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Chapitre IV : ALIMENTATION EN EAU CHAUDE

IV.1. CRITERES DE QUALITE D’UNE INSATLLATION D’ECS :


Il n’existe pas de règles officielles pour déterminer les besoins d’ECS.
On doit tenir compte de certains critères faisant appel le plus souvent à l’expérience :
 Maintenir une qualité d’eau car l’ECS est une eau pouvant servir à la consommation humaine
 Eviter les risques de contamination bactérienne
 Sécuriser l’installation pour éviter les brûlures
 Choisir l’énergie et le système de production le plus économique pour répondre aux
performances énergétiques du bâtiment
 Dimensionner l’installation au plus près des besoins réels sans contrainte pour le confort des
usagers
 Maitriser et gérer l’exploitation et la maintenance
Le choix du système dépendra essentiellement de l’énergie et du moyen de production utilisé.

IV.2. EVALUATION DES BESOINS


Les besoins des consommateurs en eau chaude dépendent de plusieurs facteurs :
a) Le nombre de consommateurs ;
b) La température de l’eau consommé : elle est d’environ 40 ˚C pour les besoins
ménagers et de 40 à 60 ˚C pour les besoins industriels ;
c) La simultanéité de la consommation.

IV.2. 1. Eléments de calcul pour les productions dECSs


 Quantité de chaleur
La quantité de chaleur nécessaire pour réchauffer l’eau est donnée par la formule de base :
𝑄 = 𝑉. 𝜌. 𝑇. 𝑐
Q : quantite de chaleur [Kcal]
V : Volume d’eau [l]
ρ : masse volumique de l’eau [Kg/m3]
T : Température finale de l’eau [°C]
c : chaleur massique de l’eau [Kcal/Kg.°C]
En admettant que la masse d’un litre d’eau est de 1 Kg quelle que soit sa température
𝜌. 𝑐 = 1
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La température de l’eau dépend :


- de la température de production (TP)
- de la température de l’eau froide (TF)
La formule devient alors :
𝑄 = 𝑉. (𝑇𝑃 − 𝑇𝐹 )
 Puissance
Quelle que soit le système de production, la puissance à fournir en KW se calcule selon la
formule suivante :
1,16(𝑄𝑡𝑝 − 𝐶𝑎𝑡𝑝 . 𝑐𝑜𝑒𝑓 𝑠𝑡𝑜𝑐𝑘). (𝑇𝑃 − 𝑇𝐹 )
𝑃= . 𝐶𝑜𝑒𝑓
1000. 𝑡
P : puissance en KW
Qtp : besoins en ECS a la température TP en litres (production accumulée) ou débit d’ECS en l/h
(production instantanée)
Catp : capacite de stockage à la température Tp [l]
t : temps de réchauffage [h]
Coef : rendement de la production ECS
Coef Stock : Coefficient de rendement (Volume utile/Volume stocké)

 Température de l’eau froide


La température de l’eau froide est variable et généralement comprise entre 5 et 19 °C. Pour les
calculs, on choisit une température minimale annuelle suivant les régions. Bien souvent on prend
une température moyenne de 10°C.

 Température de production et de distribution


En ce qui concerne les températures d’ECS, les principes suivants sont à retenir :
 Pour les installations domestiques avec des productions situées près des points de
puisage : température minimale de production de 55°C.
 Pour les installations collectives, les calculs seront toujours effectues avec une
température d’eau :
- comprise entre 55 et 70°C à la production
- comprise entre 50 et 60°C à la distribution
Les stockages d’eau entre 25 et 50 °C sont à proscrire.
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 Température de puisage
La règlementation impose :
- Une température maximale d’ECS de 50°C dans les pièces destinées a la toilette (bain,
douche, lavabo, lave-mains, etc.)
- Une température maximale de 60°C dans les autres pièces (cuisine, buanderie, poste
d’eau de nettoyage, etc.)
- Une température d’ECS supérieur à 60°C et jusqu’à 90°C maximum est cependant
possible pour les cuisines et buanderies collectives avec signalisation.
Dans la pratique, la température de puisage est déterminée en fonction des utilisations :
- 50°C en cuisine pour dissoudre les graisses.
- Inférieure à 40°C pour les soins du corps.

 Consommation d’eau chaude


Les besoins et les consommations journalières sont déterminés en prenant les valeurs
définies dans les tableaux 4 à 9.
Nous avons retenu des consommations d’ECS ramenées à une température de 60 °C.
Exemple du calcul de la consommation moyenne d’ECS d’une douche :
1) En utilisant le tableau 5, 30 litres à 60 °C
2) Analyse détaillée du poste :
- Le débit moyen d’une douchette est de 6l/min
- Le temps d’utilisation moyen du mitigeur (eau à 38°C) est de 5 à 8 minutes
La consommation d’eau à 38 °C est donc de : 6*8min= 48 litres
En prenant une température d’eau froide de 10 °C, cette consommation correspond à :
48(38 − 10)
= 27 𝑙𝑖𝑡𝑟𝑒𝑠 𝑑 ′𝑒𝑎𝑢 à 60 °C
60 − 10
Exemple du calcul de la consommation moyenne d’ECS d’un bâtiment de logements :
Soit un immeuble de moyen standing comportant 12 logements de 4 pièces et 4 logements
en duplex de 5 pièces. Le tableau 7 donne les besoins journaliers suivants :
150 litres à 60 °C pour un appartement de 4 P
200 litres à 60 °C pour un appartement de 5 P
Soit (12*150 litres) + (4*200 litres)=2600 litres à 60 °C
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Dans le tableau 6, des valeurs plus précises prennent en compte :


- Le nombre de personnes au foyer
- Les besoins en moyenne ou en pointe
Pour les 4 pièces (évier + lavabo + baignoire) avec 4 personnes :
132 litres à 60 °C en moyenne
240 litres à 60 °C en pointe.
Pour les 5 pièces (évier +2 lavabos +baignoire +douche) avec 5 personnes :
248 litres à 60 °C en moyenne
420 litres à 60 °C en pointe
Soit une consommation moyenne de :
(12*132) + (4*248)= 2576 litres à 60 °C
Ou une consommation en pointe de :
(12*240) + (4*420)= 4560 litres à 60 °C
La valeur moyenne donnée avec le tableau 6 (2576 litres) est très proche de la valeur donnée
avec le tableau 7 (2600 litres)
Exemple du calcul de la consommation moyenne d’ECS d’un bâtiment hospitalier :
Soit un bâtiment comportant au RDC un service de 10 cabinets de consultation, un service
d’hospitalisation de jour, donc sans hébergement, avec 20 lits, 3 étages d’hospitalisation de
28 lits par niveau.
Dans le tableau 9, on trouve une consommation d’ECS à 60 °C de :
- Consultations : 10 * 8 personnes * 3 litres = 240 litres
- Hospitalisation de jour : 20 lits * 25 litres/jour = 500 litres
- Hospitalisation (Hébergement) : 3 * 28 lits * 90 litres/jour = 7560 litres
- Visiteurs (hôpital de jour + hospitalisation) : 1 * 104 lits * 3 litres = 312 litres
- Personnel : 104 lits / 3 personnes * 10 litres = 347 litres
Soit une consommation journalière de 8959 litres d’ECS à 60 °C.
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IV.2. PRODUCTION DE L’EAU CHAUDE


 Les caractéristiques de l’eau dans les installations de production d’eau chaude sanitaire
exigent des quantités supérieurs en eau telles que :
 Le dégazage de l’eau ;
 La réduction du taux de sel ;
 La réduction de l’oxygène.
Concernant les eaux non traitées, l’installation pourrait être endommagée soit par
l’incrustation (ou lissage) de la tuyauterie soit par la corrosion des parties métalliques.
 Système de production d’eau chaude industrielle ; dans ce système sont issues deux types
de production :
 Système de production instantanée : chauffe-eau de type vaillant ;
 Système a accumulation.

IV.2.1. Appareils de production d’eau chaude


IV.2.1.1. Producteurs d'eau chaude instantanée
• production immédiate d'eau chaude.
• pas de limitation du volume ou du temps de puisage.
• mais débit limité : la température de l'eau chaude diminue quand son débit augmente et
inversement.
• bien adaptés à des puisages fréquents mais à de faibles débits de pointes.

IV.2.1.2. Producteurs d'eau chaude à accumulation


• stockage de l'eau chauffée.
• limitation du puisage en temps et en quantité, liée à la capacité du ballon : l'eau chaude soutirée
est remplacée par de l'eau froide qui tend à abaisser la température dans le ballon qu'il faut alors
réchauffer.
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• pas de limitation de débit.


• bien adaptés à des consommations importantes, régulièrement espacées dans le temps.
• nécessité d'un calorifugeage rigoureux du ballon
• la cuve doit être protégée contre la corrosion et l'entartrage.

IV.2.1.3. Producteurs d'eau chaude semi-instantanée ou semi-accumulée


Ce système permet d'adapter étroitement la fourniture d'eau chaude à l'irrégularité de la
demande :
 il évite l'installation onéreuse et encombrante de ballons de grande capacité qui font face
aux demandes importantes pendant les pointes de consommation mais maintiennent en
température inutilement de grandes quantités d'eau pendant les heures creuses de
consommation.
 il n'utilise pas de chaudières de production instantanée coûteuses car nécessairement
surpuissantes pour satisfaire les besoins importants en débit, lors des pointes de puisages
intensifs, et dont le fonctionnement intermittent est peu rationnel : il est plus rentable,
pour une même consommation d'énergie, d'utiliser une chaudière de faible puissance
24h sur 24, plutôt qu'une chaudière très puissante seulement quelques heures par jour.
Principe : Une chaudière alimente en eau très chaude (entre 90 et 105 °C) un circuit fermé
primaire qui traverse un échangeur à contre-courant. L'eau du circuit primaire arrive par le haut
de l'échangeur, l'eau froide sanitaire à chauffer pénètre par le bas, se réchauffe progressivement
au contact du circuit primaire jusqu'à une température d'environ 60 °C. L'écart de température
entre les surfaces de circuits primaire et secondaire en contact n'est jamais important puisque
quand l'eau froide (par ex. 15 °C) arrive en bas de l'échangeur l'eau du circuit primaire a déjà été
refroidie (vers 45 à 50 °C) et en haut de l'échangeur l'eau très chaude (90 à 105 °C) venant de la
chaudière est en contact avec de l'eau sanitaire déjà réchauffée (à 60 °C).
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IV.2.1.4. Appareils indépendants a gaz


Appareils instantanés
Fonctionnement :
 les gaz chauds provenant de la combustion traversent un échangeur et cèdent leur chaleur à l'eau
froide qui circule dans un serpentin (en général en cuivre, bon conducteur de la chaleur) de petite
section (faible volume d'eau à chauffer).
 l'évacuation des gaz se fait par un conduit de fumée.
 l'allumage des brûleurs est provoqué par le puisage de l'eau (déclenchement par un pressostat).
 ce sont, en général, des brûleurs atmosphériques équipés d'un allumage piézo-électrique et
d'une sécurité par thermocouple ou par ionisation de flamme.
Caractéristiques :
 puissances de 7 à 30 kW , pour des débits de 5 à 20 litres/min. selon la température atteinte
 différence de température maxi : environ 50 °c.
 rendement, en général, autour de 75 % (à cause des pertes de chaleur dans les fumées et gaz
brûlés).
 Pour des besoins importants, il existe des chaudières plus puissantes : jusqu'à 330 kW , jusqu'à
5 000 l/h d'eau à 65 °c, écart maxi de température 75 °c. brûleur à air soufflé et à sécurité par
ionisation de flamme et à allumage électrique.

Appareils à accumulation
 il s'agit de ballons de stockage calorifugés équipés de brûleurs qui se déclenchent dès que la
température de l'eau en réserve baisse.
 ils répondent à des besoins importants (limités au volume du ballon) et intermittents (remontée
en température après puisage).
 évacuation par conduit de cheminée.
 régulation automatique avec plage de réglage suffisamment étendue (40 à 90 °c).
 possibilité de programmation.
 écart de température maximal 75 °c.
 aux pertes de chaleur dans les fumées et les gaz brûlés, s'ajoutent les pertes par conduction à
travers les parois du volume de stockage.
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Caractéristiques principales :
 puissance utile : c'est la puissance thermique du brûleur (rendement de 75 à 80 %)
 pertes de chaleur à travers les parois du réservoir.
 dépense d'énergie pour maintenir l'eau stockée à sa température.

Appareils à condensation
 ils fonctionnent comme les chaudières à gaz à condensation : la chaleur des gaz chauds est
récupérée en condensant environ 50 % de la vapeur d'eau qu'ils contiennent sur un échangeur
à la sortie du foyer avant que ces gaz soient évacués vers l'extérieur.
 rendement élevé du brûleur proche de 95 %.
 élévation maximale de température de l'eau : 75 °c.
 conviennent bien à de gros besoins continus ou intermittents.
 leur brûleur est le plus souvent atmosphérique, composé de torches et équipé d'un allumage
électrique et d'une sécurité par électrode de contrôle (ionisation de flamme).
 l'évacuation des gaz brûlés se fait par conduit ou par ventouse avec un appareil alors à circuit
étanche.

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