Vous êtes sur la page 1sur 13

UNIVERSITÉ D’ANGERS Licence MPCIE S3 – Double licence Math-Éco S3

Algèbre linéaire 1 2020 – 2021

Feuille d’exercices no 2

Solutions

Exercice 1 – Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses ? (justifier)


a) Toute famille génératrice d’un espace vectoriel contient une base de cet espace vectoriel.
b) La dimension d’un espace est le nombre de vecteurs de cet espace.
c) Toute famille contenant une famille liée est liée.
d) La base de R3 [X] est {1, X, X 2 , X 3 }.
e) Si E = Vect(u1 , u2 , u3 ) et si {u1 , u2 , u3 } est libre alors dim E = 3.
f) Vect(u1 , . . . , u p ) = Vect(u1 , . . . , u p−1 ) ssi u p est combinaison linéaire de u1 , . . . , u p−1 .
g) Soient u, v, w trois vecteurs d’un espace vectoriel E. On suppose que {u, v}, {u, w} et {v, w} sont libres, alors
la famille {u, v, w} est libre.
h) Soient p vecteurs u1 , . . . , u p d’un espace vectoriel E. On suppose qu’aucun de ces vecteurs n’est combinaison
linéaire des autres. Alors la famille {u1 , . . . , u p } est libre.
Solution :
a) Vrai. En effet, soit F = {u1 , . . . , u p } une famille génératrice d’un espace vectoriel E. Si elle est libre,
c’est une base de E. Sinon, c’est que c’est une famille liée. Donc l’un des vecteurs de F est combinaison
linéaire des autres vecteurs de F . En renumérotant si besoin, on peut supposer que c’est u p , on a alors que
F 0 = {u1 , . . . , u p−1 } est une famille génératrice de E. Ensuite on itère le procédé : si F 0 est libre, c’est une
base de E. Sinon, on peut enlever un vecteur et obtenir une famille qui est génératrice de E. Ce processus
s’arrête à un moment donné et on obtient alors une base de E qui est contenue dans la famille initiale F
b) Faux. La dimension d’un espace vectoriel E est le nombre de vecteurs d’une base de E. Par exemple, il y a
un nombre infini de vecteurs dans l’espace vectoriel R2 mais sa dimension vaut 2.
c) Vrai. Soit F ⊂ F 0 deux familles d’un espace vectoriel E. On peut écrire F = {u1 , . . . , u p } et F 0 =
{u1 , . . . , u p+q }. Si F est liée, alors il existe une relation linéaire non triviale λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λ p u p = 0,
c’est-à-dire que les λi sont non tous nuls. Mais alors λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λ p u p + 0u p+1 + · · · + 0u p+q = 0 une
relation linéaire non triviale donc F 0 est liée aussi.
d) Faux. La famille {1, X, X 2 , X 3 } est une base de R3 [X] et non pas la base de R3 [X]. Il y a une infinité de bases
de R3 [X].
e) Vrai. Dire que E = Vect(u1 , u2 , u3 ), c’est dire que {u1 , u2 , u3 } est génératrice de E, donc si {u1 , u2 , u3 } est
de plus libre alors c’est une base de E. Par définition, on alors dim E = 3.
f) Vrai. Si Vect(u1 , . . . , u p ) = Vect(u1 , . . . , u p−1 ) alors en particulier u p ∈ Vect(u1 , . . . , u p−1 ) ce qui signifie par
définition du Vect qu’il est combinaison linéaire de u1 , . . . , u p−1 .
Réciproquement, si u p est combinaison linéaire de u1 , . . . , u p−1 , alors u p ∈ Vect(u1 , . . . , u p−1 ) donc Vect(u1 , . . . , u p ) =
Vect(u1 , . . . , u p−1 ).
g) Faux. Si on prend E = R3 , u = (1, 0, 0), v = (0, 1, 0) et w = u + v = (1, 1, 0), alors les familles {u, v}, {u, w}
et {v, w} sont libres car les vecteurs sont deux à deux non colinéaires mais la famille {u, v, w} est liée puisque
w = u + v.

1
h) Vrai. Cette assertion est l’exacte contraposée de la proposition qui dit que si une famille est liée, alors l’un
des vecteurs de cette famille est combinaison linéaire des autres.

Exercice 2 – Soit E un espace vectoriel.


1) Soit {u1 , . . . , u4 } une famille libre de E.
a) On suppose que dim E = n. Quelle inégalité vérifie n ?
b) Les familles suivantes sont-elles libres ?
• {u1 , u2 , 0, u4 }. • {u1 , u2 + u3 + u4 , u4 }.
• {u1 + u2 , u3 + u4 }. • {u1 + u2 , u2 + u3 , u3 + u4 , u4 + u1 }.
2) Soit {u1 , . . . , u4 } une famille génératrice de E.
a) On suppose que dim E = n. Quelle inégalité vérifie n ?
b) Les familles suivantes sont-elles génératrices de E ?
• {u1 , u2 , u3 , u4 , 0} • {u1 , u1 + u2 , u3 + u4 , u4 }.
• {u1 + u2 , u3 + u4 }. • {u1 + u2 , u2 + u3 , u3 + u4 , u4 + u1 }.
Solution :
1a) On a nécessairement n > 4. En effet, dans un espace vectoriel de dimension finie, on peut toujours compléter
une famille libre en une base.
1b) • {u1 , u2 , 0, u4 } est liée car elle contient le vecteur nul.
• {u1 + u2 , u3 + u4 } est libre. En effet, si λ1 (u1 + u2 ) + λ2 (u3 + u4 ) = 0, alors λ1 u1 + λ1 u2 + λ2 u3 + λ2 u4 = 0.
D’où λ1 = λ2 = 0 par liberté de {u1 , . . . , u4 }. Donc {u1 + u2 , u3 + u4 } est libre.
• {u1 , u2 +u3 +u4 , u4 } est libre. En effet, si λ1 u1 +λ2 (u2 +u3 +u4 )+λ3 u4 = 0, alors λ1 u1 +λ2 u2 +λ2 u3 +(λ2 +
λ3 )u4 = 0. En utilisant que {u1 , . . . , u4 } est une famille libre, on trouve λ1 = 0, λ2 = 0, λ2 = 0 et λ2 + λ3 = 0
d’où l’on déduit que λ1 = λ2 = λ3 = 0 et donc que {u1 , u2 + u3 + u4 , u4 } est libre.
• {u1 + u2 , u2 + u3 , u3 + u4 , u4 + u1 } n’est pas libre. En effet, en notant v1 = u1 + u2 , v2 = u2 + u3 , v3 = u3 + u4
et v4 = u4 + u1 on a v1 − v2 + v3 = v4 . La famille {v1 , v2 , v3 , v4 } est donc liée.
2a) On a nécessairement n 6 4. En effet, dans un espace vectoriel de dimension finie, on peut toujours extraire
une base d’une famille génératrice.
2b) • {u1 , u2 , u3 , u4 , 0} est génératrice de E car Vect(u1 , u2 , u3 , u4 , 0) = Vect(u1 , u2 , u3 , u4 ) = E. En effet, soit
v ∈ Vect(u1 , u2 , u3 , u4 ), alors par définition du Vect, il existe λi , i ∈ {1, . . . , 4} tels que v = ∑4i=1 λi ui , mais alors
v = λ1 u1 + λ2 u2 + λ3 u3 + λ4 u4 + 1 · 0, c’est-à-dire que v ∈ Vect(u1 , u2 , u3 , u4 , 0) donc Vect(u1 , u2 , u3 , u4 , 0) =
Vect(u1 , u2 , u3 , u4 ) et Vect(u1 , u2 , u3 , u4 ) = E par hypothèse.
• {u1 + u2 , u3 + u4 } peut être génératrice de E ou non selon les cas. Par exemple, si E = R2 et {u1 , . . . , u4 } =
{(1, 0), (2, 0), (0, 1), (0, 2)} alors c’est une famille génératrice de R2 . On a {u1 + u2 , u3 + u4 } = {(3, 0), (0, 3)}
qui est aussi une famille génératrice de R2 . A contrario si on prend E = R3 et {u1 , . . . , u4 } =
{(1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1), (0, 0, 2)} alors c’est une famille génératrice de R3 mais la famille {u1 + u2 , u3 + u4 }
ne peut pas l’être car elle ne possède que deux éléments alors que R3 est de dimension 3.
• {u1 , u1 + u2 , u3 + u4 , u4 } est génératrice de E. En effet, si on note v1 , v2 , v3 , v4 les vecteurs de cette famille,
on a u2 = v2 − v1 ∈ Vect(v1 , v2 , v3 , v4 ) et u3 = v3 − v4 ∈ Vect(v1 , v2 , v3 , v4 ) donc E = Vect(u1 , u2 , u3 , u4 ) ⊂
Vect(v1 , v2 , v3 , v4 ) ⊂ E. Ce qui veut dire que {v1 , v2 , v3 , v4 } est génératrice de E.
• {u1 + u2 , u2 + u3 , u3 + u4 , u4 + u1 } peut être génératrice de E ou non selon les cas. Par exemple, E = R3 et
{u1 , . . . , u4 } = {(1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1), (0, 0, 2)} alors c’est une famille génératrice de R3 et {u1 + u2 , u2 +
u3 , u3 + u4 , u4 + u1 } = {(1, 1, 0), (0, 1, 1), (0, 0, 3), (1, 0, 2)} est aussi une famille génératrice de R3 . A contrario
si on prend E = R4 et {u1 , . . . , u4 } = {(1, 0, 0, 0), (0, 1, 0, 0), (0, 0, 1, 0), (0, 0, 0, 1)} alors c’est une famille géné-
ratrice de R4 mais la famille {u1 + u2 , u2 + u3 , u3 + u4 , u4 + u1 } = {(1, 1, 0, 0), (0, 1, 1, 0), (0, 0, 1, 1), (1, 0, 0, 1)}

2
n’est pas génératrice de R4 . En effet, on a vu dans le 1b) que cette famille était liée, son rang est donc strictement
inférieur à 4, ce qui signifie qu’elle ne peut pas engendrer R4 .

Exercice 3 – Dans R4 , soient F = {(a + b, a − b, a, 0), a, b ∈ R} et G = {(y, x, y, x − y), x, y ∈ R}.


1) Trouver des bases de F, G, F ∩ G, F + G.
2) Donner des équations de F, G, F ∩ G, F + G en nombre minimal dans la base canonique de R4 .
Solution :
1) Base de F. Par définition, les éléments de F sont les vecteurs v de la forme

v = (a + b, a − b, a, 0) = (a, a, a, 0) + (b, −b, 0, 0) = a(1, 1, 1, 0) + b(1, −1, 0, 0), a, b ∈ R.

La famille F = {(1, 1, 1, 0), (1, −1, 0, 0)} est donc génératrice de F. Cette famille est clairement libre, donc
c’est une base de F.
Base de G. Par définition, les éléments de G sont les vecteurs v de la forme

v = (y, x, y, x − y) = (0, x, 0, x) + (y, 0, y, −y) = x(0, 1, 0, 1) + y(1, 0, 1, −1), x, y ∈ R.

La famille G = {(0, 1, 0, 1), (1, 0, 1, −1)} est donc génératrice de F. Cette famille est clairement libre, donc
c’est une base de F.
Base de F ∩ G. Pour déterminer F ∩ G, on se donne un vecteur v = (a + b, a − b, a, 0) de F et l’on cherche
des conditions (nécessaires et suffisantes) portant sur a et b pour que v soit aussi dans G, c’est-à-dire pour qu’il
existe des réels x et y tels que (y, x, y, x −y) = (a+b, a−b, a, 0). Écrivons cette égalité sous forme d’un système :


 y = a+b


x = a−b



 y=a


x−y = 0

On tente alors de résoudre le système en x, y (pour ne pas s’y perdre, on peut penser ainsi : on s’est donné a et
b , donc on cherche x et y). Pour cela, on échelonne le système :

x − y = 0


(`4 )

y=a (`3 )




 y = a−b (`2 − `4 )


y = a+b (`1 )

puis 

x−y =0


y =a




 0 = −b (`3 − `2 )


0=b (`4 − `2 )

qui s’écrit finalement simplement 



x−y =0

y =a


0=b

3
Maintenant que le système est échelonné, on voit qu’il admet des solutions (x, y) si et seulement si l’équation
(de compatibilité) 0 = b est satisfaite. Donc v = (a + b, a − b, a, 0) appartient à G si et seulement si b = 0. Les
élements de F ∩ G sont les vecteurs de la forme v = (a, a, a, 0) = a(1, 1, 1, 0) et l’on en déduit qu’une base de
F ∩ G est {(1, 1, 1, 0)}.
Base de F + G. L’espace vectoriel F + G est l’ensemble des vecteurs qui peuvent s’écrire f + g avec f ∈ F
et g ∈ G. Soient { f1 , f2 , . . . , fn } une base de F et {g1 , g2 , . . . , gm } une base de G. Les vecteurs f ∈ F sont les
combinaisons linéaires des fi , f = λ1 f1 + λ2 f2 + · · · λn fn , tandis que les vecteurs g ∈ G sont les combinaisons
linéaires des g j , g = µ1 g1 + µ2 g2 + · · · µm gm , donc les éléments de F + G sont les vecteurs de la forme λ1 f1 +
λ2 f2 + · · · λn fn + µ1 g1 + µ2 g2 + · · · µm gm . On retiendra donc que la réunion de ces deux bases engendre F + G.
La méthode pour déterminer une base de F + G en découle : on choisit une base de F et une base de G, par
exemple F = {(1, 1, 1, 0), (1, −1, 0, 0)} et G = {(0, 1, 0, 1), (1, 0, 1, −1)} et l’on écrit que
       
1 1 0 1
       
1 −1 1  0 
F + G = Vect 1 ,  0  , 0 ,  1 
       
       
0 0 1 −1
(Je prends le parti d’écrire les vecteurs en colonne afin d’y voir plus clair.) Maintenant, sachant que l’espace
vectoriel engendré par une famille de vecteurs est inchangé si l’on ajoute à l’un d’eux une combinaison linéaire
des autres ou si l’on multiplie l’un d’eux par un scalaire non nul, on effectue de telles manipulations jusqu’à
ce que la famille génératrice soit “devenue” libre. Je me concentre d’abord sur la première coordonnée des
vecteurs, et je vais utiliser celle du premier vecteur pour mettre à 0 celles des autres :
 
             
 1 0 0 0  1 0 0
              
1 2 1 1  1 1 2
F + G = Vect  1 , 1 , 0 , 0  = Vect 1 , 0 , 1
             
              
 
0 0 1 1 0 1 0
−v2 +v1 −v4 +v1

À partir de maintenant, je ne touche plus au premier vecteur et j’utilise le second comme “pivot” pour mettre à
0 la seconde coordonnée du dernier vecteur :
 
     
 1
  0  0 

1 1  0 
F + G = Vect   ,   ,  
     
1 0  1 
 
 0 1 −2 
v3 −2v2

La famille obtenue est maintenant clairement libre (écrivez la condition, vous verrez !) et engendre F + G, donc
c’est une base de F + G.
2) Équations de F. La question à laquelle on veut répondre ici est : à quelles conditions (portant sur x, y, z,t) un
vecteur v = (x, y, z,t) est-il dans F ? Par définition de F, ceci se produit si et seulement si il existe des nombres
réels a et b tels que (x, y, z,t) = (a + b, a − b, a, 0), condition qui s’écrit sous forme de système :


 a+b =x


a − b

=y


a =z


0=t

4
Comme la question porte sur l’existence de tels a et b, je choisis la présentation sous forme d’un système dont
x, y, z,t sont les données et a, b les inconnues. Et la question est donc de savoir à quelle condition ce système a
des solutions. (Ce choix de présentation est arbitraire, mais peut vous aider à mieux comprendre ce que vous
êtes en train de faire.) On essaie donc de résoudre le système en l’échelonnant. Il devient :


 a+ b =x


2b = x − y (`1 − `2 )




 b = x−z (`1 − `3 )


0=t

Puis 

a+ b =x


2b = x−y




 0 = x + y − 2z (2`3 − `2 )


0=t

Le système étant maintenant échelonné, on voit qu’il possède des solutions (a, b) si et seulement si les équations
de compatibilité 0 = x + y − 2z et 0 = t sont satisfaites. Autrement dit, le vecteur v = (x, y, z,t) appartient à F si
et seulement si (
x + y − 2z =0
t =0
Remarque : on constate que F = P × {0} où P est le plan d’équation x + y − 2z = 0 dans R3 ; on retrouve bien
le fait que F est de dimension 2.
Équations de G. Pour obtenir les équations de G on va utiliser une autre méthode. (Mais ça vaut le coup de
trouver les équations de G comme on l’a fait pour F, donc entraînez-vous. C’est bien de maitriser les deux
méthodes.) L’idée est de tirer profit du résultat (très simple) suivant : soit {g1 , g2 , . . . , gn } une base d’un sev G ;
un vecteur v appartient à G si et seulement si la famille {g1 , g2 , . . . , gn , v} est liée 1 On utilise ce résultat de la
façon suivante : on se donne une base de G, par exemple {g1 , g2 } avec g1 = (1, 0, 1, −1) et g2 = (0, 1, 0, 1) (cf
question 1), et un vecteur v = (x, y, z,t) quelconque. On considère alors
     
1 0 x
     
 0  1 y
H = Vect 
 1  , 0 , z
     
     
−1 1 t

et l’on “échelonne” la famille comme lorsqu’on cherche une base. On obtient successivement
 
     
 1 0 0 
     
 0  1  y 
 1  , 0 , z − x
H = Vect       
     
−1
 
1 t +x
v3 −xv1

1. En effet, si v est dans G, alors il s’écrit comme une combinaison linéaire des vecteurs g1 , g2 , . . . , gn , donc la famille
{g1 , g2 , . . . , gn , v} est liée. Réciproquement, si la famille {g1 , g2 , . . . , gn , v} est liée, alors il existe des scalaires λ1 , λ2 , . . . , λn et µ,
non tous nuls, tels que λ1 g1 + λ2 g2 + · · · + λn gn + µv = 0. Or, il n’est pas possible que µ = 0, sinon on aurait λ1 = λ2 = · · · = λn = 0
aussi puisque la famille {g1 , g2 , . . . , gn } est libre. Comme µ 6= 0, on peut donc écrire v = − λµ1 g1 − λµ2 g2 − · · · − λµn gn , donc v appartient
à G.

5
puis  
     
 1
  0  0 

 0  1  0 
H = Vect  , ,
 
 1  0  z − x 
     

 −1 1 t +x−y 
v3 −yv1

Maintenant, on voit que cette nouvelle famille génératrice de H est liée si et seulement si le troisième vecteur
est nul, c’est-à-dire ssi 
z − x = 0
t + x − y = 0

Autrement dit cette condition est nécessaire et suffisante pour que la dimension de H soit < 3, donc pour que la
famille initiale soit liée. Il s’agit donc des conditions d’appartenance de v = (x, y, z,t) à G, qu’on appelle aussi
équations de G.
Équations de F ∩ G. Pour obtenir les équations de F ∩ G, il suffit de mettre ensemble les équations de F et
celles de G, puis d’échelonner pour en extraire des équations en nombre minimal. Comme on connaît une base
de F ∩ G, on peut aussi utiliser la méthode de la question précédente. Faisons-le ainsi : la famille constituée
uniquement du vecteur (1, 1, 1, 0) est une base de F ∩ G. Un vecteur v = (x, y, z,t) appartient à F ∩ G si et
seulement si la famille {(1, 1, 1, 0), (x, y, z,t)} est liée. Considérons
 
       
1 x  1 0 
       
1 y 1 y − x
H = Vect 1 , z = Vect 1 , z − x 
       
       
 
0 t 0 t
v2 −xv1

On voit que dim H < 2 ssi 


y − x = 0



z−x = 0


t = 0

Ce sont donc les équations de F ∩ G.


Équations de F + G. J’utilise la même méthode que dans les deux questions précédentes à partir de la base de
F + G trouvé dans la question 1. Je considère donc
 
               
1 0 0 x  1 0 0 0 
               
1 1  0  y 1 1  0  y − x
H = Vect 1 , 0 ,  1  , z = Vect 1 , 0 ,  1  , z − x 
               
               
−2 −2
 
0 1 t 0 1 t
v4 −xv1
   
               
 1
  0  0   0 
 1
  0  0   0
 
 
1 1  0   0  1 1  0   0 
= Vect   ,   ,   ,   = Vect   ,   ,   , 
         
1 0  1   z − x   1 0  1  
       0 
   
 0 1 −2 t −y+x   0 1 −2 t − y − x + 2z 
v4 −(y−x)v2 v4 −(z−x)v3

6
La dimension de H est < 4 ssi t − y − x + 2z = 0. C’est l’équation de F + G.

Exercice 4 – Soit H le sous-espace vectoriel de R3 engendré par les vecteurs u = (1, 2, 3) et v = (3, 2, 1).
1) Vérifier que u et v ne sont pas colinéaires, en déduire la dimension de H.
2) Montrer que H est aussi engendré par u0 = (1, 1, 1) et v0 = (0, 1, 2).
3) Montrer que B = (u, v) et B 0 = (u0 , v0 ) sont deux bases de H.
4) Soit w ∈ H de coordonnées (x, y) dans B et (x0 , y0 ) dans B 0 . Calculer (x, y) en fonction de (x0 , y0 ), puis (x0 , y0 )
en fonction de (x, y).
Solution : 1) On vérifie facilement que la famille {u, v} est libre. La dimension de H = Vect(u, v) est donc
égale à 2.
2) On cherche à exprimer u0 et v0 en fonction de u et v et réciproquement. En examinant un peu les vecteurs on
constate que 
u = u0 + v0
v = 3u0 − v0

Cela montre que u et v sont des combinaisons linéaires de u0 et v0 , donc appartiennent à Vect(u0 , v0 ), d’où
l’inclusion Vect(u, v) ⊂ Vect(u0 , v0 ). Réciproquement, à partir du système précédent, on obtient

u0 = 1 u + 1 v
4 4
v0 = 3 u − 1 v
4 4

On en déduit que u0 et v0 sont dans Vect(u, v), donc que Vect(u0 , v0 ) ⊂ Vect(u, v). D’où l’égalité.
3) On sait déjà que la famille B est libre et génératrice de H, donc est une base de H. De plus, on a démontré
que la famille B 0 était aussi génératrice de H. Comme son cardinal est égal à la dimension de H, il s’agit
nécessairement d’une base de H.
4) Dire que (x, y) sont les coordonnées de w dans la base B signifie que w = xu + yv. En utilisant les relations
du premier système ci-dessus, on obtient

w = x(u0 + v0 ) + y(3u0 − v0 ) = (x + 3y)u0 + (x − y)v0 ,

donc les coordonnées (x0 , y0 ) de w dans la base B 0 sont données en fonction de (x, y) par

x0 = x + 3y
y0 = x − y

En inversant le système on trouve 


x = 1 x0 + 3 y0
4 4
y = 1 x0 − 1 y0
4 4

Exercice 5 – On se place dans l’espace vectoriel des fonctions réelles dérivables sur R.
1) Montrer que les quatres fonctions f1 , . . . , f4 définies par les formules suivantes sont linéairement indépen-
dantes : f1 (x) = 1, f2 (x) = sin x, f3 (x) = cos 2x, f4 (x) = sin 3x.
2) 1, sin 2x, (sin x)2 sont-elles linéairement indépendantes ?
3) 1, cos 2x, (sin x)2 sont-elles linéairement indépendantes ?
4) Pour a ∈ R, on note fa (x) = eax . Montrer que fa et fb sont linéairement indépendantes ssi a et b sont distincts.

7
Solution : 1) On commence par se remémorer que l’élément neutre pour l’addition des fonctions est la fonction
nulle. Soient λ1 , λ2 , λ3 , λ4 des nombres réels tels que λ1 f1 + λ2 f2 + λ3 f3 + λ4 f4 = 0, c’est-à-dire tels que

λ1 + λ2 sin x + λ3 cos(2x) + λ4 sin(3x) = 0

pour tout x ∈ R. En choisissant successivement pour x les valeurs 0, π/2, π/4, −π/4, on obtient le système


 λ1 + λ3 =0


 λ1 + λ2 − λ3 − λ4 = 0



 2λ1 + λ2 + λ4 = 0




2λ1 − λ2 − λ4 = 0

dont on voit facilement qu’il a pour unique solution λ1 = λ2 = λ3 = λ4 = 0. Donc les fonctions f1 , f2 , f3 , f4
sont linéairement indépendantes.
2) Soient α, β , γ des nombres réels tels que α + β sin(2x) + γ sin2 x = 0 pour tout x ∈ R. En choisissant succes-
sivement pour x les valeurs 0, π/2, π/4, on obtient le système


 α =0

α + γ =0


α + β + 12 γ = 0

dont on voit immédiatement qu’il a pour unique solution α = β = γ = 0. Donc les fonctions 1, sin(2x), sin2 x
sont linéairement indépendantes.
3) On sait que cos(2x) = cos2 x − sin2 x = 1 − 2 sin2 x. On a une relation a × 1 + b cos(2x) + c sin2 x = 0 valable
pour tout x en prenant a = 1, b = −1, c = −2. Donc les trois fonctions ne sont pas linéairement indépendantes.
4) On se donne deux nombres réels distincts a et b. Soient α et β des scalaires tels que α fa + β fb = 0, c’est-
à-dire tels que αeax + β ebx = 0 pour tout x ∈ R. Si β 6= 0, alors on peut mettre l’identité précédente sous la
forme e(b−a)x = −α/β qui implique que la fonction x 7→ e(b−a)x est constante, ce qui est absurde ; donc β = 0.
On montre de la même manière que α = 0, donc les fonctions fa et fb sont linéairement indépendantes.
Si a = b, les fonctions fa et fb sont égales, donc ne sont pas linéairement indépendantes. L’équivalence deman-
dée est donc démontrée.

Exercice 6 – Déterminer une base et la dimension du sous-espace vectoriel V de R4 formé des (x, y, z,t) tels
que 

 9x + 13y + 30z + 19t = 0

8x + 9y + 19z + 22t = 0


x − y − 4z + 7t = 0

Solution : On commence par échelonner le système :




 x − y − 4z + 7t = 0 (`3 )

22y + 66z − 44t = 0 (`1 − 9`3 )


17y + 51z − 34t = 0 (`2 − 8`3 )

En divisant la deuxième ligne par 22 et la troisième par 17, on constate qu’il s’agit de la même équation. Le
système s’écrit donc (
x − y − 4z + 7t = 0
y + 3z − 2t = 0

8
Les variables en tête de ligne, donc x et y ici, sont dites “liées”. Les autres, z et t, sont dites “libres”. Le nombre
de variables libres donne la dimension du sous-espace, car on voit bien que x et y peuvent s’exprimer en fonction
de z et t. En effet, le système peut s’écrire :
(
x − y = 4z − 7t
y = −3z + 2t

et se résout en 
x = z − 5t
y = −3z + 2t.

Les éléments de V sont donc les vecteurs de R4 de la forme

(z − 5t, −3z + 2t, z,t) = z(1, −3, 1, 0) + t(−5, 2, 0, 1),

avec z,t ∈ R. On en déduit que la famille {(1, −3, 1, 0), (−5, 2, 0, 1)} est génératrice de V . Comme elle est
clairement libre (regardez les 2 dernières coordonnées de chaque vecteur), c’est une base de V .

Exercice 7 – (Polynôme d’interpolation de Lagrange)


On s’intéresse à la question suivante : étant donné n points du plan dont les abscisses sont deux à deux distinctes,
existe-il un polynôme de degré le plus petit possible dont le graphe passe par ces points ?
On se propose de répondre à cette question dans le cas n = 3. Dans K = R, C ou Q, on se donne a, b, c distincts
deux à deux, et on considère les polynômes A = (X−b)(X−c) (X−c)(X−a) (X−a)(X−b)
(a−b)(a−c) , B = (b−c)(b−a) , C = (c−a)(c−b) .
1) Montrer que F = {A, B,C} est une base de K2 [X].
2) Soit P ∈ K2 [X], déterminer les coordonnées de P dans F en fonction de P(a), P(b), P(c).
3) Déterminer un polynôme de R2 [X] tel que P(0) = 3, P(1) = −2, P(2) = 5. Ce polynôme est-il unique ?
Solution : 1) Les polynômes A, B,C sont bien des polynômes de degré 2 à coefficient dans K. On constate
qu’ils sont construits de façon à valoir 1 à l’abscisse qui porte le même nom que le polynôme et 0 aux deux
autres abscisses. Par exemple, on a A(a) = 1 et A(b) = A(c) = 0.
Soient α, β , γ des scalaires tels que αA + β B + γC = 0. En évaluant successivement cette identité en a, b et c,
on obtient directement α = 0, β = 0 et γ = 0. Donc la famille F est libre. Comme son cardinal est égal à la
dimension de K2 [X] c’est une base de K2 [X].
2) D’après la question 1, tout élément P de K2 [X] s’écrit de façon unique sous la forme P = αA + β B + γC,
avec α, β , γ ∈ K. En utilisant la même technique qu’à la question 1, on récupère facilement les coordonnées
α, β , γ. En effet, en évaluant la relation en a, on obtient

P(a) = αA(a) + β B(a) + γC(a) = α × 1 + β × 0 + γ × 0 = α.

De même, en évaluant en b puis en c, on trouve que β = P(b) et γ = P(c). Donc finalement, tout polynôme de
K2 [X] s’écrit explicitement P = P(a)A + P(b)B + P(c)C.
3) Ici on travaille avec a = 0, b = 1 et c = 2. D’après ce qu’on a vu dans la question précédente, un polynôme P
de R2 [X] vérifiant P(a) = 3, P(b) = −2, P(c) = 5 s’écrit nécessairement P = 3A − 2B + 5C. Il est donc unique
dans R2 [X].

Exercice 8 – Dans R2 [X], soient P = 1 + 6X − 4X 2 , Q = 3 + 2X + 4X 2 , R = 1 − X + 4X 2 , S = 1 + 3X − 2X 2 .


On pose F = Vect(P, Q), G = Vect(R, S).
1) Déterminer une base puis des équations en nombre minimal dans la base canonique de R2 [X] pour F et G.

9
2) Déterminer une base de F ∩ G.
3) Que peut-on dire de F + G ?
Solution : Travailler avec les composantes dans la base canonique (1, X, X 2 ) permet d’identifier R2 [X] avec
R3 . Par cette identification (isomorphisme grogna Chaboudo qui aimait la précision) P devient le vecteur
(1, 6, −4), Q devient (3, 2, 4), R devient (1, −1, 4) et S devient (1, 3, −2). On effectue les calculs dans R3 (sur
les composantes donc) puis on ramène les résultats dans R2 [X] par l’isomorphisme réciproque.
1) Pour déterminer le sev F = Vect(P, Q) de R2 [X], on détermine le sev de R3 suivant

   
           
1 3  1 0   1 0 
       
 6  −16
Vect  6  , 2 = Vect  , = Vect  6  −1
,
      
−4 4 −4 16 −4 1
   
c2 −3c1 c2 −3c1
 
  
 1 0 
   
= Vect 1, −1


1 1
 
c1 +5c2

(la dernière étape n’est pas indispensable mais me permet de travailler avec un vecteur plus “simple”.) La
dernière famille est clairement libre donc c’est une base du sev engendré. En revenant aux polynômes, on en
déduit qu’une base de F est {1 + X + X 2 , −X + X 2 }. On cherche maintenant les équations de F dans la base
canonique. Comme d’habitude, maintenant qu’on dispose d’une base, on procède ainsi :
   
                 
1 0 x  1 0 0   1
 0 0 

 
Vect 1 , −1 , y = Vect  1 , −1 , y − x = Vect 1 , −1 , 0
                 
             
 
1 1 z 1 1 z−x  1 1 y + z − 2x 
 
c3 −xc1 c3 +(y−x)c2

On voit que la famille est liée si et seulement si y + z − 2x = 0. C’est l’équation du sous-espace F.


On fait de même pour le sev G = Vect(R, S) de R2 [X]. On détermine le sev de R3 suivant

   
           
1 1  1 0   1 0 
       
Vect −1 ,  3  = Vect 
−1 ,  4  = Vect −1 ,  2 
      
4 −2 4 −6 4 −3
   
c2 −c1
 
  
 1 0 
   
= Vect 1,  2 


1 −3
 
c1 +c2

La dernière famille est clairement libre donc c’est une base du sev engendré. En revenant aux polynômes, on
en déduit qu’une base de G est {1 + X + X 2 , 2X − 3X 2 }. On cherche maintenant les équations de G dans la base

10
canonique :
   
                 
1 0 x  1 0 0   1
 0 0 

     
1  2  y − x
Vect 1 ,  2  , y = Vect  , , = Vect ,
1  2   , 0
              

 
1 −3 z 1 −3 z−x  1 −3 3y + 2z − 5x 
 
c3 −xc1 2c3 −(y−x)c2

On voit que la famille est liée si et seulement si 3y + 2z − 5x = 0. C’est l’équation du sous-espace G.


2) On dispose des équations de F et de G, donc on a immédiatement les équations de F ∩ G. Il s’agit du système
(
y + z − 2x = 0
3y + 2z − 5x = 0

qui s’échelonne en une étape en 


(
y + z − 2x = 0 y = z

−z+ x = 0 x = z

Les éléments de F ∩ G sont donc les polynômes de la forme z + zX + zX 2 = z(1 + X + X 2 ), z ∈ R. Donc une
base de F ∩ G est {1 + X + X 2 }.
3) D’après un théorème du cours on a

dim(F + G) = dim F + dim G − dim(F ∩ G) = 2 + 2 − 1 = 3.

Comme l’espace vectoriel ambient R2 [X] est de dimension 3, on a nécessairement F + G = R2 [X].

Exercice 9 – Soient u = (1, 2, 3, 4) et v = (1, −2, 3, −4).


1) Existe-t-il x, y ∈ R tels que (x, 1, y, 1) ∈ Vect(u, v) ?
2) Existe-t-il x, y ∈ R tels que (x, 1, 1, y) ∈ Vect(u, v) ?
Solution : Avant toute chose, on cherche une base de V = Vect(u, v). En échelonnant le plus simplement
possible, on trouve que la famille {(1, 2, 3, 4), (0, 1, 0, 2)} est une base de V (donc pour des raisons de dimension,
la famille {u, v} initiale est aussi une base, mais on va plutôt utiliser la nouvelle famille qui a le mérite d’être
échelonnée). Maintenant on cherche les équations 2 de V . Pour ce faire, on considère
   
                 
1 0 a  1 0 0   1
  0  0 

           
2 1 b 2 1 b − 2a 
 2 1  0 
H = Vect   ,   ,   = Vect   ,   , 
                = Vect   , 
  , 

3 0  c  3 0  c − 3a  3 0  c − 3a 
     
 
d − 4a d − 2b 
 
4 2 d 4 2  4 2
c3 −ac1 c3 −(b−2a)c2

Le vecteur (a, b, c, d) appartient à V si et seulement si dim H < 3 donc, d’après le calcul ci-dessus, si et seule-
ment si c − 3a = 0 et d − 2b = 0.
1) Il n’existe pas x, y tels que (x, 1, y, 1) appartienne à V puisque l’équation d = 2b n’est pas satisfaite (on a
b = d = 1).
2) Le vecteur (x, 1, 1, y) satisfait les équations de V si et seulement si 1 − 3x = 0 et y − 2 = 0. Il n’y a donc qu’un
seul vecteur de cette forme dans V , le vecteur (1/3, 1, 1, 2).
2. s’il n’y avait que la question 1 à traiter, on pourrait aller plus vite en ne considérant que les vecteurs de la forme demandée, mais
comme il y a deux questions de ce type à traiter, on n’aura plus vite fait de calculer les équations générales de V

11
Exercice 10 – (Carrés magiques)
On appelle carré magique de taille 3 × 3 et de somme S, une matrice M ∈ Mat3,3 (R) de la forme
 
a1 a2 a3
M = a4 a5 a6 
 

a7 a8 a9
telle que la somme des réels de chaque ligne, la somme des réels de chaque colonne, la somme des réels de
chaque diagonale, soient égales à S.
Le but de cet exercice est de trouver un procédé de fabrication de tous les carrés magiques.
1) Montrer que tout carré magique de somme S a pour coefficient central a5 = S3 .
2) Trouver un carré magique de somme 3.
3) Montrer que l’ensemble des carrés magiques est un sous-espace vectoriel noté E de Mat3,3 (R).
4) Montrer que tout carré magique de somme 0 est défini par la donnée de ses coefficients a1 et a3 . Montrer que
les carrés magiques de somme 0 forment un sous-espace vectoriel E0 de E. Trouver une base de E0 .
5) Donner une base de E.

Solution : 1) La somme de la ligne du milieu plus la colonne plus les deux diagonales donne 4S. Or, en
effectuant cette opération on a sommé tous les coefficients une fois, sauf le terme central a5 que l’on a compté
4 fois, donc le résultat doit être égal à la somme de tous les coefficients plus 3a5 , c’est-à-dire 3S + 3a5 . De
l’égalité 4S = 3S + 3a5 on tire immédiatement que a5 = S/3. Si vous n’êtes pas convaincu par ces affirmations,
on peut poser le calcul :

4S = (a4 + a5 + a6 ) + (a2 + a5 + a8 ) + (a1 + a5 + a9 ) + (a3 + a5 + a7 )


= a1 + a2 + a3 + a4 + 4a5 + a6 + a7 + a8 + a9
= (a1 + a2 + a3 ) + (a4 + a5 + a6 ) + (a7 + a8 + a9 ) + 3a5
= 3S + 3a5 .

2) La matrice  
1 1 1
C3 = 1 1 1
 

1 1 1
est un carré magique de somme 3.
3) Soient  
a1 a2 a3
M = a4 a5 a6 
 

a7 a8 a9
un carré magique de somme S,  
b1 b2 b3
N = b4 b5 b6 
 

b7 b8 b9
un carré magique de somme T , et soit λ ∈ R. Alors
 
λ a1 + b1 λ a2 + b2 λ a3 + b3
λ M + N = λ a4 + b4 λ a5 + b5 λ a6 + b6 
 

λ a7 + b7 λ a8 + b8 λ a9 + b9

12
est clairement un carré magique de somme λ S + T , donc un carré magique tout court. En effet, si on calcule
par exemple la somme des coefficients de la première ligne, on obtient

(λ a1 + b1 ) + (λ a2 + b2 ) + (λ a3 + b3 ) = λ (a1 + a2 + a3 ) + (b1 + b2 + b3 ) = λ S + T,

et il est évident que la même chose se produit sur chaque ligne, chaque colonne et les deux diagonales. L’en-
semble E des carrés magiques est donc bien un sev de Mat3,3 (R).
4) Le raisonnement précédent montre en particulier que si M est un carré magique de somme S = 0 et N est un
carré magique de somme T = 0, alors λ M + N est un carré magique de somme λ S + T = 0. L’ensemble E0 est
donc bien un sev de E.
Déterminons maintenant la forme des éléments de E0 . Soit M un élément de E0 . D’après la question 1, son
coefficient central a5 vaut 0, donc la matrice s’écrit
 
a1 a2 a3
M = a4 0 a6 
 

a7 a8 a9

Comme la somme des coefficients de la ligne du milieu doit valoir 0, il en résulte que a6 = −a4 . En raisonnant
de même sur la colonne du milieu et les deux diagonales, on voit que M s’écrit
 
a1 a2 a3
M =  a4 0 −a4 
 

−a3 −a2 −a1

Enfin, la condition que la première et la troisième lignes, ainsi que la première et la troisième colonnes soient
de somme nulle impose a2 = −a1 − a3 et a4 = −a1 + a3 . Donc M s’écrit finalement
 
a1 −a1 − a3 a3
M = −a1 + a3 0 a1 − a3 
 

−a3 a1 + a3 −a1

Il est clair qu’une telle matrice est un carré magique de somme 0 quels que soient les réels a1 et a3 , donc nous
avons trouvé la forme générale des éléments de E0 . En décomposant cette matrice de la façon suivante
   
1 −1 0 0 −1 1
M = a1 × −1 0 1  +a3 × 1 0 −1
   

0 1 −1 0 1 0
| {z } | {z }
=M1 =M2

on constate que les matrices M1 et M2 ci-dessus (qui sont bien des éléments de E0 ) forment une famille généra-
trice de E0 . Comme cette famille est clairement libre, on en déduit que c’est une base de E0 .
5) Soit maintenant M un carré magique de somme S quelconque. La matrice M − (S/3)C3 est un carré magique
de somme S − (S/3) × 3 = 0, c’est-à-dire un élément du sev E0 , donc il existe α et β tels que M − (S/3)C3 =
αM1 + β M2 . Il en résulte que M = αM1 + β M2 + (S/3)C3 et cela montre que la famille {M1 , M2 ,C3 } est
génératrice de E. Comme la famille {M1 , M2 } est libre et que C3 (qui est un carré magique de somme 3)
n’appartient pas à l’espace E0 engendré par M1 et M2 , la famille {M1 , M2 ,C3 } est libre. C’est donc une base
de E.

13

Vous aimerez peut-être aussi