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UCAO – UUT

Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest


Unité universitaire du Togo
Foi – Science - Action
DROIT DES AFFAIRES
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LICENCE

Dr. AGNON Akouwavi Mbonè (Cécile – Espoir)


BP : 8019 S/C ESAG – NDE Lomé Tokoin
Tel : (00228) 93 46 33 48/92 47 59 53/97 86 62 62
E-mail : cecile125espoir@yahoo.fr
TOGO

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Unité : Titre du Cours : Code :

DROIT DES AFFAIRES


Jours/Heure : lundi : 7H30 à 9H30
Chargée : Dr. AGNON Akouwavi Mbonè
Grade académique : Assistant
Spécialité : Droit privé
Contacts : 92 47 59 53 / 93 46 33 48
Classe : L3/S5 Matière : Volume Horaire : 24 Heures

DROIT CT : TD : TP :

●Objectif du cours
Le cours permet d’acquérir les notions fondamentales de l’ensemble du droit commercial et
des affaires. A’ l’issue de cet enseignement, l’étudiant devra pouvoir répondre à un certain
nombre de questions autour des différents acteurs de la vie économique et leur contribution
dans le domaine des affaires de même que les règles y applicables.
PRE-REQUIS : Niveau Baccalauréat

●Contenu du cours

INTRODUCTION GENERALE

1ère Partie : LES ACTEURS DE LA VIE ECONOMIQUE

Chapitre 1/ Les professionnels commerçants


Chapitre 2/ L’organisation de la justice commerciale
Chapitre 3/ Autres acteurs de la vie économique

2éme Partie : L’EXERCICE DU COMMERCE SOUS FORME INDIVIDUELLE

Chapitre 4/ Le fonds du commerce


Chapitre 5/ Les opérations relatives au fonds de commerce
Chapitre 6/ Les instruments de crédit et de payement

TAF : EXERCICES ET CAS PRATIQUES


BIBLIOGRAPHIE :
- - J. –B. Blaise, Droit des affaires, (commerçants – concurrence – distribution) édition
L.G.D.J, 2011
- D. LEGEAIS, Droit commercial et des affaires, édition SIREY, 2015
- S. PIEDELIEVRE, Actes de commerce, commerçants, fonds de commerce, Cours de droit
privé, Dalloz, 2009
- E. BLARY-CLEMENT et F. DEKEUWER-DEFOSSEZ, Droit commercial, Actes de
commerce, fonds de commerce, commerçants, concurrence, Domat Droit privé,
Montchrestien, 2010
- F. X. LUCAS, Le droit des affaires ; Que sais-je ?, 2005

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- D. GUEVEL, Droit du commerce et des affaires, édition L.G.D.J, 2007

INTRODUCTION GENERALE

L’expression de droit des affaires est apparue au milieu du siècle dernier. Le droit des affaires
recouvre dans une large mesure, une matière qui, traditionnellement est enseignée sous le nom de
droit commercial. En effet depuis plusieurs années, le commerçant ne peut plus être considéré
comme l’acteur majeur de la vie des affaires. L’appellation de droit des affaires permet également de
rendre compte d’une matière éclatée. En marge du droit commercial, se sont développées de
disciplines nouvelles qui ont une autonomie plus ou moins grande. On peut citer le droit
bancaire, droit financier, droit de propriété industrielle, droit de la distribution, droit de la
concurrence etc. Pour rendre compte de cette évolution et reconstruire le droit commercial sur de
nouvelles bases, plusieurs positions sont développées. Le droit commercial peut devenir droit des
affaires. Il peut devenir le droit des entreprises, celui des marchés ou celui des professionnels.
Cependant, il existe toujours un droit spécifique pour les commerçants et il en sera ainsi dès lors
qu’une juridiction spéciale aura à connaitre de leurs litiges.

Le droit commercial peut être défini comme ensemble de règles de droit applicable aux commerçants
dans l’exercice de leur activité professionnelle. Les commerçants sont eux-mêmes définis de façon
précise : sont commerçants ceux qui accomplissent des actes de commerce et en font leur profession
habituelle. (Art 1er du Code et art 2 de l’OHADA). Définition qui renvoie évidemment à une autre,
celle des actes de commerce. (Art 110-1 et 110-2 du Code de commerce.

Le droit des affaires peut être défini comme ensemble des règles applicable aux entreprises en
général. Est une entreprise toute entité organisée ayant une activité économique de production, de
distribution ou de prestation de services. La notion d’entreprise est donc plus large que celle du
commerçant. Certaines entreprises, comme les entreprises agricoles ou les entreprises de promotion
immobilière, ne sont des entreprises commerciales.

Ainsi, à l’intérieur du droit des affaires, qui s’applique à toutes les entreprises, le droit commercial
constitue un sous-ensemble, qui s’applique de façon plus spécifique aux entreprises des commerçants.
Le droit des affaires englobe et prolonge le droit commercial. Les deux branches se complètent et
s’ordonnent, mis sans se confondre.

Par ailleurs, le droit commercial qui occupe une grande partie de ce cours comprend des caractères
qui lui sont propres. Il s’agit d’un droit ancien qui trouve son origine depuis l’antiquité par l’existence
du troc et la loi du jet à la mer ; au moyen-âge, il était caractérisé par l’institution des foires et de la
lettre de change comme instrument de payement. L’existence du code de commerce depuis 1807 en
est aussi une des preuves. En outre il faudra noter le besoin de rapidité, de sécurité et celui du
développement du crédit qui s’impose à ce secteur d’activité. L’impératif de rapidité oblige le secteur
des affaires à se démarquer du secteur civil très souvent dominé par la lenteur des formalités.
Toutefois, on rencontre l’interférence de certains droits dans le secteur des affaires. Quant aux

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sources du droit des affaires, nous pouvons citer la loi, les conventions internationales, les traités
internationaux, les différentes sources communautaires, les usages, la jurisprudence, la doctrine.

Nous étudierons alors en première partie les acteurs de la vie commerciale ; en second lieu l’exercice
de l’activité commerciale sous forme individuelle (fonds du commerce).

1ière PARTIE
LES ACTEURS DE LA VIE ECONOMIQUE

Les acteurs de la vie économique peuvent être des personnes physiques ou morales. Il faut
cependant constater que les acteurs de vie commerciale ne sont plus seulement des commerçants.
D’autres professionnels exercent aujourd’hui leur activité dans des conditions similaires. Le cours va
s’articuler alors autours des professionnels commerçants, de l’organisation de la justice commerciale,
des autres acteurs de la vie économique.

CHAPITRE I
LES PROFESSIONNELS COMMERCANTS

L’exercice professionnel des actes de commerce est soumis à des conditions d’intérêt général et
individuel. Les commerçants ont à répondre à des obligations professionnelles prévues par la loi.

Section 1 : Définition du commerçant


Pour définir le droit commercial les auteurs sont partis de la définition du commerçant.
Art.1 Code. Cce « sont commerçants tous ceux qui exercent des actes de commerce et en
font profession habituelle » Art.2 de l’OHADA. Il en résulte deux conceptions : une objective (acte
de commerce) et l’autre subjectif (commerçant)
A/ Conception subjective

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La conception subjective est liée à la personne du commerçant. Le droit commercial serait alors le
droit qui s’applique aux seules personnes qui ont la qualité de commerçant. Cette conception veut
faire du droit commercial le droit des commerçants ou des seuls initiés.

B/ Conception objective
Cette conception veut faire du droit commercial un droit des commerçants et des non-
commerçants c’est-à-dire droit des actes de commerce. La conception objective en revanche est celle
qui se base sur les opérations juridiques nécessaires à l’activité commerciale, opérations que l’on
appelle ACTE DE COMMERCE. Ainsi d’après la conception objective, le droit commercial est
l’ensemble des règles de droit qui régissent les actes de commerce accomplie par toute personne qui
soit commerçant ou non.
En tout cas de nos jours il existe plusieurs conceptions de la notion de droit commercial. Pour
l’essentiel, le droit commercial est la partie du droit positif qui étudie les rapports juridiques entre les
commerçants et les opérations relatives aux actes de commerce.

Critique
Par rapport à la définition, force est de constater qu’aucune de ces deux conceptions ne donne une
définition suffisante et satisfaisante du droit commercial. De ce fait ces deux conceptions ont été
critiquées et c’est suite à ces reproches que certains doctrinaires ont opté pour l’appellation « Droit
des affaires » au lieu de droit commercial. Ceci dans le but de mettre fin à la controverse liée aux
critères subjectif et objectif. De plus il faudra remarquer que le doit commercial ne prend pas en
compte tous les secteurs de la vie économique. En outre le droit commercial s’est éclaté en d’autres
droits autonomes dont l’étude est détachée du droit commercial.

Le droit des affaires par définition est l’ensemble des règles juridiques applicables aux entreprises. Il
s’agit en fait d’une matière pluridisciplinaire qui englobe le droit commercial, le droit fiscal, le droit
comptable, le droit bancaire ; doit des entreprises en difficulté, droit de la distribution, droit de la
concurrence, Etc.

Section2/ Les conditions requises liées à l’activité du commerçant


Il s’agit tout d’abord de faire des actes de commerce (§1), de faire de cet acte une profession habituelle
(§2) et le faire à titre indépendant (§3)
En effet, selon l’Art.2 du droit commercial général de l’OHADA « sont commerçant ceux qui
accomplissent les actes de commerce et en font leur profession habituelle » c’est-à-dire qu’il faut accomplir un
acte de commerce et de façon régulière. De cet art, il en résulte deux conditions ; mais la
jurisprudence en a ajouté une autre :
- Il faut accomplir les actes de commerce par nature

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- Il faut faire de l’accomplissement des actes de commerce sa profession habituelle

- Il faut accomplir les actes de commerce à titre indépendant et de manière personnelle

§1. Accomplir des actes de commerce


Ici il s’agit des actes de commerce par nature (achat en vue de la revente). S’agissant des sociétés
commerciales, elles sont déjà commerciales par leur forme. En réalité, à l’origine, c’est l’art. 632 du
Code de commerce qui donnait la liste des actes de commerce. Cet article est abrogé avec l’entrée en
vigueur de l’AUDCG. Désormais, il faut se référer aux dispositions des articles 3 et 4 de l’Acte
uniforme. Les actes de commerce par nature sont contemplés dans l’article 3 et les actes de commerce
par la forme sont visés par l’article 4 de l’Acte uniforme.

A- Acte de commerce par nature


Ils sont très diversifiés ; cependant on peut tenter de les regrouper en trois catégories : l’achat pour
revendre, les services et les activités industrielles.

1- L’achat pour revendre


De par leur nature, ils sont des actes de commerce. Selon art. 3 de l’acte uniforme relatif du DCG,
l’acte de commerce par nature est « l’acte par lequel une personne s’entremet dans la circulation des biens
qu’elle produit ou achète ou acte par lequel elle fournit des prestations de service avec l’intention d’en tirer un
profit pécuniaire ». Il en résulte l’idée de l’achat préalable, l’idée de revendre et l’idée d’en tirer profit.
Selon l’acte uniforme, l’acte de commerce par nature est caractérisé par l’achat de biens, meubles, ou
immeubles en vue de leur revente

Les actes de commerce par nature sont encore appelés acte de commerce Objectif ou acte de
commerce par Objet. On peut les classer en deux groupes : les actes de commerce accomplis
isolement et les actes de commerce exercés dans le cadre d’une entreprise.

2-Les services
Les services regroupent d’une part les actes ayant pour objet d’offrir à la clientèle l’usage d’un bien :
la location de biens meubles. D’autre part on y trouve les actes ayant pour objet l’exécution de
certaines prestations au profit d’une clientèle. Il s’agit :

- Les Operations de banque, de bourse, de change, de courtage, d’assurance et de transit.


- Les opérations de transport et de télécommunication.
- Les opérations des intermédiaires de commerce tel que la commission, les courtages, l’agence
ainsi que les opérations d’intermédiaire pour achat, la souscription, la vente ou location de
meuble, de fonds de commerce, d’action ou de part de la société commerciale ou immobilière.

Opération de change : acte qui constitue à recevoir de la monnaie d’un pays en échange d’une
quantité correspondante de monnaies d’un autre pays ; Opération de banque consiste à recevoir ou à
envoyer de l’argent ; Opération de courtage : consiste à mettre en relation deux personnes
moyennant rémunération. Le courtier n’intervient pas dans la conclusion même du contrat. ;
Operations de bourse : acte qui consiste à la négociation des valeurs mobilières ; Operations
d’assurance : acte par lequel un assureur garantit à l’assuré moyennant une prime ou cotisation le

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payement d’une somme convenue en cas de réalisation d’un risque déterminé. ; Opération de
transit : regroupe toutes les opérations d’importation et d’exportations de marchandises.

3- Les activités industrielles


Elles renferment l’exploitation industrielle des mines, carrières et de tout gisement de ressource
naturelle. En effet le législateur vise à l’article 3 les opérations de manufacture.

B- Les actes de commerce par leur forme


Ce sont des actes juridiques ayant toujours le caractère commercial quel que soit l’objet et le but de
ces actes et quelle que soit la personne qui les accomplit même s’il s’agit d’un non-commerçant/ l’art.
632 al. 10.
L’art 4 de l’AUADCG reconnait comme acte de commerce par la forme : la lettre de change, le billet
à ordre, le warrant. Cette reconnaissance vient rompre avec la solution classique qui visait seulement
la lettre de change.

1- Lettre de change
C’est un écrit par lequel une personne appelée tireur donne l’ordre à une autre personne appelée tiré
de payer à une certaine date, une somme à une troisième personne appelée bénéficiaire, preneur ou à
l’ordre de celle-ci

Ainsi la signature d’une lettre de change par ex : constitue un acte de commerce par la forme. La
lettre de change est encore appelée une traite.
Quel que soit l’objet de la lettre de change même si c’est pour assurer le règlement d’une dette civile.
De même, quel que soit la qualité des personnes qui signent la lettre de change. Toute personne qui y
appose sa signature fait un acte de commerce.

1- Le billet à ordre
C’est un écrit par lequel une personne, le souscripteur s’engage envers une autre personne, le
bénéficiaire à lui payer une somme déterminée à une date fixé, l’échéance. Ainsi le billet à ordre a le
caractère d’acte de commerce par la forme et non par nature.

Dans l’espace OHADA, le billet à ordre constitue un acte de commerce par sa forme. En droit
français c’est un acte civil. Il peut devenir commercial lorsqu’il émane d’un commerçant.
3- Le warrant
Il se comporte comme le billet à ordre. C’est un titre de gage avec dépossession de marchandises. Le
récépissé apparait comme la preuve de la quantité de marchandises déposées.

C’est un billet à ordre qui est souscrit par un commerçant et qui garantit les marchandises déposées
au magasin général.

Les litiges relatifs à ces actes de commerce que nous venons de citer relèvent de la compétence des
tribunaux de commerce puisque ce sont les actes de commerce.

L’art. 4 ne vise pas le chèque ; cet instrument ne constitue donc pas un acte de commerce par la
forme. Le caractère civil ou commercial du chèque dépend alors de la qualité de celui qui l’a émis et de
la nature de l’opération.

4- Les sociétés commerciales

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Ce sont des actes de commerce par leur forme. En droit français l’art 1 de la loi du 24.07.96 sur la
réforme des sociétés commerciales déclare « commerciales à raison de leur formes et quel que soit leur objet
les sociétés en nom collectif, les sociétés en commandite simple, les SARL, les sociétés par action ».

Dans l’espace OHADA, l’art. 6 al. 2 de l’AUSCGIE (Acte Uniforme sur les Sociétés Commerciale et
de Groupement d’Intérêt Economique) dispose : « sont commerciales à raison de leur forme et quel que soit
leur objet, les sociétés en nom collectif (SNC), les sociétés en commandite simple (SCS), les sociétés à
responsabilité limitée (SARL), et les sociétés anonymes (SA) ».

NB : Dans l’espace OHADA, les sociétés en commandite par action (SCA) sont supprimées. Tous les
actes de commerce accomplis par une société commerciale sont des actes de commerce quel que soit
l’objet parce que leur auteur est commerçant. Il en ait de même si les actes ont un caractère civil.

C- Les actes de commerce par accessoire (Actes de commerce subjectif)


Ce sont les actes juridiques accomplis par un commerçant pour les besoins de son activité
commerciale. En effet les actes de commerce par accessoire sont en réalité purement des actes civils ;
mais sont devenus commerciaux car ils sont accompli par un commerçant à l’occasion de son
commerce. Ainsi les actes accomplis par un commerçant dans l’exercice de sa profession sont
présumés acte de commerce sauf preuve contraire que l’acte n’est pas fait dans l’intérêt du
commerçant.

Ex : l’achat d’un bureau par un commerçant ; l’achat d’un camion par un commerçant en vue de la
livraison des marchandises aux clients.

NB : un acte civil est présumé devenir un acte commercial par accessoire, si deux conditions sont
remplies :

- Auteur de l’acte doit être commerçant


- L’acte doit être accompli pour les besoins du commerce c’est-à-dire pour l’intérêt du
commerce.
Les actes de commerce par accessoire ont un régime juridique identique à celui des actes de
commerce par nature. Ce sont des actes de commerce en raison de la qualité de commerçant de la
personne qui les effectue et non par leur forme.

NB : tous les actes de commerçant sont supposés faits pour les besoins de son commerce (fruit de
la jurisprudence)

§2. Faire de l’accomplissement de l’acte de commerce sa profession habituelle

A- Exercice habituel d’acte de commerce


L’habitude résulte de la répétition des actes. Ce qui forme les habitudes, ce sont les actes fréquents
et réitérés. L’habitude suppose donc une répétition et une durée dans l’accomplissement des actes de
commerce. Ainsi, une personne qui accomplit à titre professionnelle des actes de commerce est
commerçante.
Ex : un particulier qui achète un meuble pour la revendre avec un bénéfice fait un acte de commerce
isolé. Mais il n’est pas commerçant. Il le sera s’il achète les meubles régulièrement et en fait sa
profession.

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NB : L’exercice répété et habituel d’un acte de commerce n’a pas nécessairement dans tous les cas un
caractère professionnel.

Ex : un vigneron tire régulièrement des lettres de change sur les commerçants qui lui achètent du
vin. De ce fait il exerce d’une façon habituelle les actes de commerce. Est-il un commerçant ? Il ne
l’est pas parce que la répétition ne présente pas un caractère professionnel.
Au total l’exercice habituel d’acte de commerce constitue une profession quand il procure à celui qui
les accompli en tout ou partie de ses moyens d’existence.

1- Le but est de se procurer des ressources


Celui qui accomplit des actes de commerce à titre professionnel le fait dans le but lucratif c’est-à-dire
en spéculant (recherche de revenu pour satisfaire ses besoins)

Ex : un notaire exerce sa profession civile mais il spécule sur les fonds prêtés avec intérêt remis en
dépôt par ses clients. Il exerce ainsi la profession de banquier à titre secondaire. Il acquiert donc la
qualité de commerçant.

2- Profession principale ou secondaire


Ce n’est pas toujours dans les cas d’une activité principale ; ça peut être secondaire c’est-à-dire
qu’une personne dont l’activité principale est civile et qui exerce une activité secondaire qui ne
dépend pas de la première de nature commerciale acquiert la qualité de commerçant.

§3 : Accomplir des actes de commerce pour son propre compte


C’est une condition jurisprudentielle. Cette condition signifie faire des actes de commerce de manière
personnelle et indépendante d’où agir pour son propre compte et en son nom personnel. Parce que le
commerce est un jeu dangereux ; puisse qu’il peut aboutir à des pertes ou profit.

NB : l’accomplissement pour le compte d’autrui d’acte de commerce ne confère pas la qualité de


commerçant. Ex : le PDG d’une SA n’est pas commerçant. Il agit au nom de sa société.

Les représentants de commerce (VRP : Voyageur Représentant Placier) n’ont pas la qualité de
commerçant puisqu’ils ont un statut qui les assimile à des salariés.

NB : les commissionnaires ; courtiers sont des commerçants car ils agissent en leur propre nom. Ainsi
le locataire gérant est un commerçant parce qu’il exploite à ses risques et périls et en toute
indépendance le fonds de commerce qu’il a reçu en location.

Section 3 - Les conditions liées à la personne du commerçant


Tout le monde ne peut être commerçant. La loi procède à la limitation au libre accès à la profession
commerciale dans l’intérêt général (§1) et la limitation au libre accès à la profession commerciale dans

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l’intérêt individuel (§2) la législation commerciale interdit également l’exercice de certaines activités
par le commerçant ; elles seront examinées dans le paragraphe trois (§3)

§1 Limitation au libre accès à la profession commerciale dans l’intérêt collectif (limite au


droit de devenir commerçant)
Selon les diverses circonstances, la loi interdit (A) ou autorise (B) l’exercice de la profession
commerciale. Il existe en outre des professions qui sont incompatibles à l’exercice du commerce

A/ Les interdictions d’exercice


Les arts. 8. 9. 10 de AUDCG contemple les interdictions d’exercice

1) Incompatibilité (Interdiction en raison de la profession)


L’incompatibilité est une interdiction faite à une personne exerçant une profession déterminée d’en
exercer une autre. Il s’agit d’une interdiction faite à une personne d’exercer le commerce en raison de
sa fonction. Cette interdiction tire habituellement sa justification de la nécessité de préserver
l’honneur et la dignité de certaines professions jugées noble par rapport aux autres. Ex : le sacerdoce
et le commerce. Mais aujourd’hui l’incompatibilité est fondée sur la profession. Car une même
personne peut difficilement exercer dans les conditions satisfaisantes plusieurs professions aussi
éloignées les unes des autres.

En effet, le texte de l’art 9 de l’AUDCG est plus clair lorsqu’il déclare : « nul ne peut exercer une activité
commerciale lorsqu’il est soumis à un statut particulier établissant une incompatibilité » dans les al. 2 et 3 en
disposent : « qu’il n’y a pas d’incompatibilité sans texte » et « il appartient à celui qui invoque
l’incompatibilité d’apporter la justification ».

Ainsi l’exercice d’une activité commerciale est incompatible avec l’exercice des fonctions ou
profession suivantes :
- Fonctionnaires et personnel des entreprises à participation publique
- Officiers ministériels et auxiliaires de justice (avocats, huissiers, commissionnaire priseur,
notaire, greffiers, administrateur et liquidateurs judiciaires…).
- Experts comptables agréés et comptables agréés, commissaire au compte et aux apports,
conseillers juridiques, courtiers maritimes.
- Toute profession dont l’exercice fait l’objet d’une réglementation interdisant le cumul de cette
activité avec l’exercice d’une profession commerciale.
Selon le principe, il n’y a pas d’incompatibilité sans texte. Il appartient alors à celui qui invoque
l’incompatibilité d’en apporter les preuves.
Si malgré tout une personne en situation d’incompatibilité exerce le commerce, en dehors des
sanctions disciplinaires, elle sera soumise aux obligations de commerçant ; il ne pourra pas se
prévaloir des droits reconnus aux commerçants. Les actes accomplis par une personne en situation
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d’incompatibilité en reste pas moins valable à l’égard des tiers de bonne foi. Ceux-ci peuvent si bon
leur semble d’en prévaloir. Mais la personne en cas d’incompatibilité ne peut s’en prévaloir.
NB : Si malgré l’incompatibilité le notaire exerce un acte de commerce alors il sera commerçant
de fait. Le notaire dans ce cas va subir les obligations mais pas les droits de commerçant.

2) Interdiction en raison de la moralité (la déchéance)


La Déchéance est la perte de droit qui aboutit à des interdictions. Dans l’espace OHADA ; l’art. 10
du droit commercial général « nul ne peut exercer une activité commerciale directement ou par une
personne interposée s’il a fait l’objet :
- D’une condamnation définitive à une peine privative de liberté pour un crime de droit
commun ou à une peine d’au moins 3 mois d’emprisonnement ou non assortie de sursis pour
un délit contre les biens ; ou une infraction en matière économique et financière
- D’une interdiction prononcée par une juridiction professionnelle »
Par ailleurs, interdire à une personne condamnée pour infraction d’exerce le commerce peut être plus
ou moins discutable selon que l’infraction soit du domaine des affaires ou d’un autre domaine.
Autrement la réinsertion sociale entrerait en jeux

Malgré l’incompatibilité ou la déchéance les actes accomplis seront toujours regardés comme acte de
commerce et la personne sera considérée comme commerçant de fait. Elle n’aura pas des droits
commerciaux mais des obligations.

B : Les autorisations d’exercice


Il s’agit des nationaux et des étrangers

1 – Les nationaux
Au Togo par exemple pour accéder à l’exercice de la profession commerciale ; la personne physique
doit acquérir une autorisation préalable émanant du ministère du commerce qui de même qu’elle
devra justifier du paiement de la patente (inscription au rôle général des impôts). Il en est ainsi dans
l’espace OHADA

2 – Les étrangers
Au Togo ; par exemple ; pour exercer le commerce ; tout commerçant étranger devra joindre à la
demande d’autorisation préalable d’installation un titre de séjour ou un visa d’entrée délivré par le
ministre de l’intérieur.

§2 Les limitations du libre accès à la profession commerciale dans l’intérêt individuel


L’exercice de commerce est un jeu dangereux ; pour protéger l’individu il faut qu’il ait une capacité
commerciale. C’est pourquoi l’art. 6 du droit commercial général OHADA dispose : « nul ne peut

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accomplir des actes de commerce à titre de profession habituelle s’il n’est juridiquement capable d’exercer le
commerce ».

A – Le cas des mineurs (0 à 18 ans)


En droit français : le mineur non émancipé et mineur émancipé (16 ans) n’ont pas la qualité de
commerçant parce qu’à cet âge, il n’a pas la conscience nécessaire pour entreprendre une activité aussi
dangereuse pour son bien.
Au Togo, est considéré comme mineur, « tout être humain âgé de moins de dix-huit (18) ans », dispose
l’article 2 de la loi n° 2007-017 du 16 juillet 2007, portant Code de l’enfant.

Dans l’espace OHADA :


Le mineur non émancipé ne peut être commerçant.
Le mineur émancipé peut être commerçant selon l’art. 7 al.1 AUDCG « le mineur, sauf s’il est émancipé
ne peut avoir la qualité de commerçant ni effectuer des actes de commerce ».

NB : un mineur peut être actionnaire dans une SARL. Il ne peut l’être dans une société en nom
collectif SNC. Dans une SARL, les actionnaires peuvent être non commerçants mais dans une SNC
les actionnaires doivent être commerçants.

B – Cas des majeurs incapables (art. 118 al. 34)

1) Le majeur en tutelle
Il ne peut accomplir des actes de commerce ni être commerçant. De plus le tuteur ne peut faire le
commerce en son nom. On rappelle qu’il s’agit ici d’un régime de représentation du majeur dans les
actes de la vie civile. La tutelle s’applique aux majeurs dont les facultés mentales sont durablement
altérées par une maladie, une infirmité ou un affaiblissement dû à l’âge.

2) Le majeur en curatelle
Il ne peut accomplir des actes de commerce qu’avec l’autorisation du curateur. Au cas contraire les
actes sont nuls. On rappelle que la curatelle est un régime applicable aux individus qui, sans être hors
d’agir eux-mêmes, ont besoin d’être conseillés ou contrôlés dans les actes de la vie civile. C’est un
régime d’assistance qui empêche le majeur d’agir seul.

3) Le majeur sous sauvegarde de justice


Bien qu’il s’avère difficile et délicat, une personne sous sauvegarde de justice peut toutefois exercer le
commerce.

C – conséquence de l’incapacité commerciale


- Les actes de commerce passés par un incapable peuvent être annulés : on parle de nullité de
protection (nullité relative)

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- Si l’incapable majeur exerce quand même de façon habituelle le commerce ; il n’acquiert pas
pour autant la qualité de commerçant.

D – la situation des conjoints (époux)


1 – dans quel cas la femme mariée a-t-elle la qualité du commerçant

La matière a fait objet d’intervention de plusieurs lois.


- Depuis le code civil 1804 ; la femme mariée est frappée d’incapacité générale d’exercice.
- il eut une loi de 1938 selon laquelle elle peut faire le commerce mais avec l’autorisation de son
mari.
- La loi de 1942 élargit le domaine en autorisant la femme mariée de faire le commerce sous
réserve du droit d’opposition de son mari d’où le domaine d’autorisation est élargi. La loi lui
donne une grande chance de faire le commerce.
- La loi 1965 : la femme mariée a la liberté de commerce. Mais un commerce séparé de celui de
son mari. Cette loi a entrainé la loi du 10 juillet 1982 art.4 du code de commerce : « le conjoint
d’un commerçant n’est réputé lui-même commerçant que s’il exerce une activité commerciale séparée de
celle de son époux ».

Il n’y a plus de distinction entre mari et femme dans l’attribution de la qualité de commerçant. Cela
entraine plusieurs situations
1- Conjoint collaborateur (conjoint qui aide ne peut devenir commerçant) : ex : si la femme assure
la direction de l’exploitation commerciale tan disque son mari l’aide ; elle conserve sa qualité de
commerçante.
2- Conjoint Co-exploitant (les 2) exploitent en commun un fonds de commerce ; la loi présume le
mari seul commerçant. Il conviendrait que si l’un a une part prédominante dans la gestion il
serait reconnu commerçant. Si les 2 on la même part ; les deux sont commerçant.
Conséquence de l’exercice du commerce par une femme mariée.
La femme va répondre de ses engagements sur la totalité de son patrimoine. Le problème c’est que si
ce patrimoine est lié à celui du mari. Il va dépendre du régime du mariage.

Régime séparatif (OHADA) : Chaque époux va supporter les dettes nées de son propre chef.

Régime communautaire des biens (régime du droit commun en droit français)

Les biens qu’on retrouve dans ce régime : les biens communs ; biens propres des époux ; biens
réservés (biens que chacun peut tirer des fruits de son activité). Alors la femme engage ses biens
propres et bien réservés.

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§3. Les commerces interdits
Dans le souci de préserver la moralité, la loi a interdit l’exercice de certain commerce. Il s’agit par
ex : du commerce des stupéfiants (drogue) du commerce des armes, le trafic des enfants, etc. Ces
activités sont contre l’ordre public et les bonnes mœurs.

La loi interdit également les activités détenues en monopole par l’Etat. On peut citer par ex : la
fabrication de cigarettes, l’émission des timbres fiscaux.

Par ailleurs, la loi n’interdit pas systématiquement certains commerces mais soumet l’exercice de ces
commerces à une autorisation préalable. C’est le cas par ex : de l’exploitation de pharmacie, de débits
de boisson, des activités relatives aux assurances-banque.

Section 4 Les obligations professionnelles du commerçant

La loi impose aux commerçants des obligations essentielles : l’immatriculation au registre du


commerce et du crédit mobilier et la tenue des documents comptables. En dehors de ces deux
obligations d’autres obligations sont également reconnues aux commerçants.

§ 1- Immatriculation au registre du commerce et crédit mobilier (RCCM)


(En France, on parle de Registre du Commerce et des Sociétés : RCS)

Le RCCM est un répertoire caractère officiel dans lequel les personnes assujetties à la formalité
d’immatriculation doivent s’enregistrer.

A- Objet de RCCM
Le RCCM a pour objet
- Recevoir des demandes d’immatriculation des personnes physiques ayant la qualité de
commerçant, des sociétés commerciales ; des sociétés civiles par leur forme et commerciales
par leur objet, les groupements d’intérêt économique (GIE)
- Recevoir la déclaration d’activité de l’entreprennent
- Recevoir les demandes de mention modificatives, complémentaires et secondaires
- Recevoir les demandes de radiation des mentions y effectuées
- Recevoir toutes les demandes d’inscriptions des sûretés, les contrats de crédit- bail
- Permettre de satisfaire aux exigences de sécurité, de transparence et de loyauté nécessaire aux
activités économiques
- Permettre aux assujettis et aux tiers l’accéder aux informations conservées par le RCCM ;
ainsi le RCCM constitue un moyen de publicité
- L’immatriculation d’une personne physique ou morale a un caractère personnel.
14
B - Les conditions d’immatriculation
Les conditions varient selon que l’assujetti est une personne physique ou morale. On se limitera aux
conditions de l’assujetti personne physique.
Toute personne physique dont l’immatriculation est requise par la loi doit s’immatriculer dans le 1 er
mois de l’exercice de son activité. Il se fait au greffe de la juridiction compétente ou à l’organe
compétant dans l’Etat partie, dans le ressort de la quelle son activité se déroule.

Le formulaire de la demande d’immatriculation au RCCM doit indiquer :


- Les noms, prénoms et domicile de la personne assujettie
- Sa date et lieu de naissance
- Sa nationalité
- La/les activités exercées
- L’adresse du principal établissement, date de commencement de son activité.
A l’appui de sa demande, l’assujetti est tenu de fournir les pièces justificatives telles que
- Un extrait de l’acte de naissance
- Un extrait de son acte de mariage
- Un certificat de résidence
- Une autorisation préalable d’exercer le commerce
L’immatriculation au RCCM produit un effet important. Ainsi la personne physique immatriculée
est-elle présumée (apriori) sauf preuve contraire avoir la qualité de commerçant. La présomption
dont il s’agit ici est une présomption simple qui peut être combattue par une preuve contraire. Par
conséquent toute personne physique assujettie à l’immatriculation au RCCM qui n’a pas demandé
celle-ci dans les délais prévus, ne peut se prévaloir de la qualité de commerçant jusqu’à son
immatriculation.

C - La radiation
La radiation est l’action ou le fait de rayer le nom du commerçant sur le RCCM. Elle entraine en
conséquence la perte des droits résultants de l’immatriculation.

Les causes de la radiation du RCCM

Elles sont :
- La radiation peut résulter de la volonté du commerçant ; ce dernier peut décider de cesser ou
de mettre fin à son activité commerciale. Dans ce cas le commerçant qui s’était immatriculé
doit demander sa radiation du RCCM dans le délai d’1mois à compter de la cessation de son
activité commerciale.
- La radiation peut résulter du décès du commerçant de la personne physique immatriculée.
Dans ce cas, ses ayant-droit doivent dans le délai d’1 mois à compter du décès demander la
15
radiation de l’inscription au RCCM ou sa modification s’ils veulent eux-mêmes continuer
l’activité.
- La radiation peut résulter de la dissolution d’une personne morale. Dans ce cas, la dissolution
de la personne morale doit être déclarée dans le délai d’1mois ; il en est de même de
l’annuellement de la société à compter de la décision qui l’a prononcé. Dans ce cas, la radiation
doit être demandée par un liquidateur dans le délai d’1mois à compter de la clôture des
obligations de liquidations.

§.2 –Les obligations comptables


Le commerçant a l’obligation de tenir des livres de commerce selon les dispositions de l’art.13
AUDCG. Ces livres servent le plus souvent de preuve en cas de contestation portant sur les
opérations effectuées.
A- La tenue des livres comptables
La loi impose aux commerçants certains documents appelés livres comptables dont les principaux
sont : livre journal dans lequel le commerçant enregistre au jour le jour et de façon chronologique les
opérations commerciales qu’il effectue.
Le livre-journal : on y enregistre au jour le jour les opérations commerciales effectuées par le
commerçant.
Le grand livre dans lequel le commerçant doit récapituler les écritures du livre- journal et le livre
d’inventaire dans lequel le commerçant doit enregistrer une fois l’an, les éléments de l’actif et du
passif de l’entreprise. L’inventaire est un relevé de tous les éléments d’actif et de passif au regard des
quels sont mentionnés les quantités et les valeurs de chacun d’eux à la date d’inventaire.
Les livres comptables doivent être tenus conformément à la loi c’est-à-dire sans blanc ni rature, ni
surcharge ou altération d’aucune sorte.
Ils doivent être également quottés et paraphés par le président de la juridiction compétente ou par le
juge délégué à cet effet.
Les livres comptables doivent mentionner le numéro d’immatriculation au RCCM de la personne
concernée.
Les livres comptables, lorsqu’ils sont régulièrement tenus peuvent être admis par le juge pour servir
de moyen de preuve en cas de litige entre commerçants. Ces livres doivent être conservés pendant au
moins 10ans.
Outre ces obligations essentielles, d’autres obligations sont imposées aux commerçants. En effet, le
commerçant doit ouvrir un compte bancaire ou postal qu’il doit obligatoirement utiliser pour
encaisser ou dépenser dans le cadre de ses activités. Enfin, tout commerçant doit payer certains
impôts et taxes : la TVA (Taxe sur Valeur Ajoutée) et immatriculer les salariés qu’il emploie de
CNSS.
CHAPITRE 2

16
ORGANISATION DE LA JUSTICE COMMERCIALE

L’étude de l’organisation judiciaire nous pour permettra d’aborder notamment les sources du droit
commercial avec un accent particulier sur l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique
des Droits des Affaires) (Section 1). Par ailleurs, les spécificités du droit commercial par rapport au
droit civil seront prises en considération en même temps que l’organisation particulière de la justice
commerciale. (Section 2). Enfin on verra le régime juridique des actes de commerce (Section 3).

Section.1- Les sources du droit commercial


Le droit commercial a plusieurs sources qui peuvent être classées en deux catégories : les sources
écrites (§.1), les sources non écrites (§.2). La jurisprudence et la doctrine seront considérées dans le
paragraphe trois (§3).

§1- Sources écrites


Dans cette catégorie de source du droit commercial, on distingue la « Loi » qui renferme
principalement, le code de commerce, le code civil ; viennent ensuite les conventions internationales
et les règlements édictés par le pouvoir exécutif en matière commerciale. Une attention particulière
sera mise sur l’OHADA.
A- La Loi
Elle constitue l’ensemble de règles dont la violation entraine une sanction.
1- Code de commerce 1807
Le Code de commerce français constituait la source traditionnelle du droit commercial. Il est entré en
vigueur en 1807 et contient l’ensemble des dispositions qui régissent les commerçants, les biens
commerciaux et les opérations commerciales. Aujourd’hui avec l’avènement du droit OHADA, le
Code de commerce n’est plus la source par excellence du droit commercial dans les pays africains
signataires du Traité OHADA.

2- Les lois civiles (Code civil)


Il est entré en vigueur en 1804 et renferme l’ensemble des dispositions applicables en matière civile.
Le code civil est cité parmi les sources du droit commercial car les dispositions du droit civil
s’appliquent en matière commerciale lorsqu’il n’existe pas de disposition ou de règle commerciales qui
soit prévu pour régir la matière commerciale en cause ; (en cas de mutisme du code de commerce). En
d’autre terme, les dispositions du code civil sont applicables en matière commerciale à chaque fois que
le droit commercial est muet sur une matière commerciale. On parle d’interférence du droit civil en
matière commerciale. C’est la raison pour laquelle le droit civil est appelé droit commun. Ex :
art.1108 conditions de validité de contrat.

B- Les conventions internationales


17
 Les conventions internationales
Sur le plan international, plusieurs conventions ont été signées par des Etats en matière commerciale
On peut citer par exemple :
- Les conventions de Berne signées en 1890 et relative au transport de marchandises et des
voyageurs
- La convention de Varsovie signée du 12/10/1929 relative aux transports aériens internes ou
internationaux
- Les conventions de New-York signé en 1958 et relative à la reconnaissance et à l’exécution
des sentences arbitrales.
- Convention de Bruxelles du 29/04/1961, sur le transport maritime
 Les traités internationaux
Plusieurs traités internationaux ont été également signés par les Etas dans le domaine du droit
commercial. Il s’agit par exemple de :
- Traité de Rome signé en 1957 ; c’est le traité qui a institué la communauté économique
européenne (CEE) devenu aujourd’hui Union Européenne
- Traité conclu sous l’égide de l’organisation mondiale du commerce (OMC) règlementant le
commerce sur le plan mondial.
- Traité OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires), signé
le 17 Aout 1993 à St Louis en Ile Maurice par les Etats membres1 et mis en vigueur le 1er
janvier 1998
Les Objectifs de l’OHADA
- Harmoniser ou uniformiser les différentes législations
- Promouvoir le développement des pays concernés
- Intégration économique ; décollage économique
- Innovation (moderniser) ; souplesse apportée au droit français
Ex : d’innovation : SA unipersonnelles et des SARL unipersonnelles. Etc.
La mission de l’OHADA est de garantir la sécurité juridique et judiciaire pour les investissements et
les entreprises dans les Etats-membres. Pour parvenir à cette mission, l’OHADA s’est assignée
comme tâche :

1
Le Traité de Port-Louis a été signé, à l’origine par 14 Etats : le Benin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République
Centrafricaine, les Comores, le Congo, la Cote d’Ivoire, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Mali, le Niger, le Sénégal, le
Tchad et le Togo. Après ratification par sept Etats, (Sénégal, Centrafrique, Mali, Comores, Burkina Faso, Benin, Niger), le
Traité est entré en vigueur le 18 septembre 1995. Les autres Etats l’ont progressivement ratifié entre 1996 et 1999. La
Guinée – Bissau, dès 1995, puis en 2000, ont ensuite rejoint l’Organisation qui comptait 16 Etats-membres au 31 décembre
2000. Un dix-septième Etat vient d’intégrer l’Organisation : la République Démocratique du Congo, qui a déposé ses
instruments de ratification le 13 juillet 2012 auprès du Sénégal, Etat dépositaire du Traité de Port-Louis, conformément aux
dispositions de l’article 57 du Traité. Ce qui ouvre la voie à la mise en application, sur ce territoire, des Actes uniformes
dans les 60 jours qui suivent. Le Sao Tome en principe a également manifesté son intérêt en vue d’une adhésion prochaine
18
- L’adoption des règles communes, modernes, signées et adaptées à la situation économique des
Etats-membres. Ceci dans le but d’uniformiser le droit des affaires dans les Etats signataires
du Traité.
- La promotion d’une justice diligente, indépendante ainsi qu’une formation adéquate des
personnelles juridiques (fait selon le droit) et judiciaires (relatif à l’administration de la justice,
fait en justice par autorité de justice).
- L’encouragement au recours à l’arbitrage et autre mode de règlement à l’amiable des litiges.
Les institutions ou organes de l’OHADA encore appelées acteurs régionales
- La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement : c’est l’organe politique de l’OHADA. Elle
se réunit en cas de nécessité pour donner des impulsions aux processus d’harmonisation.
- Le Conseil des ministres c’est l’organe délibérant de l’organisation. Il exerce en outre le
pouvoir normatif en adoptant des actes uniformes et les règlements.
- Le secrétariat permanant c’est l’organe exécutif de l’OHADA. Il prépare les projets d’acte
uniformes, de règlements et des décisions. Il représente en outre l’organisation dans des
relations avec les tiers. Il a son siège à Yaoundé.
- La cours commune de justice et d’arbitrage (CCJA) : C’est l’organe juridictionnel commun et
supranational. Il est composé de 9 juges. La CCJA est seule compétente pour connaitre en
cassation du contentieux des actes uniformes. Elle intervient en matière d’arbitrage. Son siège
se trouve à Abidjan.

- L’Ecole régionale Supérieure de la magistrature (ERSUMA) elle est le centre de formation de


perfectionnement et d’augmentation en droit des affaires. Elle dispose de formation en son
siège, dans les autres Etats membres à distance par vidéo-conférence, à l’intention des
professionnelles du droit (magistrats, greffiers, avocats huissiers de justice etc.).

Le droit OHADA véhicule essentiellement des actes uniformes, pris par le Conseil des ministres en
matière du droit des affaires. On appelle acte uniformes un ensemble de dispositions légales qui
règlent un domaine déterminé du droit OHADA.
Aujourd’hui il existe 9 actes uniformes pris dans le domaine :
- L’Acte Uniforme relatif au Droit Commercial Général (AUDCG)
Cet acte définit et règlemente le statut de commerçant, le statut d’entreprenant, le registre du
commerce et de crédit mobilier, du bail à usage professionnel, fonds de commerce, les intermédiaires
de commerce, la vente de fonds de commerce.
- L’Acte uniforme portant organisation des sûretés (AUPOS)
Cet acte uniforme distingue les sûretés personnelles (questionnement) les sûretés nobiliaires inscrites
au RCCM (droit de détention, gage, nantissement, privilège), les suretés immobilières (hypothèques).

19
- L’Acte uniforme relatif au droit des sociétés de commerce et du groupement d’intérêt
économique.
Cet Acte uniforme prévoit les entreprises types des sociétés commerciales et d’intérêt politique ainsi
que les règles de leur formation.
- L’Acte uniforme portant organisation des procédures simples de recouvrement et des
voies d’exécution ;
Cet acte uniforme organise deux procédures judiciaires simples à mettre en œuvre par un créancier
afin de contraindre son débiteur à exécuter son engagement. Ces deux procédures sont : l’injonction
de payer une somme d’argent et l’injonction de délivrer ou de restituer un objet.
- L’Acte uniforme portant organisation des procédures collectives d’épurement du passif
Cet Acte vise les procédures collectives d’épurement du passif et au contrôle judiciaire. Ces
procédures sont les suivant : le règlement préventif, le redressement judiciaire, la liquidation des
biens.
- L’Acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage
Cet acte expose les principes du droit d’arbitrage ainsi que les entreprises en phase de la procédure.
- L’Acte uniforme portant organisation et harmonisation des comptabilités de
l’entreprise
Cet acte établit les nombres de comptes, le plan des comptes, règlement de tenu des comptes.
- L’Acte uniforme relatif au contrat de transport des marchandises par route
Cet acte règlemente tout contrat de transport de marchandise par route lorsque le lieu de prise en
charge de la marchandise et le lieu prévu pour sa livraison sont situés soit sur le territoire d’un Etat-
membre de l’OHADA, soit sur le territoire de deux Etats différents dont l’un est membre de
l’OHADA.
- L’Acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératrices
Cet acte uniforme s’applique à toute personne désirant s’engager en société coopérative pour exercer
une activité quelle quelle soit et dans n’importe quelle branche. Il prévoit deux types de sociétés :
société coopératives simples et société coopératives avec conseil d’administration.
Remarque
Les différents actes uniformes que nous venons d’étudier constituent eux-mêmes des sources écrites
du droit OHADA. Il faut ajouter à ces actes uniformes, le Traité de l’OHADA lui-même.
C- Les lois nationales et les règlements dictés par le pouvoir exécutif
Ils constituent également des sources du droit commercial. Ils ne doivent pas être contraires à l’esprit
du traité de l’OHADA.
NB : En conclusion le droit commercial n’est pas le droit de l’activité économique (certains secteurs
ne sont pas pris en compte) autrement dit la loi a exclu du commerce certains secteurs de l’économie.
Ex.1 : l’agriculture : le paysan qui vent un produit de son sol accomplit un acte civil.

20
 Tout ce qui vient du sol (immeuble) est civil
 Pas d’achat en vue de la revente.
Ex.2 l’artisan : il vend son art ou sa connaissance à cause de la transformation des planches par
exemple. Pas d’achat en vue de revente. Donc il s’agit d’un acte civil et non commercial.
Ex.3 : profession libérale : l’enseignement par exemple est une transmission de connaissance donc pas
d’achat en vue de la revente. NB : tout ce qui est d’enseignement est civil.

§ 2- Les sources non écrites


Ils constituent l’ensemble des pratiques devenues obligatoires et/ou répétition des événements qui
finissent par encrer dans les habitudes. Ce sont principalement les usages conventionnels (A) et la
coutume encore appelés usage de droit. (B).

A : Les Usages conventionnels (usages du fait)


Un usage conventionnel est un usage qui tire sa force obligatoire de la volonté des parties ; il s’agit
d’usage ayant valeur interprétative ou supplétive. Il advient quand il y a manque de volonté manifeste
sur un point de vue c’est-à-dire quand les gens se taisent.
Ce sont les pratiques courantes aux quelles les parties au contrat sont censés s’être référés. Les
pratiques sont souvent spécialisées à une région ou à une profession. Elles sont devenues tellement
courantes et entré dans les habitudes et on ne trouve plus besoins de les imprimer.
Les usages de fait jouent le rôle de convention tacite. Ainsi les parties qui n’ont rien précisé dans un
contrat sont censées à se référer à ces pratiques courantes. C’est dans ce contexte que l’art 207 de
l’acte uniforme relatif au droit commercial général dispose que « les parties sont liées par les usages
auxquels elles ont consenti et par les habitude qui se sont étendues dans leur relation commerciale ».
Les usages de fait ont un caractère supplétif : il s’applique à défaut de manifestation de volonté
contraire.
Ex : régime des biens communs : si c’est le régime du bien commun qui est par exemple dans les
dispositions normales et vous venez à être interrogés et vous ne vous prononcez pas ou ne donnez
pas votre point de vue ou avis contraire ; alors on vous applique la loi. Dans ce sens la loi est
supplétive

B- La coutume ou Usages de droit (usages impératifs)


La Coutume est l’ensemble de pratiques répétées constantes dans un milieu dont la population lui
attribue une force obligatoire. C’est la règle non écrite du droit. Elle se dégage lentement et
spontanément des faits et des pratiques habituellement suivis dans un milieu social donné et devient
obligatoire, indépendant de toute intervention expresse ou tacite du législateur.

21
La coutume joue un rôle de loi à défaut de règlementation légale. La coutume ne peut aller à
l’encontre d’une loi impérative. Cependant une coutume commerciale peut déroger une loi civile
impérative. Ex : la règle de présomption de solidarité, des codébiteurs commerçants écarte
l’application de l’art 1202 de Code civil selon lequel il n’y a pas de solidarité sans textes. C’est –à-dire
la solidarité ne se présume point, il faut qu’elle soit expressément stipulée. Or pour la coutume
commerciale, la solidarité se présume. La coutume commerciale est distinguée de l’usage
conventionnel du fait que l’usage de droit a un caractère impératif.

1- Importance de l’usage en droit commercial


Il vient combler les lacunes de la loi.
 Domaine d’application d’un usage : un usage reçoit application qu’entre commerçants.
2- Preuve de l’usage
C’est à celui qui invoque l’usage de rapporter la preuve. Dans la pratique on utilise les parères (une
attestation ou un document qu’un organisme professionnel (chambre de commerce) délivre qui
précise l’existence d’un usage et le sens qu’il faut donner à cet usage.

§.3- Doctrine et Jurisprudence


La jurisprudence est l’ensemble des décisions des tribunaux et des cours. Elle a sa place réduite en
droit commercial ; car le législateur a prévu à l’avance (ce qu’il faut faire) des règles applicables dans
ce domaine. La jurisprudence a quand même une place dans le silence de la loi ; les juges créent leurs
propres règles qu’on appelle règles jurisprudentielles.
Ex : concurrence déloyale ; les actes de commerce par accessoire.
NB : la doctrine et la jurisprudence constituent également des sources indirectes ou source
complémentaires de droit. Elles jouent le même rôle aussi bien en droit civil qu’en droit commercial.

§.4- Interférence des autres droits en matière commerciale


Malgré ses spécificités qui confèrent au droit commercial son autonomie ; il a quand même besoin
des autres droits. On parle d’interférence ou de pénétration ou d’intervention ou encore de
compénétration en matière commerciale. Il s’agit de droit civil en matière commerciale (A) ; droit
pénal en matière commerciale (B), droit administratif en matière commerciale (C) Quand bien même
le droit commercial s’est progressivement détaché du droit civil et par conséquent constitue un droit
autonome, on note l’interférence des autres droits dans son champ d’application ; nous examinerons
cette interférence dans la (Section 2)
A- Exemple de Droit civil en matière commerciale
Art.1108/1128 conditions de validité des contrats
Art. 1134/1103 conventions de force obligatoire

22
Art.1382/1240 responsabilité civile.

Ces articles prennent aussi effet en droit commercial.

B- Exemple de Droit pénal en matière commerciale

Fraude de banqueroute (soustraire sa comptabilité en réduisant les montants inscrits pour


contrôle)
C- Exemple de Droit administratif en matière commerciale

Exercice du commerce par un étranger au Togo ou par un togolais à l’étranger

Section 2- Organisation particulière de la justice commerciale

Il faudra noter qu’en matière commerciale des litiges peuvent aussi naitre et il faut les règles.
L’organisation de la justice permet de déterminer la juridiction compétente en cas de litige. Par
ailleurs, la spécificité liée à la rapidité du droit de commerce entraine l’existence du tribunal
commercial à compétence spécifique (§1). Dans le même souci le droit commercial dispose de
procédure appropriée (§2)

§1 Le Tribunal commercial ou Juridiction consulaire


En Droit français, le Tribunal commercial comprend des juges commerçants élus par des
commerçants. En principe, dans chaque ville il existe des TGI ; (Tribunal de Grande Instance) qui
relève du droit civil ; dans ces mêmes villes il existe des tribunaux commerciaux. Or s’il arrive que
dans une ville il n’y a pas de tribunal commercial, c’est le TGI qui intervient en cas de litige. On parle
d’interférence du droit civil en matière commerciale.
Au Togo, comme d’ailleurs dans les autres Etats membres de l’OHADA, il n’existe pas de tribunaux
de commerce (avant l’année 2018). Le législateur a consacré l’unicité de juridiction en créant des
tribunaux de première instance qui sont compétents tant en matière civile qu’en matière commerciale

§2 La compétence et la procédure devant les juridictions consulaires

A/ La compétence
La compétence c’est l’aptitude ou la capacité d’une juridiction à connaitre d’un litige. On distingue la
compétence d’attribution et la compétence territoriale.

1- Compétence d’attribution (droit français).


Il s’agit d’une distribution des affaires entre les tribunaux commerciaux et les tribunaux de droit
commun (civil). On suppose que les tribunaux de droit commun possèdent la plénitude de juridiction

23
et donc peuvent traiter tous les litiges. Par contre la loi attribue aux tribunaux commerciaux les
domaines dans lesquels ils doivent agir. Ils ne connaissent que les affaires que la loi leur a attribuées
expressément.

*** Quelles sont les matières que les tribunaux commerciaux peuvent traiter?
a) Litiges entre commerçants
Ex : contestation entre marchands ; entre banque ; entre associés etc.
b) Litige relatif aux actes de commerce entre toute personne
c) Litiges relatifs aux difficultés des entreprises. Ex : redressement judiciaire
NB : les actes mixtes (actes civil pour une partie et acte commercial pour l’autre) Quelle juridiction
doit être compétente.
Litige
KOUGLENOU…………………………………………….GALAXIE
Hypothèse 1. Si Galaxie (commerçant) est demandeur ; la juridiction compétente est le tribunal civil
(juridiction du domicile du défendeur, Kouglenou), non commerçant
Hypothèse 2. Si Kougblenou (non commerçant) est demandeur il a option de juridiction : il peut
saisir du tribunal consulaire ; du tribunal de droit commun ou de TGI (droit français)
2- Exception à la compétence d’attribution
D- Toute action tendant à réparer un dommage c’est le tribunal civil qui est compétent.
E- S’il y a litige entre deux commerçants en cas d’accident de circulation terrestre c’est le
juge civil qui est compétent.
F- Dans les milieux ou il n’existe pas de tribunal de droit commun ; c’est le TGI qui est
compétent.
3- Sanction d’Incompétence d’attribution
Si la juridiction qui est saisi n’est pas compétente pour connaitre d’un litige donné ; celui qui conteste
la compétence doit soulever l’exception d’incompétence.

B- La compétence territoriale
Principe : Le tribunal territorialement compétent est celui du domicile du défendeur.
S’agissant des sociétés, le tribunal territorialement compétent est celui du Siège social. Cependant,
Une théorie dite « Théorie dite des gares principales », permet de juger le litige au lieu où se
trouve une succursale importante et non au domicile du lieu où se trouve le Siège social de
l’entreprise. Mais en matière de redressement judiciaire et de liquidation judiciaire, seul le tribunal du
Siège social est compétent.
- En matière immobilière, la juridiction compétente est celle du lieu de la situation de l’immeuble
- En matière contractuelle, le tribunal territorialement compétent est celui du lieu de la livraison
des marchandises ou celui du lieu de la prestation de service.
24
- En matière délictuelle, le tribunal territorialement compétent est celui du lieu de la réalisation du
dommage.
- En matière d’acte mixte, la juridiction compétente est fonction de la qualité des parties au
procès ; spécialement de la qualité du demandeur.

2. Exception
Les clauses attributives de juridiction. S’il est prévu dans le contrat par entente à l’avance de
déterminer la juridiction compétente, les parties s’attribuent elles-mêmes le domicile du jugement de
leur litige. Les clauses attributives de juridiction prennent application entre commerçants. On peut
parler du domicile élu. La clause doit être expressément stipulée.

§.2- La procédure commerciale


L’Objectif c’est d’identifier les juridictions compétentes et voir le cheminement des opérations.
A- La procédure ordinaire
Dans la procédure ordinaire, exception faite des cas ci-dessus identifiés, le tribunal compètent est
celui du défendeur.
B - Procédure spéciale
Le président du tribunal se prononce et prend une mesure provisoire appelée ordonnance. C’est en
vue de la rapidité. Un pouvoir est reconnu au président du tribunal commercial de statuer seul.

C-Ordonnance de référée :
Elle concerne les affaires urgentes. Ex : retard d’une seconde peut causer des dommages graves.
Mesure provisoire ; ex : envoi d’un expert. C’est une procédure contradictoire, en présence du
demandeur et du défendeur. Il s’agit de décision rapide et provisoire qui n’empiète sur les décisions
que prendra le tribunal commercial lors du procès.

1 – L’Ordonnance sur requête (sur demande)


C’est aussi pour des affaires urgentes. C’est une décision provisoire rendue sans procès contradictoire
(à l’insu du défendeur). L’Ordonnance de référé constitue la voie de recours pour la personne qui est
resté en dehors de la procédure sur requête.

2 – l’Ordonnance d’injonction de payer (dans l’espace OHADA)


L’injonction de payer c’est intimer l’ordre à un débiteur de payer sa dette. C’est une procédure de
recouvrement de créance. Si la demande est fondée le président de la juridiction compétente prend
une décision portant injonction de payer qui doit être signifiée au débiteur par l’intermédiaire du
créancier. La signification de la décision au débiteur produit deux conséquences
- Soit il paie le montant de la dette indiqué dans la décision

25
- Soit il s’y oppose dans un délai de 15 jours dans le droit OHADA et de 30 jours dans le droit
français.
Cette opposition doit être portée devant la juridiction compétente dont le président a rendu la
décision d’injonction de payer. Passé le délai de 15 jours le créancier peut demander l’opposition de la
formule exécutoire sur cette décision dans un délai de deux (2) mois suivant l’expiration du délai
d’opposition.
NB : l’OHADA innove sur l’institution d’un préliminaire de conciliation obligatoire (qui
n’existe pas en droit français) et qui consiste pour la juridiction saisie sur opposition de
procéder à une tentative de conciliation.
En cas d’injonction de payer, la créance doit être : certaine (doit exister et avoir un montant
déterminé), liquide (doit être payée en espèces), exigible (échéance atteinte ; le terme échu)
Champ d’application (quelles sont les créances qui doivent bénéficier de l’injonction?)
- La créance doit avoir une cause contractuelle c’est-à-dire doit résulter d’un contrat
- L’engagement doit résulter d’émission ou d’acceptation de tout effet ou un chèque dont la
possession s’est révélée existante ou insuffisante.
NB : (innovation OHADA)
Inclusion du chèque dans le champ d’application ; Montant non fixé c’est-à-dire pas de limite
La procédure
Le créancier adresse une requête au président de la juridiction compétente, cette requête doit
contenir un certain nombre d’informations : le montant de la dette ; pièces justificatives etc.

D- L’arbitrage
Il y a arbitrage lorsque les parties décident confier leur litige à des particuliers appelés arbitres. Il
peut être fait par acte authentique, sous seing privé ou par procès-verbal devant un arbitre.
Intérêt de l’arbitrage : amiable – rapide – moins couteux – libre choix des arbitres – garanti le
secret des affaires – simple
Par ailleurs on distingue le Compromis d’arbitrage (commun au droit civil et commercial) et la
Clause compromissoire.
1- Compromis d’arbitrage : il y a compromis quand le conflit (litige) est né et les parties
décident de le soumettre à un arbitre par entente (de commun accord).
Conditions de validité
- Il doit obéir aux règles générales de validité du contrat
- Il doit être constitué par écrit
- Il doit déterminer l’objet du litige
- Doit déterminer l’identité des arbitres

26
2- Clause compromissoire (le litige n’est pas encore né) c’est une disposition par laquelle les
parties s’entendent à l’avance de soumettre à des arbitres le compromis.

NB : La clause compromissoire devient compromis le jour où le litige nait et les parties font recours
aux arbitres. Ce régime n’est valable qu’entre commerçants.
Conditions de validité (cf. compromis d’arbitrage)
** Effets de la clause compromissoire
- Clause attributive de compétence à une juridiction arbitrale
- Les parties renoncent à faire recours aux juridictions ordinaires
- Clauses valables entre commerçants.
**Décision des arbitres : La décision des arbitres est appelé sentence arbitrale. Elle n’admet pas de
voie de recours)
NB : pour que cette sentence soit exécutive il faut l’intervention d’un juge de l’Etat qui prend une
ordonnance appelée exequatur.

§3 - Le régime juridique des actes de commerce


Ils sont soumis à un régime juridique particulier qui les distingue des actes civils. Ce régime
concerne : les règles de compétence et de preuves, la durée de la prescription instinctive, la mise en
demeure et la solidarité des codébiteurs.

A Les règles de compétence


Les contestations entre commerçant se rapportant à un engagement pris dans l’exercice du
commerce d’une part et celle relative aux actes de commerce entre toute personne sont de la
compétence des tribunaux de commerce (en France)
Dans les Etats membres du Traité OHADA, ce sont les tribunaux du droit commun (tribunal de
première instance) qui en sont compétents.

B Les règles de preuves


Les actes de commerce peuvent être prouvés par tout moyen contrairement en droit civil où la
preuve est règlementée (preuve écrite exigée) ainsi en droit commercial la preuve de contrat
commercial peut se faire en tout moyen quel que soit la valeur de l’objet de contrat. Se faisant, le droit
commercial préconise la liberté de preuve des actes juridiques.

C Les règles de prescription


La durée de la prescription des actes de commerce est de 5ans si non moins.

D Les règles relatives à la mise en demeure

En droit commercial, la mise en demeure peut se faire par tout moyen. Ainsi une simple lettre
recommandée constitue une mise en demeure suffisante en matière commerciale.

E Les règles relatives à la solidarité des codébiteurs

En matière commerciale la solidarité des codébiteurs est toujours présumée contrairement en droit
civil où la solidarité doit résulter expressément d’un texte. (cf art 1202 du code civil).
27
CHAPITRE 3

LES AUTRES ACTEURS DE LA VIE ECONOMIQUE

Les agents visés en comparaison aux commerçants, du point de vue de leur participation à la vie
économique sont notamment, les artisans, (secton1), les agriculteurs (section2) les membres des
professions libérales (§section) et l’entreprenant (section.4)

Section1/ Les artisans

Les artisans sont des personnes qui achète des matières premières et les revendent mais en les
faisant subir une transformation tel qu’on ne peut pas parler d’achat pour la revente.
Ex : le menuisier qui achète du bois le fait subir une transformation pour fabriquer des meubles. ; Les
chauffeurs ; le cordonnier et autres ne sont pas des commerçants.
§1- Les conditions
Pour qu’on puisse parler d’artisan, il faut l’exercice d’un métier manuel : Il vend à titre principal son
travail et non la marchandise qu’il a utilisée. Le métier doit être exercé pour son propre compte. Il ne
reçoit l’ordre de personne. Il assure seul les risques de son entreprise. Il doit s’agir d’un métier
qualifié : l’artisan doit recevoir une formation qui sera sanctionnée par un diplôme. L’artisan emploi
une main d’œuvre limitée : L’entreprise artisanale ne doit pas employer plus de 10 salariés.

NB : les membres de la famille n’entrent pas en compte dans l’effectif des salariés
Au vue de tout cela un artisan c’est celui qui tire l’essentiel de ses ressources du travail manuel et ne
spécule ni sur les matières premières ni sur le travail des salariés et justifie d’une certaine
qualification.

§2- L’artisan – commerçant


En plus du travail manuel ; l’artisan peut vendre des articles qu’il n’a pas fabriqués ; mais achète
seulement en vue de les revendre.
28
NB : si le travail manuel demeure l’activité principale et les actes de commerce accessoires de la
profession ; l’artisan relève uniquement du secteur des métiers (artisan). Au cas contraire, le travail
est l’accessoire de l’activité commerciale ; l’entrepreneur aura la double qualité de commerçant et
d’artisan avec toutes les conséquences : double statut : Inscription au répertoire des métiers et
Inscription au Registre du commerce et de crédit mobilier (RCCM).

En somme, l’artisan sera commerçant s’il réalise de nombreux actes de commerce indépendants du
travail de fabrication personnelle. S’il utilise un personnel nombreux ; s’il spécule sur les matières
premières.

§3- Le statut de l’artisan


L’artisan est tenu à l’Immatriculation au Répertoire des métiers (RM) ; Il est soumis aux règles du
droit civil. Ex : compétence ; preuve ; solidarité
Cependant ils bénéficient des règles applicables aux commerçants. Ex : il est soumis aux procédures
de redressement et de liquidation judiciaire.
Une entreprise artisanale aussi fait partir du champ des personnes justiciables de procédure et
redressement et de liquidation judicaire

Section.2/ Les agriculteurs


Traditionnellement, les agriculteurs sont considérés comme civils, car ils n’accomplissent pas d’acte
de commerce. En effet, ils n‘achètent pas pour revendre ; ils produisent pour vendre. Cette analyse
était confrontée par l’art 638 du Code de commerce qui était ainsi conçu : « Ne sont point de la
compétence des tribunaux de commerce, les actions intentées contre un propriétaire cultivateur ou vigneron pour
vente de denrées provenant de son cru ». On a d’ailleurs toujours considéré que la terre relève du domaine
du droit civil.
Il existe cependant des cas où l’agriculteur est considéré comme commerçant. Il en est ainsi lorsque
l’activité de transformation des produits à laquelle se livre parfois l’agriculteur est supérieure à
l’activité de production.
De même il en est de l’éleveur, qui achète des animaux et les nourrit avec les produits provenant de
l’extérieur, est considéré comme commerçant, dès lors qu'il n’y a pas de séjour prolongé des animaux
dans sa ferme.

Section 3 - Les membres des professions libérales


Ils se distinguent des commerçants à trois niveaux.
Ils ne cherchent pas de bénéfice ; ils perçoivent des honoraires. Ensuite, ils exercent une activité
essentiellement intellectuelle et jouissent d’une certaine indépendance. Enfin, ils jouissent de la
confiance personnelle de leurs clients. C’est d’ailleurs ce qui explique l’incessibilité de leur clientèle.

29
Pourtant on note un penchant de ces professions vers la commercialité. La clientèle est de plus en
plus retenue par l’installation matérielle et les membres de ces professions tournent la règle de
l’interdiction de la cession de la clientèle en s’engageant à présenter les clients aux successeurs contre
rémunération.
Enfin, les membres des professions libérales font de plus en plus appel aux techniciens du commerce,
lorsque les règles professionnelles ne s’y opposent pas par exemple la publicité.

Section 4 / L’entreprenant
D’après les dispositions de l’art 30 AUDCG, l’entreprenant est une personne physique à l’exclusion
de toute personne morale, qui entreprend l’exercice d’une activité professionnelle, qui peut être civile,
commerciale, artisanale ou agricole, mais relativement peu importante au regard du chiffre d’affaires.
En effet, l’entreprenant n’a droit à ce statut que, si pendant deux exercices successifs, le chiffres
d’affaires annuel généré par son activité n’excède pas les seuils fixés dans l’acte uniforme portant
organisation et harmonisation des compatibilités des entreprises au titre du système minimal de
trésorerie. Ces seuil sont selon l’article 13 AUCE ;
 30 millions de FCFA pour les entreprises de négoce (activité commerciale) ;
 30 millions de FCFA pour les entreprises artisanales et assimilées, notamment agricole
 10 million de FCFA pour les entreprises de services, qui peuvent être de nature civil ;
L’entreprenant est en effet dispensé d’immatriculation au RCCM et n’est soumis, pour l’exercice de
son activité qu’à une simple déclaration sans frais au greffe de la juridiction compétente ou à l’organe
compètent (art. 39 & 62, AUDCG).
En revanche, lorsque durant deux années consécutives, le chiffre d’affaires de l’entreprenant excède
les limites fixées pour ses activités, il est tenu, dès le premier jour de l’année suivante et avant la fin
du premier semestre de cette année, de respecter toutes les charges et obligations applicables à
l’entrepreneur individuel. Dès lors, il perd sa qualité d’entreprenant et ne bénéficie plus de la
législation spéciale qui lui est applicable. Il doit en conséquence se conformer à la réglementation
applicable à ses activités. En d’autres termes, s’il s’agit par exemple d’un entrepreneur commerçant, il
abandonne son statut d’entrepreneur pour celui de commerçant, en se faisant immatriculer comme tel
au RCCM avec toutes les conséquences y afférentes.

30
2ième PARTIE

L’XERCICE DE L’ACTIVITE COMMERCIAL SOUS FORME INDIVIDUELLE

En créant différents statuts tel que celui de l’autoentrepreneur, le législateur renforce l’activité de
l’entreprise individuelle. Cependant, lorsque le professionnel, exerce son activité à titre individuel, il
dispose dans son patrimoine du fonds de commerce (chapitre 1) qui regroupe tous les biens affectés à
l’entreprise à l’exception de l’immeuble et des contrats. Il en résulte que tout son patrimoine

31
professionnel ou personnel répond de ses dettes. Aujourd’hui, le législateur offre des techniques
permettant de limiter ce risque, ce qui doit favoriser le choix de la structure individuelle (chapitre 2)

CHAPITRE 1
LE FONDS DE COMMERCE

Dans le patrimoine d’un commerçant, personne physique ou morale fugue un bien très précieux, le
Fonds de commerce (FC). Le F C selon l’art 103 de l’acte uniforme portant droit commercial
général, est l’ensemble des moyens qui permettent aux commerçants d’attirer et de conserver la
clientèle. Le FC ainsi définit doit être distingué de l’entreprise et de la société. En effet, l’entreprise
se présente à la fois comme un groupement de bien et come un groupement de personnes. Le FC ne
se présente que sous le premier aspect c’est – à-dire comme un groupement de bien ; puisque selon la
doctrine, le FC est l’ensemble des biens mobiliers corporels et incorporels réunis par le commerçant
en vue de répondre au besoin de sa clientèle. La société commerciale a la personnalité juridique et
dispose normalement comme le commerçant personne physique d’un fonds de commerce. Le FC a une
nature juridique propre. C’est un bien meuble incorporel et commercial, distinct des éléments qui le
composent.
L’étude de ce chapitre nous permettra d’analyser les éléments constitutifs du FC (section 1) la
protection du FC, (section2) et les principaux contrats qui peuvent être conclu sur le FC (Section 3).

Section 1- les éléments constitutifs du fonds de commerce


Le FC regroupe différents éléments mobiliers corporels et incorporels.

§.1- Les éléments incorporels du FC


Ce sont la clientèle, le nom commercial, l’enseigne, le droit au bail (lorsque le commerçant n’est pas
propriétaire du local dans lequel est exploité le fonds), les propriétés industrielles ou intellectuelles,
les licences d’exploitation.

A – La clientèle et l’achalandage

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1- La clientèle se distingue de l’achalandage. En effet la clientèle est l’ensemble des personnes qui
fréquent habituellement le FC. Elle désigne donc ceux qui sont liés au commerçant par un contrat
d’approvisionnement et qui s’adressent à lui pour raison de confiance, d’habitude. Ces personnes sont
attirées par la personnalité propre du commerçant, par ex : ses qualités d’accueillir et compétences
professionnelle. La clientèle est l’élément incorporel indispensable pour l’existence du FC. Il n’y pas
de FC sans clientèle. La clientèle doit être propre, réelle, et certaine, elle doit être enfin commerciale
et non civile. La clientèle est cédée avec le FC ; elle est protégée contre détournement illicite, par
l’action en concurrence déloyale sur le fondement de l’art 1382 du Code de commerce.
2 - L’achalandage par contre est la clientèle de passage (clientèle occasionnelle). Elle est donc
l’ensemble des personnes attirées par la localisation géographique du FC. Elle est donc retenue par
l’emplacement du FC plus que la professionnalité ou l’activité du commerçant.

B – Le nom commercial
C’est l’appellation sous laquelle est connue et exploité un FC ou un établissement commercial. Le
nom commercial peut être le nom patronymique (pour une personne physique) ou la dénomination
(pour une personne morale). Un pseudonyme ou un nom fantaisiste. Le nom commercial est cessible
avec le FC. Il est protégé contre imitation ou les usurpations par l’action en concurrence déloyale.
Il doit figurer sur tous les actes et documents mettant l’entreprise en rapport avec sa clientèle et il
doit être publié au RCCM.

C – L’enseigne
C’est un signe distinctif individualisant un FC. Elle consiste en une instruction, une forme ou une
image apposée sur un immeuble et se rapportant à l’activité qui s’y exerce. Elle peut être soit le non
commercial lui-même, soit une dénomination de fantaisie soit un emblème ; ex : losange de la société
Renault
L’enseigne ne doit pas être confondue avec la marque de la fabrique qui est un signe d’identification
des produits fabriqués ou vendu par l’entreprise. L’enseigne se transmet avec le FC. Elle est
protégée par l’exercice d’une action en concurrence déloyale.
La clientèle, le nom commercial et l’enseigne sont les éléments obligatoires du FC ; tous les autres
éléments sont facultatifs.
D – Le droit au bail
Encore appelé propriété commerciale, le droit au bail est le droit reconnu au locataire commerçant,
industriel, artisan ou professionnel d’obtenir de son bailleur le renouvellement de son bail arrivé à
échéance ou à défaut, une indemnité compensatrice du préjudice causé par la privation des locaux ou
immeubles consacrés à l’exploitation. Ainsi définit, le droit au bail n’est un élément du FC à condition
que le commerçant soit locataire. Le droit au bail peut être cédé. Pour que la cession soit opposable
au bailleur, elle doit lui être signifiée.
E – Les propriétés industrielles
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Il s’agit des brevets d’invention, des marques de fabrication ou de commerce, des dessins ou modèles
industriels.
1. Les brevets d’invention
Ce sont des droits limités dans le temps, conservé par l’Etat à l’inventeur d’une création nouvelle.
L’exploitation des brevets peut être assurée par l’inventeur lui-même ou par un tiers à qui le
propriétaire du brevet aura consenti une licence d’exploitation
2 – Les marques de commerce et de fabrique
Ce sont des signes visibles utilisés pour distinguer les produits ou services d’une entreprise
quelconque. Ex : marque Toyota, Peugeot. Les marques constituent les supports de publicité ou les
instruments de promotion commerciales des produits et services d’une entreprise.
3 – Les dessins et modèles industriels
Les dessins et modelées sont des créations de traits, de couleurs, de formes qu’un commerçant ou une
entreprise utilise pour agrémenter les produits qu’elle fabrique. Les dessins des tissu, forme des
meubles, des bouteilles, modèle de carrosserie…
****PROTECTION
Le brevet d’invention, des marques de fabrique, des dessins et modèles sont protégés par l’action en
contrefaction.

4- Les licences d’exploitation


Ce sont des autorisations administratives accordées pour l’exercice des activités commerciales dans
le cadre de la règlementation de celle-ci. Ex : exploitation des débits de boisson

§.2- Eléments corporels du fonds de commerce


Il s’agit du matériel et outillages d’une part et des marchandises en stock d’autre part.
A – Le matériel et outillage
Ce sont des objets mobiliers servant à une exploitation commerciale ou industrielle. En effet le
matériel et outillage constituent l’ensemble des biens meubles qui servent à la production, à
l’exploitation ou à l’entretien du FC. Ex : machine, matériel roulant. Le matériel et outillage font
partie du FC à condition qu’ils demeurent des meubles loués ou que le commerçant soit locataire. Ils
sont souvent vendus à même temps que le fond mais ils peuvent être exclus. Dans les entreprises de
service, le matériel et outillage est quasi inexistants (ex : cas des agences d’affaire, de courtage).

B – Les marchandises en stock


Ce sont non seulement des matières premières à être travaillées mais aussi des produits destinés à la
vente.

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Remarque : la doctrine et la jurisprudence s’accordent d’une façon unanime à admettre que les
immeubles comptable (documents comptables) d’une part, les valeurs liquides, les obligations des
commerçants ne font pas partie du FC.
Ils sont des éléments exclus du FC quand bien même ils peuvent être indispensables à l’exploitation
de FC.

Section 2/ La protection du Fond de commerce

Dans le souci de préserver la stabilité du FC le droit reconnait au commerçant locataire le droit au


bail. Le FC est également protégé contre la concurrence déloyale et la contrefaçon.
§.1 - Le droit au bail
C’est le droit pour le commerçant locataire d’obtenir le renouvellement de son bail lorsque celui-ci est
arrivé à expiration. Le droit au bail est accordé aux commerçants dans le cadre du bail à usage
professionnel (nouvelle appellation du bail commercial)
A – Le bail à usage professionnel
C’est toute convention écrite ou non écrite existant entre le propriétaire d’un immeuble (bailleur) et
toute personne physique ou morale (preneur ou locataire) permettant à celle-ci d’exploiter dans les
lieux avec l’accord du propriétaire toutes activité commerciale, industrielle, artisanale, professionnelle
(art 71 AUDG).
Le bail à usage professionnel ainsi défini doit porter sur les immeubles ou locaux bâtis propre à
l’exploitation d’une activité commerciale, artistique, artisanale ou professionnelle. Il peut porter
également sur les terrains nus sur lesquels ont été édifiées avant ou après la conclusion du bail des
constructions à usage industriel, artisanal ou professionnel à condition que ces constructions ont été
élevées ou exploitées avec le consentement expresse du locataire ;

Il peut également être un contrat à durée indéterminée. A défaut d’écrit ou de terme fixé le bail est
réputé conclu pour une durée indéterminée. Le contrat de bail à usage professionnel fait naitre des
droits et obligations entre les parties contractant.

1. Les modalités de fixation de révision de loyer


L’une des obligations du preneur ou du commerçant locataire est de payer le loyer au bailleur du
local. Le montant du loyer est librement fixé par les parties. Le loyer est révisable dans les conditions
fixées par les parties ou à défaut à l’expiration de chaque période triennale. Lorsque les parties ne
s’entendent pas sur le nouveau montant du loyer, la partie la plus diligente peut saisir la juridiction
compétente en vue de fixer le loyer. Dans ce cas pour fixer le nouveau montant du loyer la juridiction
compétente tient compte notamment de la situation des locaux, leur superficie, l’erat des vétustés, le
prix des loyers commerciaux similaires.
2 – Les modalités de renouvellement de bail : condition et procédure de renouvellement

35
a – Les conditions de renouvellement
Selon l’art 91 AUDCG « le droit au renouvellement du bail est acquit au preneur qui justifie avoir exploité
conformément aux stipulations de bail, l’activité prévue par celui-ci, pendant une durée minimale de 2 ans ».
Ainsi pour avoir droit au renouvellement du bail a usage professionnel. 3 conditions sont
expressément conduites à l’acte :
- Il faut avoir une qualité de preneur des biens ou locaux loués.
- Il faut avoir exploité le local conformément aux stipulations du bail et l’activité prévue au
contrat
- Il faut avoir exploité cette activité pendant une durée minimale de 2 ans.
A ces 3 conditions s’ajoute une qui n’est pas expressément prévue par l’AUDCG. Il faut être
immatriculé au RCCM.
b- Les procédures du renouvellement du bail
Il faut distinguer selon que le bail est à durée déterminée ou à durée indéterminée.
* Si le bail est à durée déterminée ; la demande de renouvellement doit être faite par le preneur
par acte extrajudiciaire au plus tard 3 mois avant la date d’expiration du bail en cour. En conséquence
le preneur perd son droit au renouvellement du bail si la demande n’est pas faite dans ce délai.
De son côté, le bailleur doit faire connaitre sa réponse à la demande du preneur au plus tard un mois
avant l’expiration du bail sinon il est réputé avoir accepté le principe de renouvellement du bail.
* Si au contraire le bail est à durée indéterminée, toute partie peut le rompre en demandant
congé à l’autre par acte extrajudiciaire au moins 6 mois à l’avance. Lorsque l’initiative de la résiliation
du bail vient du bailleur, le preneur peut s’opposer à ce congé au plus tard à la date d’effet du congé
en activant au bailleur par acte extrajudiciaire, sa contestation du congé. Si le preneur n’a pas formulé
sa demande de renouvellement dans le délai imparti ou s’il n’a pas protesté en temps utile le congé est
reçu ; il est déchu de son droit au renouvellement de bail et par conséquent, le bail à durée
indéterminée cesse à la date fixée par le congé.
Remarque : le droit au renouvellement du bail, bien qu’étant un droit à caractère public, n’est ni un
droit absolu ni un droit obligatoire. Car le preneur peut toujours y renoncer lorsqu’il est acquis ; le
bailleur peut également s’y opposer en réglant au preneur une indemnité d’éviction.

3 – Le refus de renouvellement du bail


Le renouvellement du bail par le bailleur n’est pas obligatoire car il peut toujours refuser le
renouvellement.
On distingue 2 cas de refus de renouvellement du bail : Le refus avec payement d’indemnité ; Le
refus sans payement d’indemnité

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a- Le refus avec payement d’indemnité ou refus de refus de renouvellement sans motif
légitime

Le bailleur peut toujours refuser de renouveler le bail sans invoquer les dispositions légales ou des
faits imputables au preneur pour justifier son refus. La seule contrainte pour lui dans ce cas est de
régler au locataire une indemnité d’éviction. Le refus dans ce cas n’a pas besoin d’être motivé
autrement que par le règlement de cette indemnité.

b- Le refus sans payement d’indemnité ou refus légitime du renouvellement du bail


Sans être tenu au payement d’une indemnité d’éviction, le bailleur peut refuser de renouveler le bail
dans 2 conditions :
- S’il justifie d’un motif grave et légitime à l’encontre du preneur ou de son ayant droit ex : non
payement des loyers le payement irrégulier, défaut d’exploitation du local, le non entretien du
local, propos ou attitude injurieuse à l’égard du bailleur, le concubinage avec la fille du bailleur
- S’il entend démolir l’immeuble vétuste pour reconstruire ou s’il entend reprendre le local pour
l’habiter.
Dans le cas de démolition de l’immeuble, pour reconstruire, le preneur bénéficie d’un droit de
propriété dans l’attribution du nouveau bail dans l’immeuble reconstruit. Dans le cas où le bailleur
refuse au preneur ce droit, il doit verser à ce dernier une indemnité d’éviction.
B. sous-location et cession de bail
a- La sous location du bail
C’est un contrat par lequel le locataire principal loue une partie du local ou de l’immeuble dans lequel
il exerce son activité professionnelle à un autre locataire.
En principe la sous-location est interdite sauf stipulation contraire du bail. Cependant elle n’est
possible que si elle est autorisée par le bailleur. Lorsque la sous-location serait autorisée, elle doit être
portée à la connaissance du bailleur par tout moyen écrit sinon elle lui est imposable. Le loyer de la
sous-location ne doit pas être supérieur au loyer principal.
b - La cession du bail
Contrairement en droit commun (droit civil) où la cession du bail n’est possible qu’avec le
consentement du bailleur, la loi pose comme principe la possibilité de céder le bail en matière
commerciale. Mais pour que cette cession du bail soit opposable au bailleur, elle doit lui être signifiée
par acte extrajudiciaire ou par tout autre moyen écrit.
L’acte de signification doit comprendre l’identité » du cessionnaire son adresse et éventuellement son
numéro d’immatriculation RCCM.
C- La déspécialisation du fonds de commerce
Le bail à usage professionnelle est en principe consenti au preneur pour exercer une activité
déterminée. Il peut arriver cependant que le preneur procède à une modification de la destination des

37
locaux sur lesquels porte le bail : c’est la déspécialisation. La loi française du 16 juillet 1971 reconnait
ce droit au preneur.
La déspécialisation est le fait pour le titulaire d’un bail à usage professionnel d’adjoindre à l’activité
prévue au bail des activités connexes ou complémentaires ou le fait pour lui de changer totalement
l’activité initiale prévue au bail. Il existe 2 types de déspécialisations : partielle et totale
* La déspécialisation partielle encore appelée déspécialisations restreinte est le fait pour un
titulaire d’un bais à usage professionnel d’adjoindre à l’activité prévue au bail des activités similaires
ou complémentaires. Ex : la vente des disques qu’on ajoute à celle des livres, la vente des volailles
complète à la vente de la viande.
* Déspécialisation totale ou plénière Est le fait pour le commerçant locataire d’exercer dans les
lieux loués des activités totalement différentes de celles prévues au bail. Ex : la vente des habits prêt à
porter à la place de l’exploitation de commerce d’alimentation générale ; la vente des pièces détachées
d’automobile à la place de quincaillerie.
Remarque : en cas de déspécialisation partielle, le commerçant locataire (le preneur) doit simplement
informer le bailleur. Ce dernier peut s’opposer, il peut réclamer augmentation de loyer lors de la
révision triennale mais pour procéder à une déspécialisation totale, le preneur doit obligatoirement
obtenir une autorisation du bailleur.

§.2 – La concurrence déloyale


Elle est le détournement fautif de la clientèle d’un commerçant par des procédés illégaux ou
malhonnêtes qui cause un préjudice au commerçant victime. La concurrence déloyale est sanctionnée
par une action en concurrence déloyale.
A – l’action en concurrence déloyale
La loi reconnait au commerçant victime d’une concurrence déloyale l’exercice d’une action en
concurrence déloyale fondé sur l’art 1342 du code civil.
Pour que cette action soit recevable par le juge, le commerçant concurrencé déloyalement doit établir
la faute du concurrent, un préjudice et un lien de causalité entre la faute et le préjudice. Ces 3
éléments constituent les conditions de l’action en concurrence déloyale.

a- La faute du concurrent
C’est un dommage ou fait générateur du préjudice. La faute résulte, en matière de concurrence
déloyale d’un acte intentionnel. Ainsi sont-elles considérées comme fautes de concurrence, le
dénigrement du concurrent, de ses produits, la désorganisation interne de son entreprise, limitation
de ses produits, les atteintes au nom commercial, à l’enseigne.

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Note : la concurrence déloyale est le fait qu’un commerçant utilise des moyens frauduleux pour
attirer la clientèle d’un autre commerçant.

b- Un préjudice
C’est encore le dommage. Il peut être matériel ou moral. En matière commerciale le préjudice se
matérialise essentiellement par la perte de la clientèle. Le préjudice doit présenter certains
caractères : il doit être certain, personnel et direct.

c – Un lien de causalité entre la faute et le préjudice


Le lien de causalité est la relation directe qui existe entre la faute du concurrent et le préjudice
subi par la victime. Il appartient donc à la victime d’établir ce lien, c’est à elle d’apporter la preuve
que le préjudice qu’il a subi est née de la faute du concurrent.
L’exercice de l’action en concurrence déloyale permet à la victime lorsque cette action est déclarée
recevable par le juge d’obtenir la cessation du comportement déloyaux et des dommages et intérêt à
titre de réparation.

NB : la concurrence déloyale se distingue de concurrence illicite car la concurrence déloyale résulte


d’une faute intentionnelle alors que la concurrence illicite résulte en revanche d’un quasi délit.

§.3 – La contrefaçon
C’est une atteinte au droit de propriété industrielle. Ex : marque de fabrique, des dessins, des
modèles, des brevets d’invention. L’action en contrefaçon est donc une action en justice sanctionnant
les atteintes aux monopoles d’un droit de propriété industrielle.
Les sanctions prononcées en cas de contrefaçon peuvent être
- Sanction civile : dommage et intérêt sanctionnant le préjudice subi par le titulaire de droit.
- Les sanctions pénales : peines d’emprisonnement et amande, fermeture temporaire ou
définitive de l’entreprise, confiscation des objets contrefaits.

La spéculation
Le fonds de commerce peut faire objet de plusieurs contrats, dont les plus usuels et les plus
spécifiques sont la location gérance, le nantissement et la vente.

CHAPITRE 2
LES OPERATIONS RELATIVES AU FONDS DE COMMERCE

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Cette section nous permettra d’identifier les opérations qu’on peut faire avec un fonds de commerce et
avoir la protection des parties. Le fonds de commerce est un meuble donc on peut faire une série
d’opérations : location ; vente ; nantissement ; apport pour la construction de société.

Section 1 / La location –gérance du fonds de commerce


En effet le fonds de commerce peut être exploité par le propriétaire lui-même : c’est l’exploitation
directe du FC. Il peut être donné en location gérance lorsque le propriétaire du FC ne peut gérer lui-
même le fonds, pour des raisons d’incapacité ou d’indisponibilité : c’est l’exploitation indirecte du FC.

§1 : Notion de location-gérance
La location-gérance est une location du fonds de commerce à une autre personne qui va acquérir la
qualité de commerçant : c’est une exploitation indirecte. Le loueur (bailleur) reste toujours
propriétaire du fonds de commerce. En Droit français, elle est règlementée par la loi du 20 mars 19
56. En droit OHADA, la location-gérance est contemplée dans les articles : 138– 146 AUDCG.
En effet, l’Art. 138 al. 2 dispose que la location-gérance comme «est une convention par laquelle le
propriétaire du fonds de commerce, personne physique ou morale, en concède la location, en qualité de bailleur, à
un personne physique ou morale, locataire-gérant, qui l’exploite à ses risques et périls ». C’est-à-dire location
gérance est un contrat par lequel le propriétaire du fonds loue tous les éléments qui le composent à
un commerçant (gérant libre) moyennant paiement d’une redevance.
La location-gérance est ainsi différente de la gérance-salarié car dans le cas de gérance- salarié, c’est
un employé du propriétaire du FC qui agit pour compte et au nom de celui-ci. A l’opposé du gérant
salarié, le gérant libre (locataire-gérant) est un locataire qui exploite le fonds de commerce en son
nom et pour son compte moyennant la paye d’une redevance au propriétaire. Le locataire-gérant a la
qualité de commerçant et il est soumis à toutes les obligations résultant de cette qualité ; le
propriétaire du fonds qui ne fait pas d’acte de commerce n’a pas cette qualité. La location-gérance se
distingue également du bail car elle porte sur le FC alors que le bail porte sur un immeuble ou un
local.

§2 : Condition de validité de la location-gérance


Ces conditions sont relatives au fond et à la forme de contrat de location gérance.
1 – Les conditions de fond
La location-gérance en tant que contrat doit pour être valable remplir les conditions générales de
validé de contrat édictées pat l’art 1108 du code civil, à savoir « le consentement des partie, leur
capacité de contracter, l’objet et la cause du contrat ».

40
Elle doit respecter également certaines conditions particulières relatives aux parties. (Bailleur et
locataire-gérant)
Le bailleur du FC :
- doit avoir été commerçant pendant deux ans (2ans) au moins, ou avoir exercé les fonctions de
gérant ou de directeur commercial ou technique d’une société pendant au moins deux ans.
- il doit avoir exploité pendant 1 an au moins en qualité de commerçant le fonds mise en location-
gérance.
- Il ne doit pas être interdit ou déchu de l’exercice d’une profession commerciale.
Aux termes de l’article 143 AUDCG, ces conditions (qualité de commerçant au loueur et au locataire-
gérant) ne s’appliquent pas à Etat ou collectivité locale, aux établissements publics, aux incapables (en
ce qui concerne les fonds dont ils étaient propriétaires avant la survenance de leur incapacité) aux
héritiers ou légataires d’un commerçant décédé (en ce qui concerne le fond exploité par ce dernier) ;
aux mandataires de justice chargé de l’administration d’un fonds de commerce.
Le locataire- gérant :
- il doit avoir la capacité de faire le commerce,
- il ne doit pas être en situation d’incompatibilité, ni être frappé d’une déchéance ou d’une
interdiction.

2 – Les conditions de forme


Le contrat de location-gérance doit être conclu par écrit et inscrit au RCCM.
Il doit être également et surtout publié dans la quinzaine de sa date, sous forme d’extrait dans un
journal habileté (autorisé) à publier les annonces légales et paraissant au lieu où est inscrit le FC
(RCCM).
La publicité de ce contrat de location-gérance est très importante car lorsque la location gérance
n’est pas publiée, le contrat n’en demeure pas moins valable, mais le bailleur de fonds de commerce
est tenu solidairement responsable des dettes, gestions ou d’exploitation du fond avec le locataire-
gérant. C’est ce qui ressort de l’art 145 AUCDCG qui dispose : « Jusqu’à la publication du contrat de
location-gérance, le propriétaires du fonds de commerce est solidairement responsable des dettes du locataire-
gérant, de l’exploitation du fonds donné en location gérance ».

§3 : Les effets de la location-gérance


Le contrat de location-gérance produit des effets entre les parties mais aussi à l’égard des tiers c’est-
à-dire les créanciers.
1 – Les effets de la location gérance entre les parties.
Ces effets s’analysent essentiellement en des obligations entre les parties au contrat de location-
gérance.

41
En effets le propriétaire de fonds de commerce ayant les obligations d’un bailleur, doit mettre le fond
à la procession du preneur, il doit lui garantir la paisible jouissance du fond c'est-à-dire il ne doit pas
troubler le locataire par son fait personnel lui faisant concurrence.
Le locataire ou le preneur doit bien exploiter le fond en bon père de famille ; il doit payer le loyer, il
ne doit pas modifier la destination du fond (de façon arbitraire).

2 – Les effets de la location à l’égard des tiers


La location-gérance produit des effets à l’égard des tiers notamment à l’égard des créanciers du
bailleur de fonds de commerce et à l’égard du locataire gérant :
En effet, les créanciers du bailleur du fonds de commerce peuvent demander au tribunal de prononcer
l’exigibilité (paiement immédiat) de leurs créances s’ils estiment que la mise en location-gérance du
FC entraine un risque pour le recouvrement de leur créance.
Cette action à peine de forclusion de déchéance, doit être introduite dans le délai de 3 mois à compter
de la date de publication du contrat de location-gérance.
Quant aux créanciers de locataire-gérant, ils bénéficient de la solidarité entre le bailleur et le
locataire-gérant pour le payement de leur créance. Cette solidarité dure tant que la publicité de
location-gérance n’a pas eu lieu, les créances dont il s’agit sont celles résultant de l’exploitation du
FC.
Egalement les dettes afférentes à l’exploitation du fonds contractées par le locataire- gérant pendant
la gérance sont immédiatement exigibles à la cessation du contrat de location-gérance.
En fin dans le contrat de location-gérance le droit au renouvèlement du bail est reconnu au sel
preneur.(souvent le propriétaire du fonds) non au locataire-gérant qu’il incombe de demander le
renouvellement du bail.
Exo : comparez la location-gérance au bail à usage professionnel

Section 2 / Le nantissement
Le crédit étant un élément nécessaire, exige généralement une garantie. Le FC étant un bien parfois
d’une très grande valeur et souvent même le bien le plus important du patrimoine du commerçant,
peut être offert en garantie des dettes du commerçant : c’est le nantissement du FC. Le nantissement
est donc un contrat par lequel le titulaire d’un FC l’affecte à ses créanciers en garantie du payement
de leur créance. Ainsi défini, le nantissement de FC constitue une forme de gage sans dépossession du
débiteur.

§1 : Le principe de l’utilisation du fonds de commerce comme sûreté

42
Le registre du commerce institué par la loi du 18 mars 19192 était destiné à recevoir uniquement
l’inscription des commerçants. Le nouveau registre du commerce et du crédit mobilier reçoit, outre
l’inscription des commerçants, celle de certaines suretés, dont le nantissement du fonds de
commerce3. Dans le nouveau droit OHADA, le nantissement du fonds de commerce est règlementé à
la fois par les dispositions de l’Acte uniforme relatif au droit commercial général et de l’Acte uniforme
portant organisation des suretés.
Le nantissement peut être judiciaire. L’article 164 de l’Acte uniforme portant organisation des suretés
(AUS) donne en effet la faculté à un créancier de se faire autoriser par décision de justice à prendre
une inscription de nantissement sur le fonds de commerce de son débiteur. La nature civile ou
commerciale de la créance sur le fondement de laquelle l’autorisation est sollicitée détermine la
compétence du président du tribunal civil ou celui compètent pour question commerciales. La
première inscription est provisoire. Une inscription définitive doit être prise après la décision
judiciaire de validation du nantissement passée en force de chose jugée.

§2 : Les conditions de validité du nantissement du FC.


On distingue 2 sortes de conditions de validité : conditions de fond et des conditions de forme
1- Conditions de fond
Le nantissement du FC doit porter sur les éléments obligatoires du FC à savoir : la clientèle et
l’enseigne ou le nom commercial.
Selon l’acte uniforme portant l’organisation de sureté, le nantissement peut aussi porter sur les autres
éléments incorporels du FC tel que le bail, les licences d’exploitation, les brevets d’invention, les
marques de fabrique et de commerce ; les dessins et modèles et autre droit de propriété intellectuelle.
Il peut également être étendu aux matériels professionnels. Cette extension du nantissement doit
faire l’objet d’une clause spéciale désignant les éléments engagés et d’une mention particulière au
RCCM. Cette clause n’a d’effet que si la publicité de nantissement a été faite.

NB : les marchandises, les créances et les immeubles ne peuvent pas faire partir de l’assiette de
nantissement.

2- Les conditions de forme


Le nantissement de fonds de commerce doit être constaté dans un écrit. Il doit ensuite être publié. En
effet, l’écrit constatant le nantissement du FC peut être un acte sur seing privé ou un acte
authentique. Elle doit contenir les mentions suivantes :
La désignation du créancier, du débiteur ou du constituant du nantissement si celui-ci n’est pas le
débiteur.

2
Les conditions d’application de l’A.O.F, de cette loi ont été définies par un décret en date du 15 septembre 1928 modifiée
par un autre en date du 20 juillet 1939
3
Article 35, AUDCG.
43
La désignation du FC et le siège du fond et s’il y a lieu, siège du succursale
Les éléments du nantissement
Les éléments permettant l’individualisation de la créance garantie tel que son montant ou son
évaluation sa durée et son échéance.
Le nantissement doit être publié c’est-à-dire s’inscrire au RCCM dans la quinzaine de sa date
par le créancier nanti, au greffe du tribunal de commerce dans le ressort du quel est inscrit le
commerçant débiteur. C’est l’inscription du nantissement au RCCM qui le rend opposable aux tiers.
NB : à défaut de stipulation ou de spécialisation constatant l’extension du nantissement à d’autres
éléments, le nantissement est réputé porté uniquement sur la clientèle, l’enseigne ou nom commercial,
le droit au bail et les licences d’exploitation.
Si le nantissement porte sur le FC et ses succursales, celles-ci doivent designer avec indication précise
de leur siège.

§3 : Les effets du nantissement


Le nantissement produit des effets aussi bien à l’égard du propriétaire du FC qu’à l’égard du
créancier.
1. les effets à l’égard du propriétaire
Le nantissement du FC étant une sûreté mobilière, un gage sans dépossession du débiteur, le
propriétaire du FC conserve le droit d’exploiter le fond ; il doit maintenir le fonds en activité et
s’abstenir de tout acte de nature à diminuer la valeur du fonds. Il peut également déplacer le fonds de
commerce à condition d’informer les créanciers nantis quinze jour à l’avance. A défaut, il encourt des
déchéances du terme que ceux-ci lui avaient consenti. Les créanciers peuvent ainsi faire vendre
immédiatement le fonds pour se payer le prix de leur créance.

En cas de résiliation du bail, le bailleur de l’immeuble dans lequel le fonds est exploité doit notifier sa
décision de résilier le bail au créancier nanti par acte extrajudiciaire.

2. Les effets à l’égard du créancier nanti


Le créancier nanti a le droit de suite et le droit de préférence.
En effet, le droit de suite est le droit qui permet au créancier nanti de saisir le fonds de commerce
garantissant le payement de sa créance en quelque main qu’elle se trouve ; même entre les mains d’un
tiers acquéreur.
Le droit de référence est le droit qui permet au créancier nanti, d’obtenir par préférence aux autres
créanciers chirographaires le payement de sa créance sur le produit de vente du fonds saisi lorsqu’il
n’est pas payé à l’échéance.

§4 : L’assiette du nantissement

44
L’assiette du nantissement n’est pas définie par l’AUDCG, mais par l’AUS. Aux termes de l’article
162, AUS, « Le nantissement du fonds de commerce est la convention par laquelle le constituant affecte en
garantie d’une obligation, les éléments incorporels constitutifs du fonds de commerce à savoir la clientèle et
l’enseigne ou le nom commercial »
On distingue donc ;
- Les éléments nécessairement grevés par le nantissement ; ce sont le fonds commercial
(clientèle, nom et enseigne)
- Les éléments nécessairement exclus du nantissement : ce sont les droits réels immobiliers
conférés ou constatés par les baux. (bail emphytéotique par exemple) ou des conventions
soumises à inscription au livre foncier (hypothèque par exemple). Il faut aussi mentionner les
créances, qui de toute façon, ne font pas partie du fonds de commerce.
- Enfin, le nantissement peut porter sur les autres éléments incorporels du fonds de commerce
(droit au bail commercial, brevets d’invention, marques de fabrique ou de commerce, dessins
et modèles, autres droits de propriété intellectuelle) et le matériel. Dans le cas d’une telle
extension, mention doit en être faite dans une clause spéciale désignant les biens engagés,
ainsi que dans le registre de commerce et du crédit mobilier.

Section3 / La cession du fonds de commerce

C’est la vente du FC. Pour être valable et produire des effets juridiques, la cession du FC doit obéir à
certaines conditions requises par la loi.

§1 : Les conditions de validité de la cession du FC


Elles sont relatives au fond, à la forme et à la publicité du contrat de vente du FC.
1. Les conditions du fon
Elles concernent les parties au contrat, l’objet de contrat et le prix auquel le fond est cédé.
En effet, la cession du FC est avant tout un contrat. En tant que tel, elle doit respecter les règles
générales de validité de tout contrat et spécialement celle de toute vente de meuble puisque la
propriété de fond est une propriété mobilière. Ces règles sont relatives au consentement non vicié des
parties, sur la chose et les prix ; à la capacité des parties à contracter, l’objet et la cause licite du
contrat.
La cession du fonds de commerce étant un acte de commerce, les parties au contrat doivent avoir la
capacité de faire le commerce. Si le fonds de commerce qui fait l’objet de vente appartient à un mineur
non émancipé la cession de ce fond ne peut être réalisée que par le père ou le tuteur du mineur avec
l’autorisation du conseil de famille. En revanche s’il s’agit d’un fonds de commerce commun c’est-à-

45
dire le fonds appartient à des époux, la vente de ce fond ne peut être réalisée que par l’administrateur
de la communauté après avoir recueillir l’accord de l’autre partie.
Quant à l’objet du contrat, la loi stipule que la cession du FC porte obligatoirement sur la clientèle,
l’enseigne et le nom commercial.
Le propriétaire du fonds a cependant la faculté d’inclure dans la vente d’autres éléments corporels ou
incorporels du fonds à condition de les préciser expressément dans l’acte de vente. En absence de
cession simultanée des éléments obligatoires nécessaires du FC, la cession d’autres éléments demeure
impossible.
Enfin, en ce qui concerne le prix auquel le fond est cédé, la loi dispose que ce prix soit fixé librement
par les parties du contrat, ce qui doit être sincère et sans dissimulation
En somme, la vente du fonds de commerce est soumise à trois de règles
- le droit commun (consentement, capacité, objet, etc.) qui relève des dispositions du droit interne de
chaque Etat partie ;
- Les dispositions régissant certaines activités commerciales telles que le commerce des armes, de
pharmacie, de débit de boisson, qui relèvent également de la compétence du législateur national de
chaque Etat ;
- les dispositions des articles 166 à 176 AUS.
S’agissant spécialement de l’objet, il ne peut avoir cession de fonds de commerce que lorsque celle-ci
porte sur la clientèle, l’enseigne ou le nom commercial. Il s’agit d’un objet obligatoire auquel les
parties peuvent adjoindre d’autres éléments du fonds de commerce tels que le droit au bail, les
installations et aménagements, le matériel et mobilier etc.

En cas de cession ne comportant pas les éléments du fonds commercial, le régime légal de la cession
du fonds de commerce n’est pas applicable.

2. Les conditions de forme


Ces conditions concernent l’écrit
En effet la cession du fonds de commerce doit être écrit elle peut être réalisé soit par un acte sous
seing privé soit par un acte authentique (acte notarié) par nécessité et par la publicité de la vente et
du privilège du vendeur, par l’immatriculation de l’acquéreur au RCCM, par le payement de droit de
mutation.
Depuis la loi du 29 juin 1935, on exige que l’acte constatant la cession du FC contienne un certain
nombre de mentions destinées à renseigner l’acquéreur sur la consistance et la valeur du fonds de
commerce. L’omission ou l’inexactitude de ces mentions peut entrainer la nullité de l’opération. Ces
mentions sont :
- Etat civil complet du preneur et de l’acquéreur ;
- dénomination sociale, leur forme juridique, l’adresse de leur siège
- Les activités du vendeur et de l’acheteur
- Leur numéro d’immatriculation au RCCM
46
- L’état des privilèges, le nantissement et inscription
- Le chiffre d’affaire réalisé au cours de chacune des 3 dernières années d’exploitation du fonds.
- Le bail, sa durée, sa date, l’identité et l’adresse du bailleur
- Le prix convenu
- La situation et les éléments du fonds vendu
- Le nom et l’adresse de l’auteur et de l’institution bancaire désignée en cas de séquestre si la
vente a lieu par acte sous seing privé.

3. Les conditions de publicité


L’AUDCG prescrit deux mesures de publicité concernant la vente du fonds de commerce :
La 1ère mesure de publicité : consiste d’une part pour le vendeur et l’acquéreur de déposer l’acte de
vente en 2 copies certifiées conformes au RCCM et d’autre part à procéder chacun en ce qui le
concerne à la mention modificative correspondante au RCCM.
Ainsi, il s’agira pour le vendeur si la vente entraine pour lui la perte de la qualité du commerçant de
demander sa radiation et pour l’acheteur de se faire immatriculer au RCCM toujours dans le délai de
1 mois à compter de la date de vente. L’inscription de la vente du FC au RCCM est une formalité
essentielle puisque de cette inscription dépend l’effet translatif du contrat et son opposabilité au tiers.

La 2eme mesure de publicité : consiste à la diligence de l’acquéreur à faire l’acte constatant la cession
du FC, sous forme d’avis dans un journal habileté à publier des annonces légales et paraissant dans
les lieux où le vendeur est inscrit au RCCM.

Ces conditions de publicité requises par la loi ont pour but d’informer et de protéger les tiers
notamment les créanciers du vendeur pour qui le fonds constitue un gage (garantie) important.

§2 : Les effets de la cession du fonds de commerce


La vente du fonds de commerce comme toute vente produit des effets entre les parties au contrat et à
l’égard des tiers créanciers du vendeur. La propriété du fonds est transférée à l’acquéreur (si la vente
est inscrite au RCCM, art. 166 AUS).

1. Les effets entre les parties


a. les effets à l’égard de l’acquéreur
L’acquéreur du FC a une obligation principale qui constitue à payer le prix convenu au jour et au lieu
fixé, dans le contrat. Ce prix doit être versé entre les mains des notaires soit d’un établissement
bancaire désigné comme séquestre par les parties au contrat. (art.157 AUDCG). Le séquestre doit
conserver ce prix entre ses mains pendant le délai d’opposition qui est de trente (30) jours à compter
de la publicité c’est-à-dire à compter de la publication de contrat de vente. Le séquestre ne remettra
ce prix entre les mains du vendeur que si à l’inspiration du délai, aucun créancier du vendeur n’a fait
opposition au payement.

47
En cas d’une opposition ou de plusieurs oppositions, le séquestre ne pourra pas dessaisir les sommes
au profit du vendeur sur justification d’une main levée de toutes les oppositions. Généralement le prix
de vente du FC n’est pas payé au comptant en raison de son montant élevé. C’est pourquoi la loi
accorde à un vendeur un privilège sur le fonds vendu. Pour bénéficier des effets de ce privilège, le
vendeur doit s’inscrire au RCCM. L’acquéreur a l’obligation de prendre effectivement possession du
FC.

S’agissant le prix, outre à être déterminé ou déterminable comme l’exige les règles du droit commun,
il doit être sérieux et correspondre à la valeur réelle du fonds. Lorsque les paries décident, dans un
acte séparé, d’augmenter le prix stipulé ou de dissimuler une partie du prix, on parle de contre-lettre.
Aux termes de l’article 158 AUDCG, la contre-lettre est nulle (voir dans le même sens article 1293
Code General des Impôts du Togo). Cette nullité n’affecte pas l’acte de cession au prix apparent. Le
vendeur ne pourra pas réclamer en justice la partie dissimulée du prix.

b. Les effets à l’égard du vendeur du FC


Deux obligations essentielles pèsent sur le vendeur du FC : l’obligation de délivrance et de garantie.
L’obligation de délivrance consiste pour le vendeur à remettre à l’acquéreur le fond vendu. Il s’agit
pour le vendeur de mettre l’acquéreur en possession effective des éléments du fonds cédé à la date
prévue dans l’acte de vente. Dans la pratique cette obligation de délivrance se réalise par la remise à
l’acquéreur des clés des locaux où est situé le fonds. Si le prix a été stipulé payable au comptant, le
vendeur est tenu sauf convention contraire de mettre l’acquéreur en possession du fonds qu’à la date
du payement ; dans le cas où le fonds est vendu dans son ensemble le transfert du fond a lieu au jour
du contrat de vente sauf clause contraire stipulé dans le contrat. (voir les articles 155 et 156 AUDCG
En revanche, dans le cas où le fonds n’est pas vendu dans son ensemble, le transfert de propriété
n’est opposable aux tiers que si les formalités requises pour chacun des éléments composant le fonds
ont été observées. Ainsi pour les meubles corporels à savoir le matériel et les marchandises, c’est la
prise de possession qui traduit le transfert de propriété ; pour le droit au bail, c’est la signification au
bailleur ou l’acceptation de celui-ci qui traduit le transfert de propriété ; pour les brevets d’invention,
les dessins ; les modèles et les marques de fabrique, c’est l’inscription à l’institution nationale de la
propriété industrielle qui traduit le transfert de propriété.
Quant à l’obligation de garantie, elle renferme 2 aspects de garanties : la garantie des vices cachés
(art. 156 AUDCG) et la garantie contre les évictions émanant des tiers.
En effet, la garantie de vices cachés consiste pour le vendeur de garantir à l’acheteur l’exactitude des
mentions insérées dans l’acte de vente. En cas d’inexactitude de ces mentions, l’acquéreur peut
demander soit la résiliation de la vente soit une réduction du prix à condition de prouver que cette
inexactitude l’a induit en erreur sur la valeur du fonds. On appelle vice caché ou vice rédhibitoire, le
faux de la chose vendue qui ne se révèle pas au premier examen et qui empêche l’acheteur d’en faire
l’usage auquel il l’a destiné.
48
La garantie contre les évictions émanant des tiers consiste pour le vendeur de garantir à l’acheteur
les troubles de droit provenant des tiers qui revendiqueraient par exemple le fonds vendu. A cette
double garantie de droit commun s’ajoutent la garantie du fait personnel que souscrit le propriétaire
en vendant son fonds. Cette garantie personnelle pour le vendeur consiste à ne pas troubler
l’acquéreur dans l’exploitation du fond. Par ex : en refusant de renouveler le bail s’il est en même
temps le propriétaire du local où le fond est exploité ou surtout en se rétablissant dans le même
commerce ou détourner la clientèle Il pèse sur le vendeur du fonds une promulgation de non
rétablissement ou de non concurrence. La clause de non-rétablissement, pour être valable, doit être
prévue par les parties et limitée dans le temps et dans l’espace.
Par ailleurs, outre à des obligations à la charge du vendeur, la loi lui reconnait aussi les droits:
l’action résolutoire et le privilège. (voir art. 167 et 168 AUS)
L’action résolutoire consiste pour le vendeur du fonds de commerce à demander la résolution à la
vente du FC en cas du non payement du prix par l’acquéreur. Cette action résolutoire ne peut être
exercée que si le vendeur avait inscrit son privilège au RCCM et en avait fait la publicité.
Le privilège consiste en un droit d’être payé par préférence aux autres créanciers de l’acquéreur sur
le prix de la revente du FC.

c. Les effets de la cession du FC à l’égard des tiers


Les créanciers du vendeur du FC peuvent faire opposition au versement du prix ; ils peuvent
également former surenchère.
L’opposition consiste pour tout créancier du vendeur du fonds à refuser aux séquestre de verser le
prix de vente du fonds dans les mains du. Ce droit de faire opposition doit être exercer dans un délai
de 30 jours à partir de la parution de la publicité de la vente dans un journal d’annonce légale.
(art.159 AUDCG). L’opposition a un effet conservatoire jusqu’à ce que sur demande du créancier, le
juge ordonne au séquestre la mainlevée. (verser le prix dans les mains du vendeur).
Quant à la surenchère, elle consiste pour le créancier nanti ou privilégier ou opposant de demander
une augmentation du 6eme de la valeur du fonds de commerce qui préfigure dans l’acte de vente
lorsqu’il estime que le prix de vente est insuffisant ou ne reflète pas la valeur réelle du fonds. Ainsi
elle permet de lutter contre la dissimulation du prix de vente à un vil prix et d’autre part elle oblige le
créancier surenchérisseur à devenir adjudicataire c'est-à-dire acquérir le fonds au prix initial
augmenté du 6eme lorsqu’il n’y a pas de preneur ou d’acquéreur. C’est dans cette optique que la
surenchère est considérée comme un couteau à double tranchant.

49
CHAPITRE 3
LES INSTRUMENTS DE PAIEMENT ET DE CREDIT

Ce sont des titres négociables, des moyens de payement et de crédit payable à court terme
représentant une somme d’argent. Les effets de commerce sont à la fois des instruments de crédit et
de paiement à l’exception du chèque.
Il n’existe pas encore d’Acte uniforme de l’OHADA sur ces instruments. Le domaine est règlementé
par les banques centrales des Etats membres de l’OHADA à savoir la BCEAO et la BEAC.
Dans le cadre de la BCEAO, les effets de commerce sont régis par le Règlement n°
15/2002/CM/UEMOA relatif aux systèmes de paiement dans les Etats membres de l’Union
Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) Il existe différentes sortes de d’effets de
commerce :
- La lettre de change
- Le billet à ordre
- Le cheque
- Le warrant

Section I : La lettre de change

§1 : Notion de lettre de change


La lettre de change encore appelée traite, est un écrit par lequel une personne (le tireur) donne à une
personne, (le tiré) l’ordre de payer au bénéficiaire la somme dont il est créancier envers le tiré à une
échéance déterminée. La créance du tireur sur le tiré s’appelle provision. Cette provision doit avoir
certains caractères :
- Créance de somme d’argent
- Créance certaine
- Créance exigible
50
- Cause licite
Une lettre de change est un effet de commerce par la forme. Elle met en jeu :
- Le tireur
- Le tiré
- Le bénéficiaire

B : L’émission de la lettre de change (création de la lettre de change)

L’émission de la lettre de change est soumise à des conditions de forme et de fond.

1 : conditions de forme : cf art. 110 Code de commerce :


- La dénomination de « lettre de change »
- Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée
- Le nom de celui qui doit payer (le tiré)
- L’indication de l’échéance
- L’indication du lieu où le payement doit s’effectuer
- Le nom de celui à l’ordre duquel le payement doit être effectué (le bénéficiaire)
- Lieu et date de la création de la lettre de change
- La signature de celui qui émet la lettre de change (le tireur)

BN : si une de ces mentions fait défaut la lettre de change ne va pas produire d’effet.
La traite peut aussi contenir des mentions facultatives : retours sans frais, clause non à ordre etc.

2 : Conditions de fond
C’est un acte juridique et donc il s’agit des conditions de contrat : cf. art. 1108 du code civil.

C : La circulation de la lettre de change


La lettre de change circule par endossement. L’endossement est une inscription au dos de la lettre de
change d’une mention par laquelle le porteur actuel (endosseur) transfère ses droits au nouveau
porteur (endossataire). Les différentes sortes d’endossements sont :

- Endossement translatif : transmet la propriété de créance à une autre personne, l’endossataire


- Endossement de procuration : l’endosseur donne l’ordre à l’endossataire de recevoir paiement
de la lettre de change à l’échéance pour le compte de l’endosseur
- Endossement pignoratif : il garantit une dette.
A. L’acceptation de la lettre de change

51
L’acceptation est l’engagement pris par le tiré sur la lettre de change d’en payer le montant à
l’échéance. L’acceptation doit être pure et simple. L’acceptation sous condition équivaut à un refus
d’acceptation. Ce qui entraine la déchéance du terme. Par l’acceptation le tiré devient le débiteur
principal. Même s’il n’a reçu la provision il est tenu de payer le porteur de la lettre de change qui est
de bonne foi.

§2 : Payement de la lettre de change


Le paiement se fait soit le jour de l’échéance soit les deux jours ouvrables qui suivent. Aucun délai de
grâce ne peut être accordé au débiteur (tiré) L’effet arrivé à échéance doit être payé par le tiré
(débiteur) au porteur (créancier). Cependant, le tiré peut refuser de payer. Le droit cambiaire (droit
des effets de commerce) accorde aussi au porteur des garanties. En cas de refus de paiement, le
porteur doit faire dresser un protêt faute de paiement.

A : Les garanties de payement


Pour garantir le paiement de la traite, le droit cambiaire, (ensemble de règles applicable aux effets de
commerce et qui sont dérogatoires au droit commun des obligations) a créé deux règles :
 La solidarité des signataires de la lettre de change : il s’agit du tireur, du tiré accepteur,
des endossements, et de l’avaliseur. Le porteur peut demander le paiement à l’un
quelconque des signataires.
 L’imposabilité des exceptions aucun signataire d’une traite en cas de demande de paiement
ne peut opposer au porteur de bonne foi les exceptions fondées sur ses rapports personnels
avec le tireur ou les porteurs antérieurs.

NB : l’Aval : c’est une caution donnée par un tiers (avaliseur ou avaliste) prouvant que la lettre de
change sera payée à l’échéance.

B : Le défaut de payement de la lettre de change


La lettre de change peut être impayée

 Le porteur doit faire dresser un protêt faute de payement.


NB : il existe des hypothèses où on dispense du protêt
Ex : un évènement de force majeur empêche de dresser le protêt
Ex : si le tiré est en état de cessation de payement judiciaire
Ex : le tireur peut porter sur l’effet la mention « sans frais »
Conclusion. Le porteur non payé peut réclamer le montant de l’effet, le frais de protêt, les intérêts de
retard etc.
 Le porteur va exercer des recours (cf art. 151 de code de commerce)

Section II : Le billet à ordre

52
§1 : Notion de Billet à ordre
C’est un écrit par lequel le souscripteur s’engage à payer à un bénéficiaire ou à l’ordre de celui une
somme d’argent à une certaine date. Le souscripteur est en même temps tireur et tiré. Quant à sa
nature, en droit français, le billet à ordre est un acte civil ; dans l’espace OHADA par contre, le billet
à ordre est un acte de commerce

A : Fonction du billet à ordre (cf. Lettre de change)

B : Payement du billet à ordre (cf. lettre de change)

Section 3 : Le chèque
C’est un écrit par lequel une personne, le tireur donne ordre à une autre personne, le tiré (banque) de
payer à vue une somme déterminée au bénéficiaire

NB : à la différence de la lettre de change, le chèque n’est jamais un instrument de crédit. Le chèque


n’est pas de nature commercial c’est – à – dire tiré un chèque n’est pas un acte de commerce.
Par ailleurs, le chèque peut être un acte de commerce s’il est émis par un commerçant en règlement
d’une dette commerciale. Il est un instrument de payement et non de crédit. Pour opérer par chèque,
il faut avoir un compte en banque.

§1 : Emission du chèque
Le chèque permet un payement. Il doit contenir les mêmes mentions obligatoires que celles de la
lettre de change. Cependant, le chèque étant payable à vue, toute indication relative à l’échéance est
interdite.

A : Le transfert de la propriété de la provision


 Le tiré doit être une banque
 Le tireur doit être capable
 La provision doit exister dès l’émission du chèque.

NB : L’OHADA punit de sanction pénale toute émission de chèque sans provision. Le tireur peut être
sanctionné d’escroquerie, il se verra interdire d’émettre des chèques et il devra restituer les autres
formules de chèque.
Pour s’assurer de l’existence de la provision, le porteur du chèque peut soit le faire viser soit le faire
certifier.

Par visa, le banquier informe le porteur qu’il existe sur le compte du tireur une somme suffisante pour
effectuer le payement. Mais le visa ne bloque pas la provision.

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Par la certification, le banquier s’engage à bloquer la somme jusqu’à l’expiration des délais légaux de
paiement.

B : La circulation du chèque
Le chèque peut circuler par endossement. Tout endosseur est garant du paiement du chèque.

Le payement du chèque

1. Le délai du paiement
Le règlement de la BCEAO a prévu les délais légaux ci-après :

- Un chèque émis et payable dans un Etat membre de l’UEMOA doit être présenté au paiement
dans le délai de 8 jours si le paiement doit s’effectuer au lieu de l’émission ; Dans les autres
cas, le délai est de 20 jours.
- Un chèque émis dans un Etat membre et payable dans un autre Etat membre de l’UEMOA,
doit être présenté au paiement dans un délai de 45 jours.
- Un chèque émis hors de l’UEMOA et payable dans un Etat membre de l’UEMOA doit être
présenté dans le de 70 jours.

Le point de départ est la date d’émission du chèque. La non présentation du chèque dans le délai
n’annule pas le chèque. Il peut toujours être payé si la provision existe.

Montant du payement
Si la provision est inférieure au montant du chèque, le porteur a le droit au paiement jusqu’à
concurrence de la provision. Il doit dresser protêt pour la différence.
En cas de perte, de vol ou d’utilisation frauduleuse du chèque, le titulaire du compte peut faire
opposition au paiement.

La pratique du chèque barré


Une mesure de garantie contre le vol est le chèque barré. Le barrement consiste à apposer sur le recto
du chèque deux barres parallèles et obliques. Le barrement peut être général ou spécial. Le chèque à
barrement général ne doit être payé qu’au banquier. Le chèque à barrement spécial doit être payé au
banquier dont le nom a été inscrit entre les deux barres.

Section /4 Les comptes en banque


Les banques reçoivent des fonds remis en dépôt et les utilisent dans de nombreuses opérations
Le compte est un tableau comptable où s’inscrivent à droite les dettes de la banque envers son client
et à gauche les créances de la banque sur le client.
L’ouverture d’un compte en banque est contrat conclu entre le banquier et son client.
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NB : le dépôt en banque n’est pas un dépôt n’est pas un dépôt mais c’est un prêt (car la banque peut
investir le dépôt dans plusieurs domaines

§1 : Règle commune à tous les comptes en banque

A : Ouverture d’un compte


Ça suppose un consentement des parties NB : les mineurs non émancipés et les majeurs incapables
peuvent être titulaires d’un compte de dépôt mais en pratique c’est le représentant légal qui sollicite
l’ouverture.

B : Fonctionnement du compte
L’alimentation du compte se fait par des remises
 Remises directes (ex : versement de fonds)
 Remises indirects (ex : les virements, escompte et encaissement d’effets de commerce)
C : Les différents types de comptes en banque
1 : les comptes de dépôt : c’est pour les clients non commerçants.
Ex : compte de dépôt à vue, compte chèque
Ex : compte sur livret ou compte d’épargne
2 : les comptes courants encore appelés comptes commerciaux
Pour qu’il y ait compte courant il faut 3 conditions réunies
- Il faut qu’il y ait des remises : opérations faisant naitre au profit de l’une des parties une
créance contre l’autre. Ex : dépôt de fonds chez le banquier, retrait effectué par le client (ce
sont des engagements réciproques)
- Les remises doivent être réciproques
- Les remises doivent être enchevêtrées (succession des opérations, alternance des opérations).

La carte bancaire
Il s’agit d’une carte plastifiée émise par un organisme émetteur à un client pour lui permettre
d’effectuer de son compte des retraits de sommes d’argent ou le paiement de ses fournisseurs. Il existe
deux types de cartes bancaires :
- Les cartes de paiement : elles permettent le retrait de fond auprès des distributeurs
automatiques de banque (DAB) et les guichets automatiques (GAB). Elles permettent
également le règlement des fournisseurs liés à la banque émettrice.
- Les cartes de retrait : elles permettent uniquement le retrait d’argent auprès des GAB et
DAB. Le professionnel affilié au réseau carte bancaire a l’obligation d’accepter le règlement
par carte sauf si le montant est élevé ou trop faible. Il informe la clientèle par des panonceaux :
autocollants « CB), « visa » « Mastercard », etc.

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EXERCICES ET CAS PRATIQUES

Exo -1 :

Trois amis et anciens étudiants décident de créer et de gérer ensemble une société commerciale
dans l’espace OHADA. Paul apporte un local dont il est propriétaire et l’évalue à 3500 000 FCFA.
Jules se contente de son travail en informatique et Elodie apporte une somme de 1 500 000
FCFA.

1) Quelle es la nature des apports que les associés ont pu faire


2) Quel type de société peuvent-ils créer? Justifiez.
3) Que représentent les droits des associés dans une telle société :
a- Pour les associés eux-mêmes ?
b- Pour les associés à l’égard du passif social ?

Exo 2.

La société « GOOD FOREST », dirigée par Monsieur Adama, le Président du Conseil


d’Administration et implantée au Togo depuis 2008, travaille dans la commercialisation des bois
transformés en contreplaqués et autres produits. Elle dispose d’un capital social de 200 000 000 F
CFA. La valeur nominale de ses titres sociaux est de 10 000 F CFA. Pour étendre son exploitation, la
société a sollicité un prêt de 100 000 000 F CFA auprès d’une banque de la place. Afin de garantir et
d’assurer le remboursement du prêt qui lui a été consenti par la banque, la société « GOOD
FOREST » a donné en garantie son fonds de commerce servant à son exploitation. Les déchets issus
de la production de la société « GOOD FOREST » sont versés dans une zone. Cette zone a été
polluée et ses habitants souhaitent assigner la société « GOOD FOREST » devant les tribunaux.
Répondez aux questions :

1- Dans la gamme variée des formes de sociétés reconnues dans l’Acte uniforme relatif au droit des
sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique, quelle peut être la forme de la
société « GOOD FOREST » ? Justifiez votre réponse.
2- L’activité de la société « GOOD FOREST », en l’espèce, est-ce un acte de commerce ? Expliquez
votre réponse.
3- Nommez et définissez la garantie effectuée par la société « GOOD FOREST » au profit de la
Banque.
4- Entre le compromis d’arbitrage et la clause compromissoire, à votre avis lequel ou laquelle est
applicable à la situation née entre la société « GOOD FOREST » et les habitants ? Justifiez votre
réponse.

Exo 3 :

1) Quand parle-t-on de commerçant de fait ? De société de fait ?


2) Quels sont les critères qui permettent de distinguer les sociétés commerciales des autres
sociétés ?
3) Qu’est-ce qui fait la spécificité du bail à usage professionnel par rapport au bail ordinaire ?
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4) Donnez deux contrats qui peuvent être conclus sur un fonds de commerce.

Exo 4 :

Une SARL compte 60 associés. Son capital social s’élève à 95 000 000 FCFA. Cette société emploie
50 salariés et réalise en 2008 un chiffre d’affaires de 249 000 000 FCFA. En 2009 le gérant Mr
AMESSI unilatéralement fait l’acquisition d’une machine de 240 000 000 FCFA.

1- L’acte d’acquisition de la machine par le gérant est-il normal ? Justifiez.


2- Le capital social de cette société devrait-il au démarrage des activités être disponible ? Justifiez.
3- A-t-on besoin d’un commissaire aux comptes dans cette société ? Justifiez.
4- En droit OHADA quelle est la condition à respecter par les associés pour révoquer de cette
société le gérant AMESSI ?
5- A quelle condition peut-on transformer cette SARL et une SA faisant appel public à l’épargne ?

Exo 5 :

M. BEAUGAVI est gérant d’une boutique de perles, de cartes postales et autres objets de souvenir.
La boutique est installée dans le hall d’un hôtel de la place. Il y a six mois, il a épousé mademoiselle
VIVIMAVO, une jolie mignonne institutrice recrutée lors du dernier concours de la fonction
publique. Avec le soutien de sa femme, il agrandit sa boutique en s’endettant auprès d’un usurier
Nago de leur quartier. Les affaires tournent mal et il arrive difficilement à faire face à ses
engagements. L’usurier le menace d’une procédure de liquidation des biens. Mademoiselle
VIVIMAVO est préoccupée.

1- Elle voudrait savoir si la boutique de son époux constitue juridiquement un fonds de commerce.
2- Elle n’exclut pas le fait de travailler avec son mari les weekends et se demande si elle peut avoir la
qualité de commerçant. Justifiez votre réponse.
3- Elle envisage, dans deux ans, arrêter sa profession et de participer à l’activité commerciale de son
mari. Elle voudrait savoir les différents statuts qui lui sont applicables.
4- Elle voudrait savoir ce qu’est la liquidation des biens et à quelle condition cette procédure peut
être déclenchée.

Exo 6 :

I/ La profession commerciale
a .Quelles sont les conditions d’acquisition de la qualité de commerçant par la femme ?
b. A quelles conditions le mari engage sa responsabilité pour les dettes commerciales
contractées par sa femme dans l’exercice de sa profession?
c. Qu’est-ce qu’une incompatibilité ? Une déchéance? Donnez un exemple dans chaque cas.

II/ Actes de commerce

a. Qu’est-ce qu’un acte de commerce par nature? Donnez cinq exemples


b. Qu’est-ce qu’un acte de commerce mixte? quelles sont les règles applicables en de conflit
lorsque le demandeur à l’action et un-commerçant?
c. Quelles sont les conséquences du défaut d’immatriculation au RCCM pour un commerçant?
d. Le commerçant dans l’exercice de sa profession est astreint à deux obligations principales.
Lesquelles? Justifiez votre réponse

III/ Dites s’il s’agit d’un acte de commerce ou un acte civil.

a) M. KOKOU achète des planches en vue de les revendre.


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b) L’entreprise GBOLOGAN achète des bouteilles pour vendre du vin.
c) M. Koffi est un agriculteur qui vend les produits de champ.
d) M. KOULEMIANU a créé une société de transport urbain.
e) M. CULIBALY est un taxi man.
f) Le fleuriste qui achète des petites pousses de fleurs pour les ensemencer en vue de les
revendre.
g) Un pasteur loue un immeuble pour son culte.
h) Monsieur Kodjo pratique une agriculture mécanisée pour produire en série à l’aide d’une main
d’œuvre importante.

Exo 7 :

Un commerçant a aménagé une boutique dans l’immeuble lui servant de logement, ceci en vue
d’exploiter la vente de pneus et articles pour automobile. Il commande une grande quantité de pneus
auprès d’une usine de a place. Il a installé une machine pour saisir les commandes. On veut mieux
comprendre sa situation juridique.

1- En quoi consistent les marchandises et l’outillage qui composent son fonds de commerce ?
2- Quels sont les éléments incorporels du fonds de commerce de ce commerçant ?
3- Y-a-t-il des éléments incorporels qui sont systématiquement exclus en cas de nantissement du
fonds de commerce ?
4- Y-a-t-il dans cette affaire un immeuble par destination ?

Exo 8 :

Monsieur HOSEKO est un grand artisan domicilié à KETOGNAKOPE. Il est réputé pour ses objets
d’art et ses multiples articles. Il a loué une boutique à Lomé dans laquelle il entrepose ses objets en
vue de les revendre.

1- M. HOSEKO a-t-il la qualité de commerçant ? Justifiez


2- Quelle es la nature juridique de son contrat de bail de la boutique ? Justifiez
3- S’il y a un litige avec un de ses acheteurs d’objets, quelle juridiction sera compétente ?
4- M. HOSEKO a—il un droit au bail ? Justifiez

Exo 9 :

I/
1) En droit commercial la solidarité ne se présume point ; il faut qu’elle soit expressément
stipulée : vrai ou faux ? justifiez votre réponse.
2) Définissez la convention arbitrale et présentez ses avantages.
3) Donnez trois exemples d’actes de commerce par nature
4) Quelle différence faites-vous entre la clause compromissoire et le compromis d’arbitrage ?

Exo : 10

1- Quelles sont les sociétés commerciales par la forme que vous connaissez ?
2- Définissez les sigles : SCS, AUDCG, SARL, RCCM, GIE, SA, SNC.
3- Il y a des obligations légales qui pèsent sur les commerçants. Citez en deux.
4- A quelle condition le conjoint du commerçant a la qualité de commerçant en droit OHADA ?

Exo 11 :

La société H2O est une société de distribution de produits insecticides sous l’enseigne OXYGENE.
Elle est située à un carrefour où se situe aussi la boutique « EL HADJ » appartenant à monsieur
58
ALADJI, expert judiciaire près le tribunal, qui commercialise également les mêmes produits mais à
un bas prix. La société H2O, souhaitant faire une comparaison de prix sur le marché au regard du
principe de la liberté de concurrence, a envoyé ses salariés pour relever les prix dans les boutiques en
place. Monsieur ALADJI s’y est opposé et a refusé que les salariés de la société H2O entrent dans sa
boutique.

Un contrat de fourniture d’insecticide a été signé entre la société H2O et certains agriculteurs. Ces
derniers ont accusé du retard dans le règlement des factures et de surcroît, ils s’approvisionnent de
nouveau dans la boutique de monsieur ALADJI. La société H2O décide de les assigner en justice.

On vous demande :

1- Monsieur ALADJI est-il en droit de s’opposer au relevé du prix de ses produits souhaité par la
société H2O ? Justifiez votre réponse.
2- La boutique « EL HADJ » est-elle une société, un fonds de commerce ou un groupement d’intérêt
économique ? Justifiez votre choix.
3- Que pensez-vous de l’exploitation de la boutique par monsieur ALADJI en l’espèce ?
4- Dites, selon vous, la juridiction matériellement compétente à connaître du litige entre la société
H2O et ses clients, les agriculteurs.

Exo 12 :

Douze couturiers diplômés ont créé entre eux une société de confection de costumes destinés à
l’exportation. Ils ont fait divers apports et le capital social s’élève à 12.000.000 F (douze millions de
francs) CFA. Cette société prospère bien et les associés entretiennent entre eux de très bonnes
relations. Cette société est immatriculée.

1- Une telle société peut-elle être qualifiée de société commerciale ? Justifiez votre réponse.
2- Quelle est la nature des apports que les associés ont pu faire ?
3- Si en cours de vie de la société un associé est atteint d’une maladie mentale, peut-on l’exclure de la
société ?

Exo 13 :

Le 15 juin 2011, la société «NVI» spécialisée dans l’importation et la vente en gros de matériel
informatique a confié à Abidjan deux cent ordinateurs portatifs à la société de transport «VR» à livrer
à Lomé à Lili, un riche commerçant. Les ordinateurs doivent être livrés à Lili le 17 juin 2011. Gêné
par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la sous-région entraînant la rupture de plusieurs
ponts, le chauffeur de la société de transport «VR» a dû emprunter des voies de contournement. Il en
informe la société «NVI». Il arrive enfin et livre les ordinateurs à Lili le 20 juin 2011. Le transport a
été effectué en port payé, la société «NVI» ayant tiré un chèque à Abidjan payable à Lomé sur la
société de transport «VR». Estimant qu’il a subi un préjudice matériel du fait de la livraison tardive
des ordinateurs, Lili réclame des dommages et intérêts à la société de transport «VR».

Répondez aux questions ci-après.

1- Dans les faits ci-dessus rapportés, y a-t-il un contrat ? Si oui, de quel contrat s’agit-il et quelles en
sont les parties ?
2- Que signifie : « Le transport a été effectué en port payé » ?
3- Le transporteur est-il tenu d’une obligation de moyen ou de résultat ? Pourquoi ?
4- La société de transport «VR» a-t-elle commis une faute contractuelle dans les faits rapportés. Si
oui, laquelle ?

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5- Qu’est-ce qu’une cause d’exonération de la responsabilité du transporteur ? Y a-t-il une dans les
faits rapportés ? Si oui, précisez-la.
6- En tirant un chèque pour payer le transport, Lili a-t-il accompli un acte de commerce ?
Pourquoi ?
Quel est le délai de présentation au paiement du chèque tiré par la société «NVI» ? Justifiez

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