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Guerres napoléoniennes

Les guerres napoléoniennes sont en partie le


prolongement des guerres engendrées par la Guerres napoléoniennes
Révolution française de 1789, et durèrent tout au
long du Premier Empire de Napoléon Ier. Il n’existe
pas de consensus sur leur point de départ. Certains
considèrent qu’elles commencent lors du coup d'état
du 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799) par le
général Bonaparte. D’autres prolongent les guerres
de la Révolution française jusqu’en 1802, et estiment
que la déclaration de guerre du Royaume-Uni à la
France en 1803, après la courte période de paix qui
suit le traité d'Amiens (1802), est le point de départ
La bataille d'Austerlitz.
des guerres napoléoniennes.
Informations générales
De 1792 à 1815, sept coalitions — incluant toutes le
Royaume-Uni — se forment contre la France, durant
ce qu'on appelle les guerres de Coalitions. Pendant Date 18 mai 1803 –
les guerres de la Révolution française, la France bat 20 novembre 1815
la Première Coalition, puis, sous le Consulat de (12 ans, 6 mois et 2 jours)
Napoléon Bonaparte, elle défait la Deuxième
Coalition. Devenu empereur, Napoléon bat Traités de paix
l'Autriche et la Russie lors de la Troisième Coalition Traité d'Amiens le
(batailles d'Ulm d'Austerlitz), la Prusse et la Russie 25 mars 1802
lors de la Quatrième Coalition (Iéna, Eylau, Traité de Presbourg le
Friedland), puis l'Autriche seule lors de la 26 décembre 1805
Cinquième Coalition (Eckmühl, Wagram). Mais Traité de Tilsit le 7 juillet 1807
tandis que la Grande Armée triomphe en Europe Traité de Schönbrunn le
centrale, elle s'enlise dans une longue guerre 14 octobre 1809
d'occupation en Espagne, et l'Angleterre domine les Traité de Fontainebleau le
mers à partir de la bataille de Trafalgar. Après 14 avril 1814
l'échec d'une tentative d'invasion de la Russie par la Lieu Europe, océan Atlantique,
France, la Sixième Coalition est victorieuse à
océan Indien, mer
Leipzig et renverse Napoléon en 1814. L'année
Méditerranée, mer du Nord,
suivante, l'Empereur revenu au pouvoir est
río de la Plata, Guyane, Indes
définitivement vaincu par la Septième Coalition à
occidentales, Amérique du
Waterloo.
Nord.
Ces guerres révolutionnent les armées européennes Issue
et notamment l’emploi de l’artillerie, ainsi que toute Victoire des Alliés
l’organisation militaire, à une échelle jamais vue Ouverture du Congrès de
auparavant, due principalement à l’introduction Vienne
moderne de la conscription de masse. La France, sur
l’élan des conquêtes révolutionnaires, voit sa Chute du Premier Empire
puissance croître rapidement et étend sa domination Abdication de
au continent entier. La chute est plus rapide encore, Napoléon Ier
de la désastreuse retraite de Russie à la bataille de
Waterloo, jusqu’à ce que la dynastie des Bourbons Renversement des
soit provisoirement restaurée en France. L’ensemble équilibres entre les
de tous ces conflits fit un total de morts compris différentes puissances
entre 3,5 et 6,5 millions de personnes. européennes
Remaniements
frontaliers et formation
Sommaire de nouveaux États
Montée progressive du
Dénomination
libéralisme et du
Guerres de la Révolution française nationalisme en Europe
(1792–1802)
Création de la Sainte-
La Paix d’Amiens
Alliance
Guerre maritime
Pax Britannica
Guerre de la Troisième Coalition (1805)
Belligérants
Guerre de la Quatrième Coalition (1806-
1807) Empire français Alliés
Guerre de la Cinquième Coalition (1809)  Duché de Varsovie Royaume-Uni de
Guerre d'Espagne  Royaume d'Italie Grande-Bretagne et
La Cinquième Coalition Danemark-Norvège d'Irlande

Guerre de la Sixième Coalition (1812- Confédération du Empire d'Autriche


1814) Rhin Empire russe
Campagne de Russie (1812)  Royaume de Naples
Royaume de
Campagne d’Allemagne  Royaume d'Espagne
Prusse
Campagne de France  Royaume d'Étrurie
Royaume d'Espagne
 Royaume de
Guerre de la Septième Coalition (1815) Hollande Royaume de Suède
Royaume des Deux-Sicile
Aspects économiques et logistiques Confédération suisse
Royaume de Portugal
Conséquences politiques Royaume de
Héritage militaire Sardaigne
Royaume de Hanovre
Les derniers vétérans
Royaume des Pays-
Notes et références Bas
Voir aussi Duché de Brunswick
Bibliographie Mecklembourg-
Articles connexes Schwerin
Nassau-Usingen
Liens externes
Électorat de Hesse
Grand-duché de

Dénomination Toscane
Liechtenstein
Royalistes français
On les appelle aussi les guerres de la Révolution et
États pontificaux
de l'Empire, si l'on considère qu'il s'agit
essentiellement de la suite des guerres de défense de Confédération suisse
la Révolution française, attaquée par les monarchies
européennes coalisées. En revanche, certaines De 1813 à 1815 :
prirent un caractère de guerre d'occupation et de Grand-duché de
conquête indéniable, telle que la campagne Bade
d'Espagne, qui est désormais appelée en raison de Royaume de
son caractère de guerre de libération la guerre Bavière
d'indépendance espagnole.
Royaume de Saxe
Les Européens nomment parfois la période de Royaume de
guerres continuelles comprise entre le 20 avril 1792 Wurtemberg
(déclaration de guerre de la France à l'Autriche) et le Commandants
20 novembre 1815 la grande guerre française (avant
la Première Guerre mondiale, on l’appelait Napoléon Ier George III
simplement la Grande guerre). Józef Poniatowski François Ier
Enfin, on considère parfois qu’elles forment la Frédéric VI Alexandre Ier
dernière partie de la Seconde Guerre de Cent Ans Prince Eugène Frédéric-Guillaume I
franco-britannique. Joachim Murat Ferdinand VII
Louis Ier Charles XIV Jean
Guerres de la Révolution Jérôme Ier Ferdinand Ier
française (1792–1802) Joseph Ier Marie Ire
Marie-Louise Victor-Emmanuel
Après une première tentative d’écraser la Révolution Frédéric-Auguste Ier
française par une coalition (1792 – 1797) (qui
Ier Carl August von
regroupe l’Autriche, la Prusse, l’Espagne, la
Maximilien Ier Alten
Grande-Bretagne et plusieurs petits pays), coalition
vaincue par la mobilisation générale française (levée Frédéric Ier Guillaume Ier
en masse, réforme militaire de Lazare Carnot et Frédéric-
guerre totale), la France victorieuse avait annexé la Guillaume
Rhénanie et les Pays-Bas autrichiens. La conquête Frédéric-François
des Provinces-Unies (qui déclarent la guerre à la Ier
France en 1793) et leur transformation en
Frédéric-Auguste
République batave (19 janvier 1795, reconnue par le
traité de la Haye quatre mois plus tard), avait Guillaume IX
précédé l’abandon de la Prusse, puis de l’Espagne, Ferdinand III
la même année. Enfin, la victorieuse campagne de Franz von
Bonaparte en Italie (1796-97) détache tout d’abord Bachmann
le Piémont de la coalition, puis les États pontificaux,
et enfin oblige l’Autriche à signer le traité de Jean Ier
Campo-Formio. Louis XVIII
Forces en présence
La Grande-Bretagne, dernière puissance encore en
guerre contre la France, finance une Deuxième 2 175 000 2 100 000
Coalition avec l’Autriche, la Prusse, la Russie, le
200 000 1 000 000
Portugal, le royaume de Naples, le pape et l’Empire
ottoman. Le gouvernement corrompu et instable de 180 000 750 000
1
la France (voir Directoire) ne peut ni faire face aux 122 000 700 000
coups d’État, ni à la menace extérieure, privé de 80 000
2
390 000
ministre comme Carnot ou de général comme
Bonaparte, parti en Égypte. Les armées françaises 50 000 75 000
3
sont battues, notamment par le général russe 26 000 67 000
4
Souvorov. 9 000 44 000
5
3 000 37 000
Napoléon Bonaparte quitte l’Égypte, où il laisse la
conduite de l’armée à Kléber, et prend le pouvoir par 35 000
Total : 2 845 000
le coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799). 27 000
La menace la plus pressante est alors la double 26 000
offensive autrichienne en Allemagne et en Italie. Le
22 000
premier Consul organise une armée dite «  de
réserve  », avec laquelle il traverse les Alpes et 17 000
6
remporte le 18 juin 1800 la bataille de Marengo, 17 000
complétée le 3 décembre par la victoire de Moreau 7
16 000
sur les Autrichiens à Hohenlinden. La paix est alors
signée au traité de Lunéville et seule reste en guerre Total : 5 323 000
contre la France la Grande-Bretagne, dont la flotte
est reine des mers, après une victoire contre une Pertes
escadre espagnole, les Espagnols étant à ce moment Civils et Militaires Civils et Militaires
alliés des Français, au cap Saint-Vincent, puis la
1 000 000 586 000
destruction de la flotte française à Aboukir
(1er août 1798). Elle menace les Antilles françaises, 100 000 400 000
et ses fonds suffisent à unir les puissances 100 000 376 000
continentales contre la France. De même, l’armée 100 000 312 000
autrichienne, malgré les nombreuses défaites,
250 000
continue d’être une menace. Total : 1 300 000
200 000
120 000
La Paix d’Amiens 30 000

Le traité d'Amiens (1802) établit la paix entre la Total : 2 274 000


France et le Royaume-Uni (la Grande-Bretagne est
unie en 1801 à l'Irlande pour devenir le Royaume- Notes
Uni), et met fin à la Deuxième Coalition. Cette paix 1 000 000 civils tués
n’est pas considérée comme durable, aucune des 2 500 000 à 3 500 000 morts au total
deux parties n’étant satisfaite. Le 18 mai 1803, les
Plus de détails : Pertes humaines lors des guerres
hostilités reprennent, mais l’objet du conflit passe du
napoléoniennes
rétablissement de la monarchie en France à la lutte
contre Bonaparte, proclamé Empereur le Guerres de Coalitions
18 mai 1804 et couronné le 2 décembre.
Batailles

Guerre maritime Deuxième Coalition

Celle-ci continue sans interruption : le Danemark et


Troisième Coalition
la Norvège, initialement neutres, s’enrichissent dans
le commerce grâce à la guerre, et mettent sur pied
une flotte. Après une démonstration de force Quatrième Coalition
(bombardement de Copenhague en 1801), la flotte
britannique capture la plus grande partie de la flotte
danoise lors de la seconde bataille de Copenhague Cinquième Coalition
en (1807). Le Danemark sort alors de sa neutralité,
et se livre à une guerre de course, où de petites
canonnières n’hésitent pas à attaquer des navires Guerre d'Espagne
britanniques bien plus grands. La Guerre des
canonnières prend fin avec la victoire britannique à
Sixième Coalition
Lyngør (en), où est coulé le dernier navire de guerre
danois, une frégate.
Septième Coalition
Lors de la reprise des hostilités, en 1805, le Royaume-Uni s’assure la maîtrise des mers par son écrasante
victoire sur la flotte franco-espagnole à Trafalgar (21 octobre 1805).

Les combats navals continuent cependant. Un affrontement naval aux Caraïbes a un effet direct et immédiat
sur le cours de la guerre, puisqu’il pousse Napoléon à se tourner vers le continent. L’influence
d’affrontements très éloignés les uns des autres est une caractéristique de ces guerres : des batailles livrées à
des milliers de kilomètres influencent le résultat les unes des autres, au point où l’on peut qualifier les guerres
napoléoniennes de guerre mondiale. Seule la guerre de Sept Ans a eu ce caractère de guerre mondiale
auparavant.

Guerre de la Troisième Coalition (1805)


Le 11 avril 1805, le Royaume-Uni et la Russie concluent un traité visant à expulser la France de Hollande et
de Suisse. Après l’annexion de Genève et la proclamation de Napoléon comme roi d’Italie, l’Autriche rejoint
la coalition. Le 9 août 1805, le royaume de Naples et la Suède rejoignent la Troisième Coalition formée
contre la France.

Napoléon prépare au camp de Boulogne l’invasion des Îles britanniques, invasion qui demande la maîtrise
de la Manche. Il élabore un plan compliqué pour éloigner la flotte britannique vers ses possessions des Indes
occidentales. L’Autriche envahit la Bavière avec une armée de 70  000  hommes commandée par Mack.
Napoléon repousse le débarquement à plus tard, et se tourne contre ses ennemis du continent. Fin juillet, la
Grande Armée se rue en « sept torrents » sur l’Autriche. Au siège puis à la bataille d'Ulm (du 25 septembre
au 20 octobre), Napoléon vainc Mack par une brillante manœuvre d’encerclement, le forçant à s’enfermer
dans la ville puis à se rendre, sans que l’armée française ne subisse de pertes importantes. Avec l’armée
autrichienne au nord des Alpes vaincue et, au sud des Alpes, l’armée sous le commandement de l’archiduc
Charles qui affronte Masséna sans résultats concluants, Napoléon occupe Vienne. Mais l’amiral Villeneuve
est défait à la bataille du cap Finisterre et s’enferme à Cadix, avec la flotte franco-espagnole. Cette flotte est à
nouveau vaincue à Trafalgar le 21 octobre, bataille décisive qui met fin aux projets d’invasion du Royaume-
Uni. Napoléon se retourne alors contre l'Autriche.

Malgré des lignes de ravitaillement très allongées, Napoléon bat encore une armée austro-russe supérieure en
nombre commandée par Mikhaïl Koutouzov et les empereurs François II et Alexandre Ier de Russie à la
bataille d'Austerlitz, le 2 décembre, dans ce qui est considéré comme sa plus grande victoire. Ses adversaires
perdent plus de 25 000 hommes, contre moins de 7 000 pour l’armée française. L’Autriche signe le traité de
Presbourg : elle abandonne la coalition, qui est dissoute, et cède Venise au royaume d'Italie (dont Napoléon
porte la couronne) et le Tyrol à la Bavière.

Le retrait de l’Autriche provoque une pause dans la guerre. L’armée napoléonienne compte un nombre de
victoires impressionnant, mais l’armée russe est à peine entamée.

Guerre de la Quatrième Coalition (1806-1807)


La quatrième coalition se forme quelques mois seulement après la disparition de la précédente. En
juillet 1806, l’Empereur des Français crée la Confédération du Rhin, qui rassemble les petits États rhénans et
d’Allemagne. Les plus petits sont intégrés aux Électorats, aux duchés ou aux royaumes plus grands, ce qui
facilite le gouvernement de l’Allemagne non-prussienne. Les plus grands États sont la Bavière et la Saxe,
érigées en royaumes par Napoléon.

La Prusse n'accepte pas que la suprématie française s’étende jusqu’à ses portes et le 9 août, le roi Frédéric-
Guillaume III, poussé par le Royaume-Uni, décrète la mobilisation afin de faire la guerre seul à la France. La
logique aurait voulu qu’il entre en guerre aux côtés de l’Autriche et de la Russie l’année précédente, ce qui
aurait pu contenir Napoléon et empêcher le désastre d’Austerlitz. Lors de l’entrée en guerre de Frédéric-
Guillaume, l’armée russe se trouvait encore loin de la Prusse.

En septembre, Napoléon concentre son armée sur le Rhin, puis avance vers la Prusse avec environ
160  000  hommes (effectif de départ, augmentant au cours de la campagne). L’avance rapide de l’armée
française est telle qu’elle permet d’annihiler l’armée prussienne, comptant 250  000  hommes. En effet,
Napoléon et le maréchal Davout la mettent en déroute lors des batailles d’Iéna et d’Auerstadt le
14 octobre 1806. On compte 25  000  morts dans les rangs prussiens  ; 150  000  soldats prussiens sont faits
prisonniers ; 100 000 fusils et 4 000 canons sont pris et amassés à Berlin.

Le 27, Napoléon fait son entrée à Berlin à la tête de la Grande Armée. Il visite le tombeau de Frédéric le
Grand, et devant ses maréchaux qu’il fait se découvrir, prononce ces mots : « S’il était encore vivant, nous ne
serions pas là aujourd’hui. » Au total, Napoléon a mis seulement 19 jours du commencement de son attaque
sur la Prusse à son entrée à Berlin. En comparaison, la Prusse a lutté pendant trois ans durant la guerre de la
Première Coalition. Après ces revers, la Prusse signe un armistice à Charlottenbourg.

À Berlin, Napoléon promulgue une série de décrets, entrés en vigueur le 1er novembre 1806, rendant effectif
le Blocus continental, qui vise à éliminer la menace britannique par des moyens économiques, en interdisant
tout commerce avec les Britanniques dans tous les pays sous influence française. L’armée britannique était
trop réduite pour menacer la France (un maximum de 220  000  hommes au plus fort des guerres
napoléoniennes), face à la Grande Armée qui dépasse à un moment le million d’hommes, en comptant les
armées alliées et les gardes nationaux. La flotte britannique gêne en revanche le commerce maritime français,
mais ne peut rien contre le commerce français continental, et ne menace pas le territoire français. De même,
la population et la production (industrielle, agricole) françaises étaient bien supérieures aux britanniques  ;
cependant, la domination maritime des Britanniques leur donne une puissance économique considérable,
suffisante pour rendre impossible à la France toute paix solide, et pouvoir lever à tout moment une coalition
contre elle. C’est également le Royaume-Uni qui équipe les armées coalisées. Les gouvernements français
crurent qu’isoler le Royaume-Uni du continent diminuerait son influence économique. C’est la justification
du Blocus continental.

La guerre conduit à la recréation d’un État polonais. Napoléon se dirige vers le nord pour affronter l’armée
russe et tenter de prendre la nouvelle capitale du roi de Prusse, Königsberg. Un mouvement tactique lors de
la sanglante bataille d'Eylau (7 et 8 février 1807) contraint les Russes à une retraite. Après la prise de
Dantzig, Napoléon remporte une victoire décisive à Friedland le 14 juin. Cette défaite pousse le tsar à signer
le traité de Tilsit, le 7 juillet. Fort des nouveaux territoires pris à la Prusse, Napoléon fait renaître la Pologne
en créant le grand-duché de Varsovie.

Au congrès d’Erfurt (1808), Napoléon et Alexandre Ier concluent un accord, selon lequel la Russie obligera
la Suède à adhérer au Blocus continental. Cette promesse aboutit à la guerre de Finlande, et à la division de
la Suède en deux par le golfe de Botnie. La partie orientale est annexée par la Russie, et forme le grand-
duché de Finlande.

Guerre de la Cinquième Coalition (1809)

Guerre d'Espagne

Le soulèvement populaire contre l’occupation française le 2 mai 1808 provoque une guerre en Espagne, qui
aboutit en 1814 à l’expulsion d’Espagne du roi Joseph Bonaparte, remplacé par le roi Ferdinand VII, et à
l’invasion du sud de la France.
L’armée française est battue à la bataille de Baylen. Napoléon
se déplace alors, bat facilement les Hispano-Britanniques, et le
corps expéditionnaire britannique quitte la péninsule. Une
attaque autrichienne à revers surprend Napoléon à ce moment.
Cela l’oblige à abandonner la péninsule ibérique, et explique
qu’il n’y soit jamais revenu. En son absence, et comme il n’y
envoie pas ses meilleurs officiers (Davout reste en permanence
à l’Est), la situation change, notamment lorsque le général
britannique Arthur Wellesley, futur duc de Wellington, est
nommé à la tête de l’armée britannique dans la péninsule.
La bataille de Tudela par Janvier
La Cinquième Coalition Suchodolski.

Elle est formée en 1809 par le Royaume-Uni et l’Autriche,


alors que le premier luttait déjà contre la France dans la
péninsule ibérique. Le Royaume-Uni s’était à nouveau
retrouvé seul contre la France, en partie parce qu’il n’avait
jamais engagé de forces importantes dans un conflit avec
Napoléon, au contraire des puissances continentales.
L’activité militaire britannique se réduit alors à de petites
victoires dans les colonies françaises, et des victoires
navales. À terre, elle tente seulement en 1809 la
désastreuse expédition de Walcheren. L’affrontement se
déplace sur le terrain économique  : blocus continental
contre blocus naval, que les deux ennemis respectifs tentent
de renforcer : les Britanniques en combattant les États-Unis
(Guerre de 1812) et les Français en guerroyant en Espagne.
Le conflit dans la péninsule ibérique commence lorsque le
Portugal continue de commercer avec le Royaume-Uni
L'Empire à son apogée en 1812 (en bleu foncé :
malgré les interdictions françaises. Lorsque les Français
la France ; en bleu clair : les territoires vassaux
sont battus à Baylen, bataille qui démontre qu’une partie
de la France).
importante du peuple espagnol ne voulait pas maintenir son
alliance avec la France, les troupes françaises doivent
occuper progressivement le pays, entrent à nouveau dans Madrid, ce qui provoque l'intervention britannique.

L’Autriche, alors alliée de la France, entrevoit l’opportunité de retrouver son ancien Empire sur l’Allemagne,
supprimé après Austerlitz. Elle remporte quelques succès contre les faibles forces de Davout. Napoléon lui
avait laissé seulement 170 000 hommes pour défendre la frontière orientale de la France, alors que dans les
années 1790, c’est une armée de 800 000 hommes qui défendait les frontières françaises, sur un front plus
court. L’Autriche attaque également le Grand-duché de Varsovie, mais est vaincue à la bataille de Raszyn
(19 avril 1809). L’armée polonaise conquiert la Galice occidentale.

Napoléon prend le commandement de l’armée et dirige la contre-attaque en Autriche. Une série de petites
victoires précédent l’énorme bataille d'Essling, première défaite tactique de Napoléon. Mais l’archiduc
Charles, commandant en chef autrichien, commet l’erreur de ne pas poursuivre les troupes françaises, ce qui
aurait consolidé son succès. En conséquence, Napoléon prépare le siège de Vienne, qui commence en juillet.
Il vainc ensuite les Autrichiens à Wagram (5 et 6 juillet 1809). C’est durant cette bataille que le maréchal
Bernadotte est démis de son titre et ridiculisé par Napoléon devant l’état-major. La couronne de Suède est
ensuite offerte à Bernadotte, qui l'accepte en trahissant ainsi Napoléon. Par la suite, l’armée suédoise combat
l’ancien Empereur de Bernadotte.
La guerre de Cinquième Coalition s’achève par le traité de Schönbrunn le 14 octobre 1809. Dans l'Est, seuls
les rebelles du Tyrol dirigé par Andreas Hofer continuent à combattre l'armée franco-bavaroise, mais ils sont
finalement vaincus en novembre 1809 alors que dans l'ouest, la guerre péninsulaire se poursuit.

En 1810, l’Empire français atteint son extension maximale. Napoléon épouse Marie-Louise, archiduchesse
d’Autriche, afin d’établir une alliance durable avec l’Autriche et d’avoir enfin un héritier, que sa première
épouse, Joséphine de Beauharnais, n’avait pu lui donner. Outre l’Empire, Napoléon est roi d’Italie,
médiateur (et dirigeant) de la Confédération suisse, de la Confédération du Rhin, son ambassadeur à
Varsovie dirige officieusement le Grand-duché. Ses alliés sont :

le Royaume d'Espagne (sous Joseph Bonaparte, frère aîné de Napoléon) ;


le Royaume de Westphalie (Jérôme Bonaparte, frère cadet de Napoléon) ;
le Royaume de Naples (Joachim Murat, beau-frère de Napoléon) ;
la Principauté de Lucques et Piombino (Félix Baciocchi, époux de sa sœur Élise) ;
ses anciens ennemis, la Prusse et l’Autriche.

Guerre de la Sixième Coalition (1812-1814)


La Sixième Coalition rassemble le Royaume-Uni, la Russie, la Prusse, auxquelles se joignent au fur et à
mesure des difficultés françaises, la Suède, l’Autriche et la plupart des petits États allemands.

Campagne de Russie (1812)

En 1812, Napoléon envahit


la Russie pour obliger le tsar
à maintenir le Blocus
continental et éloigner la
menace d’une invasion de la
Pologne par la Russie. La
Grande Armée
(650  000  hommes dont
L’empereur Napoléon Ier et ses
270 000 Français) franchit le
maréchaux à la bataille de la
Niémen le 23 juin 1812. La
Les Français à Moscou. Moskova (ou bataille de Borodino).
Russie proclame la Grande
guerre patriotique alors que
Napoléon avait proclamé la seconde guerre polonaise. Mais,
contrairement aux attentes des Polonais, qui fournissent presque 100 000 hommes, Napoléon évite de faire
des concessions à la Pologne, les repoussant aux négociations avec la Russie. Soit volontairement, soit par
crainte d’affronter sur le champ de bataille Napoléon, les Russes reculent et pratiquent la politique de la terre
brûlée, jusqu’à la bataille de la Moskova, le 7 septembre. Cette bataille sanglante force les Russes à se retirer,
et Moscou est prise et mise à sac le 14 septembre. Alexandre Ier refuse de négocier, et Napoléon, sans espoir
de victoire décisive, est forcé de faire retraite et d’abandonner Moscou, lorsque son gouverneur, le prince
Rostopchine, l’incendie. Avec la retraite de Russie, la Grande Armée perd 370 000 hommes (en comptant
les pertes lors des batailles) et 200 000 soldats sont faits prisonniers. En novembre, seuls 90 000 hommes
franchissent la Bérézina. Napoléon doit de plus abandonner son armée pour retourner à Paris, où le général
Malet a tenté un coup d'État, et pour préparer la défense de la Pologne. La situation de l’Empereur n’est alors
pas si critique qu’il y paraît. Les Russes avaient perdu 400 000 hommes, et leur armée était aussi épuisée.
Mais leurs lignes de ravitaillement étaient plus courtes, et ils pouvaient renouveler leurs effectifs plus
rapidement que la France.
Dans le même temps, en Espagne, la victoire des Hispano-Britanniques commandés par Wellesley à la
bataille de Vitoria (21 juin 1813) met fin à l’occupation française de la péninsule, et l’armée française et
Joseph Bonaparte repassent les Pyrénées.

Campagne d’Allemagne

La Prusse voit une occasion dans ces historiques défaites de l’armée française, et entre en guerre. Napoléon
reconstitue une armée en renforçant ses troupes rescapées, qui passent de 30  000 à 130  000  hommes (et
atteindront 400 000 hommes). Il cause des pertes élevées (40 000 morts) à ses adversaires à la bataille de
Lützen (2 mai) et à celle de Bautzen (20 et 21 mai), sans remporter de victoire décisive. Plus de
250 000 hommes s’affrontent dans ces batailles, ce qui les place parmi les plus grandes batailles de l’histoire
militaire.

Un armistice est signé le 4 juin, et la trêve dure jusqu'au 13 août. Chaque camp cherche à se renforcer, et les
coalisés parviennent à convaincre l’Autriche d’affronter à nouveau Napoléon. Elle forme deux armées
d’environ 800 000 hommes, plus une réserve stratégique de 350 000 hommes pour appuyer les opérations de
frontière. De son côté, Napoléon réunit environ 650 000 hommes en Allemagne, dont seulement 250 000
sous ses ordres directs (120 000 commandés par Oudinot, et 30 000 par Davout). La Confédération du Rhin
équipe le gros des forces restantes, la Saxe et la Bavière étant les principaux alliés. En Italie, le royaume de
Naples de Murat et le Royaume d'Italie d’Eugène de Beauharnais ont une armée combinée d’environ
100 000 hommes. Enfin, entre 150 000 et 200 000 soldats font retraite d’Espagne, poursuivis par les troupes
hispano-britanniques (environ 150 000 hommes). Au total, 900 000 soldats français sont opposés sur tous les
fronts à environ un million de soldats coalisés (sans compter les réserves stratégiques). De plus, les soldats
allemands des forces françaises sont peu fiables, et ont tendance à déserter pour rejoindre les troupes alliées.
Il est donc raisonnable d’estimer que Napoléon ne pouvait compter que sur 450 000 hommes en Allemagne,
et qu’il était donc soumis à un rapport de forces défavorables de deux contre un.

À la fin de la trêve, Napoléon reprend l’initiative et vainc à Dresde des forces alliées numériquement
supérieures, leur infligeant de fortes pertes, et avec de faibles pertes de son côté. Toutefois, de mauvais
jugements de ses maréchaux et un manque d’assurance dans le reste de l’offensive coûte à la France
l’avantage acquis lors de cette bataille. À la bataille de Leipzig, dite «  bataille des Nations  » (du 16 au
19 octobre 1813), 191 000 Français font face à 450 000 soldats alliés. Napoléon est battu, et contraint à faire
retraite.

Campagne de France

C'est l'invasion de la France par une armée coalisée de


500  000  soldats. Les monarques coalisés veulent mettre fin à vingt
ans de guerre, à la Révolution et abattre Napoléon, qu'ils appellent
l’Usurpateur. Napoléon ne peut leur opposer qu'une petite armée de
70  000  hommes. Au sein de cette armée de la dernière chance, la
Garde impériale, composée en partie de conscrits, défend avec
héroïsme chaque pouce de terrain. «  Triomphe de la volonté sur le
nombre  » (selon le maréchal Juin), la campagne de France est L'entrée des troupes russes à Paris.
l’occasion pour Napoléon de montrer son génie, en réussissant avec
cette armée réduite à battre successivement ses ennemis divisés,
notamment lors des batailles de Champaubert, Montmirail, Mormant et Montereau. Malgré ces victoires, les
Alliés signent le traité de Chaumont (9 mars), promettant de rester unis jusqu’à la défaite totale de Napoléon.
6 000 combattants français furent tués, blessés ou faits prisonniers au cours de cette dernière campagne, sans
réussir à empêcher les Alliés d’entrer à Paris le 30 mars, livrée par le maréchal Marmont. Sans envisager la
défaite, Napoléon avait calculé qu’il pouvait recevoir 900 000 hommes en renfort, entre nouvelles recrues et
troupes en garnison en Allemagne, Belgique et Hollande. Ces plans ne purent se réaliser, ces renforts n’ayant
pu être mobilisés à temps. Napoléon abdique le 6 avril à Fontainebleau, et la France signe le premier traité de
Paris le 30 mai 1814 (un deuxième traité a été signé l'année suivante). Le congrès de Vienne débute le 1er
octobre.

Guerre de la Septième Coalition (1815)


La Septième Coalition rassemble le Royaume-Uni, la Russie, la
Prusse, la Suède, l’Autriche, les Pays-Bas et de nombreux États
allemands contre la France.

Cette période connue sous le nom de Cent-Jours commence quand


Napoléon s’échappe de l'île d’Elbe et débarque à Golfe Juan, le
1er mars 1815. Durant le Vol de l’Aigle, il emprunte d’abord ce qui
est devenu la route Napoléon dans les Alpes, rallie à lui les troupes Napoleon quittant l'île d'Elbe, peint
qu’on envoie pour l’arrêter, et arrive à Paris abandonné par Louis par Joseph Beaume.
XVIII. Les Alliés le déclarent hors-la-loi, et rassemblent en hâte une
armée. Napoléon dispose de 280  000  hommes divisés en plusieurs
armées. Avant son retour, la France avait une armée de
90  000  hommes (une légion par département), auxquels il réunit
250 000 vétérans. Il promulgue un décret pour mobiliser 2,5 millions
d’hommes.

Les alliés ont immédiatement 700  000  soldats disponibles, et


prévoient de se renforcer à hauteur d’un million d’hommes, soutenus
par 200 000 hommes de garnison dans les places fortes.

Napoléon conduit une armée de 124 000 hommes dans une attaque


préventive en Belgique, afin d’attaquer les armées alliées avant
qu’elles ne se rassemblent, en espérant repousser les Britanniques à
la mer et forcer les Prussiens à se retirer de la coalition. Sa marche
rapide lui donne l’effet de surprise voulu. Il force les Prussiens au
combat à la bataille de Ligny (16 juin), où ils sont battus et se retirent
en désordre. Le même jour, Ney arrête les troupes britanniques Avancée de l'infanterie française
envoyées par Wellington pour soutenir Blücher, à la bataille de pendant la bataille de Waterloo.
Quatre-Bras. Ney ne peut cependant pas dégager les positions
françaises, et Wellington n’est forcé à la retraite que par le recul
prussien. Il rassemble ses troupes sur une position qu’il avait reconnue préalablement au mont Saint-Jean, à
quelques kilomètres de la ville de Waterloo. Napoléon porte alors ses réserves vers le nord, et rejoint Ney
pour poursuivre Wellington, tout en demandant à Grouchy de garder sa droite et d’empêcher les Prussiens de
se réorganiser. Il ne remplit pas cette mission, et bien qu’il batte von Thielman à la bataille de Wavre (18 et
19 juin), le gros de l’armée prussienne marche au son du canon de Waterloo.

Au début de la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815, Napoléon attend longtemps avant d’engager le combat,
que le terrain soit séché par le soleil. À la fin de la journée, l’armée française n’a pas pu déloger les
Britannico-Hanovriens de leurs positions. Quand les Prussiens arrivent et attaquent l’aile droite française, la
stratégie de l’Empereur de maintenir divisés les coalisés se trouve mise en échec, et son armée doit faire
retraite dans la confusion la plus totale. Après sa victoire à Wavre, Grouchy revient en ordre vers Paris, où
Davout tient prête une armée de 117 000 hommes, pour faire face aux 116 000 Prusso-Britanniques. Même
si militairement, Napoléon aurait pu envisager de continuer la lutte, sa chute est précipitée par une
impossibilité politique de se maintenir au pouvoir.
Arrivé à Paris trois jours après Waterloo, Napoléon abdique une seconde fois le 22 juin 1815, et les Alliés
l’exilent sur le rocher isolé de Sainte-Hélène.

Aspects économiques et logistiques

Conséquences politiques
Les guerres napoléoniennes ont eu de grandes conséquences dans le monde entier, principalement en
Europe :

Mort de plusieurs millions d’Européens (pertes humaines lors des guerres napoléoniennes)
La France n’est plus la puissance dominante en Europe, comme elle l’était sous Louis XIV ;
Dans de nombreux pays européens, l’importation des idéaux et des progrès de la
Révolution française (démocratie, procès contradictoires et équitables, abolition des
privilèges, de la torture, égalité devant la loi) laisse une empreinte durable. Même si les
royaumes napoléoniens étaient autoritaires, ils l’étaient moins que ceux qui les avaient
précédés. Les monarques européens ont de grandes difficultés à restaurer l’absolutisme
pré-révolutionnaire, et sont souvent obligés de maintenir certaines réformes introduites par
l’occupation (comme le Code Napoléon, resté en usage dans quelques régions très
longtemps, ou ayant influencé de nombreux codes nationaux). De nombreuses institutions
supprimées ne furent jamais recréées (Saint-Empire romain germanique), d’autres créées
par Napoléon durent encore de nos jours ;
Un nouveau et puissant mouvement naît dans le sillage des armées napoléoniennes : le
nationalisme. Il va s’imposer et changer le cours de l’histoire de l’Europe. Il est la force qui
pousse à la naissance des nations européennes, et à la fin des Empires. La carte de
l’Europe est complètement redessinée dans les cent ans qui suivent les guerres
napoléoniennes, non plus selon les normes aristocratiques, mais culturelles et
idéologiques, de l’indépendance de la Grèce (1830) à la Première Guerre mondiale ;
La guerre d’Espagne détruit complètement l’État espagnol, sa flotte et son armée, situation
aggravée par la révolte des colonies américaines, influencées par les idéaux de la
Révolution française et des États-Unis. En 1825, la quasi-totalité de l’empire colonial
espagnol en Amérique est soit devenu indépendant, soit annexé par les États-Unis
(Floride, Louisiane), le Royaume-Uni (Trinidad) ou Haïti (Saint-Domingue) ;
Le Royaume-Uni devient la puissance hégémonique mondiale au niveau commercial et
maritime. L’occupation des Pays-Bas par la France lui permet d’occuper les colonies
néerlandaises, et de conserver celles qui ont une valeur stratégique à la fin des guerres
napoléoniennes (Ceylan, Malacca, Afrique du Sud, Guyana).

Héritage militaire
«  De Clausewitz, qui le tenait pour le dieu de la guerre, au maréchal Foch, qui reprit la
théorie napoléonienne de l'offensive à outrance, tous les experts en art militaire reconnaissent
le génie de Napoléon. Cette réputation est-elle surfaite ou fait-elle partie de la légende ? »
8
— André Champagne, Les grands personnages historiques

Les guerres napoléoniennes bouleversent complètement les conceptions sur l’art de la guerre. Avant
Napoléon, les États européens avaient des armées relativement petites, avec une forte proportion d’étrangers
et de mercenaires combattant parfois leur pays d’origine pour une puissance étrangère. Les innovations
militaires de la deuxième moitié du xviiie siècle préparent cependant le concept de nation en guerre.
Napoléon innove dans l’usage de la mobilité pour compenser son
infériorité numérique, comme il en fait des démonstrations brillantes
lors de la campagne d’Italie ou de la bataille d'Austerlitz. Le rôle de
l’artillerie se retrouve considérablement accru lors de la bataille, qui
forme désormais des unités mobiles et indépendantes, et plus
seulement en appui des autres unités comme auparavant
(changement préparé à la fin de l’Ancien Régime par plusieurs
réformes). Napoléon standardise les calibres de canons, de façon à
faciliter les approvisionnements et à assurer une meilleure
compatibilité entre les pièces. Il sait aussi se servir de la science,
notamment dans l’amélioration de l’intendance des armées. Surtout,
la conduite de la guerre est changée  : le but recherché est la
destruction des armées adverses (et donc de lui infliger des pertes
maximales pendant et après la bataille, par une poursuite de cavalerie
légère). Bonaparte franchissant le Grand-
Saint-Bernard par Jacques-Louis
Avec la quatrième plus importante population du monde à la fin du David.
e
xviii   siècle (27  millions d’habitants, contre 12  millions de
Britanniques et 35 à 40 millions de Russes), la France est bien placée
pour pratiquer la levée en masse. La Révolution française et Napoléon ont bien retenu le concept des guerres
commerciales et dynastiques du siècle précédent (qu’ils n’ont pas inventé), et les ont appliqués à grande
échelle.

Tout le mérite ne revient pas non plus à Napoléon, qui disposait d'une armée façonnée par Lazare Carnot qui
joue un rôle fondamental dans sa réorganisation en 1793-1794, lorsque le sort de la France se jouait, avec
des armées devant faire face sur tous les fronts. L’augmentation de la taille des armées donne également une
indication sur le changement dans la façon de faire la guerre. Lors de la guerre de Sept Ans, dernière guerre
importante en Europe avant la Révolution française, peu d’armées dépassaient les 200 000 hommes. Dans
les années 1790, l’armée française atteint les 1,5 million de conscrits. Au total, durant ces vingt-trois années
de guerre, près de 2,8 millions de Français servirent dans l’armée de terre, et près de 150 000 sur mer.

Le Royaume-Uni mobilise 750 000 hommes de 1792 à 1815, dont un tiers dans la Royal Navy. Il est plus
difficile de faire le compte des autres armées, mais en 1812, la Russie compte 900 000 hommes dans son
armée de terre, donc avait plus d’un million d’hommes mobilisés. Les forces autrichiennes atteignent
576 000 hommes au maximum ; l’Autriche étant l’ennemi le plus persistant de la France, il est raisonnable de
penser que plus d’un million d’Autrichiens servirent dans l’armée durant cette période. La Prusse et le
Royaume-Uni eurent jusqu’à 320  000 sous les armes, l’Espagne environ 300  000. L’Empire ottoman, le
royaume d’Italie, le royaume de Naples et le grand-duché de Varsovie mobilisent eux aussi plus de
100 000 hommes (à l’époque, les États-Unis ont 286 000 hommes sous les drapeaux). Comme on peut le
voir, même de petites nations ont eu des armées rivalisant avec celles des grandes puissances des guerres
précédentes.

Plusieurs historiens voient dans les guerres de la Révolution française et les guerres napoléoniennes certaines
des premières étapes de la Révolution industrielle. Il devient courant de produire des armes en masse et
d’équiper des troupes bien plus importantes. Le Royaume-Uni est le principal fabricant d’armes de cette
période, car il fournit la plus grande partie des armes utilisées par les puissances coalisées (et lui-même
n’utilise qu’une faible partie des armes qu’il fabrique). La France est le deuxième producteur, pour ses
propres besoins d’abord, mais aussi pour équiper la Confédération du Rhin et d’autres alliés.

La guerre répand certaines innovations technologiques, comme le télégraphe Chappe, qui permet à Carnot
de communiquer avec les armées françaises combattant sur les frontières. Ce système perdure après 1815.
C’est durant la bataille de Fleurus que l’on utilise la première fois des ballons pour espionner les positions
ennemies.
Les derniers vétérans
9
Parmi les derniers vétérans on peut citer  :

Abraham Kalinsky (décédé en 1911), il serait décédé à l'âge douteux de 117 ans. Il est
d'abord soldat dans les contingents alliés de la Grande Armée napoléonienne. Lors des
Cent-jours, il est dans l'armée prussienne à Waterloo (1815). Il émigre aux États-Unis
d'Amérique et meurt à Baltimore.
John Vaughan (1801-après 1905), anglais, il est un jeune trompette qui participe à la
bataille de Waterloo (1815).
10
John Uhnweiler (1801-1904 ), Français engagé comme enfant de troupe, c'est comme
tambour qu'il est témoin de la bataille de Waterloo (1815). Il émigre aux États-Unis
d'Amérique et meurt à Dallas.
Vincent Markiewicz (vers 1794-1903), Polonais, il participe aux dernières guerres de
l'Empire dans les troupes polonaises fidèles à Napoléon. Il fait même partie de la suite de
l'Empereur à Saint-Hélène, où il ne reste qu'une année (les Britanniques ayant décidé de
limiter le personnel autour de Napoléon). Il meurt à Varsovie après une vie mouvementée
en participant à diverses luttes nationales du xixe  siècle (Pologne, Hongrie, Italie).
Geert Adriaans Boomgaard (1788-1899) était le dernier combattant survivant. Il a
11
combattu pour la France dans le 33e Régiment Léger .
Alfred Le Maire (1800-1898), français, il participe à la bataille de Waterloo (1815) dans une
unité de cavalerie et y est grièvement blessé.
Louis-Victor Baillot (1793-1898) un français, fut l'un des derniers vétérans de la bataille de
Waterloo. Il a été présent lors du siège de Hambourg (Sa photo prise en 1898 (http://unitedc
ats.files.wordpress.com/2008/06/louis-victor_baillot.gif)).
Pedro Martinez (1789-1898) fut le dernier vétéran de la bataille de Trafalgar. Il a servi dans
11
la marine espagnole sur le navire San Juan Nepomuceno .
Josephine Mazurkewicz (1784-1896) fut la dernière combattante femme. Elle était une
chirurgienne assistante dans l'armée de Napoléon et a plus tard participé à la guerre de
Crimée.
12
Jean-Baptiste Nicolas Savin (né probablement entre 1768 et 1792, décédé en 1894)
était un soldat français. Il se présentait comme étant le dernier survivant des guerres de la
Révolution française (1792-1802), ainsi que le dernier officier français des guerres
13
napoléoniennes .
14
Morris Shea (1795-1892) fut le dernier vétéran écossais .
Sir Provo Wallis (1791-1892) fut le dernier officier de la Royal Navy à avoir participé aux
guerres napoléoniennes. Il a participé à la guerre de 1812.

Notes et références
1. Ce chiffre inclut l'ensemble des forces allemandes ayant combattu du côté français jusqu'en
1813.
2. Ce chiffre inclut approximativement 40 000 Danois et 40 000 Norvégiens.
3. Il s'agit des forces bavaroises mobilisées en 1815.
4. Il s'agit des forces armées wurtembergeoises mobilisées sous le commandement du prince
héritier en 1815.
5. Il s'agit des forces suisses mobilisées sous le commandement de Franz von Bachmann en
1815.
6. Il s'agit des forces saxonnes mobilisées en 1815.
7. Il s'agit des forces mobilisées en 1815.
8. André Champagne, Les grands personnages historiques, éditions du Septentrion, 1995,
p. 143
9. Voir en particulier Frédéric Mathieu, Napoléon, les derniers témoins, 2008, éditions Sébirot, et
Frédéric Mathieu, Ils ont vaincu Napoléon et le temps, 2009, éditions Sébirot
10. New York Times, 6 décembre 1904. (https://query.nytimes.com/mem/archive-free/pdf?res=9D0
7EFD7173DE433A25755C0A9649D946597D6CF)
11. « Derniers vétérans de l'Armée napoléonienne, Premier Empire » (http://derniersveterans.free.
fr/napoleon1.html), Derniersveterans.free.fr (consulté le 15 janvier 2009)
12. Constantin Woensky, Léon Castillon, and Nicolas Savin, Nicolas Savin, dernier vétéran de la
grande armée: sa vie -sa mort, 1768-1894 (https://books.google.com/books?id=Z_HxGwAAC
AAJ&dq=%22Nicolas+Savin%22&cd=6) (1895).
13. « Guerres de 1792-1815 » (http://derniersveterans.free.fr/napoleon1.html), Ders Des Ders
(consulté le 19 octobre 2010)
14. (en) « Some Hirstory Relevant to the 73rd Regiment of Foot » (http://73rdregiment.tripod.com/s
itebuildercontent/sitebuilderfiles/ggspring09.pdf) [PDF]

Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
Bibliographie
Guerres napoléoniennes (https://common
David A. Bell (trad. de l'anglais par s.wikimedia.org/wiki/Category:Napoleoni
Christophe Jaquet), La première guerre c_Wars?uselang=fr), sur Wikimedia
totale : l'Europe de Napoléon et la
naissance de la guerre moderne [« The Commons
First Total War : Napoleon's Europe and
the birth of warfare as we know it »],
Seyssel, Champ Vallon, coll. « La chose publique », 2010, 401 p. (ISBN 978-2-87673-539-2,
présentation en ligne (https://rh19.revues.org/4173)).
Léonce Bernard, Les prisonniers de guerre du Premier Empire, Paris, Éditions Christian,
2002, 277 p. (ISBN 978-2-864-96102-4).
Marcel Dupont, Napoléon en campagne, Hachette, 1952.
Alexander Mikaberidze (trad. de l'anglais par Thierry Piélat), Les guerres napoléoniennes :
une histoire globale, Paris, Flammarion, 2020, 1180 p. (ISBN 978-2-081-52154-4).
Hervé Drévillon, Bertrand Fonck et Michel Roucaud, Guerres et armées napoléoniennes :
nouveaux regards, Lieu de publication non identifi, Nouveau Monde, coll. « Chronos »,
2020 (ISBN 978-2-369-42880-0).

Articles connexes
Pertes humaines lors des guerres napoléoniennes
Aspects économiques et logistiques des guerres napoléoniennes
Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire
Armée napoléonienne
Grande Armée
Liste des commandants militaires de la Russie impériale au cours des guerres
napoléoniennes

Liens externes
(fr) L'histoire militaire des guerres napoléoniennes (http://aigle.conquerant.free.fr)
(en) Schneid, Frederick C., The French Revolutionary and Napoleonic Wars (http://nbn-reso
lving.de/urn:nbn:de:0159-20101025334), European History Online, Mayence: Institute of
European History (en), 2011, consulté le 25 février 2013.

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