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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

REPUBLIQUE DU CAMEROUNREPUBLIC OF CAMEROONPaix – Travail – PatriePeace – Work –


h
Fatherland ********** ***********Ministère de l’Industrie, des Mines et du

Développement Technologique

STRATEGIE CAMEROUNAISE
DE NORMALISATION 2008
2015
Ministère de l’Industrie, des Mines et du
Développement Technologique (MINIMIDT)

Aout 2008

Yaoundé cameroun
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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

PREAMBULE

La maîtrise des outils de normalisation, de promotion de la qualité représente un enjeu


considérable dans la mise en œuvre efficace d’une véritable stratégie de relance économique
au Cameroun. En effet la consolidation des acquis, matérialisée par l’atteinte du point
d’achèvement de l’initiative PPTE et les effets attendus avec notamment le démarrage de
plusieurs chantiers de grande envergure économique (extension d’Alucam, construction du
Port en eaux profondes de Kribi, du Chantier Naval de Limbe, du Chemin de Fer Mbalam-
Kribi, Aménagement des barrages de Lom-Pangar, Natchigal, Memvele..), nécessitent plus
que jamais, l’utilisation des normes pour faire face aux exigences de qualité et permettre aux
industries camerounaises de bénéficier des retombées des investissements financiers qui
seront concédés.

Sur un autre plan, la signature des accords de l’OMC sur la libéralisation du commerce et la
ratification de ceux-ci par le Cameroun notamment, consacrent l’ouverture du marché au
commerce international. Cette ouverture va s’accompagner progressivement de la levée des
barrières tarifaires et des obstacles techniques au commerce. De ce point de vue, les aspects
non tarifaires avec les normes en première ligne, prendront le dessus sur les aspects tarifaires
au niveau des échanges commerciaux.

Dans cette perspective, la stratégie de développement de la normalisation se propose donc de


planifier sur les prochaines années, les activités de normalisation susceptibles de contribuer
efficacement à la mise à niveau des entreprises et à la compétitivité de l’économie
camerounaise. Ladite stratégie a été élaborée par le Ministère de l’Industrie, des Mines et du
Développement Technologique, à travers la Division de la Normalisation et de la Qualité. Le
souci est de répondre favorablement aux préoccupations relatives au développement
économique et social du Cameroun.

La démarche utilisée a consisté à prendre en compte les expériences des différents acteurs et
des partenaires, de même que les exigences de la mondialisation, avec notamment l’ouverture
des frontières au commerce international, les préoccupations relatives à la protection de
l’environnement et la nécessité de se positionner dans les marchés sous régionaux et
internationaux.

Dans cette perspective, la vision de la normalisation de « Contribuer à la relance de la


croissance, à la création de l’emploi et à la lutte contre la pauvreté à l’ère de la
mondialisation à travers le développement d’un Système National efficient de
Normalisation et de Promotion de la Qualité pour permettre au pays de jouer
pleinement son rôle de moteur dans le commerce sous-régional et participer
substantiellement au commerce international ».

La vision se décline en objectifs spécifiques suivants :


une meilleure protection des consommateurs ;
l’instauration de pratiques commerciales loyales ;
la mise à niveau des entreprises camerounaises en vue de la compétitivité.
La présente stratégie sera validée de façon progressive et consensuelle en assurant
l’implication de l’ensemble des parties prenantes à toutes les étapes de sa formulation. Un

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atelier final auquel seront associés non seulement les acteurs nationaux, mais également les
partenaires au développement, permettra d’adopter de façon concertée le document final.

La Stratégie Nationale de Normalisation est destinée à tous les acteurs de la vie économique
camerounaise afin qu’ils puissent s’impliquer dans les activités de normalisation et
promouvoir la compétitivité des produits nationaux ainsi que la protection des consommateurs
et de l’environnement.

Le Ministre de l’Industrie, des Mines


et du Développement Technologique

BADEL NDANGA NDINGA

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SOMMAIRE
PREAMBULE............................................................................................................................ii
LISTE DES TABLEAUX.......................................................................................................v
LISTE DES GRAPHIQUES ET FIGURES..........................................................................vi
INTRODUCTION......................................................................................................................1
CONTEXTE............................................................................................................................1
METHODOLOGIE.................................................................................................................2
JUSTIFICATION DE LA STRATEGIE................................................................................2
1- Normalisation comme atout majeur pour la relance de la croissance.................................2
2- Document de stratégie comme outil de planification : ......................................................4
I- ENVIRONNEMENT GLOBAL DE DEVELOPPEMENT DES NORMES.........................5
I-1 Environnement international.............................................................................................5
I-2 Environnement national: Présentation du Cameroun........................................................6
I-2-1 Atouts géographiques et géologiques........................................................................6
I-2-2 Performances économiques récentes.........................................................................8
II- ETAT DES LIEUX DE LA NORMALISATION AU CAMEROUN................................14
II-1 Définition des principaux concepts et Délimitation du domaine...................................14
II-1-1 Définition et caractérisation des concepts..............................................................14
II-1-2 Délimitation du domaine........................................................................................17
II-2 Etat des lieux de la normalisation au Cameroun............................................................18
II-2-1 Etat des lieux du cadre légal et réglementaire........................................................18
II-2-3 Description de l’activité de normalisation..............................................................30
III - DIAGNOSTIC DU SYSTEME CAMEROUNAIS DE NORMALISATION..................39
III-1 Diagnostic du cadre légal et réglementaire...................................................................40
III-2 Diagnostic du cadre institutionnel................................................................................43
Graphique 5: Schéma organisationnel de la normalisation et de la qualité a l’échelle sous
régionale............................................................................................................................46
III-3-2 Diagnostic de l’évaluation et de la Certification de la Conformité au Cameroun.51
III-3-3 Diagnostic de la Promotion, de la Vulgarisation de la Normalisation et de
l’Assurance Qualité au Cameroun....................................................................................54
III-3-4 Diagnostic des ressources mise à la disposition des activités de normalisation et
de la qualité.......................................................................................................................55
III-3-5 Diagnostic du système d’information et de communication.................................56
IV- FORMULATION DES CHOIX STRATEGIQUES..........................................................57
IV-1 VISION DE DEVELOPPEMENT...............................................................................57
IV-1-1 Vision nationale de développement......................................................................57
IV-1-2 Vision de développement de la normalisation......................................................59
IV-2- AXES, OBJECTIFS STRATEGIQUES ET PLANS D’ACTIONS...........................60
IV- CADRE OPERATIONNEL DE LA STRATEGIE............................................................74
IV-1 PLANS D’ACTIONS SUR LA PERIODE 2008-2015................................................74
VI- DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI - EVALUATION...........................80
VI-1 Dispositif de mise en oeuvre........................................................................................80
VI-2 Dispositif de suivi et d’évaluation de la stratégie.........................................................81
CONCLUSION.........................................................................................................................84
BIBLIOGRAPHIE....................................................................................................................85
QUELQUES DEFINITIONS DE CONCEPTS USUELS EN MATIERE DE
NORMALISATION.................................................................................................................86
EQUIPE DE REDACTION DE LA STRATEGIE...................................................................90

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LISTE DES ABREVIATIONS ET ACRONYMES

Accords IAE : Accord sur l’inspection avant expédition de l’OMC


Accords OTC : Accord sur les obstacles techniques au commerce de l’OMC
Accords SPS : Accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires de l’OMC
AFNAO Agence Française des Normes
APE : Accord de Partenariat Economique UE-ACP
ASAC Association des Sociétés d’Assurance du Cameroun
BIP Budget d’Investissement Public
CDMT Cadre de Dépenses à Moyen Terme
CEMAC Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale
DNQ Division de la Norme et Qualité
DSRP Document de Stratégie de Réduction de la pauvreté
ECAM Enquête Camerounaise Auprès des Ménages
FAO Organisation Mondiale pour l’Alimentation
FBCF Formation Brute de Capital Fixe
GATT General Accord on Tarif and Trade
GICAM Groupement Inter patronal du Cameroun
GPP Groupement des Professionnels du Pétrole
HACCP : Système d’Analyse des dangers et maîtrise des points critiques
IDE Investissement Direct Etranger
ISO : Organisation Internationale de Normalisation
MINADER Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural
MINCOMMERCE Ministère du Commerce
MINDUH Ministère du Développement Urbain et de l’Habitat
MINEE Ministère de l’Eau et de l’Energie
MINEP Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature
MINEPAT Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire
MINIMIDT Ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique
MINPOSTEL Ministère des Postes et Télécommunications
MINSANTE Ministère de la Santé
MINT Ministère des Transports
MINTOUR Ministère du Tourisme
MINTP Ministère des Travaux Publics
OMC : Organisation Mondiale du Commerce
OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONUDI Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel
ORAN : Organisation Africaine de Normalisation
PASAPE : Programme d’Appui et de Soutien à l’Accord de Partenariat Economique entre
l’UE et l’Afrique centrale
PIB Produit Intérieur Brut
PME Petite et Moyenne Entreprise
PNDP Programme National de Développement Participatif
PNG Programme National de Gouvernance
PPTE : Initiative Pays Pauvres Très Endettés
SDSIS Stratégie de Développement du Secteur de l’Industrie et des Services
SGS Société Générale de Surveillance

LISTE DES TABLEAUX

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Numéro Intitulé Page


1 Tableau 1: Répartition du PIB suivant les emplois 10
2 Tableau 2: Répartition sectorielle et emploi du PIB 10
3 Tableau3 : Variations annuelles de la situation monétaire ente 2004 et 2008 11
4 Tableau 4: Evolution du stock de la dette publique (en milliards de Fcfa) 11
5 Tableau 5: Répartition des recettes et dépenses du Gouvernement en % du PIB 13
6 Tableau 6: Processus du système national de normalisation 29
7 Tableau 7: Répartition des certificats de produits délivrés entre 2000 et 2005 36
suivant les produits
8 Tableau 8: Description de l’état de mise en œuvre du cadre légal et 43
réglementaire en matière de normalisation
9 Tableau 9 : Evaluation du Niveau de Mise en Œuvre du Cadre Juridique 44
10 Tableau 10 : Evaluation du Niveau Opérationnel des Institutions impliquées 49
dans la Normalisation
11 Tableau 11 : Etat comparatif des performances de quelques Systèmes 51
Nationaux de Normalisation
12 Tableau 12: Etat des lieux des activités des laboratoires de contrôle qualité au 54
Cameroun
13 Tableau 13 : Evaluation du niveau de culture assurance qualité dans les 55
entreprises locales
14 Tableau 14: Incitations et subventions 67
15 Tableau 15: Organes de mise en œuvre de la stratégie de normalisation 81

LISTE DES GRAPHIQUES ET FIGURES


Numéro Intitulé Page
1 Figure 1 : Présentation du Cameroun 8
2 Graphique 1 : évolution du taux de croissance du PIB entre 2000 et 2007 9
3 Graphique 2: Evolution de l’indice des prix à la consommation 12
4 Graphique 3 : de délimitation du domaine de la normalisation 21
5 Graphique 4: Répartition des certificats de produits délivrés entre 2000 et 2005 37
suivant les produits
6 Graphique 5 : Schéma organisationnel de la normalisation et de la qualité a 48
l’échelle sous régionale
7 Graphique 6: Comparaison de l’état d’élaboration des normes entre le 50
Cameroun, les pays développés et émergents
8 Graphique 7 : Schéma du dispositif de pilotage et de mise en œuvre de la 84
stratégie nationale de normalisation.

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INTRODUCTION
CONTEXTE
L’ambition du Cameroun de devenir un pays émergent à l’horizon 2030 – 2035 à travers une
bonne intégration commerciale et financière, implique un volume croissant des échanges avec
l’extérieur. De plus, la stratégie de relance de la croissance à des taux de 7-8%, de la création
d’emplois et de redistribution des fruits de la croissance repose principalement sur les
exportations compte tenu de la timidité des investissements et de la rigidité du pouvoir
d’achat qui stabilisent la contribution de la demande intérieure, jusqu’alors le moteur de la
croissance.
Par ailleurs, les mesures prises pour la libéralisation de l'économie vont très largement
contribuer à la valorisation des activités exportatrices. Ces mesures auront aussi un impact
favorable sur la compétitivité des entreprises camerounaises qui, exposées à la concurrence,
seront amenées à améliorer leur efficacité et la qualité de leurs productions. La mondialisation
des économies et la stratégie d'ouverture du marché camerounais sur l'extérieur nécessitent
impérativement la mise en place d'une politique en faveur de la compétitivité de l’économie.

La normalisation constitue ainsi un élément essentiel de cette politique. C’est un outil


commercial permettant une meilleure connaissance de l’état de l’art et des pratiques des
marchés. Elle est devenue une référence incontestable de la qualité à travers la certification de
conformité aux normes, aussi bien celles relatives aux caractéristiques des produits que celles
décrivant les systèmes de management. Ces activités se développent dans le cadre du
développement économique, et leur gestion est basée aujourd’hui sur des techniques
modernes permettant de satisfaire en permanence les attentes des opérateurs économiques.

Le contexte actuel accroît et modifie les attentes des différents partenaires, aussi bien au
niveau de l’élaboration de normes qu’au niveau des activités aval comme la diffusion de la
documentation normative, la formation sur les techniques véhiculées par les normes,
notamment en ce qui concerne les systèmes de management, et la certification de la
conformité aux normes.

L’adaptation avec ce nouveau contexte nécessite la définition d’une stratégie de


développement des normes prenant en considération les acquis du système actuel, les
expériences des autres organismes à activité similaire et la dimension internationale imposée
par le choix de notre pays de s’engager dans le processus de mondialisation de l’économie.

La stratégie nationale de normalisation a été élaborée par le Ministère de l’Industrie, des


Mines et du Développement Technologique, à travers la Division de la Normalisation et de la
Qualité. Le souci est de répondre favorablement aux préoccupations relatives au
développement économique et social du Cameroun. Elle se propose de planifier sur les
prochaines années, les activités de normalisation susceptibles de contribuer efficacement à la
mise à niveau des entreprises et à la compétitivité de l’économie camerounaise.

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METHODOLOGIE

JUSTIFICATION DE LA STRATEGIE
Au-delà des enjeux contextuels, ce chantier trouve sa justification dans l’essence même de la
normalisation et de manière générale dans l’importance du processus de planification pour le
développement.
1- Normalisation comme atout majeur pour la relance de la croissance
Pourquoi une stratégie camerounaise de normalisation ?
La maîtrise des normes représente un enjeu économique considérable. Une étude britannique
récente chiffre à 3,6 milliards d’euros la contribution annuelle des normes à l’économie du
Royaume-Uni. Dans ce pays, 13 % de la croissance de la productivité du travail est attribuable
aux normes.
Une autre étude allemande évalue les bénéfices de la normalisation à l’équivalent de 1 % de
croissance.
Par ailleurs, des études internationales ont démontré que les coûts supplémentaires dus à la
non-conformité des industriels aux normes de qualité peuvent atteindre 30 % du total des
coûts. Le respect des normes de qualité au niveau de la production et de la gestion a un impact
positif direct sur la baisse des coûts de production à travers le règlement des causes qui sont à
l’origine du grippage sur le double plan interne et externe de l’opération d’industrialisation
des produits.
Ces études insistent sur l’importance de l’adoption par les opérateurs économiques du label
d’excellence afin de pouvoir arriver à une production sans défaut qui réponde aux besoins de
la clientèle locale et internationale.
Le rythme très rapide des évolutions économiques, techniques et des rapports de force entre
acteurs nécessite des ajustements périodiques. Certains opérateurs ressentent un sentiment
d’avalanche de contraintes, d’initiatives venues d’ailleurs : des orientations stratégiques
claires, connues et partagées peuvent aider à y faire face et à les transformer en opportunités.
Si la normalisation, comme tant d’autres activités, est mondiale, ses acteurs ont une assise
nationale, il y a une stratégie française, américaine, allemande, japonaise, marocaine, et
maintenant chinoise, lisible, cohérente, connue et appliquée par les acteurs de ces pays.
Vu sous cet angle, la stratégie de normalisation devra contribuer de manière déterminante à
trouver des solutions aux entraves du développement économique et social dans son
ensemble, dont les éléments pertinents ont été identifiés et classés selon les cinq critères
suivants :

• Entraves au développement normal de l’activité commerciale et industrielle


La concurrence sauvage, la fraude, la contrebande sont des problèmes auxquels les chefs
d’entreprises font quotidiennement face au Cameroun. Ces problèmes constituent aujourd’hui
un véritable obstacle à l’épanouissement des affaires dans le pays.
• Entraves aux échanges commerciaux dans la sous région
A ce jour, quelques états de la sous région ont déjà engagé la mise en œuvre d’une véritable
politique de normalisation. Le risque actuel est qu’en l’absence d’une démarche sous
régionale harmonisée de normalisation, la multiplication des normes à caractère obligatoire
constitue à terme, un obstacle supplémentaire aux échanges commerciaux dans la sous région.
Ce qui serait contraire aux accords sous régionaux de libre échange.
• Handicap face à la concurrence internationale

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Le Cameroun est signataire des accords de Marrakech qui l’engagent ainsi au respect des
dispositions de l’OMC, fondées sur le libre échange, la transparence et la non discrimination.
De même la signature récente des Accords Intérimaires de Partenariat Economique avec
l’Union Européenne entraîne un démantèlement progressif des barrières commerciales avec
l’Union Européenne.
Cette ouverture de l’économie nationale au monde extérieur a pour conséquence d’exposer la
grande majorité des entreprises locales à une compétition déséquilibrée, compte tenu du faible
niveau de compétitivité de l’économie camerounaise.
• Problèmes relatifs à l’accès aux financements internationaux
Les financements des banques locales sont beaucoup moins compétitifs que les financements
des Banques Internationales. L’accès à celles-ci est de plus en plus conditionné par le respect
des exigences de développement durable, à savoir :
• Sécurité des opérations ;
• Protection de l’environnement ;
• Assurance de la qualité du produit ;
• Citoyenneté.
• Aspects relatifs à la bonne gouvernance
L’absence d’un système de management crédible des services publics administratifs et privés,
constitue aujourd’hui un obstacle presque insurmontable à une relance économique fiable. En
effet, le manque de planification, la non utilisation des outils de contrôle de suivi et
d’évaluation, induisent divers problèmes de gouvernance, allant de l’inertie à la corruption.

En contribuant à la résolution de ces problèmes, la normalisation devra être perçue


comme un Outil Clé de la Relance et de Pérennisation de l’essor Economique du
Cameroun.

Une stratégie camerounaise de normalisation pour qui ?

La stratégie s’adresse à tous les acteurs, pour que ces derniers s’impliquent dans une
normalisation qui est la leur. Il s’agit notamment des:

• entreprises, grandes ou petites, de la production ou de la distribution, de l’amont ou de


l’aval, qui travaillent pour des clients industriels, pour des marchés publics ou pour le
grand public.
• pouvoirs publics camerounais et tous ceux qui agissent en leurs noms au niveau sous
régional ou international,
• collectivités Territoriales Décentralisées et le réseau d’acteurs qui agissent pour le
développement économique local,
• associations de consommateurs, les syndicats de salariés, les associations de défense de
la nature et de l’environnement,
• laboratoires et centres de recherche, les centres techniques, les universités, …
• opérateurs de la normalisation : Bureaux de Normalisation sectoriels, Agence de la
norme et qualité, qui se mettent au service des acteurs ci-dessus listés pour leur fournir
les prestations qu’ils attendent.

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2- Document de stratégie comme outil de planification :


Le document de stratégie est avant tout un outil de planification, et permet de facto une
meilleure vision et lisibilité des activités à mener pour le développement de la normalisation.
L’importance de la stratégie dans ce cadre se situe à différents niveaux :

• Document de stratégie comme cadre de mise en cohérence des activités à mener en


matière de normalisation ;

La stratégie constitue le cadre de déclinaison en matière de normalisation de la vision des


principales stratégies globales de développement du Cameroun que constituent le DSRP, les
OMD, le PNDP, le PNG, la SDSIS, etc.
Elle assure également la mise en cohérence des activités de normalisation avec les
engagements internationaux de l’Etat en matière de développement des normes et qualités, les
autres stratégies ministérielles, les limites des enveloppes budgétaires, etc.
Elle constitue enfin le cadre de planification et de mise en œuvre des projets de grandes
ambitions relevant du domaine de la normalisation et fournit des éléments essentiels pour
l’élaboration du tableau de bord de suivi de la mise en œuvre des activités du domaine,
notamment les indicateurs, le calendrier, les responsables des actions ainsi que les coûts.
• Document de stratégie comme cadre d’orientation des activités de normalisation à
fort potentiel de contribution à la croissance, à la création d’emplois et à la lutte contre la
pauvreté ;

• Stratégie comme Document de base d’élaboration des CDMT et du Budget du


MINIMIDT en ce qui concerne les activités relevant de la normalisation, conformément à la
nouvelle loi portant nouveau régime financier de l’Etat : culture de moyens à la culture de la
performance et aux circulaires présidentielles relatives à la préparation du budget qui
demandent que les projets de budget d’investissement public (BIP) soit soutenus pas les
documents de politique et les stratégies.

• Stratégie comme document de plaidoyer pour la recherche de financement auprès


des partenaires au développement. La Déclaration de paris (stratégie pays, document cadre
de coopération, programmes pays, etc)

Le présent document se structure en quatre principales parties, à savoir :


I- Contexte global de développement des normes
II- Etat des lieux de la normalisation au Cameroun
III-Diagnostic du système national de normalisation
IV-Formulation des choix stratégiques
V- Plan d’actions Prioritaires et dispositif de mise en œuvre et de suivi –
évaluation.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

I- ENVIRONNEMENT GLOBAL DE
DEVELOPPEMENT DES NORMES
I-1 Environnement international
L'environnement commercial international a considérablement évolué depuis la mutation du
GATT vers la création de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Les accords qui en
ont résulté ont introduit une certaine discipline dans les échanges internationaux, avec un
accent tout particulier sur la maîtrise de la qualité des produits et services.
S’inscrivant dans cette évolution du contexte mondial, les états membres de la CEMAC 1 ont
décidé de faire du commerce l’un des éléments moteurs de leur croissance économique et ont
entrepris à cet effet, d'intégrer les échanges commerciaux dans leur politique et stratégies de
développement.
Le développement des exportations vers les marchés extérieurs s'inscrivant dans leurs
différentes stratégies de lutte contre la pauvreté, ces Etats voudraient se donner tous les
moyens de développer les activités de production et s’assurer à travers la promotion de la
qualité, une reconnaissance internationale de leurs produits et services.
Les orientations prises par ces Etats, s’appuient sur le fait que l’approfondissement de
l’intégration économique sous régionale, tout comme l’expansion du commerce entre les
états membres et le reste du monde seront conditionnés par la capacité des pays à offrir des
produits de qualité concurrentielle dans un marché de plus en plus ouvert.
Or, du fait des entraves techniques persistantes conséquentes à leur non-conformité par
rapport aux normes internationales, les produits et services issus de la CEMAC ne disposent
pas à ce jour des performances en matière de qualité susceptibles de leur permettre de
participer activement, efficacement et de manière profitable aux échanges commerciaux
internationaux.
Il apparaît donc nécessaire à cet égard, pour chaque état membre de mettre sur pied une
stratégie nationale de normalisation, d'assurance qualité d’une part, et renforcer les
infrastructures nationales de contrôle, (d’équiper les laboratoires, former leur personnel,
renforcer la coordination avec les consommateurs, les négociants et l'industrie) d’autre part.
Au Cameroun, les actions engagées dans ce sens depuis plus d’une décennie, ont permis de
jeter les bases d’un système de normalisation en construction dont les atouts portent
notamment sur les éléments ci-après :
 un cadre institutionnel portant sur la mise en place effective d’une Agence
Nationale des Normes et de la Qualité, la disponibilité de vingt Comités Techniques de
normalisation et les perspectives de création d’un Conseil National de la normalisation ;
 un cadre légal et réglementaire portant sur l’élaboration d’une Loi relative à la
normalisation et de nombreux textes réglementaires qui garantissent le champ de
fonctionnement et d’exécution des activités de normalisation ;
 des ressources humaines bien que limitées en nombre, mais suffisamment
qualifiées pour conduire le processus ;
 la disponibilité du secteur privé à accompagner le processus dans le cadre
d’une synergie gagnante entre ledit secteur, l’administration et la société civile.
 La mondialisation
 Les Accords de Partenariat Economiques (APE).
1
Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

I-2 Environnement national: Présentation du Cameroun

I-2-1 Atouts géographiques et géologiques

Du sud au nord, le territoire camerounais s'étire sur quelques 1 250 Kms jusqu'au lac Tchad.
La forêt du sud cède progressivement la place à une zone dite soudanienne, couverte de
hautes herbes, mais boisée au niveau des hauts plateaux de l'Adamaoua, de l'Ouest et du
Nord-Ouest. La forêt et les savanes boisées couvrent ainsi 75 % du territoire.

Quoique peu ouvert sur la mer, avec seulement 380 km de côtes, le Cameroun occupe
cependant une position géoéconomique remarquable, en raison de l'enclavement de ses
voisins tels que le Tchad et la République Centrafricaine.

Prenant naissance dans les hauts plateaux du pays, une multitude de fleuves et de cours d'eau
se dirigent, soit vers la côte atlantique en formant des chutes et cascades qui fondent le
potentiel hydroélectrique du pays, soit vers le bassin du Congo en pente douce à l'instar de la
Ngoko, fleuve qui, via la Sangha, l'Oubangui et le Congo, permet de relier Brazzaville à partir
de Moloundou, plaque tournante de l'exploitation forestière, située au sud-est du Cameroun.
Les fleuves qui coulent sur le versant Nord, alimentent soit le bassin du Lac Tchad, soit le
bassin du Niger, permettant même de relier par voie fluviale le Nord du Cameroun au Nigeria,
jusqu’à l’océan Atlantique. Toutefois, contrastant avec l'aridité ambiante de la région
sahélienne, les abords du Lac Tchad sont inondables.

Doté d'une végétation et d'une pluviométrie aussi variées, le territoire camerounais offre
presque partout des sols aptes à la culture, tant pour les cultures pérennes d'arbres, d'arbustes,
que pour les céréales, les cultures maraîchères et des tubercules. Des sols plus riches
s'étendent à proximité d'anciens volcans.

En résumé, le Cameroun dispose ainsi abondamment de deux ressources inestimables que


sont la Biomasse et l’eau. A une époque ou la demande énergétique mondiale est de plus en
plus difficile à satisfaire, où il est de plus en plus question de développement d’énergies
renouvelables, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, lesdites ressources
constituent un atout majeur pour un développement sylvicole, agricole et industriel des
différentes régions.

Sur le plan géologique, le Sous-sol camerounais est abondamment riche. On ne peut pas
encore parler de scandale géologique, mais on y trouve un peu de tout. Sans être une grande
puissance minière de dimension mondiale, le Cameroun recèle toutefois dans son sous-sol,
d’une gamme relativement importante de ressources dont l’exploitation stimulerait
l’économie. On peut citer entre autres :

• le pétrole, principal produit minier à ce jour, malgré le déclin de la production ;


• le gaz naturel donc les réserves bien qu’encore inexploitées sont considérables ;
• les gisements de bauxite de Mini Martap, Ngaoundal et Fongo Tongo qui pourraient
permettre au Cameroun de jouer un rôle important sur le marché de l’aluminium ;
• les gisements de fer de la province de l’est et de la région de Kribi ;
• le Rutile ; le Nickel ; l’Etain ; le Disthène ; l’or ; le Diamant, etc.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Figure 1: Présentation du Cameroun

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

I-2-2 Performances économiques récentes

A) Croissance économique
A la suite de différentes réformes économiques et sectorielles entreprises dans les années 80
et 90 suite à la crise économique qui a secoué le pays, l’économie camerounaise a connu à
partir de 1994, une dizaine d’années de croissance au taux moyen d’environ 4,5% par an.
Cette croissance a connu un ralentissement entre 2003 et 2005, passant de 4,03% à 2,3%. Ce
fléchissement de l’économie est dû à la baisse de la consommation intérieure, moteur de
croissance de l’économie. Le mouvement de reprise observé en 2006 est tributaire à la reprise
de la consommation finale accentuée par l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE
en avril 2006.

Graphique 1 : évolution du taux de croissance du PIB entre 2000 et 2007

Source : DAE
Le niveau du taux de croissance est encore insuffisant pour lutter efficacement contre la
pauvreté au Cameroun, conformément aux OMD. Le niveau souhaitable, d’après les
estimations du MINEPAT dans le cadre du DSRP et au regard des inégalités accentuées
devrait se situer entre 7 et 8%.
La croissance au Cameroun est principalement tirée par la consommation intérieure. Sur les
3,03% de taux de croissance en 2006, la consommation représente 2,89 points, les
investissements 0.34 points et les exportations nettes – 0,20 points. Ainsi, la consommation
aurait contribué à la croissance en 2006 pour 95,4% alors que les contributions respectives de
l’investissement et des exportations sont de 11,2% et de moins 6,6%.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

B) PIB et emplois

Tableau 1: Répartition en pourcentage du PIB suivant les emplois (en%)


Composantes de la demande 2005 2006 2007 2008* 2009* 2010*
Consommation 81,9 79,7 81,8 80,9 81,9 79,5
Privée 72,0 70,3 72,5 71,4 72,2 70,4
Publique 10,0 9,4 9,3 9,5 9,7 9,1
FBCF 17,7 16,4 16,8 16,7 17,0 15,9
Privée 15,2 14,0 14,4 13,9 14,3 13,3
Publique 2,5 2,3 2,4 2,8 2,8 2,6
Exportations B&S 22,7 24,4 22,2 22,4 20,9 22,8
Importations B&S 21,5 20,6 21,4 20,1 19,8 18,2
Source : MINFI/Direction des affaires économiques, * = prévision
En termes d’emploi du PIB, les dépenses de consommation finale représentent en 2007,
81,8% du PIB. Le poids de la formation brute de capital fixe (FBCF) dans le PIB en 2007 est
de 16,8%, alors que le niveau souhaitable est de 25-30% pour atteindre les objectifs de
développement du pays. Ce faible taux est en partie dû à la faiblesse des investissements
publics structurants notamment dans les domaines de transports, de l’énergie et des
télécommunications et au tassement des Investissements Directs Etrangers (IDE).
Les exportations nettes quant à elles représentent en 2006, 2,1% du PIB.

C) Structure du PIB
Tableau 2: Répartition sectorielle et emploi du PIB (en%)
Répartition sectorielle 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Secteur primaire 19,0 19,3 19,8 18,8 19,0 17,5
Secteur secondaire 29,6 30,6 30,0 29,2 28,1 29,0
Dont pétrole 8,4 10,2 9,6 9,9 8,8 10,9
Secteur tertiaire 43,8 42,1 42,7 44,4 45,3 45,9
Impôts et taxes moins subventions 7,6 7,9 7,6 7,6 7,6 7,6
Source : INS
Le secteur primaire a eu une croissance réelle de 5,9% en 2007, avec une contribution de
1,2% à la croissance du PIB. C’est la meilleure performance durant les huit dernières années
et elle est soutenue dans sa plus grande partie par la sylviculture, l’agriculture vivrière,
l’élevage et la pêche. Ce secteur emploi environ 49% de la population active.
Le secteur secondaire représente environ 28% du PIB en 2007. Sa contribution à la croissance
du PIB qui était de 0,5% en 2006 est passée à -0,2% en 2007 du fait de son repli en volume.
Quant au sous-secteur manufacturier qui fait partie du secteur secondaire, sa contribution au
PIB stagne depuis des années autour de 11%, reflétant les difficultés que ce sous-secteur
éprouve à s’adapter aux exigences de la politique d’ouverture.
Le secteur tertiaire a représente 42,7% du PIB en 2007, incluant le commerce et les services.
Le sous secteur télécommunication est le moteur de croissance du secteur tertiaire notamment

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

en ce qui concerne la téléphonie mobile, toujours aussi dynamique et innovant. Le secteur


tertiaire a été tiré par l’expansion de la téléphonie mobile.

D) Structure des échanges et balance des paiements


Les exportations du Cameroun ont enregistré en 2006 un excédent de 378 milliards Fcfa. Les
exportations restent essentiellement tirées par six produits primaires (pétrole brut, cacao, café,
coton, bois et aluminium) qui représentent 78% du total des exportations camerounaises.
La balance des paiements du Cameroun est déficitaire. Le déficit du solde global enregistré en
2006 est de 229 milliards de Fcfa.
Le déficit de la balance des services s’est accentué, passant de -319 milliards de Fcfa en 2004
à – 431 milliards de Fcfa en 2006.
Quant au solde des revenus nets, il est également déficitaire de 201,4 milliards de Fcfa en
2006.

E) Monnaie et crédit
Tableau3 : Variations annuelles de la situation monétaire ente 2004 et 2008 (en%)
Rubrique 2004 2005 2006 2007 2008*
Avoirs extérieurs nets 37,8 40,2 107,4 46,6 31,7
Crédit intérieur net 0,0 -3,5 -28,5 -22,8 -49,3
Créances nettes sur l’Etat 0,8 -34,6 -166,7 -191,7 -95,9
Crédits à l’économie -0,3 8,0 2,3 8,4 7,3
Masse monétaire 6,4 5,2 9,1 15,2 8,1
Source : BEAC * = estimation

L’analyse du tableau ci – dessus fait ressortir la situation monétaire du Cameroun ainsi qu’il
suit :
- une hausse des avoirs extérieurs nets (AEN) de 1.034 milliards de Fcfa en 2006 à
1.513 milliards de Fcfa en 2007, soit une augmentation de 46,5% ;
- une baisse de 24,6% du crédit intérieur net, passant de 791,9 milliards de Fcfa en 2006
à 597,2 milliards de Fcfa en 2007 ;
- un accroissement de 5,2% de la masse monétaire (M2) qui atteint 1.723,7 milliards de
Fcfa en 2007 contre 1.638,7 milliards de Fcfa en 2006.

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

F) Situation de la dette publique


Tableau 4: Evolution du stock de la dette publique (en milliards de Fcfa)
2004 2005 2006 2007 2008* 2009* 2010*
Stock de la dette publique 5197 4890 1991 1675 1469 1290 1224
1 Dette extérieure 3682 3652 1097 988 901 824 758
Multilatéraux 1065 1026 209 220 210 199 189
Bilatéraux 2441 2366 783 695 666 606 554
Club de Londres123 123 235 81 43 1 - -
Autres catégories 53 25 24 30 25 20 15
2 Dette intérieure 1514 1238 894 686 568 466 466
Dette structurée 1007 854 669 540 439 359 359
Dette non structurée 507 384 225 146 129 107 107
PIB 8334 8781 9556 9863 10991 11572 13325
Taux d’endettement 62,4% 55,7% 20,8% 17,0% 13,4% 11,1% 9,2%
Source : Caisse Autonome d’Amortissement (CAA), * = estimation
Le stock de la dette publique est passé de 1.991 milliards de Fcfa en 2006 (20,8% du PIB) à
1.675 milliards de Fcfa en 2007 (17% du PIB), soit une diminution de 15,9% dont 9,9% pour
la dette extérieure et 23,2 % pour la dette intérieure.

G) Evolution des prix à la consommation


Graphique 2: Evolution de l’indice des prix à la consommation

Evolution

Après la forte envolée observée en 2006, les prix à la consommation ont connu une
décélération en 2007. Le taux d’inflation est passé de 5.5% en 2006 à 1,1% en 2007, soit 4.4
4
ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

points de moins. En 2008, la hausse du cours du pétrole et du carburant sur le marché


international et la flambée des prix des denrées alimentaires fait anticiper une hausse du
niveau de l’inflation.

H) Finances publiques
Les recettes budgétaires hors dons sont passées de 1.267 milliards de Fcfa à 1.866 milliards de
Fcfa entre 2004 et 2007, soit une hausse de 43%. Les recettes pétrolières connaissent une
embellie en 2007, du fait de la hausse des cours mondiaux et en dépit de la baisse continue du
dollar par rapport au dollar. Les recettes pétrolières en 2007 se chiffrent à 631 milliards Fcfa,
pratiquement le double de celles enregistrées en 2004.
Les dépenses budgétaires enregistrées au Cameroun en 2007 s’élèvent à 1.537 milliards et
connaissent une augmentation de 378 milliards de Fcfa par rapport au niveau de 2004. La
structure des dépenses se présente de la manière suivante :
- Dépenses capital : + 203 milliards de Fcfa ;
- Biens et services : + 194 milliards de Fcfa ;
- Transferts et subventions : + 112 milliards de Fcfa
- Salaires : - 15 milliards de Fcfa ;
- Service de la dette : - 32 milliards de Fcfa.

Tableau 5: Répartition des recettes et dépenses du Gouvernement en % du PIB


Finances Publiques 2005 2006 2007 2008* 2009* 2010*
Recettes hors dons 17.1 18.9 18.9 18.9 19.7 20.6
Pétrolières 5.0 6.7 6.4 6.3 6.4 7.5
Non pétrolières 12.1 12.2 12.5 12.6 13.3 13.1
Non pétrolières (% PIB non 13.2 13.8 13.9 14.0 14.5 14.7
pétrolier)
Dépenses 14.6 14.3 15.6 16.9 17.9 16.8
Courantes 12.1 11.5 11.6 12.0 13.0 12.2
Capital 2.4 2.8 3.9 4.9 4.9 4.6
Solde global, base 3.1 4.6 3.3 2.0 1.8 3.7
ordonnancement
Solde global, base caisse 2.2 2.9 2.6 1.6 1.3 3.4
Source : MINFI/Direction des affaires économiques, * = estimation
Sur le plan structurel, les recettes hors dons en 2007 représentent 18,9% du PIB et les
dépenses 15,6%.

I- Reformes économiques

En raison d’une conjonction de facteurs d’origine interne et externe, le Cameroun est rentré de
plein pieds depuis 1987 dans une profonde crise économique qui a duré deux
décennies. La chute de la croissance enregistrée du fait de celle-ci, a occasionné
une désorganisation du tissu social, engendrant de nombreux déficits notamment en

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

termes d’alimentation, de revenu, d’emploi, d’infrastructures, de sécurité et même


de crédibilité internationale.

Pour y faire face, le Gouvernement a engagé un certain nombre de reformes visant à remettre
le pays dans la voie du progrès économique et social. Les stratégies adoptées dans
le cadre de ces reformes ont identifié entre autres, les secteurs agricole et industriel
comme piliers pour la relance de la croissance.

En effet, il est prévu que ce sont ces secteurs qui assureront la génération des ressources
nécessaires, devant permettre au pays de retrouver un niveau de croissance
susceptible de promouvoir les investissements et par delà, le développement
économique et social.

Dans cette perspective, le Gouvernement avec le concours financier de l’Union Européenne


est en train d’élaborer une stratégie de développement du secteur de l’industrie et
des services, dont l’une des composantes majeures vise le développement d’un
Système National de Normalisation et de Promotion de la Qualité en adéquation
avec les objectifs économiques et sociaux affichés. Sa mise en œuvre doit
contribuer à une meilleure protection des consommateurs, à l’instauration de
pratiques commerciales loyales, susceptibles de permettre au pays de jouer
pleinement son rôle de moteur dans le commerce sous-régional et participer
substantiellement au commerce international.

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

II- ETAT DES LIEUX DE LA NORMALISATION AU


CAMEROUN
II-1 Définition des principaux concepts et Délimitation du domaine

II-1-1 Définition et caractérisation des concepts

L’activité de normalisation utilise un certain nombre de concepts dont il est important d’avoir
une bonne maîtrise des contours. Dans cette partie, seront définis et caractérisés les
principaux concepts que sont : normalisation, normes, évaluation et certification de la
conformité et assurance qualité.

A) La Normalisation

Les notions de normalisation et de qualité sont indissociables sur le plan socio-historique, car
en réalité, la normalisation est l’outil de la qualité. La normalisation peut être définie comme
« la recherche collective, entre partenaires ayant des activités liées, des bases techniques
harmonisées pour établir et améliorer leurs relations ». Les normes constituent alors les
accords librement consentis, représentant un équilibre entre les exigences des utilisateurs
(usagers industriels et consommateurs), les possibilités techniques des producteurs, les
souhaits de la distribution, les contraintes économiques des uns et des autres et l’intérêt
général représenté par les pouvoirs publics.

La loi camerounaise n°96/11 du 05 Août 1996 relative à la normalisation définit en 3 alinéas


la normalisation dans son essence et ses objectifs :
1) La normalisation est l’établissement des exigences, des spécifications ou des règles
techniques applicables aux produits, bien ou services ;
2) Elle a pour objectif de fournir des documents de référence de portée nationale, sous-
régionale, régionale ou internationale, comportant des solutions à des problèmes
techniques et commerciaux concernant les produits, biens et services, qui se posent de
façon répétée dans des relations entre partenaires notamment à caractères
économiques, scientifiques, techniques et commerciaux ;
3) Elle consiste à définir en fonction des mœurs, des coutumes et des moyens techniques
et financiers disponibles, les caractéristiques ou les normes d’un produit, d’un bien ou
d’un service, dans un but de précision, de simplification et de compétitivité.

La Normalisation contribue ainsi à l’amélioration du niveau de vie. De nombreux produits se


vendent à des prix raisonnables grâce à la production en série qui dépend de la normalisation.
On peut affirmer avec assurance que la normalisation a été le véritable catalyseur, et que le
développement industriel et économique des pays les plus riches du monde n’aurait pas été
possible sans les activités de normalisation.

En fait, la citation suivante tirée de l’encycopaedia Britanica résume la contribution de la


normalisation à l’élévation du niveau de vie des pays industriels : « Il est banal de dire que la
normalisation a été un facteur essentiel dans l’importante croissance des revenus réels des
populations des pays industrialisés depuis la dernière partie du 17ème siècle. Ceci parce que
les normes sont à la base de toutes les méthodes de production en série et parce qu’elles
facilitent le processus d’interaction nécessaire à la production et à la distribution à grande
échelle ».

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

La normalisation permet de simplifier la vie de tous les jours et permet aussi aux gens
ordinaires d’avoir accès à une qualité acceptable à un prix raisonnable. Les avantages sont
nombreux et ne peuvent être énumérés exhaustivement. L’on peut citer :
• la rationalité et la réduction des variétés ;
• l’interchangeabilité : cas des largeurs des voies ferrées en Amérique au 19ème siècle et
du matériel électrique dans le monde moderne ;
• les achats publics des gouvernements ;
• l’amélioration de la compétitivité et de la productivité grâce à la gestion de la qualité
(nous le verrons par la suite) ;
• l’amélioration des revenus d’exportation et des investissements nationaux, la création
des emplois et la lutte contre la pauvreté ;
• la lutte contre le commerce illicite et la concurrence sauvage ;
• la sécurité, la protection de la santé des consommateurs, de l’environnement et de
l’économie nationale ;
• l’échange d’information ;
• la réalisation d’économie optimum.

« La normalisation est devenue un instrument de progrès économique, qui contribue à faire


la différence entre pays industrialisés et à emporter les marchés tant à l’intérieur qu’à
l’étranger, dans la mesure où elle améliore la compétitivité des entreprises. La normalisation
participe ainsi diversement tant à la reconquête du marché intérieur qu’au développement
des exportations et, de ce fait, favorise indirectement l’emploi ».

B) Les normes
La norme est un document de référence sur un sujet donné, dont il reflète l'état de l'art, de la
technique, et du savoir-faire.
La normalisation peut s'entendre, d’une part comme l'ensemble des documents qui ont pour
objet de définir les produits, d'autre part comme l'ensemble des techniques et méthodes de
fabrication, d'analyse ou d'essais de ces mêmes produits.
Cette définition ne serait pas complète si elle passait sous silence deux éléments
fondamentaux qui permettent de reconnaître que l'on a bien affaire à une norme :
• son contenu fait l'objet d'une reconnaissance par tous,
• les méthodes décrites ou les moyens préconisés sont reproductibles dans les
conditions que la norme décrit.
La norme est donc le fruit du consensus de l'ensemble des acteurs et, aussi, le résultat d'un
transfert de la connaissance et du savoir-faire de ces acteurs.
Elle ressort, sauf cas exceptionnel, d'une démarche volontaire de leur part. Car ce sont eux qui
en fixent le contenu, le type, qui recherchent les partenaires à impliquer, qui en assurent le
financement et qui maîtrisent le calendrier des travaux
Enfin, dans la conception sous-régionale, ce document émane des organismes officiels de
normalisation.

En résumé, les principales caractéristiques techniques de la norme sont:


 Elaboration consensuelle
 Application le plus souvent volontaire
 Emanation des organismes de normalisation

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

On peut distinguer les normes

Par leur contenu


• les normes fondamentales sont les normes de base. C'est par elles que l'on débute, en
général, des travaux de normalisation dans un nouveau domaine.
• les normes de spécifications fixent les caractéristiques des produits ou des services ainsi
que les seuils de performance à atteindre.
• les normes de méthodes, d'essais et d'analyse mesurent ces caractéristiques.
• les normes d'organisation décrivent les règles et les fonctions des entreprises, ainsi que la
modélisation de leurs activités.
Par leur structure
• les normes de résultats décrivent les caractéristiques applicables par produits ou par
service.
• les normes de moyens décrivent les moyens qu'il faut mettre en oeuvre pour que le produit
ou le service présente les caractéristiques ci-dessus

C) L’Evaluation et la Certification de la Conformité

L’évaluation de la conformité ne peut se concevoir seule. Elle est obligatoirement associée à


un produit, un service, une organisation ou du personnel et aux référentiels (normes)
respectives.

Tout produit, service ou organisation possède un niveau de qualité et des caractéristiques


spécifiques, lesquels sont déterminés au stade de la conception en vue de répondre aux
attentes du marché et de se positionner par rapport à la concurrence. Un fabricant ou un
prestataire de services a donc deux problèmes à résoudre : d’une part, définir le niveau de
performances qu’il souhaite atteindre, et d’autre part le respecter. Une fois ces problèmes
résolus, il lui faudra communiquer et pour ce faire il utilisera les signes et les indicateurs que
le marché reconnaît. L’évaluation de la conformité est l’un de ces indicateurs.

L’évaluation de la conformité, ou l’attestation de la conformité qui en résulte, est donc le


moyen de faire connaître au marché le niveau de qualité atteint ; d’attester la conformité.
C’est apporter la preuve qu’un produit, un service, un système, une organisation ou un
personnel répond à des exigences écrites spécifiées dans des référentiels (normes). Elle
repose, en premier lieu, sur des essais ou des mesures réalisés par des laboratoires
indépendants accrédités sur la base de leur compétence. Par ailleurs, l’entreprise qui demande
une certification pour ses produits ou services, s’engage à maîtriser en continu ses
fabrications, en réalisant des contrôles aussi bien en cours de production que sur les produits
finis. En d’autres termes, l’évaluation de la conformité consiste à mettre en place un Système
d’Assurance Qualité.

L’existence d’un certificat qualité dans un secteur incite à la performance. Même lorsque la
certification n’est pas obligatoire dans le secteur, il y a au début assez peu de produits
certifiés ; puis, au fur et à mesure que les produits non certifiés se retrouvent en concurrence
avec les produits certifiés, l’impact de la certification augmente dans le secteur. Elle se diffuse
ensuite rapidement de proche en proche, verticalement et horizontalement.

D) L’Assurance de la Qualité

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

L’Assurance Qualité est définie comme "l’ensemble des actions préétablies et systématiques
nécessaires pour donner la confiance appropriée en ce qu’un produit ou service satisfera aux
exigences données relatives à la Qualité" en général définies dans une norme. C’est donc le
dispositif, l’ensemble des activités (le système) que l’entreprise met en œuvre pour démontrer
et convaincre un auditeur externe que la qualité visée est atteinte et maintenue. La démarche
normalisée pour satisfaire aujourd’hui à ce besoin d’assurance de la qualité est définie dans la
norme ISO 9001/2000 et complétée par le HACCP dans le secteur agroalimentaire.

II-1-2 Délimitation du domaine


La délimitation consiste à déterminer les domaines d’analyse sur lesquelles va se porter la
stratégie. En d’autres termes, il s’agit d’identifier les principales composantes qui
conditionnent l’efficacité de l’activité de normalisation au Cameroun et sur lesquelles vont
être formulées des politiques pour leur développement.
Les activités du système national de normalisation s’agencent autour de trois principales
composantes techniques, à savoir : la normalisation, l’évaluation et la certification de la
conformité et l’assurance qualité.
L’efficacité des activités de ces composantes techniques ne peut être garantie que si elles
s’accompagnent d’une part d’une bonne promotion des normes, de l’assurance qualité et de la
certification ainsi que d’une mise à niveau permanente des entreprises et des ressources
humaines. Et d’autre part si elles sont renforcées par un cadre juridique réglementaire adapté
et par un cadre institutionnel approprié.
Au regard de ce qui précède, toute politique de développement des normes efficace doit non
seulement mettre l’accent sur le développement des composantes techniques que sont les
normes, l’assurance qualité et la certification mais aussi sur le développement des activités
transversales ou horizontales à ces composantes techniques comme l’amélioration du cadre
juridique, réglementaire et institutionnel ; la promotion ou encore la mise à niveau des
ressources humaines et des entreprises.
C’est au regard du principe précèdent, que le domaine de normalisation au Cameroun a été
délimité suivant deux principales composantes : technique et transversale. Le contenu de ces
composantes est détaillé ainsi qu’il suit :

1- Composantes techniques :
• la normalisation ;
• évaluation et certification de la conformité ;
• assurance qualité ;
• promotion des normes, de l’assurance qualité et de la certification.

2- Composantes transversales
• Cadre juridique et réglementaire ;
• Cadre institutionnel ;
• Mise à niveau des ressources humaines et des entreprises.

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Graphique 3 : de délimitation du domaine de la normalisation

COMPOSANTES TECHNIQUES COMPOSANTES TRANSVERSALES

Normalisation Cadre juridique et


réglementaire

Évaluation et certification
de la conformité
Cadre
institutionnel
Assurance qualité

Renforcement des
Promotion des normes, de capacités
l’assurance qualité et de la
certification

EFFICACITE DU SYSTEME CAMEROUNAIS DE


NORMALISATION

II-2 Etat des lieux de la normalisation au Cameroun

II-2-1 Etat des lieux du cadre légal et réglementaire

Le cadre juridique et réglementaire de la normalisation au Cameroun, se compose de lois et


instruments qui régissent cette activité. Il s’agit essentiellement des accords et règlements
internationaux, sous-régionaux ainsi que des lois et règlements internes.

A- Accords Internationaux

Les principaux engagements pris par le Cameroun au niveau international en matière de


normalisation sont les suivants :
1. L’accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) de l’OMC :
Conclu à Marrakech en 1994, l’accord SPS ou accord sur l’application des mesures sanitaires
et phytosanitaires constitue l’un des accords les plus sensibles de l’OMC.
Il détermine les conditions dans lesquelles les pays membres de l’OMC peuvent adopter et
mettre en oeuvre des mesures sanitaires (santé animale, sécurité sanitaire des aliments) ou
phytosanitaires (protection des végétaux) ayant une incidence directe ou indirecte sur le
commerce international.

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Il vise, à long terme, l’harmonisation des mesures sanitaires et phytosanitaires au niveau


international. Ainsi, les mesures fondées sur les normes des organisations internationales
compétentes en matière sanitaire et phytosanitaire sont présumées conformes à l’accord SPS.
Leurs normes servent également de référence dans le cadre des règlements de conflits.
Trois organisations internationales (souvent appelées les « trois soeurs ») sont reconnues
par l’accord SPS
- le Codex alimentarius (organe sous la double tutelle de l’Organisation des Nations Unies
pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et de l’organisation mondiale de la santé (OMS),
qui élabore des normes, directives, codes d’usage et recommandations concernant notamment
l’innocuité des produits alimentaires,
- l’Office international des épizooties (OIE), qui élabore des normes, directives et
recommandations concernant les maladies animales, y compris celles transmissibles à
l’homme (zoonoses),
- la convention internationale de la protection des végétaux (CIPV), qui élabore des
normes internationales concernant la santé végétale.
Les normes définies par ces organisations ne sont toutefois pas obligatoires. Ainsi, l’accord
SPS reconnaît le droit souverain des Membres de fixer le niveau de protection qu’ils jugent
approprié pour protéger leur territoire sur le plan sanitaire, et donc d’adopter des normes plus
sévères que celles fixées au niveau international.
Toutefois, l’objectif principal de l’accord SPS étant de limiter les entraves sanitaires et
phytosanitaires aux échanges internationaux, il délimite strictement les conditions pour agir,
afin que les mesures prises ne constituent pas des mesures de restriction déguisée au
commerce.

2. L’accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC) de l’OMC ;


L’Accord de l’OMC sur les obstacles techniques au commerce, comme partie intégrante de
l’Accord sur l’Organisation mondiale du commerce, essaie d’assurer que les règlements
techniques, les normes, les procédures d’essai et de certification ne créent pas d’obstacles
inutiles au commerce, tout en reconnaissant le droit des pays d’adopter des normes
nécessaires pour atteindre un certain niveau de protection de leurs objectifs légitimes.

3. L’accord sur l’inspection avant expédition (IAE) de l’OMC ;


L'inspection avant expédition est la pratique qui consiste à recourir à des sociétés privées
spécialisées pour contrôler dans le détail les expéditions de marchandises commandées à
l'étranger, c'est-à-dire essentiellement le prix, la quantité et la qualité. Cette pratique utilisée
par les gouvernements des pays en développement a pour but de sauvegarder les intérêts
financiers nationaux (prévention de la fuite des capitaux et de la fraude commerciale, ainsi
que du contournement des droits de douane, par exemple) et de pallier les insuffisances des
infrastructures administratives.
L'accord reconnaît que les principes et obligations énoncés dans l'Accord général s'appliquent
aux activités des entités d'inspection avant expédition mandatées par les gouvernements. Les
obligations des parties contractantes utilisatrices sont les suivantes: non-discrimination,
transparence, protection des renseignements commerciaux confidentiels, et nécessité de faire
en sorte que les entités d'inspection avant expédition évitent des retards indus, se conforment
à des directives précises pour procéder à la vérification des prix et appliquent des procédures
visant à éviter les conflits d'intérêt.

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Les obligations des parties contractantes exportatrices à l'égard des utilisateurs de l'inspection
avant expédition sont la non-discrimination dans l'application des lois et réglementations
nationales, la publication dans les moindres délais de toutes les lois et réglementations
applicables en la matière et l'apport d'une assistance technique si demande leur en est faite.
L'accord établit des procédures d'examen indépendant — administrées conjointement par une
organisation représentant les entités d'inspection avant expédition et une organisation
représentant les exportateurs — pour résoudre les différends entre exportateurs et entités
d'inspection avant expédition.
4. Les Accords intérimaires de Partenariat Economique (APE) avec l’Union Européenne
(EU).
Les accords de partenariat économique ou APE sont des accords commerciaux visant à
développer le libre échange entre l’Union européenne et les pays dits ACP (Afrique, Caraïbes,
Pacifique).
Ces accords, dans leur état actuel, prévoiraient la suppression immédiate des droits de douane
sur les produits originaires des pays signataires entrant dans l'Union européenne, et la
suppression progressive des droits de douanes sur les produits originaires de l'Union
européenne lors de leur entrée dans les pays signataires. Pour la CEMAC, la suppression des
droits de douane serait à horizon 2021. Les accords prévoiraient également un volet d'aide au
développement par le déblocage de financement dans les domaines suivants : infrastructures,
secteur agroalimentaire, industrie et juridique. Des structures régionales ad-hoc devraient être
créées pour recueillir ces financements.
Ces accords prévoiraient également :
• l'interdiction de l'augmentation ou de la création de droits de douanes à l'exportation ;
• l'interdiction de quotas d'importation ou d'exportation ;
• la suppression progressive des subventions à l'exportation des produits agricoles issus de
l'Union européenne ;
• d'interdire les pratiques commerciales déloyales ;
• de permettre la mise en place de mesures de sauvegarde multilatérales temporaires.

B- Accords et règlementations sous régionaux

La Charte des Investissements de la CEMAC qui a été adoptée en 1998 par les différents pays
membres de la CEMAC, constitue aujourd’hui un cadre général commun regroupant
l’ensemble des dispositions destinées à améliorer l’environnement institutionnel, fiscal et
financier des entreprises dans le but de favoriser la croissance et la diversification des
économies des pays membres.

• Dans son article 10, elle prévoit la mise en œuvre d’une réglementation
communautaire sur la concurrence et la protection des consommateurs, pour assurer le
libre jeu de la concurrence, comme moyen d’accroître la productivité et garantir aux
consommateurs un meilleur rapport qualité/prix ;
• Dans son article 13, elle prévoit la mise en place d’un système régional et de systèmes
nationaux de normalisation, de métrologie et de certification, en phase avec le système
international notamment l’ISO et l’ORAN ;
• Dans l’article 36, elle engage les états membres à mettre en œuvre toutes ces
dispositions dans le délai le plus court et, au plus tard dans les cinq ans ;
• Dans son préambule, il est prévu que celle-ci peut être complétée en tant que de besoin
par des textes spécifiques pour préciser les conditions techniques, fiscales et
financières de l’investissement et de l’exploitation dans certains secteurs spécifiques.

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Cette Charte constitue donc le mécanisme de facilitation pour l’élaboration d’un code
CEMAC de la normalisation et de la qualité qui pourra prévoir les dispositions pour la
création d’une Agence CEMAC de Normalisation et de la Qualité ;

C- Lois et règlements internes


Les différentes lois et règlements susceptibles de régir les activités de la normalisation et de la
qualité au Cameroun sont les suivants :
 les lois et règlements relatifs à la Normalisation ;
 les lois et règlements relatifs à la métrologie légale ;
 les lois et règlements relatifs au commerce et à la protection des consommateurs.

1- Lois et règlements relatifs à la normalisation


Le texte disponible à ce jour se limite à la loi n°96/11 du 05/08/1996 relative à la
Normalisation, qui ne dispose pas encore de décret d’application. Les principaux textes qui
seront nécessaires à la bonne application de cette loi sont les suivants :
 le texte définissant les modalités de coordination des activités de normalisation
relevant des administrations concernées de l’état ;
 le texte définissant les modalités d’agrément des organismes de certification de la
conformité ;
 le texte fixant les conditions d’utilisation de la marque nationale de qualité ;
 les textes fixant les modalités de répartition des amendes prévues par la loi n°96/11 du
05/08/1996.

Il faut aussi noter que les différents accords internationaux ci-dessus cités ne sont pas pris en
compte dans cette loi qui nécessite aujourd’hui, une mise à jour.

2- Lois et règlements relatifs à la métrologie


Le texte disponible à ce jour se limite à la loi n°2004/002 du 21/04/2004, régissant la
Métrologie Légale au Cameroun, qui lui aussi ne dispose pas encore de décret d’application.
Cette loi couvre le système légal d’unités de mesure qui conformément au Système
International d’unités (SI), est constitué :
• d’une part, de sept unités de base à savoir le mètre, le kilogramme, la seconde,
l’ampère, le kelvin, la mole et le candela ;
• d’autre part des unités dérivées de ces unités de base.

Cette loi a des implications sur la mise en œuvre du système national de normalisation et de la
qualité, en ce qui concerne :
• la gestion des étalons nationaux ;
• le contrôle métrologique légal des instruments de mesure ;
 Marquage de vérification ;
 Agrément des organismes et accréditation des laboratoires habilités à fournir des
prestations métrologiques.

Les textes prioritaires qu’il sera nécessaire d’élaborer à cet effet sont les suivants :
• le texte fixant les modalités de conservation, d’étalonnage, de certification et
d’utilisation des étalons nationaux par les laboratoires nationaux de métrologie légale,
scientifique ;

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

• le texte fixant les conditions d’accréditation des laboratoires habilités à fournir des
prestations métrologiques d’étalonnage.
3- Lois et règlements relatifs au Commerce et à la Protection des Consommateurs
L’activité commerciale au Cameroun est régie par la loi n°90/031 du 10 Août 1990. Cette loi
nécessite aujourd’hui d’être réactualisée pour prendre en compte le nouvel environnement
mondial en matière de commerce, en matière de normalisation et de contrôle de la qualité. Il
convient de noter qu’un projet d’élaboration d’une législation sur la protection des
consommateurs est en cours au Ministère du Commerce. Ceci contribuera certainement à
améliorer le cadre réglementaire en matière de normalisation.

II-2-2 Description du cadre institutionnel


Au Cameroun, la mise en œuvre d’une véritable politique de promotion de la normalisation
nécessite l’implication d’un certain nombre d’institutions, aussi bien du secteur public que du
secteur privé. C’est pourquoi, le système national de normalisation est constitué aussi bien par
les administrations publiques et organismes sous tutelle que des acteurs du secteur privé et de
la société civile.
Le système national de normalisation du Cameroun est composé de l’Agence nationale des
normes et de la qualité, des bureaux de normalisation, des comités de normalisation,
d’un laboratoire national de référence, des laboratoires d’analyses et d’essais, des
laboratoires d’étalonnage, des cabinets d’expertise technique et d’audits qualité, des
experts et des pouvoirs publics

• l’Agence nationale des normes et de la qualité

La loi n°2002/004 du 19/04/2002 portant charte des investissements au Cameroun prévoit la


création d’une Agence des Normes et de la Qualité. L’agence a une mission générale de
recensement et de coordination des travaux de normalisation, de formation des experts, et de
promotion de la normalisation, à travers :
 organisation des enquêtes probatoires préalables à l'homologation des normes,
 homologation des normes,
 animation des bureaux de normalisation qui forment, avec l'Agence elle même, les
structures du système normatif.
 l'animation des comités et sous - comités de normalisation et des groupes.

L’agence recenserait les besoins en normalisation, élaborerait les stratégies normatives,


coordonnerait l'activité des bureaux de normalisation, veillerait à ce que toutes les parties
intéressées soient représentées dans les comités et sous - comités de normalisation,
organiserait les enquêtes publiques et homologuerait les normes camerounaises.

En l’absence d’un texte définissant les modalités de coordination des activités de


normalisation, cette fonction est aujourd’hui provisoirement assurée par la Division de la
Normalisation et de la Qualité. Toutefois, ce vide juridique constitue jusqu’à ce jour un
véritable handicap pour le développement normal des activités d’élaboration des normes (de
standardisation).

• Les bureaux de normalisation


Les bureaux de normalisation ont, chacun dans leur secteur d'activité, pour missions
principales:
ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

- l'animation des comités et sous – comités de normalisation et des groupes d’experts,


- la formalisation des projets normatifs et leur transmission à l’agence de norme,
- la proposition des positions camerounaises à tenir pour le secteur technique concerné.
Dans la plupart des cas, les bureaux de normalisation sont rattachés à des organisations
professionnelles ou à des centres techniques et financés par les organismes et partenaires du
secteur concerné.

• Les comités et sous – comités de normalisation


Les comités et sous comités de normalisation ont pour tâche, s'il s'agit de normes
nationales, d'élaborer les projets de ces normes. Concernant les travaux sous - régionaux et
internationaux, ils y participent, leur apportent une contribution et constituent les délégations
qui présentent le point de vue camerounais.

• Le laboratoire national de référence en métrologie


Le laboratoire national de référence en métrologie a pour principales missions de :
• Faire des essais circulaires
• Gérer des étalons nationaux
• Raccorder des étalons nationaux aux étalons internationaux
• Certifier des étalons de référence.

• Les laboratoires d’analyses et d’essais


Sur le marché des produits de consommation, fabricants et distributeurs ont besoin d’avoir
l’assurance que les produits qu’ils mettent sur le marché répondent parfaitement aux
attentes du consommateur en termes de sécurité, réglementation et standards
gouvernementaux. Les laboratoires d’analyse et d’essais sont conçus pour aider à
répondre à ces besoins et sont disponibles pour une large gamme de biens de
consommation. Ces laboratoires font des analyses et essais d’évaluation de la conformité
du produit et délivrent des Certificats d’Analyses.

• Les laboratoires d’étalonnage


Le rôle des laboratoires d’étalonnage se situe au niveau de la gestion des étalons de
référence, l’étalonnage et la vérification des équipements de mesure et d’essais ainsi que
la délivrance des certificats d’étalonnage et des certificats de vérification.

• Les cabinets d’expertise technique et d’audits qualité


Les cabinets d’expertise technique et d’audits qualité sont accrédités pour vérifier, en vue
de la délivrance d'une reconnaissance officielle (remise de certificat), qu’un système, un
produit, une personne, ou un actif est conforme à des exigences spécifiques. La
certification implique généralement des audits sur site, des inspections et essais
standardisés, et ensuite des audits de surveillance pendant la période de validité de la
certification.
Les principaux services offerts par ces cabinets sont résumés ainsi qu’il suit :
- Audits de certification qualité produits ;
- Audits de certification qualité services ;
- Audits de certification qualité systèmes ;

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

- Délivrance des Certificats de Conformité ;


- Délivrance et suivi des certificats de qualité.
• Les experts
Les experts constituent la base du système de normalisation et apportent leurs
compétences personnelles aux travaux de normalisation.

• Les pouvoirs publics


Les pouvoirs publics sont constitués du MINIMIDT, des autres administrations impliquées
dans l’activité d’élaboration des normes, de certification et d’assurance qualité, des
administrations en charge de la formation universitaire et professionnelle.

 Conseil National de la Normalisation


Le Conseil National de la normalisation définit les grandes orientations des activités de
normalisation et assure le suivi de ces activités. Sa mission porte

• Facilitation de la mise en œuvre de Plans et Programme de normalisation


Suivi et évaluation

 Présentation du Ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement


Technologique (MINIMIDT)

Le décret N°2005/260 du 15/07/2005 portant organisation du Ministère du l’Industrie, des


Mines et du Développement Technologique (MINIMIDT) a fait de la Cellule de la
Normalisation et de la Qualité (CNQ) de l’ancien MINDIC, une Division de la Normalisation
et de la Qualité (DNQ). Celle-ci est chargée de :
- la coordination, la conception, l'élaboration et la mise en application de la politique
nationale de normalisation ;
- l’élaboration de la réglementation relative à la normalisation ;
- la collecte, le traitement et la diffusion des informations relatives à la normalisation ;
- le suivi de la qualité des produits fabriqués ou distribués sur le territoire national ;
- la constitution d'un répertoire des normes en usage au Cameroun ;
- le suivi des activités des organismes internationaux de normalisation.

La Division est en outre chargée de la mise en application de la loi 96/11 du 5 Août 1996
relative à la normalisation. Ses domaines d'activités concernent :
- l’élaboration des normes, la certification de conformité aux normes nationales et la
promotion de la marque nationale de qualité ;
- l’agrément des laboratoires d'analyse et d'essai, des organismes de contrôle ou de
promotion de la qualité ainsi que des bureaux et organismes de normalisation. ;
- l’information et la documentation en matière de normalisation ;
- la promotion de l’assurance de la qualité, et la certification des systèmes.

 Les autres administrations développant les activités de normalisation


En dehors du MINIMIDT, plusieurs administrations sont impliquées dans le développement
des activités de normalisation, à savoir :
- Ministère du Commerce (MINCOMMERCE) ;
- Ministère du Tourisme (MINTOUR) ; Ministère de l’Economie, de la Planification et de
l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) ;

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

- Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (MINEFOP) ;


- Ministère du Développement Urbain et de l’Habitat (MINDUH) ;
- Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER)
- Ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL)
- Ministère des Travaux Publics (MINTP) ;
- Ministère des Transports (MINT)
- Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA) ;
- Ministère de la santé (MINSANTE) ;
- Ministère de l’environnement et de la protection de la nature (MINEP) ;
- Ministère du Travail (MINT)
- Ministère de l’Eau et de l’Energie (MINEE).

• Les partenaires au Développement


Les agences internationaux comme l’ONUDI, la FAO, l’OMS, l’ISO, etc.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Tableau 6: Processus du système national de normalisation

SECTEUR PROCESSUS ENTITES ROLES ACTEURS


Orientation et Suivi • Orientation des activités de normalisation •
PUBLIC des activités de Conseil National de la • Facilitation de la mise en œuvre de Plans et Programme
normalisation Normalisation de normalisation
• Suivi et évaluation
Mise à Niveau du • Ministères Techniques • Elaboration des projets de textes législatifs ou •
cadre juridique développant des activités de réglementaires (lois, décrets, arrêtés) nécessaires à la
national Normalisation facilitation des programmes de normalisation ;
• Agences de Régulation • Adoption des textes législatifs ou réglementaires ;
• Vulgarisation des textes législatifs et réglementaires..
Accréditation des Agence Nationale des Normes • Etude des dossiers de candidature ; •
Bureaux de et de la Qualité • Evaluation stratégique des besoins en bureaux de
Normalisation normalisation dans les secteurs sollicités ;
• Evaluation de l’aptitude technique et de la crédibilité
des organismes candidats à l’accréditation ;
• Information des administrations publiques et
associations professionnelles concernées pour avis ;
• Accréditation du Bureau de Normalisation ;
• Suivi, retrait ou renouvellement des accréditations.
Homologation des Agence Nationale des Normes • Coordination des activités des Comités Techniques et •
normes et de la Qualité Sous Comités Techniques d’élaboration des projets de
normes
• Homologation des Normes Camerounaises
Agence Nationale des Normes • Programme National de Formation à la Normalisation •
Mise à Niveau et de la Qualité • Programme National de Mise à niveau des entreprises
Administrations en charge de • Programme National de Formation Universitaire et
la formation universitaire et Professionnelle en matière de Normalisation
professionnelle

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

SECTEUR PROCESSUS ENTITES ROLES ACTEURS


Accréditation des Agence Nationale des Normes • Etude des dossiers de candidature ; •
laboratoires et de la Qualité • Evaluation stratégique des besoins en organismes de
d’étalonnage et certification de la conformité
d’essais et des • Evaluation de l’aptitude technique et de la crédibilité des
organismes de organismes candidates à l’accréditation ;
certification de la • Information des administrations publiques et associations
conformité professionnelles concernées pour avis ;
• Accréditation de l’organisme de certification de la
conformité ;
• Suivi, retrait ou renouvellement des accréditations.
Métrologie • Laboratoire National de Raccordement au système international de métrologie.
Référence • Essais circulaires
• Gestion des étalons nationaux
• Raccordement des étalons nationaux aux étalons
internationaux
• Certification des étalons de référence
• Etc.
Inspection et • Ministères Techniques • Inspections et Contrôles ;
Vérification de développant des activités de • Constat d’infraction ;
l’application des Normalisation • Etablissement de Procès verbaux relatifs aux
normes de qualité • Agences de Régulation infractions.
• Poursuites judiciaires
Promotion et Agence Nationale des Normes • Information (journaux, sites Web, programmes radio, •
incitation à la et de la Qualité programmes télé, etc.) ;
normalisation • Campagnes de sensibilisation relatives à la normalisation
PUBLIC
et la qualité ;
• Programmes de formation ;
• Marketing et Communication sur la Normalisation et la
qualité
• Organisation des salons sur la normalisation et la qualité ;
• Organisation du Prix National de la Qualité.
• Promotion des Normes de Qualité Système (ISO
9001:2000 ; ISO 22000 ; ISO 14001, OSHAS 18000 ) ;

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

SECTEUR PROCESSUS ENTITES ROLES ACTEURS


• Ministères Techniques • Développement et promotion des Mesures incitatives à
développant des activités de la Normalisation et à l’assurance de la Qualité
Normalisation
• Agence de Régulation
Etudes et Elaboration Bureaux de Normalisation • Recherche documentaire •
d’avants projets de • Etude technique du produit et de la production nationale
normes • Elaboration des avants projets de normes
• Etude des Importations
• Etude du Réseau de Distribution
• Etude de la Consommation
• Synthèse de l’Etude
• Plans Stratégiques de Normalisation
PRIVE Elaboration et Filière Café, Cacao, Thé et • Elaboration et adoption de projets de normes
validation de projets dérivés • Elaboration et adoption de projets de Plans Stratégiques
de normes et de Filière Boissons, Fruits et de Normalisation de la filière •
projets de stratégies Légumes, sucres et Miel et • Accompagnement, Suivi et évaluation de la mise en
de normalisation Dérivés œuvre de Plans Stratégiques de Normalisation de la
Filière Graines céréalières, filière •
légumineuses, oléagineuses,
aliments du bétail, tubercules
et Racines
Filière Poissons, Mollusques, •
Produits de Mer, Viande, laits
et produits laitiers et dérivés
Filière Produits chimiques, •
pharmaceutiques, génie
mécanique et métallurgique
Elaboration et Filière Matériaux de • Elaboration et adoption de projets de normes
validation de projets Construction • Elaboration et adoption de projets de Plans Stratégiques
de normes et de Filière Bois, Sylviculture et de Normalisation de la filière •
projets de stratégies Environnement • Accompagnement, Suivi et évaluation de la mise en
de normalisation Filière: Energie œuvre de Plans Stratégiques de Normalisation de la •
Filière Matériel de transport, filière •
Communication, PET
Filière Caoutchouc et •
Plastique

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

SECTEUR PROCESSUS ENTITES ROLES ACTEURS


Filière Textiles et Confection •
Filière Papier et Carton •
Filière Constructions, Bâtiment •
& Travaux Publiques
Filière Biens de consommation, •
Divers
Filière Cuirs et Chaussures •
Filière Banques et Assurances •
PRIVE
Filière Tourisme et Hôtellerie •
Filière Machines & •
Electrotechnologie
Filière Administration & •
Sécurité
Filière Services, Normes de •
Base & Générales
Analyses et essais sur Laboratoires d’analyses et • Analyses et essais d’évaluation de la conformité du •
les produits d’Essais produit ;
• Délivrance des Certificats d’Analyses
Etalonnage et Laboratoires d’étalonnage • Gestion des étalons de référence ; •
Vérification des • Etalonnage et vérification des équipements de mesure
équipements de et d’essais ;
mesure et d’essais • Délivrance des certificats d’étalonnage et des certificats
de vérification ;
Inspection Technique Cabinets d’Expertise • Inspections Techniques
Technique • Délivrance des Rapports d’Inspection
Audits de certification Cabinets d’Audits Qualité • Audits de certification qualité produits
Qualité produits, • Audits de certification qualité services
services et systèmes • Audits de certification qualité systèmes
• Délivrance des Certificats de Conformité ;
• Délivrance et suivi des certificats de qualité.
Plaidoyers pour la Associations de • Contrôle du respect des normes de qualité des produits •
SOCIETE Normalisation Consommateurs et services
CIVILE • Plaidoyers pour la normalisation
• Plaidoyers pour le respect des normes de qualité

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

II-2-3 Description de l’activité de normalisation


La dynamique de la normalisation au Cameroun s’apprécie à travers les activités
d’élaboration des normes, de certification et d’Assurance qualité, de promotion et de mise à
niveau des entreprises et des ressources humaines.

A) Activités d’élaboration des normes

Vingt comités techniques et 60 sous-comités d’élaboration des normes ont été mis en place
par la Division de la Normalisation et de la Qualité. A ce jour, celle-ci a élaboré environ 300
normes par le biais des comités techniques qui sont composés du secteur public, du secteur
privé et de la société civile. Une Trentaine de ces normes ont été rendues obligatoires.

Liste des 300 normes élaborées


Liste des normes rendues obligatoires

B) Evaluation et Certification de la Conformité au Cameroun

Dans le cadre du développement du commerce mondial sous l’égide de l’OMC, il est


aujourd’hui indispensable pour les transactions, d’améliorer la confiance dans la conformité
des produits/services et dans la compétence des organismes garantissant cette conformité.

L’évaluation de la conformité est donc obligatoirement associée à un produit, un service, une


organisation, un personnel et aux référentiels normatifs (normes) respectifs.

On dénombre quatre familles d’attestations ou de preuves de conformité :


• l’auto déclaration ou déclaration du fournisseur ;
• le certificat d’étalonnage et les rapports d’essais ;
• le rapport d’un organisme de contrôle ;
• la certification qui peut, soit porter sur le système de management, soit concerner
des produits, des services ou des personnes.

a) Déclaration de la conformité par le fournisseur

La déclaration de la conformité se définit comme la procédure par laquelle un fournisseur


donne, sous sa seule responsabilité, une assurance écrite qu’un produit, un processus ou un
service est conforme aux exigences spécifiées. Il s’agit pour le fournisseur qui peut être un
fabricant, un distributeur, un importateur, un prestataire de service, de mettre en œuvre un
dispositif dont l’objectif est de donner l’assurance que le produit, le processus ou le service
concerné est conforme à la norme à laquelle se réfère la déclaration.

Liste des entreprises faisant dans l’auto déclaration au Cameroun

b) Certificats d’étalonnage et les rapports d’essais

La déclaration de la conformité est aussi souvent fondée sur les essais effectués par des
laboratoires d’étalonnage et d’essais. Il s’agit donc d’établir un mécanisme qui a pour objectif
de promouvoir la confiance dans les laboratoires d’essais et d’étalonnage capables de
démontrer qu’ils fonctionnent conformément à des prescriptions communes. L’acceptation

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

mutuelle, entre pays, des données de sortie de ces laboratoires, permet d’éliminer les obstacles
non tarifaires au commerce (OTC).

En ce qui concerne les principaux acteurs en matière d’étalonnage et d’essais, il convient


de relever que la plupart des opérations d’étalonnage des équipements d’essais (labo) ou de
production sont à ce jour assurées par des organismes étrangers. Les compétences locales en
matière d’étalonnage restent très limitées. Quelques opérations d’étalonnage sont tout de
même régulièrement assurées localement. C’est le cas de :
• l’étalonnage des bascules et des masses par CAPI Cameroun ;
• l’étalonnage des volucompteurs de distribution de carburants par SOCATAM ;
• le barémage des bacs de stockage des produits pétroliers par SGS, HYDRAC,
SOCAFER et la Sous Direction des Poids et Mesures.

Dans la phase actuelle du processus de normalisation au Cameroun, Les secteurs jugés


prioritaires en matière d’évaluation de la conformité des produits peuvent être classifiés
comme suit :
• le contrôle de la qualité des produits alimentaires, pharmaceutiques ;
• le contrôle de la pollution environnementale ;
• le contrôle de la qualité et de la sécurité des matériaux de construction ;
• le contrôle de la qualité et de la sécurité du matériel électrique et électrotechnique ;
• le contrôle de la qualité et de la sécurité des équipements de transport
• le contrôle de la qualité des produits pétroliers et miniers ;
• le contrôle qualité du bois.

C) Rapport d’Inspection

Dans ce cas, c’est un organisme d’inspection qui va évaluer la conformité d’un produit, d’un
service ou d’un processus, voire d’une usine ou d’un système, à des règlements, normes ou
spécifications. Il s’agit donc de mettre en œuvre un dispositif dans le but de promouvoir la
confiance à accorder aux rapports ou certificats d’inspection réalisés par les organismes
d’inspection.
Les paramètres d’inspection peuvent inclure des éléments relatifs aux quantités, à la qualité, à
la sécurité, à l’aptitude à l’utilisation et au maintien de la sécurité de fonctionnement.

En ce qui concerne la pratique locale en matière d’inspection, notamment les acteurs, ce qu’il
faut relever c’est qu’en plus des cabinets d’expertise technique regroupés au Sein de la
Chambre Nationale des Experts Techniques, les prestations d’inspections sont aussi assurées
par des filiales de multinationales tels que :
• SGS Cameroun ;
• Bureau Véritas ;
• ADRH APAVE.

D) La certification qualité des produits et services


La certification est une procédure par laquelle une tierce partie donne l’assurance écrite qu’un
produit, un service, un système de management, du personnel, etc., est conforme aux
exigences spécifiées dans le référentiel de certification.

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

La certification des produits s’intéresse aux caractéristiques techniques des produits (sécurité,
aptitude à l’usage, impact sur l’environnement, services associés, etc.), qui sont différentes
d’une catégorie de produits à l’autre.

La certification des services s’intéresse aux aptitudes de sécurité, de régularité, d’accueil,


d’information, de réponse aux attentes de la clientèle, de règlement des litiges.

La certification des produits et des services nécessite de fixer au préalable :


• Les caractéristiques certifiables et les méthodes d’évaluation de ces caractéristiques ;
• Les modalités de contrôle de la conformité du produit en laboratoire et dans l’unité de
production ;
• Les moyens mis en œuvre par l’organisme certificateur : comité de la marque, services
d’inspection, laboratoire d’essais, etc. ;
• Le marquage de certification à apposer sur le produit ou les supports et documents
commerciaux.

Ce qui fait surtout la valeur ajoutée d’une certification produit, c’est la surveillance qu’exerce
l’organisme certificateur. Cette surveillance peut prendre différentes formes telles que :
• Prélèvement dans le commerce ou chez les négociants pour contrôler les
caractéristiques du produit certifié ;
• Visites d’inspection et audits des sites de production ;
• Prélèvement sur les chaînes de production ou dans les stocks ;
• Audits des systèmes de management de la qualité.

Sur le plan réglementaire, bien que prévu par la loi n°96/11, le texte définissant les
modalités d’agrément des organismes de certification de la conformité n’a pas encore été
adopté à ce jour. Ceci sera une priorité pour le bon fonctionnement du Système National de
Certification de la Conformité, et devra prendre en compte les normes internationales
d’accréditation des organismes de certification des produits et services.
Sur le plan normatif, les référentiels (normes) de certification sont variables d’un secteur
d’activité à un autre et d’un pays à l’autre.
En général, la certification de produit repose sur des essais ou des mesures réalisés par les
laboratoires indépendants ou habilités et dûment accrédités, ainsi que sur les dispositions de
management de la qualité ISO 9001/2000, certifiées ou non.

Quant à l’accréditation des organismes de certification, la procédure est définie dans la norme
ISO/CEI 61 "Exigences Générales pour l’Evaluation et l’Accréditation d’Organismes de
Certification/Enregistrement".
Il n’existe pas à ce jour au Cameroun, de normes homologuées relatives à la certification
qualité des produits ou services.
Il n’existe pas non plus une norme homologuée pour l’accréditation des organismes de
certification.

S’agissant de Pratiques locales en matière de certification des produits et des systèmes, l’on
peut noter ce qui suit :

• Certification des Produits

a. S’agissant des produits à l’export

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Quelques organismes multinationaux ont développés des prestations de certification des


produits destinés à l’export. Il s’agit par exemple de :
• SGS ;
• VERITAS ;
• AXEM ;
• Etc.

Bien que bénéficiant d’une reconnaissance internationale, les activités de certification de ces
structures échappent au système national de normalisation, et par la même occasion au
processus de promotion de la marque nationale de qualité.

Il sera donc nécessaire que l’Administration chargée de la normalisation assure une


surveillance de l’activité de ces organismes, par le biais d’une accréditation locale de ces
activités de certification produits.

b. S’agissant des produits sur le marché local

Sur le marché local, la certification produit concerne à ce jour uniquement les produits soumis
aux normes obligatoires. Cette activité de certification produit est uniquement assurée à ce
jour par la Division de Normalisation et de la Qualité du MINIMIDT, avec de plus en plus
l’assistance des Cabinets d’Audits agréés. Le bilan à ce jour est le suivant :
• 45 certificats des étiquettes délivrés entre 2000 et 2005 ;
• 180 certificats de produits délivrés entre 2000 et 2005, repartis comme suit :

Tableau 7: Répartition des certificats de produits délivrés entre 2000 et 2005 suivant les
produits
Produits Nombre %
Lait 114 63
Pâtes alimentaires 18 10
Tôles 20 11
Farine 9 5
Sacs en jute 4 2
Yaourt 9 5
Bouteilles de gaz 3 2
Eau minérale 1 1
Concentré de Tomate 1 1
Café 1 1
TOTAL 180 100
Source : DNQ

D’après le tableau ci – dessus, trois certificats de produits sur cinq ont été délivrés pour le lait
entre 2000 et 2005. Le café, le concentré de tomates, l’eau minérale et les bouteilles de gaz
ont très peu fait l’objet de certification sur cette période. A peine 5% des certificats délivrés
portent sur ces produits.

Il faut tout de même noter l’absence de normes ou référentiels homologués pour la


certification de ces produits.

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Graphique 4: Répartition des certificats de produits délivrés entre 2000 et 2005 suivant les
produits

9
Repartition des certific
4

• Certification des Services 20


Aucune activité formelle de certification des services, digne d’intérêt n’a été identifiée dans le
cadre de ce travail de diagnostic. L’adoption de référentiels appropriés aux différents métiers
(hôtellerie, restauration, transport, auto-école, distribution alimentaire, formation, soins
hospitaliers, etc.) favoriserait l’amélioration de la qualité des services et la promotion de
l’excellence.

• Certification du Personnel

Quelques organismes comme SGS, VERITAS, APAVE proposent des prestations de


certification du personnel dans quelques domaines tels que :
• La certification des soudeurs ;
• L’habilitation des conducteurs de chariots ;
• etc.

Bien que bénéficiant d’une reconnaissance internationale, ces certifications échappent au


système national de normalisation. Il sera donc nécessaire que l’Agence assure une
18
surveillance de cette activité, par le biais d’une accréditation locale des activités de
certification du personnel.

Il faut noter que l’adoption de référentiels locaux appropriés en matière de certification du


personnel favorisera le développement de compétences locales et de la qualité des prestations
de formation du personnel.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

• Certification des Systèmes

Quelques organismes comme L’AFAQ, SGS, VERITAS, DNV, proposent des prestations de
certification système suivant les référentiels ci dessous :
• ISO 9001/2000
• ISO 14001.
• HACCP ;
• BRC ;
• Etc.

Bien que bénéficiant d’une reconnaissance internationale, ces certifications échappent au


système national de normalisation. Il sera donc nécessaire que l’Agence :
• Développe une accréditation locale des activités de certification système,
• Négocie des partenariats avec les principaux organismes internationaux de
certification système, pour avoir une maîtrise de la surveillance des activités de
certification système sur le territoire national.

Il faut noter qu’il existe aussi localement des compétences dans le domaine de l’audit des
systèmes de management qui pourraient bénéficier de la mise en place d’un système national
d’accréditation des organismes de certification de la conformité pour se développer.

C- Promotion, de la Vulgarisation de la Normalisation et de l’Assurance Qualité au


Cameroun

Les principaux outils susceptibles d’assurer une promotion efficace de l’assurance de la Qualité
dans un pays sont en général les suivants :
1. L’Agence (Association) de Normes et de la Qualité ;
2. Les Marchés publics ;
3. La Sécurité des Aliments ;
4. La Protection de l’Environnement, la Sécurité des Méthodes et des équipements ;
5. L’Incitation à la Mise à Niveau Technologique (Transfert de technologie) ;

1- L’Agence des Normes et de la Qualité

La promotion de la l’assurance qualité au niveau de l’agence ou de l’administration chargée


de la normalisation et de la qualité peut être assurée par des actions de :
• Sensibilisation, Formation et Information en matière de Normalisation et d’Assurance
Qualité ;
• Marketing des normes, de l’accréditation et de la certification au niveau local ;
• Développement d’une reconnaissance internationale du label qualité Cameroun.

Au niveau national, bien que ceci reste largement insuffisant, les quelques actions suivantes
menées par la Division de la Normalisation et de la Qualité ont pu contribuer dans une
certaine mesure à la promotion de la normalisation et de l’Assurance Qualité :
 Soutien à plusieurs séminaires de sensibilisation sur la qualité ;
 Organisation d’une semaine nationale de la qualité avec journées
portes ouvertes et espaces qualité, en marge de la Journée Mondiale de la
Normalisation qui se tient tous les 14 Octobre ;

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

 Publication d’une revue sur la qualité "Qualité en Marche" ;

La loi sur la normalisation prévoit l’organisation d’un Prix National de la Qualité. Cet
excellent outil de promotion de l’assurance qualité n’est pas à ce jour opérationnel. Son
lancement officiel est prévu pour l’année 2008.

Au niveau international, aucune véritable action formelle de promotion de la marque nationale


de qualité n’a à ce jour été mise en œuvre.

2- Les Marchés Publics

Dans tous les pays industrialisés, la référence aux normes homologuées est obligatoire dans la
passation des marchés publics. Il est généralement fait référence aux normes nationales, et
quand elles n’existent pas, aux normes internationales. Ceci contribue considérablement à la
vulgarisation des normes nationales et internationales auprès des fournisseurs et à la
promotion de l’Assurance Qualité.

D’une manière générale, la normalisation intervient dans les différentes étapes de la mise en
œuvre d’un marché public :
• L’élaboration du projet technique ;
• L’élaboration du dossier de consultation des entreprises ;
• Le jugement des offres ;
• L’exécution des marchés.

Ces dispositions ne sont pas à ce jour obligatoires au Cameroun. Il sera donc nécessaire que
l’Agence ou l’administration des Normes et de la Qualité développe des relations de
partenariat avec les principaux donneurs d’ordres publics, dans le souci de les sensibiliser sur
leurs responsabilités en matière de normalisation et de promotion de l’assurance qualité.

3- La Sécurité des Aliments


Dans le cadre de la préparation des APE (Accords de Partenariat Economique), l’une des
recommandations de l’Union Européenne est la mise en place d’un système de normalisation
et d’assurance qualité apte à garantir le respect des normes SPS (Sanitaires et Phytosanitaires)
au moins pour les produits d’exportation à destination de l’Union Européenne. Ceci
implique :
• L’élaboration et la vulgarisation des normes SPS couvrant :
 Les produits d’exportation ;
 Les importations locales ;
 La production locale ensuite.
• La mise à niveau des entreprises du secteur de l’Agroalimentaire en matière
d’Assurance Qualité (Management de la Qualité) ;
• La mise en place d’un système de contrôle sanitaire et phytosanitaire garantissant le
respect de ces normes SPS.

A ce jour, une réglementation communautaire sur le contrôle sanitaire et phytosanitaire a été


adoptée, de même qu’une réglementation locale sur la protection des végétaux. Mais les
principaux handicaps pour la mise en œuvre de ces réglementations sont les suivants :
1. Les responsabilités en matière de contrôle sanitaire semblent ne pas être assez
clairement définies. Il en résulte qu’un certain nombre d’administrations se sont
impliquées dans le contrôle sanitaire et phytosanitaire. Il s’agit par exemple du

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, du Ministère de l’Elevage, des


Pêches et des Industries Animales, du Ministère de la Forêt et de la Faune, du
Ministère de l’Industrie, du Ministère du Commerce, parfois du Ministère de la santé.
Ceci engendre une sorte de cacophonie sur le terrain ;
2. Il n’existe à ce jour aucun laboratoire apte à satisfaire efficacement aux besoins
d’analyses et d’essais relatifs aux contrôles sanitaires et phytosanitaires (comme c’est
le cas au Gabon) ;
3. Malgré les multiples projets, aucune véritable action de mise à niveau des entreprises
n’est actuellement engagée. Le projet PASAPE de l’ONUDI avec le financement de
l’Union Européenne, dans le cadre de la préparation des APE est annoncé. Mais la
taille donnée à ce projet semble ne pas être en cohérence avec le besoin réel en matière
d’Assurance de la Qualité du Cameroun.

4- La Protection de l’Environnement, la Sécurité des méthodes et des


équipements
Les normes Environnementales et de sécurité contribuent de façon considérable à la
normalisation dans le monde. Dans le cas de l’environnement camerounais, les domaines
susceptibles de contribuer de façon décisive et à moyen terme à la promotion de la
Normalisation et de l’Assurance de la Qualité au Cameroun sont les suivants :
1. La protection de l’environnement industriel ;
2. La sécurité dans le transport des personnes, des marchandises et la manutention ;
3. La sécurité dans la distribution de l’énergie (gaz, électricité, carburants) ;
4. La sécurité au travail (sur les chantiers).

Ceci devrait contribuer au développement des activités :


• D’audit environnemental ;
• D’inspection normalisée des équipements et installations ;
• De marquage sécurité du matériel ;
• De certification sécurité des produits et services.

Hormis les initiatives peu fructueuses du Ministère de l’Environnement et de la Protection de


la Nature pour faire adopter quelques normes de protection de l’environnement, aucune
véritable initiative digne d’intérêt, allant dans la promotion des normes de sécurité des
méthodes et des équipements n’a été identifiée dans le cadre de cette étude.

5- Incitation à la Mise à Niveau Technologique


La normalisation est aussi utilisée dans les pays industrialisés pour encourager le transfert de
technologie et l’innovation. Pour innover, l’entreprise industrielle a besoin de s’appuyer sur
des bases scientifiques et techniques solidement établies au préalable. Cela est nécessaire pour
éviter, d’une part, de réinventer ce qui existe déjà et, d’autre part, de refaire des erreurs déjà
connues. Les normes existantes et disponibles fournissent ces bases.

En général dans les pays industrialisés, des mesures incitatives sont mises en place pour
encourager la mise à niveau technologique des entreprises, et plus particulièrement des PME.
La contribution de l’Agence ou de l’Administration chargée de la normalisation consiste à ce
sujet à :

1. Veiller à la Participation assidue et contributive des experts nationaux aux activités


internationales de normalisation (ISO, ORAN, OMC, FAO, Etc.) ;

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

2. Contribuer à la vulgarisation et à l’adaptation au contexte local, des bonnes pratiques


industrielles (BAT : Best Available Technology, GMP : Good Manufacture Practice) ;
3. Encourager la prise en compte dans les différents codes d’investissement sectoriel, des
mesures incitatives pour la mise à niveau technologique.

L’on note que ce n’est que depuis quelques temps que le Cameroun commence à être présent
dans les instances internationales de normalisation. Mais cette présence est loin d’être
efficace, puisque ne reflétant pas le partenariat public-privé qui permettrait d’influencer les
travaux ou de restituer efficacement les résolutions issues de ceux-ci.

L’on note aussi qu’a ce jour, bien que préconisé par la loi cadre sur la normalisation et par la
charte des investissements, aucune disposition règlementaire incitant à la normalisation et à
l’assurance de la qualité n’existe de façon formelle dans aucun secteur d’activité.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

III - DIAGNOSTIC DU SYSTEME CAMEROUNAIS DE


NORMALISATION
Le système Camerounais de normalisation souffre d’importantes distorsions, en dépit des
efforts déployés par la Division des Normes et Qualité (DNQ) du MINIMIDT. Celles – ci
sont aussi bien d’ordre légal et réglementaire qu’institutionnelles et spécifiques à l’exercice
proprement dit de cette activité. Les faiblesses de l’activité de normalisation s’appréhendent
mieux après une bonne maîtrise de l’environnement dans lequel elle s’exerce, notamment les
forces, les opportunités et les menaces.
Les principales forces qui caractérisent l’activité de normalisation au Cameroun sont les
suivantes :
• La disponibilité d’une loi cadre relative à la normalisation et la qualité
• La disponibilité d’une Charte Nationale des Investissements préconisant la création
d’une Agence des Normes et de la Qualité
• L’expérience non négligeable accumulée par la Division de la Normalisation et de la
Qualité, en matière de Normalisation
• Le niveau de motivation du Personnel de la Division de la Normalisation et de la
Qualité;
• La disponibilité locale de quelques cabinets privés disposant des compétences en
matière de normalisation et d’assurance qualité ;
• L’existence au Cameroun d’une Quinzaine d’entreprises certifiées ISO 9001/2000 ;
• L’existence au niveau du secteur privé, de quelques initiatives en matière de
normalisation.

Comme opportunités, émergent au premier chef les suivantes :


• La mobilisation autour de la préparation des APE ;
• Les nouvelles opportunités de financement dans le cadre des fonds PPTE ;
• Les appuis financiers susceptibles d’être apportés aux initiatives de promotion de la
normalisation et du développement durable par les bailleurs de fonds ;
• La mobilisation financière autour des conventions internationales sur la protection de
l’environnement ;
• Les possibilités de développer des synergies d’action entre le secteur public et le
secteur privé ;
• Les possibilités de développer des synergies d’action entre les pays de la sous région ;
• Les accords de l’OMC

En dépit des forces et des opportunités ci-dessus énumérées, l’activité de normalisation au


Cameroun est sujette à des menaces non moins inquiétantes. Les plus importantes sont listées
ainsi qu’il suit :
• Le handicap pour la négociation des APE avec l’Union Européenne ;
• Les obstacles supplémentaires au développement des échanges
internationaux (Difficultés d’accès des produits Camerounais sur le marché international);

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

• Le manque de compétitivité de l’industrie locale ;


• Le développement et la suprématie du commerce illicite ;
• La dégradation progressive de l’environnement des affaires dans la sous région ;
• La réduction de l’investissement privé dans la sous région ;
• Le recul de l’emploi ;
• La santé et les exigences de l’environnement des consommateurs ;
• La paupérisation rampante.

III-1 Diagnostic du cadre légal et réglementaire

Problème central: Cadre légal et réglementaire peu opérationnel.


Le cadre juridique et réglementaire régissant la normalisation au Cameroun est peu
opérationnel du fait notamment de son faible niveau de mise en œuvre due en partie
principalement à l’insuffisance de textes d’application, de son incomplétude et de sa relative
pertinence par rapport au contexte actuel.

1- Le niveau de mise en œuvre du cadre juridique est peu satisfaisant :

Tableau 8: Description de l’état de mise en œuvre du cadre légal et réglementaire en


matière de normalisation
Rubrique Nombre %
Textes disponibles sans textes d’application 6 50
Disponibles avec textes d’application, mais nécessite 2 17
d’être complété
Texte en projet ou en cours d’adoption 2 17
Textes disponibles mais nécessite d’être réactualisé 1 8
Textes disponibles avec textes d’application en cours 1 8
d’élaboration
TOTAL 12 100
Source : MINIMIDT

 A peine un instrument sur cinq du cadre législatif et réglementaire est


disponible avec textes d’application
Le tableau ci – dessus indique que seuls 17% du dispositif législatif et réglementaire
actuel en matière de normalisation est opérationnel. Il s’agit de l’accord sur l’inspection
avant expédition (IAE) de l’OMC et de la loi n° 2002/004 du 19/04/2002 portant charte
des investissements en république du Cameroun.
 La moitié des instruments du cadre juridique et réglementaire ne dispose pas de
textes d’application
Cependant, un instrument sur deux du cadre juridique ou réglementaire régissant l’activité
de normalisation au Cameroun, ne dispose pas du tout de textes d’application. Ainsi, sur
les douze instruments que compte le Cameroun, six (c'est-à-dire la moitié) ne disposent
pas de décrets d’application. Il s’agit précisément :

Pour les accords internationaux

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

• Accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) de


l’OMC
• Accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC) de l’OMC
• Accord Intérimaire de Partenariat Economique avec l’Union Européenne
En matière de réglementation sous régionale (Charte des Investissements
CEMAC)
•- Réglementation commune sur le contrôle sanitaire et phytosanitaire
Pour ce qui des lois et règlements internes
•- Loi n°96/11 du 05/08/1996 relative à la Normalisation
•- Loi n°2004/002 du 21/04/2004 sur la Métrologie Légale

Par ailleurs, 17% de textes sont en projet ou en cours d’adoption et ne peuvent par conséquent
pas faire l’objet d’une éventuelle mise en œuvre. C’est le cas précisément du code CEMAC
de la normalisation et de la qualité et du code CEMAC de la concurrence et la protection des
consommateurs.

L’évaluation globale du niveau de mise en œuvre de ces instruments est présentée dans le
tableau ci – dessous :

Tableau 9 : Evaluation du Niveau de Mise en Œuvre du Cadre Juridique


Périmètre Cadre juridique Niveau de
mise en
œuvre (*)
Accord sur l’application des mesures sanitaires et 3
Accords phytosanitaires (SPS) de l’OMC
internatio Accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC) de 3
naux l’OMC
Accord sur l’inspection avant expédition (IAE) de l’OMC 5
Accord Intérimaire de Partenariat Economique avec l’Union 3
Européenne
Réglementation Charte des Investissements de la CEMAC 4
sous régionale Code CEMAC de la Normalisation et de la Qualité 1
(Charte des Code CEMAC de la Concurrence et de la protection des 1
Investissements Consommateurs
CEMAC) Réglementation commune sur le contrôle sanitaire et 3
phytosanitaire
Lois et règlements Loi n°2002/004 du 19/04/2002 portant Charte des 5
internes Investissements en République du Cameroun
Loi n°96/11 du 05/08/1996 relative à la Normalisation 3
Loi n°2004/002 du 21/04/2004 sur la Métrologie Légale 3
Législation sur le commerce, la concurrence et la protection 2
des consommateurs
(*) Légende : 6 = disponible avec textes d’application actualisés / 5= disponible avec textes
d’application mais nécessite d’être complété / 4 = disponible, mais textes d’application en cours
d’élaboration / 3 = disponible mais sans texte d’application / 2 = disponible mais nécessite d’être
réactualisé / 1 = en projet ou en cours d’adoption / 0 = pas d’actualité

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Source : MINIMIDT/DNQ

3- Textes régissant l’activité de normalisation peu complets


Les textes régissant l’activité de normalisation au Cameroun restent encore incomplets en
raison notamment d’une administration insuffisamment efficace (manque d’initiative de
projets de textes) et d’une lenteur dans les procédures d’adoption des lois et décrets. Les
principaux textes indisponibles sont listés ci – dessous:
• L’absence d’une législation appropriée relative à la protection des
consommateurs :
• L’absence de disposition relative à l’auto déclaration de la conformité par le
fournisseur : la loi n°96/11 du 05 Août 1996 ne prévoit pas cette disposition. Néanmoins,
ceci peut éventuellement être pris en compte dans les textes d’application de cette loi ;
• Inexistence de référence normative locale en matière d’auto déclaration par le
fournisseur : sur le plan normatif, il n’existe localement aucune norme définissant les
bonnes pratiques en la matière. Au niveau international, les critères généraux qui régissent
cette procédure sont définis dans la Norme ISO CEI 17022 "Critères généraux pour la
déclaration de la conformité du fournisseur". Ceci s’appuyant principalement sur la
maturité du système de management de la qualité de l’organisme ;
• Absence de textes définissant les modalités d’agrément des organismes de
certification de la conformité : bien que prévu par la loi n°96/11, le texte définissant les
modalités d’agrément des organismes de certification de la conformité n’a pas encore été
adopté à ce jour. Ceci sera une priorité pour le bon fonctionnement du Système National de
Certification de la Conformité, et devra prendre en compte les normes internationales
d’accréditation des laboratoires d’étalonnage et d’essais ;
• Inexistence de référence normative locale relative à l’accréditation des
laboratoires d’étalonnage et d’essais. Au niveau international, ceci est défini dans la
Norme ISO CEI 17025 "Prescriptions Générales concernant la compétence des laboratoires
d’étalonnage et d’essais". Une fois de plus, ceci s’appuie principalement sur la maturité du
système de management de la qualité du laboratoire ;
• Absence de textes définissant les modalités d’agrément des organismes de
contrôle de la conformité : Bien que prévu par la loi n°96/11, le texte définissant les
modalités d’agrément des organismes de contrôle de la conformité n’a pas encore été
adopté à ce jour. Ceci devra prendre en compte les normes internationales d’accréditation
des organismes d’inspection ;
• Inexistence de référence normative locale relative à l’accréditation des
organismes d’inspection : Il n’existe localement aucune norme relative à l’accréditation
des organismes d’inspection. Au niveau international, ceci est défini dans la Norme ISO
CEI 61 "Critères généraux pour le fonctionnement de différents types d’organismes
procédant à l’inspection". Une fois de plus, ceci s’appuie principalement sur la maturité du
système de management de la qualité de l’organisme.

4- Insuffisante pertinence du cadre légal et réglementaire actuel: Obsolescence du cadre


juridique par rapport aux accords et conventions signés par le Cameroun

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Dans l’ensemble, les textes régissant l’activité de normalisation au Cameroun ne sont pas
suffisamment actuels et restent par conséquent en inadéquation avec les accords et
conventions internationaux récemment signés par le Cameroun en matière de normalisation.
La loi n°96/11 du 05/08/1996 nécessite une mise à jour pour une meilleure prise en compte de
ces accords internationaux.
III-2 Diagnostic du cadre institutionnel

Problème central: Faible capacité du secteur public et privé pour promouvoir la


normalisation et la gestion de la qualité.
Les secteurs public et privé font montre d’une faible capacité à promouvoir la normalisation
et la gestion de la qualité, en raison notamment d’une :
• absence de politique nationale de normalisation claire ;
• organisation insuffisamment efficace en raison entre autres de l’absence d’une
institution centrale de normalisation opérationnelle, en l’occurrence l’agence nationale des
normes;
• absence de coordination entre les différents acteurs de développement et de promotion
de la norme et qualité.

1- Absence d’une politique nationale de normalisation, cadre d’orientation des activités


en matière de normalisation
Le Ministère chargé de l’Industrie a la responsabilité de définir les orientations de la politique
des normes. A ce jour, il est difficile de dire que ces orientations soient connues des
principaux acteurs de la normalisation. Quelques conséquences entre autres de cette absence
de formalisation de la politique de normalisation, sont les suivantes :
1. Les normes semblent être la seule affaire de la Division de la Normalisation et de la
Qualité qui se démène comme elle peut, sans moyens appréciables, pour les
promouvoir ;
2. La plupart des administrations développent chacune à son niveau, des approches
individuelles de normalisation ;
3. Bien qu’étant le principal concerné, le secteur privé ne s’implique pas encore
suffisamment dans le processus de normalisation.

A la phase actuelle du processus, les grandes lignes de cette politique seraient par exemple les
suivantes :

1. Intensification de la mobilisation des administrations et entreprises autour des


normes ;
2. Incitation à l’Assurance de la Qualité ;
3. Mise en cohérence du Système Camerounais de Normalisation par rapport aux
Systèmes Sous - Régional, Régional et International ;
4. Développement de la participation du Cameroun aux Instances Internationales de
Normalisation.

La formulation officielle de cette politique en Conseil de Ministres faciliterait l’adoption par


le gouvernement et les différentes administrations, de mesures permettant de coordonner les
efforts nécessaires à la réalisation des objectifs ci-dessus cités.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

2- L’absence d’une institution centrale de normalisation opérationnelle: L’agence de la


norme et qualité n’est pas opérationnelle
Dans les pays industrialisés en général, la structure pivot d’un Système National de
Normalisation est l’Agence (ou l’Association) des Normes et de la Qualité. Celle-ci a une
mission générale de recensement des besoins en normes nouvelles, de coordination des
travaux de normalisation, de centralisation et d’examen des projets de normes, d’édition et de
diffusion des normes, de promotion de la normalisation, de formation à la normalisation et de
représentation des intérêts du pays dans les instances internationales en matière de
normalisation.

Cette agence anime un réseau de bureaux de normalisation qui sont des organismes dotés de
la personnalité juridique, justifiant d’une capacité technique avérée pour animer les travaux de
comités et/ou de sous comités (commissions) de normalisation dans des secteurs donnés,
agréés comme Bureaux de Normalisation par l’administration en charge de la normalisation,
en coordination avec les autres administrations concernées.

Le champ de compétence des bureaux de normalisation est en général fixé par décision du
Ministre en charge de la normalisation, qui peut aussi retirer cet agrément dans le cas où :
• le bureau de normalisation ne respecte pas les dispositions de la réglementation qui régit
le système de normalisation ;
• le bureau ne normalisation n’est plus en mesure d’exécuter les travaux qui lui
incombent ;
• l’existence du bureau de normalisation ne répond plus à un besoin technique ou
économique.

La loi n°2002/004 du 19/04/2002 prévoit la création d’une Agence des Normes et de la


Qualité. Cette fonction est aujourd’hui provisoirement assurée par la Division de la
Normalisation et de la Qualité. Mais l’absence d’un texte définissant les modalités de
coordination des activités de normalisation a été jusqu’à ce jour un handicap pour le
développement normal des activités d’élaboration des normes (de standardisation).
La loi n°96/11 du 05/08/1996 relative à la Normalisation fait aussi mention des bureaux de
normalisation. A ce jour, il n’existe que quelques bureaux de normalisation agréés au
Cameroun, mais dont les capacités sont encore insuffisantes pour assurer efficacement leur
rôle. Il existe tout de même quelques associations professionnelles développant des
référentiels normatifs pour les besoins de leurs adhérents. C’est par exemple le cas :
• du Groupement des Professionnels du Pétrole (GPP) ;
• de l’Association des Sociétés d’Assurance du Cameroun (ASAC).

L’on peut aussi noter qu’au GICAM (Groupement Inter patronal du Cameroun), une Cellule
Technique Environnement (CTE) a été mise en place pour la promotion des normes et des
bonnes pratiques en matière de Management Environnemental en milieu Industriel et
Commercial.

Le renforcement des capacités de quelques bureaux de normalisation stimulerait certainement


la dynamique de production des normes.

3- Un système organisationnel insuffisamment efficace

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

 Absence d’acteurs clés du système national de normalisation


L’organisation du processus nécessaire à la mise en œuvre d’un système national et sous
régional de normalisation tel que illustré dans le schéma ci – après reste encore incomplète
au Cameroun. Elle souffre de l’absence ou de l’insuffisance des structures de normalisation,

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Graphique 5: Schéma organisationnel de la normalisation et de la qualité a l’échelle sous régionale

DONNEES
CLIENTS D’ENTREES ACTIVITES CLIENTS
PRODUITS

Sécurisation des Promotion Amélioration


investissements Incitation à de la de la
Elaboration l’Assurance gouvernance
de développement marque
des normes de la Qualité et de la Bailleurs de
nationale
nationales capacité de Fonds
Bailleurs de de qualité
Agence mobilisation
Fonds Bureaux de Administration
Nationale des
Facilitation du Planification s Publiques &
Normalisatio des Normes financements
commerce des besoins Accréditatio Grands
n & Agence Développeme
international et en n donneurs
Nationale nt harmonieux
régional normalisatio (agrément) d’Ordre Promotion
n
des Normes et maîtrisé de
des de la Opérateurs
Laboratoires l’activité
marque Economiques
Administration et sous économique
Régulation de s organismes régionale de
l’activité Actualisatio de Certificatio qualité Développeme
Opérateurs économique dans n du cadre certification Agence
n de la nt maîtrisé Opérateurs
Economiques le pays juridique de la Sous
conformité des échanges
national conformité Régional Economiques
sous
des Normes
Administration Organism régionaux
Agence
s e de
Nationale Développeme
certificati
des Normes
on de la
conformit Infractions nt des
é et sanctions Administratio
Exportations
Amélioration de la ns
compétitivité de Métrologie Respect des
Elaboration Administra
l’économie Contrôle de Engagements
Administratio des normes tions
la qualité Internationau
sous Administratio
régionales Laboratoire x
ns National de Laboratoir
Identificatio Arbitrage Préservation ns
Référence e d’essais
Respect des n et sous de la santé et
Agence Sous et Sous
conventions et planificatio régional de la sécurité
Régional des organisme Région Protection de
accords Sousn Région
des des
Consommate Normes s de
internationaux besoins en Harmonisati consommateu Consommate
urs Protection des contrôle l’environneme
harmonisatio on du cadre rs urs
consommateurs qualité
n juridique
nt
Sous
régional
Sous Région

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

de métrologie et de certification. En effet, plusieurs maillons manquent encore dans le


dispositif actuel, à savoir :
• L’agence Nationale de Normalisation qui n’existe pas encore. Le décret de
création de celle-ci suit actuellement la procédure. La fonction de cette agence est
actuellement heureusement assurée par le Division de la Normalisation et de la Qualité du
MINIMIDT.
• La faible capacité d’action des bureaux de normalisation agréés ;
• L’absence d’un Laboratoire National de Métrologie ;
• L’absence de Laboratoires accrédités ;
• L’absence d’Organismes de Certification Qualité Produits, Services et Systèmes.
De plus, la quasi-totalité des institutions opérationnelles présentent des résultats médiocres
comme l’indique le tableau ci – dessous, du fait notamment du manque d’efficacité des
administrations chargées de contrôler la consommation et de la faible capacité d’action des
associations de consommateurs. Ces institutions enregistrent en effet une note de 3,8 sur 20.
Ce qui traduit bien les insuffisances organisationnelles qui constituent aujourd’hui un obstacle
au déploiement d’une véritable politique nationale de normalisation.

Tableau 10: Evaluation du Niveau Opérationnel des Institutions impliquées dans la


Normalisation
Domaine Institutions Niveau opérationnel en
matière de normalisation
Ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement
Stratégie Technologique 1
Ministère du Commerce 1
Ministère du Tourisme 1
Ministère de la Planification, de la Programmation du Développement
et de l’Aménagement du Territoire 1
Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle 1
Ministère du Développement Urbain et de l’Habitat 1
Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural 1
Ministère des Postes et Télécommunications 1
Ministère des Travaux Publics 1
Ministère des Transports 1
Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales 1
Ministère de la santé 1
Ministère de l’environnement et de la protection de la nature 1
Ministère du Travail 1
Ministère de l’Eau et de l’Energie 1
références Agence des normes et de la qualité 0
scientifiques et Laboratoire National de Métrologie 0
technologiques Bureaux de Normalisation 2
contrôle de la Laboratoires d’étalonnage 0
conformité Laboratoires de Contrôle Qualité 1
Organismes de certification de la conformité 2
incitation Agence des Normes et de la Qualité (DNQ) 1
Marchés Publics 2
Contrôle Sanitaire et phytosanitaire 1
Sécurité des usagers 1
Promotion des exportations 1
Promotion de l’investissement 1
niveau de mise en Moyenne sur 20 3,8/20
œuvre

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

légende : 0= non opérationnel, 1 = opérationnel mais résultats médiocres / 2 = capable de s’adapter au changement / 3 =
apte à satisfaire la demande / 4 = prestations déjà conformes au standard international / 5 = performances reconnus
Source : DNQ

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 l’absence de coordination entre les différents acteurs de développement et de


promotion de la norme et qualité
En l’absence d’une structure opérationnelle comme l’Agence de normes et qualité, les
activités de normalisation, de certification et d’assurance qualité sont menées sans
coordination par les différentes administrations et autres acteurs du secteur privé. A cet titre, il
peut être relevé les conflits de compétence entre les administrations chargées de la
normalisation et une insuffisante synergie d’action entre :
 les organisations des secteurs privés ;
 les différentes administrations du secteur public ;
 le secteur public, le secteur privé et la société civile.

III-3 Diagnostic des activités d’élaboration des normes et de qualité

III-3-1 Efficacité du processus d’élaboration des normes


Le problème central dans l’élaboration des normes est la faible performance du système
camerounais de normalisation. Par rapport aux systèmes de Normalisation des pays
développés ou émergents, vers lesquels tendent les caractéristiques de développement futur du
Cameroun, le système camerounais de normalisation est peu performant, en raison notamment
de :
- l’absence d’une procédure juridique formelle de coordination des activités d’élaboration
et d’adoption des normes, susceptible de faciliter la communication entre les partenaires
publics, privés et la société civile ;
- la sensibilisation insuffisante des partenaires publics, privés et de la société civile sur les
enjeux, les atouts et la réglementation en matière de normalisation ;
- la faible appropriation de la normalisation par le secteur privé, sensé être le principal
bénéficiaire de cet outil de régulation des marchés. ;
- l’absence d’une organisation adaptée aux besoins des partenaires ;
- l’insuffisance des ressources financières et matérielles ;
- l’insuffisance des compétences chez les différents partenaires.

Jusqu’à ce jour, peu de normes à caractère national ont été homologuées par les
administrations publiques Camerounaises. Elles ont aujourd’hui essentiellement recours aux
normes étrangères et internationales.

En plus, dans la plupart des cas, les références normatives sont intégrées dans les textes
réglementaires. Il en résulte que celles-ci s’adaptent mal au temps et deviennent assez
rapidement obsolètes par rapport à l’évolution technologique. Quant on ajoute à cela la
lourdeur dans les procédures d’élaboration et d’actualisation des textes réglementaires, on
comprend les insuffisances du cadre juridique Camerounais.

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Graphique 6: Comparaison de l’état d’élaboration des normes entre le Cameroun, les pays
développés et émergents

Comparaison de l'état d'élaborat

30000

25000

Par rapport aux besoins en normes nécessaires à la régulation de l’activité économique dans le
20000
pays, les normes déjà adoptées restent insignifiantes, de même que le niveau d’application de
Nombre de normes

celles-ci sur le terrain. Au Cameroun, seules 300 normes ont jusqu’à l’heure font l’objet d’une
adoption alors que l’Allemagne à travers son agence des normes (DIN) a déjà élaboré 25000
normes, soit quatre vingt fois de plus que le nombre de normes élaborés au Cameroun. Quant
à la France, à travers l’Agence Française des normes (AFNOR), 20000 normes ont été
élaborées représentant soixante six fois l’effectif du Cameroun. En ce qui concerne le
Royaume Uni et la Tunisie, les effectifs des normes représentent respectivement quarante
15000
trois fois et vingt six fois celui du Cameroun.
Ceci conduit à conclure que malgré de très gros efforts consentis ces dernières années par la
Division de Normalisation et de la Qualité, celle-ci ne peut aujourd’hui, avec son organisation
et ses ressources actuelles, assurer avec efficacité les besoins du Cameroun en élaboration,
adoption et vulgarisation de normes nationales

10000

5000

ii

0
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Tableau 11 : Etat comparatif des performances de quelques Systèmes Nationaux de


Normalisation
Rubrique Cameroun France Royaume Allemagne Tunisie
(DNQ) (AFNOR) Uni (DIN) (INNORPI)
(BSI)
Nombre de Normes 300 20000 13000 25000 8000
Production annuelle 75 1212 1204 1325 300
Budget Annuel
nd 40 50 60 nd
(milliard f cfa)
Part de l’état (en %) 100 27 8 14 nd
Chiffre d’affaire
nd 30 45 30 nd
(milliard f cfa)
Effectif du personnel nd 566 1911 847 nd
Adhérents nd 3375 29181 6365 nd
Source : MINIMIDT/DNQ, nd= non disponible

En ce qui concerne la production annuelle de normes, la moyenne au Cameroun est de 75.


Dans les pays développés (France, Royaume Uni et Allemagne), ce rythme est de 1200
environ, soit seize fois supérieur à celui du Cameroun. La Tunisie quant à elle, élabore quatre
fois plus de normes en moyenne annuelle que le Cameroun.

III-3-2 Diagnostic de l’évaluation et de la Certification de la Conformité au Cameroun


Le diagnostic de l’évaluation et de la certification de la conformité se fera suivant ses
principales composantes et porte essentiellement sur le cadre réglementaire, le cadre normatif
et la pratique du marché camerounais.

• Conformité par le fournisseur


Sur le plan réglementaire, la loi n°96/11 du 05 Août 1996 ne prévoit aucune disposition
relative à l’auto déclaration de la conformité par le fournisseur. Ceci pourra éventuellement
être pris en compte dans les textes d’application de cette loi.
En ce qui concerne le cadre normatif, il n’existe localement aucune norme définissant les
bonnes pratiques en la matière. Au niveau international, les critères généraux qui régissent
cette procédure sont définis dans la Norme ISO CEI 17022 "Critères généraux pour la
déclaration de la conformité du fournisseur". Ceci s’appuyant principalement sur la maturité
du système de management de la qualité de l’organisme.
En matière de pratique du marché Camerounais, plusieurs entreprises font de l’auto
déclaration de la conformité, très souvent de façon abusive. Il est donc souvent fait mention
sur l’emballage du produit, de la conformité à une norme internationale. Le client est ainsi
souvent victime d’escroquerie.

• Certificats d’étalonnage et les rapports d’essais

Bien que prévu par la loi n°96/11 du 05 août 96, le texte définissant les modalités d’agrément
des organismes de certification de la conformité n’a pas encore été adopté à ce jour. Ceci sera
une priorité pour le bon fonctionnement du Système National de Certification de la
conformité, et devra prendre en compte les normes internationales d’accréditation des
laboratoires d’étalonnage et d’essais.

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Sur le plan normatif, à l’image de la conformité par le fournisseur, il n’existe localement


aucune norme relative à l’accréditation des laboratoires d’étalonnage et d’essais. Au niveau
international, ceci est défini dans la Norme ISO CEI 17025 "Prescriptions Générales
concernant la compétence des laboratoires d’étalonnage et d’essais". Une fois de plus, ceci
s’appuie principalement sur la maturité du système de management de la qualité du
laboratoire.

En matière de pratique sur le marché local, il convient de relever en matière d’étalonnage


et d’essais, que la plupart des opérations d’étalonnage des équipements d’essais (labo) ou de
production sont à ce jour assurées par des organismes étrangers. Les compétences locales en
matière d’étalonnage restent très limitées. Quelques opérations d’étalonnage sont tout de
même régulièrement assurées localement.

L’autre limite de cette pratique porte sur le non raccordement de ces étalonnages avec le
système international de métrologie.

Il sera judicieux de mettre en place et d’assurer la gestion de quelques étalons de références


dans les domaines les plus usuels, et notamment pour les unités de bases suivantes :
• Mètre ;
• Kilogramme ;
• Seconde ;
• Ampère ;
• Kelvin.

La mise en place et l’adhésion à un système international d’essais circulaires inter laboratoires


facilitera aussi le raccordement des laboratoires d’analyses au système international.

Le tableau de la page suivante donne un aperçu de la situation dans ce domaine, et des


insuffisances qu’il faudra combler pour avoir un système national de normalisation apte à
contribuer à la levée des obstacles non tarifaires au commerce (OTC).

• Rapport d’Inspection

Sur le plan réglementaire, et bien que prévu par la loi n°96/11 du 05 août 96, le texte
définissant les modalités d’agrément des organismes de contrôle de la conformité n’a pas
encore été adopté à ce jour. Ceci devra prendre en compte les normes internationales
d’accréditation des organismes d’inspection.

Tout comme précédemment, il n’existe localement aucune norme relative à l’accréditation des
organismes d’inspection. Au niveau international, ceci est défini dans la Norme ISO CEI 61
"Critères généraux pour le fonctionnement de différents types d’organismes procédant à
l’inspection". Une fois de plus, ceci s’appuie principalement sur la maturité du système de
management de la qualité de l’organisme.

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Tableau 12: Etat des lieux des activités des laboratoires de contrôle qualité au Cameroun
Domaine Disponibilité des Laboratoires Satisfaction des besoins Reconnaissance internationale
Quelques laboratoires proposent ce type de Ces laboratoires ne sont pas en mesure de
prestations : satisfaire à ce jour, tous les besoins essentiels
en matière de contrôle qualité de la Aucun de ces laboratoires ne dispose d’une
Contrôle qualité des produits Institut Pasteur ; consommation. accréditation permettant la reconnaissance
alimentaires et HYDRAC ; Aucun de ces laboratoires n’est suffisamment internationale de ses compétences dans ce domaine.
pharmaceutiques SGS spécialisé dans ce domaine.
Ect ; A titre d’exemple, aucun de ces laboratoires ne
propose la détermination du LMR
Quelques laboratoires proposent ce type de
prestations : Ces laboratoires ne sont pas en mesure de Aucun de ces laboratoires ne dispose d’une
Contrôle de la pollution satisfaire à ce jour, tous les besoins essentiels accréditation permettant la reconnaissance
• HYDRAC ; en matière de contrôle de la pollution. internationale de ses compétences dans ce domaine.
• GEOFOR ;
• Laboratoire du MINIMIDT
Quelques laboratoires proposent ce type de Le LABOGENIE a développé une démarche de
prestations : reconnaissance sous régionale de ses compétences.
Contrôle de la qualité et de la • LABOGENIE Le LABOGENIE semble assez outillé pour Une démarche standard d’accréditation sera
sécurité des matériaux de • Laboratoire de l’Ecole Polytechnique ; satisfaire efficacement aux besoins courants nécessaire à terme pour les besoins du système
construction • Laboratoire MIPROMALO ; dans ce domaine national de normalisation.
• Etc.
Contrôle de la qualité et de la
sécurité des équipements Aucun laboratoire installé ne propose ce type
électrotechniques de prestation
Contrôle de la Qualité et de la Des centres de contrôle technique ont été Une reconnaissance sous régionale de la qualité des
Sécurité des Equipements de récemment agrées par le Ministère des Ces centres ne sont encore que dans une phase prestations de ces centres sera nécessaire
Transport Terrestre Transports de mise en place
Quelques laboratoires proposent ce type de Le Laboratoire SONARA a obtenu une accréditation
prestations : COFRAC pour les essais sur le JET A1,
Contrôle qualité des produits • HYDRAC Le laboratoire de la SCEFL a obtenu une accréditation
pétroliers et miniers • Laboratoire SONARA A ce jour, le besoin semble à peu près satisfait. pour les essais sur les lubrifiants.
• GEOFOR ; HYDRAC est depuis quelques temps engagé dans une
• Laboratoire du MINIMIDT démarche qualité
Quelques laboratoires comme ceux de SGS A ce jour, le besoin semble à peu près satisfait SGS Cameroun fait parti d’une multinationale
Contrôle qualité du bois Cameroun proposent ce type de prestation spécialisée dans le contrôle.

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III-3-3 Diagnostic de la Promotion, de la Vulgarisation de la Normalisation et de


l’Assurance Qualité au Cameroun
Les problèmes identifiés dans la promotion sont essentiellement de deux ordres, à savoir :
 La faible promotion de la normalisation et de la certification en raison
notamment du :
• faible niveau de sensibilisation des entreprises sur les avantages de la normalisation ;
• faible capacité des entreprises à se conformer aux normes, à assurer la qualité ;
• absence d’une politique d’incitation des entreprises à la normalisation ;
• faible culture qualité de la population (plus sensible au prix et moins sensible à la
qualité) ;
• faible sensibilisation et formation des administrations en matière de normalisation et
de qualité ;
• sensibilisation insuffisante des entreprises sur les enjeux et les atouts de la
normalisation ;

Dans le souci d’avoir une meilleure photographie de la culture des normes et de l’assurance
de la qualité dans les entreprises au Cameroun, une enquête a été ménée sur un échantillon 20
entreprises parmi lesquelles 14 PME. Le résultat obtenu est récapitulé dans le tableau 6
suivant, et démontre bien la faible culture d’assurance qualité des entreprises de la sous
région. Ceci illustre bien le handicap de la majorité des PME qui constituent une part
importante du tissu industriel et commercial de l’économie sous régionale, face à la
concurrence internationale et la mondialisation.

Tableau 13 : Evaluation en % du niveau de culture assurance qualité dans les


entreprises locales
Critères d’évaluation Pas En cours de Formalisé Efficacité Optimisé
formalisé formalisation et confirmé
fonctionnel e
Compréhension des nouveaux enjeux
en matière de normalisation et 50 25 10 15 0
l’enthousiasme au changement
Existence d’un système de veille
60 20 20 0 0
normative et d’assurance de la qualité
Existence et la pertinence d’une
70 10 10 10 0
politique qualité interne
Existence et la pertinence d’une
politique de développement des
50 20 20 10 0
ressources humaines en matière de
qualité et de normalisation
Aptitude à la mesure des
performances qualité des processus
55 25 15 5 0
et à une approche factuelle à la prise
des décisions
Aptitude à planifier efficacement
l’amélioration des performances 40 40 10 10 0
qualité
Source : Enquête effectué en Juin 2005 dans le cadre de la Semaine de l’Entreprise à ESSEC de Douala

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Le tableau ci – dessus permet de mettre en exergue le constat suivant :


• la moitié des entreprises interrogées n’ont pas encore formalisé la compréhension des
nouveaux enjeux en matière de normalisation et l’enthousiasme au changement. Seule une
entreprise sur dix l’a faite et l’a rendue fonctionnelle ;
• Trois entreprises sur cinq n’ont pas encore formalisé la mise en œuvre d’un système de
veille normative et d’assurance qualité. 10% des entreprises seulement l’ont formalisée et
rendue fonctionnelle ;
• Les trois quart (70%) des entreprises ne disposent pas d’une politique qualité interne ;
• La moitié des entreprises interrogées n’ont pas encore conscience de la pertinence
d’une politique de développement des ressources humaines en matière de qualité et de
normalisation ;
• Et la même proportion que précédemment ne disposent pas d’aptitude à la mesure des
performances qualité des processus et à une approche factuelle à la prise des décisions.

Malgré ce retard en matière d’Assurance Qualité, il est intéressant de noter qu’une quinzaine
d’entreprises, en général filiales de multinationales, sont aujourd’hui certifiées ISO 9001:2000 ou
ISO 14001.

 L’absence d’un système d’information et de communication de la normalisation,


de la certification et des activités connexes.

III-3-4 Diagnostic des ressources mise à la disposition des activités de normalisation et


de la qualité
On distingue les ressources financières et matérielles des ressources humaines.

1- Financement de la normalisation
L’on peut distinguer en matière de normalisation, le financement des administrations du
financement des institutions et du secteur privé. Le financement reste encore problématique,
en raison principalement de :
- l’insuffisance des ressources ;
- l’inefficacité des approches de mobilisation des ressources et financements du secteur
privé ;
- l’inefficacité des approches de mobilisation des aides auprès des différents bailleurs de
fonds et organismes d’appui au développement.

• Financement des administrations

Le financement de la normalisation dans les différentes administrations reste à ce jour


informel et marginal. A l’état actuel des choses, il est difficile d’espérer à une mobilisation
autour des normes. Il sera donc nécessaire de susciter des "Budgets Normalisation" dans les
différentes administrations concernées.

• Financement des institutions


Aucune disposition règlementaire formelle n’existe à ce jour à propos du financement des
activités des institutions de normalisation. Il s’agit plus précisément du financement de
l’Agence des Normes et de la Qualité (ou de la Division de la Normalisation et de la Qualité),
des Comités et Sous Comités Techniques de Normalisation, des Bureaux de Normalisation.

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2- Développement des Compétences


En matière de développement des compétences, le problème se situe au niveau de
l’insuffisance de ressources humaines compétentes pour l’encadrement du processus de
normalisation.

III-3-5 Diagnostic du système d’information et de communication


Le système d’information et de communication sur les normes est presque inexistant.
En matière d’information, on note une faible capacité institutionnelle à développer de
l’information sur les normes en raison notamment de l’incapacité d’assurer des réponses aux
demandes d’information sur les normes camerounaises, étrangères et internationales, ainsi
que la publication des produits d’information sur la normalisation et les activités connexes
(Catalogue de normes camerounaises, recueils de normes camerounaises, programme de
normalisation,….).
En matière de communication, on note une faiblesse dans l’utilisation des différents
moyens pour véhiculer l’information (Presse, Editions, Internet....) et une faiblesse récurrente
dans l’administration et la maintenance des bases de données sur les normes camerounaises,
étrangères et internationales. Enfin, la participation aux foires et salons internationaux reste
encore insatisfaisante.

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IV- FORMULATION DES CHOIX STRATEGIQUES


IV-1 VISION DE DEVELOPPEMENT

IV-1-1 Vision nationale de développement

A) Stratégie à long terme

Dans la formulation de sa vision prospective2, le Cameroun ambitionne de devenir à l’horizon


2035 « un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité ». Cette vision de
développement à long terme se traduit par quatre principaux objectifs globaux, à savoir :

1- Eradiquer la pauvreté : Les derniers résultats de l’ECAM III indiquent que le taux de
pauvreté monétaire n’a pas significativement changé entre 2001 et 2007. De 40,2% en 2001, il
se situe autour de 39,9% en 2007. Dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement
(OMD), la réduction de l’incidence de la pauvreté de moitié à l’horizon 2015, signifiait qu’il
soit ramené dans la fourchette 20% - 25% à cet horizon. Les résultats de l’ECAM III donne
une idée du chemin à parcourir pour atteindre cet objectif.
Eradiquer ainsi la pauvreté consistera à la ramener à un niveau résiduel. De manière
spécifique, il s’agit d’intensifier et de généraliser la disponibilité et la qualité des services de
santé, d’éducation, de formation et des autres infrastructures (énergie, routes, eau potable,
etc.). Ceci nécessite une croissance à deux chiffres et mieux distribuée.

2- Devenir un pays à revenus intermédiaires: Selon la classification de la Banque Mondiale


de 2002, les pays à revenus intermédiaires sont ceux dont le revenu par tête est compris entre
2 936 et 9 075 dollars. Actuellement, le Cameroun avec un revenu de 630 dollars par tête se
classe dans la tranche des pays à faible revenu. L'ambition de devenir un pays à revenu
intermédiaire se décline spécifiquement par la nécessité pour le pays d’accélérer et de
conforter le rythme de croissance économique dont dépend l'accroissement des revenus.

3- atteindre le stade de Nouveau Pays Industrialisé : La principale caractéristique d’un


Nouveau Pays Industrialisé (NPI) est une industrialisation rapide et une évolution accélérée
du secteur manufacturier. L’ambition du Cameroun à travers la vision de développement à
long terme est de passer de la phase primaire où la production manufacturière représente
moins de 11% du PIB, avec une exportation essentiellement des biens primaires et une
importation des produits manufacturiers légers et lourds à la phase de deuxième import
substitution. Dans cette perspective, la vision retient comme objectifs spécifiques d’améliorer
le poids des produits issus de l’industrie manufacturière dans le PIB et d’infléchir les
importations de tels produits tout en améliorant leur part dans les exportations.

4- Consolider le processus démocratique et renforcer l’unité nationale : L’objectif de


consolidation du processus démocratique est de garantir l’existence des espaces d’expression
et de libertés, la stabilité des institutions, l’existence de contre pouvoirs et d’organes de
régulation opérationnels et crédibles. Il renvoie également à la promotion d’un Etat fort, doté
d’une administration et d’un système juridique sains et dont les actions reposent sur les
principes de droits édictés et mis en application partout et pour tous.
2
MINEPAT, Document de formulation d’une vision prospective, document de travail

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La vision d’unité renvoie à l’unification et à la mobilisation des différentes composantes


(sociologiques, religieuses, linguistiques, corporatistes, …) de la société. L’objectif est de
renforcer les idéaux de paix, de liberté, de justice, et de solidarité nationale.

Les objectifs de la vision nous interpellent davantage sur le plan économique. En effet,
l’émergence signifie que le Cameroun sera parfaitement intégré à l’économie mondiale aussi
bien sur le plan commercial que financier. Cela signifie également que le pays rentre dans une
ère de développement économique et social durable avec une économie forte, diversifiée et
compétitive, caractérisée par une industrie manufacturière prédominante (ce qui impliquerait
que la part de la production manufacturière dans le PIB soit de l’ordre de 23 à 24 %, et, que
l’exportation de produits manufacturés prennent une place plus importante dans la structure
des échanges extérieurs au détriment des produits primaires) ; une intégration effective à
l’économie mondiale, un niveau de pauvreté résiduel et un revenu par tête qui le classe parmi
les pays à revenus intermédiaires.

Au plan sectoriel, le statut de NPI signifie l’atteinte des objectifs suivants :

 Accroître le volume des investissements (IDE, Publics, Privés) ;


 Réaliser le saut technologique ;
 Développer les infrastructures de communication, énergétiques, et de
télécommunications ;
 Faire émerger un secteur manufacturier sain et compétitif nécessaire pour générer
des ressources, soutenir la croissance, l’emploi, les exportations et l’intégration à
l’économie mondiale ;
 Diversifier les exportations ;
 Substituer les produits primaires par des produits manufacturiers légers dans les
exportations ;
 Substituer les produits manufacturiers légers par des produits manufacturiers
lourds dans les importations ;
 S’intégrer dans la sphère financière internationale.

A ces objectifs sont assignés des cibles quantitatives que nous énumérons ci-après :

 Revenu par habitant :


faire partie dès 2015 du groupe des pays à revenu moyen avec un revenu par habitant de
l’ordre de 950 dollars US comparativement à 630 dollars US actuellement,
Devenir à partir de 2035 un pays à revenu intermédiaire 3 avec un revenu par habitant situé
entre 2950 et 3000 dollars US.

L’atteinte de telles cibles correspond à des taux de croissance du PIB per capita de l’ordre
de 3,5% jusqu’en 2015 et de près de 6% sur la période 2015-2035

 Structure de la production
Passer progressivement d’une phase d’industrialisation primaire à une phase de deuxième
import - substitution correspondant à une structure du PIB où :
3
Selon la classification de la Banque Mondiale, les pays à revenus intermédiaires sont les pays dont le revenu par
tête est compris entre 2936 $ et 9075 $ US.

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- la part du secteur manufacturier dans le PIB passerait de 10 à 23 % et


- celle du primaire de 44% à moins de 15%. Le secteur des services verrait sa part
progressivement passer de 38% à près de 49-50%.

 Taux d’investissement
Passage d’un taux d’investissement de 17-18% à plus de 30% en 2035 soit un taux de
croissance moyen annuel de l’investissement de 1,3% ;

 Structure du commerce extérieur


Modification de la structure des échanges : La contribution des produits manufacturés aux
exportations passerait de 5,7% (moyenne 2000-2003) à 60,1% en 2035 alors que celle des
matières premières agricoles et du pétrole passeraient respectivement de 20,5% à 9,8% et de
50,7% à 21,9% à l’horizon 2035 ;

 Taux de croissance
La réalisation de ces objectifs nécessiterait une croissance moyenne annuelle de l’ordre de 7 à
8% sur la période considérée.

B) Stratégie à moyen terme


Dans le moyen terme, la politique du Gouvernement est principalement axée sur la relance de
la croissance, la création des emplois et une meilleure redistribution des fruits de la
croissance. Le taux de croissance nécessaire pour lutter efficacement contre la pauvreté est de
l’ordre de 7-8%. Ce qui ne peut être possible sans un volume accru des exportations, compte
tenu de la rigidité du pouvoir d’achat qui stabilise la contribution de la demande intérieure,
jusqu’alors le moteur de cette croissance. En raison de la timidité des investissements, seule
une amélioration conséquente du volume des exportations, à travers la conquête des marchés
extérieurs peut garantir l’atteinte d’un tel objectif.

IV-1-2 Vision de développement de la normalisation

Le Gouvernement envisage un Cameroun prospère au plan économique et social, jouant un


rôle de premier plan dans l’industrialisation et le commerce de la sous région et participant de
façon active et dynamique aux échanges internationaux, en assurant une offre de produits et
de services respectueuse de l’environnement et de la sécurité des consommateurs.

Il est attendu que le Système National des Normes et de la Qualité contribue à développer
auprès des agents économiques et du grand public, une culture de normalisation apte à
conduire le pays de façon progressive et assurée dans la mondialisation. Pour ce faire celui-ci
s’activera à accompagner les parties prenantes publiques et privées à travers :
• la mise à niveau de leurs outils et méthodes de production ;
• une meilleure valorisation des ressources productives nationales ;
• le développement des pratiques commerciales saines et équitables ;
• l’ouverture aux partenariats financiers et aux marchés internationaux ;

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

• la promotion des valeurs relatives à la gouvernance et à la préservation de


l’environnement.
La finalité de cette démarche vise à promouvoir la qualité de la vie et à assurer aux
populations, le bien être.

Dans cette perspective, la vision de la normalisation est la suivante :


« Contribuer à la relance de la croissance, à la création de l’emploi
et à la lutte contre la pauvreté à l’ère de la mondialisation à travers
le développement d’un Système National efficient de Normalisation
et de Promotion de la Qualité pour permettre au pays de jouer
pleinement son rôle de moteur dans le commerce sous-régional et
participer substantiellement au commerce international.

La vision se décline en objectifs spécifiques suivants :


une meilleure protection des consommateurs ;
l’ instauration de pratiques commerciales loyales ;
la mise à niveau des entreprises camerounaises en vue de la compétitivité.

IV-2- AXES, OBJECTIFS STRATEGIQUES ET PLANS D’ACTIONS


Au regard de l’état des lieux et du diagnostic, de la vision de développement nationale et de la
normalisation, des enjeux et défis actuels de développement, le cadre d’orientation de
développement d’un système pertinent de normalisation au Cameroun s’appuiera sur cinq
principaux axes stratégiques, à savoir :

Axe1 : Amélioration du cadre juridique et réglementaire


Axe 2 : Amélioration du cadre institutionnel
Axe 3 : Amélioration des performances du système national de normalisation
Axe 4 : développement des ressources
Axe 5 : Amélioration de l’information et de la communication
Axe6 : Renforcement de la coopération et du partenariat

AXE1 : AMELIORATION DU CADRE JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE

Du diagnostic présenté ci – avant, il ressort que le cadre règlementaire régissant la


normalisation constitue en soit un véritable obstacle pour le développement et la promotion de
la normalisation. Ainsi, l’élaboration et la mise en œuvre d’un cadre institutionnel approprié
est de nature à faciliter le développement de la normalisation et créer un environnement
compétitif de nos produits à l’extérieur. L’amélioration du cadre juridique et réglementaire
sera sous-tendue par deux principaux objectifs stratégiques, à savoir :
- Faciliter la mise à niveau du cadre juridique et réglementaire
- Renforcer le dispositif légal et réglementaire actuel

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Objectif stratégique 1: Faciliter la mise à niveau du cadre juridique et réglementaire


L’inadéquation du contenu de la loi n°96/11 du 05 Août 1996 relative à la Normalisation qui
définit le cadre légal en matière de normalisation, par rapport aux nouveaux enjeux et
engagements internationaux du Cameroun en matière de normalisation, l’absence des décrets
d’application de celle-ci, contribuent à l’affaiblissement du Système National Camerounais de
Normalisation.
Cet objectif vise essentiellement à rendre plus opérationnel le cadre juridique et
réglementaire, en assurant la disponibilité des textes d’application de ses principaux
instruments. Il sera par ailleurs question de l’actualiser pour le rendre plus cohérent avec les
accords et conventions signés par le Cameroun.
Les principaux instruments nécessitant les textes d’application sont :
- Accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) de
l’OMC
- Accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC) de l’OMC
- Accord Intérimaire de Partenariat Economique avec l’Union Européenne
- Réglementation commune sur le contrôle sanitaire et phytosanitaire
- Loi n°96/11 du 05/08/1996 relative à la Normalisation
- Loi n°2004/002 du 21/04/2004 sur la Métrologie Légale.

Objectif stratégique 2 : Renforcer le dispositif légal et réglementaire actuel


Cet objectif vise à compléter le dispositif légal et réglementaire actuel, notamment à travers
l’élaboration :

• d’une législation appropriée relative à la protection des consommateurs ;


• des dispositions relatives à l’auto déclaration de la conformité par le fournisseur;
• de références normatives locales en matière d’auto déclaration par le fournisseur ;
• de textes définissant les modalités d’agrément des organismes de certification de la
conformité ;
• de références normatives locales relative à l’accréditation des laboratoires
d’étalonnage et d’essais ;
• de textes définissant les modalités d’agrément des organismes de contrôle de la
conformité ;
• de références normative locale relative à l’accréditation des organismes d’inspection.

Plans d’actions prioritaires


La principale action portera sur l’actualisation de la loi relative à la normalisation et la
signature des décrets d’application appropriés. Le travail de mise à niveau du cadre légal et
règlementaire consiste à :
1. Préparer et faire adopter une législation actualisée relative à la normalisation ;
2. Préparer et faire signer les décrets d’application de la loi sur la normalisation.

AXE2 : AMELIORATION DU CADRE INSTITUTIONNEL DE NORMALISATION

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

De même que le cadre législatif et réglementaire, l’amélioration du cadre institutionnel est


fondamentale pour le développement d’un système efficace de normalisation. Une bonne
politique de normalisation ne trouve sa pleine expression que dans un système national
efficace de normalisation.
Le statut de Division au sein d’un Département Ministériel réduit aujourd’hui
considérablement les marges de manœuvre et l’efficacité de l’Organisme National de
Normalisation qu’est la Division de la Normalisation et de la Qualité du Ministère de
l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique.

De même l’absence d’un Organe National d’Orientation et de Suivi des activités de


Normalisation, ne permet pas d’assurer une cohérence dans les interventions des acteurs et
l’efficacité dans la mobilisation et l’affectation des ressources nécessaires.

Trois principaux objectifs stratégiques sont poursuivis dans cet axe, à savoir :
- Mettre en œuvre un système national efficace de normalisation et de qualité
- Elaborer une politique nationale de normalisation
- Développer des synergies entre les différents acteurs de développement et de promotion de
la norme et qualité

Objectif Stratégique 3: Mettre en œuvre un système national efficace de normalisation et


de qualité
- rendre opérationnel l’agence des normes
- faciliter la mise en place des acteurs clés du système national de normalisation

Objectif stratégique 4: élaborer une politique nationale de normalisation


Il s’agit d’élaborer un cadre d’orientation des activités de normalisation en cohérence avec les
stratégies globales et ministérielles de développement et les engagements internationaux du
Cameroun
Objectif stratégique 5: développer des synergies entre les différents acteurs de
développement et de promotion de la norme et qualité
L’approche adoptée essaye autant que possible d’intégrer le contexte et les opportunités
locales, qui sont loin d’être similaires au cas des pays industrialisés. L’objectif étant, malgré
la modicité des ressources mobilisables, de mettre en œuvre un Système National de
Normalisation et d’Assurance Qualité crédible sur le plan international.

L’organisation actuelle de la normalisation au Cameroun est encore embryonnaire. Pour


concrétiser la vision stratégique du gouvernement, le Ministère en charge de l’Industrie, des
Mines et du Développement Technologique compte stimuler une forte implication de ses
partenaires en articulant sa démarche autour des quatre piliers de base suivants

1. Prise en charge. La mise en œuvre de la Stratégie de Normalisation ne peut être efficace


sans l'appui et l'engagement des différentes administrations impliquées, de la société civile
et surtout du secteur privé. Etant donné que les allocations actuelles de ressources pour le
développement de la normalisation se situent très en dessous des besoins réels, il est
indispensable que les acteurs susvisés s’impliquent davantage dans la mobilisation des
ressources nécessaires.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

2. Financement. Le second pilier consiste à faire des différents services relatifs à la


normalisation, de véritables produits commerciaux, satisfaisant à un besoin exprimé des
utilisateurs, à un prix compétitif, en relation avec l’importance stratégique et la qualité du
service rendu. L'étape clé à franchir est donc d'impliquer le secteur privé dans la
promotion des services de normalisation, dès lors que la plus value dégagée constitue un
facteur essentiel de motivation.

3. Responsabilité. Le troisième pilier consiste en une bonne structure organisationnelle pour


gérer les différentes parties et les aspects divers de la Normalisation. Ceci nécessite quatre
éléments:
• Une définition claire des responsabilités parmi les différents départements
ministériels et les différents niveaux du gouvernement;
• Une meilleure implication des acteurs concernés du secteur privé ;
• Une meilleure coordination des activités relatives à la normalisation ;
• La promotion de la qualité et de la performance au niveau des différents acteurs
impliqués.

4. Gestion. Le dernier pilier consiste à mettre l'accent sur la mise en place des structures
d’animation et de gestion des activités de normalisation. L’idée est de procéder à la
création d’un organe suprême d’orientation et de suivi prenant la forme d’un Conseil
National de la Normalisation et de la mise en place d’une structure autonome de
coordination et de pilotage, notamment l’Agence des Normes et de la Qualité
(CAMNORME).

Le développement des synergies portera également sur la mise en réseau des opportunités de
financement ainsi que sur la mise en réseau des compétences techniques et expériences par
filière.
En ce qui concerne les opportunités de financement, il existe aujourd’hui au Cameroun, un
certain nombre de Fonds qui sont susceptibles d’apporter une contribution importante dans les
activités de normalisation et de mise à niveau dans leurs secteurs respectifs :
• Fonds National de l’Emploi ;
• Fonds Routiers ;
• Fonds National de l’Environnement et du Développement Durable ;
• FEICOM ;
• Fonds PPTE ;
• Etc.

La mise en réseau des ressources susceptibles d’être allouées par ces fonds à la mise à niveau
peut être faite au moyen du Fonds National de Promotion de la Normalisation qu’il faudra
créer.

Pour ce qui est de la mise en réseau des compétences techniques et expériences par
filière, elle se fera dans le cadre des Comités Techniques et Sous Comités Techniques de
Normalisation, pilotés par le secteur privé, suivi par l’administration chargée de la
normalisation.

En matière d’analyses et d’essais, le Laboratoire National de Référence assure entre autres, la


mise en réseau des expériences et compétences des différents laboratoires d’étalonnage,
d’analyses et d’essais.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Pour terminer, la synergie se fera à travers des organismes de relais. Les organismes qui
assureront le relais des activités de normalisation entre le secteur public et le secteur privé
sont les suivants :
1. Le Conseil National de la Normalisation ;
2. Les Comités et les Sous Comités Techniques de Normalisation
3. L’Agence Nationale des Normes (CAMNORMES).

Les organismes qui assureront le relais entre les différents acteurs de chaque filière d’activités
seront les suivants :
1. Les associations professionnelles ;
2. Les Chambres Consulaires.

Plan d’actions prioritaires


Les actions prioritaires retenues dans cet axe sont les suivantes :

1. La création d’un Conseil National de Normalisation ;


2. La formulation d’un Programme d’appui au développement de la normalisation ;
3. La mise en place de l’Agence des Normes et de la Qualité ;
4. La création d’un Laboratoire National de Référence.

• Création d’un Conseil National de la Normalisation

Il s’agit de :
1. Veiller à ce que la loi relative à la normalisation définisse le rôle de cet organe ;
2. Développer le consensus autour du projet de création de cet organe ;
3. Elaborer et faire adopter les textes de création de cet organe d’orientation, de
facilitation et de suivi évaluation de la mise en œuvre du Plan Stratégique National de
Normalisation ;
4. De mettre en place et rendre opérationnelle la structure de pilotage et le déploiement
géographique de cet organe (Secrétariat Exécutif ou Technique)

• Formulation d’un Programme d’Appui à la Stratégie Nationale de


Développement de la Normalisation
Dans le souci d’assurer une large mobilisation des ressources nécessaires au niveau de toutes
les administrations publiques et privées impliquées, il s’agit de formuler et de faire adopter de
façon consensuelle, un Programme d’Appui à la Stratégie Nationale de Normalisation.

• Mise en place de l’Agence des Normes et de la Qualité (CAMNORMES)


Il est question :
1. De faire signer le décret portant organisation de l’Agence des Normes et de la
Qualité ;
2. Démarrer les activités de l’Agence.

• Création d’un Laboratoire National de Référence en Matière de Contrôle Qualité


Le projet de création du Laboratoire National de Référence vise entre autres :
- à assurer la fiabilité et le raccordement au système international, du Système National de
Métrologie ;
- disposer d’un outil de vérification et d’audit de contrôle qualité.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Le travail à faire consiste à :


1. Réaliser un document de vision stratégique du futur laboratoire ;
2. Réaliser une étude de faisabilité ;
3. Proposer des textes de création et d’organisation de ce laboratoire ;
4. Développer le consensus autour du projet de création de ce laboratoire.

AXE3 : AMELIORATION DES PERFORMANCES DU SYSTEME NATIONAL DE


NORMALISATION
L’incohérence du système actuel ne permet pas de disposer d’un niveau suffisant de normes,
de même que d’une démarche adéquate de certification de la conformité, susceptibles
d’assurer : une protection efficace des consommateurs, des pratiques commerciales loyales, la
valorisation et l’utilisation industrielle de matières premières locales, de même qu’une
meilleure fluidité des échanges de produits et services vers l’international.

L’option consistera à capitaliser l’expérience acquise depuis quelques années en matière


d’élaboration des normes, de contrôle de la qualité des produits, d’étalonnage des
équipements de mesure, de certification à la conformité, pour développer de nouvelles
approches plus dynamiques susceptibles de satisfaire aux besoins en normes et aux exigences
de certification de la conformité.

Dans cette perspective, la démarche s’appuiera sur : la redynamisation des comités techniques
nationaux de normalisation, le développement d’un système cohérent d’agrément et
d’accréditation, et la promotion du partenariat public/privé.

Objectif stratégique 6: Dynamiser les activités d’élaboration des normes et de


certification de conformité

Plans d’actions prioritaires


Les actions prioritaires pour la dynamisation des activités d’élaboration des normes et
certification porteront essentiellement sur le développement des partenariats, notamment :
- Partenariat avec les Bureaux de Normalisation Privés
- Partenariat avec les Laboratoires d’Analyses et d’Essais
- Partenariat avec les Cabinets d’Audits Qualité
- Partenariats avec les Associations de Consommateurs pour la labellisation des
produits et services de l’artisanat
• Partenariat avec les Bureaux de Normalisation Privés
Dans le but de dynamiser les activités des comités techniques, il est question d’agréer
quelques Bureaux de Normalisation privés qui réaliseront les études, proposeront des avants
projets de normes de qualité, assureront l’encadrement technique des Comités Techniques et
Sous Comités Techniques de Normalisation pour l’adoption de projets de normes.

• Partenariat avec les Laboratoires d’Analyses et d’Essais


Il s’agit :
• Dans un premier temps, de susciter la mise en place et d’agréer quelques laboratoires
d’analyses et d’essais pour chacune des normes d’application obligatoire ;

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

• Dans un deuxième temps, de suivre, d’encadrer leur mise à niveau en matière


d’accréditation internationale.

• Partenariat avec les Cabinets d’Audits Qualité


De même, il s’agit :
• Dans un premier temps, de susciter la mise en place et d’agréer quelques cabinets d’audits
et de certification qualité ;
• Dans un deuxième temps, de suivre, d’encadrer leur mise à niveau en matière
d’accréditation internationale.

• Partenariats avec les Associations de Consommateurs pour la labellisation des


produits et services de l’artisanat
Dans le but d’assurer une vulgarisation des outils de la normalisation dans les filières à
caractère artisanal il est question de :
1. Négocier quelques partenariats avec des associations de protection des consommateurs,
pour le développement de la labellisation dans quelques filières stratégiques ;
2. Encadrer ensuite la mise à niveau organisationnelle de ces associations.

Objectif stratégique 7: Promouvoir des activités de normalisation et de certification


Cet objectif vise à promouvoir les activités de normalisation et de certification pour améliorer
l’appropriation des normes par le secteur prive et assurer une meilleure sensibilisation des
partenaires publics, privés et de la société civile sur les enjeux, les atouts et la réglementation
en matière de normalisation
L’atteinte de cet objectif repose essentiellement sur les trois principales actions suivantes :
- développement et promotion des mesures d’incitation à la normalisation ;
- développement d’une stratégie de marketing et de commercialisation des normes et
documents normatifs ;
- Promotion des manifestations à caractère promotionnel.

Tableau 14: Incitations et subventions


Nature Outils
Incitations fiscales Lois de Finance
Codes Sectoriels
Incitations commerciales Marchés Publics
Nouveaux Projets Industriels
Accès aux Financements Internationaux
Subventions Bailleurs de fonds
Organismes d’Appui au Développement
Accords de partenariats
Divers Dons
Divers Fonds Publics
Fonds de Promotion de la Normalisation

Plan d’actions prioritaires


Le plan d’action visera principalement à

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

- développer et promouvoir des mesures d’incitation à la normalisation portant sur les


aspects suivants:
1. Appropriation des activités des Comités Techniques de Normalisation par le Secteur
Privé ;
2. Appui à la formulation et à la mise en place d’un dispositif de surveillance et de suivi
de l’application des normes d’application obligatoire
3. Prise en compte de la Normalisation dans les Procédures de Passation des Marchés
publics ;
4. Mise en place d’un financement permanent à travers un Fonds destiné à la promotion
des activités de normalisation et de mise à niveau des entreprises. Ledit fonds pourrait
être commun avec celui du développement industriel
- développer une stratégie de marketing et de commercialisation des normes et
documents normatifs
1. Automatisation de l’activité de vente des normes et documents normatifs
camerounais;
2. -Conclusion d’accords commerciaux avec les organismes étrangers de normalisation
pour la commercialisation de leurs normes et documents normatifs;
3. Création d’un réseau de points de vente de normes et documents normatifs
camerounais au niveau régional;
4. Renforcer le marketing des normes et documents normatifs camerounais ( édition de
brochure de normes, ….) et développer celui lié à la certification.

- Promouvoir des manifestations à caractère promotionnel

• Appropriation des Activités des Comités Techniques de Normalisation par le


Secteur Privé

Il s’agit d’amener le secteur privé à prendre le pilotage effectif des Comités Techniques de
Normalisation, et d’en faire un outil pour l’assainissement de leurs filières d’activité
respectives. Le travail à effectuer consistera à :
1. Elaborer et faire signer des arrêtés ministériels (un arrêté par filière) donnant plus de
détails et de précisions sur les missions, l’organisation, le fonctionnement, le
financement des activités des Comités Techniques et Sous Comités Techniques de
Normalisation ;
2. Organiser des séminaires de sensibilisation des chefs d’entreprises sur les opportunités
offertes par les Comités Techniques de Normalisation, pour la lutte contre les
pratiques déloyales ;
3. Encadrer le renforcement des capacités des différents comités et sous comités
techniques de normalisation.

• Appui à la formulation et à la mise en place d’un dispositif de surveillance et de


suivi de l’application des normes
Il est question :
1. De formuler, dans le cadre des Comités Techniques et Sous Comités Techniques de
Normalisation, des Plans de Surveillance du Respect des Normes d’application
obligatoire sur l’étendue du territoire camerounais ;

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

2. D’élaborer en conséquence et de faire signer des arrêtés ministériels (un arrêté par
norme d’application obligatoire) définissant l’organisation mise en place pour assurer
la surveillance du respect de chaque norme d’application obligatoire.

• Prise en compte de la normalisation dans les marchés publics et les nouveaux


projets industriels
Le travail consiste à :
1. Elaborer et faire signer des arrêtés relatifs aux exigences de management de la qualité,
de la sécurité et de la protection de l’environnement dans le cadre des projets de
création de nouvelles installations industrielles ;
2. Appuyer l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP) dans l’actualisation
des procédures de passation des marchés publics pour une plus grande prise en
compte des exigences de Management de la Qualité, de la Sécurité et de la Protection
de l’Environnement.

• Mise en place d’un Financement Permanent à travers un Fonds destiné à la


promotion des activités de normalisation et de mise à niveau des entreprises
Il s’agit de :
1. Réaliser un document de vision stratégique du Fonds ;
2. Réaliser une étude de faisabilité ;
3. Proposer des textes de création et d’organisation du Fonds ;
4. Développer le consensus autour du projet de création de ce Fonds.

• Promouvoir des manifestations à caractère promotionnel


Il s’agit aussi de développer des partenariats avec le secteur privé pour le développement et la
pérennisation des manifestations suivantes :
1. Journée Mondiale de la Normalisation ;
2. Semaine Nationale de la Qualité ;
3. Prix National de la Qualité ;
4. Forums et Foires Expositions Sectoriels de Promotion de la Normalisation.

AXE4 : DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES HUMAINES, FINANCIERES ET


MATERIELLES
La mise en œuvre d’une politique des normes nécessite d’importantes ressources, à savoir :
1. Des ressources pour mobiliser les acteurs et les parties prenantes ;
2. Des ressources pour faire fonctionner les différentes institutions nécessaires ;
3. Des ressources pour participer aux travaux des instances internationales de
normalisation.

Ceci implique :
• La mise en place de "Budgets Normalisation" au niveau du Ministère chargé de
l’Industrie et des autres administrations développant des activités de
normalisation, ainsi que la mise au point d’un système fiable de financement des
activités des différentes institutions contribuant à la normalisation ;

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

• Le développement de compétences dans les différents domaines contribuant à la


normalisation.
Compte tenu de l’importance des besoins en financement, du caractère stratégique de ces
institutions aussi bien pour le secteur public que pour le secteur privé, des possibilités de
produits et services pouvant être proposés par celle-ci, le mode de financement de ces
activités devrait logiquement intégrer :
• Une contribution de l’état (sous forme de taxe ou de subvention) ;
• Une contribution du secteur privé ;
• Les revenus des services et produits ;
• Les aides éventuelles des organismes internationaux.

Objectif stratégique 8: Mobiliser les ressources financières et matérielles des


administrations et des institutions
Plus spécifiquement, le MINIMIDT concentrera son action dans la mise en place des budgets
de normalisation dans les administrations développant ces activités.

Objectif stratégique 9: Développer les ressources humaines (formation, renforcement


des capacités)
L’insuffisance des compétences locales en matière de normalisation, aussi bien au niveau des
administrations publiques qu’au niveau du secteur privé et de la société civile est un handicap
majeur dans la réalisation des objectifs retenus. Les aspects relatifs à la normalisation, à la
métrologie, à la certification de la conformité, nécessitent en effet des ressources humaines
spécialisées, rompues aux pratiques et aux standards internationaux encore très insuffisants
sur le marché local.
Dans le but de combler ces insuffisances en urgence, le deuxième objectif retenu est d’assurer
la mise à niveau du personnel tant des administrations publiques, du secteur privé que des
associations de consommateurs, à travers des Programmes Annuels de Formation et de
Recyclage. Un accent sera aussi mis pour le développement des formations diplômantes dans
les universités, les centres techniques de métiers et les instituts universitaires.
La reconnaissance internationale du label qualité national passera par la mise à niveau par
rapport aux normes internationales, de nos compétences dans les domaines suivants :
1. Etalonnages et essais ;
2. Inspections ;
3. Audits (certification).

Bien qu’il existe déjà quelques compétences locales dans les différents domaines (SGS
Cameroun, BUREAU VERITAS, CAPI CAM, DIGITAL, Centre Pasteur, HYDRAC, ADRH
APAVE, CONFORME AQ, etc.) pour amorcer facilement le processus, il se dégage un
énorme besoin de mise à niveau du personnel des administrations et des entreprises.

Ceci ne sera possible que si :


• les ressources financières sont disponibles ;
• une véritable approche de partenariat Public & Privé est mise en œuvre ;
• une dynamique de stimulation de l’assurance qualité et de la performance est
développée.

Nous avons noté que :

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

• le projet PASAPE de l’ONUDI compte assurer la mise à niveau en matière


d’assurance de la qualité dans 20 entreprises ;
• un projet de mise à niveau des différents partenaires de la normalisation est en cours
de gestation au MINIMIDT ;
• un projet de développement d’un Partenariat Public et Privé pour la création et le
développement des bureaux de normalisation est en cours de gestation au MINIMIDT ;
• un projet de développement d’un Partenariat Public et Privé pour la création et le
développement des Laboratoires d’Essais est en cours de gestation au MINIMIDT ;
• Un projet de développement d’un Partenariat Public et Privé pour l’audit et la
certification produit et système est en cours de gestation au MINIMIDT ;
• Le Programme de mise à niveau des PME dans le cadre du projet d’extension
d’ALUCAM piloté par le MINIMIDT et RIO TINTO ALCAN.

Il est attendu de ces projets qu’ils contribuent au développement des compétences locales en
matière de normalisation.

Plan d’actions prioritaires


Les actions prioritaires en matière de développement des compétences sont les suivantes :

- Création de Centres de Documentation et d’Information sur la normalisation dans les


zones à fort potentiel industriel
- Mise en œuvre d’un Programme National de Formation à la Normalisation
- Promotion d’un Système de Formation Professionnelle Universitaire sur la Normalisation
- Appui à la promotion de Centres Techniques Professionnels des Métiers

• Création de Centres de Documentation et d’Information sur la normalisation


dans les zones à fort potentiel industriel
Il s’agit de développer un partenariat avec quelques Bureaux de Normalisation Privés pour la
création et/ou la gestion de quelques Centres de Documentation et d’Information (CDI) dans
les zones à forts potentiels industriels ou agricoles.
• Mise en œuvre d’un Programme National de Formation à la Normalisation
Dans le but de se doter d’un outil opérationnel, efficace et efficient de mise à niveau du
personnel des administrations et des entreprises en matière de normalisation, il est question de
développer des partenariats avec les organismes privés ayant une expérience dans la
formation en matière de normalisation, pour la mise en œuvre de Programmes de Formation à
la Normalisation, dans les zones à forts potentiels industriels ou agricoles.
• Promotion d’un Système de Formation Professionnelle Universitaire sur la
Normalisation
Dans le souci d’une prise en compte efficace de la normalisation dans les programmes de
formations universitaires et professionnelles, il s’agit d’apporter un appui dans la
standardisation des programmes de formation en matière d’assurance de la qualité, de
management de la qualité, de la sécurité et de l’environnement.
• Appui à la promotion de Centres Techniques Professionnels des Métiers
Dans le but de faciliter le transfert de technologies, les échanges d’expériences, de vulgariser
les bonnes pratiques de production, de rendre plus accessible les standards de qualité et de

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

performance dans chaque filière, il s’agit de développer des partenariats avec le secteur privé,
dans la mesure du possible les associations professionnelles, pour la création de Centres
Techniques Professionnels des Métiers, qui sont des centres de référence, proposant aux
opérateurs d’une filière donnée :
1. Les normes de qualité de la filière ;
2. Une documentation spécialisée ;
3. Des prototypes de produits normalisés ;
4. Un réseau d’experts spécialisés ;
5. Des conseils techniques ;
6. Un cadre d’échange d’expériences,
7. Eventuellement un Laboratoire d’essais.

AXE 5 : AMELIORATION DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION


Deux principaux objectifs fondent cet axe, à savoir :
Objectif stratégique 10: Développer et diffuser l’information sur les normes
Le développement de la normalisation suppose également la capacité pour le Cameroun,
d’assurer en matière d’information :
- Réponses aux demandes d’information sur les normes camerounaises, étrangères et
internationales;
- Publication des produits d’information sur la normalisation et les activités connexes
(Catalogue de normes camerounaises, recueils de normes camerounaises, programme de
normalisation,….)

Objectif stratégique 11: Développer la communication et la documentation des normes


- Utiliser différents moyens pour véhiculer l’information (Presse, Editions, Internet....);
- Administration et maintenance des bases de données sur les normes camerounaises,
étrangères et internationales. Dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de
Normalisation, les bases de données à constituer sont les suivantes :
1. Le répertoire national des normes ;
2. Le répertoire national des exigences qualité, sécurité et environnement du marché
local ;
3. Le répertoire des exigences qualité, sécurité et environnement du commerce
international ;
4. Le répertoire national des Bonnes Pratiques de Production de biens et de services ;
5. Le répertoire des publications locales sur la normalisation et la qualité ;
6. Le fichier national des organismes agrées et accrédités en matière de normalisation ;
7. Le fichier national du suivi des performances qualité, sécurité et environnement des
entreprises locales.
8. Les autres fichiers susceptibles d’être identifiés par les associations professionnelles et
les chambres consulaires.

Plan d’actions prioritaires


- Développement et mise en œuvre des outils de communication sur la normalisation : Il est
question de développer un partenariat avec les agences privées spécialisées, pour la réalisation
et la diffusion de documentaires radio, télé, de journaux sur la normalisation et la qualité, la

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

couverture médiatique des manifestations, des évènements relatifs aux activités de


normalisation.
- Mettre en place un service personnalisé de diffusion sélective d’information sur les normes
camerounaises au profit des utilisateurs des normes ;
- Diversification des produits d’information proposés jusqu’à présent aux utilisateurs de la
normalisation;
-Développement d’une politique de communication en interne et en externe en matière de
normalisation et de certification;
-Développent d’un site web dédié aux activités de la normalisation, la certification et
l’information ;
-Développement de base de données nécessaires pour la gestion des activités de la
normalisation, l’information et la certification;
- Développement d’un système de diffusion de normes et documents normatifs camerounais
sous formats électronique (CD-ROM);
- Accueil dans de meilleures conditions des visiteurs souhaitant avoir des informations sur les
normes et les activités y afférentes.

AXE 6 : RENFORCEMENT DE LA COOPERATION ET PARTENARIAT


La reconnaissance, la crédibilité internationale de la marque NC (Norme Camerounaise) n’est
pas aujourd’hui établie. Ce qui ne facilite pas l’insertion des produits d’origine sur les
marchés internationaux.
La nécessité de s’arrimer au système international de normalisation en vue de bénéficier des
retombées positives liées au transfert des technologies et au renforcement des capacités,
requiert des initiatives destinées à promouvoir la coopération et les accords de reconnaissance
mutuelle.
Dans cet ordre d’idée, l’objectif est de mettre en œuvre une démarche de négociation
d’accords d’assistance, d’accords de coopération avec des organismes nationaux des pays
tiers, les organismes internationaux de normalisation, les grandes multinationales susceptibles
de contribuer aux objectifs du système national de normalisation à travers des Projets bien
définis.
Dans la perspective de jouer un rôle de premier plan en matière de normalisation dans la sous
région CEMAC, le Cameroun contribuera à ce que les actions engagées et visant la promotion
de son système de normalisation, s’intègrent dans une démarche qui puisse être utile aux
organismes de normalisation des pays de la sous région CEMAC.

Objectif stratégique 12 : négociation des accords de coopération et des accords de


reconnaissance mutuelle

Objectif stratégique 13: Participation aux salons et foires internationaux

Plans d’actions prioritaires


- Négociation d’Appuis Internationaux à la Mise en Œuvre de la Stratégie Nationale
de Normalisation
- Renforcement de la coopération avec les organismes internationaux de
normalisation
- Appui à l’harmonisation des démarches de normalisation dans la sous région
CEMAC

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

- Développement des accords bilatéraux de coopération en matière de normalisation


avec les pays tiers
- Renforcement de la Participation du Cameroun aux rencontres Internationales de
Normalisation
- Multiplication de la présence dans les foires et salons;

• Négociation d’Appuis Internationaux à la Mise en Œuvre de la Stratégie


Nationale de Normalisation
Dans le but de mobiliser des ressources complémentaires nécessaires au financement des
activités de la Stratégie Nationale de Normalisation, il sera question de mettre en œuvre une
démarche méthodique de sollicitation des appuis des bailleurs de fonds internationaux, des
organismes internationaux d’appui au développement, et de maîtrise de l’utilisation des
ressources ainsi mobilisées.

• Renforcement de la coopération avec les organismes internationaux de


normalisation
Dans le but de bénéficier de l’expérience des organismes nationaux et internationaux de
normalisation en matière de gestion des systèmes nationaux de normalisation, il sera question
de mettre en œuvre une démarche méthodique de développement progressif de la coopération
avec quelques organismes convenablement ciblés.

• Appui à l’harmonisation des démarches de normalisation dans la sous région


CEMAC
Dans le souci d’assumer son rôle de moteur de l’économie sous régionale, il sera question
de développer une démarche méthodique d’appui à :
1. La mise en place d’un dispositif de coopération entre les organismes de normalisation
des pays de la sous région CEMAC ;
2. L’harmonisation des normes de qualité et de certification de la conformité.

• Développement des accords bilatéraux de coopération en matière de


normalisation avec les pays tiers
Dans le but de faciliter les échanges avec les principaux pays partenaires commerciaux du
Cameroun, il sera question de mettre en œuvre une démarche méthodique de négociation des
Accords de Reconnaissance Mutuelle.

• Renforcement de la Participation du Cameroun aux rencontres Internationales


de Normalisation
Pour assurer une meilleure représentativité du Cameroun dans les instances internationales
traitant de la normalisation, une meilleure prise en compte des contraintes, de la position du
Cameroun dans les décisions internationales en matière de normalisation, il sera question de
planifier plus efficacement la participation du Cameroun aux rencontres internationales de
normalisation.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

IV- CADRE OPERATIONNEL DE LA STRATEGIE


IV-1 PLANS D’ACTIONS SUR LA PERIODE 2008-2015
AXES PROGRAMMES/ PROJETS RESULTATS COUT INDICATEURS PERIOD RESPONSA
STRATEGIQUES SOUS- ATTENDUS E BLE
PROGRAMMES
AXE I : Objectif stratégique1 : Faciliter la mise à niveau du cadre juridique et réglementaire
AMELIORATION DU Programme n°1 : Mise Préparation et adoption d’une Législation mise à jour Nombre de textes
CADRE JURIDIQUE à niveau du cadre légal, législation actualisée relative actualisés
ET REGLEMENTAIRE règlementaire et à la normalisation
institutionnel Préparation des décrets Textes d’application de la loi Nombre de décrets
d’application de la loi relative disponible d’application
à la normalisation préparés
Objectif stratégique2: Renforcer le dispositif légal et réglementaire actuel
Programme n°2 : Mise à niveau du Cadre Disponibilité et adéquation des Loi relative à la 2008-
Renforcement du Règlementaire en matière de textes de lois nécessaires à la mise normalisation et 2009
dispositif légal et Normalisation en œuvre d’un Système National de décrets d’application
réglementaire Normalisation
AXE II : Objectif stratégique 3 : Mettre en œuvre un système national efficace de normalisation et qualité
AMELIORATION DU Programme n°3: Mise Création d’un Conseil Facilitation, suivi, développement Un Conseil National 2008
CADRE en place d’un système National de la Normalisation de synergies pour la mise en œuvre de la Normalisation
INSTITUTIONNEL national de de la stratégie nationale de créé
normalisation efficace Développement de la Normalisation
Mise en place de l’Agence Agence Nationale des Normes et de Une Agence 2008-
des Normes et de la Qualité la Qualité (CAMNORMES) Nationale des 2009
fonctionnelle et efficace Normes et de la
Qualité
(CAMNORMES)
opérationnelle
Création d’un Laboratoire 1. Renforcement des capacités en Un laboratoire 2009-
National de référence matière d’étalonnage, d’analyses National de 2012
et d’essais ; Référence créé et
2. Raccordement au système fonctionnel
international de métrologie.
Objectif stratégique 4 : Elaborer une politique nationale de normalisation

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

AXES PROGRAMMES/ PROJETS RESULTATS COUT INDICATEURS PERIOD RESPONSA


STRATEGIQUES SOUS- ATTENDUS E BLE
PROGRAMMES
Programme n°4 : Elaboration, mise en oeuvre Définition d’un cadre d’orientation Un document de
Elaboration de la et suivi de la stratégie des activités de normalisation stratégie élaboré,
stratégie nationale de nationale de normalisation validé et adopté par
normalisation le gouvernement
Formulation d’un programme Mobilisation au niveau des Part du budget de 2008-
d’Appui à la Stratégie différentes administrations, des normalisation/ 2009
Nationale de Développement ressources nécessaires à la mise budget du
de la Normalisation œuvre des différents programmes de MINIMIDT
la Stratégie Nationale de
Normalisation
Objectif stratégique 5 : Développer des synergies entre les différents acteurs de développement et de promotion de la norme et qualité
AXE III : Objectif stratégique 6 : Dynamiser les activités d’élaboration des normes et de certification de conformité
AMELIORATION DES Programme n°6 : Partenariats avec les Bureaux Renforcement des capacités en Nombre de contrats 2008-
PERFORMANCES DU Dynamisation des de Normalisation Privés matière d’élaboration et de partenariats signés 2012
SYSTEME NATIONAL activités d’élaboration d’homologation de normes avec les bureaux de
DE NORMALISATION des normes et de normalisation privés
certification de la Partenariat avec les Renforcement des capacités en Nombre de contrats 2008-
conformité Laboratoires d’analyses et matière d’analyses et d’essais sur de partenariats signés 2012
d’essais les produits avec les laboratoires
d’analyse et d’essais
Partenariat avec les Cabinets Renforcement des capacités en Nombre de contrats 2008-
d’Audits Qualité matière d’évaluation, d’audits et de de partenariats signés 2012
certification qualité produits, avec les cabinets
services et systèmes d’audits qualité
Partenariat avec les Renforcement des capacités en - Nombre de produits 2008-
Associations de matière de vulgarisation des normes de l’artisanat 2012
Consommateurs pour la de qualité, et de mise à niveau des labellisés
Labellisation des produits et artisans - Nombre de contrats
services de l’artisanat de partenariats signés
Objectif stratégique 7 : Promouvoir les activités de normalisation et de certification
Programme n 7: Appropriation par le Secteur Meilleure prise en main par le Nombre de comités 2008-
Développement de Privé, des activités des secteur privé, et dynamisation du Techniques de 2010
mesures incitatives à la Comités Techniques de fonctionnement des Comités Normalisation
normalisation Normalisation Techniques de Normalisation opérationnelles et
dynamiques

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

AXES PROGRAMMES/ PROJETS RESULTATS COUT INDICATEURS PERIOD RESPONSA


STRATEGIQUES SOUS- ATTENDUS E BLE
PROGRAMMES
Appui a la formulation et à la Meilleur respect des normes de Plan de Surveillance 2008-
mise en place d’un dispositif qualité d’application obligatoire sur du respect des 2012
de surveillance et de suivi de le terrain normes de qualité
l’application des normes d’application
disponible
Prise en compte de la Incitation à la mise à niveau des Compétitivité des 2008 -
normalisation dans les entreprises locales entreprises locales 2012
marchés publics et les
nouveaux projets industriels
AXE III : Programme n 8: Automatisation de l’activité Vente automatique des normes et Taux de normes et
AMELIORATION DES Développement d’une de vente des normes et documents normatifs effective document normatifs
PERFORMANCES DU stratégie de marketing documents normatifs vendus
SYSTEME NATIONAL et de commercialisation camerounais automatiquement
DE NORMALISATION des normes et Conclusion des accords Accords commerciaux signés avec Nombre d’accords
(Suite) documents normatifs commerciaux avec les les organismes étrangers commerciaux signés
organismes étrangers de Nombre de normes et
normalisation pour la documents normatifs
commercialisation de leurs étrangers vendus au
normes et documents Cameroun
normatifs
Création d’un réseau de Réseaux de points de vente Nombre de réseaux
points de vente de normes et disponibles de points de vente
documents normatifs créés
camerounais au niveau
régional
Renforcement du marketing Politique de marketing des normes Nombre de brochures
des normes et documents et documents normatifs renforcés éditées
normatifs camerounais
(édition de brochures de
normes, …)
Programme n 9: Journée mondiale de la Une journée mondiale de la Taux de participation
Programme de normalisation normalisation organisée à la journée mondiale
promotion des de la normalisation

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

AXES PROGRAMMES/ PROJETS RESULTATS COUT INDICATEURS PERIOD RESPONSA


STRATEGIQUES SOUS- ATTENDUS E BLE
PROGRAMMES
manifestations à Semaine nationale de la Une semaine nationale de la qualité Taux de participation
caractère promotionnel qualité organisée à la semaine
nationale de la qualité
Prix national de la qualité Organisation d’un concours du prix Nombre de prix
national de la qualité national de la qualité
décernés
Forums et foires expositions Participation effective aux forums et Nombre de
sectoriels de promotion de la foires expositions sectoriels participations aux
normalisation forums et foires
expositions
AXE IV : Objectif stratégique 8 : Mobiliser les ressources financières et matérielles des administrations et des institutions
DEVELOPPEMENT Programme n 10: Mise Mise en place de budget de Budget de normalisation effectif Proportion
DES RESSOURCES en place de budget de normalisation dans les administrations d’administration
HUMAINES, normalisation dans les disposant d’un
FINANCIERES ET administrations Budget de
MATERIELLES développant les normalisation
activités de
normalisation
Objectif stratégique 9 : développement des ressources humaines (formation, renforcement des capacités)
Programme n°11 : Création de Centres de Mise à disposition du grand public Nombre de centres de
Développement des Documentation et des informations et de la Documentations et
compétences locales en d’Information sur la documentation relatives à la d’Information créés
matière de normalisation, dans les zones normalisation
normalisation à fort potentiel industriel
Mise en œuvre d’un Développement des compétences Couverture du
Programme National de locales en matière de normalisation programme
Formation à la Normalisation
Promotion d’un Système de Prise en compte efficace de la Nombre de
Formation Professionnel et normalisation dans les programmes Programmes de
Universitaire sur la de formation universitaire et formations
Normalisation professionnels universitaires et
professionnels mis en
place

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

AXES PROGRAMMES/ PROJETS RESULTATS COUT INDICATEURS PERIOD RESPONSA


STRATEGIQUES SOUS- ATTENDUS E BLE
PROGRAMMES
Appui à la Promotion des Mise à la disposition des Nombre de centres
Centres Techniques professionnels de chaque filière, Techniques
Professionnels des Métiers d’un Centre Technique de Professionnels des
vulgarisation des Bonnes Pratiques Métiers mis en place
AXE V : Objectif stratégique 10 : Développer l’information sur les normes
AMELIORATION DE Programme n°12: Mise Mise en place d’un service Diffusion effective d’information Effectifs des
L’INFORMATION ET en œuvre d’un personnalisé de diffusion sur les normes demandeurs
DE LA Programme National sélective d’information sur d’information
COMMUNICATION d’information sur la les normes camerounaises
SUR LES NORMES Normalisation et la Diversification des produits Nouveaux produits d’informations Nombre de produits
Qualité d’information proposés aux développés d’information
utilisateurs de la proposés aux
normalisation utilisateurs
Objectif stratégique 11 : Développer la communication et la documentation sur les normes
Programme n°13 : Mise Développement et mise en Grand public sensibilisé sur les -Nombre de
en œuvre d’un œuvre des outils de enjeux de la normalisation et sur documentaires
Programme National de Communication sur la l’importance des normes de qualité radio/télé produits,
Communication sur la Normalisation et la Qualité -Journal sur la
Normalisation et la Normalisation
Qualité -Couverture
médiatique des
manifestations sur la
normalisation
AXE V : Développement d’un site web Un site web développé Nombre de visiteurs
AMELIORATION DE dédié aux activités de du site web
L’INFORMATION ET normalisation, la certification
DE LA et l’information
COMMUNICATION Développement de bases de Base de données disponible Une base de données
SUR LES NORMES données sur les activités de mise en place
(suite) normalisation
Développement d’un système Un système de diffusion mis en Nombre de
de diffusion de normes et place documents produits
documents normatifs sous format
camerounais sous format électronique
électronique (CD-ROM)

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

AXES PROGRAMMES/ PROJETS RESULTATS COUT INDICATEURS PERIOD RESPONSA


STRATEGIQUES SOUS- ATTENDUS E BLE
PROGRAMMES
AXE VI : Objectif stratégique 12 : négociation des accords de coopération et des accords de reconnaissance mutuelle
RENFORCEMENT DE Programme n°14: Négociation d’appuis Ressources complémentaires -Volume d’aides et
LA COOPERATION ET Renforcement de la internationaux à la Mise en nécessaires au financement des subventions
PARTENARIAT coopération et du œuvre de la Stratégie activités de la Stratégie Nationale reçues,
partenariat en matière Nationale de Normalisation de Normalisation -Nombre de missions
de normes d’assistances
techniques
Renforcement de la Echanges d’expériences en matière Nombre d’accords de
coopération avec les de gestion d’un Système National Coopérations avec
organismes internationaux de de Normalisation des Organismes
normalisation Nationaux et
Internationaux de
normalisation
Appui à l’harmonisation des Mise en place d’un dispositif de -Effectif de Normes
démarches de normalisation coopération avec les organismes de harmonisés
dans la sous région CEMAC normalisation des pays de la sous -Nombre de
région Procédures
harmonisées
Développement des accords Négociation des Accords de Nombre d’accords de
bilatéraux de coopération en Reconnaissance Mutuels (ARM) reconnaissance
matière de normalisation avec avec les principaux partenaires mutuels signés
les pays tiers commerciaux
Objectif stratégique 13 : Participation aux salons et foires internationaux
Programme n 15: Renforcement de la -Meilleure représentativité du Nombre de
Promotion des normes participation du Cameroun Cameroun dans les instances participations aux
et documents normatifs aux rencontres internationales internationales traitant de la travaux
camerounais à de normalisation normalisation internationaux de
l’étranger -Meilleur prise en compte des normalisation
contraintes, de la position
Camerounaises dans les décisions
internationales en matière de
normalisation

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

VI- DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI -


EVALUATION
Le cadre institutionnel de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation de la stratégie nationale de
normalisation et plans d’action, est particulièrement important pour l’obtention des objectifs
visés. En effet, le système de pilotage de la stratégie, des programmes, projets et plans
d’action constitue un facteur majeur de risque dans la réussite de leur mise en œuvre, quelle
que soit leur pertinence.
Compte tenu de l’enjeu des normes dans l’atteinte des objectifs de développement actuels, le
cadre institutionnel de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation proposé repose sur quatre
principaux principes, à savoir :
 la synergie entre le secteur public, privé et la société civile à travers :
- l’intégration des administrations développant des activités de normalisation ;
- la prise en compte des structures de concertation existantes pour éviter une
inflation de structures pour les mêmes objets ;
 la prise en compte de l’organisation actuelle du système national de normalisation ;
 la recherche de l’efficacité dans la mise en œuvre des actions proposées à travers une
gestion pragmatique guidée par la réalisation des objectifs et des résultats ;
 la nécessité d’assurer une coordination des activités, d’opérer des arbitrages et de
prendre des décisions ;
 un système de suivi et de contrôle d’exécution basé sur des indicateurs de performance
spécifiques et prédéterminés.

VI-1 Dispositif de mise en oeuvre


La mise en œuvre de la stratégie de normalisation requiert la participation efficiente des
différentes parties prenantes, à savoir les administrations publiques, le secteur privé, la société
civile et les partenaires au développement. Les organes de mise de mise en œuvre sont
résumés dans le tableau ci – dessous.

Tableau 15: Organes de mise en œuvre de la stratégie de normalisation


ASPECTS MISE EN ŒUVRE
Orientation, Facilitation et Suivi Conseil National de la Normalisation
Lois et Décrets MINIMIDT
Arrêtés / Décisions MINIMIDT
Autres Administrations
Agences de Régulation
Coordination et Pilotage Agence des Normes et de la Qualité (CAMNORMES)
Mise en réseau Associations Professionnelles
Comités et Sous Comités Techniques de Normalisation
Laboratoire National de Référence
Fonds National de Promotion de la Normalisation
Activités Opérationnelles Bureaux de Normalisation agréés
Laboratoires d’Analyses et d’Essai
Laboratoires d’Etalonnage
Cabinets Conseils en Management de la Qualité
Cabinets d’Audits agrées
Cabinets d’Inspection Technique

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Agences de Communication sur la Normalisation


VI-2 Dispositif de suivi et d’évaluation de la stratégie

Compte tenu des principes qui précèdent, il est proposé un dispositif de pilotage et de suivi de
la mise en œuvre de la stratégie nationale de normalisation à trois niveaux – opérationnel,
stratégique et politique tel qu’illustré dans le diagramme ci-après.
Au niveau politique, le suivi de la mise en œuvre et l’évaluation de la stratégie sont assurés
par le Conseil National de la normalisation. Le Conseil est chargé notamment d’établir des
orientations relatives à la normalisation, la certification, l’accréditation et la promotion de la
qualité. Il sera composé des représentants des départements concernés et des représentants du
secteur privé, des consommateurs, des laboratoires et des cabinets de conseil en qualité et
d’audit et des organismes de certification, de vérification et de contrôle.
Son rôle consistera également à assurer la facilitation et le développement des synergies pour
la mise en œuvre de la stratégie de la stratégie, à travers notamment :
- la définition des orientations pour la mise en oeuvre, le suivi et l’évaluation de la
stratégie et plans d’actions
- Faire des arbitrages sur des questions soumises à son examen,
- Prendre des décisions exécutoires par le comité de pilotage.

Au niveau stratégique, le suivi de la mise en œuvre et l’évaluation de la stratégie est assurée


par un comité de pilotage présidé par le Secrétaire Général du MINIMIDT, et composé des
hauts responsables des administrations développant des activités de normalisation, du secteur
privé et de la société civile. Le Ministre de l’Industrie, des Mines et du Développement
Technologique aura la charge du suivi de l’application des propositions du Conseil national
de la normalisation en concertation avec les départements concernés, de prononcer
l’homologation de normes qui lui seront présentées et d’arbitrer les litiges qui pourraient
s’élever entre les différents intervenants dans le processus de normalisation, certification et
accréditation.

Au niveau opérationnel, la mise en œuvre et l’évaluation de la stratégie sera assurée par une
cellule technique partenariale, coordonnée par le Chef de Division de la norme et de la
qualité et composée des directeurs du MINIMIDT et des principaux acteurs impliqués dans
l’activité de normalisation. La cellule technique sera appuyée par des groupes de travail et
d’un secrétariat permanent.
Le Secrétariat Permanent n’est pas une quatrième instance, mais plutôt un dispositif de
facilitation pour les deux paliers. A ce titre, il coordonne, organise, suit les travaux ; il sert de
lien entre le Comité de pilotage et les Groupes de travail ; il les assiste dans l’élaboration des
plans de travail, la préparation et l’organisation des réunions, la diligence des travaux.

Le secrétariat permanent est chargé principalement de :


- préparer les réunions du conseil national de la normalisation, du comité de pilotage
et de la Cellule Technique et d’en dresser les comptes rendus;
- veiller à la cohérence entre les opérations programmées ;
- mettre en place et gérer les différentes bases de données dans l’optique du suivi
évaluation ;
- suivre l’exécution des programmes et projets en cours en matière de normalisation.

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Les Groupes de travail sont formés par composantes identifiées dans la stratégie. Ils
regroupent l’ensemble des acteurs qui sont partie prenante au développement d’une
composante : (Bureau de normalisation, comités et sous-comité technique, laboratoires
d’analyses, experts accrédités, etc.).
Ils se réunissent régulièrement pour suivre la mise en œuvre des plans d’actions, étudier en
profondeur les problèmes posés et proposer des solutions pour le développement d’une
composante, incluant les stratégies et les plans d’actions, mais aussi des recommandations,
des corrections d’actions engagées ou des contributions à la préparation des textes légaux et
réglementaires, susceptibles d’apporter des solutions aux problématiques posées. Les Groupes
de travail nourrissent les travaux du Cellule Technique et du Comité de Pilotage.

La qualité du travail au niveau des Groupes de travail détermine les performances de


l’ensemble de la production du système de suivi et de coordination des stratégies et plans
d’actions de chaque composante. Les principaux groupes de travail qui seront constitués sont :
- Groupe de travail sur le cadre légal et réglementaire ;
- Groupe de travail sur le cadre institutionnel ;
- Groupe de travail sur les normes, certification et assurance qualité ;
- Groupe de travail sur la promotion des normes, certification et assurance qualité.
Les groupes de travail seront chargés de produire un Rapport de Suivi et d’Evaluation de
la Mise en Œuvre de la Stratégie Nationale de la Normalisation, à soumettre au Conseil
National de la Normalisation. Ils pourront solliciter l’appui technique de l’ONUDI qui
dispose aujourd’hui d’une longue expérience internationale en matière de mise en œuvre de
stratégies nationales de normalisation,

ii
Conseil national de la Comité de Pilotage de la Cellule Technique de la
normalisation Stratégie de normalisation stratégie de normalisation

Composition : DNQ, Directeurs du


Composition :PM , MINIMIDT, Composition : SG MINIMIDT, Directeurs du
MINIMIDT, représentants
Représentants administrations développant MINIMIDT, représentants administrations et
Graphique 7 administrations et secteur privés
des activités de normalisation et du secteur secteur privés concernés, Experts nationaux.
SchémaAttributions
du dispositif de pilotage concernés, Experts nationaux
privé concernés : Dernier niveau deetvalidation
de mise en œuvre
Représentants secteur privé
Attributions : orientation, évaluation de la de la stratégie
stratégies nationale
et plans d’action de normalisation
avant soumission au
Attributions : production
stratégie et plans d’actions, arbitrage, comité de pilotage. Peaufinage des plans
technique : stratégie et plans
décisions, contrôle. d’action incluant objectifs, indicateurs impact,
d’actions, budget et financement.
Niveau
Périodicité politique
: 3 réunions annuelles Niveau stratégique
résultats, responsables, financement, Niveau opérationnel
Périodicité : réunions fréquentes
chronogramme.
(trimestrielle)

Secrétariat Permanent

GROUPES DE TRAVAIL

G.T
G.T G.T
cadre
cadre G.T promotio
légal et
institutio Normes n des
réglemen
nnel normes
taire

84
CONCLUSION

L’état des lieux, le diagnostic, les stratégies et plans d’actions qui viennent d’être développés
permettent d’affirmer avec assurance qu’aborder les normes en usant de plus de stratégie
permettra au Cameroun de se faire plus compétitif dans le contexte de l’économie mondiale,
tout en améliorant les aspects sociaux et environnementaux.
Compte tenu de la tendance croissante à la mondialisation des normes volontaires, le
Cameroun doit, s’il ne veut pas risquer de se faire oublier au sein de l’économie sous-
régionale et mondiale, être prêt à s’assurer un leadership encore plus grand dans l’élaboration
et l’application des normes. Les normes sont de nos jours le pilier du système commercial
mondial, et le Cameroun se doit d’être une des parties prenantes. En effet, au sein de
l’économie mondiale actuelle, les exportateurs doivent de plus en plus se conformer aux
normes internationales sur la conception, la performance et les systèmes qualité et
environnementaux s’ils veulent avoir accès à d’autres marchés.
L’ambition de devenir un pays émergent à l’horizon 2030-2035, et la stratégie de
développement actuelle essentiellement basée sur la relance de la croissance, la création des
emplois et une meilleure redistribution des richesses, oblige le Cameroun à jouer un rôle réel
dans l’élaboration et l’harmonisation des normes pour étendre le commerce et développer la
confiance des consommateurs ainsi que la capacité concurrentielle du Cameroun. La survie de
l’économie camerounaise en dépend.
Par ailleurs, les normes jouent un plus grand rôle dans les questions sociales et
environnementales. En effet, elles améliorent la qualité de vie dans les domaines de la
protection de la vie privée, des communications, de la santé et de la sécurité, de la protection
du consommateur et autres domaines intéressant le social. Elles assurent pour
l’environnement un développement durable dans la responsabilité.

La Stratégie camerounaise de normalisation se veut donc un plan d’action visant à garantir la


réussite du Cameroun à une ère où les normes n’ont jamais été aussi déterminantes pour la
prospérité économique et sociale.
La Stratégie bien que élaborée par la Division de la normalisation et de la qualité du
MINIMIDT ne peut assurer une mise en œuvre satisfaisante sans la collaboration des groupes
clés du Système national de normalisation, à savoir le MINIMIDT, les administrations
développant les activités de normalisation, le secteur privé, la société civile.
Cette stratégie constitue un schéma directeur conçu pour assurer au Cameroun un leadership
dans le contexte en évolution rapide de la normalisation économique et sociale sous-régionale.

84
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

BIBLIOGRAPHIE

MINPLAPDAT, Guide méthodologique de planification stratégique au Cameroun, Octobre


2006.
Loi N° 2007/006 du 26 décembre 2007, portant régime financier de l’Etat.
Annexe au décret n° 2003/011/PM du 09 janvier 2003 portant nomenclature budgétaire de
l’Etat.
MINEPAT, stratégie de développement du secteur industrie et services au Cameroun,
Rapport d’étape 1 « état des lieux et diagnostic du secteur », avril 2008.
MINEPAT, stratégie de développement du secteur industrie et services au Cameroun,
Rapport d’étape 2 et 3 « stratégies de développement du secteur », juillet 2008.
Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Formulation
d’une vision volontariste de développement à long terme, document de travail, DPPS,
décembre 2007.
Ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique : État des lieux
d’élaboration des textes d’application de la charte des investissements, (document de travail)
Ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique : Centre des
Analyses et des Essais : État des lieux, DNQ.
Ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique : Direction de
l’Industrie, élaboration des textes d’application de la charte des investissements en
République du Cameroun, Rapport des Travaux, Commission n09 : « Agro - Industries »,
Août 2005.
Actes du Comité Interministériel Élargi au Secteur Privé (CIESP), Yaoundé, Palais des
Congrès du 02 au 03 novembre 2006.
Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’Aide au Développement, Paris, mars 2005.

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

QUELQUES DEFINITIONS DE CONCEPTS USUELS


EN MATIERE DE NORMALISATION

TERME DÉFINITION
Accord de l'OMC sur L’Accord de l’OMC sur les obstacles techniques au commerce,
les obstacles techniques comme partie intégrante de l’Accord sur l’Organisation mondiale
au commerce (Accord du commerce, essaie d’assurer que les règlements techniques, les
OTC) normes, les procédures d’essai et de certification ne créent pas
d’obstacles inutiles au commerce, tout en reconnaissant le droit
des pays d’adopter des normes nécessaires pour atteindre un
certain niveau de protection de leurs objectifs légitimes.
Accord de Un accord de reconnaissance mutuelle est un accord formel entre
reconnaissance mutuelle deux pays qui prévoit une confiance mutuelle dans les facettes des
systèmes réglementaires de l’un et de l’autre, dans une mesure
spécifiée dans l’accord.
Accréditation Accréditation, telle que définie dans ISO/IEC Guide 2:1996, est la
« procédure par laquelle une entité pleinement habilitée accorde
une reconnaissance formelle qu’une entité ou une personne est
compétente pour exécuter des tâches spécifiques. » Il s’agit là d’un
moyen de déterminer la compétence d’entités ou de personnes
d’exécuter des types spécifiques d’essais, de mesure et de
calibrage, tout en fournissant une reconnaissance formelle aux
entités et personnes compétentes, et en confirmant la confiance
que le client aura accès à des services d’essai et de calibrage
fiables.
Calibrage Le calibrage est la détermination, par la mesure ou la comparaison
avec une norme, de la valeur correcte d’une lecture d’échelle sur
un instrument de mesure.
Certificat de conformité Un certificat de conformité est un document, étiquette ou plaque
signalétique, fournie à l’acheteur au moment de la livraison et qui
atteste de la conformité du produit aux normes ou règlements
techniques.
Certification Certification, telle que définie dans ISO/IEC Guide 2:1996, est «
une procédure par laquelle une tierce partie donne l’assurance
écrite qu’un produit, processus ou service est conforme aux
exigences spécifiées. »
Code de pratique Le Code de pratique, Annexe 3 de l’Accord de l’OMC sur les
OTC, prévoit des disciplines, y compris celles qui sont liées à la
transparence, pour la préparation, l’adoption et l’application de
normes par des organes de normalisation. L’acceptation du Code
est volontaire et ouverte à tout organe de normalisation, que ce soit
le gouvernement central, le gouvernement local ou des entités de
normalisation non gouvernementales et régionales.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

Comité de l'OMC sur Le Comité de l’OMC sur les obstacles techniques au commerce,
les obstacles techniques créé par l’Accord OTC de l’OMC, a comme objectif de permettre
au commerce aux pays membres de se consulter périodiquement sur toute
question liée au fonctionnement de l’Accord OTC de l’OMC ou la
poursuite de ses objectifs.
Déclaration de Appelée également « autocertification », la déclaration de
conformité du conformité du fournisseur ou du fabricant est un processus par
fournisseur/ Déclaration lequel un fournisseur ou fabricant déclare que ses biens ou services
de conformité du satisfont aux exigences spécifiées. Les fournisseurs et fabricants
fabricant basent cette déclaration sur leur confiance dans leur système de
contrôle de la qualité de production, ou sur les résultats d’essais et
d’inspections.
Équivalence L’équivalence signifie l’acceptation du règlement technique ou de
la procédure d’évaluation de la conformité d’une autre partie
comme la réalisation des mêmes objectifs légitimes qui se
dégagent des propres règlements techniques ou procédures
d’évaluation de la conformité, même si cette réalisation est
concrétisée par des moyens différents.
Mesures de facilitation Les mesures de facilitation du commerce sont des actions prises
du commerce dans le but de faciliter l’accès au marché de biens et services
échangés dans des domaines que l’on retrouve au sein de l’accord
commercial. Ces actions peuvent inclure, entre autres, des
dispositions sur l’accélération et la simplification des procédures
d’évaluation de la conformité, la certification ou l’accréditation
des laboratoires.
Métrologie La métrologie est la science des poids et mesures. Dans le domaine
du commerce, la métrologie inclut toutes les procédures techniques
touchant le maintien de la précision et la reproductibilité
internationale des instruments de mesure et avec toutes les
procédures mises en œuvre afin de spécifier et de veiller à la
qualité et à la crédibilité appropriée des mesures par rapport aux
contrôles officiels, au commerce, à la santé, à la sécurité et à
l’environnement.
Métrologie industrielle La métrologie industrielle est le domaine de la métrologie qui
veille à l’exactitude des instruments utilisés et des mesures prises.
Métrologie légale La métrologie légale est ce domaine de la métrologie qui traite de
la réglementation des instruments de pesée et de mesure utilisés
dans les transactions commerciales.
Métrologie scientifique La métrologie scientifique est l domaine de la métrologie qui traite
de l’organisation et de l’élaboration de normes de mesures ainsi
que de leur maintien.
Norme Une norme est un document approuvé par une entité reconnue qui
fournit, à des fins d’usage répété et courant, des règles, des lignes

ii
STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

directrices ou des caractéristiques pour des biens ou services, ou


des processus et des méthodes de production connexes. Les
normes sont généralement établies par consensus en comités
techniques d’experts; la conformité n’est pas obligatoire.
Objectifs légitimes Dans l’Accord de l’OMC sur les OTC, certains objectifs sont
énoncés comme légitimes pour l’imposition de règlements
techniques. Ces objectifs légitimes sont, entre autres, des
exigences de sécurité nationale; la prévention de pratiques
trompeuses, la protection de la santé ou sécurité humaine, la vie ou
la santé animale ou végétale, ou l’environnement. Pour
l’évaluation de tels risques, les éléments appropriés à examiner
sont, entre autres, les données scientifiques et techniques
disponibles, la technologie de traitement connexe ou les
utilisations finales projetées des produits.
Obstacles techniques au Une norme ou règlement technique, ou une procédure d’évaluation
commerce (OTC) de la conformité avec des normes ou règlements techniques
devient un obstacle technique au commerce lorsqu’ils sont utilisés
d’une façon qui entrave le commerce international plutôt pour des
fins de réalisation d’un objectif légitime.
Point d’information Un point d’information est un point central, établi aux termes de
l’Accord de l’OMC sur les obstacles techniques au commerce, où
d’autres membres de l’OMC peuvent demander et obtenir des
renseignements et de la documentation sur les règlements
techniques d’un membre, les normes et procédures d’évaluation de
la conformité, imminentes ou adoptées, ainsi que sur la
participation à des accords `bilatéraux et multilatéraux liés aux
normes, les organes de normalisation régionaux et les systèmes
d’évaluation de la conformité.
Procédure d’évaluation Les procédures d’évaluation de la conformité sont des procédures
de la conformité techniques – tels les essais, la vérification et la certification – qui
confirment que les biens ou services remplissent les exigences
stipulées dans les règlements et normes techniques.
Règlement technique Un règlement technique (parfois aussi dénommé une « norme
obligatoire ») est un document qui énonce les caractéristiques d’un
bien ou service, de méthodes opérationnelles connexes ou les
processus et méthodes de production qui leur sont rattachés, et
dont la conformité avec la loi est un élément prescrit par la loi.
Contrairement aux normes volontaires, les règlements techniques
sont élaborés par les gouvernements et sont obligatoires.
Traçabilité La traçabilité, par rapport aux normes métrologiques, est une
propriété du résultat d’une mesure ou valeur d’une norme, en
fonction de laquelle elle peut être reliée à des références données,
habituellement normes nationales ou internationales, par le biais
d’une chaîne ininterrompue de comparaisons qui ont toutes une
incertitude déclarée.

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

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STRATEGIE CAMEROUNAISE DE NORMALISATION 2008 2015

EQUIPE DE REDACTION DE LA STRATEGIE

Superviseur Général M. BADEL NDINGA, Ministre de l’Industrie, des Mines et


du Développement Technologique
Superviseur Général adjoint M. KEDI Jean Pierre, Secrétaire Général du MINIMIDT
Coordonnateur Général M. BOOTO à NGON Charles, Chef de Division de la norme
et Qualité (DNQ)
Coordonnateur M.
Général adjoint
Appui Technique du M. FONDJA Guy Aimé, Economiste – Statisticien, Expert en
MINEPAT planification
Membres

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