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Alain Bouet

De la villa des Laurentes (région d'Ostie) à la villa du Griffon


(Vitrolles, Bouches-du-Rhône, France) : un système de
chauffage domestique
In: Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité T. 109, N°1. 1997. pp. 111-126.

Résumé
Alain Bouet, De la villa des Laurentes (région d'Ostie) à la villa du Griffon (Vitrolles, Bouches-du-Rhône) : un système original de
chauffage domestique, p. 111-126.

En décrivant sa villa des Laurentes, Pline le Jeune (Correspondance II, 17), mentionne un système de chauffage original par
convection. Ce type d'aménagement se retrouve à la même époque (fin du Ier siècle ap. J.-C. ou début du siècle suivant) dans la
villa du Griffon à Vitrolles ainsi que sur quelques autres sites de Gaule méridionale. Texte antique et archéologie se complètent
mutuellement. Cette confrontation apporte des données nouvelles sur le problème, débattu depuis la fin du XLXe siècle, de
l'angusta fenestra de Pline et sur l'évolution des différents modes de chauffage domestique. À la vision chronologique jadis
envisagée le chauffage décrit par Pline serait antérieur à celui obtenu par un hypocauste placé directement sous l'espace à
réchauffer. Il convient de substituer une concomitance et une complémentarité des deux modes, le premier étant modéré et
facilement réglable, le second, plus intense, mais gérable à plus long terme.

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Bouet Alain. De la villa des Laurentes (région d'Ostie) à la villa du Griffon (Vitrolles, Bouches-du-Rhône, France) : un système
de chauffage domestique. In: Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité T. 109, N°1. 1997. pp. 111-126.

doi : 10.3406/mefr.1997.1979

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-5102_1997_num_109_1_1979
ALAIN BOUET

DE LA VILLA DES LAURENTES (REGION D'OSTIE)


À LA VILLA DU GRIFFON (VITROLLES,
BOUCHES-DU-RHÔNE, FRANCE) : UN SYSTÈME
ORIGINAL DE CHAUFFAGE DOMESTIQUE

1 - Introduction

Dans une lettre célèbre1, Pline le Jeune vante les charmes de sa villa
des Laurentes située dans la région d'Ostie. Au fil d'une description minut
ieuse, il mentionne l'existence d'une pièce chauffée grâce à un ingénieux
système. Bien qu'anecdotique, ce passage offre l'intérêt d'apporter des pré
cisions sur le chauffage domestique mieux connu par l'archéologie que par
les textes. Généralement assez peu répandu dans les habitats de Gaule mér
idionale, il se retrouve cependant parfois dans certaines domus à partir du
IIe s. ap. J.-C, mais surtout à l'époque tardive dans quelques villae : il s'agit,
selon les cas, d'une pièce placée directement sur un hypocauste à pilettes, à
l'instar des salles chauffées thermales, ou d'un espace aménagé sur canaux
rayonnants2. Le témoignage de Pline permet d'appréhender une technique
moins courante qu'illustre la villa du Griffon à Vitrolles. Textes antiques et
archéologie s'éclairent mutuellement.

2 - La villa des Laurentes de Pline le Jeune : données textuelles

Dépeignant sa villa des Laurentes3, Pline le Jeune, s'attarde sur un petit


pavillon, aménagé à l'écart de l'habitation :

1 Pline le Jeune, Correspondance, II, 17.


2 Des exemples intéressants se retrouvent dans la villa des Prés-Bas à Loupian
(Hérault).
3 La villa de la Palombaro, dans les environs d'Ostie, a longtemps été considérée
comme la demeure décrite par Pline. Cette interprétation a été remise en cause il y a
peu. Voir : C. Pavolini, Ostia, Rome, 1983, p. 245-247.

MEFRA - 109 - 1997 - 1, p. 111-126.


112 ALAIN BOUET

20. In capite xysti, deinceps cryptoporticus, horti, diaeta est, amores mei,
re uera amores. Ipse posui. In hac heliocaminus quidem alia xystum, alia
mare, utraque solem, cubiculum autem ualuis crytoporticum, fenestra prospi-
cit mare. 21. Contra parietem medium zotheca perquam eleganter recedit,
quae specularibus et uelis obductis reductisue modo adicitur cubiculo, modo
aufertur. Lectum et duas cathedras capit; a pedibus mare, a tergo uillae, a ca
pite siluae; tot facies locorum totidem fenestris et distinguit et miscet. 22.
Iunctum est cubiculum noctis et somni. Non illud uoces seruulorum, non mar
is murmur, non tempestatum motus, non fulgurum lumen ac ne diem qu
idem sentit nisi fenestris apertis. Tarn alti abditique secreti ilia ratio, quod in-
teriacens andron parietes cubiculi hortique distinguit atque ita omnem so-
num media inanitate consumit. 23. Adplicitum est cubiculo hypocauston
perexiguum, quod angusta fenestra suppositum calorem, ut ratio exigit, aut
effundit aut retinet.
20. «Au bout de la terrasse, puis de la galerie, du jardin, est un pavillon,
délices de mon cœur, oui bien, délices de mon cœur. C'est moi qui l'ai mis là.
On y trouve une étuve solaire, ayant vue d'un côté sur la terrasse, de l'autre
sur la mer, des deux sur l'astre lumineux; une chambre à coucher donnant par
une double porte sur la galerie et par une fenêtre sur la mer. 21. Le milieu
d'une des parois est occupé par une alcôve qui s'y enfonce d'une manière
charmante; au moyen de vitres et de rideaux s'ouvrant et se fermant, on peut à
volonté la réunir à la chambre ou l'en séparer. Elle renferme un lit et deux
chaises. Étendu là, on a à ses pieds la mer, derrière soi des villas, à sa tête des
bois; ces diverses vues vous sont présentées à la fois séparément et toutes en
semble par un même nombre de fenêtres. 22. À côté est une chambre pour la
nuit et le sommeil. Ce lieu ne perçoit ni les voix des esclaves, ni le grondement
de la mer, ni l'ébranlement des tempêtes, ni la lueur des éclairs, pas même la
lueur du jour, sauf quand les fenêtres sont ouvertes. La profondeur de cette
retraite et de cet isolement s'explique par l'existence d'un corridor entre le
mur de la chambre et celui du jardin, aussi les bruits viennent-ils expirer dans
le vide des parois. 23. Contre cette chambre est une toute petite pièce de
chauffage ayant une bouche étroite par laquelle la chaleur venue d'en bas est
réglée, tantôt déversée, tantôt retenue». (Traduction A. M. Guillemin, Paris,
1969)
La description de Pline le Jeune est tout à fait intéressante, bien que
cette forme d'écriture procède d'un jeu littéraire où la forme prédomine
parfois sur la réalité à décrire4. Le système de chauffage domestique qu'il
évoque, très original, fait cependant partie des structures existant dans la
villa et n'a rien à voir avec un effet de style. La chaleur ne provient pas du
sol qui serait placé sur hypocauste5, mais d'une petite pièce adjacente qui
communique avec le cubiculum par une ouverture réglable (peut-être par

4 Voir X. Lafon, Villa maritima. Recherches sur les villas littorales de l'Occident
romain du IIe s. avant J.-C. au IIe s. après J.-C. Thèse de doctorat dactylographiée,
Aix-en-Provence, 1991, p. 490.
5 Dans sa villa de Toscane, Pline le Jeune décrit une chambre chauffée par un
DE LA VILLA DES LAURENTES À LA VILLA DU GRIFFON 113

un volet?) permettant de moduler la température. C'est donc bien l'espace


voisin qui est sur hypocauste (la chaleur vient d'en bas, dit l'auteur). On ne
peut pas imaginer en effet que la totalité de la petite pièce ne soit en fait
qu'une simple chambre de chaleur, les gaz pouvant alors se répandre abon
damment dans le cubiculum par l'intermédiaire de l'ouverture et faire cour
irdes risques d'asphyxie. Celle-ci possède en fait un hypocauste qui va ré
chauffer l'espace se trouvant au-dessus; ce n'est que ce dernier qui va être
en communication avec le cubiculum voisin. Nous sommes donc en pré
sence d'un chauffage non par rayonnement, mais par convection.

3 - La villa du Griffon à Vitrolles : données archéologiques

Le texte de Pline trouve un écho particulier dans la villa du Griffon6


mise au jour lors de plusieurs campagnes de fouilles entre 1976 et 1981. Le
bâtiment, qui couvre une superficie de 2500 m2, n'est pas connu dans sa to
talité (fig. 1). Édifié à la fin du Ier s. ou au début du IIe s. ap. J.-C.7, il est
abandonné dans le courant de ce même siècle avant d'être réoccupé très
partiellement au IVe s. ap. J.-C. L'ensemble s'articule autour d'une cour de
forme trapézoïdale (7). Deux secteurs sont particulièrement connus : au
sud-ouest de petits thermes, au nord-est, une série de pièces organisées au
tour d'un espace sur hypocauste (4). L'aile méridionale a pu servir de bât
iments agricoles, comme en témoigne le secteur (10) recelant des dolia.
La zone nord-est, composée d'au moins six espaces, est particulièr
ement intéressante. L'accès s'y faisait depuis la cour par un couloir (6) mar
qué par deux bases de piliers. La pièce (2), d'une superficie de 19,20 m2
(6 m χ 3,20 m), présente un sol en béton de tuileau et des murs recouverts
d'enduits peints portant la trace de nombreux graffitis; toute la partie ouest
a été détruite par une tranchée nord-sud moderne. Elle est séparée de la
pièce (1) (11,52 m2 : 3,60 m χ 3,20 m) par une cloison en terre crue large
d'environ 0,25 m; le sol est là aussi en béton de tuileau. Cette salle commun
ique au nord avec l'espace (3) de 7,82 m2 (3,40 m χ 2,30 m) au sol iden-

système d'hypocauste {Correspondance, V, 6, 24-25). Il en est de même pour une


autre pièce de la villa des Laurentes (Correspondance, II, 17, 9).
6 Le site n'a pas été publié de façon exhaustive. La description en est donc suc
cincte. Voir : M.-E. Bellet et C. Tendeiro-Barbezange, Note provisoire sur le site gallo-
romain du Griffon à Vitrolles, dans Bulletin archéologique de Provence, 5-6, 1980,
p. 82-91. M.-E. Bellet, Guide archéologique des rives de l'étang de Berre. Aix-en-Pro-
vence, 1979. M.-E. Bellet et K. Roger, Vitrolles. Le Griffon, dans Formes de l'habitat
rural en Gaule Narbonnaise, 2, Juan-les-Pins, 1994.
7 Les murs sont édifiés en petit appareil.

MEFRA 1997, 1
114 ALAIN BOUET

■ίIllustration non autorisée à la diffusionr

10

Ι^Β Etat principal de la villa


tÊÊM Structures antérieures ou postérieures à l'état principal 10 m
Pr : Praefurnium

Fig. 1 - Plan de la villa du Griffon à Vitrolles, d'après Bellet 1979, p. 50.

tique au précédent. Son niveau est cependant plus élevé et l'on passait de
l'un à l'autre par l'intermédiaire d'une marche. Ces deux zones ont, elles
aussi, été en grande partie détériorées par une tranchée parallèle à la pré
cédente. Le fouilleur considère qu'il s'agit de deux salles distinctes; nous
pensons qu'il n'en est rien. En effet, le plan montre clairement que l'ouver
ture mesure 2 m, c'est-à-dire plus de la moitié de la longueur du mur mi
toyen. L'espace (3) est en fait une annexe, une alcôve surélevée par rapport
à l'espace (1). De la pièce (5), seul l'angle nord-est est connu, de même que
la nature de son sol fait d'un béton de tuileau. Le fouilleur émet l'hypothèse
d'une limite dans le prolongement de la paroi occidentale de la pièce (2); sa
superficie serait alors de 11,90 m2 (4,10 m χ 2,90 m). Au centre de ces
pièces, se trouve l'espace (4), large de 1,20 m et long de 2,90 m. Sa partie
nord n'est pas fouillée, mais on peut penser que sa limite se situe dans le
prolongement de celle de la pièce (5). Bien que la suspensura ait disparu, il
a livré des vestiges d'hypocauste : trois séries de pilettes dans le sens est-
DE LA VILLA DES LAURENTES À LA VILLA DU GRIFFON 115

ouest et six restituables dans le sens nord-sud. Le niveau du sol de l'hypo-


causte est inférieur à celui du sol des pièces voisines. Le praefurnium doit
être cherché dans le mur nord de la pièce, non encore dégagé. Pour le fouil-
leur, «il s'agit là sans doute des restes d'un chauffage central par rayonne
ment destiné à chauffer les pièces précédemment décrites8». Sa largeur,
peu importante, doit encore être réduite si l'on tient compte de la présence
des tubuli ou des bobines plaquées contre les murs pour évacuer les gaz
chauds. En l'absence de cheminées emmurées, ce type de chauffage par les
murs s'impose. On peut penser raisonnablement à une largeur utilisable in
férieure à 1 m (fig. 2).
Cet aménagement mérite d'être plus amplement étudié. L'espace (4),
par sa petite taille, est, à première vue, surprenant. Plusieurs restitutions
peuvent être proposées :
- il peut s'agir d'une pièce indépendante. Sa largeur minime incite à la
prudence et l'on ne voit pas quelle fonction pourrait avoir eu cet espace
dont la superficie est bien inférieure à celle des plus petites pièces à voca
tion balnéaire.
- il peut s'agir de la partie chauffée d'une pièce plus vaste. Un tel amé
nagement existe dans la domus de la Rue des Colonnes à Vienne (Isère)9,
dans celle située sous le Lycée de Saint-Romain-en-Gal (Rhône)10 ou en
core dans la villa des Prés-Bas à Loupian (Hérault)11. Dans le cas de la villa
du Griffon, il est cependant clair que le sol de béton de la pièce (5), la seule
auquel l'espace pourrait être rattaché, vient butter contre le mur oriental,
ce qui suffit à exclure cette hypothèse.
- le positionnement tout à fait particulier de cet espace, enserré au mi
lieu d'autres, permet de proposer comme restitution le système décrit par
Pline le Jeune.

4 - Données nouvelles sur le problème de Langusta fenestra de Pline

Texte et vestiges archéologiques permettent d'apporter une solution


nouvelle au problème de l'angusta fenestra de Pline, à l'origine d'une que-

8 Bellet 1980, op. cit., p. 85.


9 R. Lauxerois et J. Tardieu, Recherche sur l'habitat antique à Vienne. Le site de
«la Rue des Colonnes», dans Bulletin de la Société des amis de Vienne, 77 - 1, 1982,
p. 29-44.
10 M. Leglay, Gallia, Informations archéologiques, XXXLX, 1971, p. 421-425.
11 Renseignement Chr. Pellecuer.
116 ALAIN BOUET

TUBULI

CHEMINEE AVANCEE CHEMINEE EMMUREE

SUSPENSURA

PILETTE

CHAMBRE DE
CHALEUR
SOL
DE L'HYPOCAUSTE

Fig. 2 - Coupe schématique d'un hypocauste. Cheminées emmurées et tubuli ne se


retrouvent pas dans une même pièce chauffée. Schéma de l'auteur.

relie12 entre chercheurs, de la fin du XIXe s. au milieu du XXe s., l'hypo-


causte apparaissant comme un système de chauffage soit direct, soit indi-

12 Cette querelle scientifique est résumée dans J.-M. Degbomont, Hypocaustes,


Liège, 1984, p. 202-205.
DE LA VILLA DES LAURENTES À LA VILLA DU GRIFFON 117

rect. En 1897, L. Jacobi13, se basant sur des fouilles réalisées à son époque
et sur le texte de Pline, pensait que l'air chaud provenait directement de la
chambre de chaleur au moyen de tubuli pouvant être obturés par une
plaque de terre cuite ou d'argile. En fait, il s'agissait probablement de
conduits d'air chaud, disposés uniquement dans les angles des pièces afin
de servir de cheminées, et que l'état d'arasement des vestiges et les tech
niques de fouille de l'époque avaient fait interpréter comme sortant dire
ctement dans la pièce14. Pour Jacobi, Y angusta fenestra aurait alors été l'ou
verture du tubulus. Cette hypothèse a été battue en brèche par F. Krentch-
mer15 en 1953, partisan de la thèse du chauffage indirect. Pour lui, la
chambre de chaleur ne présente aucune communication avec la pièce elle-
même. L'angusta fenestra de Pline est en fait une ouverture réglable dispo
sée entre deux chambres de chaleur permettant de réguler la répartition
des gaz, et donc de la chaleur. Krentschmer ne mentionne qu'un exemple
de fermeture à glissière, et encore faudrait-il être sûr qu'il s'agisse bien
d'une fermeture pour passage d'air chaud et non pas de celle d'un praefur-
nium. J.-M. Degbomont reprend cette idée16 et applique le schéma aux
thermes de Glanum (Saint-Rémy-de-Provence, Bouches-du-Rhône) dans
lequel il restitue des fermetures réglables dans les passages entre les
chambres de chaleur des pièces sur hypocauste. Cet exemple n'est pas du
tout convaincant et l'auteur reconnaît lui-même qu'aucune trace d'ancrage
n'est mentionnée par le fouilleur17. L'examen minutieux du bâtiment n'en
révèle pas plus. Il nous semble que cette idée d'obturation du passage d'air
chaud est à exclure. Hormis l'absence d'ancrage - dont nous n'avons pas re
trouvé trace dans les hypocaustes de Gaule narbonnaise - qui aurait pu t
émoigner d'une fermeture effective, on ne voit pas comment on aurait pu ré
gler un tel système situé dans la chambre de chaleur sans communication
avec l'extérieur. Nous pensons donc plutôt que Y angusta fenestra de Pline
doit être interprétée comme une ouverture mettant en relation le réservoir

13 L. Jacobi, Das Römerkastell Saalburg bei Homburg von der Höhe, Homburg
von der Höhe, 1897.
14 Des tubuli disposés uniquement dans les angles d'une pièce se retrouvent
dans une des salles chauffées des thermes de la villa de Saint-Hermentaire à Dra-
guignan (Var). Z. d'Agnel d'Acigne, Une station et des thermes gallo-romains à Saint-
Hermentaire près Draguignan, dans Bulletin de L· société d'études scientifiques de Dra-
guignan, XXVI, 1906-1907, p. 55.
15 F. Krentchmer, Hypokausten, dans Saalburg Jahrburg, XII, 1953, p. 1-40.
16 Degbomont 1984, op. cit., p. 188-189.
17 H. Rolland, Les thermes, dans Fouilles de Glanum (Saint-Rémy-de-Provence).
1er Suppl. à Gallia, Paris, 1946, p. 49-65.
118 ALAIN BOUET

calorifère placé sur hypocauste et la pièce de vie à chauffer. Il s'agit donc


d'un système de chauffage indirect par convection.
Il faut se demander si les vestiges de la villa du Griffon ne sont pas l'
il ustration archéologique de la description de Pline. En effet, la petite pièce
(4) a pu jouer ce rôle de réservoir calorifère et ainsi chauffer, grâce à de pe
tites ouvertures, les pièces environnantes (2), (3) et (5) (fig. 3 et 6A).
Autre similitude encore entre la villa du Griffon et la description de
Pline, où ce système particulier sert de chauffage à une chambre à coucher.
Nous avons vu que les espaces (1) et (3) ne formaient qu'une seule pièce, le
dernier n'étant qu'une alcôve surélevée. L'accès, décentré par rapport à
l'axe de la salle, crée ainsi un emplacement large d'environ 1 m et long de
2,30 m contre la paroi orientale, correspondant tout à fait à l'emplacement
d'un lit18. On peut donc proposer comme fonction à la pièce (l)-(3), celle
d'une chambre à coucher chauffée, identique à la description qu'en donne
Pline pour sa villa des Laurentes19. Il faut enfin mentionner que ces deux
exemples sont contemporains : Pline, qui écrit à l'extrême fin du Ier s. ap.
J.-C.20, précise que le pavillon dans lequel se trouve ce système de chauffage
a été édifié par lui-même21, ce qui n'est pas le cas, par conséquent, pour le
reste de la villa, plus ancien22. La villa du Griffon, quant à elle, a été
construite vers la fin du Ier s. ap. J.-C. ou au début du siècle suivant.
Ce système de chauffage a, depuis toujours, posé problème aux au
teurs qui ont essayé de recomposer, plus ou moins fidèlement, le plan de la
villa de Pline. De la trentaine de tentatives réalisées entre 1615 et 198323,

18 Ce sont les mêmes dimensions que celles des alcôves visibles dans certains
cubicula doubles. Citons, entre autres, la Maison aux deux Alcôves de Glanum, le
cubiculum de la villa de Poppée à Oplontis, celui de la villa des Mystères à Pompéi,
ceux de la villa de Settefinestre à Cosa.
19 Dans cette même villa, Pline décrit une chambre qui possède une alcôve s'ou-
vrant au milieu d'une des parois. Elle renferme un lit et deux chaises (II, 17, 21).
20 Le livre II aurait été publié entre 97 et 100 ap. J.-C.
21 Pline le Jeune, Correspondance, II, 17, 20.
22 A. W. Van Buren pense que le complexe terrasse, cryptoportique, bien qu'an
térieur à l'achat de la villa par Pline, remonte cependant à l'époque flavienne (A. W.
Van Buren, Laurentinum Plinii Minons, dans Rendiconti. Atti della Pontificia Accade
mia romana di archeologia (Serie III), XX, 1943-1944). Sur un exemple architectural
contemporain de ce type de cryptoportique, voir Tran Tarn Tinh, Quelques réflexions
sur le plan de la Casa dei Cervi à Herculanum, dans Ercolano 1738-1988. 250 anni di
ricerca archeologica. Atti del Convegno internazionale Ravello-Ercolano-Napoli-
Pompei. 30 ottobre-5 novembre 1988, Rome, 1993, p. 253-258.
23 Tänzer, The villas of Pliny the Younger, New York, 1924 et plus récemment
J.-P. Adam, La villa de Pline le Jeune aux Laurentes, dans La Lamentine et l'invention
de la villa romaine. Institut français d'architecture, Paris, 1982, p. 170-175.
DE LA VILLA DES LAURENTES À LA VILLA DU GRIFFON 119

Fig. 3 - Proposition de restitution du système de chauffage indirect par convection de la villa


du Griffon à Vitrolles. Restitution de l'auteur.
120 ALAIN BOUET

seules huit restituent effectivement une pièce adjacente à la chambre. Il s'a


git généralement d'un espace qui s'ouvre par une ou plusieurs portes sur
des pièces environnantes. Dans l'essai le plus récent, E. Salza Prina Ricott
i24 pense que la pièce à chauffer était dotée d'un petit hypocauste, ce qui
est une interprétation erronée, le texte étant clair à ce sujet.

5 - Succession dans le temps ou coexistence des systèmes de chauf


fageDOMESTIQUE?

Dans une étude récente, E. W. Black25 a mis en évidence ce système de


chauffage sur plusieurs sites de la Bretagne antique. Il a interprété, de plus,
les deux autres mentions par Pline26 de pièces chauffées comme apparte
nant à cette même catégorie. Il arrive à la conclusion que le chauffage do
mestique n'était qu'une idée nouvelle en Italie dérivée du chauffage des
bains, mise alors en pratique par le système de la pièce chaude adjacente.
Plusieurs témoignages, tant littéraires qu'archéologiques, prouvent
que ce schéma d'évolution n'est pas valable. Cicéron, dans une lettre à Atti-
cus27, mentionne la visite de l'architecte Chrysippe dans les «jardins» de
Scapula qu'il souhaite acquérir. Le domaine comprend deux ensembles
thermaux - un grand et un petit - et l'auteur évoque la possible tran
sformation du second en appartement d'hiver. La nouvelle fonction dévolue
à ces pièces n'est pas fortuite; il ne fait pas de doute que Chrysippe pensait
à réutiliser les hypocaustes qui permettraient de chauffer les nouveaux es
paces de vie. Un autre témoignage est apporté par Sénèque dans son traité
«De la Providence»26. Le texte, écrit probablement lors de l'exil corse de
l'auteur entre 41 et 48 ap. J.-C, témoigne d'une réalité qui remonte à la pre
mière moitié du Ier s. ap. J.-C. Il y décrit des salles à manger chauffées par
l'air chaud circulant sous le sol et dans les parois. Le dernier témoignage,
archéologique, concerne la villa d'Oplontis à Torre Annunziata (fig. 4).
Cette riche demeure, qui a, peut-être, appartenu à l'impératrice Poppée, a
fait l'objet d'une importante bibliographie29. Construite vers le milieu du Ier

24 E. Salza Prina Ricotti, La villa laurentina di Plinto il Giovane, dans // Lazio


nell'Antichità romana, dans Lunario romano, XII, Rome, 1982, p. 248.
25 E. W. Black, Hypocaust Heating in Domestic Rooms in Roman Britain, dans
Oxford Journal of Archaeology, 4, 1985, p. 77-92.
26 Correspondance, II, 17, 9 et Correspondance, V, 6, 24-25.
11 AU. XIII, 29, 2.
28 De Providentia TV, 9.
29 Voir, entre autres, A. De Franciscis, La villa romana di Oplontis, dans La parol
a del Passato, XXVIII, 1973, p. 453-466. A. De Franciscis, La villa romana di Oplon-
DE LA VILLA DES LAURENTES À LA VILLA DU GRIFFON 121

Illustration non autorisée à la diffusion

Fig. 4 : Plan du secteur des bains de la villa d'Oplontis à Torre Annunziata,


d'après De Franciscis 1975, p. 11.

s. av. J.-C, elle comprenait dès l'origine des bains composés de deux pièces
chaudes et une froide (3, 4, 15). La plus caractéristique était la pièce du
bain chaud (4) comprenant, à une extrémité, une abside recevant la vasque
(le tärum) et, sur le côté opposé, une niche destinée au bassin (le solium).
Toute cette zone a subi des transformations à l'époque augustéenne,
comme en témoigne la décoration de la pièce du bain chaud (4) caractéris
tique de la fin du IIe style-début du IIIe30. Bien que l'auteur n'en dise mot, il
est évident qu'à partir de ce moment, les bains ont perdu leur fonction : de
larges portes font communiquer les anciennes pièces du bain froid (15) et
du bain chaud (4) avec la petite cour à péristyle (14), dans la dernière au
détriment de l'abside du labrum toujours visible en partie sur le terrain. La
dimension des ouvertures ne permet plus de voir dans ces pièces un secteur
balnéaire, mais bien des pièces de vie chauffées. Le nouveau décor de la
dernière salle (4), qui prend en compte l'ouverture nouvellement créée, a
été placé sur des tegulae mammatae permettant le chauffage des parois.
L'hypocaiiste n'est pas visible dans cette pièce, car la suspensura est ici par
faitement conservée; elle l'est, par contre, dans l'ancienne salle tiède voi-

tis, dans XIII Convegno di studi sulla Magna Grecia, Naples, 1974, p. 341-352. A. De
Franciscis, La villa romana di Oplontis, dans Neue Forschungen in Pompeji, Deut
sches archäologisches Institut, 1975, p. 9-38.
30 De Franciscis 1975, op. cit., p. 12.
122 ALAIN BOUET

sine (3). Tout ce secteur devait être chauffé depuis la cuisine adjacente à la
salle du bain chaud (6).
Ces quelques exemples montrent que les pièces de vie chauffées, pla
cées sur hypocauste, n'ont pas été utilisées en Italie, contrairement à ce que
pense E. W. Black, postérieurement au système décrit par Pline. Il est à
l'inverse logique de l'envisager comme le plus ancien, puisque s'inspirant
directement du chauffage des thermes. Les deux types d'aménagement font
l'objet d'utilisations différentes : dans l'un - celui décrit par Pline - la tem
pérature pouvait être facilement réglée par les angustae fenestrae mais, à
l'inverse, elle ne devait pas être très élevée, dans l'autre, par contre, le
chauffage était moins immédiat, envisagé à plus long terme et permettait
probablement d'atteindre une température plus intense.
Le système décrit par Pline a-t-il perduré après le IIe s.? La domus des
Poissons d'Ostie, aménagée sur un bâtiment du IIe s. ap. J.-C. mais datable
des IIIe et IVe s. ap. J.-C, permet de répondre par l'affirmative (fig. 5). Cette
habitation comprend deux pièces chauffées. L'une d'elles (2), de petite
taille (environ 2 m χ 3,45 m), n'est accessible que par l'angle de la pièce
principale (3), un grand salon d'apparat qui s'ouvre largement sur le péri
style (1). Si cet espace a pu avoir une fonction propre, il est bien évident
que son positionnement tout à fait particulier avait pour finalité le chauf-

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ο 10 m
Fig. 5 - Plan de la domus des Poissons à Ostie,
d'après Becatti 1948, p. 117.
DE LA VILLA DES LAURENTES À LA VILLA DU GRIFFON 123

fage de la pièce de réception au moyen de la porte laissée ouverte31. En Bre


tagne antique, ce système se retrouve à Darenth, Block A32.
La Gaule narbonnaise pourrait aussi receler quelques exemples de
chauffage indirect par convection analogues à celui décrit par Pline. Dans
la villa des Prés-Bas à Loupian (Hérault)33, lors d'un remaniement daté du
IIIe s. ap. J.-C, est aménagée une petite pièce sur hypocauste (4) (fig. 6, Β)
de 2,25 m sur 2,95 m, placée en arrière des espaces bordant le péristyle. On
peut penser qu'elle a servi à chauffer deux d'entre eux et, peut-être, un tro
isième situé au sud. Il a pu en être de même dans la Maison d'Amour et Pan
à Sainte-Colombe-lès-Vienne (Rhône) où est mise en place, lors du dernier
état (état 5) daté au plus tôt des années 120 ap. J.-C, une petite pièce sur
hypocauste (6) d'environ 2 m sur 3,90 m34. Trois pièces richement décor
ées, ouvrant sur la cour à péristyle, l'encadrent. Il est tout à fait possible
que cet espace ait servi de chauffage indirect par convection pour les salles
environnantes. De tels systèmes ont pu également être utilisés dans la villa
de La Canourgue à Sauvian (Hérault)35 et, durant l'Antiquité tardive, à Nar-
bonne (Aude) sur le site du Clos de la Lombarde36. Une question se pose ce
pendant au sujet de ces pièces. Jouaient-elles seulement le rôle de réservoir
calorifère ou avaient-elles une fonction propre? Si la petitesse de l'espace
de la villa du Griffon permet d'envisager la première hypothèse, la superf
icieplus importante des autres fait naître quelques doutes. Nous avons vu
que, pour l'exemple d'Ostie, l'existence d'une porte fait pencher pour la
deuxième solution. Pour les sites de la Gaule narbonnaise, le très grand
état d'arasement des vestiges ne permet pas d'avoir une quelconque certi
tude, à l'exception peut-être de la Maison d'Amour et Pan à Sainte-Co
lombe-lès-Vienne où un fragment de mosaïque présentait un revers de sup
port plat et lisse, le mortier y ayant été coulé sur une brique. Cet élément a
toute chance d'appartenir à une suspensura37 . Dans cette hypothèse, il est

31 Sur les maisons d'Ostie, voir G. Becatti, Case ostiensi del tardo impero, dans
Bolletino d'arte, Série IV, 1948, p. 102-128 et 197-224.
32 Black 1985, op. cit., p. 80.
33 M. Lugand et Chr. Pellecuer, La région de Mèze et la villa des Prés-Bas à Lou
pian (Hérault) : contribution à l'étude du littoral languedocien, dans Les campagnes de
la France méditerranéenne dans l'Antiquité et le haut Moyen Âge. Études microrégio
nales (DAF, 42), 1994, p. 252, fig. 7.
34 A. Le Bot-Helly, Sainte-Colombe-lès-Vienne (Rhône) : les mosaïques de la Mai
son d'Amour et Pan, dans La mosaïque gréco-romaine, IV, 1994, p. 331-375.
35 Renseignement O. Ginouvez.
36 Renseignement M. et R. Sabrié.
37 Le Bot-Helly 1994, op. cit., p. 339.
124 ALAIN BOUET

1 ι1; 2

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10 m

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Fig. 6 - Hypothèse de restitution du chauffage indirect par convection dans quelques


habitations de Gaule narbonnaise. A : villa du Griffon à Vitrolles, d'après Bellet
1979, p. 50; Β : villa des Prés-Bas à Loupian, d'après Lugand, Pellecuer 1994, p. 252;
C : Maison d'Amour et Pan à Sainte-Colombe-lès- Vienne, d'après Le Bot-Helly 1994,
pi. CCXXII.

évident que la pièce devait avoir sa fonction propre, car on ne voit pas l'uti
lité d'un sol mosaïque dans un espace servant uniquement de réservoir ca
lorifère. Vu sa taille, il peut s'agir également de petits thermes, servant en
même temps de chauffage par convection. Les deux fonctions ne sont pas,
DE LA VILLA DES LAURENTES À LA VILLA DU GRIFFON 125

selon nous, incompatibles. On est peut-être là en présence d'une évolution


du type de chauffage tel que le décrit Pline. À l'origine (Ier s. ap. J.-C.?), l'e
space chauffé n'aurait servi que de réservoir calorifère, les architectes lui
donnant par la suite une fonction propre. De plus, la présence, comme
dans la Maison des Poissons d'Ostie, d'une porte entre l'espace chauffé et la
pièce à chauffer devait donner au système une plus grande efficacité que
les petites ouvertures, tout en conservant les mêmes avantages, à savoir la
modulation de la température par la simple fermeture de celle-ci.

6 - Conclusion

Nous pensons donc qu'il faut appréhender les différents modes de


chauffage domestique non avec une vision chronologique - les différents
types se seraient succédé les uns aux autres - mais plutôt en concomitance,
avec peut-être des évolutions propres à chacun. Le chauffage par hypo-
causte - dérivé de celui des bains - serait le plus anciennement utilisé,
avant que n'apparaisse, dans la deuxième moitié du Ier s. ap. J.-C, le chauf
fageindirect tel que Pline le décrit. Bien loin de se concurrencer, ils se
complètent, permettent des chauffages différents des pièces selon les désirs
et les finances des propriétaires. Il est bien évident que la dépense en
combustible était moins importante dans le cadre d'un chauffage indirect
par convection que dans celui d'un indirect par rayonnement; il avait pour
avantage d'être plus facilement modulable, mais à l'inverse, il ne devait pas
permettre une température très élevée. À ces types de chauffage domest
ique,d'autres sont venus s'ajouter : les hypocaustes à canaux rayonnants à
partir du IIe s. ap. J.-C, le chauffage par l'intermédiaire de banquettes
chauffées comme dans la Maison du Lion de Saint-Romain-en-Gal
(Rhône), celle à la Banquette du Verbe Incarné à Lyon (Rhône)38 ou encore
dans la villa de Pataran à Aigues-Vives (Gard)39.
Le chauffage domestique par hypocauste reste malgré tout un phéno
mènerelativement peu répandu, surtout à haute époque, en Gaule narbon-
naise40. Le fait est en partie dû à la survivance d'habitudes différentes fai-

38 H. Savay-Guerraz, J.-L. Prisset et E. Délavai, Urbanisme et architecture domest


iqueà Saint-Romain-en-Gal (Rhône, France), quartier de Vienne gallo-romaine (Ier s.
av. J.-C.-IIl· s. ap. J.-C), dans Mediterraneo, 2, 1993, p. 92. E. Délavai, Un îlot d'habi
tations romaines à Lyon (Ier siècle av. J.-C.-IIl· siècle ap, J.-C). Clos du Verbe Incamé,
colline de Fourvière, dans Mediterraneo, 4, 1994, p. 210.
39 K. Roger, Aigues-Vives, Pataran, dans Formes de l'habitat en Gaule Narbon-
naise 1, Juan-les-Pins, 1993, p. 4.
40 Pour le Nord de la Gaule, le phénomène, bien que plus développé, reste toute-
126 ALAIN BOUET

sant appel à des systèmes plus simples. Ainsi en est-il de l'utilisation de bra
seros41, attestée par des traces de rubéfaction retrouvées sur plusieurs sols
d'habitat.

Alain Bouet

fois assez limité dans les établissements ruraux de l'Antiquité tardive, comme a pu le
constater P. Van Ossei, Établissements ruraux de l'Antiquité tardive dans le Nord de la
Gaule. 51e Suppl. à Gallia, 1992, p. 129). En revanche, Julien l'Apostat note qu'à Lu-
tèce ce type de chauffage est très courant, probablement par comparaison avec ce
qu'il avait pu voir dans des régions plus méridionales (Misopogon, 7).
41 Pour les traces laissées sur les sols de l'habitat du quartier bas d'Ambrussum,
voir J.-L. Fiches et alii, L'oppidum d'Ambrussum et son territoire. Fouilles au quartier
du Sablas (Villetelle, Hérault) : 1979-1985, Paris, 1989, p. 85. Un brasero a été retrou
vé à Orange (renseignement J.-M. Mignon). Notons que Julien l'Apostat, malgré l'hy-
pocauste permettant le chauffage de sa chambre, préfère avoir recours au brasero,
ce qui faillit l'asphyxier dans son sommeil (Misopogon, 7).