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Chapitre II: Systèmes quantiques

1
Plan
• I- équation de Schrödinger
• II- Applications à des systèmes simples

2
I- équation de Schrödinger
1- obtention de l’équation de Schrödinger
En 1925 Erwin Schrödinger propose la mécanique ondulatoire

Il a donc besoin d’une équation d’onde

Par analogie avec l’électromagnétisme pour les champs E et B



 
 x 
  E   c 2   B   
 , où  
  
t  B      E    y 

 
 z 
“Where did we get that from? It's not possible to derive it from anything
you know. It came out of the mind of Schrödinger.”—Richard Feynman 3
- Avec les hypothèse de De Broglie:

E  p k
Et le fait que la fonction d’onde de De Broglie est solution de cette équation:

 (r , t )   0 e i ( k  r  wt )
  0e i ( p r  Et ) / 

pour une particule libre d’énergie:

p2
E
2m

4
On devrait donc avoir une équation du type:

 ( r , t )
 F ( )
t
 i ( k r wt ) i ( k r wt )
( 0e )  i 0e
t
 k 2
 ( )  i  i 
t 2m
Or pour le gradient et le Laplacien on a:

(eikr )  ikeikr , (eikr )  k 2eikr


5
Donc on obtient comme possibilité simple pour F:


F ( )  i 
2m

 2
Ce qui donne l’équation: i  
t 2m
C’est l’équation de Schrödinger pour une particule libre:

Qu’on peut généraliser au cas ou la particule est soumise à une


force qui dérive d’un potentiel:
V (r, t )
p2
L’énergie totale sera dans ce cas : E   V (r , t )
2m

L’équation de Schrödinger devient:  2


i    V ( r , t )
t 2m
6
Commentaires:

- Le facteur « i » (i2=-1) implique que les solutions sont des fonctions complexes

- l’ES est de premier ordre par rapport au temps: si on connait la fonction


d’onde à un instant donné t0, =0, on peut la déterminer à t>0

- L’ES est linéaire: toute combinaison linéaire de solutions est aussi solution

si ψ1( x, t )e t ψ 2( x, t )so l u t i o ns

ψ ( x,t ) c 1ψ1( x, t ) c 2ψ2( x, t )


e st a u ssiso l u t i o n 2
- On doit aussi avoir la condition de normalisation
  ( r , t ) d 3
r 1
7
2- Courant de probabilité:
2
d d
  (r , t ) d r  (1)  0
3
dt dt
Pour simplifier on prend une dimension:

d  d   d
(  )   
dt dt dt

d 2 d 2 d  2 d 2  
avec: i    V ,  i     V
dt 2m dx2 dt 2m dx2

  d 2     d 2 i
V 
d i
(  )  i   V   i  
dt 2m dx 2  2m dx 2 
 d 2    d 2   d 2 d 2 
 i  i  i (  )
2m dx 2 2m dx 2 2m dx 2 dx 2
8
   
( 
d d d
i  )
2m d x dx dx

On définit ainsi la densité du courant de probabilité:


 d d 
J ( )  (  )
2im dx dx

2
d  dJ ( ) Équation de continuité
 0
dt dx
Qu’on peut généraliser à 3 dimensions
2
d  
  J  0, où J  (       )
dt 2im

Par analogie avec l’électromagnétisme

d
  J  0, où J  v
dt
9
Considérons une surface fermée S délimitant un volume V on obtient:

2
d
 d 3r     J d 3r  S J  d S
V dt V

Le flux de J au travers la surface S est la probabilité que la particule


traverse cette surface par unité du temps

L’appellation « courant de probabilité est évidente

Si on prend tout l’espace on a


2

  ( r , t ) d 3
r 1  S J  d S  0

Le courant de probabilité devrait à travers une surface infiniment grande doit être nul
10
3- Equation indépendante du temps

Souvent le potentiel ne dépend pas du temps: V (r , t )  V ( r )

Solutions de type:  (r, t )   (r ) (t )

En remplaçant dans l’équation de Schrödinger:

 (t ) 2
i  ( r )   (t ) (r )  V (r ) (r ) (t )
t 2m

À une dimension pour simplifier on a :

 (t ) 2 d2
i ( x)   (t ) 2  ( x)  V ( x) ( x) (t )
t 2m dx
11
1  (t ) 2 1 d 2
i   ( x)  V ( x)
 (t ) t 2m  ( x) dx2

Indépendant de x Indépendant de t

Donc les deux membres sont indépendants de x et t

1  (t ) 2 1 d 2
i E    ( x)  V ( x )
 (t ) t 2m  ( x) dx2

E est l’énergie totale du système

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Solution du membre gauche de l’égalité:

1 d (t ) d(t ) iE
i E   dt
 (t ) dt (t ) 

iE
 t A est une constante on le prend A=1
 (t )  Ae 

iE
 t (1)
 ( x, t )   ( x) (t )   ( x)e 

2 d 2
E ( x)   2
 ( x)  V ( x) ( x) (2)
2m dx
Équation de Schrödinger
indépendante du temps
Ce type de solutions sont dites états stationnaires 13
La densité de probabilité ne varie pas au cours de temps:

2 2 2
iEt /   iEt /  iEt /   
 ( x, t )   ( x)e   ( x )e  ( x )e   ( x) ( x)   ( x,0) ( x,0)   ( x,0)

Supposons qu’on a toutes les solutions possibles n  En

Alors la solution de l’équation originale sera  n  n e iE nt / 

Et plus généralement    cn n   cnneiE nt / 


n n

14
4- Conditions aux limites dans le cas d’un potentiel discontinu

Si on prend un potentiel continu V(x) tel que:

- Dans un intervalle: x1   , x1   


on suppose que V(x) subit une variation rapide entre deux
valeurs VG et VD et reste ainsi borné

- Intégrant l’équation de Schrödinger indépendante du temps:

2
x1  d
 ( x)dx 
2m x 
x  x1 (V ( x)  E ) ( x)
1 dx 2 2 1

Où on considère que la fonction d’onde est de carré sommable et bornée, et

15
Lorsque l’intervalle 2ε sur lequel le potentiel varie entre VG et VD tend vers 0 , ψ
étant bornée, l’intégrale à droite tend vers 0

d d
lim (  ( x1   )   ( x1   ))  0
 0 d x dx

La dérivée φ’(x) est La fonction d’onde φ(x) est aussi


continue en x1 continue en x1

VD

VG

x1
x1
ε 0 Potentiel carré
Potentiel réel
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5- Mesure de la position et de l’impulsion

L’interprétation probabiliste de la fonction d’onde implique que la position et


l’impulsion ne peuvent être obtenu qu’en moyenne:

2  2
r    rd 3r   r  d 3r , p   p d 3 p   p  d3p

Suivant la direction x on a par exemple:

2 3  2
3
x  xd r   x  d r , p x   p x d 3 p   p x  d3p

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La dispersion des résultats de mesure sera caractérisé par un certain écart type,
que l’on appelle l’écart quadratique moyen

On a l’habitude de considérer séparément les écarts suivant chaque direction

2
- Sur la position suivant la direction x: (x)2  x 2  x

2 p 2  p 2
- Sur l’impulsion suivant la direction px: ( p x ) x x

Plus ces écarts sont faibles, meilleur est la localisation ou la définition de


l’impulsion de la particule

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II- Applications à des systèmes simples:
- On se limitera à des exemples de potentiels simples et qui sont
importants en applications
- Ceci permet de construire des solutions exactes de l’équation de
Schrödinger indépendante du temps

-Obtenir explicitement la quantification de l’énergie

Exemples: 2- puits de potentiel


1- marche de potentiel

3- barrière de potentiel
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1-Etude d’une particule dans un puits de potentiel infini
V=0 si a < x < 0
Le potentiel dans ce cas est donné par:
V=infini sinon
V

La particule ne peut pas se


trouver dans la région ou V est
infini, car elle aurait alors une
énergie infinie. Sa densité de
probabilité de présence doit V=infini V=0 V=infini
donc y être nulle et l’on a :

 ( x)  0, si x  a, x  0 0 a x

Il faut donc résoudre l’équation de Schrödinger suivante pour 0<x<a:

d2 2m
 ( x)  E ( x )  0
dx 2  2
20
Les solutions de cette équation sont de la forme

1  A1 co skx, 2  A2 sin kx, o ù k 2  2mE


2

Donc une solution générale est donnée par combinaison générale de ces deux solutions

 ( x)  A1 cos kx  A2 sin kx

Pour déterminer les constantes A1 et A2 Il faut utiliser les conditions aux limites

Au point x=a
Au point x=0 0   (0)  A1 cos(ka)  A2 sin( ka)  A2 sin( ka)
0   (0)  A1 cos(0)  A2 sin( 0)  A1

A2 est non nul sinon on aura une fonction d’onde nulle partout (non physique)
21

sin (ka)  0 k  kn  n , a vec n  1,2,.......
a

n=0 correspond à k=0 et donc φ(x)=0 ce qui est à éliminer.

( kn ) 2 n 2 2 2
n ( x)  A2 sin kn x, où En  
2m 2ma 2

L’énergie est quantifiée: elle dépend d’un entier n

Il reste à déterminer la constante A2 : On utilise la normalisation de φn


2
2 ( n x ) d x
a 2a 2a
   2 
 n dx 1 A2  [sin ( k n x )] dx A2  sin
0 0 0 a

1 2 a 2
on a sin 2 ( x )  (1  cos( 2 x ))  A2  1  A2 
2 2 a
22
On a finalement:

2 n n 2 2 2
n ( x )  sin( x), et En  ; n  1,2,3,......... .
a a 2ma 2

-Les niveaux s ’éloignent les uns


des autres lorsque n augmente n
-L’énergie minimale n’est pas
nulle ! C’est l’énergie de point
zéro. Ceci a des conséquences
très importantes en physique
statistique et n’a pas d’équivalent
« classique ».
-Lorsque a augmente, les niveaux
se resserrent. Lorsque a tend vers
l’infini la quantification disparaît.

23
2 n n 2 2 2
n ( x )  sin( x), et En  ; n  1,2,3,......... .
a a 2ma 2

Il y a alternance de fonctions paires et


impaires par rapport à l’axe du puit.

Il y a n-1 nœuds dans


n=5      noeud chaque fonction
n=4   
n=3   État fondamental
n=2 
n=1

24
2 2 2 n
Pn  n d x  sin ( x)
a a
Contrairement au classique:

-La densité de probabilité est nulle


aux nœuds de la fonction d’onde.

- La mesure de la position de la
particule montrera qu’elle a des
zones « privilégiées » d’existence en
fonction de son énergie.

25
2- Barrière de potentiel

Le potentiel est défini dans ce cas par:


V(x)=0 si x>a ou x<0
V(x)=V0 si x entre 0 et a

L’équation de Schrödinger s’écrit:

d 2 ( x) 2m
 ( E  V ( x)) ( x)  0
dx 2  2

-On doit résoudre cette équation


dans chaque région: L, C et R V(x)
V0
-Utiliser les conditions aux limites
pour déterminer les constantes
L C R
d’intégration

26
a
Dans chaque région, les solutions sont de la forme :

NB. Si E<V0, k1 devient imaginaire et la fonction d’onde correspondante est


formé d’exponentielles décroissantes

Conditions aux limites:

- En supposant que la particule arrive par la gauche(particule incidente


de x=-). Et que donc Cl=0,

27
-continuité de ψ et ψ’ en x=0

ψL(0) = ψC(0)
Ar + Al = B r + B l
. k0(Ar − Al) = k1(Br − Bl) (1)

- continuité de ψ en ψ’ x=a

ψC(a) = ψR(a)
.
(2)

Ces relations permettent de déterminer toutes les constantes en fonction


de Ar (amplitude de l’onde incidente)
28
tout calcul fait on trouve:

2i ( k12  k02 ) sin( k1a )


A  Ar
l 2
( k1  k0 ) e  ik a
1  (k  k ) e 12 ik a
1 0

2(k1  k0 )e ik1a
Br  Ar
(k1  k0 ) 2 e ik1a  (k1  k0 ) 2 eik1a

2(k1  k0 )eik1a
Bl  Ar
( k1  k0 ) 2 e ik1a  ( k1  k0 ) 2 eik1a

4k1k0e ik 0 a
Cr  Ar
(k1  k0 ) 2 e ik1a  (k1  k0 ) 2 eik1a

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Effet tunnel:

Si l’énergie de la particule E>V0 il y a possibilité de traverser la barrière par


contre si cette énergie E< V0, alors classiquement il est impossible que la
particule puisse traverser

Par contre à l’échelle quantique il y a une probabilité non nulle de traverser

-Probabilité de transmission

Facteur de Cr
transmission: 
Ar

Posons k1=i1, on obtient la probabilité de transmission:


2 2
4k0
2 1
T  t 
2  2  (k 2   2 )2 sh2 (  a)
4k0 1 0 1 1

Transmission totale si Cr=Ar. La probabilité de transmission, |t|2 est non


nulle, même lorsque la particule a une énergie E< V0. C’est l’effet tunnel.
30
Probabilité de réflexion

Facteur de Al
réflexion: 
Ar

La probabilité de réflexion : |r|2 est non nulle, même lorsque l’énergie


de la particule E> V0 ! (non classique):

(k12  k 2 )2 sin 2 (k a)
2 0 1
R r 
2k 2  (k 2  k 2 )2 sin 2 (k a)
4k1 0 0 1 1
2k 2
4k1
2 0
T  t 
2k 2  (k 2  k 2 )2 sin 2 (k a)
4k1 0 0 1 1

- On voit que T+R=1

Il joue un rôle fondamental en


physique des semi-conducteurs et
en radioactivité

31
Une application importante de l’effet tunnel est la mise au point du microscope à
effet tunnel par Binning et Rohrer dans les année 1980 (prix noble 1986)

∆=1nm

Principe de fonctionnement du microscope


on voit une surface de l’antimoniure d’indium
(InSb). Les atomes apparaissent en relief. La taille
réelle de l’échantillon représenté est 3nm.
Il a permis des avancés spectaculaires en nanotechnologie 32
2- Marche (saut ) de potentiel

A- définition:

La particule d’énergie E est soumise au potentiel carré de la forme suivante:

 0 if x  0
V  x  
V0 if x  0
Equation de Schrödinger indépendante du temps:

d 2 ( x) 2m V
 ( E  V ( x)) ( x)  0 V0
dx 2 2 incidente I
II
réfléchie évanescente

0 x
33
B- cas de E>V0:
On pour les régions I et II respectivement les solutions suivantes:

 I  x   Aeikx  Beikx k

 II  x   Ceik x  Deik x k’

A: onde incidente
B: onde réfléchie
C: onde transmise
D; onde venant de la droite D=0

 I  Aeikx  Beikx
 II  Ceik x

34
La Continuité de ψ et ψ’ en x=0 implique

 continuous  A  B  C ,
  continuous  ikA  ikB  ik C  ik   A  B 
  k  k  A   k  k  B

 B  k k A
k  k

D’autre part on a:

k  k 2k
C  A B  A A  C A
k  k k  k

B/A et C/A sont réels et positifs, pas de déphasage à la réflexion ou à la transmission


35
Coefficients de réflexion et de transmission:
Ces fonctions d’ondes représentant les états stationnaires ne sont pas
normalisables et donc ne représentent pas véritablement un état physique de la
particule. Ainsi pour décrire les états physique il faut les superposer pour former
des paquets d’ondes

Toutefois on peut les utiliser pour calculer R et T en considérant que:

2
  flu x d ela p rticu le

on compare donc les courants de probabilité réfléchi et transmis avec celui incident:

Pour une onde plane incidente on a:

  d d   k
( Aeikx (ik ) Aeikx  (ik ) Aeikx Aeikx ) 
2
J ( )  (  )  A
2im dx dx 2im m
p 2 2
 A v  36
m
Les courants de probabilités incident, réfléchi et transmis sont donnés par:

jA  k A
2
m
jB  k B
2
m
jC  k  C
2
m

Les coefficients de réflexion et de transmission sont donnés par:

 k  k 
2 4kk 
jC
R 
jB T 
 j A  k  k  2
jA  k  k  

Où on a utilisé 2 2
C 4k 2 B (k  k ' ) 2
 ,  ,
2 (k  k ' ) 2 2 (k  k ' ) 2
A A

On peut vérifier que T+R=1 37


Classiquement la probabilité de réflexion est nulle

On retrouve la limite classique si E>>V0:

k’ k

Dans ce cas on obtient: R  0 et T 1

k' V0
1  1
k E
38
E=V0 E=
B- cas de E<V0:

d 2
2
Dans la région II on a
2
 V0  E 
2m dx
2 m (V0  E )
En posant: 
2
On obtient les solutions stationnaires suivantes:

 I  x   Aeikx  Beikx
 II  x   Ce x  De x
A: onde incidente
B: onde réfléchie
C: onde évanescente amortie
D: onde croissante non bornée D=0

39
Conditions de continuité en x=0:

 continuous
continue  A B  C,
  continuous
continue  ikA  ikB   C    A  B 
 ik    A  ik    B
 ik  
B A
ik  

et i k α 2 ik
C ( 1 ) A  A
i k α i k α

Coefficients de réflexion et de transmission


2
ik  
2

1 ;
B
R 2  Et donc T=0
A ik  
On a une réflexion totale 40
On remarque que:

2
2 i k α 2 2
B  A  A
i k α

- Ceci signifie que l’amplitude de l’onde incidente est égale à l’amplitude de l’onde réfléchie

-Le rapport B/A est complexe ce qui veut dire qu’il y a un déphasage entre l’onde
incidente et l’onde réfléchie

- Il y a une probabilité non nul de trouver la particule à l’intérieur de la marche:

2
2 2i k 2 2x 4k 2 2 2x
 II  A e  A e
i k α k2  2

C’est une probabilité qui décroit exponentiellement


La particule pénètre dans la région de x>0 ce qui n’est pas possible classiquement
41
Ex III- Marche négative de potentiel

42
1-

Solution de la région I x<0:

Définissons :

43
La solution est donnée par:

Solution de la région II x>0:

Définissons:

La solution est donnée par:

44
Conditions de continuité:

Ce qui donne explicitement:

Ce qui permet d’exprimer B et C


en terme de A:

45
La solution de l’ES s’écrit:

Où:

La constante A reste indterminée

46
2- Coefficients de réflexion et de transmission:

Utilisons le courant de probabilité:

Le courant incident: Le courant réfléchi:

Le courant transmis:
On observe:

La densité de probabilité est conservée


47
48
Coefficient de réflexion:

Coefficient de transmission:

49

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