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Barycentres 1

BARYCENTRES

Soit E un espace affine réel et E l’espace vectoriel associé.


I - Fonction vectorielle de Leibniz
1) Définitions
Un point pondéré de E est un couple ( A, α ) formé d’un point A de E et d’un réel α .
Par exemple pour une particule, on peut considérer sa position A et sa masse α .
Lorsque l’on a n points pondérés, on parlera de « système » ( Ak , α k )1≤k ≤n .
Etant donné un système ( Ak , α k )1≤k ≤n de n points pondérés de E , on appelle fonction
r
vectorielle de Leibniz associée l’application F de E dans E qui à tout point M de E
r n
associe le vecteur F ( M ) = ∑ α k MAk .
k =1

Exemple : Si le système de points pondérés est {( A, α), ( B, β)}, la fonction vectorielle de


r
Leibniz associe à tout point M le vecteur F ( M ) = α MA + β MB .

2) Propriétés de la fonction vectorielle de Leibniz


Etudions d’abord l’injectivité de cette application.
r r
Donc comparons F (M ) et F (N ) pour deux points quelconques M et N de E :
r n n n
F ( M ) = ∑ α k ( MN + NAk ) = ∑ α k MN + ∑ α k NAk
k =1 k =1 k =1
r   n r
Donc ∀( M , N ) ∈E 2
F ( M ) =  ∑ α k  MN + F ( N )
 k =1 
n r r
• Si ∑ α k = 0 , alors ∀( M , N ) ∈E F ( M ) = F ( N ) .
k =1

Si la somme des coefficients des points pondérés est nulle, alors la fonction vectorielle
de Leibniz associée est constante sur E .
Exemple : Si le système de points pondérés est {( A,1), ( B,−1)}, la fonction vectorielle
r
associe à tout point M le vecteur F ( M ) = MA − MB = BA .
n r r r
• Supposons maintenant que ∑ α k ≠ 0 . Alors F ( M ) = F ( N ) si et seulement si MN = 0 ,
k =1
r
donc si M = N . Donc l’application F est injective.
Etudions sa surjectivité. Pour cela, fixons un point O de E .
r r r r  n  r
Pour tout vecteur V de E, on a F ( M ) = V si et seulement si V =  ∑ α k  MO + F (O ) ,
 k =1 
1 r r r r
donc si OM = n ( F (O ) − V ) . Donc il existe un unique point M tel que F ( M ) = V .

k =1
αk
r
Donc l’application F est surjective.
Si la somme des coefficients des points pondérés est non nulle, alors la fonction
vectorielle de Leibniz associée est bijective de E dans E.
Exemple : Si le système de points pondérés est {( A,1), ( B,1)}, la fonction vectorielle
r
associe à tout point M le vecteur F ( M ) = MA + MB = 2 MB + BA .
Barycentres 2

3) Barycentre
n r r
En particulier si ∑α
k =1
k ≠ 0 , il existe un unique point G tel que F (G ) = 0 .
n
Si ∑α
k =1
k ≠ 0 , on appelle barycentre du système de points pondérés ( Ak , α k )1≤ k ≤ n
n r
l’unique point G de E tel que ∑α
k =1
k GAk = 0 .

Exemple : Si le système de points pondérés est {( A,1), ( B,1)}, le barycentre est le point
r
G tel que GA + GB = 0 , c’est-à-dire le milieu de [ AB ] .
On appelle isobarycentre des points A1 , ..., An le barycentre du système de points
pondérés ( Ak ,1)1≤ k ≤ n .
Exemple : L’isobarycentre de deux points A et B est le milieu du segment [ AB ] .

II - Propriétés du barycentre
1) Propriété caractéristique
n
Soit ( Ak , α k )1≤ k ≤ n un système de points pondérés tel que ∑α
k =1
k ≠ 0 et G son barycentre.

r  n  r
On a vu que : ∀( M , N ) ∈E F ( M ) =  ∑ α k  MN + F ( N )
2

 k =1 
r  n  r r r
En particulier : ∀M ∈E F ( M ) =  ∑ α k  MG + F (G ) . Or F (G ) = 0 .
 k =1 
n
 n 
Donc ∀M ∈E ∑ α k MAk =  ∑ α k  MG
k =1  k =1 
C’est une propriété caractéristique car réciproquement, s’il existe un point M et un point
n
 n   n   n 
K tel que ∑ α k MAk =  ∑ α k  MK , alors  ∑ α k  MK =  ∑ α k  MG , donc K = G .
k =1  k =1   k =1   k =1 
2) Coordonnées du barycentre
n
Soit ( Ak , α k )1≤ k ≤ n un système de points pondérés tel que ∑α
k =1
k ≠ 0 et G son barycentre.

 n  n
Si O est un point de l’espace E , on a vu que : ∀M ∈E  ∑ α k OG = ∑ α k OAk .
 k =1  k =1
r r
• Donc, si dimE = 2 et si (O, i , j ) est un repère de E , le point G a pour coordonnées :
n n

∑ α k xk
k =1
∑α
k =1
k yk
xG = n
et y G = n
si les points Ak ont pour coordonnées ( x k , y k ) .
∑α
k =1
k ∑α k =1
k

r r r
• Et si dimE = 3 et si (O, i , j , k ) est un repère de E , le point G a pour coordonnées :
n n n

∑ α k xk
k =1
∑ α k yk
k =1
∑α
k =1
k zk
xG = n
, yG = n
et zG = n
si les points Ak ont pour
∑α
k =1
k ∑α
k =1
k ∑α
k =1
k

coordonnées ( x k , y k , z k ) .
Barycentres 3

3) Autres propriétés
Commutativité : On ne change pas le barycentre de n points pondérés en changeant
l’ordre de ces points.
Evident car l’addition est commutative dans E.
Homogénéité : On ne change pas le barycentre de n points pondérés en multipliant
tous les coefficients par un même réel non nul.
n
En effet, si G est barycentre du système ( Ak , α k )1≤ k ≤ n avec ∑α
k =1
k ≠ 0 et si λ ≠ 0 ,
n
 n 
alors ∑
k =1
λα k = λ  ∑ α k  ≠ 0 et :
 k =1 
n n
 n   n 
∀M ∈E ∑
k =1
λα k MAk = λ ∑
k =1
α k MAk = λ  ∑ α
 k =1 
k  MG =  ∑ λα k  MG .
 k =1 
Donc G est aussi barycentre du système ( Ak , λα k )1≤ k ≤ n .
Remarque : On peut utiliser cette propriété pour simplifier les coefficients du système.
Exemple : Le barycentre de {( A,2), ( B,6)} est aussi le barycentre de {( A,1), ( B,3)} .
Conséquence : G est isobarycentre des points A1 , ..., An si et seulement si il est
barycentre des points A1 , ..., An affectés des mêmes coefficients non nuls.
Associativité : On ne change pas le barycentre de n points pondérés en remplaçant
plusieurs de ces points par leur barycentre affecté de la somme de leurs coefficients si
cette somme est non nulle.
n
En effet, soit G le barycentre du système ( Ak , α k )1≤ k ≤ n avec ∑α k =1
k ≠ 0 , et soit un
p
entier p ∈ P1, n − 1T tel que ∑α
k =1
k ≠ 0 . Donc le barycentre K de ( Ak , α k )1≤ k ≤ p existe.
n p n
On a : ∀M ∈E ∑ α k MAk = ∑ α k MAk +
k =1 k =1
∑α
k = p +1
k MAk .

p
 p  n
 n 
Or : ∀M ∈E ∑ α k MAk = ∑ k 
 α  MK et ∑ α k MA k =  ∑ α k  MG .
 k =1 
k =1  k =1  k =1

 n   p  n
Donc ∀M ∈E  ∑ α k  MG =  ∑ α k  MK + ∑ α k MAk .
 k =1   k =1  k = p +1

 p

Donc G est barycentre des points pondérés  K , ∑ α k  , ( A p +1 , α p +1 ) , ..., ( An , α n ) .
 k =1 
Remarque : On peut utiliser cette propriété pour grouper des points, ou au contraire
pour dissocier des points comme dans les applications qui vont suivre.
III - Exemples d’applications géométriques
1) Barycentre de deux points
Si A et B sont deux points distincts, quels que soient les réels α et β tels que α + β ≠ 0 ,
le barycentre du système {( A, α), ( B, β)} appartient à la droite ( AB ) . Il appartient au
segment [ AB ] si et seulement si αβ ≥ 0 .
β
En effet : ∀M ∈E α MA + βMB = (α + β) MG , donc en particulier : AG = AB .
α+β
Barycentres 4

β β
Il appartient au segment [ AB ] si et seulement si 0 ≤ ≤ 1 , donc si ≥ 0 et
α+β α+β
β α
1− = ≥ 0 , dons si α et β sont de même signe.
α+β α+β
Réciproquement, pour tout point M de la droite (AB) , il existe un réel λ tel que
r
AM = λ AB , donc tel que (1 − λ) MA + λ MB = 0 , donc M est barycentre de
{( A,1 − λ), ( B, λ)} (la somme des coefficients est 1, donc non nulle).
Si A et B sont deux points distincts, la droite ( AB ) est l’ensemble des barycentres des
points pondérés ( A,1 − λ) et ( B, λ) lorsque λ décrit R , et le segment [ AB ] est
l’ensemble des barycentres des points pondérés ( A,1 − λ) et ( B, λ) lorsque λ décrit [0,1] .
Etant donnée la propriété d’homogénéité, la droite (AB) est l’ensemble de tous les
barycentres des points A et B.
2) Méthode pour démontrer un alignement
Pour démontrer que trois points sont alignés, il suffit donc de démontrer que l’un d’entre
eux est barycentre des deux autres.

Exemple 1 : Soit ABC un triangle, I le point défini


1
par AI = AB , J le milieu du segment [ BC ] et K
3
le milieu du segment [ AJ ] .
Démontrer que les points C, K et I sont alignés.

K est milieu de [ AJ ] , donc K est barycentre de ( A,1) et ( J ,1) , donc de ( A,2) et ( J ,2)
d’après la propriété d’homogénéité.
Or J est milieu de [ BC ] , donc J est barycentre de ( B,1) et (C ,1) .
Donc d’après la propriété d’associativité, K est barycentre de ( A,2) , ( B,1) et (C ,1) .
1 r
Or AI = AB , donc 2 IA + IB = 0 , donc I est barycentre de ( A,2) et ( B,1) .
3
Donc toujours d’après la propriété d’associativité, K est barycentre de (I,3) et (C ,1) .
Donc les points C, K et I sont alignés.

Exemple 2 (Théorème de Ménélaüs) :


Soit ABC un triangle, P, Q et R trois points
appartenant respectivement aux droites (BC),
(CA) et (AB) et distincts des points A, B et C.
Démontrer que les points P, Q et R sont alignés
PB QC RA
si et seulement si × × = 1.
PC QA RB

Il s’agit des mesures algébriques sur chacune des droites que l’oriente arbitrairement :
PB et PC sur la droite ( BC ) , QC et QA sur la droite ( AC ) , et RA et RB sur la
droite ( BC ) . Le choix de l’orientation des droites n’a pas d’importance puisqu’il s’agit
de rapports de mesures algébriques.
Le point P appartient à la droite (BC), donc il est barycentre de ( B, α ) et (C ,1 − α)
r
avec α ≠ 0 et α ≠ 1 car P est distinct de B et de C. Donc α PB + (1 − α) PC = 0 . Donc
PB α − 1 CB 1
α PB + (1 − α) PC = 0 . Donc = , ce qui donne = .
PC α CP α
Barycentres 5

De même, le point Q appartient à la droite (CA), donc il est barycentre de (C , β) et


QC β −1 CA 1
( A,1 − β) avec β ≠ 0 et β ≠ 1 , et = , ce qui donne = .
QA β CQ 1 − β
On peut remarquer que, pour que les points P, Q et R soient alignés, il faut que la
CB CA
droite (PQ) ne soit pas parallèle à (AB), donc que ≠ , donc α ≠ 1 − β .
CP CQ
Les points P, Q et R sont alignés si et seulement si il existe un réel λ tel que R soit
barycentre de ( P, λ) et (Q,1 − λ ) . On peut remarquer que si λ existe, alors λ ≠ 0 et
λ ≠ 1 car les points sont distincts des sommets du triangle, donc distincts entre eux.
Donc, d’après les propriétés d’homogénéité et d’associativité, les points P, Q et R sont
alignés si et seulement si il existe un réel λ tel que R soit barycentre de ( B, λα ) ,
(C , λ (1 − α)) , (C , (1 − λ )β) et ( A, (1 − λ )(1 − β)) , donc de ( A,1 − λ − β + λβ) , ( B, λα ) et
(C , λ + β − λα − λβ) .
Or le point R appartient à la droite (AB), donc les points P, Q et R sont alignés si et
seulement si il existe un réel λ tel que R soit barycentre de ( A,1 − λα ) et ( B, λα ) avec
β
λ + β − λα − λβ = 0 , ce qui donne λ = car α ≠ 1 − β .
α + β −1
Donc les points P, Q et R sont alignés si et seulement si R est barycentre de ( A, γ ) et
αβ RA γ − 1 − αβ αβ
( B,1 − γ ) avec γ = 1 − , donc si = = = ,
α + β −1 RB γ α + β − 1 − αβ (α − 1)(β − 1)
PB QC RA (α − 1)(β − 1)( γ − 1)
donc si × × = = 1.
PC QA RB αβγ

3) Méthode pour démontrer un concours


Pour démontrer que deux droites (AB) et (CD) sont concourantes, il suffit de démontrer
qu’il existe un point qui est à la fois barycentre de A et B, et barycentre de C et D.
Etant donné que deux droites non parallèles se coupent en un point, les seuls problèmes
intéressants sont ceux du concours d’au moins trois droites. On cherche donc le point
d’intersection de deux des droites et l’on montre qu’il appartient à la troisième droite, ce
qui nous ramène à un problème d’alignement.
Exemple 1 : Soient A, B, C et D quatre points
non alignés du plan, G le centre de gravité du
triangle ABC, I le milieu du segment [ AB ] , J le
milieu du segment [ BC ] , K et L les points
3 1
définis par CK = CD et DL = DA .
4 4
Démontrer que les droites (IK), (JL) et (DG)
sont concourantes.

I est le milieu du segment [ AB ] , donc barycentre de ( A,1) et ( B,1) .


3 r
CK = CD , donc KC + 3KD = 0 , donc K est barycentre de (C ,1) et ( D,3) .
4
Un point M appartient à la droite ( IK ) s’il existe un réel α tel que M soit barycentre
de ( I , α ) et ( K ,1 − α ) , donc de ( I ,4α ) et ( K ,4 − 4α ) , donc de ( A,2α) , ( B,2α) ,
(C ,1 − α) et ( D,3 − 3α ) .
J est le milieu du segment [ BC ] , donc barycentre de ( B,1) et (C ,1) .
1 r
DL = DA , donc 3LD + LA = 0 , donc L est barycentre de ( A,1) et ( D,3) .
4
Barycentres 6

Un point M appartient à la droite ( JL) s’il existe un réel β tel que M soit barycentre de
( J , β) et ( L,1 − β) , donc de ( J ,4β) et ( L,4 − 4β) , donc de ( A,1 − β) , ( B,2β) , (C ,2β)
et ( D,3 − 3β) .
Les deux systèmes de points pondérés ont la même somme de coefficients 4.
Donc le point M est intersection des droites ( IK ) et ( JL) si et seulement si
2 α = 1 − β
2α = 2β
 1
 ce qui équivaut à α = β = . Donc le point M d’intersection des
1 − α = 2β 3
3 − 3α = 3 − 3β
 2  2  2
droites ( IK ) et ( JL) est barycentre de  A,  ,  B,  ,  C ,  et ( D,1) .
 3  3  3
Or le point G est le centre de gravité du triangle ABC, donc l’isobarycentre des points
 2  2  2
A, B et C, donc le barycentre de  A,  ,  B,  et  C ,  .
 3  3  3
Donc par associativité, le point M est barycentre de (G ,2) et ( D,1) . Donc il appartient
à la droite (DG).
Donc les trois droites (IK), (JL) et (DG) sont concourantes.

Exemple 2 (Théorème de Céva) :


Soit ABC un triangle, P, Q et R trois points
appartenant respectivement aux droites (BC), (CA) et
(AB) et distincts des points A, B et C.
Montrer que les droites ( AP ) , ( BQ ) et (CR ) sont
PB QC RA
concourantes si et seulement si × × = −1 .
PC QA RB

On fait un raisonnement analogue à celui du théorème de Ménélaüs.


Le point P appartient à la droite (BC), donc il est barycentre de ( B, α ) et (C ,1 − α)
PB α − 1
avec α ≠ 0 et α ≠ 1 , et = .
PC α
Donc un point M appartient à la droite ( AP ) s’il existe un réel λ tel que M soit
barycentre de ( P, λ) et ( A,1 − λ ) , donc de ( A,1 − λ ) , ( B, λα ) et (C , λ − λα ) .
Le point Q appartient à la droite (CA), donc il est barycentre de (C , β) et ( A,1 − β)
QC β −1
avec β ≠ 0 et β ≠ 1 , et = .
QA β
Donc un point M appartient à la droite ( BQ ) s’il existe un réel µ tel que M soit
barycentre de (Q, µ) et ( B,1 − µ) , donc de ( A, µ − βµ ) , ( B ,1 − µ ) et (C , βµ) .
Pour que les droites ( AP ) , ( BQ ) et (CR ) sont concourantes, il faut d’abord que les
CB CQ

droites ( AP ) et ( BQ ) ne soient pas parallèles, donc que , donc α − αβ ≠ 1 .
CP CA
Les deux systèmes de points pondérés ont la même somme de coefficients 1.
Donc le point M est intersection des droites ( AP ) et ( BQ ) si et seulement si
1 − λ = µ − βµ
 β 1− α
λα = 1 − µ ce qui équivaut à λ = et µ = .
λ − λα = βµ 1 − α + αβ 1 − α + αβ

Barycentres 7

Donc le point M d’intersection des droites ( AP ) et ( BQ ) est barycentre de ( A,1 − λ ) ,


β
( B, λα ) et (C , λ − λα ) avec λ = . La somme des coefficients vaut 1.
1 − α + αβ
Les droites ( AP ) , ( BQ ) et (CR ) sont concourantes si et seulement si le point M
appartient à la droite (CR ) , donc si et seulement si il existe un réel δ tel que R soit
barycentre de ( M , δ) et (C ,1 − δ) , donc de ( A, δ − δλ ) , (B , αδλ ) , (C , λδ − αδλ ) et
(C ,1 − δ) , donc de ( A, δ − δλ ) , (B , αδλ ) , (C , λδ − αδλ + 1 − δ ) .
Or le point R appartient à la droite (AB), donc il est barycentre de ( A, γ ) et ( B,1 − γ )
RA γ − 1
avec γ ≠ 0 et γ ≠ 1 , et = .
RB γ
Donc les droites ( AP ) , (BQ ) et (CR ) sont concourantes si et seulement si il existe un
γ = δ(1 − λ)
 γ αγλ
réel δ tel que : 1 − γ = αδλ , ce qui équivaut à δ = et 1 − γ = .
λδ − αδλ + 1 − δ = 0 1 − λ 1 − λ

1 − α + αβ − β (1 − α )(1 − β)
En effet, on peut diviser par (1 − λ) car 1 − λ = = ≠ 0.
1 − α + αβ 1 − α + αβ
Donc les droites ( AP ) , (BQ ) et (CR ) sont concourantes si et seulement si
αγλ αβγ PB QC RA (α − 1)(β − 1)( γ − 1)
1− γ = = , donc si × × = = −1 .
1 − λ (1 − α)(1 − β) PC QA RB αβγ

4) Barycentre de trois points


Si A, B et C sont trois points non alignés, quels que soient les réels α , β et γ tels que
α + β + γ ≠ 0 , le barycentre du système {( A, α), ( B, β), (C , γ )} appartient au plan ( ABC ) .
En effet : ∀M ∈E α MA + βMB + γ MC = (α + β + γ ) MG , donc en particulier :
β γ
AG = AB + AC . Donc G appartient au plan ( ABC ) .
α+β α+β
Réciproquement, si A, B et C ne sont pas alignés, ( A, AB, AC ) est un repère du plan
( ABC ) . Donc pour tout point M du plan ( ABC ) , il existe un couple unique (λ, µ) de
r
réels tel que AM = λ AB + µ AC , donc tel que (1 − λ − µ) MA + λ MB + µ MC = 0 , donc M
est barycentre de {( A,1 − λ − µ), ( B, λ), (C , µ)} (la somme des coefficients est non nulle).
Si A, B et C sont trois points non alignés, le plan ( ABC ) est l’ensemble des barycentres
des points pondérés ( A,1 − λ − µ) , ( B, λ) et (C, µ) lorsque (λ, µ) décrit R 2 .
Soit M un point du plan (ABC) donc barycentre de ( A, α) , ( B, β) et (C , γ ) avec
α + β + γ ≠ 0 . On suppose que M n’appartient pas aux côtés du triangle ABC, donc que
α , β et γ ne sont pas nuls.
Si β + γ = 0 , la droite (AM) est parallèle à (BC) car α MA = β BC , donc le point M est
extérieur au triangle ABC.
Si β + γ ≠ 0 , on désigne par A' le barycentre de ( B, β) et (C , γ ) . Donc, par associativité,
M est le barycentre de ( A, α) et ( A' , β + γ) . Donc A' est le point d’intersection des
droites (AM) et (BC).
Donc le point M est intérieur au triangle ABC si et seulement si A' appartient au segment
βγ ≥ 0
[BC ] et M appartient au segment [ AA' ] , donc si  , donc si α , β et γ sont
α (β + γ ) ≥ 0
tous les trois de même signe.
Barycentres 8

Si α = 0 , la condition devient βγ ≥ 0 , ce qui équivaut à M ∈ [BC ] . Si β = 0 , la


condition devient αγ ≥ 0 , ce qui équivaut à M ∈ [ AC ] . Si γ = 0 , la condition devient
αβ ≥ 0 , ce qui équivaut à M ∈ [ AB ] . Dans les trois cas, M est intérieur au triangle ABC.
Si A, B et C sont trois points non alignés, le barycentre du système ( A, α) , ( B, β) et
(C , γ ) avec α + β + γ ≠ 0 est intérieur au triangle ABC si et seulement si α , β et γ sont
de même signe. Par homogénéité, on peut les supposer tous les trois positifs.
5) Méthode pour démontrer une coplanarité
Pour montrer que quatre points sont coplanaires, il suffit donc de montrer que l’un
d’entre eux est barycentre des trois autres.
Exemple : Soit ABCD un tétraèdre, et deux réels a et b
distincts de 0 et de 1. On construit les points M, N, P et Q
tels que AM = a AB , BN = b BC , CP = (1 − a)CD et
DQ = (1 − b) DA .
Démontrer que les points M, N, P et Q sont coplanaires.
r
AM = a AB , donc AM − a AB = 0 , donc A est barycentre de (M ,1) et ( B,− a ) .
r
Et CP = (1 − a)CD , donc DP − a DC = 0 , donc D est barycentre de (P,1) et (C ,−a ) .
La somme des coefficients des deux systèmes est la même : 1 − a .
Et DQ = (1 − b) DA , donc Q est barycentre de ( A,1 − b) et ( D, b) , donc de
( A, (1 − b)(1 − a )) et ( D, b(1 − a )) , donc de ( M ,1 − b) , ( B,− a (1 − b)) , ( P, b) et (C ,−ab) .
Or BN = b BC , donc N est le barycentre des points ( B,1 − b) et (C , b) , donc de
( B,− a (1 − b)) et (C ,−ab) .
Donc, par associativité, Q est barycentre de ( M ,1 − b) , ( N ,− a ) et ( P, b) .
Donc le point Q appartient au plan (MNP). Donc M, N, P et Q sont coplanaires.
IV - Points et droites remarquables du triangle
On suppose dans ce paragraphe que l’espace E est un plan affine euclidien.
1) Coordonnées barycentriques
On a vu que si trois points A, B et C ne sont pas alignés, tout point du plan (ABC) est
barycentre de A, B et C affectés de certains coefficients.
Si A, B et C sont trois points non alignés et M un point du plan ABC, on appelle
système de coordonnées barycentriques de M dans le repère affine ( A, B, C ) tout
triplet (α, β, γ ) de réels tel que α + β + γ ≠ 0 et tel que M soit barycentre de ( A, α) ,
( B, β) et (C , γ ) .
Il n’y a pas unicité, sauf si l’on impose α + β + γ = 1 , puisque l’on ne change pas un
barycentre en multipliant tous les coefficients par un même réel non nul.
De plus, on a : ∀N ∈E (α + β + γ ) MN = α AN + β BN + γCN .
Donc en particulier : (α + β + γ ) MB = α AB + γCB = (α + γ ) AB − γ AC .
Et : (α + β + γ ) MC = α AC + β BC = −β AB + (α + β) AC .
Donc : (α + β + γ ) 2 det(MB, MC ) = det[(α + γ ) AB − γ AC ,−β AB + (α + β) AC ] .
Donc : (α + β + γ ) 2 det(MB, MC ) = [(α + γ )(α + β) − βγ ] det( AB, AC ) .
Donc : (α + β + γ ) det(MB, MC ) = α det( AB, AC ) .
De même : (α + β + γ ) det(MC , MA) = β det( BC , BA) = β det( AB, AC ) .
Et : (α + β + γ ) det(MA, MB) = γ det(CA, CB) = γ det( AB, AC ) .
Barycentres 9

Donc α , β et γ sont proportionnels respectivement à det(MB, MC ) , det(MC, MA) et


det(MA, MB) . Or les coordonnées barycentriques sont connues à un coefficient près.
On peut remarquer que la propriété reste vraie si M est l’un des points A, B ou C.
Donc, si A, B et C sont trois points non alignés et M un point du plan ABC, un système
de coordonnées barycentriques de M dans le repère affine ( A, B, C ) est défini par
α = det(MB, MC ) , β = det(MC , MA) et γ = det(MA, MB) .
Si H est le projeté orthogonal de M sur la droite (BC ) , on a :
α = det(MB, MC ) = det(MH + HB, MH + HC ) = det(MH , HC ) + det( HB, MH ) .
Donc α = det(MH , HC − HB) = det(MH , BC ) .
r r r 1
Si M n’appartient pas à (BC), on définit le repère orthonormé ( B, i , j ) par i = BC
BC
r 1 0 BC
et j = HM . Donc on a : α = det(MH , BC ) = = − HM × BC , donc
HM HM 0
α = 2 × aire(MBC ) . Et cette égalité est encore vraie si M appartient à (BC) car α = 0 .
De même β = 2 × aire(MAC) et γ = 2 × aire(MAB) .
Or, si M est intérieur au triangle, on peut prendre des coefficients α , β et γ positifs.
Si A, B et C sont trois points non alignés et si M est un point intérieur au triangle ABC,
un système de coordonnées barycentriques de M dans le repère affine ( A, B, C ) est
défini par α = aire(MBC) , β = aire(MAC) et γ = aire(MAB) .

2) Médianes
Dans un triangle, une médiane est une droite qui joint un sommet au milieu du côté
opposé. Un triangle possède donc trois médianes.
Soient A' , B ' et C ' les milieux des segments [BC ] , [CA] et [ AB ] .
Soit G le centre de gravité du triangle, c’est-à-dire l’isobarycentre de A, B et C, c’est-à-
dire le barycentre de ( A,1) , (B,1) et (C ,1) .
Les milieux des segments sont isobarycentres des extrémités de ces segments.
Donc, par associativité, en groupant les points par 2, G est
barycentre de :
• ( A,1) et ( A' ,2) , donc G appartient à la médiane ( AA' ) .
• (B,1) et (B ' ,2) , donc G appartient à la médiane (BB ' ) .
• (C ,1) et (C ' ,2) , donc G appartient à la médiane (CC ' ) .
2 2 2
De plus : AG = AA' , BG = BB ' et CG = CC ' .
3 3 3
Dans un triangle ABC, les trois médianes sont concourantes en un point G appelé
centre de gravité du triangle et qui est isobarycentre de A, B et C.
Le centre de gravité d’un triangle est toujours intérieur au triangle. Donc d’après ce
qui précède, il partage le triangle en trois triangles de même aire.
3) Hauteurs
Dans un triangle, une hauteur est une droite qui passe par un sommet et qui est
orthogonale au côté opposé. Un triangle possède donc trois hauteurs.
Notons  , B̂ et Ĉ les angles géométriques du triangle ABC. Donc Aˆ + Bˆ + Cˆ = π .
Soit A" le projeté orthogonal de A sur (BC). Il y a trois dispositions possibles :
Barycentres 10

AA" AA"
Dans le premier cas, on a : tan Bˆ = et tan Cˆ = , donc BA"× tan Bˆ = CA"× tan Cˆ .
BA" CA"
r
Donc (tan Bˆ ) BA" + (tan Cˆ )CA" = 0 car BA" et CA" sont colinéaires de sens contraires.
AA" AA"
Dans le deuxième cas, on a tan Bˆ = − et tan Cˆ = , donc BA"× tan Bˆ = −CA"× tan Cˆ .
BA" CA"
r
Donc (tan Bˆ ) BA" + (tan Cˆ )CA" = 0 car BA" et CA" sont colinéaires de même sens.
AA" AA"
Dans le troisième cas, on a tan Bˆ = et tan Cˆ = − , donc BA"× tan Bˆ = −CA"× tan Cˆ .
BA" CA"
r
Donc (tan Bˆ ) BA" + (tan Cˆ )CA" = 0 car BA" et CA" sont colinéaires de même sens.
r
Dans les trois cas, on a : (tan Bˆ ) BA" + (tan Cˆ )CA" = 0 . Or tan Bˆ + tan Cˆ ≠ 0 car
Cˆ ≠ π − Bˆ . Donc dans tous les cas, A" est barycentre de ( B, tan Bˆ ) et (C , tan Cˆ ) .
De même, B" est barycentre de ( A, tan Aˆ ) et (C , tan Cˆ ) , et C" est barycentre de
( A, tan Aˆ ) et ( B, tan Bˆ ) .
tan Bˆ + tan Cˆ
On sait que Aˆ + Bˆ + Cˆ = π , donc tan Aˆ = − = − tan( Bˆ + Cˆ ) = − .
1 − tan Bˆ tan Cˆ
tan Bˆ tan Cˆ
Donc tan Aˆ + tan Bˆ + tan Cˆ = −(tan Bˆ + tan Cˆ ) . Or tan Bˆ + tan Cˆ ≠ 0 ,
ˆ
1 − tan B tan C ˆ
tan B ≠ 0 et tan C ≠ 0 , donc tan A + tan B + tan Cˆ ≠ 0 .
ˆ ˆ ˆ ˆ
Donc on peut définir le point H barycentre de ( A, tan Aˆ ) , ( B, tan Bˆ ) et (C , tan Cˆ ) .
Par associativité, H est barycentre de :
• ( A, tan Aˆ ) et ( A" , tan Bˆ + tan Cˆ ) , donc le
point H appartient à la hauteur ( AA" ) .
• ( B, tan Bˆ ) et ( B" , tan Aˆ + tan Cˆ ) , donc le
point H appartient à la hauteur (BB" ) .
• (C , tan Cˆ ) et (C " , tan Aˆ + tan Bˆ ) , donc le
point H appartient à la hauteur (CC " ) .
Dans un triangle ABC, les trois hauteurs sont concourantes en un point H appelé
orthocentre du triangle et qui est barycentre de ( A, tan Aˆ ) , ( B, tan Bˆ ) et (C , tan Cˆ ) .
L’orthocentre n’est pas toujours à l’intérieur du triangle.
4) Médiatrices
Dans un triangle, une médiatrice est une droite qui est orthogonale à un côté en son
milieu. Un triangle possède donc trois médiatrices.
Notons a = BC , b = CA , c = AB , et toujours  , B̂ et Ĉ les angles du triangle.
Soient A' , B ' et C ' les milieux des segments [BC ] , [CA] et [ AB ] .
Les médiatrices des segments [ AB ] et [ AC ] sont sécantes car elles sont orthogonales
à deux droites sécantes en A. Soit O leur point d’intersection.
Barycentres 11

Tout point de la médiatrice d’un segment est équidistant des extrémités du segment.
Donc OA = OB et OA = OC . Donc OB = OC , et donc le point O appartient aussi à la
médiatrice de [BC ] . Donc les trois médiatrices sont concourantes en O.
De plus en notant R = OA = OB = OC , le cercle de centre O et de rayon R passe par
les points A, B et C. C’est le cercle circonscrit au triangle ABC.
On peut remarquer que les côtés du triangle A' B' C '
sont parallèles à ceux du triangle ABC car les points
A' , B ' et C ' sont les milieux des segments [BC ] ,
[CA] et [ AB ] . Donc chaque médiatrice du triangle
ABC est hauteur du triangle A' B' C ' . Donc le point O
est orthocentre du triangle A' B' C ' .
De plus, les angles du triangle A' B' C ' sont égaux à
ceux du triangle ABC.
Donc d’après l’étude précédente, O est barycentre de ( A' , tan Aˆ ) , ( B ' , tan Bˆ ) et
(C ' , tan Cˆ ) , donc de ( A' ,2 tan Aˆ ) , ( B ' ,2 tan Bˆ ) et (C ' ,2 tan Cˆ ) .
Or A' est barycentre de (B,1) et (C ,1) , donc de ( B, tan Aˆ ) et (C , tan Aˆ ) .
De même B ' est barycentre de ( A, tan Bˆ ) et (C , tan Bˆ ) . Et C ' est barycentre de
( A, tan Cˆ ) et ( B, tan Cˆ ) .
Donc, par associativité, le point O est barycentre de ( B, tan Aˆ ) , (C , tan Aˆ ) , ( A, tan Bˆ ) ,
(C , tan Bˆ ) , ( A, tan Cˆ ) et ( B, tan Cˆ ) .
Donc il est barycentre de ( A, tan Bˆ + tan Cˆ ) , ( B, tan Aˆ + tan Cˆ ) et (C , tan Aˆ + tan Bˆ ) .
Dans un triangle ABC, les trois médiatrices sont concourantes en un point O qui est
centre du cercle circonscrit du triangle et qui est barycentre de ( A, tan Bˆ + tan Cˆ ) ,
( B, tan Aˆ + tan Cˆ ) et (C , tan Aˆ + tan Bˆ ) .
Le point O n’est intérieur au triangle ABC que si tous les angles du triangle sont aigus.
Dans ce cas on peut raisonner autrement : il est
barycentre de ( A, α) , ( B, β) et (C , γ ) avec
α = aire(OBC) , β = aire(OAC) et γ = aire(OAB) .
1
Or α = aire(OBC) = × OA'×BC = aR cos Aˆ .
2
De même β == bR cos Bˆ et γ = cR cos Cˆ . Donc α , β et
γ sont proportionnels à a cos Aˆ , b cos Bˆ et c cos Cˆ .
On obtient un autre système de coordonnées barycentriques.
Si tous les angles sont aigus, le point O est barycentre de ( A, a cos Aˆ ) , ( B, b cos Bˆ ) et
(C , c cos Cˆ ) si l’on pose a = BC , b = CA , c = AB .
a b c
En utilisant la propriété = =
= 2 R , on peut vérifier que les
sin Aˆ sin Bˆ sin Cˆ
coefficients des deux systèmes de coordonnées barycentriques sont proportionnels.
5) Bissectrices
Dans un triangle, une bissectrice est un axe de symétrie de la figure formée par un
sommet et les deux côtés adjacents. Il y a donc deux bissectrices par sommet, elles
sont orthogonales et une seule des deux coupe le côté opposé (segment). Elle est
appelée bissectrice intérieure et l’autre bissectrice extérieure. Un triangle possède donc
trois bissectrices intérieures et trois bissectrices extérieures.
Notons a = BC , b = CA , c = AB , et toujours  , B̂ et Ĉ les angles du triangle.
Barycentres 12

L’angle des bissectrices intérieures relatives aux


Bˆ + Cˆ
sommets B et C est , donc elles ne sont
2
pas parallèles car Bˆ + Cˆ ≠ 2π . Soit I leur point
d’intersection, M, N et P ses projetés
orthogonaux sur les côtés (AB), (BC) et (AC).
Puisque les réflexions sont des isométries, tout
point d’une bissectrice est équidistant des deux
côtés de l’angle. Donc IM = IN et IN = IP .
Donc IM = IP , et donc I appartient à l’une des bissectrices relatives au sommet A. Or
par construction, il est intérieur au triangle ABC. Donc il appartient à la bissectrice
intérieure relative à A.
Donc les trois bissectrices intérieures sont concourantes au point I. De plus en notant
r = IM = IN = IP , le cercle de centre I et de rayon r est tangent intérieurement aux
trois côtés du triangle. C’est le cercle inscrit du triangle ABC.
Le point I est intérieur au triangle, donc barycentre de ( A, α) , ( B, β) et (C , γ ) avec
α = aire(IBC) , β = aire(IAC) et γ = aire(IAB) .
1 r r r
Or α = aire(IBC) = × IM × BC = a . De même β = b et γ = c . Donc α , β et
2 2 2 2
γ sont proportionnels à a, b et c.
Dans un triangle ABC, les trois bissectrices intérieures sont concourantes en un point I
centre du cercle inscrit du triangle et qui est barycentre de ( A, a ) , ( B, b) et (C , c ) si
l’on pose a = BC , b = CA , c = AB .
Un raisonnement analogue peut être fait avec les bissectrices extérieures.
La bissectrice intérieure de A et les bissectrices
extérieures de B et C sont concourantes en un point J
centre d’un cercle exinscrit au triangle ABC et qui
est barycentre de ( A,− a ) , ( B, b) et (C , c ) .
La bissectrice intérieure de B et les bissectrices
extérieures de A et C sont concourantes en un point
K centre d’un cercle exinscrit au triangle ABC et qui
est barycentre de ( A, a ) , ( B,−b) et (C , c ) .
La bissectrice intérieure de C et les bissectrices
extérieures de A et B sont concourantes en un point
L centre d’un cercle exinscrit au triangle ABC et qui
est barycentre de ( A, a ) , ( B, b) et (C ,−c) .

6) Droite d’Euler
On a vu que, dans un triangle ABC :
• le centre de gravité G est isobarycentre de A, B et C,
• l’orthocentre H est barycentre de ( A, tan Aˆ ) , ( B, tan Bˆ ) et (C , tan Cˆ ) , et la somme
des coefficients est x = tan Aˆ + tan Bˆ + tan Cˆ .
• le centre O du cercle circonscrit au triangle est barycentre de ( A, tan Bˆ + tan Cˆ ) ,
( B, tan Aˆ + tan Cˆ ) et (C , tan Aˆ + tan Bˆ ) , et la somme des coefficients est 2 x .
Or le barycentre G ' de (H ,1) et (O,2) aussi le barycentre de ( H , x ) et (O,2 x ) .
Donc, par associativité, G ' est barycentre de ( A, tan Aˆ ) , ( B, tan Bˆ ) , (C , tan Cˆ ) ,
( A, tan Bˆ + tan Cˆ ) , ( B, tan Aˆ + tan Cˆ ) et (C , tan Aˆ + tan Bˆ ) .
Barycentres 13

Donc G ' est barycentre de ( A, tan Aˆ + tan Bˆ + tan Cˆ ) , ( B, tan Aˆ + tan Bˆ + tan Cˆ ) et
(C , tan Aˆ + tan Bˆ + tan Cˆ ) . Les trois coefficients sont égaux. Donc G' = G .
r
Donc G est barycentre de (H ,1) et (O,2) , donc G, H et O sont alignés et HG + 2OG = 0 .
Dans un triangle, le centre de gravité G, l’orthocentre H et le centre O du cercle
circonscrit sont alignés et GH = −2GO .
S’ils sont distincts, la droite qui les contient s’appelle la droite d’Euler du triangle.

V - Points et droites remarquables du tétraèdre


Dans un tétraèdre, une médiane est une droite qui joint un sommet au centre de gravité
de la face opposée, et une bimédiane est une droite qui joint les milieux de deux arêtes
opposées.
Soit ABCD un tétraèdre.
Les médianes sont donc les droites :
( AA' ) où A' est centre de gravité du triangle BCD,
(BB ' ) où B ' est centre de gravité du triangle ACD,
(CC ' ) où C ' est centre de gravité du triangle ABD,
(DD ' ) où D ' est centre de gravité du triangle ABC.
Les bimédianes sont les droites (MP), (NQ) et (RS)
si M, N, P, Q, R et S sont les milieux des segments
[ AB ] , [BC ] , [CD ] , [DA] , [BD ] et [ AC ] .
Soit G l’isobarycentre de A, B, C et D. Il est barycentre de ( A,1) , (B,1) , (C ,1) et (D,1) .
Par associativité, en groupant les points par 2 ou par 3, il est barycentre de :
3
• ( A,1) et ( A' ,3) , donc G appartient à la médiane ( AA' ) et AG = AA' .
4
3
• (B,1) et (B ' ,3) , donc G appartient à la médiane (BB ' ) et BG = BB ' .
4
3
• (C ,1) et (C ' ,3) , donc G appartient à la médiane (CC ' ) et CG = CC ' .
4
3
• (D,1) et (D ' ,3) , donc G appartient à la médiane (DD ' ) et DG = DD ' .
4
• (M ,2) et (P,2) , donc G appartient à la bimédiane (MP).
• (N ,2) et (Q,2) , donc G appartient à la bimédiane (NQ).
• (R,2) et (S ,2) , donc G appartient à la bimédiane (RS).
Barycentres 14

Donc, dans un tétraèdre, les quatre médianes et les trois bimédianes sont concourantes
au point G isobarycentre des quatre sommets du tétraèdre.
On peut également définir les hauteurs d’un tétraèdre (droites passant par un sommet et
orthogonales au côté opposé), mais dans le cas général, elles ne sont pas concourantes.
Un tétraèdre dont les hauteurs sont concourantes s’appelle un tétraèdre orthocentrique,
et le point de concours des hauteurs est appelé orthocentre du tétraèdre.
On peut démontrer qu’un tétraèdre est orthocentrique si et seulement si ses arêtes
opposées sont deux à deux orthogonales, mais ce sont des raisonnements sur
l’orthogonalité et pas sur les barycentres (donc pas dans le sujet de ce chapitre).
VI - Fonction scalaire de Leibniz
On suppose dans ce paragraphe que l’espace E est affine euclidien.
1) Définition
Etant donné un système ( Ak , α k )1≤k ≤n de n points pondérés de E , on appelle fonction
scalaire de Leibniz associée l’application f de E dans R qui à tout point M de E
n
associe le réel f ( M ) = ∑ α k MAk2 .
k =1

Exemple : Si le système de points pondérés est {( A, α), ( B, β)}, la fonction scalaire de


Leibniz associe à tout point M le réel f ( M ) = α MA 2 + β MB 2 .

2) Propriétés de la fonction scalaire de Leibniz


Comparons f (M ) et f (N ) pour deux points M et N de E .
On a : ∀k ∈ P1, nT MAk2 = MAk .MAk = ( MN + NAk ).( MN + NAk ) .
Donc : ∀k ∈ P1, nT MAk2 = MN 2 + 2 MN . NAk + NAk2 .
 n   n  n
Donc : f ( M ) =  ∑ α k  MN 2 + 2 MN . ∑ α k NAk  + ∑ α k NAk2 .
 k =1   k =1  k =1
r
On reconnaît la fonction vectorielle de Leibniz F associée au système ( Ak , α k )1≤k ≤n .
 n  r
Donc : ∀( M , N ) ∈E 2 f ( M ) =  ∑ α k  MN 2 + 2 MN . F ( N ) + f ( N )
 k =1 
Il y a donc deux cas suivant la valeur de la somme des coefficients.
n r r
• Si ∑ α k ≠ 0 , le système ( Ak , α k )1≤k ≤n admet un barycentre G et F (G ) = 0 .
k =1

Si la somme des coefficients des points pondérés est non nulle et si G est le barycentre
 n 
du système : ∀M ∈E f ( M ) =  ∑ α k  MG 2 + f (G ) .
 k =1 
Exemple : Si le système de points pondérés est {( A,1), ( B,1)}, le barycentre du système
est le milieu I du segment [ AB ] .
1
Donc : MA 2 + MB 2 = 2 MI 2 + IA 2 + IB 2 . Or IA = IB = AB .
2
1
Donc MA 2 + MB 2 = 2 MI 2 + AB 2
2
n r
• Si ∑ α k = 0 , le système ( Ak , α k )1≤k ≤n n’admet pas de barycentre et la fonction F est
k =1
r r r
constante : il existe un vecteur V tel que ∀N ∈E F ( N ) = V .
Barycentres 15

r
Si la somme des coefficients des points pondérés est nulle et si V est la valeur
constante de la fonction vectorielle de Leibniz associée au système, alors on a :
r
∀( M , N ) ∈E 2 f ( M ) = 2MN .V + f ( N ) .
Exemple : Si le système de points pondérés est {( A,1), ( B,−1)}, le vecteur constant est
r
V = MA − MB = BA . Donc : ∀( M , N ) ∈E 2 MA 2 − MB 2 = 2MN . BA + NA 2 − NB 2 .
2 2
Donc pour N = I milieu du segment [ AB ] : MA − MB = 2MI . BA

3) Lignes de niveau de la fonction scalaire de Leibniz


Etant donné un réel m, on appelle ligne de niveau m de la fonction scalaire de Leibniz f
associée au système ( Ak , α k )1≤k ≤n de n points pondérés de E l’ensemble L m des points
de E tels que f ( M ) = m .
La nature des lignes de niveau dépend de l’expression de f (M ) , donc de la somme des
coefficients du système de points pondérés.
n
• Si ∑α
k =1
k ≠ 0 et si G est le barycentre du système, un point M appartient à L m si et

 n  m − f (G )
seulement si  ∑ α k  MG 2 + f (G ) = m , donc si et seulement si MG 2 = n .
 k =1 
∑ αk k =1

Si la somme des coefficients des points pondérés est non nulle et si G est le barycentre
du système, alors la ligne de niveau m de la fonction scalaire de Leibniz associée est :
m − f (G )
• L m = Y si n
< 0.
∑ αk k =1

• L m = {G} si m = f (G ) .
m − f (G ) m − f (G )
• L m est le cercle de centre G et de rayon n
si n
> 0.
∑α
k =1
k ∑α
k =1
k

Exemple : Si le système de points pondérés est {( A,1), ( B,1)} et I le milieu de [ AB ] , on a


1
f ( I ) = IA 2 + IB 2 = AB 2 et L m = {M ∈E / MA 2 + MB 2 = m}.
2
1 1
Donc L m = Y si m < AB 2 , L m = {I } si m = AB 2 et L m est le cercle de centre I et
2 2
1 1
de rayon 2m − AB 2 si m > AB 2 .
2 2
1
En particulier, si m = AB 2 , on trouve le cercle de centre I et de rayon AB .
2
2 2 2
Donc l’ensemble des points M tels que MA + MB = AB (donc tels que le triangle
MAB soit rectangle en M) est le cercle de diamètre [ AB ] .
n r
• Si ∑ α k 0 , si O est un point fixé de E et si V est la valeur constante de la fonction
k =1

vectorielle de Leibniz associée au système, alors un point M appartient à L m si et


r r 1
seulement si 2MO.V + f (O) = m , donc si et seulement si OM .V = [ f (O ) − m] .
2
r r
Si V = 0 , L m = Y si m ≠ f (O) et L m = E si m = f (O) .
Barycentres 16
r r r r
Si V ≠ 0 , on a OM .V = OH .V où H est le projeté orthogonal de M sur la droite (D)
r
passant par le point O et de vecteur directeur V .
r
r r r r r2 OH .V
Or OH = λV , donc OH .V = λV .V = λ V , donc λ = r 2 .
V
f (O) − m r
Donc un point M appartient à L m si et seulement si OH = r 2 V , ce qui définit
2V
un point H unique. Donc L m est la droite orthogonale à (D) et passant par ce point H.
r
Si la somme des coefficients des points pondérés est nulle et si V est la valeur
constante de la fonction vectorielle de Leibniz associée au système, alors la ligne de
niveau m de la fonction scalaire de Leibniz associée est :
r r r
• L m est une droite orthogonale à V si V ≠ 0 .
r r
• L m = Y ou L m = E si V = 0 .
Exemple : Si le système de points pondérés est {( A,1), ( B,−1)}, la valeur constante de la
r
fonction vectorielle de Leibniz est V = BA non nul si A ≠ B . Donc la ligne de niveau et
L m = {M ∈E / MA 2 − MB 2 = m} est une droite orthogonale à (AB).
f (I ) − m
Si I est le milieu de [ AB ] , elle passe par le point H défini par IH = BA . Or
2 AB 2
−m
f ( I ) = IA 2 − IB 2 = 0 . Donc IH = IA .
AB 2
En particulier, si m = 0 , on trouve la droite passant par I et orthogonale à (AB).
Donc l’ensemble des points M tels que MA = MB est la médiatrice du segment [ AB ] .

4) Exemples d’applications géométriques


Exemple 1 : Soit ABC un triangle de côtés
a = BC , b = CA , c = AB .
Soit I le milieu du segment [BC ] , et H le projeté
orthogonal de A sur (BC).
Calculer en fonction de a, b et c les longueurs de
la médiane AI et de la hauteur AH du triangle
1
D’après ce qui précède, pour tout point M du plan : MB 2 + MC 2 = 2 MI 2 + BC 2 .
2
1
En particulier pour le point A : AB 2 + AC 2 = 2 AI 2 + BC 2 (Théorème de la médiane).
2
1 2 a2  1
Donc AI 2 =  b + c 2 −  . Donc AI = 2b 2 + 2c 2 − a 2
2 2  2
D’autre part, pour tout point M du plan : MB 2 − MC 2 = 2MI . CB = 2 IM . BC .
En particulier pour le point A : AB 2 − AC 2 = 2 IA. BC .
c2 − b2
Or IA. BC = IH × BC donc IH = et AH 2 = AI 2 − IH 2 . Donc :
2a
2 2 2
1 (c − b ) 1
AH 2 = (2b 2 + 2c 2 − a 2 ) − 2
= 2 (2a 2 b 2 + 2a 2 c 2 + 2b 2 c 2 − a 4 − b 4 − c 4 ) .
4 4a 4a
1 1
AH 2 = 2 [4b 2 c 2 − (a 2 − b 2 − c 2 ) 2 ] = 2 (2bc + a 2 − b 2 − c 2 )(2bc − a 2 + b 2 + c 2 ) .
4a 4a
Barycentres 17

1 1
AH 2 = 2
[a 2 − (b − c) 2 ][(b + c) 2 − a 2 ] = 2 (a + b − c)(a − b + c)(b + c + a )(b + c − a )
4a 4a
1
Donc AH = (a + b + c)(a + b − c)(b + c − a )(c + a − b)
2a

Exemple 2 : Soient A et B deux points distincts du plan, et a = AB .


Déterminer, pour tout réel positif k, l’ensemble C k des points M du plan (distincts de
MA
B) tels que =k.
MB
Un point M appartient à C k si et seulement si MA 2 − k 2 MB 2 = 0 . Donc C k est la ligne
de niveau 0 de la fonction scalaire de Leibniz définie par f ( M ) = MA 2 − k 2 MB 2 .
La somme des coefficients est s = 1 − k 2 . Donc : s = 0 ⇔ k = 1 .
MA
Si k = 1 , C k est l’ensemble des points tels que = 1 , donc tels que MA = MB .
MB
Donc C k est la médiatrice de [ AB ] si k = 1 .
r
Si k ≠ 1 , on introduit le barycentre G de ( A,1) et ( B,− k 2 ) , donc GA − k 2 GB = 0 .
k2
Donc GA = k 2 GB et AG = AB (ce qui permettra de le construire).
k 2 −1
k 4a2 a2 k 2a 2
Donc GA 2 = 2 et GB 2
= . Donc f (G ) = GA 2
− k 2
GB 2
= .
(k − 1) 2 (k 2 − 1) 2 k 2 −1
Or, d’après l’étude de la ligne de niveau 0 de la fonction scalaire de Leibniz, la
− f (G ) f (G ) k 2a 2
discussion se fait sur le signe de = 2 = qui est positif.
1− k 2 k − 1 (k 2 − 1) 2
Donc, si k ≠ 1 , Ck est le cercle de centre le barycentre G de ( A,1) et ( B,− k 2 ) et de
ka
rayon 2 . Il est réduit à {G} si k = 0 .
k −1
On peut remarquer que les coefficients définissant G sont de signes contraires. Donc le
point G n’appartient pas au segment [ AB ] .
On peut aussi raisonner autrement en remarquant que la relation MA 2 − k 2 MB 2 = 0
équivaut à ( MA − k MB).(MA + k MB) = 0 .
Donc si I est barycentre de ( A,1) et ( B,− k ) , et J barycentre de ( A,1) et ( B, k ) , la
relation équivaut à (1 − k 2 ) MI . MJ = 0 .
Donc, si k ≠ 1 , Ck est le cercle de diamètre [IJ ] où I est le barycentre de ( A,1) et
( B,− k ) , et J le barycentre de ( A,1) et ( B, k ) .
Un seul des deux points (le point J) appartient au segment [ AB ] .
Par exemple, pour k = 2 :
4
- soit on construit le point G tel que AG = AB , et
3
2
C2 est le cercle de centre G et de rayon AB .
3
- soit on construit les points I et J tels que AI = 2 AB
2
et AJ = AB , et C2 est le cercle de diamètre [IJ ] .
3
Barycentres 18

Exemple 3 : Soit ABC un triangle de côtés a = BC , b = CA , c = AB et trois réels α ,


β , γ tels que α + β + γ ≠ 0 . Soit G le barycentre de ( A, α ) , ( B, β) et (C , γ ) .
Calculer GA 2 , GB 2 et GC 2 .
D’après l’expression de la fonction scalaire de Leibniz :
∀M ∈E f ( M ) = αMA 2 + β MB 2 + γMC 2 = (α + β + γ ) MG 2 + f (G ) .
En particulier :
• pour M = A : β c 2 + γb 2 = (α + β + γ )GA 2 + f (G ) .
• pour M = B : αc 2 + γa 2 = (α + β + γ )GB 2 + f (G ) .
• pour M = C : αb 2 + β a 2 = (α + β + γ )GC 2 + f (G ) .
On multiplie la première ligne par α , la deuxième par β , la troisième par γ et l’on
additionne en remarquant que αGA 2 + β GB 2 + γGC 2 = f (G ) :
α(βc 2 + γb 2 ) + β(αc 2 + γa 2 ) + γ (αb 2 + β a 2 ) = 2(α + β + γ ) f (G ) .
βγa 2 + γαb 2 + αβc 2
Donc f (G ) = .
α +β+ γ
On en déduit GA 2 , GB 2 et GC 2 à partir des trois relations précédentes :
βγa 2 + γαb 2 + αβ c 2
(α + β + γ )GA 2 = βc 2 + γb 2 − f (G ) = βc 2 + γb 2 − .
α +β+ γ
− βγa 2 + γ (β + γ )b 2 + β(β + γ )c 2
Donc : GA 2 = et de même :
(α + β + γ ) 2
γ (α + γ )a 2 − αγ b 2 + α (α + γ )c 2 β(α + β)a 2 + α (α + β)b 2 − αβ c 2
GB 2 = et GC 2
=
(α + β + γ ) 2 (α + β + γ ) 2
On peut appliquer les calculs aux points remarquables du triangle.
Par exemple si G est le centre de gravité du triangle, donc si α = β = γ = 1 :
1 1 1
GA 2 = (2b 2 + 2c 2 − a 2 ) GB 2 = (2c 2 + 2a 2 − b 2 ) GA 2 = (2a 2 + 2b 2 − c 2 )
9 9 9
Si I est le centre du cercle inscrit du triangle, donc si α = a , β = b et γ = c :
bc(b + c − a ) ca(c + a − b) ab(a + b − c)
IA 2 = IB 2 = IC 2 =
a+b+c a+b+c a+b+c
Pour l’orthocentre et le centre du cercle circonscrit, les calculs sont plus compliqués.

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