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FICHE DE LECTURE 

: PRESCRIPTION DES CREANCES PUBLICS


DE L’ETAT (CT) OU SUR L’ETAT (CT)

Définition de la prescription
La prescription quadriennale, appelée également déchéance quadriennale, est une règle
particulièrement sévère, fort connue des publicistes mais malheureusement souvent
méconnue du grand public et considérée – parfois à juste titre – comme injuste.

Il s’agit de la règle selon laquelle la créance sur une personne publique, quelle que soit la
nature, s’éteint au bout de quatre ans.
La forclusion : C’est le cas du dépôt hors délai de la demande : les personnes
remplissant les conditions requises pour bénéficier du remboursement doivent
en faire la demande sous peine de forclusion, dans le délai fixé

La forclusion étant donc la sanction des délais de rigueur


La prescription se distingue de la forclusion.

La différence majeure entre la prescription et la forclusion est que le délai de


prescription est susceptible d’interruption ou de suspension ce qui n'est pas le
cas des délais de forclusion.

La prescription peut-être interrompue (reconnaissance de dette…) ou suspendue


(introduction d’une action en justice…)

 La forclusion (ou péremption) a le même effet que la prescription, mais s’agissant d’un
délai préfix, elle ne peut être suspendue et ne peut être interrompue que par une
citation ou un acte.

Interruption, suspension du délai de prescription

Il convient de bien faire la distinction entre suspension et interruption :

« La suspension de la prescription en arrête temporairement le cours sans effacer le


délai déjà couru »

« L’interruption efface le délai de prescription acquis. Elle fait courir un nouveau


délai de même durée que l'ancien »
Article 232 - Dispositions générales relatives
aux délais de prescription (Code général des
impôts)
I- Peuvent être réparées par l'administration :

a) les insuffisances, les erreurs et les omissions totales ou partielles constatées dans la
détermination des bases d'imposition, le calcul de l'impôt, de la taxe ou des droits
d’enregistrement ;

b) les omissions au titre des impôts ou taxes lorsque le contribuable n’a pas déposé les
déclarations qu’il était tenu de souscrire ;

c) les insuffisances de prix ou des déclarations estimatives, exprimés dans les actes et
conventions.

Les réparations ci-dessus peuvent être effectuées par l’administration jusqu'au 31 décembre


de la quatrième année suivant celle :

- de la clôture de l’exercice concerné ou celle au cours de laquelle le contribuable a acquis le


revenu imposable ou au titre de laquelle la taxe est due, pour les régularisations prévues au
a) ci-dessus ;

- au cours de laquelle la cession d’un bien ou d’un droit réel immobilier telle que définie à
l’article 61 ci-dessus a été révélée à l’administration par l’enregistrement d’un acte ou d’une
déclaration, ou par le dépôt de la déclaration prévue à l’article 83 ci-dessus ;

- au cours de laquelle la cession des valeurs mobilières et autres titres de capital ou de créance
a été révélée à l’administration par l’enregistrement d’un acte ou d’une déclaration ou par le
dépôt de la déclaration prévue à l’article 84 ci-dessus.

II- Lorsque l'impôt est perçu par voie de retenue à la source, le droit de réparer peut s'exercer,
à l'égard de la personne physique ou morale chargée d'opérer ou d'acquitter la retenue,
jusqu'au 31 décembre de la quatrième année suivant celle au cours de laquelle les sommes
dues devaient être versées au Trésor.

III- Lorsque des déficits ou des crédits de taxe afférents à des périodes d’imposition ou des
exercices comptables prescrits ont été imputés sur les revenus, les résultats ou la taxe due au
titre d’une période non prescrite, le droit de réparer peut s'étendre aux quatre dernières
périodes d’imposition ou exercices prescrits. Toutefois, le redressement ne peut excéder, dans
ce cas, le montant des déficits ou des crédits imputés sur les résultats, les revenus ou la taxe
exigible au titre de la période ou de l’exercice non prescrit.

IV- En ce qui concerne les droits d’enregistrement, le délai de prescription de quatre (4) ans
court à compter de la date de l’enregistrement de l’acte ou de la convention.
V- La prescription est interrompue par la notification prévue à l’article 220-I, à l’article 221-
I, à l’article 221 bis926(I et II),à l’article 222-A, à l’article 224, à l’article 228-I et au
1er alinéa de l’article 229 ci-dessus.

VI- La prescription est suspendue pendant la période qui s'écoule :

- entre la date d'introduction du pourvoi devant la commission locale de taxation ou la


commission nationale de recours fiscal et l'expiration du délai de trois (3) mois suivant la date
de notification de la décision prise par lesdites commissions ;

- et entre la date d'introduction du recours judicaire et l'expiration du délai de trois (3) mois
suivant la date de notification de la décision judiciaire ayant force de la chose jugée, sous
réserve des dispositions du paragraphe VI de l’article 220 ci-dessus.

VII- Les insuffisances de perception, les erreurs et omissions totales ou partielles constatées


par l’administration dans la liquidation et l’émission des impôts, droits ou taxes peuvent être
réparées dans le délai de prescription prévu au présent article.

Ce délai de prescription est interrompu par la mise en recouvrement du rôle, de l’état de


produits ou de l’ordre de recettes.

VIII- Par dérogation aux dispositions relatives aux délais de prescription visés ci-dessus :

1°- les droits complémentaires ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont
redevables les contribuables contrevenants visés à l’article 164-II ci-dessus, sont
immédiatement établis et exigibles en totalité pour toutes les années ayant fait l’objet d’une
exonération ou d’une réduction, même si le délai de prescription a expiré.

Toutefois, sont immédiatement établis et exigibles les sommes visées à l’alinéa ci-dessus du


présent paragraphe avant l’expiration du délai de dix (10) ans ;

2°- l’administration peut émettre les impôts ainsi que les amendes, les pénalités et les
majorations y afférentes dont sont redevables les contribuables contrevenants visés à
l’article 191-IIci-dessus, au cours des quatre (4) années suivant celle prévue pour la
réalisation du programme de construction du logement social ou de l’opération de
construction des cités, résidences et campus universitaires objet de la convention conclue avec
l’Etat ;

3°- lorsque la défaillance d’une partie au contrat relatif aux opérations de pension, de prêt de
titres ou de titrisation932ou de vente à réméré933prévues à l’article 9 bis ci-dessus, ou lorsque
la défaillance aux conditions visées à l’article 161 bis-I ci-dessus934 intervient au cours d’un
exercice prescrit, la régularisation s’y rapportant doit être effectuée sur le premier exercice de
la période non prescrite, sans préjudice de l’application de la pénalité et des majorations de
retard prévues à l’article 208 ci-dessus ;

4°- (abrogé)

5°- lorsque l’exercice auquel doit être rapportée la provision visée à l’article 10 (I-F-2°) ci-
dessus devenue sans objet ou irrégulièrement constituée est prescrit, la régularisation est
effectuée sur le premier exercice de la période non prescrite;
6°- en cas de cessation totale d'activité d'une entreprise suivie de liquidation, la rectification
des bases d'imposition prévue à l’article 221-III ci-dessus a lieu à la suite d'une vérification de
comptabilité effectuée, sans que la prescription puisse être opposée à l’administration pour
toute la période de liquidation ;

7°- lorsque l’exercice au cours duquel a eu lieu le changement d’affectation des éléments du


stock prévus à l’article 162-III ci-dessusest prescrit, la régularisation est opérée sur le premier
exercice de la période non prescrite ;

8°- les droits complémentaires, ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont
redevables les contribuables contrevenants visés à l’article 28-II ci-dessus, sont
immédiatement établis et exigibles en totalité pour toutes les années ayant fait l’objet de
restitution, même si le délai de prescription a expiré.

9°- les droits complémentaires ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes dont sont
redevables les contribuables n’ayant pas respecté l’une des conditions prévues aux articles
161 ter et 162 ci- dessus940sont rattachés au premier exercice de la période non prescrite,
même si le délai de prescription a expiré.

10°- l’administration peut appliquer les sanctions visées à l’article 191-III ci-dessus, aux


promoteurs immobiliers contrevenants et ce, dans un délai de quatre (4) ans suivant l’année
fixée pour la réalisation du programme de construction de logements sociaux objets de la
convention conclue avec l’Etat.

11°- sont immédiatement exigibles, le montant versé de la taxe sur la valeur ajoutée, la
pénalité et les sanctions pour paiement tardif prévues à l’article 191-IV, dont sont redevables
les bénéficiaires contrevenants visés aux articles 92-I-28° et 93-I ci-dessus, même si le délai
de prescription a expiré.

12°- sont immédiatement exigibles, le montant de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt sur le
revenu, la pénalité et les sanctions pour paiement tardif prévues à l’article 191-V susvisé, dont
sont redevables les bailleurs contrevenants visés à l’article 247-XVI–B bis ci-dessous,même
si le délai de prescription a expiré.

13°- L’amende visée à l’article 191-VI ci-dessus, afférente aux promoteurs immobiliers


n’ayant pas respecté les conditions prévues à l’article 247– XXII ci-dessous, est
immédiatement exigible pour tous les exercices ayant fait l’objet d’infraction, même si le
délai de prescription a expiré

14°- l’administration peut rectifier les irrégularités constatées lors de la liquidation du


remboursement du crédit de taxe cumulé prévu par les dispositions de l’article 247-XXV ci-
dessous, même si le délai de prescription a expiré.

15°- Les droits dus ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes, dont sont redevables
les contribuables n’ayant pas déposé leur déclaration, sont exigibles en totalité pour toutes les
années n’ayant pas fait l’objet de déclaration, même si le délai de prescription a expiré.

Toutefois, ce délai ne peut être supérieur à dix (10) ans.


16°- le montant de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu au titre des profits
fonciers et des profits de capitaux mobiliers ainsi que la pénalité et les majorations y
afférentes dont sont redevables les contribuables contrevenants visés à l’article 161 bis-IIci-
dessus et à l’article 247-XXVI ci-dessous, sont immédiatement établis et exigibles en totalité,
même si le délai de prescription a expiré.

17°- Les droits dus ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes, dont sont redevables
les contribuables en infraction aux dispositions de l’article 150 bis ci-dessus, sont
immédiatement établis et exigibles en totalité, même si le délai de prescription a expiré.

18°- la pénalité et la majoration dont sont redevables les contrevenants aux obligations
prévues à l’article 277-I ci-dessous, sont établies et exigibles même si le délai de prescription
a expiré. Toutefois, ce délai ne doit pas dépasser dix (10) ans.

19°- le montant de l’impôt sur le revenu ainsi que la pénalité et les majorations y afférentes
dont sont redevables les contribuables contrevenants visés à l’article 161 ter-III ci-dessus, sont
immédiatement établis et exigibles, même si le délai de prescription a expiré.

IX- En ce qui concerne la taxe spéciale annuelle sur les véhicules, les droits ainsi que les
pénalités et majorations y afférentes sont prescrits à l’expiration du délai de quatre (4) ans qui
court à compter de la date de son exigibilité.

 X.- En ce qui concerne la taxe sur les contrats d’assurances, les droits ainsi que les pénalités,
amendes et majorations y afférentes sont prescrits à l’expiration de la quatrième année qui suit
celle au titre de laquelle la taxe est due.

Lorsque le crédit de taxe afférent à des exercices prescrits a été imputé sur des taxes dues au
titre d’un exercice non prescrit, le droit de l’administration de vérifier la sincérité des
déductions opérées s’étend aux cinq (5) derniers exercices prescrits. Toutefois, le
redressement ne peut excéder le montant des crédits imputés sur la taxe exigible au titre de
l’exercice non prescrit.

A la différence de la forclusion qui constitue la déchéance d’un droit non exercé par le
contribuable dans les délais fixés par la loi, et dont le délai ne peut être interrompu, la
prescription est la période au terme de laquelle une imposition ne peut être établie, une
somme perçue, une restitution de droit accordée, des poursuites ou une instance engagées. Le
contribuable peut l’invoquer à tout moment de la procédure contentieuse ou être soulevée
d’office par le juge.
Le délai généralement prévu aussi bien en matière de fiscalité d’Etat que de fiscalité locale, et
aussi bien en matière d’assiette et de liquidation que de recouvrement, est de quatre ans.

Au niveau de l’assiette et de la liquidation de l’impôt, la prescription quadriennale peut être


interrompue par le fisc, par le biais d’une notification de redressement ou de régularisation,
suite à constatation d’une omission, insuffisance, irrégularité, anomalie (…). Cette
notification doit être envoyée à la dernière adresse déclarée par le contribuable. Même non
reçue à cette adresse, cette notification envoyée par voie postale, est interruptive de la
prescription. De même, la prescription quadriennale est interrompue suite à recouvrement,
émission de rôle ou ordre de recettes. Tel n’est pas le cas de la prescription en matière de
recouvrement, où la réception du commandement doit être justifiée, sinon le fisc doit prouver
la matérialité des démarches entreprises qui se sont révélées infructueuses. Parfois, certains
contribuables s’évaporent dans la nature, devenant de véritables objets fiscaux non
identifiables (OFNI). Le risque est grand à ce niveau pour le Trésor public. L’origine de ce
risque réside surtout dans le caractère obsolète du dispositif prévu en matière de recouvrement
forcé et dans le déficit de coordination entre la Direction Générale des Impôts et la Trésorerie
Générale du Royaume, cette dernière refusant d’établir une convention d’échange
d’informations avec le fisc, à l’instar de ce qui a été fait avec d’autres administrations et
organismes publics (Douane, Office des Changes, CNSS, …). A cet égard, la notion de secret
professionnel devrait être clarifiée dans un texte officiel pour contrecarrer certaines
résistances au développement de la transparence.

Par dérogation au principe de prescription quadriennale, un délai supplémentaire maximal de


quatre ans est prévu dans les cas de déficits et de crédits de taxe afférents à des périodes
d’imposition ou des exercices comptables imputés sur les revenus, résultats ou taxe due, au
titre d’une période non prescrite. Cependant, le redressement, dans ce cas, ne peut pas excéder
le montant des déficits ou des crédits imputés.
De même, par dérogation, le délai de prescription est de 10 ans en cas d’infraction fiscale
par des contribuables bénéficiant indûment d’avantages fiscaux.

En cas de cessation totale d’activité d’une entreprise, suivie de liquidation, la rectification des
bases d’imposition a lieu sans que la prescription quadriennale puisse être opposée au fisc
pour toute la période de liquidation.
Dans certains cas exceptionnels, même en cas d’expiration du délai de prescription de quatre
ans, le fisc garde la main et peut procéder à des régularisations au niveau du dernier exercice
non prescrit. C’est notamment le cas des contribuables contrevenants ayant indûment obtenu
des restitutions, ou ayant indûment bénéficié d’exonérations, des promoteurs immobiliers
n’ayant pas respecté les conditions d’exonération stipulées dans les conventions…
Ce nouveau délai de prescription, explicitement consacré par la Loi de Finances de l’année
2016, vise surtout les contribuables les plus récalcitrants, ceux à qui l’occasion a été donnée
récemment, pendant plusieurs années, pour quitter l’informel et rejoindre les rangs de la
conformité. Les résultats de cette offre, qui est en fait une amnistie car garantissant aux
contribuables concernés une non régularisation fiscale rétroactive, sont assez décevants. Les
responsables politiques n’osent guère en parler, encore moins faire le bilan et s’interroger sur
le pourquoi de la non adhésion.

Mais ne perdons pas l’espoir. Le régime de l’auto-entrepreneur pourrait constituer une


alternative meilleure, à condition qu’il soit appliqué dans le respect de la lettre et de l’esprit de
la nouvelle démarche globale ayant pour objectif l’intégration des activités informelles et
devant être attractif en offrant des avantages en matière de sécurité sociale, de retraite, de
facilité d’accès au financement, et ne visant pas seulement la fiscalisation desdites activités
sans aucune contrepartie sociale. La collectivité a vraiment besoin de cette nouvelle approche
pour couper l’herbe aux grands fraudeurs du fisc qui se cachent derrière la fraude fiscale en
miettes.

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