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CHAPITRE 3 

: La méthode des capitaux permanents


nécessaires à l’exploitation (CPNE) 
1. La détermination et Principe de la CPNE

Cette méthode relève d’une approche financière, en retenant les immobilisations nécessaires à
l’exploitation, valorisées à un « coût d’usage », et du fonds de roulement normatif (nécessaire à la
mise en valeur de ces immobilisations) y compris celles faisant l’objet d’un contrat de crédit-bail ou
de location de longue durée et du besoin en fonds de roulement d’exploitation normatif.
Ils se calculent comme suit :
CPNE = immobilisations d’exploitation + BFR normatif

Le principe du calcul des CPNE réside dans le fait que l’acquéreur va payer les actifs dont il a
besoin pour continuer l’exploitation. Cette méthode de calcul est fort simple. Elle permet de se faire
rapidement une idée d’une valeur de l’entreprise en termes de moyens d’exploitation.
Sont ainsi exclus les actifs qualifiés de hors exploitation, soit ceux qui ne sont pas
indispensables au bon fonctionnement de l’activité économique et ceux qui ne concourent pas au
dégagement d’un revenu d’exploitation. Le montant des CPNE correspond ainsi à ce que l’on peut
également dénommer l’actif économique. On notera que dans le cas de comptes consolidés, la
contrepartie des titres de participation des comptes sociaux se trouve incluse dans le montant de
l’actif économique, seuls subsistent dans les actifs financiers, les titres mis en équivalence et les prêts
consentis.
Le montant des immobilisations nettes inclus les plus ou moins-values sur actif telle que
déterminées pour le calcul de l’actif net réel.
On retrouve le montant de l’actif réel à partir de la relation suivante

ANR = CPNE +Actifs hors exploitation - dettes financières nettes corrigées

Les dettes financières nettes corrigées correspondent aux dettes financière stables évaluées à
leur valeur de marché auxquelles on ajoute les avances de trésorerie à court terme déduction faite des
liquidités et ajustées des éventuelles corrections portant sur le calcul du BFE normatif.
Ramené à une unité de production, le besoin en financement d’exploitation (BFE) correspond au
montant qu’il faut investir avant d’obtenir le premier dirham de recettes d’exploitation et peut être
calculé à partir des comptes de bilan comme suit :
BFE= Actifs court terme d’exploitation – passif court terme d’exploitation.

Une précision de vocabulaire s’avère à ce niveau utile. L’exploitation besoin en financement


d’exploitation (BFE), cyclique et acyclique, est utilisée ici en lieu et place de l’expression plus
couramment usitée de besoin en fonds de roulement (BFR). En effet, au sens littéral du terme, la
notion de besoin en fonds de roulement recouvre le fonds de roulement nécessaire à la couverture de
partie ou totalité du besoin en financement d’exploitation de l’entreprise. Un fonds de roulement
insuffisant ou des variations conjoncturelles du besoin en financement d’exploitation peuvent alors
rendre nécessaire le recours à des avances de trésorerie à court terme dans le cadre du financement
de l’exploitation d’une entreprise.
Comparée à la notion de VSB, celle des CPNE substitue le BFR aux « valeurs d’exploitation
réalisables et disponibles », elle tente de circonscrire les capitaux indispensables au fonctionnement
« normal », elle tente de circonscrire les capitaux indispensables au fonctionnement « normal » de
l’entreprise.
Donc la notion de CPNE a l’avantage théoriquement de bien définir l’actif nécessaire pour
parvenir au volume d’activité prévu. Mais, cependant, sur le plan pratique si par exemple il y aura
modification de la production, l’évaluateur ne peut se substituer au chef d’entreprise ou aux
responsables pour apprécier les techniques à employer, les matériels à acquérir ? C’est pourquoi cette
notion n’est pas parvenue, malgré ses avantages à remplacer celles de VSB ou ANCC. Mais elle
reste avantageuse pour le calcul du good will.

Le calcul des CPNE


2- Les instruments de la CPNE
Les CPNE (Commission paritaire nationale de l’emploi) ont été créées par les partenaires sociaux
dans le cadre de l’Accord national interprofessionnel du 10 février 1969 relatif à la sécurité de
l’emploi. Ces commissions constituent, contrairement à d’autres institutions, de pures créations
conventionnelles. Leur rôle initial consistait en une intervention en matière de reclassement des
salariés licenciés pour motif économique. Les CPNE devaient intervenir dans la régulation et le suivi
de l’emploi dans leur champ de compétence. Mais, dès 1969, elles exercent des attributions en
matière de formation professionnelle.
À partir de 1983, leur domaine d’intervention s’étend aux formations en alternance. Dès lors,
les CPNE disposent d’une mission spécifique : indiquer “les qualifications professionnelles ou les
préparations aux diplômes de l’enseignement technologique qui leur paraissent devoir être
développées dans le cadre du contrat de qualification.
L’accord du 3 juillet 1991 étend également leurs attributions dans le champ des premières formations
technologiques et en matière d’apprentissage, il rappelle qu’elles “ont une attribution générale de
promotion de la politique de formation dans leur champ de compétence professionnel.
L’Accord national interprofessionnel du 5 décembre 2003, en vertu de cette “attribution générale de
promotion de la politique de formation confiée” aux CPNE en font un instrument de pilotage de la
branche.
3- Exemples

a- Calcul des CPNE

Informations complémentaires :

 Valeur de marché des terrains inutiles à l’activité :4 000(pour 3 000)


 Valeur de marché des terrains utiles à l’activité :15 000 (pour 10 000)
 Valeur d’usage du matériel :22 000
 Dépréciation du stock suite à incident : -300 (pas de provision)
 Provision client caduque :600
 PPRC : réserves pour 1500 (non déduites initialement)
 Les PPRC à caractère de charges relèvent de l’exploitation
 Crédit-bail :3 000
 EENE :250
b- Calcul du résultat économique associé aux CPNE

 Terrains Hors exploitation (3 000)


 Valeur de marché : 4 000
 Revenus (loyers) : 650
 Charges associées : 300
 Terrains exploitation (10 000)
 Valeur de marché 15 000
 Matériel
 Dotation aux amort :2000
 Valeur de marché :22 000/ Amort sur 5 ans
 Crédit-bail
 Valeur de marché : 3000
 Loyer annuel : 500 / durée de vie restante : 4 ans
 Divers
 Dépréciation du stock suite à incident : -300 (pas de provision)
 Provision client caduque : 600
 PPRC : réserves pour 1500(non déduites initialement)
 EENE : 250
 Dotations aux amortissements incorporels :
 Frais établissement : 500
 Brevets : 200
 Charges financières :50 (dont intérêts sur dettes financière :20)
 Résultat exceptionnel : -70
 Résultat net :6960

4- Intérêt et limites de la méthode des CPNE


L’approche par les CPNE paraît être plus pragmatique et plus réaliste que celle basée sur la
VSB. En effet, elle est basée sur une logique selon laquelle on rémunère ce dont on a besoin, tandis
que la VSB est basée sur une logique selon laquelle on rémunère ce qui est.

Néanmoins, cette approche admet quelques limites du fait qu’elle ne donne pas la valeur des
fonds propres, mais seulement la masse des capitaux nécessaires pour créer une entreprise ayant les
mêmes caractéristiques que l’entreprise concernée. La difficulté majeure de détermination des CPNE
étant correcte du besoin en fonds de roulements (BFR).

5- Analyse Comparative entre les deux méthodes Patrimoniales 


a. L’actif économique (AE)
L’actif économique correspond souvent à l’actif net comptable corrigé d’exploitation
(ANCCE) ou à la valeur substantielle brute (VSB) ou aux capitaux permanents
nécessaires à l’exploitation (CPNE).

Premièrement, nous avons la valeur substantielle brute (VSB) que selon Hirigoyen et
Degos est définit comme suit :« la valeur substantielle réduite comme la VSB corrigée
des dettes en général sans intérêts, notamment la valeur des capitaux laissés gratuitement
à la disposition de l'entreprise par ses dirigeants et du crédit interentreprises obtenu des
fournisseurs dans des conditions plus favorables que la moyenne ».

La valeur substantielle nette correspond alors à l'ANC plus les biens loués ou
éventuellement prêtés, c'est-à-dire la valeur substantielle brute moins les dettes.

VSBVSB = Anc + Compléments de substance (biens en location, bien en crédit-bail,


= Anc + Compléments de substance (biens en location, bien en crédit-bail, effets
effets escomptés
escomptés non + échus)
non échus) + Frais d’établissement
Frais d’établissement - Frais de- réparation
Frais de réparation
à engagerà pour
engagercertains
maintenir pour maintenir
biens encertains biens en état de. fonctionnement.
état de fonctionnement

Les effets escomptés non échus, les biens en location, les biens en crédit-bail ainsi que
les frais d’établissement font partie de la valeur substantielle brute. Par contre, le fonds
commercial, les actifs fictifs, les actifs hors exploitation, les écarts de conversion
n’intègrent pas la VSB sauf s’ils concernent les comptes d’actifs qui sont remis en valeur
brute avant intégration des gains ou pertes de changes latents.
Deuxièmement la notion de capitaux permanents nécessaires à l’exploitation (CPNE) a
été introduite par Barnay et Calba. Elle représente le montant des capitaux à long terme
indispensable au fonctionnement normal de l’entreprise, soit la masse des ressources
nécessaires pour financer les investissements et le besoin en fonds de roulement (BFR)
normatif afin que l’entreprise soit en équilibre financier.

CPNE = VSB – Dettes à court terme – effets escomptés non échus

Les CPNE seront égaux à la VSB minorée des financements générés par
L’exploitation (dettes fournisseurs, dettes fiscales et sociales, autres dettes
d’exploitation). On peut dire aussi qu’ils sont égaux aux immobilisations corrigées
majorées du besoin en fonds de roulement d’exploitation BFRE.
Estimation des CPNE et de leur résultat associé
ANEX RPA
Actifs immobilisés nécessaires à Résultat d’exploitation
l’exploitation + Charges d’exploitation non liées à
l’activité
- Produits d’exploitation non liés à l’activité
- Participation des salariés
+ Produits financiers (hors produit de VMP)
- Charges financières (hors intérêts)
+ BFR - Intérêts sur découverts

+ Trésorerie d’exploitation+ Trésorerie + Produits des cessions de VMP


d’exploitation

+ Crédit-bail + Loyer crédit-bail


- Amortissement théorique de crédit-bail
+ Grosses réparations - Amortissement grosses réparations

= Résultat brut associé

- Impôt théorique sur les sociétés

= CPNE = Résultat associé aux CPNE

b. Le taux de rentabilité exigé et le taux d’actualisation


Le taux appliqué au capital engagé et le taux d’actualisation doivent être identiques, il
dépend du capital engagé et donc de sa couverture en termes de ressources.
En approche VSB, il convient d’utiliser le coût du capital élargi, en approche CPNE, le
coût du capital et en approche ANCCE, le coût des fonds propres.

c. Le bénéfice économique (BE)


Il dépend du capital engagé retenu. On peut retenir trois catégories :
 AE = CPNE
 AE = VSB.
On peut résumer ces deux catégories dans le tableau suivant :

Le bénéfice économique

Résultat Net Comptable


Redevances de crédit-bail +

Dotation aux amortissements des biens pris en crédit- -


bail, loués ou prêtés

Intérêts sur dettes financières +

BÉNÉFICE ISSU DES CPNE = =

Intérêts sur dettes non financières -

BÉNÉFICE ISSU DE LA VSB =

d. Avantages et limites de l’approche patrimoniale

La plupart des entreprises utilisent la méthode d'évaluation selon l’approche patrimoniale


dans les cas où elles rencontrent des problèmes de liquidation. Les entreprises du
créneau d'investissement comme l'investissement financier ou immobilier, où les actifs
sont calculés en fonction du revenu ou de l'approche du marché - peuvent également
utiliser une évaluation basée sur le patrimoine.

L’évaluation d'entreprise basée sur le patrimoine peut offrir une latitude pour utiliser les valeurs de
marché au lieu des valeurs du bilan. L'analyste peut également inclure dans la valorisation de
nombreuses immobilisations incorporelles qui ne figurent au bilan.
Cette méthode est facile dans son application et dans sa mise en œuvre pour les sociétés immobilières
et financières.

Cela dit, l'évaluation basée sur le patrimoine n'est pas sans inconvénients. Contrairement à d'autres
méthodes, telles que l'approche par le revenu, la méthode patrimoniale ne tient pas compte des
bénéfices potentiels d'une entreprise étant donné que les produits générés en interne n'apparaissent
pas dans le bilan, le processus de mesure des ressources immatérielles peut être assez compliqué.

Cette méthode suppose implicitement que la somme des parties traduit parfaitement la valeur globale
de l’entreprise, alors que la création de valeur provient également de la capacité de l'équipe
dirigeante à combiner ces actifs et à en dégager des synergies. C'est pourquoi, certaines évaluations
intègrent la notion de Good Will !

Parfois, la méthode basée sur le patrimoine devient complexe car peu d'entreprises n'ont pas le niveau
d'objectivité et de précision requis pour estimer leur valeur réelle. Cette méthode donne des
informations mais ne saurait suffire. C’est la raison pour laquelle d’autres approches viennent en
appui.

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