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Epître du moment (al-waqt) et de l’instant (al-ân)

DU

Sheikh al-Akbar seyidi Muhy ad-dîn Ibn ‘Arabî

Introduction & traduction


par
SLIMANE REZKI
Epître du moment (al-waqt) et de l’instant (al-ân)
DU

Sheikh al-Akbar seyidi Muhy ad-dîn Ibn ‘Arabî

Introduction & traduction


par
SLIMANE REZKI

© Avril 2011, Tabernacle des Lumières

1
Epître du moment (al-waqt) et de l’instant (al-ân)

Sheikh al-Akbar seyidi Muhy ad-dîn Ibn ‘Arabî

Préface

Nous avons ici un des rares traités de l’ésotérisme islamique sur la


doctrine des cycles exprimée selon un symbolisme temporel. Ici, le Sheikh
se concentre sur une notion précise, celle de l’instant dans un souci
doctrinal mais également méthodique. L’instant est pour le temps ce que
le point géométrique est à l’espace, les deux conditions nécessaires à
toute manifestation. Le passage de la notion de temps à celle d’instant est
le passage de la multiplicité à l’Unité ou des effets à leur cause. Ce
passage est également celui de la manifestation à la non-manifestation.
L’instant est l’évènement où le voile se déchire et où la vision devient
directe.
René Guénon développe à de nombreuses reprises ce concept et donnent
des indications très précises. Le temps n’est pas perceptible en soi :
« tandis qu’on peut mesurer l’espace directement, on ne peut au
contraire mesurer le temps qu’en le ramenant pour ainsi dire à l’espace.
Ce qu’on mesure réellement n’est jamais une durée, mais c’est l’espace
parcouru pendant cette durée dans un certain mouvement dont on
connaît la loi »1. Le temps est aussi discernable par la qualité des
évènements qu’il contient : « Il est évident que les époques du temps
sont différenciées qualitativement par les événements qui s’y déroulent,
de même que les portions de l’espace le sont par les corps qu’elles
contiennent, et qu’on ne peut en aucune façon regarder comme
réellement équivalentes des durées quantitativement égales, mais
remplies par des séries d’événements tout à fait différentes »2.
Lorsque l’être perçoit le temps en succession, il ne perçoit que ses
contenus sans être capable de les relier à leurs principes. Lorsque la
capacité d’identifier les principes des contenus temporels est effective,
l’être comprend le processus immuable contenant les divisions cycliques
majeures. Cette capacité lui permet de saisir qu’au-delà des différences
de forme de ces contenus, chaque période cyclique est régie par une loi
immuable. Cela signifie par exemple que dans la vie d’un homme
certaines phases auxquelles correspondent certains évènements sont
incontournables. Quel que soit la personne, certains besoins ou désirs se
manifesteront et les moyens employés pour les assouvir et y répondre
seront également toujours les mêmes dans le fond. Ainsi, le besoin
fondamental de l’être est toujours en correspondance avec sa raison

1
René Guénon, « Le Règne de la quantité et els signes des temps », p. 42.
2
René Guénon, « Le Règne de la quantité et els signes des temps », p. 44.

2
d’être la plus profonde, c’est donc ce qu’il recherchera toujours
consciemment ou non. Cette raison suffisante est Dieu ou en d’autre
termes l’état de Délivrance totale.
Au-delà du processus identifié, l’être parvient lors de son
cheminement à une résorption de celui-ci dans son aboutissement, c'est-
à-dire dans le but auquel il mène. Ce but est symbolisé de diverses
manières, le centre, le point, l’instant, le cœur, le principe, Dieu…
Guénon évoque cette résorption en disant : « A son degré le plus
extrême, la contraction du temps aboutirait à le réduire finalement à un
instant unique, et alors la durée aurait véritablement cessé d’exister, car
il est évident que, dans l’instant, il ne peut plus y avoir aucune
succession. C’est ainsi que “le temps dévorateur finit par se dévorer lui-
même”, de sorte que, à la “fin du monde”, c’est-à-dire à la limite même
de la manifestation cyclique, “il n’y a plus de temps” ; et c’est aussi
pourquoi l’on dit que “la mort est le dernier être qui mourra”, car, là où il
n’y a plus de succession d’aucune sorte, il n’y a plus de mort possible3.
Dès lors que la succession est arrêtée, ou que, en termes symboliques,
“la roue a cessé de tourner”, tout ce qui existe ne peut être qu’en
parfaite simultanéité ; la succession se trouve donc en quelque sorte
transmuée en simultanéité, ce qu’on peut encore exprimer en disant que
“le temps s’est changé en espace”4. Ainsi, un “retournement” s’opère en
dernier lieu contre le temps et au profit de l’espace : au moment même
où le temps semblait achever de dévorer l’espace, c’est au contraire
l’espace qui absorbe le temps ; et c’est là, pourrait-on dire en se référant
au sens cosmologique du symbolisme biblique, la revanche finale d’Abel
sur Caïn »5. Au moment de l’arrêt du temps, l’être saisit Dieu comme
immuable et seule Réalité vraie. Cette saisie implique qu’il ne voit que
Lui sous tous les aspects par lesquels la manifestation formelle l’exprime.
N’étant plus voilé par la forme, il perçoit en permanence l’immuable qui
par définition échappe au temps.
Selon une autre approche, l’initié est celui qui a parcouru un
chemin et devient capable de prévoir et d’anticiper le chemin dans lequel
une autre personne s’engage. Le processus étant unique il devient facile
de prévoir ses phases comme un père est capable de prévoir les besoins

3
Comme Yama est désigné d’autre part dans la tradition hindoue comme le
“premier mort”, et comme il est assimilé à la “Mort” elle-même (Mrityu), ou, si l’on
préfère employer le langage de la tradition islamique, à l’“Ange de la Mort”, on voit
que, ici comme sous beaucoup d’autres rapports, le “premier” et le “dernier” se
rejoignent et s’identifient en quelque sorte dans la correspondance des deux
extrémités du cycle.
4
Wagner a écrit dans Parsifal : “Ici, le temps se change en espace”, et cela en
relation avec Montsalvat qui représente le “centre du monde” (nous reviendrons
sur ce point un peu plus loin) ; il est d’ailleurs peu probable qu’il en ait vraiment
compris le sens profond, car il ne semble guère mériter la réputation d’“ésotériste”
que certains lui ont faite ; tout ce qui se trouve de réellement ésotérique dans ses
œuvres appartient en propre aux “légendes” qu’il a utilisées, et dont il n’a fait trop
souvent qu’amoindrir le sens.
5
René Guénon, « Le Règne de la quantité et els signes des temps », p. 158.

3
et les réactions de son fils. Seules les conditions de circonstances
changent, mais au fond les besoins demeurent toujours les mêmes.
La sortie du temps est la situation dans le présent permanent. Ce
qui signifie que les choses nous concernent personnellement et
actuellement. Ainsi, le Coran n’est un récit historique mais le récit de
notre vie personnelle. Les particularités prophétiques sont les
particularités des phases du processus dans lequel nous sommes
engagés. La finalité commune de tous les Prophètes est notre finalité.
Chaque verset devient éternel car adaptable à chaque situation, à
chaque personne et à chaque période. Chaque lecture devient une
révélation instantanée, la relation avec Dieu est actuelle et s’adresse à
nous personnellement.
L’état ou la condition suprême de l’homme est de se parer des
attributs divins afin de Le manifester le plus complètement possible. Sa
fonction dernière est d’être Son Calife sur terre, fonction consistant à
être le « Médiateur » unissant le Ciel et la Terre. En recevant du premier
et en transmettant au second6, l’Homme réalise sa raison d’être. Pour se
conformer à son état et sa fonction, l’Homme doit prendre conscience de
sa réalité propre qui est le néant. Au moment où cette conscience est en
acte, l’être s’adresse à Dieu dans le plus grand état d’indigence qui est
l’état auquel Allah répond. A titre méthodique le Sheikh al-Akbar donne
une indication précieuse, si l’être s’adressait à Dieu comme si c’était la
dernière fois, sa demande serait immédiatement exaucée. La dernière
fois indique une rupture, un arrêt, celui du temps. L’intensité qualitative
d’une dernière fois est toujours plus forte, elle est la plus vraie car elle
vient alors de notre for le plus intérieur. C’est comme lorsque notre vie
est en danger, l’intensité de notre appel au secours est incomparable.
Allah n’impose rien, pour répondre à notre appel il faut l’assurance qu’il
provienne de la totalité de notre être. En cet état l’ensemble de notre
être est concentré sur un seul besoin et avec la conscience d’une
indigence totale. Il faut qu’il y ait correspondance entre l’état de l’instant
et celui de la réponse attendue. Dieu étant Tout, on ne peut le chercher
sans être entier et un. S’Il est Tout c’est que nous ne sommes rien, ne
pas le concevoir clairement rend toute possibilité de réalisation effective
stérile.

6
Recevoir la vie de ses parents et la transmettre à ses enfants est une des applications de cette fonction.

4
Epître du moment (al-waqt) et de l’instant (al-ân)

Sheikh al-Akbar seyidi Muhy ad-dîn Ibn ‘Arabî

Au Nom d’Allah le Clément, le Très Miséricordieux

Point de force ni de puissance si ce n’est par Allah le très Haut,


l’Immense. Notre garant est Allah, le meilleur des substituts.
Louange à Allah Source de Louanges et Seul à en être digne.
Que la prière unitive soit sur notre souverain Muhammad, l’élu de Sa
création ainsi que sur sa famille et ses compagnons.

Sache donc ô frère accompli et heureux grâce à l’assistance d’Allah


le Louangé, le Glorieux, que la spirale du chemin des gens d’Allah qui sont
les maîtres du soufisme (de l’initiation) menant à Allah le Très Haut,
repose sur la stricte observance à l’égard du temps, à savoir l’observance
des décrets et des dispositions formelles (révélées) qu’il implique. Ce
moment comme l’a qualifiée la terminologie technique soufie parmi les
concepts délicats et énigmatiques auxquels n’y prêtent attention que ceux
qui sont assistés par la lumière de la sainte vision intérieure (al-basîrah
al-quddusiyah), ou celui qui est renforcé par l’assistance de la présence
polaire et la réalité divine. Ce qu’il désigne ici est le moment de l’aspirant,
de l’homme en quête divine qui bande son aspiration vers le Dieu de
Vérité par l’arc (al-qûs) de la sincérité de sa détermination intérieure.
C’est celui qui avance soit à la lueur de la lampe de la vigilance ou à la
lueur de la lampe du dévoilement réel et ce moment ne cesse d’être
présent à la porte du chemin (initiatique). C’est lui qui accompagne les
cheminants jusqu’à ce que s’efface toute empreinte personnelle du
cheminant au sein de l’Existence divine. C’est alors qu’il est immergé dans
la vérité par l’extinction du moment compris comme dernier aspect formel
du temps et ce par la grâce de Dieu. C’est à ce stade que les plus avancés
parmi les savants de Dieu ont dit : « Le moment est Dieu car sa réalité
intrinsèque s’évanouit en Dieu ».
Dieu nous a dévoilé dans cette notion du moment une chose
extraordinairement subtile que nous avons citée dans la deuxième partie
de notre livre intitulé Le secret de l’Unique que l’on peut résumer ainsi ;
le moment est une réalité unique qui se différencie selon la diversité des
états multiples7. Nous entendons, en évoquant la notion du moment de

7
Le moment est l’instant du « passage » au-delà du voile de la forme. C’est le passage des hommes aux idées
immuables. Selon l’état de l’être, ce que symbolise le moment, c'est-à-dire l’intervention permettant ce passage à
la limite, peut se présenter sous diverses formes. Tout ce qui relève de l’ordre principiel ne peut être circonscrit à
une forme déterminée, ainsi, quelle que soit la forme utilisée pour évoquer ce genre de réalité, il ne s’agira que
de symbolisme. Il y a donc une différence à concevoir entre un symbole et ce qui est symbolisé. En l’occurrence,
le moment est un des symboles du « lieu » ou de l’instant » où l’être échappe aux conditions spatio-temporelles
pour accéder au Royaume divin.

5
l’aspirant sincère, un isthme situé entre le transcendant et l’immanent.
C’est ce qui, en son intérieur et son inspiration, le pousse et l’oriente vers
un attribut immanent et un attribut transcendant en même temps. Ceci du
fait que le moment de l’aspirant est un instant (ân) du seul Unique qui est
Celui qui transcende toute notion de temporalité par sa nature même. Sa
préexistence à la divinité ou à l’extinction et la subsistance de la
production de toute nouvelle création comme l’indique sa parole :
« L’éventualité d’une création nouvelle les plonge dans la
confusion »8.
L’aspirant sincère est voilé par le temps à cause de Celui qui l’a
instauré comme condition permettant de réaliser la servitude de Dieu (al-
Haqq) et d’atteindre la présence réelle et directe. En cet état il observe
simultanément un aspect d’immanence et de douceur et un aspect de la
transcendance et de la contrainte. Lorsqu’il observe l’aspect d’immanence
et de douceur, il le perçoit en cet état et à ce moment comme constituant
l’existant unique. Etat en lequel Dieu a exigé de lui la servitude pour
laquelle il l’a créé, ce qui témoigne de Sa douceur pour lui, de Son soucis
à son sujet et de la bonne disposition à son égard, le tout conjointement.
Son observation de l’aspect transcendant à ce moment précis est la
conséquence de l’effacement que produit en lui la première vision, son
retour à Allah à ce moment même s’effectue par la servitude. L’existence
de toutes les créatures n’est qu’un vêtement octroyé momentanément
pour les distinguer les unes des autres, Son possesseur peut l’enlever
quand Il le veut et en un temps très court. C’est pour cela qu’on t’a dit
que le moment de l’aspirant sincère est un isthme entre la transcendance
et l’immanence. Il ne peut saisir à ce moment précis, bien que convaincu,
que la servitude est due à Allah, sauf dans le cas particulier de l’état se
situant entre son existence et son inexistence, état constitué d’un instant
unique, c’est à cela que faisait allusion ceux qui dirent : « Le soufi est le
fils de son instant ».
Même s’il est particularisé à un moment précis par la conscience
effective de la servitude, il ne peut concevoir Dieu dans l’ampleur qu’offre
l’être total et au-delà du moment (de l’état) qui est le sien. Si Allah le
veut, Il fait disparaître l’existence de cet instant précis et l’aspirant
demeure aveugle incapable de saisir quoique ce soit au-delà de cet
instant. Il voue alors à ce moment là une servitude d’adieu (pure)
(muwaddi’) comme conséquence de ce qu’il vient de réaliser au moyen
des indications divines. Le Prophète a dit : « Quand tu pries, prie la prière
de l’adieu »9, il s’agit de celui qui se voit totalement inexistant à ce
moment précis et en lequel il se trouve réellement10. Lorsque la servitude

8
Qor. (50/15)
9
Hadîth mentionné par Ibnu Majah et Ahmad et rapporté par le compagnon Abî Ayûb al-Ançârî.
10
La réalisation initiatique est celle de la nature divine. Cette prise de conscience est celle de Dieu en tant que
Tout et non plus simplement en tant que Seigneur. Lorsque l’être comprend qu’il n’est rien, obligatoirement il
comprend que Dieu est Tout. Au point de vue méthodique, cette compréhension correspond au « moment » où
l’être cesse de faire des efforts et renonce à toute prétention même en apparence légitime. Cet instant est celui où
l’acte divin produit une actualisation dans l’être. Jusqu’alors, cet acte divin était bien présent mais la qualité
réceptive de l’être était absente et empêchait les effets de cet acte d’agir en lui. Comme l’enseignent de

6
de l’aspirant est une servitude d’adieu se situant au degré de la vertu
contemplative (al-ihsân) comme le suggère la parole prophétique :
« Adore Allah comme si tu Le voyais, et si tu ne Le vois pas, Lui te
voit »11, ceci est la station de la vigilance et de la présence consciente
obtenue par l’amour et les convenances appropriées, l’objectif est atteint
et le but réalisé. L’aspect temporel s’est résorbé en Dieu même. Cet
homme est le soufi qui est le fils de l’instant. Il a été rapporté dans un
hadîth que l’on demanda au Prophète : quel est le plus heureux des
hommes ô Envoyé d’Allah ? Il répondit : « Le plus heureux des hommes
est celui qui n’oublie jamais les tombeaux et la dissolution, c’est celui qui
se considère comme mort et ne compte pas le lendemain parmi ses jours
à vivre ». C’est cela même que nous évoquions ; En effet, sa Sentence,
Paix sur lui et sa Sainte famille : « …et ne compte pas le lendemain parmi
ses jours à vivre » désigne ses bienheureux instants (baqiyyu awqâtihi), à
la fois, précis et uniques qui lui sont donnés lors de sa présence au sein de
la Réalité. Il ne lui reste à vivre qu’un court moment pendant lequel il est
vraiment concentré. Celui qui se considère comme mort à tout moment
devient instantanément conscient de son inexistence et lui-même est
observé depuis la porte de la transcendance.
L’Envoyé d’Allah a parlé en termes de jours (les jours restant à
vivre) dans le hadîth, car en tant que législateur, il s’exprimait pour tout le
monde. La parole synthétique adressée aux gens en général permet
cependant de parler à chacun en particulier selon ses dispositions. Ce
procédé est fréquent dans l’enseignement d’Allah et de Son Envoyé, ce qui
devait être exprimé de leur part ce ne sont que les jours du Seigneur qui
sont les mois divins au sein desquels se manifeste l’indigence des êtres
créés sous tous les aspects. De par leur nature, ils ont perçu le secret de
la fonction divine au travers des créatures et l’obligation de la mise en
acte de ce qui est en puissance en une période précise. Il n’y a aucune
contradiction entre l’expression muhammadienne et ce que veut signifier
l’ordre divin correspondant.
Quant à la généralité des gens, ils ont pris le terme dans sa
signification habituelle et ont compris ce qu’il désignait grâce à l’ampleur
de la miséricorde descendue sur eux, ce qu’indique cette parole divine :
« Et Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour les
mondes »12, comprends donc ô mon frère accompli et heureux et sois
attentif à ce que nous venons d’évoquer à propos de l’instant.
« L’éventualité d’une création nouvelle les plonge dans la
confusion »13, tout le secret réside dans la vigilance de l’instant,

nombreux maîtres, le seul obstacle à la réalisation spirituelle est notre âme. En d’autres termes, ce sont nos
conceptions erronées que l’on peut résumer à la certitude d’être une réalité indépendante de Dieu qui nous
empêche de saisir le caractère totalisateur et unique de la nature divine. L’attestation de foi peut se traduire par
« Point de réalité si ce n’est la Réalité ». C’est la compréhension de cette attestation qui doit nous permettre de
comprendre le néant de notre réalité propre coupée de son principe.
11
Hadîth mentionné entre autres par Bukhârî et Muslim et rapporté par le compagnon ‘Omar ibn al-Khattâb.
12
Qor. (4/107)
13
Qor. (50/15)

7
l’accomplissement de son statut et de ses dispositions formelles
(marsoumihi). Comprends cette infime saveur car elle est très précieuse.

Allah dit la Vérité et est le guide sur le chemin. Louange à Allah


l’Unique et que la prière identifiante d’Allah soit sur notre souverain
Muhammad ainsi que sur sa sainte famille, ses pieux compagnons, sur
ceux qui le suivent, ceux qui l’assistent ainsi que la paix sanctifiante.