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Hymne à la joie, extrait de la Symphonie n° 9 en ré mineur, op.

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Ludwig van Beethoven Romantique Romantisme et post-romantisme

Musique symphonique Allemagne 1824

:
re e
Fin de la 1 section du 4 mouvement de la Symphonie n° 9 de Ludwig van Beethoven, correspondant aux 3
premières strophes de L’Ode à la joie (An die Freude) écrit par Friedrich von Schiller (1759-1805).
La Symphonie n° 9 dont est tiré cet extrait a été composée par Ludwig van Beethoven entre 1822 et 1824. Elle
fut dédiée à Friedrich Wilhelm III, roi de Prusse, et créée avec succès à Vienne le 7 mai 1824. Beethoven
l’avait construite en ajoutant à la fin du quatrième mouvement une finale avec chœur reprenant L’Ode à la
Joie poème écrit en 1785 par Friedrich von Schiller. Ajouter un final avec chœur était une idée peu commune
à laquelle le compositeur songeait déjà depuis quelque temps. Cette Ode à la joie, devenue une fois mise en
musique l’Hymne à la joie, dans un final éblouissant, met en exergue un idéal de fraternité cher à Beethoven, à
la mesure de l’écrit de Schiller : « Soyez unis êtres par millions ! Qu’un seul baiser enlace l’univers… » Cet
extrait reflète donc la vision idéaliste, héritée des Lumières, partagée par les deux hommes sur les rapports
humains : fraternité et solidarité.
L’Hymne à la joie devient l’hymne officiel de l’Union européenne (à l’époque CEE) le 29 mai 1986 après
approbation des chefs d’États et de gouvernements concernés. Il n’a pas vocation à remplacer les hymnes
nationaux de ces différents États, mais se veut un élément fédérateur autour de ces valeurs partagées.
Le manuscrit de la Symphonie n° 9 est depuis 2003 propriété de l’Unesco et inscrit au registre « Mémoire du
monde ».

Formation instrumentale :
La Symphonie n° 9 nécessite en plus d’un orchestre symphonique au complet des solistes chanteurs (soprano,
alto, ténor, basse) et un chœur mixte.

Compositeur :
Ludwig van Beethoven

Les clés de lecture :

• L’une des particularités de cet extrait est le rythme de la mélodie (ce que l’on chante). Il est
essentiellement basé sur la pulsation. On pourrait battre la mesure sur presque toutes les syllabes (en termes
musicaux : rythme syllabique). La simplicité de cette mélodie est un acte militant de Beethoven. La
fraternité entre peuples « doit se chanter ensemble », et pour cela, il faut que ce soit simple et massif
(influence de la Réforme luthérienne et des philosophies des Lumières).
• Une autre particularité est l’aspect très structuré de la mélodie (conclusif/suspensif).
• On notera également des alternances : soliste, quatuor vocal, passages purement instrumentaux et grand
chœur se succèdent à plusieurs reprises.
• Une des caractéristiques majeures est aussi l’évolution de l’intensité et de la densité qui deviennent
exceptionnelles lors de la péroraison.
• Ainsi se dégage la notion de contraste avec des variations d’intensité à certains moments pour mieux
marquer les moments forts.
• Comment ne pas aborder aussi les grandes familles d’instruments de l’orchestre symphonique : vents,
percussions, cordes… Et les tessitures et timbres de voix : soprano, alto, ténor, basse à l’écoute de cette
œuvre ?
• On différentie l’Ode à la joie, qui est le poème de Schiller, de l’Hymne à la joie, qui est sa mise en
musique.

• Introduction orchestrale, récitatif de la basse soliste


0’00’’ à 0’45’’

¤ Freunde, nicht diese Töne !


Sondern laßt uns angenehmere
anstimmen und freudenvollere.
¤ Percussions, vents et cordes jouant ensemble forte . Soliste chantant forte et librement a capella sur le
texte en vocalises, intermèdes courts des cordes à certains moments

• 1er couplet Basse soliste Freude, schöner GötterfunkenReprise par le chœur des 4 derniers vers du 1er
couplet
0’45’’ à 1’33’’
¤ Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium,
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum!
Deine Zauber binden wieder
Was die Mode streng geteilt ;
Alle Menschen werden Brüder,
Wo dein sanfter Flügel weilt.
¤ Début du thème repris par les vents
Alternance soliste/grand chœur
Basse soliste doublée par les cordes en pizzicati et accompagné par les vents

• 2e couplet
Quatuor de solistes et chœur
1’33’’ à 2’14’’
¤ Wem der große Wurf gelungen,
Eines Freundes Freund zu sein ;
Wer ein holdes Weib errungen,
Mische seinen Jubel ein!
Ja, wer auch nur eine Seele
Sein nennt auf dem Erdenrund!
Und wer’s nie gekonnt, der stehle
Weinend sich aus diesem Bund!
¤ Entrée de la soprano sur « Wer ein holdes… ».
Reprise du dernier quatrain par le chœur, avec effets de nuances

• 3e couplet
Quatuor de solistes et chœur
2’14’’ à 3’12’’
¤ Freude trinken alle Wesen
An den Brüsten der Natur ;
Alle Guten, alle Bösen
Folgen ihrer Rosenspur.
Küsse gab sie uns und Reben,
Einen Freund, geprüft im Tod ;
Wollust ward dem Wurm gegeben,
und der Cherub steht vor Gott.
¤ Voix d’hommes de « Freude trinken… Natur » + voix d’alto à partir de « Alle Gunten… » + voix de
soprano à partir de « Küsse gab sie … ». Crescendo progressif.
Reprise forte du chœur avec péroraison finale fortissimo

Texte original allemand


O Freunde, nicht diese Töne!
Sondern laßt uns angenehmere
anstimmen und freudenvollere.
Freude!
Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium,
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum!
Deine Zauber binden wieder
Was die Mode streng geteilt;
Alle Menschen werden Brüder,4
Wo dein sanfter Flügel weilt.
Wem der große Wurf gelungen,
Eines Freundes Freund zu sein;
Wer ein holdes Weib errungen,
Mische seinen Jubel ein!
Ja, wer auch nur eine Seele
Sein nennt auf dem Erdenrund!
Und wer's nie gekonnt, der stehle
Weinend sich aus diesem Bund!
Freude trinken alle Wesen
An den Brüsten der Natur;
Alle Guten, alle Bösen
Folgen ihrer Rosenspur.
Küsse gab sie uns und Reben,
Einen Freund, geprüft im Tod;
Wollust ward dem Wurm gegeben,
und der Cherub steht vor Gott.
Froh, wie seine Sonnen fliegen
Durch des Himmels prächt'gen Plan,
Laufet, Brüder, eure Bahn,
Freudig, wie ein Held zum Siegen.
Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!
Brüder, über'm Sternenzelt
Muß ein lieber Vater wohnen.
Ihr stürzt nieder, Millionen?
Ahnest du den Schöpfer, Welt?
Such' ihn über'm Sternenzelt!
Über Sternen muß er wohnen.
Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium,
Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!

Traduction française
Mes amis, cessons nos plaintes !
Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants
de fêtes et nos accords pieux !
Joie !
Joie ! Belle étincelle des dieux
Fille de l’Élysée,
Nous entrons l’âme enivrée
Dans ton temple glorieux.
Tes charmes lient à nouveau
Ce que la mode en vain détruit ;
Tous les hommes deviennent frères
Là où tes douces ailes reposent.
Que celui qui a le bonheur
D’être l’ami d’un ami ;
Que celui qui a conquis une douce femme,
Partage son allégresse !
Oui, et aussi celui qui n’a qu’une âme
À nommer sienne sur la terre !
Et que celui qui n’a jamais connu cela s’éloigne
En pleurant de notre cercle !
Tous les êtres boivent la joie
Aux seins de la nature,
Tous les bons, tous les méchants,
Suivent ses traces de rose.
Elle nous donne les baisers et la vigne,
L’ami, fidèle dans la mort,
La volupté est donnée au ver,
Et le chérubin est devant Dieu.
Heureux, tels les soleils volent
Sur le plan vermeil des cieux,
Courez, frères, sur votre voie,
Joyeux, comme un héros vers la victoire.
Qu’ils s’enlacent tous les êtres !
Un baiser au monde entier !
Frères, au plus haut des cieux
Doit habiter un père aimé.
Tous les êtres se prosternent ?
Pressens-tu le créateur, Monde ?
Cherche-le au-dessus des cieux d’étoiles !
Au-dessus des étoiles il doit habiter.
Joie ! Belle étincelle des dieux
Fille de l’Élysée,
Soyez unis êtres par million !
Qu’un seul baiser enlace l’univers.

• Identifier et repérer les changements d’intensité dans les fichiers audio (les passages fortissimo, forte,
piano…).
• Repérer les contrastes musicaux (notamment piano, forte).
• Interprétation vocale du thème, le faire chanter par les élèves : apprendre le chant en français, en allemand
ou en anglais.
• Repérer à l’écoute et pourquoi pas sur la partition les moments suspensifs et conclusifs. Repérer la forme
re re e e
A-A’-B-B’ (1 suspension = A ; 1 conclusion = A’ ; 2 suspension = B ; 2 conclusion = B’) Voir aussi
animation jointe.

• Travail corporel : marcher sur la pulsation (travail de motricité, sur le mouvement…), balancement du
corps sur le tempo, expression corporelle, pulsation avec de petites percussions…
• Jouer sur l’alternance soliste, petit chœur, grand chœur, intermèdes musicaux (corporellement, avec des
étiquettes représentant les acteurs…). Fabriquer un musicogramme de cette alternance.
• Mettre la musique en scène avec des mouvements et des expressions (jouer sur les notions d’intensité :
piano, forte).
• Travailler autour des familles d’instruments.
• Écoute et reconnaissance des grandes familles de l’orchestre symphonique.
• Écoute et reconnaissance des différents timbres de voix dans d’autres œuvres.
Tout au long de sa vie, Beethoven semble avoir été hanté par le thème mélodique de L’Ode à la joie.
On le retrouve notamment chez Mozart dans Misericordias Domini, K. 222.
Ce thème a déjà été utilisé par Beethoven lui-même dans le lied Gegenliebe O 118, sur le poème Seufzer eines
Ungeliebten d’August Bürger, la mélodie y est reconnaissable, aussi bien que la forme (un thème A et un
thème B de deux fois seize temps chacun, chaque thème étant présenté sous la forme suspensive/conclusive
selon la forme A, A’, B, B’).

Réseau -- A masquer et a fucionner avec exploitation :


Tout au long de sa vie, Beethoven semble avoir été hanté par le thème mélodique de L’Ode à la joie.
On le retrouve notamment chez Mozart dans Misericordias Domini, K. 222.
Ce thème a déjà été utilisé par Beethoven lui-même dans le lied Gegenliebe O 118, sur le poème Seufzer eines
Ungeliebten d’August Bürger, la mélodie y est reconnaissable, aussi bien que la forme (un thème A et un
thème B de deux fois seize temps chacun, chaque thème étant présenté sous la forme suspensive/conclusive
selon la forme A, A’, B, B’).

Informations complémentaires :
Tout au long de sa vie, Beethoven semble avoir été hanté par le thème mélodique de L’Ode à la joie. On le
retrouve notamment chez Mozart dans Misericordias Domini, K. 222. Ce thème a déjà été utilisé par
Beethoven lui-même dans le lied Gegenliebe O 118, sur le poème Seufzer eines Ungeliebten d’August Bürger,
la mélodie y est reconnaissable, aussi bien que la forme (un thème A et un thème B de deux fois seize temps
chacun, chaque thème étant présenté sous la forme suspensive/conclusive selon la forme A, A’, B, B’).

• Beethoven Haus (Musée Beethoven) de Bonn (en allemand et en anglais)


• The Ira F. Brilliant Center for Beethoven studies (Santa Fe University – en anglais)
• Le « Site Beethoven », site collaboratif sur le compositeur (en français)

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