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FICHE DE REVISIONS

ECONOMIE

CHAPITRE 1 : 1ère approche de la science


économique
1. EMERGENCE DE L’ACTIVITE ECONOMIQUE
A) LA DEFINITION DU COMPORTEMENT ECONOMIQUE
➔ C'est le fait pour un individu d'allouer des moyens nécessairement limités à la poursuite de fins entre lesquelles il
doit arbitrer
➔ C'est le fait d’être amené à faire des choix pour satisfaire des besoins dans un univers de contraintes
➔ Exemple : une personne seule sur une île déserte devra arbitrer entre le fait d’aller chercher à manger et de l’eau,
et avoir suffisamment d’Energie pour se construire une cabane

B) ECHANGE, CONTRAT ET MONNAIE


➔ Deux institutions sont essentielles pour permettre le développement de l’échange : Le contrat et la monnaie
LE CONTRAT
➔ Permet de clarifier les termes d'un échange, d'en fixer les conditions précises et de prévoir des mécanismes de
résolution des différends et autres situations imprévues
➔ C'est une manière de donner un peu de visibilité aux agents économiques et de limiter les risques inhérents à
l'échange
➔ CAR : il est tentant pour les partenaires d'échange d'obtenir par la violence l'objet ou le service désiré sans
devoir à son tour se séparer d'un bien, d'un service ou d'une somme de monnaie d'une valeur correspondante
➔ Aujourd'hui le contrat est sous forme écrite :
✓ Moins facilement contestable
✓ Plus mobile dans le temps (durée du contrat longue, avantage pour l’entrepreneur qui avec les garanties prévues
par le contrat peuvent le conforter dans son pari sur l’avenir pour l’inciter à tenter sa chance sur le marché)
✓ Plus mobile dans l’espace
➔ C'est un des éléments régulièrement mis en avant pour expliquer le formidable essor économique d'un certain
nombre de sociétés.

LA MONNAIE
➔ Problème principal que la monnaie vient résoudre : palier aux limitations du troc.
➔ Le troc : consiste à échanger des biens ou services directement contre d'autres biens ou services.
Cependant pour que le troc fonctionne il faut que nous puissions être mis en contact directement avec quelqu'un
qui détient ce que nous désirons, et qui désire ce que nous détenons :
C'est « LA DOUBLE COÏNCIDENCE DES VOLONTES. »
Aussi il faut que le moment auquel l'échange soit envisagé corresponde à nos contraintes de production.
Exemple : un producteur de fruit, le caractère périssable des produits l'empêche d'attendre patiemment qu'un
autre échangiste vienne échanger les produits contre ses produits ou son service à une date incertaine dans le
futur.
➔ Au fil du temps, des marchandises du fait de leur rareté, ont été considéré comme achat intermédiaire, faisant
office de monnaie.
Exemple : Blé, épies, métaux, l’or
➔ Au bas Moyen âge, le développement des activités bancaires à donné naissance à des instruments de paiement
représentant des titres de propriété sur des quantités d’or déposées dans des banques
➔ Au XXème s : les banques ont décidé d’émettre des billets et de la monnaie électronique sans contrepartie
réelle

C) L’IMPORTANCE DU CAPITAL
➔ L'économie de marché est souvent qualifiée de "capitaliste" (terme connoté négativement en France)
➔ Avant : Le terme de "capitalisme" est au départ utilisé pour dénigrer les partisans de l'économie de marché de
type libéral
➔ Aujourd’hui : Ce mot est couramment revendiqué par les intellectuels favorables à un système économique
fondé sur la propriété privée et à l'amélioration des conditions économiques à l'aide de l'accumulation de capital.
➔ Définition de capital : "Le capital est un facteur de production représenté
notamment par des machines, des équipements, des bâtiments, et permettant de
produire des biens et services.
Selon Irving Fisher, cité par Raymond Barre :
"Le capital est un stock de biens existant à un moment donné ; le revenu étant le flux de services qui découle de
ce stock pendant une période de temps."
"Le capital est un ensemble de ressources hétérogènes et reproductibles dont l'emploi permet, par un détour
de production, d’accroître la productivité du travail humain."
➔ BUT DE L’ECONOMIE : répondre à un maximum de besoins en se donnant un minimum de peine.
Exemple : L’invention des outils : (épuisette, tailler un silex, entretenir une vache). Toutes ces activités
consistent à consacrer du temps et de l'énergie à une activité qui ne deviendra utile que de manière indirecte

L’assimilation de Libéralisme avec Capitalisme :


Lorsque l'être humain est laissé libre d'organiser ses activités économiques, c'est une tendance naturelle
pour lui de chercher à se rendre plus efficace par la génération de capital lui assurant une meilleure
production future. Ce système a pour avantage de récompenser les plus ingénieux, puisque celui qui
découvre le meilleur moyen d'obtenir un produit à l'aide de procédés techniques innovants, financés
par des ressources disponibles dans le présent, obtient une récompense sous forme de production qu'il
peut consommer pour lui-même ou échanger avec d'autres agents économiques.

➔ MAIS le "capitalisme" ne consiste plus seulement à inventer des outils pour directement consommer plus. Par le
mécanisme de l'échange on peut acquérir ces outils, ce capital, par le biais de l'échange, et produire des biens
dont nous n'avons pas directement besoin mais qui, une fois vendus sur le marché, vont pouvoir être échangés
contre les biens dont nous avons besoin/envie.
➔ Le capitalisme est une tendance naturelle de l'homme dans la mesure où on le laisse posséder les fruits de son
travail : les plus ingénieux ou les plus capables parviennent à produire plus en faisant un "détour de production"

2. NAISSANCE DE LA PENSEE ECONOMIQUE


A) ORIGINE ANCIENNE

➔ La réflexion sur les activités économiques existe dès l'antiquité grecque, mais elle est intégrée à une réflexion
philosophique plus large
Le concept Aristotélicien de « Chrématistique » :
➔ Aristote fait une différence entre l’économie et la chrématistique
➔ Pour lui, économie : (de oïkos, la maison donc la communauté au sens élargi, et nomia, la règle, la norme) qui
désigne, elle, la norme de conduite du bien-être de la communauté, ou maison au sens très élargi du terme
➔ Pour lui, deux formes de chrématistique : l'art de s'enrichir, d’acquérir des richesses
✓ L’une "nécessaire" (le recours à la monnaie est nécessaire pour assurer la subsistance)
✓ L’autre "commerciale", qui consiste globalement à accumuler l'argent pour l'amour de l'argent ou encore à
recourir au prêt à intérêt pour gagner encore plus d'argent. = condamner moralement par Aristote

➔ Platon : défend une société idéale dans laquelle de nombreuses ressources seraient mises en commun,
s'opposant de fait à la propriété privée commun principe fondateur d'une société.
➔ On peut voir chez Platon l’un des origines intellectuelles de la pensée communiste qui émerge à partir du XIXe
s

➔ Moyen-âge : la religion chrétienne empêche l’émergence d’une vraie réflexion économique de type
scientifique
➔ Donc les intellectuels lettrés sont représentés par les clercs ou la forte imbrication entre vie civile et institutions
religieuses leurs assure le monopole de la pensée
➔ La tradition de la disputatio : échange d'arguments opposés dans une discussion contradictoire
Montre que les intellectuels ne consentent pas de transmettre une pensée toute faite sans critique
➔ Mais toute pensée doit tenir compte du divin, et les présupposés religieux sont tellement forts que l’esprit
scientifique n’existe pas réellement
➔ Exemple : la condamnation du prêt mal vu par l’église

B) L’ECONOMIE COMME DISCIPLINE AUTONOME


➔ A partir de la Renaissance, autour des XVème et XVIème siècles, la remise en cause du monopole intellectuel
des religieux, l'invention de l'imprimerie, et un essor économique général accompagnent et renforcent le goût
pour les nouvelles connaissances, les grandes découvertes et la compréhension du monde dans tous ses aspects
➔ Vauban a écrit un traité sur la condition économique des sujets du roi Louis XIV, dans lequel il
recommandait des réformes fiscales censées favoriser l'épanouissement économique des classes les plus
productives.
➔ Bodin propose des réflexions économiques intéressantes sur les causes de la hausse générale des prix
constatée en son temps, l'attribuant notamment à la dépréciation des monnaies, à l'afflux d'or et d'argent du
Nouveau-Monde, et aux différents privilèges et monopoles accordés aux corporations dans le royaume et
privent les consommateurs et producteurs émergents d'opportunités économiques.

➔ Au XVIIème siècle on assiste à l'émergence de réflexions économiques toujours plus nombreuses jusque
dans les cours royales et princières

Français :
- Etienne Bonnot de Condillac
- François Quesnay (fondateur de l'école de pensée "physiocrate")
- Anne Robert Turgot (un des fondateurs du libéralisme classique)
- Antoine de Montchrestien,
- Pierre Samuel Du Pont de Nemours
Britannique : vont fonder l’école de pensée classique et jeter les bases de l’économie moderne
- Adam Smith
- David Ricardo
- David Hume
- John Stuart Mill

C) PROFESSIONNALISATION DES ECONOMISTES


➔ Jusqu'au XIXème siècle l'économie, bien que constituant un objet d'étude autonome depuis un ou deux siècles,
n'est pas enseignée dans des cursus et des facultés spécialement dédiés.
➔ A partir de la Révolution industrielle un nouveau paysage économique se crée grâce :
✓ Des chaires d’économie sont crées dans les universités
✓ Les revues scientifiques économique se multiplient
✓ Le progrès technique industrielle avec l’amélioration des déplacements
➔ XXe s : Pour la première fois des économistes seront formés seulement à l’économie :
Avantage : spécialisation propice à l'approfondissement des connaissances scientifiques
Inconvénients : enfermer les économistes dans un univers intellectuel un peu trop clos vis-à-vis des autres
disciplines, de moins en moins d'économistes ont l'opportunité de s'essayer eux-mêmes à des activités
économiques
➔ XXe s : séparation entre différentes écoles de pensée issues de la tradition libérale. (Néo-classiques, Keynésiens
et Autrichiens formeront des courant désormais distincts)

3. DEFINITIONS DE LA SCIENCE ECONOMIQUE


Beaucoup d’économiste proposent leurs définitions :
➔ Adam Smith (1723-1790) : père de l’économie
"L'économie est une enquête sur les facteurs qui déterminent la richesse d'un pays et sa croissance"
=montre qu’avant on assimile l’économie avec la richesse

➔ Jean-Baptiste Say (1767-1832)


L'économie s'étend à tous les aspects « de la nature humaine en tant qu'elle influence la conduite ou la condition
de l'homme dans la société »
= s’étend aux actions humaines concernant le bien être

➔ John Stuart Mill (1806-1873)


Définit l'économie « comme la science qui détermine les lois des phénomènes sociaux résultants des opérations
combinées de l'humanité visant à la production de richesse pour autant que ces phénomènes ne soient pas
modifiés par la poursuite d'un autre objet. »
=montre que la notion d’action humaine en coopération est un comportement essentiel
=différence entre le comportement qui améliore le bien être matériel et ceux guidés par autre chose
(religion, psychologie)

➔ Alfred Marshall (1842-1924) :


"L'économie est l'étude de l'être humain dans les occupations habituelles de la vie, elle examine la partie des
actions individuelles et sociales la plus étroitement liée à l'obtention et l'utilisation des nécessités matérielles du
bien-être"
=juge utile la différence entre actions individuelles et sociales

➔ Lionel Robbins (1898-1984) :


« L'économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre des fins et des moyens
rares susceptibles d'être utilisés de manière alternative. »
=la plus retenu à ce jour
=élément nouveau : le caractère alternatif des ressources utilisées pour atteindre nos objectifs
=nous rappelle le rattachement de l'économie aux sciences humaines et non aux sciences naturelles.
➔ Paul Samuelson (1915-2009) :
"L'économie est l'étude de la manière dont les individus et les sociétés choisissent - avec ou sans recours à la
monnaie - d'employer des ressources rares qui pourraient être utilisées autrement, pour produire divers biens
dans le temps et les distribuer pour une consommation immédiate ou future aux différentes personnes et aux
différents groupes sociaux
=rappelle que le comportement économique s'étend sans problème à des actes humains n'impliquant pas
directement l'utilisation de la monnaie
=établit les sociétés comme acteurs économiques en parallèle des individus.
=élément fondamentale : la prise en compte du temps (actions présente concernent le futur)
4. METHODE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE

A) L’ECONOMIE EST-ELLE UNE SCIENCE ?

➔ Science vient du latin « Scientia » (Connaissance)

Le mot science recouvre 3 L’économie est bien une science, et ce dans les 3
conceptions : conceptions :
Savoir, connaissance de certaines Connaitre la manière dont les prix réagissent à un événement est une
choses qui servent à la conduite de la connaissance applicable à la vie, qui peut se comprendre sans avoir été à
vie ou à celle des affaires. un cours.
Exemple : le boulanger n’a pas besoin d’avoir fait des études pour
savoir qu’en cas de concurrence, il doit baisser ses prix ou améliore ses
produits.
Ensemble des connaissances acquises Un étudiant qui sort d’une école a un certain nombre de connaissance
par l’étude ou la pratique. sans avoir précisément étudié des théories et de classifications
scientifiques. Il a quand même un savoir économique.
Hiérarchisation, organisation et L’économiste à recours a la théorie, la classification, à l’observation
synthèse des connaissances au travers méthodique pour identifier les phénomènes économiques. Cependant
de principes généraux (théories, lois, elle n’est pas supérieure mais complémentaire aux deux conceptions
etc.) précédentes.
= celle acquise par l’habitude
aujourd'hui

Il y a 3 types de sciences :
✓ Les sciences exactes et formelle (mathématique, physiques)
✓ Les sciences physico-chimiques et expérimentales (science de la nature, biologie, médecine)
✓ Les sciences humaines (histoire de l’homme, langue, comportement, la politique)

➔ Les sciences économiques appartiennent plus aux sciences humaines, mais certains misent plus sur les sciences
exactes ou semi exactes.
➔ Les sciences humaines sont souvent caractérisées de sciences molles en raison du langage ambiguë

B) INDIVIDUALISME OU HOLISME ?
TRADITION INDIVIDUALISTE
➔ Seuls les individus ont des buts et des intérêts (principe de Popper-Agassi)
➔ Le système social, et ses changements, résultent de l'action des individus
➔ Tous les phénomènes socio-économiques peuvent s’expliquer par des théories qui ne se réfèrent qu’aux
individus, à leurs dispositions, croyances, ressources et relations.

➔ Les partisans de cette méthode considèrent qu'il n'est pas pertinent de prêter à une entité abstraite des
caractéristiques propres aux humains.
➔ Car ces ensembles sociaux sont composés de milliers d’homme, qui agissent dans des directions parfois
contraires.
➔ La tentative de prêter à de grands ensembles sociaux un comportement type ne permet pas d'expliquer le
monde réel, surtout lorsqu'on l'examine de près.
➔ Attention : l'individualisme méthodologique ne nie absolument pas l'existence et l'importance des ensembles
sociaux

Economiste partisan de l’individualisme :


Joseph Schumpeter (qui propose le terme "individualisme méthodologique" en 1908), ou encore Ludwig Von
Mises et Friedrich Hayek considèrent qu'on ne peut pas fonder une théorie sérieuse en s'appuyant
majoritairement sur des concepts tels que l'Autriche, le gouvernement, l'Eglise catholique ou la classe
ouvrière.
Karl Popper : « L'individualisme méthodologique est la doctrine tout à fait inattaquable selon laquelle nous
devons réduire tous les phénomènes collectifs aux actions, interactions, buts, espoirs et pensées des individus et
aux traditions créées et préservées par les individus.»
John Stuart Mill : « Les Hommes ne se changent pas, quand ils sont rassemblés, en une autre espèce de
substance dotée de propriétés différentes (...) Les êtres humains en société n'ont d'autres propriétés que celles
qui dérivent de la nature de l'Homme individuel et peuvent s'y résoudre. »
Ludwig Von Mises : « Personne ne conteste que, dans la sphère de l'action humaine, les entités sociales ont
une existence réelle. Personne ne s'aventure à nier que les nations, les États, les municipalités, les partis, les
communautés religieuses, sont des facteurs réels qui déterminent le cours des événements humains.
L'individualisme méthodologique, loin de contester la signification de tels collectifs, considère comme une de
ses tâches principales de décrire et d'analyser leur devenir et leur disparition, leurs structures changeantes et
leur fonctionnement. Et il choisit la seule méthode qui permet de résoudre ce problème de façon acceptable. »

L’HOLISME
➔ Grec : « Holos » (Entier)
➔ Formé en 1926 par Jan Christiaan Smuts dans son ouvrage « Holism and Evolution »
➔ Pour lui l’Holisme est : « la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la
somme de leurs parties, au travers de l'évolution créatrice. »

➔ Appréhende les phénomènes socio-économiques à travers de grandes catégories, les individus sont
soumis à des forces sociales qui déterminent leurs comportements
➔ Avantage : Ne réduit pas les phénomènes sociaux à une mécanique entre des individus qui agiraient de
manière isolée du contexte social et des appartenances multiples à des communautés religieuses,
régionales, nationales, familiales, politiques, etc.
➔ Inconvénients :
✓ Les théories holistes ont souvent se sont souvent tromper pour expliquer les événements
historiques
Exemple : cas des marxistes qui séparaient la société en deux classes (aujourd'hui la classe
moyenne représente une large majorité de la population)
✓ L’holisme d’essentialise les individus qui se voit privés d’intelligence propre et de libre arbitre,
par rapport à un comportement déjà déterminé par un critère.
Cela entretient l’idée selon laquelle la mobilité sociale n’existe pas
✓ Les déclinaisons d’holisme peuvent parfois être incompatibles entre elle

C) INDUCTIVISME OU DEDUCTIVISTE ?
INDUCTIVISME
➔ Aussi appelé : « Empirico – inductivisme » car elle repose sur une observation préalable à toute théorie
➔ Consiste à détecter des régularités dans les données empiriques et à procéder ensuite par inférence
généralisante.
➔ On a l'habitude de schématiser la méthode inductive en disant qu'elle va du particulier au général.
➔ La méthode a priori est en réalité une méthode d’induction indirecte.
➔ L’inductivisme connaît aujourd'hui un regain d'intérêt, en particulier au travers des disciplines que sont
l'économie expérimentale et la neuroéconomie.
➔ "La neuroéconomie, née au début des années 2000, a pour but d’explorer les bases cérébrales des
comportements économiques. Pour ce faire, elle emploie les méthodes et les outils des neurosciences
contemporaines, notamment l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle »
= il s'agit de démontrer que notre cerveau nous joue des tours
➔ Selon Mikael Cozik « depuis une quarantaine d’années, l’économie expérimentale, se développe
progressivement. »
DEDUCTIVISME
➔ Aussi appelé : « Hypothético-déductivisme » car elle élabore des hypothèses avant d’aller observer le terrain
➔ Consiste à raisonner déductivement à partir d’hypothèses préalables
➔ 3 étapes :
✓ Hypothèses formulées de manière inductive établies par inférence généralisante
✓ Les conséquences de ces hypothèses sont extraites par déduction
✓ Ces conséquences sont comparées aux données empiriques disponibles

➔ Cette méthode n’est pas propre à l’économie mais elle s’impose à l’économiste parce que la méthode a
posteriori n’est pas applicable à son domaine
➔ L’inapplicabilité de la méthode a posteriori tient à deux caractéristiques fondamentales de l’économie :
✓ C'est une science non-expérimentale de phénomènes complexes (les données proviennent de
l’observation et non de l’expérimentation)
Selon les déductivistes : Trop de facteurs interagissent simultanément pour qu’on puisse espérer
en extraire directement des régularités robustes ou des relations de causalité
Mais l’avantage de l’économiste est qu’il est lui-même une partie de son objet d’étude. Donc sa
propre expérience d’être humain lui permet d’établir des hypothèses sans vérifications.
Exemple : l'être humain n'aime pas la douleur et met toute son ingéniosité à inventer des moyens
d'y échapper
Selon John Elliot Cairnes (1823-1875), ce sont des « faits d’expérience indiscutables » qui
n’exigent pas d’investigation empirique supplémentaire.
Ainsi, pour Cairnes, à la différence du physicien, « l’économiste part avec une connaissance des
causes ultimes » des phénomènes qui l’intéressent.
Edmond Malinvaud tend vers une méthode déductive modernisée :
« L’impossibilité d’expérimenter, jointe à la complexité et à la variabilité des phénomènes, rend
l’induction à partir des données collectées plus difficile et moins fiable, tandis que la
connaissance directe que nous pouvons avoir des comportements, des contraintes et des
institutions permet à la déduction de s’exercer avec une certaine assurance. ».
= déduction n'est pas une méthode parfaite, mais l'induction étant impossible, nous devons nous
en contenter.

D) LA PLACE DES MATHEMATIQUES EN ECONOMIE


➔ Les mathématiques ont une place dominante dans la science économique
➔ Cela remonte au XIXème s avec les travaux du franco-suisse Léon Walras, ou encore de l'italien
Vilfredo Pareto.
➔ Siècle des Lumières : marquée par une avalanche d'innovations technologiques pour lesquelles les
sciences exactes ont été largement mobilisées
➔ Au départ il s'agit seulement de traduire des propositions littéraires dans le langage des mathématiques
➔ Toutefois cette manière de procéder a progressivement fait place à une utilisation de plus en plus
intensive des mathématiques
➔ On peut expliquer l'attrait pour la méthode mathématique par sa simplicité sans ambiguïté, ignorant
largement la complexité du monde des humains
➔ Permettent au propos de ne pas être contestable par quiconque ne maîtrise pas les outils mathématiques
utilisés.
Les problèmes inhérents aux mathématiques qui rendent le langage inadapté aux
phénomènes économiques :
➔ Les mathématiques sont plus adaptées à des modèles de comportements simultanés (ou statiques) qu'à des
situations dynamiques.
➔ Les mathématiques fonctionnent bien dans l’ingénierie et moins dans l’économie
Exemple : si on envoi une fusée sur la lune, les moyens mis en œuvre par des humains dans le but de
l'atteindre iront par définition dans un sens favorable à sa réussite. Les seules forces qui doivent être
surmontées sont d'ordre naturel et sont dépourvues de volonté. La gravité des corps ou la résistance de
l'air sont des obstacles dont nous pouvons prédire le comportement, et qui n'agissent pas en
conscience et ne peuvent donc pas modifier leur action pour contrer un peu plus la mienne.
En économie les humains agissent délibérément et dans des directions contraires, le tout dans un
univers de ressources limitées à un instant donné qui entraînent des comportements de concurrence.
➔ Les concepts discutés en économie sont beaucoup moins précis qu'en physique ou en biologie, et peuvent
donc plus difficilement être résumés de manière satisfaisante par les mathématiques.
➔ Les humains ont une conscience d’agir en fonction de leurs expériences, de leur réaction, de leurs
croyances.
Alors qu’en physique ce qui se produit dans une réaction est indépendant de ce le physicien ou les
molécules étudiées pensent qu'il va se produire
Chapitre 2 : Fonctionnement basique des marchés
1. DEFINITION ET DELIMITATION DU
CONCEPT DE MARCHE
A) DEFINITION GENERALE
Un marché : Lieu réel ou fictif d’échange, ou se rencontre des agents économiques.
Economie de marché : Système économique où les décisions de produire, d'échanger et d'allouer des biens et
services rares sont déterminées majoritairement à l'aide d'informations résultant de la confrontation de l'offre
et de la demande telle qu'établie par le libre jeu du marché.
➔ Il existe deux types de marchés :
✓ Des marchés de biens : échange d’objets matériels
✓ Des marchés de services : prestations majoritairement immatérielles, ou les marchés sont
moins souvent des lieux physiques que dans le cas des biens matériels

B) EXTENSION ET DELIMITATION DU CONCEPT


Les marchés financiers et monétaires :
- Concerne les échanges de monnaie et de titres financiers
- Ce sont des compléments indispensables aux marchés des biens et services car :
- La monnaie est un bien qui a la particularité de pouvoir être échangé contre n'importe quel autre bien
au sein d'une même économie
- Les titres financiers sont un prolongement naturel de la monnaie puisqu'ils permettent de mettre son
argent à disposition d'autres agents économiques

➔ Les marchés financiers


✓ Parfois physique
Exemple : la bourse avec une adresse des des horaires avec des agents (trader)
✓ Parfois Imaginaire
Exemple : la bourse de Paris est entièrement dématérialisée avec des échanges informatiques
➔ Les marchés monétaires
✓ Parfois physique :
Exemple : bureau de change
✓ Parfois dématérialisé :
Exemple : quand les monnaie s’échangent à distance

Les marchés du travail :


➔ Dans un contexte de concurrence chaque employés et employeurs sont libres de choisir parmi les différentes
options pour obtenir le maximum de satisfaction
➔ La satisfaction d’un employé : le salaire
➔ La satisfaction d’un employeur : le travail fourni
➔ Les marchés du travail sont différents des autres marchés :
✓ Le salaire représente le prix du travail
✓ Le travail est en quantité limité
✓ Le travail peut être valorisés différemment par les consommateurs c'est donc logique qu’un mécanisme
de répartition du travail disponible se mette en place
Ce n'est pas parce qu'une chose fait effectivement l'objet d'un marché qu'il faut pour autant
autoriser :

LA DROGUE
• Bien économique qui n'est pas légal mais fait toutefois l'objet d'un marché
• Le marché se développe de manière non-officielle
• Le prix de marché dépend de l’offre et la demande
• Le caractère illégal à pour conséquence de limiter l’offre
• Le prix de vente augmente naturellement pour compenser la rareté de la marchandise et le risque
encouru par les vendeurs.
• L’économiste pense que le problème vient non du cannabis, mais des incitations négatives créant son
interdiction
Exemple : les Pays-Bas, le Portugal, certain état américain légalise le commerce = produit de meilleur
qualité, baisse des prix, baisse de la délinquance

LE CORP HUMAIN
• La prostitution est pratiquée malgré sa réprobation : les choix offerts sont donc :
✓ Soi d’autoriser ce commerce pour l’encadrer
✓ Soi de l’interdire avec le risque de le voir poursuivre
• Le cas des dons d’organes insuffisants : Le choix offert est :
✓ De stimuler l’offre par la rémunération

PEDOPHILIE ET TRAFIC D’ESCLAVE


• Dans le cas de la prostitution de mineurs et de trafic d’être humain, il existe bien un marché avec une demande
et une offre.
• Dans ce cas il n’y a pas de libre transfert de propriété puisque personne ne peut se prévaloir de la propriété d’un
autre être humain

2. Les différents types de biens


A) DEFINITION
Selon l’utilisation des biens issus de la Selon la nature des biens
production
Bien de consommation ou bien final : Bien matériel : Produits physiques
satisfait directement les besoins du consommateur
Exemple : sac de sable vendu, four acheté pour
une famille

Bien de production : permettre d’obtenir Service : produits non matériels


d’autre bien mais ne sont pas détruit au premier Bien marchand : s’échange sur un marché
usage Bien non marchand : non vendu sur un marché
Exemple : four acheté pour un restaurant
Bien intermédiaire : produit brut dont la
transformation et la consommation donnera lieu à
un bien de production ou de consommation
Exemple : sac de sable pour construire une route,
farine pour une pizza

Certains biens peuvent changer de nature.


Exemple : four dans une maison, four dans un restaurant

B) L’UTILITE DU CONCEPT

• A l’échelle d’un territoire on peut comparer le poids respectif des biens et services pour comprendre des
facteurs extérieurs qui peuvent influencer les performances économiques de ce territoire
• On peut utiliser ces distinctions pour mesurer dans quelles proportions une économie passe de la
production matérielle à la production immatérielle.
• On peut observer les tendances qui affectent une catégorie de biens pour anticiper les conséquences
possibles sur l'autre
Exemple : hausse de prix de farine= hausse des prix de pizza ou hausse des salaires

3. Les divers acteurs sur le marché


• On fait une distinction entre tous les acteurs pour mieux visualiser en quoi consiste l’activité économique sur
un territoire
• Il s’agit toujours de personnes car toutes les catégories sont constituées de personnes, et seuls elles peuvent
agir

LES MENAGES
• Fonction principale : consommer et produire des biens ou services
• Mais ils ne sont pas considérés statistiquement parlant comme des producteurs, car leur production n'est
pas destinée au marché mais à eux-mêmes.
• Ressource des ménages : rémunération, revenus de propriété, recettes provenant de leur production
marchande et de prestations sociales.

LES ENTREPRISES NON FINANCIERES


• Selon l’INSEE : « Ils regroupent les agents économiques dont la fonction principale est de produire des
biens et des services non financiers marchands. »
Elles composent la plus grande partie du système productif.

2 catégories principales
✓ Les sociétés non financières qui ont le plus souvent une personnalité juridique propre
Exemple : Sociétés anonymes (SA, SARL, SAS), coopératives, sociétés de personnes, établissements
publics industriels et commerciaux (EPIC), associations sans but lucratif, holding, etc.) et une comptabilité
distincte de celle de leur propriétaire
✓ Les entreprises individuelles dont la personnalité juridique n'est pas différente de celle de leur
propriétaire.
• BUT : dégager du profit, sans clients elles n'auraient pas de raison d'exister.
• Tant que c'est un consommateur qui paie en échanges des biens ou services fournis, et non le contribuable
via ses impôts, c'est bien considéré comme une entreprise.

LES SOCIETES FINANCIERES


• Structures privées dont l'activité première consiste à intervenir sur les marchés monétaires, financiers, et
de produits dérivés dans le but de faire du profit.
Exemple : organismes financiers, compagnie d’assurance

LES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES


• Comprend les entités juridiques investies des pouvoirs exécutifs, législatif et judiciaire
• Consiste à fournir des biens et surtout des services à la collectivité ou à des ménages
• Ce sont des producteurs non marchands

3 sous-secteurs :
✓ L’administration publique centrale : compétent sur la totalité du territoire économique
✓ L’administration publique locales : compétent sur une subdivision locale du territoire
✓ Les administrations de sécurité sociales : réunisse les administrations centrales ou locales.
L’activité principale est de fournir des prestations sociales et des services hospitaliers financés
principalement sur fonds publics."

LES ISBSLM (INSTITUTION A BUT NON LUCRATIF


• Unités économiques, dotées de la personnalité juridique, au service des ménages, et qui sont des
producteurs privés non marchands.
• Ressource principale : contributions volontaires, en espèces ou en nature, effectuées par les ménages en
leur qualité de consommateurs, de versements provenant des administrations publiques, ainsi que de
revenus de la propriété.
• Statut sans but lucratif : interdit de procurer un revenu, un profit ou tout autre gain de nature financière aux
personnes physiques ou morales qui les ont créées, les contrôlent ou les financent.
• Exemple : les partis politiques, associations, syndicats, églises et associations religieuses, etc.

LE RESTE
• Une famille étrangère établie en France est considérée comme un ménage français
• Un français résidant à l'étranger ne l'est pas.
• Mais : les agents économiques du territoire français ont aussi des échanges économiques situés hors de
France
• Pour que les statistiques économiques prennent en compte ces opérations, on créée une catégorie
supplémentaire qui regroupe toutes les unités économiques situées hors de France
=Cela rend possible de calculer le solde des échanges commerciaux et des transactions financières entre la
France et le reste du monde

4. COMPRENDRE LA VALEUR
A) LA VALEUR A L'EPOQUE DES CLASSIQUES : COUTS
DE PRODUCTION ET VALEUR TRAVAIL
• Les économistes du XVIII et XIX s (David Hume, Adam Smith ou David Ricardo) comprennent que les
prix ne se fixent pas au hasard.
• La valeur d'un bien ne se décide par de manière exogène
• Pour eux le prix tient compte de : l’utilité, la rareté, du coût de production
Les défauts de ce raisonnement :
- Les Classiques raisonnent pour l'humanité en général et pour un produit en général
= ils ne peuvent pas expliquer pourquoi différentes unités d'un même bien peuvent se vendre à des
prix différents sachant qu’ils sont rare tous les deux
- Leur raisonnement donne l'impression qu'une valeur objective existe pour un bien
Même si l’utilité, la rareté et le cout de production sont influent, ce n’est pas assez précis car cela ne
reflète pas le caractère subjectif de la valeur
Car chacun de nous retire une utilité différente de son voisin pour un même bien, alors que le service
rendu par le bien est rigoureusement le même
B) VERS LE CHEMIN DE LA SUBJECTIVITE ET DE
L'ECHANGE CREATEUR DE VALEUR
• Etienne Bonnot de Condillac (1714-1780) écrit à l’époque classique mais son approche est différente car il
comprend avant les autres le caractère subjectif de la valeur
• Pour lui : ce sont nos jugements et nos comportements économiques qui déterminent la valeur des
choses.
• Défaut : il n'articule pas clairement l'idée du raisonnement "à la marge
• Ouvrage : Le commerce et le gouvernement considérés relativement l'un à l'autre (1776)

« "On dit qu’une chose est utile, lorsqu’elle sert à quelques-uns de nos besoins ; et qu’elle est inutile, lorsqu’elle ne
sert à aucun, ou que nous n’en pouvons rien faire. Son utilité est donc fondée sur le besoin que nous en avons.
D’après cette utilité, nous l’estimons plus ou moins ; c’est-à-dire, que nous jugeons qu’elle est plus ou moins propre
aux usages auxquels nous voulons l’employer. Or cette estime est ce que nous appelons valeur. Dire qu’une chose
vaut, c’est dire qu’elle est ou que nous l’estimons bonne à quelque usage. La valeur des choses est donc fondée sur
leur utilité, ou, ce qui revient au même, sur le besoin que nous en avons, ou, ce qui revient encore au même, sur
l’usage que nous en pouvons faire. »

« Le plus ou moins de valeur, l’utilité étant la même, serait uniquement fondé sur le degré de rareté ou d’abondance,
si ce degré pouvait toujours être connu avec précision ; et alors on aurait la vraie valeur de chaque chose. Mais ce
degré ne saurait jamais être connu. C’est donc principalement dans l’opinion que nous en avons qu’est fondé le plus
ou moins de valeur. »

« Il y a des choses qui sont si communes, que, quoique très nécessaires, elles paraissent n’avoir point de valeur.
Telle est l’eau ; elle se trouve partout, dit-on, il n’en coûte rien pour se la procurer ; et la valeur qu’elle peut obtenir
par le transport n’est pas une valeur à elle, ce n’est qu’une valeur de frais de voiture.
Il serait bien étonnant qu’on payât des frais de voiture pour se procurer une chose qui ne vaudrait rien.
Une chose n’a pas une valeur, parce qu’elle coûte, comme on le suppose ; mais elle coûte, parce qu’elle a une
valeur.
Je dis donc que, même sur les bords d’un fleuve, l’eau a une valeur, mais le plus petit possible, parce qu’elle y est
infiniment surabondante à nos besoins. Dans un lieu aride, au contraire, elle a une grande valeur ; et on l’estime en
raison de l’éloignement et de la difficulté de s’en procurer. En pareil cas un voyageur altéré donnerait cent louis d’un
verre d’eau, et ce verre d’eau vaudrait cent louis. Car la valeur est moins dans la chose que dans l’estime que nous en
faisons, et cette estime est relative à notre besoin : elle croît et diminue comme notre besoin croît et diminue lui-
même.

« Mais on est porté à regarder la valeur comme une qualité absolue, qui est inhérente aux choses indépendamment
des jugements que nous portons, et cette notion confuse est une source de mauvais raisonnements. Il faut donc se
souvenir que, quoique les choses n’aient une valeur que parce qu’elles ont des qualités qui les rendent propres à nos
usages, elles n’auraient point de valeur pour nous, si nous ne jugions pas qu’elles aient en effet ces qualités. Leur
valeur est donc principalement dans le jugement que nous portons de leur utilité ; et elles n’en ont plus ou moins
que parce que nous les jugeons plus ou moins utiles, ou qu’avec la même utilité nous les jugeons plus rares ou plus
abondantes. »

C) MENGER ET LA REVOLUTION MARGINALISTE


• Carl Menger (1840-1921) est le fondateur d'une école de pensée économique dite "Ecole Autrichienne" et
dont sont issus de célèbres économistes tels que F. A. Hayek et L. Von Mises.
• Ouvrage : « Principes d'économie (1871) » il est écrit en réaction aux insuffisances explicatives de
l'économie classique telle qu'on la retrouve chez Adam Smith ou David Ricardo
• Pierre Le Masne cite Carl dans « La rupture de Carl Menger avec l'économie classique »

« La théorie économique telle que l'ont laissée Adam Smith et ses disciples manque de base assurée, que même ses
problèmes les plus élémentaires n'ont pas trouvé de solution satisfaisante, et qu'elle est en particulier une base
insuffisante pour les sciences pratiques de l'économie nationale et pour la pratique dans ce domaine."

"La théorie de l'économie, telle que l'a principalement formée l'école classique anglaise, n'a pas réussi à résoudre de
façon satisfaisante le problème d'une science des lois de l'économie, mais l'autorité de son enseignement pèse sur
nous et empêche le progrès (…) à la solution du grand problème de la fondation de sciences sociales théoriques."

• Menger aborde la notion de la valeur du prix, en étant plus précis que Condillac

Menger développe L’IDEE DU RAISONNEMENT DE LA MARGE :


✓ Il passe du général au spécifique
✓ Plutôt que de discuter de la valeur des choses il préfère se concentrer sur la valeur d'une unité
particulière de la chose considérée.
✓ Cette idée permet de résoudre le paradoxe de l’eau et du diamant
- Condillac y répond en partie quand il souligne que dans une zone aride nous céderions toute notre
fortune en échange d'un verre d'eau.
- Menger est plus précis en disant que si nous céderions tout pour le premier verre d'eau, cela ne
signifie pas pour autant que la valeur du verre d'eau en zone aride pourrait être fixée (le 2ème vaudra
moins)
✓ Menger affirme que même du point de vue subjectif d’un individu qui connait ses besoins, il
n’existe pas de valeur d’un bien, mais seulement la valeur de l’unité qu’il désire acquérir à un
moment donné
✓ La valeur de l’unité ne dépend pas uniquement de sa capacité à satisfaire un besoin particulier, car
celui-ci pourra avoir différents usages en fonction de leurs ordres de priorité déterminent l’utilité
marginal d’un individu
Exemple : Boisseau de blé du fermier
✓ En un moment donné et pour un individu donné, la valeur de n'importe quelle unité d'un bien
pouvant être affecté à différents usages est égale à la valeur que l'individu accorde au besoin le
moins important satisfait par une unité de ce bien.
✓ La valeur d'un bien ne doit pas être confondue avec la valeur de la satisfaction du besoin
correspondant.

• Autre découverte de Menger : Ce ne sont pas les coûts de production qui font la valeur d'un bien, c'est
précisément parce qu'une certaine marchandise est valorisée que des producteurs sont prêts à dépenser des
ressources économiques en vue de produire ce bien

5. DE LA VALEUR A LA FIXATION D’UN PRIX

A) QUE REPRESENTE LE PRIX


• Langage courant : "le rapport d'échange entre un bien ou un service et la monnaie."
• La monnaie est un intermédiaire facilitant l’échange mais ne doit pas faire oublier que ce sont des biens et
services que nous échangeons
Exemple : l’acquisition de la monnaie se fait par le salaire d’un travail, et quand on payera le loyer ce sera
bien notre travail que nous échangeons indirectement
B) ANALYSE PAR L’EXEMPLE DE LA LIBRE FIXATION
D’UN PRIX

Point de vue de l’acheteur


ETAPE 1 :
• Réaliser l’estimation de l’utilité que j’attend d’un bien
Exemple : Un vélo, va me servir à me rendre au travail, à me déplacer plus vite …

ETAPE 2 :
• Recherche de comment se procurer le bien en déterminent deux points importants :
✓ Quelles sont les caractéristiques que j'attends de mon futur bien ?
Exemple : taille, état, couleurs

✓ Combien de monnaie suis-je prêt à céder en échange de ce dernier ?


- Le point le plus important consiste à évaluer ce que la somme demandée en échange du bien
pourrait me procurer si je choisissais de l'affecter à autre chose.
- Au moment où je considère mon achat je suis donc en train d'arbitrer implicitement entre
l'achat que je m'apprête à réaliser et toutes les autres utilisations possibles de cette même somme
d'argent
La disposition à payer : Somme maximale à laquelle on est prêt à réaliser un achat
Point de vue de l’offreur
• Le raisonnement est inversé
• L’offreur va fixer une somme limite pour la réalisation de l’échange représentant cette fois ci un Minimum

La disposition à vendre : Somme minimal ou on estime qu’en dessous la somme de


monnaie obtenue ne compensera pas la perte d'utilité qui va suivre la séparation du
bien
C) CONCLUSION DE L’ECHANGE
• Surplus : le vendeur et l’acheteur ont réalisé un échange intéressant, puisque l’acheteur à payer moins de
sa disposition à payer, et le vendeur à échanger son bien à plus d’argent que sa somme minimale.
Cependant même s’il n’y a pas de surplus, l’échange peut quand même être avantageux en partant du
principe que l’argent qui a servi à la vente, apporter la même utilité que dans le compte en banque

• Valeurs égales : si dans le cadre d’un échange, les valeurs étaient les même pour le vendeur et
l’acheteur
Exemple : il n’y pas d’échange de valeurs égales quand quelqu'un achète un vélo à 70 euros dont il a absolu
besoin, et les 70€ valait moins que l’utilité que m’apporte le vélo, alors que pour le vendeur les 70€ valait plus
que l’utilité que lui apportait le vélo.

• Le prix auquel se réalise un échange est le résultat objectif (ou observable) de la confrontation de deux
évaluations subjectives de la valeur du bien ou service considéré.
Chapitre 3 : Offre, demande et prix d’équilibre sur
les marchés
➔ Participer au même marché : le fait d’émettre publiquement des offres et des demandes pour un
bien suffisamment homogène (où chaque unité est à peu près comparable à toutes les autres dans ses
caractéristiques et les usages qu’elle peut satisfaire)
Mais de nombreux biens et services ne sont pas exactement homogènes, et il n’existe pas toujours un seul
et unique marché qui réunirait tous les acheteurs et vendeurs potentiels.

1. LA COURBE DE DEMANDE
A) DEFINITION ET ORIGINE
• La courbe de demande : C’est une fonction qui représente, pour un bien économique donné, la quantité
demandée par les consommateurs sur le marché pour un prix donné.
• Quantité demandée : C'est la quantité qu’ils souhaitent et peuvent consommer compte-tenu de leur
budget.

B) RELATION BASIQUE ENTRE PRIX ET QUANTITES


DEMANDEES
Il faut savoir que :
✓ Ne besoins sont illimités
✓ Notre utilité marginale est décroissante : l’utilité baisse à mesure qu’on en dispose beaucoup
✓ Nos revenus sont limités

• Les quantités demandées sont inversement proportionnelles au prix (plus le prix est bas, plus on va acheter
de manière importante)
• SUR UNE COURBE DE DEMANDE : prix (verticale) quantité demandée (horizontale)
• Chaque bien ou service possède sa propre courbe de demande : la forme traduit la manière dont la demande
pour le bien réagit au prix
• La demande est influencée par le caractère prioritaire de l’usage, au substitut disponible…

➔ Sur la courbe : c'est facile si on part du prix pour arriver à la demande : Au prix de x€, le consommateur
demande x de quantité de produit
➔ C'est plus complexe si on fait l’inverse : pour X de quantité demandées, le tout dernier produit sera
payé à un prix de x€ (lorsqu’on se situe très à droite sur l’axe des quantités, la plupart des besoins
prioritaires ont déjà été satisfaits par les consommations précédentes, et seul un prix très bas peu
convaincre des consommateurs de continuer à consommer des unités supplémentaires de ce même
produit.)

C) TENIR COMPTE DES USAGES ALTERNATIFS ET


SUBSTITUTS
• La plupart des besoins humains peuvent être satisfaits de différentes manières
• Tous les besoins n’ont pas besoin d’être et ne peuvent pas être satisfaits simultanément
=ce qui implique des arbitrages constants en fonction de l’évolution relative des prix.
• Un produit peut donc avoir plusieurs usages :
Exemple : Pétrole : faire voler un avion, construire un jouet
• Si les quantités consommées sont si importantes lorsque le prix est faible, c’est parce que ce prix convient à la
fois aux consommateurs qui tirent une faible valeur de la consommation et à ceux qui en tirent une valeur
plus forte.
• Lorsque le prix augmente, les usages les moins générateurs disparaissent puisque l’utilité ne suffit plus à
justifier le prix demandé. A un prix très élevé le bien ne sera plus consommé que pour des usages
incontournables
• Ces consommateurs peuvent donc renoncer à consommer, ou se tourner vers des substituts

2. LA COURBE D’OFFRE
A) DEFINITION ET ORIGINE
• La courbe d’offre représente les quantités que des producteurs d’un bien économique sont disposés à fournir
pour un prix donné.

B) RELATION BASIQUE EN TRE PRIX ET QUANTITE


OFFERTE
• A l’inverse de la courbe de demande : la courbe d’offre est surtout ascendante
=Les quantités produites sur le marché évoluent dans le même sens que le prix de marché. (plus le
producteur espère récolter une recette importante, plus il va produire en grande quantité)
• Chaque bien ou service dispose de sa propre courbe d’offre
• C'est impossible d’augmenter la production à volonté ou à court terme car les ressources sont limitées
=quantité supplémentaire entraine donc la hausse des prix car les producteurs attendront un prix plus élevé
pour céder les biens produits à plus grands frais.

C) TENIR COMPTE DES DIFFERENTS COUTS ET


ALTERNATIVES DE PRODUCTION
• Les coûts de production peuvent varier selon les producteurs : cela fait entrer ou sortir certains producteurs en
fonction du niveau de prix déterminé par le marché
Exemple : coûts d’extraction du pétrole qui varient d’une région à l’autre
• A prix élevé on a la présence de producteurs à faibles coûts et à coûts élevés
• A prix faible ce ne sont que ceux à faible coûts qui subsistent

3. ATTEINDRE L’EQUILIBRE SUR UN MARCHE


A) DEFINITION
• Le prix d'équilibre est le prix correspondant à la situation d'équilibre sur un marché et obtenu par
l'intersection des courbes d'offre et de demande, les quantités offertes étant égales aux quantités
demandées.
=prix pour lequel la demande est égale à l'offre
• Dès que l’on s’éloigne du prix d’équilibre, des forces entrent en action qui tendent à le ramener à son niveau
d’équilibre

B) COMMENT LE PRIX DE MARCHE ARRIVE DEMEURE


ET REVIENT A L’EQUILIBRE
• Le prix d’équilibre s’établit sur le caractère concurrentiel des offres et des demandes
(Les offreurs cherchent à vendre au prix le plus élevé, et les demandeurs cherchent à acheter au prix le plus
faible)
• Mais les biens et services sont en quantité limités :
Donc pour les demandeurs : Il est trop tentant de satisfaire notre besoin de si le prix est suffisamment bas
pour être plus que compensé par l'utilité de la consommation correspondante.
=Les consommateurs sont donc en concurrence
Pour les offreurs : Dès qu'un producteur trouve un consommateur disposé à lui acheter son produit à un prix
qui lui permet de rentrer dans ses frais il se dépêchera de conclure la vente
• Concernant la fixation des prix : les consommateurs ne sont pas opposés aux offreurs

• Il y a un phénomène de hausse des prix d’équilibre par le consommateur « enrichisseurs »


Exemple : si un individu réaliser une transaction au prix supérieur à celui d’avant = hausse des prix
Magasin : se voit difficilement car les prix en rayons sont affichés, mais cela se voit à l’arrivée des stocks si il
y a eu une forte demande sur un produit
Vente immobilière : différence entre le prix affiché et celui payé lors de la signature
➔ C'est donc au fil des transactions que le prix d'équilibre peut évoluer

Que se passe t’il si le prix s’éloigne de son prix d’équilibre ?


• Le prix reviendra toujours à son prix d’équilibre.
Exemple :
➔ SI le nouveau prix est inférieur au prix d’équilibre :
- Acheteur plus nombreux
- Mais une fois les quantités vendues, les producteurs ne dégageront plus de profit alors que la quantité
demandée reste : Situation de pénurie (« shortage »)
- Devant la rareté de l’offre, les acheteurs riches voudront payer plus cher pour avoir, alors les
producteurs reprendront la production
➔ Si le nouveau prix est supérieur au prix d’équilibre :
- Les producteurs produiront beaucoup dans l’espoir de dégager du profit
- Mais les acheteurs ne seront pas au rendez-vous : Situation de surabondance (« surplus »)
- Les producteurs feront donc des concessions au prix

C) LE PRIX D’EQUILIBRE EST IL LE JUSTE PRIX ?


• Juste prix : le prix qui nous semble récompenser l’effort productif d’un agent économique à la hauteur du
travail fourni et/ou de l’utilité que ce dernier apporte aux consommateurs ou à l’acheteur.
• Idée fausse sur le juste prix en fonction du travail demandé : La quantité de travail fournie ne garantit en
rien l’utilité d’un produit, le bien n’est pas nécessairement aussi utile aux autres

• Le prix d’équilibre est donc le seul prix objectif puisqu’il est le résultat de la confrontation de l’offre et de
la demande à la marge : C’est le seul prix auquel toutes les offres et demandes exprimées sont satisfaites,
ce qui en fait le mécanisme d’allocation optimal des biens et services.

4. Variation de la demande
A) DEFINITION
• Une hausse de la demande signifie que les quantités demandées sont plus importantes à chaque niveau de
prix donné. =augmentation de la disposition à payer pour une quantité donnée

B) VARIATION DE LA DEMANDE OU DES QUANTITES


DEMANDEES
• Variation des quantités demandées : réaction du marché à une variation du prix, mais toujours sur la
même courbe, c'est donc le prix qui en est la cause
• Variation de la demande : véritable mouvement de la courbe

C) PRINCIPAUX FACTEURS DE LA VARIATION DE LA


DEMANDE
Quelle est la raison de la diminution ou l’augmentation de la demande ?
C'est tout ce qui peut pousser des consommateurs à offrir un prix plus élevé qu’avant pour une même
quantité d’un bien, ou encore à augmenter la quantité de ce bien qu’ils désirent acquérir pour un prix
donné.

• Le revenu :
✓ Un revenu plus important peut faire augmenter la demande en voulant consommer plus
✓ Mais aussi un revenu qui augmente peut faire diminuer la demande en choisissant un autre produit
• La population :
✓ Pays connaissant un baby-boom : augmentation des couches
✓ Pays avec une population âgées : augmentation des lunettes
• Le prix des substituts :
✓ Biens substituables : si la hausse du prix de l’un entraîne une hausse de la demande pour l’autre
(et inversement)
• Le prix des compléments :
✓ Biens complémentaires : si la hausse du prix de l’un entraine une baisse de la demande pour l’autre
Exemple : Si l’essence voit son prix doubler, on s’attend toujours à une certaine baisse de la
demande pour les véhicules qui en consomment.
• Les anticipations :
✓ Si les consommateurs anticipent une futur hausse des prix, alors ils vont tenter d’acheter le bien
aujourd'hui
• Les goûts et préférences :
✓ La valeur d’un bien varie d’une personne et d’un moment à l’autre (effet de la mode)

5. VARIATION DE L’OFFRE
A) DEFINITION
• Une hausse de l’offre signifie que les quantités produites sont plus importantes à chaque niveau de prix
donné.
• C’est lorsque des producteurs sont prêts à accepter un prix plus faible pour une quantité donnée.

B) VARIATION DE L’OFFRE OU DES QUANTITES


OFFERTES ?
• Une variation des quantités offertes correspond à une réaction du marché à une variation du prix, mais
toujours en se situant sur la même courbe d’offre, c'est donc le prix qui en est la cause

C) PRINCIPAUX FACTEURS DE VARIATION DE L’OFFRE


Le point principal pour les offreurs des quantités offertes et du prix proposés est dans les conditions de
productions
• Innovation technologique :
✓ Une amélioration dans les procédés de production peut permettre de produire plus pour le même
prix, ou de produire autant à mais à moindre coût.
• Prix des inputs :
✓ L’augmentation ou la diminution du prix d’une matière première fait varier l’offre.
• Taxes et subventions :
✓ L’effet d’une taxe fait que la disposition à vendre baissera de manière équivalente
✓ L’effet d’une subvention feront diminuer le cout de production des producteurs
• Anticipations :
✓ S’il y a une future hausse des prix, les producteurs vont produire plus et risque de mettre en stock
ce qu’ils peuvent, afin de remettre le bien sur le marché lorsque le prix aura augmenté (inversement
en cas de baisse du prix)
• Entrée/ Sortie de concurrents :
✓ Le nombre de producteurs sur un marché a un impact sur les quantités offertes.
✓ Si malgré la stabilité des prix de nouvelles entreprises arrivent pour vendre au prix en vigueur, alors
les quantités produites à ce prix vont augmenter
✓ C’est naturellement l’inverse qui se produit si les concurrents sont moins et que les quantités
diminuent alors que le prix n’a pas bougé.
• Cout d’opportunité :
✓ Le coût d’opportunité est le prix de l’usage alternatif des ressources employées dans la production
d’un bien ou d’un service.
✓ C’est le manque à gagner de ce qu’on aurait pu faire à la place de l’activité de production qui a été
choisie.

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