- Capteurs IoT (Internet of Things)19

Ils ont pris en compte la phase de production et d’utilisation mais ils ont exclu la phase
de fin de vie à cause du manque de données fiables. Pour leur modèle, ils se sont basés
sur un article de Andrae et Adler (2015) car ils ont adopté une définition similaire du
Numérique et ils ont couvert aussi les émissions mondiales. Dans l’étude d’Andrae et
al., ils ont fait des prévisions sur l’impact environnementale des TIC depuis 2010
jusqu’à 2030 en proposant différents scénarios possibles (« best case », « expected
case », « worst case »). Ils se sont centrés exclusivement sur la consommation
d’électricité liée à la production et l’utilisation d’un nombre de dispositifs TIC de
d’infrastructures pour les réseaux et les centres de données. Ils ont exclu l’utilisation des

19
L'internet des objets, ou IdO (en anglais Internet of Things, ou IoT) est l’infrastructure mondiale pour
la société de l'information, qui permet de disposer de services évolués en interconnectant des objets
(physiques ou virtuels) grâce aux technologies de l'information et de la communication interopérables
existantes ou en évolution (Union Internationale des télécommunications, 2012)

22
ressources, l’utilisation de produits chimiques, les différentes sources d’énergie autres
que l’électricité ainsi que la production de déchets électroniques et autres, ceci empêche
une évaluation globale de la durabilité mais donne une vision globale de la
consommation énergétique du numérique.

3. UNE META-ANALYSE DE L’IMPACT ENVIRONNEMENTALE DU NUMERIQUE

A partir de ces études, nous avons fait deux graphiques pour montrer les différents
impacts en termes d’équipements. Comme nous l’avons déjà mentionné, cette
comparaison est faite pour donner un ordre de grandeur et pour éclairer où se trouvent
les impacts plus significatifs car dans ses différentes études les périmètres et les
méthodologies étaient complétement différents.

Graphique 1 :

Graphique 1: Répartition de la consommation d'énergie (en


%) Centre de données

Réseau et télécom 120.00

Terminaux
100.00
19.00 17.00 15.00
23.00
29.00 30.00 27.00 24.00
80.00
16.00 21.00
23.00
23.00
20.00 23.00
60.00
27.00
37.00

40.00
65.00 64.00
55.00 60.00
53.00 52.00
43.00 20.00
34.00

0.00

23
Graphique 2 :

Graphique 2: Répartition des émissions de CO2 (en %)


Centre de données
Réseau et télécom
120.00 Terminaux

100.00 6.00
9.00 10.00 15.00
22.00 10.00
13.00 12.00
80.00
22.00
24.00
60.00

40.00 78.00 78.00 84.00


63.00
54.00
20.00

0.00
Malmodin et al. GreenIT.fr (2017) WWF (2018) Fréderic Bordage GreenIT.fr (2021)
(2018) (2019)

Nous pouvons voir clairement que la consommation énergétique est plus importante
dans les terminaux, sa consommation représente en moyenne 51 % de la consommation
énergétique du numérique et que les centres de données et le réseau ont un impact
similaire, chacun représente en moyenne 24 % de l’impact total.

De même on peut identifier une légère tendance vers le haut de la part des terminaux.
Ceci peut être expliqué par la forte croissance en termes de parc de terminaux qui
connait le monde ces dernières années. The Shift Project (2018) estime que le nombre
de smartphones va passer de 1,7 milliard en 2013 à 5,8 milliards en 2020. C’est une
croissance d’environ 11% par an. Le nombre de téléviseurs connectés a connu une
croissance similaire, ils estiment qu’ils passent de 1,3 milliard en 2013 à 3 milliards en
2020, une croissance de 9 % par an.

Si nous examinons la répartition des émissions de CO2, nous pouvons constater que les
terminaux ont un impact plus important sur le total par rapport au graphique numéro 1.
Cela peut s'expliquer par le fait que les études prises en compte dans le graphique 2 sont
celles qui prennent en compte l'ACV de l'équipement. Les impacts sont donc pris en
compte dans la phase de production, où tous les métaux rares sont extraits pour la
fabrication de l'équipement. Cela génère un impact considérable qui ne peut être analysé

24
en prenant en compte uniquement la phase d'utilisation de l'équipement. C'est pourquoi
il est nécessaire de réaliser ce type d'analyse afin d'avoir une image réelle de l'impact
environnemental.

Nous observons aussi que les études du GreenIT.fr (2021), WWF (2018) et GreenIT.fr
(2017) connaissent des valeurs plus élevés en termes d’émissions de GES dans la
catégorie des terminaux. On peut expliquer ce phénomène par le fait que ces études ont
comme périmètre la France. L’énergie nucléaire en France est fortement dépolluée et
donc elle ne représente pas un impact très important lors de la phase d’utilisation des
équipements. En échange, l’impact plus important va avoir lieu pendant les phases de
fabrication des équipements. The Shift Project (2018) argumente ce propos en disant
que les émissions de GES dépendent fortement de l’endroit où se trouvent les parcs
installés car ils vont avoir des impacts différents en raison de la diversité des mix
électriques selon les pays et de leur intensité carbone : 35 gCO2eq/kWh en France
contre 681 gCO2eq/kWh en Chine, 493 gCO2eq/kWh aux Etats-Unis, 425
gCO2eq/kWh en Allemagne ou encore 276 gCO2eq/kWh en Europe.

4. UNE MANQUE DE CONSCIENCE DE L’IMPACT DU SECTEUR

Dû à ce manque de méthodologie standardisé, la prise de conscience de l’impact


environnemental du numérique a été plus compliqué que celles d’autres impacts
environnementaux. Le rapport du CGE (2019) explique ce phénomène par trois
raisons :

- La diversité des matériels et équipements du secteur numérique rend plus


difficile la définition des périmètres d’études ce qui peut provoquer des résultats
très variés
- Le fait qu’il n’ait pas une base de données officielle dans les statistiques
classiques pour suivre les équipements
- Les différents impacts que peut avoir le secteur numérique, dans la phase de
production, dans l’utilisation et dans la fin de vie des équipements

25
4.1. Un périmètre compliqué à définir

Comme nous l’avons vu, ces dernières années plusieurs études ont essayés d’estimer
l’impact environnemental du numérique. Cependant, à cause d’un manque de
méthodologie normalisé, les résultats de ces études sont variés et difficilement
comparables. D’un côté, le périmètre du secteur numérique  dépend de chaque étude et
de la définition qu’ils veulent accorder au « secteur numérique ».

En effet, il existe plusieurs études qui excluent un certain nombre d'équipes numériques
dans leurs calculs. Cela se fait en fonction des hypothèses et du périmètre qu'elles
décident adopter au début de leur recherche. Parfois ça peut être une question de facilité,
pour avoir plus de précision aux résultats ou parce que les données recherchés ne sont
pas fiables ou n’existent pas. Dans l’annexe 1, nous avons fourni une liste des
équipements de différentes études que nous avons pris en compte dans notre méta-
analyse. Nous pouvons constater que la liste n'est pas négligeable en taille et montre à
quel point le secteur numérique est vaste et à quel point les résultats peuvent variés en
fonction du choix des équipements.

4.2. Une manque de données officielles

Le fait qu’il n’existe pas une base de données standardisée pour faire des analyses et des
calculs précis sur l’impact des équipements pose un vrai enjeu pour la quantification et
pour les analyses de l’impact du secteur numérique. La plupart des études existantes
exposent des tendances semblables en termes d’impacts mais à cause d’un manque de
données précises chaque étude doit se baser sur des hypothèses et des périmètres
différents.

L’absence de données disponibles provoque une absence de méthodologie commune ce


qui rend plus compliqué la prise de conscience de différents acteurs mais aussi l’analyse
et la comparaison de différents études.

Pour faire face à cet enjeu, l’Arcep (2020) affirme que la Commission européenne a
lancé un projet en 2020 sur les indicateurs et les normes utilisées dans les études des
contre de données et des réseaux. L’étude vise analyser les différents indicateurs,

26
normes et méthodologies existantes pour ainsi évaluer des potentiels mesures de
transparence. Les résultats ne sont pas encore disponibles mais l’étude devra être
publiée vers la fin du 2021.

De même, la France avance aussi des initiatives, l’ADEME est en train de développer
un référentiel d’évaluation des impacts environnementaux des services numériques basé
sur une approche ACV en vue de leur écoconception.

4.3. Les différents impacts possibles

En effet, différents impacts peuvent avoir lieu à des différentes phases du cycle de vie
des équipements. . Pour savoir à quel niveau il est possible d'agir, nous devons nous
pencher sur trois étapes de la vie des équipements numériques :

- Leur production ;
- Leur utilisation ;
- Leur fin de vie.

La phase de production

Au stade de la production, nous constatons que de plus en plus d'énergie, de matières


premières et de produits chimiques sont nécessaires pour la production des équipements.
Cette situation, associée à la rareté des ressources qui rend les techniques d'extraction
plus nocives pour l'environnement, fait que la pollution augmente fortement. L’étude du
GreenIT.fr (2021) affirme que 83 % des émissions de GES du numérique en France sont
dus à la phase de fabrication des équipements. En effet, selon l’ADEME (2021),
environ 70 métaux différents sont nécessaires pour fabriquer un téléphone portable et
plus de 600 kg de matières premières sont nécessaires pour fabriquer un ordinateur
portable de 2 kg. En moyenne, il faut entre 50 à 350 fois le poids de l’objet numérique
final en matières premières pour le produire. Ce sont surtout les étapes d’extraction des
matières premières et de leur transformation en composants électroniques qui causent le
plus de dommages à l’environnement.

27
En plus, selon le Shift Project (2018), une grande partie des métaux rares nécessaires
pour la fabrication des équipements sont produits dans des pays instables. C’est le cas
du cobalt, dont 65% de la production mondiale se trouve au Congo. La fabrication
annuelle totale des smartphones utilise environ 9000 tonnes de cobalt, ce qui équivaut à
10 % de la production totale de ce métal. La fabrication annuelle de téléviseurs
connectés utilise quant à elle environ 330 tonnes d’indium soir 50 % de la production
mondiale de ce métal.

Cette situation peut provoquer des impacts sociaux aux seins des pays, mais aussi elle
peut provoquer des risques d’approvisionnement ou des tensions sur les prix des
métaux, provoquant à la fois des enjeux sur le fonctionnement de nos sociétés qui
s’appuie de plus en plus sur le secteur numérique.

En raison de la méconnaissance voire du désintérêt pour cette problématique, nous


sommes nombreux à renouveler nos smartphones tous les ans ou tous les deux ans.
Selon l’ADEME (2021), 88% de la population équipée d’un téléphone portable change
d’appareil bien que l’ancien fonctionne encore. En miroir, c’est également le cas au sein
des organisations qui décident de renouveler leur parc informatique à intervalles fixes.
Si l’on évoque ici la téléphonie mobile, l’ensemble de nos équipements numériques sont
concernés par ce renouvellement avant leur fin de vie véritable.

La phase d’utilisation

Le renouvellement précoce que l’on vient d’évoquer va de pair avec le fait que les
appareils se multiplient très rapidement : selon le GreenIT.fr (2019) en 2019, il y avait
plus de 34 milliards d'appareils numériques dans le monde. Tous ces appareils
consomment de l'énergie lors de leur utilisation et contribuent donc au bilan énergétique
global.

Néanmoins, en étant conscients de notre impact et des bons gestes à adopter, il est
possible de réduire collectivement notre empreinte environnementale. Par exemple,
Françoise Berthoud, ingénieure de recherche en informatique au CNRS, explique que
l’envoi d’un mail d’1 mégaoctet correspond à l’utilisation d’une ampoule de 60 watts
pendant 25 minutes, soit une émission de 20 grammes de CO2. L’ADEME (2021)

28
rapporte des résultats similaires : ils ont calculé qu’un mail émet en moyenne 19
grammes de CO2, valeur mesurée dans une entreprise de 100 personnes. À raison de
l’envoie de 332 mails en moyenne par jour, 220 jours par an, le bilan énergétique de la
messagerie de cette entreprise correspond à celui de 13 allers-retours Paris-New York
en avion.

Il faut donc essayer d’être plus conscients de nos usages des équipements électroniques
pour pouvoir réduire notre empreinte à un minimum possible.

La phase de fin de vie

Enfin, nous nous penchons sur la fin de vie des équipements numériques : une étape qui
est rarement prise en compte pour ce type de matériel. En effet, elle est souvent négligée
en raison de la subtilité de sa contribution à l’impact environnemental du numérique et
donc elle est laissée de côté dans les études scientifiques. Elle ne correspond pas à un
processus de consommation de matières premières comme la phase de fabrication, ni à
la consommation d’énergie électrique comme en phase d'utilisation. En conséquence,
selon un rapport du Sénat (2016), seuls 16 % des téléphones portables sont collectés
pour être recyclés. Sur les 70 métaux contenus dans un téléphone portable et, bien que
seuls 20 d'entre eux soient recyclables, il est important d'effectuer le processus de fin de
vie de la meilleure façon possible pour minimiser l'impact à ce stade du cycle de vie de
l'équipement en les revalorisant plutôt qu’en les abandonnant

Du côté des organisations, selon une enquête de l'association Alliance Green IT (2020),
seulement 42 % d'entre elles procèdent à une collecte séparée des déchets d'équipements
électriques et électroniques (DEEE). C'est un point très important car les entreprises
peuvent profiter de la réglementation sur les DEEE qui implique une solution gratuite
de collecte et de traitement pour les entreprises à partir de 500 kg pour être plus en
harmonie avec l'environnement. Par ailleurs, on remarque que de plus en plus de filiales
de réutilisation et de reconditionnement tentent de réparer les équipements et de les
remettre sur le marché afin de réduire la production en allongeant la durée de vie des
équipements et réduire la pollution qu’ils impliquent.

29
Cependant, ces efforts ne sont pas suffisants. Selon un rapport des Nations Unies
publiait en 2019, 50 millions de déchets électroniques sont produits chaque année, une
campagne de sensibilisation importante doit être menée à tous les niveaux pour éviter
que ce nombre continue de croître.

III. REDUIRE SON EMPREINTE ENVIRONNEMENTALE

Nous avons mentionné dans la partie précédente comment les normes ISO peuvent
servir de référence pour réaliser des méthodologies et des calculs pour évaluer l'impact
environnemental des nombres. Grâce à cela, nous avons vu comment plusieurs études
utilisent ces méthodologies pour réaliser des calculs ambitieux sur l'impact
environnemental du numérique. Ayant déjà constaté l'impact du numérique et les
différentes phases dans lesquelles il se manifeste, nous pouvons nous demander ce que
nous pouvons faire pour réduire notre impact. Même si l’usager ne peut pas agir
directement dans la phase de production, il y a des éco gestes qui peuvent réduire
l’impact environnemental.

1. LES LABELS ET ETIQUETTES ENVIRONNEMENTAUX

D'une part, nous pouvons nous concentrer sur la famille de normes 14020, qui pose les
bases des labels environnementaux. Plus précisément, la norme
ISO 14024  définit  les critères à respecter pour l’élaboration de labels
environnementaux de type I, la norme ISO 14021 définit celle des écolabels type II et
finalement la norme ISO 14025 encadre la création des écolabels de type III. Selon
l’article R2111-12 du Code de la Commande Publique, un label est tout document,
certificat ou attestation qui prouve que les ouvrages, les produits, les services, les
procédés ou les procédures en rapport avec l'objet du marché remplissent certaines
caractéristiques.20  En effet, il existe de plus en plus de labels environnementaux et il en
devient compliqué de différencier quels labels ont des critères stricts et lesquels ne
20
Labels : conditions d'utilisation (R 2111-12 à R 2111-17) - Code : Commande Publique (code-
commande-publique.com)

30
garantissent rien, y compris le choix des catégories des produits, des critères et des
caractéristiques ainsi que pour l’évaluation et la démonstration de conformité du
produit. Ces labels doivent : 

- Avoir un référentiel accessible à tous 


- Faire les certifications par des tierces parties indépendantes 
- Comporter des critères environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie du
produit 
- Compoter des critères sur plusieurs impacts environnementaux du produit 
- Avoir des critères élaborés en concertation avec les fabricants, distributeurs,
associations et  fabricants 

Nous verrons par la suite différents labels de type I, II et III présents sur le marché pour
aider à guider les choix lors de l’achat ou de la mise au rebut des équipements.  

1.1. Les principaux labels existants 


  

Le label EPEAT

Le label EPEAT21 (Electronic Product Environmental Assesment Tool) est un label des


Etats-Unis crée en 2006. C’est un label de type I et il couvre les bine et services du
secteur des technologies. Le label pousse aux fabricants à utiliser plus de plastiques
recyclés, moins des matières dangereuses, à avoir une bonne gestion de la fin de vie des
équipements et à améliorer l’efficacité énergétique des équipements. Pour gagner la
certification EPEAT, les fabricants doivent répondre à un nombre de critères
obligatoires et facultatifs tout au long du cycle de vie du produit. Il existe trois
certifications différentes : 

- Bronze : ces produits répondent à tous les critères obligatoires de la liste. 


-  Argent : ces produits répondent à tous les critères obligatoires et ont au moins
de 50 % des critères facultatifs. 

21
About EPEAT | EPEAT Registry

31
-  Or : ces produits répondent à tous les critères obligatoires et ont au
moins 75% des critères facultatifs. 

Les différents critères pris en compte viennent de plusieurs bureaux de normalisation


qui sont organisés par des associations professionnelles, comme l’Institut des
Ingénieurs Electriciens et Electroniciens (IEEE), Underwriters Laboratories (UL) et NSF
International.

 Dans ces bureaux, on peut trouver des experts, des représentants de l’industrie, y


compris les fabricants, qui se réunissent pour discuter et voter les normes. Pour
être EPEAT certifié, les normes à respecter sont la famille des normes UL 1680 pour les
ordinateurs, les écrans, le matériel d’imagerie et les télévisions, UL 110 pour les
téléphones portables, les normes NSF/ANSI 457 pour les Modules et onduleurs
photovoltaïques et NSF/ANSI 426 pour les serveurs. Ces normes couvrent l’ensemble
du cycle de vie des différents produits. 

Tous les produits concernés sont soumis à un contrôle continu tout au long de l’année
pour assurer la capacité des fabricants à prouver leur conformité aux
critères EPEAT. En plus, le calendrier annuel des contrôles continus et leurs résultats
sont mis à disposition du public pour assurer la transparence de la certification. 

Cependant, le label a reçu plusieurs critiques dans ces dernières années. Un point faible
du label soulevait par l’ADEME22 dans leur guide des labels environnementaux est que
«Le référentiel ne fixe pas d’objectif minimum de réduction de l’impact
environnemental pour l’étape de « fabrication » : la seule obligation est la prise en
compte de matières plastiques recyclées, mais aucun seuil n’est fixé. ». En plus, pour la
catégorie des ordinateurs l’allongement de la durée de vie est jugé par des critères peu
exigeants pour l’ADEME.  

 Mark Schaffer (2017), un des auteurs des normes EPEAT qui a géré le programme


environnemental de Dell pendant des années et est maintenant consultant indépendant, a
publié un rapport où il critiquait les critères pour gagner la certification EPEAT. En
effet, il argumente que ces critères n’ont pas évolué au même rythme que les

22
Labels Environnementaux | Particuliers | Agir pour la transition écologique | ADEME

32
équipements électroniques et qu’ils se trouvent en ce moment dans un point mort à
cause du manque de nouveaux critères ambitieux et stimulants. Lors de la création du
label en 2006, seulement 60 produits ont pu atteindre les niveaux « argent » et « bronze
et aucun produit a atteint l’or. En 2017, des 1779 produits enregistrés à la norme 1680.1
aux Etats-Unis, 1140 (64%) étaient certifiés en « or » et 595 (33%) en « argent », cela
fait que 1735 des 1779 (97%)  produits étaient certifiés avec les deux niveaux les plus
élevés de la norme. Dans la même année, le premier lot de téléphones portables qui ont
été enregistrés auprès de l’EPEAT pour la nouvelle norme UL 110. Sur les
8 téléphones portables  enregistrés du premier lot, 7 ont obtenu l’ « or » EPEAT, dont le
Samsung Galaxy 8 qui n’est pas un téléphone facilement réparable, le site web
ifixit.com lui a accordé un indice de réparabilité de 4/10. Le nombre élevé de téléphones
classés d’ « or » est préoccupant pour une norme aussi récente qui, en théorie, devrait
commencer par être difficilement atteignable. Cette norme ne cherche pas à être
ambitieuse ni exigeante, au contraire elle reflète le status quo et elle n’incite pas aux
fabricants à tourner la conception de leurs produits vers une direction plus
écoresponsable. 

La certification TCO, une alternative au label EPEAT 


 

Le Label TCO est un label suédois crée en 1990 attribué par la compagnie
TCO Development. La certification définit des critères exhaustifs pour les différentes
TIC. Les produits doivent répondre à des différents critères sociaux et
environnementaux tout au long leur cycle de vie.23 La certification exige le respect de
ces différents critères à l’échelle du fabricant (respect d’heures de travail, des matériaux
utilisés, des salaires…) et à l’échelle de l’utilisation du produit (efficacité énergétique,
conception ergonomique...). Le label est de type 1 et répond aux exigences de la norme
14024, cela veut dire que c’est un écolabel officiel supranationaux, approuvé par le
Global Ecolabelling Network (GEN) et contrôlés par une tierce partie pour assurer son
indépendance et transparence. Ils actualisent la certification tous les 3 ans pour
maintenir un haut niveau d’exigences pour les TIC et pour rester à jour avec les derniers
progrès technologiques. Plus de 3500 produits de 27 marques différentes sont TCO
23
Critères inclus dans TCO Certified

33
certifiés et le label a sorti une nouvelle certification complémentaire sous le nom de
TCO Edge qui est destiné pour les meilleurs produits de chaque catégorie en termes de
durabilité. Cependant, l’ADEME a soulevé le même point faible pour ce label que pour
celui de l’EPEAT : « Le référentiel ne fixe pas d’objectif minimum de réduction de
l’impact environnemental pour l’étape de « fabrication » : la seule obligation est la prise
en compte de matières plastiques recyclées, mais aucun seuil n’est fixé. »24

1.2. Des labels officiels moins répandus au sein du numérique  


 

L’écolabel européen  
 

Le label écologique de l’Union européenne (UE)25 est aussi un label de type 1 crée en


1992 par la Commission Européenne. Il est attribué à des produits conçus selon des
principes du développement durable et promeut l’économie circulaire en encourageant
les producteurs à générer moins de déchets et de GES pendant le procès de production
des produits.  Ce label est destiné aux consommateurs pour qu’ils puissent faire des
choix des produits respectueux de l’environnement pour réduire leur empreinte sur
l’environnement. C’est le seul label écologique officiel utilisé dans tous les pays
membres de l’UE qui est composé de 24 catégories de produits et services, dont les
écrans d’ordinateurs, les téléviseurs et le papier. L’ADEME a relevé quelques points
faibles pour la catégorie des téléviseurs, d’un côté « le référentiel ne fixe pas d’objectif
minimum de réduction de l’impact environnemental pour les étapes de « Production des
matières premières » : seuls des critères favorisant l’allongement de la durée de vie sont
pris en compte. ». De l’autre côté, les obligations concernant l’émission des particules et
la toxicité sont peu exigeantes. C’est un label qui n’est pas encore très développé dans le
secteur du numérique mais qui peut prendre plus de force dans les années à suivre grâce
à des efforts de coopération au sein de l’UE.  

24
Labels Environnementaux | Particuliers | Agir pour la transition écologique | ADEME
25
Les labels au niveau des produits - Numérique écoresponsable (numerique.gouv.fr)

34
Le label Blue Angel 
 

Le certificat Blue Angel26 est un écolabel allemand de type I crée en 1977 par le
ministère d’écologie allemand et c’est la plus vieille certification environnementale du
monde. Les propriétaires du label sont le Ministère fédéral de l'environnement, de la
protection de la nature, de la construction et de la sécurité nucléaire, le contrôle est
réalisé indépendamment des demandeurs et du label par l’Institut allemand pour la
santé, la qualité et la labellisation. Elle certifie tous types de matériaux et dans notre cas
c’est une des meilleures certifications pour du papier. Seuls les produits et services les
plus écologiques sont dotés de l’Ange bleu. Les produits doivent satisfaire les plus
hautes exigences au niveau de l’écologie, de la santé et de l’utilisation.
 

Energy Star : c’est une certification utile ?  

Energy Star27 est un label crée en 1992 aux Etats-Unis par l’Agence de Protection de
l’Environnement (EPA) en collaboration avec le département de l’énergie. Ce label de
type I s’intéresse surtout à l’impact environnemental des équipements de bureaux
pendant sa phase d’utilisation, plus précisément, en termes d’efficacité énergétique. Ce
label, à différence de la plupart mentionnés dans cette liste, ne s’intéresse pas aux autres
étapes du cycle de vie du produit. En échange, il indique quels sont les équipements qui
sont dotés de mécanismes qui leurs permettent réduire leur consommation énergétique.
Selon le rapport de projet fait par Jules Anthonioz (2021), l’Agence de Protection
environnementale a estimé que la certification Energy Star a évité 283 millions de
tonnes métriques d’émissions de GES ce qui représente environ 11 milliards de dollars
d’économies. Cependant l’ADEME juge que c’est un label « peu exigeant »28 pendant
que pour le gouvernement « cet écolabel n’a pas de valeur ajoutée pour les matériels
bénéficiant des écolabels européen TCO ou EPEAT.» 29 En effet pour avoir n’importe
lequel des deux labels il faut respecter aussi les critères du label Energy Star.

26
Blue Angel | The German Ecolabel (blauer-engel.de)
27
ENERGY STAR Product Label | ENERGY STAR
28
Labels Environnementaux | Particuliers | Agir pour la transition écologique | ADEME
29
Les labels au niveau des produits - Numérique écoresponsable (numerique.gouv.fr)

35
Cygne Blanc                                  

En 1998, la société SIS Ecolabelling AB a été créée 30. En 2009, elle a changé de nom
pour devenir Ecolabelling Sweden AB. C’est un écolabel de type I des pays nordiques
(Islande, Suède, Norvège, Danemark, Finlande) qui est détenue à 100 % par l'État
suédois et est financée en partie par des redevances versées par les entreprises qui ont
des licences et en partie par une subvention de l'État. Le gouvernement suédois a confié
à Ecolabelling Sweden la responsabilité globale de l'Ecolabel du Cygne nordique et de
l'Ecolabel européen en Suède. Elle couvre 67 catégories de produits parmi lesquels se
trouvent du côté numérique les ordinateurs et autres équipements multimédias sont
concernés. Ce label est valable pour une durée de trois ans.

1.3. Les labels non officiels mais fiables 


 

Label Numérique Responsable

Le gouvernement a consacré un chapitre dans leur « Guide pratique pour des achats
numériques responsables »24 à la démarche de labellisation « Numérique Responsable»
(NR) qui est émis par l’Institut Numérique Responsable (INR). La particularité de ce
label c’est qu’il ne cherche pas à prendre en compte les produits vendus mais plutôt à se
centrer sur les processus en interne des organisations. De cette manière, le label est
accessible pour tout type d’organisation quel que soit leur taille ou leurs secteurs
d’activité. Le label est composé de deux niveaux pour identifier le niveau de maturité en
termes de NR de chaque organisation. Ce n’est pas un label de type I mais leur
référentiel a été construit par l’INR en partenariat avec le Ministère de la Transition
Ecologique et Solidaire, l’ADEME et le WWF ce que fait de ce label un label fiable. Il
se centre sur 5 axes principaux qui sont :  

- Stratégie et Gouvernance 
- Formation 

- Démarches transversales  

30
Nordic Swan Ecolabel - Svanen.se

36
- Usagers/Utilisateurs 

- Organisation 

La durée du label du niveau 1 est de 2 ans 31 et les organismes doivent ensuite définir un
plan d’action pour développer l’engagement NR. Ensuite, pour obtenir le niveau 2 du
label, l’organisme doit former un de ces travailleurs avec un ou une experte du Green IT
pour ensuite proposer un plan d’action plus avancé qui sera implémenté au sein de
l’entreprise. Par la suite, l’organisme passera un audit de labellisation auprès d’un
bureau de certification qui fera un rapport d’évaluation. Finalement, ce rapport sera
évalué par le comité de labellisation pour attribuer ou pas le label qui sera valable
pendant 3 ans.
 

Label Ordi 3.0 


 
La Directive européenne 2012/19/UE demande que les activités de réemploi et de
réutilisation des déchets d’équipements électroniques et
électriques (DEEE) soient priorisés pour éviter le déchet d’équipements qui sont
toujours fonctionnels. Pour faire face à cette demande, le programme Ordi 3.0 a été
lancé en 2014.32 En 2021, il compte avec plus de 200 structures labellisées Ordi 3.0, 330
000 ordinateurs reconditionnés par an et plus de 300 employés sur le territoire français.

Ce programme correspond à la filière nationale de collecte, de reconditionnement et de


redistribution d’ordinateurs des équipements électriques et électroniques qui s’axe sur
trois principes :  

- L’inclusion et la transition numérique des structures et territoires 


- La création d’emplois pour des personnes en difficulté économique et sanitaire
sur le secteur des métiers de la collecte et du réemploi des équipements
informatiques 
- L’économie circulaire pour optimiser les déchets, les flux des matières et
d’énergie et viser à l’efficience de l’utilisation des ressources  

31
Comment ça marche - Label Numérique Responsable (label-nr.fr)
32
Accueil | Portail Ordi3.0 (ordi3-0.fr)

37
Cette filière nationale cherche à donner une deuxième vie aux différents équipements
électroniques et électriques. Dans le cas des entreprises, administrations ou collectivités
territoriales qui veulent bénéficier du droit d’utilisation de la marque il faut faire partie
d’un des prochains cinq groupes : 

- Inclure dans la démarche RSE ou/et dans le cadre de leurs obligations en matière
de prise en compte des personnes en situation de handicap, la mise à disposition
de leur équipement pour les structures de reconditionnement ORDI 3.0 

- Organiser des manifestations de sensibilisation pour le réemploi du matériel 

- Inclure dans leurs contrats d’achats et de réutilisation des clauses sociales de


réutilisation  

- Reconditionner leurs équipements auprès ORDI 3.0 pour après les transmettre
aux salariés 

- Faciliter la collecte du matériel par un partenaire de réemploi/réutilisation  

De même, les structures de réemploi et de réutilisation et les partenaires facilitateurs


(ceux qui font des activités complémentaires aux activités des reconditionneurs ORDI
3.0) sont éligibles aussi pour la certification ORDI 3.0. 

1.4. Les étiquettes lors de l’achat des équipements 


 

L’étiquette d’énergie 

Les labels de type III, aussi appelés les éco-profils, classifient les produits en fonction
de leurs impacts environnementaux. Ces marquages prennent des données quantitatives
à partir de l’ACV pour ensuite cartographier les performances environnementales ce qui
permet une facile comparaison entre différents produits. Elles répondent aux exigences
de la norme ISO 14025 : 2006 qu’implique une vérification par un organisme
indépendant pour assurer la rigourosité des déclarations.   

En Europe existe l’étiquette d’énergie, c’est une fiche synthétique qui apparait sur
quelques appareils électroménagers neufs. Elle illustre l’acheteur sur l’efficacité

38
énergétique du bien acheté en mettant une note de A à G. Le classement a reçu quelques
réformes dans l’année 202133 car les progrès technologiques avaient fait que le
classement de l’étiquette devienne presque obsolète. Des produits peu performants
étaient très bien notés ce qui pouvait confondre aux différents consommateurs.
Maintenant, la note la plus élevé (A) est très exigeante et elle cherche à stimuler
l’innovation et des nouveaux progrès en termes d’efficacité énergétique. Pour le
moment, du côté du numérique, seulement les écrans et les téléviseurs reçoivent cette
étiquette mais elle pourrait être utile pour guider les achats du reste des produits
numériques.

Une nouvelle étiquette est aussi apparu en 2021 qui ne rentre pas précisément dans les
catégories des labels mentionnés auparavant mais qu’il est pertinent d’en parler pour
aider au consommateur aux choix de ses équipements numériques.  

L’indice de réparabilité 

L’indice de réparabilité est devenu obligatoire en France en 2021. Il se compose de 5


catégories de produits dont les smartphones, les ordinateurs portables et les téléviseurs.
En prenant en compte les problématiques environnementales par rapport à
l’allongement de vie des équipements, l’indice cherche à guider les achats des
consommateurs vers des produits qui soient plus facilement réparables en luttant contre
l’obsolescence. Le calcul de l’indice repose sur 5 critères34 :

- Documentation disponible par le producteur sur les documents techniques  

- Facilité de démontage du produit, types d’outils nécessaires et caractéristiques


de fixation 

- Disponibilité des pièces détachées 

- Prix des pièces détachées 

- Critère en fonction de la catégorie du produit concerné 

33
Une nouvelle étiquette énergie en 2021   | Particuliers | Agir pour la transition écologique | ADEME
34
Indice de réparabilité | Ministère de la Transition écologique (ecologie.gouv.fr)

39
En fonction de chaque score le produit va obtenir une note sur 10 points qui s’affichera
sur le produit. Le principal point contraignant est l’autoévaluation des marques. En
effet, les autorités ne disposent pas des ressources pour évaluer tous les équipements en
France pendant que c’est plus facile pour l’entreprise d’intégrer l’évaluation pendant
l’étape de production. Il faut donc utiliser cet indice avec précaution mais pour
Maarten Depypere, responsable de la politique de réparation chez iFixit, une de
principales initiatives qui cherchent à allonger la vie des équipements : « Nous
pourrions parler pendant encore cinq ans de la manière dont l’indice peut être amélioré
et perdre du temps. La France nous donne une très bonne première base sur laquelle
travailler, sur laquelle s’appuyer pour continuer à faire mieux. »35

Nous venons de couvrir les options possibles sur le marché en termes de labels et
d'étiquettes officiels et non officiels qu'un consommateur peut rencontrer lors d'un
achat. Il s'agit d'aider le consommateur à clarifier les options respectueuses de
l'environnement disponibles sur le marché lors de l'achat de nouveaux appareils
électroniques. Cependant, ce n'est qu'un des nombreux outils qui existent pour réduire
votre impact environnemental sur le numérique. Si la décision d'être labellisé revient au
producteur du produit, il existe d'autres leviers d'action à la même échelle qui
permettent de réduire l'impact. De même, en tant que consommateurs, nous pouvons
nous-mêmes agir, soit en cherchant d'équipements labellisés soit en appliquant au
quotidien des bonnes pratiques qui permettent de réduire notre empreinte. Enfin, à
l'échelle d'un organisme, plusieurs leviers d'action peuvent être dessinés pour que
réduire leur empreinte. Dans cette prochaine sous partie, nous verrons quels sont ces
leviers d'action, au niveau du producteur, de l'utilisateur et de la direction d'une
organisation.

2. DES LEVIERS D’ACTION A DIFFERENTES ECHELLES

2.1. Leviers d’action à l’échelle du producteur

35
Indice de réparabilité : à quoi ça sert et comment est-il calculé ? Voici tout ce qu'il faut
savoir (frandroid.com)

40
L’éco-conception

Du côté du producteur, nous avons déjà vu que c’est possible de chercher des labels et
des certifications pour répondre à des prérequis environnementaux lors de la fabrication
de produits. Or, les labels que nous avons observé se centrés surtout sur les équipements
numériques mais ils ne prenaient pas en compte qu’il existe des démarches pour prendre
en compte les différents impacts d’un produit sur l’environnement. Dans cette première
partie nous aborderons l’éco-conception. La norme ISO 14062 se centre sur l’éco-
conception et elle se définit comme « l’intégration des contraintes environnementales
dans la conception et le développement de produits » (ISO 14062 : 2002). Cette norme
vise à minimiser l’impact environnemental tout au long du cycle de vie d’un produit. En
prenant en compte tout le cycle de vie, le fabricant peut identifier les impacts
environnementaux plus importants pour focaliser ses efforts d’écoconception. Des
bénéfices peuvent être en tirés du côté du fabricant et du consommateur car l’éco-
conception abouti, d’un côté à la réduction de l’empreinte en ressource et matière, ce
qui baisse les coûts de fabrication des produits, et de l’autre, à une optimisation de
l’impact des produits et services chez les clients.

Le Syntec (2013) identifie dans son livre blanc cinq axes d’actions principales pour que
les fabricants se centrent:

- La transparence à l’égard des clients : elle permet de gagner la confiance d’un


marché qui cherche à être de plus en plus responsable écologiquement
- La réduction de la consommation d’énergie : grâce à des mécanismes de
fonctionnement des produits, les fabricants devrait pouvoir réduire la
consommation énergétique de ces produits
- L’augmentation de la durée de vie active : allonger la durée de vie réduit les
impacts environnementaux qui sont liés à la fabrication et la fin de vie des
produits
- L’élimination des substances dangereuses : en utilisant moins des substances
dangereuses les risques sur la vie humaine et sur la contamination de l’eau, de
l’air et des sols sont réduits

41
- La réduction des impacts liés à la fin de vie : le fabricant doit chercher à allonger
la vie des équipements. Il peut le faire en facilitant le démontage des
équipements pour qu’ils soient réparables. De même, les pièces doivent être
facilement séparables pour que dans les filiales de traitement des DEEE, les
équipements soient facilement divisés

Ainsi, l’environnement n’est pas toujours la première préoccupation des fabricants lors
de la conception de ses produits. Les producteurs se voient plutôt attirés par les profits
et la minimisation des coûts. Cependant, L’écoconception peut être une opportunité
d’augmenter leurs profits, une étude de Berneman et al. (2009) ont fait une expérience
avec 30 entreprises pour voir la rentabilité d’un produit éco-conçu. De ces 30
entreprises, 28 ont vu leurs profits augmenter en termes absolus, en partie grâce à la
contribution de l’éco-conception. En plus, dans 11 des 30 cas, la marge bénéficiaire du
produit éco-conçu es supérieure à celle d’un produit conçu normalement. C’est donc
une conception qui peut être intéressante pour les entreprises.

L’éco-conception des logicielles

L’éco-conception peut avoir lieu aussi à l’échelle des logiciels. Elle consiste à être
responsable dans la conception d’applications logicielles. Cela veut dire d’élaborer un
code maintenable au long terme en identifiant « les leviers de réduction d’impacts
environnementaux les plus forts à chaque étape du cycle de vie d’un logiciel :
conception, réalisation, exécution. »36. Les logiciels sont immatériels mais leurs impacts
sont réels, il faut donc essayer de les minimiser, pour ce faire le Syntec (2013) propose :

- Etre efficient en termes de codes pour mobiliser la moindre quantité de


ressources
- Coder en fonction des utilisateurs et éviter les fonctions qui ne seront pas
utilisées
- Prévoir les évolutions et la pérennité dans le temps du code

Ce dernier point est très important car dans certains cas les utilisateurs se séparent de
ses équipements électroniques parce qu’ils ne sont plus puissants pour pouvoir exécuter
les nouvelles versions des programmes. Pour pouvoir allonger la durée de vie d’un
36
Décryptage : l’éco-conception des logiciels - Green IT

42
certain nombre d’équipements il est nécessaire que les logicielles soient aussi éco-
conçus.

2.2. Leviers d’action à l’échelle de l’utilisateur

De la même façon que les producteurs sont responsables d’une grande partie des
impacts et ils sont capables d’adapter la conception de leurs équipements pour réduire
leur empreinte, les utilisateurs peuvent aussi agir de leur côté pour essayer de minimiser
leurs impacts. D’un côté, il faut passer par une sensibilisation des usagers. Par exemple
dans le livre blanc du ADN’Ouest (2015), seulement 20 % des personnes qui passent
devant une imprimante collective le soir décident de l’éteindre, dans la plupart des cas
ces équipements restent allumées toute la nuit en train de consommer de l’énergie. De
même, 45% des personnes ont déclarés pas se sentir bien informés sur les bonnes
pratique à adopter pour faire des économies d’énergie. Ce manque d’information ne
permet pas d’appréhender les enjeux environnementaux pour pouvoir adopter des gestes
plus responsables. Le Cigref (2017) conseil d’impliquer les utilisateurs au sein d’une
entreprise tout au long du déroulement des projets, et de communiquer les progrès des
indicateurs environnementaux pour qu’ils soient conscients de cette problématique.
Pour maintenir la démarche ils conseils de faire des ateliers participatifs, des groupes de
travail, des séminaires, des séances de brainstorming, des campagnes, des
questionnaires anonymes, des indicateurs, des statistiques…

De même, The Shift Project (2018) pense que la sensibilisation est plus facile si les
organismes communiquent les impacts en termes de grandeur et avec des analogies. Ils
utilisent l’exemple d’un envoie d’un e-mail d’un mégaoctet, il correspond à 25 minutes
d’utilisation d’une ampoule de 60 watts. En effet c’est grâce à une conscience de la part
des utilisateurs qu’ils peuvent appliquer des éco gestes au quotidien, comme la gestion
des mails, favoriser les plateformes coopératives, éteindre son ordinateur et le reste des
équipements électroniques lorsqu’ils partent du bureau… Afin de réduire leur impact
lors de l’utilisation des équipements.

2.3. Leviers d’action à l’échelle de la gouvernance

43
Cependant, même si cette prise de conscience est une responsabilité de tous, la direction
au sein des entreprises a le pouvoir d’agir sur des différents volets pour essayer de
réduire ses impacts. Ils peuvent agir sur l’ensemble de l’entreprise, comme nous l’avons
mentionné au paragraphe d’avant, en conscientisant aux employés sur les enjeux
environnementaux et sur les bons gestes à adopter. Ainsi, pour faciliter cette tâche, une
politique NR peut être mise en place au sein de l’entreprise. Pour ce faire un spécialiste
du NR peut accompagner le processus d’une stratégie, l’entreprise peut accorder un
budget pour ces projets de transformation, en plus de créer des indicateurs de
l’empreinte environnementale des TIC au sein de l’entreprise pour savoir quels sont ses
leviers d’action plus importants.

De même, la direction décide les politiques d’équipement de ses employés. Ce sont eux
qui choisissent, par exemple, d'avoir des imprimantes individuelles ou collectives, ou
encore qui doit avoir un téléphone portable appartenant à l'entreprise. Le Shift Project
(2018) a réalisé une étude dans laquelle ils encourageaient les gens à avoir un téléphone
portable qui sert à la fois à des fins personnelles et professionnelles. Dans leur étude, ils
ont constaté qu'une augmentation de 20 % à 70 % du nombre de personnes possédant un
téléphone portable à des fins personnelles et professionnelles au lieu de un pour chaque
fonction entraîne une réduction annuelle de 37 % des émissions de GES dans le parc de
smartphones.

De la même façon que nous avons mentionné précédemment l'impact environnemental


de l'envoi d'un email, le Shift Project a calculé les implications du partage des
documents via une plateforme partagée. Dans ce cas, les réductions annuelles de GES
associées au travail collaboratif peuvent aller de 40% à 81% lorsque les usagers utilisent
une plateforme partagée. Cela montre l'importance d'avoir de bonnes pratiques au
niveau de la direction.

Ainsi, nous avons déjà vu que la plupart des impacts environnementaux ont lieu au
stade de la fabrication des produits. La direction, même si elle ne peut agir dans la
chaîne de production, peut mettre en œuvre des politiques d'achat qui réduisent l'impact
de la phase de fabrication. Nous avons déjà mentionné dans les parties précédentes à
quel point certains labels peuvent être bénéfiques lors de l'achat de nouveaux
équipements. Une autre option peut être l’allongement de la durée de vie des

44
équipements, dans la même étude du The Shift Project, ils ont constaté que l'extension
de la durée de vie d'un ordinateur de 3 à 5 ans réduit les émissions annuelles de GES de
l'utilisateur final de 37 %, tandis que l'extension de la durée de vie d'un smartphone de
2,5 ans à 3,5 ans réduit l'impact de 26 %.

Enfin, c'est aussi la direction qui gère les déchets des équipements électroniques. Elle
choisit ses prestataires de gestion de déchets, et même si cette question n'est pas
approfondie dans la littérature en raison du manque de données disponibles, elle n'en
reste pas moins pertinente. Les entreprises peuvent exiger de leurs prestataires un
rapport sur le traitement des déchets, et elles peuvent également chercher des filiales de
réutilisation ou une filiale labellisée pour assurer une bonne gestion.

3. Guide des bonnes pratiques

Nous avons pu réaliser ce guide de bonnes pratiques grâce à différentes études qui ont
apporté des recommandations sur la manière d'agir pour réduire l'impact
environnemental, ainsi qu'à différents ateliers que nous avons organisés en interne au
sein du cabinet. Il s'agit d'un guide destiné à aider les organisations à réduire leur impact
sur l'environnement, mais il peut également être utilisé par les citoyens pour les
sensibiliser tout en appliquant certaines des pratiques mentionnées.

Tableau 1 :
Limiter le nombre de terminaux de téléphonie

Court terme Encourager l’utilisation d’équipements propes de


l’utilisateur
Axe 1 : Politique
d’équipement Consolider les imprimantes collectives

Privilégier l’allongement de la durée de vie des


équipements, ce processus peut inclure des
Moyen terme réparations ou de changements de pièces qui
provoquent une hausse de la performance

Instaurer un système d’identification pour essayer de


réduire le volume d’impressions (statistiques)

Paramétrer tous les équipements (imprimantes,


ordinateurs, routers...) en mode éco

45
Entretenir le parc informatique pour éviter les
Court terme risques d’instabilités (ralentissements, efficience du
SI, pour allonger la durée de vie des équipements)

Contrôler le dimensionnement de l'infrastructure


(serveurs, équipements individuels)
Privilégier une architecture modulaire des
datacenters pour maintenir une bonne efficacité
énergétique
(Datacenters) Optimiser l'architecture et
l'agencement des salles (bonne circulation de l’air,
Axe 2 : Exploitation de maintenance des allées chaudes et froides, ajouts de
l’infrastructure Moyen terme cloisons souples pour réduire le volume d’air à
climatiser...)
Réutiliser l'énergie thermique produite par le
datacenter
Confiner les baies des salles serveurs pour réduire
l’énergie nécessaire à la climatisation en plus de les
organiser en allées chaudes et froides
Mettre à disposition des bornes wi-fi accessibles par
le plus grand nombre

Dans les entreprises, paramétrer les smartphones via


la géolocalisation pour qu'ils se connectent au wifi
plutôt que de rester en 4G
Exiger des clauses environnementales dans les
appels d’offres de services : exiger une certification
(par exemple celle de l’ISO 14001)
Acheter du papier certifié Blue Angel ou à défaut
Court terme FSC, éviter PEFC
Exiger des clauses environnementales dans les
appels d’offres d’équipements : ceci exigera que les
fabricants proposent des équipements éco-conçus en
plus de bien gérer la fin de vie des équipements
Acheter des équipements reconditionnés

Louer le matériel et les équipements au lieu de les


acheter
Axe 3 : Politique d’achat
En cas d’achats, trouver des entreprises qui
Moyen terme
respectent les labels nationaux et internationaux
Privilégier les ordinateurs qui ont des labels officiels

46
Alimenter le système d’information avec de
l’énergie renouvelable
Privilégier les équipements IT conformes aux
exigences ASHRAE (Société américaine des
ingénieurs en chauffage, réfrigération et
climatisation, normes pour datacenters)
Acheter ou louer des imprimantes labellisées Blue
Angel ou EPEAT
Privilégier des fournisseurs qui proposent des
copieurs reconditionnés
Privilégier les opérateurs qui ont ratifié le code
européen de bonne conduite pour les datacenters
Installer un logiciel anti-spams

Mettre en place des dossiers de partage de


documents
Désinstaller les logiciels inutilisés

Mettre à jour les logiciels uniquement lorsque c'est


indispensable

Paramétrer les navigateurs pour limiter l'affichage


Axe 4 : Gestion du Court terme par défaut des vidéos en 360p
patrimoine applicatif
Installer des bloqueurs de publicités

Désactivez les fonctions superflues (visuels, services


Windows, etc.) pour gagner 5 à 30% de
performances. Une action à mener dès la création
des « masters ».
Sensibiliser les utilisateurs aux gestes clés

Trier les mails et éliminer les spams


Rationaliser l’usage de la messagerie en limitant
l’envoi des mails, en évitant la fonction « répondre à
tous », nettoyer régulièrement sa messagerie
Eteindre les postes de travail la nuit et le week-end

Alléger les échanges sur messagerie

Un référentiel des éco-pratiques en matière


d'impression

47
Désactiver la lecture automatique des vidéos sur les
Axe 5 : Bonnes pratiques Court terme sites Internet
utilisateurs Mettre les adresses web fréquemment consultées en
favoris
Faire le ménage dans le Cloud

Fermer les pages internet une fois la recherche


aboutie
Limiter le poids et le temps des réunions en ligne
Regarder les vidéos en 360p maximum
Privilégier le Wi-Fi à la 4G
N’imprimer que si nécessaire
Accorder un budget spécifique au numérique
responsable pour pouvoir définir une stratégie et un
plan d’action en plus de développer des projets du
numérique responsable
Mettre en place un spécialiste en Numérique
Axe 6 : Stratégie et Responsable pour avoir une stratégie de numérique
gouvernance du numérique Moyen terme responsable au sein de l’entreprise
responsable

Faire une évaluation de l’empreinte


environnementale du système d’information
Définir des indicateurs Numérique Responsable
Vérifier que les prestataires DEEE soient fiables
(plus du 70% des DEEE font l’objet de trafics dans
le monde)
Axe 7 : Gestion des déchets Moyen terme Prioriser des filiales de réutilisation lors de la
gestion des déchets
Connaitre le processus pour la collecte des DEEE de
votre prestataire
Mettre en œuvre les bonnes pratiques
d’écoconception
Privilégier une architecture applicative modulaire
des logiciels
Axe 8 : Eco-conception Court terme
Pour les développements internes, utilisez des motifs
de conception logicielle, algorithmes, architecture du
code, etc., qui réduisent les besoins en ressources
matérielles.

48
Conclusion

Ce guide des bonnes pratiques à adopter nous donne une idée de la manière dont nous
pouvons réduire notre empreinte écologique. En effet, nous constatons que ces dernières
années, l'impact environnemental du numérique est en croissance, à cause de la
multiplication des équipements et de la forte augmentation de leur utilisation. Le
numérique fait désormais partie de notre vie et de notre quotidien. Pour cette raison, et
en tenant compte des différents problèmes environnementaux actuels, différents
concepts ont été développés, tels que le Green IT, ou la sobriété numérique ou encore le
numérique responsable, qui cherchent à sensibiliser les citoyens aux risques de
l'empreinte environnementale du numérique. En effet, cette préoccupation a commencé
à résonner dans la sphère académique en 2007, mais elle n'a pas reçu l'importance
nécessaire. En conséquence, il y a un manque de méthodologies standardisées, ce qui
rend difficile la comparaison des différentes études qui ont tenté de calculer l'empreinte
environnementale du numérique. Dans notre étude, nous abordons les études les plus
récentes qui ont tenté d'estimer, à différentes échelles, l'impact du numérique. Ce
faisant, nous voulons créer une image de la façon dont les impacts sont distribués dans
ce secteur sous l'angle de l'ACV. Nous soulignons également les faiblesses de ces
calculs et les besoins du secteur pour un calcul plus précis et comparable. Enfin, nous
avons donné une série de recommandations à différentes échelles afin de réduire notre
propre empreinte. D'une part, nous avons parlé des labels disponibles sur le marché. Ces
labels peuvent aider à acheter des équipements moins gourmands en énergie, ce qui
contribue à réduire les émissions de GES. D'autre part, nous parlons aussi des
différentes possibilités d'action qui existent, au niveau du producteur, de la gouvernance
et de l'utilisateur. Ainsi, nous voulons montrer qu'il est possible d'agir sur le problème
en agissant soi-même. Enfin, nous avons établi un guide des bonnes pratiques à adopter,
qui vise à guider les différentes organisations et utilisateurs dans la mise en œuvre de
politiques numériques responsables afin d'être plus en harmonie avec l'environnement.
Cette liste n'est toutefois pas exhaustive et a ses limites. En raison de l'absence d'une
méthodologie standardisée et d'une littérature limitée, il n'est pas encore possible de
quantifier l'impact bénéfique de ces pratiques. Jusqu'à présent, seul The Shift Project
(2018) a pu quantifier la réduction des émissions de GES en appliquant certaines de ces

49
pratiques, mais pour mieux guider les organismes et les utilisateurs, il faudrait savoir
quelles pratiques peuvent avoir le plus grand impact sur la réduction des GES afin
d'identifier les principaux points à améliorer.

Annexes:
Annexe 1
Liste des équipements :
1. PC fixes
2. Imprimante individuelle
3. PDA (Personnal Digital assistant)
4. Pieuvre pour audioconférence – sans fil
5. Tableau blanc interactif
6. Badgeuse
7. Scanner
8. Fax
9. Pieuvre pour audioconférence – filaire
10. Machine à affranchir
11. NAS (Network Attached Storage)
12. Traceurs de plans
13. Machine de mise sous pli
14. Gros copieur
15. PC Portables
16. Smartphones
17. Tablettes
18. Ecrans TV
19. Clients légers
20. Téléphones IP
21. Vidéoprojecteurs
22. Routers
23. Serveurs physiques
24. Ecrans ordinateurs
25. Switch
26. Console de jeux
27. Capteurs IoT (Internet of Things

50
Bibliographie :
- ADEME, Janvier 2021, La face cachée du numérique (ademe.fr)
- ADN OUEST, 2015, Livre blanc, Consommation énergétique des équipements
informatiques en milieu professionnel, http://www.adnouest.org/content/livre-
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- AGIT, 2015, Baromètre Green IT, http://alliancegreenit.org/green-it/barometre
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- Arcep, 2020, Pour un numérique responsable,
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- Berneman, Corinne, Lanoie, Paul, Plouffe, Sylvain and Vernier, Marie-France,
(2009), L’éco-conception: Quels retours économiques pour l’entreprise , No 09-
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publiques suffisantes pour faire face à l’accroissement des usages?
http://www.senat.fr/rap/r19-555/r19-5551.pdf
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51
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Groupe de travail "Lean ICT". Récupéré sur
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52
Sitographie :

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- Labels Environnementaux | Particuliers | Agir pour la transition écologique |
ADEME (consulté le 25/09/2021)
- Une nouvelle étiquette énergie en 2021   | Particuliers | Agir pour la transition
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- Blue Angel | The German Ecolabel (blauer-engel.de) (consulté le 25/09/2021)
- COPOLCO (iso.org) (consulté le 25/09/2021)
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(consulté le 25/09/2021)
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- ENERGY STAR Product Label | ENERGY STAR (consulté le 25/09/2021)
- About EPEAT | EPEAT Registry (consulté le 25/09/2021)
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qu'il faut savoir (frandroid.com) (consulté le 25/09/2021)
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- ISO - À propos de l'ISO (consulté le 25/09/2021)
- ISO - ISO 14000 — Management environnemental (consulté le 25/09/2021)
- ISO - ISO 50001 — Management de l'énergie (consulté le 25/09/2021)
- ISO - ISO 14040:2006 - Management environnemental — Analyse du cycle de
vie — Principes et cadre (consulté le 25/09/2021)
- L.1400 : Overview and general principles of methodologies for assessing the
environmental impact of information and communication technologies (itu.int)
(consulté le 25/09/2021)

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technologies de l'information et de la communication (itu.int) (consulté le
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- Comment ça marche - Label Numérique Responsable (label-nr.fr) (consulté le
25/09/2021)
- Mapping IT’s Green Opportunities, Christopher Mines, Forrester Research,
2009 (consulté le 25/09/2021)
- Les labels au niveau des produits - Numérique écoresponsable
(numerique.gouv.fr) (consulté le 25/09/2021)
- Recommandations de l'UIT-T (itu.int) (consulté le 25/09/2021)
- Nordic Swan Ecolabel - Svanen.se (consulté le 25/09/2021)
- Accueil | Portail Ordi3.0 (ordi3-0.fr) (consulté le 25/09/2021)
- Critères inclus dans TCO Certified (consulté le 25/09/2021)
- UN report: Time to seize opportunity, tackle challenge of e-waste (unep.org)
(consulté le 25/09/2021)

54
Introduction..............................................................................................................7
I. LES DIFFERENTES DEFINITIONS AUTOUR DU NUMERIQUE REPSONSABLE...........................9
1. TIC ET GES : DIFFERENTES DIMENSIONS POSSIBLES.........................................................9
2. GREEN IT : UNE EXPRESSION DUALE..............................................................................11
2.1. Green (for) IT..........................................................................................................11
2.2. IT for Green............................................................................................................12
3. DIFFERENTS CONCEPTS POUR ARRIVER AU NUMERIQUE RESPONSABLE.......................13
3.1. La Sobriété Numérique et l’éco-conception...........................................................13
3.2. Le Numérique Responsable....................................................................................14
II. ETAT DE L’ART DU NUMERIQUE RESPONSABLE.................................................................14
1. LES DIFFERENTES REGLEMENTATIONS ET NORMES.......................................................15
1.1. Les normes UIT.......................................................................................................15
1.2. Les normes ISO.......................................................................................................16
2. MESURER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU NUMERIQUE..........................................19
2.1. Définition de notre approche.................................................................................19
2.2. Une approche par le calcul énergétique.................................................................19
2.3. Une méthodologie basé sur une ACV simplifié.......................................................21
2.4. Une méthodologie mixte........................................................................................21
3. UNE META-ANALYSE DE L’IMPACT ENVIRONNEMENTALE DU NUMERIQUE..................23
Graphique 1 :..............................................................................................................23
Graphique 2 :..............................................................................................................24
4. UNE MANQUE DE CONSCIENCE DE L’IMPACT DU SECTEUR...........................................25
4.1. Un périmètre compliqué à définir..........................................................................26
4.2. Une manque de données officielles........................................................................26
4.3. Les différents impacts possibles.............................................................................27
La phase de production..................................................................................................27
La phase d’utilisation......................................................................................................28
La phase de fin de vie.....................................................................................................29

55
III. REDUIRE SON EMPREINTE ENVIRONNEMENTALE..........................................................30
1. LES LABELS ET ETIQUETTES ENVIRONNEMENTAUX........................................................30
1.1. Les principaux labels existants................................................................................31
Le label EPEAT................................................................................................................31
La certification TCO, une alternative au label EPEAT......................................................33
1.2. Des labels officiels moins répandus au sein du numérique....................................34
L’écolabel européen ......................................................................................................34
Le label Blue Angel.........................................................................................................34
Energy Star : c’est une certification utile ?.....................................................................35
Cygne Blanc....................................................................................................................35
1.3. Les labels non officiels mais fiables........................................................................36
Label Numérique Responsable.......................................................................................36
Label Ordi 3.0 ................................................................................................................37
1.4. Les étiquettes lors de l’achat des équipements......................................................38
L’étiquette d’énergie .....................................................................................................38
L’indice de réparabilité ..................................................................................................39
2. DES LEVIERS D’ACTION A DIFFERENTES ECHELLES..........................................................40
2.1. Leviers d’action à l’échelle du producteur..............................................................40
L’éco-conception............................................................................................................41
L’éco-conception des logicielles.....................................................................................42
2.2. Leviers d’action à l’échelle de l’utilisateur..............................................................43
2.3. Leviers d’action à l’échelle de la gouvernance........................................................43
3. Guide des bonnes pratiques...........................................................................................45
Tableau 1 :..................................................................................................................45
Conclusion..............................................................................................................49
Annexes:.....................................................................................................................50
Annexe 1.................................................................................................................50
Bibliographie :............................................................................................................50
Sitographie :...............................................................................................................52

56

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