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Risques et Précautions liés au Matériel

CHARGEMENT ET DÉCHARGEMENT
DES HYDROCARBURES LIQUÉFIÉS ET LIQUIDES D3 -1
TRANSPORT TERRESTRE DES MATIÈRES DANGEREUSES
Ingénieurs en
Sécurité Industrielle

I - RÉGLEMENTATION ................................................................................................................. 1

II - IDENTIFICATION DES MATIÈRES DANGEREUSES.............................................................. 1


1 - Numéros de code .........................................................................................................................1
2 - Classe de danger - Chiffre et lettre de l’énumération................................................................... 3
3 - Symboles de danger - Étiquettes de danger ................................................................................4

III - CHARGEMENT - TRANSPORT................................................................................................ 5


1 - Charge maximale autorisée .........................................................................................................5
2 - Taux de remplissage .................................................................................................................... 6
3 - Documents de bord ...................................................................................................................... 8
4 - Équipement des véhicules destinés au transport de gaz inflammables
et de liquides inflammables ........................................................................................................ 10

IV - SIGNALISATION DES VÉHICULES (terre et voies ferrées) ................................................... 12


1 - Étiquette danger .........................................................................................................................12
2 - Panneaux orange .......................................................................................................................12
3 - Mise en place des étiquettes de danger et des panneaux orange............................................. 13
4 - Obligations du transporteur et du chargeur ................................................................................14

Ce document comporte 17 pages


PP STT - 00551_A_F - Rév. 3 19/04/2005

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I- RÉGLEMENTATION
Le transport des matières dangereuses est soumis à des dispositions réglementaires très précises en matière
de sécurité. Ces dispositions réglementaires permettent de prendre en considération :
– le mode de transport utilisé
– le (ou les) type(s) de danger présenté(s) par les produits
– la nature du conditionnement mis en œuvre pour le transport.

Le transport de matières dangereuses par route est régi par l'accord européen ADR (Accord européen
relatif au transport international des marchandises Dangereuses par Route).

Les autres modes de transports sont également assujettis à des réglementations spéciales :
_ le R I D (Règlement relatif au transport International ferroviaire des marchandises
Dangereuses) précise les modalités du transport international
– le RPM (Règlement pour le transport et le code de manutention dans les Ports Maritimes de
matières dangereuses) précise les modalités du transport par "mer"
– le RAR (Réglementations pour le transport Aérien des articles Réglementés) précise les
modalités du transport par "air"

Dans ce document, seuls les principaux aspects du transport des matières dangereuses par route sont
présentés.

II - IDENTIFICATION DES MATIÈRES DANGEREUSES

1- NUMÉROS DE CODE
a - Numéro d’identification de danger

L’intérêt de cette première codification consiste à donner à un chiffre toujours la même signification
afin de faciliter l’organisation des secours. Ces principaux dangers sont au nombre de huit et leurs
repères sont les suivants :

0 = Absence de danger secondaire


2 = Émanation de gaz résultant de pression ou d’une réaction chimique
3 = Inflammabilité de matières liquides (vapeurs) et gaz ou matières liquides auto-échauffantes
4 = Inflammabilité de matières solides ou matières solides auto-échauffantes
5 = Comburant (favorise l’incendie)
6 = Toxicité
8 = Corrosivité
9 = Danger de réaction violente spontanée

Une même matière dangereuse étant susceptible de présenter plusieurs dangers, les numéros
d’identification de danger sont constitués de deux ou trois chiffres avec les particularités suivantes :

- le doublement d’un chiffre indique l’intensification du danger codifié (sauf 22 qui précise gaz
réfrigéré)
- un zéro en seconde position indique l’absence de danger secondaire
- la présence de la lettre X indique que l’eau est prohibée comme moyen d’extinction

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X précédent le n° 2e et 3e chiffres 1er chiffre redoublé


Eau prohibé comme 1er chiffre
Le ou Les dangers Intensification du danger principal
agent d'extinction Danger principal
subsidiaires sauf cas des gaz réfrigérés (22)

Solides Comburant
inflammables ou peroxydes

Liquides
4 5 Matières
inflammables toxiques
3 O N DES CH 6
Gaz TI Matières
2 IF
I

7 radioactives
DÉFIN

FRE
Code S
Matières danger Matières
explosives 1 8 corrosives

Absence de danger
secondaire 0 33 9 Danger de réaction
violente

D SEC 1118 A
1203
Code
produit

Exemples d’identification de danger

20 Gaz ni inflammable, ni toxique (air comprimé, …) 336 Liquide très inflammable et toxique (méthanol, …)

23 Gaz inflammable (propane, butane, …) 44 Solide inflammable qui a une température élevée à
l’état fondu (soufre, …)
236 Gaz inflammable et toxique (H2S, …) 66 Matière toxique très dangereuse (mélange
antidétonant pour carburants, …)
30 Liquide inflammable (gazole, …) 80 Matière corrosive (acide sulfurique, …)

33 Liquide très inflammable (essences auto, …) X423 Solides dégageant de gaz inflammables au contact
de l’eau (alliage métallique de potassium, …)

b - Numéro d’identification de la matière = code produit

Un numéro d’identification composé de quatre chiffres appelé aussi "numéro ONU" identifie chaque
matière ou groupe de matière dangereuse.

Ce numéro présente l'avantage d'être identique pour tous les modes de transport.

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Exemples de numéros d’identification :

- 1965 propane commercial


- 1203 essences automobiles
- 1202 gazole
- 1090 acétone
- 1830 acide sulfurique contenant plus de 51 % d’acide
- 2796 acide sulfurique ne contenant pas plus de 51 % d’acide

2- CLASSE DE DANGER - CHIFFRE ET LETTRE DE L’ÉNUMÉRATION


Ces informations supplémentaires permettent un accès rapide à l’ensemble de la réglementation.

a - Classe danger

Les matières dangereuses répertoriées dans l’ADR ou le RTMDR sont répartis en treize classes en
fonction de leurs caractéristiques.

Classe 1 Matières et objets explosibles


Classe 2 Gaz comprimés, liquéfiés ou dissous sous pression
Classe 3 Matières liquides inflammables
Classe 4.1 Matières solides inflammables
Classe 4.2 Matières sujettes à l'inflammation spontanée
Classe 4.3 Matières qui, au contact de l'eau, dégagent des
gaz inflammables
Classe 5.1 Matières comburantes
Classe 5.2 Peroxydes organiques
Classe 6.1 Matières toxiques
Classe 6.2 Matières infectieuses
Classe 7 Matières radioactives
Classe 8 Matières corrosives
Classe 9 Matières et objets dangereux divers

— Sont considérées comme matières de la classe 2, celles qui ont une température critique < à 50°C
ou à 50°C une TV > à 300 kPa (abs) (3 b abs).

— Sont considérées comme matières liquides inflammables, classe 3, les matières inflammables qui à
50°C ont une TV £ 3 b abs et un point éclair £ à 100°C.

— Sont considérées comme matières radioactives, classe 7, les matières dont l'activité est
> 70 K Bq/kg.

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Ces classes ont pour objet de préciser les conditions de transport des matières dangereuses
correspondantes :

- définition du matériel, des équipements indispensables, des vérifications obligatoires, …


- liste des documents administratifs nécessaires

b - Chiffre et lettre de l’énumération

À l’intérieur de chaque classe de danger toutes les matières sont affectées d’un numéro de classement
appelé “chiffre de l’énumération” (exemple : gazole 31° = 31ème position dans la classe 3).

Par ailleurs la majorité de matières dangereuses sont affectées d’une “lettre d’énumération” (a, b ou d)
qui précise l'importance du danger en fonction de critères spécifiques à chaque classe.

3- SYMBOLES DE DANGER - ÉTIQUETTES DE DANGER


Des étiquettes de danger sont affectées aux différentes classes de danger. Leur rôle est de visualiser
le risque grâce aux motifs qu'elles comportent.

Les étiquettes de danger sont présentes sous forme de planche en fin de document.

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III - CHARGEMENT - TRANSPORT

1- CHARGE MAXIMALE AUTORISÉE


a - Poids des véhicules

Tout véhicule de transport comporte d'abord, bien entendu, un poids à vide. C'est son poids en ordre
de marche, avec les réservoirs pleins, les roues de secours, l'outillage de bord et les équipements
normaux, mais sans conducteur, ni chargement.

Les véhicules porteurs (camions, semi-remorques et remorques) possèdent un poids total autorisé
en charge (P.T.A.C.) : c'est le poids que ces véhicules ne doivent pas dépasser avec leur chargement.

Enfin, les véhicules à moteur (camions et tracteurs) se voient affecter un poids total roulant autorisé
(P.T.R. ou P.T.R.A.), qui représente le poids maximum de l'ensemble que l'on peut constituer à partir
d'eux.

Ces poids sont définis par le service des Mines et indiqués sur la carte grise. Le Code de la route
interdit formellement de les dépasser, si peu que ce soit : il n'existe pas de tolérance légale.

La charge utile est la différence entre le P.T.A.C. et le poids à vide. Elle représente donc la quantité
maximale de marchandises que le véhicule peut transporter.

En définitive :

- un camion a un poids à vide, un P.T.A.C. et un P.T.R.


- une semi-remorque ou une remorque, un poids à vide et un P.T.A.C.
- un tracteur un poids à vide et un P.T.R.

b - Poids maximaux autorisés par le code

Chaque véhicule a donc son P.T.A.C. et/ou son P.T.R. propres, fixés par le service des Mines et qui
ne doivent pas être dépassés.

Mais, en outre, selon le Code de la route, aucun véhicule porteur circulant sur la voie publique ne doit
peser plus de :

- 19 t s'il s'agit d'un véhicule à deux essieux


- 26 t s'il s'agit d'un véhicule à moteur à trois essieux (ou d'un véhicule remorqué à trois
essieux ou plus)
- 32 t s'il s'agit d'un véhicule à moteur à quatre essieux ou plus

De la même façon, le P.T.R. des ensembles de véhicules ne doivent en aucun cas (sauf transport
exceptionnel) excéder :

- 38 t lorsque l'ensemble ne comporte que trois ou quatre essieux


- 40 t s'il compte cinq essieux ou plus
- 44 t s'il comporte cinq essieux ou plus et exécute un transport combiné rail-route

38 t 40 t
D SEC 1294 A

4 éssieux + de 4 éssieux

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2- TAUX DE REMPLISSAGE
a - Valeur maximale du taux de remplissage

Il doit toujours subsister un espace libre permettant que les variations de volume de la phase
liquide dues aux variations de température en cours de transport puissent s'exercer sans
compromettre l'étanchéité de la citerne.

• Liquides (ADR/RID)

K
Degré de remplissage = % de la capacité
1 + a (50 – t F)

a représente le coefficient moyen de dilatation cubique du liquide entre 15°C et 50°C, c'est-à-dire pour
une variation maximale de température de 35°C.

d 15 – d 50
a est calculé d'après la formule
35 x d 50

d 15 et d 50 étant les densités relatives du liquide à 15°C et 50°C, tF la température moyenne du


liquide au moment du remplissage.

Réservoirs pourvus d'un dispositif de sécurité :


Inflammables sans risque secondaire.................................................................... K = 100
Toxiques, corrosifs, inflammables ou non............................................................. K = 98

Réservoirs hermétiques sans dispositif de sécurité :


Inflammables, nocifs ou corrosifs mineurs inflammables ou non.......................... K = 97
Très toxiques et toxiques, très corrosifs et corrosifs, inflammables ou non.......... K = 95

Application :

Quel est le volume maxi à charger dans un wagon de méthanol de 40 m3 ? Température de


chargement : 40°C (Planche 7).

1) K =

2) Calcul de a

3) Degré de remplissage % du volume du wagon

4) Volume à charger

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• Gaz de pétrole liquéfiés

Le degré maximal de remplissage est spécifié, mais il faut prioritairement respecter la masse
maximale du contenu par litre de capacité qui est fourni par la réglementation.

Chargement de butane commercial à 20°C (masse volumique = 585 kg/m3 à 20°C).

Exemple :

Pour une citerne munie d’une protection calorifuge (écran pare-soleil) transportant du butane
commercial la masse maximale du contenu par litre de capacité est 0,51 kg.

Les 0,510 kg de contenu présentent l .

Soit un taux de remplissage maximal de : %.

Dans les mêmes conditions de transport, la masse maximale de contenu par litre de capacité est de
0,45 kg pour le propane commercial.

b - Valeur minimale du taux de remplissage

Le chargement d’une citerne incomplètement remplie aggrave le phénomène de force centrifuge qui
tend, en virage, à éjecter le véhicule de sa trajectoire.

De même lors du freinage brutal le report de charge sur l’avant, allège l’essieu arrière qui perd son
adhérence. Il peut y avoir tête à queue ou “mise en portefeuille” si il s’agit d’un véhicule articulé.

Freinage

Force
centrifuge

0202
JFM
00

60

80
D MEQ 1018 A

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À moins d'être complètement vide, il y a donc lieu de respecter un degré de remplissage minimum
afin d'assurer la stabilité du matériel. Ce degré de remplissage est fonction du volume Vs des sections
délimitées par des cloisons ou des brise-flots.

À noter que pour des raisons de sécurité, il est interdit de charger en commun, dans un même véhicule
ou un même container, certaines matières dangereuses de classes différentes et que les transports
alternés, dans une même citerne ou simultanés, dans des compartiments séparés, de matières
dangereuses et de denrées alimentaires sont rigoureusement interdits.

3- DOCUMENTS DE BORD
Tout transport de matière dangereuse doit être accompagné d’un certain nombre de documents de
bord exigibles lors d’éventuels contrôles effectués par :

- l’expéditeur
- la gendarmerie
- la douane
- etc.

Ces documents sont nombreux ; parmi eux, on peut citer :

– le certificat d’inscription : toute entreprise dont l’inscription au registre des transporteurs


est prononcée par le préfet de région se voit remettre automatiquement, et une fois pour
toute un certificat d’inscription d’une durée non limitée. Une photocopie du document doit se
trouver à bord de chaque véhicule

– l'autorisation - Licence de transport : chaque véhicule exécutant, à un moment donné, un


transport de matière dangereuse de zone longue (changement de département ou de
région) doit être sous le couvert d’une licence (ancienne appellation) ou d’une autorisation
de type LOTI (Loi d’Orientation des Transports Intérieurs)

– la feuille de route : la feuille de route est obligatoire pour tout envoi d’au moins 3 t à plus
de 150 km et doit se trouver à bord du véhicule. Pour cela les transporteurs doivent utiliser
le modèle de feuille de route approuvé par le ministre sur proposition du comité national
routier

– le certificat d’assurance qualité : le transport de gaz de pétrole liquéfiés (propane et


butane) et d’un grand nombre de matières dangereuses en citerne de capacité totale
supérieure à 3000 l ne peut être réalisé que par des entreprises certifiées. Une copie du
certificat d’assurance qualité doit, lorsqu’il est requis, se trouver à bord du véhicule afin
d’être présenté au chargeur

– le document de transport (ancienne déclaration de chargement) : tout transport de


matières dangereuses doit faire l’objet d’un document de transport. Ce document,
également requis pour tout véhicule vide mais non nettoyé ou dégazé, doit comporter un
certain nombre de mentions générales et particulières :
• désignation de la marchandise
• n° d'identification de la matière
• la classe
• chiffre et lettre d'énumération
• nom et adresse de l’expéditeur et du (ou des) destinataire(s)
• quantité totale de matières dangereuses

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• engagement du chargeur attestant que les prescriptions réglementaires ont bien été
respectées (état, conditionnement, emballage, étiquetage).
Le chargeur doit également certifier avoir satisfait à ses obligations au plan du
chargement (vérification de la qualité du chauffeur, du matériel, …).

– le certificat de formation des conducteurs : tout conducteur de véhicule citerne d’un


PMA supérieur à 3,5 t est assujetti à formation et ce quelle que soit la capacité de la citerne
utilisée. Cette formation est dispensée par des organismes agréés et il existe maintenant en
France 8 spécialisations tenant compte de la nature du danger :
- spécialisation n°1 pour le transport des matières de la classe 1 (matières ou objets
explosibles)
- spécialisation n°2 pour le transport de la plupart des produits de la classe 2
- spécialisation GPL, instituée depuis le 23 Décembre 1993, cette spécialisation
comporte une formation spécifique portant sur les opérations de transfert
- spécialisation n°3 pour le transport des matières de classe 3
- spécialisation n°4 pour le transport des matières de classe 4-1, 4-2, 4-3, 5-1, 5-2,
6-1, 6-2, 8, 9
- spécialisation n°7 pour le transport des matières radioactives quel que soit le PMA
du véhicule
- spécialisation n°9 pour le transport des produits de la classe 9 à hautes
températures
- spécialisation n°A qui concerne tous les transports de matières dangereuses de
classes 2, 3, 4, 4-1, 4-2, 4-3, 5-1, 5-2, 6-1, 6-2, 8, 9 (autres qu’à hautes
températures)

La formation a pour objectifs essentiels de sensibiliser les conducteurs aux risques


présentés par le transport et de dispenser aux intéressés les notions de bases nécessaires
pour intervenir efficacement en cas d’accident.

Il appartient au chargeur de vérifier que le conducteur est titulaire de l’attestation de


formation requise par la nature du transport.

– Les conditions de sécurité : en prévision de tout accident ou incident pouvant survenir au


cours du transport, des "consignes écrites", encore dénommées "consignes de sécurité"
doivent être établies. Elles comportent le nom, l'adresse et le téléphone de l'expéditeur ou
du service de sécurité à alerter si nécessaire et précisent d'une façon concise :
• la nature du danger et les mesures préconisées pour y faire face
• les dispositions à prendre et les soins à donner au cas où des personnes entreraient
en contact avec le produit
• les mesures à prendre en cas d'incendie et notamment les moyens d'extinction à ne
pas employer
• les mesures à prendre en cas de bris ou de détérioration des emballages,
notamment lorsque les matières dangereuses se sont répandues sur la route.

Ces consignes écrites dans une des langues officielles des États contractant de l'ADR,
comprises par le conducteur, doivent se trouver dans la cabine de conduite afin que le
conducteur puisse prendre toutes les dispositions nécessaires.

– un certificat d’agrément des véhicules (ancienne carte jaune)

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– un certificat de jaugeage : cas des citernes munies d’une plaque d’identification de


jaugeage normalisée ou citernes servant au transport de liquides vendus au volume
(carburants, combustibles liquides, …) lorsqu’elles ne sont pas équipées d’un ensemble de
mesurage ou lorsqu’il est possible de livrer tout ou partie du liquide sans passer par
l’ensemble de mesurage. Ce certificat est renouvelable tous les 5 ans.

– un certificat de nettoyage : le certificat de nettoyage est nécessaire, à moins que le


nouveau chargement ne soit composé de la même matière dangereuse que celle qui a
constitué le chargement précédent.

4 - ÉQUIPEMENT DES VÉHICULES DESTINÉS AU TRANSPORT DE GAZ


INFLAMMABLES ET DE LIQUIDES INFLAMMABLES
Les véhicules destinés au transport de liquides inflammables (sauf ceux destinés au transport et à
l'épandage des goudrons et bitumes de point d'éclair inférieur ou égal à 100°C) dont le poids total
autorisé en charge est supérieur à 3,5 tonnes, ainsi que les véhicules destinés au transport de gaz
inflammables, doivent obligatoirement être équipés d'un moteur Diesel.

Pour éviter l'emballement du moteur en cas de fonctionnement en atmosphère accidentellement


carburée, le véhicule doit être muni d'une commande spéciale.

Celle-ci doit permettre l'interruption de l'injection de carburant à l'aide d'un dispositif efficace. Sauf en
cas de pilotage électronique de l'injection, cette commande doit être non électrique.

Simultanément, elle doit permettre, soit la fermeture de l'aspiration de l'air, soit l'obturation de
l'échappement.

Le tuyau d'évacuation des gaz d'échappement ne doit pas pouvoir entraîner un échauffement du
réservoir et des conduites ; son extrémité doit se trouver aussi loin que possible des vannes de la
citerne.

Les gaz d'échappement ne doivent pas pouvoir être projetés sur le réservoir à carburant du véhicule.

L'échappement doit être muni d'un pare-étincelles amovible.

Les moteurs auxiliaires thermiques à allumage commandé sont interdits.

Lorsqu'ils sont électriques, les moteurs auxiliaires doivent répondre aux prescriptions du décret
n° 78-779 du 17 Juillet 1978.

Lorsqu'ils sont de type Diesel, ils sont soumis aux mêmes caractéristiques que le moteur de propulsion
et doivent comporter les aménagements suivants :
– un démarreur qui satisfasse lorsqu'il est électrique aux normes EN 60 014 et EN 60 020
– une cloison située du côté du réservoir et des conduites
– une large aération

La présence à bord d'instruments à flamme, de dispositifs d'allumage par incandescence, de


dispositifs témoins à filament résistant à l'air libre et d'accessoires de fumeur est interdite.

Les véhicules à moteur destinés au transport de gaz ou liquides inflammables doivent obligatoirement
comporter les commandes de sécurité suivantes :

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– au poste de conduite :
- une commande d'ouverture du coupe-batterie
- une commande à deux positions stables, marche et sécurité, du dispositif destiné à
éviter l'emballement du moteur prévu ci-dessus

– du côté des vannes, accessible aisément du sol, situé à l'extérieur de la cabine, un


dispositif de commande unique entraînant simultanément l'ouverture du coupe-batterie et la
commande du dispositif destiné à éviter l'emballement du moteur

En outre toute unité de transport doit être munie :

- de 2 extincteurs à poudre. L’un de 2 kg destiné à combattre un incendie du moteur ou de la


cabine, l’autre de 6 kg pour lutter face à un feu de pneumatique, du système de freinage ou
de produit
- d’un équipement électrique approprié
- de feux oranges, permanents ou clignotants, indépendant de l’installation électrique,
destinés à être utilisés en cas d’accident ou d’incident
- d’un pare-chocs arrière résistant, placé à 100 mm au moins de la paroi de la citerne
- d’une trousse à outils

Les véhicules de distribution doivent être munis d'un câble conducteur permettant une liaison
équipotentielle lors des opérations de transfert.

La technologie ainsi que le principe de fonctionnement des équipements de la citerne ne sont pas
développés dans ce document , mais il est bon de préciser les obligations suivantes :

- les organes placés à la partie supérieure du réservoir doivent être selon la nature du produit
soit protégés par un dispositif de protection (capots) soit dotés d'une obturation interne de
sécurité.
- les réservoirs à vidange par le bas doivent être munis de deux fermetures en série.
• la première est constituée par un obturateur interne fixée au réservoir
• la seconde est constituée par une vanne placée à l'extrémité de la tubulure de
vidange
- les orifices des tubulures doivent en plus pouvoir être fermés au moyen de bouchons filetés,
ou brides pleines.
- tous ces accessoires doivent être protégés.
- les véhicules citernes transportant des produits pétroliers liquides doivent être dotés d'un
dispositif de récupération des égouttures et de dispositifs évitant toute surpression ou
dépression.
- les orifices de remplissage et de vidange des réservoirs destinés au transport des gaz
liquéfiés inflammables et/ou toxiques doivent être munis d'un dispositif interne de sécurité à
fermeture instantanée qui, en cas de déplacement intempestif du réservoir ou en cas
d'incendie, se ferme automatiquement. La fermeture de ce dispositif doit aussi pouvoir être
déclenchée à distance.

- à l'exclusion des orifices qui portent les éventuelles soupapes de sécurité et des trous de
purge fermés, tous les autres orifices des réservoirs destinés au transport des gaz liquéfiés
inflammables et ou toxiques, dont le diamètre nominal est supérieur à 1,5 mm, doivent être
munis d'un organe interne d'obturation.

- les réservoirs de GPL peuvent être nus, calorifugés, ou équipés d’un écran pare soleil.

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IV - SIGNALISATION DES VÉHICULES (TERRE ET VOIES FERRÉES)


Cette signalisation est double et est destinée à :

– attirer l'attention de tous les intervenants en cours de transport et de manutention sur les
précautions à prendre (étiquette de danger)
– identifier la nature du ou des dangers présentés par la marchandise (panneaux orange)

1- ÉTIQUETTE DANGER

Ces étiquettes, sur les camions-citernes, doivent être fixées


à l'arrière et sur les côtés latéraux à "un emplacement
convenable qui les rendra bien visibles".

Sur les wagons-citernes, elles doivent être placées sur


chaque paroi latérale extérieure.
D SEC 1293 C

2- PANNEAUX ORANGE

a - Véhicules citernes (camions, wagons, transport fluviaux)

Orange

Code d'identification du danger


D SEC 1293 D

Numéro d'identification de la
matière transportée

c - Utilisation du panneau orange

• Il est obligatoire pour tous transports de matière dangereuses (au-dessus des seuils d'exemption) et
doit porter les inscriptions réglementaires, sauf si le chargement est hétérogène, dans ce cas, il est
vierge et chaque cuve porte une plaque réglementaire.
• Un panneau orange est apposé à l'avant et à l'arrière du véhicule.
• Une citerne vide mais non nettoyée doit porter les panneaux oranges concernant le produit véhiculé.
• Une citerne nettoyée doit avoir les panneaux oranges enlevés.

Ce panneau orange de 40 cm sur 30 cm est bordé d'un liseré noir de 15 mm.

Cas de déchets

Le code danger doit y être porté, mais la partie identification matière peut être remplacée par la
mention "déchets".

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D 3 -1

3- MISE EN PLACE DES ÉTIQUETTES DE DANGER ET DES PANNEAUX ORANGE


a - Une seule matière - Un seul danger

88
2031
88
2031

88
2031

88
2031

88

D SEC 1295 A
2031
88
2031

b - Plusieurs matières - Un seul danger

88
2031
00 88
1234 2031

88

D SEC 1295 B
2031 45 12 88
88
7895 1234 2031
2031

c - Plusieurs matières - Plusieurs dangers

88
2031
00 88
1234 2031

88
2031 45 12 88
88
7895 1234 2031
2031
D SEC 1295 C

88
2031 45 12 88
7895 1234 2031
88
2031

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4- OBLIGATIONS DU TRANSPORTEUR ET DU CHARGEUR


L'expéditeur, chargeur, ou le responsable de l'établissement où s'effectue le chargement doit :

– identifier et classer la marchandise

_ certifier être en conformité avec la réglementation

– établir les consignes écrites dites de sécurité

– respecter le cas échéant les interdictions de chargement sur la voie publique (des
dérogations peuvent être accordées par le préfet)

– vérifier que le transporteur est bien en conformité avec la réglementation

À SAVOIR, LE CAS ÉCHÉANT :

– que le conducteur est bien titulaire du certificat de formation requis

– que le matériel de sécurité, extincteur, coupe-batterie, cale, outils, matériel de première


intervention est bien à bord

– que le certificat d'agrément autorise bien le chargement du produit

– que le véhicule est signalisé et étiqueté conformément à la réglementation

– qu'un convoyeur accompagne le conducteur (pour les explosifs)

ET S' IL S'AGIT DE COLIS :

– veiller à ce que le véhicule soit correctement nettoyé

– utiliser des emballages agréés

– étiqueter correctement le colis

– veiller à respecter le cas échéant les interdictions de chargement en commun qui


concernent essentiellement les matières des classes 1 et 5.2

– veiller à ce que les colis soient correctement calés et arrimés

ET S'IL S'AGIT DE VÉHICULE CITERNE :

– veiller à ce que la citerne soit correctement nettoyée et dégazée, si besoin est

– n'employer que du personnel formé et assurer la formation du conducteur lorsque celui-ci n'est pas
employé par l'établissement

_ afficher les consignes de sécurité relatives aux opérations de chargement et s'assurer de


leur respect

– vérifier, le cas échéant, que l'entreprise est bien titulaire d'une certification assurance qualité

– s'assurer que les dispositifs de fermeture sont en position fermée et étanche.

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15
D 3 -1

LE CHARGEUR DOIT REFUSER DE CHARGER TOUT VÉHICULE NON CONFORME

Si le véhicule (ou remorque, semi-remorque, conteneur, caisse mobile) doit emprunter la liaison fixe
transmanche, l'expéditeur doit rédiger une déclaration spéciale par laquelle il certifie avoir respecté le
RID, et avoir pris toutes les dispositions en matière de sécurité.

Au cours des manutentions, il est interdit de fumer au voisinage des véhicules et dans les véhicules.

L'arrêté du 26 avril 1996, pris en application de l'article R. 237-1 du Code du Travail, rend obligatoire
l'établissement d'un document écrit dit

"PROTOCOLE DE SÉCURITÉ"

Pour les opérations de chargement et de déchargement intervenant avant ou après un transport


public. Ce protocole a pour objet l'évaluation et la prévention des risques. En ce qui concerne les
opérations préalables ou postérieures au transport routier de marchandises dangereuses, il revêt,
bien entendu, une importance toute particulière.

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16
D 3 -1

VARIATION DE LA DENSITÉ DE QUELQUES LIQUIDES AVEC LA TEMPÉRATURE

Densité d
Nom Formule
-80°C -60°C -40°C -20°C 0°C 20°C 40°C 60°C 80°C 100°C 150°C 200°C

Acétaldéhyde C2H4O 0,78


Acétate de butyle C6H12O2 0,882
Acétate d'éthyle C4H8O2 0,901
Acétone C3H6O 0,855 0,832 0,811 0,791 0,765 0,74
Acide acétique C2H4O2 1,049 1,028 1,003 0,98 0,96
Acide formique CH 2 O2 1,221 1,192 1,169
Acrylonitrile C3H3N 0,806
Anhydride acétique C4H6O3 1,082
Benzène C6H6 0,879 0,858 0,836 0,815 0,793 0,731 0,661
Butane n-butane C4H10 0,674 0,658 0,640 0,621 0,601 0,579 0,555 0,528 0,500 0,468
isobutane 0,605 0,584 0,559 0,534 0,505
Chlore (liquide) Cl2 1,571 1,522 1,448 1,411 1,348 1,279 1,203 1,113
Chlorobenzène C6H5Cl 1,13 1,108 1,087 1,065 1,04 1,02 0,96 0,896
Chloroforme CHCl 3 1,64 1,60 1,56 1,52 1,48 1,43 1,40 1,36 1,32 1,21 1,06
Chlorure de méthyle CH 3 Cl 1,101 1,067 1,031 0,997 0,960 0,921 0,881 0,837 0,790 0,733
Chlorure de méthylène CH 2 Cl2 1,49 1,455 1,42 1,385 1,35 1,318 1,28 1,248 1,212 1,175 1,06 0,90
Chlorure de vinyle C2H3Cl 1,06 1,03 1,00 0,975 0,945 0,915 0,88 0,845 0,80 0,745 0,51
Cyclohexane C6H12 0,78 0,76 0,74 0,72
Diéthylène glycol C4H10O3 1,135 1,122 1,107 1,091 1,075 1,06 1,02
Eau lourde D2 O 1,105 1,105 1,10 1,09 1,07 1,04 0,99 0,957
Éthanol C2H6O 0,855 0,835 0,82 0,806 0,789 0,765 0,745 0,736 0,716 0,645 0,50
Éthylène glycol C2H6O2 1,127 1,113 1,098 1,083 1,069 1,054 1,017 0,974
Formaldéhyde CH 2 O 0,815
Fréon 22 CHClF2 1,512 1,465 1,411 1,350 1,285 1,213 1,133
Furfural C5H4O2 1,16
Glycérine C3H8O3 1,263 1,251 1,237 1,224 1,21 1,17 1,132
Méthanol CH 4 O 0,880 0,862 0,845 0,827 0,810 0,792 0,774 0,755 0,736 0,714 0,646 0,553
Mercure Hg 13,64 13,60 13,55 13,50
Nitrobenzène C6H5NO2 1,203 1,182 1,163 1,142 1,122 1,071 1,018
Oxyde d'éthylène C2H4O 0,95 0,92 0,891 0,864 0,834 0,804 0,78 00,75 0,63
Propane (liquide) C3H8 0,624 0,603 0,579 0,556 0,530 0,502 0,469 0,433
Soufre fondu S 1,80 1,78 1,76
Styrène C8H8 0,907
Tetrachl. de carbone CCl4 1,67 1,63 1,585 1,545 1,505 1,46 1,42 1,31 1,18
Toluène C7H8 0,960 0,942 0,923 0,905 0,886 0,868 0,849 0,830 0,811 0,791 0,739 0,679
Trichloréthylène C2HCl3 1,60 1,57 1,535 1,,50 1,465 1,43 1,395 1,36 1,33 1,24 1,13
Urée (fondue) CH 4 N2O 1,335
m-xylène 0,885 0,866 0,851 0,833 0,814 0,793 0,738 0,68
Xylène o-oxylène C8H10 0,91 0,881 0,865 0,846 0,83 0,812 0,764 0,708
p-xylène 0,861 0,84 0,823 0,805 0,786 0,738 0,682

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