Vous êtes sur la page 1sur 11

TP 03&04

Le béton à l'état durci

1 Généralités
 Le béton est considéré comme un solide après achèvement de la prise, mais il s’agit en fait d’un
matériau en perpétuelle évolution :
- La poursuite des réactions d’hydratation du ciment dure plusieurs années.
- Les variations du milieu ambiant amènent des changements lents dans la structure du béton.
 Nous allons étudier les essais qui permettent de mesurer les caractéristiques de résistance du béton
en compression et en traction.

 Deux grandes familles d’essais sont envisageables :


 Les essais DESTRUCTIFS sont menés sur des échantillons de bétons (éprouvettes cylindrique
,cubiques ou prismatiques).
 Les essais NON DESTRUCTIFS menés sur la structure elle-même : scléromètre, auscultation sonique .

2 Confection d'éprouvettes
2.1 Différents types d'essais
a. Essais d'étude :
Essais exécutés entièrement en laboratoire avec les constituants susceptibles d'être utilisés sur le
chantier, dans le but de vérifier l'aptitude de la composition à satisfaire les exigences, en particulier la
maniabilité et la résistance.
La gachée d'essai : Exécutée par le laboratoire, elle doit être telle qu'elle permette d'obtenir un volume de
béton compacté excédant de 25% celui des éprouvettes.
Malaxage : Les constituants son introduits dans la cuve dans l'ordre suivant : gravillon, ciment, sable.
L'eau de gâchage est rajoutée après un mélange à sec d'au moins 1 min. Le malaxage doit être ensuite
poursuivi pendant au moins 2 min.
b. Essais de convenance :
Essais ayant pour but de vérifier qu'avec les moyens du chantier, on peut réaliser le béton proposé. Il
permet également de vérifier que les quantités de constituants prévues par mètre cube de béton donnent
bien 1 m3 de béton en oeuvre.

c. Essais de contrôle :
Essais ayant pour but de vérifier le respect des spécifications.

d. Essais d'information :
Essais exécutés sur éprouvettes confectionnées avec le béton prélevé dans l'ouvrage ou juste avant son
introduction dans l'ouvrage pour évaluer les résistances du béton de l'ouvrage à un moment donné.

e. Essais de recherche :
Essais ayant pour but d'étudier l'influence de certains paramètres sur les caractéristiques du béton.
 Les essais d'étude et de recherche sont exécutés sur le béton préparé dans un laboratoire; les essais
de convenance et de contrôle sont exécutés sur le béton gâché dans la bétonnière ou le malaxeur
utilisés sur le chantier.
 Les essais sur béton frais sont effectués avant la mise en place du béton. L'essai d'affaissement
permet de connaître le mode de mise en place pour la confection des éprouvettes.

2.2 Moules pour éprouvettes


 Deux types de moules sont utilisés :
- moules prismatiques, généralement métalliques. Ce sont des prismes à section carrée d'arête a et
de longueur L = 4 a.

- moules cylindriques, en métal, en matière plastique ou en


carton ont une hauteur égale à deux fois leur diamètre.
 Il y a des moules cubiques, mais ils sont utilisés seulement dans
les essais de recherche.

2.3. Dimensions de fabrication :


a. Moules cylindriques

Dimensions de fabrication
Format mm Section D
Diamètre a Hauteur l cm2 mm
Cylindre de 11 112,8 220 100 16
Cylindre de 16 159,6 320 200 40
Cylindre de 25 252,5 500 500 80

b. Moules prismatiques

Dimensions de fabrication
Format mm Section a2 D
Arête a de la base Longueur L = 4a Cm2 mm
Prisme de 10 100 400 100  20
Prisme de 14 141,4 565,6 200  50
Prisme de 20 200 800 400  80

2.4. Choix du moyen de serrage :


Pour les essais d'étude, de convenance et de contrôle, la mise en place du béton dans les moules se fait
en fonction de l'affaissement au cône.

a. Affaissement A inférieur ou égal à 9 :


* aiguille vibrante ( voir norme NF P 18-422 ) pour les cylindres de 16 et 25, ou les prismes de 10,
14 et 20.
* microtable vibrante ( voir norme NF P 18-421 ) ou aiguille vibrante de 25 ( voir norme NF P 18-
422 ) pour les cylindres de 11.
1
b. Affaissement A supérieur ou égal à 10 :
* par piquage ( voir norme NF P 18-423 )

2.5. Confection des éprouvettes

a. Mise en place par microtable vibrante :


# Fixer rigidement le moule sur la table
# Le remplir entièrement de béton frais
# Mettre le vibrateur en fonctionnement. La durée de vibration est donnée par les abaques de la
norme NF P 18-421, en fonction de la dimension D des granulats, et de l'affaissement au cône
d'Abrams.
# Continuer à alimenter le moule de manière à le maintenir constamment plein.
# Procéder à l'arasement.

b. Mise en place par aiguille vibrante :


On utilise :
# Une aiguille de  25 pour les moules cylindriques de 11 et de 16, et pour les moules
prismatiques de 10 et de 14.
# Une aiguille de  37 pour le moule cylindrique de 25 et le moule prismatique de 20.
# Poser le moule sur une surface horizontale et rigide.
# Introduire le béton en 2 ou 3 couches, suivant le moule utilisé.
# Vibrer, en tenant l'aiguille verticalement. La durée de vibration est donnée par les abaques de la
norme NF P 18-422, en fonction de la dimension D des granulats et de l'affaissement A au cône
d'Abrams.
# Procéder à l'arasement.

c. Mise en place par piquage :


Le piquage est effectué à l'aide de la tige de piquage de l'essai d'affaissement.
# Mettre le béton dans le moule en :
* 1 couche pour les prismes
* 2 couches pour les cylindres de 11 et 16
* 3 couches pour les cylindres de 25
# Piquer le béton à raison de 10 coups par couche et par 100 cm2.
# Bien répartir les enfoncement sur toute la surface du béton.
# Procéder à l'arasement.

2.6 Conservation des éprouvettes

a. Conservation des éprouvettes pour essais d'étude, de convenance et de contrôle :


Les éprouvettes, munies d'un dispositif s'opposant à l'évaporation, doivent être conservées sans être
déplacées pendant 24 heures  1 heure dans un local à 20 °C  2 °C.
Après démoulage, elles doivent être conservées à la même température, dans l'eau ou dans une
chambre humide ( humidité à 95 % minimum ).

b. Fabrication et conservation des éprouvettes pour essais d'information


Les essais d'information ont pour but d'évaluer les caractéristiques du béton utilisé pour la confection
d'un ouvrage.
2
Les éprouvettes sont donc réalisées en approchant au plus près les conditions de mise en place de
l'ouvrage.
La conservation se fait dans les conditions mêmes de l'ouvrage: même exposition au soleil, à la pluie,
au vent, date de démoulage correspondant au décoffrage.
Le transport au laboratoire est effectué au plus tôt la veille du jour de l'essai.

2.3 Essais destructifs

2.3.1. Généralités
Tous les essais destructifs sont réalisés sur des éprouvettes de bétons dont les dimensions sont données
par la norme NF P 18-400
Pour la mise en place du béton, il y a lieu de se reporter aux normes françaises NF P 18-421, NF P 18-
422, NF P 18-423.
La confection et la conservation des éprouvettes font l'objet de deux normes : NF P 18-404 et NF P 18-
405.

2.3.2. Surfaçage ou rectification des éprouvettes


Les extrémités des éprouvettes soumises à l'essai de compression doivent être préalablement rectifiées
afin que les plateaux de la presse assurent un contact plan et perpendiculaire aux génératrices de
l'éprouvette.
Pour parvenir à ce résultat, deux méthodes peuvent être employées

a. Surfaçage au soufre : norme NF P 18-416


Les deux extrémités de l'éprouvette sont munies d'une galette à base de soufre respectant les deux
exigences:
# planéité: Un mélange à base de fleur de soufre ( 60% ) et de sable fin de diamètre inférieur à 0,5
mm ( 40% ) est porté à une température de 125 °C, est liquéfié et versé sur une platine;
# perpendicularité aux génératrices: grace à un dispositif de guidage qui maintient les génératrices
de l'éprouvette perpendiculaires au fond rectifié du moule.
Après refroidissement, le soufre s'est solidifié et adhère à l'éprouvette. On procède de même pour la
deuxième extrémité.
b. Rectification :
Pour les bétons dont la résistance est importante, il faudra utiliser des moyens différents: une
rectifieuse équipée d'une meule diamantée permet l'usinage de manière à rendre les extrémités
parfaitement perpendiculaires aux génératrices.

3
2.3.3. Essai de compression

a. Principe :
Il s'agit de déterminer la contrainte de compression fc conduisant à l'écrasement d'une éprouvette de
béton.

b. Préparation de l'essai :
Les faces de l'éprouvette en contact avec la presse doivent être parfaitement planes et perpendiculaires à
l'axe de l'éprouvette. ( voir Surfaçage ou rectification des éprouvettes)
* Il faut centrer l'éprouvette avec précision.
* Mettre la presse sous tension. Effectuer les réglages du cadran (mise à l'heure et au jour, réglage
de la vitesse en fonction de l'éprouvette ...)
* Mettre la presse en marche.
* La force appliquée doit croître régulièrement, de manière continue et sans choc.
( cadence : environ 10 kN / s pour une éprouvette 16 * 32 )

c. Mesures et résultats :
Noter la charge maximale Fmaxi atteinte avant la rupture ( en kN ).
Calculer la résistance de compression fc ( à 0,5 MPa prés ) :

F
fc  S
max

S : section de l'éprouvette en cm2

2.3.4. Essai de traction par fendage (essai brésilien)

a. Principe :
Cet essai permet de déterminer la résistance ft au fendage du béton. C'est la résistance caractéristique
du béton à la traction.

b. Préparation de l'essai :
L'éprouvette est placée entre les plateaux de la presse, suivant sa génératrice.
Elle s'appuie sur 2 bandes en contre-plaqué ayant les dimensions suivantes ( en millimètres ) :

4
b = ( 0,09  0,01 ) * a
e = 4 mm 1mm
l  longueur de l'éprouvette

L'éprouvette doit être centrée et appuyée sur toute la longueur.


La charge est appliquée de manière continue et sans choc. ( cadence : 4 kN / s pour une
éprouvette 16 * 32 )
c. Mesures et résultats :
Noter la charge maximale Fmaxi atteinte avant la rupture (en kN).
Calculer la résistance au fendage ft ( à 0,1 MPa prés ) :
20 Fmaxi Fmaxi
ft = -------------  6,37 ---------
xaxh axh
( a : diamètre, h : hauteur de l'éprouvette en cm )

d. Relation entre ft et fc :

ftj =0,6 + 0,06 fcj

2.3.5. Essai de flexion

a. Principe :
Cet essai permet de déterminer la résistance en flexion ff du béton.

b. Préparation de l'essai :
Cet essai s'applique uniquement aux éprouvettes prismatiques. L'éprouvette est placée sur l'appareil
de chargement conformément au schéma ci-dessous.

Les appuis sont constitués par des rouleaux en acier de 20 mm de diamètre


Il est recommandé d'utiliser un gabarit de centrage pour la mise en place de l'éprouvette.
La charge est appliquée de manière continue et sans choc.( cadence : 0,17 kN / s pour
un prisme de 10 * 10 * 40 )
5
c. Mesures et résultats :
Noter la charge maximale Fmaxi atteinte avant la rupture (en kN ).
Calculer la résistance au fendage ff ( à 0,1 MPa prés ) :

30 Fmaxi
ff = -------------
axa

a : arête de base de l'éprouvette

2.2.4 Essais non destructifs

Les méthodes normalisées utilisées pour évaluer la qualité du béton dans les bâtiments ou les ouvrages
ne prennent en compte que des essais destructifs sur des éprouvettes coulées au même moment. Les
principaux désavantages de ces méthodes sont les suivants : les résultats ne sont pas obtenus
immédiatement, le béton des éprouvettes peut être différent de celui de l'ouvrage car la cure ou le serrage
peuvent être différents, les résistances des éprouvettes dépendent également de leurs dimensions et de
leurs formes.
Plusieurs méthodes non destructives d'évaluation ont été mises au point. Ces méthodes sont basées sur le
fait que certaines propriétés physiques du béton peuvent être reliées à la résistance et peuvent être
mesurées par des méthodes non destructives. Ces propriétés physiques du béton comprennent la dureté
(capacité de rebondissement), la capacité de transmettre les ultrasons, la capacité à résister à
l'arrachement, ...

2.2.4.1 Mesure de la dureté au choc (Scléromètre) NFP 18-417

a. But de l'essai :

La mesure de la dureté au choc permet d’évaluer la résistance d’un béton de manière non destructive.
Cette méthode est intéressante en raison de sa simplicité ; elle permet de faire rapidement des contrôles
de régularité des bétons d’un ouvrage.

b. Principe de l'essai

L'appareil consiste en une masselotte guidée par un tube, et projetée contre la surface du béton au moyen
de ressorts préalablement comprimés. Sous l'effet du choc, la masselotte rebondit et comprime les
ressorts qui entraînent un index le long d'une échelle graduée ; la lecture sur l’échelle permet de définir un
« indice sclérométrique » : Is.
Plus la hauteur de rebondissement est grande, plus la surface essayée est dure. Lorsqu’il est utilisé en
position horizontale (surface verticale) l'appareil donne la résistance à la compression en fonction de
l'indice sclérométrique mesuré, vous devez utiliser l’abaque correspondant à l’appareil et fourni ci dessous:

Remarque : Avant d'effectuer l'essai il faut impérativement nettoyer ou décaper la surface à essayer.

c. Matériel nécéssaire
Scléromètre
 Une presse
6
 Un scléromètre

d. Mode opératoire :

d.1 Mesures sur ouvrages :


d.1.1 Préparation de la surface :
Les mesures doivent être effectuées sur des surfaces nettes ne présentant pas des nids de gravier, des
écaillages, une texture grossière, une porosité élevée ou des armatures affleurantes.
La préparation de la surface consiste à éliminer tout enduit ou peinture adhérant ou poncer si cette surface
est constituée d’une couche superficielle friable. Toute trace d’eau sur la surface doit être essuyée.
d.1.2 Relevé de mesures
La surface de mesure doit être divisée en
zones de 400 cm2 au moins.
Chaque zone est structurée en un grillage de
points de mesure ayant pour espacement d =
3050 mm.
Les points de mesures extrêmes doivent être
au moins à 30 mm des bords de la surface
testée.

d.2 Mesures sur éprouvettes :


Il est procédé au relevé de 27 mesures sur éprouvettes
cylindriques 16 x 32 avec le respect des distances montrées sur la figure.
Les éprouvettes doivent être maintenues entre
les plateaux de la presse sous une contrainte de 0.5 MPa.
Les mesures au scléromètre ne peuvent être effectuées
qu’après 48h de la sortie des éprouvettes de leur ambiance de
conservation.

L’essai s’effectue avec l’appareil placé en position horizontale et une surface lisse.
Amener la tige au contact du béton et presser l’appareil dans le sens de l’effort exercé.
Mesurer le rebondissement de la masselotte en observant la nouvelle position prise par l’index devant
l’échelle graduée.
Effectuer au moins 10 mesures successives dans la même zone. La surface de cette zone est équivalente
à celle d’un carré d’environ 25 cm de côté. Au cours de ces mesures, il convient de ne pas effectuer l’essai
à moins de 3 à 4 cm des bords de l’élément testé.

e. Mesures :
. On fait la moyenne des mesures. Les valeurs qui correspondent à des anomalies doivent être
éliminées .Cette moyenne, reportée sur l'abaque qui tient compte de la position de l'appareil, ou sur un
tableau, donne les valeurs minimum et maximum de la résistance à la compression du béton

Exemple :
=- 90°
ISmoy = 32
7
RC= 32  6.6 MPa

8
2.2.4.2. auscultation sonique
a. Principe :
Il s'agit d'évaluer la résistance du béton à partir de la vitesse de propagation d'ondes.
Il est en effet reconnu et prouvé qu'il existe un rapport étroit entre la vitesse de propagation des ondes
ultrasoniques à l'intérieur de matériaux homogènes, et la qualité de ceux-ci.
La vitesse est le quotient entre la distance séparant les transducteurs émetteur et récepteur par le temps
de propagation de l'onde.
b. Différents modes de transmission de l'onde :
b.1. Méthode par transmission directe ou transparence :

L'émetteur et le récepteur
sont appliqués sur les deux
faces opposées de l'élément
à mesurer.

b.2. Méthode par transmission de surface :

L'émetteur et le récepteur sont


appliqués sur la même surface
plane de l'élément à mesurer.

b.3. Méthode par " semi - transparence " :

L'émetteur et le récepteur sont


appliqués sur deux faces non
coplanaires de l'élément à
mesurer.

c. Appareillage :
L'équipement standard comprend :
* Le coffret émetteur-récepteur
* 2 transducteurs standard
* 2 câbles de liaison des transducteurs à l'appareil
* Un étui protégeant l'appareil et facilitant le transport
* Un barreau étalon de résistance sonique connue, servant au réglage de l'appareil
9
2.4. Mesures :
# Vérifier le réglage de l'appareil à l'aide du barreau étalon et du potentiomètre.
# Enduire les transducteurs de graisse pour éviter tout défaut de contact.
# Appliquer les transducteurs sur la pièce à contrôler
# Noter le temps t de parcours par l'onde en s ( micro seconde )
# Mesurer la distance d parcourue par les ondes de l'émetteur au récepteur
2.5. Résultats :
Calculer la vitesse de propagation :
d
v = ----
t

Cette vitesse doit être reportée sur un abaque pour en déduire la résistance à la compression du béton
( courbe tracée expérimentalement en comparant les résultats d'auscultation dynamique et d'essais à
la compression ).

10

Vous aimerez peut-être aussi